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sainU Agnès. Ou peut Toir <:es deux derniers* Tun dans Bollandus^au 31 janvier; 'tutre, dans Surins, au 21 octobre. Toutes les poésies dont nous venons de parler ont étà imprimées sous le nom de Rosvithe , à Nuremberg^ en 1501.
Nous avons encore un livre de diverses épigrammes, plusieurs lettres assez élégantes t V Histoire des commencements et des fondateurs de Gandersheim, en vers hexamètres. On a fait deux éditions de cette Histoire: J*une est de Leibnitz, en 1710; Tautre de Georges Lenckfeld , dans les Antiquités de Gandersheimy publiées en Allemagne, en 1709. Quelques-uns lui ont attribue les Yies de saint Williben et de saint Wunebald , son frère ; mais ils sont d'une date plus ancienne. Nous n'avons plus les lettres et les épigrammes que Trithème cite sous son nom, et on n*apas encore publié les Tïejdes Papes Anastasei*'ctlnnocenll*%qu'e11e avait écrites eu vers hexamètres , et mises à la tète de sou Poème sur la fondation du monastère de Gcinderskeimf comme nous rapprend Henri JSodon , qui lui attribue encore une Exhortation aux vierges f sur la chasteté et la continence.
Ou ne trouvera pas , dans les poésies de Rosvithe, les grâces et les douceurs de la poi^'sie; mais on sera surpris que, née dans un siècle qui les ignorait et élevée au milieu des barbares, elle soit parvenue à une telle élévation , et on oubliera' les fautes qu'une Saxonne a pu faire contre la pureté de la langue latine et les règles de la prosodie.
ROTERIUS nous serait inconnu, si l'auteur de la Vie de saint Sévère d'Agde n'en eût fait mention. Cet écrivain donne à Rolérius une histoire des règnes de diverses nations étrangères, dans laquelle il décrivait les ravages une les Huns, sous la conduite d'^Atlila, leur roi, avaient causés dans les Gaules et principalement à Agde , ou'ils avaient détruite. Cette histoire était écrite d*ua st^ie noble et coulant; mais elle n*est \[HS venue jusqu'à nous. Catel, dans son Histoire du Languedoc^ attribue à Rotérius la Vie de saint Sévère^ ce qui n'est pas vraisemblable, parce que cette Vie contient réloge même de Rotérius et de ses écrits.
ROTGER succéda en 918 à Ratbod au siège de Trêves. Deux ans après, le roi Charles le Simple lui conféra la dignité de chancelier, qu'il avait ôtée à Hervé, archevêque do Reims. Il Texerça jusqu'en 923; car alors il lut obligé de reconnaître pour roi Rodolphe» duc de Bourgogne, appelé par les rebelles à la couronne ue France. Quelques mois aupa* ravant, Rotger avait obtenu du roi Charles la restitution dp l'^bave de Saint-Servais de Maëslricht, donnée k I £glise de Trêves par )o roi Arnoul.En 927, il assembla un concile h Trêves, et y fit plusieurs règlements pour la réformatiou du clergé, en particulier pour lu diocèse de Trêves. Ils furent approuvés des évoques présents et de tout le clergé. Par ces évêques, il faut entendre ceux do Toul,Met'z et Verdun, suffragants de Trêves. Kut^cr f^t en relation avec trodoard, prêtre
de Reims, qui lui dédia plusieurs de ses ouvrages, dont quelques-uns n'ont pas encore été rendus publics. Cet archevêque se mit lui-même au rang des écrivains en faisant un Recueil des décrets des conciles, qu'il di'dîa à Dadon, évêque de Verdun. Ce Recueil n'est point imprimé. Rotger mournt en 828, et fut enterré dans l'église de Saicl- Paulin, dans la chapelle de Sainte-Walporge, où Ton voit encore son épitaphe en c(s termes :
LE VI DES CALENDES DE FÉVRIER MOiftlT ROTGER, ARCBEVàQUE DE TRÈ>ES.
En 921, il avait donné une sépulture honorable au corps de saint Maiimin, trouféeq 898, et qui depuis était resté eiposé à Tsir.
ROTHADE, qui succéda sur le siège de Soissons h un autre évèque du même dooi^ vers Tan 835, porta des plaintes au conciii de Pistes, réuni en 862, contre Pinjuslc pifr cédé d'Hincmar, son métropolitain, qui Tivait déposé pour avoir puni, suivant " canons, un prêtre de son diocèse, coupa d'un crime capital. Rothade ne pour trouver de justice en France, à cause crédit de son adversaire, en appela au Sa Siège. Cette aSairc fit beaucoup de bruu, attira à l'infortuné prélat la prison et hm coup d'autres mauvais traitements de " part de son archevêque. Cependant il Iro moyen de se rendre à Rome, où il pré: au Pape Nicolas V un écrit contenant abrégé l'exposé de cette affaire et les moi de son appel. Le Souverain Pontife prit plainte en considération, et se donna coup de mouvements pour l'examiner. A avoir entendu Rothade dans ses défei vojanl que personne ne se présentait coni lui, malgré tout ce qu'il en avait écA Hiucmar, il le rétablit dans ses pouvoirs le renvoya à son Eglise dans les [trerar jours de janvier 865. Rothade, paisible ' scsseur de son siège, réunît, l'année vante, un concile dans sa ville épiscofjM On ignore l'époque précise de sa mort.C*^ sur son écrit, qui est venu jusqu'à d'' que nous lui avons donné une |>lacc les colonnes de ce Dictionnaire.
RUDIGER, qui succéda à Hériberi, m^ en 970, dans la direction de l'école li'Eptar nach, ne s'occupait pas moins à former*! disciples dans la piété que dans les seiena^ et savait joindre aux instructions qu'il tel donnait l'exemple d'une sainte vie. li co0' posa plusieurs écrits très-utiles : des o>fr raentaires sur toutes les EpUres de i«W Paul^ une explication élégante de la R^ de Saint-Renoît, et quelques autres ouTra^ que Trithème no détaille pas. Rudiger mor rut en 990, laissant l'école de son monasaw au moine Adelhaire, son confrère, cl dep» abbé. .
RUDOLPHE, disciple de Raban-BIaur. ta succéda dans la charge de modérateur M l'école de Fulde, et sut lui conserTer loo l'éclat qu'elle avait sous son maître, l était sous-diacre dès Tan 821, ce qui pena^; de supposer qu'il était né sur la tin uu vm
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DE PAÏROLOCK.
