‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 100 sur 207 · CM · texte numérisé non relu

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DE PATR(Mi)GlE.

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ainsi : Concède nobis^ Domine^ quœsumue. Hais le pins célèbre de tous est celui-ci : O €Oifstaniia martyrum^ que I on chante encore à la basilique de Saint-Jienis , et qui se trouve dans quelques processionnaux au commun des martyrs, quoiqu'il ait été composé spécialement pour saint-Denis et ses compagnons. Plusieurs historiens prétendent que Robert le commença par les paroles que nous avons citées, pour faire cesser les importunités de la reine Constance, qui le pressait de com|>oser quelque chant en son honneur. Robert en fit un autre sur saint Martin : 0 quant admirabilie. On lui attribue encore les répons on antiennes : Eripe me de inimieiê meis^ Deu$. Pro fidei merilie. £t Cuncii potens genilor. A ces pièces particulières, notre pieux monarque, au rapport de ses histonens, en joignit plusieurs autres qui avaient leur mérite. Alia tnutla pulchra ; mais on ne les fait point connaître en détail ; et quoiqu'on en relève la beauté, s*il nous est permis de les juger par celles que nous connaissons, il fout moins y chercher la délicatesse des pensées, le choix, la noblesse et l'arrangement des expressions, que les sentiments de la piété. Peut-être que les niotiis qu'ils empruntaient k la composition musicale de Tauteur leur communiquaient des iieantés que le texte tout seul ne saurait faire soupçonner.

IV. En dehors de cett^ littérature que nous nous permettrons d'appeler liturgique, on ne nous a conservé du roi Robert que deux lettres très-concises. La première, qui fait partie de la collection de celles de Fulbert de Chartres, traite de cette espèce de pluie de sang dont nous avons déjà parlé plusieurs fois dans lé cours de ce dictionnaire. Quoiqu'elle soit adressée particulièrement à Gaoslin on Gauzelin, archevêque de Bour-

Ses, il parait qu'elle fut circulaire. Robert, la prière de Guillaume le Grand, comte de Poitiers, engage tous les savants de ses Etats à faire des recherches historiques pour découvrir s'il était jamais arrivé de prodiges semblables. Gausiin et Fulbert y répondirenty comme nous l'avons remarqué ailleurs, et leurs réponses sont imprimées à la suite de la lettre au roi, dans le recueil de leurs ouvrages.

»' La seconde lettre que le moine Helgaud a' insérée presque tout entière dans sa Vie, et que Baronius rapporte d'après lui dans ses Annales^ est adressée à Leutheric ou Léotéric, archevêque de Sens, pour le reprendre de deux erreurs dans lesquelles il était tombé. Mézerai et quelques autres écrivains, qui se font de cette lettre un thème pour relever la doctrine et l'éloquence de Robert, supposent que Leutheric avait' devancé Bérenger dans son erreur sur r£ucharistie. Le foit n'est pas exact : il ne s'agissait que de l'usage abusif que ce prélat faisait quelquefois de l'Eucharistie pour éprouver les coupables; son autre erreur consistait à attribuer à la nature divine les souffrance! qui, en Jésus-Christ, if étaient

tombées que sur l'humanité. La lettre d>r

généreux monarque, dont le zèle était tout e feu pour la pureté de la religion, eut son effet, et corrigea Tarcbevêque. On voit par cette lettre que la formule dont on se servait alors pour administrer rEucharistie, était un peu différente de celle qui se trouve aujourd'hui usitée dans 1 Eglise.

y. Parmi les écrits anonymes qui furent composés sous le règne de Robert, il y a des litanies qui méritent d'être connues pour leur singularité et oui regardent ce prince personnellement. On en est redevable à fialuze, qui les a publiées sur un ancien manuscrit de l'église de Beauvais, Quoiqu'elles norteot le nom de cette Eglise, ce n'est pas à dire pour cela qu'elles ne fussent répandues dans le royaume et qu'on n'en fit usage ailleurs et à la cour même Au lieu de commencer parlefyrtf eleison , comme celles qui se trouvent communément imprimées dans les livres de piété, elles commencent par ChrUtus vincit. On y prie deux fois pour le Pape, qui était alors Jean Wlll ; deux fois pour Roger, évêque diocésain et pour son troupeau,; autant de fois pour le roi Robert ; une fois pour la reine Constance ; une autre fois pour les juges et pour toutes les armées chrétiennes. A chaque lois , on invoque Jésus-Christ, et jamais plus de quatre saints ou saintes. Pour le Pape, qui y est qualifié évêque universel, on invoque d'abord la sainte Vierge, les saints archanges Michel, Gabriel, Raphaël, puis saint Jean, saint Jacques et saint Philippe. Pour l'évêque, on invoque d'abord saint Pierre , saint Paul , saint André, saint Simon, puis saint Martin, saint Rémi , saint Médard. Pour le roi , on inv'oque en premier lieu saint Etienne, saint Denis, saint Lucien, saint Just, ensuite saint Corneille, saint Laurent , saint Vincent. Pour la reine, sainte Félicité, sainte Perpétue, sainte Agathe et sainte Agnès. Enfin, pour lesjug^esetpour l'armée, saint Sylvestre, saint Grégoire, saint Léon, saint Ambroise. Ce sont là tous les saints que l'un a fait entrer dans ces litanies. Il est à remarquer que dans les prières pour le Pape, ces litanies ne demandent que sa conservation ; mais dans celles pour l'évêque et pour la reine, en priant pour leur conservation, elles prient aussi pour leur salut; et dans celles pour le roi et pour l'armée, elles demandent leur conservation et la victoire.

ROBERT, Tun des plus grands astronomes et des plus habiles calculateurs de son temps, était Lorrain d'origine, et né dans la première moitié du xi* siècle. On ne sait où il fit ses études, mais c'était un homme de beaucoup d'esprit, d'un mérite rare, et qui possédait tous les arts libéraux. Ayant

fiasse en Angleterre, probablement lors de a conquête de ce royaume par Guillaume, duc de Normandie, il fut ordonné prêtre par saint Wulstan, évêque de Worchester. Dès lors, il se forma entre Tun et l'autre une

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DiCTlONNÂtRE

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union aussi étroite que sainte, qui dura toute leur vie. A la mort de Vautier, évêque d*Herford, Robert fut éiu pour remplir le siège vacant et sacré par Lanfranc, archevêque de Cantorbéry, le 29 décembre 1079. Nous n*avons aucun détail sur la conduite qu'il tint pendant son épiscopat. Nous savons seulement qu'un de ses premiers soins fut de rebâtir sa cathédrale, réduite eu cendres depuis plusieurs années. Du reste, le zèle qu'il mit à cultiver Tamitié de saint Wulstan, l'un des plus saints évèques que possédait alors TAngleterre, dépose en faveur de sa piété et de la vigilance avec la- (juelle il dut gouverner son église. Ce saint évoque avait tant d'estime pour Robert, qu'au lit de la mort il voulut que ce fût lui qui reçût sa confession et lui imposât la pénitence. Cependant sa vertu se démentit en une occasion. Avec les autres évéques d'Angleterre, il eut la faiblesse d'abandonner la cause de saint Anselme, dans la fameuse assemblée de Rochingam. Mais larchevêque de Cantorbéry étant rentré dans les bonnes grâces de son prince, Robert lui demanda pardon de sa faute et en obtint une absolution dans les formes. Il ne survécut que de quelques mois à cet événement, et mourut le 6 juin de la même année 1095. ïurgot, prieur de la cathédrale de Durham, le présente comme un prélat qui, par sa grande piété, avait conquis la vénération des pénibles.

