BR
VSSi
peler le souvenir de ses fautes, et pour avoir des sentiments d'huraiiilé^On peut faire pénitence sans se couvrir de cilice, et sans se renfermer dans une cellule. On exige de nous que nous pensions. à nos fautes, que nous sondions notre conscience, que nous nous représentions incessamment combien nous sommes éloignés du royaume du cieW; et, en pensant à l^nfer, que nous considérions quel malheur ce serait pour nous, quand môme il n'y aurait point d'autres supplices à craindre, d'être privés de la présence de Jésus-Christ, privation qui seule 'est plus insupportable que tous les tourments. »
Dans le second livre, adressé à Stéléchius, le saint docteur lui dit que, pour bien écrire de la componction, il faudrait soi-même en être tout embrasé. C'est pourquoi il le supplie de lui obtenir de Dieu ce feu du ciel qui consume toute la faiblesse de l'homme, qui le lire de l'assoupissement de la chair, et qui lui donne des ailes pour s'élever jusqu'au ciel. Après avoir fait la description d'une âme vraiment touchée des choses d'en haut et pleine de mépris pour les misères d'ici-bas, il enseigne, que « la paix et la solitude du cœur sont bien plus nécessaires à la componction que les déserts et les lieux les plus reculés. David, au milieu des affaires a'un grand royaume , sentait un amour plus ardent pour Dieu et une com-
{)onction plus vive que ceux qui habitent es plus anreuses solitudes. Où trouver, en effer, des solitaires qui, comme ce saint roi, passent les nuits entières à pleurer et à
S émir? Les deux grands modèles que nous evons nous proposer pour acquérir ia vertu de componction sont saint Paul et le roiprophète; il faut qu'à leur imitation nous soyons pénétrés de douleur à la vue de nos péchés , et de reconnaissance pour le souvenir des bienfaits de celui que nous avons offensé. S'il se trouve si peu de chrétiens véritablement contrits, c'est uu'ils ne pensent point assez à la multitude de leurs fautes , et que la plupart se persuadent que par une bonne œuvre, souvent même faite à un mercenaire, et dans la vue de la récompense, ils se sont acquittés envers Dieu de tout ce Qu'ils lui doivent. C'est là un effet de tout 1 orgueil humain, que l'on ne peut mieux dompter qu'en se représentant souvent ses faiblesses et ses désordres passés. Saint Paul en usait ainsi , comme on le voit par son Epttre à Tite, où il dit : Jésus-Christ ni a jugé digne du ministère sacrée moi qui ai été un olasphémcUeur^ et le persécuteur de son Eglise. » Saint Chrysostome , en finissant ce livre , demande à Stéléchius le secours de ses prières et de son crédit auprès de Dieu.
Trois livres de la Providence, — Saint Chrysostome n'était que diacre lorsqu'il écrivit les trois livres de la Providence. Stagire, à qui il les adresse, était d'une naissance illustre et avait embrassé la vie monastique malgré son père. Sa ferveur, très-vive au début, se refroidit bientôt; il devint Iflche, paresseux, et négligea la prière
et l'éfude pour s'occuper à cultiver les arbres d'un jardin. On crut môme s'apeicevoir que sa naissance lui enflait le cœur. Il en était là, lorsque, priant un jour avec les autres, le démon s'empara de lui et le terrassa. Ces premiers accès de possession, rares d'abord, se renouvelèrent souvent dans la suite; el^
Erières, jeûnes, veilles, pèlerinages aux tomeaux des martyrs, tout fut inutile pour sa délivrance , et son abattement devint complet. Saint Chrysostome, à qui Théophile, leur ami commun , avait raconté ce triste événement, écrivit à Stagire pour le cod«o- 1er. Son écrit est divisé en trois livres intitulés : De la Providence.
