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MTV im hup ramiêomi^ il dévorera la proie k matin d usoir^ il partagera le» dépouille». \lbiâ.f 27.) Ralin ne désapprouve pas cette ^ipiication, mais il ne s y tient pas non |il35, et il en donne une autre purement itfégorique. C*est par erreur que saiqt Isili>re de SéTîlle a attribué ces explications à \èïni Paulin lui-même. Il est probable qu^il l'arait pas lu la lettre dans laouelle losnînt hf|ue de Noie les demandait a RuQn, ni la néponse qu*il fit à Tévéque Didier qui^ le iressait aécrire ce commentaire : « Vous èerchez des eaux douces, lui dit-il» et vous poudriez les trouver en abondance dans un letK ruisseau tout desséché et qui n'en con« ieiitque d*amëres. C'est à vous-même aue voudrais m adresser pour obtenir la soiuiundes difficultés que vous m'avez propote. Pour moit je vous avoue que je n*ose i$ seulement toucher du bout du doigt ces ^nds mystères. »
Xêmmmiaire êur quelque» - uns de» petit» fopkite». — Dans la prérace de ce commenlvt,qoe plusieurs critiques contestent à lofia, et avec des raisons même assez plau- Iblps, comme on peut s*en convaincre en isuitdom Ceiilier, tome X, page 54, et Ulemont, tome XII, pages 315 et 658, Taulor caractérise ainsi le travail que saint un Cbrysostome, Oriçène et saint Jérôme Neot publié avant lui sur les prophéties KWe, de Joël et d*Amo», « Jean, palriar* fede Constantinople , a traité la matière t moraliste plutôt qu'en critique; c'est là fiB osa^e habituel. OrigènePa tournée vers lUégorie; ce qui lui fournit des explica- Ms plus intéressantes sous le rapport de igrément qu'instructives pour lliistoire.
Mme, aussi recommaudable par la supé* îorilé de son génie que par son infatigable irplication au travail, s^étant contenté de Mrcher sur les traces des sages interprètes pi l'avaient précédé dans l'eiplication des l^res prophétiques, s'est peu attaché è de* mopper les conséquences. > Cet ouvrage est des plus estimables. Rikard Simon en parle en ces termes : « Il se*nidifficilede trouver dans toute l'antiquité n (Dmmentaire latin qui pût lui être WDpâré. L'auteur s'attache au sens littéral Ci butorique qu*il développe très-bien. Il Kit remarquable surtout par la modération ivec laquelle Rufin s'exprime sur le compte » saint Jérôme. Après en avoir été si mal- |fatté, il n'en parle gue comme tout autre I aurait fait, c'est-à-dire, en louant avec eflusioa de cceur les écrits que son compéti- ^f avait publiés sur le môme sujet. Le ^•mmentaire »ur 0»ée est divisé en trois livrcs; il n*y en a qu'un sur /oe/et deux sur ^ot. L'auteur s'attache à expliquer le texte r.arl histoire ; il montre dans linterpréta- (tOQ des passages difficiles , une sagacité 91 aucun des commentateurs latins des peuu prophètes n'avait eue jusqu'à lui et à ^ot Jérôme. —Aussi cet ouvrage est-il fort "^loé des savants , dit Tillemont ; et l'on «voue que nous n'en avons point qui ait Duoui expliqué le sens littéral de ces pro-
phètes. » Après avoir rappelé dans le premier livre U^ iniquités du peuple d'Israël, et les menaces que le Seigneur avait fait publier par ses prophètes , Rufin en vient à parler du dernier châtiment, le plus funeste de tous ceux dont Dieu, dans sa colère, frappe les coupables, c'est-à-dire, l'apparente impunité oit il les laisse. « Vous avez lâché la bride à tous les désordres, et vos cœurs, endurcis dans le crime, ont repoussé jusqu'au remords. Un châtiment, le plus terrible de tous, punira votre impiété» Personne ne songera à la reprendre, ni à troubler la sécurité funeste ou vous serez plongés. Et c'est là, conclut le prophète, le dernier ex* ces du crime et de la vengeance , de voir chaque jour commettre les plus coupables prévarications, sans avoir le courage de s'en plaindre. » Il en parle ailleurs avec non moins de justesse et de véhémence.
Son témoii^nage sur l'autorité de l'Eglise est décisif. Il écrivait à'saint Jérôme : « Je suppose que les évoques se rangent de votre parti et qu'ils ordonnent que tous les livres où sont contenues telles et telles opinions contraires aux vôtres, soient condamnés, eux et leurs auteurs; les voilà condamnés, non-seulement pour les Grecs, mais, par une conséquence immédiate , ils le sont également pour les Latins. Que leur sentence porte sur nos livres, vous et vos ouvrages, vous n'échappez pas à la condamnation! Et comme il n'a servi de rien à Origène que vous en ayez fait autrefois l'éloge, de même, ce ne son tf pas les apologies que j'en ai falotes qui pourraient vous soustraire à leur jugement; car il faut bien que j'obéisse à \k décision de l'Eglise quand elle aura prononcé soit contre les livres d'Origène, soit contre les vôtres.
Commeruaire »ur le» Psaume». -^ Il n'est pas rigoureusement prouvé que le commentaire sur les soixante-quinze premiers psaumes, imprimé à Lyon en 1570, soit de Ruûn. Si Ton en croit dom Geillier, il v a même toute apparence gu'il est l'œu^TC de quelque compilateur, qui, profitant de ce que saint Augustin, saint Grégoire le Grand et les'autres anciens commentateurs avaient écrit de plus convenable sur ce sujet, en a fait un corps d'explications sur les soixante-quinze premiers psaumes. 11 7 reconnaît qu'ils sont tous de David, quoique la plupart soient inscrits sous le nom de Salomon, d*Aggée, des fils de Coré et de quelques autres. Il pense
Îue David les composa par l'inspiration de lieu, mais, dans un ordre différent que celui où ils sont rangés dans nos Bibles ; que Jésus-Christ fait le sujet de ces psaumes, et qu'il y est considéré sous trois aspects différents, dans sa divinité, dans son humanité et dans son corps, qui est l'Eglise. Il y est bien parlé des démons, des hommes impies et de quelque autre matière semblable, mais ces matières ne forment point l'objet principal du Psalmiste; elles ne sont là que comme accessoire, et pour faire ressortir le sujet. Ce commentaire, au reste, est écrit avec netteté et mérite d*ètre lu.