T^ous avons de lui un abrégé do la grande Chronique de Marianus Scot^ reclus Mayençais, mort en 1086, et par conséquent son contemporain. Robert n'eut pas plutôt entendu parler de cet ouvrage, qu'il s'emjressa de Tacquérir. La lecture qu'il en fit ui en découvrit l'importance; et pour la faire goûter à tout le monde, il entreprit d'en corriger la prolixité et de la réduire dans des proportions jilus convenables. Il y réussit si parfaitement, qu'au jugement de Guillaume de Malmesbury, son abré^^é l'emportait sur l'ouvrage original. On sait que cette chronique est l'écrit le plus savant qu'aient produit les siècles du moyen âge. Elle commencée la création du monde, et reproduit toute la suite de l'histoire jusqu'à l'an 1083 inclusivement. Marianus y suit particulièrement Eusèbe et Cassiodore, et y copie la plupart des fautes do ces anciens chroniqueurs. L'abrégé de Robert n'est pas tout à fait exempt de ces défauts, ce qui n'a pas empêché qu'on ne s'en soit servi pour corriger les ouvrages historiques du vénérable Bède et de plusieurs autres. Uenri Warthan était persuadé que ce que l'on a iuiprimé sous le titre de Chronique de Marianus Scot n'est autre chose que l'abrégé de Robert d'Herford, et cette opin on ne nous parait nullement hasardée. Nous la trouvons appuyée sur deux preuves qui méritent d'être prises en considération. La première se tire du manuscrit de celte chronique, conservé à la bibliothèque d'Oxford, et dont le texte est une fois plus

ample que celui des iucprimés; et lasi^conde des éditions même de l'ouvrage qui passe du chapitre 8 au 10, sans rien cootenir des faits rapportés dans le chapitre 9. Cependant, au jugement de plusieurs criiiques, il s'en faut que ce soient là tous les retranchements que l'on a fait subir aa texte originaL La première éfiition est due aux soins de Jean Hérold, qui la fil inipri* mer à BAIe, tn-/o/jo, en 1559. Pistorius la fit pntrer dans son Recueil des hisiorm d'Allemagne^ imprimé à Francfort, en 1583.

Simier compte encore, au nombre des écrits de Robert, un Traité sur tes ditm mouvements des étoiles: c'est tout ce qu'il nous en apprend, et il ne nous dit pss même si l'ouvrage existe encore. 11 y ajoute des observations mathématiques, réduites en forme de table, avec un traité des lunaisons. Ce dernier écrit nous semble être le même que celui auquel on donne pour titre: Comput général et corrections du cycle di Denvs le Petit-, dont quelques critiques ont voulu faire hx)nneur à Marianus Scot, quoi* qu'il appartienne évidemment à notre savant prélat. C'est un fait acquis aujour* d'hui à la connaissance de tous les critiques, que c'est dans ce grand ouvrage, preuve non équivoque de son profond savoir, que Robert a établi la période si connue, sous le nom de Période Julienne. Le docte Css'> rius, à la seconde page de la préface de sc$ Annales de l'Ancien et du Nouveau Testa* ment, ne fait aucune difficulté de lui en attribuer l'invention. Ainsi Joseph Scaliger qui l'a adoptée cinq cents ans plus lard, n'a fait que la mettre dans un plus grand jour et lui donner plus d'étendue. On sait du reste que cette période est composée ce trois cycles, savoir, du cycle solaire de vingt-huit ans, du cycle lunaire, ou nombre d'or, de dix-neuf, et de l'indiction romaine de quinze ans. Le premier nombre se mul' tiplie par le second, et constitue ainsi mul* tiplié le grand cycle pascal de 532 ans. Los deux nombres réunis ensemble et multiplies ensuite par les quinze ans de rindîction romaine , produisent le nombre de

RORERT DE ToxBLAiRE, ainsi appelé dix lieu de sa naissance, dans le voismage du mont Saint-Michel, se. consacra à Dieu dans cette abbaye, dès ie' temps de l'abbé Hildebert, qui succéda à Suppon en 1033. Il)' « de grands progrès dans les lettres et la piéié, et se distingua particulièrement par la connaissance approfondie qu'il possédait de la rhétorique et de la dialectique. La pUi|>3r' des biographes aflîrment qu'il se livra a l'enseignement , mais ils ne disent p« si ce fut au mont Saint-Michel ou dans une autre communauté. Robert fut lié àxfic presque tous les saints et savants personnages de son temps, mais surtout avec saint Anselme , qui venait d'être pl»t^ « la tête de l'abbaye du Rec. Cependant Wo» de Bayeux ayant fondé, à peu (ic mstance de sa ville épiscopale, I« monastcr»

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de Saiot-Vigor, y roit pour abbé Robert de TomblaJne , qu*il préféra à beaucoup d'aotres, à cause de son savoir et de sa vertu. Code fondalîon, dont on ignore la date précise» fut faite avant qu'Odon passât en Angleterre, à la suite de Guillaume le Conquérant, dont il devint comme le premier ministre, après la conquête de ce royaume. Robert amena avec lui à Saint-Vi^or, cinq moines du mont Saint-Michel et y établit rende discipline de saint Benoît. Le détail qu^l nous a conservé d*un événement singulier, qui y arriva de son temps, montre qu'il réunissait en sa personne toutes les

Sualilés que ce saint législateur demande ans un altbë. Cependant, soit par modestie, K)tl par d*autres motifs que nous ne con* naissons pas, Robert ne prenait que le titre de simple prieur. It y avait déjà plusieurs innées que le monastère de Saint-Vigor faisait revivre Tesprit de saint Benoît, lorsqu'il le quitta pour entreprendre de longs ytfjnges, A son départ toute la communauté fe dispersa, et le monastère devint désert; te qui le tit passer dans la suite sous la dé-

Cmiiàùce de Tabbaye de Saint-Bénigne de ijon, dont il ne fut plus qu*un simple prieuré. Ainsi Robert en fut le premier et te dernier abbé, comme le remarque expresi^nientun écrivain du xii* siècle, et la cause de sa sortie de Saint-Vigorest restée inconnue. Il passa le reste de ses jours à Rome, ^ il se montra jusqu'à sa mort un tidèie «enriieur de rE>;lise. On croit qu'il ne vécut pftsaijdclàderan 1090.

Quoique Orderic Vital , en parlant de la

rrsonne et des écrits de Robert, nous donne entendre qu'il en a laissé plusieurs de sa fiiçon : inler reliqua peritiœ iuœ monumenlaf ^|)en(iantil n'en nomme qu*un seul, auquel ii nous a été impossible d'ajouter autre chose qu'une lettre doat nous dirons un mot après AToir rendu compte de son premier et presque unique ouvrage.

C'est une explication du Cantique des can- %M. Robert l'entreprit à la prière et aux S'^liicitations réitérées de plusieurs de ses âniis, et particulièrement du moine Anas- ^&e, soit pendant le séjour qu'il Ht au mont «inl-Michel, soit plutôt pendant qu'il vi- |[ait en ermite sur les côtes de l'Océan. L'ouvrage était déjà fait à moitié lorsque d'autres amis de l'auteur vinrent lui rendre visite et prirent connaissance de cette pretnière partie. Ayant remarqué qu'il n'ap- Pjjyaii d'aucun passage de l'Ecriture l'explication qu'il donnait du texte sacré, ils en brenl des observations à l'auteur, et lui présentèrent celte lacune comme un défaut.

Robert, quoique persuadé que ces sortes de citations n'étaient point nécessaires à son «lessein, consentit cependant à déférer aux observations de ses amis; de sorte qu'il se tnonira attentif à suivre leur conseil dans le tjesic de l'ouvrage. C'est ce qui donna lieu <lc le diviser en deux parties, dont la preffiiire Ooit naturellement à l'endroit où il coffloieoce k citer les autres livres sacrés

pour y expliquer celui qui fait Tobjet de sou travail.