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«g au fommeneenienC dii ix* siècle. Cétait \]n esprit vaste ec d*une grande érudftion ; r>$i au moins ie témoignage que lui rend l>flftenrir, l'un de ses <^leves, et deiwis abbé j'Elringcn, dans la préface d'un ouvrage f|u'il lut dédia en 84â. Le roi Louis de Gcrmniot informé de son mérite» l'enleva à l'abbaye de Fuide, ei en fit son chapelain, $ou prédicateur Ordinaire et son confesseur. En reconnaissance de ses services, il lui assigne, par acie authentique, certains revenus qui, après lu niort de ce religieux, dcTaient retourner à Tabbaye de Putiie, et éirectmsacrés à Pentretten de Tëcole. Brower a rapporté un fragment de l« charte do cette •Joiaiioo dans le chapitre 14 des ArUiquitéê de ce Dioaastère. Ruuolpho mourut eo 8ë5 OB86G.
I) composa, \mt ordre de Raban-Maur, la hiétmnte Liobt^ abbesse de BiscboflTheim, an diocèse de Mayeocc, morte en 779. Itu* Mpbe travailla sur les mémoires de quntro lifli(ôeuses de ce monastère, qi>i avaient ffru sous la discipline de la sainte; et il se itfTit aussi de ceux qxitn avait lai«sé9 \t ^tre Magen» mo^ne de Fuide, On voit qiie* iriDte Liobe avait reçu une édncalion briU lioie; (|u*elle faisait une lecture assidue ctc9 KTn*< saints, des écrits des Pères et des kcrois (les conciles, el qu'elle avait soin h f»re fiart à ses religieuses dos confiais* Miues qu'elle avait acquises. Surius a rap-
Kié celte Vie dans son Recueil, au 18 seplire, etdoRiMabillon t'a reproduite dans k t«)me IV des Atitê de Vordre de Saini"
rll y avait longtemps que Rudolplio avait ^iié colle Vie, lorsqu'il entreprit d'écrire Mie de Raban-Maur. Il semble qu'un dis- Ifie de ce grand hommes aussi instruit
Ktl i'ciait do ses actions, et qui avait déjà s«s preuves comme écrivain ^ devait >huir plus qa'un autre à eo retracer le ioveoir. Cependant^ ce qu'il nous a laitfsé |Kt9 8e titre est moins rhistoire du bien- Kureux Raban, que le récit de diverses trans- ItioQ^ des reliques des saints que le pieux lU»é avait rccuillies de tous cAtés,. pour les ^Ure dans l'église de Fulde et les dilfé- «Bis oratoires qu'il avait fait hAiit en Nieurs endroits. 11 raptiorte aussi les miiitles opérés par l'intercession de tous ces *iQt<^;de sorte que ce qu'il rapporte de son. ^(ra se réduit, h peu de choses près^ h ^RUarquer qu'il fut le cinquième successeur K&aiui Boniface, et à nous donner le cata- '^ue de ses ouvrages> sans rîen dire de ^ épi$co|)at. On ne peut donc regarder ^ IraTail que comme très-incomplet. Da ^te, Tauteur lo reconnaît lui-même, puis- H>M promet de lo continuer par la suite, si ''i^ului accorde le temps et la santé» Fer- ^1*1 l'a publiée telle qu'elle est dans son J'u/oire d« Jlfoyenca; les éditeurs des Œuvres ^ wmn loni mise en tète de leur Recueil ; '^ >a taowire dan» les Bollandîstes au k fé- ^''^r, el danois tome \h des AcU$ de tordre
l'^L'mNIBN, l'un des évèques d'Egypte,
et ami intime de saint Athanassy lui écrfvif ven l'an 372, ponr savoir comment il devait agir envers ceux qui , après avoir embrassé le parti des ariens, dans le temps de leurs persécutions, l'avaient eusoite abandonné et demandaient h être récinls k l'Eglise. Il loi demandait encore s'il fallait interdire aux clercs, tombés dans rsrianisme, les fonctions de leurs ordres et les réduire k la condition laïque^ Nous n'avons plos la lettre de RufGnien, mais seulement la réponse do saint Âthanase. Elle est pleine de tendresse et d'une affection (oute paternelle pour cet évèque; et il le* prie notamment de lui écrire souvent, car sa lettre lui avait procuré beaucoup de plaisir. Pour répondre k ses questions, il lui dit que, d'après les règlements faits dans le concile d'Alexandrie, en 362, d'Achaïe, d'Espagne, des Gaules et de Rome, il fallait pardonner aux chefs du parti béréliquo s'ils renonçaient à l'erreur et faisaient pénitence; noais qu'ils devaient abdiquer toutes fonclisns cléricales^ Ceui au contraire qui avaient été eitti^tnés par violence dans le parti des hérétiques pouvaient conserver leur dignité après evoir reçu le pardon , avoir renoncé à leurs erreurs et à la communion hérétiquer tnethémalisé Euzoius et Eudoxe ^ et signé la foi de Nicée
RUFlN(TïR4Tf:vios),prftlred'AquiIée.Voici un article que nous soaames obhgé de comfmenrer par une confession ou tout aub moiiis par une rectification que nous ferOffs d'au« tant plus volontiers que l'erreui^ que noua ayons commise noos est eotnasono avec un plus grand nombre. !A)us nous sommes laissé éblouir pav le* génie et nous avons ju^é Ru6n,en écoutantsaint Jérôeae. L'histoire do ces deux personnages est si intime-^ ment liée qu'il est difiicile de parler de l'un sams se souvenir de l'autre. Si Rufin n'avait d'autre tilnd k la célébrité que sa querello aréole solitaire de Refhléem, nous nous contenterions de la* petite note rectificative que nous avons insérée en sa faveur k l'articlH d'Origène. Mais il. se recommande par des ouvrages uliles.> Ce n*est pas seulement son Hîitùire eecléêi^stique^ qui (ui donne un rang honorable perm^i m»s écrivains ; il a d'autres produr lions qui toi mé^ ritent non nuiins de reconnaissance de la part de tous ceux qui se sont rooés^ parla parole ou par la plume, au^x saiiUii exercices du ministère des ftme^^Ne le jugeons donc point par los' queliftoations odieufses dont un ressentiment exagéré s'est efforcé de flétrir sa réputation; Saint Jérôme qui, au moment de sa mort, se réjooissail que « l'hydre k plusieurs tètes eAt enfin cessé de siffler et que le scorf)ion fQt enseveli sous la terre de Sicile avec Encélade et Por<r phyre, » n'«vait pas toujours parlé: le même langage. Il fut un temps où le saint docteur, vantait la pureté de ^ foi, l'éminenoede son savoir, la sainteté de sa^ vie^ « Vous verrez écrivait-ii k un de ses emis>qYli ha< bitaitlérusaliem, vous verrez bf4ller dans la personne de Rufin des coractèree da salo*
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teté» au lieu que mol, je ne suis que pous'sière. G*csl à peine si \e puis soutenir avec mes ftiblos yeux l'éclat de ses vertus. Il vient de se purifier encore dans le creuset de la persécution, et il est maintenant plus blanc que la neige, tandis que je suis souillé de toutes sortes de péchés. » Maintenant» entre saint Jérôme, admirateur de RuBn, et saint JérAme détracteur de son ancien ami, et chantant l'hymne de triomphe sur sa tombe> h qui donc en appeler? A la vie de Rufin et i ses ouvrages.
