IV. Dans la conduite que tient PharaoR
l'égard de deux officiers également coupabtai
en punissant l'un et en pardonnant àrautii
il fait considérer celle que Dieu tient ^ l'égae
des hommes. Le grand écbanson etiegra«
panetier du roi d'Egypte avaient l'un et Ta
tre offensé leur maître, et méritaient \
mort; mais le nrince, usant d'indulgeiia
envers l'un, le rétablit dans son premier ^ui
et traitant l'autre selon la rigueur de (
justice, il le fait attacher à une croix. Ri
quoi Rupert demande à ceux qui veuiq
soncHer les jugements de Dieu, et irouru
à reprendre a ce qu'il dit, en pariant 4
Moïse, je ferai miséricorde à qui il me(iii|
ra ; il demande, dis-je, à ceux qui mtl'i
quent les jugements de Dieu, s*ils veulA
blâmer celui de Pharaon, qui a pardonné^
un do ses deux officiers, suivant son Im4{
plaisir; car il pouvait puuir l'un et raulr?|
et il pouvait aussi pardonner h tous deai
« Mais il n'a voulu, dit-il, ni pardonner
tous les deux, ni punir tous les deui,etii
gardé le milieu, en punissantl'uneten
donnant l'autre. » Est-il quelqu'unaoi pui:
blâmer la conduite de ce prince? La rai:
ne le permet pas, car si la clémence fait h
neur a un roi, la majesté du roi aime II
justice ; et, lorsque tout est puni, la .<eTé
rite dégénère en cruauté et souille letrùne;
lorsque tout est pardonné, la majesté rojtle
tombe dans le mépris, parce qu'il n'y a plus
de crainte de la discipline. Or, qui igoorr
que tout le monde ou toute la niasse Jo
genre humain est entre les mains de liif^
comme deux criminels entre les mains (ia&
roi ou d'un juge ? Depuis qu'Adam notr«
premier père a péché, nous sorDmes iu(U
devenus coupables de sa prévaricatioQ;
nous sommes tous prisonniers à cause û^
lui, mais l'un est pris et l'autre est lai^^
UntAs assumetur ei aller relinfuetur, {Mqm,
XXIV, 40.) 0 hommes^ quiétes^ouspour€onletterat*<
Dieu? (Rom. ix, 21.) Vous qui nepoureinr pondro h Pharaon? puisque tous sont coupables, Dieu n'a-t-il pas le iiouvoir, ouuïibi! JPharaon, de pardonner h I un et de r""*^
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'autre? Bien plus, puisque Thomnie que Dieu, par sa grâce, avait créé è la gloire de ^m image elde sa ressemblance, est devenu pûr sa faute argile; le porter n'a-t-il pas le fiturorr de faire de la même masse (Targile un we destiné à des usages honorables^ et un vstre destinée des usages vils et honteux ?. . . Hid.) Le potier D'ôte rien à l'argile en faiéi)i un vase destiné à des usages honteux, ^rceauerar^jile est vile par elle-même; RâU il lui donne beaucoup lorsque il en ait un vase destiné à des usages honorâmes. Seigneur^ dit le prophète, vous êtes noit Père, et nous ne sommes que de l'argile ; 't$itous qui nou$ avez formés j etnoussom" us (Qus C ouvrage de vos mains. (Isa. lxiv, 8.) lousne sommes tous qa*argile, non«seuleoeol parce que nous avons été formés de la iOQssière, mais parce qu*au lieu de briller Nimme I argent et For, parla ressemblance le Dotre Créateur, nous sommes tous retomé» clans la poussière et devenus mortels iir le péché de notre premier père. Ainsi iQte houche doit être fermée, car Dieu '*Ale rien à ccui qui, avec sa permission, m devenus des vases honteux, parce que Vi par leur faute qu'ils sont devenus ar- )k. Mais c*est par un effet de sa grâce toute ^(ulle qu'il en choisit quelques-uns pour B faire des vases destinés à de nobles usafi. Joseph, dans la prison, au milieu de »(]cux officiers, dont l'un est rétabli dans un premier état, et l'autre mis à mort, est lli.^ure de Jésus-Christ attaché en croix enrirdeux voleurs, dont l'un meurt dans son léciié et l'autre entre dans le paradis.