Cette explication du Cantique des-canti-quea pur l'abbé Robert est fort succincte» toute morale, pleine de piété et d'onction chrétienne. L'auteur montre qu'il connaissait bien ce qui se passe entre Dieu et une âme qui l'aimait en tout et par-dessus tout. Ce qu il y a de vraiment remarquable, c'est . • qu'il a réussi à lier de telle sorte les expli- ^ cations qu'il donne au texte sacré, qu'il semble qu'un verset soit la suite naturelle du précédent. Le style d'ailleurs en est clair, aisé, précis, et suppose un auteur qui nvait le talent de mieux écrire que benucouf) d'au- . très écrivains de son temps. C'est faire en un mot l'éloge de cet ouvrage, et |)Our le fond et pour la forme, pour les choses et pour la manière dont elles sont écrites, que de dire qu'on y a découvert assez de beautés pour le croire de saint Grégoire le Grand. En effet on le trouve reproduit dans toutes les éditions des œuvres de ce glorieux pontife, depuis la première qui parut en 1498, jusqu'à celle de 1705. Il y avait longtemps déjà que cette explication était sortie des mains de son auteur, lorsque Ansfroi, son disciple, réussit, à force de sollicitations, à ea obtenir la lecture. Robert, en lui envoyant son écrit, l'accompagna d'une belle leltro» remplie de grands traits de modestie» et dans laquelle il prie son ami d'avoir soin do la faire transcrire à la léte de son ouvrage, s'il trouve à propos d'en prendre une copie. La négligence des copistes à suivre en ce

foint riutention si clairement marquée de auteur, a pensé lui enlever dans la suite l'honneur de son travail. La plupart des bibliographes et des critiques ne découvrant point à la tète de son écrit la lettre dont il est ici question, l'ont regardé comme la production d'un anonyme. Dautres en ont pris occasion de faire des conjectures pour eu découvrir l'auteur, et, comme ils y trouvaient assez, de beautés pour le croire de saint Grégoire le Grand, ils sont allés jusqu'à Timprimersous son nom. C'est le P. ChiiHet, le premier, qui l'a restitué à son vétitabiB auteur. (Ou peut voir sur ce sujet une discussion bibliographique parfaitement éla* blie dans le tome VIII de VUistoire littéraire de la France.)

Le second ouvrage de Robert de Tomblaine a été publié par dom Mabillou, sur un manuscrit du cardinal Ottoboni» appartenant autrefois à l'abbaye de SainL-Etientio de Caen. C'est une lettre contenanjt une relation curieuse et fort bien écrite de la maladie extraordinaire d'un moine épileptiquo de Saint-Vigor, qui, après avoir exercé pendant plusieurs jours la patience de son abbé et de ses confrères, se trouva guéri tout à coup et comme par miracle, non-seulemeut de sa maladie corporelle, mais encore des vices de l'âme et de la maladie mentale dont il subissait auparavant les accès. Roterl qui n*y prend, comme nous l'avons observé plus hauti que le simple titre de prieur, Vadressa

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en Torme de lellreaux moines du mont Saint- Michel. En décrivant la charité, les attentions, la patience, la tendresse , la condescendance qu*il eut pour le malade, il a réussi à nous retracer le portrait d*un ban supérieur et à nous laisser une noble idée des bons ofQces qu'il doit h ses confrères dans ces fâcheuses extrémités.

ROBERT , issu de la famille des ducs de Bourgogne , fit ses études à Técole de Reims , dirigée alors par saint Bruno, qui institua plus tard Tordre des Chartreux. Ses succès le firent admettre dans le clergé de la cathédrale de L.angres, où il fut élevé d'abord à la difçnilé d'archidiacre; mais à la mort de Rainard» évoque de celle église, le clergé et le peuple s'acoordèrent unanimement h le porter sur le siège épiscopaU Sacré évèque en 1085, il prit pour modèle de sa conduite celle qu'avaient tenue ses plus saints prédécesseurs. A leur exemple, il Qt de grands biens à sa cathédrale, et devint un insigne bienfaiteur des abbayes de Saint-Bénigne de Dijon, de Moiéme et de Bèze. 11 assista , en 1104>, au concile de Troyes, convoqué par le légat Richard , cardinal évèque d'Aibane , pour l'absolution du roi Philippe; et il mourut Je 19 octobre de Tan 1110, après un épiscopat de vingt-cinq ans.

On ne possède qu'un fragment de la réponse qu'il fit à la lettre circulaire par laquelle les Chartreux annoncèrent la mort de leur saint fondateur. Le pieux évèque promet d'engager les chanoines de sa cathédrale, les prêtres, les moines et les ermites de son diocèse à faire des prières et des auliiônes pour le repos de Tâme de celui dont on leur annonçait la mort. Ce fragment se trouve imprimé avec beaucoup d'autres morceaux semblables venus des autres églises et des autres monastères, à la suite de la Vit de saint Bruno^ dans le tome IX des Actes de dom Mabillon.

Deux manuscrits de la Bibliothèque impériale contiennent des Gloses sur le Lévitique^ attribuées à Robert, évèque de Langres, sans y désigner Robert de Bourgogne plutôt que deux autres évoques de même nom qui gouvernèrent égalemen t cette église; mais la présomption est en faveur de celui qui fait l'objet de cet article. Il en est de môme d'un autre manuscrit, découvert par la Curne de Sainte-Palaye, dans ses Yoyages littéraires enitalief sous le titre d7n<roduction au Calendrier^ et sous le nom de Robert évèque do Lanjgres. On ne sait rien autre chose de cet écrit. On a négligé de nous conserver la lettre que notre prélat écrivit au légat Hugues de Lyon, dans l'affaire do saint Robert, abbé*de Molème et de Ctteaux, quoiqu'on ait eu soin do nous conserver celles de cet archevêque et de plusieurs au* 1res prélats sur le même sujet.

ROBKRT ou RUPERT, dont la naissance n*est pas connue, fut élevé dans Tahbaye de Saint-Kemi de Reims, sous la discipline de Tabbé Hérimar, et passa ensuite dans le cé-

lèbre monastère de MarmOffilers. Rappelée Sainl'Remi en 109^» pour gouverner celle maison après la mort de l'abbé Henri, Bernard abbé de Marmou tiers s*y opposa, oq du moins n'y consentit qu'à* la condition qu*il aurait le droit de corriger le noutel abbé, s'il venait à le mériter par sa conduite. Soit que Robert y eût donné occasioD, soit qu'il eût été accusé injustement, l'abbé de Marmoutiers ne tarda pas à faire usage du droit qu'il s'était réservé. Après le conciU de Clermont, auquel ils avaient ai^sisté toas les deux, Bernard le cita à comparaître devant lui sous peine d'excommunication, pour y rendre compte de sa conduite. Robert n*ayant point paru au jour marqué, Tabbé de Marmoutiers prononça contre lui un« sentence qui fut confirmée dans un concile tenu à Reims, en 1097. Robert appela deci jugement au Pape Urbain II, et il alla toimême à Rome, où il fut bien reçu du Sooverain Pontife, qui cassa la sentence de Ber* nard et du concile, par cette raison, qu'un moine tiré d'un monastère jour être chargé de la direction d'un autre, n'est plus souoii à la juridiction de l'abbé de ce premier nio* nastère. Si l'on juge de cette affaire par les lettres qui furent écrites alors, tant en faveur que contre Robert, il sera difliciledi se former une opinion. Mabillon qui les avait toutes parcourues, pense que la dépositioa de l'abbé de Saint-Remi fut l'effet de la haios qu'avait contre lui Manassès, anthevèqua de Reims, qui le décria dans l'esprit de Bernard et confirma lui-même dans son conrilo l'excommunication lancée par l'abbé deMar* mouliers contre celui de Saint-Remi. Marlot croit qu'il fut déposé parce qu'il avait dissipé les biens de son abbaj^e pour payer les frais de son voyage de terre sainte. Mais une lettre de Hugues, archevêque de Lyon et légat du Saint-Siège au Pape Urbain H,' 06

