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•DICTIONNAIKE
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il enseigne qu'on peut se servir utilement de ce qu'il y a de bon dans les ouvrages des hérétiques. Il cite à ce sujet l'ouvrage de Théopnile d'Alexandrie, qui lisait les écrits d'Origène, quoiqu'il eût fait un crime de cette lecture à saint Chrysostome, et qu'il l'eût mise parmi les chefs d'accusation sur lesquels il condamna ce patriarche de Constantinople. Rupert pouvait citer en sa faveur des exemples d'une plus grande autorité que celle d'un prélat qui s'est renduplus fameux dans l'histoire par son ambition, ses intrigues, et la cruelle persécution qu'il a faite à saint Chrysostome, que par les qualités et les vertus qu'exige l'épiscopal.
Dans le trente et unième chapitre, il concilie deux textes de l'Ecriture qui semblent renfermer une contradiction. Par exemple, on lit dans VExode que Dieu rend l'iniquité des pères aux enfants et aux petits-enfants, jusqu'à la troisième et la quatrième généralion {Exod, xxxiv, 7); cependant, Dieu défend, dans le Deutéronome, de faire mourir les pères pour les enfants et les enfants pour les pères. Ce que notre commentateur expli*> que en disant que Dieu punit l'iniquité des pères dans les enrants qui imitent leurs pères prévaricateurs, et qu'il ne la punit point dans ceux qui ne les imitent pas. Puis il ajoute qu'il y a une grande et ancienne question par rapport aux enfants qui, n'étant coupables d'aucun péché actuel , sont damnés pour la seule iniquité de leurs pères, c'est-à-dire pour le péché originel. La solution ^u'il trouve à cette question est de dire à Dieu : Vos jugements sont un abîme profond, ô Seigneur! Rupert répète ici ce qu'il a dit ailleurs, savoir, que l'Eglise a besoin du secours de la puissance séculière; mais il est bien éloigné de croire qu'elle puisse employer le glaive pour faire recevoir l'Evangile. Il ne Teconnait pas d'autres moyens de l'insinuer que la douceur de la prédication jointe à la solidité du raisonnement. Mettre en usage la force et la violence pour obliger quelqu'un à embrasser malgré lui la religion chrétienne, c'est, dit-il, ce que la loi sacrée défend. Il finit son Commentaire sur le Deutéronome en demandant pardon à Dieu des fautes de toute nature qui ont pu lai échapper dans le cours de ses explications.
Sur Josué. — Dans son Commentaire du livre de Josué, qui contient en tout vingtdeux chapitres, 1 auteur continue de traiter de Jésus-Christ et des mystères de sa Passion, avec cette différence qu'il s'étend moins que dans les ouvrages précédents. Il se contente de choisir quelques passages qui lui paraissent plus propres à son dessein, et qui lui présentent des figures plus vives et plus éclatantes du soleil de justice. Josué entre triomphant dans la terre promise, et, en y introduisant les Israélites après bien des combats et des victoires, ce que n'avait pu faire Moïse, représente Jésus -Christ, notre Chef, le Sauveur du monde, qui nous a introduits dans la terre des vivants en y entrant lui-n]ème le premier, après sa rétiurrectiou.
Sur les Juges. — En commençaîii son cv plication du Livre des Juges^ l'auteur a s<,m d'avertir que touchant légèrement la su|n rficie de Thistoire qui est assez connue, d cherchera le mystère adorable où le Verb^ du Seigneur se découvre selon le sojei et If temps. En effet, il se borne à donoer dM sens mystiques à quelques-uns des prinHpaux événements qu'il a choisis par préTé» reuce dans ce livre, comme figurant pigi particulièrement quelques-unes descireoG»
tances de la vie de Jésus-Christ et de la pfR dication dé l'Evangile. On peut reœarquei dans le cinquième chapitre, l'attention r l'auteur à suivre le texte original de lEer ture. 11 insiste plusieurs fois sur la di rence du texte hébreu d'avec la Yulgatt, s'attache au premier.