Né vers l'an 3&&, a Concordia> petite ville du territoire d'Aquilée, Rufin, encore simple catéchumène> se rencontra avec saint Je"* rôme dans un monastère de cette dernière vine, où il était venu compléter des études brillantes en s'efforçant d'acquérir la science qui taxi les saints. Ces deux grands hommes, si bien faits pour s'estimer, s y lièrent d'une amitié très-étroite. Rufin , ayant quitté sa retraite, en 370, pour se rendre a Rome dans le dessein de passer en Orient, y trouva sainte Mélanie qui nourrissait le ro6me projet. C'était une veuve de vingts <teux^ns, plus illustre encore par sa pieté 4ue par sa naissance. Leur commune résolution ne fut exécutée aue deux ans plus ifird. Après avoir employé six mois à visiter tes monastères et les solitudes de r£gypte, Mélanie se fixa è Jérusalem, où elle embrassa la vie religieuse. Rufin vint l'y joindre, et se mit a la tète d'une double communauté de femmes, sous la conduite de sainte Mélanie, et d'hommes que luimême dirigeait dans tous les exercices de la vie spirituelle. L'éclat de ses vertus et cette espèce d'auréole que font resplendir sur le front du chrétien l'exil et la persécu^ lion réunirent en peu de temps autour do sa personne un g^rand nombre de solitaires. 11 les animait à la vertu par ses exhortations, et outre le travail que lui donnait la conduite de ses deux monastères, il était encore appelé par les premiers pasteurs pour instruire les peuples; car il avait été élevé au sacerdoce par Jean, évoque de Jérusalem, vers l'an 388. Il convertit un grand nombre de pécheurs, réunit à l'Eglise plus de quatre cents solitaires qui avaient pris part au schisme d'Antioche, et détermina plusieurs macédoniens et plusieurs ariens à renoncer à leurs erreurs. Son séjour en Ëgyute lui ayant donné la facilité d'apprendre la langue
Î grecque, il traduisit de cette langue en atin divers ouvrages, au nombre desquels OQ compte plusieurs écrits d'Origène.
Ce fut dans ces circonstances que saint Jérôme alla s'établir à Jérusalem, et resserra, par une fréquentation habituelle de 3ix à sept années, les nœuds de l'amitié c|ui l'anissait à' Rufin depuis plus de vingt-cinq ans. Cependant l'Orient se trouvait alors agité par des opinions de leur nature même tres-repréhensibles et que Ton s'efforçait encore d'appuyer de l'autorité d'Origène. Jusque-là saint Jérôme avait été l'un des plus grands admirateurs de ce Père dont il avait traduit plus de soixante-dix homélies;
mais voyant qu'un ^rand nombre demoinei et d'autres personnes avaient été eotnlûéi dans l'erreur par le poids d'un nom si célèbre, il s'unit à saint Epipbane, tena de Chypre à Jérusalem, pour arrêter les suit» du mal. Une controverse théologtque amena bientôt les plus violentes discussions. Saint Epiphane, dont le zèle, selon h remarque de Tillemont, était beaucoup plus aniem qu'éclairé, attisa encore le feu, en exigeani que l'évêque Jean de Jérusalem, chez qui il était logé, se déclar&t ouvertement contre Orieène. Saint Augustin gémissait et ne voulut point prendre part dans la querelle; mais Rufin et saint Jérôme qui, dès le com* mencement de la dispute, avaient pris dcui partis contraires, les soutinrent a?ec uoe é^ale animosité. Leurs divisions produi* sirent un grand scandale parmi les bibles. Théophile, ami de l'un et de Taulrc, ios raccommoda ; mais celte réconciliation ne fut pas de longue durée. Tous deux tradut* sirent l'ouvrage du savant prêtre d*Âleian* drie, intitulé Periarchon ou De$ principet: le premier, c'est-à-dire Ru&n> pour défeo* dre la mémoire de son auteur, en rejetant sur ses faux disciples les erreurs qui >'; rencontraient ; et saint Jérôme , pour en faire le titre des accusations dirigées eontr* lui. Les écrits publiés de part et d'autri ne firent qu'envenimer les esprits et les cœurs.
Sikprofession de foi. — Dès que la in» duction du Livre des principes rut coDooe* saint Jérôme ne se donna pas de repos ({ue Rufin n'eût été cité à Rome par le Papa Andstase ; mais il allégua divers prétexta pour se dispenser de paraître et se contenta d'envoyer sa profession de foi dans laquelie il s'expliquait d'une manière très-orlbo* doxe sur les erreurs qu'on lui reprochait et à Origène. Pour sa part il n*a jamais ea d'autre croyance, dit-il, que celle qui sa
1>rêche à Rome, à Jérusalem et dans toutes es Eglises catholiques. Pour fermer la bouche à ses adversaires, il croyait donc sufiisant de leur envoyer sa profession et foi, de cette foi, ajoutc-t-il, prouvée en n personne pnr l'exil, les prisons et les toor* meuts endurés à Alexandrie, pour la confession du nom de Jésus-Christ. Il s explique ensuite d'une manière irréprochable sur la Trinité, l'Incarnation, la résurrection des corps, le jugement dernier, l'éternité des
[>eineset l'origine de l'û'me. Puis venante a traduction d^Ori^ène, il dit qu'il n est tu son défenseur, m son approbateur, mats seulement son interprète. « Si donc, eondnue-t^il, il y a quelque chose de boa dansie aue j'ai traduit, il n'est pas de moi; ci s» 1 on y trouve quelque chose de mauvai-sf n'y ai aucune part. Je dis plus, je me >^U'> étudié à retrancher du Livre an principt^ ce qui ne me paraissait pas orthodoxe, ^'^ que je pensais y avoir été ajouté {lar les btréliques, parce que j'avais lu le contraire dans les autres ouyrages d'Origène. • 1' <J'^ encore que cet auteur a eu d'autres loiff* prèles avant lui ; il n'a traduit quelquc5-uc>
RUF
DE PÂTROLOGIE.
