‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 82 sur 105 · GHA · texte numérisé non relu

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rêler simplement à ce que le Seigneur a enseigné, qu'il est encore nécessaire de suivre et d'imiter les exemples qu'il nous a laissés. Sachant qu'elle possédait de la libéralité des rois de quoi faire l'aumône, elle lui recommande de la faire abondamment; puis, venant au gouvernement de sou nouveau monastère, elle l'avertit de n'y recevoir aucune fille à qui elle ne fasse apprendre les lettres et le Psautier par cœur. Elle l'assure en même temps que l'observation de la règle de saint Césaire, qu'elle lui envoie, lui procurera à elle et à ses filles la possession de la vie éternelle. Elle lui conseille de modérer ses austérités, disant qu'une abstinence trop rigoureuse la mettrait non-seulement hors d'état de gouverner sa communauté, mais l'obligerait même à s'accorder quelque soulagement, qui tiendrait un peu des délices du siècle, et à ne pouvoir puis suivre les heures des repas prescrites par la règle, qui doit lui servir de modèle en tout. Elle insiste beaucoup sur le danger qu'il y a pour des religieuses de converser familièrement avec des hommes, parce qu'encore qu'elles ne se sentent coupables de rien, elles ne peuvent s'assurer de ne point contribuer à la perte de ceux avec qui elles s'entretiennent ae la sorte. Elle lui recommande une égale sollicitude pour chacune de ses sœurs ; et, riches ou pauvres, elle veut qu'elles s'aiment entre elles avec la même charité. Cette lettre, qui est solidement écrite, est adressée aux saintes Richilde et Radegonde; ce qui donne lieu de croire

3ue Richilde, que l'on ne connaît point 'ailleurs, était abbesse du monastère de Hainte-Croix avant que sainte Radegonde en eût donné le gouvernement à Agnès. Fortunat a fait en peu de mots l'éloge de sainte Césarie. Sa lettre se trouve dans le 1*' tome des Anecdotes de dom Martène.

GHALCIDIDS, est mis par Jacques de Cessale au nombre des écrivains qui vivaient au iv* siècle ; quoique sa religion n'ait jamais été bien autnentiquement prouvée, on croit cependant avoir des motifs assez plausibles d'affirmer qu'il était chrétien. On a de lui une traduction latine d'une partie du Timée de Platon, qui se trouve à la fin du second volume des Œuvres de saint Hippolyte, imprimées h Hambourg en 1718. C'est ainsi qu'elle a été reproduite dans le Cours eom^ plet de Patrologie,

CHARLEMAGNE ou Charles lb Grand,

roi de France et empereur d'Occident, second fils de Pépin le Bref, naquit en 742, au chftteau de Salzbourg, dans la haute Bavière. Nous ne rappellerons qu'à grands traits les points principaux de sa biographie, car ce n'e^t ni le roi ni le conquérant que nous avons à étudier ici, mais le savant chrétien et le restaurateur des lettres en France. Ses premiers exploits furent contre les Saxons , et après quelques alternatives de revers couronnés par les plus beaux succès, il eut la gloire de soumettre le fameux Yitikind et

d'en faire oour l'Etat et pour la religion le

«lus zélé et le plus intrépide défenseur, ainqueurde Didier, roi des Lombards, en 774 , il se fit proclamer souverain de la Lombardie, et rendit au pape Adrien l'eiar* chat de Ravenne que ce prince avait usurpé. Par reconnaissance, le pape confirma au vainqueur la possession du patriciat de Rome, avec le droit d'ordonner de l'élection des papes et de la confirmer. Plus tard, devenu maître de l'Allemagne, de la France et de l'Italie, Charles marche à Rome en triom* phe, se fait couronner empereur d'Occident par Léon III, en l'an 800, et renouvelle l'empire des Césars, éteint en 476, dans Augustule. On le déclara César Auguste ; on lui décerna les ornements des anciens empereurs romains, surtout l'aigle impériale ; on un mot, toutes les formules consacrées furent suivies en cette solennité. Nicéphore, empereur d'Orient, qui recherchait son amitié, lui envoya des ambassadeurs pour assurer la paix entre les deux empires. Charles les reçut avec un appareil imposant, et se plut à accumuler merveilles sur merveilles pour frapper leur imagination. Un traité avantageux pour le nouvel empereur fut le fruit de ce magnifimie étalage. 11 po^ tait que Charlemagne et Nicéphore auraient également le titre d'Auguste, que le premier

(^rendrait le titra d'empereur d'Occident, et e second celui d'empereur d'Orient. Depuis Bénévent jusqu'à Rayonne et de Bayonoe jusqu'en Bavière, tout était sous la puissance de Charlemagne. Qu'on suive les limites de son empire, et l'on verra (m*il possédait toute la Gaule, la plus sranae partie de la Catalogne, la Navarre et l'Aragon ; la Flandre, la Hollande et la Frise ; les provinces de la Westphalie et de la Saxe jusqu'à l'Elbe ; la Franconie, la Souabe, la Thuringe et la Suisse ; les deux Pannonies, c'est-àdire l'Autriche et la Honçie, la Dace, la Bohème, ristrie, la Libumie, la Dalmatie et différents cantons de l'Esclavonio ; enfin toute l'Italie jusqu'à la Galabre inférieure, puisou'il avait conservé ses droits sur le duché (fe Rome et les autres parties des Etats de l'Eglise. Vainqueur partout , il s'appliqua à policer ses Etats, rétablit la marine, visita ses ports, fît construire des vaisseaui, forma le projet de réunir le Rhin au Danube par un canal, pour la jonction de l'Océan et du Pont-Euxin. Il avait donné des lois les a^ mes à la main, il les soutint dans la paix et en ajouta de nouvelles. Mais ce n'est pas seulement par ses conquêtes qu*il fut graod, il le fut encore par l'amour des lettres, dont nous avons dit qu'il fut le protecteur et le restaurateur. Son palais fut l'asile des scieùces. On tint devant lui des conférences qu'on peut regarder comme l'origine de nos académies. Les lumières alors n'étaient pas très-répandues. Alcuin, Eginhard, Pierre de Pise, Théophane de Constantinople et Je patriarche Nicéphore, étaient à peu pr^s tout ce qu'il y avait d'hommes instruits en Europe. Il faut pourtant y ajouter Laidrade, Théodulphe, les archevêques de Trêves et de Mayence, l'abbé de Corbie et Paul Wwrej

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DICTIONNAIRE DE PATROLOCIE.

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qui lui enseigna la littérature grecque et latine. Tous ces savants furent comblés de biens et de caresses. L'Eglise lui dut le chant Grégorien^là convocation de plusieurs conciles la fondation d*un grand nombre de monastères. Outre Técole de Paris au'il établit, il en érigea dans toutes les églises cathédrales, et fonda à Rome un séminaire. Charlemagne partagea ses Etats entre ses trois fils. « Ce qui est à remarquer dit le président Hainault, c*est aue ce prince laissa à ses peuples la liberté de se choisir un maître après la mort des princes, pourvu qu'il fût du sang royal. » Mais ce qui est plus singulier encore, c'est la disposition portant que s'il s'élève quelque différend entre ses trois successeurs, ils auront recours, non à la bataille ou à la preuve par le duel, mais au jugement de la croix. On doit regarder cette disposition comme un tribut que sou

Îjénie paya aux préjugés de son siècle. Charemagne mourut le 28 janvier 81^, dans la soixante-onzième année de son â^e, et la quarante-septième de son règne. Suivant les historiens contemporains, c'était l'homme le plus haut de taille et le plus fort de son torops. On l'enterra à Aix-la-Chapelle, avec les ornements d'un chrétien pénitent et ceux d'un empereur et roi de France. Paschal III mit ce prince au nombre des saints en 1165 ou 1166, et Louis XI ordonna que sa fête serait célébrée le 28 janvier. On la solennise dans plusieurs églises d'Allemagne, quoiqu'en d'autres, comme à Metz, par exemple, on fasse tous les ans un service pour le repos de son Ame. Quoi qu'il en soit, le paganisme lui aurait sans doute accordé 1 apothéose, parce qu'il la méritait ; mais pour lui rendre les honneurs de la sainteté, nous avons besoin que l'Eglise confirme, par ses usages, la décision d'un de ses pontifes. Maintenant que nous avons esquissé l'homme et le monarque, il nous reste le savant, et nous ne croyons le mieux faire connaître que par l'analyse de ses ouvrages.

CapitulaireS' — Les plus connus et les plus importants de ses écrits sont ses Capitulaires. C'est ainsi qu'on nomme les ordonnances des rois à cette époque ; règlements pleins de lumière et d'équité établis pour maintenir le bon ordre entre les divers pouvoirs de la monarchie. Les uns regardent les matières ecclésiastiques et les autres celles qui sont purement civiles. Tantôt ces ordonnances étaient rendues par les conciles, et alors le prince les autorisait ; tantôt c'était le prince qui les dressait lui-même, et après les avoir fait confirmer par les évô-

S|ues et les grands de son royaume, les aisait publier, afin qu'ils fussent observés comme une loi de l'Etat. Ainsi ces Capitulaires renferment donc en même temps et la collection des ordonnances de Charlemagne et les actes des conciles qui se tinrent sous son règne.

