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NéanmolDS qoelques sarants prétendent que ce répons est antérieur à son règne.
Quoi qu*il en soit, il ne faut pas oublier en finissant, de rappeler, à la gloire de notre monarque, \b soin qu^I prit d'enrichir de livres magnifiquement conditionnés la république des lettres. Les siècles postérieurs ont été soigneux de nous les conserver, au moins en partie ; et ce aui nous en reste aujourd'hui fait encore l*admiration des amateurs. Lui-même il avait réuni pour son usage personnel une bibliothèque nombreuse, puisque, dans les dernières ordonnances qu'iF publia avant son voyai^e dltalie, il avait réglé qu'en cas de mort elle serait partagée en trois portions, entre le prince son fils, Tabbaye de Saint-Denis et celle de Compiègne. C est donc à bon droit oue nous avons placé l'empereur Charles le Chauve à la tête des plus zélés protecteurs des lettres. Ses Capitulaires et ses Privilèges se trouvent reproduits dans le Cours comvUt de Patrologie.
CHILPÉRIG I", fils putné de Clotaire V% roi de France» possédait très-bien, dit-on» la langue latine ; chose étonnante pour un siècle où les grands se faisaient un mérite de leur ignorance. 11 avait écrit au sujet des disputes de l'arianisme, pour défendre de se servir, en parlant de Dieu, des noms de Trinité et de Personne ; mais la résistance de quelques évêques lui fit abandonner cette entreprise. Les donations des rois ses prédécesseurs ayant trop enrichi le clergé, Chilpéric cassait la plupart des testaments faits en faveur des églises, et tournait les prélats en ridicule
CHRISTODULB » prédécesseur immédiat d'Butyohius sur le siôge patriarcal d'Alexandrie, fit, aussitôt après son ordination, des statuts dont Renaudot a donné des extraits dans son Histoire des patriarches de cette église. Ce sont des règlements de discipline extérieure. Il j est dit que personne n'entrera dans l'église que déchaussé et la tête découverte; que ceux qui recevront l'eucharistie ne mangeront point de pain ordinaire aussitôt après, mais seulement après la dernière oraison de la messe; qu'ils prendront garde de ne point laisser tomber de l'eau qu'on leur donne à boire après la communion, parce qu'elle est en quelque manière sanctifiée par l'attouchement de l'eucharistie ; que les fidèles jeûneront le carême et paistrout ce temps-là dans la continence et dans les pratiques de l'humilité; qu'on ne célébrera point de mariage en carême ; que le jeudi et le samedi saints on ne donnera
1»oint la paix à la messe; qu'on jeûnera tous es mercredis et vendredis de l'année, à moins que le jour de Noël ne tombe à pareil jour ; que le baptême ne sera administré aux eonints qu'à jeun, hors le cas de nécessite ; que le prêtre qui ne se sera pas trouvé au commencement de la liturgie ne pourra nionterà l'autel, ni rompre, ni mémo toucher de sa main le saint corna de Jésus- Chriat.
CHRISTOPHE, antipape, Romain de naissance, devint chapelain de Léon V, et profita de la faiblesse de ce pontife et du peu de considération dont il jouissait pour le chasser et se faire consacrer à sa place, sans aucune élection, en 903. 11 ne jouit pas longtemps de son usurpation ; chassé à son tour, chargé de chaînes et relégué dans un monastère, il fut remplacé par SergiuslII, en 901. On ne sait aucun autre détail sur la vie et la fin de cet intrus. Il nous reste de lui un privilège accordé à l'ahhnye de Corbie, qui se trouve reproduit par le Cours complet de Patrologie.
CHRODEGANG (saint), l'un des plus illustres évoques du viii* siècle, naquit au diocèse de Liège, d'une des premières familles de la noblesse française. Son nère se nommait Sigramme et sa mère Lanarade. Il fit ses
Crémières études au monastère de Saintron, d'où il fut envoyé à la cour de Charles Martel. Après s'y être formé pendant quelque temps aux exercices convertables à un gentilhomme de son rang, il exerça la charge de référendaire ou chancelier du prince. Son mérite était si connu, que le siège de Metz étant venu à vaquer par la mort de Tévêque Sigebalde, on jeta aussitôt les yeux sur lui pour le remplir, quoique, selon toute apparence, il ne fût encore que simple laïque. Son ordination se fit le 1" octobre TfcS , et il la soutint par toutes les vertus d'un bon pasteur. Dès les premières atinées de son épiscopat, il fonda dans son diocèse deux monastères, qu'il mit sous la règle de saint Benoit : l'un dédié à saint Pierre, qu'on croit être le même qui prit dans la suite le nom de Saint-Hilaire, et plus-tard de Saint-Avold; et l'autre la fameuse abbay;e de Gorze, qui devint depuis une école si célèbre. Il eut aussi beaucoup de part à l'établissement de l'abbaye de Lauresheim, fbndée au diocèse de Worms par une dame de sa famille, qui se déchargea sur lui du soin d'y établir la discipline régulière. Hais un acte plus éclatant de son épiscopat fut de former, dans son église catnédrale, une communauté de clercs ou chanoines, qu'il accoutuma à vivre dans un clottre et sous une rè^le presque monastique. C*est là dans l'histoire rori^me la mieux marquée des chanoines réguliers. Le saint prélat n'oublia rien de ce qui pouvait contribuer à affermir et à perfectionner ce nouvel établissement. 11 y assigna de^ revenus suffisants, afin que, dégagés de tous les soins temporels, les chanoines eussent plus de liberté de s'appliquer aux exercices de piété, et il veilla lui-même à leur instruction. En 753, son mérite extraordinaire, le lit choisir par le roi Pépin et par rassemblée générale des Etats (lu royaume pour aller à Rome et ramener en France le pape Eugène H. Chrodegao^ s'acquitta si parfaitement de sa commission au gré du pontife romain, que celui-ci lui acooraa Thonneur du pallium avec le titre d'archevêque. Ce fut probablement dans ce voyage que notre
Krélat prit goût au chant romain, qu'il étalit dans son église à son retour. Saint
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Chrodegang présida, en 76S|à un concile ou assemblée générale de la nation française» à Attigny sur Aisne, au diocèse de Reims. On remaraue entre les prélats qui la composèrent aeui illustres métropolitains, saint Lulle de Mayence et Remedius ou Rémi de Rouen, frère du roi Pépin ; ce qui montre
Sue Chrodegang jouissait des prérogatives 'archevêque, puisqu'il y présida. Du reste, on ne nous a rien conservé de cette assemblée, que les souscriptions des vingt-sept Sontifes, tant archevêques qu'évêques , et e dix-sept abbés qui s'y trouvèrent, avec une promesse mutuelle faite entre eux , qu'à lamort de chacun, les survivants feraient réciter cent psautiers et célébrer cent messes parleurs prêtres, avec obligation pour les é vêques eux-mêmes d'acquitter trente messes à l'intention du défunt. SaintChrodegang fut sans doute le premier qui profita du secours de ces suffrages, puisqu'il mourut dès le 6 mars de l'année suivante 766, après avoir dignement gouverné l'Eglise de Metz pendant vingt-trois ans, cinq mois et cinq jours. Il fut enterré à l'abbaye de Gorze, oii il avait choisi lui-même sa sépulture.
