‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 83 sur 105 · GHA · texte numérisé non relu

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ment du célAbre concile de Meaux. Ce Ca-

fntulaire contient soixante-douze articles qui but Yoir combien d*abus s*étaient glissés alors dans la discipline ecclésiastique, et combien» parmi les laïques» la corruption des mœurs fhisait de progràs. lOn j voit Torigine des séminaires , tels à peu près qu'ils sont établis aujourd'hui dans nos diocèses.—H 7 a un autre Capitulaire du mois de février de la même année, rédigé à Marne,

[)rès d'Ulrecht. Il comprend les articles dont es trois princes régnants convinrent entre eux, pour assurer à leurs enfants la succession de leurs Etats après leur mort, et la formule du serment que se prêtèrent mutuellement Louis le Germanique et Charles le Chauve ; le premier en langue teutonique ou tudesque, et le second en langue romane, qui était le français de ce tem|)S-Ià. Ces deux morceaux sont devenus précieux, en ce qu'on les regarde comme les plus anciens monuments qu'oi ait de ces deux Jan- Sues. — Le Capitulaire qui suit contient eux parties. La première, en sept articles, n*est autre chose avec la préface que les six premiers canons du concile tenu a Soissons en 853, et auquel le roi assista ; la seconde, qui comprend douze articles, est une instruction k ses envoyés pour les faire exécuter dans les provinces. — 11 en publia un autre à Veroerie, qui ne contient autre chose que les canons du concile tenu en ce lieu, la môme année. — Au mois de novembre suivautt Tempereur Lothaire et le roi CharleS| se trouvant ensemble à Valenciennes, flrent quelques rèdements pour le bon ordre de r£tat et de TËglise : entre autres, que les évèques et les comtes agiraient de concert pour Texécution de la justice et la célébration de l'office divin. Dans le cours du même mois, le roi Charles étant à Souviat, maison royale, dressa un autre Capitulaire, qui comprend diverses instructions pour ses envoyés ; il leur en donna d'autres, mais moins étendues, l'année suivante au palais d'Attigny, en 85^. Le Capitulaire suivant, qui est aussi de la même année, contient des protestations réciproques d*amitié aue se Qrent les deux frères, en Tabsence e Louis le Germanique, qui refusa dV entrer. Enfin un petit Capitulaire, en date du mois de juillet, ne contient rien autre chose qu'un privilège accordé à Téglise de Tournay. — On n'a point de Capitulaires de Tan 855. Les Capitulaires qui suivent, depuis le dix-huitieme jusqu'au vingt-deuxième , sont de l'année 856. Le premier est une remontrance que les évèaues assem-* blés à Bonœil au mois d'août lui adressèrent, afin qu*il tînt la main à l'exécution de SOS Capitulaires déjà publiés, et ç[u'il mît par là des bornes aux désordres qui ne cessaient d'aller croissant. Ce fut pour y remédier, et surtout pour ramener à l'obéissance bon nombre de ses suiets d'Aquitaine et des autres provinces, qu il leur adressa par ses envoyés trois autres Capitulaires. — Charles publia son vingt-troisième Capitulaire dans une assemblée d'évèques qui se

tint à Quiercy, le 1* février 857. Il comprend trois parties : une lettre circulaire, au nom du roi, adressée à tous les évèques, les envoyés et les comtes ; un recueil de passages de l'Ecriture et des Pères, et divers endroits des Capitulaires de Charlemasne et de Louis le Débonnaire, le tout teudant à réprimer les violences et les pillages qui se mulipliaient à l'infini. — Suivent aeux petits Capitulaires, l'un, du l*" mars 857, qui contient le traité d'union fait à Saint-Quentin, entre ce prince et le jeune roi Lothaire son neveu ; et l'autre, du 32 du même mois de Tannée suivante, qui comprend les formules de serment que le roi et les évèques se prêtèrent mutuellement à Quiercy. — Le vingt-septième est une fort belle lettre, adressée, au nom des évoques, à Louis, roi de Germanie, alors au palais d'Attigny. Comme il avait fiit irruption en France avec une grande armée et convoqué tous les évèques a Reims pour le 25 de novembre, afin d'y traiter du rétablissement de TËglise et de TEtat, plusieurs des prélats fidèles à Charles, au lieu de se rendre à cette invitation, s'assemblèrent à Quiercy à la môme époque, et concertèrent entre eni la lettre en question. Elle est dirisée en quinze articles, dont quelques-uns sont fort longs. Les évèques exhortent pathétiquement le roi Louis à se désister de son entreprise, et à ne pas faire à un frère ce qu'il ne voudrait pas qu'on lui fit à lui-même. Entre autres motifs qu'ils emploient pour le détourner,ils font valoir la lable de la prétendue damnation de Charles Martel. — A la suite de cette lettre en est une autre oui fo'ne le vingt-huitième Capitulaire de Charles le Chauve. C'est la décision d'un concile tenu à Metz, le 28 mai 859, pour travailler à procurer la paix entre le roi Charles et le