Benoit, diacre de l'église de Mayence, nous apprend de quelle manière on s'y prenait pour les dresser. C'étaient ordinairement les membres les plus savants du clergé qui

étaient chargés de recueillir des livres de l'Ecriture, des anciens canons et des lois les plus autorisées de l'Eglise, du droit et des coutumes des nations ce qu'il y avait de

f)lus convenable pour le gouvernement de 'Etat. De ces extraits on composait les Capitulaires, divisés par chapitres ou articles, dans lesquels on laisait entrer tout ce qui avait rapport, suivant les besoins présents, tant à la religion et aux mœurs qu à l'exercice de la justice ecclésiastique et séculière. — Le cardinal Baronius s'était imaginé que Charlemagne, malgré la longueur d'un règne de quarante-sept ans , n'avait publié qu un petit nombre de Capitulaires ; mais de nouvelles découvertes de ces monuments historiques empêcheraient cette opinion de f)Ouvoir se soutenir, encore que Baluze ne 'aurait pas solidement réfutée. Avant la nouvelle édition des OEuvres complètes de Charlemagne faite par M. l'abbé Migne, la collection la plus volumineuse des Capitulaires de ce grand empereur était celle reunie par le savant que nous venons de nommer ; mais le nouvel éditeur en a ajouté un grand nombre d'autres, fruits de récentes recherches bibliographiques et édités par Pertz, dans ses Monumenta Germaniœ historica.

Nous allons, par ordre de date, donner l'analyse de quelques-uns des principaux.

Le premier que l'on possède sous le nom de Charlemagne est de 769, c'est-à-dire du commencement de son règne. Il est semblable en plusieurs points à celui que Carloman publia en 1k2. Charles le fit à la prière de tous les fidèles, et de l'avis des évèques et des prêtres. Il est divisé en dix-huit articles qui tous tendent au rétablissement et & la conservation de la discipline ecclésiastique. II y est stipulé qu'on privera du sacerdoce les prêtres qui auront eu plusieurs femmes ou qui se seront rendus coupables de meurtre sur des chrétiens ou des païens. Il enjoint aux prêtres d'avoir grand soin d'engager les pécheurs h la pénitence, et de ne laisser mourir ni les pénitents ni les infirmes, sans les avoir réconciliés par l'onction de l'huile sainte et le divin viatique. Us devront ol)server eux-mêmes et annoncer aux peuples lesijeûnes des Quatre-Temps. Ils veilleront à ne célébrer la messe que dans des églises dédiées au Seigneur, ou,s*ils sont en voyage^ dans des lieux et sur des tables de pierre consacrées par l'évêque. Aucun juge ne pourra punir un prêtre ou un diacre sans le consentement de l'évêqne.

Le second , publié à Uéristal au mois de mars 7T7, fut rédigé dans une assemblée d'évêques, de seigneurs et d'abbés. Il comprend vingt -trois articles qui regardent aussi la discipline ecclésiastique , mais qui s'occupent en même temps de la police séculière. Voici ce que nous y trouvons de plus remarquable. Les évèques sutfragants seront soumis , suivant les canons , à la correction de leur métropolitain. Dans les monastères, soit d'hommes, soit de filles, la règle sera observée et le bon ordre maintenu. Chaque abbesse sera obligée do résider continuelle^

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ment dans son monastère. Les évêques n'ordonneront point les clercs d'un antre diocèse, et, dans quelque degré que ce soit, ne les recevront dans leur clergé. Chacun payera la dime, et ce sera à 1 évoque d'en faire la distribution. L'Eglise ne prendra point la défense des homicides , ni de cpui qui sont coupables de mort selon les lois ; et s ils se réfugient dans les temples , on ne leur donnera point h mangf»r. On régla dans la même assemblée la manière de faire des prières pour le çrnce, et de percevoir les contributions, soit pour son armée, soit pour Teulretîen des ponts.

Vers lan 788, Charlemagne publia une eonstitution pour la correction des livres de l'Ecriture, altt^rés par la négligence ou l'ignorance des copistes , et pour la réforme dos abus qui s'étaient glissés dans la célébration des offices ecclésiastiques. Il dit que depuis longtemps déjà il avait fait corriger avec beaucoup de soin tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, établi, à l'exem-

fde de Pépin, le chant grégorien dans toutes es églises de ses Etats , et donné ordre à Paul Diacre de travailler à un nouveau cours d'offices pour toute l'année , en choisissant les plus beaux passages dans les œuvres des Pères catholiques, pour en faire des leçons qui eussent des rapports à la fôte du jour; ce qu'il avait exécuté. Chariemagne ajoute qu'ayant examiné l'ouvrage de Paul, distribué en deux volumes , il l'avait approuvé, et voulait qu'il fût lu dans toutes les églises.

En 788, le prince se trouvant à Ratisbonne, comme on le croit, fit rédiger un petit Capitulaire en huit articles , pour réprimer divers abus , la plupart par des peines pécuniaires; il n'y à que le dernier article qui revienne sur la défense faite plus haut aux évô- 2ues de recevoir des clercs d'un diocèse tranger sans le consentement de leur évoque légitime.

L'année suivante vit éclore quatre ou cinq autres Capitulaires. Le premier et le plus considérable contient quatre-vingts ou quatre-vingt-deux articles, suivant l'édition des conciles. Il est daté d'Aix-la-Chapelle, et consacré presque en entier aux intérêts de la religion, toujours la première dans les préoccupations du grand empereur. Il est précédé d'une préface ou lettre adressée aux écclésiastiaues de ses Etats, qu'il exhorte à veiller sur les peuples conflés à leurs soins, et à les instruire des décrets résolus dans les saints conciles. 11 leur déclare aussi qu'il leur adresse des Capitulaires dans lesquels il avait réuni tout ce qui lui avait paru le plus Bfécessaire pour leur instruction , se souvenant que Josias, après avoir reçu de Dieu te ro^'aume, s'appliqua à faire fleurir S(m culte, en exhortant , corrigeant ou avertissant tous ceux qui étaient sous son emnirc. Les cinquante-huit premiers articles ae ce Capitulaire son tirés des canons des anciens conciles et des décrétales des papes. Les vingt-deux suivants sont «es consiitutiois nouvelles, dans lesquelles^il exhorte les évo-

ques et les prêtres à instruire exactement leurs peuples dans la foi catholique , et à vivre en paix et en concorde n(»n-seulernent entre eux, mai<% avec les abbés, les comtes, les juges et toutes autres personnes, li veut que les évôaues s'informent si les prêtres préposés à la (lessertc des paroisses sont orthodoxes, s'ils administrent le] baptême suivant la forme catholique, s'ils entendent les prières (le la messe, si , en psalmodiant , ils oIh servent la division des versets, s'ils comprennent l'Oraison dominicale, et la font comprendre aux autres. 11 veut aussi qu'ils aient soin que, dans les églises de paroi<5se, les autels soient (îroprement tenus, que les vases sacrés soient conservés avecdércnc^, et que 1rs restes du sacrifice soient recueillis avec soin par ceux qui en sont dignes et conservés avec honneur. Il commande d'ouvrir des écoles, dans lesquelles on apprenne à lire aux enfants de condition libre ou servile, et, tant dans les monastères que dans les cathédrales, d'enseigner les notes, le chant , le comput du calcul et la grammaire. Il veut que les ministres des autels se servent de livres catholiques bien corrects, qu'ils obligent les enfants qu'ils instruisent à lire et à écrire bien correctement. S'il est nécessaire de transcrire l'Evangile, le Psautier, le Missel, on doit y employer des hommes d'un âge parfait , et qui écrivent avec toute l'exactitude possible. Le Capitulaire ordonne ensuite aux moines de vivre suivant leurs vœux et les obligations de leur règle : il fait la même recommandation aui clercs , et les soumet à la conduite deTévêque. Il défend aux abbesses de donner des bénédictions aux hommes , en leur imposant les mains et en faisant sur eux le signe de la croix , et d'imposer le voile aux vierges en leur donnant la bénédiction sacerdotale. C'était un abus qui commençait à s'introduire parmi les abbesses, contre la discipline de l'Eglise. Il défen I les œuvres serviles les jours de dimanche, avec ordre à tous d'assister à la célébration des saints mystères, ordre aux évoques et aux prêtres d'instruire les peuples , non en leur faisant des discours tirés de leur propre fonds, mais des divines Ecritures, et de leur expliquer les articles enfermés dans le Symbole.

