‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 68 sur 105 · RS · texte numérisé non relu

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reury reponait par un rescril qui promettai l au saint pontife raccomplissement de ses vœux. A RufuSy aux évéques de Thessalie et de MaeMoine. — • Les évéques de Thessalie avaient obtenu de l'empereur Théodose quelques exemptions contre les privilèges de l'Eglise romaine. Leur but était de se soustraire à la juridiction uarticulière de Rome et de Thessalonique. Ils avaient trouvé moyen, en favorisant ses prétentions, d'intéresser à leur cause Atticus, évèque de Constantinople. Ils contestaient à Rufus l'autorité gue Rome lui donnait dans Tlllyrie, et parlaient d'assembler un concile à Corinthe pour examiner l'ordination de Périgène. Ce fut h cette occasion que le pape Boniface écrivit trois lettres, datées du 11 mars ^22. La première est adressée à Rufus, à qui il mande de tenir ferme contre les novateurs (jui cherchaient à s'attribuer une dignité qui ne leur était pas due. Il l'exhorte à soutenir de tout son pouvoir l'autorité du saint-siége, dont il est te représentant, sans se laisser abattre par les orages et les tempêtes d'une mer agitée. Il le charge ensuite d'examiner le différend entre Pérebius de Pharsale et ses confrères dans l'épiscopal, et de déclarer Maxime déposé du sacerdoce pour vice d'ofdinalion. — Dans la seconde lettre, adressée aux évéques de Thessalie, le pape les gourmande trèsfort de mépriser l'autorité de Rufus ; il l'appuie de tout son pouvoir et leur défend d'ordonner aucun évéque dans l'Illyrie sans sa participation, qoutant que si Rufus a commis quelque faute, ils pouvaient en faire leurs plaintes au saint-siége.— La troisième lettre est adressée à Rufus en particulier, et en général à tous les évéques qui devaient s'assembler à Corinthe pour examiner l'élection de Périçène. Boniiace la commence en disant que saint Pierre a reçu de Jésus-Christ le soin de l'Eglise universelle. 11 déclare ensuite que, l'affaire de Périgène ayant été consommée par le saint-siége après une mûre délibération, il n'était plus permis à ces évéques de l'examiner. Il se plaint fortement de l'évéque de Constantinople, qu'il accuse d'orgueil et d'usurpation. Il fait voir que, suivant les canons, l'Eglise de cette vibe n'est pas la seconde après l'Eglise romaine, mais que celles d'Alexandrie et d'Aotioche ont la prééminence sur elle. Néanmoins ces deux Eglises ont eu recours à l'Eglise romaine dans les grandes affaires, en particulier sôus l'épiscopat de saint Athanase et de Pierre d'Alexandrie, et sous celui de Mélèca et de Flavien, évéques d'Antioche. C'est pourquoi, ajoute-t'il, je vous défends de vous assembler pour remettre en question l'ordination de Périgène. Si, depuis qu'il a été établi évéque par notre autorité, on prétend qu'il ait commis quelque faute, notre frère Rufus en prendra connaissance et nous en fera le rapport. 11 confirme l'autorité

Sù'il lui avait donnée, et exhorte les évéques e l'Illyrie à lui obéir en tout, sous peine d'être séparés de la communion du saint-siége. On croit avec assez de vraisemblance que le pape 3oniface sollicita la constitution de

l'empereur Honorius, mentionnée dans une lettre que ce prince écrivit de Ravenneà Aurélius de Carthage, le 9 juin <^19. Elle porte que, pour réprimer 1 opiniâtreté de certains évéques qui soutiennent encore la doctrine de Pelage, il est enjoint à Aurélius de les avertir que ceux qui ne souscriront pas sa condamnation seront déposés de Té-

8 iscopat, chassés des villes et excommuniés, m lui attribue quelques décrets ; mais on n'en retrouve aucun vestige dans ses lettres, et l'opinion des critiques les mieux accrédités est qu'ils ne sont pas de lui.

BONIFACE II, Romain de naissance, fils de Siçisvult, de la race des Goths, fut élu pape dans le mois d'octobre 530, et succéda a Félix IV. Nommé par une partie du clergé, du sénat et du peuple assemblés dans la basilique de Constantin , il eut pour concurrent Dioscore, gue l'autre partie des électeurs

f)roclama aans la basilique de Jules ; mais a crainte d'un schisme s'évanouit au bout de quelques jours, par la mort de son compétiteur. Boniface, resté paisible possesseur du saint-siége, flt condamner Dioscore, et cependant reçut à la communion tous ceux de son parti. Ensuite il se laissa gouverner par le diacre Vigile, qui chercha à s'assurer d'avance l'avantage de lui succéder. Boniface assembla donc les évéques suffragants de Rome et tout son cierge, et les obligea par serment à lui donner Vigile pour successeur. Cet acte, contraire aux canons, ayant été rédigé et signé par toute l'assemblée, excita une réclamation universelle. La cour, le sénat et le peuple se récrièrent contre une innovation qui détruisait toute espèce de liberté dans les élections. Boniface, après avoir persisté quelque temps dans sa prétention, s'en désista enfin et détruisit luimême cette convention, extorquée à sa faiblesse et à sa simplicité. Il mourut le 8 novembre 532. On lui attribue plusieurs lettres, mais on ne possède en réalité que celle qu'il répondit à saint Césaire d'Arles.

Le saint docteur des Gaules avait écrit au pape Félix d'abord, et ensuite è Boniface II» pour les prier de confirmer par rautorilé du saint-siége la doctrine de la grâce prévenante, en déclarant que c'est elle qui nous inspire le commencement de la foi et de la bonne volonté. Ces deux lettres sont perdues. Boniface, dans sa réponse, dit que les Pères, surtout saint Augustin, et les papes ses prédécesseurs, ont prouvé avec tant d'étendue que la foi même est un don de Dieu qu'il n'est plus permis d'en douter, ni à lui de revenir sur la même matière; d'autant que Césaire avait démontré cette vérité par plusieurs passages de l'Ecriture rapportés dans sa lettre. En effet, il y avait marqué que les évéques des Gaules, assemblés en concile à Orange, étaient convenus unanimement que la u)i par laquelle nous crojons en Jésus-Christ est conférée par la grâce prévenante de Dieu; et que sans le secours de cette grâce nous ne pouvons rien fàir^ de bon selon Dieu, ni le vouloir, ni le commencer. Le Sauveur n'a-t-il pas dit : Sine nH

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nil potestis facere? Il est donc certain et catholique, ajoute Boniface, que dans tous les biens s()irituels dont la foi est le principe, la miséricorde deDieu nous prévient lorsque nous ne voulons pas, afin do nous aidera vouloir; qu^elle est cu| nous lorsque nous voulons, afin de nous aider à persévérer dans cette volonté. Il prouve cette doctrine par divers passages de FËcriture, et dit qu'il ne peut assez s'étonner qu'il v ait encore des personnes qui pensent le contraire, et qui, infectées d'une ancienne erreur, attribuent à la nature ce qui est un bienfait de la grâce de Jésus-Christ, l'auteur et le consommateur de notre foi. — On retrouve cette lettre dans les Epist. Rom. pontificum de dom Constant.