V. Les frères de Joseph avaient dessein, hos ie traitement injuste qu'ils lui firent «bir, d'empêcher l'effet de ses songes, et % fut (ar \h même qu'ils en procurèrent r«c; omplissement. C'est ainsi que le démon, looi la volonté est toujours opposée à celle le Dieu, ne travaille qu'à Texécution de ses histins; « c*cst un esclave perpétuel, qui lert avec autant de succès que s'il était fi- ^'^N qui est utile aux bons, comme s'il vou- »»i aider l'esprit du Seigneur.» Lorsque la buiine obligea les frères de Joseph d'aller tu Egypte chercher du blé, il les fit d'abord «rréieret mettre en prison pour trois jours, («qui leur fit reconnaître leur faute en di- ^lii: C'est justement que nous souffrons loQt ceci, parce que nous avons péché, con- ^ noire frère-
Rupert propose cette conduite pour mo- <»:le aax princes chrétiens, qui ont des Juifs <|tn$ leurs Etats. Il ne veut pas que les Chrétiens les fassent mourir ; mais il est d'avis qu'à 'exemple de Joseph qui, par un pieux chAti- ^toit lira de ses frères l'aveude leur crime, <>Tiemploie quelque rigueurpour les faire ve- ^^t i résipiscence, par exemple quelque im- Ij^t considérable. Il avoue que ceux qui se J^icrmineraient à croire en Jésus-Christ, pour éviter ces traitements, ne seraient pas «Mx)D8 Chrétiens; mais, leursenfants, dit- }^ recevront plus fidèlement le baptême. Amsi, 00 gagnerait par ce moyen, ou les r**r»*s ouïes enfants. Mais cette conduite
serait-elle conforme à fosprit de l'Evan-
file ? Est-ce ainsi que le christianisme s'est tabU? Jésus-Christ, prince de paix, n'ins- )}ire à ses disciples que la douceur et l'humilité. C'est par la douceur et non par la rigueur, c'est en instruisant et non en persécutant qu'on doit prêcher la foi. C'est oe 3ui faisait dire autrefois à saint Augustin ans une lettre à Donat, proconsul d Afrique, chargé d*exécuter les lois impériales contre les circoncel lions qui exerçaient des cruautés inouïes envers les catholiques, que
Îpelque grand que soit le mal queVon veut aire quitter, et le bien que l'on veut faire embrasser, c'est un travail plus onéreux qu'utile d'y contraindre, au lieu d'instruire.
Lorsque Jacob eut la consolation de revoir Joseph, il lui dit ces paroles touchantes : Je mourrai content^ puisque je vous ai vu et que je vous laisse après moi. {G en. xlvi, 30.) « Chacun de nous doit s*approprier des paroles si pleines de tendresse, et dire au Fils de Dieu, Noire-Seigneur, qui est vraiment le Sauveur du monde : Je mourrai coU" tentf puisque je vousaivu.... Chrétien, lorsque vous êtes près de mourir, et même lors- 3ue vous jouissez de la vie, puisque vous evez mourir, dites auFils unique de Dieu, notre Sauveur : Je mourrai content puisque je vous ai vu.
La prière que Jacob fait h Joseph de transnorterson corps après sa mort, pour l'inhumer dans le tombeau de ses }!ères, ie serment qu'il exige de lui à ce sujet, donnent lieu à notre auteur de demander pourquoi ce saint patriarche, ce citoyen du ciel, pour qui toute la terre était un exil pendant sa vie, a pris tant de soin de s'assurer du lieu où son corps serait réduit en poussière. C'est, dit-il, que c'était la terre que Dieu lui avait promise, et que tout don de Dieu, soit grand, soit petit, doit être précieux aux yeux du sage. Si donc, ajoute-t-il, Jacob étant prêt de mourir témoigne tant de respect et de reconnaissance pour les promesses qui Fui avaient été faites, qu'il veut que son corps y soit porté après sa mort, comme pour en prendre possession; combien plus ceux qui sont entrés en possession de cette terre, ont-ils dû s'appliquer à y vivre de manière h ne pas forcer Dieu par leur ingratitude h les priver du don qu'il leur avait fait? Jacob donna ainsi après sa mort un exemple aux vivants pour leur apprendre à vivre dans l'espérance de la céleste patrie, à aimer le repos de l'héritage éternel, dans ce qui en était le gage.
