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DlCllU.NWAlKL Vh PATROLOGIE.
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dignes, et leur mauvaise vie ne blesse ni ne diminue aucunement la vertu du baptême ; autrement celui qui le recevrait de leurs mains indices y recevrait moins de grâces. Ce que je dis, afin que les fidèles qui recherchent trop curieusement la vie des prêtres ne prennent point un sujet de scandale pour les mystères qu'ils leur voient célébrer ; car le prêtre ne met r|en du sien dans ces saintes oblations ; tout ce qui s*y fait vient de la vertu divine , et c>$t Dieu qui nous initie dans ces sacrés mystères. » Personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui a été posé y qui est Jésus-CKrist. a Voyez, dit le «aint évêque, dans quelle vue vous bâtissez : si c*est par vaine gloire , ou pour vous faire des disciples parmi les hommes. Ne teiions aucun compte des hérésies : bâtissons sur le fondement qui est posé , et attachons-nous-y de la même manière que les branches sont attachées à la vigne, afin qu'il n'y ait rien d'intermédiaire entre Jésus- Christ et nous. Efforçons -nous non-seulement de nous unir à lui, mais même de nous y coller, s'il est permis de parler ainsi, puisque, si une fois nous en sommes séparés, nous périrons. Mais unissons-nous principalement à lui par nos actions. Il est notre tète, et nous sommes son corps ; il est le fondement, et nous sommes l'édifice ; il est la vigne, et nous sommes les branches; il est le pasteur, et nous les brebis ; il est encore vrai de dire que nous sommes sou tem- Î>le , et gue c'est lui qui y habite ; qu'il est e premier-né, et gue nous sommes ses frères ; qu'il est la vie , et que nous vivons de lui ; qu'il est la résurrection même, et que c'est par lui que nous ressusciterons ; qu'il est la lumière» et que nous en sommes éclairés. Tout cela nous marque une unité qui ne souffre pas qu'il y ait entre lui et nous le moindre tide qui nous en sépare. »
Dans la vingt-cinquième nomélie, saint Ghrvsoslome enseigne que la souveraine perfection consiste a s'occuper des choses qui regardent le bien commun » et que, suivant saint Paul, rien ne nous rend si fort imitateurs de Jésus-Christ que de prendre soin de notre prochain. « Quand vous jeûneriez, dit-il, quand vous coucheriez sur la dore, quand tous passeriez toute votre vie dans les larmes, vous ne feriez rien en cela qui fût eonsidérable, si en même temps vous n'étiez ntile à personne , f>arce qu'il n'y a point de véritable vertu, ni rien de grand
JuaiKl ce qoe Ton fait n'est pas joint au bien u i^rochain. On en voit la preuve dans le serviteur qui rendît tout entier à son maître le talent qu'il avait reçu de lui, et qui fut néanmoins sévèrement puni, parde qu'il ne l'avait point fait multiplier. » Ce Père
Srouve la même chose par l'exemple de loîse , qui ne fit rien de si grand dans les prodiges qu'il opéra que d'intercéder auprts de Dieu pour ses frères , jusqu'à «'offrir d'être effaeé pour eux du livre de vie. 11 allègue aussi tes exemples de David, d'Abraham M 4e saittt Paul , et dit qu'il n'y a que des Ames grandes et généreuses, comme celle de
cet apôtre , qui veuillent bien souffrir elles seules la misère , pour procurer le bonheur des autres.
Sur la II* Èpttre aux Corinthiens.— C^% homélies ont la même politesse de style que les précédentes , mais il s'en faul de beaucoup qu'elles aient la même vivacité et la imêrae ardeur. Saint Chrysostome s'y est conformé au style de cette seconde Èpttpe, dans laquelle l'Apêtre , satisfait de !a souinission des Corinthiens à ses ordres, leur écrit avec une grande douceur , pour les ré^compenser d'avoir chassé l'incestueux de leurs assemblées.
Dans la première homélie, saint Chrysostome dit, en expliquant ces paroles de 1 Ap4tre : Dieu nous console dans tous nos maux^ que , « cela n'arrive pas une ou deux fois, mais toujours : car Dieu ne console pasdaos un moment pour abandonner dans un autre; il console toujours. Ne nous laissons donc
S oint abattre, ajoute ce Père, et ne nous afigeons point avec excès quand il nous arrive quelque mal et quelque disgrâce, puis- 3ue cela nous apprend que c'est par le moyen es calamités que nous communiquons arec Jésus-Christ, que nous effaçons nos péchés, et que nous remportons des avantages coosiderables: car on ne doit rien estimer de fâcheux que de tomber dans la disgrâce de Dieu. » 11 rapporte l'exemple de saint Paul et d'Abraham, guii étaient toujours remplis de joie au milieu des adversités de cette jrie, et il insiste beaucoup sur la patience de Job, qui, suivant lui, a égalé celle des six cents martyrs, puisqu'il a été éprouvé daas ses richesses, dans ses enfants, dans soo corps, dans sa femme, dans ses amis, dans ses ennemis, dans ses serviteurs; parla faim, par les songes, par les douleurs, par la pourriture.
Dans la troisième homélie, sur ces paroles : C'est Dieu qui nous a oints de son onction, et marqués de sou sceau, saint ChrjsoS' tome dit que « Dieu, en nous donnant soo Saint-Esprit, nous a faits prophètes, prêtres et rois : car on oignait ces trois sortes de personnes ; les Hdèles possèdent non uoe seule de ces dignités, mais toutes les trois ensemble. Eh effet, nous sommes destinés à 1< jouissance d'un/oyaume; nous sommes fa>ts prêtres en offrant à Dieu nos propres corps comme une hostie vivant^,et nous devenons prophètes en ce que les choses c[ue l'œil n'a point vues, et que loreille n'a point entendues, nous sont manifestées dans les églises. On peut dire encore que nous sommes faits rotô, lorsque nous commaudoDS à Bossassions, et cette manière de régner ast même plus excellente qae de porterie diadème. »
Saint Chrysostome ^e moque agréablement, dans sa dixrseptième homélie, de ceui 3ui disent : Dieu m^ garde d'être jamais réuit à un état où je dépende des autres. • ^^ voyez-vous pas, leur dit-il, que nous sommes venus au monde à condition d avoir tous besoin les uns des autres î Si voas étei riche, c'est dans cet état que vous avez à
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Ikire de plus de geos et de ceux qui sont les plus pauvres; si donc vous voulez avoir peuoesom des autres, soubaitezla pauvreté; TOUS n'eu dépendrez que pour un morceau de pain ou pour un babil : c'est même un effet de la Providence que le^ hommes ne puissent se casser les uns des autres, afin que la nécessité de ces assistances mutuelles les unisse plus étroitement car les liens de Tamitié ; si chacun se suffisait à lui-même, les hommes seraient trop durs entre eux,
{misque, assi]||ettis les uns aux autres, ils ne aissent pas de s*entrecboquer tous les jours
par des offenses et par des injures. » Sur VEpUre aux Ephisiem. — Saint Chry-
sostoroe commence ses homélies sur I*Epttre aux Ephésiens, en remarquant que cette Tille était la métropole de TAsie ; qu'elle avait été dédiée à Diane dont elle possédait un temple qui fut brûlé plus tard, sans qu'on ait jamais connu le destructeur ; que saint Jean l'Evangéliste y avait été relégué, et qu'il y était mort ; que saint Paul y avait laissé Timothée, et que cette ville avait été la demeure d'un grand nombre de philosophes» dont quelques-uns l'avaient revendiquée comme patrie.
Sur ces paroles de saint Paul : PraUquaiU m ioutê choie Fhumilitéf vow supportant lê$ uns les autres avec charité^ il oit, dans l'homélie neuvième» « qu'il ne faut pas se contenter de la marquer dans nos paroles et dans nos actions» mais même dans nos habits, dans nos gestes, et jusque dans le ton de notre voix, n'étant pas humbles envers les uns et arrogants envers les autres, ipais humbles envers tous, soit amis, soit ennemis; soit grands, soit petits. Comment» me direz-vous, ajoute ce Père, peut-on supporter une personne qui est colère, qui est médisante ? C'est pour cela, répona-il, que l'Ap6tre dit que nous devons nous supporter les nos les autres dans la charité ; si vous ne supportez pas votre prochain, comment Dieu vous supportera-t-il? si vous n'excusez point les déjhuts de celui qui est serviteur avec vous du même maître, le maître souflrira-t-û les vôtres? mais où la charité se rencontre» tout est supportable. »
Dans l'homélie dix-neuvième, il se propose cette question : Pourquoi y a-t-Ù dans le monde des régions inhabitables, et il y répond par une inQnité de questions qui ne sont luàs plus faciles à résoudre. « Et moi je vous demanderai pourquoi les nuits sont
1>lus longues en hiver qu'en été, pourquoi e corps de l'homme est sujet à la mort, et beaucoup d'autres choses semblables. C'est un effet de la Providence que sa conduite nous soit cachée, et que nous ne puissions pas connaître les raisons qui la font agir; si
ouvrage ae i nomme, n appi donc pas les œuvres de Dieu, mais rendonslui grAces pour toutes choses: si ceux qui nous gouvernent ordonnent bien des choses auxquelles nous nous soumettons, quoique nous n'en connaissions pas le motif» et que
plusieurs même nous paraissent absurdes» a plus forte raison devons-nous nous soumettre à ce qui est ordonné de Dieu, en qui il n'y a rien d'absurde. »
Sur VEpitre aux Philippiens. — Saint Ghrysostome commence cet ouvrage, en disant ce qu'étaient les Philippiens, dont il fait un grand éloge, et en rapportant les conversions qui s'accomplirent dans la ville, et les mauvais traitements que Paul et Silas y subirent de la part des ennemis de Jésus- Christ. Ces explications sont aussi en forme de discours, et le saint docteur les termine h l'ordinaire par des exhortations morales qui sont très-belles.
n déclame, dans la neuvième homélie, contre ceux qui faisaient nn reproche aux
f>rétres de posséder les choses nécessaires à a vie. Il dit « que ceux-mêmes qui faisaient ces reproches comptaient pour rien les maisons qu'ils bâtissaient et les terres qu'ils achetaient, tandis qu'ils appelaient riche un prêtre qui, par bienséance, s*habi]lait un peu
I)roprement, qui avait les choses nécessaires i la vie, ou un domestique |X)urle servir. Si vous lili avez donné, ajoute-t-il, ce qu'il possède, pourc|uoi lui en faites-vous un crime? Il valait mieux ne lui rien donner que de lui en faire des reproches. Mais si c est un autre qui lui a donné ce qu'il a, votre pécho en est d'antant plus grand, puisque, n'ayant rien donné vous-même, vous tournez en mauvaise part les bienfaits d'autrui. Quoi donc, direz-vous, faut-il qu'un
Srêtre cherche son intérêt en ce monde ? [aïs dites* moi, je vous prie, répond saint Ghrysostome, porte-t~ii des habits de soie? se fait-il accompagner d'une grande troupe de domestique ? va-t-il à clieval t se bfttit-il des palais ? 9 il fait tout cela, je l'en blâme, je ne lui pardonne point, et je demeure d'accord qu'il est indigne du sacerdoce. Car comment pourra-t-il apprendre aux autres à ne point s'occuper des choses inutiles et superflues, s'il ne peut apprendre (ni-même à s'en passer ? Mais je ne puis souffrir que vous lassiez un crime à un ecclésiastique de ce qu'il prend soin d*avoir les choses nécessaires à la vie lorsqu'elles lui manquent. »
Sur TEpUre aux Colossiens. — Nous avons douze homélies sur cette épttre, et la troisième ne nous permet pas de douter qu'elles aient été prêcnées à Constantinopte; car saint Chrvsostome s'y met clairement au nombre aes évêques, soit en parlant du trône où il s'asseyait, soit en se (qualifiant de ministre et d*amhas$adeur de Dieu.
Dans l'homélie huitième, il dit « oue rien n'est plus saint qu'une âme qui rena grâces à Dieu dans l'adversité, et que cette disposition n'est guère éloignée de celle d'un martyr. » Sur ce principe, il enseigne « qu'une mC're qui, voyant son enfant malade, en rend grâces à Dieu, sans laisser échapper aucunes
Saroîes de murmure, et qui, après la mort e cet enfanti rend de nouvelles actions de grâces, on surmontant nne peine d'esprit qui n'est pas moins rude que les tourments
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du martyre, recevra un jour la récompense destinée aux martyrs. »
Dans la dixième homélie, saint Chrysostome combat le luie des femmes, et particulièrement celui de Timnératrice, et Ipur dit à toutes : « Pour qui allez-vous chercher au dehors des parures d*or et de pierreries? Et pourquoi vous servir de déguisement:», comme pour réformer et corriger Touvrage de Dieu? Voulez-vous être estimt^es belles, revétez-vous de Taumône, de la bénignité, de la modestie, de la tempérance, et dépouillez-vous de tout faste et de toute vanité. Ce sont là des parures bien plus précieuses que Tor et les diamants. » Il dit aux femmes qui apportaient pour excuse de leur luxe la nécessité de plaire à leurs maris : « Parez-vous donc dans votre maison; mais dépouillezvous de tous vos ornements lorsaue vous allez dans la place publique ou à réglise : car si vous voulez plaire à votre mari, ne cherchez point à plaire aux autres, i
Sur l^EpUre aux Thessatoniciens, — II y a d^ux enoroits dans ces homélies où samt Chrysostome déclare assez nettement qu'il était évéqiie; ainsi nous sommes autorisés à croire qu*il les a prèchées à Constantinople. Voici ce qui nous y a paru de plus remarquable : « Personne, dit-il, ne doit se décourager, quoique depuis longtemps il n ait fait aucun progrès dans la vertu, puisqu'il peut à l'avenir faire en peu de temps ce quM n'avait pas encore fait depuis tant d'années. Que personne aussi ne tombe dans la paresse, en se flattant d'acquérir la parfaite piété en peu de temps: car l'avenir est très-incertain, et le jour du Seigneur est comme un larron qui nous surprend et nous ravit tout pendant que nous sommes endormis. Les prières que les saints font pour nous nous sont d'un grand secours, mais c'est lorsque nous vivons bien. En effet, s'il ne fallait que des prières pour ouvrir aux hommes la porte du ciel, tous seraient sauvés, et les païens se feraient chrétiens, puisque dans l'Kglise nous prions pour leur conversion et le salut de tout le monde. »
Sur les deux EpUrei à Timothée, — Il est difficile de décider en quel lieu saint Chrysostome a prêché ces homélies; mais l'éloge qu'il y fait dans la quatorzième des monastères et des moines, nous fait présumer Îu'il les prêcha à Antioche, ville qui avait ins son voisinage plusieurs monastères et un grand nombre de religieux recommandables p^r la pureté de leurs mœurs et la sévérité de leur discipline. On remarque que, dans les homélies prèchées à Constantinople, il ne parle que rarement des moines, et presque toi^ours en mauvaise part.
Voici le sujet des homélies quinzième, seizième et dix-septième : L'&me est la seule chose en ce mon-fe qui soit d'une éternelle durée, et c'est néanmoins la seule que nous négligeons. Nous prenons çrand soin de tout le reste, comme s'il devait toujours durer; et nous ne nous mêlions non plus en peine de cette Ame qui durera éternellement, que «ielle devait bientôt unir. Que veut aire
l'ApAtre lorsqu'il défend à Timothée d*imposer sitôt les mains à personne, sinon qu'on ne doit pas se contenter d'avoir éprouvé une première fois, ni même une seconde et une troisième, celui que l'on dispose au sacerdoce mais qu'il faut attendre, pour lui imposer les mains, qu'on l'ait examiné avec beaucoup d'exactitude durant un long temps : car il est très-dangereux d'ordonner trop promptement un ecclésiastique, puisque,
Ear cette facilité, qui contribuera à ses maleurs, on se rendra coupable de tous s^ f)échés futurs et même passés. Ce n'est pas a science qui cause l'orgueil, mais plutôt l'ignorance : car celui qui connaît la vraie piété, sait se comporter avec modestie ; et celui qui est bien instruit, est moins sujet à tomber.
