‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 78 sur 105 · CED · texte numérisé non relu

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WCnONNAIRE DE PATHOLOGIE.

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pleins de grâce et d'onction fout ce que les interprètes lui apprenaient des saintes Ecritures. Ses vers inspiraient le mépris du siè- ^ de et réchauffaient dans les Ames le désir de la vie éternelle. Après lui, plusieurs do sa nation s'essayèrent dans la poésie religieuse, mais sans pouvoir jamais l'égaler, il s'appropriait si bien les pensées de l'Eeriture, et savait donner tant de charmes à ses vers, que les plus savants docteurs se plaisafent à l'entendre. La création du monde, l'origine du genre humain, l'histoire de. la Genèse, la sortie d'Egypte et l'entrée dlsraël dans la terre promise, l'incarnation, la passion, la résurrection, l'ascension du Sauveur dans le ciel, la descente du Saint- Esprit et l'illumination des apAtres faisaient tour à tour le siqet de ses chants. Il décri* Tait aussi à grands traits les terreurs du ju- ^ment futur, les horreurs de la géhenne éternelle , et le doux repos du céleste royaume; mais la peinture de la bonté de Dieu et de sa justice lui çervit plus souvent encore h ramener les pécheurs a l'amour du bien et ft la pratique de la vertu. » Le peu do vers qui nous restent de Céadmon nous ont été conservés par Georges Hickesius dans sa Grammaire anglo-saxonne. La paraphrase de la Genèse et des autres histoires de l'Ancien Testament, publiées sous son nom par François Junius, à Amsterdam, 1655, sont, au jugement d'Hlckesius lui* même, d'une époque beaucoup plus récente. On retrouve les vers de Céadmon avec ceux

3 ni toi sont attribués dans le Cours complet € Pairohgie,

CÉCILIEN, diacre de Carthage, fut éla évêque de celte ville en 311, après Hensifr^ nus. Les évéquea de Numidie n'ayapt point été appelés à son ordinatiouy se réunirent au nombre de soixante-six, et donnèrent le siège de Carthage à Ma^jorio. Us condamné^ rent sancompétiteursaDsTenteudreet sans l'accuser d'autre chose que d'avoir été or« donné par des traditeurs, c'es^-à-dire par ceux qui avaient £^aadonné les vases sacrés aux persécuteurs du christianisme. Donat, évolue de Gasenoire, leva l'étendard di» schisme, et plusieurs prélats africains le suivirent. L'^empereur Cooslantio ùt assem» bler à Rome uu concile de dix-aeuf évéquea pour terminer celte affaire. CécilieB fut conservé dans tous ses droits, et son accusateur Donnât eondan^né. Un concile d'Arles assemblé uu an après, en 3i&, confiroia la décision de celui de Rome. Cécilieo, absous par les évêques et soutenu par Tempereur, demeura en possession de 1 evèché de Carthdge. Il mourut vers Tan 3^, et sa mort p*éteignit point le schisuie ; TEglise d'Afri- (pie fut encore agitée pendtiut près do deux siècles. Le Cours coinplet ds P(Uralog,i$ a reproduit tout ce qu'il publia dans lu cours de c' lie dispute» qui douxia naissance à un schisme*

CÊDRÈNE (GMams), moine du xi' sièele^ a écrit une espèce de chronique ou dhis-* toire ttoiv^cseile^ depuis le commencement

du raonrlo jusqu'à Tah 105T de Jésus-Christ. De la création du monde jusqu'au règne de Dioclétien, il n'a fait que copier Georges Syncclle, en y ajoutant quelque chose du hvre de la Genèse. Ce gu'll dit des événements arrivés depuis Dioclétien jusqu'à Michel Curopalate. est tiré de la Chronique de Théophane; et il prend de Jean, prolovestiaire, la suite des temps jusqu'à Isaac Comûène, c'esl-à-dire jusqu en 1057. Cédrène cite lui-mftme dans sa préface les auteurs^ auxquels il a emprunté, et il en cite en même temps plusieurs autres dont il avait lu les écrits. Il ne dissimule pas qu'il en avait profité pour son ouvrage; mais il dit aussi qu'il y a rapporté des faits dont ils n'ont point parlé, et qu'il avait appris par la tradition des ancienà. On convient que ces faits sont en petit nombre, et qu'ils n'aioulent rien au mérite de son ouvrage. C'est Bne compilation sans critique et sans juse* ment, dans laquelle on trouve les contes les plus absurdes mêlés aux récits de l'histoire ancienne. On es peut cependant tirer qnel*-

