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pie, et qui, ciilre autres clioses, lui conseille de ne lire aucun livre des païens, de quelque genre qu'il soit, et de ne pas môme s'appliquer à la lecture de ceux de TAncien Testament; non qu'il faille les rejeter, puisque l'Eglise les reçoit et qu'ils sont dictés par le Saint-Esprit, mais parce qu'ils sont moins propres h produire la componction dans le cœur. 11 veut donc qu'il lise le Nouveau Testament, les combats des martyrs, les Vies des Pères et les actes des anriens, en l'assurant qu'il retirera un grand fruit de celle lecture.
Dans la lettre &!^* adressée à Asclépiade, saintNil, dit quecomrae nous ne devons point faire rendre compte à un médecin de la manière dont il nous traite, mais le prier seulement de nous guérir, nous devons encore moins obliger Dieu h nous déclarer.par quel moyen il opère notre salut, ni comment il nous purifie de nos péchés ; mais nous contcnler d'en faire péniience, de croire, de demeurer dans rétonnement, dans l'admiration, et dans le ciiant des psaumes, des hymnes et des cantiques. 11 ajoute que si nous ne pouvons rendre raison de la manière dont Dieu nous a formés du limon de la terré, nous ne devons (as lui demander raison de la conduite qu'il tient dans sa bonté et sa toule-puissanoe, pour opérer la guérison de noire âme, ni comment il la purifie d'un nombre inGni de péchés.
Dans la lettre 59', pour expliquer au moine Timothée la nécessité d'un parfait renoucement, il se sert de cette comparaison : « Comme ceux qui entrent dans un bain pour se laver se dépouillent de tous leurs vêtements, ainsi il faut que ceux qui embrassent la vie retij^ieuse aban.lonncnt tous les soins de la vie mondaine et séculière, pour s'appliquer aux exercices de cette sainte et divine philosophie.
La lettre 61' est adressée au préfet Olym- |;iO(Jore qui, ayant construit une église en l'honneur de Jésus-Christ et des martyrs, avait conçu le dessein de la décorer de divers tableaux* dont les uns représenteraient des hommes occupés à la chasse d'animaux de différentes espèces, et les autres, des pécheurs tenant des Qlets remplis de toutessorles do poissons. Il voulait ajouter à cela quelques orncuients en plÂtre, et ériger dans la nel un grand nombre de croix; mais avant d'exécuter ce dessein, il demanda l'avis do saint Nil, qui lui répondit que c'était un bfiuinage puéril d'ocjuper les yeux du pcu[)lo par ces sortes de peintures. Il convenait mieux à un esprit grave et solide» tel que le sien, de ne mettre qu'une figure de la croix» daus le sanctuaire, du côté de l'Orient; de faire peindre, dans tout le reste du chœur, des histoires de l'Ancien et du Nouveau Testament, afin d'instruire les ignorants et ceux qui ne savent pas lire les diverses Ecritures; de planter une croix seulement dans chacune des chapelles qui se trouvaient le long de la nef, et de négliger comme superflus tous les autres ornements dont il avait parlé ; mais il l'exhorte à s'occuper
continuellement de la prière, h ranimer s^ foi, à faire d'abondantes aumônes, à s'dii | blier lui-même, à ne point cesser de iiiellr^ son espérance en Dieu, à méditer la paroH divine, à traiter ses serviteurs avec hamanil té, et à vivre, lui, sa femme et ses enfant^ dans l'observation de imis les préceutes lii Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Voilà ce que nous avons trouvé de pluj remarquable dans les écrits de saint Nil» qui d'ailleurs sont remplis de conseils très-util les à tous ceux qui font profession de la ni religieuse, dans tous les degrés de la hit rarcliie claustrale. Les personnes du n]onii( y puiseront également des maximes très-îoi portantesqui pourront leurservirderègled* conduite et les diriger suivant leur état ; car i y a plusieurs de ses lettres qui s'adressent ] des personnes de toutes sortes de conditions^ Elles sont bien écrites, pleines d'esprit, ii\ sailUes, et quelquefois de véhémence» surj tout loi'squ il s'agit de venger l'honneur d^ l'Eglise et de ses saints, de réformer quelj ques abus, de rétablir la pureté de la foi» oi de faire rentrer les pécheurs en eux-méIne^ en leur inspirant la honle de leurs désor dres.ll toinpère la sévérité de douceur» v voile quelquefois, aux yeux du coupable» \i justice de Dieu, pour ne lui montrer que s^ miséricorde. Cette charité tendre paraît sur^ tout dans les remèdes et les consolation^ qu'il prodigue à ceux qui se trouvent atta^ qués de fréquentes tentations. 11 aime tej comparaisons et s'attache plus ordinaire^ ment au sens allégorique de l'Ecriture qu'ai] sens liitéral. Saint Nil est regardé comind l'un des (dus éloquents disciples de saini Chrysostome. Pholiuset Nicéphore Callisti* louent la noblesse de son style et la purvu de sa morale.
Nous n avons aucune édition complète dii œuvres de ce Père. Les opuscules dont nuu avons rendu compte ont été recueillis 4i traduits en latin par Suarès, évêque de Vat son, ])uis imprimés à Rome, in-/b/ia, ei 1073. Ses lettres ont été publiées en grec e en latin par Allatius, en 1668; puis réunies à ses opuscules et insérées ensemble dan les tomes Vil et XXVII de la grande biblio thèuuc des Pères. Nicolas Foiuaine a publii en français quelques-uns des traités do no tre saint solitaire, à la suite de sa traducliol des œuvres de saint Clément dMlexandi ie Paris» in-8% 1696.
NITHARD, dont nous ne dirons qu'ui mot, parce que le seul ouvrage qu'il uou ait laissé ne contient rien d'inléressani pou notre sujet, était fils d'Angilbert et de JBer the, fiile de Charlemagncetconsc^quemaien cousin germain, par sa mère, des trois eu fants do Louis-le-Débonnaire. 11 eut beau coup de part à l'amitié de ce prince et |mr tagea avec Charles^le- Chauve, son fils» toute les disgrâces qu'il eut à essuyer jusqu'ei 843. Nitliard mit tout en œuvre pour apai ser la guerre civile entre les trois frères mais il ne put y réussir et se dégoûta de li couret du rôle de négociateur. Les Normand ayant fait une irruption en France, rava^^î]
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