Saint Chrysostome dit à ceux qui avaient peine à respecter des prêtres dont la conduite ne leur paraissait pas honorable : «Nesavez-vous pas que le prêtre est l'aoge du Seigneur, et qu'il ne vous parle pas de lui** même? Si donc vous le méprisez, ce n'est pas lui, mais c'est Dieu même, qui l'a ordonné son ministre, que vous méprisez Mais comment me direz-vous , prouverat-on que c'est Dieu qui l'a ordonne? Si vous ne le croyez pas, votre espérance est vaine : car si Dieu n opère rien par lui, vous n'avez point de «baptême, vous ne participez point aux mystères, vous ne jouissez point des bénédictions, vous n'êtes pas chrétiens.
Quoi donc, ajouteréz-vous, Dieu ordonne* t-il tous les pasteurs, même les indignes? Non, il ne les ordonne pas tous, mais il opère par eux tous, fusseat-ils indignes, le salut de son peuple. Car s'il parla en faveur de son peuple par le ministère de l'ânesse, et par Balaam, qui était un méchant homme, à plus forte raison agit-il pour nous par le ministère des prêtres. Que ne fait pas Dieu pour notre salut ? que ne dit-il pas? par oui n'opère-t-il pas? L'obiation sacrée de l'Eglise, qu'elle soit offerte par Pierre ou par Paul, ou par quelaue autre prêtre que ce soit, est toujours la même que celle qui a autrefois été distribuée par Jésus-Christ à ses disciples, et que les prêtres continueront de consacrer jusqu'à la consommation des siècles. »
Sur l'EpUre à Tite. — Saint Chrysostome commence ces homélies par 1 éloge de Tite, qu'il conjecture avoir été d'origine corintnienne. Il croit cette Epltre plus ancienne que celles h Timothée, qui ne furent écrites que sur la fin de la vie au grand apOtre.
On peut y remarquer que rien n'est plus utile à l'homme que de repasser souvent dans son esprit la pensée des bienfaits de Dieu, et surtout des grâces privilégiées qu'il en a reçues ; car si le souvenir d'un service qu'un ami nous a rendu augmente notre amitié pour lui, la considération des dangers dont Dieu nous a tirés doit nous embraser pour lui d'un nouvel amour. Il dit encore que ceux qui sont chargés de prêcher aui autres les vérités divines doivent le faire avec beaucoup d'exactitude, de fermeté et
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DICTIONNAIRE DE PATROLOCIE.
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de confiance, s'ils ne veulent pas que leurs prédications restent sans effet. Il Ajoute que, saint Paul ne demandant rien autre chose d'un évèquo, sinon qu'il soit irrépréhensible, sobre, prudent, grave et modeste, aimant rhospitalité et capable d'instruire, les hommes ne doivent pas en exiger davantage ; qu'un pasteur ne doit point rechercher son propre honneur, mais l'utilité commune de son peuple ; qu'il n'a pas besoin de paroles fastueuses pour persuader la vérité, mais d'un bon sens, dune droite raison et d'une
?rande connaissance de l'Ëcriture; saint aul, ayant converti toute la terre, a infiniment plus fait à lui seul que Platon et tous les autres philosophes ensemble : qu*il est facile de mépriser les richesses, mais très-difficile de rejeter les honneurs que Ton nous fait.
Sur FEpUre aux Hébreux. — On ne doute
Eoint que les homélies sur l'Epître aui Héreux ne soient le fruit de l'épiscopat de saint Chrjsostome, puisque, dans la quatrième, il menace d'excommunication ceux qui loueront à l'avenir des femmes pour pleurer, et il se proi)ose de faire punir ces femmes ellesmêmes si sévèrement qu*elles auront à pleurer pour elles etnon pour les autres. On voit dans la même homélie qu'il parle aux prêtres comme ayant autorité sur eux; et sur la fin de la vingt-troisième, il se nomme le père de tous.
Voici le fonds de la septième et de la huitième homélie. — La foi est une chose si ffrande et si salutaire, qu'il n'est pas possible d'obtenir le salut sans elle ; elle ne peut pas même nous le procurer seule, et if est besoin qu'elle soit accompagnée de bonnes œuvres, Sommes-nous moines, disaient quelques-uns à saint Chrysostome qui les exhortait aux travaux, aux saintes lectures, aux veilles et au jeûne? «Faites, leurré-
Sond-ii, cette question à saint Paul, qui vous it : Veillez dans la prière^ en l'accompagnant de ioule patience: et encore : Ne cherchez pas à contenter votre sensualité^ en satisfaisant à ses désirs déréglés, L'Apôtre n'a pas écrit ces choses seulement pour les moines, mais pour tous ceux qui sont dans les villes. »
La première vertu du chrétien, selon saint Chrysostome , et celle qui comprend toutes les autres, c'est de n'être que comme un voyageur sur la terre, de ne point prendre de part aux choses et aux affaires de ce monde, et de les regarder sans attachement et comme nous étant étrangères. Il conseille à ceux qui veulent travailler sérieusement à régler leur vie, de n'acquérir les vertus que les unes après les autres. «Entreprenons, dit-il, durant ce mois-ci, de vaincre en nous la colère et l'emporteoient, puis nous passerons à l'acquisition d'une autre vertu, et quand nous en aurons acquis l'habitude, nous irons encore à une autre, passant de la patience au mépris des richesses, et de là à un détachement parfait des biens du monde, qui nous portera à les donner en aumônes.»
Il déclare dans l'homélie trente-quatrième, que « si ceux qui sont préposés pour notre conduite ne nous ordonnent nen contre Dieu, nous devons leur obéir, fussent-ils de mœurs corrompues, parce que si leur vie est déréglée, leur autorité est légitime : mais s'ils nous enseignent quelque chose contre la foi, alors nous devons les fuir, quand ce seraient des anges descendus du ciel. » Saint Chrysostome finit ses explications sur l'Epître aux Hébreux, en disant : «qu'il ne comprend pas comment il peut y avoir un seul pasteur de sauvé, voyant que, nonobstant les menaces effroyables et la lâcheté présente des chrétiens, il y en a encore qui courent après ces emplois, et qui se char-
Sent si inconsidérément de l'énorme fardeau u gouvernement dos âmes. Si ceux, ajoutet-il, qui y ont été engagés comme par une espèce de nécessité, ne savent presque où avoir recours, ni quelles excuses ils pourront trouver un jour s'ils ne s'acquittent pas bien de leur administration, quel sera le danger du salut de ceux qui ont employé toute leur industrie pour obtenir ces emplois, et qui s'y sont si témérairement précipités ? Cfar ces sortes de gens se privent eux-mêmes de toutes excuses et de tout pardon. »
Jugement des écrits de saint Chrysostome, On peut regarder saint Jean Chrysostome comme le Cicéron de l'Eglise grecque. Son éloquence ressemble beaucoup à celle de ce prince des orateurs latins. C'est la même facilité, la même clarté, la même abondance, la même richesse d'expressions, la même hardiesse dans les figures, la même force dans les raisonnements, la même élévation dans les pensées. Jamais ce grand orateur ne se co-
Eie, et il est toujours original. Quelque grand omme que soit saint Augustin, on n'a pas assez loué saint Chrysostome, quand on n'a fait que le comparer k lui, du moins pour l'éloquence du la chaire. Celle du Père latin est défigurée quelquefois par des pointes, des jeux de mots, des antithèses qui formaient le goût de son pavs et de son siècle ; celle du Père grec aurait pu être admirée à Athènes et à Rome, dans les beaux jours de ces deux républiques. Il est vrai, dit Fieury, que saint Chrysostome n'est ni aussi concis m aussi serré que Démosthènes, et il montre son art; mais dans le fond sa coor duite n'en est pas moins raisonnée. 11 sait juger quand il faut parler ou se taire, ce qu il faut direct quels mouvements.il faut exciter ou apaiser. Voyez comme il agit dans l'affaire dos statues. Il reste d'abord sept jours en silence, pendant le premier mouvement de la sédition, et interrompt la suite de ses homélies, à l'arrivée des commissaires de l'empereur. Quand il commence à parler, il ne fait que compatir à la doih leur de ce peuple attiiffé, et attend quelques jours pour reprendre l'explication ordinaire de l'Ecriture. Voilà en quoi consiste le grand art de l'orateur, beauc(»up plus qu'à se ménager des transitions délicates et de magnifiques prosopopées. La morale de saint
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blCTIQNNÂlRE DE PATROLOâtE.
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Jean Cbrysostome est très-exacte, excepté lorsqu'il se laisse emporter par l'envie de justiuer quelques personnages de l'Ancien Testament, tels qu*Abraham, qu'il excusa d'avoir exposé la vertu de Sara, pour que le roi d'Eg.ypte n'attentât pas à sa vie. II fut le premier des prédicateurs et le premier écrivain du siècle le plus brillant de l'éloquence chrétienne. On lui attribue la rédaction des discours célèbres que Flavius adressa à l'empereur Théodose, lors de la sédition d'Aaliocho, et q^ui peuvent être comparés à ce que Tantiquilé nous a laissé de plus pathétique et de plus touchant. Devancier de Bossuet, à quinze siècles de distance, comme lui il fit la guerre à tout ce qu'on traitait d'hérétique et brilla par l'élo-
Îuence et le talent de la controverse. Tous eux aimèrent la gloire, excitèrent l'admiration, furent les colonnes de leur communion et la terreur de leurs rivaux. Mais le prélat français triompha de ses ennemis, et le patriarche de Constantinople eut la douleur de voir un rival heureux occuper son siège, et Tarianisme insulter à sa disgrâce. Malgré sa piété, il ne dédaignait pas la lecture des auteurs profanes. Il lisait avec plaisir les poètes comiques, qui ont peint avec énergie les vices et les ridicules. Il aimait beaucoup Aristophane, et Lucien lui fut d'un grand secours, puisque, selon le P. de saint Jure, il a fait entrer de longs fragments de ses dialogues dans quelques-unes de ses homélies.
Les œuvres de saint Cbrysostome forment 13 tomes et 9 volumes dans le Cours conhplet de PcUrologie.
CINNAM ( Jean ), grammairien et notaire de la COUP de Constantinople, suivit l'empereur Manuel Comnène dans plusieura de ses expéditions, tant en Orient qu'en Occident. Après la mort de ce prince, arrivée en 1180, il entreprit d'écrire son Histoire qu'il publia en six livres, qui ne rap- {'ortent les faits que jusqu'à l'année IITB. .'ouvraçe n'est pas terminé, soit que le temps ait manque à l'auteur, soît qu\n en ait perdu une partie. Cinnam s'étend peu sur le règne de Jean Comnène, dont il n'avait qu'une connaissance imparfaite , n'ayant pas vécu de son temps; mais il rap-
Sorte avec de grands détails les actions de ianuel Comnène, et se flatte que personne n'a été plus à môme que lui d'en rendre un compte fidèle, puisqu'il avait assisté aux conseils de ce prince et participé à leur exécution. Ce n'est pas là le seul raériie de rhistoire de Cinnam ; ce qui la rend encore intéressante, c'est qu'on y trouve quantité de faits qui ont rapport à celle des empereurs d'Occident, et dont U n'est parlé dans aucun écrivain contemporain, soit de 11talie, soit de l'Allemagne. L'histoire do Cinnam fait partie de la collection Byzantine. Son style est pur, grave, élégant et poli ; mais, malgré ces qualités, il s'en faut qu il soit comparable à Xénophon, ni à au cun des anciens historiens, La meilleure édi-
tion est celle que Du Cange a donnée avec des notes exphcatives de 1 auteur; Paris, infol., 1670,
CLARIUS, avait d'abord été moine de Fleury, d'où il passa à l'abbayo de Salnt- Pierre-le-Vif, à Sens, Daimbert, archevè-
Îue de cette ville* et Arnaud, abbé de Saintierre, empêchés pour cause de maladie d'assister au concile, indiqué à Beauvais, eo li20 , envoyèrent présenter leurs excuses par Clarius. On lui permit d'assister aux séances du concile, faveur qu'il dut à sa réputation de savoir, et aussi à son titre de délégué de deux prélats. Il est auteur d'une Chronique de son abbaye, que dom Luc d'Achéry a fait entrer dans le 11* tome de son Spictlége, après en avoir retranché tout ce qui avait été emprunté des anciennes Chroniques d'Eusèbe, de saint Grégoire de Tours, de Siçebert et de quelques autres. Cette Chronique commence à la seconde année du pontificat de saint Léon, en U6, et finit à la mort de son abbé, en 1124. Clarius Ta rendue intéressante en y rapportant plusieurs lettres des papes, des cardinaux, des légats, et en y joignant la date des conciles. Use trompe d'une année sur celui de Troyes, qui se tint en 1104 et non en 1105. C'est par erreur encore que, dans le cours de la ttéme année, il fait rencontrer à Rome Arnaud, abbé de Saint-Pierre de Sens, et Richard dô Cantorbéry; il veut parler de l'arclièvêque Anselme, qui s'y trouvait dès l'an 1103, et qui n'en revint que l'année suivante,
CLAUDE APOLLINAIRE fsaint), évéque d'Hiéraple en Phrygie, vers 1 an li% se rendit célèbre par ses écrits et par ses vertus, Eusèbe le présente comme romement de l'épiscopat, et l'un des pi as fermes et des plus invincibles défenseurs de la foi contre l'hérésie. On lui conféra le titre de bienheureux peu de temps après sa mort, et TE- S lise l'a toujours offert a la vénération des dèlcs comme un saint. Il a mérité le titre de docteur par de savants traités contre les hérétiques de son temps, où il s'attachait à montrer la source de leurs erreurs dans les anciennes sectes des philosophes ; par cinq livres contre les païens, deux contre les juifs, deux de la Vérité contre Julien, où il combattait par la raison seule les fausses idées du paganisme sur la divinité; par des Coramonlaires sur plusieurs livres de l'Ancien Testament dont on trouve des extraits dans les recueils intitulés : Catenœ Patrum, On cite aussi sous son nom un discours sur
lune; mais les raisons qui lui font attribue! cet ouvrage ne nous paraissent pas convaincantes. Celui de ses livres qui le rendit le plus justement célèbre fut ilne éloq'icnte Apologie pour les chrétiens, qu'il adressa à l'empereur Marc-Aurèle vers l'an 177.
Elle produisit, du moins en partie, l'effet qu'on devait en attendre. Cette Apologie éiàii remarquable en ce qil'il y prenait Marc- Aurèle lui-môme & témoin dû miracle opâr4
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DICTIÛNNAIRE DE PATROLOGIE.
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soas ses yeux par ]es prières de )a légion Méliline» toute composée de chrétiens, e( auquel il avait dû le salut de son armée, dans la ^erre contre les Quades, Les derniers éorits de Claude Apollinaire furent ceux qu'il composa contre les montanistes, qu*il combattit ayec ardeur dès Tinslant de leur naissance. C'est à tort qu'Eusèbe leur donna le titre do lirres ; Sérapion, évéque d'Antioche, qui en fait mention dans les écrits qu'il pui)lia lui-même contre ces hérétiques, n en parle que comme de lettres, c Pour rous faire roir , dit-il, que cette nouvelle prophétie , comme ils rappellent, a été rejetée avec exécration de toute TE* glise, je voUs envoie les lettres du très* heureux Apollinaire, qui était évéque d'Hiéraple en Asie. On ignore Tépoque de la mort de saint Apollinaire ; on pense seulement qu'elle dut arriver sous le règne de Marc-Aurèle. Jl ne nous reste que quelques fragments de ses écrits , mais Pbotius, qui les avait lus, en fiarle avec éloge, et affirme qu'ils étaient aussi remarquables par le style que par les choses.
