‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 7 sur 105 · AVR · texte numérisé non relu

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voulait qu'ils comparussent à Rome pour y être jugf''S , quoiqu'ils ne relevassent )as de son siège. Sa conduite avec Lôlhairo e Jeune fut aussi ferme que prudente. Sans îréjugerla question du divorce, qu'il remit i la décision d'un concile, il préféra l'engager à lui demander un pardon général.

Adrien fut moins heureut dans lé projet qu'il forma de favoriser les prétentions de 1 empereur Louis tl contre les intérêts de Chartes le Chauve , qu'il menaça d'excorilraunicatîon, comme ayant lisurpé la succession de Lothâire. Ce mt à celte occasion que Hincmar de Reims lui remontra avec vigueur que sa dignité ne lui donnait aucun droit de prononcer sur les démêlés qui s'élevaient entre souverains. Adrien n'en persista pas moins à prendre le parti de Cârloman , révolté contre son pfere. Hincmar de Laon, hèvèu de l'archevêque de Reims, se déclara aussi pour Cârloman. Comme il s'était rendu odieux par sa conduite , et qu'il se trouvait sous, le coup ailne sentence de plusieurs conciles qui T'avaient condamné, il espérait, en prenant parti avec le pape, irifirmer le jugement de ces conciles , et se faire relever ne celte condamnation. Mais Adrien éprouva une telle résistance de la part du roi et des évoques de France , qu'à la fln il céda, et (il à Charles le Chauve une réponse remplie de bienveillance, et d'éloges. Adrien mourut sur la fin de l'an 872, laissant des souvenirs resplsctables de ses liimières et des Qualité^ de son cœuh On loue surtout soii aésinléressement et sa munificence envers les pauvres. Il montra peut-être quelques idées exafc;érées sur l'aùlorité ponhficalé ; mais il eut des vertus et réj3andit des bienfaits ; ce qui laissera toujours à sa mémoire un parfum de sainteté» Il a laissé plusieurs lettres dont nous allons essayer de rendre compte ; ce qui )nous sera d autant plus facile , que la plupart se trouvent pour ainsi dire éclaircies d'avance par l'étendue que nous avons donnée à cette notice.

Lettre aux ivéque$ de France. — Aussitôt après son ordination , Adrien , en retenant auprès de lui quelques-uns de ceux qui s'étaient montrés les plus opposés à son prédécesseur , donna quelque lieu de croire qu'il partageait leurs sentiments. Les évoques d'Occident, à \a sollicitation d'Anastase le Bibliothécaire, etd'Adbn, archevêque de Vienne, lui écrivirent pour l'engager à honorer la mémoire du pape Nicolas. Adrien , qui n'était mu par aucun ressentiment personnel, se tava de ce soupçon en prodigu mt (es plus pompeux éloges a ce pontife , qu'il appela un autre Josué , un nouvel Elie , un Phinée digne ue l'éternel sacerdoce. Il se Justifia ffussi auprès des évoques français, dans la réponse qu'il fit à la lettre synodale du conciie de troyes, le 2 février de Tan 868. Après leur avoir accordé la faveur qu'ils sollicitaient pour Wulfade, archevêque de Bourses, il leur deqpanda, en retour, de faire inscrire le nom du pape Nicolas dans les diptyques de leursi égliSes , [de le faire nommer au sacrifice de la messe j et de résister avec

force , de viye voix et par écrit , k tontes les entreprises qui seraient tentéed contre sa personne et ses écrits. U en donne pour raison que, si on rejette ud pape ou ses décrets, les ordonnances des éfèques n'auront plus de stabilité ; et c'en est fait des dogmes de la religion, si on a la liberté de révoquer ou de détruire ce que les étêques, et surtout cent du premier siégé, ont établi là-dessus.

A Adon de Vienne, -^ Dans sa réponse k Adon, archevêque de Vienne, il revient ei>eore sur le même sujet. Il parle du pape Nicolas, comme d'un nouvel astre que Dieil avait fait lever sur son Eglise dans des temps ténébreux. Il proteste qu'il ne permettra Jamais que l'on touche a ce qu'il avait Ait f rendant son pontificat, à moins toutefois que es circonstances des temps ne roblîgeni d'en user autrement suivant la différence des occasions. Il cite stir cela une maxime de saint Gré^joire portant que, de même que l'on doit punir ceux qui persévèrent dans le crime, de même on doit user d'indulgence envers ceux qui en abandonnent les voies.