Ce qui a contribué surtout à la célébrité de saint Chrodegang, c'est la règle qu'il composa pour ses clercs, et ou'il a tirée en grande partie de celle de saint Benoit, mais en l'appropriant, autant que possible, aux fonctions de chanoines destmés au service de r£;^lise. Cette Règle une fois connue, se répandit bien* tôt, et se communiqua à plusieurs autres églises, surtout dans le voisinage de Metz. L historien Fleury prétend même que l'usage en devint aussi commun à tous les chapitres que celui de la Règle de saint Benoit a tous les monastères ; mais cette opinion ne nous parait pas autrement fondée, et semble infirmée surtout par la conduite que tint le concile d'Aix-la-Chapelle, en 817, puisque cette assemblée, ayant résolu en effet de réformer en même temps les chanoines et les moines , ne fit que renvoyer ceux-<;i h la pratique eiaicte de la Règle de saint Benoit, tandis quepour les premiers elle fit dresser une Règle
}>articulière, dans laquelle il n'est même pas ait mention de celle de saint Chrodegang; preuve sensible ou que cette Règle étaitalors peu connue, ou que le concile la regardait comme insuffisante pour la conduite de tous les chanoines, ou qu'il la considérait comme particulière à l'Eglise de Metz. Ce qu'il y a de vrai néanmoins, c'est qu'avant ce temps* là cette Règle était passée en Angleterre, où elle avait été introduite dans la cathédrale d'Exesterpar les soins de l'évêque Lefric; mais on peut croire que ce prélat, élevé dans le pays auquel on donna plus tard le nom de Lorraine, en avaitemporlé avec lui cet usage. 11 est vrai encore que soit avant, soit après le concile d'Aix-la-Chapelle dont on vient de parler, cette Règle fut observée en Italie, et probablement dans le diocèse même de Rome, puisqu'on en trouve des exemplaires accommodés aux usages de cette Eglise, /uxta Romanam Ecclesiam. C'est précisément ce qui a fait douter à quelques écrivains si saint
Chrodegang ne l'aurait pas apportée de Rome, au lieu de la composer lui-même; mais ce doute disparaît en la conférant avec l'éloge
3ue Paul Warnefride,plus connu sous le nom e Paul Diacre, nous a laissé de ce prélat. On doit donc regarder comme constant que cette Règle est rœuvre authentique de saint Chrodegang. Elle ne contenait dans l'origine que trente chapitres, avec une préface dans laquelle l'auteur se* plaint amèrement du mépris des canons et de la négligence des
f)asteurs, du clergé et «du peuple. Ce fut pour es réveiller de leur assoupissement, et dans le but de faire revivre l'observation des saintes règles , qu'il entreprit de composer son ouvrage. On en trouve un extrait fort détaillé au xLiii* livre de VHistoire ecclésiastique de Fleury. Tous les exercices delà communauté, tant pour l'office divin que pour le travail et le temps des repas, y sont prescrits à peu nrès comme dans la Règle de saint Benoît. Quiconque a une notion de celle-ci, peut se flatter d'avoir quelque connaissance de l'autre. On y remarque cependant plusieurs points dont il n'est nullementquestion dans la Règle de saint Benott ; par exemple, que les clercs ou chanoines devaient se confesser à l'évêque deux fois l'année, au commencement du carême, et depuis la mi-aoât jusqu'au i" novembre. Qu'ils pouvaient, dans les autres temps, seconfesser aussi souvent qu'ils toudraient, soit h l'évêque ou au prêtre qu*il aurait désigné à cet effet. Que tous les dimanches et les jours de grandes fêtes, ils étaient obligés de recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ, à moins que leurs péchés ne les en empêchassent. Il était permis à ceux qui étaient prêtres de recevoir et de disposer des aumônes ou rétributions qu'on leur donnait pour leurs messes ou autres fonctions ecclésiastiques. C'est là peut-être le plus ancien vestige que l'on trouve de ces sortes de rétributions. Si aux jours d'abstinence, qui étaient fréquents, il venait une fête, le supérieur pouvait, hors le temps du grand carême, permettre l'usage delà viande, même le vendredi, ce qui parait singulier.
On doit aussi compter au nombre des écrits de notre saint prélat, tant à cause de la piété qui y brille que par les sages réflexions au'il contient, le beau privilège qu'il accoraa à son monastère de Gorze, et qui fut confirmé au concile de Soissons, en 757, avec la charte defondation du mêmemonastère. Mais on croit que les dates de l'une et de l'autre pièce, qui sont prises des années de l'Incarnation du Sauveur, y ont été ajoutées après coup, parce que l'usage de dater ainsi les actes publics n'était pas encore introduit en France. Le saint évêaue eut aussi la plus grande part à l'acte ou lettre de fondation du monastère de Lauresheim, insérées dans les anciennes annales de cette abbaye. Il les souscrivit en prenant le titre d'archevêque, quoiqu'il y soit aussi qualifié d'abbé, non pour avoir gouverné par lui-même ce monastère, mais parce aue, ainsi que nous l'avons dit, il fut chargé 'y établir la discipline régulière. Tritfaème accorde à saint Chrodegang d'autres ouvra-
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ges que ceux dont nous Tenons de parler; mais comme il n*en marque aucun en particulier, on est autorisée croire que ce n est là qu'un trait d*éloge, comme il en fait assez souvent entrer dans l'histoire des écrivains dont il se fait le panégyriste. Le P. Labbe, dans leVIl* volume de sa collection des Conciles, a donné une édition de la Rè^le de saint Chrodegang telle Qu'elle était originairement en usage dans l'Eglise de Metz, avec la charte de fondation de l'abba je de Gorze, et le privilège dont nous avons parlé. Cette édition a été suivie de plusieurs autres qui n'ont fait quemutiler l'œuvre du saint prélat, en l'a* bandonnant à l'indiscrétion des anonymes ; mais elle a été reproduite dans toute son intégrité par le Cours complet de Patrologie.
CHRODOBERT, évêque de Tours, vers Tan 670, a laissé un écrit sous ce titre : Jugemeni d'une femme culultère. Edité pour la première fois par Quesnel, dans ses Notes sur la lettre ^ du pape saint Léon le Grand, il a été reproduit dans le Cours complet de Palro^ logie.
