‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 63 sur 105 · SA · texte numérisé non relu

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haut, et ne vivons plus que dans le ciel. C'est là) mon cher André, c'est là que vous recevrez la récompense de vos travaux.

Vous combattez sous le soleil, mais pour celui dont le trône est placé au-dessus des soleils. Nous combattons ici ; mais c'est de là que nous attendons la récompense des vainqueurs. Sous le soleil tout est indigence; au-dessus tout est richesse, et un jour Dieu versera dans notre âme la bonne mesure, la mesure pleine, pressée, surabondante de tous les biens.

« Vous désirez me voir, me dites-vous, et l'accomplissement de vos souhaits dépend de ma volonté. Que vous dirai-je ? Je souhaite que vous veniez, et je le crains; mon ftme flotte et se débat entre ces deux sentiments : je ne sais auquel m'arrèter Mais

si vous venez, ne différez pas, dans la crainte de ne plus me trouver,.... car je ne crois

f)as que j'aie encore longtemps à demeurer sur a terre avant de consommer mon sacriGce. Qui me donnera, avec le bon plaisir du divin Maître, de recevoir, avant l'heure du départ, quelque soulagement de votre douce et chère présence ? »

Dans une lettre écrite au peuple et au clergé delà Franconie, saint Bernard les exhorte à prendre les armes contre les infidèles, pour la défense de l'Eslise d'Orient, «f Voici, mes frères, leur dit-il, le temps favorable ; voici le jour de miséricorde et de salut. Toute la terre est émue et ébranlée, parce que le Seigneur du ciel commence à perdre sa propre terre; ce pays où le Verbe, sorti du sem du Père, a paru visiblement enseigner les peuples, et où, pendant plus de trente ans, il a daigné vivre et converser parmi les hommes. Cette terre lui appartient, puisqu'il Ta rendue célèbre par ses miracles, arrosée de son sang et consacrée par les premières fleurs de sa résurrection. Aujoura'hui, poumons punir de nos fautes, les ennemis de la croix ont levé la tète, ravagé la terre promise et passé ses habitants au fil de l'épée. Si personne ne s'y oppose, ils viendront attaquer la ville du Dieu virant, renverser les monuments sacrés de la rédemption, profaner les lieux sanctifiés par le sang de l'Agneau. Déjà leurs lèvres impies ne dissimulent plus le dessein qu'ils ont de s'emparer du sanctuaire de la religion, et de fouler aux pieds lelit où, pour l'amour de nous , Jésus-Christ s'est endormi du sommeil de la mort.

« Que faites-vous, vaillants hommes? à quoi vous amusez-vous, fidèles serviteurs de la croix? Abandonnerez-vous ainsi les choses saintes aux chiens et les perles divines aux pourceaux? Combien de pécheurs confessent avec larmes leurs péchés, dans ces lieux où ils en ont obtenu le pardon, après q\xe le glaive de nos pères en eut chassé les abominations des païens ? L'homme ennemi le voit; il eu est jaloux, il en grince les dents de rage, et il anime tous les instruments de son impiété, bien résolu de nelaisser nulle part aucuns vestiges de ces grands objets de la ferveur. Si, ce qu'à Dieu ne

plaise, il devient le mattre de ces sanctuaires consacrés, quelle douleur pour les siècles à venir ; mais pour nous quelle confusion infinie, quel opprobre éternel I »

Nous arrêterons ici la reproduction des lettres de saint Bernard. Peut-être trouverat-on que nous avons bien peu cité, sur une collection de près de cinq cents ; mais les bornes de ce travail ne nous permettent pas de nous étendre davantage, et nous aurons atteint notre but, si nous avons inspiré le désir de lire les autres dans les œuvres du pieux et savant docteur. Il est temps que nous donnions une idée de ses traités théolosiques et moraux. Le plus important est celui qui a pour titre :

De la considératioft. — Cet ouvrage est dédié au pape Eugène, et saint Bernard se propose de lui donner des conseils, moins comme un mattre que comme un père et un ami, parce qu'il conserva toujours pour Eugène, qui avait été son disciple à Ctair?aux, une affection paternelle. Après lui avoir exprimé ces sentiments dans le prologue, il commence son premier livre par compatir ï la peine qu'Eugène avait ressentie, en se voyant arraché au doux repos de sa solitude pour être appliqué à un travail continuel et accablant, il l'exhorte ensuite à se déGerdes effets que produit l'assiduité aux grandes occupations. Un fardeau, qui dans le principe parait insupportable, cfevient plus léger à mesure qu'on s'y accoutume ; ensuite on ne le sent plus, et enfin on y prend plaisir. C'est ainsi que l'on tombe dans Tenduicissement du cœur, et de là dans l'aversion du bien. Il fait une description de ces funestes effets, et conseille au pape de les prévenir en ne se livrant qu'avec ménagement aux occupations extérieures, et en se réservant des moments de loisir pour s'entretenir avec lui-môme.

(( Ne m'opposez point ce que dit l'Apôtre: qu'étant libre, il s'est fait esclave de tout le monde. Pensez-vous que de toutes les pa^ ties de l'univers, on voyait venir à lui des ambitieux, des avares, des simoniagues, des sacrilèges, des concubinaires, des incestueux et une infinité de semblables monstres, pour obtenir les dignités ecclésiastiq^ues, ou pour y être maintenus par l'autorité apostolique? Non ; il s'était lait esclare de tous pour les gagner à Jésus-Christ, et nullement pour contenter leur avarice. Vous ferez une cnose plus digne deyotre apostolat en écoutant ce que l'Apôtre dit ailleurs : Vow avez été racheté chèrement^ ne vous [aiteê pas esclave des hommes. — Or est-if rien de plus servile, et surtout de plus indigne d'un souverain pontife que de travailler continuellement à de telles affaires et pour de telles gens?... Vous vous croyez redevable aux sages et aux insensés ; mais ne soyez

Sas le seul que vous refusiez de servir, ouvenez-vous de vous rendre à vous-roôme, je ne dis pas toujours, ni même souvent, mais du moins par intervalle. » De I^ 1^ saint docteur vient naturellement à traiter des principales vertus, de la piété, qu'il ne distingue presque pas de la con5iaér«tu>&

HCnONNAIRE DE PATHOLOGIE.

même ; grande et magnifique matière pour un esprit saintement philosophe, si Eugène ne dédaignait pas de s*y engager. Il confient que ses prédécesseurs, particulièrement les derniers, se sont attacnés à un autre objet, et que, touchés des pièges qu'ils voyaient tendre à l'innocence, ils se sont fait un devoir delà défendre juridiquement, selon le style et les procédures du oarreau; mais il lui représente en môme ^ temps qu'il y a aussi de bons papes gui ont trouvé le temps rie méditer ; témoin saint Grégoire, qui, sous le fer des barbares et pendant le tumulte de Rome assiégée, continuait soigneusement son explication d'Ezéchiel dans ce qu^elle a de plus dillicile. Si la malignité du siècle présent, les fraudes, les calomnies, les violences, dont son zèle voudrait purger la chrétienté, Tobligent à suivre la route qu'on lui a tracée par rapport aux procès, du moins l'exhorte-t-il à en retrancher les abus, à réprimer la licence des plaidoyers, à empêcher les formalités ruineuses, à réformer, en un mot, tout ce qui n'y est bon qu'à sauver ou opprimer les parties au gré des ofQciers, et a proportion de l'argent qu'ils reçoivent, li fait entre autres une peinture des avocats, qui pourrait passer pour une mordante invective, si la nature des reproches et la droiture d'un aussi grand saint ne nous persuadaient qu'il ne condamne que ce que la conscience publique et l'indignation des honnêtes gens avaient déjà condamné avant lui. « Je m'étonne, dit-il, qu'avec de la religion on puisse supporter les harangues et les plaidoyers des avocats, qui servent plus à embrouiller

la vérité qu'à la faire connaître Une nar^

ration courte et simple était la voie la plus sûre pour distinguer la vérité de l'erreur et la mettre dans tout son jour. »