Au roi Lothâire. — Nous avons dit, dans la notice publiée en tête de cet article, que Lothâire s'était mis dans un cas de divorce, ea répudiant Thietberge pouf épouser Valdrade. Les prédécesseurs d'Adrien , Benoît m et Nicolas I*', avaient prononcé contre lui l'excommuniôatioû. Aussitôt après l'orditiation d'Adrien, ce monarque lui écri* vit pour l'en félicitci* , et en même temps pour l'engager à lui être plus favorable que son prédécesseur. Il se plaignait de l'avoir supplié d'entendre sa justification sans qu'il voulût jamais y consentir. J'espère de vous, ajoutait-il, que vous ne vous refijserez pas au désir ardent que j'ai de vous voir et de vous entretenir. Latéponse d'Adrieti portait en stibstance que le saint-siége est toujours prêt à recevoir une digne satisfaction; qu'il pouvait se présenter en toute confiance, s'il se sentait innocent des fautes dont on l'accusait, et qu'encore qu'il en serait coupable, rien ne devait l'empêcher de venir h Rome, pourvu qu'il fût résolue reconnaître Sa faute et à en faire pénitence. Lothâire, peu salisfait de cette réponse, mil dans ses intéréls l'empereur Louis, et il dut lotit k sa médianlion. Adrien lui accorda l'absolution de Valdrade, et malgré un vojrage de Thietbeï'ge à llome, il remit la connaissance die l'affaire à un concile, et releva le monarque de l'iexcommunîcation jusqu'à ce que le concile ea eût décidé.

A Yaldrade, — H écrivit à Valdrade que, sur l'assurance que l'empereur Loids lui avait donnée qu'elle ne conseï'vait plus aucun commerce avec Lothâire , il avait levé l'excommunication portée contre elfe par son prédécesseur, et il l'exhorta à Vivre, à l'avenir, sans scandale. En conséquence, il notifia aux évèqnesdel^ermanie qu'ils pouvaient lui permettre l'entrée de l'église et la considérer comme rétablie ôaifis la côwinunion des fidèles et ïa traiter eu conséquence. Cette lettre est du 12 février 868.

A Louis f roi de Germanie, — Louis, roi de

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DICttONNAlftE DE PATROLOGIE.

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Gertnhn^p, 'et Charles le Chauve , dans une cntreyue qu'ils avaient eue à Mt»tz, en présence d'Hincmar et de quelques autres évoques de leurs deut royaumes, s'étaient promis de se partager les Etats de Lothaire el de Terapereur, en cas qu'ils en devinssent les maîtres. Adrien écrivit à Louis de Germanie pour l'engager à tivre en paix avec ses deai tieveux; et il adressa une seconde lettre conçue dans les mêmes tenues à Charles le Cbaave» eux grands seigneurs et anx évé- Ques; mais le mort de Lothaire vint faire diversien et couper court à ces difficultés.

Smr le partm dBs Etuts de Lothaire. — k la suite de cet événement, l'empereur Louil, prévoyant cpie Charles le Chauve ne manquerait pas de ^'emparer des Etats de son neveu I mort sans postérité, engagea le pape è écrire plusieurs lettres pour s'opposer à ce coup de moin* Adrien eh écrivit quatre. La première est adressée aux seigneurs des Etats de Lothaire : la seconde aux seigneurs dès Etats de Charles i la troisième aux évèr