CHROMACE (saint], que saint Jérôme appelle le plus saint et Je plus savant des évoques, et queRuQn met au nombre des prélats les plus célèbres et les plus estimés de son temps , naquit d|une mère destinée à enfanter des saints ; car il eut pour frère Eusèbe, et deux sœurs qui, victorieuses de leur sexe et du monde, consacrèrent à Dieu leur virginité. Heureuse maison, ajoute saint Jérôme, où l'on trouve la viduité d'Anne, les avantages des filles de saint Philippe, et un double Samuel. Saint Jérôme parlait ainsi vers Tan 374, et dès lors Chromace et Eusèbe étaient tous deux dans le clergé d'Aquilée, considéré alors comme une assemblée de bienheureux. Saint Chromace y tenait le rang de prêtre, et Eusèbe celui de diacre, sous la (urection de saint Valérien, qui en était évèque. Il n'était encore que simple prêtre, lorsqu'il assista au concile d'Aquilée, en 381. On ne sait point au juste en quel temps il fut élevé à 1 épiscopat, mais on présume que ce fut sur la fin de l'année 388, et que saint Ambroise fit le voyage d'Aauilée pour assister à son élection. Saint (Jhromace y reçut, en 398, la visite de Paulinien, qui allait en Dalmatie. Il fit des efforts pour apaiser la nouvelle querelle entre saint Jérôme et Rufin , mais sans pouvoir y réussir. L'an 404, saint Chrysostome fut dépouillé de son épiscopat par les violences de Théophile. Il écrivit à saint Chromace pour Tinstruiredes injustices commises contre lui, et en même temps pour lui demander du secours. Cette lettre était commune au pape Innocent et à Vénérius de Milan. Saint Chromace s'acauitta en cette occasion de ce qu'il devait à l'honneur de l'épiscopat et à l'innocence de saint Chrysostome, qui l'en remercia en ces termes : « La trompette éclatante de votre sincère et ardente charité s'est fait entendie jusqu'ici, et quelque grande aue soit la distance qui nous sépare, elle resonne fortement à nos
oreilles. Quoique nous soyons bien loin de vous, nous savons aussi bien que ceux qui en sont plus rapprochés quelle est la liberté sainte et généreuse qui vous a fait dire hautement la vérité. » Ce ne fut pas la seule maroue de zèle que saint Chromace témoigna a saint Chrysostome ; il écrivit encore en sa faveur à l'empereur Honorius ; et ce prince, préférant cette lettre à plusieurs autres qu'il avait reçues de divers évoques, l'envoya avec celle du pape Innocent à son frère Arcade. Ughellus donne à saint Chromace dix-huit ans et neuf mois d'épiscopat ; si donc on en met le commencement en 388, il a dû finir en 407 ; mais d'autres le prolongent jusqu'à 414, et lui donnent oour successeur Augustin.
Il est hors de doute qu*un évêque à qui saint Chrysostome et saint Ambroise accordent les plus grands éloges ait composé un grand nombre d'écrits, mais ils ne sont pas venus jusqu'à nous. Nous n'avons ni la lettre quil écrivit à saint Jérôme pour le réconcilier avec Rufin, après avoir condamné Origènë , ni celle qu'il adressa à Temper^^ur Honorius dans la cause de saint Chrysostome. Il ne nous reste de lui que quelques fragments de Commentaires sur l'Evringile de saint Matthieu. Ces Commentaires sont en forme d'homélies. Outre l'explication des huit béatitudes, on y trouve encore celle de rOraison dominicale* L'auteur, en parlant du divorce, semble dire que^ l'on peut épouser une autre femme après avoir éloigné la première pour cause d'adultère ; mais s'y l'on y prend gai-de, il ne décide nullement cette question, et n'ajoute rien aux termes de l'Evangile. Son but est de faire voir l'énormité du crime de ceux qui, au mépris de la défense Que Dieu a faite à l'homme de se séparer de sa femme, répudiaient les leurs sans même qu'elles fussent coupables et en épousaient d'autres, s'appuyant sur la permission que leur en donnaient les lois civiles. Sur ces paroles de l'Oraison dominicale : Donnez'fious aujourd'hui notre pain quoti-dien^ il dit que cette prière doit s'entendre, si Ton veut, à la lettre pour le pain matériel de chaque jour, mais on doit aussi, et surtout, lui donner un sens plus élevé, en sorte que nous demandions à Dieu en même temps qu'il nous rende dignes de manger chaque jour le pain céleste, c'est-à-dire le corps de Jésus-Christ, de peur que nous n'en soyons empêchés par quelque péché. Il dit que rOraison dominicale renferme la demande de toutes les choses nécessaires au salut, et qu'elle était figurée par la parole abrégée dont parle le prophète Isaïe. il cite l'histoire de Judith, sans élever aucun doute sur Tauthenticité du livre où elle est rapportée. Enfin saint Chromace explique les paroles de saint Jean à Jésus-Christ quand il lui dit : Cest moi yui dois être baptisé par vous. U dit assez clairement que saint Jean reçut en effet le baptême, et au'il en avait besoin parce qu'il ne pouvait être sans péché. En expliquant ce qui se passa au moment du baptême de Jésu^-Christ, saint Chromace
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DICnONNÂlRE DE PATROLOGIE.
établit contrôles ariens l'unité de la nature de Dieu en trois personnes, Père, Fils, et Saint- Esprit. Braida publia une édition de ce Traité en 1816, et c'est de là qu'on Ta reproduit dans le Coun eompltt de Patrologie,
CHDNON ou Conrad, disent les auteurs de la Gaule chrétimne^ d^abord moine de Sainl-Blaise , fut élu abbé de Moury en Suisse, à la mort de Tabbé Roozelin, arrivée en 1145. La même année, il'obtint du pape Adrien IV une bulle qui lui permettait de célébrer l'office divin, pendant l'interdit jeté sur le pays, et en 1159 il se fit accorder une autre bulle, contirmative de tous les droits et privilèges de son monastère. Les anciens monuments de l'abbaye de Saint-Biaise marquent Conrad comme le cinquième abbé que cette abbaye avait donné à celle de Moury. Après y avoir rétabli Tétude des belles-lettres, un peu négligées auparavant, il se démit de son titre, vers Tan 1166, et mourut le 2 novembre 1188.