Ce qui affligeait le plus Sta^re dans son malheur, c'est qu'il ne lui était jamais rien arrivé de semblable lorsqu'il était dans le monde, quoiqu'il y vécût d*une façon nioios régulière. Il ne comprenait pas que Dieu eût attendu à l'éprouver ainsi dans la solitude. Plusieurs, qui vivaient dans les délices, avaient subi la même affliction et en avaient été délivrés; tandis que lui, les prières môme des plus saints solitaires n'avaient rien pu pour sa délivrance; ce qui le jetait dans des chagrins si violents que )lu sieurs fois déjà il avait été tenté de s'ôter a vie. Pour dissiper tous ces sujets de douleur, saint Chrysostome pose d'abord deux principes : Tun , que rien n'arrive ici-bas que par la permission de Dieu , qui prend un soin particulier des fidèles; et l'autre, que Dieu, en châtiant les hommes, n'a eu vue que leur utilité. Le premier principe ne pouvait ôtre révoqué en doute par Stagire t qui dès l'enfanice avait été élevé à l'école de Jésus-Christ. Aussi le saint docteur se ooatente-t-il de donner des preuves du second, en exposant la conduite de Dieu envers le premier homme après son péché. ^ S'il lui défend de toucher à l'arbre de vie, s'il le condamne à mort, s'il le chasse du paradis terrestre, tout cela n'est que pour son salut. En eQet, s'il ne lui fût arrivé aucun mal de sa désobéissance, il eût été tenté d'accuser Dieu de jalousie et.de mensonge , et de regarder le démon comme sou bienfaiteur; il se fût livré à toutes sortes de crimes en voyant le premier impuni. Si Dieu l'a condamné à une vie dure et laborieuse , c'est que l'oisiveté l'aurait jeté dans le désordre. Aussi saint Paul, quelque parfait qu'il fût, avouait-il que les afflictions lui étaient nécessaires pour le retenir dans le deroir- Jésus-Christ souffre que les prédicateurs de son Evangile soient exposés aux persécutions, et il nous avertit que la porte étroite est la seule par laquelle on entre dans le ciel. La bonté die Dieu éclate envers nous jusque dans la permission qu'il donne au démon de nous tenter, parce que les ponr^ suites d'un ennemi si dangereux nous portent à chercher un refuge dans la protection de celui qui seul peut nous en délivrer. U n'est pas jusqu'au déluge qui n'ait été utile tant a ceux qui y périrent qu'à ceux qut vinrent après : il fit cesser l'iniquité des pi^ .. miers , et la mM diminua le nombre de
DiCTtOMMAtttK DE PATROLOGIB.
CBft
iOSI
leurs crimes; et les autres ne ftirent point gltés par le commerce des médiants. 9e tout cela saint Chrysostome oonclut que, quoique livré au démon après avoir renoncé h toul, Stagire ne doit pas s'abandonner à la douleur. « Quelle récompense, lui dit-il, est promise à ceux qui ont tout quitté pour suivre Jésus-Christ? N*est-ce pas la vie éternelle? Ce que vous souffrez maintenant est^il contraire à cette promesse? Nous Ta-t-il faite pour cette vie? Non ; et quand il Taurait faite, vous ne devriez point vous impatienter, mais vivre dans Tespérance de voir cette promesse accomplie. Abraham perdit-il l'espérance de voir Isaac le père d une nombreuse f postérité, lorsque Dieu lui commanda de le ui immoler? Quand Dieu a promis quelque chose , rien ne «doit nous alarmer : il ne montre jamais mieux son souverain pouvoir qu'en faisant réussir ce qui paraissait déses-
f^éré. Si les impies prospèrent, tandis que es justes sont dans l'aiQiction, Jésus-Christ n'a-t-il pas préditTun et Taulre? Pourquoi donc s'en affliger? La conduite de Dieu à cet égard a toujours été uniforme ; il a permis que les Israélites gémissent sous une dure captivité , tandis que les Babyloniens jouissaient d'une grande prospérité ; il a permis que le Lazare manquât de tout, pendant que le mauvais riche vivait dans l'abondance.. Il y aurail une extravagance de vouloir examiner pourquoi Dieu en use ainsi; et il nous suffit de croire qu'il ne fait rien que pour notre bien. »
Saint Chrysostome fait ensuite remarquer à Stagire que la bonté de Dieu ressort de l'affliction même qu'il lui aenvovée. « Maintenant , lui dit-il , vous passez les jours et les nuits dans les jeûnes , les veilles et la prière ; vous excellez en humilité et en modestie : au lieu qu'autrefois, vous négligiez la lecture pour vous occuper de la culture des arbres; vous vous mettiez en colère contre ceux qui vous éveillaient la nuit pour prier, et vous tiriez vanité de votre naissance, des dignités et des richesses de votre père. »
Dans le second livre, le saint docteur s'applique particulièrement à dissiper la crainte où était Stagire que le démon ne le portât un jour à attenter à sa vie, comme déjà il en avait souvent été tenté. 11 lui fait remarquer que ces noires pensées ne viennent pas toujours du démon , puisque plusieurs y ont succombé sans avoir été possédés. Il doit donc plutôt les attribuer à son chagrin , et il lui conseille de bannir la tristesse de son cœur. Comme la chose lui parait difficile, il lui indique un moven, c'est de ne pas juger de son état selon le monde , mais selon la raison , et de considérer que les maux qu'il avait soufferts iusque-là avaient effacé ses péchés passés. Quant à l'inquiétude que lui inspirait l'incertitude de sa guérisou, il tiche de l'en délivrer, en travaillant à le convaincre que, quoi qu'il arrive, son affliction tournerait à son avantage. Il lui cite en effet Texemple de plusieurs anciens patriarches, qui ue sont parvenus à un^ut degré de
DlCTIONH. DB PaTAOUMU. L
Serfection (iu*après avoir été éprouvés par e grandes douleurs.
