‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 90 sur 105 · COW · texte numérisé non relu

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LTpîfframme sur la femme est en quatre vers elégiaques. C'est une antithèse, dans laquelle il oppose aux maux que la première ïemme a causés au geure humain, les avantages que la seconde lui a procurés en lui donnant un Sauveur. La morale ^u*il en tire est que tout homme de bien doit se garder du venin qu'une mauvaise femme porte sur sa langue.

QuelquesHins ont contesté h saint Colomban le poëme intitulé : Uonostichon^ mais les meilleurs critiques le lui restituent avec raison ; en effet on y reconnaît son style , et on Y trouve même plusieurs vers lires tout entiers de ses autres poëmes. Le sujet du Monostichon est le combat entre les huit vices capitaux et les vertus qui leur sont op- I>o$ées* Chaque vers^ comme l'indique le titre, renferme une sentence ou maxime de morale. La plupart de ces sentences sont tirées d'Octavien, mais il y en a un grand nombre aussi empruntés à TÉcriture sainte.

Livres perdus, — Saint Colomban avait en outre composé plusieurs ouvrages, qui ne sont pas venus jusqu'à nous, entre autres : un Commeniaire sur les Psaumes et sur les Evangiles^ un Traité contre les ariens^ deux livres sur la célébration de la Pàque^ et une lettre ou traité sur TafTaire des Trois Chcn pitres contre Agrippin.

Quoique la science des saints fût pour ainsi dire la seule ambitionnée par saint Colomban, cependant il n'était point resté étranger aux sciences humaines. Il avait étudie rantiquité ecclésiastique et profane, et appris dans les ouvrages des meilleurs mattrès à s'exprimer avec autant d'élégance que de noblesse sur toutes sortes de sujets, et dans tous les genres, aussi bien en prose qu*en vers. Les discours que nous avons de lui sont vifs, pressants, animés, naturels, pleins de grAce persuasive et d*onction. On voit qu'ils coulaient de source, et que le saint ne prêchait aux autres que ce qu'il pratiquait lui-même. Ses lettres oflfrent moins d'agréments, le tour en est plus embarrassé et le style plus enflé et plus guindé. C'est

3u*apparem ment, écrivant à des papes et à es évêques, pour y mettre plus d'art, il le faisaitavec plus d'application. Comme il élait moins gêné, il est aussi plus naturel dans la leltreàsesmoinesdeLuteuil.— Nousn'avons

Sue deux éditions complètes des Œuvres e saint Colomban : l'une dans les Collectch- Hea sacra de Fleming, imprimés à Augsbourg en 1621, in-8% et réimprimés in-fol. à Loutain en 1667 ; l'autre dans le XII* tome de la Bibliothèque des Pères^ à Lyon en 1677. SA Règle a été reproduite dans plusieurs recueils ; le j)rincipal est le Code des règles de saint l^ffioUd'^ntan^, reproduit dans le C'aura complet de Patrologie, à Paris en 1851. L*abbé Velly, dans son Histoire de France, a fort maltraité saint Colomban ; mais il est justi» tié d'une manière victorieuse des faussps imputritions dp cet écrivain,- dans l'averlisseroetit au Xll' volume de VHistoire littéraire de Fmnce par les Bénédictins de Saint- Maur

