‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 6 sur 105 · APA · texte numérisé non relu

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le tome n de TAngletêrre sacrée. Adalard «mit JâifAsi ooq «ouvrage «n douioe leçons fmur étne récrées à' roffiee <les Matines, «t après «ha^e leooD, il cvaiM oi4s 4d répons ^i «ovMiwt à rWstoinc «du sainC. Cet 90vra»y dui D'était qu'un abrégé 4e eelui de Bri&értii «wr le même sus^, n'sJaiMîs été »Dd«fHibiic.

ABALBCIiOn , fils de OodeflPbi , comte d'Ardetme, fut élevé dans Tafbbaye defiorze, avec plusieurs enl/iTits de ia plus haute distinction, que les familles y envoyaient poiu* lesformer dans ia piété et dans les sciences. 11 sortit de celte écme très-instruit. Un de ses contemporains n*a pas craint de le compter, BU nombre des hoxBznes les plus savants de la Belgique. A ia mort d'Odalric, archevêque de Bi^ims, arrivée en novembre 969» Adalberon fut choisi à l'unanimité pour son successeur. Son ^scopat s^ ressentit des troubles qm agitèrent la France, sur la fio du x* siède ; mais il trouva moyen de concilier tous ses devoirs et de les accomplir, sans rien laisser usurper desbiens de TEglise qui lui étaient confiés, il travailla au rétablisseneot de la diadpliiie, assembla divers ooMîles, fit revivre les écoles de Reims, doBl il confia le aoûi à Gerbert, ist augmenta euosidérafaieoMDt Us biens de son Eglise. Chaneelier ducoi JLotàaîre, mais trèSHiUaché k rempefeuf Othon 111, et aux deux impératffksea Adéla'idB et rhéophanie, il fit voir, à ceux qui TavaiaBi aocuM d'infidéliié envers son toaiierais, qu'il aaviât o<Hicilier les obKgalions d*«Q M^et^ avecies ^fds et les bi«naéaoens «ivers les autres puissances, auxottinllea il tenait pêr les lieas de Tamitté. Anssi, Hngafls Capet, saoré roi en 987, après la mMt deLoniSt nls de Lothi^re, le continua dans aa dignilé de ehanceiier. Adalberon i'avaîi sacré à Reims, le 8 de j^uillet de la Bénie année, au grand mécontentement du prince Charles, frère de LeChaire, qui lui en fil un oriae. L'arebevéaiM se justifia, en menirant qu'il n*a?ait ndt-que oonsaorer,

rr no aeie religieux, le choix de la fietion. nuiunit, le Jl de janvier de Tan 968^ eprès dix-fienf ans d'épiaeopal.

Mfctmnt.— Adalberon fonda, en 971, le monastère de Mouzon, dans soo diocèse; et, en 7 instatlant les moines, il leur fit un discours, pour les exhorter k la pratique exacte de la rèî;le de saint Benoit. I! en fit un second, h Touverture du concile, qu'il tint au mois de mai de Tau 962, sur le mont Sainte-Marie, où il nendil oorapte des motifs qui l'avaient déterminé à mettre à Mouzon, des moines de l'ordre de Saint-Benoit, et du privilège qu*il at aitobtenuponr eux du pane Jean XllI. Jbans le même concile, il établit liétakli premier abbé de Mouzon.

LeiirtÊ. — Le recueil des JLetàres de Gerbert en contient plusieurs d' Adalberon, à qui il servit pendant quelque lempsde secrétaire. La plupart sont adressées à des personnes de la plus haute distinction, aux impératrices, aux rots, aux princes du sang; il y en a aussi à des ardievéques, des évèques et des abbés.

On yoitqu*il assemblait souvent des conciles, et q^ll eioployait les censures pour obliger .les prêtres de sa dépendance à s'y trouver ; qu'on lui fit un crime d'avoir fait nommer son neveu à Tévèché de Verdqn. sans la ^participation da roi Lothaire; et qu'il se justifia, sans que ce différend lui fit rien perdre du respect et de l'attachement au^I avait pour ce. prince, à qui il donna plus tard la qualification d'Astre irès-éclatant, en annonçant sa mort àEcbert archevêque de Trêves. l>ans sa lettre au duc Charles il s'excuse du sacre de HuKues €apet, en reproduisant cette pensée : « Qui étais-je, moi, pour donner seul un roi aux Français. Il était l'élu de tous, et non l'élu d'un particulier ; c'est à tort que vous m'attribuez de la haine pour le sang royal; je prends k témoin mon rédempteur, que je ne hais pas ce sang. » A la fin de la dernière lettre, on lit un distique d'Adalberon. 11 l'avait fait graver sur le cance dont il se servait, dans la célébration des saints mystères. Le voici, avec sa traduction :

Bine iUU 4U^ê fameê fuffUnt^ propertde fiéeUi ; Dividit ta pojjndoi, ha$f prmtul ÀaaLbero, ^auu

m Quelasoif et lafaimdisparaissent; accourez €dèles, c'est Tévèc^ue Adalberon, qui distrii>ue au peuple les richesses ici renfermées. » il fit mettre sur la patène les pai-oles suivantes : « Vierge Marie, l'évèque Adalberon TOUS fait ce présent. »

Seniefue d^emeemmtmteaiiim. — Thibaud -avait usurpé le siège épisoopal d'Amiens ; on procéda ceotre lui dans un concile, et ce fut Adalberon oui fut charoé de notifier ia sen- 4ence. Il le pt par une leitre qu'il lui adressa, apnès qu'il eut téÙAsé de oompefAltre k un nouveau concile réuni jKmr aâ réconciliation.

ABALBBRON, surnommé Ascmim, naquit en Lorraine d*une famille eonnue par ses -erandes ndiesses. On i^ore en quelle école fl fit ses premières études , mais (m sait qu**!! les continua k Reims, sous Cteiiiert^ vers Tan 970. 11 sut gagner l'amitié de son mat^^ tre, et fit sous lui de tels progrès quïl passa dans la suite pour un des plus savants nommes de son siècle. 6'étant in$i<mé dans les i>onnes grAees du rot Lothaire, ce prince le fit élire, quoique jeune encore, évèquede Laon, k la mort de BoricoQ. U fut ordonné le dimanche des Rameaux et intronisé le jour de Pâques 917. Il était possesseur d'une fortune îmmeose, qu'il employa k augmenter les revenus de son évècné et de son ctiapitre. Ses liaisons avec Fulbert de Chartres, les éloges

Îrue ce prélat lui prodigua dans ses lettres, orment un préjugé avoâtegeux en faveur de son mérite ; mais au& qualités de Tesprit, il ne sut pas joindre les qualités du coaur. Pontife ambitieux et bas courtisan , il eut la lâcheté de livrer k Hugues €apet Amould, archevêque de Reims, et Charles, duc de Lorraine, compétiteur de Hugues, auxquels H avait donne asile dans sa ville épiscopale. 11 se brouilla, on ne sait pour quel motif, avec Gei-bert, son métropolitain, qui lui écrivit une lettre fulminante , dans laquelle il hii

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BIGTIONNAIRE DE PATROLOGIE.

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reproche vivement sa perfidie et les dommages que l'église de Laon en avait soufferts. Il eut un différend plus grave avec le roi Robert, qui en porta ses plaintes au saintsiége, où il fut cité à venir justifier sa conduite; mais cette tempête se dissipa» et il rentra presque aussitôt dans les bonnes grâces du roi. Dudon» historien ou plutôt romancier des Normands, le choisit pour revoir et corriger son Histoire. S'il faut en croire les flatteries qu'il lui donne, Adalberou était le plus grand et le plus saint évoque de son temps, il mourut le 19 juillet 1030, après avoir gouverné l'église de Laon pendant cinquante ans.

Adalberon a laissé des écrits eu vers et en prose ; il est auteur d'un poëme satiric[ue , composé de i^30 vers hexamètres, et dédié au roi Robert. Adrien Valois en a donné une édition en 1663, à la suite du Panégyrique de l'empereur Bérenger. On y trouvé quelques traits d'histoire curieux. L'auteur y touche, d'une manière ironique et presque toujours allégoriquement, les travers qui se commettaient dans le royaume de son temps. C'est une occasion pour lui de décharger sa iuauvaise humeur sur ceux qu'il n'aimait j)as. Gerbert, qui lui avait reproché sa perfidie envers le prince Charles , fut du nombre ; c'est lui qu'il désigne sous le nom de Neptabanus. Adalberon y fait au roi une espèce de crime de son affection pour les moines ; mais ce qui montre mieux encore qu'il est sorti des bornes d'une juste critique, c'est que dans ses censures , il n'épargne pas môme saint Odilon, en vénération aux papes , aux empereurs, aux rois, aux plus saints évèçiues et à toute TEgiise. Le style allégorique, joint à la mauvaise versification , répand sur tout le poème une grande obscurité. Néanmoins, on ne laisse pas d'y découvrir çà et là quelques détails intéressants sur la personne du roi Robert, sur les forces et la grandeur de son royaume, et sur certains usages ignorés de nos jours.

Dom Bernard Fez a découvert, dans une bibliothèque de Bavière, le manuscrit d'un autre ouvrage d' Adalberon ^ adressé à Foulques, évéque d'Amiens, sous ce titre : De modo recte argumentandi et prœdicandi Dic^ loguB. Il est flicheux qu'en publiant tant d'autres monuments , il n'ait pas fait à celui-là le môme honneur. Nous aurions pu juger si Adalberon était meilleur philosophe et rhéteur qu'habile poëte, et s il avait réellement autant d'éloquence que Fulbert de Chartres lui en reconnaissait.

AD ALBERT (saint), évèque de Prague, né en 939, d'une famille noble de Bohème, étudia à Magdebourg auprès de l'évèque Adalbert dont il prit le nom. De retour à Prague et sacré évéque, il fit d'inutiles efforts pour corriger les mœurs duclergé deBohème, qui le persécuta et le força de s'enfuir àRome, où le pape Jean XV le dégagea de ses obligations envers son diocèse. Rentré dans sa patrie que de nouvelles persécutions le forcèrent de quitter une seconde fois, il voyagea eu Hongrie^ en Polo<$nei où il se livra avec

ardeur au ministère de la prédication, son zèle avait besoin d*une tâche plus pénible et plus dangereuse ; la Prusse était en^ core iaolfttre ; Ta foi chrétienne n'avait jamais été annoncée à ses habitants. Il s'y rendit avec une faible escorte et obtint d'abord les plus grands succès ; mais entraîné par son zèle, il aborda dans une petite île, dont les sauvages habitants le reçurent fort mal. Le ton impérieux avec lequel il leur ordonna de quitter leurs idoles, excita leur indignation. Ils le saisirent, Tenchainèrent , et, à l'instigation d'un prêtre païen nommé Ségo, ils le percèrent de coups de lance ; et il obtint ainsi les honneurs au mart^rre. Cet événement arriva en •997, le 29 avril, îour où l'EKlise célèbre sa fête. On l'appela l'Apôtre de la Prusse. Boleslas, prince de Pologne, racheta son corps, pour une quantité d'or d'un poids égal. — Saint Adalbert passe pour l'auteur du chant guerrier Boga Rodxica^ que les Polonais ont coutume d'entonner avant de marcher à l'ennemi.

ADALBERT de Metz. —S'il faut en croire Trithème, Adalbert se rendit habile dans toutes sortes de sciences. 11 était né dans la Belgique, de parents nobles. Il embrassa de bonne heure la vie monastique. Ses progrès dans lés lettres le mirent en état de les enseigner aux autres, dans l'abbave de Saint-Vincent, à Metz ;ce qu'il ne put faire qu'après l'année 968 , époque de sa fondation. La qualité d'écol&tre, le temps et le pays où il vécut, font conjecturer, avec beaucoup de vraisemblance, que cet Adalbert est le scolastique du même nom dont Gerbert a fait l'épitaphe dans une de ses lettres. On y voit qu il mourut dans un Age peu avancé. 11 laissa plusieurs écrits, parmi lesquels Trithèine compte une Chronique où il donnait la suite de tous les évêques de Metz , jusqu'à Adalberon, mort en Wk, C'est tout ce que l'on sait de cet ouvrage. On en cite un autre où Adalbert donnait V Abrégé des Morales de saint Grégoire. Il l'avait fait à la prière du {urètre Hartmann» à qui il le dédia. Sa Cknmque était adressée à l'évèque Adalberon. Ni l'un ni l'autre de ces écrits n'ont encore vu le jour. Dans le titre de V Abrégé des Morales ^ Adalbert ne prend que le titre de diacre, mais dans le corps de l'ouvrage il se donne celui de prêtre et de moine; ce qui peut faire juger que dans le cours de son travail, il avait été élevé au sacerdoce.

ADALBERT, moine d'Hirsauge, à la demande de Baudran, évéque de Spire, fut tiré de son monastère pour être placé à la tête de celui de Clingenau, peu distant de la pe* tite ville de Landau, dans le même diocèse. 11 le gouverna avec une sagesse et une habileté telles, que Trithème ne craint pas d'afiir* mer que s'il fût resté dans son abbaye d'Hirsauge, il l'eût sauvée de la ruine complète 3ui la désola de son temps. Il vivait à la Un u xr siècle, et il est auteur de quelques opuscules reproduits dans le Cours complet de Palrologie

ADALBERT. oue Pitseus'dit avoir été

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DICTIONNAIRE^DE PATKOLOGIE.

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moine bénédictin de la congrégation de Cluny» dans le monastère de Spaldingen, en Angleterre, florissait vers Tan 1160. 11 Qtdes extraits du commentaire de saint Grégoire sur le livre de Job, et les dédia au prêtre Uérimann* L*épître dédicatoire ou prologue se lit dans le premier tome des Anecdotes de dom Martenne. Pitseus fait mention do quelques homélies du moine Adalbert , et uun de ses ouvrages intitulé : Miroir de Vétat de rhonune. Ces écrits ont été publiés, pour la première fois, dans le Cours complet de PeUrologiede M. l'abbé Migne, Paris, 1852. ADAM, originaire de Paris, était très-instruit dans les arts libéraux. Vers l'an 1059, se rendant à Athènes pour s'y perfectionner dans les sciences des Grecs, il passa à Spalatro» en Dalmatie. L'évêque Laurent, transféré depuis peu à ce siège par le pape Nicolas U, le reçut avec honneur, et le pria de rédiger en meilleur style les Actes du martvre des saints Domnius et Anastase. Adam 1 entreprit , et , non content de retoucher Fancienne légende de ces martyrs, il composa des hymnes en leur honneur , et mit en vers tout ce qui se chantait dans l'office de saint Domnius. U ne reste de ces Actes

Sue ce qui s'en est trouvé dans le bréviaire e cette église, ce qui se réduit aux leçons des Matines ; mais nous ne savons si on doit les regarder comme bien dignes de croyance, et cela pour plusieurs raisons, que nous nous contentons d'indiquer. 1* L'original sur lequel Adam travailla était en latin tout barbare; il avait donc été écrit plusieurs siècles après le martyre de saint Domnius. 2"* On le fait disciple de saint Pierre, et établi évèque de Salone par cet apôtre. Ce fait n'est appuyé par aucun historien ecclésiastique. 3* On lit dans ces Actes qu'il baptisait les nouveaux convertis , en puisant de l'eau dans un fleuve. Ce baptême par infusion est contraire à la pratique des premiers siècles, où ce sacrement était conféré par une triple immersion, k* Ces Actes parlent d'une église dédiée à la sainte Vierge ; on n'en connaît aucune, dans le premier ni dans le second siècle de l'Eglise. U faut donc l'entendre du viir siècle, dans lequel on rapporte que le corps du saint martyr fut transféré de Salone à Spalatro, et déposé dans une église de la sainte Vierge. Toutes ces raisons réu* nies suffisent pour faire suspecter l'origina* lité de ces Actes. On ne connaît plus ceux de saint Anastase, retouchés par Adam.

