‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 79 sur 105 · CEL · texte numérisé non relu

CEL

Lairan C'était un pontife éclairé; il reste de lui dix-sept lettres» dont nous allons faire connaître les principales.

Atêx prélcUê d'Angleterre. — La première, adressée à tous les prélats d*Angleterre9 porte que le roi Richard s*étaut croisé pour aller au secours de la terre sainte» le comte de Mortain et quelques autres profitèrent de son absence pour attenter à son royaume et è la personne de Guillaume,*légat du saintsiège, à qui Richard en avait confié la ré-

{;ence. Le pape, qui avait priç ces Etats sous a protection du saint-siége, ordonna aux évCkiues de s*assembler et de dénoncer excommuniés, au son des clqches et les cierges allumés, le comte et ses complices ; d'interdire aussi tout office divin dans les terres des coupables, jusqu'à ce qu'ils se présentassent au saint-siége pour se faire absoudre, avec des lettres testimoniales du légat, à qui la liberté aurait été rendue, et des évêques,

aui attesteraient que le royaume a été remis ans son premier état. Cette lettre, datée du â décembre 1191, n'eut aucun succès.

Geoffroi, frère naturel du roi Richard et archevêque dTork, était accusé de négliger ses fonctions, de s'occuper de la chasse et autres vains amusements, de ne faire ni ordinations, ni dédicaces d'églises, ni bénédictions d'abbés; de ne point tenir de synodes, de n'avoir aucun égard pour les appels à Rome, pour les jugements du saint-siége, pour les privilèges accordés par les papes, et de tomoer encore dans beaucoup d'autres excès. Célestin 111 chargea des commissaires, choisis sur les lieux, d informer sur tous ces chefs et d'en faire le rapport au saint-siége. L'information se fit le 8 de janvier 1195, dans l'église cathédrale, en présence du clergé. I?archev6que Geoffroi ayant appelé de la commission et pris le chemin de Rome, les commissaires, après avoir prolongé de six semaines le délai de trois mois accordé

Ear le pape, y envoyèrent les informations, e prélat, toutefois, ne se présenta point au pape, ce qui engagea Célestin III à charger Simon, doyen dfe la cathédrale d'York, de la conduite du diocèse, et à priver Geoffroi de l'exercice de ses fonctions épiscopales.

Sur la croisade. — Nous réunissons dans un seul aperçu tout ce qui a trait à la croisade pour laquelle le pape Clément s'était prononcé avec ardeur. C'est dans le but de son succès qu'il écrivit, en 1192, aux évoques d'Angleterre, de travailler à la correction des mœurs dans leurs diocèses, en leur représentant que la terre sainte n'était tombée sous la domination des infidèles que ^arce que la plupart de ceux qui étaient allés pour la aéfendre avaient déplu à Dieu par leurs mauvaises actions. Il donna pou- ; Toiraux évêques d'user des censures contre ' ceux qui, par des inimitiés et par des guer- ' res particulières, empêcheraient le succèi / de la croisade. Célestin leur écrivit encore, . en 1195, pour les engager à prêcher la croisade, en promettant à ceux qui se croise- l raient de les faire participer aux indulgences ( '.«Mordées par M et par ses prédécesseurs. ^

II arriva que plusieurs de ceux qui avaient pris la croix refusèrent d'accomplir leurs vœux, ou se trouvèrent hors d'état de faire le voyage, faute d'argent ou de santé. Hubert, archevêque de Cantorbéry, ayant consulté là-dessus le saint-siége, le pape répondit que si les premiers ne fournissaient point une excuse légitime, il fallait les contraindre par les censures ecclésiastiques à accomplir un vœu qu'ils avaient fait librement; crue pour les autres on devait se contenter de leur imposer quelque pénitence et les laisser dans leur pays.

A Philippe de Dreux. — L'année suivante, Philippe de Dreux, évêque de Heauvais et petit-hls de Louis le Gros, voyant les Anglais s'avancer jusou'aux portes de cette ville, en sortit pour les repousser à la tête de plusieurs nobles et du peuple; il fut pris et uiis en prison. H s'en plaignit au pape Célestin, qui lui répondit qu'il n'avait que ce qu'il méritait, pour avoir voulu faire le guerrier contre le devoir de sa profession, et pris part à la guerre injuste que le roi de France faisait au roi d'Angleterre, pendant qu'il était absent pour la croisade. Le pape, toutefois, écrivit a ce prince en faveur de l'évêgue de Beauvais. Richard, au lieu de se laisser toucher, se contenta d'envoyer à Célestin III la cotte de mailles avec laquelle Philippe de Dreux avait été pris, en lui écrivant : Voyez si c'est la robe de voire fils? 11 faisait allusion à la parole que les enfants de Jacob lui adressèrent en lui présenlant la tunique ensanglantée de Joseph.

On cite trois bulles de Célestin IH : l'une pour la canonisation de saint Ubalde ; l'autre pour celle de saint Jean Gualbert, et la troisième pour la confirmation de la congrégation du Mont-Vierge, de l'ordre de Saint- Benoit. Le pape Céleslin III eut la faiblesse, dans ses derniers moments, de se désigner un successeur; les cardinaux refusèrent de le confirmer, sous prétexte que l'élection devait être libre, mais en réahté parce que

(plusieurs d'entre eux aspiraient en particuier à son héritage. Quel que fût le motif de cette résolution, on peut dire qu'elle maintint la règle et qu'elle épargna à l'Eglise de nouveaux sujets de troubles et de division.

* CELESTIUS, le premier et le plus célèbre des disciples de Pelage, répandit ses erreurs avec tant de succès, que plus tard on nomma indifféremment ceux qui les suivirent pélagiens ou célestins. On ne sait point quelle fut sa patrie, mais on croit que c'est lui que saint Jérôme appelle un chien des Alpes. Sa famille était illustre; après avoir passé quelque temps dans le barreau, il embrassa la vie monastique. Ce fut de son monastère qu'il écrivit à ses parents trois lettres en forme de petit livre, où il donnait diverses instructions morales, nécessaires à tous ceux qui aiment Dieu. On a parlé diversement de son caractère, mais on peut 'en tenir à ce qu'en dit saint Augustin» c'est-à-dire qu'il l'avait très-vif et qu'il eût

ca

mCTtOrtNAIfffi W PKTÈÙLûCm.

Page 1