Actes de Vabbaye de Moury, — Chunon ou Conrad rendit un autre service h son monastère, en mettant par écrit l'origine de sa fondation, tous les biens qu'il avait reçus de ses fondateurs, et tous ceux que ce même monastère avait acquis, soit de son temps, soit sous les abbés ses prédécesseurs. Le fondateur de Moury twX Vernaire, évêque de Strasbourg. Le monastère fut mis sous la protection du saint-siége, avec l'obligation de payer un cens annuel à saint Pierre. L'acte de fondatioY) est de l'an 1027. 11 parait, par les termes dans lesquels il est conçu, que Vernaire était fils de Radeboton, et non pas son frère. C'est ainsi que l'ont entendu les auteurs de la Gaule chrétienne et doin Mabillon, dans le tome IV des Annales de Tordre. Vernaire ordonna qu'on suivrait k Moury la règle de saint Benoit; que les moines auraient la liberté de choisir leur abbé dans la communauté ou dans un autre monastère; que l'abbé, de l'avis de ses religieux, choisirait un défenseur du monastère daus la famille du fondateur. La comtesse Itta, femme de Radeboton, fit beaucoup de bien à Moury, ce qui lui a fait donner, dans le Nécrologe, le titre de fondatrice, quoiqu'elle n'eût aidé le monastère que de ses bienfaits, L'auteur des Actes fait mourir Vernaire à Constantinople, en 1027. C'est une faute chronologique; la mort de cet évèque n'arriva que deux ans plus tard, le 28 octobre
Embrioiui, abbé de Notre*Dame des Ermites, prit soin du nouveau monastère, auquel il donna pour prieur ou prévôt le . moine Reginbold. L'évoque de Constance favorisa ce nouvel établissement, à la prière de Radeboton et d'itta. Reginbold amena avec lui des moines de Notre-Dame des Ermites, et apporta des reliques^ des livres et des ornements sacerdotaux. U acheta des cloches à Strasbourg, fit transcrire les livres de l'Ecriture et plusieurs ouvrages des Pères ; un Psautier, des Missels, un Antiphonier et une partie du Gradue); en un mot, il se donna
tous les soins nécessaires pour former uue bibliothèque et une sacnstie. Le comte Radeboton étant mort, il le fit inhumer dans l'église, devant l'autel de la sainte croix. U mourut lui-même en 1055, et les moines de Moury, de concert avec le comte Vernaire, fils de Radeboton, demandèrent un autre prieur à Hermann, abbé de Notre-Dame des Ermites. Mais après la mort de TabM Hermann, craignant que les moines deNotre- Dame des Ermites ne s'arrogeassent un pouvoir trop absolu sur le monastère de Moury, le comte Vernaire fit choisir pour abbé BuV kard, qui mourut en 1OT9. On élut pour second abbé Luitfrid, moine de TabBaje de Saint-Biaise. Dans un voyage qu'il fit à Rome, en 1096, il obtint des carainaux, en l'absence du pape, l'exemption du cens annuel de saint Pierre. Le troisième abbé fat Udalric, à qui l'empereur Henri IV confirma, par un diplôme, tous les droits de l'abbaye, et spécialement le droit pour la communauté d'élire un abbé selon la règle de Saint-Benott. Le nombre de reliques qu'il j avait à Moury était prodigieux; la bibliothèque aussi était très-bien fournie de livres ecclésiastiques et profanes, dont il donne le détail. Il recommande à ses moines d'avoir toujours soin de transcrire des livres et d'en augmenter le nombre, parce c^ue, sans les livres, la vie des hommes spirituels n'est rien. L*auteur remarque que l'usage è Moury d'avoir des frères laïques ou con vers, pour les travaux du dehors, venait de l'abbaye de Saint*filaise; que de là il s'était répandu partout, et qu'on devait le maintenir en obligeant ces religieux à vivre sous la règle et 1 obéissance du père spirituel. Il est aussi d'avis qu'on laisse subsister le monastère de filles hàti dans le voisinage de Moury, pourvu qu'il y ait entre ces deux maisons une distance convenable pour éviter tout soupçon, et qu'on donne à la maison des filles des personnes sages pour la diriger. On les transféra depuis dans un lieu appelé Hermenstwile, qui faisait partie de la fondation de Moury. Le quatrième abbé fut Ruppert, qui mourut en 1110. Il eut pour successeur Ûaalric II, à qui succéda Ronzelin, en 1119, et qui fut lui-même remplacé par l'auteur des Actes que nous analysons. Conrad finit son ouvrage en priant ceux qui viendront après lui de rédiger à leur tour ce qui se passera de remarquable dans le monastère.
Les Actes de la fondation de cette «ibbave, située au diocèse de Constance, sur les bords de la rivière de Rintz, à six lieues de Bade, sont devenus célèbres par l'usage que les généalogistes en ont fait pour étabhr leur divers systèmes sur l'origine de la majjon d'Hapsbourg, d'où descendent celles d Autriche et de Lorraine. Ils furent accuemis avec joie, et dès le moment de leur publication plusieurs en firent autant de cas que des plus anciens originaux. Plusieurscntiques les citèrent avec éloges, et Eccard s en autorisa pour faire descendre l'omperj"'^ Rodolphe de Contran le Ridie et de Radebo-
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ton, comte de Hapsbourg ) mais il est acquis aujourd'hui à Thistoire que celte généalogie est défectueuse en plusieurs points, et qu'elle a été iQOutée aux Actes de la fonda* tioa de Mourj écrits par Conrad.
Auirti écriii de Conrad. -< On attribue encore à Tabbé Conrad une Chronique du monastère de Burglen, situé sur une haute montagne duBrisgaw, entre Bâleet'^'ribotjrg. Cette Cnronique,conservée sous son nom dans la bibliothèque de Saint-Biaise, nous apprend que le monastère de Burglen fut fondé par Woriher de Cottinbach, d'une très-noble famille de la province, seigneur aussi recomtnandable par ses vertus que par ses libér.ilités envers les pauvres et le clergé. Il Gt
Srofession de la vie monastique à Saintlaise, sous le vénérable abbé Hustène, qui gouverna cette abbaye depuis Tan 1108 jusqu'à Tan 1125. Il rapporte aussi qu'Itta, sa femme^ ne le cédait a son mari ni en noblesse ni en vertus, et qu'elle se consacra à Dieu dans un monastère de filles nommé Beraw, bâti par Tabbé Rustène. Avant la fondation de Burglen, il y avait au même lieu une ancienne église,' desservie par un seul clerc. Yernher la donna à Tabbaye de Saint-Blaiso avec une partie des terres qu*il possédait dans le Brisgaw, la Bourgogne et la Suisse, à la charge d^tablir à Burglen une communauté de moines sous la règle de Saint-Benoît. Cette condition s'exécuta sous Tabbé Berthold, successeur de Rustène, malgré les oppositions deTévéque do Constance, aui furent levées dans la suite par le pape [onoré II. Veniher mourut à Saint*Blaise en 1125, et Itta, sa femme, mourut k Beraw Tannée suivante. Des deux enfants qu'ils avaient eus de leur mariage, Tainé, Yernher, se fit moine à Saint-Biaise, et mourut en odeur de sainteté ; le cadet, qui se nommait Wipert, embrassa aussi la vie monastique et rut le premier prévôt de Berglen, dont il augmenta les fonas.
CHRYSOBERGE (Luc), nommé patriarche de Conslaptinople en 1155, et mort en 1169, présida au concile que l'empereur Manuel Comnène fit tenir en cette ville. Tan 1166, contre les erreurs d*un nommé Démétrius,
gui, confondant les deux natures en J('*sushrisl, Tassimilait à tous égards à la Divinité. La même année il présida un autre concile, où il fut défendu de tolérer h revenir les mariages contractés au sixième ou septième degré de parenté, abus qui avait été introduit environ cent trente ans -auparavant par le ( atriarche Alexis. Dans un synode paiticulier de Tan 1157, il fit défendre aux clercs de se mêler d'atfaires particulières, aux évoques de faire des transactions au préjudice des droits de leurs éulises, à ceux qui ont fait un faux serment de Texéculer, aux parrains de rendre témoignage contre leurs fils spirituels, aux diacres et aux prêtres d'exercer l'art de la médecine et de s'occuper de gains sordides, au nombre desquels il comptait les métiers de parfumeurs et de baigneurs, U abrogea aussi
la fête qu'on appelait d^es sainiê noiaire$, el fit quelques autres constitutions synodales, que Ton peut voir dans le Droit grec-romain, avec celles dont nous venons do parler.