teune Lothaire, son neveu, d*une part, et ^ouis le Germanique de l'autre. Cette décision n'est autre chose qu'une instruction adressée à Hincroar de Reims et à huit autres prélats, que le concile députait pour porter à ce dernier prince les conditions auxquelles ils devaient l'absoudre de Telcommunication qu'il avait encourue, pour les excès commis dans le royaume de Cha^ les.— Les deux Capitulaires qui suivent font partie des Actes du concile de Savonnières; au diocèse de Tout , qui se tint au mois de juin 859. Le premier contient les treize canons qui V furent arrêtés pour le rétahlis5^ ment de la paix entre les princes réguai'^s; le second n est autre chose que la requôte que Charles présenta aux évèques du concile contre Wénilon, archevêque de Sens, dont la soumission à Louis le Germanique lui avait donné de justes sujets de plainte. Ce qu'on a de l'assemblée qui se tint à ^oblentz, au mois de juin de la môme année, forme le trente-unième Capitulaire de notre prince. On y distingue doux parties: la première contient le serment que uevaiew sy faire mutuellement les trois rois qui w trouvaient en personne à l'assemblée; ta seconde, les articles que leurs sujets o •

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raient observer. Ce fût au retourde Coblentz, en 860, que Charles le Chauve donna son trente-deuxième Capitulaire, auquel il joignit sur la fin quelques extraits de ceux de Charlemagne et de Louis le Débonnaire. Le tout compose, pour ses envoyés, une instruction, par laquelle il les chargeait de faire exécuter dans leurs départements les décisions de cette assemblée. La mômeannée^ 860, se tint à Tousi, au diocèse de Toul, le 22 octobre, un grand concile auquel assistèrent des évéques de quatorze provinces, entre ?esquels se trouvaient douze métropolitains en personne. On a de ce concile cinq canons, avec une préface contre les pillages, les parjures, et les autres crimes qui régnaient alors ; une lettre synodale adressée à tous les fidèles pour les instruire do la nature des biens consacrés à Dieu, et les détourner des usurpations qui s*en commettaient alors si fréquemment ; et enfin une autre lettre sur une affaire assez singulière portée à ce concile. Dn seigneur de la cour, nommé Etienne, avait épousé la fille du comte Raimond, et refusait d'habiter avec elle, sous prétexte qu'il avait eu un commerce criminel avec une de ses parentes. La lettre rapporte le fait, et expligue Tavis des évoques sur le droit pour décider la question. — L'an 862, il V eut un autre concile à Pistes-sur-Seine, à l'embouchure de l'Audelle , dans lequel Charles le Chauve publia son trente-quatrième Capitulaire. Il est conçu en quatre grands articles qui tous tendent k réprimer les pillages et à lorcer les coupables a satisfaire suivant les lois. La même année 862, le 3 novembre, le roi Charles, oubliant les sujets de mécontentement que lui avait donnés son neveu Lothaire, le reçut et l'embrassa à Sablonières près de Toul. Louis de Germanie fut l'entremetteur de cette réconciliation. L'édit donné à Pistes en 86& a beaucoup de rapports avec celui publié à Quiercy trois ans plus tôt. Ce prince y témoigne sa reconnaissance des services que ses sujets lui avaient rendus dans l'invasion des Normands, et fait divers règlements pour le bon ordre de ses Etats, et spécialement pour ce qui regardait les monnaies qui devaient y avoir cours. Celui de 865 re-

farde également le bien de l'Ëi^lise et de Etat dans le royaume de Bourgogne. On y voit qu'en temps de guerre les évêques, les abbés et môme les abbesses étaient obligés de fournir une certaine quantité d'hommes armés. Il est suivi d'un arrangement pris entre le roi Charles et Louis de Germanie, dont Ja date est de Tousi, le 19 février. Par un autre édit, donné à Compiègne en 868, Charles ordonna à ses envoyés de s'informer des dommages causés par les Normands, dans les églises et dans les monastères, afin de chercher à les réparer. — Le Capitulaire fait à Pintes en 869 contient divers règlements pour le rétablissement de la discipline , des droits et des privilèges dont les évoques et les prôtres jouissaient sous tes règnes précédents. On y exhorte les évéques à veiller à la conservation de ceux i