RUF
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de ses OU vrfljjes q\ih la prièro de ses frères. Si on lui défend de continuer, il est prêt à obéir; si c'est nn crime de Katoir fait» sans uD ordre eiprès de I^Ëglise» on doit coraiDv'Ooer par punir ceux qui Ton t précédé dans cette Taule. Il finit en protestant qu*il n'a point d'autre foi que celle qu'il vient d'exposer, • laquelle, ait*il. est la croyance de l'Eglise de Rome, de celle d'Alexandrie, de celle d'Aquilée à qui j'appartiens, et la ffidroe que j'ai entendu prêcher à Jérusalem. Je n'en ai point d'autre ; Je n'en ai jamais ea elje n'en aurai jamais d'autre. Anathème i quiconc|tie professe d'autres sentiments iur la religion ; mais ceux qui par un esprit dVnvio scandalisent leurs frères par leurs ijuerelleâ, leurs divisions et leurs calomnies, en rendront un compte terrible au ju- ^ment de Dieu. »
On doit rapporter celte profession de foi i i'an MO ou au commencement de l'an Af au plus lard. Il piaratl que RuQn en ré* isodit plusieurs exemplaires en Italie, car i lérooigne qu'elle y fut approuvée. Hais aint Jérôme n'en jugea pasainsi, et il traita elle pièce de fausse et d'arlificieuse, en lisant que Rufin se trompait lui-même, s*i) «nsait par une lelle déclaration imposer à I simplicité des lecteurs. Ce qui est inconstable, c'est qu'elle ne put effacer les Icheuses impressions que sa traduction du itre des principes avait produites sur l'esirUdu Pape Anastase, qui ne voulut plus oleodre parler d'un homme qui, disait-il, Tait introduit dans l'Eglise une version Qssi dangereuse qu'était celle de cet ourage d'Origène. La plupart des historiens cclésinsliques disent que Rutln a été exc^munié par le Pape Anastase, mais dom eillier, dom Constant et Fontanini palissent avoir prouvé le contraire. II est rai qu*il est fait mention de l'excommuniili'iQ de Rufin dans quelques éditions du ipe Anastase à Jean, évêque de Jérusalem ;iais il est visible que c'est une interpoilion r ce passage contredit le reste de la lire oiï Anastase déclare qu'il laisse à icn à juger de l'intention du traducteur, ei^endant Rufin, voyant que ses ennemis tisaienl tous leurs efforts pour le faire i^ser pour hérétique, crut qu'il était de '11 honneur et de sa conscience de se juslie r publiquement. C*est ce qu'il fil par un 'rit latin, divisé en deux livres, qu'il intiila : Apologie.
apologie, — Dans le premier livre, Rufin ^'f liqueà réfuter tout ce que saint Jérôme t reux de son parti disaient pour montrer 'l'ii était véritablement hérétique. Il en l'iHflle au témoignage des grands hommes, e)i-è-dire de saint Chromace, do Jovin et Eosèiie, (tar le ministère desquels il avait îçu le iîaptême. « Or voici, ajoule-l-il, ce uiis m'ont proposé h croire, et ce que je "():$ encore par la grAco de Dieu, comme ^ nie font appris. Le Père, le Fils et le uni-Esprit ne sont qu'une même Divinité ' une même substance. Cette Trinité est »étcrnoîle, inséparable, incorporcllo, in-
visible, incompréhensible; elle seule se peut connattre parfaitement, parce qu'il est dit que nui no connaît le Fils que le Père, et nul ne connaît le Père que te Fils, et le Saint-Esprit qui pénètre même ce qu il y a de plus profond en Dieu. C'est pourquoi cette Trinité ne peut être vue par les jeux du corps; mais le Fils et le Saint-Esprit voient le Père par cet cçil spirituel de la Divinité, comme le Père voit le Fils et le Saint-Esprit. Ainsi, il ne se trouve dans cette Trinité d'antre diversité, sinon que l'un, est Père, l'autre est Fils et l'autre saint-Esprit. Cette Trinité consiste donc dans la distinction des trois personnes et dans l'unité d'une véritable et.indivisible substance. Ce Fils unique de Dieu, par qui toutes choses ont été faites, a emprunté à l'homme sa chair dans ces derniers temps, et s'est fait homme. 11. a souffert pour notre salut; il est ressuscité Le troisième jour avec cette même chair qui avait été mise dans le sépulcre; et, anrès l'avoir glorifiée, il est monté au ciel, d'où nous croyons qu'il viendra à la fin des siècles pour juger les vivants et les morts. Par là il nous a donné l'espérance d'une semblable résurrection ; de sorte que nous crevons fermement que nous ressusciterons de la même manière, dans le même ordre, dans la même forme et avec les mêmes suites qu'a eues pour Jésus -Christ sa résurrection, c'est-k-dire non pas avec un cprps aérieQ« comme on nous I a malicieusement impul^ mais en nous réunissant à cette même chair dans laquelle nous vivons et nous moulerons. Et pour convaincre tautlp moQde de la sincérité de ma foi sur cet article, et convaincre mes ennemis de calomnie, je me crois obligé de découvrir ici un mystère qui est particulier à l'Eglise d'Aquileo. Tandis qu^ toutes les autres Eglises, après avoir dit qu'elles croient è la remission des péchés, ajoutent tout simplement : et à la résurrection de la chair, l'Eglise d'Aquilée, comme si elle eût prévu, par une inspiration de Dieu, jusqu'où irait la malice de nos adversaires, y met encore un mol plus significatir et dit : La résurrection de cette chair,afiu qu'en faisant le signe de la croix sur nous, comme c'est la coutume de tous les Qirétiens à lafiu du Symbole, nous marquions avec la main que nous mettons sur le front que ce n'est pas la résurrection d'une chair étrangère que nous croyons,^m2^is celle de la même chair que nous louchons. » RuQn fait sentir ensuite le ridicule de ses adversaires, qui refusaient de croire à son orthodoxie sur l'article de I& résurrection, s'il ne spécifiait toutes les parties du corps, les unes après les autres, sans en omettre aucune. Il leur répète que notre résurrection sera semblable à celle de Jésus-Christ, qui, selon la pa^ rôle de l'Apôtre, s'est fait les prémices do ceux qui dorment (/ Cor. xv, 20), et q.uo nous ressusciterons avec la même chair, les mênxes os, les mêmes membres, mais non pas avec nos faiblesses et nos mauvaise:! laclinalions. Il ne s'y trouvera plus aucuni^ trace de corruption, afin «pie la parole d^
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rAoAtre toit accomplie : Semina/ur m î(fnobitùate^ surget in gïoria. (Ibid.f 43.)
