‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 74 sur 105 · GAN · texte numérisé non relu

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DICnONMAIRE DE PATROLOGIE.

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différents, afin gue le lecteur pût suppléer par Tun à ce qui manquerait à Vautre. L'ouyraçe fiai, Candide le dédia à Modeste» qu'il qualiQe de confrère dans le sacerdoce et la

f>rofes$ion monastique; c'est probablement e même avec lequel il vint achever ses études en France. L'objet principal que l'auleur se propose dans cette Vie , c'est de faire connaître en quelles circonstances et de quelle manière se fit l'élection de saint Eigil, et de signaler les principaux événements de son administration, qui ne fut que de quatre ans. 11 s'arrête eu particulier à détailler la cérémonie de la dédicace de l'é^^lise de Fulde, et la translation du corps de saint Boniface, jusqu*à mettre en vers le Te Deum et d*autres prières qu'on employa dans cette solennité. On a peu d*histoires de ce temps-là qui aient plus d'autorité, ni qui méritent plus de créance. C'est non-seulement un auteur contemporain qui parle, mais encore un homme do poids, a érudition, de piété et qui avait été témoin oculaire de ce qu'il rapporte. On remarque cependant que les discours qu'il fait tenir à 1 empereur Louis le Débonnaire et à Ueistulfe, archevêque de Havence, sont trop étendus et trop recherchés pour ({u'il n'y ait pas mêlé quelque chose du sien. La prose de l'auteur n'est pas des moins soignées de son siècle, et sa poésie, quoiqu'elle ait ses défauts, fait juger qu*il avait au génie pour la versification. Son ouvrage, d abord imprimé à Mayence par les soins du jésuite Christophe Brower, en 1616, fut réimprimé depuis par dom Mabillon, qui le fait entrer dans le tome V* des Actes de l'ordre de Saint-Benoit.

Dom Bernard Pez , si avantageusement connu dans la république des lettres, nous a donné, parmi les anciens monuments dont il a enriciii l'Eglise, deux autres ouvrages , tirés d'un manuscrit de Saint-Emmeram de Ratisbonne , sur lequel ils portent le nom de Candide, prêtre ; mais à cette qualité de prêtre l'auteur a cru devoir qouter celle de disciple d'AIcuin, quoiqu'elle ne se lise nulle part dans le manuscrit. Cependant, à examiner les choses de plus près, il est difficile de ne pas appeler de ce jugement. D'abord , il est incontestable , et le savant éditeur l'avoue lui-même , que c*est un moine qui parle; or il n'y a point do preuves que le disciple d'AIcuin fut jamais moine; ensuite, Candide de Fulde était un homme de lettres qui employait ses talents à écrire pour la postérité, ce que personne ne nous apprend de l'autre Candide; enfin, à toutes ces présomptions que nous venons de signaler, se réunit encore la conformité du style entre les autres écrits de Candide de Fulde et ceux dont il est ici question , à celte différence près, qu'il est un p^u plus simple dans les uns que dans les autres. Dom Mabillon, il est vrai , avait déjà attribué ces écrits au disciple d'AIcuin, mais c'était en voyage, au moment d'une première découverte, et pour compléter par une qualification le nom qui se lisait sur le manuscrit, sans avoir chercné à justifier son opinion par aucun examen.

Rien n'empêche donc de restituer au moina de Fulde les deux écrits en question.

Le premier de ces ouvrages est une expli cation de la passion du Sauveur, suivant la concorde des évangélistes. On voit par la préface que c'est un ou plusieurs discours adressés par un moine à sa communauté pendant la semaine sainte. Après leur avoir exposé en peu de mots le dessein de l'Eglise en renouvelant chaque année la mémoire de la passion de Jésus-Christ, et les avoir exhortés à s'en pénétrer, il leur dit qu'il serait trop long de leur expliquer cette passion , en suivant par ordre le texte de chaque évangéliste; mais qu'il va faire une concorde de tous les quatre qui leur eipliquera en peu de mots le même sujet. C'est pourquoi son ouvrage commence par ces paroles : textus Passioniê Domini ordinabilis per quatuor evangeliêtoê. L'auteur a assez bien réussi à donner une histoire suiviede la Passion, dans laquelle néanmoins, pour éviter les ré()étitions qui ne renferment aucun fait principal, il ne fait pas entrer toutes les circonstances. Il la commence au dessein que formèrent les Juifs d*ôter la vie à Jésus-Cfhrist et la finit à sa sépulture. L'explication qu'il fait du texte est succincte, partie littérale, partie spirituelle, mais il s'attache particulièrement au sens moral auquel il joint de temps en temps des réflexions rapides, mais toujours très-judicieuses. Il n'a point fait entrer dans sa concorde les deux épées dont parle saint Luc : ainsi, il ne dit rien de la fameuse allégorie des deux glaives , le spirituel et le temporel, qui n'a été inventée que dans les siècles postérieurs. Seulement sur ces paroles et les suivantes : Frapperons-nous de Vépéet il observe que le prédicateur de la vérité ne se sert point du glaive matériel pour se venger de son adversaire par l'effusion de son sang, mais au'il emploie le glaive spirituel, c'est-à-dire la parole de Dieu pour défendre les fidèles, et séparer les infidèles de la communion chrétienne. A cette occasion, il rapf>orle ce que firent saint Pierre et saint Paul, 'un à l'égard de Simon, et l'autre à l'égard du magicien Elimas. En parlant du renoncement de saint Pierre, il lait remarquer que cet apôtre n*avait pas encore regu le Saint- Esprit. C'est pourquoi, dit-il, il expérimente sur-le-champ de quoi est capable la faiblesse humaine , quand elle est destituée du don de Dieu. En général, la doctrine de Candide sur tous les points de dogme et de morale qu'il touche est très-pure et très-saine. Il s^explique sur la çr&ce et la prédestination en vrai disciple de saint Augustin , et son style est simple, naturel et concis.

Le second écrit de Candide, publié par dom Bernard Pez, est une réponse dogmatique k cette difficulté ; savoir : si Jésus-Cnrist a pu voir Dieu des yeux du corps? Cette réponse est adressée à un moine à qui la question avait été faite, et qui en avait demandé à Candide la solution. — Candide remarque d'abord qu'il imore absolument si la question a jamais été agitée par les ancious Pères ou d'autres^ mais que, malgré

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