f)arle ni du voyage de la terre sainte ni de a dissipation des biens d^ son abbaye. £lto se contente seulement de rapporter en gé* néral que Robert fut déposé parce qu*tl manquait de zèle pour faire observer la règle et pour en donner l'exemple aux autres. Cette pièce, publiée par dom Martène, est très-importante dans raffaire de Robert, el nous n avons rien de plus propre à noos mettre au fait de cet événement. Quoi qa'il en soit, cette affaire fut examinée de ooa* veau, dans le concile tenu à Poitiers en 1100, et décidée en faveur de l'abbé de Saint-Remi. On y déclara que sa vie était irréprochable, son entrée légitime, sa promolion et son ordination authentiques et confirmées par les lettres du Pape Urbain. On jogea qu'il avait été injustement déposé, elqo^ la substitution de Burchard, qui avait été mis à sa place, était illicite. Néanmoins Robert ne fut point rétabli, ni Burchard coolirmé. On élut abbé de Saint-Remi un sujet d'un mérite distingué,. également recofflmandable par sa piété et sa naissance, noramé Azenaire, et parent de Gui de La T*^' mouille, un des insignes bienfaiteurs ù^

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tlit Maje. Alors Robert retourna dans le irieuréde Senur, qii*on lui avait accordé près sa déposition, et il y vécut en simple larlicolier, content du modeste titre de iricur. C'est là gu'il composa son Histoire kla Croisade, Mais il n'eut pas la satisfacion de Gnir tranciuillement ses jours dans tfUe retraite: on l'accusa encore de dissiper «rsa mauvaise administration les biens de on prieuré, et des plaintes en furent porfos jusqu'au Pape Caliite II, qui, par un ^5<Ti( daté du 16 mai, donna ordre qu*on ) destituât. Kobert survécut peu à celte ernière déposition, et mourut vers l'an Ifi.

VHistoire de la Croisade que Robert com- D5a dans le prieuré de Senuc, après son rem de la Palestine, est divisée en huit M- ^?, ou en neuf et môme dix, parce qu'on irlsge quelquefois quelques-uns de ses lifesen deux, cequi en augmente le nombre, comraonce sa narration au grand concile QQ en 1093 , à Clermont en Auvergne, et tns lequel la croisade fut résolue, etla con- Doe Jusqu'à Tan 1099, c'est-à-dire jusqu'à ticloire que les croisés reriaportèrent le taoûtde cette année sur le sultan d'Egy* f, environ un mois après la prise de Jéru* ieiii. Robert, pour orner son récit et le Ddre plus agréable, a soin de mêler de mps en temps des vers à sa prose. Il ex- ■me même on vers, qu'il dispose sur les ar.'os par forme de sommaire, ce qui lui trait plus important dans le corps de l'ou- «gc. Parmi ces vers écrits en marge, nous ) signalerons deux qui fixent l'année de la ise de Jérusalem non qu'ils nous semblent oiarquabics par la poésie, mais parce qu'ils trouvent rapportés par plusieurs hisloens postérieurs à Robert, dont aucun ce- 'odant ne marque qu'il en soit l'auteur :

In» wttUeno centeno, ipio mmts uno, Ihcnuoicm Franci capïunt tirlutU poUnli.

Robert assure que ceux qui liront son hisire, n'y trouveront ni frivolilés,ni rêveries, I l>agalcllrs, ni mensonge, mais la seule 'rite. Cependant les choses merveilleuses l'il raconte en parlant des exploits de Gorfroide Bouillon, qui d'un coup de sabre dupait on homme en deux» ont fait porter Jean Gripbian un jugement très^désavangeux sur son ouvrage. Non-seulement il regarde comme rempli de fables, suivant témoignage de Decker, mais il en prend ^me occasion de soupçonner Robert d'être tuteur du fameux roman de Turpin. Il faut fouer que l'on trouve dans ce roman ou ins cette prétendue Histoire de la vie de ^lemagne et de Roland^ des merveilles ^inblables à celles que Robert rapporte sur •<lefroi dans son histoire de la première uisade. Mais si ce motif était sufiisaut jur le faire croire auteur du roman de Turent Jean Gripbian, par la même raison»

mvait l'attribuer aux autres historiens de I croisade, puisque la plupart, sans en expier Guillaume de Tvr» rapportent les.

mêmes merveilles» Qiinnt au jugement que cet auteur porte de l'écrit de Robert, tant pour le fond que pour le style, il doit d'au* tant moins servir de règle qu'il s'accorde peu avec celui des autres écrivains. L'auteur de la Hiérarchie terrestre compte Albert de Saint-Remi, c'est-à-dire selon Vossius, Rupert ou Robert parmi les plus illustres hisloriosraphes de la France. Yépez témoi-

§ne qu'il a fait toujours beaucoup de cas des ix livres de VHistoire de la guerre sainte^ composés par Robert, moine do Saint-Remi, qui a rendu $on nom recommandable entre les autres historiens. Tri thème, cité par Marlot, loue Robert pour sa connaissance des saintes Ecritures, son esprit, son éloquence» et qualifie son histoire Historiam insignem, Orderic Vital n'en parle pas moins avantageusement sur la fin do son ix' livre, où il dii que Robert n'a pas écrit avec moins de vérité que d'éléiçance.

Outre ces témoignages en faveur de l'écrit de Robert, il faut considérer qu'il a été témoin de la plupart des événements qu'il rapporte, depuis le commencement jusqu'k la fin, puisqu'après avoir assisté au concile de Clermont, en 1093, il se trouva encore au siégo et à la prise de Jérusalem en 1099. Le travail de Robert acquiert encore unnou* veau degré d'autorité par l'usage qu'un anonyme en a fait dans une histoire de la croisade, sous le nom du patriai*che, des év6-

auesetde toute l'Eglise de Jérusalem. On ci te e cette histoire une édition sans date, sans indication de lieu ni d'imprimeur, que Naudé fait remonter jusqu'à la naissance de la typographie et regarde comme un des premiers livres qui aient" été imprimés à Paris, vers l'an 1470. M meilleure est celle que Bongars a publiée dans son Recueil des hislovix'tïs de la croisade, Paris, deux volumes in.|%1611.

Possevin parle d'un Robert de Clermont qui a écrit sur le concile tenu en celte ville contre les Turcs. Selon toute a[>parence, cet ouvrage sur le concile de Clermont est celui que Possevin attribue lui-même à Robert de Saint-Remi, quelques pages plus loin. On ne peut pas douter que notre auteur n'ail fait quelque écrit sur les conciles, et surtout sur celui de Clermont, aucjuel il avait assisté, puisque plusieurs écrivains, entro autres Konigtus, s'accordent à lui attribuer un livre sur ces matières. — Parmi les lettres de Lambert d'Arras, imprimées par les soins de fialuze, on en trouve une (^ue Robert écrivit à ce prélat pour se plaindre de sà déposition prononcée par le concile de Reims. 11 rapporte le jugement rendu à Rome en sa faveur, pour faire voir qu'on l'avait injustement déposé, et il prie Lambert d'intercéder pour lui auprès de son ar« chevêque qui le persécutait.

ROBERT , archidiacre de l'église d'Arras, dans le canton d'Ostrevan, était pourvu de cette dignité dès le commencement du xii* siècle* C'est ce que l'on voit par une charte de l'évêque Lambert, datée de l'an

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liOt , dans laquelle il est cité avec ce titre parmi les témoins de cet acte. On trouve encore quelques chartes des années suivantes, c|u*il souscrivit avec la même qualité. Les autres circonstances de sa vie sont demeurées dans Toubli. .