BONIFACE III, né Romain, fils de Jean Candiote, fut élu pape le t5 février 606, près d'un an après la mort de Sabinien. Il avait été nonce à Constantinople du temps de Phocas. A son avènement, il obtint de cet empereur la conservation de la primauté de son Eglise, contre les prétentions des patriarches de Constantinople. Il ne nous reste de lui aucun écrit, mais nous avons un précis des Actes du concile qu'il assembla à Rome, et dans lequel il fut défendu, sous peine d'anathème, de parler d'un successeur du vivant du pape, ou de quelque autre évoque ; seulement, trois jours après ses funérailles, on devait s'assembler pour procéder à une nouvelle élection. Boniiacelll mourut le 12 novembre 606, huit mois et vingt-trois jours après son intronisation.

BONIFACE IV, fils d'un médecin nommé Jean, naquit à Valérie, au pays des Marses, fut élu pape le 8 septembre 607, après la mort de Boniface III et plus de dix mois de vacance du saint-siége. Il obtint de l'empereur Phocas le Panthéon qu'Agrippa avait fait élever, dit-on, en l'honneur de tous les dieux, et le consacra à tous les martyrs et à la Vierge, sous le nom de Sainte-Marie de la Rotonde. Ce fut à lui que saint Colomban s'adressa pour obtenir la permission de suivre la tradition des anciens, particulièrement dans la célébration de la fêle de Pâques. 11 lui écrivit encore sur l'affaire des trois cha^ pitres: mais la réponse de ce pape n'est pas arrivée jusqu'à nous. Mellit, évéque de Londres, alla à Rome pour traiter avec lui des affaires d'Angleterre. Le pape lui donna une place parmi les évêaues d'Italie, dans un concile qu'il tint et où l'on régla plusieurs choses qui concernaient la vie et le repas des moines. A son retour en Angleterre, Boniface lui remit un exemplaire des Actes du concile, avec une lettre pour le roi Elhelbert, dans laquelle, après avoir loué ce monarque de son zèle pour la foi, il l'autorise à introduire les réformes qu'il avait demandées, dans le monastère que le saint apôtre Au-

Sustin avait fondé à Cantorbéry, sous le nom e Saint-Sauveur, et dont le bienheureux Laurent était alors abbé. Boniface mourut en 614, après six ans et huit mois dr^ pontificat. Il avait fait de sa maison un monastère, et lui avait légué de grands biens. L'Eglise

honore sa mémoire le 25 de mai, jour auquel il fut inhumé à Saint-Pierre.

BONIFACE V, successeur de. Deusdedit, fut ordonné le 29 décembre de l'année 617. Il était originaire de Naples. Pendant son pontificat, qui fut de sept années et quelques mois, il écrivit trois lettres sur la conversion des Anglais. La première est adressée à Juste, qui d'évéque de Raffe ou Rochester, était devenu archevêque de Cantorbéry. C'est une réponse à la lettre qu'il en avait reçue. Il le félicite du succès de ses travaux apostoliques, l'exhorte à les continuer, en l'assurant que Dieu lui en donnerait la recompense. Il lui déclare ensuite qu'il lui envoyait le pallium^ avec pouvoir de s'en servir dans la célébration des saints mystères, et d'ordonner des évoques pour mciliter la propagation de l'Evangile parmi les nations qui n'étaient pas encore converties. — La seconde est adressée à Edwin, roi de Northumbrie : voici à quelle occasion. Ce prince avait fait demander en mariage Edelburge, sœur d'Elelbalde, roi de Kant; on lui fit ré-

Eonse qu'il n'était pas permis de donner une lie chrétienne à un païen. Edwin offrit à Edelburçe et àtousceuxdesa suite, mèmeaux prêtres, liberté entière de leur religion, avec l'engagement de se faire chrétien, si, après l'avoir fait examiner par des gens sages, il lui était démontré que cette religion est la plus sainte et la plus digne de Dieu. Sur cette réponse, on lui donna Edelburge en mariage. Le pape, informé des bonnes dis-

{ positions de ce monarque, lui écrivit pour 'exhorter à embrasser la foi, par la considération de la grandeur du vrai Dieu, créateur du ciel et de la terre, de qui, comme tous les autres princes du monde, il avait reçu l'autorité royale. A l'exemple d'Etelbalde son voisin et de sa femme Edelburge, il lui fait sentir toute la vanité des idoles et de leur culte et le presse de se faire régénérer dans les eaux du baptême, afin de jouir un jour de la gloire que Dieu réserve a ceux qui auront embrassé sa foi. La troisième lettre est à Edelburge. Boniface conjure cette princesse d'user de tout son pouvoir pour gagner à Dieu le roi son époux. 11 la félicite en même temps de sa conversion, qu'il avait apprise par les mêmes personnes qui lui avaient annoncé celle du roi Etelbalde son frère. Le pape avait joint à ces lettres des présents pour le roi et la reine de Northumbrie ; au roi, il envoyait une chemise ornée d'or et un manteau ; k la reine, un miroir d'argent avec un peigne d'ivoire garni d'or. Edwin, instruit et convaincu de la vérité par l'évêque Paulin, qui avait suivi Edelburge à la cour, renonça à l'idolAtrie, brisa ses idoles, et reçut le baptême, en 627, qui était la onzième année de son rèçne. Le pieux pape Boniface n'eut pas la joie d'apprendre une nouvelle qui eût été si agréable pour son cœur. Il était mort deux ans auparavant, le 2j octobre 625.

BONÏFAtE (saint), archevêque deMayence.

