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fm rendre de grands services à la foi, si on *eût retiré de son erreur. Injbu de l'hérésie pélagienne par Rufin lo Syrien , lorsqu'il était a Rome vers Tan &00, il la prêcha avec i^aucoup de liberté; et dès Tan ^02 il écrivit contre le péché originel. Mais sa hardiesse à propager pubuijuement l'hérésie, ne laissa pas d'être utile à la vérité. Gomme il se cachait moins que son maître, il fut découvert à Carthage, en 4-12, dans le moment môme où il aspirait & la dignité du sacerdoce. Quelques catholiaues zélés pour la foi le dénoncèrent à Aurele de Carthage, qui le fit comparaître devant un concile qui se tint peu de temps après en cette ville. Saint Augustin n'était pas du nombre des évêques qui y assistèrent ; mais comme il avait une pleine connaissance de ce qui s'y était passé, il nous apprend que le principal adversaire de Célestius fut un diacre nommé Paulin. On présenta contre lui, au concile, deux requêtes oui contenaient les articles sur lesquels il était accusé. Ils étaient au nombre de sept. On l'accusait, dans le premier, d'enseigner qu'Adam avait été créé mortel, et qu'il devait mourir, soit qu'il péchât, soit qu'il ne péchât pas; dans le second, que la loi élevait au royaume des cieux, aussi bien aue l'Evangile; dans le troisième, qu'avant la venue de Jésus-Christ il y avait eu des hommes qui n'avaient peint péché; dans le quatrième, qu'il était faux que tous les hommes mourussent par la mort et la prévarication d'Adam, et qu'ils ressuscitassent tous pa^r la résurrection de Jésus-Christ; dans le cinquième, que les enfants qui naissent sont dcins le même état où était Adam avant son péché ; dans le sixième, que le péché d'Adam Ta blessé seul et non le genre humain ; dans le septième, que les enfants, quoiqu'ils ne reçoivent point le baptême, ne laissent pas de parvenir è la vie éternelle. Saint Augustin, qui rapporte en deux endroits quatre de ces articles, remarque qu'il ne se souvient pas qu'on les eût tous objectés à Célestius dans le concile de Carthage. Marius Mercator, qui avait en main les actes mêmes du concile, nous assure que Célestius y fut accusé sur tous ces chefs, et il marque expressément que les évêques les déclarèrent tous hérétiques et contraires à la vérité. Us ordonnèrent à Célestius de les condamner, mais il n'en voulut rien faire ; sur quoi le concile, le voyant endurci, incorrigible, et convaincu d'erreur, prononça contre lui la sentence <ju'il méritait, c'est-à-dire l'excommunication. Célestius se retira d'Afrique et s'en alla à Ephèse : là il eut lu hardiesse de se faire ordonner prêtre par surprise. Il vint ensuite h Constantinople, d'où l'évêque Atticus le chassa, après avoir découvert ses erreurs. Il éciivit même contre lui aux évê-
2ues d'Asie, à ïhesâaloi^que et & Carthage. éiestius, chassé de Constantinople, prit sa route vers &ome, où Zozlaie venait de succéder à Innocent. U se présenta à ce pape pour se purger des impressions que l'on ^vait données de lui au saint-siége; mais
Zoziroe confirma, comme nous TafODs dit, la sentence portée contre hii par le eenetto de Carthage. Célestius fut même oliaMé de Rome par Honorius et Constance; et comme il se présenta de nouveau au pape Céteslin, en 424, pour lui demander audience, ce
gape le fit chasser de l'Italie. Les erreurs de élestius furent condamnée» de nouveau dans un concile de Palestine, où Félage même fut contraint de les analhémetiser, après avoir dit qu'il ne savait si Célestius les avait enseignées. Elles étaient toutes différentes de celTos qui sont renfermées dans les sept articles condamnés par le eoncile de Carthage, et regardaient partieulièremem les matières de la grète. Céteslius y enseignait que la grftce de Dieu et son seeours ne nous sont point donnés pour chacrue actioir; que cette grAce consiste dans le libre arbitre, ou dans la loi et la doctrine; que la grâce nous est donnée selon nos mérites, Dieu ne pouvant, sans paraître injuste, raccorder aux pécheurs; qu'ainsi cette grâce est entièrement à la disposition de la volonté. Comme les catholiques réfutaient ses erreurs par divers imssages des Ecritures, il tâchait de les éluder en alléguant des passages qui lui paraissaient opposés. On trouve plusieurs fragments de ses écrits dans les QEuvres de saint Jérôme et de saint Augustin, comme on peut s'en convaincre en les consultant dans le C<n»r8 eample$ 4e Pûir^
• logie.
