‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 76 sur 105 · AS · texte numérisé non relu

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ilient ; que vous avea entendu dire autre chose dans votre Eglise ; que ce n'est point dans 1q Symbole que vous ôtes régénéré et

3U6 vous avez été baptisé ; que vous vivez ans la foi dont vous avez fait profession à votre baptême. Bn répondant de la sorte vous croiriez apporter un argument trèsfort contre la vérité, et il iaut convenir que c'est la meilleure défense dont on puisse se servir dans une mauvaise cause ; elle découvre du moins la source de Terreur : et cette disposition serait excusable , si elle n'était point accompagnée d'obstination. Si vous étiez dans les sentiments que , vous auriez reçus dès Tenfance, il faudrait [)1utôt user de remontrance pour vous tirer de l'erreur, que do sévérité popr punir le passé; mais , né comme vous êtes dans une vUle catholique, instruit de la foi catholique , régénéré dans un baptême catholique, devons-* nous agir autrement avec vous que comme avec un arien et un sabellien? Et plût à Dieu que vous Toussiez été , nous aurions moins de Uouleur de vous savoir né dans le mal que déchu du bien , ancien hérétique que nouvel apostat. Votre exemple serait moins pernicieux à TEglise , comme simple particulier, q[u'étant évéque. Nous ne vous demandons rien d'injuste ni de trop difficile. Faites dans TEglise catholique où vous êtes né ce que vous auriez fait pour Thérésie. Suivez les instructioas de vos parents ; ne vous écartez point de la vérité du Symbole que vous avez appris ; demeurez ferme dans la foi dont vous avez fait profession au baptême. Peurcruoi ne feriez-vous point pour vous ce eue d autres font pour Terreur? C'est la foi de c^ Symbole qui vous a fait admettre au baptême; c'est par elle cnie vous avez été régénéré; e'est avec cette soi que vous avez reçu TEudiaristie et la communion du Seigneur. Que faut-il davantage ? c'est par elle encore (^ue vous avez été élevé aux ministères du éierconat, de la prêtrise et de Tépiscopat. Qu'avezvous fait? mus quel précipice vous êCes-vous jeté ? En perdant la foi du Symbole, vous avez perdu tout ce que vous étiez. Les saerements de votre sacerdoce et de votre salut ne se soutenaient que par la vérité de ce Symbole. Il faut de deux choses Tune, ou que vous confessiez que celui qui est Dieu ôst oé d'une Vierge , et alors que vous détestiez votre erreur ; ou, si vous ne vouiez pas faire cette confession , il faut c]ue vous' renonciez au sacerdoce. Il n'j^ a point de milieu. Si vous avez été catholique , vous êtes présentemait un apostat. Vous ne pouvez préférer l'un de ces partis à l'autre, sans le condamner en vous-même. Direz-vous que vous condamnez en vous ce que vous avez été d'abord ? Que vous condamnez le Sym* bole catholique et la foi de tout le monde? Que faites^vous donc dans TEglise , prévaricateur des dosmes catholiques ? Pourquoi souillez-vous rassemblée du peuple , vous qui en avez renié la foi ? Avec cela vous osez occuper la chaire de vérité, faire les fonctions du sacerdoce, montera l'autel, enseigner les luitres, Se quoi vous avisez-vous d'enseigner

des chrétiens , vdu^ qui ne croyez point eu Jésus-Çbrist, qui niez qu'il soit Dieu?Pou^ quoi avez-vous été si longtemps dans TEglise catholique sans réclamer, sans contreflireî C'est qu'apparemment vous êtes disciple quand vous voulez, catholique quand vous Voulez , apostat quand vous voulez. Vous direz peut-être que vous avez été Daplisé dans un âge où it n'était point en votre pouvpir de réclamer contre la profession de foi marquée dans le Symbole; mais pourquoi, dans un âge plus avancé et daRS l'adolescence, n'avez-vous point réclamé? Elevé aui différents degrés du ministère ecclésiastique, n'avez-vous pas compris la doctrineque vous aviez vous-même prechée aux autres? Si la règle du salut vous déplaisait , pQurquoi accepter lin degré d'honneur dans l'Eglise dont vous n'approuvez pas la foi ? »

Nestorius objectait que le fils doit être consubstanliel à ses parents , c'est-à-dire de même nature. Le Cnrist n'est point consubstantiel à Marie, puisau'il est Dieu éteruel et tout-puissant; il n'est donc pbiflt son fils. Cassien répond que Jésus-ChrisJ est cousubstantiel à Dieu, en tant que Dieu luimême, mais en taqtqu'hoppme il est consubstantiel à Mario, et cela suffit pour qu'elle soit 'soit sa mère et lui son fils. 11 fait voir

3u*en suivant cette erreur il ét^it nécessaire 'admettre deux Christs, i*un né de Dieu, l'autre né de Marie, et consécjuenament une quatrième personne dans fa saipte Tnnil^» puisqu'il convenait que Tun et l'autre étaient adorables, le Fils de Dieu, parce qu'il était consuhstantiei au Père , le Fils de îtf arie , à cause de son union intime mais non personnelle avec le Fils de Dieu. 11 montre encore que Nestorius, en niant que Jésus-Christ soit véritablement Fits ae Dieu , renversait tout le mystère et toutle mérite de l'incarnation. Il Texhorie à rentrer en lui-même, à reconnaître son erreur, à faire profession de la foi dans laquelle il avait été baptisé, à avoir recours aux sacrements,afln qu ils le régénèrent parla pénitence, comme ils Pavaient auparav£|nt engendré par Teau du bs^ptême, à croire tous les articles du Symbole ^^ ''^^" tière vérité de la foi.

vn* Livre. — Apres avoir invoqué le secours de Dieu, ce que doivent faire totu: ceux qui entrent en discussion avec les hérétiques, fl répond dans le septième livre aux objections de Nestorir^s et de tous ceux qui attaquaient le mystère de rincarnation-Hs arainçaient que personne n'enfante plus ancien que soi; Cassien leur demande (lequel e cause naturelle ils'veuient parler, et s ils croient pouvoir mesurer la puissance de Dieu sur celle des créatures ? Ils objectaient encore que le Fils doit être de nléme uaturc aue sa mère. Cf^ssien dit que ce priiicî|ie ne ût rien à la question, puîscjue Wsus Christ est consuhstantiei à sa mère selon la nature humaine qu'il en a i)rise. Mais encore aue ce principe se trouverait vrai pour toutes les causes naiturelles, cela ne serait pas une raison pour qu'il dût s'appliquer h h naissance du Fils (le Dieu, qui e^t surnalurdtejcelui-

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DICTIONNAIRE DE i'ATKOLOGIE.