^: Dans le troisième livre, il lui rappelle le souvenir de plusieurs personnes de sa connaissance, et lui fait remarquer que ce qu'il souffrait n'était rien en comparaison d *s maux dont ces personnes étaient affligées. « Souvenez-vous , lui dit-il , du vieillard Démophile; sorti d'une famille illustre il gémit dans la dernière pauvreté, et voici la quinzième année que, privé de Tusa^e de ses membres, il ne lui reste de sentiment que pour sentir vivement ses maux. Anstoxène de Bithynie n'est point entièrement perclus comme Démophile ; mais il souffre des maux qui ne lui donnent de rel/lche ni jour ni nuit. A voir ses contorsions , ses roulements des yeux et ses cris, on le prendrait pour un insensé. Il y a six ans qu'il est dans cet état douloureux; sa pauvreté et la nature de son mal le privent de toute consolation : il est abandonné des médecins,, méprisé de ses amis et sans espérance de guérir. Le démon peut-il faire souffrir quel-
2ue chose d'approcoant à celui qu'il possède? ependant ce ne sont là que des échantillons des maux auxquels les hommes sont sijyets» Faites^voiis ouvrir les hôpitaux et entrez dans les salles des malades, vous y trouve-rez des infirmités de toute espèce et des suiets de douleur qui vous sont inconnus. Allez de là dans dans les prisons, et après y avoir considéré le pitoyable état de ceux qui y sont enfermés, passez jusqu'au vesti* bule des bains pour y voir tous ces misérables, qui, prêts a mourir de faim et de froid ^ tâchent d'exciter, par leurs cris, la compas-sion de ceux qui y entrent. Ne vous arrêter pas là; mais allez jusque dans la maison des pauvres, qui est à l'entrée de la ville, et vous verrez que votre malheur est léger comparé au leur v.
Deux livres contre rkabUaii<m commune det clerc». — Socrate et PaUade ne sont pas d'accord sur l'époque à laquelle saint Chry-^ sostome publia ces deux livres. Le premier pense qu il n'était encore que diacre , et le second affirme qu'il était évoque. Nous nous rangeons à ce sentiment, d'autant plus volontiers que nous trouvons dans cet écrit toute l'énergie et toute la vigueur du caractère épiscopal.
Le premier de ces deux livres est contrer les clercs qui logent des femmes dans leur maison; le second est contre les femmes qui logent avec les clercs. Le premier commence ainsi : « Nos ancêtres n'ont connu que deux raisons qui peuvent porter les hommes k habiter avec des femmes sous le même toit : l'une, le mariage, est juste et raisonnable puisqu'il a été institué de Dieu; l'autre» le concubinage, est injuste, contraire à la loi, et une invention du démon. Mais de nos fours, il s'est introduit une coutume oui n'est fondée sur aucun de ces deux moliis. On voit des hommes qui gardent chez eux des jeunes filles, non pour en avoir des enfants , puisqu'ils assurent n'entretenir aucun commerce avec elles; non pour en faire les comoUces
1055 CBjt WpTïlpIJîWiRli
.4e Iwr? fléb^wl^^a . ^piiî«qtf«$ sa powm$
comme les gardiens deljwr inlégriU. Si voa;$ ' s pressez, ea leuf ^^maadiajB^t pourquoi ils 8 tiennent chez h^\. ils vQu^ es^ dQnnar0>a( ^ [uçieurs raisons. 4ofiit aij^upe ne parait lé* gifimp. F Saint Chrj$o$tofifie soupçonne que 1^ yérjtable, c'est le pUisip c[Qe trouvent les plerc^ en cette société.; plaisir en un sens
{)lu3 piauant que celui du ei£^riage, dont *h/ibituae re&oidlt lV4eur des passions, il li^^t voir que ces sortes de société^ sont per^ ff[c|^uses; et, f^s^nt^elles aussi innocentes qi^^on chercne à le persuader» le scandale qu'elles oauspnt devrait engager à les rompre; car on ^^i toujours coupable lorsqu'on scandalise. Q'é^\, pour cela que saint Paul yeut que Yo^ ait égi^rd am faibles. Rien ne
{)eut donc autpriser les clercs à loger des emmos : car* ou ils spnt faibles eux-mênies, et alors ils c^iy^nt a*^n séparer dans Tintévéi de leur innocence; ou s'ils sont assez forts pour n'avoir rien à redouter de ce p/ominerce, ils doivent le rompre à cause de la fail)Iesse de leurs frères. « Mais comment siei persuader, continue le saint, qu'on n'a point de passion pour une personne qu'on ne veut point quitter, quoique tout le monde en murmpre, que la réputation en sibuffre, et que les^ innd^les en prennent oecasion de calomviier FEgli^q? QoiAment croire innocent ui^ cofumerpe au'on s'obstine à ne point rpmpre, quoiqiion R'en relire aucun bien, et qpi produit .ai^ contraire tant de maux doQt on peut âtre affranchi en y renonçant? Xpb, (ont saint qu'il était, n'osait regarder une vicfge au vi^e, tant la vue lui en pa-. raissait dangereuse. Saint Paul traitait in-dément son porps, afin que la concupiscence n'eût auci^na prise sur lui. Combien de solitaires I pour )a doiapter, ont mortifié If^ur^ corps par l^ Jeûnes et par les veilles, en se couvrant de cnaînes et de ciliae, ea ne