COLUMBAN (saint), surnommé TAïvcti:!!, bâtit, au commencement du règne de Justin le Jeune, le célèbre monastère de Dermarch, en Irlande, d'où il était originaire. En 565, il passa dans la Grande-Bretagne, pfmr se soustraire à la fureur du roi Dormicius. qui voulait le faire mourir. Il y prêcha la foi aux Pietés septentrionaux, et établit un second monastère dans Ttle de Hyi fin nord de l'Irlande et au couchant de pEcosse. Ces deux monastères en produisirent plusieurs autres, dontceluideHy resta toujours le chef, comme étant le plus considérable. Saint Columban en fut abbé ; et, comme il était prêtre, ce monastère fut dans la suite gouverné par un prêtre, avec le titre d'abbé et juridiction sur toute la province, même sur les évêques. Ou remarque que ses successeurs fUrent longtemps avant de se conformer aux autres églises pour la célébration de la l^âquei parce que privés de communication avec le. reste du monde, ils n'avaient point eu connaissance des décrets de l'Eglise sur cette matière. Le saint vécut trente-quatre ans, depuis son passage dans la Grande-Bretagne, et mourut en 598, le 9 juin, jour auquel l'Eglise honore sa mémoire. Il fut enterré dans son monastère de Hy.Warœus, dans son pre* mier livre des Ecrivains irlandais^ attribue è saint Columban une règle pour ses moines, une hymne à la louange de saint Rieran» abbé, et trois autres sur divers sujets.

COMESTOR, dont quelques-uns ont fait un frère de Pierre Lombard, était Français d'origine. L'opinion commune le fait naître à Troyes en Champagne. Etant encore jeune, il fut admi^ dans le clersé de cette église, et fait ensuite doyen de la cathévirale. Celle de Paris le choisit pour son chancelier, en li6<^, et le chargea de l'école de théologie. Comestor la gouverna jusqu'en 1169, et la laissa è Pierre de Poitiers, mais sans aban* donaar son titre de «hancelier. Sur la fin de ses jours, il se retira à l'abbaye de Saint- Victor, où il mourut en 1178 suivant quelques auteurs, et selon d'autres, ,1e 21 octobre 1165. Il laissa par son testament tout ce gu'il possédait aux pauvres et aux églises, et lut enterré à Saint-Viotor avec une épigraphe en quatre vers hexamètres dont voici le commencement :

Petrus eram quem petfU tegk iHetvsqvè €&meHor Nunc Comedor, etc.

On pense qu'il fut nommé ComeHor^ non parce qu'il mangeait plus qu*un autre, mais parce qu'il avait lu et pour ainsi dire dévoré un grand nombre de livres. Il se Qt une grande réputation de doctrine, et fut surtout renommé pour sa science théologique. Pierre, cardinal du titre de Saint-CbrysoRone, dans une lettre au pape Alexandre 111, et Vincent de Beauvais parlent de Comestor comme d'un des plus habiles docteurs de son temps.

Histoire scolastique. — Comestor est auteur du livre fameux intitulé : Scholasticahis^ toria. 11 l'entreprit» s'il faut l'en croire, aux vives instances de ses amis» qui trouvaient

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insuffisantes les gloses qii on avait alors sur l'Ecriture sainte. Il le dédia à Guillaume, archevêque de Sens. Cet ouvrage est V Histoire sainU^ suivie depuis le commencement de la Genisey jusqjïh ta fin des Actes des apôtres^ et tiré du texte de VEcriture et des Gloses. L'auteur y joint quelques traits de Thistoire profane. — Ce livre est à la fois dogmatique et historique ; le récit est chargé de dissertations. Comestor mêle à l'histoire de la création les opinions des philosophes et des théologiens de son temps sur le ciel empirée, les quatre éléments, la formation du monde et sur l'état du premier homme. Il cite, mais vaguement, Platon, Aristote, l'historien Josèphe, et rapporte plusieurs histoires, sans les appuyer d'aucune aulorité.Il donne diverses explications qu'il suppose vraies sans s'embarrasser de les démontrer. Par exemple, par la division de la lumière d'avec les ténèbres, il entend la séparation des bons et des mauvais anges, et marque, d'après les Hébreux, que Lucifer fut fait diable le second iour , à quoi il rapporte l'usage où Ton était dans Quelques églises de célébrer, tous les lundis, une messe en l'honneur des anges qui ont persévéré dans la justice. Le texte de VEcriture est presque tout entier dans VHistoire sca^ lastxque; mais l'auteur s'écarte souvent du sens littéral, pour suivre des sens figurés, allégoriques, arbitraires et donne aux noms propres de fausses étvmologies. Il raconte affirmativement des faoles ridicules ; cependant son livre fut reçu avec enthousiasme, et pendant trois siècles, on le regarda, comme un excellent corps de théologie positive. U était mis en parallèle avec le livre des Sentences de Pierre Lombard et avec le Décret de Gratien. On croyait posséder dans ces trois ouvrages tout ce qui est nécessaire pour devenir habile dans les deux théologies dogmatique et morale et dans le droit canon; de sorte que ces trois auteurs paraisr saient concourir à composer une théologie universelle. L'édition que l'on fit de cette Histoire^ à Utrecht, en 1473, est un des premiers livres imprimés dans cette ville et même dans la Hollande. La dernière, imprimée à Venise en 1728, est dédiée aux évêques du t'/Oncile qui se tenait alors è Bénévent.