CBLSË, était un ebrétien instruit, des pre- . miers siècles. Jugeant que le livre d'Aptou de Pella, intitulé : AUncaiign ou Dispute entre Jasan eê Papisque^ pourrait être utile pour convaincre les Juifs, il le traduisit de grée en latin, et l'adressa à un saint évîquo nommé Vigile, qui savait également les deui . langues, afin ou il pût juger de la fidélilt' de sa traduction. Nous avons encore sa préface; mais l'ouvrage , qui , au rapport d'Origène * était petit, n'est pas venu jusau^à nous. Il parait que ce traducteur vivait dans le temps des persécutions, puisqu'il prédit à Vigile la couronne du martyre, et qu'il le prie de se souvenir de lui dans le ciel. Plusieurs auteurs prétendent que ce Vigile est le nème qui fat évéqoe de Tapse, vers Tan 4Wk; et dom Ceillier avoue qu il serait Jiili; eile de prouver sans réplique que Celse lui ait été bien antérieur.
CELSE, philosophe épicurien du a' siècle, publia sous Adrien Un libelle plein de lueusonges et d'injnres contre le judaïsme ei k christianisme, et osa lui donner le titre de Discoursée vérité. Il reprochait aux juifs convertis d*avQir abandonné leur loi, et aui autres chrétiens d'être divisés en plusieurs sectes qui n'avaient rien de commun que le nom. Il ne voyait pas qu'il confondait les sectes séparées de l'Eglise avec TËgli^^^ même. Habile à donner un tour ridicule aux histoires de l'Ancien et du Nouveau ïesUment , saisissant avec art tout ce qui ^^ ces deux sources sacrées pouvait serm « inspirer aux gens du monde du taéfrU |)eur
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DICTIONNAIRE DE PATROLOGIË.
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In nouvelle religion, il narodiait avec autant d^esprit que de perfidie les plus saintes maiimes des a])dli^s , faisait ded plus grands mystères un ofayetde dérision, et travestis* sait d'utie manière grotesque les faits rap- ]) »rtés par les évangélistes. Son érudition n'était pas profonde» mais elle était assez étendue et assez variée pour alimenter ses tnh^ats, déjà trop insidieux par eux-mêmes. l'i*ise est le premier auteur païen qui ait é^rit contre la religion de Jésus-Christ, et Ton coni^oit que» chez un peuple enclin à la raillerie comme les Grecs» il dut plus nuire aux chrétiens par ses sarcasmes et ses plaisanteries que n'aurait pu faire le dialecticien le plus hahile par des discussions savantes. L'ouvrage de Celse ne nous est point parvenu ; mais Origène nous a conserve tout se qu'il contenait d'essentiel, dans la célèbre réfutation qu'il en fit paraître un siècle après, et qui est regardée comme l'apologie la plus complète et un des plus beaux monuments que nous ait légués rantiquité ecclésiastique. C'est donc parmi les Oeuvres de ce fervent apologiste qu'il faut chercher les fragsienis qui nous restent de l'écrit de Celse, reproduit dans le Cours complet de Patro^ hgie,
CËNSORINBS» au rapport de Mammert CUudien» était du nombre de ces grammairiens habiles qui font honneur à leur siècle. Aiimio » dans sofi livre de septem artibus » rélève au rang des Palémon» des Probus et des Phoeas. Quoique ignorant des mystères de la religion, ii a laissé un livre très-remarquable sur lu Natwiié de Jésus-Christ . Cerelhiis, qui l'a feit connaître le premier, croit oue 1 auteur vivait au milieu du m* siècle. Ceiouvrage se trouve reproduit dans le Coun camphi de PatroiogU^
CÉOLFRID, ifut choisi en 690 pour succéder à saint Benoit Biscop dans le gouvernement des deux monastères qu'il avait»fondés, Tun à Wiremoulh , et Tautre à Jarow , le preuiier dédié à saint Pierre et le second à saipt Paul. Céolf^id, devenu abbé de ces deux monastères, en accrut les revenus, bâtit plusieurs oratoires et les pourvut d'ornements et de vases sacrés. H s'ap^iqua particulièrement à augmenter la bibhotnè-