Rufin répond ensuite aux reproches que lui faisaient ses adversaires d'aimer Oni^ène« dont on lui royait presque toujours les écrits dans les mains, et d'en avoir même traduit plusieurs, et particulièrement le Livre des principes^ qu ils déclaraient remplis d*erreurs. Il prend Dieu à témoin que pour sa
f)arf il n'a mis aucune affectation à traduire e Livre des principes préférablement à tout autre, et la manière dont il avait été engagé h ce travail. Du reste, il avait averti le lecteur qu'ayant découvert dans ce livre des choses conformes à la doctrine catholique, et d'autres oui lui étaicut contraires sur un point de la croyance, il avait supprimé ecs interpolations, bien convaincu qu*elles ' y avaient été insérées par quelque faussaire, comme Origène s'en plaint si souvent dans Mes lettres, parce qu'il n*est pas possible qu*un même auteur dise le oui et le non, et se contredise si grossièrement. Il ajoute que saint Jérôme, qui lui faisait un crime de cette traduction, avait traduit avant lui pluaieurs ouvrages d'Origène, et qu'il n'avait fait que suivre les règles qui lui avaient été prescrites par ce Père, en supprimant tous les i^assages dans lesquels Ongène se trouvait en contradiction avec lui-même. Il convient cependant que le Livre des principes^ dans l'état où il Ta mis, contient encore quelques erreurs ; mais il soutient qu'on ne
Ïeut le» lui imputer, parce que, comme on ^ lui objectait, il n'avait pas présenté ce livré coinme exempt de toute erreur, mais qu'il en avait retranché seulement tout ce qu'il y avait trouvé de contraire à ce qu'Ongène enseignait ailleurs, parce qu'il lui semblait impossible que cet auteur tÙt hérétique dans son Livre des principes et orthodoxe dans ses autres écrits. Pour cela 41 n'avait point prétendu en enlever les vrais sentiments d'Origène. Il ajoute qu'on pouvait encore moins l'accuser d'hérésie, parce qu'il avait traduit ce livre en lalin, puisqull prouve, par l'examen de plusieurs passages, que sa traduction avait été corrompue. Afin de mieux faire comprendre qu'il ne disait rien que de vrai pour sa justification, il raj>porte la préface qu'il avait mise en tête de sa traduction de V Apologie dOrigène par saint Pamphile, et sa préface sur la traductîo» du Livrt des principes; puis faisant retomber sur son adversaire l'imputation d'hérésie dont i\ venait de se justifier, il allègue plusieurs passages de saint Jérôme, po«r montrer que ce Père était tombé lui- Hiêiiie dans toutes les erreurs qu'il avait repfocftées à Urieine, et aue plus que tout autre il mérirait le titre d origéniste.
Cettie première partie de YApologie de Rufi» est pleine d'aigreur et de railleries piquaiitfes qui manquent rarement leur but. a Vous vous imaginez, dit-il à saint Jérôme, qti'on ne s'aperçoit pas que dans votre dérive? écrit adressé à JPaimnaque vous ne déatarea vous repentir d'avoir été origéoiste quaftn d'en imposer à ceuic à qui vou^ écri-
vez, et les tromper plus facilemenl Car si en réalité vous vous repentez de votre faute, comme vous devriez le faire, quel moutement ne vous donneriez* vous poinl pour retirer de la damnation tant d imes que vous avez séduites pendant un si graou nombre d'années, par des ouvrages que vous proclamez aujourd'hui comme infecté) de plusieurs erreurs? Mais eomment voulezvous que votre pénitence puisse profiter i d*autres, puisque dans ce même écrit, oii vous remplissez en même temps le tripb personnage de pénitent, d'accusateur et de jutfe, vous renvoyez encore vos auditeurs i la lecture des choses que vous conJamuez! Kt quand encore il n'en serait pas ainsi, voo» vous êtes fermé toutes les voies du pardon môme depuis votre repontir. En elTet, qot faites-vous? D'un côté vous dites qu Origèœ s'est repenti d'avoir avancé toutes ces e^ reurs, et qu^l on a demandé pardon à Fa* bien, qui était assis alors sur la chaire dt saint Pierre, par un écrit qu'il lui aadressé; et d'autre part, après une pénitence si publique et cent cinquante ans après sa ojotl, vous l'appelez encore en justice, vous tti faites son procès, vous le condamnez. Cof»» ment donc voulez- vous qu'on vous pardonoft des erreurs que vous avancez comme luiL quoique comme lui aussi vous disiez qci vous vous repentez? Si, après son repenùi; Origène ne mérite point de pardon, tooi avez écrit comme lui, vous vous êtes r^ penti comme lui; vous devez donc en èift absous ensemble ou être condamnés eih semble. »
Dans la seconde partie Rufm eiamioe te 'autres chefs d'accusation intentés contre loi On l'accusait de s'être fait une loi du |)ar> jure pour ne point révéler les secrets tl use secte qui l'unissait à Origène. Rutin oie la fait, et comme on avançait qu'il avait apprii celte doctrine dans le vi" livre des ^iramof .<, il proteste qu'il n a jamais vu ce livre. Ensuite il fait retomber cette accrusatiuu sur saint Jérôme, et prétend qu'il l'a enseiç-n* dans son Livre de la virginité^ atlressé à Eu*tochie, que le parjure lui était perini:$. I' en donne pour preuve le songe que ce Wn? y raconte, dans lequel on lui déchira b épaules à coups de fouet pour avoir lu Horace, Virgile et d'autres auteurs profanes. Dans cette occasion saint Jérôme fit serracot qu'Hue lirait jamais les écrits de ces auteurs, et quil n'en garderait même aat-on chez lui. <c Cependant, dit Rufio, qu'on Ui^ tout ce qu'if a écrit depuis ce .temps-là. I trouvera-l-on une seule page qui ne oioniie qu'il est encore cicéronien? Kxisle-Hl »'! seul deses ouvrages dans lec^uel onnetrout*' ees belles expressions, si dignes d*un Ov>vteur catholiffue : Notre Tuilius, notre FlJt^ eus, notre Virgile, i^artoul, pour se donner du relief et passer pour un homme de grande érudition, on le voit citer un Cbryspus, un Aristide, un Empédocle, et tant d'autres auteurs grecs, qu'il jette aux yeux des lecteurs comme de h fuiçée pour les areugler. C'est depuis son Sfnndnt, dit encore Ruiia»
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;\xll à lu Porph^r», rerniétni pdrttculœr die lésus-Christ, et eeloi (pxi a tàii tous ses effcrlspour reoTerscr la religion chi*étieime par ses écrits. » Rufin reproche ensniCô à wini Jér<)me qu'en tain il se Tanlail d*avoir Ht le disciple de Didvme raveugle, et d*arotrflftpris de lui ii Bien entendre le^ dignes Ecriturest puisffuc le séjour (^a*il avait Eut à Alexandrie n'était que de tin($l-huil i;a (rente jours au plu8.