Semams. — Comestor a laissé des Sermons au nombre de cinquante-un. Dans le premier, sur l'A vent, il met au nombre des signes que Jésus-Christ donnade sa naissance temporelle une fontaine d'huile qui sortit de terre, ce jour-là môme, à Rome, en prenant son cours vers le Tibre, et la chute du temle de la paix ; événement annoncé, dit-il, es le moment même de sa construction, car l'oracle de Delphes avait répondu aux Romains qui le consultaient sur sa durée que ce temple subsisterait jusqu'à ce qu'une vierge eût enfanté. Dans un discours sur le Carême, il remarque que, pendant toute cette quarantaine, on suspend un voile entre le chœur et le peuple, afin que ceux qui psalmodiaient ne fussent pas distraits par les

regards des assistants. Pour exciter ia piété des fidèles, on faisait des processions d'une église à l'autre, et à Rome le pape y assistait presque tous les jours. Il parle, dans le discours du dimanche des Rameaux, de la rose d'or que le pape . portait à la procession. Après avoir remarqué que, dans les premiers siècles de l'Eglise, reucharislie était reçue par tous ceux qui assistaient à la consécration du sacrifice, Comestor ajoute que de son temps l'usage s'introduisit de ne s'approcher de la communion qu'une fois l'année, et qu'encore qu'il n'y eût là-dessus aucun précepte de l'Eglise, on ne nouyait s'en dispenser sans péché. Il fait, dans le sermon de la Dédicace, le détail des cérémonies qui s'y pratiquent encore de nos jours. Dans un discours synodal, en parlant des devoirs des évêques et des prêtres, Comestor s'explique ainsi sur la présence réelle : « Ils consacrent le corps de Jésus- Christ, ils le mangent, et le distribuent aux autres pour s'en nourrir. Par leur ministère, le pain et le vin sont convertis à la chair de Jésus-Christ. Quelle doit être la sainteté de ceux dont la dignité exerce une puissance si efficace sur des choses aussi saintes. >

Voilà ce que nous avons trouvé de plus remarquable dans les sermons de Comestor. On y chercherait en vain l'éloquence et les grands mouvements qui caratérisent les orateurs parfaits, mais on y est dédommagé par une grande exactitude théologique. Ou possède encoredelui, danslesdiversesbibliothèques de l'Europe, un Commentaire sw fei Epttresdesaint Paul :un iraiiédelaPéniteneef et un volume de Discours. Son sermon sur la Conception immaculée de la sainte Vierge fut imprimé à Anvers, 1536. Il fît aussi sur le même sujet un poëme, dont nous retrouvons quelques vers dans les Œuvres de Vincent de Beauvais et de saint Antonin.