Sues des deux royaumes, et la quatrième à [incmar. Toutes ces lettres sont datées du 6 septembre 869; mais quand les légats porteurs de ces lettres arrivèrent en France, Charles s'était déjà emparé des Etats de Lothaire. 1| s*était fait couronner roi de Lorraine à MetZ) dans upe assemblée d'évêques réunis au nombre de sept^ et avait reçu l'onction royale des mains d'Hincmar.. Le pape, instruit de la conduite du roi Charles, J'en reprit vivement et lui ordonna de auitter les Etats dont il s'était emparé. Il Ct des reproches semblables aux seigneurs et aux évéques de France qui araient eu part à cette usurpation. Il avertissait particulièrement les evèques que si le roi ne changeait de conduitç, et s'ils ne lui remontraient son devoir, il viendrait lui-même en France et y ferait sentir toute la puissance de son autorité pontificale. — Le pape alla plus loin : ses légats, suivant ses instructions, firent dérense au roi Charles, pendant qu'il entendait la messe à Saint-Denis, de se mêler davantage du royaume de Lorraine. Cette dénonciation cnoqua le i)rince,, et les légats furent obligés de se retirer. Mais les choses se pacifièrent; Charles leur exposa son droit et les traita depuis atec honneur. 11 leur accorda même la ^rAce de son fils Carloman, Îu'i) avait fait arrêter pour sa mauvaise conuiie.

Lettres en faveur de Carloman.— Ceiie grâce ne fit que rendre i ce jeune prince la liberté de continuer ses désordres. Le roi son père le fit exconimunier par les évoques mêmes qui rataient appuyé dans sa révolte, et ensuite par tous les évêqiies de France. tLinomar oe Labn refusa seul de se conformer a ces censures; ce qui fit juger à Charles qu'il était d'intelligence avec Carloman. Ce prince eut recours à la protection du pape, en l'établissant juge dQs démêlés quil avait avec le roi son père. Le pape en écrivit au roi en termes durs et amers; il lui ordonnait de rendre son amitié à son fils ^ de le rétablir dans \& charges et bénéfices qu'il possé*

dait avant sa disgrâce; ajoutant que lorsqu'il aurait obtempéré à tous ses désirs, il enverrait des légats en France pour vider leurs difTérends. Il écrivit pour le môme sujet aux seigneurs el aux évêques de France et de Lorraine; défendant aux seigneurs, sous peine d'excommunication, de prendre lés armes contre Carloman, et déclarant aux évêques que toutes les excommunications gu'iis porteraient contre lui seraient nulles, jusqu'à ce que je saint-siége fût informé au fond de celte affaire. Toutes ces lettres n'eurent d'autre effet que d'aigrir les esprits. Le roi fit à celle qu'if avait reçue une réponse fort vive; il donnait clairement à entenare au pape gu'il n'élait point d'humeur à en recevoir ae semblables à l'avenir. Ce prince envoya sa lettre par Actard , archevêque de Tours, qui portait en même temps à Rome la lettre synodale du concile de Douzy.

Aux ëveques de France. — Dans sa réponse aux évêques de cette assetbblée, Adrien confirma l'élection d' Actard, et approuva le concile de l'avoir transféré du siège de Nantes, que les Bretons l'avaient forcé d'abandonner, sur lesiége archiépiscopal de Tours; mais il désapprouva, dans la même lettre, la sentence portée par le concile de Douzy contre Hincmar de Laon, et ordonna que

Suisqu'il avait déclaré vouloir se défendre evant le saint-siége, il y viendrait, avec un accusateur légitimement choisi, se faire examiiier par un nouveau concile. La lettre au roi Charles contient à peu près la même chose, si ce n'est que le pape lui reproche de n'avoir pas reçu, avec assez de soumission, les corrections paternelles qu'il lui avait adressées dans sa lettre précédente. Le roi lui répondit avec plus de vigueur encore que la première fois. « Dans plusieurs de vos lettres, lui dit-il, vous m avez appelé

gaijure, ivran, perfide» et dissipateur des iens ecclésiastiques, sans que j'en sois convaincu; dans celle-ci, vous m'accusez de murmure, ce qui est encore un crime suivant l'Ecriture, et vous voulez que je reçoive agréablement vos corrections? Mais ce serait m'avouer coupable et me rendre, non-seulement indigne des fonctions de roi, mais encore de la communion de l'Eglise. Ecriveznous ce qui convient à votre ministère et au nôtre, comme ont fait vos prédécesseurs, et alors nous la .recevrons avec joie et reconnaissance. » Il demande au pape, en tertn de quel droit il voudrait obliger un roi, chargé de corriger les méchants et de venger les crimes, (renvoyer è Home un coupable condamné selon les règles. 11 parlait d'Hincmar de Laon, qui, avant sà déposition, avait été convaincu, dans trois conciles, d'entreprises contre le repos public, et Îui| après sa déposition, persévérait encore ans sa désobéissance. La réponse des évêques de Douzy était écrite dans le même style. Le pape changea complètement le sien dans la lettre qu'il récrivit au roi Charles. Ce ne sont plus des reproches tiU'il lui adresse , mais des louanges ; l'assurant , qu'en cas do mort de l'empereur régnant, il

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souhaiterait l'avoir pour chef, roi, patrice, eniperçur et défenseur de l'Eglise. A l'égard d'firincinar de Laon, i4 déclare qu'il ne veut connaître de son appel que conformément aux canons, et qu'après l'avoir entendu à Rome, il renverra le jugement de son affaire sur les lieux.