aue que son prédécesseur avait commencée. ^n remarque qu'il y mit, entre autres, trois bibles de la version de saint Jérôme, qu'il avait rapportées de Rome, et un livre do cosmographie d'un travail merveilleux. Pour COuserviT la franchise de ses monastères, il obtint du pape Sergius un privilège semblable à celui que son saint prédécesseur avait obtenu du pape Agathon, et il eut soin dans un concile de le contirmer par la souscriplion dea évèquea et du roi Alfred. On voit» par un feagment du rescrit de Sergius» qu'il avait chargé cet abbé d'envoyer le prêtre Bède à Rome» pour assister à la discussion de certaines atllaires ecclésiastiques» circonstatu^e que Bède n'a point rapportée par modestie. On ne lit nulle part que Sergius ait invité Céolirid à faire oe voyage avec Bède. il se mit toutefois en chemin» après avoir fait
nommer un autre abbé k sa place; mais les fatigues de la route, jointes à son grand âge» le forcèrent de s'arrêter h Langres, où il mourut le S5 septembre 716, à Tâge de soixanle-quatorze ans, après avoir gouverné pendant vingt-huit ^ns les monastères de Wiremouth et de Jarow. Bède , qui avait été son disciple, le représente comme un homme d'un esprit subtil et pénétrant, prudent cl laborieux, plein de zèle pour la religion» de fermeté pour le maintien de la discipline, et surtout très-instruit dans les lettres divines et humaines*
Lettres. — Ce fut à lui que Naïton, roi des lactés ou Ecossais, s'adressa, vers Tan 710, pour l'aider à ramener son peuple à l'observance catholiaue touchant la célébration de la pâque. Céouridlui répondit par une longue lettre» dans laquelle il s'applique à lui prouver par l'Ecriture qu'il y a trois choses sur lesquelles il n'est pas permis de varier : savoir, nu'on doit célébrer la pâque le premier mois de l'année, la troisième semaine de ce mois, et toujours le dimanche. 11 cite à ce propos divers passages, auxquels il joint
Klusieurs raisonnements qui tendent à étalir l'usage de l'Eglise touchant la pâque. Puis il rapporte les cycles d'Eusèbe de Césarée» de Théophile d'Alexandrie, de saint Cyrille, et celui de Denis le Petit» qui durait encore de son temps. Venant ensuite à la tonsure cléricale» il convient qu'elle n*était point uniforme parmi les apôtres, qu'elle est une chose indifférente en elle-même; mais il ne laisse pas de soutenir que Ton doit suivre en ce point l'exemple de saint Pierre» qui portait une couronne entière, plutôt que celui de Simon le Magicien, dont la couronne n'était que par devant. Il avance ces faits comme appuyés sur une tradition constante. En remarquant que si l'usage de la couronne en«tière devait prévaloir» cQ n'était point parce que saint Pierre l'avait portée ainsi» mais parce au'il l'avait portée en mémoire de la passion de Jésus-Christ» ^ qui Ton mit une couronne entière d'épines. La lettre de Céohfrid ayant été lue en présence du roi Naïton, des seigneurs de la cour et de plusieurs doctes personnages» tous en rendirent grâces à pieu; et il fut résolu que Ton se conformerait, pour la pâque, à l'usage de l'Eglise d'Angleterre» qui était celui de l'Eglise romaine ; qu*îi cet effet on ferait des copies du cycle pascal de dix-neuf atvs» au lieu de quatre-vingt-quatre ans; et que» pour la tonsure» tous les clercs du royaume la porteraient tout entière.
CEPONIDS, moine du v* siècle» a laissé quelques poésies qui sont venues jusqu'à nous» et que Ton retrouve dans le Cours coti^ plet de fofroïogie.