COMMODIANUS. auteur latin et que l'on croit Italien d'origine, vivait d u temps du pape saint Silvestre. Quelques-uns le nomment Gazœus, le croyant de Gaza en Palesiine, et d'autres le supposent Africain. Quoi qu'il en soit, nous avons de lui une inslruclion aux gentils , sous ce titre : Instructionum opusadversus paganos. Gennadeenparle} If pape Gélase a mis cet ouvrage au rang des livres apocryphes, parce que l'auteur prafl y soutenir l'erreur des millénaires. 11 esl écrit en vers ou en forme de vers, puisque l'auteur n'y observe ni cadence ni mesure. Aucun critique ancien n'a parlé de Commodiauus, et on ne peut fixer son existence au temps du pape saint Sylvestre, que parce qu'il exhorte les païens à se réunir au trou-

Eeau de ce pontife. Son ouvrage, publié a a ord par Rigaul en 1640, est reproduit dans le Cours complet de Patrologie.

COMNÈNE (Alexis), était le troisième ûls de Jean Comnène, frère de l'empereur Isaac, et d'Anne J)alascène. U naquit en 1W8, apprit l'art militaire sous Romain Diogene, et fit ses premières campagnes sous Ijj conduite d'isaac, son frère aîné. BnToye

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Sar l'empereur Nicéphoro Botoniale contre iryenne, gouverneur révolté, il remporta sur lui la victoire. Il ne fut pas moins heureux contre Basilace, nouveau rebelle qui venait de surprendre Thessaloniçrue» L'année suivante, il étouffa encore la révolte des Patzinaces, peuple habitant les rives du Danube. Tant de services ne firent qu'exciter la haine des vils ministres qui entouraient Botoniate; on résolut dans le conseil la perte de Comnène. Alexis, prévenu de ce qui se passait, sortit de Constantinople avec sou frère et quelques amis, se rendit au camp de Zurula, où l'armée lui était favorable ; la noblesse de Constantinople et le césar Jean Ducas se joignirent à eux, et Alexis fut proclamé empereur, en 1081, du consentement d'Isaac, son frère aîné. Son premier soin fut de marcher sur Constantino^ Ï)le. La ville fût surprise le jeudi saint, et ivrée à un pillage horrible. Pour adoucir l'odieux que ce désastre jetait sur lui, le nouvel empereur en témoigna un vif repentir et se soumit à une pénitence publique. Botoniate fut relégué aans un cloître. Entouré de factions et d'ambitieux, Alexis fut obligé de créer une multitude de grandes dignités pour satisfaire ses rivaux, ses parents, ses partisans; il fit couronner Irène, son épouse, et confia une partie de l'administration à sa propre mère, Anne Dalascène, I)rincesse d'un grand mérite. La situation de *empire réclamait toute l'activité et tous les talents d'Alexis ; d'un côté, les Turcs ravageaient l'Asie ; de l'autre, Robert Guiscard, duc de Fouille et de Calabre, et fils de Tancrède d'Hauteville , avait porté ses armes dans la Grèce, sous prétexte de rendre la couronne à un imposteur qu'il faisait passer pour un descendant des anciens rois. Guiscard assiégeait Dyrrachium, que défendait Georges Paléologue, un des meilleurs généraux d'Alexis. L empereur vole au secours de cette viUe, engage les Vénitiens à faire une diversion en sa faveur, et parvient à affamer le camp ennemi ; mais il cède à l'impatience de livrer bataille, et Robert Guiscard taille en pièces la fleur de son armée, prend Dyrrachium, et fait venir de nouvelles troupes pour continuer ses conquêtes. Alexis, sans se laisser abattre, rassemble les trésors de sa famille, s'empare, non sans exciter quelques troubles, de l'argent des églises ; obtient d'Henri, empereur d'Allemagne, d'attaquer l'Italie, et par là force Robert à y retourner. Cependant Bohémond, fils de Guiscard, continuait les con* quêtes de son père en Ulyrie ; il battit deux fois Alexis, qui à son tour eut- plusieurs avantages. Robert accourut furieux ; mais les Vénitiens et les Grecs le défirent com-

i)létement, et, bientôt après, la mort délivra 'empire de ce dangereux ennemi. Dyrrachium et les autres places enlevées par lui retournèrent sous la domination d'Alexis, qui soutint aussitôt contre les Scythes une nouvelle çuerre qu'il mena à une heureuse fin. Il revint à Constantinople, où il distribua une partie du butin aux militaires qui