ADAM D£ BRÈME , ainsi nommé , non parce que Brème était sa patrie , mais parce qu'il V fut chanoine, naquit en Thuringe ou dans la Misnie. 11 se voua de bonne heure à l'état ecclésiastique, et fit ses études dans un couvent. En 1067, Adelbert , archevèaue de Brème, le Qt chanoine et directeur de l'école de cette ville , place alors non moins importante qu'honorable, puisque ces écoles étaient les seuls établissements d'instruction publique. Adam consacra sa vie tout entière a ces fonctions, à la propagation de la foi chrétienne et à la publication d'une histoire ecclésiastique intitulée: Bistoria ecclesias"

tica EcclesicNPum Hamburgensis et Bremmsis vicinorumque locorum septentrionalium , ab anno 788, ad annum 1072. C'est l'ouvrage le plus précieux et le plus détaillé que nous avons sur l'histoire de l'établissement du christianisme dans le nord de l'Europe.

Comme l'archevêché de Brème était le centre des missions, qu'Adam y fut employé luimême, et qu'il parcourut les contrées du Nord qu'Anschaire avait visitées 200 ans au< paravant, il tira des renseignements importants soit des archives de Parchevèché, soit de la bibliothèque de son couvent, soit enfin des conversations qu'il avait eues avec les idolâtres et les missionnaires. Adam fit un voyage en Danemark , et le roi Suénon Estrithson, avec lequel il s'entretint plusieurs fois, lui donna des détails précieux sur l'his* toire de ce royaume. De retour à Brème, il écrivit un Traité géographique sur les Etats du Nord , d'après ce qu'il avait recueilli de la bouche même du roi Suénon , et ce qu'il avait puisé dans l'ouvrage d'Anschaire. Cette description fut publiée d'abord à Stockholm, sous le titre de Chronographia Scandinaviœ^ 1615, et, ensuite à Leyde , sous ce titre : De situ Daniœ et reliquarum trans Daniam regio* num natura^ 1629. Ce petit traité , quoique plein de fables, est curieux comme le premier essai de géographie qui ait été écrit sur l'Europe septentrionale , notamment sur le Jutland et sur la mer Baltique. On doit aussi à Adam de Brème les premières notions de l'intérieur de la Suède, août Otheret Wolfstan ne connaissaient que les côtes, et de la Russie, dont auparavant le nom seul était connu de l'Europe chrétienne. Il s'étend même sur les lies Britanniques, qu'il n'avait point visitées, et sur lesquelles il se contente de répéter les contes merveilleux de Salin et de Martianus Capella. Adam de Brème avait apporté beaucoup de soins et de patience dans le rassemblement des faits qui forment le fond de ses ouvrages. On ignore l'époque précise de sa mort.

Histoire ecclésiastique. — L'IJistoire qu'Adam nous a donnée est divisée en quatre livres, et les livres sont divisés en chapitres. U débute par l'histoire des Saxons , ce qui lui paraissait nécessaire parce que Hambourg dont il se propose de faire connaître les évè«-

Sues , est situé dans la Saxe. Les Saxons» epuis longtemps tributaires des Francs, avaient secoué le joug et s'en étaient séparés. Pépin leur fit la guerre ; Charlemagne, son fils, la continua, les Saxons furent vain« eus et la paix ne leur fut accordée qu'à la condition qu'ils renonceraient au cuite des idoles pour embrasser la religion chrétienne. Le premier de leurs missionnaires fut saint Viiirid, anglais de naissance; le second, saint Boniface *, le troisième, saint Viliehade avec ses disciples. Ils trouvèrent de la résistance de la part des idolâtres ; mais enfin Nidekind, leur chef, se soumit et reçut le baptême avec les grands seigneurs de la nation. Alors la Saxo fut réduite en province, et l'on y éri-* gea huit évôchés, que Ton déclara suffraganta des archevêchés de Cologne et de Mayence.,

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Adam rapporte Tacte qui en M passé, et qui* «atMgôé de Cbartefiôagiie et d'Hildebald, arcbevAque de Cologûe et chapelaiu du palak. Cet acte est du mois de juillet 788. Le wemier érèque de Brème fut WiUerie ou WiUebaire, Iwà des diseipiLes de saint Wille-

hade.

Adam jparle ensuile de la conversion des Jtanots €i des autres peuples voisins, par le miaiatire de saint Anschaire, le premier qui fut sacré archevêque 4e Hambourg en 833. Il rapporte le siège de Cologne par les Normands» rioceodie de la ville de Hanibourç, de son figlise, de son monastère, de sa bibliolbèaMe, ajoutant que saint Anschaire fut obUgé a^ea sortir, n'emportant avec lui que les iTeliovues des martyrs. Il se retira à Brome» dpnt le sié^ était vacant, et le pape Nicolas I'' Ten institua arcbev^ue, en unissani cette Eglise à celle de Hambourg. Il gouverna la première pendaiït seize ans, la secoode pienaant diBi-*buit, de sorte qu'il occupa répisQOfuit pendant trente-quatre ans. &es successeurs dans rarcbevécbé de Brème, furent ftimberd, Aiklgaire» moine de Cori>ie» Hifiar, Reginward, Unnus, etc. En donjdaat la suite de ces évèques dans le second livra» Adam ne se «ofit#nte pas de les faire eouualtre fiar leurs noms, mais il donne un 4)jréci6 de Ifiur vie, la durée de leur épiscol»at, la DuM des papes, des empereurs, des rois; T^otion des nouveaux évèchés, les luélropoles dont ils dépendaient, Torigine 4es dues de Sase, de rarchevôché de Magdeboung M 4es âoq 4vêebés qui lui furent jBOUfiûs. Il prend de là occasion de donner une deaeripUon des pays où ces églises sont ;situées« des fleuves €[ui les arrosent et <ks l^uples qui les babitent. Il passe ensuite au i^oyasma de Btanemartc , dont le roi Harcdd .embnasa la neligion cbrétienne, qu'il favorôa taute aa vie. Il nomme les évoques jIu'Adalckigt^rcbeTèque de Brème, ordonna ^ PanaMicck, les villes où il plaça leurs #iéges épisaopaux. Il raconte les troubles dont le christianisme fut agité sous le règne 4e Soenaa^ iils d*Maro^, q\ài fut dépcmiilé, ^0 baîiid de ia i^eiigion, par les Banois révoliéa at ^par ann fils, é»ni la rébellion profita à fléaeqiM^'emparadu royaume. Adam descend dans te délail de ce qui regarde Héjîc, m de Aaède et de Danemark, et son ^aoaaaettr daos ces deux royaumes. Il marque les progrès de la foi dans la Suède, le «nmd nombre des nartjr^ chez les nations ^rbarea, al rérection de nouveaux évéchés 4ihes les iciavas et les autres peuples du llord. 11 a soin de remarquer que les archev^ues de ftrème recevaient l'invesCiture de leur dignité fmr la crosse que Tempereur lear mettailan main, aussitôt après leur élection, al fMT Je MUum qui leur était envoyé par le papa. Sur la fin du second livre, Adam ae {ilaint du rettcbement des mo&urs dans le çlai^, et la regarde comme plus préjudiciable à rfi^lisa, que ne fut Tincendte qui conauma celle de Brèmo, son trésor, son cloî- Ira, ses livres^ ses ornements et les édiUces daltnUa.

Adam commence son troisième livre par réloge de Tarchevèque Adalbert^ dont il re* lève toutes les vertus, et en partîculi<*r le zèle pour raccroissementde la religion. I>ès la première année de son^acopat. il s'appliqua à réparer Téglise de Brème, le doître et les autres bâtiments nécessaires à Tfaabitation des jdianoines. 11 envoya des députés aux rois du Nord, pour lier amitié avec eux ; écrivit aux évèques et aux prêtres établis en Danemark, en ouèd« et en Norwége, pour les exhorter à la garde cie leurs églises et à leur accroissement, en travaillant sans crainte à la conversion des païens. Il força le roi Suénon à se séparer de sa parente, qu'il avait épouséecontre les lois deTËglise» et démasqua un certain Osmund, qui se disait légat du pape pour la Suède, et faisait porter la crois devant lui comme un archevêque. En Norwége , le roi Haroid exerçait une cruelle tyrannie contre les chrétiens ; Adalbert, dont les avertissements avaient été méprisés , le fit admonester par le pape Alexandre II. Par sa réconciliation avec le toi 8«énon, et par le traité d alliance qu'il ménajgea entre ee prince et rempereur Henri lit, il fit faire de grands progrès à l'Ëvangile dans tous les pa^s du Nord, et jusque chez les Sclaves. Il lui venait des députés de l'Islande, du Groenland et des Or- ^eades, lui demander des missionnaires. Ce-

Smdant ce zèle de la foi et de la gloire de ieu se lui faisait pas négliger ce qm contribue aussi à la gloire humaine. Par ses «oins, la viHe de Brème, quoique petite, devint la Rome du Nord, et on y accourait de 4outes parts. Le désir d'ériger son archevètrfié en patriarcat l'occupait sans cesse ; le «oin du christianisme naissant chez les Barbares septentrionaux lui fournissait un prétexte spécieux ; mais la mort du pape et de l'empereur Henri III coupa court à tous ces projets. Appelé è la régence pendant la mifiorité d*Henri IV, on peirt dire que l'Eglise de Brème se ressentit de l'appHcation qu*M donna aux «Maires de l'Etat, en voyant le3 aîennes s'en aller en décadence.

L'historien consacre son quatrième livre îi enregistrer tous ses malheurs, tterman, ûls de Bernard, duc de Saxe, ravagea J'archevûché de Brème et de Hanrbourg; mais le roi Henri IV consola, en quelque façon, ces Eglises, en leur envoyant des ornomeuts, des vases d'argent, trois calices d'or, des cliander liers, des encensoirs d'argent et des livres, dont un psautier était écrit en lettres d'or, rictïesses opimes que l'archevêque Adalbert, employa à agrandir son église, en lui acquérant des iiefs et des comtés. Adam se plaint amèrement que, pour payer le prix d^un certain comte, situé dans ta Frise, Adalbert ait vendu ou fait -briser des croix d'or ornées de pierres précieuses, des autels, des couronnes et d'autres ornements, dont le produit ne put former qu'environ la moitié de la somme, ce qui mit l'Eglise dans la sène et exposa son archevêque a la risée pu* blique. Vers le même temps, le prince Gothescalc; ^ui avait «âdé à convertir une

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DICTIONNAIRE DE PATROLOGŒ.

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grande partie de la SclaYonie, fut mis à mort avec le praire Ippon et un grand nombre de clercs et de laïques» par ceux-là mêmes qu'il «Tait convertie» à la foi et qui étaient retournés àridolàlrie. Ces barbares ravagèrent enftuUe toute la province de Hambourg, y mirent tout à feu et ^ sang, et en chassèreicit rarcbeyèque. Tous ces maux, dit Thisloriefi, nous «valent été «nuoacés par une comète I gui apparut la même année, vers la fête ile ^PAques.X>*arcbevéque resta trois ans hors de son église ; le mauvais état de ses affaires le força de se réconcilier avec ceux qu'il avait Itaités auparavant avec trop de hauteur. Sa mort, si Ton en croit Adam, fut précédée de plusieurs prodiges; on vit, e^e autres, à Brème les crucifix répandre des Uixmes. Il mourut à Goslar le 16 mars 1072, et fut rapporté à Brème, où on l'enterra dans le choeur de la nouvelle église qu'il avait bâtie. On ne trouva dans soil trésor que des reliques de saints et des ornements sacrés. Adam rappelle le concile de Scleswig et les abus qui le rendirent nécessaire; u rapporte la lettre que le pape Alexandre II écrivit à ce sujet à tous les évoques de Danemark, et deux autres qu'Adalbert adressa lui-môme aux éyêgues soumis à sa métropole, pour les inviter au concile. Il marque ensuite les évoques qu'il avait ordonnés, neuf en Danemark, six en Suède, deux en Norwége, vingt en tout, dont trois demeurèrent inutiles en cherchant plutôt leurs intérêts que les intérêts de Jésuç-Cfarist. Cet archevêque traitait avec beaucoup d'honneur les légats du pape, disant qu'il ne reconnaissait que deux maîtres, le pape et le roi. Le pape lui accorda et à ses successeurs le privilège d'établir des évêchésdans4out le Nord, même malgré les rois, et de choisir daps sa chapelle ceux qu'il voudrait, pour les oridonner évêques.

Pour rendre son histoire plus coiïiplète, Adam j avait ^ouié, ainsi gue nous TavoQs dit, une description très-intéressante des royaumes et des provinces du Nord qui avaient embrassé la foi de Jésus-Christ. Outre la description des lieux, il fait des remarques sur les mœurs et les usages des peuples. Il dit dos Danois que quand quelqu'un d*eux est convaincu d'un crime de Ièze-majesté,il aime mieux qu'on lui tranche la tête que de souffrir les verges ou la bas* toDuade. C'est une gloire pour eux que de témoigier de la joie lorsqu'ils vont au supplice; ils ont les larmes en horreur, et us n'en versent pas même à la mort de leurs proches. Les nebtiantsde la Courlandesont si oruels, que tout 4e monde les fuit ; ils sont irès^taches au cuite des idoles. Les Islandais •adorent des dragons auxquels ils immo- (ent {les 4io{nmes qu'ils achètent après les avoir examinés et s^tre convaincus qu'ils n'ont aucun ^défaut -corporel. Les Suédois punissent de mort l'adultère et la violuQce ûiile à une vierge. Us regardent eiunme un opprohoe de refuser l'hospitalité aux àlraagers. Cette nation a un temple fameux ^ à Upsal. 11 est tout revêtu d'or, et on y j^évàie lee statues de trois dieux, Thar, qui

tient la foudre et est comme le Jupiter dés anciens Romains; Vadan, qui préside à la guerre, et Friocon, qui donne la paix et les plaisirs. Tous les neuf ans on célèbre k Dpsal uAeldte solennelle^ où tous sont obligés .4'envoyer leur offrande. Personne n'en est exempt, les chrétiens même sopt ^qoqtraiDts -A se racheter de cette superstjtiioi». Dans la JforW'é^e, les peuples sont très^cbesjte^ et très-sowes ea tout; les npbleys, comcae les anciens patriarches, gardent les ireupeavx et vivent du travail de leur^ mains. Les habitants de Yîie de Tbvle soal de mours si douces et si oharitahies, que to^ esi commun entre eux et avec les étrangers. Us regardent leur évêqte coimme leur jhm ; ils se jrèglecit sur sa volon^, et tout oe fu'il leur dit, soit de la part de Dieu» soit par l'autorité 4e6 divines Ecritures, ils le tiennent pour loi. —Ce traité est suivi d'un épilogue en vers bexavibètres, adressé par Adam à l'archevêque Liémar, successeur d'Adaihert* he poëte y lait Téloge de ce prélat, de son éloqueuoe, de soa iuttelligeoi^e dans les divines Ecritures et de sou assiduité A la lecture des Pères. Il compare son iéiectian à celles .qui se faisaiept dans l'iilgliae prtmitive, et la i^garde ()om«ie l'époque du i$étabUssement de la liberté et de la féix dus l'Eglise de Brème et de Hambourg.

