HR
DICnONNàlRE DE PATROLOGIE.
CHR
être ùsdis à ma droite 'ou â tna gauche , ce n'est pas à moi de vous raccorder. Saiat Chrysostome oppose à ce passage les textes du même EvaDgile, où il est dit que Jésus- Christ a le pouvoir de juger les hommes, de les punir ou de les récompenser , et ce passage où saint Jean dit en propres termes gue le Père ne juge personne, mais qu'il a laissé tout jugement au Fils. Venant ensuite aux paroles objectées, il affirme que « le sens «st que Jésus-Christ ni même le Père , ne donnent point la première place du royaume des cieux par une volonté absolue, mais à proportion des bonnes œuvres etde ce qu'on aura souffert pour la vérité. » C'est ce qu'il Tend sensible par une comparaison. «Que répondrait celui oui distribue les prix dans les jeux publics, a une mère qui viendrait le prier ae donner les deux prix à ses deux -fils ? Ce n'est point à moi , lui dirait-il , à les donner : je ne puis que les distribuer à ceux qui remporteront la victoire. » Saint Chrysostome ajoute que « s'il ne dépendait que de Jésus-Christ de récom-
Î)enser indépendamment du mérite , tous es hommes seraient sauvés et jouiraient d'un égal degré de gloire : car il les a tous crées , et il prend soin de tous. Mais saint Paul ne nous permet point de douter qu'il n'y ait dans le ciel divers degrés d'honneur , lorsqu'il dit : Le soleil a son éclata ia lune le sien, et les étoiles le leur: et entre ies étoiles j runeestpluséclatanteque Vautre. » Contre les juifs et les gentils. — On a mis à la suite de ces homélies contre les anoméens un traité contre les juifs et les gentils, parce que saint Chyrosostome récrivit
CoDstantinople. Son but est d!y prouver aussi bien contre les juifs que contre les païens, que Jésus-Christ est véritablement Dieu. Les motifs de crédibilité qu'il propose comme les plus propres à convaincre ses ad?ersaires, sont la fondation de TEglise, la propagation de TEvangile, la conversion des Romains et des barbares à la foi chrétienne, opérée en peu de temps par dou^e pauvres pêcheurs, nus, ignorants», sans éloquence et sans armes. Peut-on à ces marques ne pas reconnaître qu'il est vraiment Dieu ? Venant ensuite aux juifs, il se sert contre eux de l'autorité de l'Ancien Testament et n^oublie presque aucun passage qui prouve en faveur de son smet. Il s^appuie surtout sur la prophétie d'isaie, s'étudiant à en développer le sens et à en dévoiler les mystères. 11 allègue encore comme mottf de crédibilité les honneurs qu'on rend partout à la croix, et la destruction du temple de Jérusalem, qui, malgré les efforts des juifs et des princes ennemis des chrétiens, n'a jamais pu être rebâti.
Discours contre les juifs. — Ces discours sont au nombre de huit, et ils ont tous pour DUtde prouver que Jésus-Christ a aboli les cérémonies légales, que l'Eglise a remplacé la Synagogue, et que les sacrifices anciens
ont cessé d'exister depuis la destructfon du temple de Jérusalem ; puisque, diaprés le texte formel de la loi de Moïse, c'est la seulement qu'il est permis aux juifs d'immoler. Il s'élève avec force contre l'aveuglement et l'obstination des juifs, et il combat sans relâche la superstition qui avait porté quelaues fidèles à les imiter et à jeûner avec eux. leur montre que ce jeûne est abominable, parce qu'il est fait contre la volonté de Dieu, qui seul peut sanctifier nos actions, et que toutes les fôtes des iuifs, saintes dans leur origine, ne sont plus aujourd'hui qu'une profanation sacrilège, parce qu'ils n'ont plos ni victimes , ni prêtres, ni autels, ni sacrifices, ni religion.
Discours contre VanaiKime. — Voici quelle fut l'occasion de ce discours, qui est très-vif et très-pressant. Plusieurs, parmi les catholiques a'Antioche, soit du parti de Flavien, soit du parti de Paulin, animés d'un zèle mai réglé, prononçaient anatHème contre ceux
3 ui. n'étaient pas de leur communion, les éclarant hérétiques. Car ceux qui tenaient pour Flavien dans le siéçe épiscopal d'Antioche, traitaient desabelTiens les sectateurs de Paulin, et ceux-ci, à leur tour, accusaient d'arianisme ceux qui suivaient Flavien, parce qu'il avait succédé à Mélèce ordonné par les ariens. Ce fut donc pour réprimer ces excès oue saint Chrysostome crut devoir traiter de l'anathème.
Après avoir expliqué la fbrce de ce terme
3ui signifie exécration, abandonnement au émon, il dit à ceux qui en abusaient : « Pourquoi usurpez-vous une autorité dont les apôtres seuls ont été dépositaires, et ceux qui leur ont succédé dans le ministère, ayant été comme eux rempl.s de grâce et de vertu ? Ils avalent les uns et les autres une si grande charité , qu'ils ne chassaient les hérétiques de l'Eglise qu'avec les mêmes précautions, et avec autant de douleur que s'ils se fussent arraché l'œil droit, pour retrancher de leur corps un membre pourri. Ils réfutaient avec soin les hérésies , et chassaient ceux qui en étaient infectés ; mais ils ne leur disaient point anathème. Saint Paul ne s'est même servi que deux fois de ce terme, y étant comme obligé : encore ne l'a-t-il fait qu'en général sans le déterminer à une personne. Si quelqu'un, dit-il, n^aims pas Notre^eigneur Jésus-Christ^ qu'il soit anathème. Et encore : 5t quelqu*un vous mseigne autre chose que ce que nous vou$ avons enseigné^ qu'il soit anathime... Nous pouvons nous réjouir d'être dans le chemin de la vérité, et gémir de voir les autres dans celui de l'erreur; mais nous ne devons point les irriter par des injures. Il faut au contraire les rappeler à la vérité par la douceur, les instruire pour la leur faire connai* * tre, et les engager a l'aimer en les traitant avec charité. S'ils méprisent nos remontrances, nous devons leur protester que nous sommes innocents de leur perte, sans cesser de les aimer et sans désespérer de leur conversion, mais au contraire, en la de^ mandant à Dieu comme TSi^iie fait tous les
MCTIONNAIRE DE PATHOLOGIE.
CHR
ÎWO
jours. Il montre que Jésus-Gbrist« qui avait la plénitude de l*autorité et de la science, n*a point rompu le roseau brisé ; que rien n^est plus contraire à la doctrine ae saint Paul que d*anathématiser ses frères ; que, quelque zèle qu'il eût pour la vérité, il n*a anathéroatlsé personne , persuadé qu'en traitant les pécheurs avec tant de sévérité, il n'aurait jamais converti le monde. Celui
?ue vous voulez anathématiser , continue ce ère, est ou mort, ou vivant: s'il vit encore, c'est une impiété à vous de séparer de l'Eglise celui qui peut se corriger. S'il est passé dans une autre vie, il est soustrait à la puissance humaine et il est devant Dieu, dont les jugements sont impénétrables.
Contentez-vous donc, dit-il en finissant, de réfuter et d'anathématiser les dogmes contraires à la foi que nous avons reçue par tradition ; mais épargnez les personnes, et , priez pour leur salut. ^
Discours sur les étrennes. — Les folies du . premier ianvier furent l'occasion de ce dis- ' cours. Elles commençaient dès la nuit, que Ton passait en danses, en jeux et en débauches, que le saint appelle diaboliques. Le jour, on donnait des étrennes, qui étaient accompa^ées aussi de beaucoup de désordres. Samt Cbrysostome invective fortement contre cette coutume , et s'élève surtout contre ceux qui croyaient que le moven de passer toute l'année dans la joie et dans les plaisirs était de s'y livrer des le premier jour. Il montre que rien n'est si contraire à la loi de Dieu ; que le vrai moyen d'être heureux toute l'année, c'est de la commencer dans la crainte du Seigneur et par l'observation de ses commandements ; qu'il n*y a que la vertu qui puisse nous rendre certains jours heureux ; que, comme rien n'est mauvais par lui-même que le péché, ^ il n'y a rien de bon que la vertu ; que quiconque a la conscience pure est toujours en fêle, au lieu que celui qui l'a chargée de crimes est d'une pire condition que ceux qui pleurent, fît - il six cents fêtes ; enfin, que, soit que nous commencions l'année, soit que nous la finissions, nous devons tout faire pour la gloire de Dieu, suivant les paroles de saint Paul, dont il donne l'explication.
Sept discours sur Lazare, — Nous n'avons rien d'assuré touchant l'époque de ces dis- t cours ; seulement, par l'exorde du premier, nous voyons qu'il fut prêché le lendemain de l'homélie contre les étrennes, par conséquent, le second de janvier. Il fut suivi de près des six autres sur le même siget, mais avec une^certaine interruption cependant, à cause de quelques fêtes de saints dont Chrysostome fut obligé de faire l'éloge. Ces discours contiennent des inslructions trèssages sur divers points de la morale chrétienne. Quelques extraits du troisième discours nous aideront à donner une idée detous les autres. — Saint Chrysostome s'attache à ces paroles qu'Abraham répond au mauvais riche : Monpls^ souvenex-^ous que vous avez eu vos biens en votre vte, et que Lazare n^y a reçu que des maux. Pour en expliquer le
sens, il distingue les hommes en trois classes : la première est de ceux qui soufflent seulement en cette vie ; la seconde, de ceux
Îui ne souffrent qu'en l'autre ; la troisième, e ceux qui souffrent en l'une et en Tautre. 11 examine lesquelles de ces personnes sont les plus malheureuses, et dit : « Il est hors de doute que celles de la première classe sont les plus heureuses, puisque ce qu'elles souffrent ici-bas sert à expier les péchés qu'elles peuvent avoir commis. La plupart s imaginent, ajoute-t-il, que les personnes qui souffrent en cette vie et en Tautre sont les plus malheureuses de toutes ; mais ils se trompent, parce que plus un pécheur souffre en cette vie, moins il lui reste à souffrir en l'autre : d'où il conclut que celui-là est le plus malheureux, qui, ayant toujours vécu dans les délices comme le mauvais riche de l'Evangile, serait obligé de porter pendant l'éternité tout le poids de la sévérité de la justice de Dieu, sans pouvoir obtenir une goutte d'eau pour se rafraîchir, c'est-àdire la moindre consolation dans ses souffrances. H en infère encore que de deux pécheàrs, le moins malheureux en l'autre vie est celui qui a le plus souffert en celle-ci ; que dedeux justes, le plus heureux sera celui
Îui aura le plus souffert en ce monde; et enn, que personne ne peut être heureux en ce monde et en l'autre. » Comme on aurait pu lui objecter qu'Abraham, Isaac, Jacob, David, et d*autres justes de l'Ancien Testament, après avoir été heureux en cette vie, l'étaient encore en l'autre, il touche en quelques paroles les maux qu'ils avaient soufferts, et finit en disant : « ceux que Dieu n'afflige point en cette vie doivent s'affliger eux-mêmes par les travaux de la pénitence, l'unique voie qui puisse nous conduire à Dieu. » Tous ces écrits de saint Chrysostome forment le I*' volume delà collection de ses Œuvres. Il est vrai qu'on lui en attribue quelques autres, qui se trouvent également reproduits dans ce volume ; mais la supposition est si flagrante, que nous ne nous croyons ms même obligé d'en rapporter les titres, à plus forte raison d'en dire un mot. Nous renvoyons au Cours complet de Patrologie ceux de nos lecteucs qui seraient curieux d'en connaître davantage.
Homéliei sur la sédition d^Antioche et^ sur les statues. -^ Les impôts ordonnés par l'empereur Théodose, en 387, excitèrent à Antioche une sédition si violente, qu'on y brisa à coups de pierres les images de l'empereur. On renversa ses statues, celles de son père, de l'impératrice et de ses enfants, et on les traîna par les rues de la ville .jusqu'à ce u'elles fussent mises en pièces. Le saint vêque Flavien, prévoyant les vengeances quel'empereur allait tirer d'un pareil attentat, oublia son grand Age et la rigueur de la saison, et partit pour Constantinople, où il obtint de ce prince la grflce des coupables. L'intervalle entre le crime des séditieux et le temps qu'il fallut à Flavien pour en ODtenir le pardon, parut à Chrysostome un moment lavorable pour répandre la semence
i^osi
WCtlONNAÏRE DE PATROLOCBÉf.
ۈti
<îe I9 vérité àaas des cœurs attendris par làj j^raiute des cbâtimeots. Ces Homélies sont .au iioipbre de vingt et une.
I" Homélie. — La première fut précfiéê
Sjelques jours avant la sédition, dans Té- isê qu*on appelait h Pâtée on VAncienne^ et ii'a aucun rappoi^ avec ce fait. Elle roulé tout entière sur ces paroles de saint ^aul à Timothée : Usez a un peu de vin, à cause de voire e^omac et de ^es fréquentes in^rmilés: et, decepeudeniots qui paraissent si simples et si communs, l'orateur sut tirer d'exGe(lentes instructions pqur la consolation des justes. ^âlnt Ghry$o^ioaiie montre que Dieu a ses faisons d'affliger les justes^ soit ^our empôther que le Krajid nombre de leurs vertus ne leur enfle le cœur, el qu« les autres hommes ne soient tentés de les prendre pour deâ dieux» soit pour me(;tre leur patience à Té- ^euve et nous enlever tout prétexte ae rioud dispenser de les imiter. Il termine ce discours par une sortie pleine de force et d'tndimation conthe les blasphémateurs.