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là a pu naître oomina ,11 a voulu, qui e^t Tautonr de la nature r et qui fte s'est point assujetti aux lois de la nature. Nestorius Toulait que Jésus -Christ f&t en tout semblable kAdam, en sorte qu'il n*eùt au-dessus du premier homme que d'être l'image de la Divinité, et que sa naissance n'avait été counue de personne. Gassien j>rouve le contraire Kr les endroits de l'Ecriture qui marquent i prodiges qui l'ont fait connaître, par les prophéties qui parlent de sa venue comme d'un avènement sensible aux yeux des hommes, par les témoignages publics de sou précurseur 9 par la voix qui se fit entendre au ciel lors de son baptême , et par l'aveu des Jémans. Il montre que l'Apôtre , en attribuant à Jésus-Christ ce qui est dit de Melchisédech, gu'il est né sans père , sans mère, sans génealoj^e, n'est point en cola contraire à saint Matthieu, qui a commencé son Evangile par la généalogie de Jésus -» Christ. En effet , selon oet évangéliste , Jésus-Christ a une généalogie par rapport à sa mère , et selon l'Apôtre il n'en a point par rapport ^ son père. Ils s'accordent et distinguent en Jesus-Cbrist deux naissances. Né sans père selon la chair, il a une ^énéaloçie ; né de Dieu sans mère, sa génération est inénarrable , ainsi que le dit le prophète Isaïe. Cassien continue , dans le reste du livre, à prouver la divinité de Jésus-Christ non-seulement par l'autorité de l'Ecriture, mais aussi par les témoignages de saint Hilaire, de saint Ambroise , de saint Jérôme , de Rufin , de saint Augustin, desaintGrégoiredeNazianze, de saint Athanase et de saint Chrysostome. Il Qnit son livre en déplorant les ravages aue rhérésie de Nestorius avait exercés dans 1 Eglise de Constantinople, et en exhortant les fidèles à se séparer de ce novateur , pour s'attacher fortement à la doctrine de leurs anciens évoques, saintGrégoire, Nectaire et saint Jean Chrysostome. II s'étend principalement sur les louanges de ce dernier , qui avait été son mailre , et qui Tavait mis au rang des ministres sacrés en l'élevant au diaconat. II donne le titre de concitoyens aux lidèles de Constantinople, et dit qu'il les aimait à cause de l'union de la patrie, les regardant comme ses frères par l'unité de la foi. Quoique absent, il leur était uni de cœur et d'esprit, et prenait part à leurs douleurs et à leurs souârances.

Autant que nous avons pu les faire connaître par une analyse aussi rapide, on a Vu qu'il ne fallait pas s'attendre à trouver dans les écrits de Cassien, un système bien suivi sur les matières de la grâce, quoiqu'il en parle en une infinité d'endroits. U est vrai qu'il ne le fait p^s toujours en son nom, ce qui pourrait le justifier , si, en rapportant les opinions des autres, il exprimait quelque blâme ou formait quelques difficultés contre elles ; au contraire , il commence chacune de ses conférences par l'éloge du solitaire qu'il y foit parler, et les confond tous dans le même concert de louanges. Tout ce que 1*011 ^eut dire donc eit faveur de Gassien,

e'est que s'il a rapporté les mauvais sentiments de quelques-uns sans les désapproivver, il en a rapporté de contraires, c'est-à-dire de conformes à la foi, sans les combattre ; oe qui montre qu'il n'a été dans l'erreur qu'à 80n insu, ou tout au moins sans opiniâtreté. Ce qu'il y a de remarquable, et ce qui fait voir combien Cassien était peu forme, soit dans la vérité, soit dans l'erreur, par rap-

f^ort à la doctrine de la grâce, c'est que^^dans a treizième conférence, oelle que saint Pros* Eer a réfutée, il est tantôt of thodoxe, tantôt érétique sur les mêmes matières ; car , après y avoir enseigné avec toute l'Eglise que Dieu est le principe^ non-seulemênt de toute bonne œuvre, mais encore de toute bonne pensée ; que c'est lui qui nous donne la force et l'occasion de penser et de faire ce que nous voulons de bien, il y enseigne aussi que lorsqu'il voit en nous ce commen*cement de bonne volonté, soit qu'il vienne de nous, soit qu'il l'ait fait naître, i) le for* tiûe et le fait fructifier; que quelquefois, nous nous portons de nous-mêmes à la vertu, quoique pour la pratiquer nous ayons tou- «jours besoin d'être aidés de Dieu, parce que les commencements de bonne volent^

Îjui naissent en nous et de nous par le bienait du Créateur ne peuvent arriver jusqu'à la perfection des veftus, s^ils ne sont dirigés par le Seigneur ; que quelques saints^ comme Job, par exemple , ont surmonté par leurs propres forces les attaques du démon, quoiqu'on ne puisse pas dire qu'ils aient été abandonnés de la grâce ; que toute créature raisonnable a naturellement des semences de vertu par le bienfait du Créateur, mais des semences qui ne peuvent produire un fruit par» fait sans le secours du Seigneur; que Dieu procure entièrement le salut des uns,et ne fait qu'aider les autres *, que, quoique les efforts humains ne puissent parvenir à la perfection de la vertu, nous pouvons par nos sueurs, par nos travaux et par notre volonté, obtenir que la grâce et la miséricorde de Dieu nous soient données, que Dieu n'en attend que l'occasion de notre bonne volonté, tenant toujours sa

frâce à notre service, et étant toujours disposé nous l'accorder. Néanmoins Cassien prouve, dans le même lieu, par un grand nombre de passages de l'Ecriture, que nous né pouvons rien, en ce qui regarde notre salut, sans la grâce de Dieu; il reprend même fortement ceux qui sont dans un sentiment contraire, et leur oppose l'exemple de Jésus-Christ, qui dit : Je ne puis rien faire de moi-même. Il ^oute que non-seulement nous ne pouvons arriver à la perfection des vertus sans la grâce, mais même mettre en pratique \qs moyens qui y conduisent ; que c'est à la

(;râce que llou's devons les occasions de saut, les progrès dans le bien et la victoire des obstacles que nous y rencontrons. U dit ailleurs, et le répète souvent, qu*au sentiment des anciens la grâce nous est nécessaire pour la perfection des vertus et pour parvenir à la félicité éternelle. U n'y aurait pas là de quoi raccuser d'erreu^ si l'on nô savait quo c'était le lanj^a^je ordinaire dct

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DIGTIONMAIRE DE PATHOLOGIE.