Deuxième livre. — Saint Bernard commence son second livre en présentant son Apologie sur la croisade, dont on faisait retomber sur lui le mauvais succès, quoiqu'il ne l'eût prèchée qu'aux instances du roi Louis et par ordre du pape, c'est-à-dire de Dieu môme ; ensuite il revient à son sujet, et définit la considération une recherche attentive de la vérité, la distinguant par là de la contemplation, qui suppose une vérité déjà connue.

Il divise en quatre l'objet de la considération, et dit : « Vous devez premièrement vous considérer vous-même , puis ce qui est au-dessous de vous, ce qui vous environne , ce qui vous surpasse. » 11 développe le premier point, en s'étendant sur les devoirs du prélat qui, comme la mission du prophète, consistent à arracher et à détruire, à éditier et à planter. « 11 n'y a rien là, dit-il, qui sente le faste, mais le travail ; c'est un ministère et non une domination, et vous n'êtes pas plus qu'un prophète. Vous êtes sur une chaire élevée, et vous devez voir de plus loin ; il ne vous est pas permis d'être oisif, chargé comme vous

l'êtes du soin de toutes les Eglises

Vous devet dompter les loupsi et non pae

dominer sur les brebis. Votre noblesse consiste dans la pureté des mœurs, dans la fermeté de la foi et dans l'humilité, cette vertu le plus bel ornement d'un prélat au faite des grandeurs. » Il relève ensuite la dignité du pape, successeur de saint Pierre, pasteur non-seulement des brebis, mais des

f)asteurs eux-mêmes, avec la plénitude de a puissance ; vicaire de Jésus-Christ pour gouverner non un seul peuple, mais tous les peuples. Toutefois, suivant saint Bernard, les évêques sont aussi des vicaires de Jésus-Christ, puisque, quoique plus bornés, c'est de lui qu'ils tiennent leurs pouvoirs. Il exhorte ensuite )e pane EuKène a examiner les progrès qu'il a raits dans la vertu ; s'il est plus patient, plus doux, plus humble, plus affable, plus courageux, plus sérieux, plus défiant ae lui-même; quel est son zèle, quelle est son indulgence et sa discrétion pour régler l'un et l'autre. « Donnez-vous de

Sarde de faire acception des personnes, et éfiez-vous surtout de la facilité à croire les mauvais rapports, vice qui pullule d'ordinaire autourdeceuxqui sont constitués en dignité.» Troisième livre, — Dans le troisième livre, saint Bernard représente au pape les choses qui sont au-dessous de lui, c est-à-dire le monde entier, dont l'administration lui était confiée, et non pas la possession, puisqu'elle n'appartient qu à Dieu seul. « Vous présidez, lui dit-il, aux affaires de tout le monde, mais pour y pourvoir, pour y veiller, pour y donner ordre, pour y être utile. Le père de famille vous a établi pour gouverner, et non pour régner.... Vous devez étendre vos soins sur tous ; d'abord sur les infidèles pour procurer leur conversion ; car pourquoi mettre des bornes à la prédication de l'Evangile? Attendrons-nous que la foi les rencontre par hasard et sans leur être annoncée? Ensuite sur les Grecs, que le schisme divise et sépare de notre communion; sur les hérétiques, dont les détestables doctrines s'insinuent partout en cachette, et nous attaquent même ouvertement en quel-

aues lieux, principalement vers le Midi ; enn, sur les catholiques mêmes qui désolent l'Eglise par leur intérêt et leur ambition. O ambition I s'écrie le saint homme, après avoir désigné ce vice par tous les vices qu'il produit et qu'il fait eclore, 6 ambition I toi qui es la croix des ambitieux, peut-il arriver que tu leur plaises, et que tu sois toujours l'âme de leurs résolutions et de leurs affaires, toi la cause de leurs inquiétudes et de leurs tourments I » II vient ensuite à l'abus des appels. On en appelait au pape de toutes les points du monde. Quoi-

?[ue rien ne soit plus beau que de mettre les àibles à couvert de l'oppression, il loue cependant le pape de renVoyer les appelants devant leurs juges naturels, ou devant des commissaires en état d'instruire leur cause. Suivant lui, cette façon de rendre la justice est la plus prompte et la plus assurée. Saint Bernard fait voir que les pasteurs de l'Eglise doivent rechercher moins leur utilité particui liera que le bien de leurs sigets; et après

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DIGtlONNAlRE DE PATROLOGIB.

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avoir ra|)pdé plusieurs exemples du désintéressement du pape Eupène, il lui adresse la plainte générale des Eglises au sujet des exemptions acordées par le saint-siége. « On soustrait) dit-iU les abbés aux évoques, les ëvèques aux archevêques, les archevêques aux primats ou patriarches. Vous faites connaître en cela que vous avoz la plénitude de la puissance, mais peut-être aut dépens de la justice. Vous le faites parce que vous le pouvez, mais le devez-vous faire î C'est une question. On vous a établi, non pour ôter, mais pôur conserver h chacun son degré et son rang d*honneur, » II est aussi du devoir du pape, selon saint Bernard, de faire attention a tout l'état ecclésiastique, et d'examiner si les peuples sont soumis au clergé et les prêtres a Dieu ; si dans les malsons religieuses on garde Tordre et la disci" pline; si les censures de l'Église sont en vigueur contre le mal et contre l'hérésie , et si les décrets apostoliques sont observés exactement, ce saint abbé était particulièrement affligé qti'on fit déjà si peu de cas des décrets qu'Eugène lui-même avait publiés au dernier concile de Reims, Le luxe et l'immodestie des habits restaient les mêmes dans le clergé; sous prétexte qu*il importait peu devant Dieu comment 1 on était vêtu, pourvu que la vie fût réglée : l'ecclé-. siastique empruntait sans scrupule tous les dehors du séculier, et, composé en quelque façon do l'un et de l'autre, il paraissait une sorte d'amphibie qu'on ne pouvait plus Uéfinir, il Mais, répond ûQtre saint, cette sorte de costume est une marque de désorace dans l'esprit et dans les mœurs. Pourquoi des clercs veulent-ils paraître aufre chose

3ue ce qu'ils sont ? lU ont Thabit de solat et le. revenu de clercs» et ils ne font les fonctions ni de l'up ni de l'autre; car ils ne combattent par comme les premiers^ et ils ne prêchent point rEvangilo commç les derniers* De quel ordre sont-us î Chodsmt dit 1 Apôtre» re$suicUer(i dan$ $on orar^. Dans quoi ordre ressusciteront -ils ? Ceux