CHRTSOSTOME (saint iBin)^ également illustre par ses écrits et par les persécutions quMl eut à.souffrir, naquit à Antioche, vers l'an 3Vi, de parents chrétiens et de noble condition. Il était encore enfant lorsque son père, qui se nommait Second, mourut après avoir commandé avec distinction les armées de l'empire. Il avait une sœur aînée, dont le nom nous est inconnu, et sa mère s'a[tpelait Anthuse. Laissée veuve h Tâee de vin4 ans, elle passa le reste de ses Tours dans la viduité, et consacra ses soins a l'éducation de ses enfants. Ce n'était plus le temps où, comme le dit Fénelon, chez hê Grecs tout dépendait du peuple , et te peuple dépendait de la parole: mais l'éloquence frayait encore la route aux premières di-
f;nités. Chrysostome l'étudia sous Libanius, e plus fameux des orateurs de son temps. L'élève ne tarda pas à égaler le maître et même à le surpasser. Libanius lisait un jour, devant une assemblée nombreuse, une déclamation composée par Chrysostome à la louange des empereurs; on applaudissait; il s'arrête et s'écrie : Heureux le panégyriste d'avoir de tels empereurs à louer I Heureux aussi les empereurs d'avoir trouvé un tel panégyriste I » Les amis de Libanius lui ayant demandé, dans sa dernière maladie, lequel de ses disciples il voudrait avoir pour successeur : « Je nommerais Jean, répond! t-t-il, si les chrétiens nenous l'avaient i)as enlevé. » Après avoir étudié la philosophie sous Andrasathius, Chrysostome se consacra àl'étude de l'Ecriture sainte. Distingué par ses talents et par sa naissance, il edt pu s'élever aux premières di^ités de l'empire; mais, déià mort aux vanités du monde, il avait résolu de se consacrer à Dieu dans les solitudes de la Syrie ; cependant il fréquenta le barreau à l'âge de vingt ans, et il y plaida plusieurs causes avec un succès extraordinaire; mais, changeant bientôt de résolution, il se revêtit d un habit de pénitent, et, le corps à peine couvert d'une misérable tunique, il s enfonça dans un désert, et choisit pour retraite les montagnes voisines d' Antioche, S'y trouvant encore trop près du monde, il se retira dans une caverne imorée, oii il vécut deux ans sans se coucher. Ses veilles, ses mortifications et l'humidité de sa demeure l'ayant fait tomber dangereusement malade, A fut obligé de revenir è Antioche, où le saint évêque Mélèce l'or donua diacre en 381, et saint Flavien, son successeur^ l'éleva au sacerdoce en 383. Il le fit son vicaire, et le chargea d'annoncer au peuple la parole de Dieu, fonction oui jusaue là n'avait été remplie gue par les seuls évêques. Il nous apprend lui-même que la ville d*Antioche comptait à cette époque cent mille chrétiens parmi ses habitants. Ce fut alors que, n'ayant pas encore mûri sa manière jusqu'à la rendre simple» ua« pan-
DICnOMNÂIRE DE PATHOLOGIE.
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rre femme du peuple lui dit» au sortir d*ua de ses sermons : « Mon père* nous autres pauvres d^esprits, nous ne te comprenons pas. » Il profita de cet avis, se corrigea et remplit sa mission avec d*autant puis de fruit, qu'à une éloquence touchante et persuasive il joignait des mœurs austères. Aussi Eendant douze ans il fut la main, Tœil et la ouche de son évégue. Son éloquence attirait également les juifs, les païens, les hérétiques; et les chrétiens d*Antioche suivaient ses sermons avec une ardeur et une admiration incroyables. On l'interrompait souvent par des acclamations et des battements de mains qui blessaient sa modestie. « De quoi me servent vos louanges, leur disait-il, puisque je ne vois pas que vous fassiez aucun progrès dans la vertu ? Je n*di besoin ni de ces applaudissements, ni de ce tumulte, L'unique chose que je désire, c'est qu'après m'avoir écouté paisiblement et m'avoir fait connaître que vous comprenez ces vérités, vous les mettiez en pratique. Voilà les seuls éloges que j'ambitionne. » Ses lalents et ses vertus le firent distinguer par l'empereur Arcadius, qui pensa à l'élever sur le siège de Constantinople, après la mort de Nectaire. Si les habitants d'Antioche eussent connu les desseins de l'empereur, ils en auraient rendu l'exécution difficile. Chrysostome fut attiré hors de la ville par le comte d'Orient, sous prétexte de visiter avec lui les tombeaux des martyrs. C'est alors qu'il se vit saisi et remis entre les mains d'un officier, qui le conduisit à Constantinople, où il fut sacré, le 26 février 398, par Théophile, patriarche d'Alexandrie. Son premier soin, après sa promotion à l'épiscopat, fCit de réformer le clergé. Il déracina l'abus qui s'était introduit parmi les ecclésiastiques de vivre avec des vierges qu'ils traitaient de sœurs adoptives, ou sœurs agapètes, c'est-àdire charitables. Ce bon pasteur donna l'exemple à son troupeau, et se mit à la tète de toutes les œuvres de charité. Il fonda plusieurs hôpitaux, envoya un évêque missionnaire chez les Goths, un autre chez les Scythes nomades, et d'autres encore dans la Perse et dans la Palestine. Ses missions et ses abondantes charités exigeaient ou de grands revenus ou une grande économie. Le saint patriarche se réduisit à une vie trèssobre, ce qui lui donna le moyen de soulager tous ceux qui étaient dans l'indigence. Il dislribuait ses aumônes avec tant de profusion, qu'elles lui méritèrent, dit Pallade, le surnom de Jean l'Aumônier. Sa charité et son application infatigable à remplir ses devoirs lui gagnèrent bientôt l'amour et la confiance de son peuple. Constantinople changea de face. Il vint à bout de corriger plusieurs désordres. Il établit l'office de la nuit dans les églises, introduisit le chant des psaumes dans les maisons mêmes des particuliers, en détourna plusieurs de l'oisiveté et des spectacles, et les rappela à une vie sérieuse et occupée. Cependant la véhémence avec laquelle il parlait contre l'orgueil, le luxe et la violence des grands ; son zèle pour la ré-
forme du clergé et pour la conversion des hérétiques, lui attiraient une foule d'ennemis. Eutrope, favori de l'empereur, le tyran Gainas, à qui il réfusa une église pour les ariens ; Tht^ophile, patriarche d'Alexandrie, partisan des origénistes ; les sectateurs d' Arius, qu'il fit chasser de Constantinople, se réunirent tous contre l'archevêque. L'occasion de se venger de lui se présenta bienldt, et voici ce qui la fit naître : Chrysostome crut que son ministère l'obligeait à s'élever contre les prétentions de Timpératrice Eudoxie et de son parti. Il en parla indirectement dans un sermon sur le luxe des femmes. Ses ennemis ne manquèrent pas d'envenimer ses paroles auprès de l'impératrice, qui dès lors conçut pour lui une naine mortelle. Quelques courtisans présentèrent des mémoires contre lui. Eudoxie les appuya; elle fit tenir le fameux conciliabule du ChinCf en 403. L'archevêque j fut condamné par Théophile d'Alexandne, qui s'était rendu à Constantinople avec un grand nombre d'évèques, qu'il avait appelés des Indes même. Chrysostome, après sa condamnation, fut chassé de son sié^e;mais cet exil ne dura pas longtemps. La nuit qui suivit son départ, il arriva un tremblement de terre si violent, que le palais en fat ébranlé. Eudoxie, effrayée, va trouver Arcadius : « Nous n'avons plus d'empire, lui dit elle, si Jean n'est rappel é. » L'empereur révoque l'or ire qu'il a signé. Eudoxie écrit dans la nuit même à Chrysostome, pour Tin viter à revenir. La lettre contenait des témoignages d'estime et d affection. Chrysostome consentit donc à revenir dans son église. Le peuple alla au-devant de son archevêque avec des flambeaux allumés, le conduisit en triomphe dans la ville, et «iès
Zu'il eut reparu, ses ennemis prirent la fuite, e calme fut rétabli ; mais il ne fut pas de longue durée. Après huit mois de repos, et
Juoique sa réintégration eût été ratitiée ans une assemblée de soixante évoques, il lui fallut de nouveau prendre le chemin de l'exil. Ce fut à l'occasion d'une statue d'argent élevée en l'honneur de l'impératrice, sur la place, entre le palais du sénat et l'église de Sainte-Sophie. Tandis que le peuple célébrait l'inauguration de cette statue par des jeux publics et des superstitions extravagantes qui troublaient le service divin, Chrysostome attaqua ces abus, mais en ne blâmant que l'inspecteur des jeux, qui était manichéen, c'est-à dire à moitié païen.
