‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 9 sur 207 · MIL · texte numérisé non relu

MIL

IHCTIOMNAIRB

lOL

marlyrrcommedeson compatriote: ce qui a fait croire qu'il était originaire de cetle ville mâme, ou au moins de la province de Galalie, et non de Constantinople, comme Ta cru Nicéphore. Quoi qu'il en soit, cette petite erreur, causée peut-être par Torgueil national, ne doit pas empêcher d'ajouter foi à cet historien, quand il dit que saint Nil fut préfet de cette ville impériale, qu'il était issu d'une famille illustre, qu'il possédait de grands biens et qu'il se faisait remarquer par une rare éloquence.

Il s'engagea dans le mariage, et il était devenu père de deux enfants lorsqu'il eon-

Sut le désir de quitter le monde et d'abanonuer sa maison, sa pairie, ses amis, sa fortune, pour aller s'ensevelir dans le désert. Sa femme, accoutumée à ne lui résister en rien, le laissa partir quoiqu'avec douleur. Nil prit avec lui un de ses enfants nommé Théodule, etlui conGa l'autre, il choisit pour lieu de retraite le montSinaï, où un grand nombre de pieux solitaires vivaient dans des ceUules ou dans des cavernes éloi-

Ënées les unes des autres, et ne s'assem* talent que le dimanche dans une même église, pour y participer aux saints mystères et s animer mutuellement à la vertu par des entretiens pleins de (liété. On fixe généralement l'époque de cette retraite à l^n 390. Nil eut à essuyer, dans sa solitude, de fréquentes attaques de la part des démons ; mais elles ne lui firent rien perdre de sa douceur et de sa tranquillité. Ces esprits malfaisants employaient tous les moyens pour lui inspirer de la terreur, soit en ébraulant sa cellule, soit par des bruits et des siiQements effroyables , soit par des éclairs et des étincelles qu'ils faisaient paraître à ses yeux, soit en lui représentant des bêtes monstrueuses prêtes à se jeter sur lui. Rien de tout cela ne l'abattait, il se servait, pour dissiper ces prestiges, de la foi, de la patience, de la prière, du chant des psaumes, de la lecture, de l'humilité et du Signe de la croix.

Cependant le bruit de ces combats, qu'il

{ivait soutenus d*une façon si victorieuse, ui acpiit une répuialion de sainteté qui se répandit bientôt au delà de sa solitude. Un nombre considérable de visiteurs venait le consulter, et nous voyons par ses lettres qu'il était très-versé dans les maximes de ^ vie intérieure. Les Sarrasins ayant pénétré dans le désert du monlSinnï, en tuèrent plusieurs et emmenèrent prisonniers les

Îlus jeunes, au nombre desquels se trouvait héodule. On l'exposa en venle, et comme personne n'en voulait donner le prix que ^es bartiares exigeaient, ils allaient le meure à mort lorsque quelqu'un, touché de compassion, l'acheta pour le revendre à l'évêq^ue d'£leusis. Celui-ci, ayant reconnu son mérite, le fit entrer dans la cléricature. Pendant ce temps-là, Nil cherchait son fils de tous côtés, et tandis qu'il parcourait les différents lieux où il espérait pouvoir le retrouver, il tomba lui-même entre les mains des Sarrasins, qui toutefois le rendirent bientôt après

è la liberté. Ayant appris enfin que Théodule était chez Tévêque d'Eleusis, il vint le trouver, et l'évêque consentit à le lui rendre, à la condition qu'ils consentiraient l*un et l'autre à se laisser élever au sacerdoce. Nil, qui avait alors cinquante ans, se laissa ordonner et probablement Théodule avec lui. A partir de ce moment, l'histoire ne nous apprend plus rien de ce saint anachorète, sinon qu'il mourut dans un âge avancé, sous le règne de Marcien, au milieu du T* siècle. Ses reliques furent transportées du mont Sinaï à Constantinople sous le rè-

Pne de Justin le Jeune, et déposées dans église des Apôtres.

Ses écrits. — Saint Nil composa dans sa solitude un grand nombre d'ouvrages qui sont un monumentéterneldeson éloquence.

Ils prouvent gu'il avait beaucoup profité des leçons de saint Jean Chrysoslome, dont il fut quelque temps le disciple, et pour lequel il conserva toujours le plus vif attachement. Après que ce grand pontife eût été exilé de Constantinople, l'empereur Arcade écrivit à saint Nil pour lui demander le secours de ses prières, mais il en reçut celle réponse : « Comment espérer voir Consiantinople délivrée des coups de l'ange exterminateur, tant que durera l'exil du bienheureux Jean, cette colonne de l'Eglise, ce flambeau de la vérité, celle trompette de Jésus-Christ?... Vous avez banni Jean, la plus brillante lumière du monde; mais du moins ne persévérez pas dans votre crime. »

/>e la vie monastique. — Le premier de cos écrits est un Traité de la vie monastique^ connu aussi sous le titre iV Ascétique^ p>arce qu'il occupait la première place parmi les écrivains de ce aenre dans la Biblioltièquâ barbérine, dont l'éditeur s'est servi. Il est divisé en soixante chapitres. L'autour y fait ressortir la dilférence qui existe, entre la philosophie suivie par la plupart des gentils et même par quelques Juifs, et celle dont les disciples de Jésus-Christ font profession. Ceux-là, contents de l'extérieur, n'avaient que le nom de philosa{.)lies et se mettaient peu en peine de régler leurs passions dont ils étaient les esclaves. Ceux-ci, au contraire, joignant la pratique à ]a spéculation, montrent que la vraie philosophie consiste en même temps dans le règlement des mœurs et la connaissance du vrai Dieu. Quelquesuns parmi les Juifs, surtout ceux qu'on appelait jesséenf;, ne laissaient pas de vivnj d une manière simple, austore, et dans une

frrande pureté de mœurs; mais ils travailaient sans espoir dé récompense, puisqu'ils rejetaient celui gui doit les donner. Saint Nil regarde la vie monastique comme une imitation de colle des apôtres, auxquels ils ressemblaient par l'abandon de toutes les choses du monde et par une vie dure et laborieuse ; mais il se plaint qu'avec le tvmps cet état soit déchu de sa ferveur nriwi* tive. Les moines, négligeant les préceptes du Seigneur, qui nous défend de nous embarrasser dans les choses du 9iècie^ s*oc-

mL

&E PATROLOGtE.