Sui oril péché sanâ ordre périront-ils san9 rdret Si Von croit que Dieu, qui est la sa*gesse souveraine, ne laisse rien daiL$ le monde oui ne soit dans l'ordre^ je crains bien qu'a ne les place dans le lieu du d4sordre, où règne une horreur éternelle. »

Quatrième livre, — Quoique la première intention de saint Bernard ne fût que de donner des conseils au pape dans sei livres de la Considération^ on voit que la morale s'en étend à bieq d'autres ; et c'est ce qui les rend si précieux. }1 examine dans le quatrième livre ce qui entourait lo saint* père: le peuple de Rome, les cardinaux, les miuistresi son domestique. Le peuple de Rome, depuis longtemps, se comportait avec une arrogiaoce et une mutinerie qui soulevaient contre lui le monde entier- « Vos dio-> oésains sont des Romains, dit le saint abbé, ce nom renferme tout I » Mais, quelque ré^ serv4 que soit ^aint Rernard, que a y uoute^

t-il pas? 11 U» /eg«rdajt a|pr^ çqm/ne ^étea* tés et décriés a un point au! ôtait ji

j usqu'à

la délicatesse qu'on pourrait àtdlf d*eil parler mal. Il exhorte Eugène h réformer ce peuple rebelle et endurci dans le mal, par la parole et non parle fer, en etnployaiit le daive spirituel et non le glaive matériel, le premier devait être tiré par la main du prêtre, le second par la main du soldat» qui toutefois ne doit en faire usage qu'avec le conseil du prêtre, et sur l'ordre de Tempereur. C'est en ce sens qu'il dit ici que les deux glaives appartiennent h TÉgllse, Encore qu'elle ne puisse tirer elle-même le glaive du sang, elle s'en sert par la main du prince, et le priqce ne doit l'employer qu'après avoir consulté le pontifoi pour savoir de'Iui si la guerre estjuste.

Saint Bernard recommande aU pape beaucoup d'attention dans 16 choit des cardinaux : il lui conseille de les prendre d'un âge mûr^ puisqu'ils doivent Juger le monde, et de choisir pour ses légats des personnages d'une vie exemplaire, qui ne cherchent dans leur légation que le bien des &mes, qui reviennent en cour fatigués et noti chargés; qui puissent se çloriueri nûû d'avoir raj[>porte les choses les plus curieuséat mais d avoir donné la paix aux royaumesi la loi aux barbares, le repos aux monastères, et rétabli l'ordre et la disciplltie dan? les BlgUses. H cite l'exemple émftant w deux légats, l'un, le eardiual Martin. légal en Transylvanie, qui revint du pays de l'or, si aéfourvu d'argent, qu à peine put-il regamer lorence; l'autre, Ueoliroi, évêque de Gnar^ trest légat en Aquitaine, qui Si a se^ frais toutes les dépenses de sa légation, sans vou* loir accepter aucun présent, pas mêrpe deux

Slats de bois artistement travaillés qu u^e ame lui offrit par dévotion* L'usage qui» dans les solennités, plaçait les ofliciers du pape près de sa personne pour la commodité du service» leur avait inspiré l'ambition d^ conserver le même

Îang dans ]qs assemblées régulières, .Saint ternard exppse qu'il est inoéoent que ces ofliciers aient rang avant les prêtres» et que la coutume en cette circonstance doit passer pour une usurp<ition. Il conseille au pape de conQer le soin de sa maison à un homme fidèle et prudent, afin d'avoir tout le temps de vaquer lui-même aux affaires de sa conscience et de rCglise. N'est-il pas indigne d^un évdque d'entrer dans les détails drun ménage 7 Cependant il veut que le pape, comme les ^vêques, se préoccupe assez de la discipline de sa maison, pour n'y laisser passer aucun désordre impuni, Pans une récapitulation des quatre premier! livres, il ait au pape Eugène : « Considérer que la sainte Eghse romaine, oii par la gr^ce do Dieu vous présider, est ]a mère et non la maîtresse des églises; que vousn*ête^ pas le seigneur des éveques, mais l'un U entre eux, le frère de ceui^ qui aknent Dieu, et le compagnon de feux qui le craignent; que vous devez être 1 exemple de la piété, I9 sputieu de la vérité, le défenseur de la foi, le dis T)ansateur des «AUfns, le tuteur ^ u»oi|le4| le refuge des opprimés. »

DiGTIOmAIIIB M PATROUIGIB»

CtUtfUttmê Utr$. ^ Queiqae lea lirrus précMefllê sDieût Intitules de là CmiidérattoH, eependAhl 11» ne Idi^sënt pas de contenir I)luMeurti ohoseê qui ont Hibport k la Tie aotire. Lé cinquième, Au contraire^ ne traite que de la c^nâidéraiion ou eontemptùÊion^ o^eat-ft-dire des objets qui »ont au-^desaus de nous. Saint Bernahl entend par là Dieu et les anges t Dieu, qui nous est supérieur par nature» et les atiges par ta grâce seulement» puisque la raiSôti nous est commune avec eut. Il pi*0()OSb tfols tnoyens de parvenir à ta connaissatlde de Dieu et de ses ati'ges î l'opinion, la foi, reniendefnent , et comcnetice pa^ Ici considéra tion des esprits célestes, dont il ^apporte la hiérarchie, qu'il termine eu disant, d'après la doctrine de saint Paul, qu'on croit que Dieu en a donné un h ehnqde homme ^our le garder et pour le servir. Il passe ensuite à la Conlemplalioft de DiéU, de son essence et dès mystères de la Trinité et de rincarnation. La divinité par laquelle on afQfme ^ue Dieu est Dieu, n est autre chose que Dieu lui-même. Il est sa forme et son essence, un, sltnple, Indivisible. Il n'est poiot composé dé partie) comfne le corps, ni sujet aux changeitiehts ; il ést tou»* jours le même et de la ménle métiiète. Dieu e$t toutefois trinité; mais en admettant eu Dieu là trinité, nous ne détruisons Das l'unité. Nous disons séparément le Père, là Fils, et le Sàint-Bspi'it, et néanmoins ce ne sont pas trois diéul, mais tin seul Dieu. Il n'y a qu'une substance, mais trois pci*sott^ Des. Mais cotnment se peut rencontrer la pluralité en Tunité, et rilnité en la plura* lilé? L'etsminer c'est témérité; le