— Boniface, apôtre de la Germanie, mérite d'être mieux connu qu'il ne l'est par ie$

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biographies religienses « puisqu'il rendit toute l'Allemagne chrétienne et qu'elle lui dort sa première civilisation. Nô en Angleterre dans le Deronshire vers l'an 680, il avait reçu au baptême le nom de Winfrid, qu'iJ quitta par la suite. Après avoir passé treize ans dans le monastère d'Exeter, il entra dans celui de Nutcell , où il (>rofessa la rhétorique, l'histoire et la théologie. A l'âge de trente ans, il fut élevé an sacerdoce ; il jouissait déjà de l'estime et de la confiance de Iritbwafd, archevêque de Cantorbéry, et des évêques de la province, qui ne délibéraient dans leurs synodes qu'après avoir demandé son avis. A cette époque, une grande Eartte de TBiirope était encore idolâtre. .'Angleterre donna pour af)Atre à l'Allema- Î^ne saint Boniface, à la Suède saint Siseride, à la Prise saint Swidvert. Ce fut I an 715 que Bonîface conçut le projet d'aller annoncer la foi aux Frisons ; mais la guerre

aui s'était élevée eitre Chartes Martel et ladbod, roi de la Frise, apportait de grands obstacles à cette mission ; cependant Bonifiice était déjà arrivé à Dtreclit, capitale du royaume, lorsque Radbod lui refusa de commencer les travaux de son apostolat; le saint reprit la route de la Grande-Bretagne, et rentra dans son monastère, dont il lut élu abbé •près la mort de Winbert ; mais, se croyant appelé ft la conversion des intidèles, il obtint qu un autre fût nommé à sa place, et vers 1 année 718, il se rendit à Rome, où il exposa son dessein h Gré.^oire II, qii occupait alors le saint-siége. Le(>ape, Tenvisageanta'un air serein, lui demanda s'il avait des lettres de son évèque. Boniface tira de dessous son manteau une lettre cachetée pour le pape, et une autre ouverte, qui était une recommandation générale à tous les chrétiens suivant la coutuma. Elles étaient Tune et l'autre de Daniel, évoque de Winchester. Grégoire, les ayant lues, retint quelque temps Boniface pour conférer avec lui, et lui donna ensuite plein pouvoir d'annoncer l'Evangile aux peuples cle la Germanie. Boniface commença ses fonctions apostoliques dans la Thuringe et dans la Bavière. Charles-Martel étant devenu maître de la Frise par la mort de Radbod, Boniface passa trois ans dans celte contrée, et y convertit un çrand nombre d'idolâtres. Il parcourut ensuite la Hes!^ et la Saie, baptisant leurs habitants, et consacrant des églises dans les temples, des faut dieux. Grégoire 11 l'appela à Rome en 723 ; il le sacra évèque, lui donna on recueil de canons qui devaient lui servir de règle, et le recommanda par des let res particulières à Charles-Martel, aux princes et aux évêques qui pouvaient le servir dans les travaux de son apostolat. Son ordination •e fit le 30 novembre, jour de saint André. Boniface y pr4ia serment de garder la pureté rte la foi et Tunilé de l'Eglise, et de concoulîr en tout avec le pape à propager son empire et à n'avoir aucune communication avec les évoques qui n'obsLTveraient pas les canons. Il é<;rivit c î serment de sa projBre maïUi et^ le déposa sur le tombeau de

saint Pierre. Wîllibald, son disciple et son historien, ditque ce fut en cette occasion aue le pape changea son nom de Wiufrid en cAui de Boniface. De retour dans la Hesse, il j fonda des églises et des monastères , il fit venir de la Grande-Bretagne dos colonies de

fjfétres, de moines et de religieuses, dont es noms, pour la plupart, se trouvent inscrits dans les martyrologes et les calendriers. Tous ces collaborateurs du saint apôlre furent répartis par lui dans la Thuringp, la Saxe et la Bavière. En 731, avant appris lordination de Grégoire Ilf, il fui écrivit, pour lui demander sa communion et son amitié. Grégoire III lui répondit en lui eavovani le pallium et en rétablissant archevêque et primat de toute TAIIemagne» avec pleins

1>ouvoirs d'ériger des évôcués dans tous les ieux où il les jugerait utiles. En 738, Boniface fit un troisième voyage à Rome. Le pape le nomma légat du saint-siége en Allemagne. Il n'y avait pour toute la Bavière que révêché de Passau. Boniface érigea dans ce duché les sièges de Fresingen et de Ratisbonne ; il érigea ensuite Tévéché d'Erfurl pour la Thuringe ; celui de Barabourg, trans féré depuis k Panderborn, pour la Hesse; celui de Wurtzbourg, pour la Franconie; et celui d'Eichstedt, dans le Palatinat de Bavière. En 739, il rétablit le siège de Juvayia ou Saltzbourg, érisé, dans les premières années du même siècle, par saint Rupert. Grégoire III et Zacharie, son successeur, confirmèrent tout ce que Boniface avait fiait pour l'Eglise d'Allemagne. Charles Martel étant mort en 7i^i, Cartoa>dn, son Gis, lui succéda daus la mairie d'Austrasie; et vainqueur des ducs de Bavière et de Saie, il seconda le zèle de Boniface pour la proi)agation de la foi. Ce fut même par les conseils du saint, que» dégoûté du monde, ce prince reçut Thab t religieux, à Rome, des mains du p.ipe Zacharie, et qu'il fonda sur le mont Soracte un monastère où il passa plusieurs années. Pépin, frère de Carloman, ayant été élu roi de France en 752, voulut être sacré par l'évoque le plus célèbre de ses Etats : il choisit Boniface. On croit que ce prélat n'avait point approuvé le change ment de dynastie, la réclusion de Childerie III dans le monastère de Saint-Bertin, et celle de Thierry, fils du dernier roi mérovingien, dans l'abbaye de Fontenelle ea Normandie ; mais il se rendit, avec tous les ordres de TEtat, à cette décision du pape Zacharie, «c qu'il valait mieux reconnaîtra pour roi celui en qui résidait Tautorilé suprême : » Melius esse illum vocari regtm, apud quem summa poteslas consistersU Budiface sacra Pépin le Bref à Soissoos. H présida ensuite au synode qui fut assemblé dans cette ville. Quoiqu'il lût depuis longtemps évèque, il n'avait point, encore de siège fixe» Pépin le nomma à l'évôché de Mayence, et le pape Zacharie, érigeanl ce sié^e en métropole, lui soumit les évèchés de Cologne, de Tongres, d'Otrecht, deCoire et do Const.iiice ; les évêchés de Strasbourg, de Spire, de Worms qui relevaient précé-