Sur les Rois, — 1. Le Commentaire tur Rois est divisé en cinq livres. C'est Tépoq où, selon le plan oue notre auteur &' formé, commence le quatrième â^c do l'esprit de force fait le caractère. Cet présente à nos yeux le spectacle écla des [grandes actions des rois et des dis^o inspirés des prophètes qui ont propiiét sous leur règne, et annoncé d'une mam lus claire qu'elle ne l'avait été jusqu'à! a venue du Messie. Les promesses de Messie ne l'annonçaient auparavant comme un homme ; mais, dans le qualri âge, il est promis comme un roi dont règne doit être éternel. Rupert seprof»
donc de montrer, dans ce commentaire dans les suivants, jusqu'à la prophétie Jérémie, que les prédictions sur le Me se développent, pendant ce laps de (eoij qu'il appelle le quatrième âge, d'unes nière plus claire et plus frappante, par actions héroïques des rois et lesinstrnrtir des prophètes, qu'elles ne Pavaient faitJ les âges précédents,
II. Il cite fréquemment les commentaire des Juifs. 11 croit que les livres cités dai l'Ecriture, sous les titres de Livre des hfli et de Livre des guerres du Seigneur, ne sol pas des écrits qui aient jamais existé. eU aflirme particulièrement du dernier 'lul n est rien autre chose que tout te corjsdf divines Ecritures. Il prétend, sausiQ lai*»' arrêter par les paroles de VEcctésiastif^ qui dit que Samuel prophétisa après sa ntvr [Eccli. xLvi, 16), paroles qu'il rapporlrl»* même; il prétend, dis-je, que ce saint l'Wphète n'apparut point réellement à S«û!, H que ce fut un fantôme de l'esprit malin >««« la ressemblance de Samuel. Ouc'*!^^^^ ^^* avant lui et quelques commentateurs c^i ainsi expliqué cet événement. Mais il W reconnaître que le sentiment le plus gen^^ et le plus conforme à l'Ecriture, et p^rc^^ séquent le plus sûr, est que celte aiiparii'i fut réelle.
IIÏ. Dans le dix-septième chapitre diitrvi-
sièrae livre, Rupert relève la sagesse de .^ai<^ mon d'une manière qui pourra paratlrf eicessive ; car il prétend qu'il a été |ilu> ^-f qu'Abraham et que Moïso, qui l'ont preiejf. et que Daniel, qui est venu après lui. Jt^^^
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! o*a$siir6 rien sur sa pénitence» et se conente lie dire que les savants sont partagés If sentiments sur ce sv^et Mais ce qui est /rtBin, dit*ii« c*est que son exemple doit i;ifirendre aux sages a ne pas présumer de eur sagesse pendant cette vie, puisqu'un ni, qui a surpassé eq prudence tous ceux |Qi i'oot précédé et qui le suivront, a fait ne si déplorable cbute.
û$deux livres qui suivent font partie b trois qui précèdent et les continuent; 'f^t pourquoi le premier, qui est un Commtaire sur les Psaumes^ se compte pour le jujirième livre sur les Roi» et Tautre pour f cinquième.