croire e*ë$t piété; lé Connaître c*est la naie voie et la rie éternelle. Saint Bertiard distingué diVefSés sortes d*unités, et met au premier rang l'unité de Dieu en trois personnes. Passant ensuite au mvstèfederln-* carnation, il enseigne qu'en Jésus-Christ le Verbe, rame et la ehair ne Sont qU*une même personne , sans confusion des essences ou d^ natures; qu'ainsi ces trois choses detnèurent dans leuf nombre sans préjudice de rautoflté de la oérsonne. Il revient une seconde ibis à la oennition de Dieu, et dit : « Quant & Vuniversalité des choses, c'est la Qn ; par rapport à Télection des élus, c'est le salut; enfln, à Tégard dd Dieu môine, il est le seul qui le sache ; c'est une volonté toutepulssanie, une lutoiôrô éternelle, une vertu parfaite, une raison immuable et $\x souveraine béatitude; il est autant le supplice des superbes que la gloire des humbles, et comme il récompense les bonnes œuvres par sa boulé, il punit les crimes par sa justice, et sa bonté comme sa Jusiice iont innnics. » De$ nuBur$ et des aevoiri des évêques. — Ce livre est adressé k Benn, successeur de Dalmberd, archevêque de Sens. Ce pontifo» après avoir longtemps négligé Son diocèse pour se livrer aux délices de la cour, fut enlin ramené au bien par Geoffroi, évéque de Çhartrest et Burcbard, ëvfeque de Meaux. Il ^ a^rei^sa a ^aint Bernard, pour obtenir de lui \m ouvrage qui but Vanermir dans le

nouveau ^nre de vie qu'il avait embrassé. Le saint eubbé lui earoya a«issit6t l'opuscule intituM^ : Dê$ mmwrè et déâ dtvéir$ ék$ évé fii«f . La compoaition de eel écrit est de ran 1126* — Il fait remarouer à Henri que la gloire et la dignité éinscopale ne consistent ni dans la poulpe des habits» ni dans la m^gniScence des Aquipages, ni dans la somptuosité des palais, tnais dans l'ianoeence des mœurs, dans l'application aux devoirs de Tépiseopat, dans l'exercice des bonnes oeuyres. « Les paurres qui vont nus et qui ont ftiim crient : Que nous serrent à noUs tant d'habits étalés sur des perches ou plies dans des coifres? Ce que tous prodiguez nous appartient^ et c'est k nous que vous dérobe^ oe que voua dépenses si inutilement. )» Il lui recommande en partioulier li>s veHns de chasteté, de charité et d'humilité ; tuais il veut que sa charité naisse d'un cœur pur, d'une bonne consoienoe et d'une foi sincère; La pureté de cœur doit aroir deux obJetSj la gloire de Dieu et le bien du pru^ chain ; la bonne conscience consiste k se re-

i)entir du mal et k n'en plus commettre ; la bi sincère est celle qui se soutient et agit fiar charité. La blupar t^ n'envisageant dans 'épiscopat que réclat et non la peine qui y est attachée, rougissaient de rester aux bas rangs du clergé, et couraient aree tivacité aux honneurs. L'ambition était sans bornes. 9aidt Bernard gémissait sur ces abus, dont il était témoin ; et, rappelant ce qui se passait dans les premiers siècles, où l'on ne trouvait qu'avec peine des personnes qui Voulussent se charger de l'épiscopat, tant ce

{loste leur semblait au-dessus de leurs forces, 1 blâme l'empressement que les clercs de Son temps témoignaient pour un ministère qu'ils n'étaient pas eu état de remplir, et que l'avarice et l'ambition leui* faisaient seules poursuivre. «Tout le clergé, dlt^il, sans distinction d'âge, de rang ni de savoir, court aux emplois ecclésiastiduesi comtkie si ce soin devait l'exempter ae tous les soins de la vie. O ambition sans bornes, 6 avaidce insatiable l #

De la réfùrme des clercs. — Saint Bernard se trouvant, en 1124', dans les environs de Paris, Etienne, qui en était alors évéque, le pria de s'y rendre et dV prêcher. Le pieux abbé, qui ne se produisait en public que le moins qu'il pouvait, s'y refusa d'abord ; mais le IcUcfemain, se sentant plus de confiance pour toucher les cœurs, il lit dire k l'évèque qu'il prêcherait. 11 le fit, comme toujours, devant un clergé très-nombrèux, et le discours Ïi'il donna en cette occasion est intitulé : e h réforme des clercs. 11 est très-vif et très-pressant. L'auteur v attaque surtout ceux qui témoignaient trop d'avidité pour les dignités de llSglise, et qui s^efigageaient dans les ordres sacrés. Sans réflexion et sans examen ; mais il y traite aussi de la conversion des mœurs et de la pénitence. H fait voir que personne ne peut se convertir k Dieu qu'avec le secours de sa grâoe prévenante. Lorsqu'il a fait retentir sa voix dans rame du pécneur, c'est k nous k lui obéir, k

ouvrir les yeux à la lumière qu'il répand sur nos ténèbres pour nous faire apercevoir nos iniquités. Ce n'est qu'en cette vie gu'on peut les effacer par la pénitence, puisque dans les damnés le péché sera aussi irrémissible que la pénitence sera durable. Saint Bernard trouve que les remords sont avantageux pour détourner les pécheurs du péché, et qu'ainsi il ne faut pas étouffer le ver rongeur qui les pique en cette vie. Il conseille à celui qui pense sérieusement k sa conversion de commencer ce salutaire ouvrage en s*abstenant de nouveaux péchés avant de déraciner ses anciennes et mauvaises habitudes. Pour lui en faciliter le moyen, il lui représente la vanité et l'inconstance des biens et des plaisirs du monde, la fausse sécurité du pécheur, qui se persuade follement qu'il n'est vu de personne, tandis que Dieu le voit et qu'il est aperçu de son bon et mauvais ange.

Ce n'est pas assez pour une vraie conversion de s'éloigner au mal, il faut faire le bien et en rapporter la gloire à Dieu. Le temps de la pénitence est celui de pleurer les péchés; mais le pénitent ne doit pas se laisser absorber par la tristesse; il faut qu'il adoucisse T&creté de ses larmes par l'espérance de la consolation et des douceurs que la vie spirituelle réserve aux vrais convertis. Le saint abbé s'élève avec force contre les clercs avides et incontinents. « Nous n'accusons pas tout le monde, dit-il, mais aussi ne pouvons-nous pas excuser chacun. Le Seigneur s'est réservé plusieurs milliers de serviteurs fidèles, et si cette race sainte ne nous excusait par sa justice, il y aurait longtemps que nous serions renversés comme Sodome, et que le feu du ciel nous aurait dévorés On court de toutes parts aux ordres sacrés, et l'on voit des hommes se charger, sans crainte et sans réflexion, de ministères qui font trembler les anges. Ils ne craignent point de porter la marque du

■ emrue les

domine, qu'ils sont les esclaves de Piniquité et des passions infâmes. Peut-être môme, si nous creusions dans leur vie secrète, si nous percions la muraille, comme dit £zéchiel, trouverions-nous l'abomination dans la maison de Dieu. »