Sur l'Exode. — Dans les uuatre livres sur VExode^ l'auteur continue d'interpréter l'Ecriture comme il a commencé ; c'est-à-dire, qu'il passe rapidement sur la lettre et s'applique de toutes ses forces, ainsi qu'il ie dit, a y découvrir les mystères de Jésus- Christ Fils de Dieu, qui s'y trouvent cachés. Car, premièrement, il n'est presque personne jqui no sache, que ce nouveau roi» qui ne connaissait point Joseph, a été la figure du démon; l'agneau pascal, celle de Jésus-
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Christ; TEgyplc, celle de co.monde ; le passage des I>raéii(es à travers la mer Rouge , i^elJe du baptême de Jésus-Christ. Pour trai- Jer ces choses avec plus d'ordre, l'auteur remonte plus haut, et recherche ce que signiGe rentrée des enfants dlsraël dans la terre d'Egypte, afinaue nous sachions, ditil, que leur entrée dans cette terre ainsi que leur sortie étaient Tune et Tautre la ligure de tous ceux qui, se regardant comme étrangers en ce monde, soupirent après la céleste patrie qu'ils attendent.
I. Le premier pas dans la voie de la justice et du salut, pour Israël, celte heureuse nation, ce peuple que Dieu a choisi pour son héritage, est de savoir et de confesser que c'est par sa faute qu*il a été relégué dans l'exil de ce monde, loin de Dieu et de la terre des vivants, et qu'il n'y a q.'ie la grâce qui puisse le tirer de ce siècle corrompu, pour le faire entrer dans le royaume du Fils bienalmé de Dieu. Israël ne serait point parvenu à la connaissance de cette vérité, si Dieu ne la lui eût fait comprendre par la ressemblance avec quelque événement extérieur. C'est pour cela que ce peuple particulier, Israël, ce peuple charnel est entré en Egypte. C'est par sa faute qu'il
Îr est entré, mais il n'en est sorti que par a grâce de Dieu, qui l'a délivré des mains de Pharaon. Ce nouveau roi voulait détruire la postérité de Jacob, et il y exhortait ses sujets, en leur disant : Les enfants d'Israël sont devenus plus puissants que nous ; opprimons-les avec prudence , de peur quils ne s'accroissent de plus en plus^ et que s'il nous arrive quelque guerre^ ils ne se joignent à nos ennemis^ et qu'après nous avoir vaincus^ ils ne sortent du pays. {Exod. i, 9, 10.) Rupert regardant le rci qui tient ce langa^je comme la figure du démon et du prince des ténèbres, qui est le roi d<j tous les enfants d'orgueil, lui répond ainsi, au nom des élus : « Quelque grande que soit la jalousie qui te fait parler de la sorte, tu as dit vrai, Satan, et tous les Egyptiens, tes satellites, Tont dit sans mensonge ; nous nous sommes multipliés, et nous formons un peuple plus fort que le lien; et s'il t'arrive quelque guerre (et il y a longtemps que Jésus-Christ te l'a déclarée, en levant contre toi l'étendard de sa croix), nous nous joignons à tes ennemis, c'est-à-dire aux saints et bienheureux aoges qui t'ont mis en fuite, et après t'avoir défait, nous sortirons de cette terre, parce que le ciel nous attend.
La multiplication des enfants d'Lsraël, au milieu des travaux dont ils étaient accablés par les Egyptiens, nous représente le progrès des élus dans la guerre que le démon leur fait. Rupert prét-jnd que les sagesfemmes d'Egypte n'ont pas menti dans la réponse qu'elles firent au roi. On ne peut, dit-il, obscurcir par un soupçon de mensonge une action aussi éclatante que celle par laquelle elles ont trompé un impie et conservé la vie à tant d'hommes, d'autant
{»lus que Dieu a jii^é cette action digne de ^ oaauges et de réao:iipen$e.Ces raisons sont
peu solides ; quelque impie que fût Pharaon, le mensonge ne cessait pas d'être mensonge, parce qu'il servait à le tromper eu sauver des innocents. Ce qu'il ajoute, qua Dieu juge l'action des sages-femmes di.û« de louange et de réc(»mpense nenrouve ju qu'elles n'aient point menti. Il laut dUuB* guer deux choses dans leur conduite. Eliii craignirent Dieu, et ne voulurent point prfter leurs mains à la cruauté de ce pnui voilà ce qui est loué dans l'Ecriture; m; la réponse qu'elles firent au roi, pour se ti de danger, renferme un menson^'e que f ne saurait excuser de péché, quoiqu'il trouve atténué par les circonstances. Il i cependant remarquer que Rupert ne \4 tend point excuser le mensonge, il veutsci lement, mais sur des raisons très-faiblq que ces femmes n'aient point menti.