CLAUDE, évéque de Turin, si fameux dans la suite par ses erreurs contre le culte des images, était originaire d'Espagne. 11
I^assa à la oour de France, peu d'années avant a mort de Charlemagne, et entra d'abord, en Îualité de prôtre du palais, au service de ouis le Débonnaire, qui n'était encore que roi d'Aquitaine. Api es avoir demeuré pendant quelque temps à cette cour, qui se tenait quelquefois en Auversne, Claude se vit charge de l'école du palais lorsque ce prince eut succédé au roi son père, comme empereur. 11 est aisé de comprendre combien il contribua à y nourrir l'émulation pour les lettres, par la profonde connaissance qu'il avait des saintes Ecritures et le grand nombre d'ouvrages qu'il composa pour la communiquer à ses auditeurs. Indépendamment de plusieurs antres livres qui sont restés manuscrits, nous avons de lui des Commentoirts sur te Lévitiqucy sur le quatrième livre des Itois, sur l'Evangile de saint Matthieu^ sur YEpUre de saint Paul au jp Gâtâtes^ et une Chronologie suivant la vérité du teite hébreu, depuis le commencement du monde Jusqu'en 81%. Ce fut pondant qu'il présidait i -cette école que l'empereur Louis le fit ordonner évoque de Turin. A son entrée dans son diocèse, ee prélat y trouva le culte des images porté jusqu'à la superstition ; mais, en voulant rq>rimer cet abus, il tomba dans un autre beaucoup plus déplorable ; il fit effacer, briser, ou enlever des églises toutes les images et toutes les croix ; et dans le carême de Tan SâS, il attaqua publiquement le culte rendue la croix, aux saints et à leurs reliques, et adi*essa* son Commentaire sur le Lioiiiquo k Tbéodemir,abbé de Psalmodi. C'est à la fin de cet écrit que, sur un passage de saint Augustin mal entendu, il se plaint qu'en défendant les erreurs qu'on lui attribuait, et que sa conduite n avait que trop constatées, il était devenu un sujet d'oppro* ^re à l'égard de ses ennemis, et un su]et dQ
crainte pour ses amis eux-mêmes. Tliéodemir, quoique du nombre de ceux-ci, fut le premier qui prit la plume pour réfuter ses erreurs. 11 le fit par une lettre forte et s4* vère, qui, avant le mois de mai 82!^, fut suivie d'un autre écrit auquel l'évoque iconoclaste se crut obligé de répondre. Claude répondit en effet par un écrit plein de hauteur et de fierté, qu'il intitula : Apologie contre Théodemiry et dans lequel il attaquait principalement le culte de la croix. Claude osa adresser ce livre h Louis le Débonnaire, qui le fit examiner par les théologiens de son palais, le désapprouva sur leur parole, et en envoya un extrait à Jonas, évëque d'Orléans, pour le réfuter. Pendant que ce novateur, le seul en Occident qui soutint cette hérésie, travaillait à la répandre, l'empereur Michel, imbu de la même doctrine, envoya en 82^ des ambassadeurs à Louis le Débonnaire pour tâther de l'engager à entrer dans les mêmes sentiments. Louis , usûnt de prudence, renvoya l'affaire è un concile qu'il indiqua à Paris pour le 1" novembre de l'année suivante. Là, les évêques français réunis examinèrent la question, et firent à ce sujet un traité qui n'est qu'un tissu de passages des Pères, par lesquels ils établissent qu'il fallait conserver Tes images dans les églises pour l'instruction du peuple ; mais qu'il ne fallait ni les adorer n! leur rendre un culte superstitieux : sentiment dans lequel persista l'Eglise de France jusqu'à la fin du même siècle. Alors elle convint avec toutes les autres églises de rendre aux images un culte modéré, ce qu'auparavant elle avait refusé de faire sons le nom d'adoration, qu'elle prenait dans un sens trop rigoureui. C'est en se conformant à ces principes qu'Agobani composa vers le même temps son fameux Traité sur les images. Environ deux ans après, le solitaire Dunga^ réfuta l'Apologie de Claude de Turin, qui, aux erreurs contre le culte des images, en avait mêlé quelques autres qui semblaient ressusciter I arianisme. Jonas, évéque d'Orléans, entreprit aussi, comme nous l'avons insinué plus haut, d'écrire contre le môme prélat» mais il ne l'exécuta qu'après sa mort, dans trois livres que la postérité nous a con serves. Mais, de tous les écrivalDS de ce siècle qui traitèrent la matière des images, personne ne le fit avec plus de justesse que walfride Strabon, au k* chapitre de son ouvrage sur le culte ecclésiastique. Claude mourut vers l'an 839 ; nous reviendrons sur ses erreurs en traitant des écrivains qui les ont réfutées. Ceux de ses ouvrages que nous avons indiqués au commencement de cette notice se trouvent reproduits dans le Cours complet de Patrologie.
CLÉMENT 1" (saint}, pape^ que saint Paul dans son Epitre aux Pnilippiens met au nombre dos compagnons de ses travaux évangéliques dont les noms étaient écrits au livre de vici était juif d'origine et de la race de Jacob. 11 se trouvait àPhilippes avec saint Paul, lorsque cet apôtre y annonça la foi, rers l'an 62, et il eut même q[ueiqu^
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part à ses souffrances ; ce qui donne Keu de croire qu'il avait dès lors fait profession de la religion chrétienne. Il suivit saint Paul à Borne, où il assista aux prédications de saint Pierre et reçut la consécration épis* copale des mains ae ce prince des apôtres, soit pour gouverner l'Eglise romaine, pendant les absences que leur imposait fréquemment la prédication de TEvangile, soit pour aller l'annoncer lui-même à ceux qui ne le connaissaient pas encore. Saint Lm, que les apôtres avaient établi évèque particulier de Rome, et saint Anaclet son successeur, étant morts, saint Clément se vit contraint d'accepter la conduite de cette Eglise, Tan 91 de Jésus-Christ le dixième du règne de Domitien. De son temps, un mouvement violent éclata dans l'Eglise de Corinthe : des laïques se soulevèrent contre des prêtres, et en tirent déposer quelques-uns, dont la vie était sainte et irréprochable. Pour rétablir la paix. Clément écrivit cette grande et admi-« rable lettre que nous possédons encore aujourd'hui, et qui eut tout l'effet qu'il pouvait en attendre. C'est tout ce que nous savons de certain de son pontificat. On dit qu'il céda la chaire apostolique pour éviter un scliisme, et qu'il ne mourut que longtemps après ; mais ce fait n'est pas constant, 'il
Souverna TEglise de Rome pendant près de ix ans, et mourut la troisième année de l'empire de Trajan, c'est-à-dire en l'an 100 de Jésus-Christ. Eusèbe et saint Jérôme parlent de sa mort, sans dire qu'elle lui soit arrivée par le martyre ; cependant Rufin et 1^ pape Zozime le mettent au nombre des.
{ pontifes romains qui scellèrent de leur sang a foi qu'ils avaient reçue de saint Pierre et annoncée au peuple.
EpUre aux Corinthiens* — On a attribué & saint Clément plusieurs écrits. Le seul aujourd'hui qui soit bien avéré, est son épltre aux Corinthiens. Nous avons dit plus naut à quelle occasion elle fut écrite; en voici l'analjrse. Après avoir salué les habitants de Corinthe, a peu près dans les mêmes termes
2[ue saint Paul met à la tête de toutes ses ^îtres, Clément s'excuse auprès d'eux de n avoir pas répondu, aussi promptement qu'ils l'auraient souhaité, aux questions
Su'ils lui proposaient. 11 fait ensuite l'éloge e leur vertu, et relève surtout la fermeté de leur foi, l'excellence de leur piété, la magnificence de leur hospitalité, la perfection de leur science, la sincérité de leur soumission envers leurs pasteurs, leur application à la parole de Dieu, leur zèle pour leur salut et pour celuide leurs frères et leur fidélité dans l'accomplissement des loisdu Seigneur. Puis, venant au schisme qui avait obscurci de si grandes vertus, Il cfit : « Vous étiez dans la gloire et dans l'abondance, et l'Ecriture s'est accomplie à votre égard : U a bu et mangé , le bien aimé, il s'est engraissé dans l'abondance et il a regimbé. De là sont sorties la jalousie, la contention, la sédition. Les personnes les plus viles se sont élevées contre les plus considérables, les insensés contre Jes sages, les jeunes contre les anciens. Ainsi
la justice et la paix se sont éloignées depuis que la crainte de Dieu a manqué, et que chacun a voulu suivre ses mauvais) désirs, s'attachant à la jalousie injuste et impie, par laquelle la mort est entrée dans le moude.» U rapporte plusieurs exemples de l'Ancien et du Nouveau Testament, pour montrer les mauvais effets de cette passion basse qui tue la justice dans le cœur de l'homme, et qui la remplace presque toujours par la cruauté. Pour rappeler les Corinthiens à l'esprit de leur vocation et à la pénitence, il leur met devant les yeux la sainteté à laquelle ils sont appelés, le sang de Jésus-Christ répandu pour leur salut, la fidélité et les antres yertus des anciens patriarches , l'humilité du Sauveur, la miséricorde du Dieu qui nous a créés, la soumission que les créatures inanimées ont pour ses lois, ses bienfaits envers tous les peuples, mais surtout enrers les chrétiens, et poursuit ainsi : « II est donc juste de se conformer à ses volontés saintes, et de chercher à lui plaire plutftt qu'à des hommes pervers, insensés et supe^ bes qui s'élèvent et se glorifient par la ranité de leurs discours. Craignons le Seigneur Jésus-Christ qui a répandu son sang pour nous, respectons nos pasteurs, honorons nos anciens, instruisons les jeunes gens dans la crainte de Dieu, et oue nos enfants apprennent quel est devant lui le pouvoir de la charité pure. » Il leur présente ensuite Tattente de la résurrection, la fidélité de Dieu à tenir ses promesses, l'impuissance où sont tous. les pécheurs de se dérober i ses yeux, comme autant de motifs de craindre etd'esp^ rer ; mais il scoute que ce père de miséricorde nous ayant rendus membres d'un peuple saint, nous n'avons pas d'autre parti à E rendre que d'embrasser toutes sortes de onnes œuvres avec zèle et avec ardeur, à l'exemple de nos pères, Abraham, Isaac et Jacob, dont la foi, l'obéissance et l'humilité ont été si magnifiquement récompensées.- Pour montrer la nécessité de {farder Tordre et la subordination dans le nunistère ecclésiastique* il leur rappelle ce qui se passe dans les armées, où tous ne sont ni préfe s, ni tribuns, ni centurions, mais où chacun selon son rang, exécute les ordres de Tefflpereur et de ses chefs. Nous devons donc aussi faire avec ordre tout 'ce que Dieu nous a commandé. L'Eglise a sa hiérarchie comme Tarmée; il y a ofes fonctions particulières attribuées au souverain pontife ; les prêtres et les lévites ont aussi les leurs; et les laïques mêmes ont leurs obligations à remplir. « Que chacun de nous donc rende grâces à Dieu dans le rang où il l'a mis, vivant avec pureté, sans sortir de la règle du ministère qui lui est prescrit. » Saint Clément démontre aussi que Dieu même est l'auteur de la hiérarchie ecclésiastique. Il a envoyé Jésus- Christ, et à son tour, Jésus-Christ a envoyé les apôtres. Ceux-ci affermis dans la foi par le Saint-Esprit, ont annoncé partout les approches du royaume du cieU et établi 1^ Îrémices de ceux ^qu'ils avaient convertis a 'Evangile, évoques et diacres pour l'annon-
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car à leur tour. Il décrit les contestations arrivées du temps de Moïse au sujet du aacerdoce d'Aaron, et fait voir que les Corinthiens n'ont pu sans péché rejeter du sacré ministère ceux à qui les successeurs des apôtres Taraient confié, «et qui s'en acquittaient non-seuleraent sans reproche mais avec honneur. « Votre division, ajoute-t-il, a perverti plusieurs personnes, en a découragé plusieurs autres, en a jeté un grand nombre dans le doute, et tous dans l'affliction. 11 est honteux et indigne de la morale chrétienne d'entendre dire que l'Eglise de Corinthe, si ferme et si ancienne, se révolte contre les prêtres, par le fait d'une ou deux personnes. Ce bruit n'a pu venir jusqu'à nous, sans être recueilli par nos adversaires, de sorte que le nom du Seigneur a été blasphémé par votre imprudence. Otons donc promptement ce scandaledu milieu de nous; jetons-nous aux pieds du Seigneur, et supplions-le avec larmes de vouloir bien nous pardonner, et nous établir dans la gloire de la charité fraternelle. » —11 s'étend ensuite sur les louanges de la charité, qu'il relève par l'exemple de Moïse, gui demandait d'être effacé du livre de vie, s'il ne pouvait obtenir le pardon du peuple ; et par l'exem-
Jile des païens mêmes qui se sont quelquebis livrés à la mort ou à l'exil pour le salut de la nation. 11 leur propose plusieurs moyens de conserver l'union entre eux, et leur recommande oarticulièrement la correction fraternelle. « Vous donc, leur dit-il, qui avez commencé la sédition, soumettez-vous aux prêtres, et recevez la correction dans un esprit de pénitence. 11 vaut mieux pour vous être petits, mais fidèles dans le troupeau de Jésus-Christ, que d'en être chassés, en vous mettant par votre opinion au-dessus des autres. » Enfin, il termine en leur souhaitant, de la part de Notre-Seigneur Jésus-Christ , la foi, la crainte, la paix, la patience et lea autres vertus, et les prie do lui renvoyer avec diligence et avec joie Claude, Ephèbe, Yalère, Vitton et Fortunat, porteurs de cette lettre ; afin, dit-il , qu'ils nous apportent l'heureuse nouvelle de votre paix et de votre concorde, ce que nous désirons si ardemment.
Auire lettre aux Corinthiens. — Plusieurs critiques attribuent à saint Clément une autre lettre aux Corinthiens, qui serait même aotérieure à celle dont nous venons de rendre compte, et dont il ne nous reste ou'un Ions fragment, publié en latin par Goaefroi de Wendelin, et en grec par Patricius Junius. 11 parait en effet qu'il en est véritablement l'auteur. Saint Denis de Corinthe, dans sa lettre à Soter, évêque de Rome, atteste que de temps immémorial on la lisait dans son église. Saint Irénée la qualifie de trèspuissante et très-persuasive. Clément la rapporte dans ses Str ornâtes, rconforme au fragment que nous en avons. Origène la cite dans son Commentaire sur saint Jean et dans son livre des Principes, et il est faux, comme l'alfirme Burigny, qu'Eusèbe la rqette absolument, puisqu il n'en dit rien autre chose,
DiGTionn. DB Pathologie. 1/
sinon qu'elle n'était pas célèbre comme la
f>remière. Or ceci n'a rien de surprenant ; a première était écrite au nom de l'Eglise , et celle-ci simplement au nom du pape. Du reste, on remarque, dans le fragment que nous possédons de cette lettre, beaucoup de conformité avec la première, le même air d'antiquité, les mêmes paroles et plusieurs passages tirés des livres apocryphes.
L'objet principal que saint Clément se pi*opose dans cette lettre est d'exhorter les Corinthiens à mener une vie digne de leur vocation. C'est pourquoi il leur représente d'abord les sentiments qu'ils doivent avoir de Jésus-Christ, et qui sont les mêmes que nous avons de Dieu ; les motifs de reconnaissance .qu'il leur a donnés, en les appelant à la lumière de son Evangile. 11 montre que cette reconnaissance et ces actions do Kr&ces ne consistent pas seulement à confesser hautement sa divinité, mais à marcher dans la voie de ses préceptes. II ajoute que la vie de l'homme est partagée en deux temps ou deux siècles différents, l'un présent, l'autre futur, lesquels doivent être regardés comme deux ennemis irréconciliables : l'un ne prêche que le crime et les excès, l'autre au contraire les déteste et les condamne ; le siècle présent est destiné à la pénitence, afin de prévenir la colère et les supplices du siècle futur, dont l'avènement ei le jour sont incertains.
On a encore attribué à saint Clément deux lettres ad virgines, qui évidemment ne sont pas de lui.