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prêtres de Marseille, qui ne s'exprimaient ainsi que parce qu'ils croyaient que le commencement de la bonne action venait de notre volonté, au lien gue l'accomplissement venait de la grâce divine, ce c{ui leur fit donner le nom de semi-pélagiens, parce qu'ils ne suivaient qu'en partie la doctrine de ce novateur. Le concile romain, sous le pape Gélase, mit les livres de Cassien au rang des apocryphes, sinon pour en défendre absolument la lecture, du moins pour leur ôter l'autorité qu'ont les ouvrages irrépréhensibles des saints Pères, et pour annoncer qu'on doit les lire avec précaution ; d'autant plus qu'indépendamment des erreurs sur la gr&ce, on y trouve un levain d'Origénisme sur la création des anges, qu'il met avant celle du monde; sur la nature de l'âme, qu'il fait corporelle; sur le mensonge, qu'il semble justifier dans Rahab, approuver dans Jacob et louer sans restriction toutes les fois qu'il s'agit d'un srand intérêt à sauver; sur la confession, à laquelle, en certaines circonstances, il semble substituer le repentir devant le Seigneur ; mais on trouve dans saint Ghrysostome quantité d'expressions semblables, et toutefois on ne peut douter que ce Père n'ait reconnu la nécessité de la confession des péchés au prêtre pour en recevoir l'absolution. Quant à la manière de Cassien, on peut dire que son style répond .aux sujets qu'il traite; ses expressions sont nettes et choisies, et il donne à ses pensées un tour aisé, qui fait qu'on le lit avec agrément, qu'on entre sans peine dans les ma- :ximes qu'il établît et qu'on se sent porté à les embrasser. Tout son discours est disposé avec tant d'adresse et de prudence, qu'à mesure qu'il expose une vérité morale, il en inspire 1 amour, soit par l'attrait du bien, soit par l'espérance des récompenses dues à la vertu ; il a recours aussi à la terreur des ^supplices de la vie future, pour engager les

Î)écneurs à la pénitence. Les huit derniers ivres de ses Institutions monastiques sont très-utiles à ceux qui veulent embrasser la Tie religieuse; les maximes en sont belles et solides, et Photius remarque que les monastères qui les avaient observées jusqu'à son temps étaient encore florissants, tandis que ceux qui les avaient négligées ne faisaient Que languir. C'est dans ses écrits que les fondateurs des ordres monastiques ont puisé une partie de leurs règles, et ils en ont recommandé la lecture à leurs disciples, convaincus qu'ils y trouveraient tout ce qu'on peut dire de plus instructif sur la prière, la

{>énitence, la pureté de corps et d'esprit, 'ouDli de soi-même, le détachement du monde et de la famille, en un mot, toutes les vertus oui rendent parfaite la vie du religieux dans un monastère. Cassien ayant écrit ses deux premiers ouvrages pour des moines gaulois qui ne savaient pas le grec, on ne peut douter qu'il ne les ait composés en latin, et d'ailleurs il prend soin de nous en avertir lui-même dans la préface qu'il a placée en tête de ses conférences; ou ne sait donc sur quel document Trithème a pu

s'appuyer, pour aflirmer que Cassien ayant écrit en grec, ces deux ouvrages avaient été traduits en latin par Denis le Chartreux, d'autant plus que l'écrit de ce dernier n'est pas une traduction, mais une espèce de paraphrase. Pour ce qui regarde les livres de V/ncarnationy ils n ont nullement l'air d'avoir été traduits. Le style au contraire en est plus pur et plus poli que dans tous les ouvrages du même auteur. Nul doute donc que, comme ses aînés, cet ouvrage, entrepris à la prière de saint Léon le Grand, nait été composé en latin. Sans doute on en fit, ainsi que des autres, un grand nombre de traduo tions en grec, mais aucune n'appartient à l'auteur.

Parmi une foule innombrable d'éditions des CMEùvres de Cassien, nous avons choisi l'édition de Gazée, suivie dans la Biblioihi-

Sue des Pires à Lyon, pour la reproduire ans le Cours complet de Patrologie.

CASSIODORE (AuRBLius Senator), historien latin, et ministre de Théodoric, roi des Goths , naquit à Squillace, vers l'an ^70, d'une famille considérée en Italie par son rang et par ses richesses. Son aïeul avait sauvé la Sicile de l'invasion des Vandales, et son père avait été secrétaire de Valentinien III, et ambassadeur de ce prince auprès d'Attila. Les talents de Cassiodore brillèrent dès sa tendre jeunesse, et l'Italie déjà presque barbare sous la domination des Hernies, le regarda comme un esprit universel, et s'étonna de voir un jeune homme de dix-huit ans doué d'un profond savoir et d'une prudence consommée. Odoacre, roi des Hérules, lui conGa le soin de ses domaines et de ses finances ; et lorsque ce prince eut été vaincu et tué par ThéoJoric, en d-OS, Cassiodore se retira dans son pays natal, et chercha dans l'étude des lettres l'oubli des malheurs auxquels l'Italie était en proie. Sa prudente éloquence détourna ses compatriotes et les Siciliens de la résistance inutile à laquelle ils se préparaient contre Théodoric. Èe prince reconnaissant le nomma aussitôt gouverneur de la Lucanie et du pays des Brutiens. Les vertus et la modération de Cassiodore parlaient en sa faveur mieux que n'aurait fait l'ambition la plus active, et Théodoric, qui voulait être le législateur et le restaurateur de l'Italie, et

3ui n'avait que les talents d'un soldat, crut, evoir s'assurer de ceux de Cassiodore, et le choisit pour être son organe et son aide dans l'accomplissement de ses sages projets. Il i^ nomma son secrétaire et fui donna toute sa conûance. Dans ce poste élevé, Cassiodore devint l'appui de son prince, le bief)faiteur de l'Italie et le modèle des grands ministres.