Il* ^dW/te.—GediscourSi quoique écouté BTee beaucoup d'attention, ne produisit que peu ou point d'etfet , puisque^ huit jours après \a sédition^ saitit Cnrysostome» dans le discours suivant, attribue au peu de soin
Îu'on avait mis è réprimer le blasphème, la é^olation où se trouvait la ville d'Antioche. C'est le premier qu'il fit pour consoler le peuple, après avoir gstrdé le silence pendant sept jours, à cause de l'abattement général. Il le commence en témdignant sa propre douleur, et, pour adoucir oelle des autres, il invite les tl^s voisines à y prendre part. « Je pleure et je géoris, ajoute-t-ii, non par la crainte du châtiment que l'on doit attendre de si grands excès, mais sur la folie d'un dérèglement si prodigieux. Quand l'empereur ne le punirait pas, le regret de nous y être abandonnés nous serait-ii su|>ponable ? Comment cette ville est-elle passée de l'état heureut, où nous l'bvons vue, dans celui où nous la voyons aujaurd'hui ? On peut diçe d'Antioche ce iqfU'fsaie disait autt^efois de léirusalewi ■: N'ûtre tité est comme un ihérébihlh^ qui tt pèrdtl sts feuiii^y et comme un fahiih qu*on n'a peu goin d'arroser ; car de môme que les arbres faute d'eaU ne peuvent ^brW tti feuilles lii Iruit^ ainsi cette ville, destituée du secours d'en hiut, se voit privée dé ses habitants ; ses maisons et ses plates sont abandonnées $ le doux nom de patrie est devenu odieux $ chacun fuit le lieu de sa naissance comme un incendie. C est une énigme que noti^ malheur, nous fuyons Sans c|uaucmi ennemi nous poursuive; nous quittons notre patrie sans avoir combattu; nous n'avons point va briller les armes, et nous soulTrons tdns les maux de i'esclavase. Nos citoyens, qui se réfugient dans les villes voiisines, ont déjà publié pattout notre malheur; mais ce n'est pas cela qui doit nous faire rougir, il est même èi propos qu'elles soient informées de l'infortune de leur mèÉ^e, atlrt que, joignant leurs prières aux nôtres, elles èh obtiêfffiént de Keu leatiut. » Afwès avoir fait une peinture très - vive de la
èonsteroation générale C](aî régnait dans Aatîoche, il s'effbrcè d'y relever les esprits abattus^ et de letir rendfe leur première tranquillité en lès efhofla'nt à Idîssfef à Dieu là disposition de TaVéhir, né doutant poiiA
;* ue cette résignation ne dût être tta remMe leur douleur, tteifrètanf, a'près cô prélude, l'explicationdelapremièrcEpitreitimolhéè, xl s'arrôtô à ces ^'^roles du sitièfûe chapitre : Avertissez Us riches de ce siècle dé iOtré point orgjùèitleux ; el il S'élève contre l*orgneH qui produit ravârice, corfiré T^virice qui erûjendré la dureté, potitrë W dUrété qui pé^ trîBele cœur, ïui fâit perdre le ftfemrerde ^es sentiments, fa Charité, et ôublief le premier de ses devoirs, l'aumône.
IV* Ooniàie.-^'LQ p^6mîef lundi de carême, le peuplé, après avoir passé tout le 'pur sans manger, àôcourût en si grande bdié â Téglise pour én'tendi^e éhrysostome, -u'il jjugea A leur ardeur et par la Jôieaai datait sur tous Tes' visagôs', ({\xq la tempête avait cpssé et que le calme était revenu, n en rendit grâces' à IHeu, et loua ses auditeurs de ce que la èrainte de la mort n'avait pas étouffé en eût lej sentiments de Ymom divin. « voilà, leur dif-îl, Tavaûtage que nous tirons des afflictions f voilà T'utimé que nous apportfetit les disgrâces, L'afdveîsité nous rend ôTus soi^^fieui de notre devoir, elle rappelle Tespitit de ses erreurs, et le fait rentrer en lùî-même. Ce n'e^t ni la prospérité ni le malheur qui nous perdent, c'est notre imprudence. Le bien et le mal sont également utiles à l'hoûime ^ge. La
{prospérité ne cônnaft point soù cœur, et 'adversité le rend meilleur. Le' méclwnt, au contraire, s'oublie dans la pfospériié, el les disgrâces le rendent encore plus rué- , chant. Les afflictions sont cfonc utiles à deux . choses ; elles effacent les taches du péché et ajodtent un nouvel éclat à (a Vertti. >11 emploie pour le pfouver diverS etemplss, entre autres celui de Job et celui des trois enfants a^ Babvlone, don! les soulfrances ne servirent qu à faire éclater davaûtageja v(^rtu. ïl le prouve encore par le fruit qu'ils avaient tiré eui-mèmes des calamités présentée. « Celui, dit-il, qui était insolent, eit devenq modeste ; ror^ueflleui est devenu humble, le paresseux diligent, et tel qui passait toute la journée au théâtre, passe maintenant dans l'église toutleleiups qu'il emplojrait à des spectacles profaoes, Mais, me dir^z-vous, nous vivons en dt'S alarmes continuelle^ } 1 appréhension des supplices ne nous laisse aucun repos. Jô vous réponds que ces inquiétudes vous ont rendu plus soigneux de plaide à notre maître. l)ieu pourrait bien arrêter en un \a^ ment le cours de nos maux, mais ne croyez pas qu'il vous rende sa main secourabie, s'il ne remarque en vous des preuves d'une véritable pénitence. H jiermet les tentations, mais en même temps ri leur donne un tente. ne permettant p»s que nous nous enuor; mions dans la |>rospérité, ni bue radversite nottâ accable, qI lepoupéraAt IT^Q eti&^^ par sa prudence. 1^
1055 éfift bictîONNAIRE DE PATROLOGIE.
'xiii* ^ome'/îe.— èaiht Cbrysostome prêcha ce discours un mercredi. II «nnonce qu*il le commeface, comme ceiix dos deux Jours précédents, en bénissant Dîeu et en le reroer- Giant d*avoir fait succéder le calme k la tenapète« « Huii jours auparav(int, la plupart des habitants d'Antioche, saisis de frayeur, s'étaient sauvés dans les montagnes et dans les déserts ; ceux qui étaient restés se regardaient sans oser se parler, parce qu'ils se défiaient les uns des autres. Lepeur^e s'assetpblait a ta jporte du palais, où 1 on avait dressé uii tril)una1 ae juges ; dans la salle, bn voyait des soldats «rmés. d*épées et de massues qui faisaient faire siiehce» et Tcillaient au \umulie que les parents des ïtccUsës auraient pu exciter. Les menaees des juges, la voix des bourreaux» le aon (lés coups de foiietSii et les cris de ceux que Ton tourmentait, jetaient partout la frayeur. On voyait passer au milieu de la place les
f)remiers de la ville chargés fie chaînes; eurs femmes^ chassées de leurs maisons, trouver & peine des retraites, parce que chacun, Qraiç;nait de devenir suspect. Ce fut alors, dit saint Chrysoslome, que ie m'écrîéi avec Selomôn : Vaniti dei vanités^ ei tout n'est que vaniti. Ces pitoyables objets ille faisaleiil faii^e réflexion siir le terrible jugement de Dieu. Comment ! disais-je» m une inère ni un^ sœur, quoique innocentes,
CHR
iie peuvetit obtenir des magistrats la grâce d'un criminel ? Qui se déclarera donc .notice protecteur à ce jour épouvantable? Qui i)ou$ arrachera aux 5Uf>piices étei^ nels 7 L'Eglise joignait ses prières à celles des narlicuIiArs : elle demandait à Dieu ^u'il lui plût de sauver ce qui restait d'AotiocHe, et d'empêcher son entière déstruotlon; tous le priaient de la même chose avec des torrents de larmes ; mais les juges n'e^ étaient pas moins risoureilx> et ne songeaient qu'à s'acquitter de leur commission avec diligence. » — Après cette description, que saint Chrysostome ne fait que pour attepdrlr ses auditeurs par le souvenir de leur infortune» il traite de .nouveau la matière qu'il avait commencée d&ns le discours précédenlf et prouve par de nouvelles raisons
aue la nature a gravé dana nos cœurs la loi u biei\ et du mal.
xm* Homilie.—he retour de Flavien et le
t cardon qu'il avait obtenu de Théodose pour es h(ibitants d'Antioche font le sujet de eçtte homélie, que saint Chrysostome semble avoir prononcée le jour de PAqUcs.
Après avoir rendu grâces a Dieu de ee qu'il avait réuni le chef i ses membres, le pasteur h son troupeau, le poutite è ses prêtres, il le remercie en môme temps du soin qu'il avait pris de cette cité dont le démon avait eoiijuré la ruine, il loue Flavien d'avoir ex- {>ose sa. vie pour le salut de son troupeau, et dit de Tnéodose que Id couronne qu'il portait $MT la tête ne lui avait jamais feit tant d honneur que le paMon qu'il renaît (i*aceorder è Antioche. Pour faire ressàrtit* tiavautuge lé wA% et l'éloquezlce tie Fiavieo,
pereur, il rapporte presque en entier la harangue que eë paliiarche fit k Théodèse et la rc'-nonse du pKnce, en disant qu'il tenait ee récit d'uh témoin qiii avait tout suivi et tout entendu. La ville d'Antioche, k la noatelle du pardon, avait fait de grandes rèjDuissahces ; saint Chrysostome exhorte ses auditeurs à les continuer toute leul* vie, non en se couronnant de fleurs, m^ls de vertus) et en allumant par les bonnes œuvres, dans leurs âmes; les flatniheé de la reconnaissance et dé la charité, n vous n*éces 8 as seulement', ^â^ut^t-il) obliges k Dieu 'avoii: terminé vos mauxi mais de les aVdir fait naître : car l'un et l'autre sert k la gloire de cette vfllo^ Annoncez toutes ces choses k vos enfants $ que jusqu'k la dernière postérité on sache de quelle clémence Dieu a 3 se envers voiis, et qu'on admire la bonté é notre prince, qui nous a si généreusement présenté la main pour nous rèleveh % Dans l'analyse de ces homélies, nous nous sommes arrêté presque uniquement, comme on l'a pu voir, k tout ce qui se rattachait au fait historique qui y a donné lieu. Une plus |ongiié analyse nous aurait entraîné au dfelk aes bornes. Nous suivrous la même règle par la suite. Saint Chrysos iottie a prononcé un i\ grand nombre de discours que iious croirons avoir rempli notre c^dre et satisfait k nos engagements, éft iaîsànt connaître les principaux.
mux eaiéchêsek, — On appelle ainsi deux InsttiicHons nue le saint aocteur adressa aux cat(f*çhuTlienes, dans le cours du même carême 587, On voit qu'il cherche k s'insinuer dans l'eshHt de ses auditeurs par des termes d'humilité et de charité. Il n'hésite point k les trdiler de frères^ k cause de la grâce qu'ils devaient recevoir, bientôt. U les prie de se spuvehir de lui, lorsqu'ils l'auront reçue, et qu'oii les aura revêtus de l'habit royal et de la pourpre teinte dans le sang du Seigneur. « Vous ignorez encore, leur dit-il, la vertu du calice qui contient 1^ sang précieux ; mais ou vous l'apprendra dai s (leu de temps, lorsque vous serez inî^ liés. » Il les loue de leur ardeur pour le baptême, et de ce quiis n'attendaient pas à la mort pour le recevoir, comme faisaient
{)tusieurs, quelques-uns même ayant perdu a connaissance lorsqu'ils le demandaient. Ce I^ère croit que ceux qui en usaiept ainsi ne recevaient noint la grâce du baptême. « D'ailleurs, dit-il, le tumulte qui se fait en ces sortes d'occasions empêche que la malade ne soit dans les dispositions nécessaires pour recevoii* le baj)tême, qui sont Pattcntion, le renoncement au monde et une joie sainte qui éloigne de l'esprit toute pensée profane. »n mai que les différents itoms que l'Eglise donne au baptême, sa- Toir, ceux de bain^ de régénération^ ditlumifiufton, de sépuituref de circoncision et de croix ; la différence du baptême qui puriGc l'âme, d'avec les ablutions anciennes qui tie {mrifkdent que te corps ; èntin, la vertu lie ce sacrement pour temettre les t)échés et nous rendre saints et justes» eussions**
CHR
GflR
nous auparfliTant été coupables de tous les crimes que rhomine peut commettre. Si le baptême remet nos péchés, disaient quelques-uns, pourquoi ne l'apiielle-t-on pas purgation ou rémission des péchés î « C'est, répond saint Chrysostome, que l'Eglise a emprunté de TEcriture les noms qu'elle donne au baptême, qui j est appelé le bain de la régénération et non de la purgation, parce que noa-seulement il remet les péchés, mais qu'il fait régénérer ceux qui le reçoivent et les crée de nouvr^au, les formant non de la terre, mais de l'eau. »
Saint Chrysostome, dans la seconde catéchèse, explique le nom de fidièle que l'on recevait dans le baptême, et dit « qu'on le donnait aux nouveaux baptisés, parce qu'ils croyaient en Dieu, et gue Dieu leur confiait la justice, la sainteté, la purt^té de l'àme, l'adoption, le royaume des cieux, et parce que les nouveaux baptisés lui confiaient aussi de leur part leurs aumônes, leurs prières, leur humilité et toutes leurs autres vertus. »
Trois homélies sur le démon. — Saint Chrysostome fait voir, dans la première de ces trois homélies, « que l'homme étant sorti du paradis terrestre dépouillé de toute sa grandeur, Dieu lui a rendu en Jésus-Christ et par sa grâce, beaucoup plus qu'il n'avait perdu par son péché propre et par la malice du démon; (|ue les châtiments mêmes dont Dieu a puni le péché d'Adam montrent sa miséricorde, puisqu'ils servent à nous humilier ; que si Dieu a désuni les hommes par la diversité des langues, ça été aûn qu'ils ne demeurassent pas unis pour le mal ; enfin
3ue la bonté de Dieu éclate, non-seulement ans ses bienfaits, mais encore lorsqu'il punit. » Il infère de là que la famine, la peste et les autres fléaux qui affligent le genre humain, viennent de sa miséricorde,
farce qu'il ne les envoyé que pour guérir âme en mortifiant le corps; ce qu'il prouve encore par ces paroles du prophète Amos : Il n'y a point de maux dans la ville que (e Seigneur n'ait faits. Il va sans dire que le terme de maux ne s'entend ici que des calamités temporelles, et non du pécné, qui ne vient pas de Dieu, mais de notre propre volonté. D'où il conclut que la providence de Dieu étant plus visible que le soleil, c'est une folie de la nier jusqu à douter si ce ne sont point les démons oui gouvernent le monde. El il montre par l^istoire de Job et par ce qui arriva aux pourceaux de Geraza de quelle manière les démons traiteraient les hommes s'ils les gouvernaient.