Historâen sincère et Qdàle, Adam prateale, dans la préface 4e son ouvrage^ ^«e la passion n'a eu aucuae nart k son récit ; mi'il n^y a rien hasardé t mm qu'il a rappaité fidèlement les Cftiis* iels. qu'il les avak trouvés dans des mésioiiïes autheatiques. 11 (Mt eité avec éloge dans la Ckr^mqtH dm Sdâum par Hermold, et dans les Ànwibê de Aaronins. Lamtbecius lui peproohe qadques inexaolîjtudes ; mais, dit f abrieius, 0!Q les pardonne faoilBBMOt à qui a sa néuuir des doeamaats si rares et ai mtéreasanta pour TlûaUrfi^ ecclésiastique du Nord.

AfiAMBËPETlT-PONr, Anglais d'origine , vint étudier à Paras sous Ifatthteu d'Angers. Bientôt après, devenu matti^ à son tour, il imvrit une ^cole publique sur le Petii-PoBt, ce qui lui en fil donner le surnom. Professeur renommé, il ne tarda pas à voir les élèves se presser autour de sa cAaire. il y enseâgna successivement ta gaaiiMnaire, la riiétofique, la dialectieue; pais ^ passa de là à l'école de ia catnédrale, où il professa la thécMOgie. L'évèque, pour le réeoaipenser, le fit chanoine de r£glîse 4e Paris, et plus tard il fut nommé '^véque de 6aiot- Josaph eu Angleterre. C'était un fort bel esprit qui savait beaucoup de choses, et se montrait plus attaché k Aristote (}tte 4ous tes autres processeurs. Mais il avait la réputation d'être sujet è l'envie; ce qui Tempe- , chait de communiquer aisément aux auftres les connaissances qu'il avait acquises. Quoioue Jean de Salisburj ne MqiMntât pas son école, cependant il ne laissa pas de le culti* ver, et le ga^na tellement par ses assiduités qu Adam lui découvrait avec complaisarree tout ce qu'une longue étude lui avait appris. U BOUS veste de lui un traité de dialectique

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DlCTIOiNNAIRE D£ PATROLOGIE.

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intitulé : Ars disserendi, qui confirme complètement la réputation qu'il s'était acquise comme professeur.

ADAM, surnommé TEgossais, parce que sa famille était originaire d'Ecosse, où le Prémontrê, parce qu'il était religieux de cet ordre, vivait dans le xiV siècle. Saint Northert, instituteur de l'ordre des Prémontrés, l'envoya en Ecosse enseigner l'Ecriture sainte et professer la théologie. Il fut depuis tiré de cet emploi, pour être fait évéque de Withern, De là il passa en France, où il mourut en 1180, après s'être distingué par sa* piété et par son savoir. C'est tout ce que nous savons de sa vie. Il a laissé plusieurs ouvrages imprimés à Anvers en 1659, entre autres, un Commentaire sur la Règle de saint Atigustin ; un Traité des trois tabernacles ; un autre, des trois genres de contempla^' tionj et quarante-sept sermons sur diverses fêtes de l'année; mais le plus important de ses écrits, et le seul dont nous croyons devoir rendre compte, est celui quia pour titre: Soliloque de Vàme.

Cet ouvrage, divisé en deux livres et dédié aux prieur et religieux de Saint-André d'Ecosse, est écrit en forme de dialogue où la raison fait l'office d'interlocutrice avec l'Ame. Dans le i*' livre, Adam fait voir que l'état religieux n'est pas exempt de tentations, parce que la vie de l'homme sur la terre est une guerre continuelle où il faut vaincre pour être couronné. Si les tentations sont plus vives danslareliffion gue dans le monde, c'est que l'ennemi a besoin de se venger du religieux qui a secoué son joug; au contraire, comme il exerce sans contradiction son empire sur les personnes du monde, il les laisse en paix; aussi la religion fournitelle des armes plus fortes pour surmonter les tentations; ces armes sont la prière, le chant des psaumes, la méditation des saintes Ecritures, et l'humble confession des péchés. Une autre peine de l'état religieux, mais particulière à l'ordre de Prémontré, c'est qu'à certains jours, en présence de la communauté rassemblée en chapitre, sous la présidence de l'abbé ou du supérieur, les religieux se proclament mutuellement coupables de fautes qui, sans cette proclamation, ne seraient peut-être connues que de celui qui les découvre et de celui qui les a commises. L'âme se plaint, et du peu de compassion que l'abbé témoigne en cette occasion, et du manque de chanté dans les proclamations. Adam, sous le nom de la raison, répond qu'en cela les frères n'agissent point par haine, ni par aigreur, mais par un motif de charité et d'amour. Leur but est de se corriger mutuellement, afin qu'il ne reste rien en eux qui déplaise à Jésus-Christ. Il y a de la témérité à accuser de dureté un supérieur qui ne témoigne tant d'attention à écouter les fautes de ses religieux que pour les en absoudre avec connaissance. 11 y a de la présomption à approfondir les intentions des supérieurs; il sufiit de savoir que leurs préceptes sont de Dieu qu'ils représentent, et qui leur a communiqué son autorité.

Adam fournit encore à la raison des répon • ses contre les objections de l'âme. La clôture maintient le religieux dans la solitude, où Dieu parle au cœur; la précipitation dans le chant des offices serait une marque qu'on n'honore Dieu que des lèvres ; le travail des mains est utile à l'âme, pour la sauver des dangers du désœuvrement, et au corps pour l'entretien de la santé; l'abstinence de viande est une pénitence que le monde partage quelquefois avec eux; les veilles ne sont une souffrance que pour ceux qui ne se couchent pas aux heures prescrites ; enfin le silence est nécessaire à la conservation de la religion, de la paix, de la iustice et de la sainteté.

Le second livre est une explication de la formule de profession usitée aans l'ordre de Prémontré. Elle est conçue en ces termes : « Je m'offre et me confie à l'Eglise de Dieu» et promets la conversion de mes mœurs et la stabilité dans ce lieu, selon l'Evangile de Jésus-Christ, l'institution apostolique et la règle canoniaue de saint Augustin. Je promets aussi obéissance, jusqu'à la mort, au supérieur de cette église et à ses successeurs» choisis canoniquement par la plus saine

f)artie de cette congrégation. » Adam dit que a conversion des mœurs consiste à se corriger de ses défauts, à acquérir les vertus opposées, et principalement les vertus Je son état; gue le vœu de stabilité dans une même maison oblige à y rester jusqu'à la mort; toutefois, il est des cas où l'on peut quitter sa maison de profession, c'est lorsqu'on est élu canoniquement pour en gouverner une autre, et que cette élection s'est faite du consentement de l'abbé. II met au nombre des fautes grièves le vice de la. pro-

Sriété, et cite ce qui en est dit dans la règle e saint Benoit. Il veut que l'obéissance promise à l'abbé soit sans bornes, à moins qu'il ne commande des choses contraires à la loi de Dieu. Parlant de la confession des péchés» son sentiment est que les religieux doivent la faire à leur abbé, sans que la crainte d'en être trop connus puisse les détourner de co devoir. Il recommande, comme une des vertus les plus nécessaires, l'amour mutuel entre l'abbé et les religieux. Pourvu gue l'on remplisse exactement tous les exercices qui se font en commun, il regarde comme autorisées les prières et les œuvres particulières de piété et de dévotion.

Le style d'Adam se ressent de son époque, et plus encore du pays où il a vécu. Dans un temps où la science était rare, tout ce que des savants écrivaient était précieux et précieusement recueilli. Cette opinion, qui n'est que vraie pour la plupart des écrivains du même siècle, est d'une application complète quand il s'a^t des écrivains anglais.

ADAHAN, successeur de Failbeus dans le gouvernement de l'abbaye de Hi, sur les confins de l'Ecosse, vivait, selon Vossius, yrs l'an 690. Dénuté de sa nation vers Al- Irid, roi de Nortnumbrie, il eut occasion» . pendant le séjour qu*ii fit dans ce royaume^

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DiCTIONNAmE DE PATROLOGIE.

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d^obserrer les pratiques de TEsIise anglicaue» qui alors étaient celles de T'Eglise uni- Yersellc. Elles différaient de celles des Hibernais à plusieurs égards, mais principalement à 1 égard de la pique. Cependant, quoique Adaman se fût conforme, en ce point» à Tusage de TEglise romaine, il conserrait la tonsure telle que les clercs d'Hibemie avaient coutume de la porter. Un jour étant allé rendre visite à Céolfride, abbé de Wiremouth, celui-ci lui demanda pourquoi, prétendant h la couronne immortelle, il en portait une si imparfaite sur sa tête ? « Si TOUS cherchez, lui dit-il, la société de saint Pierre, comment imitez-Yous la tonsure de eelui que saint Pierre a anathématisé. » En effet, les Romains, et les Anglais à l'imitation des Romains, ne portaient qu'une couronne de cheveux et se faisaient raser tout le dessus de la tète. Adaman répondit : « Encore aue je porte la tonsure de Simon, je n'en déteste pas moins ses erreurs, d Pourtant il se rendit aux avis de Céolfride, et, de retour à son monastère, il voulut engager ses moines à changer leurs anciens usages ; mais ses eflTorts furent inutiles. Il fut plus heureux en Irlande : presque tous les religieux de son ordre se conformèrent à ce qu'il exigea d*eux. Il profita de cet exemple pour nSitérer ses instances dans son monastère de Hi, mais elles n'eurent pas plus de succès. Après une vie de prière et d!^étude, il mourut le 33 de septembre, en 7M ou 705, Agé Je plus de quatre-vingts ans.

Nous avons d' Adaman une Vie de saint Colomban, apôtre des Pietés ou Ecossais, fondateur et premier abbé du monastère de Bi. Nous pouvons nous en former une idée par quelques passages de la préface qu'il a

Eubliée en tète de cet ouvrage. « C'était un omme d*une vie vénérable et d'une sainte mémoire, notre P. Colomban, le pieux fondateur de notre monastère. Son nom était l'homonyme de celui du prophète Jonas et avait la même signification. Aussi croyons-nous que c*est la Providence elle-même qui a ins* pire l'idée de donner un tel nom à cet nomme de Dieu. En effet, suivant l'Evangile, c'est sous la forme d'une colombe que le Saint-Esprit assista au baptême de Jésus- Christ. Aussi, dans la plupart des livres sacrés, ce nom sert-il à désigner TEsprit-Saint. Le Christ recommande à ses disciples de conserver dans leur cœur Tinnocence et la simplicité de la colombe. Donc c'était ainsi que devait se nommer celui dont le cœur simple et dontl'âme innocente devaient servird'asile aux grâces du Saint-Esprit; car dès les premiers jours de l'enfance jusqu'aux derniers jours de l'Age le plus reculé, il n'a jamais cessé de s'en montrer digne par sa candeur

et sa simplicité Maintenant, en abordant

la vie et les actions de saint Colomban, nous nous proposons de les raconter le plus brièvement possible, mais pourtant, sans que cette concision, que nous nous proposons pour règle, ne nous fasse jamais rien omettre de ce qui peut faire ressortir la gloire et les vertus de notre héros. De ses miracles

nous ne dirons que quelques mots, mais. a§sez pourtant pour contenter la sainte avidité du lecteur; car comme nous n'avons gue des faits merveilleux à raconter, nous divi* sons notre récit en trois livres.

« Le premier contiendra ses révélations prophétiques; le second, les prodiges qu'il accomplit par la vertu de Dieu ; et le troisième enfin les apparitions angéliques dont il fut favorisé, et les manifestations sublimes que Dieu lui fit entrevoir de ses célestes clartés. »

A la fin de sa préface, il prévient je lecteur gu'il n'avancera rien de douteux ni d'incertain, qu'il ne rapportera que ce qu'il aura appris de gens dignes de foi, ou lu dans des livres aussi sagement écrits aue sagement pensés. — Dom Mabillon a punlié cette Vie dans le premier volume des Actes de l'ordre de Saint-Benoît. Jacques Basnage en a donné une autre édition dans son Tkesaurtu monumentorum ecclesiasticorum historico' rum^ et c'est cette dernière qui se trouve reproduite dans le Cours complet de Patrologie. Paris, 1850. On a imprimé à Ingolstad, eu 1619, sous le nom d'Adaman, une description de la Terre-Sainte ; mais quoique rédigée par lui, nous croyons qu'on en doit faire les premiers honneurs à Arculphe, évoque gaulois. Nous dirons ailleurs, et quand il sera question de sa vie, sur quels titres nous nous appuyons, pour revendiquer ainsi en sa faveur la plus oeHe part dans ce travail.

ADELBERT, ou AdalberTi que Ton a quelquefois confondu avec Adrevald»

parce qu'ils vivaient dans le même temps,

Ïu'ils étaient, l'un et l'autre, moines de matière,

du ^

Mont-Cassin au monastère de Fleury en France. Adrevald, comme nous le verrons, écrivit la relation des miracles opérés par l'intercession du môme saint; mais le stvle de ces deux ouvrages est si différent, qu on est surpris que des critiques aussi esercéa que Trithème et Sîgebert aient pu les attribuer au même auteur, surtout quand ils avaient deux noms revendiquant avec une égale autorité leur part respective dans ce double travail. Adalbert mourut au monastère de Fleury le 22 décembre 853, et il composa l'Histoire de cette translation, environ deux cents ans après l'événement. Il l'écrivit eu presse; mais elle fut depuis mise en vers par Aimoin de Fleury ; et les Bénédictins l'ont reproduite, sous ces deux formes, dans le tome II des Actes de leur ordre.

ADELBOLD, évoque d'Utrecht, naquit vers la fin du x* siècle, d'une famille noble de l'évêché de Liège. Il y fit ses études sous Hériger, et passa de là dans les écoles de Reims. Doue d'un esprit vif, solide et pénétrant, il fit de grands progrès dans les sciences. Sigebert, en parlant de Fulbert de Chartres, d^Hériger et d'Abben de FleurTi Qui

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ncnONNÀIRE BB FATROLOaBu

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étaient aIor& en grande réputation desavoir» &it marcher Adelbold de pair avec oui. Sa réputation de savant s'étendit en Allemagrï0r ot rempefeur Henri II, Fayant attiré à sa cour, raomit dans son conseil, le nomma son chancelier, et lui fit ensuite obtenir le siège épiaeopal dUtrecbt. Ses premiers soins furent de uûre réparer les lieux saints, la plupart tombés ea dégradation ; il rebâtit Fégliae de Saint-Martin^ l'une des principales de sa ville épiscopale^en releva plusieurs autres et fonda la collégiale de RieU sous rinvocation de sainte Walburse. La grande activité avec laquelle îl travaillait à la prospérité de son évêché ne cessa qu'à sa mort, arrirée le 2ff novembre de l'an 1027. Il joignait atrï sciences beaucoup de sagesse, de prudience et dfe courage et te talent de s'exprimer avec éloquence et fticiKté.