IV. A la tète de ce Commentaire sur les tniimfi , ou du iv* livre sur les Rois » N un prologue divisé en quatre cha^ûtres» bs lequel rauteur dit qu après avoir déploppé la gloire de Jésus-Christ dans les tlion^ éclatantes des rois du quatrième âge, \n chercher de nouveaux témoignages en ireurdu Messie dans les discours des probités. David est le premier ou le plus exrilent de tous , parce qu'il est le premier oiait parlé d*une manière claire du royauté <Je Dieu, des peines de Tenfer, du jugeant dernier. Ni Moïse, ni Josué, ni Samuel eount parlé avant lui, non qu'ils ignoras- !Dt ces choses, mais parce que ces hommes torneis et grossiers ne les auraient point floues. Dieu a voulu que ces vérités fiassent énoncées par la bouche de David, parce ne sa divine parole est si étrangère au londe corrompu que les hommes ne Tau* pent point écoulée s*ils ne Pavaient en- NKlue par te canal d'un aussi grand el aussi u^saot prince que l'était David. Notre autor donne ensuite le plan qu'il se propose e suivre dans ses ex()lications des Psaumes, I division de ces saints cantiques en trois m cinquante marque la foi, l'espéram^e et i chariié ; car de même que l'homme s'est erdu en perdant la foi , l'espérance et la barité,de même il ne peut se relever qu*en mnanl sur ses pas dans un ordre uitl'é- ^i: d'abord par la foi, ensuite par l'espéi&ce, et enfin par la charité. Les cinquante irrmiers psaumes renferment ce qu'il faut l^ire de Jésus-Christ. Dans les cinquante ioirants, nous trouvons les motifs de notre ttpérance, et dans les cinquante derniers, b moyens de nous avancer et de nous perkrtionner par Tamour de Dieu. Ce*com- (neniaire est une explication mystique et M succincte de ces saints cantiques, dont l'auteur choisit seulement quelques versets (tti lui paraissent avoir plus de rapport h ton plan, qui est de faire ressortir Jésus- Q^^si, les mystères de son Eglise, qu'il preste comme les objets de la foi, de Tespé* rwceetde la charité.
V. Dans le livre qui suit et qui est le ciniQièmedu Commentaire sur les Rois ^ Kupert Mneun essai de ce qu'il aurait pu faire, ^ni le même genre, sur les Proverbes^ '^(ctoicuie et le Cantique des cantiques ^ Y^^ livres de àpalonion , dont le premier, di(- ''l'tous appelle à la foi, le second à Tespé-
Du:tio?i?i. di Pitrologib. IV.
rance, et'le troisième h la charité. Mais la crainte d'interrompre son ouvrage l'empécho d'entrer dans un abtme si profond, et il r*eprend l'explication des Rois^ c'est-k-dire du troisième et du quatrième livre, dont il n'explique cependant qu'une très-peliie partie. Cette explication qui fait le cinquième livre des Commentaires sur les Rois^ est divisé en 38 chapitres. Dans le trentième, il montre que la réponse que le prophète Elisée fit à Naaman » qui l'avait supplié de prier le Seigneur de lui pardonner, si lors-
3ue le roi son maître entrerait dans le temple e Remmon , po^r adorer, en s'appuyant sur sa main', il s inclinait lui-même lorsque le roi s'inclinerait, il fait voir, dis-je, que la réponse d'Elisée, qui lui dit : Allez en paix {IV Reg. V, 19), n'a rien de contraire à ce que dit saint Paul contre ceux qui se trouvaient à des tables où l'on servait des viandes immolées aux idoles. « Lcprophèle, dit -il, tranquillisa, par sa réponse, un homme de bonne volonté Il ne lui permet pas d adorer Remmon, dans le temple de Remmon, mais d'adorer pieu , qui étant partout, pouvait être adoré, même dans le temple de Remmon. » Après avoir concilié
auelques autres textes, Kupert fait une réexion fort sensée sur les paroles et Texernpléde TApôtre, « qui nous apprennent, ditil» è discerner les circonstances, où nous devons souffrir patiemment la communion ou la société des pervers, et où nous devons avoir la prudence de les éviter. Ceux qui n'ont pas ce sage discernement, causent souvent du scandale et entretiennent des divisions dans l'Efçlise parce que, quoiqu'ils aient du zèle pour Dieu , ce zèle n*est pas selon la science. »
Les miracles que Dieu fit en faveur d'Elisée , pour le délivrer des mains des Syriens , que le roi avait envoyés pour le prendre, et ce que dit le saint propliète pour rassurer Giézi qui en était effrayé, donnent occasion à l'auteur de remarquer ce que Dieu fait invinciblement dans tous les temps à l'égard des serviteurs fidèles contre les ennemis de leursalut,etenfaYeurde l'Eglise, contre ceux