Plusieurs personnes se plaignaient que Dieu n'eût pas mis le démon hors d'état de nous séduire en l'anéantissant. Saint Chrysostome répond dans la seconde homélie, « que quand il n'y aurait point de démon, notre lâcheté suffirait pour nous perdre ; que les tentations sont utiles aux forts pour les exercer; que notre mauvaise volonté abuse de tout, de l'dbil pour convoiter, de la langue pour blasphémer, des mains- pour voler;
au'elle trouve partout des sujets de scanale, dans les cnoses même les plus saintes. Saint Paul ne fut-il point une odeur de mort pour plusieurs? La croix salutaire de Jésus- Christ n*a-t-elle pas été un sujet de scandale aux juifs? et les gentils ne l'onl-ils pas regardée comme une folie? La malice du démon peut même nous être utile, si nous savons en profiler. Cela paraît par l'histoire de Job et par la conduite de saint Paul envers l'incestueux de Corinthe, qu'il livra à Satan po r le salut de son âme. Nous ne devons donc point rejeter nos fautes sur le ' démon, comme fit Eve, mais nous en reconnaître humblement coupables, et les effacer par une confession sincère, en pardonnant aux autres les injures, en priant avec ferveur et persévérance, en donnant l'aumône et en praHcmant l'humilité.» — Deux jours après, saint Chrysostome continua la même matière et apporta en preuve ce qui s'était passé à AntiocheJ'avant-veille. Pendant que les uns Técoutaient à l'église avec attention, et s'y occupaient de choses spirituelles, les autres étaient au théâtre pour j[ 'jouir de toutes les
f>ompes de Satan. « Qui donc, dit-il, a été 'auteur de cette conduite différente ? Qui a porté ces mondains à se séparer du bercail. Est-ce le démon qui les a séduits? mais pourquoi ne séduisit-il pas aussi ceux qui se trouvèrent à l'église , car ils étaient homme5 comme les autres? C'est donc parce que ceux-ci n'ont pas voulu être séduits, et que ceux-là l'ont voulu. H fait ensuite ce raisonnement contre ceux qui rejettent leur mauvaise vie sur le démon, et prétend que rien n'est plus capable de les confondre : Ce juste est de même nature que vous, il est homme comme vous, il respire te même air, il se nourrit des mêmes viandes. Pourquoi donc n'êtes-vous pas vertueux comme lui'l II allègue pour prouver que c'est de nous-mêmes que nous péchons, le discernement que Jésus-Christ fera dans le dernier jour des boucs et des brebis; la parabole des dix vierges; la pénitence des Niniviles opposée à Timpénitence des Juifs; et enfin la com- ^ paraison d'Adam vaincu dans le paradis terrestre, avec Ji)b victorieux sur son fumier; montrant que toutes les différences qui se trouvent dans ces parallèles, ne viennent ni du démon, ni du destin, mais de la volonté de l'homme. 11 s'étend beaucoup sur la patience de Job, dans la vue de consoler ceux S[ui souffrent; c'est pourquoi il s'applique à aire voir que jamais personne ne souffrira autant que ce saint homme, ni avec autant de désavantage, ayant souffert dans un temps où la grâce du Saint-Esprit étant moins abondante, le péché était plus difficile à éviter.
. Homélies sur la pénitence. — On ne convient ni du nombre des homélies de saint Chrysostome sur la pénitence, ni du temns où il les a prêchées. Nous .en avons neuf ae suite dans le Cours complet de Patrologie qui toutes sont dignes de lui, quoique ()Ou^ tant les trois dernières n'aient pas Ja même élégance que les autres ; mais on sait que ce
jon
GHR
DMmONNAlRB D£ FAIKOLOGIÊ.
UIH
Père ne se tient pas toujours à la même hauteur.
Dans la seconde de ces homélies saint Chrysostome exhorte ses auditeurs à rerourir, pour effacer leurs fautes, à la confession, aux larmes et à l'humilité. Ce fut en confessant son crime que David en obtint le pardon, tandis que Gain fut condamné pour avoir voulu cacher le sien. Achab eut recours aux larmes, et Dieu lui pardonna; enfin l'humilité justifia le publicain, et il en
{>résente le modèle dans saint Paul. La con« éssion, les larmes, l'humilité, sont donc, aux termes de saint Chrjsostome, les premières portes de la pénitence.
II en établit une troisième dans Thomélie suivante; c'est l'aumône, qu'il appelle la reine des vertus. — En expliquant la parabole des dix vierges, il ait : « Le feu des lampes signifie leur virginité, et l'huile Tau* mône. Comme le feu d'une lampe s'éteint faute d'huile, de même la virginité ne peut se soutenir sans l'aumône ; les marchands de cette huile sont les pauvres qui sont à la porte de l'église, auprès desquels on en achète tant que l'on veut ; le prix n'en est point fixéy pour ne pas rebuter ceux qui ne sont pas riches; on en donne pour une obole : ce qui est acheter le ciel à vil prix» non qu'il ne vaille pas davantage, mais parce que le Seigneur est bon. » 11 ajoute : « Ne possédez-vous pas même une obole?
donnez un morceau de pain. Ne l'avezvous pas ? donnez un verre d'eau froide, et vous n'en perdrez pas la récompense. C'est Jésus-Christ qui vous en assure. Si vous ne pouvez rien de tout cela, compatissez aux maux des autres; Dieu vous en tiendra compte. » Une cinquième porte à la pénitence, c'est la prière, mais une prière continuelle et qui s'enflamme de plus en plus lorsqu'elle n'est point exaucée. Pour montrer Tefficacité d une prière persévérante, saint Chrysostome emploie la parabole de l'ami, qui, au milieu de la nuit, vient demander des pains à son ami, dont il ne les obtient qu'à lorce d'imporlunités, ensuite il enseigne qu'on ne doit point se décourager lorsqu on retombe dans le péché, mais plutôt chercher, comme saint Pierre, un second baptême dans l'abondance et l'amertume des larmes. Cette troisième homélie est intitulée : De r Aumône.
Le titre de la sixième homélie, comme de la précédente, est sur le jeûne. On pense
au'elle fut prêchée à la mi-carême, car il est it dans un endroit que plusieurs chrétiens avaient jeûné jusqu'au soir, et malgré cela passé toute la journée au théÂtre. Ce Pèret après y avoir représenté la grandeur de ce ' désordre, fait une peinture allVeuse du théAtre et de ses criminels divertissements, l'ap- {>elant l'école de la volupté, le collège de 'incontinence, le siège de pestilence, la fournaise de Babylone, oii les gestes et les regards lascifs, les paroles sales et les chants luxurieux tiennent lieu de bois, d'étoupe, de poix et de bitume; il montre que le jeûne ne peut être d'aucune utilité à une &m«
qui se repatt de pareils plaisirs; que c'est renverser d'une main ce que l'on élève de l'autre, que pour être coupable d'adultère, il ne faut que regarder une femme d'un mil de concupiscence, ce qu'il est bien diflicile de ne pas Taire quand on assiste aux spectacles. Sur ce que plusieurs trouvaient ce précepte de Jésus-Christ impossible, saint Chrysostome s'applique 4i leur faire voir que l'observation non-seulement de celui-làf mais encore de tous les autres, est facile à ceux qui font moins d'attention à la difficulté qu'aux récompenses promises aux observateurs des lois de Dieu ; que c'est lui faire injure de l'accuser de nous avoir ordonné des choses impossibles; que, loin que ces préceptes soient au-dessus de nos forces, il s'est trouvé quantité de saints personnages qui sont allés au delà en observant même les conseils évangéliques, comme la vir»nité et la pauvreté volontaire; que la dini-** culte que nous y trouvons vient de ce que nous sommes lAches et malades. 11 finit en montrant contre les Juifs que Jésus-Christ est auteur des deux testaments.
Dans la huitième homélie, qui fut faite le soir, et par conséquent en carême, saint Chrjrsostome fait 1 éloge de l'Ëglise, «qui reçoit, dit-il, dans son sein des vautours, des loups et des serpents, comme l'arche de Noé; mais qui, par la pénitence, en fait des colombes , des brebis et des agneaux, ce que l'arche ne faisait pas. » U ajoute, « qu'il ne parlait si souvent de la pénitence que pour multiplier ces heureuses métamorphoses. Vous êtes pécheurs : mais ne désespérez pas. Si vous péchez tous les jours, faites tous les jours pénitence. Vous me direz peut-être : La pénitence sauverat-elle celui qui a passé toute sa vie dans le crime? Oui, elle le sauvera : et si vous en voulez un garant, je n'en ai point d'autre que la miséricorde de Dieu. La pénitence seule ne peut rien^ mais eUe peut tout lorsqu'elle est jointe* à la bonté de Dieu. La malice de l'homme, quelque grande qu'elle soit, est une malice bornée; mais la miséricorde de Dieu n'a point de bornes, puisqu'elle est infinie. La malice de l'homme se perd dans la miséricoroe de Dieu, commeune étincelle dans la mer.»
Deux bomélies sur la trahison de Judas. — Dans ses homélies sur la trahison de Judas,, saint Chrysostome parle du malheur de cel apôtre et de ceux qui persécutent les justes^ et il dit : « Ce ne sont point ceux qui sont persécutés qu'il faut pleurer, mais ceux qui persécutent , puisque les persécutions ouvrent aux premiers la porte du ciel » aux seconds celle de l'enfer. Cette considération doit porter ceux qui souffrent à prier pour ceux oui les font souffrir, comme Jésus- Christ les y oblige, non-seulement pour l'a- Yantage de leurs ennemis, mais aussi pour le leur propre , puisque c'est un moyen d'ob^ tenir la rémission de leurs péchés. » Saint Chrysostome avait à cœur cette matière , et il avait déjà employé quatre jours à exhorter ses auditeurs à prier pour leurs enne-
10S9 CSR DICnONNAItlE DE PATtlOLOGlE. CBR 1060
mis; Il se sert de la trahison de Judas, fwt ûms appreBdBè à ae naus nis^w^ i<'^wmi •t à lia pas présuioer de nQU^-a^^ip^s, d^ peup de tomber dans TaDostasie comme cqt apâtre. 11 réuète ce qu'il «vait dit ç^illeufs , « que Jésus-Christ n'oublia ni ^vertis^ementi ni voepaces, pour le retirer de son aveuglement, et le porlei: à ne pniDt exécuter SQii détestable dessein. Mais Dieu, i^oute-t-il, qui veut gue nous soyons vertueux avec liberté, et qui nous laisse les maitres de nos jetions, ne lui tu point de violence pour Tattinr à
lui, quoiqu'il eût pu Vy attirer par sa s^jilè *jvt*pvcp,uw^ %a m^v,^ *.;^pvM>>*.^>^*iy^. ** ^^u vertu , comme il avait attiré saint ItfaUluçif nrouve If vérité et çplle de Içi de^çenle cju et la femme* péchpresse. » $ainî-P^l)rit par les piracles cjuç; \e^ apôtj-^s
Homélie sur la ré$urteclio.n du Sauveur. — . opérèrent après l'avoir çfiÇ^-. Ji ^ 89^? ^"
cbeses mèm^qui étaîenton paraissaient m^
différ^ntf s^ i^^ime les pS| W regards iiw discrets et la bonne chère, qui conduisent g^u ^ peu ^\\^ plus grands d^sordre^.
Sur Iq Pmtecôfe. — Dans \xw prçjf)ièi:ç homélie sur laP^fiteçôle, parlant de la grandeur du don que pqus r^cevofls pp cçUç ^qlennilé, i] rappelle un' çbn tle réconciliation', dppt la venue dij Sâinl-;p§pfît ^ été le sceau. « C'est pour celc|,àît-i],qu il n'est descerdu qu'fif»'rès
Bans un discours prononcé pendant le ca^r ième, le saint docteur avait dit qu'il se pouvait qu'en jeûnant on ne jaûpât pas» parce que ce n'est pas jeûner véritablement de pe pas s^absteuir de péché ; dans son bpmélie sur la résurrection , il se propose de montrer
s^ite celte objection qû'iTié§Oifl ^Insî ; ^ Si le^s miracles sont la preuve de la pre^Vince du Sîi^nl-Èsprit, ijl n'est doofi plus jwâjiUeaant dans l'Eglise, puisqu'on n'y fait plus de miracles. » A quoi il répond : « Sî )e Çaiot-^Esprit quêtait point dpnsrËglise, les néophytes qui
Se plaignirent que la privation du bain leur était insupportable; que la boisson de Veau les incommodait ; que les légumes lei^r p%r raissaient iQsi[>ides. Le jeûne que je vou3 propose aujourd'hpî ne peut occasionner de semblables plaiutes. Prenez le bain, inangâ^ de la viande, buvez du vin avec moiiération» usez de tout; abstenez-' v^s s^'Ai^lement do pécher. On peut être ivre saiJ^s boire de vin | eomme on peut boire du vin sans être ivre; car l'ivresse e^t un renversement de raison,
âui peut venir de la CMpidité.at de la colore. » aint ChrysostomQ dit beanconp de choses sur rivre:$se5 d'où vient que cette hoiuélie Bsi intitulée aussi qu/elqueiois conlr^ les ivroi gîtes. Il rélève ensuite la fè.te de la Késjurr rection p^r les grâces que nous j recevon/s et par la délivrance d^a la double mort du corps et de l'Ame, que Jésus-Christ nous a procurée en ressuscitant. Paur exporter les pauvres à prendrie part à cette fête , il leur dit : « Les richesses nV sont d aucun usage, ce qui n'est pas dans ies fêtes profanes , où le pauvre est dans la tristesse, parce qu'il ne peut faire les dépenses que lont les r'bches pour leurs tahles et pour leurs habits. Mais dans la £Ste quB.nx>us célébrons» ajouter t-il, la table et les habits soni communs aux pauvres et aux richos ; le dernier des indi* gents participe au même banquet que Tem^ peceur^ et peut-ètr/é avec plua d'assurance, parce qu'il ç la conscienjee moix^ souillée. (I arrive môme cpi'un aomestiquç .ei uDâ ser- Vente Mêlas y sont admis» lAudis qu'on ^b éloigne liî matoe et la maitrease, parce qu'ils ne sont pas iniii^. Le vêlement qui se donne en t^e iom au pas^vce CQonne au riche est iéaus-Cnrist méi^, .dont Fun et l'aji^tre se revêtent dans le baptême , selon que le dit saint Paul , dan« son Ëpttre aux Gàiates. » Ensuite saint Ghryaostome s'adresse aux nouveaux baptisés, qu'il exhorte à fuir les
1^ S^int-Eijprjt , ainsi que rensjeigne saint P(iul. 11 n'y aurait dans j Egjî^ë iji dtqcteur m pasteur, puisque, selon le même àj^ôtre, ce^t le §aint-£$prit quiles. etabijt ; enUa/si^ le S^ipt-E^juit n'étaft pbîpt d^ns J^&fise, WftW^nt ppurriez-vôus r^pjîndcç a nolrç Eèrç commun que voilà, lorsqu'à you^ ipnne Ift fm, (H, MF'^ de Fl?vigp) : £^ avec votre espnt f Qu en^endex-vo^s oar ces paroles qui servent dfe iréppnse lorsqu fl yous (iç^ne la paix ^e .^(^sus son trône ,'qI lorsqu'il Qffre pourrons l^ refJquJafele ^criUxeî sinon que ce n'est poipt lé p^etré qui change les donSi pi qvv pnôf é ce sacrifice mjslique. n);iis la gr^ce du bamt-^spri^ qui dc^'icend snr ces OQns- ^u restç, si les signps visi- |)les et miraculeuî:^ n'apcpinpaigneni plus la descente du Saint-ÇspriJ , ceja ne fait qu'honneur il notre foi| puisque Die\i Ja jvige as^e^ affermie pQur n'avoir pas besoin <ie pes ap^ puis extérieurs et sensible^, qui ^Kf^jçut nécessaires h de$ esprits grossier^ et à des hommes qui avaient abandionné tout récem* ment le paganisme. »
Dans la seconde homélie il ^ppellç la fêt^ de la Pentecôte le comble de tous les biens, la première et la métropole de toutes les so* lennilési p^rcp qvi'.çlije est )e put et l'accomplissement de toutes les autres. Après cela, jd fait Ténumératiçiq de tou^^jes fp^c^ que nous recevons par le ^int-ïsprit , ^^pù il
})rend accasiou d*étabUr sp divinité contre es macédoniens» en insistant principiilement sur ces paroles dje Ji^u^-Christ à ses ^ûlres : 4lhZi efwig^ez tçuje§ les nàliqii^, Uè bajflisant QU mm du i^ère^ 4^ FUs a au Saintmur il.