NIL

cQptieBt I acquérir des tronpefloi, de rkfl» domaines» coninie s'ils étaient encore de ce monde. II regarde ce désir de ^kçsèier, eomme nne des raisons qui fai* siKOl blasphémer le nom de Dieu, et qui Tv&uieot Jes moines odieux aux séculiers. etA pwrqnoi il leur rappelle le renonce* ffcfrf qalis ont fait h tous ces biens en em« uWnl la profession religieuse. Il leur c-cfre combien est opposée h la vertu TaffrrdooiQX choses terrestres. C'est elle qui êcifoé la mort de Naboth, et séparé Loth cêf^ Abraham. Les choses nécessaires à la T^B^ool jamais manqué i ceux qui prati- 1 i:em la Terlu. Elie» sans labourer la terre* 8 trr.aTësa suteistauCe parle ministère d*un f rjeau et de la veuve de Sarepta. EnGn, il ïf» ficrsonne qui ne puisse facilement se r-rx^nr re qui est nécessaire à la vie du r^rps c'est-è-diredu pain etdel'eauySoit par y^lravail.soit en le demandant aux autres» luuts Dieu n*a laissé manquer un de ses ^erriieors. Il le prouve encore (*ar plusieurs nfopies; ce qui ua pas empêché les pro* p6èl»de parier aux princes avec une grande fcî^, témoin, Nathan reprochant son cri* Eei livide et Hérode réprimandé par saint iec-iiptisle.

I îBvettive fortement contre ceux qui* à çnaeÎDîtiés è la vie monastique» s'érigeaient ^sdtrcs sans avoir acquis aucune expérmt^ et sans s'être instruits à fond des r/Mi quun supérieur doit enseigner aux Kres; comme si, dans ce qui touche au 9»ntce de Dieu, il fallait moins de travail u X4ÀM de temps pour se rendre capable •l'us^mirp, que dans les arts libéraux et ^15 iPBtes les professions. Si Hélii pour ^"f^'S né^igé de corriger ses enfants n'a pu f« seUie à rouvert de la colère de Dieu, ni *» Vît sacerdoce, ni par sa vieillesse et ses *-^piéro;^tives; comment réussi rontdonc ^ * a ^rantir ceux qui ne se sont acquis *^a«e («ifiance auprès de Dieu par leurs ccTrcs» ^ ne connaissentt ni les dilféff ates «rtB de péithés ni la manière de «'«flwiçBi. Ne doîvent'ils pas avant toutes àma, apprendre à combaUre et à vaincs 'evs propres passions, pour se mettre •".fisica état de faciliter aux autres la vici'ATt, SU est laeile de commander, il ne Te^ pas de se faire obéir, quand à la f*nk Où ne sait pas joindre Texemple» tonjooff plus effieace pour persuader que tous ^ «discours. Le gouvernement oes âmes ^ ce qu'il j a de plus difficile. On conduit ^«eiMoldea animaux parce qu'ils ne réfiiteot foinC; mais quelle résistance ne traove ftts un supérieur dans les mcrars <Mércafcade eenx qui sont soumis à sa direetioB, ai dans les ruses et les détours de le«r c^rii. Ctat là qu'il est besoin de lu- ■îères^ nncapaeité ë*uo mattre ne peut que rrsibiepiiia OMOrafs les disciples^ Au contraire, il leur sera on ne peut plus utile su i^<ia «v^etr vaîlica ses propres ennemis, il tamtmmÈd de les aguerrir dans la milice spi <

II ft'ééère avec non moins de Ibrce contre

ceux qui, pour se procurer des disciples, ne leur enseignent que des maximes relâchées. Il est du devoir de celui mémo qui, contre sa volonté, se trouve chargé du soin des autres, de travailler à leur perfection com* me à la sienne, puisqu*il doit en rendre compte à Dieu. Il veut aussi que les disciples ne fuient point l'œil du maître; il leur défend d'eiaminer et sa manière de gou-* verner et la nature des obligations qu*il leur impose; semblables en cela aux passagers d'un vaisseau, qui aiment mieux se confier a l'expérience du pilote qu'à leurs propres connaissances. Il donne ensuite diverses instructions sur la manière de comtialtre et de dompter les passions, et pour mieux se faire eomjirendre, il emploie de fort belles corn-» paraisons, empruntées la plupart à l'Ëcriture et aux exemples des plus grands saints, qui vivaient dans un détachement absolu des choses de la terre pour ne s'occuper que du ciel. C'est par là qu'il finit ce traité, dont les derniers diapitres ne sont qu'une exhortation au mépris des plaisirs sensuels et à la pratique de la vertu. ^

De la praiique de la vertu^ etc. — Le traité suivant intutilé : De ta praiique delà vertu et de la fuite de$ vicee^ est adressé à un moine nommé Agathius. Saint Nil l'a* vait intitulé Géristerie^ par honneur pour une dame chrétienne, qui avait rendu de grands services à l'Eglise. L'éditeur en lui substituant le litre sous lequel nous le connaissons, l'a distribué en douze parties qui ont chacune plusieurs chapitres, et à la tète de chaque partie iJ a placé une indication sommaire des matières qui y sont traitées. Ce livre contient un grand nombre de réflexions morales sur la tempérance, que saint Nil regarde comme le fondement de toutes les vertus; sur Thumililé qui doit être inséparable des meilleures actions, qui ne doivent être vues des hommes, qu'à la condition que leurs auteurs feront tous leurs etforts pour rester içnurés; sur Tétude et la prière dont il fait voir futilité par les exem« pies de l'eunuque de le reine de Candace^ de saint Paul, de Corneille et de beaucoup d'autres qui ont trouvé dans ces exercices des moyens de salut; sur le détachement des biens du monde et sur les couvres da miséricorde* Il montre aussi avec combien de justice seront punis ceux qui laissent leurs biens à toutes sortes de personnes, au lieu de se préparer par leurs aum6nes un jugement favorable au tribunal de Jésus- Christ; et combien déplorable est l'état de ceux qui, au lit de la mort, oublient leur salut, pour s'occuper à disposer par lestament des biens qu'ils laisseront après eux. Il fait sentir la ridicule vanité de ceux qui 'disposent de leurs ridbesaes en faveur des

riovres, à la mort, sans avoir jamais songé les en faire jouir pendant leur vie. Il poursuit de ses reproches les Juils de son temps qu'il représente comme plus durs et plus impies que le mauvais nche de rEvangile, puisque celui-ci du moins, accordait a la porte de sa maison une place à Lazare, tan-