La même année Charlemagne donna eticore plusieurs autres Capitulaires. Le pr^ mier,. composé de seize articles, est tiré presque tout entier delà règle de saint Benoît , et a pour but de contenir les moines dans le devoir. — Le second, qui contient vingt-un articles, ne publie que des règlements de police. — Le troisième est une espèce de constitution qui comprend trentetrois articles , qui sont autant de lois pour réduire les Saxons, et les conformer ani usages de l'Eglise, en les obligeant à vivre en chré(irjis. — Le huitième de ces articles paraît étrange , en ce qu'il contraint ces peuples à se faire bipliser, sous peine de mort. Après la défaite des Avares ou des Huns, en 701 , Chariemagne publia un Capitulaire particulier pour le royaume d'Italie. U ^^^

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eomposé de dix -sept articles, la plupart concernant 1© gouvernement civil. Le second porte défe'^se aux séculiers de couver- ,ner Ihs églises dans lesquelles on adminis» Ire le sacrement de baptême. Le premier leur avait accordé la permission de ro^ir lus hôp:taux qu*ilsavaient fondés eu\*mô:nes, avec cliarj^e de nourrir les pauvres, sin.>n de lis quiiter^ pour faire place auxadmiustrateurs que le roi y mettra avec le conseil de l'évoque. Le troisième permet aux évoques d*avoir des avoca s ou avoués , c'est- i-dire des laïques char^ésde la défense de ieurs é^^lises. C*est ce que lesanciens canons nomment les défciseura, qui d'ordinaire étaient des jurisconsulteSy pour agir et pou< suivre les affaiies ecclésia^liques devant les tribunaux séculiers.

Le Capitulaire de Francfort, en 7%, est tout autrement important que celui que nous venons de mentionner. C'est, à proprement parler, la collection des canons du concile qui se tint en cette ville la môme année. Oa Goaimença par y condamner l'hérésie des adoptianisles , e est-à-dire de ceux qui n'acceptaient Jésus-Christ que comme le Fils adoptif de Dieu , hérésie défendue par les deux évéques espagnols Eiipand de Tolède et Félix d'Urgel. Cette hérésie avait déjà occasionné quelques écrits, et en occasioniM encore davantage par la suite , comme il est facile de s*ea convaincre en lisant l'article de ses auteurs. Ensuite on passa à la ques* tion du culte des images : c'était le second et principal objet du concile , et on condanona le sentiment alors faussement attribué au second concile de Nicée , d*exi^er qu'on rendit aux images la même adoratio'i qu'à la Trinité. Les autres articles du Capitulaire roulent sur divers sujets de discipline, et rapportent plusieurs particularités qui se passèrent en ce concile , comme la réconciliation de Tassillon, duc de B>vière, la déposition d'un faux évéïue nommé Gerbod, la manière singulière dont un évêquo, nommé Pierre , se juslilia du crime de per- Gdie. Ou apprend , par le quatorzième ou seizième canon, que la cupidité commençait à se glisser dans les cloîtres, et qu'on y vendait déjà et achetait la profession monastique. C'eïit ce que le Capitulaire, après te concile, proscrit , en ordonnant de recevoir les sujets qui se présenteront conformément à Tesprit dîa la Rè^le de saint Benoit.

Dans un Capitulaire , que l'on croit être de l'an 800, il est porté que les prêtres prieront chaque jour pour la santé de l'empereur et pour la prospérité de ses Etats, comme aussi pour l'évèque du diocèse ; qu'ils auront soin de leurs églises et des reliques qui Y reposent; qu'ils expliqueront rÉvangde au peuple les t'êtes et les dimanches, avec rOraisou dominicale, le Symbole et tout ce qui appartient à la religion; qu'ds les i istruiront sur roblig>tion et la manière de payer la dime de leurs fruits; qu'ils mettront par écrit les noms d^ C(mix qui l'auront payée , et qu'ensuite ils eu feront le part ige; iiu'une uartie sera employé» pour les oruo-

ments de l'é^^lise, Une autre pour les pauvres, ot la troisième pour l'entretien des prêtres. 11 leur enjoint de se conformer aux canons dans l'administration du baptême, de ne rien pren<lre ni pour le sacrement, ni pour aucun don spirituel, et de ne jamais quitter, pour ancun motif d'ambition, l'église pour laquelle ils auront été ordonnés. Ils devroit user sobrement du vin , et éloigner d'eux toute femme étrangère. Celui qui aura possédé une église pendant trente ans de possession paisilile la reti» ndra pour toujours. Los clercs ne fiorteront point d'armes, ne feroni de procès à personne, n'iront jamais au cabaret, et ne feront point de serment. Ils imposeront une pénitence à tous ceux qu'ils confesseront, et, après avoir donné Tabsolution aux malades, ils leur administreront le saint viatique avec l'onction sanctiliéo, qu'ils accompagneront de prières.

11 y a deux Capitulaires do l'an 802. Le premier contient quarante-un articles, la plupart sur des matières civiles. Les plus importants en matière eclésiaslique sont le onzième , où il est dit que les évoques , les abbés et les abbesses gouverneront moins avec empire qu'avec amour et douceur. Le quinzième porte que les abbés et les moines seront soumis avec humilité aux évéques ; le dix-neuvième défend aux évéques» aux abbés, aux prêtres et autres clercs d'avoir des chiens de chasse ; le vingtième interdit aux abbesses de sortir de leurs monastères sans la permission de l'évèque. Le vingt-septième lail à tous, riches et pauvres, chacun suivant ses moyens, une obIi-> gation de la charité. Enfin , le quarantounièmc contient les principaux articles de la foi. Le second Capitulaire dont nous avons parlé ne contient que «les règlements généraux touchant l'obligation où sont les évérques , les prêtres , les diacres et les moines de vivre couformémeut aux canons et à leurs règles.

La même année 802 parurent les Capitulaires faits pour servir d'instruction aux en* voyés de 1 empereur. Il y en a deux , l'un de quarante-un articles, et l'autre de vingttrois. Ces envoyés (mhsi dominici) ^ si célèbres dans l'histoire de ce tera|)s^là, étaient choisis, comme l'explique le premier article du premier de ces Capitulaires, entre les archevêques, les évêques, les abbés, ou même les seigneurs laïques qui avaient le plus de religion, pour veiller, dans des circonscriptions qui leur étaient indiquées, sur l'observation des lois et le maintien du bon ordre. Dans ce premier Capitulaire, sans contredit un des plus beaux et des plus instructifs de tout le recueil, Charlema{ine s'étend avec de grands détails sur tous les principaux devoirs, tant des envoyés mêmes que des personnes de divers ordres de la société , sur lesquels s'étendait leur inspection. A la suite on lit une description abrégée mais intéressante des lieux et de leur territoire, mais seuleiuent par rapport à la France et jusqu'à la Loire» avec deux modèles du seriaeni dd

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fidélité que les sujets devaient prêter à leur empereur.

L*an 803 fut une année féconde en décrets de ce genre. On en compte jusqu'à huit, qu'il faut rattacher à cette date. On remarque surtout le premier, qui prescrit»

dans un de ses articles, que l'élection des évêques se fera par les suffrages du clergé et du peuple, suivant les usages du diocèse; mais ce Capitulaire , composé de sept articles , est particulièrement dirigé contre les corévéques , à qui il défend de donner la confirmation , d ordonner des prêtres , des diacres et des sous-diacres, de donner le voile à des vierges, de bénir le saint chrême, de consacrer des églises ou des autels , le tout sous peine de nullité et de déposition de toute dignité ecclésiastique. Sa raison d'en ordonner ainsi , c'est que les corévéques n'avaient point le caractère éniscopal , puisqu'ils n'en avaient pas reçu la consécration des mains de trois évêques, et qu'ils n'avaient ni siège ni église cathédrale, et qu'ainsi ils ne pouvaient donner ce qu'ils n'avaient pas. — Le second ajoute onze articles à la loi Salique. Le troisième, composé de vtngt-neuf articles , dont la plupart sont des règlements de police , porte , entre autres, l'obligation de restaurer les églises, et d'en construire partout où il en sera besoin. Il défend aussi d'ordonner des prêtres qu'auparavant ils n'aient été bien examinés, et de les excommunier sans une cause légitime. Le quatrième concerne la loi des Uipuariens ; il est composé de douze articles , dont un prescrit ainsi les règles du serment. Ceux qui seront obligés dé le prêter Je feront dans l'église et sur les reliques des saints, ou bien en présence de sept personnes choisies, et même de douze , si cela est nécessaire. Le cinquième, qui est comme un supplément aux Capitulaires précédents, condamne quiconque est convaincu d'avoir fait une fausse charte, ou prêté un faux serment , à perdre la main , à moins qu'il ne la rachète k prix d'argent. Il défend aussi de vendre le saint chrême, et commande l'hospitalité envers tous les voyageurs , sans exception. Le sixième est plutôt une constitution qu'un Capitulaire , et doit être considéré comme une explication des Capitulaires faits pour l'instruction des envoyés, parce qu'un certain comte, qu'on ne nomme pas, y avait trouvé des ambiguïtés. Le septième , qui est très-court, ne contient ])resque que des défenses générales de commettre le crime ; nous y remarquons seulement la recommandation de ne vendre et de n'acheter qu'à la mesure et au poids du prince, et d'observer le dimanche, suivant la loi du Seigneur. Le huitième, qui contient la prière adressée par les fidèles à l'empereur d'exemriter les évêques et les prêtres du service de la guerre, et la réponse favorable qu'y fit Charlemagne, est accompagné d'une défense aux prêtres de porteries armes, avec l'exposé des raisons qui firent publier cette ordonnance. Voici, par exemple, une de ces raisons : le prince remarque que les peuples et

les rois , qui avaient permis aux prêtres de combattre avec eux , n'avaient pus obtenu d'avantages dans leurs guerres. 11 en donnait pour exemples ce qui était arrivé eu Gaule, en Espagne et chez les Lombards. Il ajoute qu'en défendant aux évêques d*a)ler à l'armée, excepté deux ou trois choisis par les autres , ainsi que quelques prêtres pour célébrer la messe , prendre soin des malades , donner l'onction de l'huile sainte et le viatique, il ne prétendait diminuer ni la di« gnité des évêques, ni les biens des églises, sachant que plusieurs royaumes avaient été détruits avec leurs rois, pour avoir dépouillé les églises et les prêtres de leurs biens.