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demmenl da siège de Trêves et de tous les évéchés que Tapôlre d'Allemagne avait institués. Boriif^ce tint au moins huit conciles dai^s la ThuriDge, la Bavière, l'Austrasie et la Neustne. Il est appelé lé^^at de saint Pierre et du saint-siége dans le premier concile qu'il assembla en Allemagne. 0^ voit, p<ar Tes actes des conciles de Le[>tmes et de So ssons, que les pouvoirs attachés à sa dignité de léiçat 8*élaient aussi été dus en France. Ko 7^6, il fonda, dans le cercle du Haai-Rhin, Fabbave de Fulde, qui a produit tant d*hoaimes célèbres, et dont Tabbé fut déclaré, en 968, primat de tous les abbés d*Allemaglle. Boniface avait df'*jà fondé fAihsieurs abbaves, à FHdislar, à Hamelbourg, h Ofdorf, et il fiiut le remarquer, parce que dans ces lemns-4à la eonsiructton d'un monastère était le commencement d'un bourg ou du ne ville. Boniface fit venir d'Angleterre les ouvrages de Bède, qu'il appelait la Ittmpe éé rEglisif les Epttres de saint Pierre écrites en lettres d'or, et plusieurs autres livres. En 75^, il choisit pour son successeur, avec la permission du |)ape Zacharie et du roi Pépin, saint Lullcqaiavaitétémoinede Mal^sbary ; c'était un de ses nombreux disciples, presque tous venus de la Grande-Bretagne. H le sacra archevêque de Maycnce. Libre désormais des soins de l'épiscopat, il reprit ses courses apostoliques pour la conversion des infidèles, il prêchait l'Evangile •ox peuples barbares qui habitaient les contrées les plus reculées de la Fr.se. Il avait lait dresser des tentes auprès de Dockum, à sii lieues de Levvarden ; il devait adminis* trer,eii pleinecampagne, la confirmation aux néophytes, dont le nombre était trop grand pour tenir dans une église. Des barbares •riBés fondirent, la veille de la Pentecôte, sur ce camp de chrétiens paisibles, et mas« sacrèrent Boniface, le 5 juin 755. Avec lui périrent Eabon, évèque, trois prêtres, trois diacres , quatre moines et quarante-huit laïc|iieSéBoniface était&gé d'environ soixantequinze ans. Son corps fut transféré successivement à Utrecht, k Mayence et à Fulde. On conserve dans cette abbaye une copie des Evangiles écrite de sa main, et un autre volume teint du sang de ce martyr. — On a de saint Boniface un recueil de Lettres^ publié parSerrarius, en 1605; un recueil de Conons reproduit par dom Luc d'Ach«^ry, au tome iX de son SpicUége^ et le fragment d'uD écrit 9mr la péUtente,

Lettres. — Le recueil de ses lettres en contient cent cinquante-deux ; mais il n'y en a qiietrenteH)eMf qui soient de lui; les autres lui ont été adre^^sées par des papes , des évéques, des princes, etc.. Nous en mentioonerofis quelques-unes pour en donner une idée.

A Demiei. — - Dans sa lettre k Daniel, év6-

£ie de Vinchester, il parle flu serment que nap*^ Grégoire 11 lui avait fait prètf»r,h son tMination, de ne jamais communiquer avec les évéques qui n'ôbser? aient pas les canons. Forcé, dit-il, do chercher une protection à la cour de France, noos iie pouvons éviter

avec ces gens-là la communication corporelle que les canons nous interdisent ; seulement nous ne communions pas avec eux dans la célébration des mystères. Sans la protection du prince français, il ne peut ni gouverner les peuples, ni défendre tes prêtres, les moines et les servantes de Dieu, ni empècbîT les cérémonies païennes et TidolStrie en Allemagne. Néanmoins, comme il craignait qu'il n'y eût du péché, il priait Daniel de lui donner son avis sur cette communication.

Aux évéquei d^ Angleterre. —^ Sa lettre à tous les éfèques, prêtres, diacres, chanoines, aiibt'S et abbesses, et à tous les catholiques anglais, a pour but de les engager à prier Dieu, qui veut le salut de tous les hommes, de répandre sa bénédiction sur ses travaux apostoli(]ues. Il maroue en même temps que sa mission avait dej^ été autorisée par le consentement de deux papes, Grégoire 11 et Grégoire 111, d'où il est aisé de conclure que celte lettre fut écrite après l'an 731. —Dans une première lettre adressée à Elbert, archevêque d'York, il se aualifie légat en Allemagne de la part du siège apostoliaue. Il rend grftees à ce prélat des livres qu il lui avait envoyés, et comme il savait que les lettres du pape saint Grégoire étaient peu connues en Angleterre, il lui en adresse un exem-

fdaire qu'il avait reçu du trésor de Rome. Il ui demande quelques-uns des ouvrages du vénérable Bède, dont la réputation était

f>Assée jusqu'en Allemagne. — Il renouvelle a même demande dans une seconde lettre, où il le prie en même temps de lui faire passer une cloche, et derece? oir en échange de petits lits de poil de chèvre.

A Pételme et à Nothelme. — Les évéques de France et d'Italie faisaient un crime a un homme d'épouser, étant veuve, la mère d'un enfant qu'il aurait tenu sur les Ibnts de baptême. Saint Boniface, n*osanl trancher celte difficulté, pria l'évêque Pételme de loi dire là-dessus son sentiment, et de lui marquer s'il en avait trouvé la solution dans les auteurs ecclésiastiques, avouant que, pour loi, il ne se souvenait pas d'avoir rien lu de semblable dans les cmons, et au'il ne s'ex-

eiquait pas oomment une allianee spirilelle pouvait constituer un empêchement au mariage, puisque p^r le baptême nous sommes tous enfiints del*Eglise, et par conséquent frères et soeurs. -*- Il adressa la même question h Karchevêque Nothelme, en le priant de lui marquer en quelle année de l'incarnallon les missionnaires envovés par saint Grégoire commencèrent h prêcher PEvangile aux Anglais, et de lui envoyer les questions proposées par saint Auçustin à saint Grégoire, avec les réponses au saint pontife.