Les règlements fameux quiil publia a« nom de Théodoric, les lettres qu'il écrini pour ce prince, attestent l'étendue de s^ vues, la sagesse de son administration, et, à quelques déclamations près, la beauté ue son génie. Théodoric le fit bientôt questeur; c'était alors la première charge de IW- Cassiodore, sous un prince ardent, yig^^ànif

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DICTIOMMAIRE DE PATROLOGIE.

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infatigable, remplit toutes ses vues, exécuta tous ses projets, prévint toutes ses volontés, et sut encore charnier les loisirs de son maître par une conversation aussi agréable qu'instructive. Sa faveur s'accrut avec ses services. En 5H, il obtint le consulat; il ('tait en outre maître des offices et patrice ; mais lorsque la vieillesse et les contrariétés commencèrent à altérer les grandes qualités de Théodoric, et que d'indignes courtisans s'emparèrent de son esprit, Cassiodore prévit les maux qu'il ne pourrait empêcher *, il se démit de toutes ses charges, et se retira de la cour en 524. La mort tragique de Booce et de Sjmmaque prouva bientôt la sagesse de ce parti. Apres la mort de Théodoric , en 525, Cassiodore fut rappelé par Amalasonte, qui lui conféra le titre de préfet du prétoire, et lui donna même le commandement des troupes qui gardaient les côtes dltalie. Cassiodore , dévoué à la tille de Théodoric et à son petit-fils Athalaric, servit rEtatavec un zèle que ne ralentirent ni les désordres, ni la mort d' Athalaric, ni les malheurs d'Amalasonte, ni même l'incapacité de Tbéodat; mais enfin, accablé des revers ol de la ruinQ des Goths, qu'il n'avait pu prévenir et qu'il ne pouvait empêcher, âgé de soixante-dix ans, et fatigué par cinquante années de travaux assidus, glorieux et désormais inutiles, il se retira dans sa patrie, ût fonda le monastère de Viviers (en Calabre), auquel il donna une règle particulière

aui différait peu de celle de saint Benott. ^n ne sait pas au juste l'époque précise de sa mort ; il vivait encore en 5o2, et on croit qu'il mourut l'année suivante, à T&ge de quatre-vingt-quatorze ans. Retiré dans son monastère, Cassiodore ne s'occupa plus que de sou salut et de l'entretien des bonnes études. Il 7 forma une grande bibliothèque, déi>ensa des sommes considérables à recueillir de bons manuscrits, les faisait copier et les copiait quelquefois lui-même. On croit

3u'il est le premier qui ait fait de ce genre e travail une occupation réglée des moines, et il n'est pas douteux qu'on ne lui doive la conservation d'une foule de monuments précieux qui auraient péri dans les désordres des guerres qui désolaient alors l'Italie. Il employait ses moments de loisir à divers ouvrages de mécanique ; il faisait des cadrans, des clepsydres, et même, dit-on, des lampes perpétuelles. Il composa aussi dans le même lieu, ou du moins mit en ordre et compléta la plus grande partie de ses écrits, dont voici le compte rendu avec l'analyse.

Histoire Tripartite, — Cette histoire ecclésiastique est ainsi appelée parce qu'elle est composée de celles des trois auteurs grecs, Socrate, Sozomène et Théodoret. Cassiodore les lit traduire toutes les trois en latin par son ami Epiphane, afin que la Grèce ne se vantAt pas déposséder seule un ouvrage si admirable et si nécessaire à tous les chrétiens. Lorsqu'elles furent traduites, il en forma un seul corps d'histoire divisé en douze livres, empruntant à chacune ce qu'elle avait de meilleur, se servant indiffé-

remment de toutes les trois $ans jamais sur* charger son récit de répétitions. Pour éviter la confusion, il divisa son Histoire en chapitres, mit des titres à chacun, avec des in* dications qui marquaient d'où il avait tiré ce qu'il y racontait.

Chronique. — Cassiodore nous a laissé une autre Histoire, mais extrêmement abrégée, . sous le titre de Chronique, Il l'entreprit par i l'ordre de Théodoric, qui était bien aise de j se trouver en qualité de consul à la suite de l tant de grands hommes qui avaient été revêtus de la même dignité. Il compte depuis le commencement du monde jusqu'au consultât de ce prince 5721 ans; depuis Adam jusqu'au déluge, 22i2 ans; depuis le déluge jusqu'à Ninus, «premier roi des Assyriens, 89i9 ans. Après les rois des Assyriens, dont la monarchie ne dura que 852 ans, il met les rois latins, du nom de Lati-^ nus, qui fut le premier. Ce fut en la vingtcinquième année de son règne que la ville de Troie fut prise. Il eut pour successeur Enée, qui s'était retiré auprès de lui après le sac ae sa ville, et à qui il donna sa fille en mariage. Ces princes prirent le nom de Romains, aussitôt que Romulus fut monté sur le trône de Rome, qu'il venait de fonder. Leur monarchie finit à Tarquin le Superbe, sous le règne duquel Pythaçore se rendit recommandable par son savoir. Aux rois succédèrent les consuls. Ils étaient ordinairement deux ; mais ils n'avaient le gouverne • ment de la république que pour un an. Les premiers furent Junius Brutus et Tarquinius Collatinus. Sous le consulat de Lentulus et de Marcellus, Jules César, après avoir vaincu Pompée, prit le nom d'empereur romain.

Cassiodore en compte quarante-huit jusqu'à Anastase, qui est le dernier empereur dont il parle dans sa Chronique. Il la finit par le récit des actions éclatantes de Théodonc, roi d'Italie. Ce prince donna en mariage sa fille Amalasonte, à Eutharic, qui fut consul en 519. La même année, 'Théodoric fit de grandes magnificences à Rome et à Ravenne. Cassiodore ne pousse pas plus loin son travail, ce qui est une preuve qu'il le composa et le finit cette année.

Comput pascal. — Nous ne savons au juste en quelle année Cassiodore écrivit son Comput pascal. Ce qui parait certain, c'est qu'il n'était pas encore écrit en 562, puisqu'il n'en dit rien dans la nomenclature qu*il ])ublia alors de ses œuvres. Il y enseigne à trouver pour chaque année, l'indiction, répacte, le nombre d'or, les concurrents, et enfin le jour de Pflques. Dans ce calcul, il commence Tère chrétienne à l'Incarnation de Jésus-Christ, et non pas à sa naissance, devançant ainsi d*un an l'ère vulgaire qui ne commence qu'à la naissance du Sauveur.