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DICTIOSNAIOE
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JHseours dt saint Gfégoirt de Nazianze et d€ saint Basile, -^ Traduclions. — Ruftn, avAnt de publier ses propres ouvrages, s'é- Uit exercé par dos traductions, et il ne fut pas toujours heureux dans le choix de ses auteurs. Nous avons encore de lui celle qu il a faite de huit discours de saint Gr(î- {^oire de Nazianze ot d'autantde saiut Basile, (ju'il traduisit h la prière d'Apronien, comme on le voit par le prologue qui se lit en ièle. Il suffit de comparer ces traductions avec le (exie pour remarquer avec combien de liberté cet auteur traduisait. Il mit aussi en latin les Règles do saiot Basile, ou plutôt il en fit un extrait qu*il publia sous le titre de Règle de saint Bas'dej et quUl adressa à un abbé nommé Ursace, qui avait témoigné le désir de connailro comment les religieux vivaient en Orient.
Sentences de saint Siite- — Saint Jérôme trouva à redire que Kufin eût entrepris de traduire un auUur aussi éloquent que saint Grégoire de Kaziaoze; mais il le condatuna bien davantage d*avoir mis en latin, sons le nom do saint Sixte, les Sentences d*un philo-* sophc pytha^ori. ien du môme nom que le saint pontife, qui ét^alail Thomme è Dieu et favorisait extraordinairem^nt Thérésie pélagienno. En eil'et, les défenseurs do cette Mrésie empruntaient h ce livre beaucoup do passages contre ITglise. Pelage lui-même en aili^gue quelques-uus dans un de ses écrits, et saint Auuu2>tintâclia;d y répandre, en supposant qu iLs étaient du Pape saint Sixte, comme Pelage Tavait avance* Mais ce Père reconnut depuis que lauteurde ces Sentences était un philosopha et non pas un chrétien.
Récognitions de saint Clément. — iiufin traduisit encore en latin, à la prière de saiul Gaudeuce, le livre intitulé, les Foj^es, ou VJtinmiire de saini Pierre^ connu ordiiuiiifement sous le nom de Réoognitionsy II en retrancha quelques passages qui surpassaient les forces de son intelligence ; mais il ne dit point qull en ait netrancUé les erreui-s des ebionites,^ ainsi oue plusieurs autres condamnées |>ar TEglise, et en particulier ceir les des eunomiens^,. qu*ij y avait trouvées. JUa lettre qui sert cU prélace aux. Récognitions est également de la traduction de Rulin. Elle porte le nom. de saini* Clément, comme le reste de Touvrage, et est 'adressée à saint Jacques de Jécusalem. Rnfin^ d^n&sa préface sur le livre de^UécQff}iiti(mst dit qua c'était la vierge Sylvie» d'heureuse mémoire,, qui Tavait priéda les tr^aduire; mais qu'étant morte avant quil eût pa s'y livrer, 1er bienheureux évoque Gaudcnce,. comme par droit de succession, avait coatinoé d'exigeji de lui ce travail.
Histoire de la guerre des JuifSy etc. — Cassiodore nous apprend que 1 on voyaij tïù son temps une traduction latine des sept Livres, de 1 Hisioire.de la guerre des luif^^ pai: losèphe, que les uns attribuaient à saint Jérôuie, et d*autres à Kiifin* 11 «jouta çi^ue saint Jérôme n*ayanx pu trouver le loisir de traduire lui-même les livres des Antiquités, juives, à cause de la longueur de fouvra^^e,
j] les avait fait meltro en latin par qucVaq de ses amis. On croit néaomouis qaU'i avaient déjà été traduits par Rufin, ainsi qnt les sent livres de la guerre des Juif$;cldooi Mabillon, dans son Voyage dltatie, ditaTOit vu dans la bibliothèque Anibrosicaae œ Milan, un manuscrit en i-apyrus ég,y plies, qui renfermait queh^ues livres des Antiftt^ tés de Josèphe traduits par Rufin , et écri;; peu de temps après sa mort.