Il s'éleud beaucoup sur le reproclie q^i'on lui faisait d avoir loué les mœurs el la docirine d'Origène» ei montre, par un grènd ïombre de passages tirés d^s écrits de saint kirOiue, que personne plus que lui n'a exagéré sur ces deux points la louange envers Jri^ène; que personne plus (]|ue lui a*a proli(é ^es écrits d*Origène; qu'il en a été Tadlairaleur; et qu'il a mAme composé un ouisa^e pour montrer qu'Origènc avait plus iTriiqu aucun autre auteur. Mais quelle ré- B»tu()ense a-t-ii reçue pour tant de travaux, ImuAiuiait Jérôme au rapport de Kufin? 11 lêlé condamné par l'évoque Démétrius, et il ny eut que les évéques de Palestine^ fArabie, de Phénicie et d'Acbaïe qui u'en- Irèrent point dans la calmle* lionie même wuscrivil à sa condamnation^ et assembid m clergé contre lui. « Ce n'était pas qu'il f lui quelque hérésie dans ses ouvra^es^ poarsuit ce Père« ni qu'il eût aVancé quel-> qui; nouveauté dangereuse, comme des djitns enragés lu vocifèrent contre lui; ftdisccst que tous ses envieuXi ne pouvant iupporter plus longtemps la gloire de son c^'/^ueDce et de son érudition, étaient obli- |i>(ie rester muets en sa présence, parce quo Jorsqu il pariait personne ne voulait ^ti$ les écouter. » C'est ainsi que Jérôme priait d'Origène, remar<j|ue RuQa : « Oui, Vjiilà cet hommo qui n'a jamais loiié la foi d'Origène, qui n*a jamais admiré sa doc- Irioe. « il ajoute en s'adressant h lui-niéme : • Un TOUS a accusé d'avoir pris dans Oriièuo presque tout votre commentaire sur u |>rophète Mictiée; vous n'avez pas osé tuerie fait, mais, arec un air libre el dégagé, vous avez répondu que vous vous en fai« ^H gloire, et qa il était honorable d*imil^r ceux qui ont t*approbation des pe^* SButics sages et éclairées. Si vous faites bien <lc piiler dans Origène, que vous nommez k premier docteur de r£glise- après les
Ï^lres, n'avez-vous point de honte de dérer la réputation da saint évoque Amtiroir, pour avoir pris Quelque chose dans I^'^lyine, que vous appelez un prophète et uu hoBime apostolique? »
^ Après avoir rappor é plus de dix passages (^au5 lesquels saint Jérôme» loue Origène cuiumo un grand apôtre, et comme le doc* ifur de toutes les Eglises, Rufin se justifie (ieiiautes qu'otl lui reprochait d'avoir corn- Uit&es en iradutsani Origène. Il défie saint Mrôme d'en produire aucune, et ajoute que coMàson exemple qu'il a quelquefois rctranché ou reelitié quelques expressions ^'Ori^ène; mais qu'ati surplus on no trouvera rii ilaïui ses iratluctions» ni dans aucun
de se$ ouvrages une seule hérésie à corrif^er. Saint Jérôme avatl accusé de mensonge le saint martyr Pan^phile et présenté sua apologie d'Orîgène comme une pièce méprisable. < Pour qui donc aurâ-t«il de la déférence, demande RuPmt qui pourra désormais échapper à sa censure T Mais siupposons, ajoute-l-il, que ce livre n'est pas de saint Pamphlie, mais de quelque ^autre (uitbolique; Tatiteur, quel qu'il soitr parlei-il en son nom et cniploie-t-il ses propres paroles pour prouver ce qu'il avd«ce? Il défend Origène que Ton accusait par Origène lui-même; et il ne S(? sert des propres paror les de cet auteur que pour montrer qu*il a eu des sentiments tout autres que cent qu'on lui atlribunit. » Le dernier reproche que l'on faisait à Rutin était d^avoir traduit le Livre deê principes. « Mais, dit-il, en s*adressanti saint Jérôme, si les saints, comme vous le dites, n'ont osé traduire cet ouvrage^ comment avez-vouS osé le faire 7 qui ne voit parla l'inutilité pour ne pds dire la témérité de votre travail? 11 uy a rien dans le Livre des principes qui ne se trouve avec plus d'étendue dans les autres livres d'Origène que vous aviez déià traduits; cette traduction était don('. inutile. » Il le presse vivement sur cet article et désapprbdvé sa traduction do la Bible.
Il répète ensuite ce qii*il MVaii déjh dit ailleurs, qu'il n'avait eiitrepris de traduire le Periarchon que pour faire plaisir à un grand serviteur de Dieu, qui avait besoin de cette traduction pour combattre les ennemis de son saint nom. C'était Macaire. il fait une récapitulation de tout ce qu'il a dit dans cette Apologie^ démande pardon à saint Jérôme des termes injurieux qui pouvaient lui être échappés dans la chaleur de la dispute, et témoigne que son plus grand désir eût été de pouvoir garder le silence. « Mais» njoute-t-il, cela n'était plus permis. Se taire lorsqu'on est accusé d'hérésie, c'est confesser que l'on est héréti(|(ue. » A la fin, en s'adressant à sairit Jérôtne, il dit encore : « Supposons qu'on assdfhble un synode J*évéques qui, conformément à l'avis où vou^ ête^ aujourd'hui, condamne tous les livres dans lesquels ces sortes d'opinion^ sont répandues; on commencera sdnS doaie par condamner Toriginal grec,toais viendront ensuite les traductions latines avet? leurs auteurs. Q\ie l'on arrive ensuite à vos ouvrages, comme on y trouvera les raêmeîf opinions, ainsi que vous le recohhaissez vous-même , il faudra donc aussi qu'on les condamne avec leur auteur? Et comme tou; tes les louanges que vous avez prodiguées à Origène ne l'empocheront pas d'être condamne, de même il ne tous servira de rien d'avoir tâché de vous excuser, puisqu'il faut que je me soumette au jugement de l'Eglise catholique,- soit qu'elle condamne Origèni-, soit qu'elle vous condamne. »
A peine cette Apologie eut-elle paru dans^ Rome que les amis de saint Jérôme s empressèrent de lui en donner avis. Paolinien, son frère, qui s'y trouvait alors, en fit tire?