f^ejfmettant ^ a«»auDe femiM d-approcbar de eurs babitatioosir et qui, malsré toutes ces précautions, ont eu pein^à la surmonter l Si l'on a vq dea hommes devenii* sensibles pour des s^tU4$^ , quel effet ne peu^ peint, produire la beauté d une jeuqe personne? et a ui croira que ceux qui sont toujours auprès q^sieunis'UUes, n'en reçoivent aqcune iiir quiétude ni suite {âcbeuse? Un ajoutera bien plutôt foi à un homme qui accusera un clerc d'un mauvais pp<9ig)erce avec une QUe qu'il retient pbez lui, qu'on ne le croira lui-même, lorsqu i( prpte^^tera qu'il vit avec elle dans rinnopenc^i. &m obstination à la retenir est un préjmjé cpntre lui ; car qui est l'homme sensé QUI ifOulCtt» de gaieté de cceury souffrir les faiblesse, l^seaprices et toutes les autres imperfections d'onâfpmme, s'il ne se sentait de l'amonir pouf elle? Si les clercs en ont d'autres raisons, qq'ils iious lea apprennent. )| La pluiÂrt prétextaient la misère éê^ ces jevnes âUest et s'en aiMorisaient pour les retir^ç abe« eux» ptrce.qae, n'^ant dans le iQonde aiMia appui, elles ayaiept besoin
aue quoiqu'un les piotégett. liais le saint qcteur, loin de se laisser' prendre à ces préteiLtea^ fait remarquer aqx clercs qu'ils .
lifAiHMHMnL
<adb
E»i aifl»t Ireadve les. mémâa sér'MM ï rfes maiea»:siMi6 danger. pow leur ftm«iet saàs ^eu|lluu0e pûUPleuM)ép.ulatidn; qu4k poôyaieal même à cet égard satisfaire leur eh4rité envers les personnes du ssie, en retirant chez eux des femmes usées de vieillesse, de maladies t et réduites à la pauvrçt^; qu'il était donc honteux à quelques-uns de prétexter qu'une.jeune fille leur 'était néfessaire pour veiller à leur m^^nage, et prendre ^oin de leur maison en cas d'absence. Perler ainsi ^ c'est parler en homme tvraqui dit tout ee qui lui vient à la bouche, puisi^u'un ecclésaastioue n'a ni repas somptueux à foire, ni meubles précieux à garder.
Le second livre est écrit avec la même force ; nous avons dit, en commençant, qu'il était dirigé contre les vierges qui entretenaient des hommes chez elles, sous le prétexte que les clercs logeaient bien des vierges. a Je ne sais, dit ce Père, quel nom donnera cette société qui s'est formée d*hommes et de vierges; leur état est pire que celai des fornioateurs. On ne peut les regarder comme des vierges, puisqu'elles ne s'occupent point des choses cle Dieu, et qu'elles sont l'occasion de plusieucs adultères; ni eocame des femmes mariées, puisqu'une femme engagée dans le marja^e ne cherche qu'à plaire à son mari , au lieu que cee vierges tichent de plaire à plusieurs qpii bo s<fnt i>eint leurs époux. Si l'on ne pfent les mettre au rang des vierges ai ies femine^ mariées, on les mettra donc dans celui des femmes perdues : et c'est en e£fet le nom qu'on leur donne, lorsqu'on parle d'elles. €>n ne peut les appeler les n!ières de ces hopimes oublies entretiennent, puisqu'elles né leur ont noint donné la vie; ni leurs sœurs, puisqu elles ne sont point du méeoe sang; m leurs épouses , puisqu'il nV a point entre eux de mariage légitime, ni d'aucun autre nom autorisé par les lois. Le seul an'on peut leur donner, est celui 4e prostituas. » Et il s'applique à montrer qu'elles le justil^ent, encore qu'elles- n'en auraient quel^apparenca sans en avoir la réalité.
Bê te Virahiité. --Le traité 4e h firginiU est un chebcj'GSuvpe d'^oquehce, douce, pleine d'onction et de pieté. Les vierges V trouyeiTt partout de magnifiques éloges de leur état, avec des règles sâr es pont diriger leur conduite. Et toutefois le saipt docteur n'en parle pas d'une manière teHenaent exclusive, qu'il ne donne aussi au mariage les louanges convenables, en en défendant la sainteté contre les hérétiques (^ui le condamnaient.