A Ethelbade. — Sa lettre au roi des Mercl ens commence par un éfoge et finit par une réprimande vraiment apostolique. H loue d'abord ce prince de sa libéralité envers les

I)auvres, de sa vigueur è réprimer les yioences, et de son attention à maintenir la justice et la paii dans ses Etals. Bosttite il

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le reprend avec une sainte liberté d'avoir .dédaigné le mariage et de s'abandonner à la débauche jusqu'à violer des vierges consacrées à Dieu. 11 lui fait voir par plusieurs Sassagesde l'Ecriture au e l'incontinence est u nombre des péchés qui excluent du royaume des cieux ; et afin de lui faire comprendre combien l'adultère et la débauche étaient en horreur même chez les païens , il décrit le supplice dont les anciens Saxons les punissaient. « Si uneûlle, dit-il, a déshonoré la maison de son père , si une femme a manqué de fidélité à son mari, quelquefois ils la contraignent à se pendre ellemême, et, après l'avoir brûlée, ils pendent sur le bûcher celui qui l'a corrompue ; quelquefois ils assemblent une troupe de femmes qui la promènent par les villes, et, après avoir coupé ses vêtements, la déchirent à coups de louets, et la morcèlent à coups de couteaux jusqu'à ce que la mort vienne la délivrer.» Il fait sentir à ce prince de quelle fâcheuse conséquence son exemple était pour ses sujets, et lui représente que partout en France et en Italie, les Anglais étaient décriés pour leur débauche.

A Ècbert. — Un des prêtres que saint Boniface employait dans sa mission tomba dans un péché d'impureté et en fit pénitence. Cela ne suffisait pas pour tranquilliser le saint évêque, et dans le doute s'il devait lui laisser continuer les fonctions de son ministère, il consulta Ecbert, archevêque d'York, en lui demandant si c'est un moindre mal de permettre à ce prêtre l'exercice de ses fonctions, n'en ayant point pour le remplacer, que de laisser périr une multitude de païens faute de ministres. £n dégradant un prêtre coupable et en le rétablissant après sa pénitence, il craignait que sa faute ne devînt publique et ne fût un sujet de scandale au peuple et de mépris pour le sacerdoce, qui était en honneur parmi ces nations.

A l'abbé Fulrade. — Après avoir choisi Lulle pour son successeur, il écrivit à Fuirade, abbé de Saint-Denis, en le priant de faire agréer ce choix au roi Pépin. Vous m'avez témoigné de l'amitié dans tous mes besoins; achevez, lui dit-il, ce que vous avez si bien commencé, et rapportez au roi

Su'il y a toute apparence que mes infirmités evant bientôt terminer ma vie, je le conjure de me faire savoir dès à présent quelle grâce il veut faire à mes disciples après ma mori. Ils sont presque tous étrangers ; les uns prêtres, répandus en divers lieux pour le service de l'Eglise ; les autres moines établis dans notre petit monastère, où ils prennent soin de 1 éducation des enfants. Il demande peureux la protection de Fulrade. Ces prêtres, établis surla frontière des païens, menaient une vie très-pauvre ; ils pouvaient gagner leur nourriture, mais non le vêtement, s'ils n'étaient secourus d'ailleurs. L'autre grâce qu'il demande à Fulrade était de faire établir LuUe pour le service des églises, afin qu'il fût le docteur des prêtres, des moines et des peuples. Le roi Pépin

donna son consentement > et Lulle fut ordonné archevêque de Mayence.

Au pape Etienne, — Sous le pontificat de Sergius, un prêtre d'une abstinence merveilleuse et d'une srande sainteté , Saxon d'origine et nommé Villibrode, étant venu à Rome, ce pape l'ordonna évêque et l'en* voya prêcher l'Evangile aux païens qui habitaient la Frise. Il en convertit un grand nombre pendant cinquante ans qu'il demeura dans cette province, ruina les temples des idoles, bâtit des églises, et une entre autres qu'il dédia au Saint-Sauveur, et dont il fit son siège épiscopal dans la ville d'Utrecht. Il mourut en paix, après avoir substitué un évêque à sa place. Carloman, roi des Français, recommanda cette Eglise à saint Boniface, qui y consacra un évêque. Quelque temps après, sous le prétexte que cette ville était de sa dépendance, Tévèque de Cologne voulut s'attribuer Utrecht et en supprimer le siège épiscopal. Saint Boniface s'y opposa, et en écrivit au pape Etienne pour savoir ce gu'il pensait sur cette difficulté. U le priait aussi de faire copier dans les archives de l'Eglise de Rome tout ce aue le pape Sereins avait écrit, à ce sujet, à lévêque Villebrode.

A Cutbert. — En répondant aux lettres de Cutberl, archevêque ae Cantorbéry, Boniface lui fait part du concile qu'il avait tenu en 742, et des règlements qui y avaient étéaiy rêtés, mais il ne les rapporte que sommairement. Il dit ensuite beaucoup de choses sur les devoirs des pasteurs, et exhorte Cutbert à s'acquitter fidèlement de ceux que lui im-

f^ose son caractère de pontife. Combattons, ui dit-il, pour le Seigneur, dans ces jours d'afQiction et d'amertume. Mourons, si Dieu le veut, pour les saintes lois de nos pères» afin d'arriver avec eux à Théritage éternel. Ne soyons pas des chiens muets, des sentinelles endormies^ ou des mercenaires qui fuient à la vue du loup ; soyons des pasteurs soigneux , vigilants, prêchant aux grands et aux petits, aux riches et aux pauvres, à tout âge et à toute condition, autant que Dieu nous en donnera le pouvoir, à temps et à contretemps, à propos et hors de propos, comme il est dit aux livres saints, et comme le répète le Pastoral de saint Grégoire. Une dissimule pas à Cutbert que l'honnêteté et la pudeur de l'Eglise d'Angleterre étaient décriées en Allemagne, et qu'on ne pourrait J remédier qu'en employant l'autorité rovale et celle d'un concile, pour défendre aux femmes etaux religieuseslesvoyagesàRome,a«i n'étaient qu'un prétexte pour couvrir le libertinage.

Canons, — Parmi les pièces anciennes <pu composent le tome IX* du SpiciU^eiedm Luc d'Achéry, se trouve un recueil dÇ^*' nons qui portent le nom de saint Boniface. Ce n'est, à proprement parler, qu'un eiinn des anciens conciles, ou l'auteur s'est attaché à transcrire uniquement ce qui regarde la conduite des évêqueset des prêtres a^ns le gouvernement de l'Eglise et radmimslfation des sacremetrts. Ce recueil est <li^^^^ ^''

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DICTIONNAIRE DE PÂTROLOGiE.