Il écrivit la Vie de saint Ayhert ou Auhert^ qui, de religieux de l'abbaye de Crespin, en HnJnaut, se fit reclus et mourut en 1140. Le saint et son historien avaient été liés d'une étroite amitié, et plusieurs des faits que celui-ci rapporte étaient fondés sur le témoignage de ses propres yeux ; il tenait les autres d*un respectable religieux de Crespin, nommé Alulfe. Voici quelquesuns de ceux qui nous ont paru les plus remarquables. Aybert, né dans le territoire de Tournai, vécut, dès sa plus tendre jeunesse, dans une très-grande innocence de mœurs. Ayant entendu chanter par un trouvère rhistoire de saint Thibaut de Provins, il forma la résolution d'embrasser la vie éréniitique à l'exemple de ce saint homme. Dans ce dessein, il se joignit à un solitaire nommé Jean, avec lequel il pratiqua des austérités extraordinaires qui les firent ressembler à des spectres plutôt qu'à des liommes. Aybert passa ensuite à Tabbaye de Crespin , oCk il demeura vingt-cinq ans, au bout desquels il sortit avec la permission de son r.bbé, pour se faire reclus. L'évéque de Cambrai l'ayant ordonné prêtre, il célébrait chaque jour deux messes, l'une

f^our les vivants et l'autre pour les morts. 1 entendait aussi les confessions des pénitenls, qui affluaient à lui de toutes parts. Mais auparavant il les faisait jurer que, s'il l'ordonnait, ils iraient faire une nouvelle déclaration de leurs péchés aux pieds de l'évéque. Quant à ceux qui refusaient de faire ce serment et qui refusaient de se confesser à d'autres qu'à lui, il ne les rcnvovail pas, à la vérité, mais il leur imposait de si rudes pénitences qu'elles étaient presque impraticables. On murmura de celle conduite parmi le iicuple : Aybert fut obligé de la rectifier par la suite, sur un ordre du Pape Pascal, qui, tout en lui enjoingnat d'ententire les confessions de tous ceux qui se présenteraient à lui, l'avertit en même temps de leur imposerdes pénitences moins sévères et nlus conformes aux règles de la prudence chrétienne. Celle Fie, publiée d'ajiord par Surius, avec les changements de style que cet écrivain se permet habituellement, fui reproduite dans sa pureté originale en 16(h2, sur un manuscrit de fabbaye de Crespin, par Raiss, chanoine de l'église de Douai. Les fiollandisles, après ravoir collalionnée avec un manuscrit de labbaye de Rougeval, et enrichie d'observations préliminaires, l'ont insérée au 7 avril dans l«ur grand Recueil, en y ajoutant la relation de quelques miracles empruntés à différents auteurs.

ROBERT, abbé de Wasor, au diocèse de Namuri avait été religieux et doyen de Sla* ▼elo.

Nous avons de lui une Vie demniForannan. L'auteur déclare qu'il n'a pas voula laisser de si grands miracles dans l'obs^urite. Saint Forannan, qui était né en Ecosse, devint archevêque de Domnachroor ou An magh en Irlande. Il abdiqua ceiXe digRîié pour se faire moine à Wasor. Ses taleniset sa vertu le firent élever à la dignité d*aLbé. Un jour, lui et quelques-uns de ses compagnons ayant fait naufrage, Forannan étendit dur la merdes morceaux de bois en forma de croix, et, se plaçant dessus, lui et lesaatrès, ils parvinrent au port sains et saufs en chantant ces paroles : tn mari via iua et semilœ iuœin aquis multi*. IPsal. lxxvi, 29.) L'auteur ajoute querattoucnerûentde s^f^ tements guérissait les malades. Enfin saint Forannan mourut,etcommeonravaiten(crré dans un lieu humide, il apparut à ses frères pour leur demai\der une sépulture plus sèche et plus s'alubre.

Robert de Wasor a encore laissé nne Latre à Wibeldf abbé de Stavelo, dans laaucllo il le consulte sur l'ouvrage qui précède, plus un simple billet de compliment an même, plus une lettre de 1157, relative à une association spirituelle entre l'Eglise de Wasor et celle de Saint-Jean, à Liège; enfin une Histoire de Vabbaye de Wasor^ au luoios jusqu'à l'an 1080.

Reinard, abbé de* Reinchusen, écrivante Wibold en 1147, nous fait crc:rô que R*f bert de Wasor l'aidait dans la composiiioo des écrits que les affaires de Stavelo ic for* çaient d'adresser aux personnes les pios éminentes dans l'Eglise et dans TEial.

On nous permettra de n'être pas de Taris de ce Reinard qui compare et é^ale aa moins le style de Robert à celui de Cictron. Nous nous contenterons de dire qu'il oqioj* rut en 1174.

ROBERT, fondateur de Molème naquit en Champagne, en 1018, d'une famille diâ* tinguée par ses dignités et sa richesse, mais plus encore par sa piété, li^ l'âge {a quinze ans, résolu de renoncer au niomlti pour se consacrer à Dieu, il se retira k Mu'j* lier-la-Celle, près de Troyes, où il inî l'habit des religieux de Saint-Benoit. Hlil de si grands progrès dans la piété, que malgré sa jeunesse il fut élu prieur de sa maison, et peu après abbé de Saint-Michel (ie Tonnerre. Mais le relâchement de celle abbaye devenu irrémédial)le malgré lous ses efforls, le força de la quitter pour rentrer dans son premier monastère. Peo après il reçut un ordre du Pape AleianJre Il , pour aller gouverner quelques ermiifs qui l'avaient demandé pour supérieur. &•> herl obéit, et se rendit aussitôt dans la retraite de Colon, située entre Tonnerre ei Chablis, où il trouva de vrais ermitesi uni* quement occupés des choses du ciel, servant Dieu dans la ()1énitude de leur cœur, et supportant la faim, la soif, le froidi '& nudité, le poids du jour et sa chaleur avec une patience admirable. Après avoir p>U' verné pendant quelque temps cette ineos*

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roinnie, Robert se retira dans la solitude JeMoléme« où il jeta en 1075 les fondements iu œonaslèrede ce nom» en Thonneur de la (sinie Vierge. L'«ibbé et ses compagnons passèrent les premières années de leur retraite iaosuneeitrème pauvreté, soutenue par une [rao(Je ferveur; mais Tabondance oui succéda à M disette par la libéralitéde plusieurs leisneurs amollit les esprits et refroidit bientôt ce premier zèle de la pénitence. ioTint que ses exhurtalions ne produisaient )lui aucun effet, et craignant de s'atTaiblir oi^mème, Robert prit le parti de se retirer, fD laissant à la tête de sa communauté deux aiolset savants religieux, Albéricet Etienne, |tti étaient animés du même esprit que lui. ^pendant les religieux do Moième, venant risipjscence eurent recours au Pape pour lire revenir leur saint fondateur. Il obéit des ordres si respectables, et de retour ins sa communauté, il Gt tant par ses paoies et ses exemples, qu*il remit les choses «s Tordre. Toutefois un nombre considéible ne put se résoudre à renoncer à cerlios usages, qu*ils prétendaient autorisés ir les statuts de plusieurs saints et pratioés par les religieux de Cluny. Robert weant alors qu*ils pourraient avoir recours Tantorité épiscopale pour se maintenir us ces usages, partit de Moième avec six e ses compagnons qui entraient dans ses ues, pt alla trouver Hu^es, archevêque de jon et légat du Saint-Siège, pour lui deuodcr la permission de se retirer dans un ^a, où il pût, avec ses frères, observer la (^tedeSamt-Benolt datu' toute sa rigueur. idemande lui fut accordée; de retour à li'l^me, Robert notlQa la lettre du légat à 'ote la communauté, abdiqua son litre, lis^ d'il religieux la liberté de se choisir n autre abbé, et se relira. Vingt relij^ieux ni formaient la parlie, sinon la plus nomreuse, au moins la plus saine de la corniaDoulé, le suivirent et rlierchèrent avec liuDlleu où ils imssent se livrer à toute ^ur ferveur. Ils le trouvèrent è Clleaux, 'tel alfreuse, située au diocèse de Chfllons (cnaud, vicumte de Beaune, h qui ce terlin appartenait, accorda autant d'espace 'J il en fallait pour y l)âlir un monastère et (•re subsister ces saints reli^^ieux en le uliivanl. Robert et ses compagnons s*arré- ^Mildonc au milieu de cette solitude, et suuis de toutes les permissions nécessaires oQrsy établir, ils se tirenl de petites ca- >"nesên bois, et bâtirent un oratoire en xonneur delà sainte Vierge; ce qui est "^enu un usage général dans Tordre de iK'Aut. Robert reçut ensuite le bûton pas- /"i des mains de Gauthier, évêque de ■trions, oprès avoir été élu abbé par le suff^o® unanime de ses frères. En même ^Qips, ils s engagèrent par une profession oNiiielle, non pastautH pratiquer la règle ; Saihi-Benott qu'ils avaient déjà fait vœu '<jbserver,qu*à la stabilité dans ce nouveau Qouastère. L'époque de cette édiOante cérémonie est remarquable, en ce qu'elle se fit