A r empereur Basile et au patriarche Ignace. — Photius , patriarche intrus de Constantinople, venait d'être chassé de son siège par l'empereur Basile ; et Ignace, son compétiteur, rétabli dans la possession légitime de son autorité spirituelle. L'empereur, de concert avec le pontife, envoya au pape Adrien des lettres', pour l'informer de ce qui s'était

I)assé. Ils lui demandaient de leur indiquer a conduite à tenir envers ceux qui avaient été ordonnés par Pholius ou qui avaient communiqué avec lui; et le priaient en même temps d'avoir compassion de ceux qui, étant tombés dans ces fautes , recouraient à lui comme au souverain pontife et demandaient d'en faire pénitence. Le patriarche Ignace reconnaissait en termes clairs et précis la suprématie des successeurs de saint Pierre sur toute l'Eglise, et leur autorité pour remédier aux maux que les schismes et les hérésies y avaient causés. 11 ajoutait que plusieurs de ceux qu'il avait ordonnés lui étaient demeurés ndèles, et que quelques-uns, ordonnés par Photius , après avoir pris son parti dans le premier concile, l'avaient abandonné dans le second. Il mettait de ce nombre Paul, archevêque de Césarée, qui, en effet, refusa de condamner Ignace dans cette seconde assemblée, tenue en 861.

Les envoyés de Constantinople, après avoir présenté ces deux lettres à Adrien, lui donnèrent à examiner un livré plein de faussetés contre le pape Nicolas et l'Eglise romaine. C'étaient les actes du concile que Photius avait tenu contre ce pontife. Adrien le fit examiner par des personnes instruites dans les langues grecque et latine, fit brûler le livre, fulmina un anatbème contreson auteur; mais il voulut que l'affaire d'Ignace et de Photius fût jugée sur les lieux, dans un concile qui serait présidé par ses légats. Il euvova trois députés à Constantinople chargés de deux lettres, l'une pour l'empereur et l'autre pour le patriarche. Dans la première, il ait que lui et toute l'Eglise d'Occident avaient appris avec grande joie ce Su'ils avaient fait a l'égard de Photius et 'Ignace. Il remet le jugement des schismatiques au patriarche et à ses légats, avec pouvoir d'user envers eux de douceur et d'indulgence, si ce n*est toutefois envers Photius, dont il veut que l'ordination soit condamnée. Il ajoute qu'à cette occasion l'empereur doit convoquer un concile, où les actes du faux concile de Photius seront brûlés» et les décrets du concile de Rome souscrits par tous les évêques présents, et conservés ensuite dans les archives de l'Eglise de Constantinople. Dans sa réponse à la lettre dlgnace, Adrien déclare qu'il ne s'écartera en rien de la conduite suivie par son

prédécesseur. Il pense qu'on doit donner une place distinguée dans l'Eglise de Constantinople à ceux qui ont souffert persécution pour défendre la cause du droit et de la vérité ; mais oue pourtant il ne faut pas repousser non plus ceux qui ont pris le parti de l'erreur, s'ils reviennent conduits par le repentir. Il faut les admettre à la pénitence et leur rendre leurs anciennes dignités. Cette lettre est du 8 juin 869.

A Vempereur Basih. — L'année sairante, après la clôture du concile et le départ des légats, l'empereur Basile et le patriarche Ignace écrivirent au pape pour lui deounder le rétablissement de Tnéodore, métropolitain de Carie , que ses légats avaient suspendu des fonctions du sacerdoce. Ils témoignaient, en même temps, être en peine de ces légats, dont ils n'avaient point reçu de nouvelles depuis leur retour.