DlGTlONN. DE PATAOLOeiB. I.

s'étaient le plus distingués, et put enfin se flatter d'avoir procuré quelque repos è Tempire. Mais un des plus grands événements dont l'histoire ait conservé le souvenir allait mettre Alexis dans la position la plus difficile. Il apprit d'abord avec joie, mais bientôt avec une extrême inquiétude, la nou* velle de la première croisade. En 1096, il vit, dans l'espace d'un an, l'Europe armée se diriger vers ses Etats, et les chefs des croisés, tantôt solliciter son appui, tantôt l'insulter dans son propre palais, commettre mille dégAts autour de Constantinople, le menacer d'une guerre dangereuse, ou lui demander impérieusement des secours , qu'il leur promit pour s'en délivrer, qu'il ne put pas toujours leur donner, et qu'il leur refusa peut-%tre aussi quelquefois, dans l'intention de faire échouer des alliés si dangereux. Alexis, effrayé de leur présence dans sa capitale, se hftta de faciliter leur passage en Asie ; il concourut même avec eux à la prise de Nicée, et aux premiers combats livrés aux mahométans; mais les croisés se plaignirent bientôt de ce qu'il

(gardait adroitement leurs conquêtes, et les aissait manquer de vivres. Alexis fit alors un armement considérable pour les secourir; mais en apprenant leur triste position dans Antioche, où ils étaient assiégés, il jugea plus prudent de se retirer. Les écrivains latins lui ont vivement reproché cette perfidie; et lorsque les chefs européens eurent achevé la concjuête et le partage de la Syrie et de la Palestine, Alexis ayant réclame les places qui lui avaient été promises, elles lui furent refusées, et Bohémond lui déclara la guerre; mais ce fier croisé se vit réduit à une telle extrémité, qu'après plusieurs combats, il fut obligé de demander la paix. Les Turcs ayant de nouveau ravagé l'Asie Mineure, Alexis les battit encore. Il eut aussi à combattre les manichéens, dont il avait voulu réprimer les erreurs; on lui reproche à cette occasion quelques traits d'une excessive sévérité. Cependant Alexis, en d'autres circonstances, montra beaucoup d'humanité; il fit grAce à plusieurs conspirateurs qui at< tentèrent à sa vie. L'amour de ses sujets, que ses talents et ses belles qualités lui avaient d'abord acquis, s'était refroidi dans ses dernières années, et la longueur de son règne semblait avoir fatigué la patience de Constantinople. 11 mourut le 15 août de Tan 1118, d'une goutte qu'un froid très-vif fit remonter dans sa poitrine. Son règne avait duré trente-sept ans. Les historiens qui ont

1>arlé do ce pnnce l'ont peint sous des coueurs bien différentes. Sa fille Anne Comnène, qui a écrit sa Vie, divisée en quinze livres, cherche à justifier toute sa conduite. II est certain néanmoins qu'il eut trop souvent recours aux artifices d'une politique insidieuse ; mais la faiblesse de ses Etats» et la difficulté des circonstances dans les* quelles il se trouva, peuvent servi** à jus* tifier cette conduite. Les histoires do Zo-» nare et de Glycas finissent au règne de ce prince.

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DICTIONNAIRE VE PATROLOGK.