En 80^, Charlemagne publia un petit Capi* tulaire pour régler quelques points de discipline et par rapport au clergé séculier et par rapport à l'ordre monastique, en bveur des églises de Salz, aujourd'hui Salzbourg. 11 se compose de huit articles, et est adressé aux prêtres à qui le prince rappelle les obligations les plus indispensables de leur ministère. Ce Capitulaire est suivi d'un diplôme donné la même année à Aix-la-Chapelle, en faveur de l'éKlise d'Osnabruck en Westphalie, à laquelle rerapereur arail fait diverses donations, et où il établit à perpétuité des écoles pour l'enseignement du grec et du latin.

Les Capitulaires de 805, faits et publiés dans l'assemblée de Thionville, ne sont pas d'une moindre importance. Ils s'occupent en effet de la restauration des lettres, prescrivent la manière de lire, d'écrire et de chanter ; ordonnent l'étude de l'arithmétique, de la science des temps, de la médecine, et enjoignent aux évoques, aux abbés et aux comtes d'avoir des notaires ou secrétaires qui sachent écrire correctement. Outre ces règlements, il en contient encore quelques autres qui regardent la discipline monastique, et particulièrement celle qui doit s'observer dans les cloîtres. Le second et le troisième Capitulaires sont les mêmes presque mot à mot. 11 n'y a guère de différence entre eux que le renversement de quelques titres, parce que l'un en contient vingt-cinq et l'autre vingt-quatre. Ce sont des règlements pleins de sagesse et de lumières qui concernent le bien public. Aussi sont-ils adressés en général à tous les sujets du prince. Le quatrième, compris en seize articles presque tous tirés des précédents, fut donné à Jessé, évêque d'Amiens, un des envoyés de l'empereur, pour en faire observer les règlements.

L'année 806 vit paraître six Capitulaires; nous ne trouvons quelque chose d'intéressant que dans le cinquième, intitulé : Capt" tulaire de Noyon, Il contient pour les envoj[és d'excellentes instructions pour le maintien du bon ordre dans les Eglises et dans l'Etat et particulièrement pour réprimer la cupidité et pourvoir aux besoins des pauvres en temps de famine. 11 défend l'usure et tous les gains sordides. Il ordoDpfl aux évêques, aux abbés et abbesses de veiller avec soin sur les trésors de leurs égiH

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SCS, afin qu'il ne se perde rien des pierres précieuses et des vases sacrés par la négligence de ceux uni en ont la garde. Il défend également de diviser une province pour y mettre doux métropolitains, d'avoir deux évéques dans la même ville, et k un clerc d'exercer son ministère dans deux villes différentes. Le sixième et dernier Capituiaire de la même année ne comprend que des règlements généraux touchant la discipline ecclésiastique, Tobservation des fêtes, des jeûnes de carême et des prières publiques.

Passant les Capitulaires de 807 à 810 qui ne font que répéter les autres sans y ajout(T rien de bien important, nous arrivons à ceux qui parurent en 811. On en connaît trois, qui sont autant de monuments de la piété de Charlemagne, de son amour de la paix et de sa piété envers les pauvres. Les deux premiers contiennent des questions sur diverses matières, touchant le bon gouvernement ecclésiastique et politique, sur lesquels il exigeait que les évoques, les abbés, les comtes et les gouverneurs lui donnassent leurs avis, afln de les mettre par là dans la nécesité d*apprendre ce qu'il ne leur était pas permis d'ignorer. Le troisième est une liste des prétextes dont on couvrait divers abus qui se glissaient contre les lois ecclésiastiques et civiles. Ces Capitulaires sont fort utiles pour connaître les mœurs du siècle. Les deux premiers furent comme les guides des cinq conciles qui se tinrent deux ans plus tard.

Trois nouveaux Capitulaires parurent Tannée suivante. Le premier et le second règlent le service des sujets en cas de guerre ; le troisième détaille les différentes manières de terminer les procès. 11 est ordonné que si les évêques, les abbés et les comtes ont entre eux quelques difficultés et ne peuvent les résoudre, ils seront obligés de se pourvoir devant l'empereur et non ailleurs.

En 813, Charlemagne tint à Aix-la-Cha-

Î^elle un parlement où il fut ordonné que *on assemblerait cinq conciles dans les métropoles de son royaume, à Mayence, à Reiras, è Tours, à Arles et à Chûlons-sur- Saône, et que les décisions de ces conciles lui seraient rapportées. Les cinq conciles se réunirent en effet, et on y prit pour sujet de délibération les questions proposées dans les deux premiers Capitulaires de 811. Ce fut sur le résultat de ces cinq assemblées qut^ Charlemagne dressa son Cfapitulaire. Il est divisé en vingt-huit articles, et porte en substance que les évéques auront soin de slnformer de la manière dont les prêtres administrent le baptême ; que les laïques ne pourront chasser les prêtres de leurs éj^lises pour y en mettre d'autres ; qu'ils ne pourront non plus recevoir des prêtres aucuns présents pour leur avoir confié le soin de quelque église ; que les chanoines et les religieux vivront conformément h leur institut, qu'il ne sera pas permis au prôtro destiné à célébrer la messe dans un monastère

de filles, d*y rester après avoir rempli celte fonction ; que les communautés de chanoines, de moines et de religieuses, ne recevront des sujets qu'autant qu'elles pourront en entretenir ; que Ton chassera de l'Eglise les incestueux, s'ils ne font pénitence ; que dans les temps de famine ou d'autres néces* sites, chacun nourrira ceux qui lui appartiennent, et que dans ce cas il sera permis aux évêques de prendre dans le trésor de l'Eglise, mais* en présence de témoins, de quoi nourrir les pauvres. 11 déclare ensuite,

3u'à l'exception des évêques, des abbés et e quelques prêtres d'une sainte vie, personne ne sera enterré dans l'Eglise ; que les clercs fugitifs seront obligés de retourner auprès de leur propre évêque ; que celui qui a un bénéfice sera obligé de fournir aux réparations de l'Eglise, et que les prêtres chargés d'enseigner le peuple commenceront par lui donner l'exemple d'une sainte vie. Le bruit s'était répandu qu'en Autriche les prêtres, pour de 1 argent, découvraient les voleurs sur leur confession. Charlema-

!;ne veut que l'on s'informe sur la vérité du ait. Il ordonne encore qu'il soit informé contre ceux qui, en vertu du droit de Faidf, connu chez les barbares, se croient autorisés à venger la mort d'un de leurs proches par celle du meurtrier, ce qui excitait souvent des tumultes et des troubles, principalement les jours de fêtes et de dimanches. — Les deux autres Capitulaires de la même année ne contiennent, sur la discipline de l'Eglise, presque rientqui n'ait été dit plusieurs ibis dans les précédents.

Outre ces Capitulaires, qui ont une date fixe, il y en a cinq autres dont Tannée est incertaine. Ils n'avaient jamais été publiés avant l'édition de Baluze, qui les a tirés de divers manuscrits. Quoiqu'ils ne portent pas tous le nom de Charlemagne, il ne doute pas toutefois qu'ils ne soient de ce prince. Voici ce qu'ils contiennent de plus remarquable : on ne donnera aux anges aucuns noms inconnus. Les livres canoniques seront les seuls qu'on lira dans l'église. On n'ordonnera personne sans l'attacher à une église particulière. Les lieux consacrés une fois à Dieu pour être des monastères, le seront toujours et ne pourront être changés en habitations laïaues. Les clercs coupables de quelques lautes ne pourront être jugés Que par des ecclésiastiques. L'êge pour 1 ordination d'un diacre et pour la consécration d'une vierge sera de vingt-cinq ans. Défense d'ordonner un prêtre avant l'âge de trente ans. Défense d'observer les augures et do pratiquer toutes autres superstitions aux arbres, aux fontaines ou ailleurs. Le jour du dimanche sera célébré d'un soir à l'autre. C'est un sacrilège d'en- . lever aux églises les oblations des fidèles et j de les recevoir de la main de ceux aui les ^ ont enlevés. Les privilèges accordes aux . églises et aux clercs soit par les rois, soit , par les évêques, demeureront acquis et sta- ? oies à jamais. 11 est hors de doute que tout tl ce que i'on offre au Seigneur est consacré {

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ce qui s entend non-seulement de ce qui est offert sur l'autel par les fidèles, mais encore de tout ce qu'ils peuvent offrir soit en serfs, en champs, en vi^^nes, en bois et en toutes autres choses. Il est défendu d aliéner quoi que ce soit des bien»^ de Té^iise sans la permission de l'évêque, à qui les canons en accordent Tadministralion. Ici finit le recueil des Capilulaires publié par Baluze en 1607.