Les Récognition»^ les Constitutions apostO' tiques étaient déjà citées sous son nom dès le second siècle, et ne furent reconnues comme apocryphes que du temps de saint Jérdme. Il en est de même de dix-neuf homélies, auxquelles on avait donné le nom de C/tfmentineSf pour faire croire à leur authenticité ; et de VEpitome ou histoire abrégée de la vie de saint Pierre. 11 n'est aucun de ces livres dont on n'ait démontré la supposition, 11 n'y a de réellement authentique que sa grande fpllre aux Corinthiens^ puisque, ainsi que nous l'avons vu, l'autre ne lui est attribaée que sur des probabilités.
Cette épltre est un des plus beaux monuments de l'antiquité. Les Pères en ont fait les plus pompeux éloçes, et, dès le second siècle, elle était généralement reçue de tout le monde. On la lisait publiquement dans l'église de Corinthe, plus de soixante-quinze ans après la mort de son auteur, comme nous le voyons par le témoignage de saint Denis ; et Eusèbe et saint Jérôme nous apprennent qu'on la lisait encore dans beaucoup d'autres églises de leur temps. Le style en est clair, simple, et sans aucun ornement étranger. C'est par là qu'il ressemble à celui des temps apostoliques, où l'on écrivait sans art et sans affectation. On y trouve aussi l'esprit et le caractère des épMres de saint Paul, dont il emprunte les penséiBS et quelquefois même les expressions ; ce qu'on remarque surtout dans ce qu'il dit du devoir
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des évoques, de rexcellence du doa do charité et de la foi qui justifie. Ce sont ces res* seoiblances sans doute qui ont fait supposer à plusieurs que saint Cli^ment avait traduit l'Epitre auxHébreuxt ou même qu*U^ea était l'auteur.
CLÉMENT II, élu pape au concile que le roi Henri le Noir avait rassemblé à Sutri, et sacré le jour de Noël 1046, succéda à <irégoire VI, dont Télection avait été invalidée, attendu qu^elle était entachée de simonie, que Benott IX et Silvestre lU existaient encore, et qu'ils n'avaient pas été légalement dépossédés. Le jour môme de son sacre, il couronna empereur le roi Henri et la reine Agnès, impératrice. Il tint à Rome un concile, où.l'on prit quelques dispositions pour extirper la simonie qui régnait impunément dans tout rOccidenl. Ensuite il accompagna dans la Pouille Tempereur qui le força d'excommunier les habitants de Bénévent, qui n'avaient pas voulule recevoir. De là il le suivit encore en Allemagne, oCi il mourut le 9 octobre 10^7. Il fut enterré à Bamberg, où Ton a conservé son tombeau. Aussitôt après son ordination. Clément II écrivit une lettre très-tendre & son Eglise de Bamberg, pour
jours cnerie ei qu u cnerissaii encore, ii ^ dit nettement que les trois papes gui vivaient encore n'en avaient obtenu le titre que par rapines, et fait mention des privilèges que deux de ses prédécesseurs» Jean XVIII et Benoit VIII, avaient accordés à l*église de Bamberg, aux instances de l'empereur saint Henri. Eccard a donné cette lettre dans son II* tome des EerivaiiM 4^ moyen àg: — Il y a une autre lettre de Clément II, aatée du 18 de février, de Tan lOliT, et adressée à Jean, archevAque de Saleme, par laquelle il ap« prouve sa tmnslation de Févéché de Pestane a celui de Saleme, à cause de la grande utilité qui en revenait à cette église. Dans le ooncile qu*il tint à Rome pour remédier aut abus de la simonie, on régla aussi la contestation de préséance entre l'arehevèque de Ravenne et celui de Milan, qui revendis
Suaient l'un et l'autre le droit de siéger à la roite du pape dans les assemblées solennelles. Le patriarche d'Aquilée formait aussi la même prétention. On produisit un catalogue des archevêques qui s'étaient trouvés au concile du pape Symmaque, et où i'ar* cbevôque de Milan avait la première place après le souverain pontife. Mais on opposa un décret du pape Jean, successeur de Symmaque, portant que 1 archevêque de Ra- Tenue, pour cette fois seulement et avec réserve de son droit, avait cédé la préséance à celui de Milan. De son c6té, le patriarche d'Aquiiée montra un privilège de Jean XIX,
!ui lui accordait la séance à la droite. On lia aux voix, et les sulTrages s'étant réunis iMi faveur de l'archevêque de Ravenne, le pape Clément décida que, suivant l'ancienne coutume, ce prélat serait assis à Ja droite, il moins ijue i%m()ereur ne tdi présent; dans ce cas il siégerait à la gauche.— La lettre
que le pape écrivit sur ce sujet est adrosséa à tous les enfants de l'Eglise.
CLÉMENT III, élu pape à Pise, le 19 dé* cembre 1187, succéda à Grégoire VUL Ose nommait Paulin, était Romain de naissance et cardinal évéque de Palestine. Ses premiers soins, après son couronnement, furent de traiter avec les Romains à roccasioo de la ville de Tusculum, qui était de soa domaine, mais que ceux-ci travaillaient à se soumettre depuis le pontificat d'Alexandre III. Les Romains tirent promettre au pape de la leur remettre aussitôt qu'il ea serait mattre absolu , ce qui s'eiécuta, oomme on peut le voira l'article de son successeur. Avant de quitter Pise, il reprit la négociation du recouvrement de la terre sainte commencée par Grégoire VIII. U j exhorta les Pisans et contia Tétendard de saint Pierre à Ubalde, leur archevêque, avec le titre de légat. Il confirma en même temps l'indulgence accordée aux croisés par son prédécesseur. Il composa une formule des prières qu'ils devaient réciter chaque JouTi et en ordonna de particulières pour la paii de rËglise, la délivrance de la terre sainte et des chrétiens retenus captifs chez les Sa^ rasins. Cette croisade fut la troisième qui eut Ueu sous Pbilippe-Auguste et Richard. Il bitit le monastère de Saint-Laurent hors des murs de Rome, et restaura le palais de Latran- A peine avait-il achevé ces traraui qu'il mourut le 27 mars 1191, après troii ans et trois mois de pontificat*
Nous avons de lui des lettres, des privilèges et des eonstitutions. La coatestation au Si\)et de révêcfaé de Saint-André en Ecosse durait toujours entre Jean et Hugues, qui sa le disputaient. Celui-ci» cité au tribuual da nape Urbaiu lU» ayant refusé de oomparaltrot Clément, en punition de sa contamace, lui retira son titrer le suspendit de ses fonctions épiscopales, déchargea s^ diocésains de IV béissance qu'ils lui avaient promise, fit ordonner au chapitre de Saint-André de choisir un nouvel évêque comme si le siège était vacant, et engagea les prélata d'Ecosse i f«ir^ réussir l'élection en faveur de Jean Dod*
Ïueld, dont il leur fait l'éloge. Sa iettra est atée de Pise» du 16 janvier 1188.
Le oiAme jour et sur la même aifairtf il écrivit à Guiltaumet roi d'Eoosse, pourTes* horter à recevoir l'évèque Jean ensesbonoas grAces; à Henri» roi d'Angleterre» pour j contraindre ce prince par l'autorité qo u avait sur lui; et au clergé de SaialrADuréi en l'obligeant à reconnaître Jean pour soo évéque et à lui obéir en tout. Par uûe eiaquième lettroi qui porte la mAma data» u ordonna à toua éveques d'aller à la cour de Guillaumei pour rengager à oabUer le< aujets de mécontentement qu'il préttadait avoir contre Jean» et à le laisser jouir paisiblement de révèchéde Saint-André ; d'aller aussi à cette église, d'en assembler le chapitre, et d'examiner avec soin si tout r était en ordre et dans un état ooovenalile. Cedii-* férend se termina par la cession que ieao at de l'évéch'é de Saint-André en&veor de
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Roger/ fils du comte de Leieester et chancelier de Guillaume. A ce prix il conserva son évêché de Donqueld, et le pape confirma le tout par une bulJe datée du 13 mars 1188.
Le pape Clément III, informé par un graM4 nombre de lettres, émanées de personnes respectables, que Dieu, par Tintercessioa d'Otton de Bamberg, apôtre de la Poméranie, opérait plusieurs miracles, écrivit à tous les évéaues de la province d'examiner avec soin la vérité de ces prodiges et Thistoire de la vie de ce pontife, et, au cas qu'ils trouveraient vrais les rapports qui lui avaient été faits, de le déclarer canonisé par le siège apostolique, et de Qxer.sa fête au jour de sa mort. Le même pape canonisa encore saint Etienne de Grandmont. — Le Cours complet de Pa^ trologie a reproduit tout ce qui reste de se«
CLÉMENT- (saint) d'Alexandrie [Titus F/avius CUmens)t docteur de l'Eglise, vécut vers la fin du ir siècle et dans les premières années du ui*. II naquit à Athènes, où il fit ses premières études, et il s'était déjà rendu savant dans les belles-lettres et dans la philosophie, lorsqu'il ouvrit les yeux k la lumière de l'Evangile. Une éloquence nouvelle commençait à s'élever avec une nou-> Telle religion. Des hommes qui avaient
f^uisé dans leurs opinions, ou plutôt dans eur foi, des lumières supérieures à celles ?ui avaient éclairé Platon, Démosthènes et icéron, fixaient alors l'attention de tout l'univers. Clément, dont l'esprit était naturellement juste et le cœur droit, ne put les enteudre parler sans chercher à les connal* tre, et ne put les connaître sans les admirer. Dès ce moment il ne songea plus qu'à se rendre habile comme eux dans les saintes Ecritures et dans la science du salut. Dans ce dessein, il parcourut la Grèce, l'Italie, l'Assyrie et la Palestine, pour voir les plus savants hommes de notre religion et apprendre d'eux la science de l'Eglise et la doctrine de la tradition. « L'un d'eux, dit-il, m'a instruit dans l'Ionie; j'en ai vu deux autres dans la Grande-Grèce, l'un était Syriaque et Ta utre Egyptien; j'en rencontrai deux autres encore, en Orient, un Juif d'origine et un Assyrien; mais celui que je rencontrai le dernier était le premier en mérite. Je le trouvai en Egypte^ où je m'arrêtai enfin, l'étudiant sans qu'il s'en aperçût. I» Cet illustre mattre, selon Eusôbe, était saint Pantène, catéchiste d'Alexandrie,
3ue notre saint compare à une abeille isx^ ustrieuse, qui, suçant les Qeurs de la prairie des apôtres et des prophètes, produisait, dans l'esprit de ses auditeurs un trésor iwr mortel de connaissances. Les leçons de cet habile catéchiste achevèrent de lui dessiller les veux sur l'extravagance du culte de ses ancêtres et sur la supériorité des dogmes du christianisme. 11 se fit baptiser, et bientôt après il fut choisi par TE^Iise d'Alexandrie pour remplacer saint Pantène que l'évêque Démétrius venait d'envoyer en mission dans les Indes. Son zèle et ses talents le rendirent célèbre et donnèrent à son
école une vogue prodigieuse. Sa méthode consistait à instruire d'abord ses élèves de ce qu'il j avait de plus judicieux dans la philosophie païenne, et principalement dans celle de Platon, dont U avait été autrefois le partisan zélé et pour laquelle il conserva toujours un secret attachement. Il insistait ensuite d'une manière particulière sur certains points de morale communs aux deux religions, tels que les pnncipes de la loi naturelle, la haine du crime, l'amour de la vertu, l'existence d'un être suprême, l'immortalité de l'Ame, etc.; puis il arrivait par degrés à la doctrine évangélique, dont il dé^ veloppait, avec ses talents ordinaires, et les avantages sur toutes les doctrines philoso-
Khiques, et l'influence immédiate sur le onueur des hommes. La persécution exci«> tée par l'empereur Sévère l'atteignit l'aa 202. Jugeant à propos de céder à 1 orage et d'épargner un crime de plus aux bourreaux des chrétiens, il abanoonna son école et Alexandrie pour se réfugier en Cappadoce ; de là il revint à Jérusalem, oii la craints des persécuteurs ne Tempêcha pas de prêcher la foi avec un éclat qui pouvait lui de^* venir funeste. De Jérusalem il se rendit à Antioche, la ville la plus codsidérable et la plus peuplée de l'Orient, où leohristianisme naissant avait fait beaucoup de prosélytes, mais où les sophistes avaient aussi beau* coup de partisans* Clément en parcourut toutes les Eglises, eut de longues et fréquentes conlérenoes avec les principaux néophytes, éclairant les uns par l'étendus de ses lumières, fortifiant les autres par l'intrépidité de son courage, les édifiant tous par la modestie de sa cooduitSé Enfin, la persécution cessant, il revint k Alexandrie* où il reprit ses fonctions de catéchiste qu'il exerça jusqu'à sa mort, arrivée en 217, sous le règne de Caracalla. Eusèbe, Photius, saint Jean Chrysostome et autres ont donné de grands éloges à son savoir et à sa vertu, et ces éloges nous paraissent justifiés par bùb ouvrages, dont nous allons rendre compte.
Exhortation aux paUn$. -^ Nous mettons oet écrit à la tête des ouvrages de saint Clé«> ment, parce que, dès avant le pontificat de Victor, c'est-à-dire avant 192, il l'avait déjà rendu célèbre entre les défenseurs de la aivinité de Jésus-Christ. Le but qu'il se propose dans csUs exhortation est d'engager les païens à ahandooner leurs fausses sip*
Bftrstitions et à embrasser la foi du vrai ieu. Il commence «par leur faire voir le ridicule des fables qui faisaient la matière ordinaire de leurs chants et de leurs poésies dramatiques, et après leur avoir inspiré du mépris pour toutes les fictions des dieux inventées par les poètes, il les exhorte à n'écouler que la vérité seule, qui, toute éclatante de lumière, eet deaeendue du ciel pour dissiper nos ténèt>res, ôter les sujets de haine entre Dieu et les hommes et leur apprendre les voies de la justice.
Le premier défaut que les païens trou* vaieat dans la religion chrétienne, c'est qu'elle était nouvelle. Saint Qément prétend
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au contraire qu*n n'en est point de plus ancienne. Les cnrétiens sont antérieurs à tous les peuples, puisque avant que le monde fût créé ils existaient déjà en Dieu, par la naissance spirituelle quils devaient recevoir de son Verbe, gui est le principe de toutes choses. « Quoique le Verbe, dit-il, ne se soit fait chair que dans les derniers temps, cela n*emp6cbe pas qu'il n'ait été touché de nos misères dès le commencement , puisque c'est lui qui, pour nous en délivrer et nous apprendre le chemin de la vertu, nous a parlé par Moïse et les prophètes, et est enfin venu lui-même. » Il insiste de nouveau sur la vanité des idoles, sur la fausseté de leurs oracles, sur les crimes des héros déifiés, et il apporte en preuve contre les païens la différence des sentiments de leurs philosophes sur le culte des dieux ; les uns en ayant reconnu la folie sans oser la combattre ouvertement ni embrasser la vérité, les autres ayant donné sur ce point dans les erreurs populaires ; d'autres enfin, honteux de rendre un culte divin à des figures de bois et de pierre, s'étant réduits à n'adorer que le feu, la terre et l'eau comme les principes de toutes choses. Il reconnaît toutefois qu'il y en a eu parmi eux qui n'ont admis qu'un seul Dieu , immortel et créateur de toutes choses ; entre autres Platon, Antisthène,P^thagore,Hésiode, Euripide et Orphée; mais il dit qu'ils avaient pour la plupart reçu cette doctrine des Hébreux.
Il en prouve la vérité par le témoignage de Moïse, de David, de Salomon, d'Isaïe, de Jérémie, d'Amos et de saint Paul, qui tous ont écrit nar l'inspiration de l'Ësprit-Saint. Ensuite il répond à l'objection de la coutume, qui était le plus grand obstacle à la conversion des païens. 11 leur fait voir qu'il est certains cas où il est permis d*abandonner les coutumes que nos pères nous ont transmises, surtout lorsqu'elles sont mauvaises, et aussi pernicieuses à ceux qui les suivent que l'est le culte des faux dieux, puisqu'il sera puni par des supplices éternels. Saint Clément conclut en les exhortant charitablement et avec force à se convertir au vrai Dieu, à croire en Jésus-Christ et à se faire baptiser, pour suivre sa doctrine, sa loi et ses conseils.