3ui attaquent sa doctrine. Ne craignez points it Elisée, il y a beaucoup plus de monde avec
nous quavec eux \iV Reg, vi, 16.) Lo
Seigneur ouvrit les yeux à ce serviteur, et il vit autour d'Elisée une multitude de chevaux etde chariots de feu. « Disons de même , dit Rupert, lorsque nous sommes environnés des ennemis de Jésus-Chrisl, soit visibles , soit invisibles; disons avec foi, dans une ferme espérance, et en nous approchant de Dieu par la charité : Ne crains point, mon âme; ne craignez point. Eglise de Dieu; il y a beaucoup plus de monde avec nous qu'arec eux. Car, s il s'agit d'un combat invisible contre les malins esprits, le Seigneur est avec nous; l'armée des anges est avec nous ; le Saint-Esprit est avec nous pour combattre et pour nous faire remporter la victoire dans ce combat spirituel S il s'azit de combattre les ennemis visibles de l'Eglise, dans la {lersonne des hérétiques i le Seigneur est
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aussi avec nous; le chœur des anges est avec nous, la multitude des patriarches et des prophètes est avec nous; l'armée des martyrs est avec nous; le Saint-Esprit et toute la divine Ecriture est avec nous. »
Sur haie. — Rupert termine ses explica- '■ tions sur Isaîe au chapitre quinzième du iv* livre, c'est-à-dire au règne d'Osias, sous lequel Isaïe commença à prophétiser. « La piété chrétienne , dit-il , après saint Jérôme , a toujours regardé ce prophète, plu tôt comme un évangélisteque comme un prophète ; car il rapporte d'une manière si claire les mystères de Jésus-Christ et de l'Eglise qu'il ressemble plutôt à un historien qui raconte des événements passés qu'à un prophète qui annonce les choses futures. »Le commentaire sur Isaïe est divisé en deux livres, dans lesquels l'auteur, laissant ce qu'il y a d'historique et de moral , se borne à chercher les preuves de la foi en Jésus-Christ, selon Je plan qu'il s'est proposé dans cet ouvrage. 11 ne s'astreint pas môme à recueillir exactement tout ce qui a rapport à son dessein ; c'est pourquoi il déclare, en finissant, qu'il a omis plusieurs passages qui ont un rapport bien marqué à la foi et à la vocation des gentils. On peut même dire qu'il en a omis un grand nombre, qui étaient beaucoup plus propres pourson dessein que ceux qu'il a choisis; on dirait qu'il a voulu laisser ceux qui sont si clairs et si sensibles qu'il est impossible de n'y pas reconnaître Jésus-Christ et son Efflise.
Sur Jerémie. — Ce qu'a fait Rupert sur Isaïe, il Ta fait sur les trois autres grands prophètes. Son Commentaire sur Jérémie est enfermé en un seul livre, qui contient quatre-vingt-neuf chapitres. Cette prophétie est répoque du commencement du cinquième Age , ou , pour parler avec l'auteur, elle en est le crépuscule. Dans le premier âge, avant le déluge, l'homme , comme un petit enfant, est laissé à lui-même sans entendre la parole de Dieu. Dans le second Age , comme un enfant qui commence à parler et à marcher, il reçoit les premiers éléments de l'instruction dans l'alliance que Dieu fait avec Noé; dans le troisième âge , l'homme étant comme dans l'adolescence , reçoit la promesse d'une race heureuse dans Abraham , et dans Moise, Tinstructiou de la loi; dans le quatrième âge, comme un jeune homme formé, il reçoit la promesse du royaume de Jésus-Christ; dans le cinquième Age, qui est comme l'âge parfait, il reçoit la promesse du sacerdoce de Jésus-Christ. C'est en cette qualité que le Messie est représenté par les événements et les prophéties. Il est vrai que, dans l'âge précédent, Jésus-Christ est déjà annoncé comme prêtre éternel, selon l'ordre de Melchisédech ; mais, dans celuici , la cause et l'effet de sou sacerdoce sont représentés plus clairement, et le temps de son arrivée déterminé d'une manière plus fixe. Ce prêtre, qui devait délivrer les hommes de leurs péchés, est un vrai Dieu, parce qu'il n'y a que Dieu qui puisse délivrer des péchés. Ce plan est très-beau , il
serait à souhaiter que l'exécution eût eu aussi heureuse ; mais c'est ce que nous ta pouvons dire ; nous y remarquons seulcmeci quelques endroits bien traités.