IfIL

marlyrrcomme de soa compatriote: ce qui a tait croire qu*il était originaire de cette ville mâme, ou au moins de la province de Galatie» et non de Constantinople» comme Ta cru Nicéphore. Quoi qu'il en soir, cette petite erreur, causée peut-être par Torgueil naiional, ne doit pas empêcher d'ajouter foi à cet historien, quand il dit que saint Nil fut préfet de cette ville impériale, qu'il était issu d'une famille illustre, qu'il possédait de grands biens et qu'il se faisait remarquer par une rare éloquence.

il s'eusa^'ea dans le mariage, et il était devenu père de deux enfants lorsqu'il con-

Sut le désir de quitter le monde et d'abanonner sa maison, sa patrie, ses amis, sa fortune, pour aller s'ensevelir dans le désert. Sa femme, accoutumée à ne lui résister en rien, le laissa partir quoiqu'avec douleur. Nil prit avec lui un de ses enfants nommé Théodule, etluiconQa l'autre, il choisit pour lieu de retraite le montSinaï, où un Srand nombre de pieux solitaires vivaient ans des cellules ou dans des cavernes éloi- Ënées les unes des autres, et ne s'assem* laient que le dimanche dans une même église, pour y participer aux saints mystères et s'animer mutuellement à la vertu par des entretiens pleins de piété. On fixe généralement l'époque de cette retraite à l'an 390. Nil eut à essuyer, dans sa solitude, de fréquentes attaques de la part des démons; mais elles ne lui firent rien perdre de sa douceur et de sa tranquillité. Ces esprits malfaisants employaient tous les moyens pour lui inspirer de la terreur, soit en ébranlant sa cellule, soit par des bruits et des sifflements effroyables , soit par des éclairs et des étincelles qu'ils faisaient paraître à ses yeux, soit en lui représentant des bétes monstrueuses prêtes à se jnier sur lui. Kien de tout cela ne l'abattait. Il se servait, pour dissiper ces prestiges, de la foi, de la patience, de la prière, du chant des I>5aunjes, de la lecture, de i'bumiiité et du aigne de la croix.

Cependant le bruit de ces combats, qu'il

{ivait soutenus d*une façon si victorieuse, ui ac.piit une réputation de sainteté qui se répandit bientôt au delà de sa solitude. Un nombre considérable de visiteurs venait le consulter, et nous voyons par ses lotti*es qu'il était très-versé dans les maximes de ia vie intérieure. Les Sarrasins ayant pénétré dans le désert du niontSinaï, en tuèrent plusieurs et emmenèrent prisonniers les

Îlus jeunes, au nombre desquels se trouvait héodule. On l'exposa en vente, et comme personne n'en voulait donner le prix que ces liai'tiares exigeaient, ils allaient le meure à mort lorsque quelqu'un, touché de compassion, l'acheta pour le revendre à l'évêque d'£leusis. Celui-ci, ayant reconnu son mérite, le fit entrer dans la cléricature. Pendant ce temps-là, Nil chet^chait sou fils de tous côtés, et tandis qu'il parcourait les diiférents lieux où il espérait pouvoir le retrouver» il tomba lui-môme entre les mains des Sarrasins, qui toutefois le rendirent bientôt après

MCTIONnaIRB mil 0^

è la liberté. Ayant appris enfin que Tbéo^ dule était chez l'évêque d'Eleusis, il vint 1^ trouver, et l'évêque consentit à le lui rea^ dre, à la condition qu'ils consenti raient Tun et l'autre à se laisser élever au sacerdoce.] Nil, qui avait alors cinquante ans, se laissa ordonner et probablement Théodule avec lui. A partir de ce moment, Tbistoire ne nous apprend plus rien de ce saint anachorète, sinon qu'il mourut dans un Age tirancé, sous le règne de Marcien, au milieu du V* siècle. Ses reliques furent transportées du mont Sinaï à Constantinople sous le ré-

Pne de Justin le Jeune, et déposées dans église des Apôtres.

Ses écrits. — Saint Nil composa dans sa solitude un grand nombre d*ouvrages qui sont un monumentéternelde son éloquence.

Ils prouvent gu il avait beaucoup profité des leçons de saint Jean Chrysostoroe, dont il fut quelque temps le disciple, et pour le« quel il conserva toujours le plus vif attachem^nt. Après que ce grand pontife eût été exilé de Constantinople, l'empereur Arcade écrivit à saint Nil pour lui demander le secours de ses prières, mais il en reçut celle réponse : « Comment espérer voir Cnnslantinople délivrée des coups de l'ange exterminateur, tant que durera Texil du bienheureux Jean, cette colonne de l'Eglise, ce flambeau de la vérité, celle trompette de Jésus-Christ?... Vous avez banni Jean, la plus brillante lumière du monde: mais du moins ne persévérez pas dans vulre crime. »

De la vie monastique. — Le premier de ces écrits est un Traité de la vie monastique^ connu aussi sous le titre tV Ascétique ^ parce qu'il occupait la première place panui les écrivains de ce aenre dans Ta Bibliothèque barbérine, dont l'éditeur s'est servi. Il est divisé en soixante chapitres. L'auteur y fait ressortir la différence qui existe, entre la philosophie suivie par la plupart des gentils et même par quelques Juifs, et celle dont les disciples de Jésus-Christ font profession* Ceux-là, contents de l'extérieur, n'avaient que le nom de philosoplies et se mettaient peu en peine de régler leurs passions dont ils étaient les esclaves. Ceux-ci, au contraire, joignant la pratique à ]a spéculation, montrent que la vraie philosophie consiste en même temps dans le règlement des mœurs et la connaissauce du vrai Dieu. Quelques^ uns parmi les Juifs, surtout ceux qu*oQ appelait jesséens, ne laissaient pas de vivre d une manière simple, austère, et dans une grande pureté de mœurs ; mais ils travai - [aient sans espoir dé récompense, puisqu ils rejetaient celui qui doit les donner. Saint

Nil regarde la vie monastique comme une imitation de celle des apôtres, auxquels ils ressemblaient par l'abandon de toutes les choses du monde et par une vie dure et laborieuse ; mais il se plaint qu'avec le It'inp* cet état soit déchu de sa ferveur primtlive. Les moines, négligeant les précepte! du Seigneur, qui nous défend de nput embarrasser dans les choses é\x sièclet s oc-

&E PATROLOGtE.