Histoire des Goths. — Ce fut aussi sous le règne de Théodoric que Cassiodore composa son Histoire des Goths ^ divisée en douze livres. Nous ne l'avons plus. C'était un ouvrage d'une grande recherche. 11 jr tirait de I oubli les anciens rois Goths, qui'

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DICTIONNAIRE DL l'ATROLOGIE.

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n'éUâaot plus connus; il y rétablissait la race royale des A maies dans leur premier éclat, et en comptait dix-sept générations entières, depuis qu'elle possédait le sceptre* Sn un mot, il avait coordonné et réuni en un seul corps de volume ce qu'il avait trouvé épars en plusieurs livres. Jornandès, évoque de Ravenne, fit un abrégé de oelte bi«

stûire.

Commentaire t^r les psaumeê. — Ce commentaire est le premier ouvrage que Cas* siodore composa depuis sa conversion; ainsi il faut le rapporter à Tannée qui suivit la prise de Ravenae, c'est<^*dire à Van kS^. U fiiit uQ grand éloge des psaumes, des beau* tés qu'ils renferment, des lumières qu'ils répandent, de la douceur et de la vertu qu'ils respirent de leur but, de leur utilité, Qt à ee propos il remarque l'usage où l'on était de les cnanter k tous les offices de r£> glise. Après quoi il fait quelques observations générales qui servent comme de pror* légomènes à ces Commentaires. Après ces remarques, Cassiodore expose la méthode

au' il veut suivre dans son explication. Il éclare qu'il expliquera le titre du psaume, 2u'il le divisera en toutes ses parties, pour yiter l'embarras que pourrait causer la diversité des matières qui s*y rencontrent, et Quelquefois des personnages qui sont iotro uits dans un wm» psaume ; qu'il l'expliquera suivant le seas littéral et historique, et aussi suivant le sesbs prophétique et spirituel; qu'il en fera coojiaitre la On et le l>ut, particulièrement par rapport à U mo« raie» c'est-à-dire par rapport à la fuite des vices et à la pratique de la vertu ; qu'il fera des observations sur le nombre des psaumes, lorsqu'il y aura quelque chose oe mystérieux remermé dans ce nombre ; enfin que» dans le soounaire de chaque psaume, il se

Eroposera* autant que possible» quelques érésies à combattre. Dans le cours de son Commentaire, il s'appliquera surtout à rel^ ver l'éloquence des livres sacrés. « Le laogaçe du Psalmistc dit-il, est chaste, d'une certitude infaillible» d'une vérité étemelle, imiQUAble, pure, utile, remplie de force el propre à opérer le salut, comme ou le voit par le psaume cxvm, oh le prophète dît *au Seigneur : Yoire parole m'a donné (a vie, Ceei une lax^pe qui éclaire mes pieds^ et une lu^ mière gi^i nifi fait voir: les sentiers oi^Je dois marcher. Vraie lumière, ajoute Cassiodore, p.uisqu elle ne me commande rien qui. ne me dpnue la vie, puisqu'elle oe me défend que ce c\fxx est nuisible, puisqu'elle me détourne de 1 amour des choses terrestres et me persuade do ne m attacher qu'aux choses ou ciel. » Sous des paroles toutes communes, l'Ecri* ture renferme de profonds mystères; mais sa simplicité môme a de la grandeur. Pour peu qu on se donne la peine de les appro^ londir, on découvre un sens caché sous chacune de ses paroles ; et si la vraie éloquence consiste a exprimer les choses en termes propres et convenables, on ne peut 'douter de 1 éloquence de rEcciture. Venant leosuite à la louante des psauxqes en parti-^

culier, il dit qu'il n'est point de sfqet de consolation qu'on ne puisse y trouver. C'est un trésor qui profite et augmente toujours dans un cœur pur; ceux qui pleurent y trouvent de quoi se consoler, les justes des motifs solides de leurs espérances; les pécheurs des formules pour leur repentir; et ceux qui sont en péril, un refuge utile ri assuré. Lorsque nous les chantons, ne nous 8emble-t*il pas, comme saint Athanase le dit à Marcellin, que les paroles au Saint-Esprit deviennent les nâtrea et s'accommodent à tous nos besoins? Cassiodore avait dit auparavant, en pariaat de la psalmodie uni se fait dans les veilles : c La voix des nommes éclate dans le silence de la nuit» et par des paroles chantées avec art et mesure» elle nous re> porte à celui de qui le Verbe nous est venu pour le salut du genre humain. Il 'ne se lorme qu'une seule harmonie de tant de voix qui cfaaiftent, et quoique nous ne puissions les entendre, nous nèltHis notre musique au concert des anges» chantant les louanses du Seigneur. » Il joint à ces éloges celui de l'Eglise catholi lue, qui seule communique la vie de la grâce et de la sanctification. Hors d'elle, comme hors de Tarcha qui en était la figure, on ne peut être que submergé. Pure dans sa doctrine, elle n'est souillée d'aucune erreur, quoique plaeée dans ce monde, pour y vivre au milieu des méchants. Hle est fdus brillante que le soleil, plus blanche que la neige» sans aucune tache ni ride» Le Commentaire de Cassiodore est divisé en douze parties, selon Tordre et le sens des psaumes, qui représentent Jésus- Christ et los différente états de son l^ise.

InstituÈiona eux letiree^ ditrinee. — Cassiez dore, vivement touché de ce (jull n'y avait point à Rome de maîtres publics destinés k enseigner tes divines Ecritures, pendant que les auteurs profanes y étaient expliqués \af des maîtres très-eéià>res, fit son possible, avec le saint pape Agapet, pour établir eo cette ville ées chaires de professeurs dans les écoles chrétiennes. Mais les guerres continuelles et les trouUes de l'Italie ne lui perfl]k)rent pas de réaliser ua siaeMedes* sein. Ce fut pour y su^)pUer, «a qnalqne sorte, qu'il entrepnt, daos tes premières années de sa retraite, de doniMr uae introduction à l'étude de l'Ecriture saintCt dans le livre qu'il composa sous le titre d'/iulittUion 9iU(c lettres divines. Soa dessatai dans cet ouvrage, est die (binner les princi{H^s de la science des Ecritures, et même des lettres huoQtabies, non en suivant les lumièrns de son propre esprit, mais eu s*attacliaiit à la doctrine des anciens Pères, dont les conmeniaires sur les livres saints eonduiseot efficacement, selon lui, à la cootemplarion de Dieu. Pour observer qtielque ordre daos ce travail, il pense qu^On doit commencer par apprendre de mémoire tous les psaumes, en les lisant dans des exemplaires fort co^ rects, à» peur de eonfondre les. erreurs des copistes avec le texte mAme de IfEontara. II exnorte aussi à apprendre par cœur TEcriture sainte tout entière^ efe dit iftOi ff^^^

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DICTIONNAIRE DE PâTHOLOGlË.