Vie de saùU Henri. — Ce prélat laborieux a écrit la Tie de son bienfaiteur Henri II : Quvraga estimable, dont il ne reste plus que la j^remière pa^ti^ ; mais ce fragment fera toujours honneur à Adelbold par la beauté et l'élégance du st^le, et par la netteté, la précision et Texactitude qui se font remarquer dans l'expoNsé et la narration des faits. Il est précédé d'une préface qui contient des règles trèa-judicieuses $ur les devoirs d*un bistonea, règles dont Adelbold ne- s'est point écàviS. Le premier devoir d^uxi historien, ctii-U, est de sa dépouiller de tout préjugé, de sorte oue ni la haine, ni Famitié, ni Tenvie, ni 1 adulation ne le dominent, parce Qu'autrement, ou il dissimulera la vérité, ou il la taira», ou il présentera le bien sous Tap-

Eîrence du mal el le mal sous l'apparence au ien, et alors il trompera le lecteur. H montre qu'it y a injustice à n'aimer dans les histoires que ce qui s'est cassé ancien- Dfement; on doit également aimer la narration des faits: récents, ponrvn qu'ils soient aicdompagn'és de h* rérité. En effet, ce qui est ancien^ pour nous ne Fêlait pa^ au moment de son accomplissement ; ce n'est pas le nombre des années qui donne lia certitude» (festla vérité.

fie de sairUe Wcdburge. — La Vie de sainte "WaUMtfge, oui lui est attribuée par Héda et que les Bollandistes ont publiée sous sou nom, n'est q^'adOi abségé de celle du prêtre Wofnard. Adelbold s'y. ast assu([eUi à la manière et au style de son modèle. Cet abrégé est suivi de deux lettres qui lui furent adressées sur la fin de son épiscopat. La

{première, après avoir fait son^^loge, raconte es uâracles opérés au tombeau de sainte Waiburga, et la seconde en ^oute un omis dans lapranûère relation.

De la grosseur de la sphère, — On a aussi d' Adelbold W traiié du diamètre de la sphère, adre^ ave«i iine lettre au pape Silvestre U^ soa aacian maître. Cn n'est pa3 le seul eavrage qu'Adelbold ait écrit en ce genre. On en eite un sur Taslronomie, un second sur le cours des aatres, et un troisième intitulé De Itinuiiis. Triihàme cite en. particulier un livre des Lêuangu de la croix, un autre do

celles de la Vierge Marie, et pivsieupa ài&^ cours en Thonneurdes saints. Adelbold com^ posa le chant des Matines de la fête de sain^ Martin, et raconta son triomphe sur les Nor-* mands qui avaient tenDé de se rendre mai«^ très de la ville de Tours. Dans un synode, oCi l'empereur Henri II assista avec plusieurs évéques en f(KM., il lit mtifier uodi liste d^s vassaux libres de TEglise et de Té* vôché dUtrechU Héda l'a publiée dans l'hid* toire des évèquea de cette ville. Le m^m/9 éditeur attribue aussi à Adelbold un traité, eu forme de dialogue, sur la variété de9> usages dans l'observation de l' Avant ; mai» il paraît que ce traité n'est pas de lui. Ce— pondant, à la prière de Bernoo, abbé de Ri* c'henou, Adelbold écrivit sur le laâme sujet; mais il parait que ce n'était qu'une sim^9« lettre. Adelbold, qui avait été a Rome,, étail. plus en état qu'un autre de rendre compte de la manière dont on y passait l'A vent. Oa ne le commençait jamais avant le 27 de no^ vembre, ni plus tard que le troisième des Nones de décembre. Le dimanche qui tombait dans l'espace de ces seot jours était célébré comme le premier ae l'Avent. C'est tout ce que Bernon nous a conservé de la lettre d'Adelbold, en la distinguant clAire-* ment du dialogue d'Hériger sur la môine matière. Dans tous ses ouvrages,, son style clair, facile et même élégant le place parmi les bons écrivains de son siècle.

ADELR£LME, professait la vie monastique dans Tabbaye de Sarnt-Ca)ais, axt dio-« cèse du'Mans, (|uand tl en fiit tiré pour rempHr le siège épiscopal de Séez, en Nettstrie, devenu vacawt par la mort d'HUdebrand, arrivée a& plus tôt en 87<^, puisque cet évéque assistait, dans la même année, au concile de Pontien. la promotion* d*Adf'lhelme fût traversée par quelques ambiiieixi, qui hii Hrent concurrence et cherchèrent à obtenir sa place h force d'argent. Dans cette occasion, Adelheinse intéressa dans son parti sainte Opportune, vierge et abbesse de Hontreuil, morte dans le viii* siècle, et sœur de saine Chrodegang, évéque de Sée?, s'obligeant par voeu d'écrire l'histoire de sa vie el de ses miracles, si elle lui était favorable. Les factions se dissipèrent; mais Adelheimo, paisible possesseur de sa dignité, négligea d'ac* cojoapHr sa promesse. L'année même de sou ordination, il' t\it pris par les Normands et conduit captif en Angleterre. Cette infortune et beaucoup d'autres encore le tirent souve^ nir de sa faute ; il renouvela son reeu et fiit rendu à son Bglise.

Alors il se mit à écrire la Vie de sainte Opportune. H n'avait pas encore appris la mort de Charles le Chauve, ce quirfait supposer qu'il écrivait avant le mois d'octobre de l'an 877. Son ouvrage est divisé en deux livres : le premier contient Thistoire de la vie de la sainte; le second, le récit de ses miracles. U avait lui-môme été témoin d'une partie de ceux qu'il rapporte ; les autres lui avaient été rapportés par des personnes dignes de foi. Les uns et les autres sontracoQ-

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nfCTïfflsmmE de patrologie;

lés arec une Bonne foi qni ra jusqu'à la candeur. Surius, Dom Mabillon et fes Bollandistes ont reproduit cet ouvrage, et Nicolas Go9seC| curé chevalier de Sainte-Opportune, en A donné une traduction française, impriffiéeà Paris en 165^.

Éénédictions. — Le recueil des Bénédic* tfons de9 évoques, qui se conserve roanuserit & la Bibliothèque Nationale^ en contient trente-si%> composées par révoque Adelhelme. Ce sont celles des dimanches d'après Koêl^ d'après la Tbéophanie, comme il Pap* peHe, jusqu'au CarèHie» celles d'après Pa-

Ke& et des dimanches après la Pentecôte, titre porte qu'il les composa par ordre de f rançon» arche vaque* de Rouen et son mé- (ropofitaia , à qui elles ne purent être* adressées avant 910, qui fut la première année de son épiscopat. Il paraît que Francon ne demanda ces Bénédictions à l'évèque de Séez, qae parce qu'elles manquaient dans le reeMi de? Tabbé Grirtald, pumîé par Pamelias. Ces béficédfetions se dHsniTlalent par Févé^- Me=, 49» paf le pfêHre, avant VAgnus Dei de la caesse, el étaient suivies de sa communion ël de eelle de» asfsvstan^s. Elles contenaient dfdiUttvreÉÉmif trors souhaits : dans celle qai est iftdîquée povir 1» teille de Noël, l'évèque demande a Dieu que le peuple marche «tet fidéUté dao» ksr voi# de ses comokandeHiBttls» qu'il stirmonfe les sttaques du dé** moA, tas lestaliMs de la vie présente, et qu'il rtcomuôsse qu^ e'est à Dieu que les hommes sonl redevables d'être nés et d'avoir élé aancttfiés par la régàfiération. Les tffois soobrits de la messe de Noël sont différ«nl^ ; ib dnt pour objet ^a paix, la rémisâoft dé» péchés et la science du salut. A chaque souhait ièrmirié par l'évèque, le peu-> pie répondait lAmm^ Le BfMf assute oue de son teoias^ e'esi-inlife de 17^ à 1790^ œs sortes de héeiMietiona étaient encore en usage dans les églsaes dTe Fraince qui avaient conservé YamiBa rile gaâidair*

ABFLtfEK, évéqcie dont le siégé épiscnpal u*est pas connu, florlssait diins la dernière moitié du if siècle, et composa un traiu' de piété pour une recluse nommée Nt^nsoind(^. Il professait la règfe de saitit Bejott et n'éteH e«eore que moine lorsqu'il éeriirit te twrtié dont noHS parlons, mais d'un âge assez iwA>p eepcindanf pour mériter la coniaoee' #une fille péâ^r tente. Adelher commeuce les histruetions qu*il lui donne par la^ GharilA, qti'fi Porî dépeint, aree saint Paul, oeame' la ptos betle de toutes les vertus. II traite efvsmte de l'humilité, appuyant ce qu ii en dit sur les maiimesqii'il avait apprises de la vie dés anciens solitaires. It suit la même méthode dans ee qfu'il prescrit sur la centi-> neeoe* l0 sHeIkee, Tahstinenee, la simplicité el la moÂntie dtfns les habits, la compono^ tion du eœur, la pière, le combat des vices, la patience daes les adversités, dans les maladies, â l'en emple de JésiJS-ChrisI, qui fut patient jusqu'à k mort. Afin que Nonsuinde ne désespérai pas d'obtenir, pour ses péchés, to^doB qu'Ole sollicitait en les pleu^

rant tous les jours, il rapporte au long, l'histoire de l'empereur Th6odose„ son crime, la fermeté de saint Ambroise à le punir en lui refusant l'entrée du sanctuaire» et la maniera dont ce prince effaça son j^éché et en obtini le pardon. <« Si vous accomplissez ce que je vous ai prescrit, lui dit Adelher^ s^ichez cpie» ce ne sera pas par vos propres forces, mais par inspiration et avec le secours de celui qui dit dans l'Evangile : Sans moiy «auj ne pouvei rien faire. n A Texception de ce traité, nous ne connaissons rien a Adelher ; sa vle^ son épiscopat, sa mort sont enveloppés dans les mêmes ténèbres. II avait besom de cet otivrage pour sauver son nom de roublû

AD'HJUAN, cbaooiiie et éeoMtire <le l'Eglise de Liège, vivait dans le xr sièeie. Il fut formé dans les sciencast^ «feeUérenger, è l'éeolh du cétèbre Fulbert, évéûple de Chartres; mais il fit plus* d^houMur <fue son condisciple aux instnructieos de son ntattre, ou plutôt de son vénéraMe ^craêe^ comme il rai^relle lui-méifre. MétsH sous« dià'Cre de l'Eglise de Liège,» Iors(m*il vint étudier k Chartres. Méginard, ssn é vè'que, écrl^ vit à Fulbert pour lui redemander sa AreAt» errante. Fulbert lui répondît avec poKtesse qif'il ee devait point regarder ActelïHaa eomme une brebis perdue pour sou th>u pemi, (Tu'il* le renverrait incessamment à Liégef daits l'espérance qu'il reviendrait bientôt h Chartres avec un dimissoirre en fhrme. Maie ftégioard, usant de son droit, relânt Adelmai» dans son diocèse. Ce changemervil a'ieter^ r€»fifràt point le couvs de ses étades; il les cofitimia sur le plan qu'il les avait sonmien^ cées, et se rendit habile éhn» Isesss les sciences. Son zèle pour )e maintiîefi de le. discipline ayant suscité à Waseu quelques difficultés, sa place d'éooiMre fui donnée à Adelman, gui ta remplit avee hmineur pendant plusieurs tfmées. Q^jeiqves. rMsons qu'il ne dit pais l'ayant obligé knhmômer plus tard, de quitter Ws^ur do Liège, i^ se re^ tira en AUenngiie, et passer dte* Mt en Lan* hardie. C'est alors que IflMise de Brescia s'étaitt trouvée vacante, il fut élu poor ïa rsmf)lir. On place ordiMirenlMt mut éleva* tion à répiseopat à Fan^ tOML II nowot, se-" Ion Ughelli, vers l'an iWi, et tat eftterré dans loglise des saints FausOi» et Jovitte martyrs.

Letfte è Bérenger. — Bérfenger ayant attaqué, de vive voit et par' écrit, fa présencef réelle de Jésus-Christ dans fe sacrement de ï'eucharfstie, le bruit de cette nouvelle erreur se répandit jus«(u'ee' Alleeiagne, où Adelman demeurait alors. Il résolut d'en écrire à IWr enger, pouf apprendre de luimême la vérité de ces bruits. Les termes de ffêrêei de chef condiserple^ dônV 9 se sert en lui écrivant, font voir que sa lettre eit antérieure aui conciïes de Rome et de Verceii, où- Bérenger fut condamné,, eia l'^BO, puisqu'il n'y uit fïetï de «es conciles. On croit communément que Bévenger ne commença à répandre ses erreurs cpue vers Fan lOi* j el dMo eette supposition, Adelman n'aurait

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BICTIONNAIRE DE PATROLOGIE.

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écrit sa lettre que vers Tan 1046 ; le bruit de cette nouvelle hérésie n'ayant pu transpirer plutôt en Allemagne. — Quoi qu'il en soit de la date de cette lettre, c'est l'ouvrage d'un esprit cultivé, qui avait le don de penser juste, de raisonner solidement, de s'énoncer avec une grande netteté, de donner à son discours un air simple, naturel, insinuant, persuasif, et dont le zèle pour la vérité ne respirait que l'amour du vrai, sans aucun mélange d'aigreur ou d'amertume. « Je vous nomme mon frère de lait, lui dit-il, à cause de la douce société dans laquelle nous avons si agréablement vécu î l'académie de Chartres, vous plus jeune, moi un peu plus srand, sous la direction de notre vénérable Socrate l'évèque Fulbert. » Adelman fait son éloge, rappelle les doux entretiens qu'ils avaient avec lui ; les instructions qu'il leur donnait, quelquefois les larmes aux yeux, surtout quand il les conjurait de marcher avec soin sur les traces des saints Pères, sans jamais s'en écarter pour suivre des sentiers détournés. Puis, venant aux bruits qui accusaient Bérenger de s'être séparé de l'unité de l'Eglise, en soutenant que ce qu'on immole tous les jours sur l'autel et par toute la terre, n'est pas le vrai corps et le vrai sang de Jésus- Christ, mais seulement une ngure et une ressemblance, il le conjure par la miséricorde de Dieu, et par le souvenir si précieux du saint évoque qui avait été leur maître commun, de ne point troubler la paix de l'Ëglise catholique, cette cité chrétienne que nos anciens pères ont bâtie ; pour laquelle sont morts tant de milliers de martyrs ; et que tant de saints docteurs ont si bien défendue contre les hérétiques, qu'il n'en est plus aucun qui ose s'élever contre sa doctrine, qu'il ne retombe aussitôt accablé sous les traits de leurs raisonnements. Les manichéens, les ariens et les autres fléaux de l'Eglise sont tombés dans l'oubli ; au contraire, on célèbre la mémoire de saint Jérôme, de saint Ambroise et de saint Augustin qui ont réfuté victorieusement leurs erreurs. « Il est bon, mon frère, à nous qui sommes petits, de nous cacher sous les enseignes de ces chefs dont l'autorité est SI grande dans l'Eglise. Quoiqu'en général, iaut homme soti menteur^ ces grands hommes sont véridiques puisqu'ils se sont attachés à celui qui est la voie^ la vérilé et la vie. C'est de lui qu'ils ont appris ce qu'ils nous ont enseigné du sacrement dont nous parlons. » Adelman rapporte la promesse que Jésus-Christ fit à ses disciples, de leur donner un pain qui serait sa propre chair; puis il montre l'accomplissement de cette promesse dans les paroles mêmes de l'institution de l'Eucharistie, et il ajoute : « Qui est-ce qui ne croit pas que la chose soit ainsi, sinon celui qui ne croit pas à Jésus-Christ ou qui ne croit pas à l'efficacité de ses paroles ? Peut-on douter que celui qui a dit au commencement : Que la lumière Moit et la lumière fut^ n'ait pu dire en prenant du pain, Cectest mon corpty sans pouvoir

changer réellement ce pain en sa substance? Et si, par une vertu secrète et sans prononcer aucune parole, il eut le pouvoir de changer l'eau en vin, refusera-t-on à ses paroles celui de changer le vin en son sang ?» II montre que comme c'est Jésus-Christ qui baptise par ses ministres, c'est lui aussi qui consacre et qui crée son corps et son sang par la bouche et entre les mains de ses prêtres. Si l'on se plaint que cette transsubstantiation ne soit pas visible, n'en est-il pas de même dans le baptême, otl l'&me se trouve sanctifiée par l'eau gui touche le corps, sans" que cette sanctification paraisse aux yeux des spectateurs. Dans l'un et dans l'autre sacrement, les choses se passent ainsi afin de donner lieu h la foi, qui cesserait d'être et de mériter, si le mystère qui s'accomplit dans les âmes se matérialisait, pour ainsi dire, jusqu'à tomber sous les sens.