Livres du Pédagogue. — Saint Clément ayant appris à l'homme à connaître le vrai Dieu, dans le discours que nous venons d'analyser, en comûosa un autre, pour lui apprendre de quelle manière il doit vivre et régler ses mœurs ; c'est pourquoi il donna à ce second ouvrage le titre de Pédagogue ou Précepteur. Il le divisa en trois livres, que Ton a depuis distribués en chapitres.
Dans le premier livre, saint Clément explique d'abord ce qu'il entend par son pédagogue. C'est un maître destiné à former un enfant dans la vertu et à le faire passer à l'état d'homme parfait. Lé maître qu'il nous propose n'est autre que Jésus-Christ. Ceux qu il soumet à sa discipline sont les . nouveaux baptisés. Ce divin pédagogue, comme Dieu, nous remet les péchés, et
comme homme nous en préserve par ses instructions, qu'il donne également à*tous, parce que tous n'ont qu'un même Dieu e( ne composent qu'une même Eglise. U réduit tous ses disciples à une heureuse enfance, qui consiste dans une foi pure, dans la simplicité du cœur, dans l'inDoceoce de la vie^ et surtout dans la soumission à suivre Jésus-Christ dans les voies du salut. C'est lui le vrai guide des peuples, dont Dieu dit à Moïse : Mon ange marchera drraia vous. Mais au lieu qu'il conduisait les Israélites par la crainte, il conduit les chrétiens par l'amour. Si Dieu a pour les hommes ua amour si tendre, disaient quelques-uns, pourquoi les punit-il et se met-il en colère contre eux? « Ce n'est point, dit saint Clément, par aversion, puisque, étant en droit de les perdre, il a mieux aimé mourir pour les sauver; mais ce sage conducteur use de tous les moyens pour redresser nos pas. S'il menace, c'est que la crainte rend attentif au devoir ; mais en différant de punir, il fait assez connaître la bonne volonté qu'il a pour nous. S'il nous punit, ce n'est ni par colère ni par vengeance ; mais c'est que sa justice l'exige et qu'il ne peut la violer pour nous. » C'est ce que saint Clément prouve par un grand nombre de passages de TEcriture, et il conclut ce premier livre en faisant voir que la vie chrétienne consiste dans la foi et dans la pratique des commandements de Dieu, et que la fin de la piété est le repos éternel dont on jouit en possédant Dieu.
Le second livre est employé à régler les mœurs en détail. Saint Clément veut que la nourriture se mesure, non sur le plaisir, mais sur la nécessité de vivre. Il veut qu'elle soit simple et qu'elle n'ait rien d'exquis et de délicieux. Il blâme ceux qui garnissent leurs tables de viandes, de poissons ou de légumes qu'ils font venir à grands frais des pays éloignés. S*il est nécessaire d'user de chair bouillie ou rôtie, on peut le faire, dit saint Clément; on peut aussi user de quantité de mets que la nature nous fournit, pourvu que ce soit avec modération. Un repas par jour doit suffire, deux tout au plus, c'est-à-dire, outre le souper, un déjeûner de pain sec, sans boire. Quoique l'usage de toutes sortes de viandes soit indifférent en lui-même, on doit néanmoins s'abstenir de celles qui ont été immolées aux idoles, à cause de notre conscience qui doit rester pure, par la haine que nous devons porter aux démons, et pour éviter le scandale que notre conduite pourrait causer aux âmes faibles. » U y avait des chrétiens qui «)nvertissaient les agapes en festins; saint Clément les blâme et leur dit qu'ils se trompent, s'ils se flattent d'obtenir l'effet des Eromesses de Dieu par des repas qui le désonorent. Pour la boisson, il conclut de l* permission que saint Paul accorde à Timothée, d'user d'un peu de vin à cause de ses fréquentes maladies, çjue l'eau est la boisson naturelle de ceux qui sont en santé. U croij cependant que l'usage du vin est permis, et il le prouve même contre les encratites,
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par Texeraple de Jésus-Chrisi ; mais il conseille d'en boire peu, et seulement le soir, parce qu'alors les occupations moins sérieuses ne demandent plus une aussi grave attention. Il le défend absolument aux jeunes cens, l'ardeur du vin étant incompatible avec le feu d'un Age si bouillant ; mais il le permet aux vieillards pour réveiller leur vigueur que l'Age a ralentie, et rétablir, par ce remède innocent , leurs forces us^s.
Saint Clément définit l'ivrognerie, un usage immodéré du vin ; et pour en inspirer l'horreur, il en décrit toutes les suites de la façon la plus naturelle. Il défend tout ce qui sent le luxe dans les meubles et dans la vaisselle. Le Fils de Dieu demanda à boire à la Samaritaine qui puisait de l'eau dans un vase de terre ; il nous apprit, par son exemple, qu'on peut aisément se passer d'un vase précieux.
Il oannit des repas les instruments de musique et les chansons profanes, les éclats de rires qui annoncent trop de liberté. Pour ce qui est des mauvais plaisants , il veut qu'on les exclue de la république chrétienne ; cependant, il ne désapprouve point les paroles agréables, prononcées pour réjouir; mais il interdit toute parole équivoque et ne permet pas même ae s'occuper de baga* telles, parce qu'il est presque impossible de ne pas pécher en parlant beaucoup. Il donne ensuite plusieurs préceptes de civilité et de politesse à suivre dans les conversations et le commerce ordinaire de la vie; et il condamne l'usage excessif des parfums et des fleurs, qu'il regarde comme des amorces de la volupté. Il règle aussi la manière de passer la nuit. Il veut qu'on dorme peu, afin d'allonger la vie dont le sommeil consume inutilement la moitié; les lits ne doivent être ni trop moelleux ni trop durs, mais nro-
(>res à^nou$ garantir de la chaleur penuant 'été et du froid pendant l'hiver. Dans les chapitres suivants, il traite à fond la matière de la chasteté. La seule un de l'union des deux sexes est d'avoir des enfants pour en faire des gens de bien. C'est agir contre la raison et contre les lois de ne rechercher
Sue le plaisir dans le mariage; mais on ne oit pas non plus s'abstenir dans la seule crainte d'avoir des enfants. Il traite ensuite des vêtements, et veut qu'ils soient simples, éloignés du faste , blancs et sans aucune teinture, ni trop longs ni trop courts, suffisants, en un mot, pour garantir du froid et de l'incommodité ae la chaleur. Comme l'usage des vêtements est commun aux deux ' sexes, la forme en peut être commune; seulement il permet un peu plus de délicatesse dans les habits des femmes, à cause de leur faiblesse; mais il leur défend de découvrir aucune partie de leur corps, pas même leurs bras ni le bout de leurs pieds. 11 condambe l'usage du fard et la passion que les femmes avaient pour les ornements a*or et d'argent et pour tes pierres précieuses. « La pudeur et la modestie sont vos colliers et les tours de perles que Dieu vous ordonne de porter. Me liûtes point percer vos oreilles pour j
attacher des perles; il n'est pas permis de violenter, la nature qui a établi les oreilles comme deux conduits pour donner passage aux saintes instructions. »
Dans le troisième livre, il examine en quoi consiste la véritable beauté, et dît qu'il n'y en a point d'autre que celle qui est intérieure. Il la divise en deux espèces : la première est la faculté qu'a notre âme de raisonner; la seconde est la charité. C'est donc à embellir l'âme qu'il faut mettre tous ses soins, et à la parer des ornements de la vertu; mais il est indigne d'une honnête femme, et t-.ncore plus d'un honnête homme, de parer son corps avec tant d'art. Il blâme dans les femmes leur application continuelle à se rendre la chair molle et délicate, échanger la couleur naturelle de leurs cheveux, à se teindre les joues, les yeux, les sourcils; dans les hommes, il reprend le trop grand soin de se couper les cheveux, de se peigner, de se raser, de se parfumer, et il dit 3ue par là ils tombent dans la mollesse et eviennent tout efféminés. 11 condamne la multitude des esclaves, la magnificence des bains, l'usage immodéré que les femmes en faisaient, et le peu de décence qu'elles y gardaient, même en présence des hommes.
11 fait voir ensuite que le véritable riche n'est pas celui qui possède de grandes richesses, mais celui qui se sert de son bien et qui le communique. Les véritables richesses sont la justice, l'équité, la frugalité, la droite raison; ainsi il ny a que le chrétien qui soit véritablement riche. Il conseille aux hommes les exercices du corps et les durs travaux; aux femmes le soin du ménage et les travaux domestiques. Il condamne tous les jeux de hasard, les spectacles du cirque et des théâtres , qui sont une source de corruption pour les mœurs. Lorsque les hommes et les femmes vont k l'Eglise, ils doivent y aller modestement, d'un pas grave, en silence, chastes de corps et dis cœur, et disposés à bien prier. C'était alors la coutume ae se donner le baiser de paix dans l'église ; saint Clément exhorte les chrétiens à n'en point abuser, et à pratiquer saintement une coutume toute mystique el toute sainte.
Le dernier chapitre est un tissu de passages tirés de l'Ecriture, et qui renferment les maximes et les devoirs de la vie chrétienne dans toutes les positions de la société. Saint Clément finit son Pédagogue par une prière qu'il adresse au Verbe divin, pour lui demander le secours de sa grâce, et déclare en ces termes sa croyance sur la trinité des personnes en Dieu : « Que le Saint-Esprit nous prévienne de ses grâces, et que nous passions notre vie à vous louer, à vous remercier, à reconnaître les bontés du Père et du Fils, qui a bien voulu être notre maître, qui est tout en toutes choses, qui comprend tout, qui a tout fait, qui conserve tout, dont nous sommes les membres, qui est le père de la gloire et des siècles, qui est souverainement bon et sage, la beauté
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DICTIONNAIRE DE PATROLOGOl.
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même et parfait ea toutes choses, et à qui la gloire appartient dans tous les siècles. » Sirotnates. — L*ouvnsge auquel saint Cléi ment a donné le nom de Str ornâtes ou Ta- '' piiserieSf est un recueil en huit livres, sans méthode et sans suite, de pensées chrétiennes et de maximes philosophiques, que Tauteur parait avoir écrites au jour le jour, et destinées à lui servir de répertoire et comme de supplément à sa mémoire. Il y traite pôle-méle divers sujets de morale, de métaphysique et de théologie.
Le princif)al sujet du premier livre est de montrer Tulilité de la philosophie humaine à un chrétien, quand ce ne serait que pour la réfuter avec connaissance de cause. Il dit qu'elle a servi aux Grecs pour les préparer h TEvangile, comme la loi de Moïse aux Hé* breux. Il rapporle l'origine des sciences et des arts, et 1 histoire de la philosophie chez tous les peuples. Il montre que celle des fiébreux est la plus ancienne ae toutes, sui- Tant la méthode de Tatien, qu^il cite en le nommant. Il marque exactement la chronologie, et compte depuis la naissance de Jésus-Christ jusqu'à la mort de Tempereur Commode IM ans et un mois, ce qui re* vient à Tan Ifô selon nous, car les Alexandrins mettaient la naissance de Jésus-Christ deux années plus tard. Il rapporte diverses opinions touchant le jour de la oaissance du Sauveur et celui de sa passion.
Dans le second livre, il dit : « La foi que les Grecs décrient comme vaine et barbare, est un préjugé volontaire, un consentement
Ïieux. » IL montre, contre les disciples de asilide et de Valentin, que la fo( n«st pas naturelle 4 certains hommes, mais qu'elle vient de tour choix. Il déûnit l*infidèle, celui qui aime volontairement le faux. Il montre que le commencement de toutes les sciences n'est pas la démonstration, mais la foi; que la foi vient de la pénitence; qu'il y en a une première pour ceux qui ont vécu dans l'ignorance de la genlilité, et une seconde que Pieu accorde par sa bonté à ceux qui sont tombés dans quelque péché étant chrétiens. Û commence ensuite à traiter du mariage. H rapi)orte là-de»su6 les diverses opinions des philosophes. Les épicuriens le rejetaient comme un embarras; les stoïciens le tenaient pour indifférent, les péripatéticiens l'admettaient comme un bien, mais de quelque manière qu'ils en parlassent, la plupart vivaient en débauchés. Il rapporte ces raisons pour approuver le mariage; et il en trouve aautrès dans la conformation naturelle des corps, dans rintention du Créateur, Crescite et mul- Hplicamini. C'est une perfection de produire son semblable, pour remplir sa piace; et dans Jes maladies et la vieillesse, rien ne supplée aux secours de la femme et des enfiints. 11 recommande la sainteté de cette société.
Bans le troisième livre, il continue cette ttiatière et réfute les hérétiques qui combattaient le mariage par des excès opposés. Les ilicolaïtes voulaient que les femmes fussent jfKumunes comm^ les autres biens; les
marcionites, croyant la matière mauvaise, s'abstenaient du mariage pour ne pas emplir le monde fait par le Créateur; Tatien condamnait aussi le mariage, comme détoornant de la prière et faisant servir deux maîtres. Dieu et la chair; Jules Cassien, discipie de Valentin, était de la même opinion, et plutôt que d approuver la gc-aération, Q disait que Jésus -Christ n'avait eu quun corps fantastique. Les premiers hérétiques disaient qu'on pouvait vivre comme on voulait, et user inclifTéremment de la liberté de l'Evangile. L'autre genre dhénHiques pou^ sait la continence à l'excès, disant que toute union des sexes est criminelle, et condamnant même leur propi*e origine. Ils se vantaient d'imiter le Seigneur, mais ils ne considéraient pas que Jésus-Christ n'avait besoin ni de secours ni de postérité, puisqu'il était immortel et Gis unique de Dieu. Saint Clément leur applique la prédiction de saint Paul, touchant ceux qui, dans les di*rniers temps, viendraient dérendre le mariage, et leur oppose l'exemple de saint Pierre et de saint Philippe, qui étaient mariés et avai^it des enfants. Il dit que « la continence des païens ne va qu'à combattre les désirs pour ne pas aller jusqu'aux œuvres, jouissant cependant du plaisir de la pensée; celle des chrétiens consiste à ne pas même désirer, mais on ne peut avoir cette continence que par la grâce de Dieu. »
Dans le quatrième livre, il traite du martyre, et premièrement il montre ce que c'est que la mort et comment on doit la mépriser; puis il témoigne que le vrai martyr ne donne pas sa vie seulement par la crainte des peines éternelles ou l'espérance des récompeaçes, mais par une vraie charité* U combat deux sortes d'hérétiques : les uns disaient c que le vrai martyre était la connaissance du vrai Dieu, mais que celui qui le confessait, aux dépens de sa vie, était homicide de lui-même, d D'autres s'eoipressaient à la livrer eux-^nêmes à la mort^ en haine du créateur. Les païens disaient : Si dm a soin de vous, pourquoi permet-il que vous soyez persécutés et rais à mort? — Saial Clément répond : « Nous ne croyons {lasque Dieu veuille les persécutions; mais il les a prévues et nous en a avertis, afin de noos exercer à la fermeté; et d'ailleurs, nous ne sommes pas seuls exposés à des supplices** — Mais les autres, ajoutaient les païens» s<>Dt des criminels? — « Ainsi, réipond saint Clément, ils reconnaissent eux-^nènaes notre innocence et l'iiyustice de notre chitiioeat; OT lïnjustice du juge ne fait rien contre la Providence. » — Mais enfin, continuaient Iw païens, pourquoi Dieu ne woiks secourt-u pas? — <i Ehl quel mal nous fait-on, reprenait saint Clément, de nous rendre p»r la mort la liberté de retourner au Seigneur? ■ Il réfute r^rreur de Basilide, qui, pour saiver la Providence, voulait que tous ceuiqitt souffraieil eussent péché au moins dans une vie antérieure, et if soutient que la persécution n'arrive ni par la volonté ni (^^ ]% volonté de Dieu^ mUs par ^ par^iMoa»
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DICTIONNAIRE DE PATHOIOCIE.