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trente-six articles, dont voici les plus remarquables. — Les prêtres n'iront jamais en voyage, sans porter avec eux le saint chrême, rhuile bénite et reucharistie» afin que , le cas échéant, ils soient toujours prêts à donner les secours de leur ministère à ceux qui en auraient besoin. Défense à an prêtre de céVbrer la messe sur un autel où Tévêgue f aura dite le même jour. On doit baptiser sans scrupule ceux dont le baptême paraît douteux ; mais alors, on se sert de cette formule : Si tu n*es pas baptisé, je te baptise au nom du Père, etc. Le prêtre, après avoir re<;u la confession des pénitents, doit les réconcilier chacun par la prière ; mais s'ils sont en danger de mort, il doit les réconcilier sans délai, et leur donner la communion. Les prêtres auront soin , les jours de dimanches, d'annoncer les fêtes que le peuple doit chômer. Nous remarquons que pour les fêtes de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, il spécifie les trois jours comme fêtes d'obligation. — Ce recueil de Canons se trouve aussi dans l'appendice des conciles du Père Labbe, qui ne donne pas d'autre preuve qu'il soit de saint Boniface, aue l'autorité du manuscrit d'où il a été tiré.

Hofnélies. — C'est encore sur l'autorité seule des manuscrits, que l'on nous a donné quinze homélies sous le nom de saint Boniface. Pourtant ce qui peut contribuer à l'en faire reconnaître pour l'auteur, c'est un style grave et simple, et qui révèle partout un homme vraiment apostolique, et fortement appliqué à confirmer dans les bonnes mœurs ceux à qui il avait enseigné les principes de la foi.

Dans la première, gui est intitulée : De la vraie foi^ saint Boniface pose pour fondements que sans elle personne ne peut parvenir à la béatitude, parce qu'elle est le commencement du salut. Ensuite il propose tous les articles de la foi catholioue, tels que nous les récitons dans le Symbole, en faisant remarquer, dans celui qui regarde le Saint-Esprit, qu'il procède du Père et du Fils. — Il traite, dans la seconde, de l'origine de la nature humaine, et donne de suite l'histoire des deux premiers êtres, des biens qu'ils avaient à espérer dans le paradis terrestre, de leur désonéissance, des suites de leur péché, qu'ils ont communiquées à tous leurs descendants, de l'incarnation du Fils de Dieu, pour la rédemption des hommes, de sa naissance dans Ta ville de Bethléem; il parait que cette homélie fut prêchée le jour de Noël. La troisième est intitulé : De la double pratique de la justice, que le saint fait consister à éviter le mal, sur guoi il entre dans le détail de tous les péchés ; et à faire le bien, c'est-à-dire à accomplir les comniandements de Dieu. Il explique dans la quatrième les huit béatitudes evangéliques rapportées par saint Matthieu. La cinquième traite de la foi et des œuvres de chanté. La foi étant morte sans les œuvres, il est nécessaire d'aimer de cœur celui qu'on a confessé de bouche, ce qui ne se peut faire que par l'accomplissement dd ses commandements.

La sixième traite des péchés capitaui, et des principaux commandements. A la tête des péchéscapitauxil metleculte desidoles, qui renferme tous les sacrifices profanes, soit q u'on les offrit aux idoles mêmes, soit surdes fontaines, ou au pied des arbres dans les forêts. Dans la septième , (]ui a pour tilre : De la foi et de ta charité y saint Boniface dit que celui-là est bienheureux qui , en croyant ce qu'il faut croire, vit comme il faut vivre, et qui, en vivant bien , conserve une foi pure et entière ; la foi est la première vertu qui assujettit l'ftme à Dieu ; la charité, qui ne vient qu'ensuite, est cependant la principale, car sans elle rien ne peut plaire à Dieu. Il enseigne dans la huitième de auelle manière on doit vivre ici-bas et quelle sera la vie du siècle futur. Il dit dans la neuvième que, quoiqu'il n'y ait dans l'Eglise qu'une seule foi qui puisse opérer tout dans la charité, cependant chaque état a ses obligations particulières. Il est du devoir des évêques de défendre le mal, de consoler les faibles et de corriger les impudents ; du devoir des peuples d'honorer les rois et de les craindre, parce qu'il n'est point de puissance qui ne vienne de Dieu ; du devoir des juges de protéger les veuves et les orphelins, et de ne se laisser jamais corrompre par des présents ; du devoir des riches de donner leurs biens à ceux qui en ont besoin, et de ne jamais usur-

Ser l'héritage des pauvres. En un mot , saint oniface parcourt tous les états, et marque les obligations de chacun. « La dixième est intitulée : De Vincamation du Filé de Dieu et de la rédemption du genre humain. Le saint apôtre y montre comment l'homme, créé à 1 image de Dieu, est déchu de la félicité de son premier état par le péché , et ce qu'il en a coûté à Jésus-Christ pour le délivrer des supplices éternels. Il parle dans la onzième des deux règnes établis de Dieu, l'un en ce monde et l'autre dans le siècle futur. Pour régner dans l'un, il faut avoir vécu chrétiennement dans l'autre. La douzième est une exhortation au jeûne du carême, et la treizième également. Ce Père veut que, pour rendre le jeûne parfait, l'âme s^applique aux œuvres de vertu, tandis gue le corps se prive des aliments nécessaires à la satisfaction de ses besoins. La quatorzième est sur la solennité de PAques. Esclaves de la mort par le péché, Jésus-Christ nous a délivrés par l'effusion de son sang ; et sa résurrection est un gage assuré de notre propre résurrection. Enfin il explique dans la quinzième quelles sont les œuvres du diable et les pompes auxquelles nous renonçons dans le baptême. Il met de ce nombre l'idolâtrie, l'homicide, la calomnie, les enchantements, les sortilèges, et en général toutes les superstitions.

Surlanénxtence. — On trouve dans le tome VU des donciles le fragment d'un écrit sur la manière d'abréger la longueur des pénitences que les anciens canons prescrivaient pour l'expiation de certains péchés. Il porte le nom de saint Boniface, archevêque, sans dirQ qu'il le fût de^Mayence.

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DIGTI0NNÂIR£ DE PATROLOGŒ.