Goldast en a inséré quelques autres dans son recueil de Constitutions impériales imprimé à Francfort en 1613, ce qui nous donne lieu d'être surpris que Baluze n'eu ait point parlé dans sa coileclion. Quoique ces Capitulaires ne portent point le nom de Charlemagne, cependant on ne peut douter

au'iis ne soient de lui, puisque, dans le ouzième article du premier, il appelle Pépin son père, et que le quatorzième commence ainsi : « 11 nous a plu à nous Charlemagne, roi très-glorieux. » Les renflements de ce Capitulaire sont la plupart répétés do ceux que nous avons analysés précéJemment. Voici ce que nous y trouvons de plus remarquable. On y déu^nd aux évêques lorsqu'ils font la visite de leurs diocèses, d'exiger au delà de ce qui est assigné par l'ancienne coutume ou par les canons ; d'aller eux-mêmes à la chasse ou d y être

f>ré$ents, et de permettre qu'on se livre en eur présence à des jeux défendis. Le second Capitulaire défend aux biques d accuser des évêques, des prêtres et des diacres, à cause du respect que doit leur inspirer leur caractère. Le troisième est une instruction de Charlemagne à ses envoyés, dêins laquelle il leur recommande d'avoir soin que le clergé vive suivant les canons ; et à ce propos, après avoir répété plusieurs ob« nervations di'jà consignées dans les Capitulaires précédents, il ajoute que les prêtres sont obligés de pourvoir leur église d'ornements nécessaires, savoir, d'un calii^e avec sa patène, d'une planète et d'une aube, d'un missel, d'un lectionnaire, d'un martyrologe, d'un pénitentiel, d'un psautier et de tous les autres livres suivant leurs facultés, d'une croix et d'un coffre. Il parait que

3uelques-uns négligeaient de mêler de l'eau ans le calice, puisqu'il est ordonné d'y en verser toutes les fois qu'ils célèbrent le saeremeDt du corps et du sang du Soig.'ieur. U leur défend de prêter de l'argent à usure •t d'exiuer au delà du prêt. Il ajoute que si, lorsqu'ils vont voir un malade, ils le trou- ?eul sans usage de la parole, ils ne doivent pas lui refuser ce qui dans ces circonstaue^ s'accorde à un pénitent, pourvu toute* fois qu'on leur rende témoignage que le moribond a témoigné le désir de se confesser. Lorsqu'ils vont en campagne, il leur est ordonné de porter avec eux le saint ehrèma el l'huile sainte, soit pour baptiser, soit pour oindre les infirmes.

Tout ce que nous venons de dire sur les Capilulaires de Charlemagne suflit pour donner ane idée de l'estime qu'ils méritent. **"' Dupin, à la fin de sou viii' siècle, et

l'abbé Fleury, au xuii* livre de son ffiV toire ecclésiastique^ en ont fait un précis tout à fait proi)re à en inspirer une idée avantageuse. Le P. Le Cointe, dans le AT et le Vil* volume de ses.47tna/ei ecciésmiiqutt de France^ en a éclairci un grand nombre par de courtes remarques aussi sages que judicieuses : travail qui a dû lui coûter d'autant plus que la collection de Baluze n'avait pas encore paru. Dom Mabillon en a usé comme le P. le Cointe, à l'égard ries Cupitul.iires qui concernent la discipline monastique.

Lois. — 11 est hors de doute que les principales lois que fit* Charlemagne se trouvent comprises dans ses Capitulaires. Cependant il ne laissa pas de travailler sur les lois anciennes publiées avant lui par plusieurs de ses prédécesseurs. Il retoucha, comme on Ta dit, ou lit retoucher la loi Salique, et c'est pour cela que Baluze l'a insérée dans le recueil de sijs Capitulaires. On prt^.tend qu'il y ajouta onze articles en 803, et Hézeray prétend môme qu'il y fit une addition de vingt-trois ordonnances ou règlements. On ne peut guère douter que ce sage monarque n'ait re )du le même service aux anciennes lois à l'usage des diiférents peuples de son empire ; el c'est peut-être tout ce que signifie le passage de Goldast où il est dit que Charlemagne établit des lois pourles Saxons, les Suèves, les Francs, les Kipuaneos, les Bavarois et les Saiiens. — Si nous nous en rapportons à ua ancien annal. ste qui s>st beaucoup étendu sur Ws faits du règne de ce gra id pri:ice, il faudra dire qu'il avait rédigé un code complet de toutes ces d>lfé rentes lois. En ell'et, cet écrivain nous ap-

f>rend qu'à l'issue d'un concile tenu à Aixa-Ciiapello en 802, dans lequel il avait fdit revoir la Liturgie romaine par les é?ô jues, Charlemagne as>embla les ducs, les cumles et tout le reste du peuple chrétien avec les juris,x)ii>uUes, el qu en leur présence il lit corrige.- les lois de son ein^)ire, et qu'il les réunit dans un recued qu'il fit distribuera *tous \qs magiNtrais,afin qu'ils s'y coiil'oruiassent en reUiiant la justice à tous ses sujets. Nous laisso:is sur ce point chacan libre de se former une opinion ; tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'en dehors de ses Capitulaires, aucune loi de Charlemagne n'est arrivée jusqu'à nous.

Testament. — A la suite des Capitulaire!) nous ne croyons pouvoir mieux faire que de reproduii e à part l'analyse de son Testament. Charlemagne le fit en 8ii> dans ia onzième année de son empire et 1j qu^rante-'troisième de son règne en France. Le sage monarque, en réglant ainsi le partage de ses trésors et de ses meubles, se proposa pour but autant de faire des aumâoes suivant l'usage des chrétiens que de prévenir les contestations entre ses héritiers. Il divisa ses meubles eu (rois parts, et des deux tiers, il fit vingt et une portions pour les vingt et une métropoles de son royaume, savoir Uoine, Ka venue, Miiai, FriouJ, Grade, Cologne, Mayeuce, Salzbourg, Trèvesi Sens»

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WCTIONNAUIE DE PATROLOGÎE.

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Besançon, Lyon, Rouen, Reims, ArUs, Vieim»", Tarenlaise, Ambriin, Bordeaux, Tours et Bourges. Dans chacune, rarchevèque devait paria^^MT laumône de 1 empereur en trois, savoir, un tiers pour son église et les deux autres distribués entre les évéques ses suffragants. Quant au tiers du total, ce prince s'en réservait la disposition jusau*à sa mort, et en destinait encore la moitié en aumône. 11 détend de partager sa cha(>elle, c'est-à-dire les meubles destinés au ministère ecclésiastique, s »it qu'il les eût fait faire lui-même ou achetés, soit qu'il les eût hérités de son père. Mais il ordonne de vendre sa bibliothèque, qui était trèsnombreuse, et d'en donner le prix aux paufres. 11 y avait entre les curiosités de son trésor une table d'or et trois d'argent. Il donne à Salît-Pierre do Rome une de ces tables d'argent, qui était carrée, et contenait ia description de la ville de Constantinople; à l'evêque de Ravonne la seconde (lui était ronde, et sur laquelle on voyait la ligure de Rome. La troisième, plus grande que les duux autres, contenait une carte universelle du monde. L'empereur la laisse avec la table d'or pour être tiarlagée entre ses héritiers et les pauvres. I lit ce testament en présence de plusieurs évtkjues, archevêques, abbés et comtes qui le revêtirent du leurs signatures. Il est rapporté par EginharJ dans la Vie de Charlemagne.

Lrtfrw.— Le plus important recueil des écrits de Charlemagne, après sesCapitulaires, est la collection de ses lettres. Nous allons en réunir quelques-unes, qui sulliront pour donner l'idét» dus autres.

La plus longue et la plus intéiessanle en même temps est celle qu'il écrivit h Elipand, évoque de Tok*de t't aux autres évoques d'Ks-

Siagne, à la suite du grand concile ue Francorl, en 7114-. Elle lut écrite à l'occasion d'une lettre antérieure que ces prélats aviiient adressée à Charlemagne, pour le prier de faire examiner en sa présence l'écrit dans lequel ils défendaient leurs erreurs louchant radontion de Jésus-Christ, erreurs que le concile venait de condamner. Après un assez long prélude sur l'excellence de la foi catholique, et l'avantage de rester unis de sentiments en fait ne religion, ce prince les plaint d'avoir & souffrir l'oppression des Sarrasins, mais il se montre bien autrement touché de l'erreur qui régnait parmi eux. 11 leur annonce qu'elle a été unanimement condamnée dans un concile de toutes les églises de son obédience. 11 leur annonce qu'il leur envoie les écrits composés à ce sujet c'est-à-dire, la lettre du pape Adrien, le traité de Paulin d'Aquilée, oii il jparle au nom des autres évoques d'Italie; la lettre synodique des Gaules, de la Germanie et de la Grande-Bretagne, et il leur marque qu'ils trouveront dans ces écrits des i épouses à toutes leurs objections. Leur lettre, leur dit-il, a été lue dans le concde, où W^n a décidé ce qu'il fallait croire sur ee point dogmatique, fl les conjure ensuite d embrasser

celle décision en esprit de paix, et de ne pas s'esliiner plus savants que l'Eglise universelle, leur déclarant au reste que s'ils ne renoncent h leurs erreurs, ils serrmi regardés comme hérétiques et comme excommuniés.