Les réflexions qu'il fait sur ce qui se pa-^ chez le potier, où le Seigneur envoya Jérç. mie pour lui faire entendre sa parole, ^c^ solides , judicieuses , et conformes à la u^^ trine de saint Paul et de saint Augu^ib sur la çrAce et la prédestination , et proifPi à' inspirer Thumilité chrétienne. Jéréiùn s*étant rendu dans la maison du potier, \\ trouva qui travaillait sur sa roue. DaDsc moment, le vase d'argile qu'il façonnai dans sa main se rompit , et aussitôt il « refit un autre, auquel il donna la forme qoi lui plut. Alors le Seigneur, adressant la fm rôle à son prophète lui dit : Maison il$rait\ ne pourraX'je donc pas faire de vous et ji le potier fait de son argile : car tout Ai dans ma main ce qu' est T argile dans la mai du potier? {Jerem. xviii, 6.) « Voilà, ill Rupert , une grande instruction pour ooiu qui nous apprend à nous tenir dans le m
[)ect et dans le silence, et à réprimer ooir angue. Dieu est le potier qui nous lorm< et nous sommes l'ar^le. Oui, noussouimei tant Juifs que gentils, une même masse une même argile. N'ayons donc pas la hai diesse de vouloir sonder les jugements Dieu , et de trouver à redire à 1 ouvrage notre Créateur. L'Apôtre , ce vase d'éiec li se sert de cet exemple pour nous instrui avec force, et nous v renvoie pourconsl dérer avec le prophète quelle est la pu' sance de Dieu. » Après avoir rapporté parole de saint Paul, il continue ainsi : «F parler de la sorte, il fallait que l'Apôtre humblement descendu en esprit dan^ maison du potier, et qu'il eût vu que to la maison d Israël était de l'argile, cotnin toutes les autres nations, et que Dieu gai les forme toutes a tiré Abraham, sansau'i! lui dût rien, mais par sa seule grâce de l'argile de la Chaldée; et que de la oi^m masse d'argile qui formera postérité « il i f^it , comme il a voulu » des vases de wisé^ ricorde des vases d'honneur et de grâce- Que lui devait-il déplus qu'à toute la tuas^ d'argile q^ui forme la postérité d'Adam ? • D«
Îualre -vingt -neuf cnapitres sur Jérémic, upert n'eu emploie que onze à rexplicatiofl des prophéties ; le reste est sur les Lamntations. Il v rapporte tout ce que dit !• saint prophète de la prise de JérusaletOti^ Nabuehodonosor, au siège et à la prise d( cette ville par les Romains.
Sur Ezéchiel, Daniel, etc. — Le Caiwt*taire sur Ezéchiel est divisé en deux liTrtf. Les Pères ont remarqué, surtout saint Wrôme et saint Grégoire, que ce prophète t«i obscur et dilBcile à entendre, parliçulit^ ment la vision des animaux mystérieui, ^l celle de l'édifice du temple et de la riiiede Jérusalem. Rupert s'arrête spéciaiemint i ces visions, parce que, bien qu'elles auo( été expliquées en ditférents sens, et fort /«ij long dans plusieurs auteurs, néâim(A^ dans une matière si relevée et si obi-C'd*o,
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il m\e toujours, dît-il, quelque chose à observer après les autres. Tout son but, r imme il le dit dans rexplicalion de la vi- Mon des animaux est d'y découvrir la gloire Ji! id Sainte-Trinité, la foi en Jésus-Christ K h gloire de son règne. Marchant sur les [rares des saints Pères qui ont expliqué cette l^rtie de TEcriture avant lui, il fait aussi ^es recherches et se félicite d'j «voir trouvé :equcce saint prophète dirigé par le Sainttprit, n'j a pas oublié : renfantement d'une
iierge.