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renconiré des personnes devenues si habîleë par ce mojen, que, lorsqtfod leur ptoposail '^iii'lques questions sur le sens d*un passage» » iios en citaient de suite plusieurs setttblahi.îS, dont rinteUîgence aidait à fixer le sen^ iJu texte douteux. En efi^et, il Attire SdnyMi que ce qui est obscur dans tirt litre de récriture, esl énoncé eu termes plus clairs clans d'autres livres, et l'un fait conifïrendre lautre. C'est ainsi que saint Paul en a Usé dans son Epître aux Hébreux, où il explique? les prophéties de TAnciefl Testaient par raccomplissement qu'elles ont eu dans lë Nouveau. Cassiodore dit ensuite qu'après avoir acquis l'inlelligenco de TEcriture par son propre travail, on doit consulter les saints Pères qui l'ont elplicfuée. 11 contient que quelques-uns sont oevenus très-savantsi sans tous ces secours, et il rapporte, «près Cassîen et saint Augustin , que certaines personnes en ont reçu de iHeu Fintelliaence par de ferventes pfières; mais il est a'avis de suivre la voie commune, d'apprendre et de se faire instruire, de peur de (enter Dieu, ce qui n'empêohe pas qu'on aft recoufs aut lumières du Saint-Esprit, en lui disant avec le prophète {Psal. ctviii, ^) : DtmneZ'fnûi r intelligence^ afin que f apprentie voê cornviandements et votre sainte loi. Après ces remarques générales, chacun des volutties de son ouvrage est consacré à indiquer les principaux auteurs de la sci(?nce ecclésiastique, les Pères, les théologiens, les écfrivains Ascétiques, qui ont commenté tous les litres do rÈcritufe, depuis la Genèse jusqu'à TAj)ocalypse. II cite leurs ouvrages, et donné quelquefois de longs passages de leurs commentaires. Après avoir désigné tous fes commentateurs, il réunit en un seul corps tous les écrivains qui ont publié des introductions k rEcrilure, parce qu'ils y donnaient pour filnsi dire la clef qui en ouvre les mystères et qui ém laisse pénétre^ les différents sons. ïf parle ensuite des quatre premiers conciles généraux qui o^l atfermi les rondèments de notre foi, qui en ont élaWi les vérités et nous ont appris à nous garantir do la mauvaise doctrine des hérétiques. Il donne aussi le canon des Ecritures di'afprès saint Jérôme. Il rccoAimande Tétiide de la cosmographie, coYnme Ifès-utile pour leur faire oonnaitrc la situation des lieux dont il est parlé dans les saints livres. A Fexemple des saints Pères, fl permet l'étude des lettres humaînos, pourvu qu'on s*y livre arec modi^ralion 01 dans la vue d'en tire^du secours pnur rinlolligonce des livres sacrés. Il décrit ensuite son monastère de Vitiers, eacourage les traftaux des copistes ou anliquaires, prescrit et règle le som (tes malades, et termine son ouvr«ige par une prière à Dieu et une exhortation à ses moines» qu'il engage à faire de grands progrès dans les sciences divines, progrès d'autant plus faciles, quMl a mis à Icui* disposition an grand nombre de litres, recueillis de tontes parts et des meilleurs auteurs.

Traité des arts Nbéranx^ ete. — Ce traité suivit imtùédiatement lo livre de Vlnstitu^

tiûn. Il en compte sept, qu'il décrit chacun , dans un chapitre particulier. Ce sont la

Kammaire, la rhétorique, la dialectique/ rithmétique^ la musique, la géométrie et rastronomie. Ces outrages sont très-super- Qciels; recommandables cependant plutôt par les idées que par le style. Son traité du Biscours n'est autre chose que Texposition des premières règles du laoKage» en définissant les différentes espèces de mots qui sortent Il le former. U composa son traité de VOrthographéf pour guider ses religieux dans la copie des manuscrits. Il leur donne donc toutes les règles de l'orthographe; mais ne toulant pas se faire honneur d'un ouvrage où il n'avait fait qu'abréger ceux des autres, il nomme consciencieusement tous les auteu^s auxquels il avait emprunté, et il marque, dans des chapitres séparas, ce qu'il avait pris de chacun.

Traité de Vdme. — Ce fut à la prière de ses amis que Cassiodore composa son Traité de Vdme. Nous étudions ateo application, lui disaient-ils, le cours des astresi la nature des éléments, la cause des pluies* des tempêtes, des tents et des tremblements de terre; la hauteur des astres , la profondeur des abîmes, la distance des planèteSi les Qualités et les tertus des plamtes ^ et nous oublions de rentrer en nous-mêmes, afin d*étudier la nature de notre âme. Et cependant, pour la connattre il suffit de la consulter ; pourvu qu'on l'interroge, elle ne manque jamais de répondre. Cassiodore rinterrqge et répond par un traité divisé en douze chapitres.

La matière du premier consiste à savoir pourquoi Tâme est ainsi nommée. Il distia-

5 ne l'arae de la vie ; la tio des hommes est ans l'âme, latiedesbétesest dans le sang; aus^ fait-il dériver son nom du mot ay«lfto^ qui veut dire dégagée du sang^ parce que, après la mort du corps, elle lui survit aussi parfaite que pendant leur union. D*autres vculentqu'elle soit appelée ftme parce qu'elle anime la substance du corps et qu'elle la vivifie. Cassiodore dislingue l'esprit de l'âme, parce que le terme ^'esprit est un terme générique, qui se dit de Dieu, des anges et dus E puissances de l'air, comme il se dit de Tâmc*. i fait venir le mot latin animuSf qui désigne l'esprit, du mot grec «vf.u*;, qui signifie vent, à cause de la pneomptitude de ses pensées. Aans le second cliapitre, il enseigne qu'au sentiment des plus habiles philosophes, on peut définir l'Ame de Tiiomme une substance particulière spirituelle, créée de Dieu, capable de donner la vie au corps, raisonnable, immortelle, et pouvant se (ourier vers le bien ott vers ie mal à son choix. Il explique ensuite en particulier tous les termes de cette définition, et se sert pour les prouver do tous les moyens que la philosophie de l'école mettait à sa aisposition. II sgoute que l'àme, Sujette au changement pendant son union avec le corps, n'en est pas même exempte après sa séparation. Elle voit, elle entend, elie^ touche, non plus par des sensations, mais d'une manière spirituelle. Cas-sio lore se sert de cette mutabilité pour mou-

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MCTH)NNÂmE DE PATROLOGIE.