Cette lettre est aussi bien écrite que tout autre monument du même siècle. Elle ne respire que la charité et le zèle de voir tous les menïbrcs de l'Eglise réunis dans une même foi. Le prince la finit par une belle profession de foi sur les principaux mystères de la religion, et particulièrement sur le mystère de la Trinité, dans laquelle il rejette expressément la prétendue adoption des évoques espagnols.

Nous avons sous forme de lettre une autre profession de foi du même prince, ou plutôt un éiiit ou ordonnance de Charlcmagne louchant la sainte Trinité et la foi catholique. 11 y a beaucoup de rapports entre cette pièce et la précédente. Elles él-iblissenl Tune et l'autre la procession du Saint-Esprit; elles rejettent également la fausse adoption attribuée à Jésus-Christ, et l'épilogue de tontes les deux serait presque le même, si celui de la première n'était pas tronqué; mais elles aitTèrunt cependant en ce que celle-ci s'étend sur quelques articles qui ne se trouvent pas dans l'autre, et qu'el e condamne un plus grand nombre d'hérésies, particulièrement celle de Photin, d'Eutychès, de Jovinien, des manichéens et autres. Une des mieux écrites parmi les lettres de Charlemagne est celle où il rend compte des noms de Septuagésime, de Scxa^ésime et de Quinauagésime qu'on donne aux trois dimanches qui précèdent lecarêuïo. Il ne prend dans Tinscriplion que le titre de roi des Français, empereur des Lombards et pairie e des Romains, ce qui montre que la lettre fut écrite avant son nvc'nemcnt à l'empire. C'est une réponse à Alcuin qui avait traité le même sujet. Si Charlemagne n'y donne pas des raisons plus sat sfaisantcs que celles de son ministre, il y fait au moins paraître une érudition peu commune pour le temps. On peut y apprendre diverses [mrticularités curieuses sur les joui s d'abstinence et de jeûne alors en usage en différents pays.

Le zèle de Charles pour avancer le grand travail du renouvebement des études, l'engagea à faire dresser un Lectionnaire ou Ut^miliaire pour servir aux offices de l'Eglise. Paul Warnefride, diacre d'Aquilée, fut chargé de ce dessein, et après qu'il fut exécuté, le prince mit à la tète une lettre en forme de prél'ace, qui n'est rien autre chose qu'une exhortation à l'étude. Atin de mieux piquer l'émulation de ses lecteurs, il se donne luimôme pour exemple, e( rapporte quelques traita de ce qu'il avait déjà fait en littera-ture. Cette lettre, aussi belle qu'édifiante, est de 788.

Peu de temps après, Charles en écrivit une autre plus iuipoi tante, intitulée :De gratia ^ septiformis Spiriius. G*est une nouvelle preuve des moyens ingénieux qu'employait le roi Charles pour engager les évèques et les autres ecclésiastiques de ses Etats à s'ap-

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pliquer k une étude convenable. Il parait effectivement par celte lettre que ce prince avait proposé aux évoques diverses questions sur le sujet dont elle traite. Plusieurs y répondirent par des écrits que nous ne connais* sons pas. Après ces réponses Charles en prit occasion d^adresser à ces prélats la lettre dont nous nous occupons. D'abord il y fait une petite récapitulation de leurs écrits. Il s'asissait en particulier de savoir si les justes de l'ancienne loi avaient reçu les sept dons du Saint-Esprit. Ces prélats avaient avancé que chacun d'eux en avait reçu quelque partie. Mais Charles fait voir qu'un des dons du Saint-Esprit ne peut être sans les autres dans un homme juste, et montre ensuite l'enchaînement que ces dons ont entre eux^ et les effets qu'ils produisent dans ceux qui les possèdent. A la fin de la lettre se lisent deux petits fragments qui paraissent en avoir été détachés, on ne saurait dire pourquoi et comment; mais il est visible qu'ils appartiennent à la pièce. C'est pour prouver par l'exemple de saint Pierre et de quelques autres apôtres de quelle manière on peut connaître que le Saint-Esprit communique ses dons. On peut dire que ce monument, précieux en lui-même, est une preuve de la piété et du savoir de son auteur.

11 est surprenant qu'il nous reste si peu de lettres de Charlema^ne à ses femmes et à ses enfants, pour qui il avait une tendresse peu commune, et dont il se trouvait bien souvent éloigné. Outre celle qu'il écrivit à Pépin» son second tils, on ne nous en a conservé qu'une à la reine Fastrade. CHarles l'écrivit en septembre 791, pour lui apprendre la victoire qu'il avait remportée sur les Avares, dont il lui détaille quelques particularités. Il lui parle des prières publiques qu'il et faire à son armée pendant trois jours avant le combat, et lui laisse la faculté de faire, de son côté, ce qu'elle jugera à propos pour en rendre grâces à Dieu. Il la finit par des témoignages de tendresse.

Il n'est pas moins étonnant de ne trouver qu'une lettre de ce prince à Angilbert, son gendre et son confident. Elle est datée de 796, et lui est adressée k Rome, lorsque, après la mort du pape Adrien, il l'avait envoyé saluer de sa part Léon lU, son successeur. Dans cette instruction le prince charge Angilbert d'avertir le nouveau pontife d'avoir soin de soutenir sa dignité par une conduite irrépréhensible, de veiller à l'observation des saints canons, et d'extirper sur toutes choses l'ivraie pernicieuse de la simonie. Il le charge encore de lui communiquer le dessein qu'il avait formé avec le pape Adrien,' de bAtir un monastère à Saint-Paul de Rome. Dans l'inscription de cette lettre, comme en quelques autres, Charles prend le titre de défenseur de l'Eglise, avec celui de roi par la grAce de Dieu.

Nous terminerons cette revue des lettres de Charlemagne par l'analyse d'une circulaire où la piété et la soltjcitude du saint monarque éclatent d'une façon tout à fait

sensible. Cette lettre est de 811, etestadressée àtousles métropolitains de ses EtatSipour les engager à lui laire savoir par écrit, eux et leurs suffragants, ce qu'ils pensaient et enseignaient sur le baptême et toutes les cérémonies qui l'accompagnaient en ce temps-là. Ce pieux empereur leur propose par ordre toutes les questions sur les(iuelles ils devaient répondre, questions qui enveloppent aussi tous les articles du symbole. 11 le fait de manière à persuader qu'il savait bien sa religion, et qu'il n'avait qu'en vue de mettre les prélats de son obéissance dans l'heureuse nécessité de s'instruire et de s'assurer par lui-môme de l'uniformité de leur doctrine.

Nous avons à regretter la perte d'un grand nombre de lettres que ce grand monarque n'a pu manquer d'écrire tant aux empereurs d'Orient qu à plusieurs souverains pontifes, avec lesquels les besoins de l'Eglise et de l'empirele mettaient tous lesjours en relation; mais, par une espèce de dédommagement, on nous a conservé quantité de lettres patentes, diplômes, donations, etc., qui, bien qu'ils ne soient pas aussi intéressants que ses missives, contiennent néanmoins de grands traits de sa piété et de sa munificence.

Poésies. — Quoique Charlemagne fit de la poésie ses principales délices, néanmoins il nous reste peu des productions de sa muse. La plus connue est l'épitaphe du pape Adrien 1", en trente-huit vers élégiaques. Charles la fit graver en lettres d'or sur une table de marbre et l'envoya ensuite à Rome. Plusieurs savants lui disputent cette pièce, pour en faire honneur a Alcuin ; tout ce que nous pouvons dire , c'est que l'antiquité la lui a toujours attribuée. — On lui conteste aussi un autre poëme à la louanee du même pape , et qui se lit à la tète au Psautier dont il lui fit présent ; néanmoins il y a tout lieu de croire qu'il en est l'auteur ; comme aussi de deux autres, l'un en vers élégiaques et l'autre en vers hexamètres, à la louange de Paul Warnefride, retiré au Mont-Cassin. —Outre ces pièces de poésie, que Fabricius a fait imprimer sous le nom d'Alcuin,et que nous croyons appartenir à Charlemagne, il y en a deux autres. La première, en seize vers hexamètres, est un salut à Alcuin retiré de la cour et déjà vieux. Le prince l'y reconnaît pour son maître et son docteur, le félicite de ce qu'il a pris le parti de la retraite, et le prie de l'aider, par le secours de ses prières, à parvenir au bonheur éternel, dont il fait une courte description. La seconde pièce est une réponse à Paul Warnefride-, oans laquelle l'auteur semble lui reprocher d'avoir refusé de le venir voir à son armée. Enfin, Lambecius a publié une épi^ramme en quatre vers hexamètres, qu'il croit être de Charlemagne, et en effet elle est vraiment digne de sa piété. Ce prince avait corrigé une explication manuscrite de l'Ëpitre aux Romains attribuée à Origène, et il engage, à la &n du livre, en quatre vers des meilleurs du

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temps, les lecteurs à prier pour celui qui avait ;>ris la peine de le comger.