NIL

ciiPtt>Bt I acquérir des troupeaux, de nciies domaines» comme s'ils étaient encore de ce monde. Il regarde oe désir de prissèder, comme une des raisons qui fai- »i«^l blasphémer le nom de Dieu, et qui rf&diieol les moines odieux aux séculiers. ttH poorquoi il leur rappelle le renonceij^tti qu'ils ont fait à tous ces biens en embfffssiat la profession religieuse, il leur jRfiOîre combien est opposée h la vertu Taffcriinn aux choses terrestres. C*est elle qui i censé la mort de Naboth, el séparé Loth d*iTe«: Abraham. Les choses nécessaires h la v,(D ont jamais manqué i ceux qui pratiqnr.tiit la vertu. Elîe, sans labourer la terre, i troQTësa sulisistance pnrie ministère d'un ^/^el^ et de la Touve de Sarepta. Enfin, il n) M )>ersonne qui ne puisse facilement se pnjcuirr re qui est nécessaire è la vie du Mrps c'est-à-dire du pain et de l'eau, soit par !nQtrar«il,soit en ie demandant aux autres, hmais Dieu n*a laissé manquer un de ses serviteurs. 11 le prouve encore par plusieurs neniples; ce qui tfa pas empêché les prop|bètesde parler aux princes avec une grande &eTtf, témoin, Nathan reprochant son cri* i&ttHiitid, et Hérode réprimandé par saint fas-iaptiste.

fi iorective fortement contre ceux qui, à ftise initiés h la vie monasticiue, s'érigeaient n maîtres sans avoir acquis aucune expérifttR, et sans s'être instruits à fond des cho(esqa*un supérieur doit enseigner aux uires; comme si, dans ce qui touche au Knicede Dieu, il fallait moins de travail ein.oios de temps pour se rendre capable d'ioslniirp, que dans les arts h'béraux et daostoulesles professions. Si Héli, pour a^tr négligé de corriger ses enfants n'a pu ^QceUreà couvert de la colère de Dieu, ni V^ vm «aeerdoce, ni par sa vieillesse et ses ^^prérogatives; comment réussirontdonc ^ ^^ pranlir ceux qui ne se sont acquis *<Kniittoiifiance auprès de Dieu par leurs ftOTRs^ qti ne connaissent, ni les ditféfutiles Mn de péchés ni la manière de *tt«rr/gBr. We doivent-ils pas avant loutoctees, apprendre è combattre et à vain- ^ (ettrs propres passions, pour se mettre •insieo étal de faciliter aux autres la viol<»}re. SU est facile de commander, il ne Tfst pas de se faire obéir, quand à la proie on ne sait pas joindre Texemple» toujours plus efficace pour persuader que tous ^ discours. Le gouvernement des Ames ^tee qu'il y a de plus difficile. On conduit facilement des animaux parce qu'ils ne ré^ sisteot point; mais quelle résistance ne l^Qvo pas un supérieur dans les mœurs 'iBrealesde éeux qui sont soumis à sa dineiioo, et dans les ruses et les détours de kttres^LC^^est Ih qu'il est besoin de lu- BièreS) l^ncepadté d'un maître ne peut que t^odrepltté ODauvais lés disciples* Au con- Irtire, û leur sera on ne peut plus utile si, *prts avoir vaincu ses propres ennemis, il tnb«preud<le les aguerrir dans la milice spi* ritttoHe.

11 l'élère avec non moins de force contre

ceux qui, pour se procurer des disciples, ne leur enseignent que des maximes relâchées. Il est du devoir de celui mémo qui, (onire sa volonté, se trouve chargé du soin des autres, de travailler à leur perfection comme h la sienne, puisqu*ii doit en rendre compte à Dieu. 11 veut aussi que les disciples ne fuient point l'œil du maître; il leur défend d'examiner et sa manière de gou*» verner et la nature des obligations qu'il leur impose; semblables en cela aux passagers d'un vaisseau, qui aiment mieux se confier è r.ex()érience du pilote qu*à leurs propres connaissances, il donne ensuite diverses instructions sur la niiinière de combattre et de dompter les passions, et pour mieux se faire com()rendre9 il emploie de fort belles comparaisons, empruntées la plupart à i'Ëcrilure et aux exemples des plus grands saints, qui vivaient dans un détachement absolu des choses de la terre pour ne s'occuper que du ciel. C'est par là qu'il finit ce traité, dont les derniers chapitres ne sont qu'une exhortation au mépris des plaisirs sensuels et à la pratique de la vertu. ^

De la pratique de la vertu, etc. — Le traité suivant intutiié : De la pratique de la vertu et de la fuite des vices^ est adressé è un moine nommé Agathius. Saint iNil l'avait intitulé Géristerie, par honneur pour une dame chrétienne, qui avait rendu de grands services à l'Eglise. L'éditeur en lui substituant le titre sous lequel nous le connaissons, l'a distribué en douze parties qui ont chacune plusieurs chapitres, et à la tête de chaque partie iJ a placé une indication sommaire des matières qui y sont traitées. Ce livre contient un grand nombre de réflexions morales sur la tempérance, que saint Nil regarde comme le fondement de toutes les vertus; sur Thumililé qui doit être inséparable des meilleures actions, qui ne doivent être vues des hommes, qu'à la condition quelenrs auteurs feront tous leurs eil'orts pour rester içnurés; sur l'étude et la prière dont il fait voir l'ulilité par les exemples de l'eunuque de M reine de Candace^ de saint Paul, de Corneille et de beaucoup d'autres qui ont trouvé dans ces exercices des moyens de salut; sur le détachement des biens du monde et sur les œuvres da miséricorde. II montre aussi avec combieo de justice seront punis ceux qui laissent leurs biens à toutes sortes de personnes, au lieu de se préparer par leurs aumÂnes ua jugement favorable au tribunal de Jésus- Christ; et combien déplorable est l'état de ceux qui, au lit de la mort, oublient leur salut, pour s'occuper à disposer par testa* ment des biens qu'ils laisseront après eux* Il fait sentir la ridicule vanité de ceux oui 'disposent de leurs richesses en faveur des

fauvres, à la mort, sans avoir jamais songé les en faire jouirpendant leur vie. Il poursuit de ses reproches les Juifs de son temps qu'il représente comme plus durs et plus impies que le mauvais riche de l'Evangile, puisque celui-ci du moins, accordait a la porte de sa maison une place à Lazare, tan-

i05 NIL DICTIONNAIRE

l'âme avec Dieu. C'est pourquoi W veut qu'à l'exemple de Moïse, lorsqu'il s'approcha du buisson prdent, nous nous dépouillions de ce qu'il y a en nous de terrestre pour converser avec le SeÎQ'ttenr. Nous devons lui denianuer surtout le don des larmes pour amollir la dureté de nos cœurs, et ne point nous enorgueillir de ce don quand nous l'aurons obtenu, puisqu'il nous vient de Dieu, afin que nous puissions confesser nos pé* clié5 et apaiser sa colère par nos larmes. C'est alors que les démons mettent tout en œu^ re pour irouliler le cours de nos prières, rappelant h noire mémoire ce qui s'estpassé, pour nous fatiguer par le souvenir de Ces choses, et nous faire perdre le fruit de le prière. Comme elle est le germe de la douceur, de la joie et de l'action de grâces; il faut éloigner d'elle la tristesse et les désirs de la vengeance, nous réconcilier avec nos frères, et oublier les injures qu'ils nous ont fait sul)ir. Ce n'est pas assez, dans la prière, de conserver l'extérieur du suppliant, il faut que l'âme soit appliquée à ce qu'elle demande. Nous ne devons point demander à Dieu l'accomplissement de nos volontés,