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Ses écrite. — Nous avons dans le tome II des Monuments de VEglise grecque^ par Colelier, uneiVorc//e de Tempereur Alexis oùil traite de Téleclion et du devoir des évoques et des prêtres. Les peuples étaient alors d!ans l'ig-iorance de leur religion, parce que ceux k qui il apparti nt de les instruire, ne le faisaient pas ou n*en étaient pas capables. Il s'en trouvait qui avaient du savoir, mais leurs mœurs n'étaient pas assez pures. Il fut ordonné que Ton examinerait avec beaucoup de soin ceux qui par leur science et leurs mœurs seraient dignes du sncerdoce; qu'on éprouverait ceux qui témoignaient du zèle pour le service de l'Eglise, mais qui n'élaif^nt encore ni assez sages, ni assez instruits; qi'à l'égard de ceux qui, après avoir été avertis de travaillera s'instruire et à se rendre capables, seraient demeurés dans Tindolence, on les rayerait du nombre des prôtres. Il paraît que cotte ordonnance regardait principalement les clercs de la grande Eglise ne Constantinople, et qu'elle fut faite dans un concile, l'empereur Alexis présent. L'emporeur étend ses soins sur les r/gions voisines, et veut qu'on y établisse des prêtres capables, non-seulement d'instruire et d'édificT les peuples, mais de reprendre les délinquants et de les forcer à rentrer dans le devoir. Pour multiplier le nombre des clercs propres à instruire, il veut qu'on en priiuae parmi les moines et les laïques, quand il s'en trouve de savants et de nonnes mœurs. 11 ordonne la lecture du Nomo*canon dans le concile, aQn que chacun s'y retrempe par le souvenir de ses devoirs ; il menace de censures canoniques ceux qui apporteront quelques obNtacles à la réforme du clergé. Il exhorte les évêques à se joindre au patriarche de Constantinople pour le rétablissement de la discipline et le main* tien des canons.

L'empereur Alexis fit plusieurs autres cons* titulions. Oa en trouve onze dans le Code Justinien publié par Godefroi, en 1628. -^ Dans celle qui est du mois de septembre de Tan 1(186, ce prince règle ce aue les laïques doivent chaque année à Tévèque comme prémices. Un village de trente-deux feux payait une pièce d'or, deux d argent, un mou« ton, six boisseaux de farine, six boisseaux d'orge, six mesures de vin et trente poules. Les autres villages payaient à proportion du nombre de leurs habitants. — Dans )aconsti-< tutiondu mois de mai 1087, faite en présence d'un concile, il est dit qu'il sera au pouvoir de l'empereur d'ériger les évôchés et archevê* elles en métro|)oles, sauf le droit ordinaire dès inétropolitdius. — Dans une autre constitution datée du mois de novembre, il permet à ceux qui sont élus pour des évèonés d'Oûcnt dont les revenus étaient possédés par les inijdèles, de garder les abLayes et ires bénéiices qu'ils avaient avant leur éiention, parce que autrement ils n*auraient ^as eu (Je quoi subsister. Les autres traitent de diircren:es matières qui tendent à rézle

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les droits d s ecclésiastiques.

L'empereur Auguste avait fait un tarif des

monnaies, et fixé la manière de payer les tributs et les impôts; il se glissa dans ce tarif divers abus aue Temoereur Alexis réforma |)ar un nouveau. Ils ont été publiés l'un et l'autre à Paris, en 1688, avec les caractères et les notices des différentes espé* ces Je monnaies qui avaient cours dans l'empire pour le payement des tributs et des impôts.

On cite d'Alexis Comnène un poëme qu'il avait adressé à Spanea, son neveu. Lambécius et Cave disent qu'il a été imprimé à Venise, sans marquer l'année de celte édition. La bulle d or par laquelle il remit è sa mère le gouvernement de Tempire, prndant qu'il allait à la tête de son armée combattre les ennemis, est une preuve de son tendre attachement pour cette princesse, et de la confiance qu'il avait en sa F»rudence et ses lumières. Anne Comnène 'a npportée, dans le troisième livre de son Histoire^ où elle fait un éloge accompli de cette princesse, qui fut son aïeule. Elle relève surtout la pénétration de son esprit, la solidité de son jugement, la pureté de ses mœurâ, son éloquence et sa piété. Elle était rompue au maniement des alTaires, et elle usait ordinairement d'un sceau où la mort et la résurrection étaient représentépfi