V<(4 fAfk^yriques de saint Pq^. — Pans le nremier des pd.négyriqiAes (^^u'il prçnbnça à la gloire de saipi ^ui, saint Cnrys:$slome e^trenrend de mgntjreii: « qup ^diptf^ç^i|l a ra&aemblé dans un degré éfMnent \w\ ce au'U
1061 CHtl DICTIONNAIRE DE PATHOLOGIE.
jr « de bon et de gAfld, non-seuleaieiit {lâvoti le^ hommes, fpaisj pami leç ^g(?s i qy'il a posçétle )\h seul les vertus de Iqi^ fc^ autres ; qA^'il les a pr^Uqjaée^' toutes maseoilp plus parfailûrijeiij qu'aucun 4'êujc n'a prigïqué celle qui lui ^l#it uar^îc^liè^e ; .que ^bp sacri^ce f été plus pariait que celui d'obéi
GHR
l(MS
puis(m*à 1^ pl^ce des bcBiufa et de^ agoeaux, c'est l.i^î-ip.ônie qui j'imoiole tous '
C'est j.i^i-ip.enie qui ^'uumoie tous les jours;
Î[ue, couMue Noé» il est demeuré ju^le çl parait au iruilie^ delà corruptiqp, ei ^ sauvé Iç ^én^e'bujajiaiû <jl*up 4^*^oo'i)i|^s daa^ereui^, no9 Pa^ 1^ moyeo d'wiç ,arclu? flefîojs, maïf mr la epmpo^itiço d^^es ^|4Ues : arch^ f)pnt les plaocue^ pe soit pâ^ goùdronnéos ^v/s^ ^u biluiue et de la poi^» ^^is par'runctiqq du S^Ql-^()^rii» et quç I^ temûêt(^' 4u v}i;4 p'9 pu encore séparer. » Çalnt Ghryspstoqi^
S)Urs.ui^ le parallèle de cet apôtre avv^c les aij^i es patiii^/rcbes, remarquant «que sun aéU-: /crhemeuta ^sufpassé^elui d'Abrabam ; qù'41 h iié plus 4oui qulsa^c, dIus pafitpt qi^^ i^ çob» plus chaste qu^ losepn; qu'il i plus iouffeft que Jub ; que iia chanté a é^e plu^ granule que ç^}e de ^oïse, et se^ travaui^ plus étendus ^ qu'il a surp^sé P'ivid eu numilité^ ^liç ea zèle, saint Jean-Baptiste ea mortification» et qu & rim|tatiûa des anges i il s*e$( soumis h la parole du Toutr^uissapl, çt a Kar4é sçs/bointnauf^^en^Si jh*rpoi\raut 4vecla même agilité qûê ces espat^ .Cjâleste^ tout Vuiuymi ^ puri^apt la ferFe cpmui^idL ttO feu par l ardeur de $â cbaraté. »
P^f^yfiiua de iaifU Uai^yUm. — M trion^phe qi^e saint fiabyl^s reu^pprU apré^ sa mort sur lulicp fÀpdst^^ s^'ses4îeû^, fournit 3ieul ^ inatièfe do iok é|l()£e; uu bou^mt^i Ofr dixiaire |îe faU' rien 4<^ &*^n^ apr.és $a mort, Q^is u^ ^^(yJT opère plusieurs pro4j^fi,. non pouf $,e re/idre pluf illustre, i] méprise la i(loire bûmajnè,maispp^r appr.epdre ^ujl ii^çf é(ju)iii$ qM^ lil H^ort def fuartjr§ ^ 3t g)oin$. line mor( que le pômmenoeipenf 4'Mi\e o).eilr. leuxe vie. 9 f)é r^g^rd^us 4onc p^s, dit $ainl Ç^*.v^$fiQlpie » \^ corp^' de pe ipartyr ^nnn inOM<vcg)en|' et priyé de çon Âu)e ; considé^ rbi>s qu'ii psi âaimé p^ pue .vertu pins puis? saute uue sou ^Q^e mft^e, c'est la çrAce dLu> Saint-)&p^^/qui, parles miracles qu il opère, no.us doù/^p \ ^Qus un^ .ei»pérwce /u^rtaiae de la iiisurrcîilion. v — Après ce préambule, en Père rapporte ce qui $e pass^ de son temps daos }a tr^sl^tiou de$ reUqujSS de saint Babylas. Julien TApostat étaot venu à Ôanbné, fau|>ourg d*4n^i0Qhe, pour y consulter 1 oracle d'Apollun sur ce qui demi lui ardvcr, ne cessa de i-iiupprt.un^r par dos prières» par dns voui^ et paf des supplications* Mais ce grf^ud dieu du pàisanisme ne lui tU poiui. d'autre réponse , siuon : ht9 mori$ mempéch$nf de p,qrl^r ; bixUez Ipurg cerçtHih » déier" rcz Unn ifs, tra^gpprff^ l^r* Çfèfps aWfiurê. Cet empereur impie comprit aussiU>t que les -. rel)ique| de ^^if^ Babylas fertnaieni la bou«> cbe à Apotlop» pu du moins il le voulut faire croire. Il ebercibait un prétevte pour se débarrasser d^s reliques de ce saint martyr quil re4outait. laissant dooe an repos tous le» autres morts et ne remuant que les cenr-
dves de Bab]4as» il ordonna de les transporter dans la ville. |:.e dénaon m fut pas pour .cela plus en sgir.eté. car au moment où ellas jr entraient » la foudre tomba du ciel sur la iiatue d*Apollon, et consuma tout ce qui était autour d'elle. Julien, etfrayé» Ifàissa le temiiie dans cet étal de ruine » n'osant le rétablir» dans la crainte de s'attirer une plus grande confusion en augmentant la gloire du généreux martyr.
piscQurs $ur Uf m§rlyr$. rr- OaAs un premier discours sur les martyrs, saint Chryso** tome renmrque que i>ieu ne las a pas placés §eule/pept dans les villes » laais au^si , et va^^^ ^i) p(u$ grand nombre, dans les cam« pagines» sans doute dans k but de dédommager les bons cultivateurs de la rareté des prédicatiops, en leur ménageant la voix des martyrsqui parlent du fond de leur tombeau.
J>^s martyrs, malgré leur siiaoce, fout plus e coriver^ions, par l'éclat et la sainteté de Jleur vie » que la plupart des orateurs dont 1 éloqu^uce et les discours ne font aucune impression sur le^ pécheurs. «Vous m'Mes témoins vous-mâmes de cette vérité, dit saini Çbrysostome : car vous ayant souvent me- 9^cés , caressés , iuiimidés» exhortés , vous ne yous étias pas réveillés de voire assoupissem^^at : au lieu qu'étant venus h une éii^iise des martyrs, fa seule vue de leurs toml^»a\i\ vous a fait répandre des torrents de lai mes, et prier avec ferveur. It'est-oe pas la Pi^nsjSe des martyrs et le souvenir de leurs grandes adtions qui a porté ta componction d^ms votre eonsciKnoc, et qui a fait sortir de vQS yeux , comme d'une source, des ruiss^aiix de larmes?» U ajoute « quelesohAs* ses de$ martyrs sont des ports tranquilles, des fontaines d'eau spirituelle et des trésors inépuisables de richesses. Approchons donp avep foi de leurs tombeaux, excitons la ferveur daas notre Ame, poussons des gémissei^enls. Les martyrs ont répandu leur sang, répandons des larmes, qui peuvent éteindre les Aammes de nos péchés: 9 En expliquant ces {»aroles de la premièrafipitre aux Corinthiens : jOelui qut matige 4$ cê pain $i boii iu4ig»ement de a calice e$ra coupable du corps et du eang du Seigneur, a Voici, dit-il, quelle est la pensée de l'Apdtre : ceux qui partiaipent indignement aux saints mystères soutfri^ont |a môme peine que ceux qui ont cruojyyLé Jésus-£hrist. Le corps du Seigneur est semblable à Thabit de i'em()ereur : or, c'est faire une égale injure à la pourpre impériale, et mériter par conséquent une égale punition, de la déchirer ou de la souiller avec des maias sales. Il en est ainsi du corps de Jésus-Uiri&t, les juifs l'ont déi;hipé en rattachant à la croix avec des clous. Et vous qui vivez dans le crime, vous le souillez ctt le recevant sur une langue et dans un oœar im« purs. »
Homélie sur la parabole des dix mille Iqfents. — Daus rexplication de'cette oarabole, saint Ghrysostome dit que Jésus^^nrist se proposait pour but d'apprendre h ses disr^pies k retenir les saiUies de la r^ère eu méprisant les iqures. Il le confirme par la demande ^uq
lOtô
COR
DICTIONNAIRE DE PATROLOGlE.
GHR
fOG4
Pierre, le prince des apôtres, fit au Sauveur en ces termes : Seigneur , combien pardon^ nerai-je à mon frère lorsqu'il aura péché contre moi? eera-ce jusqu'à sept fois? 11 remarque que que)(^es - uns expliquaient mal la réponse que ht le Sauveur et qu*ils se trompaient en disant «qu'il lui répondit qu'il fallait pardonner jusqu'à soiiante-dix-sept fois ; que ce n'est point là le sens des paroles de Jésus-Christ et qu'elles signifient que nous devons pardonner sept fois septante fois, ce qui fait quatre cent quatre-vingtdix fois. » Venant ensuite au compte que le roi exigea de ses serviteurs , il fait voir en détail que ce compte doit s'étendre à tout sexe, à tout ftge, à toute condition, aux hommes et aux femmes ; que r£vangile,ien disant que le serviteur n'eut pas de quoi payer son maître, nous marque qu'il le trouva vide de bonnes œuvres, destitué de toutes sortes de vertus et hors d'état de satisfaire pour ses péchés : c'est pour cela que le maître commanda qu'on le vendît, non c|u'il eût résolu de le traiter à la rigueur, mais de peur qu'en le tenant quitte avant qu'on l'en priât, il n'en devint encore plus méchant, et afiu qu'il fût plus humain envers ceux oui dépendaient de lui. LemaUrCy ditrEvangue , voyant ce serviteur le prier avec instance d'attendre, fut touché de compassion^ et lui remit toute sa dette : la prière seule du serviteur ne fit pas tout, mais la bonté de Dieu la seconda et la rendit efficace. » Saint Chrysostome fait sentir toute l'ingratitude de ce serviteur , qui, oubliant ses péchés et la générosité de son maître, traita inhumainement ceux qui lui étaient redevables. Il ajoute , en expliquant ce qui se passa ensuite, que « le maître ayant appris les mauvais traitements que ce méchant serviteur avait faits à son compagnon, se mit en colère, pour nous faire comprendre que Dieu nous pardonne bien plus aisément les fautes qui le regardent , que celles qui regardent nos frères. » C'est ce que ce Père prouve par plusieurs autres endroits de l'Ecriture, (jui montrent clairement que Dieu ne hait rien tant que ceux qui nourrissent leur colère et qui se ressouviennent des injures.
Dans l'homélie sur ces paroles : Mon Père^ sHl est possible f faites que ce calice passe^ saint Chrysostome combat les anoméens , comme nous l'avons vu faire lorsqu'il n'était encore que simple prêtre à Antioche. Puisque les prophètes n ont ignoré aucune des circonstances de la passion de Jésus-Christ, et qu'ils en ont même parlé comme s'ils en avaient été témoins, il y aurait du blasphème à dire c[ue lui , qui est la sagesse éternelle , ait igqftré s'il était possible ou non au Père d'éloigner ce calice. Il n'est pas permis non plus de dire que Jésus-Christ ait refusé de s'v soumettre , après k réprimande qu'il fit a saint Pierre qui voulait l'en détourner , et après ce qu'il avait dit lui-même : Je suis le bon pasteur ; le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis; et encore : Nul ne me ravit la vie^ mais c'est de moi-méme queiela quitte. Un .Khoment Hvant d'être crucifie ^ il disait à sea
Père : Vheure est venue ^glorifiez votre Fils^ comme si la croix devait wire toute sa gloire. « ISn effet, c'est la croix qui a réconcilié Dieu avec les hommes, qui a uni la terre au ciel, les hommes aux anges, qui a anéanti la puissance de la mort et du démon, qui a détruit le péché, banni l'erreur, ramené la vérité, aboli l'idolâtrie, renversé les temples, fait cesser les sacrifices, fait revivre les vertus et fondé l'Eglise. La croix est l'accomplissement de Ta volonté du Père, la sloire du Fils, le triomphe du Saint-Esprit ; la croix efface la lumière du soleil, elle brille tandis qu'il s'éclipse, elle a acquitté toutes nos dettes, elle a fermé les prisons de la mort ; la croix est le refuge des riches, elle met les pauvres en assurance, elledéfend ceux à qui on dresse des embûches, elle calme les troubles, elle est le fondement de toutes les vertus ; ia croix nous a ouvert le paradis, elle y a fait entrer un voleur, et tous les hommes à cause d*eUe ont droit d'y prétendre. Pourquoi Jésus- Christ aurait^il appelé la croix un calice, s'il n'eût pas voulu le boire? N'est-il pas allé au-ndevant de ceux qui le cherchaient pour le faire 'mourir ? Les demandes qu'il faisait donc à son Père, il les faisait comme homme, et non pas comme Dieu ; car la divinité est exempte de toute sorte de passions, et il était de sa bonté d'en agir ainsi. Le prodigieux abaissement de la majesté de Dieu dans l'incarnation paraissait incroyable, et parce que ce mystère est au-dessus de la portée de l'esprit humain. Dieu, pour le rendre croyable, l'a fait annoncer par ses prophètes ; A a paru lui-même dans le monde, et afin qu'on ne le prit pas pour un fantôme , il a donné tous les signes d'une véritable vie, et prouvé q^u'il était vraiment homme, passant successivement par tous les âges, se nourrissant d'abord de lait comme les enfants ordinaires, souffrant toutes les incommodités attachées à la nature humaine, la faim , la soif, la nécessité de dormir , la lassitude ; enfin il a voulu sentir toutes les douleurs du supplice de la croix, et les gouttes de sueur ayant coulé de son corps, un ange vint le consoler dans la tristesse où il était. Si tous ces signes n'ont pu empêcher Harcion,\alentin, Manès et tant d'autres hérésiarques de révoquer en doute le mystère de l'incarnation, assurant que Jésus-Clhrist n'avait point pris la chair humaine , et qu'il n'en avait que la figure, n'eussent-ils pas poussé leurs blasphèmes plus loin, si Jésus^hrist eût été entièrement affranchi de ces infirmités? »
Dans l'homélie sur ces paroles : La porte est étroite^ saint Chrysostome se plaint que les hommes, négligeant le soin de leur âme, ne s'occupent que de ce qui ^ rejj^rde leur cor os, sans penser que toutes les peines qu'ils se cionnent pour le flatter, ne l'exempteront ni de la mort ni de la corruption. « Je souhaiterais, dit-il, être dans un lieu fort élevé, d'où je pusse contempler les différentes conditions des hommes , et avoir une voix qui - pût se faire entendra aux quatre coins de la terre, et frapper les oreilles de tous ceux qui . vivent : je cnerais de toute ma force, en gé.