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Il explique Tamour des ennemis, en distinguant le péché d*avec l'homme pécheur, et dit nettement aue Tinimitié et le péché ne sont rien sans le pécheur et sans rennemi. Il dit que « la yertu est ce qui dépend le plus de nous, et que personne ne peut nous en détourner; car c'est un don de Diou qui n'appartient qu'^ lui seul. » En quoi il marque clairement Taccord de là grâce et du libre arbitre. Pour montrer la perfection du ?rai chrétien. qu*il appelle gnostigue^ il dit
Îue « ai, par impossiule, la connaissance de lieu pouvait être séparée du salut éternel» {1 choisirait, sans hésiterja connaissance... » — Il ajoute que « celui qui n'est iusle que par la crainte de la peine ou de la naine des nommes, n*est bon que par intérêt ; comme aussi celui qui ne s^abstienl du orime aue par l'espérance de la récompense qpa'il aoit recevoir même de Dieu; ..... » et u flnit en disant que « Dieu châtie car Irois raisons : pour rendre meilleur celui qui est châtié, pour donner un exemple aux autres, et afin que celui qui souffre Tiqure ne soit pas méprisé. »
Le cinquième livre des Stromates est principalement consacré à montrer que les Grecs avaient pris des barbares, et en particulier des Hébreux, toute leur sagesse et la manière de renseigner. Il montre Tusage et l'antiquité des symboles et des énigmes. Il en rend raison, et dit que c'est pour aider la mémoire par la brièveté, pour ne communiquer la vraie philosophie et la vraie théologie qu'à ceux dont la fidélité et les mœurs seraient éprouvées; afin que ceux qui voudraient s'instruire eussent besoin de maître; enfin pour leur rendre la vérité plus vénérable par la difficulté de s'en approcher. Il dit que « la grande difficulté de parler de JDieu vient de ce qu'il est le premier principe de tout; or, en chaque chose, le principe est difficile à trouver. Comment exprimer celui qui n'est ni genr», ai différence, ni espèce, ni individu, ni nombre, ni accident, ni sujet? Ce n'est pas mémo bien dit de l'ap^ peler tout, car Dieu est le père de tout ; il ne faut pas dire non plus qu'il iiit des parties, l'unité est indivisible ; on ue peut lui assigner un espace, il est inôni ; oa ne peut lui donner un nom, parce qu'il n'en est au^ cun qui lui soit propre. On Glanait lea cho*seSt ou par ce qu'elles sont, ou par le rap*port qu elles ont les unes aux autres ; et rien de tout cel^ m convient è Ôleu. On ne peut le comprendre non plus par Auoune science démonstrative, car toute science est fondée sur ce qui est antérieur el connu, et rien ne précède l'éternel. II ne reste donc pour le connaître que sa grâce et son Verbe. »
Il commence, dans le sixième livre, à donner l'idée de gnos tique et de la vertu chrétienne, dont son Pédagogue ne contenait que les premiers élémenis. « Le véritable gnostique, dit-il, tels que l'étaient les apô- Ires, sait tout et comprend tout,- par une connaissance certaine. Cette science ou gno$€^ d'où il prend sou nom, est le principe
de ses desseins ou de ses actions, et s*étond môme aux otgets qui sont incompréhensibles aux autres hommes, |>arce qu'il est disciple du Verbe, à qui rien n'est incompréhensible. La foi est une connaissance somma re des vérités les plus nécessaires. La science est une démonstration ferme de ce qu'on a appris par la foi; et la philosophie prépare à la foi, sur hiqucUe est fondée la science. »
11 trace ensuite un portrait du gnostique, qui résume Tidéal de toutes les perfections humaines élevées jusqu'à dos proportions qui ne sont déjà plu9 de la terre, puisgu'il leur accorde presque la stabilité de l'éternité. Il s'est rendu maître de toutes les passions qui peuvent troubler TÂme, et il n'est plus sujet qu'à celles qui sont nécessaires pour l'entretien du corps. « Il aura besoin de peu, et de ce peu m(>me il ne fera pas son capital et ne s'y appliquera qu'autant qu'il sera nécessaire. Il comptera pour une
i)erte le temps qu'il sern obligé de donner è a nourriture. » Saint Clément montre ensuite qdel usage son gnostique pourra faire de toutes les sciences humaines. Ce sera sa récréation, quand il voudra se reposer d'occupations plus sérieuses.— « C'est une faiblesse, dit-il, de craindre la philosophie des païens. La foi qui peut être ruinée par leur raisonnement est une foi bien fragile; la vérité est inébranlable ; la fausse opinion s'efface. ».•• La philosophie n'a plu qu aux Grecs, et non pas à tous. Chaque philosophe n'a eu que peu de disciples. La doctrine de notre maître n'est pas demeurée dans la Judée, elle e'e&t répandue par toute U terre ; persuadant les Grecs, les barbares, en chaque nation, chaque ville, chaque bourgade. La philosophie païenne s'évanouit aussitôt que le moindre magistrat la défend; notre dootrine, depuis qu'elle a commencé d'être annoncée, est condamnée par les empereurs, les rois, les gouverneurs; toutes les pni9« aances l'attaquent et font leurs efforts pour l'exterminer, et cependant elle fleurit de plus en plus. »
Dans le septième livre, saint Clément montre que le gnostique est seul véritablement pieux, et réfute ainsi la calomnie d*athéisme, dont les païens se disaient un prétexte de persécutions. « La piété du gnostique, dit41, parait dans le soin contiftu^l qu'il prend de son Ame, et dans son application à Dieu par une charité qm ne eeese point. À l'égard des hommes , il y a deux sortes do services : l'un pour les t^ndre meilleurs, l'autre pour les soulager. Dans TEglise, les prêtres s'acquittent du premier et les diacres du second. Le gnos* tique sert ainsi Dieu dans les hommes, ^an» pliqunnt à les ramènera lui. ... L'action du g^iostique parfait est de converser avec Dieu par le grand pontife, auquel il s'efforce de ressembler. Les sacrifices agréables à Dieu
sont les vertus Le culfe extérieur était
toute la religion des païens; Dieu ne cherche pas le luxe, mais l'affection dans le sacrifice. L'image de Dieu ta plus ressem*
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blante est l'Ame du juste, formée sur le modèle de la loi éternelle du Verbe, qui est la première image de Dieu. » Ceci est dit pour opposer aux idoles l'image du vrai Dieu. « Le gDOstique honore Dieu, non en certains lieux déterminés, ni en certains jours de
fêtes, mais toute sa vie et en tout heu II
fait du bien, autant qu*il peut à tous les hommes. S*il est constitué en autorité, comme Moïse, il gouverne ceux qui lui sont soumis pour leur salut... Comme un homme vulgaire demande à Dieu la santé, ainsi le gnostique demande la persévérance dans la
vertu Sa prière vocale ne consiste pas
en beaucoup de paroles; il prie en tout lieu, mais en secret, dans le fond de son Ame... U rend toujours gloire à Dieu, comme les séraphins dlsaïe. » Saint Clément répond ensuite à Tobjection que les païens et les juifs tiraient de la multitude des hérésies , et montre qu'elles ne devaient détourner personne d'embrasser la foi, puisqu'il y avait aussi différentes sectes chez les juifs et chez les philosophes grecs; au contraire, c'est un motif pour s'appiiauer plusfortement à chercher la vérité et àia distinguer de l'erreur. U y a des règles infaillibles pour la discerner. La doctrine la plus exacte n'est que dans l'ancienne Eglise, la seule
2ui soit vraie et fondée sur les Ecritures, es hérétiques se sont révoltés contre les traditions de l'Eglise, pour se jeter dans des opinions humaines. Ils se servent des Ecritures, mais ils en retranchent des livres entiers et tronquent les autres. Souvent, quand ils sont convaincus, ils ont honte de leurs dogmes et les nient. « Il est facile, dit le saint docteur, de montrer que leurs assemblées humaines sont plus nouvelles que TEglise catholique. Le Seigneur est venu sous Auguste et a prêché vers le milieu du règne de Tibère; la prédication de ses apôtres, jusqu'au ministère de Paul, finit au règne de Néron. Les auteurs des hérésies sont venus plus tard, vers le temps de l'empereur Adrien, et ont duré jusqu'au vieil Antonin; comme Basilide, quoiqu'il se vante d'avoir ' été disciple de Glaucias, interprète de saint Pierre; comme Valentin, qui se range parmi les auditeurs de Théodote, qui avait suivi saint Paul; comme Mercion et les autres du môme temps. Cela étant, il est clair que ces hérésies et celles qui sont venues ensuite sont sorties de l'KgUse la plus ancieniie et la plus vraie, après en avoir falsifié la doetrine ; et que, par conséquent, il nV a qu'une seule Eglise que les hérétiques s'efiorcent de scinder, comme il n'y a qu'un seul Seigneur et un seul Dieu. » U nomme les hérésies de son temps, celles de Valentin, de Marcion et de Basilide, les pératiques, les phrygiens, les encratites, les docites, les nématites, les caïnites, les ophianieus, les eutychites et les simoniens. Il rejette l'opinion de quelques-uns, qui disaient que la sainte Vierge était accouchée comme les autres femmes.
Dans le huitième livre des Str ornâtes^ l'auteur fait d'abord remarquer réibignement
que les chrétiens et les anciens poilosophes avaient pour les disputes et les contestation$. Il expose ensuite les préceptes de métaphysique, pour établir contre les pyrrhoniens qu'il y a des connaissances certaines, et donner les moyens de les acquérir. U veut que tous ceux oui s'appliquent soit à l'étude des divines Ecritures, soit aui sciences humaines, aient pour but de se rendre utiles. Ensuite il traite de la dé^ monstration du syllogisme, de la définitioo, de la proposition, de la division, du genre, de l'espèce, de la différence et de toutes les règles de la dialectique.
Quel riche sera sauvé? — Ce discours est une explication des paroles que Jésus-Christ adressa à un jeune homme riche qui lui demandait ce qu'il fallait faiire pour arriver à la perfection? Allez^ lui dit U Sauteur, vendez vos biens, distribuez-en le prix aux pauvres , et vous aurez un trésor dans le ciel. Saint Clément pense que ces paroles ne doivent pas être prises à la lettre ; qu'il n'est pas nécessaire, pour être sauvé, de renoncer aux biens de la terre, mais qu'il est indispensable d'en faire un bon usage; subsidîairemenl, il y parle de ramour de Dieu comme principe ue vie, et de Tamour da prochain comme règle de nos actions. —Il débute par de fortes invectives contre ceui qui, au lieu d'apprendre aux riches l'usage qu'ils doivent faire de leurs richesses, leur donnent des louanges excessives. Ensuite il dit que la raison qui rend l'entrée du ciel plus facile aux pauvres qu'aux riches, c'est que ceux-ci perdent couraçe et se désespèrent en su faisant une application complète des paroles de l'Evangile, sans se mettre ea peine d'examiner qui sont ceux que le Sauveur a désignés sous le nom de riches et dans quel sens ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. — Après ee préambule, saint Clément explique l ses auditeurs le sens des paroles de Jésus-Christ touchant le péril des richesses, et fait Toir gu'il ne prescrit point aux riches de se défaire de tout leur bien, mais de modérer la trop grande ardeur qu'ils témoignent à amasser des richesses. Ii ajoute que le Sauveur n'ordonna point à Zachée de se défaire de ses trésors, mais qu'il en bénit en lui le bon usage. « Les richesses, dit-il, sont comme la matière et les instruments des bonnes œuvres; mais elles sont une occasion de chute à ceux qui en abusent. Et cependant, de leur nature, elles sont indifférentes et incapables par elles-mêmes de porter au crime. Ainsi, le précepte d'y renoncer regarde les mauvaises inclinations de l'âme dont nous sommes obligés de nous défaire. » Saint Clément montre ensuite comment les richesses peuvent devenir aux riches un gage de salut, s'ils sont fidèles à accomplir les commandements oui prescrivent l'amour de Dieu et du procnain. Il les exhorte à faire l'aumône, et il recommande en particulier les. vieillards pieui, les orphelins de bonnes mœurs, les veuves d'une douceur éprouvée, et les hommes doués de
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charité. « Ce sont là, dit-il, les amis, les défenseurs gue vous devez vous procurer au- Erès de Dieu, par le moyen de vos richesses. ,'un priera pour votre salut, l'autre vous soulagera dans vos peines; celui-ci répandra des larmes et gémira pour vous devant le Seigneur, celui-là vous donnera des avis salutaires; enfin tous vous aimeront sans feinte et sans déguisement, d'une amitié sincère et désintéressée. » Pour engager encore plus fortement les riches à soulager les Sauvres, il leur met devant les yeux l'amour e Dieu , poussé jusqu'à cet excès de donner sa vie pour chacun de nous; puis il sgoute : « La foi ne subsistera plus lorsque nous verrons Dieu à découvert; l'espérance changera lorsque nous jouirons des choses que nous attendons mam tenant ; ma^s plus la charité croit, et plus elle se perfectionne. Quand on est animé de cette vertu, quelques mauvaises actions que l'on ait commises, de quelques crimes que l'on soit coupable, on peut les effacer par une sincère pénitence soutenue de la cnarité. Il donne pour modèle d'une vraie pénitence celle de ce jeune homme converti par saint Jean, confié après sa conversion a l'évoque d'E-
f)hèse, qu'il quitta pour se faire chef de voeurs, et ennn ramené au bercail par le pieux apôtre qui ne dédaigna point de courir après la brebis égarée jusqu'à ce qu'il l'eut atteinte, réconciliée avec l'Eglise, rétablie dans la participation des sacrements, par des jeûnes et des mortifications continuelles qu'il s'imposa avec elle. Saint Clément conclut de ce grand exemple de pénitence, que ceux qui, après avoir péché, ne se mettent pas en peine d'en obtenir le pardon, doivent rejeter sur eux-mêmes la cause de leur perte, et ne s'en prendre ni aux richesses ni à Dieu.
Hypotyposes. — Cet ouvrage, dont il ne nous reste plus que des fragments, était originairement divisé en huit livres, comme les Siromatesj avec le titre (ïHypotyposes ou Instructions. Saint Clément le composa peu de temps après sa conversion, et dans un moment où, peu instruit encore des dogmes de la religion chrétienne, il crut possible de les concilier et de les arranger avec les principes de la philosophie platonicienne. Cette erreur, qui lui a été souvent reprochée, était excusable et devait être facilement pardonnée, à cause du zèle et de la bonne foi du jeune catéchumène.