Ce traité est composé de deuj parties : dans la première , le saint fait vofr qu'il ny
brassant la virginité que par horreur i^f^' riage.8ainlChr^sostorneconvîpntqîuer|pi'^^ conseille de ne pçint se mai'iér; rii^isii soutient en môme temps qu'elle ne' condaiï'^^ tias le mariage; maî/qirait contidre, elle '« oue et lo regarde comibele port do la coib
ivst
tan
tinence pour ç^ux qni veulent en bien user. « Mais îr s^en Iroùvel cohtinpe çePëre) qui n*pnt point besoin dé ce secpupc, et qui apaisent les aiguillons de Ja concupiscence par les prières, les veilles et les jeûnes. Ce sont ces personnes que Ton exhorte dans l'Eglisçi à ne point se (narier, sans toutefois le leur défendre. On' ne les condamne pas même si elles refusent de suivre ce conseil. On chasse de TEglise les adultères et les fornicateurs : maïs on loue ceux qui usent saintement du
Îiariage. Le mariage est donc bon*, mais la irginité est meilleure, et autant au-dessu3 dii mariage que les anges sont supérieurs, linx hoinmës. »
' fians la seconde partie , le saint évêque s'applique ^ montrer com'bien la virginité est ëyantagèuse aux vr«'iis enfants de rÉgli-e. ]l en apporte en preuve ces paroles de saint Paiil aux Corinlniens , c' yii, v. 1 : Bonum ési homfni muliérem non tangere. « Si cela est, s'obîectè cç Père) pourquoi Dieu a-t-il institué le mariage? pourqiioi a-l-il créé les femmes? comment le genre humain pourrait-il se conserver, ji' tout le monde embrassait la virripi^oî Sans le secours du mariage, les villes, les maisons , les campagnes seraient 'aJDandohiiées, loift périrait. » f! répond à ces difficultés que, « tandis que ï'hamme vécût dans Tinnocrnce et dans le paradis terrestre," il ne fuf point question du mariage: qu'il yécul vierge avec la fcmme
S[Ui lui mt' donnée poiir aide; qu'alors la erre n'élaîf àu*un yaste désert, n y jçiyant m ville, ni maison; mais qu'ayant péché, ils perdirent la virginité ajvec tous feursi autres privilèges; qu'ainsi le péché q^î a été la cause de la mort Ta é(^ çn mCpie teipps du ifaciriâge. Adam et Eve ne doivent pas leur naissance au mariage; ij y a devar^t le trôné de pieu une multitude infinie d'apges (jui n'ont point été multipliés par celle voie} pourquoi donc Dieu n aurait-il pas pu entreieiiir et multiplier le genre humain sans lè secours dû maHage? » Saint Chrysostome
a'oute que : « c'est biep moins fusago du ariagô qui multiplie les hommes qyxe la Bénécficfioq de Diei|; qne le mariage n étant que le remède apporté à la faiblesse de rhomme , il pc faut point lè préférer à la virginité, in môme le faire allnr de pair avec elle; que Dieu ;i'a permis le mariage que
Eour ceux qui ne peuvent aspirer à Ta plus aute perfection; qu'il n'eût point été nécessaire ^i Adam îût demeuré fidèle; que pieu auraif muKipïié le genre humain par quelque autre moyen qui nous est incounu; qu'à présent le mariage est bien moins nécessaire pour la ppopagafiop, que pour remédier a l'incontinence: que c est insulter & Dieu, que de décrier la virginité; et que CCS paroles de saint Paul : // est avaniageux 4 thomme de ne toucher aucune femme , suflisenl pour confondre, et ceux qui blâment le mariage, él ceux qui le préfèrent à la virginité* » — Il fait voir ensuite que saint Paul, en disant que la continence est uu don de Dieu/ n'a pas prétendu pour cel^ que notre Cûon^ratiou fût inutile. 11 a*a parlé aiusique
par buqailité » Qfl rapportant * Ilfteu toMt^ la gloire de $a conUil^nc^ e^ d^ ses autres vertus, \\ rapporte ensuite, ^nn^ un grapd détail, toutes les raisons qu^ portaieiit §aint Paul à détourperles fldèles dç se marier, et H flnit cette émn^ération par une peiutuiQ vive et effrayante des mariages mal assortis. « Ce n'est pas sans raison que Ton appelle le mariage une chatne^h. cause desseins, des inquiétudes, des ennuis qu'on y trouve, ^t aussi pqrce que les (Jpoux doivent être sou-
3 lis Ttin à l'aqtr^. K est vrai que l'homme oitcommander à la femme, mais ce domaine n'empêche p/js qu'il pe sdil obligé dq ç'asservir en beaucoup '(^p choses; ils sont comme des esclave^, qui attachés à \n'm6me chaîne^ rie peuvent rp^rchcr Vun sans l'autre. Quoiqu'il soit plus facile îi une vierge d'acquérir le rqyî^ume du ciel qu*à une personne uiariée, la ^irginilé nç laisse pas d'être difficile
à soutenir, et elle a besoin do courage et do résolution. Une femme mariée qui s obstine à garder ï:i continence contre la volonté dd son mari, non-seuleiiient sera privée du prix destiné à cet^e vertu, mais elle sera coupable ()es adultères qu elle lui donnera occasion de commettre, et en rec«'vrf un plus grai^d chltiuiehi que lui, parce que, lui ayant, refusé les devoirs qu'elle étaii obli^^éé ae lui rendre, elle l'a comme précipité dans r«Jb>inie df) l'impureté. Saint Paul , eh disant : Qut ceux qui ont dei femiaes toient cof^ma ^w ayant point j n'autorisé en aucunç manière 1^ rofqs du ^^voir ^lutiiel , p ne veut dire autre chose, sinon qù^en toute autre occasion le mari peut vivre indéppndaïqçpçn^ de la volonté de sa ferâme, ^t ta temme indépendamment de Ici volonté de son niarii c'est-à-dire qu'i|§ peuvent l'un etTaùlrç, s'habiller, se nourrir, renoncer aù^ plaisir^ ou à l'embarras ^es affaires sans s^çt de^ mander mutuellement la pei^missiqa. » — Qui peut empêclier, disaient quclques-ûn^ t qu'un homme marié et charge d'affaires ne mène une vie honnête et régulière? « ^iea ne peut l'empêcher, répon(^ saint Cbrysostome, mais il y ep a peu qui aient asse; de vertu pour y réussir. » 11 ajoute que dans la loi nouvelle on exige denoiis plus de vertus
Sue dans la loi ancienne, parce que la grÂce u Saint-Esprit est plus abondante depuis que Jésus-Cbrist a paru sur la terre.