le 21 mars de Tannée 1098, jour consacré à solenniser la fête de nelui dont ils s'engageaient à pratiquer la règle dans toute sa rigueur, sans adoucissement et sans dispense.

Tels furent les premiers commencements de la maison et de Tordre de Citeaux. Nous ne nous étendrons pas davantage sur les circonstances do cet établissement qui eut des suites si heureuses pour TEglise, et pour notre patrie en particulier. Nous nous contenterons de dire, que ces nouveaux solitaires donnèrent à la France un spectacle aussi édihant que celui des anciens solitaires d'Egypte, et quMIs retracèrent dans leur manière de vivre ces granits exemples de la pénitence et des austérités qu'on ne peut lire sans étonneroent dans la vie des uns et des autres. Ils ne dormaient que quatre heures de la nuit, en passaient quatre à chanter les louantes de Dieu, et quatre au travail. Ils employaient le reste du temps jusqu'à Theure de none à la -lecture et à fendre des feuilles de palmier dont le tis2>u leur servait de vêtement; après quoi ils préparaient leur nourriture qui consistait en herbes. Pendant qu'il jouissait de la salisl'action tant désirée de pouvoir se livrer sans réserve à son goût pour la retraite et la pénitence, Robert reçut des ordres du Pape, oui Tobligèrent de retournera Moième. Il obéit, quitta avec douleur ce désert qui lui était si cher et où il laissait des comnagnons avec lesquels il était uni par dos iiens si étroits, et se rendit auprès de ceux qui, après Tavoir obligé de les abaudonner, le contraignaient de revenir. Mais il eut la consolation de les trouver plus dociles et plus disposés à écouter ses avis salutaires. Dès ce moment, Molême changea de face, el le même esprit qui souillait à Citeaux, s*étant répandu sur celte communauté, elle se soumit à tout ce que voulut el ordonna le saint abbé. Ce fut eu 1099 que Robert, par ordre dTrbain 11 et du légat Hugues, sortit do Clleaux, après y avoir rempli la place d*abbé environ un an, pour retourner à Moième qu*^il ne quitta plus. Il laissa à Clleaux sa chapelle el tout ce qu*i] avait apporté avec lui, excepté son bréviaire. On voyait encore, à la fin du siècle dernier, dans le trésor de rette abbaye lepsaulier de saint Robert, qui paraissait avoir été fait à Tusage de quelque monastère de la Flandre. Après avoir gouverné pendant plusieurs années encore les relif^ieux de Moiênic, qui avaient tini par comprendre le prix du «aluie el de Tobéissance, Robert s*eioi|^nil cnlin dans le Seigneur le 17 avril de Tau 1110. L'éclat des miracles opérés à son tombeau, et dont l'information fut faite par les orure.'* d'Honorius 111, engagea ce Pape à lui décerner un culte public.

Il est surprenant que dans une carrière si longue el si remplie d'événements qui l'ont souvent obligé soit d'écrire des lettres, soit do faire des instructions, il ne ne uous reste de sa plume aucune production dont

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DICTIC^TIAIRK

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on puisse garantir rauthenUcilé. Il est Trai que l'auteur de la Bibliothèque de CUeaux^ le fait auteur de plusieurs sermons. Nous ne doutons point qu'un abbé, qui atait autant de lumières que de zèle, qui a gouverné Bmdant plus de trente-cînq ans Tabbaye de olème où certainement il avait de quoi exercer son ardeur, n'ait adressé plusieurs sermons aux religieux de cette abbaye»

comme aussi aux ermites do Colan et aux moines de Citeaux. La diflicuUé est de produire ces instructions et de démontrer en même temps par des preuves solides que saint Robert en est Tauteur.

Il en est de même des lettres. On ne peut douter que Robert n*en ait écrit plusieurs ; on en produit même quelques-unes; mais sur quelle autorité? Sur celle d*un auteur portugais, mort en 1617; auteur qui à la vérité ne mangue pas de talent pour écrire, mais sur la ûdélité duquel il n'y a pas beaucoup à compter. C'est Tidée que l'annaliste de Cttcaux nous donne lui-même de cet écrivain : Brito Lusitanus , nec pudendus auctor, si tanlum Me poUerel ac stylo prœétat. Ce Brito a publié une lettre qu'il prétend avoir été écrite par saint Robert et Sortée par saint Etienne à laudes, duc de ourgogne, lorsqu'ils prirent la résolution de s'établir dans la forêt do Citeaux. Man» rique, qui a cru devoir rapporter cette lettre, avec la réponse du prince dans ses Annales^ a soin d^ajouter qu'il n'y a pas de sûreté à s*en rendre garant. Sed nec tutum pro eis fide jubere. Nous ne croyons pas qu'il y ait plus de sûreté h garantir l'authenticité d'une autre lettre que saint Robert, de retour à Molême, écrivit à ses frères de Citeaux, pour leur témoigner la vive douleur qu'if ressentait d'être séparé d'eux. Henriquez, dans son Fasciculus^ et Manrique, dans ses ilntia/ej*, la rapportent d'après ficrnard Brito, qui dit l'avoir trouvée avec

£)lusieurs autres du même saint fondateur, lais lestvle, qui n'a rien de la gravité tjui convient a un nomme aussi avancé en a^e que l'était alors Robert, suffirait seul pour la rendre suspecte.

Lipen attribue à saint Robert une Chronique de Citeaux continuée par saint Bcriïard abbé de Clairvaux, et publiée à Cologne en 1614, par Aul)ert le Mire, in-8*. Cest ce qu'on appelle le Pelit exonle de Cîlcaux, dont nous avons parlé dans Tarticle de saint Etienne, à qui on l'allribue ordinairement. Ignace Firmino, abbé de Fitero dans la Casli Ile, qui, le premier a publié cet ouvra^ie, )ré(end qu'il a été composé d'abord conointement et ensuite successivement par es trois premiers abbés de Ctteaux, saint Robert, le bienheureux Albéric et saint Etienne; de sorte que les neuf premiers chapitres auraient pour auteurs saint Robert conjointement avec Albéric et Etienne; les huit chapitres suivants seraient d'Albéric et Etienne, et le reste d'Etienne seul. Mais l'annaliste de Ctteaux prouve solidement que cette opinion est insoutenable, et que

l'ouvrage dont il $*agit n*a

été écrit que

sous le gouvernement de saint Etienne, vers l'an 1120. Si saint Robert était aateur des premiers chapitres de cet écrit, il ne se serait pas donné lui-même le titre d'atibé d'heureuse mémoire; expression quines'eiDpluie pour l'ordinaire que lorsqu'on ptrii d'une personne qui n'est plus.