Îne parti pour rhistoire du Bas-Empire.

ean Scjlitza, dit Curopalate, sert de continuateur à Cédrdnef et ces deux historiens se trouvent réunis dans la belle édition du Louvre, grecque et latine, donnée avec des Botes du P. Goar, et un Glossaire de Charte» Annibal Fabrat, 9 voi. ia-fol., eo 16^7. Cette édition fait partie de la ooUeetion historique connue sous le nom de Byzantine. On ne fait aucun cas des précédentes

CÉLERIN, prêtre de l'Eglise de Carthage, sous le pontificat de saint Cypri^n, confeîïsa la foi de Jésus-Christ vers le tnois de mai de Tannée 250, Après avoir souffert à Rome, pendant l'espace de dix-neuf jours, les plus Cruelles tortures sans que son coulage s& fût un instant démenti, il sortit de prison et écririt à un de ses amis, nommé Lucien^ qui comme lui avait été du nombre des martyrs, et même le chef des martyrs de Carthage. Cette lettre est pleine de modération, de prudence, d'humilité et de respecf pour la discipline de l'Eglise. Après les témoignages d'une sainte et ancienne amitié, Célerin lui marquait l'alfliction extrême que lui faisait ressentir la mort spirituelle de sa soeur, qui avait trahi lésus-Cnrîsl et sacrifié aux idoles pendant la persécution. * C'est ce qui a été cause, ajoufo-t-il, que j'ai passé dans les larmes totit ce fcmns de Pâques, qm est un temps de joie, pleurant nuit et jour sous le sac et sous la centîre. Je persévérerai dans la même afBit;tfon, jusqu'à ce que par sa grâce*, par votre intercession et par eelle que vous obtiendrez pour elle do ceux de nos frères qui attendent la couronne, Notre-Seigneur Jésus-Christ lui accorde le pardon de sott crime. Car je me smiTîens de votre charité, et je ne doute point qu'avec tous les autres vous soyex touché de la faute de nos sœurs Numérie et Candide, que vou» connaissez. Si rom intereédea pour elles auprès de Jésus-Christ, vous qui êtes ses martyrs, je crois qu'il leur ^ pardenoera en eonsidérutiou de kr pénitence

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qu'elles ont faite et des secours charitables qu'elles n'ont cessé de prodiguer à nos frères, qui vous rendront eux-mêmes témoignage de leurs bonnes œuvres. » Célerin parle dans la même lettre d'une nommée Céluse, qui s'était rachetée de l'obligation de sacrifier aux idoles en donnant de l'argent. Il la prie aussi de soumettre sa demande à tous ses frères les confesseurs. Il termine en lui disant que c'est avec bonheur qu'il lui apprend que Statius, Sévérien et tous les autres confesseurs, qui sont de retour à Carthage, lui adressent la même demande.

Cette lettre fut suivie d'une réponse, dans laquelle Lucien lui apprend qu'il accorde la paix, non-seulement à Numérie et à Candide, mais encore à toutes celles qui étaient tombées. Il lui donne les motifs d'une indulgence si générale, et lui affirme qu'il n'en use qu'en vertu d'une recommandation qui lui a été faite par le bienheureux martyr Paul. Cette lettre de Lucien fut suivie d'une lettre souscrite par tous les autres confesseurs et adressée à saint Cypvien, qui ne put retenir son indignation, parce qu'une telle condescendance tendait à ruiner toute discipline. Il convoqua un concile qui se réunit le 15 mai, et dans lequel on régla la conduite que l'on devait tenir à l'égard des tombés. (Voir la biographie du saint docteur, dans les Œuvres duquel cette lettre est publiée.)

CELESTIN I" (saint), élu pape le 3 novembre {^22, était Romain de naissance et fils de Priscus. Il succéda à Boniface 1". Il convoqua le concile d'Ephèse, où saint Cyrille le représenta, et où Nestorius fut condamné. Ce fut lui qui ordonna que les t)saumes de David seraient chantes dans 'église avant le sacrifice. Il mourut à Rome le 6 avril ik32, après un pontificat de neuf ans et dix mois. Sa piété, sa prudence, ses lumières, honorent sa mémoire, et l'Eglise l'a placé au nombre des saints.