Il paratt par Eusèbe que saint Clément donnait dans cet écrit, (jui n'est pas venu jusqu'à nous, une explication abrégée de toute l'Ecriture, même des livres contestés. Il y rapportait ce qu'il avait appris des anciens sur Tordre des Evangiles, et disait que ceux qui contiennent la généalogie du Sauveur ont été écrits les premiers ; que celui de saint Marc fut écrit à la prière de ceux qui avaient reçu la parole de Dieu de la bouche de saint Pierre ; que saint Jean a>ant lu les trois Evangiles, et reconnu ^uu la doctrine qui regarde l'humanité de Juàus-Christ, y était suffisamment expliquée, il entreprit,
par l'inspiration de TEsprit-Saint, d'en écrire un autre plus spirituel et plus relevé. 11 y a encore un fragment dans les extraits des prophètes, où Ton voit ces paroles remarquables : «Les anciens prêtres n'écrivaient point, ne voulant pas se détourner du soin d'enseigner par celui d'écrire, ni employer à écrire le temps qu'ils avaient pour préméditer ce qu'ils devaient dire. Peut-être aussi ne croyaient-ils pas que le même naturel pût réussir également à composer et à instruire; car la parole coule facilement et peut enlever proniptement l'auditeur, mais l'écrit reste exposé à la censure de chacun, qui
Eeut l'examiner jusqu'à la dernière rigueur, 'écrit sert à assurer pour ainsi dire la doctrine, faisant passer à la postérité la tradition des anciens par le ministère des écrivains. Or, comme de plusieurs matières l'aimant n'attire que le fer, ainsi de plusieurs lecteurs les livres n'attirent que ceux qui sont capables de les entendre. Mais le gnostique n'es>t pas jaloux; il donnera à celui qui n'en est pas uigne plutôt que de refuser à celui qui 1 est; et quelquefois, par un accès de cnarité, il communiquera sa doctrine à un indigne qui l'en prie instamment, non à cause de sa prière, car il ne cherche pas la gloire, mais à cause de sa persévérance à prier, parce aue cette persévérance est une disposition à la foi. »
Photius parle des Hypotyposes de saint Clément d'une façon tout à fait désavantageuse, mais on ne peut douter que les exemplaires qu'il avait entre les mains n'aient été corrompus , puisque ni Eusèbe ni saint Jérôme, qui ont parlé des mêmes livres, n'y ont remarqué aucune des erreurs dont Photius fait mention. Nous voyons au contraire que saint Jérôme en fait Teloge dans une de ses lettres, où il dit : « Clément, prêtre do l'Eglise d'Alexandrie, qui, à mon sens, est le plus habile de tous ceux qui ont écrit sur la religion, a fait huit livres intitulés, des Stromates^ et huit autres oui ont pour titre, Expositions. Qu'y a-t-il, aans tous ces ouvrages, qui ne soit plein d'érudition et de tout ce qu'il y a de plus curieux et de plus recherché dans la philosophie? » Dès le temps de Rufin, l'hérésie avait déjà corrompu les écrits de saint Clément, et, dans la suite des siècles, cette interpolation a souvent servi de prétexte pour accuser un écrivain si célèbre par sa science et si orthodoxe dans tous ses sentiments. De tous les auteurs anciens, il n'en est point cependant qui aient possédé une érudition plus vaste. Ses livres sont pleins de passages des auteurs sacrés et profanes, et il développe tout ce qu'il y a de plus mystérieux dans les lettres saintes, et de plus instructif dans les sciences humaines. Aussi est-il regardé dans l'Eglise comme le plus excellent maître de la philosophie chrétienne. Son style est tonjours orné, souvent éloquent, quelquefois sublime; c'est la justice que lui rendent Eugèl)e et Photius; mais on trouve de l'obscurité, de la négligence et même de la dureté dans celui des Stromates et des Hypotyposes.
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Saint JérOme appelle saint Clément le plus savant des écrivains ecclésiastiques; Théodoret prétend aue nul ne Ta surpassé en lumières et en éloquence; et saint Alexandre de Jérusalem donne les plus grands éloges à la sainteté de sa vie. D*après tant et de si respectables témoignages, on a raison d'être surpris que le nom de ce saint docteur ne soit pas inscrit dans le Martyrologe romain; on Test bien davantage encore d'apprendre ^ue le savant Benoit XIV a publié, en 1749, vne dissertation tendant à prouver qu'il n'y i pas eu de raison suffisante de l'y établir; pais ni l'autorité de Benoît XIV ni celle du Martyrologe romain n'ont iamais empêché tes élises de France de célébrer sa fête le 4 décembre, suivant le Martyrologe et l'autorité d'Usuard. Il y a plusieurs éditions des OSuvres de saint Clément; la plus complète et la mieux coordonnée est celle publiée par M. l'abbé Migne , dans son Cour» complet de Patrologie, à la collection des Pères Srecs. C'est ia reproduction corrigée de celle e Jean Potter, imprimée à Oiford, en i715.
CLÉOBIUS, i)érétique contemporain de Simon le Magicien, combattit la religion chrétienne et fut le chef de la secte des cléo biens. Cléobius niait l'autorité des prophètes, la toute-puissance de Dieu et la rt^surrection. Il attribuait la création du monde aux anges, et prétendait que Jésus-Christ n'était pas né d'une vierge ; mais la publication, de ces erreurs ne nuisait en rien aux progrès de ia foi, qui sut en triompher. Ce qui nous reste de Cléobius se trouve par fragments épars dans les ouyrages des écrivains tacrés du temps, qui l'ont refuté, et par conséquent dans le Cour» complet de Patrologie.
CLOTAIRE V\ fils du grand Clovis, n'est connu, comme son père, dans le monde de )a littérature et de la bibliographie, que par quelques édits et quelques cnarles qui se trouvent reproduits dans le Cour» complet de Patrologie.
CLOVIS, cinquième roi de France et premier roi chrétien, nous a laissé quelques édits et quelques chartes de fondations d'émises et de monastères, que \eCour» complet Se Patroiogie nous a conservés.
COGITOSUS, qui se dit neveu 4e sainte Brigithe, abbesse de Kildar en Irlande, et morte, selon Sigebert, en 518, ou en 521, •elon Martin le Polows, vivait lui - même dans le vi* siècle. II en écrivit l'histoire , partie sur ce qu*il avait vu de ses yeux, partie sur le t^oignage de plusieurs anciens qui lui fournirent les plus précieux renseignements. Geai qui veulent que cet auteur M'ait écrit que loogtemps après la mort de It sainte, disent que, par ce témoignage de 90$ yeux, il faut entendre les miracles qu'il avait vus s'accomplir à son tombeau ; mais aala peut aussi s'entendre natun^llement des miracles qu'il lui avait vu opérer avant sa BMirt. Ce dernier sons nous pnrntt d'autant pus racevable qu*il se dit neveu de la sainte.
et qu'il réclame à ce titre les prières de ses lecteurs. Orate pro me Cogito»o nepott culpabili. Au reste, la Vie qu il en a écrite est bien différente de celle qu'en a donnée Surins, au 1" février. On la trouve parmi les anciennes Leçon» de Canisius.
COLOMBAN (saint) , h qui Tordre monastique dut des réformes utiles et de grands accroissements , naquit vers l'an 540, dans le pajs de Leinster, en Irlande, La nature l'avait doué de toutes les qualités de l'esprit et de tous les agréments da la figure; aussi , après avoir appris , dès sa jeunesse, les arts libéraux , la grammaire , la rhétorique et la géométrie , redoutant pour son salut les attraits de la volupté et des Tains plaisirs du monde, il abanaonna sa proTince et se mit sous la conduite d'un saint Tieillard , nommé Silen , dans le monastère de Benchor. Cette abbaye, dirigée alorç par saint Commangel , son fondateur, était en
Î grande réputation dans toute l'Europe. Coomban y fit profession ; et , après quelaues années consacrées à tous les exercices de la règle, le désir de se détacher de plus en plus du monde lui fit obtenir de son supérieur la permission de passer dans la Grande-Bretagne , et de là dans les Oaules , avec douze religieux. Il en parcourut les différentes provinces, et l'éloquence de ses prédications, sa charité, sa douceur, obtinrent partout les plus heureux succès. Les écoles épiscopales qui avaient cessé d'exister reprirent un nouvel éclat, d'autres furent rétablies, les églises furent réparées , et les cérémonies du culte observées avec la décence convenable. Saint Colomban se retira ensuite dans les Vosges ; un vieux château ruiné leur servit de rsfuge, et il y construisit un monastère qui prit do ces ruines le nom d*Anagra(es, aujourd'hui Anegray; mais le nombre de personnes qui accoururent dans ce désert se ranger sous sa discipline fut bientôt si grand, qu'en 590 il se vit obligé, pour les receToir, de fonder un nouveau monastère à Luxeuil, dans un site qui lui parut propre à son dessein. Ce lieu , qui possédait iléià des bains d'eau chaude, présentait aussi les restes d'une ancienne forteresse , et , dans le plus épais du bois voisin, on retrouvait des idoles de pierre que les païens avaient adorées. Il en prit lui-même la direction, et l'école qui! y établit, la plus célèbre du vii* siècle, aété comme une pépinière de saints docteurs et d'illustres prélats. L*affluence de ceux qut venaient embrasser la vie monastique à Luxeuil fut si grande , qu'il se vit contraint d'en établir une troisième à une lieue de là, dans un endroit qu'il nomma Fontaine à cause de Tabondance des eaux. En quittant Anegray , il y laissa qnelqueg-uns de ses disciples sous la conduite d un supérieur; il en mit un également à Fontaine, et fit, pour ces trois maisons , une règle commune , aui fut adorée par la suite dans la plupart des monastères des Gaules. On ne voit^nujto part , dans cette règle , que le saint fondateur ait prescrit Tusage de chanter jour » nuit, sans aucune iaterrupliouj les louaB£0*
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lacnONNlffiE DE PATROLOGIE.
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de Diea dans son monastère. Saint Bernard, en le njentioanant dans la Vie de saint Malachie , s'esl donc laissé induire en erreur
ear une fausse tradition. Cependant saint oloroban confirmait , à Luxeuil , Tusasd Ïu'il avait apporté d'Irlande , de célébrer la âque le 14* jour de la lune. Les évêques de France rînguiétèrent'à ce sujet, et il en fut repris aussi par le prêtre Candide, que le
Eipe saint Grégoire avait envoyé dans les aules « comme recteur du patrimoine de saint Pierre. Pour se mettre à couvert de tous reproches , il en écrivit à saint (Srégoire, et ensuite au pape Boniface, son successeur, en leur demandant la liberté de suivre la tradition de ses anciens , si elle n*étaitpas contraire à la foi. Ou ne sait point quelle rut, à cet égard, la réponse du siège apostolique; mais plus tard cette opinion, combattue par saint Irénée , fut condamnée par TKgtise comuie judaïque. Cependant Contran , roi de Bourgogne , protecteur de saint Golomban, était mort, et Childebert, après un règne de trois années, avait laissé la couronne à Thierrv, prince faible , qui fut aisément subjugue par Brunehaut , son alieule. Brunehaut , déjà aigrie contre saint Coiomban, qui avait osé reprocher à Thierry ses dérèglements , et qui lui avait refusé a elle-même rentrée de son monastère, mais plus irritée encore de la terrible prophétie par laquelle il avait annoncé la reunion de toutes les couronnes de France sur la tête de Clotaire, à l'exclusion des enfants naturels de Thierry , qu'il avait refusé de bénir comme issus de la débauche , le fit exiler d'abord à Besançon , puis enlever de là et conduire à Nantes , pour y être embarqué sur un vaisseau qui devait le transporter en Irlande. Le vaisseau , battu de la tempête pendant plusieurs jours , fut rejeté sur la c6te , et Coiomban traversa de nouveau la Trance et vint s'établir près de Genève, dans un pays dépendant du royaume d'Auslrasie. possédé par Théotlebert, frère de Thierry, il y vécut tranquille pendant plusieurs années etproQtade cetempsdecalmepour y bâtir, sur les bords du lac» le monastère de firégents; mais la guerre qui éclata entre' les deux frères, en 612, le força d'abandonner sa re* traite et de se réfugier en Italie, où, accuei li
{»ar Agilulphe , roi des Lombards , il fonda 'abbaye de Bobio, qui acquit en peu de temps une grande célébrité, il y mourut, le il novembre 615, après avoir vu sa prédiction réalisée et Clotaire seul roi des Français. Nous avons de lui plusieurs ouvrages dont nous allons rendre compte ; le principal est sa :
Règle. — Nous avons eu occasion de remarquer plus haut dans quelles circonstances le saint fondateur composa cette Règle, ^ui servit dans la suite de modèle à plusieurs autres; ce fut après avoir groupé, dans une circonscription de quelques lieues, les trois monastères d'Anegray , de Luxeuil et de Fontaine , aQn de maintenir les religieux qu'il y avait établis dans les prati* auas de la même observance. L'auteur de .sa
Vie nous la présente comme inspirée du Saint-Esprit.
On peut la diviser en deux parties : la première regarde la pratique des vertus essentielles à un moine; la seconde les pénitences qu'on doit lui imposer pour ses fautes. La première de ces vertus est l'obéissance. Elle doit être prompte, sans contrariété et sans murmures. Quelque dure que paraisse la chose commandée , il faut Texécuter avec joie, avec ferveur, à l'imitation de Jésus-Gnrist, qui fut obéissant jusqu'à la mort. La seconde est le silence , qui ne doit être rompu que pour des choses utiles el môme nécessaires. L'heure de prendre la nourriture doit être vers le soir, c'est-à-dire à None. Elle seia pauvre , mais pourtant pro{)ortionnée au travail, parce qu'une abstinence excessive n'est pas une vertu , mais un vice. On doit tellement régler les choses que chaaue jour on jeûne, on travaille, on prie, on lise. La perfection d'un moine consiste : 1* dans le dénûment et le mépris des richesses; 2*" à se purifier de tous les vices; 3" dans l'amour continuel de Dieu et des choses divines , qui succède en nous à l'oubli des choses de la terre. L'exemple de Satan, que l'orgueil a fait tomber du ciel, J>rouve combien la vanité ;est dangereuse; amais donc il ne doit sortir de la bouche d'un moine une parole de vaine gloire, de peur qu'en s'élevant il ne perde le fruit de son travail. Il lui servirait peu d'être chaste de c()r|)s, s'il ne Tétait également de cœur; les mauvais désirs ne sont pas moins défcn<» dus que les mauvaises actions. Saint Coiomban prescrit ensuite Tordre de la psalmodie. Ces règles varient suivant les saisons , mais sont disposées cependant de manière à ce
aue la communauté récite le même nombre e psaumes , d'antiennes et de répons tous les jours. Les mois de printemps et les mois d'automne, on diminuait ou I*on augmentait de trois psaumes par semaine, selon que les jours ou les nuits diminuaient ou augmentaient. À la un de chaque psaume, les moines se mettaient à genoux, indépendamment de la prière commune, ils en faisaient encore de particulières , chacun dans leur cellule. Les jours ordinaires ils travaillaient des mains ; mais aux heures de Tierce , Sexte, None , ils quittaient le travail manuel pour réciter trois psaumes, avec un certain nombre de prières réglées, pour la rémission des Eéchés , pour tout le peuple chrétien , pour )s évêques, ^xit tous les ordres de TEgliset pour leurs bienfaiteurs , pour la paix des princes, pour leurs ennemis. Par la vertu de discrétion que saint Coiomban recommande à ses moines , il entend la fuite de tous les partis extrêmes, t^e dernier chapitre est intitulé : De la mortification. Cette vertu im- {)Ose particulièrement trois obligations : 'une, de n'être en discorde avec personne; l'autre , de ne pas dire tout ce qui vient à la bouche ; la troisième , de ne rien faire sans l'assentiment du supérieur.