Trithème, en parlant de la lettre d' Adelman, la donne comme très-longue, ce qui ferait supposer qu'il l'avait lue tout entière. 11 n'en est venu jusqu'à nous qu'une petite partie, mais elle suffit au moins pour rendre témoignage à la foi de son auteur sur un des dogmes fondamentaux de la croyance •catholique.

Autres lettres. —Bérenger répondit à la lettre d'Adelmanpar un écrit plein d'injures, où il mêle de mauvais sophismes à une fade plaisanterie, l'appelant Aulumanne au lieu de l'appeler par son nom. Sigebert parle de cette réponse, et on en trouve des fragments dans le IV' tome des Anecdoctes de dom Martenne. Trithème cite un recueil de Lettres sous le nom d'Adelman, mais il n'en fait point le détail; nous ne connaissons que celle qu'il écrivit à Paulin, primicier de Metz et ami de Bérenger, pour savoir de lui à quoi s'en tenir sur les erreurs qu'on lui attribuait, et celle qu'il adressa à Guillaume, un de ses disciples, depuis abbé de Saint- Amoul à Metz et de Saint-Remi à Reims, pour l'engager à rester dans le clergé, où il pouvait être plus utile à l'Eglise qu'en se retirant dans un cloître.

Rhythmes alphabétiques. — Adelman com* posa aussi un poëme rJivthmique : De viris illustribus sui temporis. Ce poëme est nommé Alphabétique^ parce que chacun des tercets qui le composent commence par une des lettres de l'alphabet rangées par ordre. Tous les tercets unissent par la même rime ; les deux premiers sont de quinze syllabes ; le troisième quelquefois de quinze et souvent de quatorze. Les syllabes sont longues ou brèves indifféremment, excepté les deux dernières qui terminent le verset par un ïambe ; la troisième strophe est la seule où cela ne se rencontre p>a$. C'est dans cette strophe qu' Adelman fait l'éloge de Fulbert de Chartres , son ancien mattre. Il le continue dans les quatre suivantes, où il nous montre ce grand évêque également versé dans les sciences divines et humaines , et donnant tous ses soins à faire refleurir les

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IMcnONMAIRE DE PAtROLOGIE*

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études dans les Gaules. Il fait connaître» dans les autres tercets» les savants avec qui il avait eu quelques liaisons, et dont la plu-* part seraient demeurés dans l'obscurité , s'il n*avait pensé à nous apprendre leurs noms et à nous révéler- quelques circonstances de leur vie. II se nomme lui-môme dans la der^ nière strophe , de sorte qu'on ne peut doubler qu'Adelman n'ait été vraiment l'auteur de ce poSme, arrivé jusqu'à nous sous son nom. Cfette piè^ce, cuneuse par sa concision et la singularité de son goût, est loin d'avoir le mérite littéraire de sa lettre à Bérenger. Ce poëme a été publié pour la première fois par dom Mabillon, dans le tome 1*' de ses AnaleeieSf et ensuite, coniointement avec la lettre sur l'Eucharistie , dans une édition, soignée et enrichie de notes , publiée par le chanoine Gagliardi , à la fin des sermons de saint Gaudence ; Patavii , ex typis Jos. Comwî , 1720.

ADÊMAK, ou AvMAR, né en 988, lie l'ancienne maison de Chabanais , fut placé , dès son enfance , dans le monastère de Saint* Cibard à Angoulême. 11 en sortit pour aller continuer sqs études ^ Saint-Martial de Limoges^ sous Roger, son oncle paternel, gui V enseignait. Adémar était dès lors morne d^Angomôme. Il raconte que, dans le temps qu'il demeurait au monastère de Saint-Martial, c'est-à-dire vers l'an 1010, il y eut plusieurs signes dans les astres, des sécheresses, des pluies excessives, des pestes et autres calamités ; et qu'étant occupé une nuit à contempler les étoiles , il aperçut du côté du midi une grande croix d'où pendait la fi-

5ure du Sauveur , triste et versant beaucoup e larmes. La croix et )a figure du Crucifié étaient couleur de feu et de sang : lui-même ne put retenir ses pleurs ; mais il tint secret ee qu'il avait vu, jusqu'au jour où il îe consigna par écrit; et il prend Dieu à témoin de la vérité du fait. On voit par la lettre qu'il écrivit sur l'apostolat de saint Martial qu'il était prêtre. II ne parait pas qu'il se soit jamais élevé à un degré supérieur. Cette lettre est de l'an 1028 : Adémar n'avait alors que quarante ans. L'auteur de la Biographie universelle le fait mourir, deux ans plus tard, dans an voyage qu'il avait entrepris à la Terre-Sainte. Avant de partir pour ce pèlerinage, il donna à l'abbaye de Saint-Martial de Limoges plusieurs volumes qui lui avaient beaucoup coûté à transcrire ou à composer , entre autpes , une nomenclature universelle des extraits de Marinus Victorinus, sa Chro^ nique et quelques autres écrits. La note où. ce fiiii est rapporté qualifie Adémar de grammairien habile et éPheureuse mémoire.

Chronique. — On a de lui une Chronique depuis l'origine de la monarchie française jusqu^en Tan 1029. Quoiqu'il n'y soit point exact pour la chronologie , et que les événements y soieut rapportés sans ordre, elle ne laisse pas d'être un monument utile pour notre histoire, principalement depuis le temps de Charles Martel. Aussi le P. Labbe, qui l'a reproduite, a-t-il retranché beaucoup de cho-

DfCTIONlI. PB PaTROLOGIB. I.

ses qui ne présentaient par eUes-mémes rieu d'intéressant , ni qui n'eût été déjà raconté par les anciens historiens de la France. Adémar est plus original dans ce qu'il raconte , depuis l'an 829 j usqu'à son temps. Il ne se borne point à l'histoire de France, mais il y lait entrer plusieurs événements qui regardent l'empire, et s'applique à rapporter ce oui se produisit de plus remarquable dans 1 Eglise et dans l'Etat. Il pousse même ses remarques jusque sur l'empire d'Orient, sur l'Espagne, l'Italie , l'Angleterre et plusieurs autres royaumes étrangers à la France. Mais il s'applif}ue principalement à faire ressortir ce qui s'est passé dans le royaume d'Aquitaine. II fait le récit de la mort de Guillaume, comte d'Angoulême, arrivée le 6 avril 1028 , quelque temps après son retour d'un voyage a Jérusalem. Dès le commencement du carême, ce comte avait demandé la pénitence aux évêques et aux abbés, et avait employé ce temps à se préparer à la mort. La veille des Rameaux, il reçut l'huile sainte des infirmes et le viatique ; puis il rendit son dernier soupir entre les nras de l'évêque Rhadan et des prêtres, après avoir baisé, en l'adorant , le bois de la vraie croix. Il qoute que, le lendemain, après les cérémonies de la sépulture , les évêques , le clergé et le neuple firent la procession solennelle , avec la station marquée pour le dimanche des Palmes. Il parle ensuite d'un concile tenu à Charron contre les manichéens, de la défaite des Sarrasins en Espagne par les armes d'Alphonse, roi de Galice , et il finit sa Chronique par le récit de la mort dece prince. Noiice des abbés de Saint-Martial. — Nous avons encore d* Adémar : Commemoratio a6batum sancti Martialis^ depuis l'an 8U, époque à laquelle les chanoines embrassèrent volontairement la rèçle monastique, jusqu'en lOSO. Ces chanoines, ne se sentant pas assez instruits de la vie nouvelle qu'ils allaient professer, choisirent pour abbé un nommé Bodon, abbé de Saint-Savin, qui ne gouverna leur monastère que pendant trois ans. Le dernier abbé dont parle Adémar était Hugues, qui mourut le 27 de mai 1020. Roger , oncle d' Adémar et son maître dans les sciences , était mort quelque temps au-

Saravant. Un moine , nommé Hélie de Roac, a continué cette notice. Adémar ne s'applique pas tellement à donner la suite des abbés de Saint-Martial, qu'il n'y fasse entrer aussi quelques traits de l'histoire des rois et des évêques quand l'occasion s'en présente. Le P. Labbe a éRalement publié cet opuscule dans le tome II de sa ÉibliO" ihiûue.

Lettre sur Vapostolat de saint Martial. — Adémar se rendit surtout célèbre , dans le xr siècle , par l'ardeur avec laauelle il soutint, contre Benoit , prieur de (/Juse , la fameuse querelle sur le prétendu apostolat de saint Martial , d'après de f «ux actes récemment fabriqués. Le P. Mabillon a reproduit, dans ses Analeetai la grande lettre qu'il adressa, à ce sujet, à un grand nombre d évêques, d'abbés, ue princes, et même au pape

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Jeao m^i , a&Q de se le r^oidre favorable. Il avait Vaposiolat de saint Martial si à cœur , qu'il était prêt à ea\preûdrQ la défense» mèaxQ au]( dépens d^ sa\ie.

II raconte comment Benoit , prieur de Cluse en Piémont , s'étant trouvé a une fête de la Nativité de Notre-Dame quelques jours après la tenue du concile de LimoçeSi y avait combattu Tapostolat de saint Martial, jusqu'à taxer d'ânes et d'ignorants ceux qui le tenaient pour un apôtre. Il qualifiait de pé* chés les prières et les litanies qu'on lui adressait en cette qualité, et ordonnait de brûler les messes que l'abbé Odalric avait composées en son honneur. Adémar rapporte au long tous les discours que Benoit de Cluse tint en cette occasion, et n'oublie pas surtout les termes avec lesquels il avait parlé* de l'abbé Odalric et de lui-même. Il l'accuse de s'ôtre répandu avec complaisance sur ses propres louantes, et d'avoir exalté outre mesure son savoir, ses talents, ses libéralités et ses prétentions à l'abbaye de Cluse, dont sou oncle était abbé; eu un mot, il n'oublie rien pour Thumilier. Il le charge d'injureSi et le traite d*ébionite et d'hérétique. Venant au fait , il prouve l'apostolat de saint Martial par l'autorité d*une ancienne Vie de ce saint» et dans laquelle on lui donne le nom d'apôtre. On y lisait qu'ayant été cojiverti

1)ar Jésus-Christ lui-memet il avait assisté à a résurrection de Lazare , frère de Marthe et de Marie ; qu*il avait servi à table le jour de la Cène ; qu'il était dans la chambre avec les apôtres lorsque le Sauveur y entra» les portes fermées; qu'il reçut avec eux le pouvoir de lier et de délier, et d'aller prôcber l'Evangile ; qu'il assista à l'ascension de Jésus-Christ, et oue le jour de la Pentecôte il reçut le Sainl-Ësprit avec le don des langues. Benoit -rejetait cett^ légende , en afQrmant qu'elle était l'œuvre d'un moine. Adémar afiirme que cela ne se pouvait, d'abord parce qu'il ny avait que cent soixante ans que les chanoines de Saint-Martial avaient quitté leur inst^ut; ensuite çarce que la même Vie H avec toutes ses circonstances» était reçue dans toute la France , l'Espagne , l'Angleterre et l'Italie. Adémar produit aussi un répons d'un ancien bréviaire , dans le-

Îuel saint Martial est appelé apôtre de la rance; et è la suite du même bréviaire une séquence qui lui confère le môme titre.

Benoit de Cluse alléguait une autre Vie de saint Martial en usagedanslesïiglisesdeLombardie, où Ton disaU qu'il avait eu une mission semblable ji celle de saint Apollinaire, da saint Saturnin, de saint Denis, de saint Au^ tremoine et de quelques autres prédicateurs qui ont annoncé l'Evangile en oertaiues provinpes de l'Italie ou des Gaules. Adémar rejette cett^ Vie comme apocryphe , et ajoute que, quand même saint Martial n'au*raitpaseté disciplede Jésus-Christ, Qu ne pourrail lui refuser la qualité d apôtre, pour avoir converti l'Aquitaine , connne on la donne à saint Marc, à saint Luc, à Ouésime et à Epaphrodite, oui avaient évangélisé quelques provinces. Il raconte que Gérold, évéquc^ de

D^lPTiOMNAIRË B^ PATgOI^OSIlS. àUt 108

UmogQS f dans on \0y9gfi qu'il avait ftiit à l^otpe» environ quinze ans auparavant, y avait lu un. volume où il était écrit que saint Martial, en venant dans les Gaules , s'était arrêté à Bavenne, et y avait annoncé l'Bvan-

?\le longtemps avant la prédication de saint pollinaire. Adémar apporte encore comme preuve de son opinion les anciennes v^einture^ de l'église de Saint-Sauvear , qui re-

Î résentaient saint Martial servant à table ésus-Christ et ses apôtres , et d'ancienne» litanies où il était invoqué avant les martyrs. Benoit de Cluse soutenait encore ou'on ne devait point donner à saint Martial le titre d'apôtre avant qu'un concile général do tous les évêaues des Gaules et d'Italie eût décidé avec le pape ce que l'on doit oroire sur ce siiyet. Adémar répond qu'encore que le pape, surpris par les conseils des envieux, déiendrait de nommer saint Martial parmi les apôtres , il faudrait plutôt obéir à,Bieu qu'au pape, qui n'a pas reçu le pouvoir d'absoudre ni d'excommunier les saints, ni surtout d*empécher l'Eglise deDieu de bien faire et de bien dire.