Homélies d'Origine. — Il eût été heurm
Four Rufin do s'en tenir là, mais TamitiéH admiration dont il s'était pénétré pour Or<» gène, aidées par les instances d amis vn»* ment respectal)ies par leur sainteté comi parleurs lumières, le portèrent [à publ d abord les homélies de ce savant prètrei divers livres tant de TAncien que du Noii veau Testament. On en comiite dix-sept i la Genèse^ treize sur V Exode ^ seize sur Lévitique, vingt-huit sur les Non^res,n six sur Josué^ une sur le I" litre du A et neuf sur les Psaumes. On voit |iar prologue à Ursace, à la prière de qui il « entrepris ce travail , qu'il s*était eng^ traduire tout ce qu*Origène avait écrit! la loi de Moïse, et qull s'était acquitté de promesse , à la réscrvo de quelques ped| discours d'OrigèNesur \e Peutéronomi^ ^' avait laissés sans les traduire. Nc^usdev mentionner aussi neuf homélies sur les gesA\ est parlé dans Cassiodore de trois vres de Rufin sur le Cantique des canti il n^y a aucun lieu de douter que ce soii i traduction des quatre hamclies d'Orr' sur le même sujet, car ces trois livres sent au même endroit que ces qaatie boo4 lies, c*est-àrdire an quinzièn;e v^rsetdarlil pitre second du CasUique des ranlijiMf^oàl est dit : Prenez-nous lesfetùs du renariàm détruisent les vignes. (Catit. Il, M.) DeUtit ductiondes homélies d*Ori^ène,ttuGn p à celle de ses Commjentuires sxxvVEjfUrt Romains^ è la prière d'HéracIo, qu'flap{ son frère. Ces communiai res selon Ca5$i#* dore étaient divisés en viiOgt li vies.mais Ro» fin n^en compte, que quinze, qu*il réduisit! dix en les al^régeant a la demande du ffiéfl4 personnage. Comme il y avait beaucoap lii Itacunes dans Le texte grec,, il selEorçad'l suppléer, ce qui lui coûta beaucoup <le l^iiie. Les cnneinis d*Origène auraient nxk que Rjifin eût publié ces traductions smh son nom et comme un ouvra^^ da si cvr ceptiAQ ;. Biais il leui: réuoiiditque, déféml plus à sa conscience qu à Taversionque Toi nourrissait contre r.et auteuru il oe |>ottf<^ pas s'altrijauer le titre et.rhoniieur d*on Jrtvail dont ua autre lui a^wiit fourni la d^* tière, et qn il ub cherohaiX point raj^plâaAi4r semenides leeteurs,.mais Leur utililé. (^ù^ on compare toutes ces traductions» et p«r^culièrement celles des homélies, avec c texte grec, on voit q^i'il se donoait ur*^ grande liberté en traduisant
Apologie de saint Pamphile^ — La P'^l*'' ciition. de ces lioniélies avait déjà iiuiisi'O^' l'opinion contre Rufin. Aussi, dèsquu>J traJuction de V Apologie dOrigintfàtsiii'^
Wïï
DE PATROLOGIC.
Paffl|>lijle parut dans Rome, où » |>eat-è(re pins encore qu^eii Orient, il y avait des es* |irit5 prévenus ouotre ce docteur, ne nian* ({iia-t-elJe pas d*y faire du bruit. Rufin l'avait |.iéru; dans sa préface 2^ Macaire, homme ijtoiin^ué |)ar sa naissance, son savoir, sa vit* sainte et son zèle pour la relî^^ion, et à Il prière duquel il avait entrepris ce travail, il lémoignc que beaucoup de personnes se ibonlreronl cbouuées de lui voir traduire tto liTrecom|)0$e en faveur d'Origène ; mais loQl en j détendant Forthodoxie de ce Père, il a suio 4 observer qu*ii no veut pas que Ton juge de sa foi par celle d'Origène, mais |9r ce uu'il en dit lui-même. 11 joignit à (rite préface une dissertation pour montrer
fjesi Orij^èoe semblait ne pas être toujours accord sur certaines questionsavec ce qu*on baudansTApologie de saint Pamphile, cela Ernuil, selon toute apparence, de ce que ses ithtsavaicotétéaltérés et corrompus par les kéréûaues. £n etfet, il rapporte des lettres dressées par Ori^ène à ses amis d'Alexandrie ftàd'aulres, dans lesquelles il se plaignait
f'una?ail corrompu ses écrits,et il signalait irc autres cette erreur qu*on lui prêtait, tie le diable serait un jour sauvé, erreur, (•il, que n'enseignerait pas même un fou. bGn remarque que ce n était pas seulement b écrits d*Or}gène qui avaient été corroiuftts (^r les hérétiques , mais encore ceux le Saint Clément d'Alexandrie, de saint De- |is«de saint Hilaire de Poitiers, et même de lint Cyprien, à qui ils avaient attribué le tirrf de* /a TriniU com|)osé par Novatien. lofin termine cette petite dissertation par |ue!tjue$ réflexions ^ui nous semblent aussi Uiiicieuses que charitables : «Nous embrasons, dit-il, ce que nous trouvons de 1>0Q lins Origène; quand nous y df^rouvrons |ueli]ue chose qui s*écarte de la vraie foi, i^'ib ie rejetons comme contraire à notre ucirioe, et môme à celle de ce docteur» orce que nous croyons que cela y a été jvulé par les hérétiques. Si nous nous trouiv&$ sur ce' point, notre errtur sans doute t" peut pas être fort dangereuse ; car Dieu >'Ji^& fait la grâce de conserver notre foi 'ure, par le soin que nous avons d'éviter l'Ut ce qui nous parait suspect, tout ce que luusneuevons pas approuver. En agissant iDsi,on n*aura point à nous reprocher deiiii Dieu d'avoir été les accusateurs de nos reres.i De tels sentiments font lapologie l'un caractère. Est-ce parce qu'ils sont holorables que Ton douterait de leur sinéniéî
ftnarchon. — Ce fut encore aux instants de Uacaire que Rufin entreprit de irauire le Periarchon ou Livre des principes. ^n sait quels orages celle deruièrc tratiuc- >n excita dans l'Eglise. Dans la prêtai e >^Lée en tête de ce travail, après avoir loué ^ traductions que saint Jérôme avait faites e Jeux homélies d'Origène sur le Cantique ^ cantiques f à la prière de Tévêquo Da- »'^^«, cl le prologue dans lequel ce Père ««tvaii si fort les ouvrages du prêtre d'Anandrie qu'il donnait envie à tout le