CÉRAMÉUS (TaiopuiNE)» né à Taormine en Sicile, ou dans une ville voisino nommée Haschalis, y ifut élevé dans les sciences» comme il le témoigne lui-même dans son homélie sur saint André. Admis dans le clc^rgà» il fut fait archevêque de Taormine» sous le règne de Roger 11 , conUe et depuis voi de la Sicile et de la PouiUe« Ia {mj^M/QO dei
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Sarrasins était alors considérable!; aussi Théophano prie-t-il Dieu, dans deux de ses homélies, de protéger le roi Roger contre les assauts de ces enfants d'Agar, véritables Is* maélites qui s'efforçaient de détruire la vraie religion. Toutes ces circonstances servent à fixer répoque de son épiscopat, qui n'a pu commencer qu'après 1130, puisque c'est en cette année qu'à l'occasion de son mariage avec sa sœur, l'antipape Anaclet accorda au comte Roger le titre de roi, qui lui fut confirmé en 1139 par le pape Innocent IL
On a de Théophane Céraméus un grand nombre d'homélies, savoir, quarante-cinq sur les dimanches et soixante-deux sur les diverses fêtes de l'année. Elles ont été traduites en latin parle jésuite François Scorfe, et on les trouve reproduites, avec ses notes, dans la Bibliothèque des Pères de Cologne et de Lyon. Théophane remarque dans la cinquième que depuis longtemps il était d'usage dans llSglise de lire l'Evangile de saint Jean depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte; celui de saint Matthieu depuis cette solennité jusqu'à la fin de l'année; puis celui de saint Luc depuis le commencement de l'année jusqu'à P&ques. On réservait celui de saint Marc pour les jours de jeûne. La vingtième homélie est sur le premier dimanche de carême, jour où les Grecs célébraient la mémoire du rétablissement du culte des images. Cinq nouvelles homélies, découvertes plus récemment, ont été insérées par Baronius dans ses AnnaUê^ sur l'an 8^2.
CÉRÉALiS, Africain de nation et évêque de Castelloripse en Mauritanie, fut un des prélats catholiques de l'Eglise d'Afrique qui souscrivirent au livre d'Eugène. Il florissait en &8S. Provoqué par Maximien, évêque arien des Ammonites , il eut avec lui, à Carthage, sur la foi à la Trinité, une dispute dans laquelle il renversa tous ses sophismes avec les seuls arguments de l'Ecriture. Voici
âuelle fut l'occasion de cette dispute. Comme était à Carthage, dans le voisinage de ces villes ravagées par resi)rit d'erreur, Maximien vint le trouver et lui dit : « Voyez-vous ce qu'ont produit vos péchés? Dieu vous a donc abandonnés? — Pourquoi, répond Céréalis , nous aurait-il abandonnés plutôt que vous, qui avez rejeté la vraie foi, et qui tous les jours assassinez les Ames au nom du christianisme? — Eh bien, si vous professez lavraiefoi,repreildMaximien,jevoussoumettrai quelques questions sur votre symbole, et je ne demande contre chacune de mes pro-
{positions qu'un ou deux témoignages de 'Ecriture pour m'avouer vaincu. — Ce n'est pas un ou deux, mais une masse de témoignages que je mo charge de vous produire, poursuit Céréalis.— Soit, répond Maximien, mais commencez par vous expliquer. » Et là-dessus Céréalis démontre comment le Fils est égal à son Père ; comment les trois personnes de la Trinité ne forment qu'un seul Dieu ; comment le Père a envoyé son Fils, «t comment il l'a glorifié. Il expUque le sens de ces paroles de Jésus-Christ : Mon Pirt yfêi plm^grani jim moi, et de ces autres pa-
rôles de l'Evangile oii il est dit que le Père a livré son Fils. Il venge la libre puissance du Fils. Il répond à ceux qui placent le Père avant le Fils, sous prétexte que le générateur est antérieur à l'engendre, et à ceux qui soutenaient que le Père avait commandé au Fils pour s'en faire aider dans l'œuvre de la création. Il montre que l' Esprit-Saint est Dieu, qu'il est créateur, qu'il est vivirïcateur, u*il est tout-puissant, d'une puissance et 'une volonté qui lui sont propres. Il prouve aue la trinité en Dieu est essentiellemeot
I unité, et que le Fils de Dieu est invisible.
