‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 65 sur 105 · ER · texte numérisé non relu

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DIcnONNAtRE 1)E PATROLOGIË.

la Uche que ta npus avais imposée ; nous sommes reveni:^ la joip ^aas le cœur, et chargés de no$ Irpphées pacifique^. ïWais presque oublié notre convention; mais tu te

res rappelée J'ai honte de ces sanglots

qui m'accusent de prévarication ; il suQit, tu as- repris ton bien, tu ^ réclamé ton serviteur. Ces pleurs marquent le terme de mes paroles; cest à toi, Seigneur, de marquer le terme et la mesure de nos larmes. » Cette oraison funèbre, ouverte par upe explosion involontaire de la douleur, et fermée brusquement par des sanglots, est le témoignage le plus irrécusable de la sensibilité de saint Bernard. Comme elle nous montrait son âme et son éloquence sous un jour nouveau, nous nous sommes attaché àlafaireponnaître dans son ensemble, ce qui ne nous empoche pas d'inviter nos lecteurs à la lire tout entière dans l'original. Elle forme le 26* sermon sur le Cantique des cantiques.

Nous ne résisterons point au plaisir de terminer cette étude, en continuant d'emprunter ^ M. Géruzez le jugement critique et raisonné qu'il porte sur saint Bernara et sur ses œuvres. Un professeur d'éloquence aussi distingué est plus capable et surtout plus compétent que bien d autres pour apprécier le mépte d'un aussi erand docteur. « Les passages que je viens de réunir,dit-il, à la Qn d une dissertation sur le môme si^et, suffisent pour donner une idée exacte du style et d!e l'éloquence de saint Bernard : Ils mettent en lumière ses grandes qualités, sans dissimuler ses défauts. Le rhéteur parait quelquefois à côté de l'orateur, mais il ne l'ellace pas, parce que )a vérité du sentiment, la grandeur des idées et la vigueur logique subsistent sous la recherche de l'expression. Pour le langage» saint Bernard suit l'école de saint Augustin plutôt que celle de Cicéron. Il chercne ses pffets nonseulement dans le contraste des idées, mais dans le rapport des sons qui redouble le choc des antithèses. Au reste, la forme antithétique e&t si naturelle à la pensée de saint fiernard, qu'elle semble spontanée. Il est certain qu'elle se produisait sans efforts; car la plupart des morceaux que j'ai cités ne sont pas moins remarquables par le luxe des ajitithèses et des metaf)hores que par le naturel du sentiment et e mouvement de la pensée. L'obscurité mystique dépare quelquefois les sermons d^ notre orateur, parce que, persuadé qu'il est

Îu'il n'y a pas dans les saintes Ecritures et ans la vie de Jésus-Christ un seul fait, un seul mot qui n'ait un sens symbolique et mystérieux, il sonde c.es profondeurs cachées, sans y porter toujours la lumière, au moins pour dès yeux profanes.

« Quoiqu'il en soit de ces défauts, si Ton rapproche la vie et les œuvres du saint docteur, on n'hésite pas à se rappeler l'antique définition de l'orateur. Sa parole est puissante, parce qu'elle est sincjère : il vise moins a se faire applaudir qu'à persuader et à touchor, et on pourrait lui appliquer ses propres paroles : Ilhus doctoris lilenter audio

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vocenif qui non sit^^ Dlaimun, $e4 mâM pimtt^m ^vtfo/. Toutefois il ét^t habite à eiciler les applaudissements cpoune les sanglots. Il savait aussi qu'il fallait joindre à Vautorité delà parole les exemples d'une ne irréprochable. .C'est encore lui qui nous le dit : Un pasteur qui ppssède la science êma pratiquer la verlu^ fait moin^ de bien par la fécondité de sa doctrine^ que de mal par la stérilité d^ sa vie. (.a critique doit signaler les taches qui se mêlent aux grandes qualités oratoires de saint Bernard; mais elle doit reconnaître qu'elles n'eu obscurdsseot [vis l'éclat. La puissance du génie ne prévient

f»as toujours les écarts du go&t, mais elle es fait oublier. »

Pour achever de faire coooattra saiot Bernard, nous rapprocnerons ici, sous un même coup d'œil, les paroles par lesquellesle savant professeur de la Sorbonne ouvre sa thèse, et celles qui lui servent de conclusion. Nos lecteurs seront heureux, nous l'espérons, de voir un homme aussi éminent, un critioue aussi judicieux, parler d'un Père de TEguse avec l'admiration d'un philosophe et la foi d'un chrétien . Voici les paroles de son exorde : «Archimède disait : bonnex-moi un point d*appui et un levier etie soulèverai le monde. Ce que le géomètre de Syracuse cherchait dans l'ordre physique, un simple religieui du moyen âge la trouvé dans Tordre moral. Saint Bernard a soulevé )e monde chrétien sans autre point d'appui que la foi catholique, sans autres leviers que l'éloquence et la vertu. jCes forces furent les ressorts de son autorité, autorité prodisieuse» car elle s'a{>puyait sur tout ce que les nommes dédaignent: ta pauvreté, la simplicité du cœur, le mépris des dignités du siècle. Nulle part ailleurs n'apparaissent plus clairement la vanité de l'appareil extérieur de la puissance, et la supériorité de la force morale dans le0:)UTernement des peuples. Saint Bernard fot, au xir siècle, le véritable souverain de la chrétienté. Réformateur des mœurs, arbitre des querelles politiques et religieuses, promoteur aes grandes entreprises du monde catholique, sa main se montre dans tous les événements, et sa pensée dans tous les eonseils. Je vais tâclier de faire comprendre comment s'éleva cette grande puissance, en dehors et au-dessus de la hiérarchie sociale et quels furent les caractères de cette parole dominatrice » Voici maintenant les réflexions par

lesquelles M. Géruzez conclut cette belle étude sur le dernier de nos saints Pores : PL Dans le cours de cette dissertation» jen^i pas essayé de déguiser radmiratioa que m'inspirent le caractère et le génie de sam Bernard. J'ai cédé, je l'avoue, à l'asceudanl qu'il exerça sur ses contemporaios ; mais je Ae l'ai pas fait aveuglément. L'étu4e assidue de sa vie et de ses œuvres m'a convaincu «e ses lumières et de son désintéressement; e( commejen'iai pas trouvé une iJ^cooséquence dans. ses doctrines, une spuilluce moraleaans ses actes, une taobe de sang dans sa v^ politique, je n'hésite pas à voir en lui y^Pr" sion la plus éleviéfl 4.u vépta^le esprit cbre-

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