Discours. — Dans un sermon qu'il prononça au mois de novembre de Tannée 1028, four la dédicace de l'église de Saint-Sauveur, Limoges , Adémar appuva fortement soa opinion touchant l'aposiolat de saint Martial. On en retrouve un Ions fragment dans le vni* tome des Actes de 1 ordre de Saint- Benoît. Baluze lui en attribue trois autres, qu'il aurait prononcés dans un concile tenu à ^moges , en 994 ; mais Adémar n'avait que douze ans à cette époquç, puisque, dans la lettre dont nous venons de rendre compte, il afÙrme lui-même qu'il n*en avait que quarante en 1023. C'est probablement à ces trois discours qu'il faut rapporter le. manuscrit de la Bibhothègue Nationale intitulé : Ademarii de çonctliis Lemovicensibuêf ann. 9% et 1031.

Autres écrits. — Rohan, ëvéque d'Augoulême, avait chargé Adémar de lui faire transcrire l'Histoire des papes , attribuée à Damase. Adémar exécuta cette commission, et mit à la tête de cette histoire un double acrostiche , dont l'un porte le nom ée l'évé** que, et l'autre celui d'Adémar ; mais les vers sont è la louange de Rohan. Cette pétrie pièce de poésie laii partie des Analectes de dom M^billon t qui remarque que rhiatoire des papes, dans le manuscrit de l'abbaye de Sàint-Èvroul, ne va que jusqu'à Léon IV. Adémar transcrivit aussi les Uvres des divins ofiices d*Amalaire , à qui il donne le prénom de Symphose* dans la note qu'il mit a la (in de cé& livres^ On en a Gousarvé longtemps le manuscrit dans l'abbaye d^ Saiot- Martial , à Limoges. Il avait composé d'autres ouvrages . restés manuscrits dans différentes bibliothôques.

ADHELME (saint) , évéque de Scherburn.

— Un des Anglais qui , dans le vn* siècle, cultivèrent les sciences avec le plus de succès, fut saint Adhelme ; on le regarde même comme le premier de sa nation qui^'appli-

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qaa k la poésie latioe. H était né d*uM feiiiiile princièFe; son père» Keotred, était frère crfnas , roi d'Ouéssant, ou des Saxons occidentaux. Ses parents le firent éleyerdans le munastàre de Saint-Augustin de Cantorbérjy où il apprit les langues grecque et latine, et se perfectionna dans les arts libé-r raux, sous Adrien, qui en était abbé. De retour en son pays, il se fit moine dans le monastère de Malmesbury, qu'il gouTema en qualité d*abbé pendant trente ans. A U mort de saint |Ieddi, évèq^e de Worchester, son diocèse fut partagé en deux, Vinehestre et Scherbum, aujourd'hui Sarisbury. Le premier fut occupé par Daniel, et le second par saint Adhelme , qui en prit possession en 705. Il n'occupa ee siège que quatre ans , et mourut le 95 de mai 709. Quoique Canisius prolonge son épiscopat jusqu'en 916, nous préférons nous ranger a l'opinion la plus commune, parce qu'elle nous naralt aussi la mieux fondée. Il nous reste ae lui

Elnsieurs ouvrages dont nous allons donner i nomenclature avec une courte analyse.

Trtti$é contre Us Bretons, -n Pendant qu'il était abbé de Malmesbury , \xn coqcile tenu dans le royaume des lnlerciéps }e cb^rgeà d'écrire contre les erreurs des Breton^ qui eonlinuaieat à célébrer 1^ jpâque suivant leuf ancien usage, et conservaient diverses pra.-? tiques contraires au bien 4e la pai)( et qe la coacorde. Son O'ivrage eut du sucpè^ et ramena plusieurs Bretons à robserY||ince légitime de la Pâque. Açlbelme l'avait adressé au roi Géronce et au clergé de Damnonie , qui faisait partie du royaume des Savons occidentaux. U parait, par le commenceipept de ce traité, que saint Adbelme était présent au concile qui le charge^ d'écrire. U insiste surtout sur la nécessité de se conformer au règlement de Nicée pour la célébration de la Paquet ot à l'usage de l'Elise romaine sur la forme de la tonsure cléricale. )1 cite à ce propos les Cycles d'Anatole , de Sulpice Sefère et de Victorius.

Traité de la virginité. — Le livre qui porte ce titre est dédié à l'abbesse Maume. Il est en vers et en prose, à l'imilation de Sedulius, qui avait écrit de ces deux manières sur le mystère de la Pâque. Le sujet des vers de saint Adhelme est le même que celui de sa prose ; ce sont les mêmes preuves , les mêmes exemples, les mêmes autorités ; mnis on peut dire, à l'honneur de sa poésie, qu'elle présente la pensée avec plus d'énersie, et la rend avec plus de concision. Toute la partie de ce traité écrite en prose est adressée à Hydilicha, supérieure d'im monastère , et à plusieurs autres vierges dont l'inscription du livre révèle les noms. Il fait ressortir^ avec honneur tous les avantages de la virginité, mais sans blâmer le mariage; il fait l'éloge de ceux qui, sous l'un ou l'autre Testament, ont vécu vierges. Il confond , par une erreur commune aux Grecs, le saint Cyprien qui, après avoir renoncé à la magie, se ut chrétien et souffrit le martyre, avec l'évêque da mtaae nom qui défèmiit la foi sur le

siège de Car(hage.Bn parlant desainte Agnès, il reproduit les erreurs consignées dans les faux actes de son martyre. U emprunte l'éloge de saint Benoit et de sa sœur, sainte Scolastique, aux Dialogues de saint Grégoire ; mais il ne dit rien des autres Pères d'Occideut qui ont écrit des règles pour les religieuses et pour les moines. Entre les écrits apocryphes d'où il a tiré la matière de son ouvrage , on peut citer l'Itinéraire de saint Pierre , la Fausse Donation de Constantin, l'Histoire de la vision qu'eut ce prince , et dans laquelle il reçut l'ordre de nâtir la ville 46 Cqnstautinqple. Le Traité de /a virqinité se trouve ep vi^rs dans le recueil de Ganisius ; en vçrs et eu prQse dans la Bibliothèque des Pires et dans le Cours complet de Patrologiç , éi\ié PV M. ra|)bé Migne en 1850.

Tr4Uté 4es huU Hees. —Le tfaité des vices rappelle l'éloge de la virginité , puisque les ,vices dont il y est fiiit mention sont prinei* paiement ceux que doivent éviter avec le plus de soin les vierges et les moines. C'est done avec raison qu'on le place à la suite de cet ouvrage, dont il semble se rapprocher mémo paf fe contraste. Il est en vers dans les collections dont nous venons de parler; mais on en trouve aussi quelques parties écrites en prose, dans les cinq, six et septième cha-» pitres du livre de èa Yirgmité.

Enigmes et lettres. — Bède attribue à saint Adhelme des énigmes et quelques lettres ; et , en effet , nous en avon^ plusieurs que Martin Delrio a pubKées sous son nom , sur la foi de cet auteur. Elles sont sur toutes sortes de sujets ; et, dans son prologue» le saint évêque dit qu'il le^ avait composées à l'imitation de Symphose. Pour ce qui re^ garde ses lettres , ou n'en connaît qu'une adressée à Céolfride, et reproduite dans le recueil des lettres hibernoises. Dom MabUloa cite un ancien manuscrit , où, après le pro^ logue sur les énigmes , on lisait un acrosti-che qui exprimait le noip de Jésus. Cet acrostiche ne se trouve dans aucun des imprimés.— % Saint Adhelmecultiva aussi la poésie anglaise. Il composa en langue vulgaire divers canti-^ ques pour engager le peuple à ne pas sortir de l'église aussitôt la messe finie, mais à rester quelques instants à genoux pour remercier Dieu des grâces du sacrifice. Quelquefois il se plaçait lui-même sur un pont, au sortir de la ville, et retenait le peuple pav ses cantiques. Il se servait de ces pieux moyens pour insinuer ainsi les ventés de la religion, qu'on aurak peuMtre moins écoiJktées dans ses sermons.

Saint Euloge , martyr de Cordoue , faisait un si grand cas des poésies de saint Adhelme, et particulièrement de ses épigrammes , qu'il les rapporta de Pampelune, avec les lîn vres des meilleurs auteurs. Cependant il s'ea faut de beaucoup que ces poésies réunissent les grâces et les ornements dont ce genre d'écrire est susceptible. Le pieux auteur n'est pas même pqr dans ses expressions, el de temps en temps, jusque dans ses œuvres

ADO

DICTIONNAIRE DE PATROLOGIB.

ADO

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les mieux ibythmées , on découvre des faules contre la prosodie. Bu reste , ces défauts se conçoivent et se pardonnent facilement à un homme qui a introduit le premier chez sa nation le goût et les règles de la versification latine. Sa prose, lâche et diffuse, comme nous avons eu occasion de le remarquer, est encore chargée de termes inusités et inconnus, fiède trouvait néanmoins qu*il s*exprimait avec netteté; c^était sans doute par comparaison avec les autres écrivains de son siècle, dont le stjrle est presque toujours dur et embarrassé.

ÀDON (saint) , naquit vers le commencement du IX* siècle, d*une famille noble du GAlinais, au diocèse de Sens. Elevé, dès sa plus tendre jeunesse, à Tabbayede Ferrières, il s'y consacra à la vie monastique. Il passa ensuite quelque temps au monastère de Prum, d'où il sortit après avoir éprouvé des dégoûts , voyagea en Italie , séjourna cinq ans à Rome, et amassa partout des matériaux pour les ouvrages qu'il composa depuis. A son retour, il fit connaissance avec saint Rémi, qui le retint à Lyon, lui confia le soin de l'Église de Saint-Romain , et , à la mort d'Ogilmar, le fit élire archevêque devienne. 11 iUt consacré vers le mois de septembre de l'année 860. Le pape Nicolas lui envoya le pallium l'année suivante, confirma les privilèges de l'Eglise de Vienne , et l'établit son vicaire dans les Gaules pour veiller au maintien de la discipline. L'élévation d'Adon ne lui fit rien changer à l'humilité de sa vie chrétienne. Son clergé attirait sa principale attention. Il fit aussi de sages règlements

Êour la décence du culte public , fonda des ôpitaux , parut avec éclat dans divers conciles , et en tint lui-même plusieurs à Vienne pour maintenir la pureté de la foi et des mœurs. Adon mérita la confiance des papes Nicolas I*' et Adrien II, el l'estime des roiS Charles le Chauve et Louis II, qui déférèrent souvent à ses avis. II eut part aux affaires publiques qui se traitèrent de son temps; et lorsque Lothaire voulut répudier la reine Théotberge , il fit à ce prince les plus fortes représentations pour l'en détourner. Il mourut , le 16 décembre 875, à Tflge de soixante-seize ans. L'Eglise a honoré sa mémoire d'un culte public, et son nom se trouve dans le Martyrologe romain.

La ion^e carrière d'Adon fut remplie par les devoirs de la religion et de l'épiscopat , par l'étude des lettres et surtout par celle de l'histoire. Il est auteur de plusieurs écrits dont nous allons rendre compte.

Martyrologe, — Le premier, par ordre de date, est son Martyrologe. Comme il se trouvait à Ravenne, pendant son séjour en Italie, il fit copier un ancien Martyrologe à l'usage de l'Eglise romaine. Nul doute qu'il ne s'occupât, dès lors, d'amasser des matériaux pour la composition de celui qu'il méditait. Ce livre, en effet, lui fut d'un grand secours, pour assigner aux fêtes des martyrs le jour où on devait les célébrer pendant le cours de l'année. Outre ce premier Martyrologe, il

fit encore usage de celui du vénérable Bède» augmenté par Florus, et de plusieurs autres recueils, ou sont rassemblés les Actes des saints martyrs. Peut-être faut-il entendre par ces recueil s les Martyrologes de saint Jérôme, de Raban Maur et de Wandalbert , car il y avait déjà plusieurs années que ce dernier avait publie le sien. Quoi qu il en soit, on ne peut douter que celui qui porte le nom d'Adon ne soit réellement de lui, puisqu'il s'y nomme lui-même dans l'inscription du prologue. Ce Martyrologe est précédé d'un traité des fêtes des apôtres et des autres saints, voisins des temps apostoliques. Ce traité commence par la fête de saint Pierre et de saint Paul qui se célèbre au mois de juin, et donne de suite, mais sans observer l'ordre des mois, le jour natal de chaque apôtre, ou des martyrs dont l'auteur juge à propos de rapporter la vie, en l'abrégeant du Catalogue iilustire de saint Jérôme , de la Chronique d'Eusèbe et d'ailleurs. 11 se termine par la fête de la Nativité de la sainte Vierge; et, à ce propos, il parle de sa mort ou de sa dormition: c'est ainsi qu'il rappelle» à l'exemple des Grecs. Il remarque que, tout en ne doutant point que la Mère de Dieu n'ait subi la loi commune imposée à tous les hommes, cependant l'Eglise a mieux aimé ne pas s'expliquer sur les destinées de son corps que d'en dire des choses incertaines et sans preuves. Suit le Martyroloçe , 3u'il commença, comme Dsuard, à la veille e Noël. La plupart des articles en sont beaucoup plus étendus aue dans tous les Martyrologes précédents. Ce sont des demilégendes qui contiennent les principales actions des saints , l'abrégé des Actes et quelquefois les Actes entiers de leur martyre. Aussitôt au*il parut, ce Martyrologe fut reçu avec avidité, parce qu'il est dans un meilleur ordre que tous ceux (^ui l'avaient précédé et qu'on n'y trouvait point de jours vides. Adon est le premier qui ait inséré, dans la liste des fêtes, celle de. la Toussaint, qu'il dit avoir été établie d'abord à Rome, sous le pape Boniface, ensuite dans toutes les Gaules sous le pape Grégoire, par ordre de Louis le Débonnaire et du consentement des évoques. On remarque qu'il a {)référé les anciens Actes de saint Denis à a fabuleuse histoire fabriquée par Hilduin, et qu'il ne confond point sainte Marie-Ma* deleine avec la pécheresse de l'Evangile.

Chronique. — Le second ouvrage d'Adon, etpar'son importance etpar son étendue, c'est sa Chronique, ou Abrégé de l'histoire universelle, qu'if commence à la création du monde et conduit jusqu'en 8711, c'est-à-dire, jusqu'au règne des enfants de Lothaire et au pontificat d'Adrien II. iVdonla composa, partie sur les anciens mémoires de Jules I Africain , d'Eusèbe de Césarée, de saint Jérôme, de Victor de Thunes, et partie sur les mémoires des historiens postérieurs au siècle de Victor. A l'exemple du vénérable Rède , il la divisa en six Ages : commençant le premier à la création; le second au jour que Noé sortit de l'arcbe ; le tcoisième h la naissance

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MCTIONNÂIRE DE PÂTROLOGIE.

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d* Abraham ; le quatrième au règne de David; le cinquième au retour de la captivité de Babylone; et le sixième à la naissance de Jésus-Christ. Il marque les évoques des principales Eglises de l'Orient et de l'Occident; les hérésies, ceux qui les ont combat^ tues et condamnées; les rois et les empereurs, mais en s'appliquanl à donner d'une façon particulière fa suite des événements de la monarchie française. Il le fait en très-peu de mots» méthode, dufreste, qu'il observe dans tout son ouvrage. Cette Chronique, comme 1 ouvrage précédent, annonce une grande connaissance de l'histoire, tant profane qu'ecclésiastique ; on voit qu'Adon connaissait les bons auteurs, mais le défaut de critique lui a fait mettre beaucoup de confu^ sion dans cet important travail ; ce qui ne Tempécbe pas de faire autorité pour les premiers siècles de l'histoire de France.