14MB
CQR
DICTM»NÀIRE DE PATR0L0G1E.
CHR
missant comme Darld : Ju$au*à qttand , m^
ÎbniB des hommes f aurex^ous te cesur endurci? Pourquoi aimez^vous la vantiez et pourquoi cherckex-vous le mensonge ? Vous abandomiez le ciel pour la terre, les choses ëlemellespotir les passagères, les incorruptibles pour celles qui sont sqjettes à la corruption. » Il ajoute : «Parce que la plupart des hommes , occupés uniquement des plaisirs des sens, ne savent ce qu*iJs doivent demander à Dieu» le Sauveur nous a laissé un modèle de prière où il nous enseijnae ce qu*il laut dire précisément, et le chemin qu'il fiiut tenir pour arriver à la perfection. Dans cette prière, nous disons : ivoire Pire qui ites dans les eieux; quelque misérables que nous soyons , terrestres, mortds; smets à la corruption, il veut que nous rappelions noire Pere^ lui qui est immortel, éternel, incorruptible, avant tous les siècles. Nous ne disons point, mon Père, mais notre Pèrs^ afin qi|e , nous ressouvenant qu'ayant tous un Père commun , nous nous aimions comme frères. En disant , qui êtes dans les cieuXf nous devons nous souvenir de l'obligation où nous sommes de mépriser la terre , et de n'avoir d'ardeur que pour le ciel, en y cherchant notre Père qui y habite.» Homélies sur le livre des Actes. — Ce qui engagea saint Chrysostome à donner l'explication de ce livre, c'est qu'il était presque inconnu de son temps, et au'ii n'avait que très-peu de lecteurs. Dans la troisième de ces homélies, le saint docteur traite de l'utilité gue l'on peut tirer de la lecture de l'Ecriture sainte, lorsqu'on la lit avec appli* cation. < Quelque violentes que soient nos passions, on trouve, en lisant la sainte Ecriture, de quoi en tempérer les ardeurs ; c'est un remède contre le feu de la colère et contre l'embrasement des pensées qui nous importunent ;.avec ce secours nous nous reti* rons du milieu de ces flammes infernales. » iSnsuite il marque les discours qu'il avait faits peu de jours auparavant sur l'inscription des Actes, sur l'auteur de ce livre, sur l'origine de l'Ecriture sainte, sur la différence qui est entre acte et miracle ; et comme il restait encore à expliquer ce que si^iSe le nom d'ap6tre, jl dit qu'il signifie , puissance et autorité purement céleste et spirituelle ; que saint Paul met les apôtres dans le premier rang des ministres de l'Eglise, regardant Papostolat comme la base des autres dignités. Le prophète n'est point apAtre, mais l'apôtre est prophète : il a le pouvoir de faire des miracles, de guérir les malades et de parler diverses langues. L'apostolat est comme le consulat entre les dignités profanes. Gomme il est au pouvoir des magistrats d'emprisonner ou d'élareir les criminels, les apôtres ont le pouvoir dfe lier et de délier les Ames, et la vertu de leur sentence s'étend jusque dans le ciel.
5iir Vavantage dee afflictions, — Dans ce discours, saint Chrysostome se propose de fortitier son peuple contre tout ce qui pourrait lui arriver de plus chagrinant. Pour cela, il entre dans le détail des travaux qu'un laboureur, un marchand, un soldat entrepre-
DlGTIOlf N • Dl PâTEOLOGIB. L
..Kiin i:. j
naient dans Tespérance d'une souvent fort incertaine. < Il n'en est pas de même, «joute-t-il, deceux qui travaillent nour le ciel; leurs espérances sont certaines, immuables, étemelles. La vue de ces récompenses faisait dire à saint Paul : Nous nous alorifions dans nos mauXf c'est-à-dire, dans les travaux et dans les tribulations qu'il avait à essuyer, en qualité d'apôtre, pour
Imblier TEvan^le par toute la terre, dissiper es erreurs qui la désolaient, détruire les lois injustes, bannir l'iniquité, renverser les idoles, les temples et les autels. 11 avait encore recours à un autre motif pour adoucir l'ai-
Eeur des persécutions qu il souffrait ; c'estdire, à la brièveté du temps. Nous ne considérons pas, disait-il, les choses visibles, mais les invisibles, parce que les choses visibles sont temporelles, et les invisibles éternelles. »
Saint Chrysostome fit deux homélies sur cette recommandation de saint Paul aux Romains : Saluez de ma nart Priseille etAquU las. 11 examine d'aboru quels étaient cette Priseille et cet Aquilas qui excitaient tant d'intérêt dans le cœur du grand Apôtre. 9 Etaient-ce, dit-il, des consuls, des magistrats, de grands capitaines ? Possédaient-ils les premières charges ? Avaient-ils d'immenses richesses ? Non, ils étaient pauvres et ne vivaient que du travail de leurs mains. Toutefois, saint Paul , dont le nom effaçait la gloire des rois, et qui avait plus l'air d'un ange descendu du ciel, que d'un homme, n'eut point de honte de les reconnaître pour s^s amis et d'ordonner à une ç*ande ville de les saluer de sa part. Nos sentiments sont bien opposés : nous évitons la familiarité de nos parents, quand ils sont dans un état au-dessous du nôtre ; nous rougissons quand on vient à reconnaître qu'ils sont nos alliés ; ce n'est pas néanmoins l'éclat des richesses
3ui fait la véritable noblesse, elle consiste ans la vertu et dans la probité ; ceux oui n'ont que le mérite de leurs aïeux, et qui s'en glorifient, n'ont que l'apparence et les signes de la noblesse sans en avoir la réalité. Il y en a maintenant dans les plus hautes places, qui sont descendus d'un père ou d'un aïeul illustre ; mais s'ils remontaient plus haut, peut-être trouveraient-ils une origine obscure, de même parmi ceux qui sont à présent dans l'obscurité et dans la poussière, si on examinait leurs ancêtres, on en trouverait oui ont occupé les premières places. Saint Paul, qui connaissait cette bizarrerie de la fortune, n'estimait que la noblesse de l'âme, et il tâchait d'inspirer à tout le monde ses sentiments.
Sur Vaumône. — En traversant les rues et la place pour se rendre à l'église, saint Chrysostome rencontra à chaque pas des pauvres étendus dans les carrefours. Les uns avaient les mains coupées, les autres les yeux arrachés, tous étaient couverts d'ulcères depuis la tête jusqu'aux pieds. C'était en hiver, et il faisait un rroid violent. Toutes ces circonstances engagèrent le saint à prêcher sur l'aumône. Le premier motif qtt*il
fOffi
CBB
ucnoHNimE Bk PàfmauoanL
ùbbl
4Mt
présente k ses auditeurs pour les engager à soulager les pauvres est tiré de la saison.
servent dUiabits ; ils peuvent se coucher sur la terre sans s'incommoder, et passer la nuit à Tair ; ils n'ont pas besoin de souliers ni de vin; un peu de pain suQit pour les nourrir avee de Veau ; la saison leur fournit des légumes; le travail est moins rude, et ils ne manquent pas d'ouvrage. Il n'en est pas de même pour eux dans Fhiver; la faim les désole ; le froid est une peine insupportable ; ils ont besoin d'une plus forte nourriture» et d'un habit plus chaud, de souliers, d'un lieu pour se retirer; ils ne trouvent point à travailler, et par conséquent ne gagnent rien ». — Il tiré son second motif des termes honorables dont les pauvres sont qualifiés. Saint Paul, qui donne souvent le nom de profanes aux rois ennemis de Dieu, appelle saints les pauvres qui sont doux et déboQnaires, saint Luc les qualifie de m6me.<^Cn troisième motif est emprunté à l'exejnple Jes Qdèles de Macédoine, de Rome et de la Galatie. Dans toutes ces contrées, chacun mettait à part chez soi, suivant le conseil de saint Paul ce qu'il avait résolu de donner pour l'entretien des pauvres. Saint Ghr^sostome remarqua que saint Paul exhortait indistinctement tout le monde à donner l'aumône, et qu'il ne erojrait pas que la pauvreté fût un sujet de s'en dispenser, puisqu'on voit par l'Ecriture que la veuve qui n'avait que deux oboles les donna, et que la femme do Sidon, qui n'avait qu'un peu de farine, en ût part au prophète. Gepen«* dant, il laisse aux udèles la liberté de donner ce qu'ils voudront, sans taxer leur aumône en leur imposant une quantité.— 11 tire un quatrième motif de l'intention de Dieu dans 1 obligation de l'aumône. « Dieu, dit-il, en instituant l'aumône, n'a pas eu seulement en vue de remédier à la nécessité des pauvres; il a voulu procurer aux riche^i de grandes occasions de mériter : l'aumône est plus utile à celui (lui la donne qu'à celui qui la reçoit; car, si Dieu ne considérait que l'intérêt de$ pauvres, il se serait contenté d'obliger les riches à leur fournir le néces-^ saire ; il n'eût point lait mention de la promptitude avec laquelle il faut leur donner; mai$ l'ÀpAre commande aux fidèles de faire leurs aumônes avec joie et promptement. Ne soyons donc pas fAcheux, ajoute saint Ghry^ sostome, quand il sera question de faire l'aumône^ et i^e craignons pas de diminuer nos revenus. En donnant l'aumône, nous awns plus de soin de nos intérêts que des intérêts des pauvres, et nous recevons plus que nous ne donnons. Il en est qui examinent trop curieusement le pa^ps, la vie et les mœurs des pauvres, leur métier, leur constitution» et qui leur lont des crimes de leur santé : voilà pourquoi plusieurs sont contraints de contrefaire les estropiés; afin que celte feinte calamité nous touche et fléchisse notre dureté. Mous sommes plus crimineU
de manquer de charité pendant ï^faiver : il ne faut pas leur savoir mauvais ^ré slls ne travaillent point ; c'est qu'ils ne trouvent personne qui les occupe ou qui leur donne de l'ouvrage. Nous reprochons aux pauvres leur oisiveté dans une chose qui est excusable : mais nous nous pardonnons une oisiveté bien plus criminelle, i'ot du bien^, dites-vous, que nuê ancêtres m'ont laieei : (a*oyez-vous donc qu'un pauvre doive mourir de faim, parce que ses ancôtres n'étaient pas riches? C est pour cela qu'il doit exciter votre compassion. Vous reprochez encore aux panvres qu'ils sont des fugitifs, des misérables, des vagabonds, des fripons qui ont abandonné leur pajs pour vemr inonder le nôtre. Est«ce pour cela que vous vous fêehezî Voulez vous priver cette ville de son plus grand avantage, puisqu'on la regarde comme rasile de tout le monde? Ne flétrissez pas un si bel éloge. De quelle excuse pouvons nous couvrir notre inhumanité, si nous ne voulons pas nourrir ceux qui viennent nous chercher, et se jeter entre nos bras? Nous chassons les pauvres, nous voulons qu'on les punisse, nous à qui notre conscience reproche de si grands crimes; vous serez jugés comme vous aurez jugé les autres. Soyez charitables envers vos frères, et on vous pardonnera vos péchés, quelque griefs qa*ils {>uissent être. Imitez votre Père céleste, oui ait luire son soleil sur les bons et sur tes médiants : assistez les pauvres, donnez à manger à ceux qui ont fiiim, consolez les aiBigés, et ne vous mettez point en peine du reste; car si vous vous amusez à examiner les mœurs de ceux qui demandent Feumône, cette curiosité à contre temps refroidira .votre charité. »
Sur ces paroles de sami Paut : Jn iAn ii6- 6ISTA1 BR PAGE. —Saint Chrysostome indique bien clairement que ce fut à Antioche ou*il prêcha l'homélie dont nous venons de donner le texte et le sujet. Ce jour-là on avait lu dans l'Eglise le passage de r£i>ltre aux Galates où n est parlé de la difficulté qu'eurent ensemble les deux apôtres. Le saint docteur remarque que les sentiments étaient partagés. Les uns soutenaient que le Pierre dont il est parlé n'était pas le prince des. apôtres, mais un disciple du même nom»
tandis que les autres étaient persuadés que saint Pierre avait été véritablement repris par saint Paul. H s'efforce de réfuter ces deux sentiments, et en épouse un troisième, que quelques-uns attribuent à Origène, savoir, que ce qui se passa entre ces deux apô< très était une chose concertée d'avance, pour désabuser plus facilement les juifs convertis de la fausse obligation où ils se croyaient d'observer les cérémonies légales. Il appuie cette opinion sur la constance inébranlable que saint Pierre fit paraître en tout temps pour la défense de la foi de lésus-ChrisI, sur les marques d'honneur que saint Paul lui a données en toute occasion, et sur l'union parfaite qui régnait entre les deux apôtros; considérations qui doivent éloi^er d'eu^ tout .soui>çoii (}<î disputèet de contrariété
laM
cim
DICTIONNAIRE DE PATROLOGIB.
cesL
de sentiment. Il dit, « que la raison pour laquelle saint Paul fut envoyé Vers fos gentils, et saint Pierre vers les juift, e'est que Dieu Tavait ordonné ainsi, et que d'ailleurs saint Paul était odieux aux iuils; d'où vient encore qu'en leur écrivant il h'a pas mis son nom à la tète de son Epttre, comme il a fait dans celles qu'il écrivit aux Romains, aux Corinthiens, et à divers autres peuples. » L'opinion que soutient saint Chrysoslome fut adoptée depuis par saint Jérôme : mais saint Augustin la réfuta, en sorte que saint Jérôme fut obligé de changer de sentiment.