Ïarce qu'elles ne sont pas toutes conformes la siennei mais plutôt, et comme il nous l'a appris lui^mèmet que sa volonté divine s'accomplisse en toutes choses. Comme il est fauteur et le distributeur de tous les biens, il veut tout ce qui est bon» tout ce qui peut être utile à notre âme. Reposonsnous sur lui, et nous nous en trouverons bien. Mais si nous voulons entrer dans le détail de nos besoins, demandons-lui d'abord d'être puriQésdenos passions, ensuite, d'être délivrés de notre ignorance, et enfin de triompher de nos tentations, puisque le but de nos prières est de chercher le royaume de Dieu et sa justice, c'est-à-dire la vertu, et la connaissance de la vérité. Il est juste de prier, non-seulement pour nous, mais aussi pour nos frères; mais, soit que nous prions seuls ou avec eux, il ne faut pas le faire par faaiûtude, mais avec réflexion. C'est de Dieu que nous vient le don de la prière, nous «vous donc besoin de lui pour cet exercice, «et nous devons l'invoquer afin qu'il nous enseigne h fadoreren esprit et en vérité. Quand nous voulons prier, ne faisons rien tte ce qui est contraire à la prière, afin que le Seigneur I s'approchant, converse avec nous; car il est impossible de prier avec pureté si notre esprit est embarrassé du soin desuffa ires temporelles. Saint Nil paratt convaincu que les anges sont présents à notre ptièrei et qu'ils éclairent notre esprit, <flâii €[u4l agisse sans erreur, et il rapporte» à ce sujet, le passage de V Apocalypse ^ où saint leati vit uu ange, debout devaoi l'autel, avec un encensoir d'or k la main, tandis qu'on lui donnait nfne gi*ande quantité de parfums, afiti qu'il les mêlât è la prière des saints. Il dit que le clmit des psaumes apaise le ktk dés passions, tranquillise Tintempérance des sens, et que celui qui n'a pas encore reçu la grâee de la prière et de la psalmodie» l'tribliendra par son assiduité k l'un

NtL

et k l'autre de ces exercices. Il rapporte vers moyens employés par les démons p^ troubler les prières des saints. Le remj qu'il prescrit est de se tourner vers Dieu, lui auressant ces paroles du Psalniiste : Ji craindrùi point les maux^ pnrct qus vous avec moi. Il estime la prière, non \*f\v longueur, mais par son esprit, et défi* après rSvangile, d'être trop grand parjcur] priant.

Des mauvaises pensées. — Dans ce trail4j saint auteur entreprend de montrer cdl ment les mauvaises pensées se formrntf nous, par l'opération des démons, et c( ment nous pouvons les dissiper : son sei ment est que les démons les produisent nous, surtout pendant la nuit, en frâppi notre imagination du souvenir des €ibj( que nous avons vus dans la journée ; niau soutient quMIs ne connaissent nos pensi que par conjectures. Dieu seul pouvant roi nattre les secrets de notre cœur. Il cite I traité de la prière comme son œuvre authci tique, ce qui prouve que l'on n'a aucurï raison de lui contester ce traité.

Sentences,— Suivent cinq recueils desea tences, dont lepremier en contient trente trois; le second, vingt-cinq; le troisiènH vingt-six; le quatrième, trente-trois, et I cinquième, cent trente-cinq. Celles du se cond et du cinquième recueil sont attribué^ k Evagre, par les anciens critiques et par u grand nombre de manuscrits; les autre peuvent être de saint Nil ou de quelque àti cien solitaire. Pourtant celles du quatrièm recueil paraissent être d'un auteur qui écri vait k une époque où Ton disputait encor sur la consubstantialité. U insiste fortenien sur celte matière, et déclare que la Trinit est une nature en trois personnes. Il ajout que la foi et le baptême ne préserveront d feu éternel qu'autant qu'ils seront accomp^ gnés des œuvres de justice. Les sentence du cinquième recueil sont les plus belle: et celles de toutes qui méritent le mieu d*être$ lues. Elles roulent sur divers poini de morale.

Sermons. — On a mis, k la suite de c<^ traités, un discours de saint Nil sur ce pa^ sage de l'Evangile de saint Luc, dans lequ le S.iuveur dit : Que celui qui a un sac c une bourse les prenne^ et que celui qui nen point vende sa robe pour aduler une épée, I saint s*y propose de lever la contradictîc apparente qui semble exister entre ces p rôles et plusieurs autres, dans lesquelles Sauveur ne prêche que la douceur et la pai Il dit donc que l'on ne doit pas prendre à lettre ce passage de saint Luc, mais dans i sens spirituel; de sorte qne, parce sac, cet bourse^ Celte tunique, on doit entendre doueeur et rbumilité, qui uon-seuleoie nous font aimer les hommes, mais les di posent encore k recevoir les véritiVs qi nous leur prêchons. Quand il nous conseil de vendre cette tunique pour acheter ui épée, il veut nous apprendre que nous d vous renoncer aux marques extérieures < la douceur et de la chanté, pour corobatt

SâS

NIL

DE PâTROLOGIE.

ML

5SQS aucune cendescendance les ennemis de

Dieu eld^^sesvérilésaveclc glaive de la parole.