Vittefore, dans la Vie de saint Benari fait un bel éloge de saint Rot>ert que noos souhaiterions rapporter ici. Il est troplooj pour être reproduit tout entier, et tropben pour être mutilé. C'est pourquoi, nous nooi contentons de l'indiquer, ainsi que la grandi collection des Bollandistes, où I on trouTeti au 29 avril, non-seulement ce qui regart la personne de saint Robert, mais encore d( grands détails sur les premières années j Citeaux.

RODOLFE, Français d origine» passa «i Italie, où il fut fait évêque d'Orviette, vitli appartenant aujourd'hui au domaine de saii Pierre. Son ordination se fit en 973, etî gouverna cette église J'espace de quinn ans, jusqu'en 990. Les historiens ecclésiatf tiques exaltent beaucoup les bienfaits è son pontificat, mais sans presqu'en spéA fier aucun. 11 reconstruisit sa cathédraieqQ passa depuis pour un des beaux édifices d temps, et publia d*excellcnts statua (Km réformer les mœurs de son clergé. On ts nous apprend point si ces statuts, runifoi titre que nous ayons pour mettre Rodûd au nombre des écrivains, ont jamais été id{ primés. Mais la fagon avantageuse dont ê parle Ughelli sujtpose au moins qu'il ta avait lus.

RODRADE, prêtre du diocèse d'Amieoi ordonné en 841, forma le dessein d*un tri vail semblable à celui que Grimald enlre^

1)ril sur le Sacramentaire de saint Gré^'oirt e Grand, en le purgeant de toutes JesaJ'Ii^ tions étran^^ères au texte original, au mûjreii d'obèles, c'est-à-dire d'un signe wnvrn^ tionnci, pour distinguer le texte de raui«»uj du texte que les commentateurs y avairol ajouté. Rodrade exécuta son dessciu ; cu <i qu'il j a de plus singulier, c'est que nooseulement ii a suivi en tout la même néthode quo Grimald, mais il a même copié sa pi'éface, qui se trouve placée entre f* texte de saint Grégoire et les addilîonâqn'il y a faites. Cependant malgré cetto idemuv de préface et d'autres traits de ressemblatH'e, l'ouvrage de l'un n'est pas l'ouvrage de l'autre. Il s'y trouve même d'assez notabîrt ditrérencos, que dom Hugues Ménardaeu soin de marquer dans son édition du Sccn* mentaire de saint Gré^^oire. L'oufragedeR''drade est demeuré manuscrit dans labibll^^ thèque de l'abbaye deCorbie; seuleœoo»

l'éditeur que nous venons de citer en a fublié quelques endroits à la suite du Sacramentaire de saint Grégoire. Nous ajonlerous à ce que nous en avons dit, qu'au coio* mencement se lisent deux petites préfaces l'une en prose et l'autre en quatorze graoJ^ vcrs,dauslesquelsrauleurnou5faitcODn«lvr«

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DE PATROLOGIR.

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personne, et noQ$ apprend le motif de son rai), en priant avec beaucoup d'humilité préires qui se serviront de son recueil, he souvenir de lui au saint autel.

lODLXPHE, né à Munster, sur la fin du siècle, fit ses études à Lié^e, où il em- \$i9 félat erclésiastique; et il était sousre, lorsqu'il résolut de se consacrer à ,iic religieuse dans Tabbaye de Porcet, Esine d*Aix-la-Ciiapnlle. Il exerça succesinent toutes les charges de la maison >jua celle de prieur; mais il se démit de le dernière à la suite de quelques diffiiés, et passa à Tabbaye de Saint-Tron , [{4}$ de Liège, où il devint bientôt éco- , puis prieur, et enfin abbé, en 1107. il eut la douleur de voir piller et brù- KQ monastère par Gislebert, comte de B5, ce qui le contraignit de se retirer à i^^ne, ou rarchevÔQue le fil abbé du more de Saint-Pantaléon. Mais à la fin des tbies, il rentra dans son abbaye de Saintet y mourut en 1136, après avoir vu son lasière dévasté pour la quatrième fois.

On a de lui la Chronique de Sainl^Tron^ imposée de treize livres dont les sept preliers lui appartiennent incontestablement, déclare dans la préface qu*après bien des (cherches sur le premier état de sa maison. Dur savoir si elle a été d'abord canoniale t Rionaslique , sur le nombre et les noms f ses devanciers, sur la date et la durée du pQTernement de chacun d*eux, il n'a pu iea découvrir oui fût de nature à le satislire. « Je vois bien, dit-il, que saint Tron, o(r<; fondateur, était clerc et prêtre» mais loe trouve nulle part qu'il ait été supérieur t celle maison, qui fut bâtie par ses soins, ■lu'est également impossible de dire, faute t UiéiDoires, si ce sont des clercs ou des iwioes qui Tout habitée dès le commenceleot. iài seulement rencontré dans un pe- I livre les noms suivants. » Il donne entité la liste de quinze abbés de son menasîe, sans marquer ni quand ils ont vécu, i combien d*années ils ont été en place, près ceux-là, Rodulphe en nomme trois Hresavecla durée de leur administration; iii il ignore à quelle époque de rincarno-

00 leur existence se rapporte. Nous n*eu- ?tt)Qs pas dans la discussion de ce travail ; ^ hi$toire se lit mais no s'analyse pas. ous remarquerons seulement que les six 'foiers livres sont entièrement consacrés Tbisioire do son gouvernement, et parais-

01 avoir été composés de son vivant par lelqu un de ses religieux, puisque sa mort .^e»i point rapportée. Dom Lucd'Achéry attend qu'ils ne sortent pas d'une autre urne que les précédents , et que cVst Hoilphe lui-même qui, sous un personnage f'Dtçer, décrit sa propre via, afin de rctraf plus librement à la postérité les grandes ioses qu'il avait faites dans son monastère. icoQformité de style qui règne dans les ^i2e livres qui composent cet ouvrage est ifiique fondement sur lequel repose cette ^(euiiun, dout nous abandonnons le juge-

ment au lecteur. Le dernier livre renferme un état de tout ce que Ton fournissait du temps de l'auteur pour la prébende des frères; on voit que les œuls et les légumes étaient leur nourriture ordinaire, et la bière leur buisson.

11. Dom Mabillon , dans le tome II de sts Annales^ a publié une lettre très-judicieuse adressée par Rodulphe à Sigebert, prieur de Saint-Pantaléon , qui l'avait consulté sur eette question ; savoir, s'il est permis aux monastères de recevoir quelque chose pour l'admission des enfants, et de quelle manière cela se peut faire. Cette lettre est divisée eu deux parties. La première est contre les parents, qui, en offrant leurs enfants à Dieu, retiennent la portion d'hérila^^'e qui leur appartient. Il taxe une telle conduite d'avariro et de sacrilège. «Les monastères, dit-il, n'ont point été institués ni dotés pour la décharge des familles opulentes, mais pour nourrir les pauvres qui voudront y servir Dieu. » Dans la seconde, Rodulphe avertit Sigebert et ses religieux d'être attentifs à no rien exiger, soit des ricbes, soit ûqs ]:auvres, pour l'admission de leurs enfants. Il permet seulement de faire comprendre aux parents que sur la part qui devrait revenir à leurs fils, il conviendrait qu'iiS fissent quelque donation en faveur de l'Eglise; mais il défend delesycontraindre.Ënunmot, il décide net* tement qu'il y a simonie à exiger quelque* chose pour recevoir un clerc ou un inoim*. « parce que, dit-il, tout homme qu'une mauvaise cupidité porte à désirer ou à se faire donner par voie d'exaction des otlVandes ecclésiastiques, bien plus, celui même qui se conduit, en ce qui concerne i'iiglise, par Tespérance de la rétribution, est un simoniaque, sinon devant les hommes, du moins aux yeux de Dieu.»