Six livres sur le sacerdoce. — Ce traité a toujours été regardé comme le chef-d'œuvre du saint docteur. Il est divisé en six ^vres, qui devinrent célèbres de son vivant et lui acquirent une grande réputation. Saint Isidore de Peluso, contemporain et admirateur du saint, dit qu'ils sont écrits avec tant d'art et d'exactitude, que tous, bons ou mauvais, sont forcés d'y reconnaître la peinture de leurs vices ou de leurs vertus. C'est le ^eii^t ouvrage dont saint Jérôme ait |)arlé dans soo Traité des hommes illustres. ^ Voici quelle fut l'occasion dé cet ouvrage : Dans le temps, que Chrysostome vaquait encore aux exercices de pi' té dans la maison oe sa mère, il se répandit un bruit que tes évoques, assein* blés à Anlioche, avaient résolu de le clt')isir
CUK
DICTIOMMàUŒ de PâTR(X.OGK.
CBR
avec Basile / son. ami , pour remplir deux sièges Vacants. L'idée qu'il s'était laite de la grandeur du sacerdoce et de sa. propre indignité le frappa de frayeur à cette nouvelle; il prit la fuite et se cacha. Basile fut fait évoque de Raphanée près d'Antioche. Il dut sa nomination à un pieux stratagème de son ami , et se plaignit amèrement de sa conduite. Ce fut pour se justifier de ses reproches qu'il composa les six livres dont nous parlons, non pas aussitôt après Tévénement, mais quelques années plus tard, quand il eut été élevé au diaconat.
!•' Livre. — Ces livres sont en forme de dialogue. Dans le premier, saint Chrysostome raconte comment il avait lié amitié avec saint Basile ; il expose, en termes affectueux, la tendresse que cet ami avait pour lui, la conformité de leur condition, de leurs études, deleurs inclinations. Il rapporte aussi comment, étant jeune et résolu de quitter la maison, pour se retirer avec son ami dans la solitude, sa mère , qui était veuve, avait réussi par ses discours et ses caresses à le détourner de ce dessein, malgré les instances réitérées de Basile. Il répond au reproche d'avoir usé de ruse pour le faire ordonner évéque, en disant qu'il y a des ruses qui sont permises et même nécessaires, et qu'on ne doit pas donner le nom de trompeurs à ceux qui n'usent d'artifice que dans de bonnes intentions , et pour le plus grand bien de TEglise.
