‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 107 sur 207 · RI3P · texte numérisé non relu

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tîon quMl se propose d'accomplir par son -sacrifice sanglant. Ce dessein rempli, Jésus* Christ quitte la terre au jour de son ascension glorieuse, et après y avoir fondé son immortelle Eglise, il en laisse la conduite au Saint-Esprit, qui la gouverne jusqu^à la consommation des siècles. Ainsi dans ce plan conçu par un trait de génie, rouvra,^e propre du Père est la création, celui du Fils la ri^demption,et celui du Saint-Esprit lasanctiGcation ou le renouvellement de la créature par la grâce. Ce n*est pas cependant que chaque personne ne coopère à ce qui est fait par une autre, non; lorsque le Père fait tout par le Verbe, le Saint-Esprit y concourt, lorsque le Fils, c'est-à-dire le Verbe du Père, ▼ient dans le monde pour sauver le genre humain, le Père et le Saint-Esprit y coopèrent, quoiquMl n'y ait que la seule personne du Verbe qui s'incarne.

Dans le prologue qui suit la lettre de dédicace à Tabbé Cunon, Rupert cherche à pénétrer la cause pour laquelle Dieu n*a point révélé clairement par Bloïse les vérités qui nous ont été découvertes par Jésus-Christ. La raison qu'il en donne, c'est que les enfants d'Israël incapables de soutenir une aussi erande lumière, il fallait que ces vé* rites leur fussent proposées sous le texte grossier de la lettre, qui en cachait Téclat, qui en voilait la majesté. Il répète ensuite ce qu'il a déjà dit du plan de son ouvrage, et développe la raison qui l'a engagé à diviser les œuvres de la Trinité, qui par ellesmêmes sont inséparables. EnGn, après avoir invoqué le secours de Dieu, par une prière tout allégorique, il eutrc en matière.

Première partie. — Les trois premiers cha* pitres de laGénise^ qui contiennent l'histoire de la création du monde, forment la matière de la première partie de cet écrit, laquelle, comme nous l'avons déjà observé, a pour objet l'ouvrage pro))re du Père. Elle est divisée en trois livres, dont le premier contient cinquante-scpt chapitres, le second quarante et le troisième trente-six. Rupert commente cette partie de TEcriture selon te goût de son siècle, c*est-à-dire, comme le remarque Ellies Dupin, d'une manière à peu près semblable à celle dont on traitait alors la théologie, par les principes de la dialectique, en se livrant sur les dogmes à une foule de questions subtiles et en rapportant quantité de lieux communs. C'était la méthode du temps. C'est à peu près celle que Rupert a suivie. Ses explications offrent un mélange de sens littéral, de sens mjrstique, el de questions de dogme et de philosophie traitées el résoluesassez succinctement. On voit que l'auteur connaissait les écrivains ecclésiasli^iues et profanes , les commentateurs de l'Ecriture, les philosophes, les médecins même et les poètes. Il avait aussi quelques connaissances de physique et d'astronomie, comme on peut s'en convaincre par ce qu'il dit sur la révolution des astres, leur position, leur éloignemenl, la situation de la terre, etc. Mais il est difficile de décider si ce quil dit est fondé sur

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la conqaîssance qu'il en avait par lui-mCm ou sll n'a fait que copier et s'approprier ce qu'il a trouvé dans des auteurs plusaociens que lui. On le voit encore citer trèssouvent et donner des interprétations de> termes grecs et hébraïques, ce qui porterait à croire que ces deux langues ne iu) étaient point inconnues. On ne peut doo* nier qu'il n'ait eu des connaissances fort étendues et peu communes pour le sièJeoù il vivait. Il avait bien lu 1 Ecriture, et la possédait tellement, que, quelque sujet qu'il traite, il réunit tous les textes qui y ont rapport.

Premier livre, — Après ces remarques générales entrons dans quelques détails qoj nous aident à faire plus ample connaissdore avec notre auteur. En |)arlant de la créat.uo du monde, il rejette les idées et les formei que les sages du siècle, c'est-à-dire les philosophes ont admises. « Quel modèle, du-ii« a eu la Trinité pour créer le ciel, la terre et leurs ornements ? nulle autre gu'elle-méiDe^ puisque rien n'existait que Dieu. — Cesi avec raison, dit-il ailleurs, ou'on appelle Genèse le premier livre de Moïse, i^rte qu'avec les générations du ciel et de la terrt! il y est parlé de la double génération de JrsuS'Cbrist, Fils de Dieu, Dieu et homme tiiut ensemble. » Il interprète cette première pè» rôle : Inprincipio^ etc., du Fils de Dieu, et h regarde en quelque sorte comme un non qu il a pris lui-môme. Il cite h ce sujet Ii réponse que le Sauvf ur fit aux Juits qui loi demandaient oui il était : Principium qui ik loquor vobis, ( Joan, vui, 25.) C'est daus ri principe que Dieu a créé le ciel et la terre, parce que toutes choses ont été faites par lui : il est Fils, parce qu'il est né de Dieo; il est principe, parce qu'il est la cause i r^mière et efficace de toutes les créatuM Ainsi il veut que ces paroles : In prinripê Detis creavit cœlum et lerram [Gm, i K soient entendues en ce sens que Dieu a rréé par son Fils toutes les cho$es visibles tt m* visibles, ( Coloss. i, 16. ) Ce qu'on lit ddn> |ê même endroit que V Esprit de Dieu éi^i poTté sur les eauxy doit s'entendre de l'amour substantiel du Père, qui procède <:& Père et du Fils, et gui est consubstaoïiel à l'un et à l'autre.* Ainsi, dès le commeo ement de ce livre, dit-il, la présence de li Trinité qui crée toutes choses se fait seD* tir d'une manière éclatante. »Ilapprourcet suit le sentiment de ceux qui ont cru <iue lorsque Dieu dit : Que la lumière $oit(<i^*^ ( Gen. I, 3 ), la lumière qui fut iaileéta'i i nature angéliaue. Les anges com()aré>a8i hommes sont des esprits, mais il prêter' que comparés à Dieu, ils sont corpore!>.<i qu'ils ont des corps formés de cet air gn-^sier et humide dont on sent Timpre^shS lorsqu'on subit le souffle du vent. Ceseotiment du reste n'est pas particulier i Rupert nous avons remarqué déjà qu'il a?ait été celui de plusieurs {grands nommes. M^^ quoique soutenu par les raisonaements 0^ mes de quelques Pères, il n'est pas 1^ p'^j coafjrme à l'Ecriture, qui nous api^rcnJ

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