Le pape fit réponse à l'empereur que les légats étaient arrivés , après avoir essuyé suf la route beaucoup de périls et de mauvais traitements. Il témoigne sa surprise que ce prince , qui les avait demandés avec tant d'instances, les eût renvoyés sans escorte; ce que n'avait pas fait l'empereur liichel. son prédécesseur, dont il aurait dû suivre l'exemple. Il se plaignait aussi, dans la même lettre, que le patriarche Ignace, appuyé de l'autorité impériale, eût ose consacrer un évêque chez les Bulgares. Il le supplie d'empêcher à l'avenir qu'il se permette rien de semblable, sous peine d encourir les peines canoniques, lui et les évêques qu'il aura ordonnés.

La réponse d'Adrien au patriarche n'est pas arrivée jusqu'à nous ; nous possédons seulement le fragment d'une autre lettre où il lui dit qu'il avait défendu aux prêtres de la dépendance de Constantinople d'exercer aucune fonction en Bulgarie et juême par toute l'Eglise, parce qu'ils étaient de la communion de Photius. Il reproche à Ignace d'avoir toléré ces prêtres dans la Bulgarie, quoiqu'ils y fissent plusieurs choses contre les canons, jusqu'à élever tout à coup des laïques au diaconat.

A saint Athanase de Naples. — La ville de Naples avait pour évêque un saint homme, nommé Athanase et frère du gouverneur.

Celui-ci étant mort, son fils Sergius, qui lui succéda, imi)ortuné des avis salutaires de son oncle, le fit dépouiller de ses habits sacerdotaux et jeter en prison. Le clergé et le peuple vinrent au palais réclamer leur évégue. Sergius ne le rendit qu'au bout de huit jours , encore ne fut-il pas longtemps à se repentir de sa délivrance. Il continua à maltraiter Athanase, pilla le trésor de l'église, et persécuta cruellement les prêtres. Le pape Adrien, averti de ce qui se passait, écrivit une lettre à Sergius et une autre au clergé et au peuple de Naples , menaçant d'anathème ceux qui refuseraient un asile à cet évêaue, qui ne s'était caché que pour échapper a la persécution. Les lettres du pape n'ayant produit aucun fruit, Adrien envoya Anastase lo

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Bibliothécaire et l'abbé Césaire k Naples, pour fulminer Tanathème. Le saint évêque eu fut afQigé : il alla à Rome, et à sa prière le i>ape Adrien délivra la ville de l'excom-* munication.

Si les lettres peignent l'homme et font ressortir son caractère , on peut dire d* Adrien (ju*il était d'un caractère humble et modeste, bienfaisant et pacifique; mais en iuème temps, ferme jusqu'à la roideur, (^uand il s'ag[issait de maintenir son autorité et de faire reconnaître la prééminence et les prérogatives du saint-siége.

ADRIEN lUy Romain de naissance et fils de Benoit, élu pape, en 884, après la mort de Martin I**, ne garda la tiare qu'un an et quatre mois. Sa vertu, son zèle, sa fermeté promettaient beaucoup; mais il n' eut q[ue le temps de se déclarer contre Pbotius, patriarche anathémalisédeConstantinople.Cefutenvain que l'empereur Basile lesolhcitad'accordersa communion à cet hérésiarque; Adrien, à Texempie de son prédécesseur, le traita comme un blasphémateur de l'E^rit-Saint, el le rejeta au rang des laïques. Basile, irrité, lui écrivit une lettre pleine d'iiyures et de menaces, mais elle n'arriva à Rome que sons le pontificat d'Etienne Y, qui fut consacré le 25 juillet de l'année 885. Adrien était mort, au moment où son courage semblait donner èi l'Eglise les plus grandes espérances.