II détruit le système de ceux qui disaient que le Père a engendré son Fils, et que lo Saint-Esprit a produit toutes choses. Si le Père est quelquefois nommé avant le Fils, il montre par plusieurs passages de l'Ecriture que le Fils est aussi souvent nommé avant le Père. Enfin il finit en expliquant cette parolede l'Ecriture oùil estditquelePèreatoul soumis à'son t'ils, et il lui suffit de cette parole de TAnôtre pour la justifier : Cum traaideritregnm Veo et PatrL — Maximien, n'ayant rien à répondre à ces arguments, différait de jour en jour. Céréalis lui dit : « Avec la grâce de Dieu je vous ai répondu; pourquoi ne me répondez-vous pas? » Mais comme il continuait à garder le silence, le juge de la discussion dit à l'évèque Céréalis : « RetGu^ nez à votre Eglise ; si Maximien n'a rien répondu, c'est qu'il manquait de raisons ou
Su'il n'a rien voulu répondre, mais Dieu a éjàjugé entre vous deux. »
CMINTHE, fameux hérésiarque du temps des apôtres, disciple de Simon le Magicien, commença à publier sa doctrine vers l'an 5^ Né à Antioche d'une famille juive, il étudia à Alexandrie sous les philosophes qui faisalent alors la célébrité de cette école. Fier des connaissances qu'il y avait acquises, il alla à Jérusalem et y forma une faction entre les juifs, en cherchant à allier les cérémonies de la loi ancienne avec les préceptes de l'Evangile. Les troubles qu'il excita dans cette Eglise provoquèrent le zèle des apôtres. Il fut anatbématisé, déclaré hérétique, et chassé de l'assemblée des fidèles. Furieux de se voir ainsi traité, il passa en Asie, et y forma une secte, mélange bizarre de la philosophie orientale, des idées judaïques et des dogmes du christianisme. Sans nous arrêter à ses erreurs sur la création du monde, qu'il attribuait à une puissance distincte du Dieu suprême, quoique élevée au-dessus de toutes choses; sur li production de certains génies chargés de gouverner l'univers, . et dont l'un était devenu le législateur des Juifs sous le nom de Moise, nous ferons remarquer qu'il attribuait la naissance de Jésus-Christ à cette même puissance. Il enseignait que Jésus-Christ était né de Joseph et de Marie par la voie ordinaire de la génération, mais qu'au moment de son baptême, le Christ éuit des^ cendu sur lui en forme de colombe, lui avait communiqué la puissance de faire des miracles, et qu'il était resté ainsi avec lui jusqu'au moment de sa mort, époque à la
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guelle le Christ était remonté vers son Père, érinthe prétendait donc gue le Christ et Jésus étaient deux êtres différents, dont le premier était un esprit et le second un nomme. Cet hérésiarque exigeait de ses sectateurs qu'ils adorassent le Père du Christ avec le Christ lui-même, et qu'ils se conduisissent d'après les préceptes de Jésus. Pour les y encourager, il annonçait que Jésus redescendrait sur la terre, qu'il régnerait mille ans dans la Palestine, et que ce règne serait suivi pour eux d'une félicité éternelle. C'est là ce qui a fait considérer Cérinthe comme le premier auteur du millénarisme, mais bien différent de celui rêvé par quelques anciens Pères, et qui ne devait rien avoir de grossier et de sensuel. Saint Jean écrivit son Evangile à la prière des fidèles, pour le réfuter. On ajoute même qu'ayant rencontré Cérinthe dans des bains publics, il se retira en disant : « Fuyons, de peur que nous ne soyons abîmés avec cet ennemi de Jésus-Christ. » Il avait écrit aussi une Apocalypse qu'on a quelquefois prise pour celle de saint Jean. Cérinthe laissa après lui des disciples aui développèrent ses erreurs et qui se coniondirent avec les marcionites et les autres sectes que saint Paul combat dans le premier chapitre de sa première Enltre aux Corinthiens. Ce qui nous reste aes écrits de cet hérésiarque se trouve reproduit dans le Cours complet de Pairologie.