monde de les lire, il ajoute : « Je veux done poursuivre, quoique d'un style bien inférieur, ce que Jérôme a commencé et approuvé, et faire connaître cet homme qu il appelle le second docteur de l'Eglise après les apôtres, et dont il a traduit plus de soixante-dix homélies. Je suivrai sa méthode en éclaircissant les passages obscurs, et en supprimant tout ce qui ne s'accorda pas avec ce qu'Origène avait ailleurs d'entièrement conforme à la foi catholique. » RuGn remarque ensuite que comme le Livre des Principes n'est pas toujours aussi clair qu'on le désirerait, a cause de la précision qu'Origène y a affectée, il a pris la liberté d'en étendre quelques endroits par des passages tirés des autres ouvrages dans les-, quels cet auteur s'était expliqué avec plus de netteté. 11 proteste de la droiture de ses intentions dans la traduction de cet écrit, et finit sa préface en conjurant le copiste de transcrire fidèlement l'ouvrage tel qu'il l'avait traduit. Il s'en faut de beaucoup que cette prière ait été entendue. Nous avons remarqué ailleurs que Rufin traduisit ce livre avec beaucoup de liberté, et qu'il en a usé de même dans pi^esque toutes ses traductions, ce qui les a beaucoup décriées» parce qu'on ne sait pas toujours si c'est Origène qui parle ou son traducteur. Saint Jérôme avait été souvent prié de traduire cet ouvrage; mais il s'en était toujours défendu , dit-il, par respect pour un auteur aussi célèbre, n'ayant pas l'habitude d'in-* sulter aux fautes de ceux pour qui il avait d'ailleurs de ladmiration. C'est pourquoi il blAme beaucoup l'entreprise de Rufin. Celui-ci se plaignit en disant qu'on lui avait enlevé les cahiers de sa tradfuction , avant même qu'il les eôt revus et mis au net, et il fit retomber celte accusation sur Eusèhe de Crémone, qui était venu de Palestine à Rome, en cette même année 398. Il l'accuse encore d'avoir Calsifié un passage qui regardait la foi de la Trinité, et, pour en prouver la falsification, il allègue les copies qu'il avait mises d'aborti entre les mains de Hacaire et d'Apronien. Dans la traduction que BOUS avons du Livre des princq^es^ et qui» de l'aveu de tout le monde, est celle de Rufin, ce passage se lit dans les mêmes termes qu'il décMre l'avoir traduit ; mais il faot bien cependant qu'il se soit plaint de plu^ sieurs autres falsifications, puisque, au rapport de saint Jérôme, il n'évita la senteiiee que les évêques étaient prêts k rendre, contre lui qu'en soutenant qju'on avait altéré sa traduction. Ce Père blAme Eusèbe d'avoir publié cette traduction avant d'en avoir obtenu la permission de Rufin, et oe dernier se plaint amèrement qu'Eusèhey avec qui it était lié d'une amitié assez éUroiie, eût at»tendu qu'il lût hors de Rome pour aller déclamer partout contre lui, et découvrir des blasphèmes dans sa traduction. « S*ii avait découvert dans mon livre, dit^l, quelque chose qui lui fit de la peine, il devait venir me trouver, puisque nous étions tous^ deux à Home, m'apporter l'ouvrage, en con^
RUK
DIGTIOMNAttE
RUF
férer arec moi et m'en demander Téclairetssement. > Rufin sembte dire ailleurs que e*était par Tordre de sainte HarceUe, amie de saint Jérôme> qu'on lui airait enlevé ses papiers» et dans son ressentiment il la dési-
5 ne sous le nom de Jézabel ; et en eflètt saint érftme avoue que cette sainte femme représenta dans la suite divers exemplaires du Livre de$ principetf corrigés de la main même de Rufin.
HUtoire ecclésiastique d*Eusèbe. *-^ Mais ce qui vaut mieux que toutes les traductions dont nous venons de parier, c*e$t la version latine quMI donne de VHistoirt ecclésiasiique d*Eusèbe. Saint AugustiUi saint Paulin, saint Sulpice-Sévère, les Fa, es saint Léon et saint Grégoire, et généralement tous les grands hommes de l'Eglise lalinoi qui ne savaient point ou presque point de grec, n'auraient jamais eu aucune connaissance do l'histoire ecclésiastique sans cet ouvrage de Rufin. Pendant plus de douze cents années, dit dom Gervaise, l'auteur de sa Vie, il a été le seul historien dont on se soit servi dans l'Eglise latine. Mais l'histoire d'Eusèbe n'al« lait que jusq^u'à Constantin. RuBn, après avoir lait plusieurs additions dans le corps de l'ouvrage, y ajouta deux livres qui comprenaient ce oui s'est passé depuis la vingtième année du règne de ce prince, jusqu'à la mort de Théodose, cest-è-dire, jusqul^ Tan 395, et mérita lui-même d'être traduit en grec. CSe n'est nas que cet ouvrage soit exempt de fiitttes; il y a des endroits qui paraissent écrits avec peu do soin, des faits que Rufin semble n'avoir rapportés que sur des bruits populaires^ et il en a omis d'autres qui sont très «^ importants ; mais ces imperfections n'empêchent point que cet auteur, dit encore dom Uervaise, n'ait eu la gloire d'avoir le premier débrouillé et mis en ordre l'histoire de son temps, c'est-è^dire, d'une époque où il s'était passé tant de choses remarquables. On trouve dans le premier livre écrit par hufin la formule de Nicée, avec les canons
3ui furent dressés dans ce concile; l'histoire e la découverte de la cpfix du Sauveur par sainte Hélène, mère de Constantin; la gué* rison miraculeuse d'une dame de Jérusalem par Tattouchement de ce bois sacré, et des détails sur la conversion des Indiens, qui embrassèrent la foi à la prédication de Fruuience et d'Adésius. On y trouve Thisloire du conciliabule de Tyr et de toutes les persécutions que les ariens firent souffrir à saint Athanase; les lettres que l'empereur Constant écrivit pour le rétablissement de cet évêaue ; l'histoire du concile de Rimini, celui d Alexandrie et des statuts qui y furent rédigés pour la réception des é? êques qui avaient souscrit une formule dressée par les arieUw. Le schisme de Lucifer de Ca-
eiiari, les persécutions que Julien l'Apostat t souffrir à l'Eglise; les mouvements que les Juifs se donnèrent à la sollicitation de ce prince pour le rétablissement du temple de Jérusalem, et les signes miraculeux dont pieu se servit pour rendre inutiles leurs desseins; tels sont les principaux articles
de ce premier livre, qui est divisé eà trenteneuf chapitres. L'histoire de saint Atbanasi s'y trouve presque entièrement déplacée, et Rufin ne s applique en aucune oiaDi^re l suivre l'ordre des temus. Par exemple, il dit avL cbajpitre 18 qu'a la suite du tonrilt de Tyr qui l'avait condamné, ce saint évt* que resta caché pendant six ans dans uni vieille citerne qui n'avait plus d'eau. Ruiia commet ici plusieurs fautes; car, après concile de Tyr tenu en 335, saint Âthan. fut exilé à Trêves, où il n'arriva quauco mencement de 336, il en sortit au boui deux ans et quelques mois^etfut rétabli si le siège d'Alexandrie en 338. Il est ?rai qu* 367, sous le règne de Valens, il fut obii de quitter de nouveau sa ville épiscopale de se cacher à la campagne , mais ce futdai le tombeau de sçn père, et il n'y demeui que auatre mois. Rufin se trompe é^lema sur I époQue de l'exil de saint Hilaire,qu place après le concile de Milan, tandis qu est certain que ce fut après le concile fiëziers, vers le milieu de l'an 356. On sait pas d'où Rufin a appris que ce sainte que avait été excommunié, comme il le positivement dans un autre de ses ëcrii composé pour prouver qu'on avait corrom les ouvrage d'Origène.