5ainl SU avail fait deut discnurs sur la

fMe de Pâtpies, et trois sur celle de TAscen-

5iof). Vous ne les avons plus, mais Photius

r.ons en a conservé des extraits. Dans les

iS<^ii discours sur Pâques, le pieux solitaire

>i^^Vv|uait à montrer la possibilité de la

n^irtvclîon, par plusieurs exemfilos tirés

.:ps (ioses naturelles, et en particulier, des

>rri:nps qui ne se reproduisent que lors-

«luVIIes ont élé réduites en pourriture. —

liAm cenx qu^il 8t sur TAscension, il prou-

ur( uuc« puisque le Sauveur était placé

♦ ins le ciel, après s'élre ressuscité (rentre ç>inoris, nous ne devions douter en aucune cjoière ûe rîmraorlalilé, figurée, dès ce L nie, |uir Enoch et Elie, qui, quoique rr'irteis de leur nature, continuent de sub- '>ier depuis tant de siècles par la puissance «le Dieu, il y parlait aussi de la vertu de la l'ûi tjui nous sauve du naufrage et nous ' ntiuit au port de la céleste béatitude; de Tnof f lence de ta foi clirélienne, qui a détruit -ic^ armes ce que les princes païens avaient

• 1 lâen de ta peine à établir dans toute la Irfùe leur pni>sance. Enfin il rappelle le usnJ nombre de inarlyrs querEj^lise a enhu\ès de son sein, comme le cep de vigne i rr^init ses l»ranclies,

ErtîTs ATTniBt'KS A SAINT Nil. — On allri-

V^u i saint Nil un traité, en forme de dis-

nr.f5, sur dircrs sujets de morale, et parti-

*u'iêrcment Sur le combat que nous devons

Uxrn à nos passions. Cette pièce n*a aucun

rji'iiort avec celles que nous avons analy-

s>^.S ni pour le tour des pensées, ni pour

\^ ^ty1e. L'auteur donne dans Terreur de

^•"tii i]ut placent dans Tliomme la cause de sa

V^é'lPHination. — On trouve encore moins

',f Mjle de ce pieux solitaire dans le Manuel

'♦ii porte son- nom, et on ne peut discon-*

v^ûr que ce ne soit celui d'Epiclète, au-

^î^eîtadirctien aura retranché tout ce qui

S'enta'*. V Mj^anisme, comme les noms de

(i*eaT,Oeafsîin, de fortune, et changé quel-

(fuer'io>af{ans les maximes du philosophe

[•é}tin, pour les accommo'Icr aux mœuis et

«01 «sa^e.s du christianisme. Ce n'est pas

£tire bormeur à saint Nil, qui avait du sa-

T":r et de l'éloquence, que de reproduire

J'ios son nom un ouvrage qui n'est autre

rUfse qu'une com[dlalion païenne. — L'his-

t'îre «iîi ruMère de la tentation d'un solitaire

Cfi environs de Scété,.!nommé Pachon, se

iTùnjt dans le chapitre xxix* de V Histoire

tvus'taque de PaUaae. On l'a aussi attribuée

^ Erjçre du Pont, sur la foi de quelques ma-

Inscrits. Elle lui convient beaucoup mieux

lu"* saint Nil. — Quant à TEpttre, ou dis-

<^^ars dogmatique, qui se lit éga'ement parmi

Vs ourrages du saint abbé, il n'est ni de

loi, uî d'Evagre, comme on l'a avancé d'a-

pr^ plusieurs manuscrits, mais de saint

Basile. Il forme la huitième lettre dans la

nouvelle édition de ses œuvres. 11 serait

trop long de dresser un catalogue des autres

écnts que Ton a faussement attribués à

Mint MU.

DiCTioHM. DK Pathologie. IV.

{ Lettres, — Nous allons maintenant «lire quelques mots de ses lettres, en nous artôtant seulement aux principales, car les 1.mites de ce travail ne nous permettent pas d'analyser une correspondance, dans la* quelle le nombre des lettres conservées s'élève h plus de quatre cents. L'éditeur les a divisées en quatre livres ; elles sont trèscourtes, et il y en a beaucoup qui ne contiennent rien d'intéressant pour notre sujet.

Premier livre. — Dans la lettre 66* adressée au moine Gallus, il lui reproche comme un grand désordre, les lettres fréquentes qu'il écrivait à ses parents. «A quoi vous sert, lui dit-il, d'avoir entrepris un si long voyajze hors de votre patrie, u'avoir mené une vie si pénible dans les exercices de la vie solitaire, et d'avoir embrassé de si grandes austérités, puisque, depuis, vous ne laissez passer presque aucun jour sans vous entretenir par lettres avec vus proches, et que vous vous éloignez de la voie de la perfection , par l'amour trop humain que vous portez à votre famille. Est-ce que vous n'avez pas appris la correction adressée par Jésus-Christ h la sainte Vierge, qui le cherchait parmi ses )>arents; et ne vous rappe« lez-vous plus qu'il a dit que celui qui aim$ son père et sa mère plus que lui, n*est pas dïgne de lui [Maith, x, 37, 38)? Que voulait-il par ces paroles, sinon nous obligera rompre tous les liens qui nous unissaient au monde.

Deuxième livre, — Voici la prière qu'il prescrit, dans la lettre 121* au moine Alexandre, qui était tombé dans la sécheresse do cœur : «Ouvrez, Seigneur, votre main, si riche et si libérale, pour nous combler de bienfaits et de grâces spirituelles, et toute âme qui est plongée dans l'amertume, ùi sar.vnge comme la mienne, sera remplie de votre bonté et redeviendra douce et traita* ble de farouche qu'elle était auparavant. Car, quoique vous m'ayez abandonné pour un peu de temps, è cause de ma négligence, vous pouvez m'envoyer encore une fois, du haut du ciel , votre Esprit-Saint, et renouveler en ma personne cette terre corrompue, afin que vous puissiez vous plaire dans vos ouvrages, en exterminant les pécheurs de la torre, c'est-à-dire, en éloignant de mon cœur les prestiges du démon. »

Il arriva que Taurien, qui avait élé préfet du prétoire et qui professait l'idolâtrie avec un attachement beaucoup plus vif que judicieux, fit enlever et mettre en prison quelques personnes qui s'étaient réfugiées dans l'éj^lise de Saint Platon, martyr a Ancyre. L'abbé Nil eu ayant été prévenu, écrivit au persécuteur une lettre extrêmement forte, dans laquelle, après avoir rabaissé son orgueil par des termes très-durs, il Paverlit de se préparer aux maux prochains, par lesquels Dieu punira sa cruauté et vengera l'honneur de son saint martyr. 11 lui annonce qu'il tombera dans la disgrâce de l'empereur, et c)ue co^te chute lui causera tant d'effroi, qu'il sera contraint de chercher sa sûreté dans l'église même qu'il a violée. Ensuite, lui ot tous ses amis seront ailligés

lin

ML

DICTIONNAIKÏ

ML

<i*iine niûJatiie Irèb-fAcheiise, dont il ne se relèvera que pour voir toutes les grandes richesses dont il était si fier, confisquées. Cest alors qu*il verra si Saturne, père de Jupiter, pour qui il professait un si grnnd respect, viendra le consoler dans son malheur. Il loue faction de ceux qui $*élaient réfugiés dans Téglise du saint martyr, et dit que Taorien, en les en retirant de force , avart non-seulement offensé le martyr Platon, mais Dieu lui-même, sur qui retombe Tinjure faite à ses saints. Celte lettre, qui contient un fait confirmé par Tévénement, est la 178' du recueil.