Eginhard nous apprend que Charlemag[ne

Ïrit soin de faire écrire d*anciennes poésies arbares qui traitaient des guerres et autres exploits dtes rois de l'antiquité. De Ik, sans doute» un écrivain du siècle passé a pris oc^ casion d'affirmer que ce prince avait composé une Histoire de France en vers tudesqueSt et que, l'ayant apprise par cœur, il avait acquis ainsi quelque ressemblance avec les anciens bardes gaulois. Mais le passage d'Eginhard bien entendu ne signifie autre chose, sinon que les anciennes chansons de guerre des rois de Germanie s'étant conservées dans la mémoire des hommes jusqu'au temps de Gbarlemagne, ce prince eut soin de les faire rédiger par écrit ou de les écrire lui-même.

Grammaire. — Le même historien ajoute que ce savant et laborieux prince commença une grammaire en sa langue maternelle, c*est-à-diro le tudesque ; qtril donna en la même langue des noms aux douze mois de l'année, qui jusque-là n'en avaient eu que moitié latins, moitié barbares ; et qu'il rendit le même service aux douze vents , tandis qu avant lui on avait à peine des termes pour exprimer les quatre principaux. Trithème rapporte en plus dun endroit que Charlemagne, pour mieux réussir dans l'exécution de sa fframmaire, consulta tout ce qu'il y avait a'hommes savants à sa cour; mais qu'après d'heureux commencements, des occupations plus importantes l'obligèrent de laisser cette e|[itreprise imparfaite. Otfride, moine de Weissembourg, homme fort studieux et plein de zèle pour enrichir et accréditer sa langue, ne laissa pas de tirer de grands secours de ce travail incomplet. Ou prétend que c'est ce qui lui servit surtout à composer le grand nooibre d'ouvrages en tudesque qull publia sous Charles le Lhauve, et qu'il prit tant de goût pour cette langue au'il acheva la grammaire commencée par uharlelnagne.

Livres Carolins. — Un des plus fameux ouvrages qui portent le nom de Charlemagne sont les livres Carolins. C'est ainsi qu'on nomme, parce qu'il fut publié sous le nom de ce monarque , le traité divisé en

Î[uatre livres, sans compter la préface, qui ut composée immédiatement après le grand concile de Francfort, en 794, ou tout au plus l'année suivante, pour montrer quelle était la foi de l'Eglise ae France sur le culte des imaxes. Les critiques ne sont pas d'accord sur Te véritable auteur de cet écrit, ce cpd a fait imaginer à quelques-uns que c'était un ouvrage suppose. Mais leur sentiment se trouve démenti tant par la réponse qu'y fit le pape Adrien, que par l'autorité du concile tenu à Paris en 825. S*il faut dire ce que nous en pensons, il nous parait que les livres Carolins sont un ouvrage commun, à la composition duuuel plusieurs auteurs ont concouru en même temps. Par ce moyen, Alcuin, les plus habiles évoques qui assistèreut au concile de Francfort , et le prince

Dicnomi. db PATmoLoon. I.

lui-même sous les auspices duquel ils agissaient, pourront en revendiquer leur part.

Le but de l'ouvrage est, à proprement parler, d'expliquer le second canon de ce concile, et ae réfuter les deux erreurs opposées dans lesquelles les Pères de Francfort croyaient alors les Orientaux; l'une établie par le concile de Constantinople en 75i^, et qui abolit les images ; l'autre qui ordonne de les adorer, comme on adore la Trinité, erreur qu'on crovait avoir été établie par le second concile dfe Nicée, en 787. Après une très-longue discussion, l'ouvrage nnit par conclure en tenant un milieu entre les deux erreurs. Par conséquent dans les Etats de l'obéissance du roi Charles, on permet de faire et de retenir des images dans les églises ou ailleurs, pour l'honneur de Dieu ou de ses saints; mais on n'oblige personne è les adorer ; si quelqu'un voulait les briser, on l'en empêcherait.

Cet écrit, en sortant des mains de ses auteurs, fut aussitôt revêtu de l'autorité du prince, qui l'envoya par son confident, l'abbé Angilbert, au pape Adrien, lequel y fit, ainsi que nous l'avons dit, une ample réponse. La même matière ayant été agitée de nouveau dans un concile tenu à Paris en 825, cette assemblée approuva les livres Carolins, mais elle jugea en même temps la réponse du pape Adrien insuffisante. Le P. Le Cointe a avancé, mais sans preuves, aue ces livres avaient été corrompus par les nérétiques

Le goût de Charlemagne pour les sciences, l'ardeur qu'il mit à les cultiver lui-même par l'élude , et les livres qu'il nous a laissés , tout cela suffit pour nous le faire admirer non-seulement comme un grand guerrier et un grand roi, mais encore comme un des écrivains les plus habiles et un des plus savants hommes de son royaume, qui alors comprenait l'Europe presque tout entière. Les plus anciens critiques lui accordent une grande disposition pour tous les beaux arts, et un grand nombre vantent les progrès qu'il y fit. Ses Capitulaires sont un vaste répertoire de jurisprudence civile et reli-

Sieuse, où Louis XIV lui-même n'a pas déaigné de puiser; et ses lettres nous laissent une idée également avantageuse de son esprit et de son cœur.

CHARLES U, à qui l'on donna depuis le surnom de Chauve, qui le distingue de tous les monarques du même nom, naquit à Francfurt-sur-le-Mein, le 13 juin 833, de l'empereur Louis le Débonnaire et de Judith de Bavière, sa seconde femme. Avant sa naissance , l'empereur son père avait déià distribué ses Etats entre les trois fils qu il avait eus de son premier mariage, et la nécessité de revenir sur ce pariage, pour faire un royaume au jeune Charles, avança le désordre qui devait résulter do la mauvaise situation politique de la France, surtout depuis l'usurpation de Pépin le Bref. L'un des fils du premier mariage de Louis le Débonnaire étant mort, sans égard pour les

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DiCTIONNÂlHE DE PÂTROLOGIË.

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eufatits qu*il laissait, TAquitaine fut donnée à Charles, et ce fut là uae oause de division de plus dans la famille royale. Après la mort de l'empereur son père, il fut sacré roi de France dans la cathédrale d'Orléans, par Wenilon,* archevêque de Sens, au milieu d'une nombreuse assemblée de prélats et de seigneurs. On sait quelles peines il eut à se maintenir dans ses Etats, et* combien de guerres il eut à soutenir, tan de la part de ses frères et de ses neveux, que des autres princes ses voisins, et des Normands en particulier» qui ravagèrent les plus riches provinces de son royaume. Tous ces malheurs, joints à la faiblesse de son gouvernement, ouvrirent la porte à une inQnité de désordres, et favorisèrent surtout la cupidité des seigneurs ambitieux. Jusque-là les ducs et les comtes avaient été des ofliciers amovibles au gré du prince régnant; mais, profitant alors Ses circonstances favorables, ils commencèrent à se regarder comme indépendants, et doimèrent naissance à toutes sortes de petites souverainetés qu'on vit éclore sur lo sol de la France. Mais notre dessein n'est pas d'entrer dans le détail de tous ces événements; nous nous bornons à ceux qui regardent les lettres. L'ainour ou'il ne cessa de montrer pour elles, et l'affection qu'il porta à ceux qui les cultivaient, témoignent

8u'il les. avait étudiées dans sa ieunesse. utre les secours qu'il tirait de 1 école de son paîai§, il lui en venait encore d'étran-

5 ers. Ce fut pour lui que Fréculphe, évoque •Evreux, continua son Histoire générale, et Sue Loup, abbé de Ferrières, entrepri» une [istoire abrégée des empereurs, tant pour Fui fournir un moven facile d'apprendre l'histoire, que pour lui mettre sous les yeux des modèles qu il pût imiter dans le gouver* nement de ses Etats. Charles prit tant de goût pour la littérature, qu'il en flt un de ses principaux exercices. Hinomar loue en lui nntelligence qu'il avait de l'Ecriture, et il possédait déjà la doctrine des Pères latins, lorsqu'il voulut entrer dans les mystères des Pères grecs ; il chargea à cet effet Jean Scot de lui traduire les écrits de saint Denis l'Aréopagite. Non-seulement Charles aima et cultiva les lettres, mais il travailla aussi à les faire aimer et cultiver autour de lui; de sorte que s'il ne mérite pas, comme son aïeul, le titre de Restaurateur des sciences, on ne peut au moins lui refuser la glorieuse qualification de leur protecteur. 11 n'épargna rien pour s'efforcer de les soutenir. Bienfaits» caresses, bon accueil, faveurs, récompenses, il employa tous les moyens pour piquer les beaux esprits, pour les tirer de leur en^ gourdissement, et les porter à Tétude des choses divines et humaines, il employa même son autorité et ses exhortations, qui,

t ointes à son exemple, produisirent de si leureux effets, que des papes et des savants étrangers, tels que Anastase le Bibliothé* caire , lui écrivirent pour l'en féliciter. Un autre moyen qu'il mit en œuvre, et qui eut aussi son effet, toi de proposer quelquefoi& aux savants de son royaume des questions