Le Commentaire iur Daniel est renfermé >n un seul livre, quoique fauteur y joigne ig;ée, Zacharie et Malachie, qui sont les rois derniers parmi les douze petits protfiètes. La brièveté qu*il s*est prescrite ne |u a pas permis de donner des explications or les autres. On ))eut remarquer dans le |ii- neuvième chapitre de ce commentaire, eque dit l'auteur, savoir : que le Fils de Keu ne se serait point incarné, si Adam fiivait |)Oint péché.
Sur (es quatre ivangéliêtes. — EnQn, Ruert termine la seconde partie de son oura^^e sur la Trinité, par le Commentaire sur n i/iux/re évangélistes , qu*il renferme en
0 seul livre. Jusqu'ici Jésus-Christ avait listruit les hommes par les prophètes qu'il |ur avait envoyés, mais c'est lui-même qui ^ leur parler. Sa naissance est l'époque du hièffle âge, qui correspond au sixième m de la création du monde. Notre com*beolatear 8*attache surtout à montrer que âsus-Christ est le seul vrai Roi, mais Roi fao royaume éternel- Il est fort court dans
K commentaire sur cette partie, la plus lieuse de TEcr i tu re sainte, etn*expli(]ue tufi quelques passages du saint Evangile, ^ux apparemment qui lui ont paru les plus ^'|>res à son dessein, c'est-à-dire, à établir k royauté spirituelle de Jésus-Christ, grAce laquelle, d'esclaves que nous étions par
1 naissance nue nous tenions d'un père es- '^ve du péché, il nous a rendu notre li- Mé et notre ancienne noblesse, en s*inaruant pour nous.
Troisième partie. — La troisième partie kcet ouvrage dans laquelle l'auteur traite b œuvres propres du Saint-Esprit, est divisée en neuf livres. Il montre dans le pre- ^tr que Dieu ayant détourné sa face de »r les enfants d'Adam, à cause de la pré- |«nea(iou de leur père, tous sont morts dans l^meetdans le corps, et que cette double tuurtestia punition du péché; mais il faut ffoire aussi et se rappeler, avec toutes sor- ^» (inactions de grAces, que Dieu, à cause '^la justice d'un seul, Jésus-Christ, a en- ^'')^*son Esprit qui nous a créés de nou- Jvau et a renouvelé la face de la terre. « H |>aui, dit-il, reconnaître dans le don de cette wuble grâce, la gloire d'une double vie ; j^r dans le moment que l'homme croit en «^us-Chrisi et qu'il reçoit lo sacrement de ^Ptéme, Dieu envoie son Saint-Esprit, et '|wt créé, de sorte que la vieillesse du pé- "c étant détruite, il devient une nouvelle 'H'âiure quant à TAme. De plus, la face de
la terre sera renouvelée, c'est-à-dire, que le corps terrestre qui a vieilli et qui est mort à cause du péché, sera renouvelé au dernier jour, qui sera le jour de la résurrection. » Ce double renouvellement de l'Ame et du corps, ou cette double résurrection des mo^ts, est le sujet que Rupert se propose d'examiner et dé traiter, à la gloire du Saint-Esprit, qui donne la vie à nos Ames et qui la rendra aussi à nos corps.