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au Pape Anasiase. Il distribua tant de copies de ces deux écrits qn'oQ les trouYail lusque dans la bouliaue de Touvrier et sui Je comptoir du marchand. C'est par cett(i
de longs exemplaires, qu'il lui rapporta. L*ardent solitaire prit aussitôt la plume, et travailla à son tour h faire sa propre Apo- /o£t>, qu'il divisa en deux livres, commo étaitcelle de Rufin. Il ne s'en tint jpa^ li, et, dans un second écrit , il attaqua fa profession de foi que son adversaire avait envoyée au Pape Anasiase. Il distribua tant de co-
trouvait sur iptoir du marcliand. C'est par cette voie que RuOn en reçut un exemplaire. On touchait alors à la fin de Tannée Ml. Le pcfrtre d'Aquilée,qui n'avait travaillé que pour se justifier auprès de ses amis, fut fort surpris de voir une réponse h un ouvrage qu'il ne croyait pas livre à la curiosité du public. Comme le marchand qui lui avait remis la réfutation de saint JérOme devait repartir au bout de deux j,ours pour l'Orient, il crut <levoir saisir cette occasion pour ouvrir son cœur h son ancien ami, et lui dire ce qu'il pensait devant Pieu de sa conduite et de son Apologie. Il lui écrivit à cet effet une lon-^ gue lettre que nous n'ayons ))lu;s, mais que nous pouvons connaître par la réponse de saint Jérôme.
Lettre à saifKt Jérôme. — Rufin commençait par lui dire qu'il s'adressait h luimême dans la crainte d'exciterde nouveaux scandales dans rE^li$e. Ce n'était point ici une invective» mais un avertissement cha^r rîtable qu^il lui donnait, en secret, et dont il pourrait se servir, s'il le jugeait à pi^opos. Il avait préféré cette voie a celle d une ré-^ ponse publique, conformément à ce précepte de Jésiis-Cliri$t qui dit : Si votre frère apéehé contre voue^^ allez le trouver en particulier et adressez-lui tme réprimande secriie. (Mdtth.^ XVIU, 15.1 II lui dqclare ensuite qu'il qes'é-t tait pas proposé d'autres vues en composant son Apologie., Il avait pris toutes les précau-. lions pour en empêcher la publicité, mais plusieurs personnes l'ayant déjà vue, et luimême sounaitant la voir, il s'empressait de la lui offrir. Il convenait ensuile que saint Jérôme avait beaucoup d'érudition, mais il le blâmait de s'en vanter. 11 se plaignait des railleries que ce Père se permettait sur son style» et défendait ses traductions d'Origine, en montrant Qu'elles ne contenaient rien
Sue saint Jérôme n'eût inséré Lui-même ans ses commentaires, et surtout dans son Explication de CEpitre aux Ephésims^ oiX Ton trouvait beaucoup de choses tirées du Livre des principes. Il répondait aux rain sons produites par ce Pèire pour montrer
3ue VApologie de saint Pampnile en faveur 'Origène était d^£usèbe de Césarée. Il lui semblait surprenant , dlsaitril » que l'Italie ayant approuvé sa foi sur la Trinité et sur la résurrection des morts, saint Jérôme voulût encore le faire passer pour un homme qui ne pensait pas sainement sur cet article. C'est pourquoi il exigeait de lui une satisfaction. Comme Jérôme dans son écrit avait beaucoup loué la persécution que Théophile d'Alexandrie faisait subir aux . oii^jénistes, Ruftn se conicntait de répon-
dre dans sa lettre qu'il s^lérail toujours ub plaisir de suivre cet évêque dans toat ee
S[u'il écrirait sur la foi et la religion. \\ se élicitaii de l'avoiv eu pou? maître, et il na poussait pas l'iaçratitude jusqu'à «tMdoiH ner ceux de qui il «▼«It reçu des lefoaa^ bien moins encoi e de s'élever contre eut* comme le faisait saint Jérôme à l'énrl d'Origène et de Didyme. Mats pour lui nire connaître en môme temps qu'il n'appro»
vait pas en tout la conduite de Théophile^ il lui rappelait l'affaire de Paul, déposé par ce patriarche. Rufin apportait aussi plosieun raisons pour montrer que la lettre do Pape Anastase à Jeaa* de Jérusalem était une pii«r supposée. Ensuite, au témoignage d'Aaas* tase^ il oppose celui du Pape Since qui loi avait donné des lettres de communioiK Quant au témoignage de saint Epipbane qm Jérôme avait invoqué contre lui, il d^ r^ pondait qu'avec un ton de m^iseten pré« sentant cet évoque comme un homme cm sa simplicité rendait susceptible de tous i«i préj^uffés; d'où il conclut qu'il n'était pii
FI us fondé ft raccuserd'origénisma qu'ît ail était lui-même à l'accuser d'être anthrop^^ morphite. Il reprochait ensuite à saint Jé^ rôme de n'avoir traduit d'après lui le litiw des principes , uue dans la vue de le rendis odieux aux fidèles, et finissait sà lettre et le conjurant de l'avertir en particulier, s'il avait quelque chosek reprenaredanssacoiw duite, plutôt que de prolonger par des écrit» publics le scandale que leuraispute avait déjà causé dans l'Eglise. Sa lettre finissait par ces mots écrits de sa propre main, m il avait dicté le reste à la hête : Je souhain de tout mon cemr que, vous aimUz la paix.
Le parti du silence ne» fut point du goAl de saint Jérôme. Il proteste Beaomoins avve serment qu'il avait été dans la volonté de se taire, pour suivre l'avertissement de saiai Chromace, et pour têcher de vaincre le ma par le bien. Mais les menaces de Rufin, diu iIk le contraignirent à répondre, dans la crainte que, s il gardait le silence, il nepa* lût se reconnaître coupable des crimef énormes dont on menacaitderaccuser.il composa donc contre Rufin un troisième ii-^ vre, qui n'est toutefois qu'une répétition do ce qu'il avait dit dans les deux livres qoi rom;)osaient son Apologie. Saint Augusua è qui il l'envoya, dans la persuasion qae Rufin l'avait décrié en Afrique, lui répondit en ces termes qui nous apprennent cd qoo nous devons penser de cetta dispute. U sage réserve du saint évêque d'Hippone est un modèle dont nous ne devrions jaoai' nous écarter. Nous transcrivons sa Mire comme un des plus précieux moniunentsde sa charité et de son génie.