On a de lui une lettre adressée à Vénérius de Milan, à Léonce de Fréjus et à plusieurs évèques des Gaules , pour défendre et consacrer la doctrine de saint Augustin que quelques-uns d'entre eux rejetaient, en soutenant les erreurs de Pélaçe ; un avertissement aux évéques du concile d'Ephèse, sous ce titre : Commonitorium brève: des Capitules de la grâce, composés par son ordre. Auctoritaies sedis apoêtolicœ episcopo^ rum^ de gratid Dei et libéra voluntalis arbitrio; c'est un recueil des décisions des pape£r, ses prédécesseurs, et des conciles d Airique sur la gr&ce et la liberté; une lettre décrétale de l'an 428, aux évoques de Vienne et de Narbonne, qui leur prescrit de ne point porter d'habits qui les singularise et qui les distinguo du peuple; ce qui prouve qu'alors ce n'était point la coutume, en Occident, de voir un costume particulier aux ecclésiastiques. Cette môme décrétale défend de refuser la pénitence aux mourants ; enfin elle ordonne qu'on n'élise point un

évèaue étranger, et par conséquent d(^sa« gréaole au troupeau. 11 doit avoir, dit-elle, le consentement du peuple, du clergé et des magistrats. On a. encore de lui d'autres lettres touchant l'affaire de Nestorius, doDt cinq en grec se retrouvent dans les actes du concile d'Ephèse. Nicéphore parle de trois autres lettres de ce pape, une h saint Cyrille, la seconde à Jean d'Antioche, et la troisième à Rufus de Thessalonique; mais comme elles regardent la confirmation de Proclus au siège de Constantinople, cootir» mation qui ne se fit que deux ans après la mort du pape Célestin, on doit les regarder comme supposées. On doit porter le même

t'ugement du livre de Secretis^ que le même Nicéphore attribue à ce pontife. Ce livre parait fait par quelque partisan des papes, au teinps où ils étaient nrouillés avec les évè-

3ues de Constantinople. — Les lettres et les écrétales de saint Célestin se trouvent reproduites dans le Cours complet de Patrologie.

CÉLESTIN 111, élu pape le 30 mars 1191, était connu sous le nom du cardinal Hyacinthe, diacre du titre de Sainte-Marie. U était âgé de quatre-vingt-cinq ans, et succéda à Clément IlL A son avènement, Henri Vl, désigné empereur, était venu en Italie pour se faire couronner et pour réclamer ses droits sur la Sicile, du chef de Constance sa femme ; mais comme il paraissait à la tête de ses troupes avec une attitude hostile, la consécration du pape fut différée, afin de retarder également le couronnement de l'empereur. Les Romains se rendirent au-devant de Henri, et lui promirent qu'il serait couronné s'il voûtait rendre ses châteaux de Tusculum, qui inquiétaient le pay^. Henri s'y engagea et tint parole. On dit qu à son couronnement le pape poussa d'un coup de pied la couronne qu on devait mettre sur la tète de ce, prince, pour montrer qu'il avait le pouvoir ae le déposer; mais, comme l'observe judicieusement Fleury, cette anecdote, rapportée par un écrivain anglais, est suspecte à bon titre, quand il s'agit de l'histoire d'un pape. Le pontife investit ensuite ce prince de la Pouille et de la Calabre, mais il lui défendit, comme suzerain de Naples et de Sicile, de penser à cette conquête ; ce qui n'empêcha pas Henri de faire valoir ses droits par la ibrce des armes. Après des vicissituaes assez remar-

Juables, il obtint un succès complet, qu'il éshonora par des cruautés. Célestin, zélé pour la croisade, ne cessa d'animer les princes chrétiens à cette entreprise. 11 approuva la création de l'ordre Teutonique, faite en Palestine. U excommunia Léopold, duc d'Autriche, pour avoir tenu prisonnier le roi Richard, contre le droit des gens. Il forma cjuelques plaintes contre le divorce de Philippe Auguste, mais il n'y donna point de suite. La fin de cette aSaire appartient a des temps postérieurs. Le pape Célesim mourut le 8 janvier 1198, après un pontiQcat de six ans, neuf mois et dix ^ours, ot fut enterré dans la basilique de Saint-Jean de

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