Du précepte et de la dispense. — Quelques moines de Saint-Père-en- Vallée, à Chartres, <idressèrent successivement, et à l'insu de leur abbé, deux lettres à saint Bernard, pour le consulter sur l'obligation de la règle de saint Benoit qu'ils professaient. Le pieux abbé de Clairvaux leur fit transmettre sa réponse par Roeer, abbé de Coulombs, au même diocèse. Cette lettre est adressée à l'abbé de Saint-Père, et ensuite, avec son agrément, à ses moines. Le but de la première question est de savoir si tout ce qui est contenu dans la Règle de saint Benoit est de préeepte, et si cette Règle contient quelques articles qui ne soient que de conseil. Bernard répond t qUA cettd Règld est

de précepte pour tous ceux qui ontftit vqbu librement de l'observer; d'où il suit que tout ce Qu'elle contient est d'obligation pour eux. » Mais il distingue entre ce qui est dit des vertus spirituelles, comme la charité, la douceur, Thumilité, et tout ce que prescrivent les observances extérieures, telles que la psalmodie, l'abstinence, le silence, le travail des mains. Les préceptes louchaut les vertus venant de Dieu même, ne souffrent pas de dispense; mais on peut, dans le besoin, en accorder pour les observances monastiques, parce qu'elles ne sont bonnes ni ^ naturellement, ni par elles-mêmes, et qu'elles n'ont été instituées que pour procurer ou oonserver la charité. Tant qu'elles remplissent ce but, le supérieur même ne peut dispenser de ces observances; mais si elles viennent à être contraires à la charilé, alors il pourra en dispenser. Saint Bernard, après avoir cité les témoignages du pape Gélase et de saint Léon, remarque que saint Benoît, en laissant à l'abbé le pouvoir de dispenser dans les besoins de cette nature, ne remet pas cette dispense à sa volonté seule, puisqu'il est lui-même tenu à l'oth servance de la règle, mais à sa prudence, puisqu'il rendra compte à Dieu de tous s^ jugements.

La seconde question des moines de Saint- Père roulait sur les degrés d'obéissance. Saint Bernard répond qu'il est du devoir de tous d'obéir è Dieu plutôt qu'aux hommes; aux maîtres plutôt qu'aux disciples, et, entre les maîtres , plutôt à ceux de la maison

Ju'aux étrangers r que, pour juger du de^ 'obligation dans 1 obéissance, il faut faire attention à la qualité de celui qui commande et h l'importance de son commandement. 11 observe que l'obéissance que l'on rend par amour est préférable à cefle que l'on rend

Sar crainte, l'une étant de nécessité, l'autre e charité, et que, pour obéir parfaitement, il faut faire ce qui est commandé, dans l'intention même de celui qui Va commandé. H décide que celui qui pèche par mépris poar sa règle est plus coupable que celui qui y contrevient par négligence; la raison qu'il en donne, c'est que la désobéissance du premier vient de son orgueil^ et la désobéissance du second n'est que l'effet de sa langueur et de sa paresse. Il en infère que le mépris rend mortel le péché, qui ne serait que véniel par légèreté de la matière, s'il n'y entrait que de la négligence.

Apologie. — Rien ne souleva plus les esprits contre saint Bernard que son livre contre les moines de Cluny. Us étaient alors en si grand nombre et en si bonne odeur de sainteté, qu'on ne pouvait les attaquer sans s'attirer une infinité d'adversaires. Cet ouvrage trouve encore aujourd'hui des censeurs, qui le regardent comme la production d'un zèle outré. Ils oublient que saint Bernard a été suscité de Dieu pour réparer les brèches faites à la discipline de l'Eglise» et plus particulièrement à l'ordre monasti» que. Cet écrit est arrivé jusqu'à nous sou» le titre d'Apologiêt êX il est adreifé i Q^

laume de Saint-Thierry. Le pieux auteur proteste que lui et les siens sont bien éloignés de blAmer un ordre aussi respectable que celui de Clunv» et qui possède de saints personnages que Ton regarde généralement comme les flambeaux de l^univers. 11 montre ensuite que la variété des ordres religieux ne doit en aucune fagon rompre le lien de Tunité et de la charité. La raison qu'il en donne, c'est que Ton ne trouverait jamais un repos assuré, si chacun de ceux qui choisissent un ordre particulier méprisait ceux qui vivent autrement, ou croyait en être méprisé, puisqu'il n'est pas possible qu'un môme homme embrasse tous les ordres, ni qu'un même ordre embrasse tous les hommes. Il compare les différents ordres dont TEglise est composée à la tunique de Joseph, qui, quoique de couleur différente , était une, en signe de la charité qui doit réunir tous les ordres en un même amour.

seul par la pratique, je les embrasse tous par la chanté, qui me procurera, je le dis avec conflance, le fruit des observances que je ne pratique pas. » S'adressant ensuite aux moines de son ordre, il leur demande qui les avait établis juges des autres, et pourquoi ils se glorifiaient d'observer leur règle, précisément quand ils y contrevenaient le plus en méprisant autrui.

Dans la seconde partie, saint Bernard parle des pratiques de Cluny, et reproche aux moines de Ctteaux de les conserver indiscrètement, puisqu'ils n'avaient pas le droit de juçer les serviteurs d'autrui. Il avoue sans peine que les instituteurs de l'ordre de Cluny en ont tellement réglé la discipline, que plusieurs peuvent y trouver le salut. U se garde bien de mettre sur leur compte toutes les vanités et toutes les superlluités

3ue quelaiies particuliers y avaient introuites. «j'admire, dit-il, que des moines aient imaginé tant d'intempérance dans les repas, tant de luxe dans les habits, tant de somptuosité dans les meubles et les appartements ; mais ce qui me surpasse, c'est que plus on s'y laisse aller, plus, dit-on, il y a de religion dans l'ordre, et mieux la règle y est observée. » Venant au détail, il blâme la profusion des repas que l'on faisait aux étrangers; et, comparant la façon de les recevoir avec ce qui se passait à cet égard du temps de saint Antoine, il dit : «Lorsqu'il arrivait à ces saints cénobites de se rendre des visites de charité, ils étaient si avides de recevoir les uns des autres le pain des âmes, qu'ils oubliaient le pain du corps, et passaient souvent le jour entier sans manger, uniquement occupés des choses spirituelles» mais maintenant il ne se trouve personne qui demande le pain céleste, personne qui le distribue. On ne s'entretient ni des divines Ecritures, ni de ce qui regarde le salut de l'âme; ce ne sont, pendant les repas, que discours frivoles dont on se repaît rordiile, à mesure que la bouche se

remplit d'aliments. » U passe des superfluités de la table au luxe des habits. La Règle de saint Benoît ordonne que les moines seront habillés des étoffes les plus communes et les moins chères; mais on ne s*en tenait

Sas là, et le religieux se faisait tailler un frac ans la même pièce où le chevalier se cou- Irait un manteau; de sorte que les hommes es plus qualifiés du siècle, fussent-ils rois ou empereurs, n'eussent pas dédaigné les habits d'un moine, s'ils eussent été à leur forme et dans leur taille. C'était aux abbés h réprimer ces désordres, mais ils en étaient eux-mêmes coupables. Celui-là ne reprend pas avec liberté qui est lui-même répréhensible. Saint Bernard leur reproche la magnificence de leurs équipages, souvent si nombreux en hommes et en chevaux, que la suite d'un abbé aurait pu suffire à deux évêques. II blâme la somptuosité des églises, le luxe des ornements et des peintures, qui rappellent en quelque sorte les anciens rites des juifs; mais il s élève surtout avec force contre les peintures grotesaues dont ou chargeait alors les murailles des cloîtres, et ui représentaient des combats, des chasses, es singes, des lions, des centaures et autres monstres, dont la vue ne pouvait c^ue donner des distractions aux moines qui y faisaient habituellement leurs lectures.