sur différentes matières, tant pour s'instruire lui-même que pour exercer leur plume et leur génie ; témoin les questions sur la nih ture de l'Ame, qu'il envoya par écrit à Hioo> mar de Reims, et qui donnèrent coossion au traité de oe prélat sur le même sujet; et Im autres questions qu'il adressa par écrit à Loup de Ferrières, sur les points la6 plus épineux de la théologie, et qui attirèreal bientôt la longue et belle lettre de est éeri* vain à ce prince, et, peu après, soo beau traité toucnant les trpi^ questions. A tous ces moyens Charles enjoignit un autre qd fut tout aussi efficaoe, oe fut d'attirer à la cour les savants étrangers. U ne négligea

f^our cela ni promesses ni récompenses, et il es attira en si graiMl nombre, qa'U semblait avoir dépeuplé de savants les écoles étrao* gèresi pour en peupler son royaume. Il réussit par là à faire de son palais eomoie une véritable académie, et à faire revivre en France, selon l'expression de Loup de Ferrières, Tamour de la sagesse. Du prince eovironné de savants, et devenu philoaopiie lui-même, ne devait manquer» ce seml)le,m de sagesse, ni de politique pour gouTeroer ses Etats. 11 donna, à la vérité, des marques de l'une et de l'autre dans le grand nombre de beaux règlements qu'il publia soua le titre de Capitolaires, et par cette multitude d'assemblées et de conoiles qu'il oonvoqoa pour remédier aux maux de l'Bglise et du royaume. Quelques-^uns de ses panégrriites sont môme allés jusqu'à louer en loi dea vertus héroïques, qui le leur ont bit coinparer à David, à Saloœon, à JBséchias et à i>lusieurs autres grands monarques de l'Ao* cien-Testament; mais, il faut l'avouer, quelques bonnes intentions que Charles ait fait paraître, il n'eut ni asaez de courage ai asset de force pour les exécuter. Peut-être ausii faut-il en rapporter la cause aux divers oaiheurs qui ont traversé son règne. Gependaut il serait diOieile d'excuser d'ambition la coo* duite de ce prince. U n'eut pas plutêt appris la mort du jeune Lothaire, son néi eu, qu'il se bAta de s'emparer de son royaume, au préjudice de ses autres héritiers, mais il fut obligé dans la suite d'en céder une portioa à Louis le Germanique, son frère. De mèoef à la nouvelle de la mort de l'empereur Louis U, un de ses autres neveux, il passa les Alpes en diligence pour aller recueillir sa succession, et réussit, à force d'adresse et de libéralités, à se faire élire empereur par les* Romains. Charles joignit ainsi la couronne impériale à celle de Franoe, comm^ die l'avait été sur la tête de Cbarlemagne et de Louis le débonnaire. Son oouronaement se fit à Home par le pape Jean Vlilt l* jour de Noël 875, et son élection fut ooDfi^ mée l'année suivante, d'abord à Pavie, dans un parlement célèhre» puis en France, au concile de Pontyon, et enfin à Rome# au commencement de février 911 f au nulieu des acclamations de tout un concile, où la nape prononça un grand discours à II louange du nouvel empereur^ Cbanas ne jouit pas loogteova de et MVrelle di«

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DIGTI0NNÂ1R£ DE t^ATROLOGIE.

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giiité« Rappelé en Italie» la môme année 877, par le pape effrayé des incursions des Sarrasins, il ne put mener à son secours qu'un petit nombre de troupes. Arrivé à Pavie, où le saiutrpère était venu au-devant de lui, ils concertaient ensemble les moyens d'attaquer les infidètes» lorsqulls apprirent que Carlomant roi de Bavière, venait de fondre sur la Lombardie, avec une nombreuse armée.

Sans l'impossibilité où il était de lui résister, Charles se h&ta de revenir en France. La surprise, l'inquiétude, les regrets frappèrent tellement son imagination qu'il fut attaqué d'une fièvre violente» et qu'il mourut au village de Brios, dans une chaumière de paysan, le 6 octobre 877, dans la cinquantecinquième année de son âge, la trente-huitième de son règne en France à compter de la mort de sou père, et la deuxième depuis qu'il avait été couronné empereur. Les nistoriens assurent qu'uniuif, nommé Sédécias, son médecin et son favori, l'empoisonna; à quoi Mézerai ajoute : < Accident assez ordinaire aux grands qui emploient de pareils gens à leur service. » Son corps fût d'abord inhumé au monastère de Nantua, dans le diocèse de Lyon, d*où, huit ans après, BQS os furent transférés à Saint-Denis, qu'il avait désigné pour sa sépulture, parce qu'il en avait été abbé. Le jugement porté sur Charles le Chauve comme monarque, par presque tous les historiens, peut se réduire a ceci: c'était un prince plus puissant que dignede Tâtre ; plus sensible àraaibition qu'à la jjloirei moins prudent que rusé, et plus avide de conquêtes que propre k régir et h défendre ses Etats* Tout ce qu*il eut de grand ou de singulier, c'est que dans l'alternative de prospérités ou d'adversités où il passa presque toute sa vie, il soutint beaucoup mieux les revers que la bonne fortune. Baluze a joint les Capitulaires de ce prince à ceux de Cbarlemague, mais le Cours com^ pUt df Pairologie les a jugés dignes d'être publiés à part.

CopUulairet. — 11 en est des écrits de Charles la Chauve comme de ceux de Tempereur Louis son père» Quoique décorés de aon nom, ils sont moins pour la plupart la production de sa plume, que de celle des différents porsonuages qu'il employait dans les affaires publiques. Sans contredit, les plus intéressants sont ses Capitulaires.

Le premier de ces capitulaires fut fait la quatrième année du règne de Charles, c*està-dire en 843, après le mois d août, ou dans les premiers mois de j'aunée suivante. Le titre porte qu'il fut dressé dans un village appelé Coloniat ce que le P. Sinnond a cru devoir entendre de Coulaine, à deux cents pas de la ville du Mans ; mais il est plus vraisemblable que cette assemblée se tint à Coulaine en Touraine, qui est encore aujourd'hui un gros village, où il y avait un ohâteau considérable. C'était assez la route de Chaurles le Chauve, pour aller assiéger Toulouse, comme il le ut au printemps de Vkk \ surtout, s'il s'y rendit de Rennes en Bretagne, où il avait fait un voyage; ce

quil y a de certain, c'est que ce fUI à son retour de Rennes que se tint cette assemblée. Quoi qu'il en soit du lieu, ce Capitulaire contient six articles intéressants, avec une belle préface, dans laquelle le roi, qui paraît parler lui-même, représente TBglise comme un vaisseau, jouissant d'une grande tranquillité, après avoir été agité parla tempête. Les règlements prescrits par cette assemblée roulent sur le culte qu'on doit à Dieu, le soin qu'il faut prendre des églises, la vénération due aux ministres des autels, la puissance royale, le respect, la soumission et les autres principaux devoirs des sujets envers leur souverain, et enfin la Justice mutuelle que les particuliers se doivent entre eux. Le prince y défend, sous quelaue prétexte spécieux que ce soit, de lui rien proposer de contraire à l'équité et à la droite raison, et charee, dans ce cas, ses plus fidèles sujets de l'en avertir, afin qu'il puisse y porter remède. Le titre de ces règlements porte qu'ils furent souscrits des évêques et des seigneurs; cependant on n'y voit aucune souscription. -— Au mois d'octobre de la même année 813, dans une autre assemblée d'évêques à Lauriac en Anjou, on dressa quatre canons avec la peine d'anathème contre ceux qui méprisaient l'autorité ecclésiastique et royale. — L'année suivante, au mois d'octobre, les trois frères, Lotbaire, Louis et Charles s'assemblèrent à leust, alors Judicium^ près de Tbionvilfe , et y composèrent un Cfapitûlaire en six articles, dans le but de remédier aux désordres que les querelles de ces princes avaient causés aux églises et aux monastères. — Att bout de deux mois, c'est-à-dire en décembre 9lkk^ Charles assembla à Vemeuit^sur-Oise un concrie des évêques de son rovaume, auquel présida Ebroin, archevêque dfe Poitiers, son ar^ chichapeîain. Il nous en reste, avec une préface, douze canons qui contiennent des exhortations faites au roi, pour l'engager à remédier à divers abus que le malheur des temps avait introduits dans le clergé et dans l'ordre monastique. On y fit aussi des remontrances au roi, sur la longue vacance du siège épiscopal de Reims, et sur les prétentions de Drogon, évêque de Metz, qui, en verlu d'une lettre qu'il avaitobtenuedu pape, voulait se faire reconnaître vicaire aposloli-

3ue dans le royaume. — Dès le mois de Juin e la même année, après la prise de 'Toulouse, Charles v publia un Capitulaire en neuf articles, dans lesquels, sur la plainte des prêtres de Septimanie contre leurs évoques, il rè^le les droits respectifs des uns et des autres. — On en a un autre publié à Beauvais, dans un concile qu'il y réunit en 845, et dans lequel Hincmar fut élu archevêque de Reims. 11 est divisé en huit articles, qui forment une espèce de capitulation entre le roi, ce nouveau prélat et les autres évêques, capitulation qu il promit d'étendre à toutes les églises de son royaume. —Le Ctfpitulaire d'Epernay, en 847, n'est qu'une compilation des canons de divers conciles tenus Tannée orécédente, et oarticuiièrc*

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