Dans la lettre 190*, adressée k Tévèque Oljrmpius, saint Nil le reprend de ce qu*il traitait les pécheurs avec trop de dureté. Il cite en particulier deux personnes, Tune nommée Thilemon et TautreSosandre, qu'il avait anathématisées, au lieu de leur imposer Ja pénitence prescrite par les canons. Il lui ditqu*il craignait que sa rigueur envers les autres ne lui ftt éprouver à lui-même celle des jugements de Dieu; sur quoi il lui rapporte une vision qu*avait eue autrefois un évêque du temps des apôtres, nommé Carpe. Ce passage n'est pas tout entier, mais on voit que c'est à peu près la même histoire qui se trouve rapportée dans la lettre 8' de saint Denys TAréopagile. Saint Nil rappelle ensuite à Olympius Ta conduite qu'il doit tenir à Tégara ae ces deux pécheurs. «Privez-les, dit-il, de l'entrée de l'église, pendant le temps prescrit par les canons des apôtres.^ Rrprenez-lels, instruisez-les, exhortez-les; imposez -leur une pénitence convenable; attirez sur eux par vos prières la miséricorde de Jésus-Cnrist ; fortifiez-les, renouvelez-les, lavez-les dans leurs propres larmes; ornezles de leurs jeûnes, purifiez-les par de fréquentes veilles, et faites-leur recouvrer par la prière les saints vêlements de l'innocence, dont la malice du démon et riniquité des méchants les ont dépouillés; soutenez-les dans une ferme espérance, lorsque vous les verrez prier, gémir, faire Tauroûne, et travailler à se rendre propice noire Sauveur» qui seul est plein de miséricorde et de pardon.

Dans la lettre 293' il loue Zénodore de ce qu'il aimait la lecture des écrits de saint Chrysostome, et remarque que ce saint évêque voyait presqu*à toute heure la maison de Dieu remplie d'une grande multitude d'anges, mais principalement dans les moments où l'on olfrait le divin sacrifice.* il en était, dit saint Nil, tout transporlé d'étonnement et de joie, et voici comment il Fa raconté è ses amis, qui élaient des personnes saintes et spirituelles. Aussitôt que le prêtre commençait à otfrir le saint sacrifice, un g^rand nombre d'esprits bienheureux descendaient du ciel. Revêtus de robes éclatantes, les pieds nus, les yeux tjaissés, le front incliné vers la terre, ils environnaient l'autel avec un grand silence cl uri respect profond, jOsqa à ce que le vénérable mysière fût accouipli. Alors, se répandiinl çù et lèpar toute TÉglise, ils accompaj^naicnl les

évoques, les piètres, les diacres, lorsqa'f distribuaient aux fidèles le corps etiesaq du Seigneur, et les assistaient avec beati coup de soin et une attention profonde dac ce divin ministère. Or je vous écris ceci, continue saint Nil, en parlant h révèqi Anastase, « afin que reconnaissant l'éminen et la dignité de ce sacrifice auguste, vo fassiez attention à ne jamais perdre la crain de Dieu en dispensant avec négligence d mvslères aussi redoutables, et que tous n aumettiez aucun de ceux qui, en s'en b\ prochant, se pressent, se querellant, exe tent de la confusion et du bruit, et répoi dent d'une façon immodeste aux saint paroles du prêtre, qui sortent de leur pta sans raison, qui s'amusent à regarder i toute part avec curiosité, et qui se condu sent enfin avec trop peu de retenue et i modestie. Car ce que le Seigneur dit autr fois à Moïse, il le répète à tous les prèlr de la nouvelle alliance : Faites que tousl enfants d'Israël soient modestes et pieui, ne traitez jamais les choses saintes avec i différence et mépris.»

Troisiime livre. — Dans la lettre 19' d iir livre, il donne comme un remède très utile contre le péché l'habitude de se raf peler souvent cette maxime de l'Evangile Dieu rendra à chacun selon $e$ tEuvrts, i croit que les diverses calamités oui arri vent aux hommes de bien, soit qu ils lorn bent dans le péché ou entre les mains de démons et des barbares, soit qu'ils se vuien engloutis dans quelque tremblement d( terre ou brûlés dans quelque incendie, n leur surviennent qu'atin de leur procure une plus grande récompense dans une auirl vie ; ou bien afin que les méchants, frappél de tous ces événements, quittent leurs mau vaises habitudes, se ressouviennent d Dieu et embrassent au plus tôt lapénitenc( 11 remarque aussi que ce ne sont pas seulfi ment les grands pécheurs, mais aussi le hommes vertueux et ceux qui s'exemeni I toutes sortes de bonnes œuvres qui son abandonnés à eux-mêmes, afin d'apprendn par ces épreuves à pratiquer les vertus d| patience et de force, et à surmonter Vot gueil. ft Mais, ajoute-t-ii, le médecin de no âmes sait les moyens de jguérir les mau] les plus cachés. Ne nous affligeons donc pa| avec excès, ne perdons point courage, reaji [^nons-nous à supporter avec iiaUence il conduite de Dieu à notre égard, quelquj rigoureuse qu'elle nous paraisse. Ce sièclj csi un grand hôpital, dans lequel il y a un< infinité de malades ^t de blessés, et la mémi table ne convient pas à toute ^ortedeper sonnes, parce que le médecin modifie soi régime, selon les différents sujets. Au um lade, dit-il, il faut lui donner du miel puui sa consolation ; il faut traiter cet autre ave^ l'amertume de Tobsinthe; il faut que celuii là boive de Tellébore, et ainsi de tous et (l< chacun, selon la diversité de leurs besoin!^^ C'est ainsi que Dieu sait varier ses reiuWtN elles approiirieraux maladies.» La lettre «j^ dans laquelle saint Nil parle ain^i, esl uu^

ML

ML

ilO

tir» plos longues; mais il y répète ce qu*i) 9rsMi4it dans gnelques-iihes des précédentes 5or tes tentations, la manière de les surmoofer , et là force de la vertu de pénitence.