COMNÈNE (Irène), était de la famille des Ducas» et fut mariée fort jeune à Alexis Comnène, puisqu'elle D*avait que quinze ans lorsqu'elle fut couronnée impératrice par le patriarche Cosme. Elle eut pour père Andronic, fils atné de Jean César. Bieniaite de corps et belle de visase, elle ne plut pas moins par les qualités de son cœur et de son esprit, par la douceur de son naturel, par sa compassion pour les malheureux, par sa libéralité envers les pauvres, par son amour pour les sciencps et les g^ens de let^ très. Cette belle inclination lui était commune avec son mari ; a'ussi était-ce avec confiance aue les savants fréquentaient le palais. A Ta lecture des livres saints, elle ajoutait celle des Pères, surtout de saint 5)axi* me, philosophe et martyr; moins curieuse d'y trouver le dénouement de quelque question philosophiaue, que Teiplication des dogmes divins de la religion. Par attaciiement pour son mari, elle le suivit souTentà la guerre ; ce fut une occasion pour ses adversaires de la diffamerf mais elle se mil au-^lessus de la calomnie. Personne ne réussissait mieux qu'elle à apaiser les douleurs que ses accès de goutte lui faisaient soutTrir. Elle le pansait elle-même, et ^ cédait à personne le soin de le consoler. On ne saurait dire de combien d'aonées elle survécut à Tempereur Alexis.

Elle fonda à Constantinople un m(Niastèr« de tilles qu'elle consacra à la aainta Vierge sous le nom de pleim de grâce. Jl était d usage, dans rEglise grecque, que les fondateurs, quels qu'ils fussent, donnassent une règle à leur communauté; Irène en donna une qui se trouve reproduite, en grec el «û latiui dans le premier tome des Anêcd^*^

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mequês traduites par dom Hontfaucon, à Parig en 1688. Cette règle contient soixantedix*buit chapitres. — Irène se réserva de gouverner elle-même ce monastère pendant sa vie, et ordonna qu'après sa mort il serait exempt de toute juridiction soit civile soit ecclésiastique, en sorte que la supérieure seule 7 aurait toute autorité. Elle y établit la vie cénobitique, dont le fondement est l'obéissance. L'entrée du monastère était interdite aux hommes, et chaque religieuse ne pouvait visiter un parent malade, qu'assistée par une compagne d'un âge mur. La fondation faite par l'impératrice était pour vingt-quatre religieuses, avec pouvoir d'augmenter ce nombre jusqu'à quarante, si les revenus le permettaient. Il y avait en outre deux jeunes tiiles que Ton élevait jusqu'à ce qu'elles fussent eu ftge d'être religieuses, et six servantes

fiour toute la communauté. L'mp matrice rêne, en se réservant le droit de gouverner le monastère, s'était aussi réservé celui d'y établir une abbesse s'il en était besoin; mais elle ordonna au'après sa mort ral)besse serait choisie p'ir la communauté, en présence de la patronne ou protectrice du monastère. L'élection se faisait par bulletin, et chaque sœur y inscrivait trois sujets. Si l'égalité des suffrages y Inissait l'élection indécise, la patronne la faisait tomber sur celle qui réunissait les suffrages de la plus saine partie de la communauté ; on ne la dé clarait qu'après beaucoup de cérémonies et de prières, puis on installait la nouvelle abbesse en lui mettant en main le Typique ou Règle, avec la crosse oui était le symbole de l'autorité; c'était le prêtre du monastère gui proclamait l'élection. Le choix des dignitaires appartenait h Tabbesse qui devait concéder ces fonctions moins à l'âge qu'au mérite et à la vertu.