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trer qu*e)le n*est point une portion de la substance de Dieu, comme quelgues-uns l'avaient ridiculement avancé, il dit Qu'elle ne peut être non plus une partie de 1 ange, parce que Tange n'est pas de nature à être uni avec la chair, comme l'Ame qui compose un tout avec elle. Il rejette l'opinion de ceux qui ont cru que les Âmes existaient long-* temps avant leur union avec le corçs» et qu'on doit l'invention des arts aux idées

Su'eiles en avaient avant cette union, et ont elles se sont souvenues depuis.

Le troisième chapitre traite de la substance de r&me. Il ne croit pas qu'elle soit de la nature du feu, comme (juelques-uns l'ont imaginé, h cause de. sa vivacité et de la célérité de ses mouvements; il pense qu'on doit plutôt l'appeler lumière, et il en donne deux raisons : la première, c'est qu'elle est l'image de Dieu, qui, selon l'Apôtre, demeure dans une lumière inaccessible, et qui, selon saint Jean, est lui-même la lumière

aui éclaire tout nomme venant en ce monde, tire la seconde raison de la clarté et de l*évidence des idées de l'Ame, qui voit les choses clairement sans le secours d'aucune lumière extérieure ; mais il convient que la lumière grandit dans l'&me par la grAce de Dieu, qui lui rend plus facile la perception des secrets de l'ordfre naturel.

Le quatrième chapitre est intitulé : De la forme de Vâme. La forme de l'Âme, suivant Gassiodore, est de n'en point avoir. Toute forme suppose nécessairement une superficie, et par conséquent un corps, et tout corps est de sa nature solide et palpable ; aucune de ces attributions ne convient à l'Âme, dont il a démontré plus haut la spiritualité. Il s'objecte qu'il est dit de Jésus-Christ, qu'ayant la forme de Dieu^ il n'a pas cru que ce fût une usurpation d'être égal à Dieu; et il résout lui-même l'objection en répondant que le terme de forme se prend, en cet endroit, pour marquer la nature même de Dieu.

Gassiodore consacre son cinquième cha-

Ïûtre aux vertus morales et naturelles de 'Âme. Les vertus morales sont la justice, la prudence, la force, la tempérance. Il divise en cinq, avec les anciens philosophes, les

Eroprietés qu'il appelle vertus naturelles, a première nous rend les choses sensibles; la seconde ordonne certains mouvements aux organes du corps; la troisième leur commande le repos, lorsque l'Ame veut s'ap* pliquer avec plus d'attention ; la quatrième anime le corps ; la cinquième est l'appétit du bien et du mal. Il enseigne que toutes les Ames sont semblables, et que si elles ne fonctionnent pas toutes avec la même perfection, cela tient à l'organisation différente des corps qu'elles animent, les uns étant faibles comme ceux des enfants, les autres lésés en ouelque partie, comme ceux des insensés, n ne veut donc pas que l'on dise aue les Âmes des insensés diffèrent de celles es hommes raisonnables, ni que l'on pense que l'Âme des enfants croisse avec eux. Ce n'est pas l'Ame qui croit dans les enfants, mais la raison, à mesure que l'Age leur

donne un plus long usage de la réflexion. Dieu, dit Gassiodore, dans son septièmecha-

{âtre, est seul auteur de l'Âme. II la donne à 'homme par le souffle de sa bouche, c'est-kdire par son commandement. U remarque que, pour expliquer plus facilement la doctrine de l'Eghse sur le péché originel, quel- 3ues-uns ont émis l'opinion que les âmes es enfants étaient engendrées de celles de leurs parents. Sans réfuter précisément cette opinion, il dit néanmoins que l'on doit croire fermement et sincèrement que Dieu crée les Âmes, et qu'il leur impute, par des raisons justes quoique cachées, le péché du premier homme, dont elles sont véritablement coupables, si l'on en excepte l'Âme de Jésus-Christ qui a été conçue piar une opération divine. Né d'une vierge, i( n*a rien tiré d'Adam, et il est venu dans le monde pour détruire son pécné.

H y avait des philosophes qui plaçaient le siège de l'Ame au cœur, où se forment les esprits vitaux. Gassiodore, dans son huitième chapitre, croit qu'il est plus vraisemblable de le placer dans la tête^ d'où elle dirige et gouverne l'homme. Entre plusieurs raisons qu'il en donne, celle qui parait la meilleure, c'est qu'il suffit de penser sérieusement à une chose pour sentir que celte opération se fait dans la tête, parce qu'alors,

{)Our s'y appliquer plus fortement, rame èrme pour ainsi <lire toutes les issues qui la mettent en rapport avec les objets extérieurs.

. U fait, dans le chapitre neuvième, la description des principales parties du corps hu* main et de tous ses sens, dont il marque Tusage et les fonctions. Il en prend occasion de faire admirer la toute-puissance de celui qui l'a formé. Quelque matériel, quelque ((Até que soit ce corps parles vices auxquels il est sujet, et par les blessures qu'il a re-

Î[ues, H ne laisse pas de servir à de très-nobles onctions. C'est le corps qui chante les saints cantiques, qui fait les martyrs, qui reçoit la visite de son Créateur, et gui reste comme le temple vivant de la Divinité, tant qu'il ne sert point de retraite au crime.

U indique, dans les deux chapitres suivants, divers siçoes auxquels on distingue les bons d'avec Tes méchants. Ce sont deui tableaux très-bien tracés, qui se résument à peu près par cette double sentence : Les méchants n éprouvent jamais de joie qui ne soit mêlée de tristesse; €ft les bons ne souffrent jamais de douleur qui ne soit tempérée par la paix de la conscience et par l'espérance de l'éternité.