II' Livre, — Il continue la même matière dans le second livre, et se justiQe de la ruse dont il avait usé envers Basile, en montrant qu'elle n'avait servi qu'à établir un pasteur fidèle sur le troupeau de Jésus-Christ; « ce qui est, dit-il, la plus grande marque d'a*mour que l'on puisse donner à ce divin Sauveur; car, ayant demandé au prince des apôtres : Pierre^ m'aimez-vous? et cet apôtre lui ayant répondu, Je vous aime; Si vous fn' aimez j répliqua Jésus-Christ , paissez mes brebis. Ce n'est pas que l'amour que saint Pierre avait pour lui lui fût inconnu , mais c'est qu'il voulait lui faire comprendre combien ce troupeau lui est cher, et combien il s'intéresse à sa conduite. Saint Chrysostome dit ensuite que plus le ministère épiscopal est élevé au-dessus des autres,
i)lus celui qui en est honoré a besoin de brce, de prudence et de courage pour l'exeicer. Si vous traitefz trop doucement celui dont la plaie a besoin, pour être guérie, qu'on y fasse une grande et profonde incision, il arrivera et que vous lui aurez fait du mal, et que vous ne l'aurez pas guéri. Si d'ailleurs, ne voulant point tlatter son mal, vous lui faites une incision aussi profonde qu'il est nécessaire, il est à craindre que l'impatience de la douleur ne lui fasse perdre courage, et que, ne pouvant se résoudre à la souffrir, il ne rompe les liens dont vous avez voulu le retenir; qu'il ne rejette les remèdes dont vous vous servez pour le guérir, et que, secouant le joug, il ne se précipite dans le désespoir. Il né faut donc pas a])porter toujours à la correction des pécnés
des remèdes aussi forts qu'il parait nécessaire; mais il est bon quelquefois de sonder d'abord par quelques essais quelle est I& disposition de l'esprit de celui qui a péché, de crainte qu'en voulant recoudre ce qui était déchire , on ne cause une plus grande rupture, et qu'en travaillant à relever celui
3ui était tombé, on ne rende , par une conuite imprudente, sa chute plus dangereuse et irréparable. Un évêque doit donc eiaminer avec beaucoup de soin le caractère de ceux qu'il veut guérir, et les remèdes qu'il doit employer pour ne point perdre ses peines. Un autre ae ses soins et qui n'est pas le moins important, doit être de réunira l'Eglise les membres qui en sont séparés. Il ne doit employer pour cela ni la violence ni la crainte, mais la douceur et la persuasion, et faire tous ses eflorts, sans se rebuter ni se lasser, pour ramener à la vérité ceux qui l'ont abandonnée. » Là-dessus Basile interrompt le saint pour lui demander s'il n'aime pas Jésus-Chnst, lui qui a refusé la conduite de son troupeau? « Je l'aimerai toujours, réplique saintCnrysostome, mais quoique je l'aime, je crainsde Tirriter en me chargeant de gouverner un troupeau, ce dont je me sens absolument incapable. Il dit que s il eût accepté l'épiscopat, on aurait pureprocher aux évoques qui l'auraient élu, de s'être laissé inuuencer par ses richesses, par sa naissance ou par ouelques autres motifs humains. Beaucoup ae gens se seraient plaints avec raison qu'on abandonnait à de jeunes étourdis les premières dignités de TËgiise. Mais pour vous, dit- il à Basile, votre conduite confondra ceux qui penseraient à vous adresser de semblables reproches ; ils â|h prendront que la prudence n'attend pas toujours le nombre des années ; que les cheveux blancs ne font rien à la sagesse, et ((u'on ne doit pas écarter des hautes fonctions de l'Eglise les jeunes gens qui ont du mérite, mais ceux-là seulement qui u*ont ni expérience ni vertu.
iir Livre, — Dans son troisième livre, à ceux qui l'accusaient d'avoir refusé Tépiscopat par vanité, il répond qu'on ne peut avec, quelque vraisemblance le soupçonner de mépris pour une dignité aussi supérieure à toutes celles de la terre. Si j'aimais la gloire autant qu'on le suppose, n'y avait-il pas dft quoi flatter ma vanité, de me voir préférer à des gens d'un mérite reconnu, et de l'emporter sur eux par les sufifrages de tout le monde? Mais pour montrer combien il a eu raison de fuir Tépiscopat, il en fait une peinture qui pourrait persuader aux plus sages qu'ils ne sont pas dignes d'y être élevés. « Le sacerdoce, dit-il, s'exerce sur la terre ; mais il tire son origine du ciel , el ^ faut le mettre au rang des choses célestes, puisque c'est le Saint-Esprit qui est Tauteui de cette dignité, et qui a fait l'honneur aux hommes de les élever à ce ministère angélique. C'est pourauoi un évoque doit être aussi pur que s'il était déjà placé parmi les esprits bienheureux. Peut-on, en effet, sengurer que l'on e9t parmi lés hommes et sur
CHR
GBR
lOiS