Vers l'an 1120, Rodulphe écrivit une autre lettre à Vatéron , comte de Lîml)ourg, pour l'instruire des droits qui lui api>artenaient en qualité d'avoué du monastère. Elle a été publiée par Aubert le Mire, dans son ilfctiei/ des donations pieuses, et ensuite par André Duchesne, parmi les. preuves de son Histoire généalogique de la maison de Limbourg. On trouve encore dans la Chronique de Saint-Tron^ une troisième lettre que notre auteur écrivit en 1136, à Etienne, évèque de Metz, en lui envoyant l'état du temporel de son monastère. Elle ne contient autre chose qu'une prière à ce prélat de confirmer par son autorité , l'ordre qu'il avait établi, afin d'empêcher que les abbés ses successeurs ne se permissent d'y déroger. On doit encore à Rodulphe l'histoire de la translation du corps de saint tiéréon , chel de la légion thébaine, qui souffrit le martyre à Cologne. Dom Martenno l'a insérée dans le tome VI de sa grcnde Collection.

Outre ces ouvrages que nous possédons imprimés, Rodulphe composa encore plusieurs écrits qui sont restés ensevelie dans les bibliothèques. Le plu3 considérable est un traité en sept livres contre les simonie-

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ques. Pom Habillon, qui l*avait vu dans la bibliothèque de Gemblours, aujourd'hui consumée par les flammes, nous a conservé le sommaire de chat|ue livre. Dans le premiery l'auteur s'applijuait à prouver que la simonie était la plus ancienne et la plus détestable dns hérésies. Il gémissait, dans le second, de voir que toute chose, grande et petite, était vénale dans l*£glise, et que tout moyen était bon pour l'acquérir. Le troisième avait pour objet les prêtres de la campa^^ne, les recteurs et les magisrrals des églises. L'auleur y rapportait avec liberté de quelle manière on faisait alors des clercs et comment on les mettait en possession des églises. De la campagne, il passait aux villes, et traitait, dans le livre quatrième de la vénalité des préL)endes cl de tous les biens ecclésiastiques. Dans le cinquième, il s'objectait j)Ourquoi, en parlant des moines , il avait dissimulé leurs simouies; et les deux derniers livres étaient consacrés i répondre h cette question. Ce n'était pas le seul, ni le premier écrit que Rodulphe eût composé sur ce sujet. Dans l'épître dédicatoire adress^ée à Liébert, chanoine de Lille, il faisait mention d'un ouvrage do sa composition, intitulé : Le labyrinthe de la première simonie,

La Chronique deSaint-Tron le fait auteur de deux Lettres sur le schisme de l'Eglise de Lié^e, l'une à févôque intrus Alexandre, et fautre, à ses partisans. Elle lui attribue de plus un volume d'hymnes notées de sa main, sans dire pourtant s'il avait composé ies paroles avec la musique, quoiqu'elle nous fasse connaître au même endroit que le chant et la versidcation lui étaient également familiers. ïrithème assure qu'il laissa un grand nombre de poésies, si toutefois il est permis de donner ce nom aux vers de ce temps-là. Il en existait encore quelques morceaux vers le milieu du xvr siècle. Grapper, qui vivait alors, etDom Mabillon, d*aluès lui, rapportent sojus le nom de notre auteur les quatre vers suivants, qui paraissent avoir lait partie d'un poëme sur l'Eucharistie.

Ilîc et ibi ccu'ela fiiUnepretbyter œgris Âut $wtu triOuat laids de $a$tgubie OtrUti : NaiHiundi posiet ieviter, lituptexque ptUarei Quod ium suo specie pt lotus Jésus utraque^

Le sens de ces vers, comme l'observe dom Mabillon, n'est pas qu'on retranche absolumenl Tusa^^e de la coupe aux laïijues dans rEiicharisiie, nais qu'on administre les espèces du pain et du vin séparément, de peur qu'en les mêlant on ne donne aux simples lieu de croire que Jésus-Christ n'est pas tout entier sous chacune.

RODULPHE, moine du Saint-Sépulcre de Camtirai, ne nous est connu que par un écrit que quelijues savants, trompés par I idenlitédu nom, mettent sur le complede celui qui vient de nous occuper dans l'article précédent. Cet écrit est la Vie de saint Libert ou Liébert, évéque do Cambrai, mort

en 1076. Elle a été d'abord publiée par dot» Luc d Achery dans le toiue IX de son ^pjcilége^ sans nom d*ault>ur, sur un manusm^ où manquaient le commencement et laiin Dom Mabillon, ayantdepuis rencontré da labbaye d Anchin, un autre manuscrit de., même Vie, à la On duquel on donne Toiï vrage au moine Rodulphe, n*a las dnui que cela ne dût s'entendre de Tabbé d, Saint-Tron. Mais nesavan't que d'aulresoii cru sur parole, n'avait pas lu probablcnten le prologue où l'auteur se déclare moine uq Saint-St'pulcre, maison que l'abbé o« Saint-Tron n'a jamais habitée. L'i^oiiiw nouvelle et complète de cette pièce, donon par les Bollandistes, con:ormément à un an. cien manuscrit de la reine de Suède, iè aujourd'hui toute difficulté sur ce point. . reste, on peut voir cette question discul et résolue dans le tome XI* de Ylim^ littéraire de la France,

Pour parler maintenant du mérite de ouvrage, Rodulphe dit l'avoir entrepris à

Ki;ière de ses confrères, dans la Yue de lu ieu dans sa miséricorde envers les sai et de leur fournir des modèles de palienei et de charité. On peut dire en général qui a bien atteint son buL Ses digressions, quo^ que assez fréquentes, ne sont pas néannioitt tout à fait des hors-d*œuvre. La j)iup(N| semblent découler naturellement du su^ Elles sont d'ailleurs intéressantes p^r la belles maximes de morale qu'elles renfr ment. 11 faut cependant avouer qu'il est peu trop diffus, trop plein de flgures, trop aflecté dans son style. On voit da celle Vie que l'intendant de la maison épisco pale, qui fut aussi qualiQé consul populor faisait les fonctions de ce que nous ap|io^ Ions aujourd'hui Tofficial. L'auteur dési^ ailleurs cet emploi qu'avait exercé >4i Liébert par les termes de proviseur de cour épiscopale. Le saint était en mé temps prévôt de la cathédrale, et vraistiu^ blablement ces deux charges n'en faisau-in qu'une, puisqu'il est loué, en cette deruièn qualité, cotnme un juge très-intègre,

A la suite de cette Vie, les Bollandistes ont ajouté un petit appendice tiré d*un œinuscrit de labbaye de Vaucelle, dans le* quel on supplée quelques particularités omises par l'auteur. C est TraisemWableoieni un autre moine du Saint-Séfiulcre qui a fait cette addition, mais il ne fait connaître lu son nom, ni le temps où il a vécu.

RODULPHE ou RODOLPHE prit son surnom de la ville de firuges, sa patrie. II lut pour maître Tbierri, célèbre philosophe platonicien. Son goût le porta particulièrement vers les mathématiques et, connue hs Arabes passaient pour y exceller, il apprit leur longue, atin de pouvoir cotupreiiilrt les ouvragées qu'ils avaient composés sw cette Science. Il est mêmotrès-probablequr, pour atteindre ce bol, il | as^a eu &iia*m. Nous avons vu à l'article de Pierre le Véc*:rabJe, que, voulant faire traduire le Cvu» en latin, et ne trouvant personne en Frauv

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