On fit croire à Eudoxie qu'elle avait été outragée, et que larchevôque avait commencé son sermon par ces mots : « Voici donc encore Hérodiade en furie ; elle danse, et demande de nouveau la tête de Jean. » Socrate et Sozomène rapportent ces paroles comme l'exorde de son discours; mais le P. Montfaucon a réfuté cette calomnie, inventée par les ennemis du saint, et en a prouvé la supposition. Eudoxie résolut défaire assembler un nouveau concile contre lui. Plusieurs évêques, gagnés par les libéralités de la cour, se firent ses accusateurs. Arcamust
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connaissant la sainteté du prélat, dit à Tun d'eux que cette affaire lui inspirait de graves inquiétudes. L'évêque dévoué à Eudoxie lui répondit : « Seigneur, nous prenons sur notre tête la déposition de Jean. » Chrysostome fut condamné, et reçut un ordre exprès de partir pour le lieu de son exil. Il était alors dans son église : « Venez, dit-il à ceux qui étaient autour de lui, prions et
Erenons congé de Tange de cette église. » i dit adieu aux évéques qui lui étaient attachés; il entra dans le baptistère pour consoler sainte Olympiade et les diaconesses qui fondaient en larmes, et sortit secrètement pour empêcher le peuple de se révolter. Il fut conduit à Nicee, en Bithynie, où il arriva le 20 juin 404. Son exil rut suivi d*une persécution contre tous ceux qui défendaient son innocence. On imagina différents prétextes pour verser le $ang, comme on avait fait sous les empereurs païens. Jean Chrysostome souffrit beaucoup dans son exil ; toute sa consolation fut dans les lettres aue lui écrivaient le pape Innocent I*' et les plus grands évèques d Occident, qui
È Tenaient part à son infortune. Cependant ludoxie était morte le 6 octobre, quelques mois après le départ de Chrysostome. Les Isauriens et les Huns ravageaient les terres de Tempire. Arcadius écrivit à saint Nil pour lui demander le secours de ses prières : « Comment, répondit le saint, pourriez-vous espérer de voir Constantinople délivrée des coups de range exterminateur, après le bannissement de Jean, cetie colonne de TEglise, ce flambeau de la vérité, cette trompette de Jésus-Christ ? Vous avez exilé Jean, la plus brillante lumière du monde... Mais du moins lie persévérez pas dans votre crime. » L'empereur Honorius demandait aussi le rappel de Chrysostome dans les termes les plus pressants; mais, trompé par la calomnie, Arcadius ne changea point de résolution, et Arsace fut placé sur le siège de Constantinople. Chrysostome ne resta pas longtemps k Ntcée. Eudoxie, avant sa mort, avait dési-
Î;né, pour dernier terme de Texil du saint, a petite ville de Cucuse en Arménie, dans les déserts du mont Taurus. Dès le mois de juillet 405, Chrysostome se mit en route, et après soixante-dix jours d'une marche pénible, sous un ciel brûlant, dévoré par la tièvreque produisirent les fatigues du voyage^ la brutalité des gardes et la privation presque continuelle de sommeil, il arriva à Cucuse, où révêc^ue et le peuple le reçurent avec respect. Après une assez longue détention dans cette petite ville, les incursions des Isauriens qui ravageaient rAruiénieTobligèient à la quitter un instant pour chercher un asile daus le chÂteau d*Arabisse, sur le mont Taurus; mais il y retourna dès que les barbares se furent retirés. Il était honoré de tout le monde chrétien. Le pape refusait de communiquer avec Théophile et les autres ennemis du saint. L'empereur, irrité, ordonna qu il fût transféré sur les bords du Pont-£uxin, près de la Cplchide, à Pityonte, ville située aux derniers confins de Tempire.
Deux officiers, chargés de le conduire, le faisaient marcher tête nue, et il était chauve, sous un soleil ardent ou par de fortes pluies. Ses forces étaient épuisées lorsau*il arriva à Comane dans le Pont; on voulut le faire marcher encore, mais sa faiblesse devint si grande qu'on fut obligé de Ty ramener, et on le déposa dans l'oratoire de saint Basilisque, martyr. Alors il quitta ses habits pour en prendre de blancs; il reçut la communion, fit sa prière qu'il termina, selon sa coutume, par ces paroles : Dieu soit glorifié de touti et ayant tracé sur lui le signe de la croix, il expu-a le 14 septembre 407, dans la dixième année de son épiscopat, et la soixante-troisième de son Age. Il y eut à ses funérailles un concours proaigieux de vierges, de religieux et de personnes de piété qui étaient venus de fort loin. Son corps fut enterré auprès de celui de saint Basilisque. Les ennemis de Chrysostome, poursuivant sa mémoire même après sa mort, refusèrent longtemps de mettre son nom dans les diptyques. Mais saint Cyrille d'Alexandrie, successeur de Théophile, imita enfin l'exemple des patriarches Alexandre d'Aniioche et Attique de Constantinople, qui avaient témoigné publiquement leur vénération pour Chrysostome. Son culte prit chaque jour des accroissements. Théodose le Jeune ayant fait transporter son corps de Comane à Constantinople, il fut reçu en triomphe par le f)atriarche Proclès, par le clergé et par tout e peuple de la ville, le 27 janvier 438. L'empereur Théodose et sa sœur Pulchérie assis-' tèrent à la cérémonie de cette translation. Les reliques furent déposées dans l'église des Apôtres, destinée à la sépulture des empereurs. Dans la suite, elles furent transfé^ rées à Rome et déposées sous l'autel qui porte son nom, dans l'église du Vatican. Les Grecs célèbrent sa fSte le 13 de novembre, et les Latins le 27 janvier. — Le nom de Chrysostome, c'est-à-dire Bouche d'or^ lui fut donné peu de temps après sa mort, puis-
3u'on le trouve dans les écrits de Cassiodore, e saint Ephrem et de Théodoret Saint Jean Chrysostome a été une des plus brillantes lumières de l'Eglise. Le pape Célestin, saint Augustin, saint Isidore de Peluse et plusieurs autres Pères l'appellent le sage interprète des secrets de l'Eiernel. Ils disent que sa çloiçe brille, que la lumière de sa science éclaire toute la terre. Us le comparent au soleil, dont l'univers tout entier ressent les heureuses influences. Ces éloges peuvent paraître mêlés d'un peu d'emphase, mais Venthousiasme est permis lorsqu*on veut peindre un génie aussi admirable que celui de saint Jean Chrysostome
II a laissé un grand nombre d'ouvrages. Nous suivrons, pour en rendre compte, l'édiiion des Bénédictins, qui, parmi les savants, passe pour être la plus complète.