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Ecrits perdus, — Strabon rtipporte que saini Booiface, consulté 6*11 était permis de célébrer hé saints mystères dans des vases de bois, répondit : « Quand Jes évèques étaieol d*or» ils se servaient de calices de bois ; aujourd'hui que les évèques sont de bois, ils se servent de calices d'or» » Cette phrase* répétée à une époaue loéraorable de notre bi^toire, a comoience la fortune parlementaire d*un homme. Â quoi tiennent les réputations I Le oajpe Zacharie cite de lui un traité de runxlé de ta foi catholique^ adressé à tous les évèques, à tous les prêtres et à tous les Qdèles. Il est vraisemblable que le saint apôtre avait composé cet ouvrage pour détromper ceux qui avaient suivi le parti d'Adalbert et de Clément, menacés l*un et Tauire, par le pape Zacliarie, d*ètre déposés du sacerdoce avec anathème, s*ils persistaient dans leurs erreurs ; ou pour réfuter Samson, que le même pa()e condamna à Rome parce qu'il soutenait que par la seule imposition des main^ on pouvait devenir chrétien sans baptême. Ce qui fait pencher pour ce sentiment, c'est que Zacharie, après avoir parlé dans sa lettre à Boniface de ce Samson,

3ui était un prêtre écossais, et fyiiX avait cru evoir condanmer, sjjoute aussitôt qu'il avait reçu Le volume de VLniii^ dont nous parlons.

Le style de saint Bonilace n'est ni élégant ni pur ; au contraire, il est souvent dur et incorrect, mais on y remarque beaucoup de clarté, de simplicité et d'onction, et &qs pensas sont toujours justes et solides. Quoiqu'il eût beaucoup de lumières, il consul* tail volontiers^ et dans l^s cas jpèmes où il aurait pu facilement décider tout seul, il aillait mieux s'^ixx rapporter au jugement des èJ^A^^ qu'au sien propre, il redoutait toute responsabilité.

BONISON , était évêque de Sutri dans le Toisinage de Home, lorsque le roi Henri le chassa de son siège, avec jplusieurs autres évèques fidèles au pape Grégoire V IL II fut couvent obligé de changer de demeure pour éviter la persécution. Pendant un séjour qu'il lit à Plaisance, Les catholiques de celle ville le choisirent pour évéque ; mais, continuant i se déclarer contre l'antipape Guibert, ceux de son parti l'arrêtèrent,, le mirent en prison, lui coupèrent les membres Bï lui arjrachèrent les ][^\x\. 11 mourut dans Jirs tou.rn^nl^ U ^i^ juillet 1089, après avoir gouverné TEglise de Plaisance environ six mois. AcMi ip^)rps fut porté à Crémone et en* terré dan^ l'église de 8aint-Laurent, où on lui dr^issa uue épita^^he ep trois y^v^ hexa- 0iètrds, qui le qualitie de martvr.

On lui Attribue up recueil a Extraits des Canonf; un tra^é deg SacrementSy dédié à Gautln^r, abbé de Léon ; une Clironique des pùn^ifes rQmaUu. qu'il commence à saint i^ierre et finit à Urbs^R U. Cette Chronique servait 4^ i^réface k w^ ouvrage considérable intitule Ùicritale^ ou Cunipila^iop des décrets ecclésiastiques, tirée de 1 Ecriture sainte, des conciles, des papes, des saints Pères et autres écrivains orthodoxes, et divjysée par lieux communs eu sept livres. L^

P. Pagi en a rapporté quelqnos endroits iii« téressants pour l'nistoire de Grégoire VLde Clément II, de Léon IX, de Benoît X, d'Alexandre U, de Grégoire Vil et de l'antipape Guibert, connu s »us le nom de Clément lu, Outre cette Chronique^ Bonison Qt en deux livres l'histoire des pontifes romains. Le

|)reinier contenait ce qui s*était passé depuis Benoit IX, soit papes ou antipqies, jusqu'à la mort de Grégoire VU, en 10S5. Ce livre était adressé à un ami. Il parlait dans le second des deux premières h'Mïiès du pontiiicat d'Urbain II, élu le 12 mars de Tan 1088. Bonison lit encore un extrait des ouvrages de saint Augustin, qu'il divisa eu huit livres, sous le titre de Paradis Augustinien. On le conserve dans la bibliothèque impériale à Vienne. L'ouvrage est dédié à Jean Walbert, premier abbé de Vallom* breuse. Casimir Oudin a rapporté tout entière l'épitre dédicatoire, qui contient le sommaire de chaque livre»

BOUCHAKT, évêque de Worms. - Bouchart naquit dans la Hesse, de parents nobles qui i envoyèrent étudier d'abord à Co* blentz, puis à 1 abbaye de Lobes et i Liège, Trithème le £ait moine de Loties* et le cua< tinuateur de Folcuin le fait chanoine de Liège. Villegise, archevêque de Mayeocet réleva dans les ordres sacrés jusqu'au diaconat, et se l'attacha par divers bienfaits. Présenté par ce prélat à l'aoïpereur Otion 111^ à son retour de Bome en Saxe, il fut choisi

Cour succéder k Francon, dans l'évêché de V^orms. Villegise triompha de ses rédistao* ces et le sacra lui-mèm«, en 1006 ou 1008. Bouchert était jeune encore et plein d'ar* deur nour l'étude. N'ayant personne auprès ue lui qui pût seconder ses désirs» il pria Baudric, évêque de Liège, de lui envoyer uu homme instruit pour Taider dans l'étude des divines Ivcritures* Baudrie lui envoya le moine Olbert, depuis abbé de Gemblours, qui était alors en grande réputation^ Les procès de Bouchert furent si rapiiies, qu'il devint en [»eu de temps uQ des plus savants évèques di* son siècle. Sa yie était édiiiante ; u ne vivait que de (lain et d'eau, de légumes et de fruits, il passait une partie de la nuit à visiter les pauvres, faisait de longues prières, répai^ait d'aboadantes aumônes et céh'*br^it la sainte ïùbss$ tous les jours. £n 102:^, il assi^ au €encil« de Selingstad^ et c'est lui qui nousa co1se^ vé les vingt cawns qui y furent éUborés. 11 ne survécut que quatre ans, et mourut la mois d'aoat de l'an 1026. On ne lui trouva pour tout argent que trois deniers ; maikoo découvrit en revanche, au fond d'un colTret, un cilice ^t une chaîne de fer usée d*uQ côté. Avant de mourir, il donna l'absolutioi 1 tous ceux qu'il avait eicommuniés» et fit à tous ceux qui l'entouraient dans ^s dei^ niers moments un« exhortation pfitbétiqao sur la vanité des richesses et l'in^^nstaaee des grandeurs de la vie.