Lettre de saint Auffustin. — « Je ne sais ce que c'est que ces libelles diffamatoires que vous assurez avoir été répandusoontrefiMi^ en Afrique. Je n'en ai vu aucun; mais fai reçu la réponse que vous y avez lUte, et qoe vous avez bien voulu me communiguer. 1^ l'ai lue , et avec la douleur de toit deia personnes, autrefois si unies que leora®'*
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lié é(ail deTenue célèbre dûM toutes les BgBses du monde, se montrer présentement féparées par une inimitié si profonde. J'avoue qu*én jageani de votre écrit sur les ippareoces , vous avez Pair do tâcher do rooi modérer et que vous ne dites pas tout te Qoe voQS roodrie?. Cependant, je n*ai pas laissé, en le lisant, de me sentir le cœur brisé lie dooieur, et saisi d'une crainte iaesprimable. Que serait-ce donc si je lisais ee que Tautre a écrit contre vous ? Malheur au (Doode, à cause de ses scandales I Voilà racromplissement de ce que la Vérité nous a prédit, savoir, que rabondanco de Tiniquité refroidirait la charité de plusieurs. Où Mroot après cela les cœurs qui oseront s'ou* niî ïm à l'autre ? où sera l'ami dans le leio duquel on fiourra répandre en sûreté les plus secrètes pensées, et que Ton ne kire craindre comme le devant avoir un ji^or pour ennemi, puisque nous voyons, ^«que nous pleurons ce malheur arrivé iDtro Jérôme et RuQn? O misérable condilioQ de$ hommes ! Oh I qu'il y a peu de ionlement à faire sur ce que l'on voit dans le saur de ses plus intimes amis, puisqu'on iallsipeuce qu'ils seront pour nous dans h suite. Mais ce serait peu oe n'être pas asttréde ce que seront les autres à l'avenir, àooos Tétions de ce que nous serons nousbtmes; car chacun sait à peu près ce cfu'il t$t dans le moment, mais qui peut savoir ce p*ilpeut être plus tard?... Je ne suis pas ^ consolé, lorsque je pense au désir réci-
Hoeqae nous avons de nous voir, quoidemeure un désir, et qu'il n'aille pas jasqu'à reflet. Hais cette pensée réveille en inéoie teoips l'extrême douleur où je suis de rair, qu'a|>rè^ avoir été avec RuQn dans l'élaidioliaiité que nous désirons pour nous, |u*aprèsvous être nourris ensemble, dutaot tant d*années, du miel des saintes Ecriian^S on vous trouve présentement pleins Itfiel l*un contre '*liulre, et dans une si psode division. Car qui pourra, après cela, Be pas craindre qu'il ne lui en arrive au- UoiTEn quel temps, en quel lieu peut-on bre è couvert de ce malheur, puisqu'il a pu TOUS arriver à Tun et à l'autre, dans la majorité de votre flge, dans un temps oiïi, ayant rmoncé tous deux depuis si longtemps è Nies les a«tations du siècle, vous vous ^iez attachés au Seigneur dans un entier 'k'siQtéressement, vous nourrissant de sa pirole dans cette terre bienheureuse ou le ^i^neur a vécu et où il a dit à ses disri- [ies : Je touê donne ma paix ; je voue laine ^^en portage. IJoan. xiV, 27.) Oh I qu'il »t vrai que loti^e là vie de (homme sur la ^tfLtti que tentation! comme porte Job i » (M vu, I .) "^
li termine par cette ravissante effusion de «Write chrétienne et sacerdotale : « Si je pouvais vous rencontrer quelque part l'un j^t laotre , je me jetterais à vos pieds, dans >« transport do ma douleur et de mes crain- ^<^^;ie les baignerais de mes larmes, et, ^Ttc tout ce que j'ai de tendresse et de chanté pour vous, je vous conjurerais, et par
ce que vous vous devez Tun à l'autre, ci par ce que vous devez à tous les fidèles « particulièrement aux iaibles pour qui Jésus-Christ est mort , et h qui vous aonnei un spectacle si terrible eisi pernicieux, ; j« vous conjurerais , dis-je, de ne pas répandre l'un contre l'autre des écrits que nul do vous ne pourra plus supprimer, et qui par cela seul seront un obstacle éteroek à votre réunion, ou au moins, comme un levain que vous^ n'oseriez toucher quand vous senei réunis, capable è la moindre occasioude vous aigrir de nouveau et de vous remettre en
S;uerre l'un contre l'autre. Je vous avoue ranchement que c'est surtout cet exemple qui m'a fait frémir, en lisant quelques passages de voire livre qui révèlent oeaucoup d'émotion. » Soit qu'une lettre si saxe eût fait impression sur l'esprit de saint Jerèmey soit qu'il eût résolu de s'en tenir à sa de?* nière réplique , à partir de ce moment ii cessa d'écrire contre Rufin.
Cependant RuQn, à Aquilée, s'appliquait à la traduction de VHutoire ecclésiastique U*Eusèbe, et il était encore occupé de ce travail lorsqu'on lui apporta la nouvelle de la mort du Pape Anastase, arrivée à la fln d*avrii de l'an 40â. Gomme il était de son honneur d'aller dans une ville, où ses adversaires l'a-* valent hautement accusé de n'oser paraître, il en projeta le voyage et l'exécuta de manière as' v retrou ver avec Mélanieraneienne. Il secondia activement les projets de bénédictions que cette sainte veuve avait conçus pour assurer le salut de sa famille, l'aida à retirer du monde et à arracher è la corrup^ tion de Rome, pour la ()lacer dans la soli tnde, sainte Mélanie la jeune, qui venait de perdre son mari, et qui hésitait encore à suivre l'exemple de son aïeule. On ne doute nullement que Rufin n*ait concouru avec cette sainte femme à la conversion d'Apro-^ nien , mari d'Avita sa nièce , homme de grande réputation, et qui occupait le premier rang parmi les illustres, mais qui était encore païen. Non-seulement ils le rendirent chrétien, mais ils réussirent même h lui persuader de vivre en continence. Cependant l'Italie était en proie aux liarbares ^ Alaric tenait Rome assiéfSée, et pour échap* peraux horreurs de la guerre, les deux Mélanie se réfugièrent en Sicile, où Rufin allarles rejoindre et se consoler auprès d'elles des maux de sa patrie. C'est là qu'il traduisit tout ce qu'il put trouver, tant en homélies qu*ea scholics,des commentaires d'Orifjène sur i» livre des Nombres; mais Dieu mit fin à êes travaux et à ses épreuves, en le rappelant à lui en 410.
C'est au moins un préju{;é bien fort en sa faveur que le nombre et I éclat des témoi-^ gnages rendus è sa piété, h sa douceur et à sa science. Saint Jérôme lui a prodigué les épithètes les plus flétrissantes; mais les hommes du plus grand mérite ont pleine-^ ment vengé sa mémoire. Nous avons d^à vu avec quelle sage réserve en parlait le grand évêque d'Hipponc. Fallade, qui Tavail connu, vante la gravité de scsmorarSp rina'-^