Le second livre est divisé en trente«>qt tre chapitres. Le premier rapporte comme après la mort de Julien I A|)Ostat Jovi [>arvint à rempire> et contient rélo;çc(Je prince. Dans le troisième, il parle coai témoin oculaire des vertus des deux ) caires, dlsidore, d'Héraclide et de Pa bon , disciples de saint Antoine, et des m veilles que ces saints solitaires avaient o; rées en Egypte; mais il le fait avec u grande précision et semble s'engagera parler plus longuement dans un ouvra particulier. Il rapporte aussi en pea mots l'histoire de Didyme l'aveugle, celli* saintBasiieet de saint Grégoirede Naxian et n'oublie pas de remarquer qu'il av traduit en latin quelques-uns de leurs oun ges. Le chapitre 31 contient la liste des et
aues de Rome, d'Alexandriet de Jérusalem 'Antioche, avec les noms de ceuxauiqo ils avaient succédé. Dans les chapitres s vants,il s'étend beaucoup sur la destrucii des temples des idoles à Alexandrie, et dit que l'on transporta du temple de Siri< pis dans l'église de cette ville, récholiv destinée à mesurer chaque année \n hà\iW\i des débordements du Nil. 11 dit |)eii (tt chose du règne des deux Valeniiuieii, é parle de Théodose le Grand comme <i'ui
rirince qui avait mérité de recevoir daoi *autre vie la récompense due aux tvH pieux. Il esté regretter, comme nous lavoDr dit, que son afi'ectalion è vouloir |iaral* tre précis lui ait fait omettre un grand nombre de faits considérables. Socraie qur d'abord s*en était rapporté compiéteoieni J lui et l'avait suivi sur parole, avait composé les deux premiers livres do son Uiftoirt^ sur la foi unique de son témoi^ii^r^' mais y ayant découvert par la suiu' r'"-
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su'urs fautes contre la chronologie» partirulièrernent dans ce que KuQn raconte de vant Atbaoase et de son exil , comme aussi tji* plusieurs autres circonstances dont le rHii manque d'exactitude; il travailla do »ureaa le premier et le second livre de u,n Histoire t sur des mémoires qui lui panirfol plus fîdèlesy tout en conservant néanmoins les endroits de son premier travail (Ian5 lesquels Rufm ne l'avait pas trompé.
Via de$ Pères du désert, — Dans le ^enre M<ii3rjque, Touvrage le plus important de RutJQ, après son Histoire de C Eglise^ c*est le •«tueil Qu'il a publié des Vies des Pires du itWrr. Il en parle comme témoin oculaire. t« long séjour qu^il avait fait en Egypte, nos la direction des pieux solitaires fjui habitaient, Tavait mis à même de bien ttuidltre le miracles extraordinaires de ft .saillis anachorètes que Dieu avait sus- 11^5, poursenrirde modèles aux Ages sui* tais. Comiiie les anciens prophètes, dont h surpassaient les austérités, plusieurs Votre eux étaient favorisés de dons surnainis tels que la prédiction des choses fuares et Ja puissance des miracles. « Nous n dvoos VMS, dit leur historien, vus de 0$ propres yeux ; et certes il était juste que ti hommes qui ne respirent rien de ter- ■^tre et rien de charnel , fussent gratiCés W puissance toute céleste. Mais de tous 9ir5 miracles, le plus prodigieux était la iinteté de leur vie et la rigueur de leurs WiVilés. » Voici le tableau général qu'il m eu a tracé.