Le dernier chapitre définit l'état de Time après la mort. La mort est la séparation de l'Ame d'avec le corps ; dans cet état, elle ne fait plus ni bien ni mal, mais seulement elle éprouve, jusqu'au jour du jugement, la joio ou la douleur de ses bonnes ou de ses mauvaises actions. Au jour du jugement elle sera réunie au corps par la résurrection, et la

Justice de Dieu s accomplira tout entière. 1 fait une description du ciel et de Tenier, du bonheur des élus et des supplice^ des

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damnés ; et il termine son traité par une très- belle prière, où il reconnaît que Dieu ne récompense en nous gue ce que sa gr&ce y a mis, et qu'il est infiniment plus noble de le serrir que de régner sur la terre, puisque d'esclaves il nous fait enfants, de pécheurs il nous fait justes, de captifs il nous rend libres.

Leitren. — Le plus considérable des ouvrages de Casstodore est le recueil de ses lettres. Ses amis le pressèrent longtemps de les réunir, dans la persuasion qu'elles povir* raient servir plus tard à écrire Thistoire de son temps. Il se défendit d'abord sur la multi[)licité de ses occupations, qui ne lui laissaient pas même le temps d'achever tranquillement ce qu'il avait commencé ; mais à la fin il céda à leurs instances, et les publia en douze livres. Les dix premiers ne contiennent que des dépêches oflicielles et des règlements sur l'administration de l'Etat, au nom des souverains dont il avait la confiance. On y trouve peu de chose qui intéresse notre sujet; il n'a d'écrites en son nom que celles des deux derniers livres : nous en analysons quelques-unes pour en donner une idée.

Au êénat de Rome. — Il lui fait part de sa promotion à la dignité de préfet du prétoire et lui représente la reine Amalasonte partageant son affection maternelle entre le roi Athalaric son fils, et ses sujets qu'elle aimait comme ses enfants. C'est une femme d'un génie supérieur, également vénérée dans son royaume et dans les autres Etats du monde. Sa vue imprime le respect, sa parole charme et ravit en admiration. Quelle langue peut-on citer qu'elle ne sache par« faitement ? Elle parle le grec aussi purement qu'on le parlait autrefois à Athènes ; elle brillerait parmi les plus célèbres orateurs romains ; elle possède toutes les richesses et toutes les beautés de sa langue maternelle; il n'est point d'art, point de science dans lesquels elle n'excelle, et elle regarde la connaissance des belles-lettres comme un ornement plus riche que le diadème. Elle sait terminer en peu de mots les procès les plus épineux, conduire les affaires de la guerre sans rien perdre de sa tranquillité d'esprit, carder et faire garder aux autres un secret important, de sorte qu'on apprenait quelquefois le succès d'une entreprise avant d'avoir connu sa décision dans le conseil. Aussi, grftce au bon ordre qu'elle a maintenu dans ses armées, ont-elles été la terreur des peuples voisins, et fait sentir leur puissance à ceux qui ont osé attaquer leurs frontières.

Au pape Jean. — Dans cette lettre au souverain pontife, Cassiodore reconnaît que c'est par ses jeûnes et par ceux du clergé

?ue les peuples ont été délivrés de la famine, ar leurs larmes précieuses devant Dieu, ils ont banni la tristesse publique; et c'est par les prières des saints que l'État s'est vu

Eromptement déchargé d un fléau qui l'accalait. Toutes ces considérations inspirent à Casriodore la confiance de supplier le pape

d'offrir à Dieu ses prières pour la conserva-^ tion des princes. Il lui demande aussi de prier pour lui en particulier, afin que l'esprit de Dieu l'assiste toujours de ses conseils. « Demandez, lui dit-il, que dans mes fonctions de juge je me montre toujours un digne enfant de l'Eglise. Etant le père commun, votre amour ne doit point avoir de bornes. 11 est de votre honneur de procurer la sûreté et le repos à tous les peuples chré^tieus dont la garde vous a été confiée de la part de Dieu. Nous n'avons entre nos mains que les affaires d'un Etat*; vous avez, vous, les affaires de l'Eglise et du monde : c'est donc h vous de m'eclairer de vos conseils et de m'aider de vos prières. » Dans cette lettre, Cassiodore appelle confession^ la partie de l'éKlise dans laquelle on avait déposé, sous 1 autel, les reliques des apôtres saint Pierre et saint Paul.

Aux évéques d'Italie. — Il écrivit à tous les évêques d'Italie, pour les supplier d'ordonner un ieûne, afin d'obtenir, par la voix puissante ae la pénitence et de l'humilité la conservation des princes et la paix. 11 les conjure d'être eux-mêmes les consolateurs des veuves et des orphelins contre les entreprises des hommes violents, sans toutefois renverser les lois de l'Etat par un excès de piété et de tendresse ; de donner à leurs peuples des avis si utiles et si efiicaoes qu'il ne reste plus rien à faire pour les juges du siècle ; de bannir de chez les chrétiens l'avarice, les larmes, la moUesse et tous les autres vices, en les assurant que s'ils ne ces sent point de prêcher et d'exhorter, les peines et les supplices ne cesseront point. Il leur demande de lui donner en amis tous les avis qu'ils jugeront nécessaires pour sa conduite.

A Diusdedit. — Cette lettre h Déusdedit, greffier à Ravenne, est remarquable par le aétail qu'il fait des avantages et des devoirs de cette charge. Par leur office, les greffiers sont les gai^iens et les dépositaires des droits de tout le monde. Us mettent le peu*

f>le à couvert des incendies, des vols et de a négligence des particuliers. La foi publi- 3ue dont ils sont autorisés les met en état e réparer les pertes de chacun, en sorte Sru'on peut regarder leur armoire comme la ortune et la sécurité de la république. L'héritier y trouve sans beaucoup de peine ce que ses ancêtres lui ont conservé. Comme on a recours aux actes du greffe, on peut dire en quelque sorte que le greffier décide plutût les procès que ceux qui sont préposés pour en connaître. Cassiodore exhorte donc Déusdedit à remplir avec honneur les devoirs de sa charge, sans se laisser gagner par argent ; à donner à ceux qui en demandent des copies des actes anciens de son greffe, mais a n'en point faire de nouveaux, et à avoir soin de sceller toutes ses expédi tiens d'uu anneau imprimé sur la cire, et de

farder une si grande uniformité dans son criture que les copies ne diffèrent en rien de l'original.

• A Ambroise. — L'altération des saisons

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