La résistance que Moïse opposa aux dres que Dieu lui lit d'aller trouver Pliaraui donne occasion à notre commentateur
r>roposer une maxime très-sage à ceux c Saint-Esprit appelle pour aller combai contre Pharaon, c est-è-^lire contre le dési dans les fonctions du ministère du salui fimes. L'exemple de Moïse qui refu>e très -beau et digne d'être imité. Celui saie qui s'offre lui-même, et qui répoitvl Seif^neur : Me voilât envoyez-moi; Ecct mitte me (Isa. vi, 8), demande de Tatlenli Il faut éviter la présomption et l'opiniâlri'i Nous devons, à l'exemple des L^^raéliles. i faisant servir à la défense et à rorncDiti de la vérité et de la religion, les arts et sciences que le monde emploie à orner mensonge. Comme les Israélites eo Y.^ étaient la figure des élus sur la terre, les prodiges de Moïse, par lesquels ils valent reconnaître et se rappeler le teoij où Dieu les visita, ont dû être la iif d autres prodiges meilleurs, par lesquels devaient reconnaître le temps de leur demption par Jésus-Christ. Les dix pl^^i dont Dieu frappa l'Egypte, étaient, seli l'interprétation de notre auteur, la ÛqU des dix commandements. Ces dix plaieioi bien pu tourmenter Pharaon et accabler II gypte, mais n'ont pu vaincre leur résistant Ce ne fut qu'après l'immolation de rAg!i?« pascal, et la mort des premiers-nés, 'jinii laissèrent partir les Israélites. Ainsi, le* «iji commandements qui tous sont renferiDéi dans l'amour de Dieu et du procliaioi ^^ bien pu vexer le démon, figuré par Pi»** raon, et troubler le règne de la mort, D«tf n ont pas été capables de le détruire; urU loi lï'ii conduit personne à la parfaite ;u>* tice. Enfin, Jésus-Christ, Fils de Dieu, ^ véritable Agneau, est venu dans ce rooiHi« pour s'immoler, et a accompli jwr reifuj^^^ ue son sang, en ofî'rant un sacrifice de ptice, ce que n'avait pu faire la justice ^-^ hommes, quelque zèle qu'ils eussent f^ observer les commandements de la loi ; ''^^ ce qui était impossible à la loi, r«^« ^f' la chair la rendait faible et iiDpais.'^n.fi Dieu l'a fait, en envoyant son propre *»'^' revêtu d'une chair semblable à celle u
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^Ité, et il a condamné le péché dans la bair <le Jésus-Christ, à causo du péché naimis contre lui»aÛQque la justice de la jï iùi acocafîplio en nous. Rupert, en pariai des pro<liges que Moïse fit devant Phalui], parait persuadé qu'il n y eut aucun bjUj^eiDent réel dans ce que firent les majcifins. il croit que les verbes de ces ma- }tkus restèrent telles qu'elles étaient; mais ne {tar des enchantements ils fascinèrent b veux, de sorte que leurs verges paraisiiebt être des serpents. Il en dit autant fs grenouilles et de Teau qu'ils changé-
U. L'iiumolalion de l'Agneau pascal, qui U suivie de la mort des premiers-nés tg)Tlo. était la figurn du la Passion de bu$-Clirist, par laquelle le péché originel Itous les péchés du monde ont été eU'acés. '€5tce grand ouvrage de l'Agneau de Dieu, liai et sans tache, qui fait le sujet du seffi<J Hvre des Commentaires sur l Exode. Le Shiable Agneau a voulu être immolé dans Diéme temps qu'il avait prescrit pour Timolation de celui qui n'était qu'une figure. > quatorzième jour, au soir, après avoir atij^éavec ses disciples l'agneau de faneûne pAque, Jésus-Christ, l'agneau du Xiveau sacrifice, s'offrit lui-même par ses ^pres mains à Dieu son Père, prenant du do et du vin, qu'il changea en son corps eji son sang par une puissance ineffable, (sexpressions claires, qui expriment d'une Jnière nette et précise la loi de l'Eglise ir le Qiystère de l'Eucharistie , nous a[H fvonent quels étaient !es véritables senii- KOU de Rupert 4ur ce mystère* C'est par iqa il faut en juger, et non sur quelques raies obscurs et sur quelques compara i- )Q> (\m , considérées en elles-mêmes , {^orraient présenter quelque mauvais sens, orsquil dit que le Saint-Esprit ne détruit I» la substance du pain et du vin, paroles ttiont dutjné occasion à quelques écrivains tu judicieux et peu équitables de l'accuser Terreur, il n a voulu dire autre chose, si- Wi v)u6 le Saint-Esprit ne détruit pas le iio et le vin quant aux espèces, et quant à *<|Qi [tarait aux sens. Rupert le dit expres- ^mu et il est étonnant que les accusa- ^Qfs de ce savant écrivain n y aient pas ■it auenliou : Subslantiam paniê et vini^ ^ndum txleriorem speciem^ quinque sensi^ »? su6ac/am non mutai aut destruii.