ils iiabilent le désert, séparés les uns neutres et chacun dans sa cellule ; atin 0(^. comme ils ne cherchaient que Dieu wije bruit, les rencontres, ou quelque au- ^ l^arole inutile ne troublent point le re- » lie leur solitude et la ferveur de leurs iiQte:» méditations. L'esprit occupé dans le H, et prisonniers volontaires au fond de lit grotte, ils y attendent en paix la venue tJè^us-Cbrist, comme des enfants attente! relie d'un bon père. Personne parmi ux ne s'inquiète comment il se nourrira i f^omment il sera vêtu. Ces inquiétudes e conviennent quà des païens. Ils ne s'ocipi'ot , selon le commandement de Jésus- ^TiMqoe de chercher le royaume de Dieu, 'laissent le soin de toutes les choses tem- Telles au Seigneur, qui veut bien y pourrira leur place. Leur foi est si grande que ieiques-uns d'entre eux ont arrêté par '^n prières des fleuves débordés qui par urs iuondations ruinaient tous les pays aivDtour; d'autres ont fait des miracles iâ>l éclatants et en aussi grand nombre l^tn faisaient les prophètes et les apôtres, ' '>Q De peut douter que le monde ne sub- '(<^ par les mérites de ces saints. Pluf'Qrs d entre eux sont dispersés dans le i^ioage des villes et dans la campagne; ''l' le plus grand nombre et les plus par- •t^ sont retirés dans les déserts. Toujours tnslapaix, dans le silence et dans le calme, "i^ par les liens de la charité, aussi étroi- '^^Dtquu par les nœuds du sang et de la
DlCTlU!f5. DE PaTBOLOGSE. IV
nature, une sainte et divine émulation entretient dans cette société d'anues une espèce d*assaut de modestie, dans lequel chacun combat à qui sera le plus humble. Us travail laien-t de leurs mains pour fournir à leur propre subsistance. C'est ainsi qu'Arsenne, élevé à 'la cour de Théodose, chargé par ce prince do l'éducation de ses fils, après avoir senti le vide des grandeurs humaines, et s'être relire au désert, s'occupait à faire des corbeilles avec des feuilles de palmier ; et ils trouvaient encore de quoi subvenir aux besoins des pauvres dans les villes et les campagnes. Ils exerçaient, à l'égard des étrangers, tous les devoirs de l'hospitalité; et, pauvres pour eux-mêmes, n'accordant pas même le nécessaire à leuris corps, ils se montraient toujours généreux enveri leurs hôtes.
Ils ne négligeaient jamais une occasion de donner de bons conseils. Un diacre qui accompagnait un oflivier dans une visite que celui-ci rendit à saint Jean de Lyco^ olii^, ayant nié qu'il fût engagé dans les ordres sacrés, ce saint lui prit la main, la lui baisa et lui adressa ces paroles : « MonQIs, gardez-vous de désavouer la grâce que vous avez reçue de Dieu, de peur qu*un bien ne vous fasse tomber dans un mal, et Thumi-. lité dans le mensonge. Jamais il n*est permis de mentir non-seulement dans un mauvais dessein, mais pas même sous prétexte d'un bien, ni pour quelque sujet que ce puisse être, puisque nul iceusonge ne' procède de Dieu, mais d'une mauvaise cause. » Dans un discours que le saint leur adressa ensuite à tous les deux, sur les moyens de bannir la vanité et de s'avancer dans toutes sortes de vertus, il leur dit, en parlant du ministère de.s autels : « Il ne faut ni fuir entièrement la cléricature et le sacerdoce, ni les rechercher avec tiop d'ardeur; mais il faut travailler à nous corriger de nos défauts et à nous enrichir de vertus, pour laisser à Dieu le choix de ceux iju'il veut appeler à Quelque degré que ce soit du sacré ministère; car, ajoutet-il , ce ne sont pas ceux qui s'y introdui -, sent d'eux mêmes qui en sont dignes, mais' ceux qu'il plait à Notre Seigneur de choisir. »
Dans les calamités publiques, ils ne faisaient pas difficulté de quitter leurs solitudes pour venir soulager l'infortune par tous les secours de la charité. N*ayant rien à craindre ni à espérer des hommes, ils parlaient aux grands de la terre avec une liberté tout évangélique. Ainsi le saint solitaire Aphraote quitte sa retraite pour venir défendre à la cour de Valens la consubstanlialité du Verbe. Ainsi l'anachorète Macédonien, à la nouvelle de la sentence rendue par l'empereur Théodose, contre les habitants d'Antioche, descend de sa montagne pour aller implorer la grAce de ces malheureux, et ne craint pas de dire à l'empereur ces paroles que Théodoret nous a conservées : «Yt)us êtes homme et mortel aussi bien que ceux qui ont outragé vos statues. Des statues de bronze
RUF
DICTIONMIRË
RUF
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peuvent aisément se réparer ; mais tout empereur que vous êtes, referez-vous les iroafes de Dieu, après que vous aurez Até la vie ces infortunés ? Et tout coupables qu'ils peuvent s'être rendus contre Votre Majesté, êtes-vous sans péché aux yeux de Dieu? » Bien loin donc que ta solitude les rendît inutiles à leurs concitoyens, ils en furent bien souvent les bienfaiteurs par d'éclatants services. Et, comme l'a dit excellemment Rufin, il y aurait autant d'ingratitude que d'injustice à douter que le monde ne soit redevable de grandes faveurs aux mérites de ces saints.