Contre ceux qui sont scandalisés, — Dans ce traité, saint Chrysostome pose en prlneipe» dès le début, que le remède le plus excellent pour se prémunir contre les scandales que nous causent souvent les adversités, c'est de recourir à la prière. La cause dos scandales que certaines personnes Souffrent à l'occasion des malheurs qui arrivent aux gens de bien vient d'une curiosité indiscrète de connailre tous les ressorts de la Providence. « Saint Paul, dit-il, cet homme si habile et si éclairé, n'avait garde de vouloir pénétrer dans des secrets si fort au-dessus de la capacité de l'esprit humain. Il avoue de bonne foi que ces mystères le passent; qu'il ne peut comprendre pourquoi Dieu a réprouvé les juifs pour choisir les gentils; que les jugements de DieU sont Uicomprénensibles et impénétrables; que l'homme est entre les mains de Dieu comme une masse d'argile entre les mains de l'ouvrier : que ce que i^ous savons 4ûit être compté pour rien; que la plénitude de notre science est réservée pour l'autre vie. U nous suffit de savoir que Dieu ne fait rien sans dessein, et que, prévoyant aue plusieurs trouveraient à redire^ dans la suite des temps, aux ouvrages de sa création» U donna son approbation à tout ce qu'il venait de mettre au jour, afui qu'après ce jugement solennel personne ne fût assez hardi pour improuver ce qu'il venait de faire. Une preuve de la faiblesse de la raison humaine, quand elle veut juger des œuvres de Dieu, se remarque sensiblement dans les jugements oiUérents que la plupart des hommes ont portés de chaque objet. Les gentils ont adoré les créatures ; les Manichéens au contraire» et d'autres hérétiques, les ont regardées la plupart comme l'ouvrage d'un mauvais principe ou d'une matière qui se meu( au hasard. » — Pour faire ressortir d*une façon plus évidente Taction de la Providence envers les hommes, et l'amour
S[ue Dieu leur porte, saint Chrysostome cite es endroits de l'Ecriture oCi il dit que Dieu ne peut pas plus oublier le genre humain^ quune mère raisonnable son propre enfant. 11 montre en détail le bien et les avantages que (es. hommes tirent de ce qui est créé dans le le ciel et sur la terre. U «doute « qu'outre ces
EAces, Dieu a donné à 1 homme une loi nareUe, dont les lumières ne s'éteignent jamais entièrement; qu'il leur a môme donné une loi écrite, envoyé des prophètes, «t enfin son Fils unique pour leur éclairer
Tesprit et les convaincre de la vérité par une inflnité de miracles. Comme un homme neu entendu qui voit un orfèvre dissoudre de Vor pèle-mèle avec des pailles et de la cendfe, ct*oitque tout est perdu» s'il n'attend pas lusqu'au bout, nous nous trompons de mdme si nous jugeons la conduite de Dieu avant le t emps,et saris attendre le succès des choses que nous ne comprenons pas encore. Lors donc, dit saint Chrysostome, que vous verrez l'Eglise prête à succotnher sous les maux qui raccanlent, les fîdëtes tourmentés, les pré* très bannis, ne vous arrêtez point k ces tristes objets, songez aux récompenses que Ton mérite par ces persécutions. » Pour les encourager par des exemples, il leur rappelle lès beaux traits de soumission calme et rési- {(née que les patriarches Abrabami Joseph et le roi David témoignèrent aux ordres de la Providence. « Ils ont, dit-il, souffert avec courage et docilité les adversités qui leur sont survenues ; ils ne se sont point scandalisés, ils se sont fiés à la parole de Dieu, leur f patience a été récompensée. Si l'espérance de 'avenir ne nous contentepas et si nous vouliotis voir dès cette viel'eDet des promesses de Dieu, Songeons que les biens solides, con« stant^, éternels, sont réservés pour l'autre iponde, et que ceux dont on jouit ici ne sont que comme des fleurs qui se flétrissent dans un jour.
Lettrée à sainte Olpnpiaâe* -^ Nous avons dix-sept lettres à sainte Olympiade écrites par saint Chrysostome dans son exil. Pho^* tius, qui les avait lues, dit qu'elles sont les plus utiles, mais les moins simples qui soieni sorties de la plume du saint docteur. L'élé«vation des matières qu'il avait i traiter la mit pour ainsi dire dans la nécessité de&irs violence aux lois de l'art d'écrire en sortani des limites du style épistolaire. Sainte Olyn^ piade était de très-grande nrtissance« et possédait de grands biens : laissée orpheline^ elle fut mariée jeune avec Nébridius» qui avait été préfet de Constantinople, et de* meura veuve au bout de vingt mois : ella avait cultivé son esprit par les sciences, et était d'une rare beauté. L'empereur Tbéo« dose voulut la remarier à un nommé Elpide; mais elle le refusa, disant : « Si Dieu avait voulu çiue je vécusse avec un hommei il ne m'aurait pas été le premier. » Ce prince, ir* rite de son refus, ordonna au |9éfet de Constantinople de garder ses biens jusqu'à oe qu elle eût trente ans : elle n'en Ait point affligée, et remercia Théodose de l'avoir déchargée d'un pesant fardeau. « Vous ferez encore mieux, Seigneur, aiouta4-elle, si vous ordonnez qu'on les dtstrioue aux pauvres et aux églises ; car il y a longtemps que je crains de tirer vanitédecettedistribution, et de m'at« tacher auxbiens de la terre au préjudice des vé" ritables richesses. vCette réponse toucha rem**
Sereur, qui, informé de sa manière de vivre,ltti t rendre la libre disposition de ses biens. Elle fut liée d'amitié avec fdusieurs saints évèques, mais particulièremeot avec saint Chrysostome, qui, ne voulant pas toucher aux revenus de son église, recevait d'elle s%
if^U
CHA
mCTIONNAlRË DE PAÎROLOtilE.
caa
subsistance» pour ne s'occuper que des soins de son ministère. Ce fut assez pour la rendre odieuse aux schismatiques, et pour la faire accuser, comme les autres amis du saint, d'avoir mis le feu à Téglise. Le préfet la condamna même à payer une grande quantité d*or. Elle quitta Constantinople pour aller demeurer à Cyzique. Saint Chrysostome, informé dans son exil des persécutions que cette sainte veuve avait endurées, de l'affliction que lui causait son absence, et de la maladie dans laquelle elle était tombée, lui écrivit pour la consoler. Il lui re- Ï présente, « que, quelque grandes que soient es calamités temporelles, elles ne doivent f)as nous faire perdre l'espérance d'un meileur sort, et que la coutume de Dieu est d'attendre que nos maux soient comme dé-
inimitiés, soit les calomnies, soit la proscription des biens, soit l'exil, soit le tranchant de répée, ne sont qu'une fable et une comédie, et ne peuvent faire aucun tort à une Ame qui veille sur elle-même. » C'est ce qu'il prouve par un endroit de TEpître de saint Paul aux Corinthiens, où cet apôtre dit que nous ne devons point considérer les choses visibles^ parce quelles ne sont que temporelles. Il fait voir la même chose par un passage d'Isaïe, où ce prophète nous •xhorte à ne point appréhender les opprobres qui nous viennent delà part des hommes, et comme elle pouvait se plaindre en quel-
3ue manière de ce qu'ayant demandé à Dieu 'être délivrée des persécutions, elle ne rayait point obtenu.il raconte comment Dieu,qui pouvait empêcher que les trois jeunes hommes de Babylone ne fussent exposés à une longue tentation, permit le contraire, pour rendre leur vertu plus illustre.' II raconte aussi toutes les persécutions que Jésus- Christ eut à souffrir depuis sa naissance jusqu'à sa mort, et celles que subit l'Eglise après lé martyre de saint Etienne.
Homélies sur les Psaumes. — Les Commentaires de saint Chrysostome sur les Psaumes ne sont pas tous venus jusqu'à nous. Ceux qui nous restent, quoiqu'eu petit nom* bre, font conjecturer par l'élévation des pensées, et les autres beautés qu'on y admire, Sue le saint docteur les a plutôt composés ans le loisir dont il jouissait à Antioche, que dans le tumulte des affaires qui, à Constantinople, absorbèrent tous ses instants.
Voici les remèdes qu'il prescrit contre la eoncupiscence dans l'homélie sur le psaume Ti ; « Les feux de la convoitise, dit-il , ne seraient pas si ardents, si vous ne les attisiez et ne les irritiez vous-mêmes; si vous n'aviez la dangereuse curiosité de regarder toutes les beautés étrangères; si vous ne les alliez chercher vous-mêmes dans les assemblées d'iniquités et jusque sur le théâtre, et si TOUS ne nourrissiez votre chair avec toute sorte de délicatesse et de délices. Cependant le seul retranchement de ces occasions dangereuses ne suffit pas pour éteindre l'ardeur
de ces flammes; il faut y joindre Tassiduité de la prière, la fréquentation des gens de bien, les jeûnes modérés, la frugalité de la table, l'exercice des bonnes œuvres, et surtout la crainte de Dieu, la uensée de ses jugements, des supplices intolérables au'il oiestine aux pécheurs, et les promesses aes biens
Îu'il prépare aux justes. » Sur ces paroles : e laverai toutes les nuits mon lit de mes pleurs : « Que ceux-là écoutent, s'écrie saint Chrysostome, qui ont des lits magnifiques , et qu'ils considèrent que le lit de ce saint roi n'était orné, ni d or, ni de pierreries, mais un lit lavé dans les larmes, et où il passait toutes les nuits, non pas à se reposer, mais à pleurer ses péchés; donnant le jour aux affaires de l'Etat, il employait le repos de la nuit à confesser et k pleurer ses péchés. X» On apprend dans rhomélie sur le psaume vu, « qu'il v a des prières que Dieu n'exauce pas, guand même elles viendraient de la part des justes, parce que ce qu'ils demandent ne leur est pas utile. C'est pour cela Que Dieu n'exauça pas saint Paul, et
Ju'il lui dit : Ma grâce vous suffit. Il réponit de même à la prière que Moïse loi faisait d'entrer dans la terre promise : Que cela vous suffise. La persévérance dans le péché empêche encore l'effet de nos prières. C'est pourquoi Dieu disait à Jérémia : Ne voyez-vous pas ce que fait ce peuple? Il n'a point quitté son impiété ^ et vous ne laissez pas de me prier toujours pour lui; mais je ne voum exaucerai point. »
Saint Cnrysbstome attaque les anoméens dans l'homélie sur le Psaume yin. Il montre que c'est de Jésus-Christ qu'il est écrit que son nom est devenuadmirablepar toute la terre^ après qu'il a vaincu la mort, enchaîné les démons, ouvert le ciel, envoyé le Saint-Esprit, rendu libre ceux qui étaient esclaves, et tait participant de l'héritage céleste ceux qui y étaient étrangers. Il y combat aussi les juifs, en leur prouvant que ce psaume ne se peut entendre que de Jésus-Christ, puisque Dieu se plaint qu'ils faisaient blas-
Shémer son nom parmi les Gentils, li tire e récat où ils se trouvaient alors, et où ils sont encore aujourd'hui, une preuve de la divinité de celui qu'ils ont misàmort. « Vous êtes dispersés par touleja terre, dit-ii aux juifs, afin crue vous sachiez quelle est la puissance de Jésus-Christ; que vous appreniez de vos propres malheurs ce que vous n'avez pas voulu apprendre de la bouche des pro-
})hètes, et que vous serviez de téoioins de 'accomplissement des prédictions qrue Jésus- Christ a faites touchant la ruine du temple de Jérusalem et de votre nation. »
Dans le psaume ix, le prophète prête ces paroles k l'impie : // a dit en son coeur : Je ne serai point ébranlé^ et de race en race je vivrai toujours sans aucun mal. Sur quoi saint Chry>ostome fait cette réflexion : « Y a-t-il une plus grande folie que celle d'un homme qui, étant né pour mourir, exposé par sa nature mortelle à tant de misères et de changements, s'imagine, à cause de cette prospérité passagère dont le fait jouir son impietéi
CHR
qu'il sera toujours dans le même état? N'estimez point, et ne dites pas heureux les riches, mceuxquisevengeitde leurs ennemis.
Les richesses sont des abîmes qui précipitent dans le fond de Timpiété ceux qui ne sont point sur leurs gardes; craignez au contraire pour vous-mêmes, si, vivant dans la prospérité, vous viviez aussi dans levice. Les richesses sont la source de beaucoup de maux si l'on n'y prend garde, de l'orgueil, de la paresse, de l'envie, delà vaine gloire, etdebeaucoup d'autres défauts. »
Le psaume xlvii traite de la dt^livrance des juifs et. du rétablissement de la ville de Jérusalemi après le retour de la captivité de Babylone. Saint Chrysostome appelle cette cité sainte la maison de tout le monde^ et d t que c'était là où l'on apprenait tout ce qu'il y avait de bon et d'honnête. Quel sujet aurai--
e de craindre au jour mauvais ? Ce sera^ dit 6 prophète au psaume xlvui, si je me trouve enveloppé dans Viniquité de ma voie. Ce n'est donc m la pauvreté, ni la honte, ni les maladies, ni tous les autres maux temporels que nous devons appréhender, mais le péché seul. Lorsqu'il ajoute : Que ceux qui se glorifient dans labomance de leurs richesses^ entendent ceci, il ne parle pas de ceux qui sont riches ou puissants, mais de ceux qui se confient en leurs richesses et en leur puissance. C'est d'eux encore qu'il a dit aue rhomme ne donnera point le prix de la dili'vrance de son âme. En effet. Te monde entier n'est pas le prix de notre àme, et le Fils unique de Dieu, voulant la racheter, n'a donné ni le monde, ni un homme, ni la terre, ni la mer, mais le prix inestimable de son sang. » Saint Chrj^sostome remarque en cet endroit que les prières des saints sont très-puissantes pour nous procurer des grâces, mais que nous d<^vons les aider de notre concours.