ADRIEN lY, élu pape le 3 décembre 115%, était né vers la fin cfu siècle précédent à Langley, près Saint-Albans, dans le Uertfordshire. C'est le seul Anglais qui ait été élevé au siège pontifical. Son nom était Brekspère ou Brise-lance. Son père était serviteur dans le monastère de Samt-Albans, où il fut reçu depuis au nombre des religieux. Le fils ne fut pas jugé digne d'y être admis à cause du défaut absolu d'éducation dont son extrême pauvreté était cause. Obligé de mendier son pain et d'aller chercher fortune sous un ciel étranger, il passa la mer, vint à Arles, s'y arrêta quelques années pour faire

nanîmité, en 1137, pour succéder à l'abbé de ce monastère tout composé de chanoines réguliers. Mais l'envie ne tarda pas à lui susciter des querelles; les moines l'accusèrent auprès du pape Eugène III, qui lui donna gain de cause, et dit à ses adversaires en les renvoyant : « Allez, faites choix d'un supérieur avec lequel vous puissiez, ou plutôt avec lequel vous vouliez vivre en paix ; celai-ci ne vous sera pas longtemps à charge. » En effet, Eusène le retint près de lui, le fit, en llhB, carainal évêque d'Albani, et l'envoya ensuite, en qualité de légat, en Danemarie et en Norwege. A son retour, il fut traité avec beaucoup de distinction par le pape Anastase IV, auquel il succéda. Le nouveau pontife signala d'abord son zèle contre Arnaud de Brescci disciple d'Abailard, enthousiaste séditieux et turbulent, dont les

sectateurs avaient attaqué et blessé le cardinal Gérard, dans la rue sacrée. Adrien eut ensuite ouelques contestations avec l'empereur Fréaéric Barberousse. La première s'éleva au sujet du cérémonial qui devait être observé pour l'onction impériale que ce prince reçut du pape. Fréaéric se trouva ensuite cHoqué qu'Adrien le traitât comme un vassal, dans une lettre sur laquelle le

f>ape donna des explications qui adoucirent e prince, et la paix se rétablit entre eux. Elle fut troublée une troisième fois au sujet de la nomination à l'archevêché de Ravenne, qu'Adrien refusait de confirmer. Cette querelle embrasse les questions les plus importantes et se prolongea bien au delà du Sontificat d'Adrien, sous le gouvernement e ses successeurs. Bans les intervalles de bonne intelligence et de paix entre Frédéric et Adrien, celui-ci, avec le consentement de l'empereur, voulut soumettre Guillaume, roi de Sicile, qui lui refusait Thommaçe de ses Etats et quelques restitutions. Adrien marcha lui-même à la tête d'une armée contre Guillaume. Le succès répondit d'abord à ses espérances, et il refusa des conditions avantageuses ; mais la fortune le trahit à son* tour, et Guillaume, l'ayant enfermé dans Bé< névent, obtint qu'aucun appel de ses tribunaux ne serait porté à la cour de Rome ; que le pape n'enverrait point chez lui de légat sans son consentement, et que les élections ecclésiastiques seraient entièrement libres. 11 se soumit néanmoins à un tribut annuel. Henri II, méditant alors la conquête de l'Irlande, en demanda l'investiture au pape, sous prétexte d'arracher ces peuples k Tido- Ifltrie. Adrien accorda au roi cP Angleterre ce qu'il désirait; et c'est ainsi que les souverains eux-mêmes se soumettaient volontairement à une autorité que, dans d'autres circonstances, ils se faisaient un devoir de méconnaître et de combattre. Ici se terminent les principaux événements politiques du pontificat d'Adrien. Ce pontife, si jaloux de soutenir les droits de son siège et d'augmenter le domaine de saint Pierre, ne le fut point d'enrichir sa famille; il ne laissa pour subsistance à sa mère qui lui survécut, (|ue les charités de l'église de Cantorbéry. Adrien mourut à Anagni, le I*' septembre 1159, avec une grande réputation d'habileté et de vertu. On a de lui des lettres imprimées dans la collection des conciles. Nous allons donner une idée des plus importantes.

A Varchevéque de thessalonique. — Adrien lY , à l'exemple de ses prédécesseurs, souhaitait ardemment la réunion de l'Eglise de Constantinople à l'EgUse romaine. 11 en écrivit à Basile d'Acride, archevêque de Thessalonique, par les deux nonces qu'il envoyait è l'empereur Manuel, en l'exhortant a travailler k cette réunion. « Il n'y a, dit-il, qu'une Eglise, qu'une arche de sanctification, où chacun des fidèles doit entrer pour se sauver du déluge, sous la conduite de saint Pierre.Vous n'ignorez pas que, suivant la doctrine des Pères, l'EçIise romaine a la primauté sur toutes le.s Eglises^ et qu'il

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