On les plaint dans le monde, on les croit malheureux d'avoir renoncé aux plaisirs et à la société du siècle. L'histoire des Pères du désert répond à cette objection par le trait suivant : « L'empereur Théodose était sorti un jour de son palais de Constantinople, pour goûter le plaisir de la promenade ; il s'arrêta dans un des faubourgs de cette ville pour y visiter un solitaire d'une grande sainteté, qui habitait une pauvre cellule. Il y entra seul, après avoir pris la précaution d'Ater son diadème pour n'être pas reconnu. Le prince lui ayant demandé de quelle manière vivaient les solitaires d'Egypte, celuici répondit : « Ils prient tous Dieu pour votre prospérité. » Tbéodose regarda eusuite ae tous côtés dans la cellule, où ne Yoyant autre chose que du pain sec dans une corbeille, et il lui dit : « Mon père, donnez-moi votre bénédiction ; et puis nous mangerons un peu. » Aussi tdt le solitaire prit de l'eau, dans laquelle il mit du sel, et y trempa des morceaux do pain dont ils roangèreut ensemble, et puis il lui présenta de l'eau dont il but. Alors l'empereur lui dit : « Me connaissez-YOus? — Dieu sait gui vous êtes, répondit le solitaire. — Je suis l'empereur, lui repartit-il, qui suis venu par dévotion pour vous voir. » A ces paroles le solitaire se prosterna devant lui, et Théodose lui dit : « Oh 1 que vous êtes heureux, vous autres solitaires,
3ui, étant libres et dégagés des occupations u siècle , passez une vie douce et .tran- Suille, sans avoir d'autre soin que le salut e vos Âmes, et sans penser à autre chose €|u'à vous rendre dignes de recevoir dans le ciel une vie et des récompenses éternelles. Moi, au contraire, qui suis né dans la pourpre impériale, et suis assis sur un trône, je puis dire avec vérité que je ne me suis jamais mis à table sans avoir l'esprit rempli de soins. »
Un abrégé de ce pieux recueil, fait avec intelligence, serait d'une grande utilité, tant pour l'édification des fidèles que pour l'instruction des prédicateurs. Nos auditoires nous savent toujours gré de ces sortes de narrations. Les anciens scrmonaires les prodiguaient peut-être trop, et surtout avec trop peu de critique; les orateurs mo* dernes les ignorent ou les négligent. Le ministre Saurin, tout protestant qu'il était, ne se montrait pas si dédaigneux. On lit dans un de ses sermons : « Cela me fait souvenir d'un beau mot d'un anachorète
exténué, infirme, accablé d'années. M à expirer, il entonna des cantiques. On loitli cette queslion t : Pourquoi chantes-ta? ~ Ah I je chante, dit-il, parce oue je yoIsIoid» her le mur qui m'empêche de voir Dieu.*
L'éloquent orateur ajoute : % Oui, rf corps est un mur qui nous empêche de voir Dieu ; tombe, mur impénétrable \ alors qoqi verrons Dieu. » La plupart des Diirad»
qui y sont rapportés le sont également pir saint Sulpice-Sévère dans son Didogutni les vertus des moines d'Orient.
Rufin est regardé comme un desbomioes les plus habiles de son siècle. Il était é^^alement versé dans les sciences divines it humaines, et on le consultait sur divers» difficultés que les doctes eux-mèmc> d'«< salent entreprendre de résoudre. Il aTsfl de l'éloquence et écrivait avec assez ik pureté. Son st^le, quoique serré, n'avAitried de dur, ni qui trahit l'embarras. 11 csl é j
Îartout, c'esl-h'dire, clairet poli. Sestr» uctions, malgré les libertés qu'il se donn«^ rendent assez bien le sens de fauteur. Miii il ne mérite pas toujours d'être cru sur pi' rôle dans les faits qu'il rapporte de i ^ même, et on Ta accusé d'avoir écrit histoire sur des monuments peu auth tiques. Les savantSf en général, lui sav peu de gré des choses qu*il a ajoutées récit d'Èusèbe, et lui reprochent avec aiiv tume d'en avoir retranché un grand m bre de passages. Ses raisonnements manquent ni de force ni de justesse, et qu qu'il fût d*un caractère doux et modéré, ne laissait pas de pousser vivement ses. versairesr Quand saint Jérôme l'attaqua a un emportement qui tenait à l'ardeur son caractère, nous avons vu que Rufin i trouver de la vigueur pour lui répondre^ qu'il ne manaua pas même d une certai Âpreté pour défendre son œovro. Cette qu relle^qui contrista les gens de bien dans T
Slise, ne prit fin qu'a la mort du pré 'Aquilée. Malgré ce triste incident d une vie agitée, Rufin reste un persoonai vénérable par la gravité de ses mœurs le zèle qu'il montra pour l'édification l'Edise. Les traductions gu*il a faites ilU* rigenc se trouvent ordinairement dans Jei œuvres de ce Père. Son Histoires été aii*^ souvent imprimée à la suite de celle d*£o* sèbe de Césarée, particulièrement dans l'édition d'Anvers, en 151^8. On trouve « Lettre au pape Anastase dans les éditiutf des OEuvres de saint Jérôme, et dans •« Collection dc\« éiiltrcs décrétâtes qiie le P. Constant publia h Paris en 1721. £n(io oo possède une édition complète de tous fi** ouvrages imprimés à Paris, in-folin, fwr ''» soins de Laurent de la Barre, en 1580. Ces' la meilleure, et celle qui a servi de i^^j leur reproduction dans le Cours comfiti» Palrologie,
RUFIN. Il ne faut pas confondre ïécuvain estimable dont nous venons d*an?b'**^f les travaux avec un autre Rufin, é^faiement prêtre, qui, étant venu de la Palestine à Rome, en 399, inspira ses erreurs sur ^a
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grâce à Pelage et à Célestius. Ce RuOn, né eo Svrie, sorfécul à Rufin d*Aquilée. Il avait é(c disciple de Théodure de Mopsueste, reganié comme le premier père du pélagia- Dbme. Saiflt Jérôme, qui lia connaissance irec lui pendant le séjour qu*il Ot en Palestine, ne consentit à lui accorder son amitié qu*après Ta voir fait renoncer solennel lefoeni à ses erreurs, et lui en avoir dicté lui- (fiéme là rétractation ; car cette profession fo paliflodie, comme on disait alors, est iiitièrement conforme à la doctrine du saint icliiflire. Cet écrit que Ru6n présenta luiiième au Pape Innocent» condamne Terreur les pélagiens sur la ^râce, et dit anathème 1 tous ceux qui enseignent que tout homme iir»t, soit prophète, soit a|:)ôtre, peut être «rfaitsans le secours de Dieu. On trouve iette profession de foi dans les dissertations la P. Garnière ; sur Marius Hercator.