Deux exhortaiiont à Théodore. — Ces deux exhortations furent adressées à Théodore, dans la vue de le ramener à la vie monastique, qu'il avait quittée en 869. Ce Théo-
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dore était un bomtno illnstro par sa naissanoe» possesseur de grands biens, écrivant et parlant avec.beaucoup de grâce et de facilite, tous avantages qui lui offraient dans le monde dé brillants succès et un mariage sui-* vaut son cœur. Saint Chrysostome, qui savait que ces liens ne sont plus permis à qui* conque a contracté un engagement spirituel» lui écrivit pour le faire rentrer dans le devoir.
Dans la première de ces exhortations, il dît qu'on ne saurait trop déplorer la perte d'une âme, parce qu'à elle seule elle est d'un plus ijrand prix q^ue tout le monde. Si celui
3ui ODserve la loi de Dieu vaut mieux que ix mille qui la transgressent, on ne ooit donc pas s étonner qu il déplore plus haut la perte de Théodore, que Jérémie la ruine de Jérusalem, puisqu'il vaut mieux qu'une infinité de ceux que pleurait le prophète. Quoique la nécessilé de mourir soit inévitable, on ne saurait accuser de lâcheté ceux qui pleurent les morts; mais il y aurait insensibilité cruelle à voir périr de sang froid une ftme créée pour l'immortalité. Aussi at-il raison de pleurer, puisque celui qui peu
* auparavant ne respirait que le ciel, méprisait le monde et ses vanités, regardait les belles femmes comme des statues, et l'or comme de la boue ; en un mot, oui avnit renoncé à tous les plaisirs : en était devenu Tesclave , en sorte que son Ame n'avait plus ni santé, ni force, ni beauté. Il fait une vive peinture du triste état de cette Ame; mais, s'appliquant plutôt t le convertir qu'à le jeter clans le désespoir, il le presse de rentrer en lili-mème. Pour l'encourager, il lui rappelle la chute et la pénitence d'un grand nombre de chrétiens qui, après avoir renoncé Jésus-Christ, avaient effacé le crime de leur apostasie, et mérité par leur courage d'être couronnés avec les saints. « Ne me dites pas, igoute ce Père, que Dieu ne pardonne qu'à ceux qui ont fait des fautes légères ; donnezmoi le plus grand pécheur du monde, pourvu qu'il ne renonce pas à la foi, je soutiens que son salut n'est pas désespéré. Si Dieu se gouvernait par passion, il y aurait lieu de craindre de ne pouvoir apaiser une colère allumée par tant de crimes; mais il est toujours maître de lui-même ; s'il ch&tie, c'est
^ par bonté f et non par un esprit de ven-
Seance : on ne doit donc jamais désespérer e rentrer dans ses bonnes grâces. »
Saint Chrysostome confirme celte doctrine par les exemples de Nabuchodonosor, d'Achab et de Manassès, qui tous les trois obtinrent grâce devant le Seigneur. «Les Ninivites, ajoute-t-il, effacèrent leurs crimes en un moment; un instant su0it au bon larron pour lui procurer l'entrée du ciel, parce que la pénitence ne se mesure point par le temps, mais par l'affection. £lle efface, tandis que l'on est en cette vie, les crimes les plus noirs : il n'y a que celle que Ton fait après la mort qui soit inutile, et il ne faut pîerdre l'espé/ance que lorsqu'on se voit dans l'enfer* TAobez donc, dit-il à Théodore, de remonter au degré de perfection d'où
vous êtes tombé; assurez-vons du nurinsde sortir du triste état dans lequel voni croupisses depuis déjà trop longtemps. Commencez un combat si utile, et vous ne pertlrez pas vos peines. Les choses les plus aisées
f)araissent difficiles quand on n'en a point ait l'essai; mais, après les premières démarches, la difficulté s'évanouil, Tespérsace succède au désespoir, la langueur el la crainte diminuent, et Ton trouve des eipédients auxquels on ne s'attendait pas. Ban* nissez toutes les pensées que le malin esprit vous suggère : ce fut lui qui empêcha Judas de faire pénitence; son crime, tout énorme qu'il était, n'était point au-dessus de TeiBiacité de celte vertu. » L'enfer el le paradis sont des objets trop frappants pour être oubliés parmi les motifs de conversion d'un pécheur. Saint Chrvsostome, après avoir dépeint les joies de I un et les peines de Tau- Ire avec les couleurs les plus vives, dit i Théodore : « Quand vous entendrez parler du feu de l'enfer, ne vous pcrsu^s point
3u'il ressemble à celui que vous voyez, (jiii iminue insensiblement et s'éteint ; celui de l'enfer brûle sans cesse avec une égale activité, sans qu'on puisse l'éteindre. Ceui qui ont péché sont revêtus de l'immortalité; mais ce n'est pas pour leur gloire, c'est afîa qu'ils puissent toujours souffrir. H n'y a point de termes pour exprimer un état si violent. Si la fièvre ou un bain trop ehaud nous paraît si incommode, quel supplice d'Atre englouti dans un torrent de feu qui brûlera sans éclairer f Qui pourrait expliquer les horreurs de ces ténèbres, et l'effroi qu'elles nous causeront? La violence des maui que nous souffrons en cette vie en abrège la durée, à cause de la faiblesse du corps, qui s'use èi la Qn ; mais dans l'enfer rimmortalité supplée à ce défaut, et reod les damnés ca[ml)Ies de souffrir touiours sans que l'âme périsse ou que le corps soit consumé par les tourments. Quels plaisirs peuton donc comparera ces supplices T Seroat^ee des plaisirs de cent ans? Mais qu'est-ce qu'ui espace si court en c()m[)araison d'une inliiiié de siècles? Les plaisirs de ce monde ne sont, à l'égard des éternels, que ce qu'est le songe d'une nuit à regard de toute la vie. Qui voudrait, pour jouir d'un songe açréiible, renoncer à tous les plaisirs de la vie? Ceux de l'éternité sont inconcevables, et on ne peut s'en former qu'une idée grossière. La vie des bienheureux est exempte de douleur et do
tristesse, ils goûtent une joie et une paix inaltérables, toujours environnés d'une gloire
immortelle : tout cela, continue saint Ohrrsostome, n'est point pour vous portera vous exposer maintenant aux fouets, aux chaînes» aux prisons, ni pour vous engager è passer les nuits en prières, ni à soutfnr la fiiai J! les autres mortifications : je n'ai d'autre désir que de vous délivrer de l'esclavage, et de vous rendre votre première liberté, en yo^^ faisant ressouvenir, et des peines dont seront suivis les plaisirs que vous goûtez, ^ des récomoenses distinées & vos premi^f^ vertus. »
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DlCTlONMÂIRÈ i>E PATROLOGÎË.