la terre, lorsque l'on voit le Seigneur im-^ mole, et le prêtre, qui, appliqué à cet auguste sacrifice, prie pour le peuple dont il est entouré, et sur lequel il répand des gouttes de sang précieux? N*a-t-on pas sujet de croire qu'on est transporté dans le ciel, et qu'on voit tout ce gui s'y passe? Quelle merveille et quel prodii^ieux effet de la bonté de Dieul Celui qui est assis à la droite de son Père, est en même temps dans les mains de tout le monde, et il permet à tous ceux qui veulent le recevoir, de le toucher et de l'embrasser ; ce que chacun fait avec les yeux de la foi. Pour mieux comprendre l'excellence de ces saintes cérémonies, continue saint Chrvsoslome , représentez-vous Elie au milieu d'une foule inunie de peuple qui ffarde un profond silence, tandis que le prophète offre le sacrifice pour tous, et le feu qui, tombant tout à coup du ciel, entoure et consume la victime; quelque digue d'admiration que soit ce spectacle, le sacrifice de la nouvelle loi renferme des prodiges bien plus extraordinaires. Le prêtre y est debout et fait descendre, non dfu feu, mais le Saint-Esprit. Il prie longtemps, non pour attirer une flamme ; mais la ^are qui purifie les cœurs de ceux qui participent à ce sacrifice. V II vient ensuite aux prérogatives du sacerdoce, et il montre les prêtres revô^ tus d'un pouvoir oue Dieu n a pas môme accordé aux anges. Nous devons donc, nonseulement les honorer comme des rois et des princes, mais leur porter, s'il est possible, un respect plus grand encore qu à nos pères mêmes ; car nos pères ne nous ont engendrés que selon la chair et le sang; tandis que les prêtres sont les ministres de cette naissance qui nous vient de Dieu et de cette adoption divine qui nous fait devenir ses enfants. « Qui pourra donc avec justice, ajoute ce Père, me reprocher que j'ai méprisé une si éminente' dignité ? Personne n'a jamais eu pour Jésus-Christ un amour plus ardent oue saint Paul, ni re<^u plus de grâces que lui ; cependant la dignité des prêtres le faisait trembler. Ceux qui ont ses sentiments peuvent sans crainte souffrir qu'on les honore de l'épiscopat, mais ceux qui comme moi sont infiniment éloignés de sa vertd doivent être regardés comme téméraires, s'ils ne refusent pas cetle ilignité quand on la leur offre. Je sais combien cet emploi est pesant et combien mes forces sont petites; et c'est par une grâce spéciale à', la Providence que je suis demeuré dans l'état où Dieu m'avait placé. » Saint Chrysostome marque ensuite les qualités que doit avoir un évêque et les défauts qu'il doit éviter, et il termine cette énumération par les réflexions suivantes : « Comme les vertus et les bonnes œuvres des évêques ont un grand ascendant sur l'esprit des peu-
I»les, et leur donnent beaucoup d'émulation, eurs fautes causent de grands scandales, et poussent dans le désordre ceux qui y ont naturellement du penchant. Une faute même légère ternit le lustre et Tëclat de leur vertu ; car le monde est injuste, et voudrait
qu'un évêque, qui n'est qu'un homme comme les autres , fût entièrement exempt de faute comme les anges, et qu'il atteignit leurs perfections. »
IV* Livre. — Basile ayant répliqué que les sujets de crainte qui accompagnent l'épiscopat n'étaient que pour ceux qui avaient brigué cette dignité, et non pour Chrysostome qui s'y était soustrait par la fuite, saint Chrysostome emploie une partie du quatrième livre à montrer que non-seulement cpux qui sMng(^rent par ambition dans les dignités ecclésiastiques , mais aussi ceux qui y sont élevés sans les avoir recherchées, seront punis sévèrement des fautes qu'ils y auront commises ; parce que, connaissant ces fonctions au-dessus de leurs forces, ils devaient les refuser. Saiil, Moïse, Aaron, Héli, ne s'étaient pas ingérés d'eux-mêmes dans le ministère, et toutefois ils n'en furent pas moins punis des fautes dans lesquelles ils sont tombés. Ce n'est pas une excuse devant Dieu de dire qu'on nous a forcés d'accepter un emploi ; car quand tout le monde nous y appellerait et voudrait même nous contraindre de l'accepter, nous ne devrions pas tant considérer les pensées des autres que examiner notre capacité, nos talents, nos forces. Quel pardon peut donc espérer celui qui ac^ cepte l'épiscopat en étant indigne? Saint Chrysostome fait voir ensuite que le talent de la parole et la connaissance des dogmes de la religion sont nécessaires à un évêque. « Sans cela, dit-il, il ne peut donner à son troupeau une nourriture convenable, ni réfuter les ennemis de l'Eglise. Ce n'est pas même assez qu'il soit instruit de la saine doctrine, il doit encore savoir toutes les manières d'attaquer les hérétiques et de se défendre de leurs mauvais raisonnements et de leurs ruses, parce que s'il en i^orait une seule, le démon s'en prévaudrait pour le surprendre. Que serviràit-il à un évêque de confondre les gentils, s'il succombait sous les attaques des juifs ou des hérétiques? S'il n'est rompu dans la dispute, comment pourra-t-il satisfaire à la curiosité téméraire des catholiques mêmes, souvent plus capables d'embarrasser un évêque que ne sont tous les arguments des inûdèles et des hérétiques? S'il veut imposer silence à ceux qui lui proposent de semblables questions, on l'accusera d'orgueil ou d'ignorance. 11 doit donc, dans ces occasions, user de prudence et d'adresse : ce qu'il ne peut faire s'il manque de science et d'éloquence. » — Mais, objecte Basile, si l'éloquence est aussi nécessaire à un évêque, pourquoi donc saint Paul s'est-il mis si peu en peine de Tacguérir? Pourquoi se fait-il gloire do son ignorance? Saint Chrysostome avoue que cette considération avait séduit plusieurs personnes, qui s'en étaient fait un prétexte pour s'exempter de l'étude, faute d'avoir assez examine l'élévation d'esprit de l'Apôtre, et le sens de ces paroles, qui ne signifient autre chose, sinon qu'il ne connaissait pas toutes les délicatesses de la langue; qu'il ne se piquait pas de la politesse d lio-