Vie de saint Didier. — Saint Didier était un des prédécesseurs d'Adon sur le siège de Vienne. En 870 , le pieux évéque retoucha les Actes de son martyre, et les rédigea dans un style plus simple et plus net, pour satisfaire aux désirs des peuples de son diocèse. C*est ce qu'il témoigne dans la préface adressée à son Eglise , et oil il se donne, à lui , le titre de pécheur. Quelque temps après , il envoya ces Actes aux moines de Saint-Gai, avec des reliques du saint évèque qu'ils lui avaient demandées. Grimoald était alors abbé de ce monastère. Adon confia ce

Erécieux dépôt à un saint prêtre nommé érold, qui, suivant le témoignage de Notker, le rendit fidèlement à sa destination. On les retrouve, sous la date du 23 mai, dans le recueil des Bollandistes

Vie de saint Theudier, — Les moines de Saint -Theudier, vulgairement Saint-Chef, prièrent Adon d'écrire la Vie de ce saint abbé, mort vers l'an 545. Adon leur dédia cet ouvrage, que l'on retrouve dans le premier tome des Actes des saints de l'ordre de Saint-Benoit.

Des autres écrits d'Adon, — Adon avait écrit contre les Grecs schismatiques. Il est parlé de cet ouvrage dans une lettre que le pape Adrien II lui adressa; mais il n'est pas arrivé jusqu'à nous. Ce pape lui en écrivit une seconde, et au commencement de l'une et de l'autre il marque que c'étaient des réponses aux lettres qu'il avait reçues de cet évoque. 11 en reçut lui-même six du pape Nicolas, à gui il écrivait souvent. On doit penser aussi qu'Adon fit réponse à la lettre qu'il reçut d'Athanase le Bibliothécaire; mais cette lettre est perdue , comme toutes les autres du même auteur. On lui à attribué l'Histoire de la translation du corps de saint Bernard, archevêque devienne; mais cette assertion n'est pas exacte, et dom Mabillon affirme positivement que ce livre est du x* siècle. Le style d'Adon est clair, simple et précis, en un mot, conforme au genre historique, le seul dans lequel il ait écrit.

ADREVALD, moine de Fleurj, naquit vers l'an 818, dans un village voisin de ce

monastère, oil il fit, de bonne heure, profession de la vie religieuse. Né avec du goût pour l'étude , il se rendit recommandable par son savoir et ses talents d'écrivain, cultivant avec une facilité presque égale la prose et la poésie. Il composa plusieurs ouvrages oui le firent connaître avantageusement; d'abord, un traité de l'Eucharistie, contre le fameux Jean Scot, livre savant que d'Achery a publié dans le XII* volume de son Sptct- Uge^ mais auquel on a reproché, avec justice, de manquer d'ordre et de méthode. Ce livre est un recueil de plusieurs passages des Pères en faveur de la présence réelle ; mais ils ne sont pas tous également précis sur la matière , et plusieurs manquent le but que l'auteur voulait atteindre. 11 n'exprime pas même clairement le sentiment de Scot sur ce mystère , et on ne sait qu'il le combat que parce gu'il en avertit en tête de son ouvraee, qui porte ce titre : Du corps et du sang ae Jésus-Christ contre les inerties de Jean Scot.

Livre des miracles de saint Benoit, — Ce livre est un recueil curieux, renfermant plusieurs choses intéressantes sur l'histoire de France. L'auteur raconte tous les miracles qui, depuis la translation des reliques de ce saint, s'étaient opérés, non-seulement à Fleury, mais dans les autres parties de la France. Il y entre aussi dans le détail de la destruction du Mont-Cassin, et c'est par là

Si'il commence sa narration. Il marque airement, dans le 28* chapitre, qu'il écrivait sous le règne de Charles le Chauve, et que, sous Louis le Débonnaire, comme il n'était encore qu'enfant , il avait été témoin des miracles opérés à Fleury par les reliques de saint Denis et de saint Sébastien. Dans le chapitre 36*, il parle de Gauthier, évêque d'Orléans, comme occupant encore ce siège, et il remarque que ce pontife assiste à l'assemblée de Pontion, en 876. Le dernier miracle qu'il rapporte fut opéré sous Charles le Chauve, qui mourut , comme on sait , le 6 octobre 877. Adélère, contemporain d*Adrévald, et, comme lui, moine de Fleury, continua son travail et y ajouta les miracles opérés sous le règne de Louis le Bègue, pendant les années 878 et 879. Ce recueil se trouve dans le II* tome des Actes de l'ordre de Saint-Benoit.

Vie de saint Aigulfe, — Dans la Vie de ce saint martyr, qui fut abbé de Lérins , Adrévald cite l'histoire de la translation des reliques de saint Benoit en France, ce qui prouve qu'il n'écrivit cette Vie qu'après l'an 853. 11 prit le fond de sa matière dans les Actes de son martyre, et il y ajouta ce qu'il put découvrir ailleurs des autres circonstances de sa vie. Dora Mabillon l'a publiée, sur un manuscrit de l'abbaye de Fleury, telle qu'elle est sortie de la plume d'Adrévaid. Le style en est diffus et un peu affecté, défaut qui se remarque également dans son Histoire des miracles de saint Benoit. On l'accuse aussi , et ajuste titre, d'avoir apporté peu de critique dans le choix des documents sur lesquels il a travaillé. Il parait avoir partagé l'erreur de ceuc qui pensaient que^ sans nen retrancher de

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DICTIONNAIRE DE PATROLOGïE.

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réteraitÔ de leuhs pcihes, les prières poutaient apporter quelques adoucissements aux supplices des damnés. Il n*a pas été exempt de quelques-uns des préjugés de son éuoque et entre autres de celui qui permet (le terminer par des combats singuliers les procès que les juges ordinaires ne peuvent décider au contentement des parties.

Si Ton en croit Trithème, critique sérieux et ordinairement bien renseigne , Adrévald avait composé d'autres ouvrages» en prose et en vers» sur TEcriture sainte; mais il |)aratt qu'il ne s'en est conservé qu'un traité manuscrit sur los bénédictions des douze patriarches. Il était autrefois dans la bibliothèque de Saint-Victor; nous ne saurions dire ce qu'il est devenu depuis, ni s'il a sur^ vécu àla tempête révolutionnaire qui a détruit tant d'autres monuments de l'antiquité ecclésiastique.

ADftlEIf r% t)ape.— A lamortd'Etienhe 11!, son successeur fut Adrien r% élu en T72. Son

Kère Se nommait Théodore, et il était né à orne d'une famille distinguée. Dès ses plus jeunes années il donna de grandes marques de vertu. Le témoignage que la ville de Home rendait è son mérite engagea le pape Paul I" à l'admettre pai^mi son clerçé. ïl le fit notaire régiônnàir'e» puis sous-diacre. Il ftit ordonné diacre par Etienne III, et dès lors il commença à annoncer l'Evangile au peuple. Il mit tant de zèle et de piété a remplir les divehses ibnctîoris de son ministère, qu'à la vacancfe du saint-siége il fut choisi pour le remplir. Son élection se fit le d de lévrier 7T2, dans un moment où l'Eglise de Rome avait le plus grand besoin d'ilrl nouve.iu prolecteur. Les vexations des empereurs d'Orient contre quelques-uns des prédécessetirs d'Adrien ataient inspiré au peuple romain, aussi bien qu'au pape^ le désiijde se soustraire à la domination de la cour aeConstantinoj)le. Cette puissance était d'Ailleurs bien ailaiblie en Italie, ps!c son éloignoment et par l'établissement des Lombards : ceux-ci, de leur côté, n'en agissaient pns toujours très-bien avec la cour de Rome, Quelques-uns de leurs monarques avaient f/iit aux papes des donations, que leurs Successeurs avaient révoquées. Etienne II avait imploré le secours de Pépin pour obliger Astolfe à une entière restitution. Didier, à son tour, revenait sur l'exécution de ce traité, et déjà il avait repris plusieurs villes de l'exarchat de Revenue, qu'il tenait bloquée elle-même en ravageant son territoire. Adrien, à l'imilalioh de se^ prédécesseurs, s'adressa aussi au roi de France. Charlemagne, qui régnait alors, vint secourir le pontife et porta ses armes dans la Lomb^rdie. Il se rendit à Rome pour visiter Adrien, qui le reçut avec des honneurs extraordinaires. Cette réception se rattache à des faits si intéressants de notre histoire ecclésiastique, que nous nous croyons daris l'obligation de consacrer quelqiles mots à la décrire. C'était à la fin du carême de l'année TTI; le rôi Charles, accompagné *ei placeurs évé^oôs^

de quelques seigneurs et d'Un eo^ps de troupe pour sa sûreté ^ se mit en marche pour Rome, où il voulait entrer le samedi saint qui,cette année-là^ se trouvait le Savril . Le pape envoya au-devant de luii jusqu'à dix lieues de Rome, tous les magistrats; et quand il fut à environ Une demi-lieue de la ville, il expédia toutes les compagnies de la milice avec leurs chefs en tête et tous les enfants des écoles, t)ortant à la main des rameaux de palmes et d'oliviers, et chantant des acdamations à Ifi louange da roi. On

Sortait aussi devant ce prince les croit des glises; en un mot, on n'avait rien négligé de ce Qui pouvait contribuer à grandir les honneurs qu'on lui rendait. Aussitôt que Charles les ai^erçut, il descendit de cheval et s'avança à pied jusqu'à l'édise de Saint- Plerrci Le pape l'attendait sur le perron avec tout son clergé ; ils entrèrent ensemble dans le sanctuaire, le roi avant la droite sur le pape qU'il tenait par la main. Après que Charlemagne et sa suite se furent prosternés devant la confession de saint Pierre, il pria le pape de lui permettre d'entrer dans Rome^ pour j accomplir ses vœux et faire ses prières en diverses églises. Us descendirent l'un et l'autre près du corps de saint Pierre, avec les seigneurs romains et français, et se promirent sûreté par des serments mutuels. Le pape célébra, en présence du roi, le baptême solenhei dans la basilique de Latran, et la messe du jour de Pâques à Sainte-Marie- Hi^eare ; il la renouvela le lundi à Saint- Pierre et le mardi à Saint-Paul ; c'est-à-dire, dans les trois églises que le Missel romain assigne pour les stations des trois jours. Le mercredi, le roi Charles, confirma par actes authentiques les donations faites an pape Etienne, par Pépin son père et son irère Carloman, puis il retourna au siése de Pavie. Didier, pressé de toutes parts, fut obligé de se rendre à discrétion ; on l'envoya en France^ dans le monastère de Corbie, où il acheva ses jours dao6 la péuiteuce et les exereicesde piété. Tellefut ki fin.du royaume des Lombards. Charles profita de sa victoire pour ajouter le titre de roi des Lombards à son titre de roi des français. A son départ de Rome, le pape Adrien lui donna le code des canons de llBgllse romaine, auxquels on avait ajouté les épitres décrétales des papes Hilarus, Simplice, Félix, S^ramac^ue, tiormisdas et Grégoire IL Adrien avait mis en tête de ce livre un éloge du roi, en vers acrostiches dont les premières lellrfes marquaient le présent qu'il lui en faisait ; dans le corps de la pièce il lui souhaitait d'entrer victorieux dans Pavie, de dompter Didier et de conquérir le royaume des Lombards. H congratulait ce pritico sur son attachement à la loi qu'il avait reçue de ses aucêlres, et sur la protection qu il accordait à l'Eglise. Queiqu.'s-uns rapportent celte lettre au troisième voyage que Charlemagne Ht à Rome, en 797; mais Didier, dont il y est fait mention, n'ulail plus alors à Pavie, ni roi des Lombards. Il est donc plus naturel et plus en bilrmonie rfét la vérité historique ae ta

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DTCTÎONNAIRE DE PATHOLOGIE.

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rattacher ft ce voyage triomphal, également pfnrieux pour le roi et pour le ijonlife, et dont nous avons donné la description.

Ainsi comm«^nçait une révolution mémomble, dont Adrien ne vit pas la fin, le rétablissement de l'empire d'Occident. Il ne fut témoin que do la chute de la monarchie des Lombaras. Au reste, il est bon d'observet* que la donation de Charlemagne, auoique confirmant celles de Pépin et de Carioman, ne consistait encore qu'en une cession de droits utiles. Adrien en fit un digne usage. Il secourut les Romains aiBigés de la femine, enrichit Véglise do Saint-Pierre de magnifiques ornements, et répandît d'abondantes aumAnes. Comme nous le verrons en rendant compte de ses écrits , Adrien envoya des légats qui occupèrent la première place au deuxième concile de Nicée, convoqué contre les Iconoclastes, et à celui de Francfort, où fut condamnée l'opinion d'Elipand. Enfin, il mourtrt le 26 de décembre 795 , après avoir occupé le saint-siége pendant vingt-trois ans dix mois et dix-sept iours. n fut regretté des Romains, qui le pleurèrent comme un père. Charlemagne l'honora aussi de ses larmes, et lui fit une épilaphe où il joignit son nooa royal à celui du pieux pontiie, dans ces vers dictés par une religieuse et sainte amitié :

iYoHMM jungo mmul tUulit^ damêvne^ noitra : Bûàrianus^ Caroluê^ rex ego^ tuque pater»

Omisque iega$ versus^ devoto peclore^ tttpplex Amhorum mitis, éic^ miserere Deu$,

Nmis avons vu qu'à de grandes vertus Adrien savait joindre de grands talents politiques ; maintenant il nous reste à nous ocmper de ses talents littéraires, c'est ce que nous fenMus en analysant ses couvres.

Lettre t Vempereur Constantin» — L'Eglise d'Orient était divisée au sujet du culte des images; pour trancher la question, l'impépératrice Irène avait résolu d'assembler un concile général. Elle en écrivit donc au pape Adrien, eu son nom et au nom de son fils Constantin, pour le prier d'y assister en personne et de toUfirmèr l'ancienne tradition de l'Eglise. Au cas où il ne pourrait pas s'y rendre, elVe le priait de députer des hommes respectables et instruits, chargés de pouvoirs

fiour le représenter. Adrien répondit à cette etlre que deux papes avaient déjà employé toute leur autorité auprès des empereurs pour les engnger à rétablir le culte des images, mais inutilement. H exhortait ec prince Il faire observer en Grèce ce qui se prali-

3 naît en Occident, où, suivant la tradition es Pères, Ton n'adorail oue Dieu en esprit et en vérité, et où, bien loin d'en faire des divinités, on ne regardait les images que comme un monument de la vénération des fidèles. 11 traitait au long cette question, en disant que s'il était impossible de rétablir le culte des images sans tenir un concile, le premier devoir pour l'empereur, pour sa mère et pour le patriarche de Constanliuople, était d'anathématiser, en présence de ses légats, le faux concile qui l'avait coù-

damné, de déposer, par serment, entre les mains du sénat, la déclaration solennelle d^ laisser au concile toute sa liberté, et de congédier, avec les égards dus à leur dignité, les légats qui le représenteraient, encore qud le concile ne se rassemblerait pas.