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Dans rexhortation suivantef II dit que 8*il
Çleurc, s*il s*in(iuiète, ce n'est pas parce que héodore a pris soin des affaires de sa Ta* mille; mais parce qu'il a rayé Bon nom du cat/ilogue des frères, et violé les promesses
ÎuMl avait faites à Jésus-Christ. « Il en est, it-i), de la milice sainte cotnme de la roilice du siècle; on punit à la dernière rigueur celui qui déserte après Tenrôlement. » Il présente à Théodore l'exemple de plusieurs qui| après de funestes chutes, se sont relevés heureusement. « L'ennemi vous a blessé, lui dit-il, mais la blessure qu'il vous a faite n'est pas mortelle. Ce n'est pas tuer un lion que de lui effleurer la peau; bien loin de le mettre hors de défense, une blessure si légère ne le rend que plus furieux. » Comme Théodore pouvait s'excuser sur sa faiblesse, en disant que le fardeau était au-dessus de ses fbrces, saint Chrysostome ne veut pas
Îii'on puisse trouver pénible un joug qye ésus -Christ a dit être doux, oi regarder comme pesant un fardeau qu'il a déclaré lé<-
Ser. — venant ensuite au mariaçe que Théc^ore méditait, il convient qu'il est permis de se marier, mais non pas auand on a pris nn engagement avec Jésus-Gnrist. « Vous ne pouvez plus disposer de vous-même depuis que vous avez fait vœu de servir sous le mettre du monde. Si le corps d'une femme est en la puissance du mari gui l'a épousée, à plus forte raison celui qui s'est consacré au Seigneur doit dépendre de lui. » Il lui représente les supplices dont sa prévarication sera suivie, et Vinconstance des plaisirs, des richesses et des honneurs auxquels il s'est laissé séduire. « Il y a» ajoute-t-u, plu^ sieurs saints personnages qui s'intéressent à votre conversion : Valère, son frère FIo« refit, et Porphyre. Jour el nuit ils déplorent votre cbtite, et prient sans cesse pour vous, Vous auriez sans doute déjà vu l'effet de leurs prières, si vous-même aviez fait quel-* ques effbrts pour vous tirer des pièges de votre ennemi. Blés* vous excusable d avoir moins de zèle pour votre salut que n'en ont vos frères, qui demandent continuellement à Dieu que le membre séparé de leur corps lui soit réuni? t II expose aux yeux de Théodore les embarras du monde, les soins Îu'entrainent une femme, des enfants, des omestiques; les plaisirs innocents et la joie que l'on goûte dans la solitude, et lui représente qu'on n'acauiert jamais une vraie liberté qu'en servant Jésus-Christ, et eu ne vivant que pour lui.
Deux titres de la componction. «^ Démé* trius, à qui le premier de ces deux livres est adresst^, quoique arrivé à un haut point de perfection, se rabaissait néanmoins au niveau de ceux qui rampent k terre, et disait souvent à saint Chrysostome, en lui baisant les mains, qu'il arrosait de ses lar* mes ; « Aidez-moi à amollir la dureté de mon eœur. » — L'énumération des péchés qui se commettent tous les jours dans le monde et l'infaillibilité des supplices qui leur sont préparés, serveat de début à satui Chrysostome pour prouver, dans le premier
livre« la nécessité de a oomponction'. Il exa mine ensuite à quoi nous obligent les pré ceptes de l'Evangilei et quels sont les mo^ tifs de ceux qui les observent. « Il y en a, dit-il, qui n'en gardent aucun^ et cTautres
SLÎ, pour les observer, n'en sont pas plus rétiens, parce qu'ils n'agissent que pai des ftiotifs de vaine gloire. » il regarde la violation de ce précepte : Ne juaez poini^ afin que vous ne soyez poini juges f comme presque générale parmi les hommes de toute condition. « Cependant, lyoute^t-il, la menace de Jésus-Cnrist est terrible i Kota ssrex jugés comme vous aurez jugé les autres / » II se plaint qu'au lieu de chercher k entrei par la voie étroite, nous cherchons partout la plus lar^e, et il s'avoue lui-même coupable en ce point, lorsque, a^ant résolu de quitter le monde pour aller vivre dans la solitude, il s'informa s'il y trouverait non-seulement les choses nécessaires, mais encore les commodités de la vie. — « Un homme, dit-il, k qui on propose un emploi s'informe s'il est lucratif; dès qu'il en est assuré, il dévore toutes les difficultés qui s'y rencontrent; il n'y a que les biens au ciel qu'on veut ac*-
auérir sans peine et posséder sans travaux, t, comme le feu ne peut s'allier avec Teau, l'attachement aux plaisirs sensibles ne peut compatir avec la oomponction. L'une ne veut que des larmes, l'autre ne cherche que la joie. L'amour des plaisirs rend l'Ame pe> sante^ la componction lui donne des ailes
Êour s'élever au-dessus des choses créées. » insuite le saint docteur expose, k l'exemple de saint Pauli « les merveilles qu'opèrent dans une âme l'amour de Jésus-^nrist et le mépris des vanités du monde. Toutefois cet apôire était de même nature que nous; et SI Ton répond que Dieu lui avait donné des grâces qu'il ne ndus donue point, on doit aussi considérer que Dieu ne demande nas de nous que nous fassions des miracles, mais seulement que nous vivions sainte* ment. Or, la grâce et l'esprit que nous avons reçus au baptême suffisent pour cela ; et si nous ne le faisons |ias, nous ne devons nous en prendre qu'k notre négligence. Ce serait même une erreur dangereuse d'attribuer la
Eerf(>xtion des apôtres à la seule gr Ace de deu, indépendamment de leur coopération : car si la grâce faisait tout sans nous, Dieu ne faisant acception de personne, tous seraient de même. Mais comme elle exige que nous agissions, c'est la raison pourquoi elle demeure avec les uns, tandis qu elle aban«> donne les autres, et qu'il s'en trouve de qui elle n'a jamais approché. » — Pour preuve que Dieu sonde nos dispositions avant de nous conférer sa grâce, saint Chrysostome se sert de ces paroles de Jésus-Christ k Ananie : Celui-ci m'est un vase détection pour porter mon nom devant les peuples et de* vant Us rois; puis il y «(joute : « Si, comme saint Paul, nous ne recevons pas de Dieu le don des iniracles, nous pouvons du moins imiter ses vertus. Il n'est pas néeessaire d'a^ voir un tempérament rolmste pour sentir la componction, pour prier Dieu, pour se rap*
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