CÉRtiLARIUS (Michel), patriarche de Constantinople après Alexis, en 1043, se déclara dix ans plus tard contre l'Eglise romaine, dans une lettre qu'il écrivit à Jean, évêque de Trani dans la Fouille, afin qu'il la communiquât au pape et à toute IlSglise d'Occident. « Outre 1 addition Filioque mie au Symbole, et l'usage du pain sans levain pour le sacrifice, Cérularius, dit le P. Longueval, faisait un crime aux Latins de man-
Î;er de la chair le mercredi, 'des œufs et du romage le vendredi, et de manger de la diair d'animaux étouffés ou immondes. Il trouvait même mauvais que les moines qui se portaient bien usassent de la graisse de porc pour assaisonner leurs mets, et qu'on servît de la chair de porc à ceux qui étaient malades; que les prêtres se rasassent la barbe, et que les évèques portassent des anneaux au doigt, comme des époux ; qu'à la messe, au moment de la communion, le prêtre maneeât seul les azymes, et se contentât de saluer les assistants ; enfin qu'on ne fit qu'une immersion au baptême, x» Ce* rularius, trouvant dans ces différents reproches, la plupart frivoles, un prétexte pour consommer le schisme, fit fermer les églises des Latins à Constantinople, et ne garda plus de mesure. Léon IX commença par faire une réponse savante et étendue a la lettre de Cérularius; ensuite il envoya à Constantinople des légats qui Texcommunièrent. Ce patriarche les excommunia à son tour, et depuis ce temps-là l'Eglise d'O* rient demeura séparée de l'Eglise romaine. Ce prélat ambitieux fit soulever le peuple
DicnoNii* DE PâteologieT l7^
contre Michel VI, qui ne se prêtait pas à toutes ses vues. Il favorisa l'élection d'Isaac Comnène, que les ofliciers de l'armée avaient mis à sa place. Cérularius ne cessa de de* mander des grâces au nouvel empereur; quand ce prince les refusait , il osait le menacer d'abattre l'édifice qu'il avait élevé. II eut même la témérité de prendre la chaussure écarlate , qui n'appartenait qu'au souverain , disant qu'il n y avait que peu ou point de différence entre l'empire et le sacerdoce. L'empereur Isaac Comnène, indigné de son audace et redoutant son ambition, le fit arrêter en 1058, et Texila dans l'île Proconèse. L'empereur s'occupait des moyens de le faire déposer, lorsqu'ilmourut la même année, dans le lieu de son exil, victime de son ambition et de son orgueil. Baronius nous a conservé de ce patriarche trois lettres qui se trouvent re()roduites (Jans le Cours complet de Patrolodie, Ces lettres ont trait aux affaires du scnisme, et révèlent dHns Cérularius l'homme que nous avons dépeint dans cet article, un ambitieux entêté et plein d'orgueil.
CÉSAIRË (saint), que l'Eglise de France met au nombre de ses docteurs, naquit dans le territoire de Châlons-sur-Saône, en 470, d'une famille distinguée par sa noblesse et où la piété était héréditaire. Le fils montra de bonne heure qu'il ne devait pas dégénérer. N'étant encore âgé que d'environ sept ans, il se sentait déjà tant de compassion pour les pauvres, qu'il se dépouillait de ses propres habits pour les en revêtir. Il répondit parfaitement aux soins que prirent ses parents de lui donner une éducation chrétienne. A l'âge de dix-huit ans, il alla s'offrir à son évêque, oui lui coupa les cheveux et s'empressa de ragréger à son clergé; mais le désir d'une plus haute perfection le conduisit, deux ans après, au monastère de Lé« rins, célèbre par les hommes 'recommandablés q[u'il retuermait, et regardé comme la pépinière des évèques des Gaules. L'abbé Porcaire lui confia l'emploi de cellérier; l'exactitude avec laquelle il s'en acquitta déplut à quelques moines, et il ne put faire cesser leurs murmures qu'en se démettant de sa charge pour se livrer entièrement aux exercices de la vie monastique. Sa santé, dérangée par le climat malsain de l'île de Lérins, et affaiblie par ses austérités, obligea ses supérieurs de renvoyer à Arles, pour y respirer un meilleur air et mettre quelque trêve à ses mortifications. L'évêque Eane, son compatriote et son parent, rattacha à son église en lui conférant les ordres sacrés, lui donna la conduite d'un monastère situé dans une lie du Rhêne, et le désigna, en mourant, pour son successeur. Césaire, effrayé d'un tel fardeau, alla se cacher au milieu d'anciens tombeaux romains, ddtat on voit encore les ruines , à peu de distance d'Arles. Il y fut découvert, et obligé de céder aux vœux du clergé et du peuple, qui le portèrent malgré lui, en 501, sur le siège vacant. Sa première opération fut de se décharger du soin du temoorel sur des diacres
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MCnOîmAfRE DE PATROLOGW.