Eloge de la nouvelle milice. — Ce traité, adressé à Hugues, grand maître des chevaliers du Temple, a été composé par saint Bernard vers l'an 1135. Cet ordre avait été établi en 1118, par quelques pieux chevaliers qui avaient fait vœu, entre les mains du patriarche de Jérusalem, de vivre comme des chanoines réguliers, dans la chasteté et Tobéissance, sans rien posséder en pro* pre. Cette institution fut approuvée dans le concile de Troyes de l'an 1128. Le traité de saint Bernard n'est pas une règle, mais un éloge de cet ordre, et une exhortation qu'il fait aux chevaliers du Temple de s'acquitter des devoirs de leur milice. «Le monde, dit-il, apprend avec étonnement qu'il y a une nouvelle milice établie dans le pays que Notre-Seigneur a honoré de sa présence corporelle, afin que, comme il y a exterminé lui-même les princes de ténèbres, il en chasse encore leurs satellites par l^s bras de ces courageux défenseurs, et qu'il rachète de nouveau son peuple. Ce genre de milice est tout nouveau, et les siècles passés n'ont rien vu de semblable; on y livre deux combats tout à la fois, l'un contre la chair et le sang, et l'autre contre les ennemis spirituels; dans l'un on résiste à un ennemi corporel par les forces du corps ; dans l'autre, on déclare la guerre aux vices et aux démons La cause et ]a fin de cette milice

ne sont pas moins admirables; car toutes les guerres qui se font entre les hommes ont pour cause, ou des mouvements de colère, ou l'ambition et la vaine gloire, ou le désir de se mettre en possession do quelque héritage ; et Ja fin qu'on s'y propose est toujours uu' intérêt temporel. Les chevaliers du Temple n'agissent par aucun de ces mo*

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t\% M irë piH>pO!lêtit une toat autre fin. Ils font la guerre du Seigneur sans craindre de pécher en tudUt 9es ennemis, du de périr s'ils sont tués; qu'ils tuent ou qu'ils soient tués, c*est toujours pour Jésus-Christ { s'ils tuent, c'esi le profit de lésus-Christ; s'ils

sont tués, o'est leur sélut Enfin \à vie et

les mœurs de ces chevaliers doivent ûiire honte h tous ceux qui se mêlent du métier de la guerre $ ils ne font rien que par l'ordre de leur prieur i ils n'ont rien que ce qu'il leur donne; ils vivent sous une règle cotn-^ mune, sèins nommes et sans enfants; ils n'ont rien en propre, pas même leur volonté; ils ne Jouent h aucun ieu, n'assistent à aucun spectacle, ue prennenl aucun plaisir et ne cherchent^ dans l'issue de leurs combats, que la gloire du Seigneur.* Après cet éloge^ Saint Bernard les exhorte à s acquitter courageusement des devoirs de leur milice, en faisant des réflexions mystiques sur la considération des lieux saints

Des degrét d'humilité et d'orgueil ^ Ce traité est dédié pat* saint Bernard & GeoffToi. son parent, d'abottl prieui* de Clairvaux et ensuite évoque dé Litngres. Les dégfés d'humilité que Saint Bernard se propose d'y examiner sont ceux dont il est parlé dans la Règle de séint Benoît. On beut^ selon saint Bernard, définir l'humilité une vertu paf laquelle l'homme, se connaissant véritablement tel qu'il est, devient méprl- $able à lui'-méme. Il nous la fait envisager comme le chemin qui mène à la vérité, et la connaissance dé cette vérité comme le n'uit de cette vertu. 11 distingue ensuite trois degrés dans la connaissance de la vérité : la connaissance de sa pronre misère, pour en

témir et en devenir ptus humble et plus Dmpatissànt \ la contiafasance des inflrmilës du prochain, pour devenir nius charitabl0 et nius miséricordieux; et l'art de purifier rcml du cœur, pour pouvoir contempler les choses eélestes et divines, toutes ces cou- DaissaUces sont en nous rouvrage de DieU^ 6u, comme dit saint Bernard, «c*est la sainte Trinité qui les opère en nous. » Venant ensuite à 1 explication des douze degrés d'bumilité, il dit : «Nous les comprendrons lorsque nous aurons remarqué les douie degrés d'orgueil qiii leur sont opposés ; le dernier degré d'orgueil répond au premier degré d'humilité, parce qu*en rétrogradant on commence à monter par où l'on a cessé de descendre. » t^ar exemple, le douzième degré d'orçueîl est Thabitude de pécher: donc lé premier d^^ré d'humilité doit être de renoncer au péché ; d*oéi il prend occasion de donner aux moines des Instructions très-solides.

De l'amouf â$ Dieu. — Entre plusieurs questions que le cardinal Hairaeric, chancnelier do VEdise romaine, avait adressées à saint Bernard, il y en avait une sur l'amour de Dieu : c'est la réponse h cette question qui fait le sujet de pe traUë.

« Vous voulez savoir de moi pourquoi et comment on doit aimer Pieu î h vous réponds que la raison de l'aimer, c'est qu'il

est Dieu» et que la manière de Taimer, c'est de l'aimer sans mesure. Nous detons l'aimer pour lui-même, soit parce qu*on ne peut rien aimer de plus Juste ni de plus profitable que lui; soit parce qu'il nous a siînés le premier, sans mie nous le méritions, et qu*il nous comble chaque jour de ses bienfaits, en fournissant aux besoins de notre corps et de notre âme. L'inQdèle même est aterti par la voix de la nature qu'il doit aimer Celui de qui il tient tout ce qu*il est et qui pourvoit a ses besoins. » Mais les chrétiens y sorti obligés par des motifs bien plus prèssants : nar la considération du sang que Jésus-Cnrisl a répandu pour les racheter, de la réparallOn de leurs péchés par sa mort, et de la gloire dont 11 leur â ouvert le chemin par sa résurrection, son ascension et quantité d'autres bienfaits plus abondants sous la loi nouvelle que sdus la loi ancienne; d'où il résulte pour eut une obligation plus étroite d'aimer Dieu que pour ceux qui Vivaient avant la venue de JésUs-Chrtst. «Je me dois doublement k Dieu, dit saint Bernard, et pour m'avoir liiit, et pour m'aroir racheté : dans la création, il m « d0nné à moi-môme i dans la rédemption, il s'est donné à moi, et en se donnant k moi il m'& rendu à moi, Par cette raison, je me dûls deux fbis à lui. Que lui rendr&l-jeT Quand je pourrais me donner mille fbis. que serait-ce en comparaison de ce que Je lui dois? Que suis-je, en efltel, par rapport à Dieu ?> Saint Bernard prouve encore l'obll^dilloo d*aimer Dieu par la considération de 1 avantage qui nous en revient ; car, quoique le véritable amour n'agisse pas en vue de la récompense, il né laVs^e pas de la mériler. «L'amour véritable, dit-il, est content de lui-même ; il a une récompensé, c'est l'otyet ^imë. » II distingue quatre degrés d'amour : le premier, par lequel l'homme s'aime pour ii)l-môme{ le second, par lequel Thomme, sentant qu'il a besoin de Dieu, commence à l'aimer, mais toujours par rapport ^ l^iméme; le troisième, par lequel rnomme, frappé des perfections infimes de Dieu»

l'aime dé cet amour qu'on appelle chaste, parce qu'il est désintéressé; enfin le quatrième consiste & ne s'aimer soi-même que pour Dieu. « Heureux, dit saint Bernard, celui qui a mérité de parvenir à ce degré d'amour.» Mais il ne croit pas qu*ea celte vie on parvienne à la perfection de la charité; il pense que cet état n'est réservé au'aux bienheureux; encore n'en jouiront' s qu*après la résurrection. . . .