Le plus considérable de ses ouvrages est json Décret. II fut aidé dans ce travail p^ Yauthier, évêque de Spire, qui Tayaita^*-

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cité à l'entreprendre ; par Brunechon, prévôt de TEglise de Worms, h qui il le dédia, et par Olbert, son maître, qui, suivatit Sigebert» éternisa sa mémoire en contribuant à un ouvrai^e si utile au public. Bouchart y fk entrer tout ce qui lui parut intéresser son si^et dans les canons des apôtros, dans les conciles d^outremer» d*Oricnt, d*AfIemagne, de France, d'Espagn^", dans les décrets des pa()es» dans les livres saints, dans les écrits des Pères, dans les Pénitentiels de Rome, de Théodore de Cantorbéry et de Bède. n reconnaît lui-môme dans la préface

u*il ny avait rien de lui dans cet ouvrage.

e fut ttin de le persuader aux lecteurs

u*il indiqua les sources où il avait puisé.

la remarque toutefois qu*il n*a pas toujours puisé dan^ les originaux, qu'il a souvent copié la collection de Rhéginon, et qu*ii est peu de fausses décrétâtes dont il ne rap^ porte au moins quelques passages. Le dessein de Bouchart daos la composition* de ce décret fut de rétablir dans son diocèse Tobservance des canons, d'en instruire les

Îrùtres chargés de la conduite des âmes, et e faire revivra les pénitences canoniques, ÏQOrées ou négligées alors pour la plupart. divisa son ouvrage en vingt livres.

Le premier traite de Tautorité du pape et de sa primauté» du pouvoir des patriarches, des primats, des métropolitains, des conciles, aas jugements ecclésiastiques, de l'or- <}ioation des évèques et de leurs dovoirs. La second s'occupe du clergé secondaire, de ses qualités, df^ ses fonctions, de son ontre* tien; le troisième, des églises et de leurs biens temporels, des livres canoniques et de ceux qui doivent être rojetés comme apocryphes; le quatrième, de Tddministration des sacrements; le cinquième, de Teucharistie. On trouve dans le sixième le détail des crimes et de leur pénitence; dans le septième, rex|)licat on des degrés dans lesquels le maria^je est défendu ; dans le huitième, les obligations des personnes consacrées k Dieu et leurs pénitences quand elles ont agi contre leurs vœux. Le neu* vièfue traite des vierges et des veuves qui A ont pas reçu le voile, des ravisseurs, des inariages légitimes, du concubinage, des Xtutes des gens mariés et des pénitences qu'ils doivent faire. Les trois 1 vres suivants règlent les pénitences que méritent les enchanteurs, Tes voleurs, les parjures et autres pécheurs semblables. Le treizième re- Éarde le jeûne du carême; le quatorzième, I pénitence à imposer pour la crapule et Tivrognerie. Le quinzième traite des empereurs, des princes, de tous ceux qui ont autorité* et de leur ministère ; le seizième, de la manière de juger les fiiux témoins et de leur pénitence ; le dix-septième, de la pénitence des fornicateurs et des incestueux ; le dix-buitième, de la visite des infirmes, de leur pénitence et de leur réconciliation. Le dix -neuvième explique les moyens de racheter à tout âge la pc^^nitence qu*on a méritée ; mais ce rachat de pénitence n'était que poiu* ceux qui ne pou-

vaient l'accomplir à la lettre. On ne les en dispensait pas absolument, ma<s on la corn* mu lit de manière à ce qu'ils eussent tonjours à subir quelque peine pour l'expiation de leurs fautes. Le vingtième livre est appelé : Dts spéculations^ parce qu'il y est parlé do la Providence , de la jirédestinatiofi, de Tavéncmeot de TAntechrist et d<* ses (Buvres,de la résurrection, du jugement, de l'enfer et de la vie éternelle.

Tontes les éditions du Déerei de Bouchart sont incomplètes. On le lit avec beeucoap plus d'étendue dans les manuscrits où, suivant la remarque de Baltize, le vingtième livre, qui dans I édition de Pari» de 1550 n'est que de cent chapitres, en contient cent cinquante-huit. Dn anonyme, dont on ne connaît ni l'âge ni la qualité, fit un abrégé de cet ouvrage. On le trouve dans les anciennes leçons de Canisius, étiilion d'Anvers, en 1725.— Bouchart est auteur de la Loi de fa^ tnilley imprimée h la suite de son Déerei dans Tédition de Cologne. On appelle ainsi les lois qu^il donna è la famille ne 5aint Pierre ^ c'est aux habitants des terres dépendantes de sa cathédrale, pour régler leurs affaires, tant civiles que criminelles. On a de lui encore une lettre à AlpeH, moine de Saint- Sjmphorien de Metz, qui lui avait dédié son traité De ta variété d^s temps. Il le remercia de cette attention en faisant Téloge de l'ouvrage ei de Tauteur .

Bouchart fonda plusieurs monastères, et un collège de vin^t chanoines, sous le nom de Saint-Paul. 11 rétablit la vie commune dans les monastères de Baint^jriac et de Saint-André, et assista à deux conciles, l'un à Trotmann, en 1606, où je roi, de l'avis des évoques présents, fit supprima plusieuis choses qui tournaietU au pr^udice de TEglise; et l'autre à Francfort, l'année suivante, où, à la prière de l'empereur Henri, on termina Taffaire de l'élection de Tévéché de Bamberg.

BOUON, élevé dès sa jeunesse dans Tabbaye de Saint - Berlin , où il cultiva en même temps les belles-lettres et la piété, en devint abl)é i la mort de Rodéric, arrivée en 1043. Ce fut à lui que Fohard dédia IV brégé qu'il avait fait de la Vie de ce saint fondateur. On en retrouve Tépttre dédica^ toire dans le tome 111 des Actes de dom Mabillon ; avec Thistoire de l'invention et de la translation des reliques du même saint, par Bouon lui-même, (iet ouvrage est précédé d'une lettre à <juv, archevêque de fteims, qui avait présidé à la cér^onie. Dans cette lettre , le pieux abbé lui donne avis que ses religieux le pressaient de mettre par écrit toutes les circonstances de cette translation, mais qu'il ne voulait i'en^ treprendre qu'après avoir connu son sentiment. L'arcnevèque, dans ê9L réponse, lui ordonna d'écrire cette histoire dans tous ses détails, sans en rien omettre, mais aussi sans y rien rapporter autre chose que la vérité L'abbé Bouon obéit, et dédia c^t écrit à Guy, son métropolitain, et k tout le clergé de Reims. Témoin oculaire de ce

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