Ul. Saint Paul n'a pas voulu nous laisser |Qurer que tout ce qui arrivait autrefois fax Is aéliies étaient pour les Chrétiens des Hures qui doivent leur servir d'inslruc- WiS. {/ Cor, X.) Pour entrer dans les vues |fl*Ai»ôire, Rupert se propose de parler «û5 Iti troisième livre sur J'JFxodcdes mur- ■^^fes que les enfants d'Israël firent cn- '«'O'ireuaus le désert, de leur idolâtrie et •«Vchiiiments dont Dieu les punit; afin, *>^-ii, que nous profilions de ces exemples l"'»r nous corriger. Idais ce qu'il a princit'^i'iuenlen vue, c'est de rechercher dans ;^ ^Mures des choses temporelles, selon •^•pniderÂpOlre, les mystères de Jésus-
Christ, Fils de Dieu. En expliquant ces paroles : Tous ont été baptisés,.. {Gai. ui, 27), tous ont mangé d'une même viande spirituelle, etc. (/ Cor, X, 3J, il fait voir que les Juifs n'ont eu que des figures, et que les Chrétiens ont les choses mêmes et la réalité. Moise n'a pas donné le pain du ciel^ dit Jésus- Christ, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel. (Joan. vi, 32.) La viande spirituelle que les Juifs mangèrent dans le désert, n'était pas la même que celle des Chrétiens. La raison ne permet pas de dire que la figure et la réalité soient une même chose. Il était ordonné aux Israélites de sortir chaque jour du camp pour recueillir la manne. Ainsi nous devons sortir de nous-mêmes en quiilant notre première vie pour en mener une nouvelle, n Car nous ne devons point recueillir cette manne et nous ne devons point manger ce pain du Seigneur, qu'après nous être dépouillés du vieil homme. Si nous voulons le manger dignement, il faut renoncer à toute curiosité des sens et ne point s'imaginer que nous puissions juger par la vue, le goût, 1 odorat et le tact, ^i ce que nous recevons est véri« tablement le corps de Jésus-Christ et sa Viaio chair. La couleur, l'odeur, la saveur restant, cela suflit à la foi et à la piété chrétienne... Que chacun recueille ce qui lui suffit, c'est-à-dire qu'il croie que les paroles du Seigneur sont esprit et vie, et que par ces paroles le pain et le vin sont changés à la véritable substance du corps et du sang de Jésus-Christ , quoique l'espèce extérieure ne change peint, p Les Juifs disaient autrefois en murmurant : Comment peut^il nous donner sa chair à manger? [Joan, vi, 53.) Ce murmure continue encore aujourd'hui, aussi bien de la part des Juifs que de celle des hérétiques. Lorsque nous leur disons : C'est la chair de Jésus-Christ; ils ne cessent de nous demander : Comment cela, comment cela? Du temps de Rupert, les pains dont on se servait étaient fort petits, et on ne prenait , ainsi qu'aujourd'hui , qu'une petite quantité de vin pour consacrer, parce que la vertu de cette nourriture spirituelle du corps de Jésus-Christ n'e^t pas en raisoA'de la quantité des espèces visibles; on reçoit tout autant sous la plus petite particule que si l'on recevait tout ce qui a été offert.