De la grâce et du libre arbitre. - Voici guelle fut l'occasion de ce traité ; ç>st «ini

a %iuujineje panais unjourenpuonuf ui*-". et que je me reconnaissais redevablajiO^^^' qui m'avait i)révenu dans le bien, au progrès que j'/ faisais et de J'espôrance ou\^' tais de le conduire à la perfection, uû aes assistants me dit i Que faites-yous Q^^^\^^

Îuelle récompense espérez-vousi fi* ^^** lieu qui fait tout. » Celut pour développer

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piCTlONNAIRE} DE PÂÏaOLOGIE.

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k pramlère répoos» qu'il arait doonée «ur~ ]»^)hamp à cette objection^ que sdnt Bernard entreprit Son traité de h Gràee et du libre arbiire. Il remarque que deux obosea sont nécesaairea pour 'faire le bien* riostmctioa et le secours; qu'il est besoin que Dieu, qui m'éclaire par ses tniaistres, me donne la force de faire ce qu'il m'apprend et oe qu'il me conseille, puisque, selon l'Apôtre, c'est lui qui donne le Vouloir et l'action. < Que l'on me demande, lyoute saint Bernard, oJt sont mes maîtres dans le bien, Je répondrai, avec le même apôtre : H noue a eauvée^ non à eauee deemu9ree de iuiticegue noue nuieione fniieêf maiê à cauie de $a mieérieorde. Et enc<)re : Le êatut ne dépend ni d9 celui qui veul, ni et celui qui eourif maie de Dleu^ qui fait mieéricordé^ ei eane lequel noue ne pouvone rien faire. »

1) remarque en second lieu que, « lorsque la grâce opère en nous le salut, le libre arbitre coopère en donnant son consentement, eu obéissant à Pieu, qui commande, en ajou'* tant fol à ses promesses, en lui rendant grâces de ses bienfiiits. » Pour mettre cette Térité dans un plus grand jour, il enseigne que le consentement est un acte de la volonté ; que la volonté est un mouvement raisonnable qui préside aux sens et à l'appétit ; qu'elle ne se meut jamais sans la raison, parce que la raison l'accompiigne et la suit, et qu'elle lui est donnée pour l'éclai-* rer, et non pour la détruire ; d*où il suit qu'elle Qimpose aucune nécessité à la volonté, puisque autrement elle la détruirait. En effet. la liborté est essentielle h la volonté ; ou il jr a nécessité, il n'y a point de volonté, et, jpar une suite nécessaire, où il 7 a nécessité, il n*y a poipt de liberté, çt con^ séquemment point de mérite. D'où vient que dans les etifants, dans les insensés, dans ceu( qui dorment» les actions sont sans mérite ni démérue, parce que, comme ils na sont pas maîtres de leur raison, ils n*ont pas non plus 1 usage de leur liberté, to libre amitre est appelé libre^ h cause de U volonté, et arbitref à cause de la raison. Il y a trois sortes de libertés : la liberté natu^ rt^lle, la liberté de la grftce, la liberté de U gloire. Nous avons reçu la première par la création • cette liberté nous exempte de U nécessite fia seconde par la régénération^ elle npus délivre du péché ; la troisième, qui ne nous sera accordée qu'avec la possession de la gloire éternelle, nous assurera la victoire suf la corruption et sur la mort, La liberté qui ej^^mpte de nécessité convient également ï Pieu et à toutes les créatures raisonoabl0s, «oit bannes, soit mauvaises. Elle ne se perd ni par U péché, ni par la misera ; ella se trouve au même de^re dans le juste et dans Timpie, dans 1 homme comme dans l'ange, aveo oette différence seule que dans les justes elle ^st plus rédée, G est le libre arbitre qui nous Tait vouloir, mais c'est la grâce qui nous fait vouloir le blMi«». Que nous appartenions à Oipu comme bons, que nous soyons au démon comme méchants, nous conservons toigours

notre liberté, qui détermine te mérite de nos actioos. Cependant, quoique nous nous rendiona esclaves au démon par notre vo« lonté, ee n'est pas par elle que nous nous aas^iettisson•à Dieu; e*est par sa grâoe» qui donne le vouloir parfait pour ooérer le bien.

Au reste» il ne faut pas croire que le libre arbitre consiste à pouvoiri également et avec la môme facilité, ss porter au bien et au mal ) autrement ni Dieui ni las angesi ni les saints, qui ne peuvent faire le mal, ne seraient pas libres, non plus que les démons, qui ne peuvent plus faibe le bien ; mais on doit plutôt l'appeler libre arbitre, parce que, soit que la volonté se porte au bien, soit qu'elle se porte au mal, elle le fait librement; l'homme ne pouvant être bon ou mauvais que par sa volonté. Saint Bernard fMt voir que ta grâce ne déroge en rien au libre arbitre, et qu'encore qu'ilsoit dit dans TBariture que Dieu nous attire à lui, il ne nous sauve pas pour cela malgré nous t il ne nous sauve qu'en nous Msant vouloir le bien, soit quil nous efliraie par ses mebaees, soit qu'il nou{t éprouve par les adversités. « Oelui^là. dit-^iK ne souhaitait^l pas d'être attiré, qui detbdndait avec tant d'ardeur dans les ean* tiques i AtUree-mei aprie vsui, <t /s eoutrai à Vedeurdt^69patpMnefik II Àiut, selon lui» dire la même chose de la coîieupiseebee. Elle ne nous eontraipt pas au mah La ten^ t'ation, quelque fortedu'elle aoit, ne violente pas notre volonté et ne noué eûlàve pas notre liberté. Il donne pour etemple la ten^ tatlon à laquelle succomba saint Fierté. Cet apôtre ^ima miaui mentir que mourir, et conserver la vie de son corps que la vie de son âme. Il aimait Jésus*4]hrist| mais il s'aimait encore plus lui-même, çt ($et atnour de préférence fut entièrement libre. Gomme il

S référa librement la vie de son corps k la vie 0 son âme. il ne renonça lésus^hrist que parce qu'il le voulut et par préférencïi. Or, ce qui est volontaire par preWr©nce est lU bre : si la volonté peut être contrainte, eê n*est que pâ^ etle-memé. 11 suit dé là ^^'à l^exception, du péché originel, tous les autres péchés sont l'etfet de la volonté, qui s'y porto $an$ contrainte de la part des objets ^^térlèurs. Mais le llhre arbitre, qui a dans ui-méme le principe de sâ damnation, n'a is celui de son salut, lies efforts pour le en sont vains, si la grâce ne les aide, et il n'en fait aucun, si la grâce nô rêlclte. Les mérites du salut sont donc l'eflfet de la miséricorde dd Dieu, qui a dlHse leâ dons qu'il nous fait en mérites et ^n récompenses : de sorte que tout est don de Dieu, nos mérites et les récompenses que Dieu nous accorde.