Commentaire sur Isaie. — Nous n'avons que le commencement de cet ouvrage, qui n'est pas achevé. On y trouve seulement les sept premiers chapitres et quelques mots sur le huitième. Il paraît que le saint docteur avait l'intention de Texpliquer en entier, mais plutôt en interprète qu'en orateur, car il ne fait jamais ni exorde ni péroraison. On Cl oit avec beaucoup de vraisemblance qu'il le composa è Anlioche, parce qull y combat très-souvent les juifs qui s'y trouvaient alors en grand nombre. Dans sa troisième homélie, il fait tomber son discours sur Ozias, dont il raconte Thistoire. Prince pieux dans le commencement do son règne, il mérita ensuite d'être puni de Dieu pour avoir usurpé les fonctions sacerdotales, et offert de l'encens dans le temple; mais comment une si longue vie a-t-elle eu une fin si malheureuse? Cl Rien ne doit surprendre dans un homme, dit ^saint Chrysostome ; toujours faible et prêt à tomber ; il est d'autant plus près de se perdre, qu*il est plus près de la couronne. Les autres vices attaquent les lâches, mais l'orgjueil en veut k ceux qui oni le plus de mérite. Ce péché fut celui d'Ozias, lui qui, selon l'Ecriture s'était élevé à cause de* sa force» c'est-à-dire à cause de sa prospérité
et de sa grandeur. » Le saint fait voir que l'orgueil est la source de tous les maux, et
?ue tout ce qui fiatte l'orgueil des hommes tant un véritable précipice, Tétat le plus bas est le plus sûr, et conséquemment le plus heureux.
Dans la sixième homélie saint Chrysostome enseigne que l'autel d*où un séraphin f)rit un charbon ardent pour en purifier les èvres du prophète n'était que la figure de l'autel ^sur lequel nous offions les sacrés mystères, et que le charbon n*était que Vi^ mage de ce feu spirituel que nous recevons dans nos mains pcmr nous communier. 11 marque qu'il prêchait quelques jours avant le carême et dit : « Comme dans les jeux olympiques on distribue le prix à la fin du combat, ainsi on donne la communion à la fin du jeûne. Si donc nous en étions privés en ces saints jours, ce serait bien en vain que nous nous serions mortifiés par le jeûne, sortant de cette carrière sans recevoir de couronne et de récompense de tous nos maux. C'est principalement dans cette vue
Sue les anciens Pères, qui nous ont précéés,ont étendu cette carrière du jeûne, et ont réglé le temps do la pénitence, afin qu'après que nous serions purifiés de toutes nos tacues, nous puissions approcher avec pureté dés saints mystères. Croyez, ajoute-t-il, quand vous approchez de la table sacrée, que le Seigneur de toute chose y est présent : car il y est en effet, et il connaît ceux qui s'en approchent avec la sainteté convenable, et ceux qui le font avec une conscience chargée de péchés. » Ce Père n'exclut pas néanmoins les pécheurs de la sainte communion : « autrement, dit-il, je m'exclurais moi-même; mais ceux qui persévèrent dans le péché. )»
Sur VEvangile de saint Matthieu. — Les homélies de saint Chrysostome sur l'Evangile de saint Matthieu ont toujours tenu le premier rang parmi ses écrits. On les a re-
i gardées avec justice comme un trésor de a morale chrétienne, et comme un répertoire où toutes sortes de personnes peuvent I)uiser des leçons qui leur fassent connaître es dogmes ae la religion, et qui leur ap- [prennent à régler leur conduite. Ces homéies sont au nombre de quatre-vingt-dix, et ont toutes été prêchées à Antioche.
Dans la première de ces homélies, saint Chrysostome traite de l'excellence et de l'utilité de la doctrine de l'Evangile. Notre vie devrait être si pure que nous n'eussions pas besoin du secours de l'Ecriture sainte, et que, la grâce seule nous tenant lieu de tous les livres, la loi de Dieu fût écrite dans le fond de notre cœur par l'impression du Saint-Esprit. C'est ainsi que Dieu parlait à Noé, h Anrabam et aux anciens patriarches, à cause de la pureté de leur cœur; mais les crimes des juifs Tout obligé à se servir de lettres et de table, et de traiter avec eux par écrit. Dans le Nouveau Testament Diett a traité les apôtres comme il avait traité les patriarches; car Jésus-Christ ne leur a rien laissé par écrit, mais au lieu do livres il
CHR
CHR
leur a donné la grâce de son Esprit-Saint. Le dérèglement seul des hommes nous a rendu l'Ecriture nécessaire, les uns par la dépratation de leur doctrine, les autres par la corruption de leur rie et de leurs mœurs. On a donné à cette Ecriture le titre d*E- Tangile, c'est-M^re de bonne nouvelle,
Sarce qu'elle annonce à tous, aux méchants, ax impies, aux ennemis de Dieu, et à des aveugles assis dans les ténèbres et dans Tombrede la ùiort, la délivrance des peines, le pardon des [léchés, la justice, la sanctifi* cation, la rédemption, l'adoption des enfants de Dieu, Théritaçe de son royaume et la gloire de devenir les frères de son Fils unique. Si Ton demande pourquoi Jésus- Chnst ayant eu tant d'apôtres, il n'y en a
Îue deux qui aient écrit l'Evangile, et deux e leurs disciples, on peut répondre que c'est parce que ces hommes si saints ne faisaient rien par un désir de gloire, et qu'ils réglaient tout par l'utilité et par le besoin. Un seul évangeliste, dira-t-on, ne pouvait-il pas Suffire? Sans doute, mais lorsque Ton voit quatre auteurs écrire chacun son Evan-^ gile en divers temps, en divers lieux, sans s'assembler ou coniérer ensemble, et parler tous néanmoins comme s'ils n'avaient qu'une lûéme bouche, cette union de sentiments et de paroles est une puissante preuve de la vérité. Et il ne faut pas s'étonner de ce qii'ils se trouvent différents en plusieurs choses : car cela même prouve qu ils n'ont rien dit que de vrai. S'ils s'accordaient jus*-
au'aux moindres circonstances des lieux et es temps, les ennemis de l'Eglise n*auraient pas manqué de les accuser d'avoir écrit de concert. Il n'y a même entre eux aucune contrariété en ce qui regarde les vérités capitales de la religion. Ils disent tous qu'un Dieu s'est fait homme, qu'il a fait de grands miracles, qu'il a été crucifié et ensev(>li« qu'il est ressuscité et monté au ciel , qu'il viendra un jour pour juger le monde, qu'il a établi une loi très-sainte et nullement contraire à la première; qu'il est Fils unique de Dieu, et consubstantie) h son Père. Que si, en parlant de quelques miracles, les uns rapportent des êirconstances omises par les autres, il ne faut pas s'ea étonner : si un seul évangeliste avait tout, dit, en vain il y en aurait eu plusieurs, et s'ils eussent tous dit des choses nouvelles et différentes, on n'aurait pu ftiire voir comment ils s'accordent entre eux. C'est pourquoi ils disent tous des choses communes à tous, et chacun d'eux en dit aussi 2ui lui sont propres, afin qu'il parût qu'il tait nécessaire qu'il y en eût plusieurs, et afin que chacun d'eux, dans ce qu'il rapporte, rendit témoignage à la vérité. C'est la raison que saint Luc témoigne avoir eue d'écrire son Evangile, et nous apprenons de la tradition de nos pères que ce qui porta Jean ft écrire le sien fut que les trois autres AvangéUstes ayant eu principalement pour but (féerire de Jésus-Christ comme homme, il était important de laisser par écrit ce qui regardait sa diviailé et aa génération éter^
nelle. Saint Matthieu écrivit son Evangile à la prière des Juifs convertis à la foi ; c'est pourquoi il l'écrivit en hébreu, et ne se mit en peine que d'y faire voir que Jésus-Christ descendait de la race d'Abraham et de David, au lieu que Luc, écrivant généralement pour tout le monde, fait remonter la génération de Jésus-Christ jusqu'à Adam. — Saint Chrjsostome démontre l'union et la conformité que les Evangiles ont entre eux,
Sar l'acceptation générale qui en a été faite ans toutes les parties du monde, et il proqve en môme temps et avec une grande solidité de logique, que la doctrine qui y est enseignée, surpasse infiniment toutes les maximes que les faux sages du paganisme ont établies dans leurs écrits.
Dans la quatrième homélie, le saint docteur fiiit diverses réflexions sur les grands avantages que la naissance du Messie devait causer aux hommes, et en prend occasion d'exhorter ses auditeurs k faire éclater dans leur conduite les vertus qu'ils doivent pratiquer en qualité de chrétiens. « Je vous dis ceci, leur dit-il, afin que vous soyez réglés en toutes choses, non pour plaire aux hommes, mais pour les édifier. Néanmoins, lorsque je cherche en vous des marques de ce que vous êtes, j'en trouve de toutes contraires. Si j'en juge par le lieu, je vous vois passer tous les jours dans les spectacles, dans le cirque, dans le théâtre, dans les assemblées publiques, et dans la compagnie de personnes toutes corrompues. Si je considère votre extérieur, je vois des ris immodérés, et des effusions de joie semblables à celles des femmes perdues. SI je m'arrête k vos habits, je ne nuis les distinguer d'avec les habits des comédiens. Si je juge de vous par ceux qui vous suivent, je ne vois que des flatteurs et des gens de bonne chère. Si j'examine vos paroles, je n'y vois rien d'utile, rien de sérieux, rien qui ressente ce que nous sommes. Enfln, si j'en juge par votre table, c'est encore oîk je trouve plus de suiet de vous accuser. » Il les exhorte k mépriser, k l'exemple des trois jeunes hommes de Babylone, la statue d'or que le démon veut nous faire adorer, c'est-à-dire l'amour de l'argent, et k descendre dans la fournaise où les pauvres sont brûlés, pour les y rafraîchir par leurs aumônes , comme l'ange y descenait pour soulager ces trois jeunes hommes.
Les trois tentations auxquelles Jésus- Christ fut exposé après son baptême fhnt le sujet de la treizième homélie. Saint Chrysostome dît que « le Sauveur, qui était vpnu au mondé pour nous servir de modèle, voulut bien se laisser conduire dans le désert, et lutter contre le démon, afin que les baptisés se vovant pressés de quch^ue grande tentation après le baptême, n^entrent point dans le trouble et le découragement , mais qu'ils souffrent cette preuve avec constance, comme une suite nécessaire de la profession qu'ils ont embrassée. Si Dieu, igoute-t-il, n'arrête point les tentations dont nous sommes attaqués, il le ftit pour plusieurs '
Chr
cim
soDs qui nous sont avantageuses. Premiêremenl il veut que nous reconnaissions nar expérience que uous sommes dcvetius pmi forts et plus puissants que notre ennemi. Il veut en second lieu que les maut qui no«s menacent nous empêchent de nous éJever de la grandeur des grâces que nous 4VQOS reçues. Une troisième raison pour latquelle Dieu permet que nous soyons tentée, •est afin que notre âme se fortifie par la tentation, et que nous concevions, par les attaques de notre eoneml, combien est grand et précieux le trésor que Dieu nous a confié : car le démon ne nous attaquerait point avec tant de violence, s*il ne nous voyait élevés en un état plus glorieux que nous n'étions auparavant. D*ot!i vient oonc, me direz-vous, que Jésus-Christ nous a dit : PrieZf afin que vous n'entriez point dans la ientation? c*est que nous ne devons pas nous jeter de nous-mêmes dans les tentations, mais les souffrir avec courage. Aussi Jésus-Christ n*alla pas de lui-même dans le désert; mais il y alla conduit par Tesprit. » Saint Chrysostome s*étend sur chacune des trois tentations, et en tire des moralités convenables, précautionnant partout ses auditeurs contre les art fices du démon- Il combat fortement ceux qui formaient des doutes sur ce qui se passe dans Tautre vie» et qui, pour les justifier, demandaient im* prudemment : Qui est revenu de Tenfer, qui est revenu de l'autre vie pour nous ap-
{>rendre ce qui s'y passe? « Ce n'est pas, eur répond-il, un nomme qui est venu nous en instruire ; on n'aurait pas voulu le croire; on aurait considéré comme des exagérations et des hyperboles tout ce qu'il nous aurait dit de cette vie. Mais c'est le Seigneur même des auges qui est venu nous donner une connaissance si particulière du véritable état de l'âme après notre mort. II dit que la raison pour laquelle il ne punit pas tous les méchants dès ce monde, et qu'il laisse quelques crimes impunis, c'est de peur que nous ne cessions ou d'attendre la résurrection, ou de craindre le jugement, comme si tous avaient été jugés dès cette vie. Il en est de même des bons, qui ne reçoivent point en ce monde la récompense due à leur vertu : Dieu, qui les a prévenus de tant de grâces qui les ont égalés aux anges, ne pourra les oublier, ni mépriser ce qu'ils auront souffert pour lui.
Saint Chrysostome consacre dix homélies, depuis la quinzième jusqu'à la vingt-cin-
2 même , à expliquer le sermon de Jésushrist sur la montagne. Il remarque que le Sauveur fait comme une chaîne des huit béatitudes, dont la première sert, pour ainsi dire, d'anneau à la seconde , de manière à ce que toutes se tiennent et ressortent les unes des autres.