Qq toîI par la lettre 171% adressée au «cu^îacre Qaintus» qui était tombé dafts on ffwod }>écné« comment saint Nil, en retjriBi les coupables de Tabtme du désespoir par Îê eoosîdération de la miséricorde de Preo, les obligeait néanmoins à faire une }yèmtakoe rigoureuse. « H vous eût été iTuitageuT » lui dit-il » de n^âvoir jamais viiullé la htanche robe de votre innocence, r vous eût été avantageux de n*avoir jasais répanda de nuage sur une lumière si ,«ire. Il TOUS eût été avantageux de n*avôir levais reça aucune blessure dans le combat, (CdenSToir pas besoin de médecin. Il vous fftt été avantageux de n'avoir pas flétri par roniote d*une Yie criminelle un cœur arnsédfi sanç do Fils de Dieu, et auquel ta fiice donnait la beauté et féclat des roses; àeis poi5i|ue vous vous êtes laissé vaincre \9î votre propre négligence, et fauté d'àf»ir été aussi attentif que vous le deviez 19 soin de votre salut; puisaue vous avez suuODibéà rignominie et à I amertume du t"tbé; puisqu'après vous avoir supplanté, W {tiable vous tient dans sa captiviié mal- Ucr^ose, au moment même où vous pen- ^in\t moins qu'un aussi grand malheur dût f<ms arriver, ne vous desespérez pas pour «tia; il j a encore de la ressource, et il est UHijours possible de relournei* au bien, tonqoe, par la pénitence, où a recours à iésQS-cFirist si bon, si miséricordieux ;our toas les hommes. La défense et Tapo- Wri<r des pécheurs lui est agréable, quand )^mr loucher tin cœur ils emploient les r^^^fifts, les larmes amères, là confessioû rjcunie, les veilles et toutes sortes de mortikitmiis. La miséricorde dû Sauveur vous défndtecde désespérer de notre s&lut.

VojrtRffli*!! vous crie par la bouche de •^M infecte : Je ne veux pas la mort du pétknr^ mais fa conversion. Retournez à «91 gpréê le péché. {EiecTi. xxlïii, 11, 12). Cfhi qui esi tombé ne se relivera-t-il pas? n \J<rtM. niî, 4.J Relevous-rious donc.

Nou5 n'avons pas besoin d^avertir nos lectears ooe cette lettre, dans Tori^Juat, est «a véritable modèle d*éloquenc?.

Tn prêtre, nommé Chariclès, traitait les pérfaeurs avec trop de dureté. Saiut Nil lui ni fit des reproches dans une lettre qui est U Hàr du «!• livre. « Vous ne faites alten- (i'^n, hii dit-il, qu*à la partie de TEcriture qui rappelle la coMrede Dieu, et non à sa miséricorde, dont les effets se trouvent retracés ;<rp$qa*à chairue page des Livres saints. Il e^t trés^'Htile a ceux qui le peuvent de doni>er des marques de pénitence par leurs œurre4;maîs il ne ftiut pas rejeter la simple o^nlf^ian de ceux qui n'ont pas la force on ta possibilité d*en accomplir dav/inta^^e. » Le ^^énitem dont il s*aeii dans cette lettre se nommait Fau^lin ; il avait confessé ses botes pQbUqnement et avec beaucoup d'hu-

milité. Saint Nil croit qu'on ne devait pas, en lui refusant Tabsolution, le plonger dans une plus urofonde tristesse. Il propose Texemple cie saiut Paul, qui s'efforça de se concilier l'incestueux de Corinthe, après l'aveu deson crime, et il dit à ce prooosy qu'un ministre de l'Eglise doit être prompt è planter la vigne et lent à l'arracher, il représente à Chariclès que sa conduite se ra^"proche de I erreur desNovatiens. Quelle pénitence laborieuse avait faite le publicain, qu'avait souffert le bon larron, pour se voie, le premier justifié, et le second presque immédiatement transporté dans le paradis ?

L'un et l'autre n'ont témoigné leur rejpentir que par des paroles, fl cite plusieurs passages de l'Ecriture, qui relèvent la miséricorde de Dieu, qui témoignent que fa volonté n'est pas que le pécheur périsse» et qui nous apprennent que de grands coupables ont obtenu le pardon, en confessant leurs péchés de bouche, sans les avoir précédemment expiés par les exercices laborieux delapénitence. lien cite pour exempleDavid, qui n'eut besoin que de dire: Tai péché eonr ire le Seigneur {Il Reg. xii, 13j ; et la pécheresse de 1 Evangile, qui fut renvoyée ab- * soute, quoiqu'on ne lise jpas qu'elle ait fait autre chose que de se jeter aux pieds du Sauveur, et de les baiser en les arrosant de ses larmes, i Ne méprisez donc pas Faustin, ajoute-t-il, mais au contraire, embrassez-le, et soutenez un cœur contrit et hu* milié : convaincu qu'il est de notre ministère, non-seulement d'exiger des pécheurs des fruits de bonnes œuvres, mais encore d'accepter les paroles de ceux qui confessent leurs fautes avec humilité. * Dans un temps où la discipline des canons régnait dans toute sa vigueur, cette doctrine de saint Nil est vraiment remarquable.

Dans la lettre 290* du même livre, il dit è Priscus qu'up solitaire doit tellement oublier la parenté et l'alliance au'il a avec ses f)roches selon la chair, que le souvenir de eur personne n'excite jamais aucun trouble dans son âme. « Est-ce que vons ne savez pas que c'est un piège du démon, de leur être trop attaché? Si donc vous êtes mort au monde, si vons avez renoncé à celte vie mortelle et corruptible; si vous vous êtes enrôlé dans une milice, dans un ordre et un institut céleste, vous n*avez plus rien dé commun avec tout ce qui se passe sur la terre, et vous ne devez plus être touché de compassion pour vos parenls charnels. Si, comme vous le prétendez, ils ont besoin do votre secours, faites-leur du bien comme à des pauvresqui ne seraient pas vos parenls; mais n'ayez pour eux aucune passion basse et terrestre, et ne montrez pas par une conduite toute humaine, que vous êteSunhomlue charnel, terrestre etignorantdes choses de Dieu. »

Quatrième livre. — Nous 'avons remarqué que la première lettre du quatrième livre n'avait ni la beauté, ni la délicatesse des autres, et que le style en était dut et barbare. C'est un maître qui bartet sCki dlsci-

NIL

WCTlONî^AlRK

Page 1