Il enseignô que nos bonnes œuvres sont

În même temps nos mérites et des dops de ^ieu : nos mérites, parca que c*e$t Touvrâge de notre libre arbitre ; des dons dft Dieu» parce que le consentement libro de notre propre volonté a été un effet de sa grâce. « Ce ne sont pas mes paroles, di^ sfinl Bernard, ce sont celles de l'Apotre qui attri- . bueut à Dieu, et non au libre arbitre, tout le

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bien qui peut être dans l'homme, c*est-Adire le penser, le vouloir et l'action. Dieu fait le premier sans nous, le second avec nous, et le troisième par nous. Comme nous ne pouvons pas nous prévenir nous-mêmes, il est hors ae doute que le commencement de notre salut vient de Dieu et non de nous, et qu'il ne se fait pas môme avec nous ; mais le consentement et l'action, quoiqu'ils ne soient*pas de nous, nese font pas néanmoins sans nous. • Saint Bernard s'explique clairement en disant ': « Dieu, en nous inspirant une bonne volonté, nous prévient et nous unit à lui par le consentement, et on nous donnant le pouvoir d'accomplir le bien que nous voulons, ce qu'il opère en nous se manifeste,au dehors par les œuvres. On doit Cuhç attribuer à la grâce toutes les œuvres du salut : c'est elle qui excite le libre arbitre, lorsqu'elle sème en nous de bonnes pensées ; qui le guérit, lorsqu'elle change son affection et sa volonté ; gui le fortifie, pour le conduire à Taccomplissement d'une action ; qui le conserve, de peur qu*il n'éprouve quelque affaiblissement dans le bien; mais ce que la grâce a commencé seule, s'accomplit par elle et par le libre arbitre. Leur opération est commune et non particulière ; ils agissent conjointement et non séparément. La grâce ne fait pas une partie de l'œuvre, et le libre arbitre l'autre ; ils opèrent ensemble par une opération indivisible. Le libre arbitre fait tout et la grâce fait tout; mais comme la grâce fait tout dans le libre arbitre, de même le libre arbitre fait tout par la grâce. » Après cette double explication de l'action de la pâce sur le libre arbitre, et de l'action du libre arbitre sous l'influence de la grâce, saint Bernard termine son traité par cette réflexion, qu'il n'a pu déplaire à ses lecteurs, puisqu'il n'a fait que suivre la doctrine de saint Paul.

Dom Mabillon, qui a édité cet ouvrage, dit qu'il renferme dans sa brièveté plus de substance et de doctrine solide que les plus grands volumes sur la môme matière. Le style en est vif et lumineux, les termes simples et appropriés au siqet;; le discours aisé, naturel, mais en môme temps nerveux et bien nourri, toujours clair, toujours élégant, marche à sa conclusion sans faiblesse, ni langueur. « L'auteur, en se débarrassant des expressions triviales de l'école, a trouvé le moyen de n'ôtre ni trop précis dans ses raisonnements, ni trop diffus dans ses conclusions. C'est comme un fleuve dont les eaux ont un cours égal, tranquille, majestueux,

8ui annonce l'abondance de leur seurce. » >n voit qu'il n'a puisé ce qu'il dit qu'en luimôme, ou plutôt qu'il l'a reçu de Dieu, qui Ib lui a communiqué dans la méditation con* tinuelle des saintes Ecritures, et particulièrement des Epttres de saint Paul.

Du Baptême, -— Le traité du Baptême^ qui n'est au'une lettre adressée à Hugues de Saint-Victor, a été écrit pour réfuter quelques opinions d'un anonyme qui avait avancé : 1* que le baptême de Jésus-Christ avait été d'o]i)ligation» deouis que Notre-Sei-

gneur avait dit à Nicodème : Out'eotifiie neir pas né de nouveau par Veau et par le'SaintjEsprit n'entrera point dans le royaume det deux : 3* que personne ne peut être sauvé sans recevoir actuellement le sacrement de baptôme, ou le martyre à sa place; 3* qae les patriarches de l'Ancien Testament ont eu une connaissance aussi claire de l'incarnation gueles chrétiens ; 4.' qu'il n'y a point de péché d'ignorance; 5* que saint Bernard s*est trompé en écrivant dans ses homélies

3ue les anges n'avaient pas connu le dessein e Dieu touchant l'incarnation.

Saint Bernard réfute chacun de ces sentiments par autant de réponses, dont voici les principales. Il dit qu'il y avait de la duretéà soutenir qu'une instruction, faite en secret à Nicodème, eût force de loi dans toutranivars. Une loi qui n'est pas publiée ne saurait faire de prévaricateurs. Il n'en est pas d'une loi positive comme de la loi naturelle, qui n'a pas besoin de promulgation, parce qu'elle est gravée dans le cœur ; mais la nature ni la raison n'enseignent nulle part qu'on ne

Euisse ôtre sauve sans baptôme. La loi du aptôme est donc une loi positive, une institution de Jésus-Christ, que les apôtres ont été chargés d'annoncer; maintenant qu'elle a été publiée jusqu'aux confins de la terre, le mépris de cette loi serait inexcusable, parce qu'on ne saurait prétexter l'ignorance. Saint Bernard enseigne ensuite qu avant Jésus-Christ il y avait pour le péché oriRinel d'autres remèdes que le baptôme : la loi et les sacrifices sauvaientîes adultes fidèles qui se trouvaient parmi les idolâtres ; la foi des parents sauvait les enfants, etles juifs étaient sauvés par la circoncision. Il renvoie l'anonyme à saint Ambroise et & saint Augustin qui, le premier dans son oraison funèbre de Valentinien, le second dans son iv* livre contre Donat, ont cru que celui qui désire sincèrement le baptôme en reçoit le fruit lorsqu'il se trouve dans l'impuissance de se faire baptiser réellement, et pensent que si le martyre supplée au baptôme, c'est moins à cause du supplice qu'à cause de la foi qui l'accompagne ; sans cette foi, il ne serait qu'un vain tourment. Pour ce qui est des enfants, comme leur âge les met hors d'état d'avoir la foi et de se convertir à Dieu, il n*est de salut pour eux que dans le baptême, parce qu'alors la foi d'autrui supplée a celle dont ils ne sont pas capables. Quanta laproposition de l'anonyme, qui n'admettait aucun péché 'd'ignorance, saint Bernard se contente de le mettre en contradiction avec luimôme. En lui rappelant qu'il avait avancé plus haut que le précepte du baptôme donne secrètement à Nicodème obligeait même ceux qui ne pouvaient en avoir eu connaissance, il en résulte, comme conséquence nécessaire, qu'il y a des péchés d'ignorance. « Et d'ailleurs, dit-il, David ne demande^t-u pas pardon à Dieu des péchés comn*is par ignorance î El la loi de Moïse n'ordonnet-elJe pas des satisfactions particulières poof

ces sortes de péchés ?» .

Contre les erreurs d'Abailard. — Abailaw

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