Le pape Adrien demandait ensuite la res^ titution des patrimoines de saint Pierre donnés par les empereurs et les autres fidèles , pour le luminaire de l'église et la subsistance des pauvres. 11 exigeait qu'on lui ren*dit la consécration des archevêques et évèques de l'Illyrie, qui avaient toujours été sous la juridiction du saint-siége. Adrien témoignait dans la même lettre, qui est du 26 octobre 785, sa surprise de voir que l'empereur donnait à Taraize le titre de patriarche universel, après l'avoir tiré de sa mai* son et de son service pour relever tout à coup à cette éminente dignité. Pour encourager l'empereur à faire droit à ses réclamations, en restituant à l'Eglise romaine les

provinces, des villes, des châteaux et d'autres domaines détenus Injustement par les Lombards. Nous ne savons quelle fiit la ré-

{)onse de l'empereur, mais le concile se tint e 2& de septembre 785, et les légats du pape y présidèrent.

lettre aux ivi<me$ ^'Espagne. — Vers Tan 790, informé qu'il s'était élevé en Espagne une nouvelle hérésie qui enseignait que, selon la nature humaine, lésus-Christ n'était qoe fils adoptif et de nom seulement, il écrivit aussitôt à tous les évéques de ce royaume une lettre circulaire dans laquelle il les exhortait à demeurer fermement attachés à la doctrine de l'Eglise, qui proclame Jésus-Christ le Fils unique du iVieu vivant. 11 rapportait plusieurs passages de l'Ecriture et des Pères qui démontrent que le titre d'enfants aduptifs eonvient bien aux chrétiens, mais non pas i Jésus-Christ, qui est fils par nature. Il se plaignait que quelquesims, entendant mal le mystère de la prédestination, niaient la liberté ou la relevaient trop, au préîudiice de la grâce ; que plusieurs contractaient mariage avec des musulmans ; qu'il y avait des femmes qui se remariaient du vivan't de leur mari; et enfin, que les prêtres étaient ordonnés sans examen, ïl leur reprochait aussi de reculer la Pâque au delà du terme marqué par le concile de Nicée. Elipand, l'un des deux évêques qui avaient inventé la nouvelle errfeur, écrivît, pour la soutenir, une lettre gjénérale aux évoques de France, et une particulière au roi Charles. Ce prince, après avoir consulté les prélats de son royaume, en écrivit au pape, qui lui répondit par une lettre adressée aux évoques de Galice et d'Espagne, et dans laquelle il réftitait la lettre d'Elipand par plusieurs autorités de l'Ecriture et des Pères. 11 insistait principalement sur la confession de saint Pierre, qui, en disant: roui êtes le Christ, h FUs du Dieu vivant^ marquait clairement que ce n'est oas nar adop-

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lion, mids p(^r nature, que Xésus-Christ est Fils de Dieu. Les passages des Pères n'étaient pas moins, formels, on y condamnait nettement ceux qui soutiendraient que lésus-Christ n*est que fils adoptif , comme nous le devenons par le baptême. Adrien finissait sa lettre en exhortant les évoques d'Espagne à se réunir à la foi commune de l*Egfise, les déclarant, en cas de refus, séparés et anathématisés, par l'autorité du saint-siége apostolique et de saint Pierre, prince des apAtres.

Réponse aux livres Carolins. — Quelques années après, en 7%, par les soins du roi Charles , nn concile se réunit à Francfort. Adrien y envoya deux légats, avec les actes du second concile deNicée. Les erreursd'Ëlipandy furent condamnées par une lettre synodique ; mais les évéques refusèrent d'accepter les actes de Nicée, persuadés qu'en autorisant le culte des images ils autorisaientl'idolAtrie. Le roi Charles, qui avait des raisons politiques pour désirer la suppression de ces actes, fit présenter à l'approbation du pape les livres Carolins, ainsi nommés, non pas parce que le roi les avait écrits, mais parce qu'en les acceptant, il tenait à les couvrir de son nom et de son autorité. L'empereur déclaré hérétique, son ambition y trouvait son compte, et le pape lui fournissait des moyens d'étendre sa domination aux dépens de Constantin.

Adrien ne se trouva pas peu embarrassé : il avait approuvé les décrets de ce concile, et il savait que la doctrine en était orthodoxe. Comment aurait-il pu condamner l'empereur, pour l'avoir assemblé ou pour en avoir approuvé les sentiments? Il prit le parti d'accueillir favorablement l'envoyé du roi Charles; mais, au lieu de donner son appro* bation aux livres Carolins, il les réfuta article par article, mais sans blesser toutefois les intérêts des personnes, et en ne s'appliquant uniquement qu'à défendre l'ancienne tradition de l'Eglise, qui était la doctrine de tous ses prédécesseurs. Aussi ne pressa-t-il puUement le roi Charles de recevoir le concile de Nicée, ni de révoquer ce qui s'était fait à Francfort; il se contenta de prendre ouvertement la défense du culte des images et de montrer qu'à Nicée on n'avait rien décidé là-dessus qui ne fût conforme à la saine doctrine. C'est ce qu'il y a de mieux traité dans sa lettre, et c^est aussi ce qu'elle contenait de plus important. La grande question du culte des images s'y trouve discutée dans toute son étendue ; et, appuyé sur l'autorité des Ecritures, des conçues et des Pères, le saint pontife y démontre clairement la différence essentielle que. l'Eglise établit entre le culte de vénération qu'elle rend aux saints et l'adoration qui n'est due qu'à Dieu. Cette réfutation, qui ne laisse passer aucune erreur sans la relever, est écrite avec une prudence et une modération qui prouvent que le pape Adrien savait ménager les personnes et les choses.

Lettres au roi Charles. — 11 écrivit encore plusieurs lettres au roi Charles; elles sont sans date» mais elles paraissent avoir été

écrites depuis le premier voyage que ce prince fit à Rome çn 77^. Il en fit un second en 781, pour y Cèdre baptiser son fils Carloman. Adrien, qui hii administra ce sacrement , le tint lui-même sur les fonts du baptême, et changea son nom en celui de Pépin. 11 le sacra ensuite roi d'Italie, et son frère Louis roi d'Aquitaine; car Charles avait amené avec lui ses deux enfants, ainsi que la reine Hildegarde leur mère. — Dans une autre lettre à ce prince, il se plaint des envahissements de Léon, archevêque de Ravenue, qui s'était einparé de la plupart des villes appartenant à l'Église, sous le prétexte

aue le roi de France les lui avait d!onnées. i le prie donc de réprimer les entreprises de cet archevêque, et de reconstituer les domaines de l'ËKlise, tels qu'ils l'étaient» sous le i)ontificat d'Etienne et sous le règne de Pépin. — Il lui écrivit encore pour lui demander du secours contre quatre ducs italiens qui, de concert avec les Grecs, avaient conspiré contre l'Eglise de Rome etle roi Charles lui«même. Il lui témoigne que les Romains mettaient toute leur confiance dans le roi et le royaiùne des Français. Charlemagne envova au pape des députes ai^ec des lettres où il lui marquait que dans peu il ferait le voyage de Rome; il s'agit probablement du second voyage dont nous venons de parler, et qu'il accomplit, en 781, pour le baptême de son fils. — Dans une autre occasion, le roi Charles envoya à Rome deux abbés, pour savoir Îuelle conduite il devait tenir à l'égard des axons qui, après avoir embrassé la foi, étaient retournés à l'idolâtrie. Adrien lui répondit que, s'ils témoignaient le désir de revenir à l'Eglise catholique, les évéques devaient les j recevoir, mais en leur imposant une pénitence plus ou moins longue, selon le degré de ferveur de ceux qui raecompliraient.

Le diacre Adon, qui se trouvait àRomeavec l'abbé FiUrade, avait demandé au pape un corps saint pour le reporter en France. Adrien fut longtemps à déhbérer, et, ne pouvant se résoudre à toucher aux reliques des saints, il écrivit au roi Charles, pour le prier d'accepter le corps de saint Candide, martyr, que le paçe Paul avait donné à l'évêque Valcher, Mais il demanda en même temps à ce prince de ne point permettre que les évéques, ni les prêtres, portassent les armes dans ses armées. 11 l'assura qu'il priait sans cesse pour la prospérité de son règne, pour la conservation de la reine Hildegarde, qu'il appelait sa commère spirituelle. Dans l'Italie et la Toscane, il y avait des évéques qui s'emparaient des diocèses des autres et qui prenaient de l'argent pour les ordinations. La fille d'Erminald avait quitté l'habit de religieuse pour se marier. Adrien supplie donc le roi de s'opposer à tous ces désordres, et de ne recevoir aucun de ceux qui l'allaient trouver, sans une lettre de sa part, comme il n'en recevait point lui-même qui ne lui présentassent ses lettres royales. Il le félicite de la victoire qu'il vient de remporter sur les Sa xons, et bénit les effets qu'elle doit prpduire

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DJCTIONNAIRE DB PATHOLOGIE.

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pour la oonTersion de ce peuple. II ajoute (fue, suivant ses désirs, il avait ordonné des litanies pendant trois jours, la veille de saint Jean, Je jour de la fête et la veille de saint Pierre et saint Paul.

PrwUégu accordés aux monastères de Tours et ae Sainte-Denis. Les deux abbés qui étaient venus consulter le pape sur la pénitence à imposer aux Saxons, étaient Ithier de Saint-Martin de Tours et Magenaire de Saint-Denis. Us obtinrent Tun et l'autre du pape Adrien un privilège portant conGrmation du droit d*avoir des évêques particuliers. La date de ces privilèges est du mois de juin de Tan 786.

Les évêques des monastères n^étaient pas titulaires; seulement ils y remplissaient les fonctions épiscopales, comme en des lieux exempts de la juridiction de l'ordinaire; corrigeant et, réformant les abus et, avec le consentement de Tabbé, exerçant leur ministère sacré sur toutes les dépendances des monastères dont ils étaient les pontifes. A la prière du roi Charles, le pape accorda le paltium k Ermembert, archevêque de Bourges, parce que cette ville était la métropole de rÂauitaine. Ce prince l'ayant consulté sur l'élection des évêques de Ravenne, Adrien, dans sa réponse» lui fait le précis de la difficulté soulevée entre Michel, que le roi Didier avait fait éliredeforce, etLéon, élu canoniquement par le clergé et par le peuple. 11 ajoute ({ue c'est ainsi que devait se faire cette élection, sans commissaire de la part du roi, mais avec le consentement de l'évèque de Rome qui avait droit de consacrer cet élu.

Lettre à Tillepinf archevêque de Reims, — La lettre d'Adrien à Tillepin, archevêque de Reims, est une confirmation des anciens droits et privilèges de cette Église. Par la même lettre, il charge ce pontife de s'adjoindre deux autres évêques, et, avec eux, de s'informer exactement de la vie et des mœurs de LuUe, archevêque de Mayence, des formes observées dans son ordination, afin que, sor le rapport qu'ils lui adresseraient de sa foi et de sa doctrine, il pût la confirmer et lui envoyer le pallium. Quoique cette lettre soit rapportée par Flodoard, dans son Histoire de ^Eglise de Reims^ on ne laisse pas de la regarder comme douteuse, surtout en ce qui concerne les informations à prendre sur la doctrine et les mœurs de l'archevêque Lulle. Le pape Adrien pouvait-il ignorer qu'il y avait plus de dix-huit ans qu'il remplissait le siège épiscocal de Mayence, et qu'il en avait été fait évêque du consentement du roi Pépin, des évêques, des abbés, du clergé et du peuple de son diocèse, et enfin, qu'il avait été un des principaux ouvriers évangéliques employés par saint Boniface dans la mission de r Allemagne ? Etait-il besoin, après tant d années d'épiscopat, que le pape confirmât l'élection de Lulle 1 En admettant qu'Adrien ait chargé l'archevêque de Reims de prendre les informations dont il sagit, ce ne pouvait être que pour lui accorder ou lui refuser le paUium qu'il sollicitait, et non pour confir- OBer son ordination» qui l'avait sans doute été

par les papes précédents, comme c'est la coutume. Du reste,' nous retrouverons ailleurs qu'il assista, en 769, au concile de Rome, en sa qualité d'archevêque de Mavence.

Nous ne pousserons pas plus loin l'analyse des œuvres du pape Adrien V\ De près de cent lettres publiées sous son nom, il y en a

S lus des deux tiers adressées au roi Charles* .ussi avons-nous eu occasion de remarquer que ce monarque se trouva mêlé aux affaires de l'Eglise autant et même plus qu'aucun des évêques de son temps. Le stvle de ces lettres est dur et embarrassé ; il faut croire qu'Adrien, qui cultivait la poésie avec quelques succès, les écrivit à la hAte et à mesure que les circonstances l'exigeaient. Dans ce cas-là, il n'est point surprenant qu'il ait sacrifié les beautés de la rhétorique aux besoins de l'Eglise et à ses devoirs de pasteur. Ses œuvres se trouvent dans le tome LI du Cours complet de Patrologie.

ADRIEN II, élu pape le ih décembre 867, après la mort de Nicolas 1*% était Romain , et son père, qui fut ensuite évêque, se nommait Talare. H avait refusé deux rois le pontificat, quoiqu'il y eût été porté généralement après la mort de Léon IV et de Benoit III. Cette fois, le concours du peuple et du clergé fut si unanime, et leurs instances si puissantes, qu'il ne put se dispenser d'accepter. Quoique les envoyés de l'empereur Louis fussent à Rome au moment de l'élection, cependant ils n'y furent point invités. Quand ils peusèrent à s'en plaindre, on leur répondit qu'on ne l'avait point fait par mépris pour eux ni pour leur maître , mais de peur qu'il ne passât en coutume d'attendre les envoyés du prince pour l'élection du pape. Louis goûta cette raisouj et ayant vu le aécret d'élection revêtu de ses souscriptions ordinaires, il écrivit aux Romains pour les congratuler sur le choix q^d'ils avaient fait. Adrien fut sacré et intronisé le 14 décembre 8G7. Tout le monde s'empressa de recevoir la communion de sa main. Il la donna à Theutgaud, archevêque de Trêves, et à Zacharie, évêque d'Anagnia, excommuniés l'un et l'autre par le pape Nicolas son prédécesseur, mais après avoir exigé d'eux une satisfaction convenable.

Pendant les cérémonies mêmes de son sacre, Lambert, duc de Spolète, entra à main ar^ mée dans Rome et abandonna la ville au pillage. L'empereur Louis, pour l'en punir, lui ôta son duché; le pape l'excommunia, et avec lui tous ceux qui avaient pris part à cette profanation. Quoique parvenu au siège pontifical à l'flge de soxante-seize ans, Adrien y déploya une vigueur qu'on semblait ne devoir pas attendre d'un vieillard. Il poursuivit avec chaleur la condamnation de Photius , patriarche de Constantinople, qu'il fit déposer et soumettre à la pénitence publique. Quoique dans cette affaire, il eût agi de concert avec l'empereur grec et le

Satriarche Ignace, cependant il se brouilla ans la suite avec l'un et l'autre, pour s'être opposé au rétablissement du patriarche de* Carie et des prêtres Bulgares qui avaient.participé'au scoisme de Photius : il

kbi.

^McnoNNAme de pATuoLodie.

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