La seconde partie de la Règle de saint Coiomban était le FéaUnUiel^ o'est-à-dire lea
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corrections des fautes ordinaires des moines. 11 distingue deux sortes de péchés : les péchés mortels, que Ton confesse aux prêtres, et les péchés moindres, que Ton coniessait h. l'abbé ou à d'autres religieux avant de se mettre k table ou au lit. Les corrections ordinaires sont les coups de fouet; six pour les fautes légères; pour les autres, en pro-
Sortion de leur gravité; quelquefois jusqu'à eux cents , mais jamais plus de vingt-cinq à la fois. On compte pour une faute légère, passible de six coups de fouet, l'oubli de répondre Amen , à la bénédiction de la table, une parole dite sans nécessité, et l'omission d'un signe de croix sur sa cuillère , sur sa lampe; car on sait que les moines en faisaient sur tout ce qu ils prenaient. S'il arrivait que celui qui servait à la cuisine répandît quelque chose , il s'en humiliait dans l'église, après l'office; si ce qu'il avait répandu était considérable, il demeurait prosterné pendant douze psaumes : quelquefois mfime on lui prenait sur sa portion ordinaire de quoi réparer la perte qu'il avait causée à la communauté. £n sortant du monastère , les moines demandaient à genoux la bénédiction du supérieur, et faisaient la même chose au retour; ceux qui y manquaient recevaient douze coups cfe fouet. En voyage , ils portaient de l'huile bénite sur eux pour en oindre les malades; le vaisseau qui la contenait s'appelait 'chrismal: et ils nommaient de même le vase dans lequel ils portaient l'eucharistie. Celui qui, au départ, oubliait le chrismal , recevait quinze coups de fouet, et cinquante au retour, même
Îuand il était aussitôt retourné le chercher, 'oblation du sacrifice se faisait avec beaucoup d'ordre, de décence et de modestie. Il n'était pas permis au prêtre de l'offrir sans avoir rogné ses ongles, ni au diacre de servir à l'autel sans s être fait raser la barbe. Quiconque avait perdu le sacrifice sans pouvoir le retrouver était en pénitence pendant un an; s'il en avait laissé corrompre les espèces , en sorte qu'elles fussent réduites en f>oussière, sa pénitence était de six mois; si es espèces , étant dans leur entier, il s'y trouvait un ver, celui par la négligence dur
auel cela était arrivé jaisait pénitence penant quarante jours; enfin, si les espèces étaient tellement changées qu'elles ne conservassent plus ni le §oût, ni la couleur du pain , le coupable était puni de vingt jours de pénitence. Il y avait , outre les coups de fouet , une autre pénitence qu'on nommait superposition : c'était la condamnation à des jeûnes extraordinaires , à la récitation des psaumes et au silence. Un moine qui murmurait en répondant à son ancien : Je ne ferai point ce que vous dites, si l'abbé ou le prévôt ne me 1 ordonnent, était condamné à trois superpositions. Celui qui disait au prévôt : Vous ne jugerez point ma cause, mais notre abbé , était mis en pénitence au pain et à l'eau pour quarante jours. Il y avait dans chaque monastère deux économes , un grand et un petit. Le çrand était le prévôt, chargé des affaires intérieures, afin que l'abbé
n'eût que le soin des âmes; le petit s'occupait du détail de la maison. C'était aux économes à veiller à la réception des étrangers. Les moines changeaient de vêtements pour la nuit et en reprenaient d'autres dès le commencement du iour. Celui qui n'avait pas entendu sonner l'heure de l'oraison devait réciter douze psaumes; il y en avait autant pour celui qui venait à Toblation du sacrifice avec sa ceinture et son vêtement de nuit. On mettait en pénitence, pendaut trois jours au pain et à 1 eau, le moine qui avait couché dans une maison où il y avait une femme. Manger avant l'heure de Noue les mercredi et vendredi était une faute punie par deux jours de pénitence. Celui qui, témoin d'un péché mortel commis par son frère, ne l'en avertissait point, devait être regardé comme transgresseur de l'Evangile jusqu'à ce qu'il l'eût averti et que ce frère eût confesse son péché au prêtre. Le silence devait s'observer en tous lieux et pendant toute sorte de travaux. Ces paroles, 7c m/en, le tien y étaient défendues sous peine de six coups de fouet. Il y en avait deux cents pour celui qui était trouvé causant seul familièrement avec une femme. Voilà ce que nous avons trouvé de plus remarquable dans le Pénitentiel de saint Colomban; nous en avons un autre sous son nom , mais celui-là est moins un nouveau règlement de discipline qu'un recueil des pénitences imposées par les anciens Pères, soit dans leurs écrits particuliers , soit dans les décrets des conciles.
Discours. — On conserve de saint Coloraban seize discours sur les matières les plus importantes de la religion. Le premier est une instruction sur l'unité de Dieu etlatrinité de personnes en Dieu. Il regarde ce mystèrei comme le fondement du salut; c'est pour cela qu'il en fait le siyet de son premier discours. Il le commence en disant que Îuiconque veut être sauvé doit croire en un )ieu, un et trois tout ensemble; un en substance et trois en subsistance; un en puissance et trois en personnes; un en divinité , qui est le Père , le Fils et le Saint- Esprit, n prouve l'unité de Dieu par ces paroles du Deutéronome : Ecoute ^ Israël ^ U Seigneur ton Dieu est un; et il prouve la tri* nité des personnes par ces paroles du Sauveur : Allez ^enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père^ du Fils et du Saint- Esprit. Mais quelle est la nature de Dieu? Personne ne 1 a vu comme il est. U y aurait de la témérité à vouloir expliquer ce qui est incompréhensible.
Second discours. — U recherche dans le second discours ce qui peut contribuer à la perfection de l'homme. Il dit que , comme le laboureur ne se contente pas de remuer la terre pour la préparer à recevoir la semence , mais qu'il en arrache encore toutes les mauvaises herbes; de même nous devons aussi déraciner dans notre âme les mauvaises incli-nations et les vices, pour n y laisser croître (|ue les semences de ta vertu. Les -mortifications , les jeûnes, les veillesi
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toutes les œuvres de pénitence ent'érieure ne nous servent qu*à la condition que nous travaillerons à la correction de nos mœurs. La religion de Thomme extérieur sert de peu; la justice de Thomme intérieur le sauve; la vraie piété ne consiste point dans l^humiliation du corps, mais dans rhumilité 'ju cœur.
Troisième discours. — Le mépris du monde cl Tamour des biens éternels fait le fonds du troisième discours. Le monde par son instabilité est digne de mépris ; il en est de même des biens qu'il présente. Il passera, il passe tous les jours ; que contient-il qui ne doive Unir? Nous devons donc le mépriser, en renonçant aux voluptés et aux richesses, et en nous méprisant nous-mêmes. Celui-là est victorieux du monde qui meurt à soi-même, à ses vices, à ses passions, avant que la mort naturelle no vienne se-* parer son âme de son corps. L'homme sage ne doit rien aimer ici-bas, où rien n'est durable ; son amour ne doit se proposer que ce qui est éternel.
Quatrième discours. — Un moyen d'acquérir ce bien unique, c'est de supporter avec patience et résignation les travaux et les adversités de la vie présente. Si l'on se donne tant de peines et tant de soins pour apprendre un art ou une profession, dans Tespérance d'en tirer quelques avantages temporels, à combien plus forte raison un chrétien doit-il se résigner à endurer les peines de la vie, dans l'espérance de jouir des biens de l'éternité? Jésus-Christ, par ses discours et par ses exemples, nous a appris qu'on ne passe point de la joie à la joie, mais de la tristesse et des tribulations au bonheur.
Cinquième discours. — C'est ce qu'il continue de montrer dans les deux discours suivants, où il fait voir que la vie présente ue mérite pas à proprement parler le nom de vie. Elle n'est qu'un chemin par lequel nous avons besoin de passer pour arriver à la patrie. D'où il suit qu'on ne doit point s'y arrêter, ni s'y reposer; le véritable repos ne se. trouve que dans la patrie, et non cians le chemin qui y conduit. Il montre* encore , d'après Job et le Psalmiste, que la vie de rhomme sur la terre disparait comme un songe et une vision.
Septième et huitième discours. «- Il emploie la septième instruction à déplorer l'aveuglement des hommes, qui, presque uniquement occupés des plaisirs du corps , négligent les jouissances de l'flme. Il leur représente l'inutilité des soins qulls se donnent pour contenter une chair qui ne dit jamais : C'est assez; et qui, après un plaisir, quelque grossier qu'il soit, en demande un autre. Il leur rappelle les peines et les récompenses de l'autre vie, et il en conclut, dans le huitième discours, que nous devons courir sans relftche vers la céleste patrie, et négliger les avantages de la vie présente, pour ne penser qu'au bonheur de la vie future, qui est la On de celle-ci.
neuvième et dixième discours, — Le juge-
ment dernier fait la matière de deux instruc^ tiens. Saint Coloraban y fait voir que si cette vie offre quelque ressemblance entre les hommes quant à la manière de naître, de vivre, de souffrir et de mourir, l'autre vie n'en offrira plus entre les justes et les impies, parce que les uns et les autres y seront traités suivant leurs œuvres. Il dit que le moyen de paraître avec sécurité devant le souverain juge, c'est de mourir maintenant à soi-même, pour ne vivre qu'à Jésus- Christ, de sorte qu'on puisse dire avec saint Paul : Je visj ce n'est pas moi qui fû, c'est Jésus-Christ fut vit en moi.
Onzième discours. — Ce discours traite de l'amour de Dieu et du prochain. Saint Colomban fonde l'obligation d'aimer Dieu, sur ce qu'il nous a créés à son image et à sa ressemblance ; de sorte au'en l'aimant nous ne faisons que lui rendre ce qu'il nous a donné dans la création. Cet amour, pour être véritable, ne consiste donc point è dire : Seigneur, Seigneur, mais à faire la volonté du Père qui est dans le ciel. L'amour du prochain ne saurait subsister avec les médisances, les calomnies et les détractions de toute sorte qu'il appelle les premiers nés de la haine.
Douzième discours. — Le douzième dis cours est une comparaison entre les soins et lemouvement que se donneraitun homme, pour éviter ici-bas un supplice auquel il pourrait être condamné, et les soins que nous devons prendre pour éviter le supplice du feu éternel. Il le finit par une prière à Dieu, où il lui demande de l'aimer uniquement et de toutes ses forces.
Treizième discours. — Le discours treizième est une invitation à ceux qui ont faim et soif de la justice de recourir à Jésus- Christ, qui est la fontaine vivante dont les eaux rejaillissent jusqu'à la vie éternelle, et le pain des forts qui communique la vie an monde.
Quatorzième^ quinzième et seizième dis^ cours. ^ Toutes les instructions que nous venons d'analyser paraissent avoir été prôchées publiquement. La quatorzième est en forme de lettre : elle est adressé à un jeune homme à qui il avait donné un emploi dans une communauté de moines.ll compte tellement sur la solidité des instructions qu'il lui donne, qu'il l'assure qu'elles le rendront indifférent aux biens et aux maux de la vie
E résente, et qu'elles l'aideront à assurer son onheur éternel. Voici les plus remarauables. 11 lui recommande d'être simple aans la foi, docte dans la science des mœurs, lent à se fâcher, affable aux gens de bien, doux envers les infirmes, sobre, chaste, patient* libéral, courageux et constant dans les tribulations, hardi dans la cause de la vérité» infatigable dans les œuvres de la charité, miséricordieux envers les pécheurs, soumis aux anciens , et enfin continuellement attentif à s'avancer dans les voies du salut. Le quinzième discours est tiré d'un autre manuscrit que les précédents, et porte pour titre : Exhortation aux frères assembUs^
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Saint Colomban veut que le souvenir de leur vocation les engage à en remplir avec exactitude tous les devoirs, à l'imitation des saints aui les ont précédés et qui leur ont donné Fexemple de la vertu« Le seizième esl\ tiré de Waneus. C'est une exhortation dans laquelle le saint abbé, établissant un parai* lèle entre la rapidité avec laquelle passent les choses de là vie, et la stabilité des biens éternels, cherche à inspirer du mépris pour les uns et à fortifier Tamour des autres.
LeHrtM. — U nous reste cinq lettres de saint Gc^omban : une adressée au pape saint Grégoire, et deux au pape Boniface, son successeur. Nous avons eu occasion de remarquer dans la notice que nous avons donnée de sa vie, qu'elles furent écrites à Foocasion de quelques disputes sur la célébration de la Pftque, dans lesquelles le saint abbé, fidèle aux traditions qu'il avait rapportées d'Irlande, défendait avec ardeur la pratique des quartodécimans^ il en adressa une également aux évoques des Gaules, rassemblés en concile, vers l'an 602, pour décider la même question. Elle est datée de son désert des Vosges, et il prie les évoques de supporter son ignorance avec paix et charité, en considérant qu'il n'était point l'auteur de cette diversité de pratique, et de lui permettre de vivre en silence au milieu des bois auprès de dix-sept de ses frères
3ue la mort lui avait déjà ravis, depuis ouze ans qu'il s'y était établi. Nous aou*' haitons, leur dit-il, de continuer de vivre dans les usages ({ue nous avons vu prati** quer à nos anciens. Voyez ce que vous pouvez à l'égard de pauvres vieillandls étrangers. Je pense que voua feree mieux de les consoler que de les inquiéter. Je n'ai osé vous aller trouver, de peur de disputer en votre présence contre la défense de l'Apôtre qui dit : iVa i)ouB amuBtz point à de fmnes disputts de paroles.
Aux moines de Luxeuil. — Au moment de s'embarquer pour passer en Irlande, saint Colomban, ne comptant plus revoir ses moines de Luxeuil, leur écrivit de Nantes
rur les consoler d^ son exil. II les exhorte supporter avec patience la persécution que le roi Thierry et la reine Brunehaut leur faisaient souffrir. U leur recommandait surtout l'unioa entre eux* aimaoi mieux leur séparation que de les voir cesser un seul instant d'avoir un même cœur et une même volonté. U leur laisse le choix ou de le venir trouver, ou de rester h Luxeuil, sous la direction d'Attale, son disciple, qu'il leur ordonne de reconnsltre pour leur supérieur, ou bien Valdolène, au cas qu'Attaie voudrait le suivre en Irlande. Puis, adressant la parole à Attale, en particulier, il lui eiyoint de rester, s'il voit que le profit des Ames 4oit attaché i son séjour; ou de le yenir trouver, s'il pense qu'en demeurant, il y ait danger que la question de la pâque ne mette la division dans la communauté. U craiisnait que ses moines ne fussent plus ai fermes à maintenir leur pratique sur ce ^Hjet» depuia ^'il n'était plus au milieu
d'eux. Sa tenaresse pour Attale lui faisait verser des larmes en lui adressant la parole; mais il s'efforçait d'en arrêter le cours, ea réiléchissant qu'il n'était pas d*un soldat
) valeureux de pleurer dans le combat, il éeri* vait encore, lorsqu'on vint Tavertir que le
^ vaisseau qui devait l'emmener était prêt. « Si, à l'exemple de Jonas, dit-il, l'on me jette à la mer, priez Dieu que<iuelque habile nautonier me rende le service de la baleine, et rejette votre Jonas sur la terre qu'il désire. La fin du parchemin m'oblige à dore mi lettre. L'amour n'a point d'ordre, c'est ce qui le rend confus. J'ai voulu tout dire en peu de mots, et je n'ai pu. Je me suis iDéme abstenu d'écrire certaines choses dont j'avais d'abord eu le dessein de vous parler, i Il conjure ses disciples de ne point cbeN cher en son absence une liberté qui les suamettrait à la servitude des passions, et leur conseille en cas qu'Attale ne pourrait suffire à les gouverner, de s'assembler tous et de se cboisir un supérieur, leur promettant de les conduire encore lui-même, ai c'était la ?o* lonté de Dieu.
Poésies. — Sitfebert, en parlant des écrits de saint Colomban, dit qu'il en avait corn* posé plusieurs renfermant des instructioos très*utiles, et d'autres qui méritaient d'être chantés. Par les derniers il entend probablement ses poésies. Le plus imporUnt en ee genre est un poëme latin adressé à Hoaaldet 1 un de aes disciples, il est précédé d'une petite préiace en double acrostiche, dans laquelle le maître joint le nom de son diseipie au sien, de cette manière : Columbaums Hfir naldo. Cette préface roule sur l'incertitude et la brièveté de la vie, sur l'ineonstince de ses plaisirs et de ses honneurs. Le poëme
Îui la âuitest une invective contre l'avarice, 'auteurymontreque les véritables ricliesseï consistent dans la science de la loi de Dieu, dans la pratique de la vertu, dans le mépris des biens et des honneurs temporels, ou du moins dans un usage tellement modéré, que l'abus de ces biens devienne impossible* A la fin du poëme, il prie Hunalde de se souvenir de lui en lisant ses vers. Us sont tous hexamètres.
Ceux du poëme à Fédolitis ne sont que de deux pieds, excepté les six derniers, qui sont hexamètres. Saint Colomban y marque qu'il était parvenu à sa dix^bultième oljrmpiade, c'est-è-dire à l'ège de quatre- vingt -dii ans. U l'écrivit donc en ses dernières années, et à un moment où^ comme il le dit luimême, il était attaqué d'une violente mals' die, ce qui montre que l'infirmité dn corps, quelque grande qu'elle fttt, ne lui atait nea enlevé de la libeKé de l'intelligenoe atdeift pensée. U y donne en peu de mots les causes et les suites de la guerre de Troie, et des règles pour composer des vers dans la cne^ sure du rhythme qu'il emploie. Mais ce tra» de 1 histoire profane ne semble placé là qu0 pour lui fournir l'occasion do laire reDQ«rquer à Fédolius la vanité des choses humaines, et pour l'engager à s'attacher fortemeni à Jésus-Ghriatt
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