Quelques critiques ont encore attribué à ce airue RuQn un autre écrit sur la foi, publié lirleP« Sirmond, en 1650. En effet, Jean Kacreeu lait auteur un Ruûn, prêtre de la Weslioe. Tout ce que nous en pouvons are, c*est qu'il n*est point de Rufm d'Aaui- <«. puisque cet auteur combat partout Ori- ^e, qu'il traite avec le dernier mépris, «cûuime un impie et un scélérat. Dans un ftiQuscrit très-ancien, écrit en lettres méovilil^iennes, ou lit è la léte de ee traité tttf noie qui avertit le lecteur de ne point f laisser tromper à Finscription, laquelle I effet Tattribue à RuGn, quoique ce traité Hit Tœuvre de l'hérétique Pelage, qui, sous iréieitH d'y combattre les ariens, y répand 4riout le venin de son hérésie.
RIP£RT, le même dont Vossius, dans ses listuricns latins, parle sous le nom de Rorrt, embrassa la vie monastique dans Tatv tt}e de Saint-Alban, de Mavence, vers le niieu (lu ix' siècle. 11 y fit de bonnes étu- ^ et s'y rendit très-habile dans la connaisuite du grec et du latin. Son mérite le fit ildcer à la tète des écoles de son monastère, (tt'il dirigea longtemps avec réputation. On voit qu il vécut jusque vers l'an 804. 11 ^rail également bien en vers et en prose, Ki) a laissé plusieurs ouvrages qui donnent BQe idée favorable de ses talents. Triihème, luinuus les fait connaître dans sa Chroni^ f^SHirsange^ met de ce nombre une Vie Hi rersdo saint Alban, martyr; un Recueil bq>i[^rammes et d'autres poésies; une CAro- ^fttf ou Uistoire du monastère de Sainl-Al^ ^; un Recueil d'homélies, c]ui se lisaient &f>2i: plaisir, et enfiu, un Traité sur la musi- 7«c. Irithème ajoute que ce moine avait eniwr- compi se d'autres ouvra^jes qui n'éi&itot pas venus À sa connaissance, exprès^ M>n,|ui fait juger qu'il avait vu ceux dont ^'^ih Tenons de faire le catalogue après lui. Nous ignorons si ces derniers même exis- '•îileiicr)re aujourd'hui, car nos recherches, «•eMijel, ne nous ont rien découvert.
KlPERT, abbé de Thuy. Ce que nous sawins de la vie et des actions de ce savant et '^riuuux prêtre se réduit à fort peu de cho- ^^- Xé dans le territoire d'Ypres, Rupert
embrassa la rà<;le de Saint-Benoit, au monastère de Saint-Laurent, près de Liège, sous la discipline de l'abbé Bérenger.
Il y eut pour maître dans ses études l'écolfttre Iléribrand , aui lui fit faire de
Srands progrès, et il y fut élevé au saceroce vers l'an liOi. Il était déjà Agé et la critique qui s*était attaquée à ses ouvrages n'avait pas toujours éf)argné sa personne. L'abbé Bérenger qui avait une tendre affection pour lui, se voyant près de mourir et craignant qu'Héribrand, son successeur^ n'eût pas assez de fermeté pour le défendre contre les traits de ses envieux, le recommanda à Cunon ou Conon, abbé de Saint- Laurent d'Oostebourg, près d'Utrecht, dans le diocèse de Cologne. Non-seulement cet abbé accorda sa protection h Rupert, mais il lui ouvrit encore son monastère où il se retira aussitôt après la mort de Bérenger ar* rivée en 1113. Cette nouvelle demeure lui offrit tous les moyens de se livrer à son goût pour l'étude, et en effot il n'épargna ni veilles ni application pour se perfectionner dans l'intelligence des saintes Ecritures. Son savoir et sa piété lui acquirent une si grande réputation, que Frédéric, archevêque de Cologne, le tira de son cloître de Liège où il était retourné, pour le faire abbé de Tuy en 1120. Nous ne nous étendrons pas davantage sur la personne de Robert, parce que ses écrits nous fourniront loccasion d'en parler plus amplement. Après avoir gouverné celte abbaye avec beaucoup de sagesse, pendant l'espace de quinze ans, ce savant et pieux abbé termina saintement sa carrière en 1133. Il laissa en mourant une si grande réputation de sainteté, que sa mémoire est honorée presque h l'égal des bienheureux, quoiaue l'Ej^lise ne lui ait point décerné de culte particulier.
De la Trinité et de ses œuvres. — Dans Ta* nalyse des Œuvres de l'abbé Rupert, nous suivrons l'ordre établi par la dernière édition, publiée à Paris en 1638, mais en ayant soin de fixer le temps auquel chacun de ces écrits fut composé. Le premier qui se présente est un traité intitulé : De trinitate et ejus operibuSf que l'auteur dédia à Cunon par une lettre datée de l'an 1117. Après avoir té** moigné à cet abbé sa reconnaissance pour l'avoir accueilli dans sa maison, l'auteur lui expose le plan de son ouvrage qu'il divise on trois parties et qu'il ramène à un dessein uniforme, savoir : l'histoire des conseils de Dieu sur le monde, ou l'hstoire providentielle de la Religion. La sainte Trinité a tout fait; mais elle semble s*être partagé l'œuvre. Dieu le Père s'est réservé la création jusqu'au moment de la chute du premier homme. Adam a péché; Dieu, le Fils, pi^nd les rênes du gouvernement. Un nouvel Adam, réparateur du genre humain que le premier a perdu, Jésus-Christ occupe toute la scène de l'univers, jusqu'au moment où il y viendra en pe^'sonne rameuer les choses à leur première «nstitulion, faisant auuoncer sa mission par ses prophètes, subordonnant tous les événements à l'œuvre de la rédenip-