IV. Dans le quatrième livre, Rupert parle du tabernacle que Moïse fit par l'ordre de Dieu, selon le modèle qui lui avait été montré; des dons qui furent offerts pour la construire ; de l'arche d alliance, du propritiatoire, etc. Avant que Moïse fit toutes ers choses terrestres, Dieu lui parla, et lui donna dès lors la connaissance des choses célestes qui devaient lui servir de modèles. Il lui fil connaître les (grands my.^tères de l'Incarnation, qui devaient s accomplir dans la suiio des siècles. « Il ne cacha point à ce législateur, avec lequel. il s*en!retenait comute avec un ami, que le Verbe se ferait cliaiii que Jésus-Ciirist, Dieu et homme, rachèterait les hommes de leurs péchés; qu'il met-*
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trait dans le tabernacle» c'est-à-dire» dans 1 Eglise» une table si:r laquelle seraient offerts son corps et son sang. » Moïse vit toutes ces choses spirituelles ou célestes» avant d*en donner de terrestres et de charnelles au peuple. Celles-ci ne sont que Tombre et ja figure des premières.
Le tabernacle (^tait la Qgure de TEgli^c ; c^est dans cette Eglise que se trouve la table du Seigneur, sur laquelle est servie une double nourriture, préposée pour être le soutien des hommes dans les combats de cette vie. C*cst là qu*est exposé le pain de TEcriture sainte, qui nourrit Tâme de h parole de Dieu» et le pain du corps et le calice du sang de Jésus-Christ, que le Chrétien reçoit comme un moyen pour arriver à la vie étemelle. La conduite de Moïse à l*égard du peuple de Dieu, mêlée de douceur et de sévérité» est un modèle parfait de celle que les pasteurs doivent tenir à Tégard de ceux qui leur, sont soumis. Comme ils doivent avoir de la douceur» il est nécessaire qu'ils aient une pieuse sévérité pour maintenir l'ordre et punir le crime. La tendresse CtC Moïse pour les Israélites parait dans la prière qu'il fit au Seigneur» et par laquelle il désarma sa colère prête à fondre sur un peuple idolâtre» oui s*était fait un veau d or pour Tadorer. D un autre côté, sa sévérité éclata dans l'ordre qu il donna aux enfants de la tribu de Lévi de prendre chacun leur épée» de p.isscr et repasser au travers du camp» d*une porte à Tautre, et de tuer leurs frères, leurs amis» leurs parents. Tous ceux
aui sont chargés du soin des âmes apprenront» par cet exemple, ce qu*il faut faire Sour les gouverner, ou plutôt, pour leur tre utile. Ils apprendront la manière do désarmer la colère de Dieu» par des prières qui partent d*un cœur plein d*amour pur et ardent» sans néanmoins négliger de punir le crime. Notre auteur remarque que TEcriture rapporte dans un ^rand détail ce que fit Moïse dans cette occasion» afin d'exciter les pasteurs par son exemple» non à affecter de porter sur leurs habits des bandes de parchemin plus larges que.les autres et des franges plus longues, mais à veiller attentivement sur les âmes qui leur sont confiées» afin qu'elles ne se trouvent pas dépouillées de la grâce de Dieu» et nues au milieu de leurs ennemis visibles; à les couvrir de leurs mérites, et à les défendre par leurs prières. |
Rupert finit son Commentaire sur VExode par une réflexion fort judicieuse sur ce passage du chapitre lxiv, où il est dit que Dieu remplit Bézéléel etOoliabde son esprit» et qu'il leur donna la sagesse, Tintelligence et 1 adresse pour travailler à tous les ouvrages t*n or» en argent, en cuivre, etc.» pour les-
3uels il les avait choisis. « Qui peut donc outer, dit-il, que ces arts et autres semblables ne soient desdons de Dieu. » C est pourquoi dansquelque homme que Ton rencontre des arts utiles et licites, ou doit les chérir» recommander aux ouvriers habiles de les exercer» de les faire valoir comme le talent
de Dieu» qui ne leur vient point d*eoi-aié mes» mais du créateur qui le leor a cootit et qui leur en demandera compte.