Il y avait un économe pour les affaires du dehors, et deux prêtres capables d instruire les religieuses. Tous les trois devaient être eunuques, ainsi que le père spirituel, qui seul recevait les confessions de toute la communauté. Quand l'abbesse donnait un emploi à une religieuse, elle le faisait en lui disant : L'immaculée et pleine de grâce Mère de Dieu vous destine a tel office. Tous les ofdces sont détaillés dans la Règle et se trouvent les mêmes que dans les monastères d'aujourd'hui. Les heures de l'office diiFîo sont les mêmes que dans tous les couvents; et la règle inspirait surtout une grande dévotion pour le sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ : elle exhorte les religieuses à s'en approcher souvent, mais de l'avis du père spirituel et du consentement de l'abbesse.

Après la liturgie , les religieuses vont au réfectoire en récitant un psaume, lequel fini, elles se mettent à table et mangent ce qu'on leur sert, en silence et se rendant attentives à la lecture, il n'est p;'rmis à aucune de se dispenser du réfertoire commun, exce{>té aux malades, à qui la supérieure doit donner une chambre avec une

infirmière. La* règle établit une différeDce entre les aliments des jours ordinaires et les aliments des jours de jeûne. On distin^ guait trois carêmes : le premier, qui commençait aux Gendres et finissait à P&ques ; le second, appelé des Apôtres, commençait après les fêtes de la Pentecôte et finissait à celle de saint Pierre et de saint Paul; le troisième s'étendait depuis le 15 novembre jusqu'à Noël exclusivement. Quelques-uns, en ajoutaient un quatrième avant la fête de l'Assomption.

La Règle prescrit une pauvreté qui exclut toute propriété quelle qu^elle Soit, mais aussi elle ordonne que tous les besoins seront fournis sur les revenus du monastère. Elle entre dans le détail d(^s ornements et du luminaire pour la célébration dos solennités ; de la quantité d*aumôncs qui doivent se faire chaque jour à la porte du monastère.— L'impératrice acheta pour la sépulture des religieuses, un petit monastère nommé Cellarée dépendant de la grande église, de sorte que leur cimetière était en dehors de la communauté. Elle y mit quatre religieuses avec un prêtre séculier, pour y faire le service divin. On y transport tait le corps dos défuntes au cUant des psaumes, et le cortège funèbre était composé d'un certain nombre de religieuses, réglé par l'abbesse. On offrait pour la défunte dos

{irières et des sacrifices, jusqu'au quaranièmejour après sa moi t. Il y a un chapitre particulier pour la commémoration oes morts de la famille imoériale, au jour de leur décès.

L'impératrice Irène n'ayant rien omis pour rendre son monastère régulier et sa rè jle commode, elle défendit d'y rien ehanger à l'avenir. Elle exhorte les religieuses à en remplir exactement tous les devoirs, à respecter leur abbesse, à s'aimer, à se prévenir mutuellement, à pratiquer l'obéissance et la pauvreté et à travailler assidûment à leur salut. Ce chapitre , qui est le dernier, est signé, dans le manuscrit original, de la main même de cette princesse, et en lettres rouges, comme il était ordinaire aux empereurs et impératrices de Constantinople.

COMNÈNE (AiffiE), fut le premier des enfants de l'impératrice Irène et de l'empereur Alexis. Elle naquit le 1** décembre de l'an 1063. Dès son enfance, on lui fit apprendre les belles-lettres, que l'empereur son père avait remises en honneur. Anne s'appliqua particulièrement à bien posséder la langue grecque; mais elle étuoia aussi la rhétorique et les livres d'Aristote et de Platon. Elle ne se souvenait point d'avoir Jamais manqué au respect et à l'amour

au'elle devait à ses parents, et se sentait isposée à sacrifier même sa vie pour leur conservation. Fiancée d'abord à Constantin Bucns, qui mourut avant la consommation du m «riage, elle épousa le césar Nicéphore, de l'illustre familli^des Brienne. Elle nous le dé{)eint comme un prince accompli : aussi l'aimait^elle tendrement^ et sa mort, arrivée

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