que leurs églises avaient obtenus du saint* siège, et qui avaient été confirmés par les rois. Le Capitulaire. suivant concerne le couronnement de Charles à Metz, comme roi de Lorraine. II y en a deux autres de 870 : le premier est Taccord fait à Aix-Ia-Cha* pelle entre Louis de Germanie et son frère Charles; le second est le partage qu'ils firent entre eux des Etats de Lothaire , leur neveu, mort roi de Lorraine. En conséquence de l'accord fait entre ces deux princes , les évôaues et les autres nouveaux smets du roi Charles lui prêtèrent serment de fidélité, en 872, dans le iialais de Gondonville. L'année suivante, Charles fit à Quiercy un Capitulaire où, répétant quelques-uns de ceux qu'il avait laits précédemment, il prend les précautions nécessaires pour réprimer les désordres qu'il n'avait pu jusque-là bannir de ses Etats. Il ordonne surtout h ses envoyés de sévir contre ceux qui s'étaient joints à son fils Carloman l'année précédente et avaient causé de si grands maux à la nation. Le 1*' de juillet de l'an 874, il donna un décret en faveur de l'évoque de Barcelone, qui était venu à Attigny se plaindre de l'usurpation que Tyrsus, prêtre de Cordoue, avait faite sur les droits oe son église. Ce décret est appuyé des canons de Nicée, des conciles d'Afrique et de diverses autres autorités. Après que le roi Charles eut été couronné empereur à Rome par le {lape Jean VIII, il vint à Pavie, où il tint, au mois de février 876, une diète dans laquelle il reçut , en sa nouvelle qualité, les nomma*

Ses des évoques, des abbés et des seigneurs 'Italie. Ce prince, à son retour en France, convoqua un concile à Pontyon, où il fit confirmer tout ce qui s'était passé à Rome et à Pavie en sa faveur. On y lut les lettres du pape aux sei^eurs français, pour les informer de l'élection de Chtfrles à l'empire , et pour leur donner connaissance des actes de son couronnement et des hommages qu'il avait reçus en conséquence. Le discours que le pape Jean VIU prononça en l'honneur de l'empereur Charles, au mois de février 877, se trouve joint au règlement du coqcile de Pontyon ; ce qui fait voir qu'on Ta ajouté après coup. — Au mois de mai de la môme année, le roi Charles, pour éloigner les Normands qui avaient une nombreuse flotte dans la Seine, fit avec eux une convention au palais de Gompiè^e. Il fut obligé de frapper à ce sujet des impôts sur le clergé et sur le peuple. Le dermer Capitulaire que nous ayons de lui est divisé en trente-trois articles. Il le fit k Quiercy, aux calendes de juillet 877, au moment où il se disposait à repasser en Italie ; c'est pourquoi il s'étend principalement sur les mesures à prendre pendant son absence, pour la sûreté de son royaume, tant contre les entreprises des rois ses neveux oue contre les brouilleries qui pourraient s'élever dans l'intérieur de ses Etats. Il nomme divers seigneurs, évoques et abbés, nour composer le conseil ae Louis, son nls, né de sa première femme Irmintnide.— Nous n'avons

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pour ainsi dire que donné les titres des Gapitulaires de cet empereur , et cependant nous croyons en avoir dit assez pour en faire comprendre Futilité et les avantages. Ils tendent tous, comme on voit^ à maintenir ou à faire revivre le bon ordre dans le gouverneqaent de l'Eglise et parmi ses ministres, à conserver ou è rétablir la paix et la justice entre ses sujets, et la tranquillité dans les diverses provinces de ses Etats.

Lettres, — Charles le Chauve écrivit ou fit écrire en son nom un grand nombre de lettres, tant sur les affaires de TEglise que sur celles de TEtat, 11 n*y a pas lieu de douter qu'elles n'eussent formé un recueil aussi intéressant que curieux, si Ton avait eu soin de les conserver. Il ne nous reste de lui ou sous son nom que les suivantes : d'abord, quatre au pape Nicolas : la première en faveur d'Advence, évoque de Metz, qui avait encouru la disgrâce du pontife romain pour être entré dans Talfairc du divorce de Lothaire. Charles y intercède pour lui et nous apprend quelques traits de son histoire; dans la seconde il exuose à Nicolas les raisons qu il a eues (le faire élire Vulfade, archevêque de Bourges, et le presse de le rétablir, afin qu'il puisse entrer au plus tôt dans l'exercice de ses fonctions ; la troisième est une réponse dans laquelle Charles loue beaucoup l'attention qu'avait mise Uincmar de Reims à se conformer aux desseins de ce pontife ; enfin la quatrième, qui est la plus longue et la plus intéressante de toutes, est consacrée à laire au pape, avec un certain détail, la relation de la grande affaire d'Ebbon de Reims, dont ce prince nous apprend l'origine et divers autres traits de son histoire. Dans cette lettre et les deux premières, Charles donne h Nicolas le titre de pape universel.