Sur le Léf>Uique,—l. Le Commentaire m LMlique^ divisé en deux livres, est dans ii même goût que les précédents, eice; qu'il est peutnêtre un peu plus moral * sacrifices de l'ancienne loi, dont M prescrit les cérémonies dans le LérUù^ n'ont point été institués comme des mo,^^ nécessaires pour arriver au salut, mais's^ lemeat pour éviter des obstacles et em{)k les Israéntes d*offrir des victimes aux ido Dans le seizième chapitre du premier h notre commentateur» donnantun sensiov que aux cérémonies du sacrifice qu'on offi enseigne de la manière la plus exacte présence réelle du corps et du sang de sus-Christ dans le sacrement de TEucI ristie. Dans le dix-huitième chapitre, parlant des péchés commis après lebaptèi il dit (]ue nous n'avons plus pour en obiei la rémission le même remède et la mêi abondance de grâce que nous avons dans le baptême. C'est pourquoi, si api avoir été purifiés par le baptême nous arc le malheur de pécher, il faut faire de digi fruits de pénitence. Ce n*est qu'en s'iioi lant soi-même par la mortification de h nilcnce» ce n'est qu'en se punissant qai peut obtenir le pardon et èire sauTé. I remarque et le répète même deux fois, d nous n'avons pas, par rapport aux |iécli^ commis après le baptême» la même sécuril et la même certitude que nous avons rapport à ceux dont nous étions coupaU avant de le recevoir.
Dans le vingt •quatrième chapitre, il pelle le baptême et rEucharistie les p
Îrands sacrements de l'Eglise, instituée . ésus-Christ ; puis il ajo te, que pour ck du second rang, les apôtres oti le^ lionn apostoliques en ont dans la suite r g'é cérémonies. On ne doit point cootluretti
qu'il a regardé charistie» comme les plus' consiJéral)lii parmi eeux qu'il a institués. Et ce qit^ appelle les sacrements du second rang, m sont autre chcse que les cérémonies ei ^ uianière de les administrer» qui ont é(é aglées depuis par les apôtres ou par des h^MSmes apostoliques. C'e^^t un péché liViounistrer les choses saintes avec un cœurdif* sipé et des yeux égarés» et surtout de i<i>^ échapper par néglic^euce» ce qui est «tf*raement redoutable, la précieuse subsL^o^ du corps et du sang du Seigneur. Il veut <ju< celui qui a commis une telle faute, f^H^ par ses prières, par celles de ses frères, f^ en fasse une satisfaction convenable
11. Dans plusieurs passages tant do premier que du second livre de ce commcniairf, Tauleur parle de la confession. Il teut ^]^^ le pécheur examine avec soin, en pré^f'ii « de Dieu, ses actions et ses pensées; qu'il k* juge lui-même» et qu*après avoir ivtuii' ij résolution de se corrij^er, il se confrssi' ^«^
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rétre. La contrition et le changement de ie soot nécessaires; sans cela il n'y a uint de salut pour le pécheur, qui, en se iiofessanl» ^ans avoir la yolonte sincère de tijo^er de vie, ferait plutôt profession du rime qn*!! ne le confesserait. Le prêtre ne vit point flatter ni tromper le pénitent, uume font ces mauvais médecins (|ui né*figent de couper les chairs mortes; mais doit porter le ferjusqu*au fond de la plaie,
B reicilant à gémir et à norler de dignes ruiis de péailcuce. On cloit user d une ^de réserve dans la remise des péchés ; ir, dil-il, la plupart remettent avec beauimp de facilité finjurefaite.è Dieu, et sont, B «contraire, très-difliciles à remettre celle |ii leur est faite à eux-mêmes. Il est des tuUs (jui, n'ayant point été eipiées dans itte rie par d assez dignes fruits de pénince, le seront dans Tautro par les flammes ft purgatoire. Rupert témoigne ici qu'il {fiore ce qu'a voulu dire Origènc, lorsqu'il «Tancé que rÉglise n'admet qu'une seule iii à la pénitence. Un peu plus de connaislore sur laucienne discipline de TEglise, ir la pénitence pul)lique, qui ne s'accorlit qu une fois, fui aurait fait comprendre r iitûiée d'Origène.
Il faut que celui qui entend la confession lit instruit de la loi de Dieu et surtout oil ait une grande discrétion, pour savoir roc quel poids, quelle mesure et quelle iCidûratioD il doit se conduire à l'égard des blieots, en imposant à chacun des péninus proportionnées à leurs péchés et à wrs forces. La confession doit être eiacte t sincère; il faut quelo pécheur déclare ! nombre de ses péchés, et qu'il fasse une iouence plus ou moins rigoureuse, à prowUoD (les péchés qu'il a commis. Car celui ni Q*est tombé qu'une fois ne doit pas Ire puni comme celui qui est coupable de fesieurs rechutes.