L'homélie dix-septième est sur ces paroles : Vous savez quil a été dit aux anciens : Vous ne commettrez point d'adultère; mais moi je vous dis que quiconque regardera une femme avec un mauvais désir pour e/fe, a déjà commis l*adultire dans son cœur. « Il est cer-
tain, dit saint Chrysostome, qu*on peut re«
f garder une femme innocemment, et cofUme f^s personnes chastes la regardent) c'est pourqnoi Jt^sUs-Cbrist ne condamne pas en général toute sorte de regards, mais seules nient ceux qui sont accompagnés d'un tnavK- Vais désir. S'il n'eât voulu faire ce discerne* ment , il eût dit simplement : C^lui qui r^ garde une femme: mais il ne parie pas ainsi, et dit ! Celui qui regarde une femme avec un
mauvais désir, c'est-è-dirp> celui qui la garde pour contenter ses yeux. Dieu ne noua a jpas donné des yeux pour donner un passage à l'adultère dans notre flme , mais afin que* contemplant ses créatures, nous en admirions le Créateur, »
Le verset W du v* chapitre de saint Matthieu : Si vous ne saluez et n'embrassez que vos frères, que ferez-vous en cela de parttculier? forme le fond de la morale de la dixhuitième homéKe. « Quittons, dit saint Chrysostome, celte coutume ridicule de quelques personnes déraisonnables, qui attendent que ceux qui se présentent à vnx dans les rues les saluent les premiers, négligeant ainsi ce
Îui les rendrait heureux, selon le précepte e Jésus-Christ, et aSV^ctant ce qui les rend ridicules. Car pourquoi ne saluez-vous pas le premier celui que vous rencontrez? C'est, dites-vous , parce qu'il B*y attend. N'est-ce
Eas pour cf^la même gue vous devez vous âter, afin qu'en le prévenant, vous receviez la récompense que Jésus^hrist a promise? Je ne le ferai pas, dites-vous, parce qu'il veut exiger cela de moi. Qu'y a-l-il déplus extravagant que cette pensée? Parce qu'il m'offre une occasion d être récompense de Dieu, je ne veux pas ni'en servir. S'il vous salue le nrenûier, vous ne gaçneroz plus rien en le saluant; mais si vous le prévenez sa vanité est votre mérite, et son orgueil sera voire couronne. Vous me direz peut-être : Si ie lui r«nds cette déférence, les autres me mépriseront et me rallieront. Quoi donc! de peur d'être méprisé [lar un extravagant, vous ne craindrez pas d'offenser INeu j »
Dans Thomélie suivante , saint Chrysostome donne en peu de paroles l'eiplication de l'Oraison dominicale , qu'il termine en y ajoutant ces mots , ainsi que le faisaient plusieurs anciens : Parce qu*à vous appartient le règne^ ta puissance et lu gloire dans tous les siècles. II dit , en parlant des fautes journalières, dont le nombie est si grand qu'à peine on peut les comprendre , « qu'on peut compter celles-ci :<3uin'â point eu de vanité, qui ne s'est point élevé , qui n'a point médit de son frère, qui n'a point eu de mauvais désirs, qui n'a point jeté un roeard trop libre, qui n'a point senti quelque émotion et qtfclque trouble en se souvenant de son ennemi ? Dieu nous a donné un moyen bien court et bien facile pour nous délivrer de tant de péchés; car quelle peine y a-t-ii de pardonner h celui qui nous a offensé ? Il y a de la peine à nourrir de l'aversion dans son cœur, mais il n'y en a point à pardonner. Mais si, au lieu de pardonner à votre ennemi, vous vous adressez à Diea, afin qu'il
iOTt
CHR
DICTIONNAIRE INB PATHOLOGIE.
GHR
iO80
▼DUS vençe de lui « que Je espérance tous restera-t-il de voire salut, puisauey lors infinie que vous devriez fléchir la colère de Dieu, vous Tirritez davantage ? Vous êtes plus horribles à ses yeux par ces prières détestables , que vous ne le seriez aux veux des hommes, si vous aviez la bouche pleine du sang et de la chair de vos ennemis. Comment donnerez-vous en cet état le baiser de Eaix à vos frères ? comment pourrez-vous oire le sang de Jésus-Christ ayant le cœur si plein de poison ? »
Dans la trente-unième homélie, h Foccasion de la mort de la fille du chef de la Svnasogue, il fait voir que c*est blesser la foi et'ia raison de pleurer avec excès la mort ies personnes qui nous sont chères. « Comment, dit-il, pardonner cette faiblesse à des chrétiens, après que la résurrection a été établie par tant de preuves si constantes, et par le consentement de tant de siècles? Pourquoi , après la mort de vos proches, assemblez*vous les pauvres ? pourquoi appelez-vous les prêtres , afin qu'ils offrent , pour ceux que vous pleurez , leurs prières et leurs sacrifices t Vous me répondrez que c*est afin que celui qui est mort entre dans le repos étemel, et que son juge lui soit favorable. Cependant, vous ne cessez point de répandre ides larmes. Ne vous combattezvous pas vous-même? Vous croyez que votre ami est dans le port, et vous vous jetez vous-même dans le trouble et dans la tempête ? Mais je perds mon héritier , me direz-vous. Donnez son héritage aux pauvres ; s'il avait des péchés en mourant, ces biens que vous donnez pour lui en effaceront les taches; s'il était juste et innocent , ils augmenteront sa récompense. Ne considérez pas que vous ne reverrez plus votre fils qui est mort, mais pensez que vous irez bientôt le retrouver. S'il est mort dans le péché, la mort en arrête le cours ; et si Dieu eût
{»révu qu'il eût dû en faire pénitence, il ne 'eût pas sitôt retiré du monde. Si, au contraire , il est mort dans la grâce et dans l'innocence, son innocence n'est plus en danger , et il en possède une récompense qui ne finira jamais. Vos larmes sont donc plutôt l'effet d'un trouble d'esprit et d'une passion peu raisonnable, que d'un amour sage et bien réglé. Si Ton voulait tirer votre fils d'auprès de vous pour le faire roi d'un çrand royaume, refuseriez-vous de le laisser aller pour ne pas perdre le vain plaisir de le voir? et maintenant qu'il est passé en un royaume infiniment plus graoa que tous ceux de la terre ensemble, vous ne
Souvez souffrir d'être un moment séparé e lui?»
Après aToir rapporté , dans sa soixantecinquième homélie, la leçon d'humilité que Jésus-Christ nous a faite dans la personne de ses apôtres , saint Cbrysostome sgoute : « Ne craignez point que votre humilité vous déshonore ; quoi que vous fassiez, vous ne sauriez jamais vous humilier autant que Jésus-Christ votre mattre ; et néanmoins son humiliation est devenue son plus grand hon-
neur et le combje de sa ^oire. Avant miMl se fût fait homme, il n'était connu que des anges ; mais depuis qu'il s*est revêtu de notre coros, et qu'il est mort sur une croix, nooseulement il n*a pas perdu cette première gloire , mais il en a ajouté une nouvelle eo se faisant connaître et adorer de toute la terre. Les hommes ne sont grands qne par une déférence étrangère oue la nécessité et la crainte leur fait rendre; l'humble est
Srand par une grandeur intérieure qui tient e celle de Dieu même. L*humble n'est point esclave de ses passions ; il n'est ni troublé
Sar la colère , ni possédé par Torgaeil , ni échiré par la jalousie; le superbe, au contraire , est comme exposé en proie k ces différentes passions : la colère, 1 envie, la vaine gloire déchirent son cœur. Tant que l'anse a été humble, il a été élevé au plus haut da ciel, et son orsueil Ta précipité jusqu'au fond des enfers; l'homme, au contraire, lorsqu'il s*humilie , devient si grand qu'il foule aux pieds cet ange superbe, et s'élève jusqu'au ciel. Tout le contraire de ce que désire IV gueilleux lui arrive ; il veut êtiie honoré de tous, et tous le méprisent. II n'en est pas ainsi de l'humble : il est aimé de Dieu , et, sans qu'il le désire , il est honoré des hommes. »
Homélies sur saint Jean. — En passant de la lecture de ces homélies à celles qu'il écrivit sur l'Evangile de saint Jean , on ne s'aperçoit d'aucun changement dans le style ; c'est toi]gours saint Cbrysostome qui parte, et Ton retrouve partout le même génie, les mêmes locutions favorites , la même élévation de pensées, mais il y suit une méthode toute différente. Nous avons vu qu'après avoir explioué à la lettre un ou plusieurs versets de 1 Évangile de saint Matthieu, il faisait suivre ordinairement ses explications de quelques réflexions morales qui avaient rapport au texte de l'Ecriture et aux besoins spirituels de ses auditeurs. Dans ses homélies sur saint Jean , il explique en peu de mots le sens de la lettre, ne fait que trèspeu de réflexions morales, et ne donne aux exhortations qu'il met à la fin de ses homélies qu'une très-petite étendue. Son attention principale est de donner le vrai sens des passages dont les ennemis de la divinité et de la consubstantialité du Verbe abusaient gour s'autoriser dans leurs erreurs. Il met leurs subterfuges en évidence, et fournit aux catholiaues des armes pour la défense de la vérité. Les catholiques prouvaient ordinairement la divinité et la consubstantialité du Verbe par les passages suivants , répandus en divers endroits de l'Evangile selon saint Jean : Le Verbe était Dieu. Je suis dans won Pire et mon Père est en moi. Il y a si longtemps que je suis avec vous , et vous ne tM connaissez pas encore? Philippe ^ celui ([uitm voit voit mon Père. Afin que tous honorent h Fils comme ils honorent le Père : earcomiM le Père resst^cite les morts et leur rend la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il lui plo^' Mon Père , depuis le commencement du monat jusque aujourd'hui, ne cesse point d'agir, n
CHR
CHR
ion
1*11^ aussi incessamment comme lui. De même que mon Père me connatt , je connais aussi mon Pire. Mon Pire et moi nous ne sommes 9tt*tm. Pour affaiblir ces autorités , les anoméens disaient que ces paroles de saint JeaD ; Au commencement était le Terbe , ne signifiaient pas oull fût de toute éternité ; de même que celles de Moïse : Au commencement Dieu fit le ciel et la terre ^ ne marquent S s que le ciel et la terre soient éternels, int Chrysostome répond gue la signiBcalion de ces deux termes était et fit est bien différente; qu'il n*est pas dit seulement que le Verbe était^ mais qu'il était au commencement, et.que le Verbe était Dieu. Lors* qu'on dit d'un homme, ajoute-t-il, qu'il est, on marque par là seulement le temps présent ; mais lorsgu'on le dit de Dieu , on exprime son éternité. Et, de peur que Quelqu'un, en entendant ces paroles : Le Verbe était au commencement , ne s'imaginAt qu'il n'était point engendré , l'Évangéléste prévient celte difficulté, en ajoutant que le Verbe était avec Dieu. 11 fait même voir par l'article qu*il prépose au terme Verbe^ que ce Verbe n'est pas comme les paroles des hommes, oui passent dans le moment qu'elles ont été proférées, ni même comme celles que le Seigneur adresse ou aux hommes ou aux anges lorsqu'il leur ordonne d'exécuter ses volontés , mais qu'il subsiste comme une personne distincte.» Saint Chrysostome fait voir ensuite « que le parallèle que les anoméeos faisaient entre les paroles de saint Jean et celles de Moïse n'était pas exact, puisque celui-ci, en parlant du ciel et de la terre , dit que Dieu les a faits au commencement, afin que personne ne crût qu'ils n'avaient point été faits; au lieu que celui-là en parlant du Verbe, ne dit pas qu'il a été fait, mais qu'il était au commencement. » — Ce Père prouve l'éternité du Verbe par les passages de l'Evangile selon saint Jean , que nous avons rapportés plus haut ; et pour donner aux plus simples une image, dans la nature, de l'égalité parfaite et de la coéternité du Fils de Dieu avec son Père, il rapporte celui de la lumière du soleil , qui, produite du soleil même , n'est point cependant moins ancienne que le soleil même , puisou'il est absolument impossible de concevoir le soleil un seul moment sans la lumière qui naît de lui. Dans le chapitre xii, qui forme le fonds de la vingtième homélie, saint Chrysostome explique comment les chrétiens doivent offrir leur corps comme une hostie vivante , sainte et agréable aux yeux de Dieu. « L'Apôtre , dil-il , ne veut pas qu'on pense à s'égorger soi-même comme on égorgeait les hosties de la loi ancienne, d*où vient qull appelle cette hostie vivante; et pour la distinguer encore de celle. des juifs, il la nomme f atfUe et agréable à Dieu ; car le culte des juifs, étant charnel, ne pouvait être agréable au Seigneur. C'est donc par les bonnes œuvres que notre corps doit devenir une hostie ; que nos yeux ne regardent rien de mal ; que notre langue ne tienne point de mauvais discours, et que nos mains ne commettent
point d'iniquité , et tout notre corps formera une oblation très-sainte ; mais ce n'est pas encore assez, car il faut faire le bien, il faut que la main donne l'aumône, que la bouche bénisse ceux qui nous maudissent , que les oreilles soient occupées à entendre la parole de Dieu, et c'est ainsi qu'il ne restera rien d'impur dans l'hostie ae notre corps. Que veut dire le culte raisonnMe dont 1 Apôtre parle ensuite, sinon un assujettissement spirituel à Dieu, et une vie conforme à Jésus-(îhrist 7 Comme donc celui qui sert dans la maison de Dieu doit mener une vie
{>lus chaste, de même nous devons régler oute notre vie comme les ministres et les {prêtres de Dieu , savoir , en lui oflk*ant tous es jours de nos biens, en faisant la fonction de prêtre pour lui sacrifier notre corps, et lui présenter en offrande les vertus de l'Ame , la modestie, la douceur , la patience. C'est par un sacrifice de cette nature que nous offrirons à Dieu un culte raisonnable et spirituel, qui n'aura rien de corporel, de grossier ni de sensible. »
Sur la r* Epitre aux Corinthiens. — On place les homélies de saint Chrysostome, sur la première Epitre aux Corinthiens»
entre les plus excellents de ses ouvrages , pour l'élégance , la politesse et l'exactitude. On y voit un parfait orateur qui ne laisse rien échapper de son sujet, et qui sait tellement se proportionner au génie et à la portée de ses auditeurs , qu'il parvient presque toujours à les persuader et à captiver leur bienveillance.
Dans la quatrième homélie, il fait voir « que la mort de Jésus-Christ relève son triomphe, et qu'il est infiniment plus admirable de ce qu'après avoir été mort il a triomphé de la mort même , que s'il se fût exempté de la souffrir ; que , comme il a guéri l'aveuglement par une chose qui devait l'augmenter, savoir, avec de la boue, de même il a converti à lui tout le monde par la croix, qui par elle-même devait plutôt l'éloigner et lui causer du scandale ; que les évangélistes, en marquant dans leurs écrits la bassesse des apôtres, leur timidité et leurs défauts, ont rourni une grande preuve delà vérité de l'histoire évangélique; que silSocrate et les autres sages du monde n'ont pu parvenir à établir leurs doctrines parmi les hommes , mais ont même perdu la vie pour en avoir introduit de nouvelles, on ne peut assez s'étonner que de simples pêcheurs aient soumis à la leur, non-seulement les Grecs , mais jusqu'aux nations les plus barbares. »
« N'arrive-t-il pas quelquefois , dit-il dans sa huitième homélie, qde des laïques vivent avec piété pendant que les prêtres mènent une vie mauvaise t Si donc Dieu ne communiquait ses grâces que selon le mérite de ses ministres, ni le baptême , ni le corps de lésus-Christ , ni l'oblation des choses saintes ne se feraient jamais avec fruit par le ministère de ces sortes de personnes. Cependant Dieu opère tous les jours ses m^rstères par l'entremise des prêtres les plus uk -