On ne nous a conservé que deux lettres de ce prince au pape Adrien II. L'une et l'autre font parattre autant de fermeté qu*il avait montré de faiblesse dans la dernière au pape Nicolas. Dans la lettre d'Adrien, qui est perdue, il s'agissait particulièrement de deux points : l'un, qui regardait la déposition a'Hincmar de Laon et les accusations dont on l'avait chargé ; l'autre, la peine dont le roi avait puni trois de ses sujets, attachés à ce prélat et convaincus de pagure, de mensonge et d'infidélité envers leur souverain. Le mécontement qu'en avait conçu le pape le faisait parler avec une hauteur qui n'allait nullement à son caractère, Il s oubliait même jusqu'à menacer le prince d'excommunication I s'il ne rappelait les trois sujets dont nous venons de parler. — Charles commence sa réponse par établir la distinction des deux puissances spirituelle et temporelle et la uépendance mutuelle où elles sont l'une de l'autre ; ce qu'il appuie du (célèbre passage du pape saint Gelase. Il renvoie ensuite Adrien aux arcliives de l'Eglise de Rome, pour apprendre en quel style SCS prédécesseurs écrivaient aux empereurs .pliretiens et aux rois de France. Après quoi il lui cite saint GrégoirOt qui dit que les rois

de France, nés de race royale, n'ont jamais passé pour les lieutenants des évèques, mais pour les seigneurs de la terre. Il lui cite aussi saint Léon et un concile de Bourges, ou plutôt de Rome, qui attestent que les rois et les empereurs, établis de Dieu pour commander sur la terre, ont permis aux évè-

3ues de régler les affaires suivant leurs oronnances, mais qu'ils n'ont jamais été les économes des évèques. Quant à rexcommunication dont Adrien le menaçait, Charles démontre par des passages de saint Augustin et de saint Grégoire, que ce n'est point la pratique de l'Eglise d'excommunier pour des sujets semblables. D'ailleurs une telle excommunication retomberait sur celui qui l'aurait prononcée; comme il arrive toutes les fois que celui qui préside à l'Eglise suit le mouvement de son caprice, sans avoir égard au fond de la cause. Nous nous sommes arrêtés sur cette lettre, parce qu'elle est peu connue et qu'elle mérite de l'être. Oa la croit écrite par Hincmar de Reims, ainsi que la suivante, beaucoup plus prolixe encore que la première. L empereur Chtirles l'emploie à repousser les reproches du^ape Adrien, et surtout la hauteur avec laquelle il lui parle, en se servant des termes, notu voulons, nous ordonnons par Vautoriti apottolique. Il s'agissait du refus que le roi faisait à Hincmar de Laon d'aller a Rome, pour y faire de nouveau examiner sa causé. L'auteur y répète plusieurs passages de la pre* mière, ce qui nous dispense d'en reproduire davantage. Seulement nods tenons a constater qu'elle produisit son efifet, puisqu'elle attira à Charles une lettre par laquelle Adrien s'applique à l'apaiser à force de louanges, et par la promesse du l'empire à la mort de Louis II, son neveu.

Nous avons encore, sous le nom de Charles le Chauve, une longue lettre au pape Jean VIII, qu'on croit également écrite par Hincmar de Reims. Elle roule tout entière sur les ap|)ellations dès lors trop fréquentes des évèques et des prêtres de l'Eglise de France à Rome, et en signale les inconvénients et les abus. — Entin, il nous reste une lettre très-courte du roi Charles è saint Adon, archevêque de Vienne, pour l'engager à ordonner Bernaire évêque de Grenoble.

Il reste de lui un grand nombre de décrets et de privilèges, rendus et accordés suivant les besoins généraux et particuliers de son temps. Il serait trop long d'en indiquer le sujet, mémo on les rapportant ; il est plus simple de renvoyer le lecteur à l'original. On prétend aussi que notre prince se plaisait quelquefois à composer des répons pour l'oQice de l'Eglise, et l'historien migis. au rapport du président Faucbet, lui altribiiv' celui qui commence par ces mots : Cir(' aposto forum, qu'il fit, dit-il, & Toccasion u' la translation des reliques de saint Corneilliî et de saint Cyprien à Compiègne, où Ton sait qu'il fonda une abbaye de Bénédiclinsi sous l'invocation de ces saints mâdjrs.

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MCnONNAIRE DE PATHOLOGIE.

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