Sur les Nombres. — l. L'auteur qui jusm'ici ii*avait trouvé que plaisir dans son nyail, téoQoigne que ce livre le frappe de iiiaie, et lui cause la même amertume que siQ^ autrefois à saint Jean le livre dont ce *ni apôtre parle dans son Apocalypse {c.x). « ûicHit de sa frayeur, c'est que plus do six ^fll mille Israélites, dont le livre des Nom- J" contient le dénombrement, périrent *w le désert et n'entrèrent point dans la i^rre promise. Or, selon le témoignage de tt:ai Paul, toutes les choses qui arrivaient *JjiUraéliies, leur arrivaient en figures, et Wiuni été écrites pour notre instruction. "^or. X.) Elles étaient pour nous des flf^f<^s dans ce sens que, de même que les waêliies dont on avait fait le dénombre- ^^ul, n'entrèrent point dans la terre pro- ^^^«ide même aussi quoique le dénombrel^'^^Qi de tous les Chrétiens soit fait, par la î^<jfessioaqu*iisfont de la religion, et qu'ils '^••mdonué leur nom en recevant le baptême, l^^l^endant, tous ne courent pas de manière * ^fnver heureusement au terme de la cnr- "^^e. Réjouissons-nous donc, dit Rupert, '^^Wrt Tocation; mais que l'incerlituic
où nous sommes si nous arriverons, et que la crainte de* ne point remporter la couronne cause de Tamertume dans notre cœur. Nous remarquons dans ce commentaire de nouvelles preuves de la pureté des sentiments de 1 auteur sur la présence réelle do Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Après avoir donné dans le chapiti*e second du premier livre des interprétations mystiques des noms des chefs de chaque tribu, il ajoute que ces chefs nous représentaient, nous qui man.4eons la même viande spirituelle, qui buvons le même breuvage sorti de la pierre, qui n'est plus maintenant Jésus-Christ ea ligure, mais en réalité.
IL Dans lelivresuivant, il dilqueles lévites dont on ne fit point le dénombrement sont ceux qui, dans rEglise, remplissent les fonctions du saint ministère. C'est pour cela que les canons leur défendent de se mêlor des affaires séculières et leur interdisent le commerce, la chasse et la guerre. Il se plaint
3ue de son temps la plupart s'ingéraient 'eux-mêmes dans l'état ecclésiastique , et se glorifiaient de leur position jusqu'à mépriser les laïques qui ne la partageaient pas avec eux. Le sacerdoce a besoin du secours des princes. Lorsque les deux puissances sont bien unies, rien n'est plus avantageux ; au contraire, lorsqu'elles sont divisées, rien n'est plus pernicieux au christianisme.
Sur le Deutéronome. — Ce livre de rEcrîture, qui est une interprétation courte et claire de la loi, remet sous les yeux presque tous les événements qui ont précédé; on y voit partout les soins charitables du plus doux de tous les hommes, [lour porter à Dieu le peuple dont la conduite lui avait été confiée. Cette partie de l'Ecriture contient beaucoup de cnoses capables d'inspirer l'amour de Dieu aux lecteurs par le souvenir de ses bienfaits. Elle eu renferme encore un plus grand nombre, que l'auteur déclare trop relevées pour lui et trop au-dessus de son intelligence. Cependant, comme il a déjà traité ailleurs cnacune de ces matières, il s'attache seulement ici à ce qui est essentiel, c'est-à-dire à ce qui regnrde la promesse de Jésus-Christ, Fils de Dieu, et son avènement. Tel est le plan de Rupert dans l'explication de ce livre. Il critique ces paroles de la version des Septanto : Maledictus qui pendet in ligno. [Deut. xxi, 23.) Il prétend que ce n'est point là le sens de Tnébreu, qui, en cet endroit ainsi que dans plusieurs autres, a été souvent mal traduit par les Septante, lesquels étaient des interprètes et non des prophètes remplis de l'Esprit de Dieu. Comme saint Paul a cité ce texte de l'Ecriture selon la version des Septante, cela forme un préjugé en sa faveur; mais il répond que saint Paul, écrivant pour les Grecs, parmi lesquels celte version, publiée dès le règne de Ptolémée-Philadelphe, était en grande estime, l'a employée plutôt que do citer une autre version qui, quoioue plus correcte, aurait pu offenser ceux a qui il écrivait
Dans !c ncuvièiTe chapitre du même livre,
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