I. La véritable manière de considérer cette ÇrAce est de connaître d'abord Jésus*Christ lait homme, TAuteur et le Distributeur de la grAce, le Médiateur entre Dieu et les hommes. C*est en suivant cette idée que notre auteur s'applique à montrer dans ce livre, que l'ouvrage du Saint-Esprit le plus grand, le plus excellent, en un mot, le plus parfait, est la formation de Jésus-Christ comme homme. C'est par ce moyen que Dieu nous a délivrés de la captivité oii nous étions réduits; qu'il a répandu sur nous ses grAces et qu'il nous comblera un jour de gloire. Il prouve aussi que le Saint-Esprit est la troisième personne de la Sainte-Trinité, distin^'uée du Père et du Fils, quoique de même nature; qu'il procède du Père et du Fils; qu'il leur est coéternel, consubstantiel et vraiment Dieu. Il parle de l'apparition du Saint-Esprit en forme de colombe, et dit pourquoi il a choisi celte forme plutôt qu une autre. Il compare le vieil homme et le nouveau, et montre la différence entre Tun et l'autre, et rapporte ce qui s'en trouve exprimé dans l'Ecriture sainte : « C'est une chose certaine, dont personne ne peut douter, que tous les saints des siècles passés depuis l'origine du monde, ont été puriliés de leurs péchés dans le Saint-Esprit, dans l'eau et dans le sang qui a coulé du côté de Jésus-Christ. » C'est ce qui lui fait dire
Ïlus bas : Que tous les saints jusqu'à saint ean, sont morts avant d'avoir reçu la rémission de ions leurs péchés ; parce qu'après l'avoir attendue longtemps, ils ne l'ont reçue entin que dans la seule passion de Jésus-Christ. Ils étaient formes dans la foi, puissants en miracles; ils avaient le don de prophétie, et cependant ils étaient tous retenus en enfer, à cause du péché d'origine. Celui qui parle de la sorte, n'attribuait pas à la circoncision le pouvoir de remettre le péché originel. Selon Rupert, la division des dons du Saint-Esprit vient de ce qu'il procède du Père, et la grAce de la rémission des péchés vient de ce qu'il procède du Fils.
A la fin de ce premier livre, il donne le plan des autres, clans lesquels il se propose lie traiter des sept dons du Saint-Esprit; do sorte que ces sept dons forment la matière de la troisième partie du Traité de la Trinité et de ses ceuvres ; comme les jours de la création, qui sont les œuvres du Père, ont fait celle de la première partie, et les sept Ages du monde qui sont les œuvres du Fils, ont été le sujet de la seconde.
II. Vesprit de sagesse fourni-t la matière de deux livres. Dans l'un, l'auteur fait voir
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que lésus-Christ, comme homme, a reçu la plénitude de la sagesse ; que la sagesse de ce monde est opposée à celle qui vient du Saint-Esprit ; que Tune réserve Tordre et que l'autre l'établit. Rupert explique quel-
Sues passages de Jobf qui par sa patience ans ses maux a été la figure de celle de lésus-Christ ; ce oui lui donne occasion de parler de ce saint nomme, occasion d'autant plus agréable qu'il regrettait de n'en avoir pas encore fait mention en parlant des patriarches, des prophètes et des rois, qui ont été les figures et [es vives images de Jésus- Christ. Job, en maudissant le jour de sa naissance, maudit le péché du premier homme. Notre auteur témoigne avoir puisé une partie de ce qu'il dit dans les explications de saint Grégoire. Il suit le sentiment de ce saint Pape, en parlant de la femme pécheresse, qu'il confond avec Marie Madeleine et Marie sœur de Marthe et de Lazare. Après avoir remarqué que Marie, la pécheresse, eut l'avantage de voir Jésus- Christ ressuscité avant tous les apôtres; que saint Pierre, qui .l'avait renié, eut cet avantage sur saint Jean le disciple bien-aimé, il ajoute que l'esprit de sagesse a voulu par là inspirer de la confianceaux pécheurs, fortifier les faibles et leur donner des armes pour faire violence au ciel ; mais sa sagesse éclate encore davantage en ce qu'il a permis que ceux auxquels il voulait accorder de si graudes faveurs, et qu'il avait prédes-* tinés avant tous les siècles, tombassent dans de si grands abîmes de crimes. Quel fruit, quelle utilité ne devons-nous pas en tirer?
Rupert explique ici ce qu'il avait dit ailleurs que bien que tous les apûlres aient reçu en commun le pouvoir de lier et de délier les pécheurs, cependant saint Pierre a été favorisé d*un privilège particulier, parce qu'il avait le premier confessé la divinité de Jésus-Christ. Ce privilège, c'est qu'étant destiné à être le prince des apAtres il devait recevoir spécialement, ou il avait déjà reçu une grande puissance que Jésus- Christ lui avait donnée, en lui disant : Voias êtes heureux f Simon,,' fils de Jona... Et mot, je vous dis que vous (tes Pierre^ et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. (Matth. xvi, 17, 18.) Rupert rapporte encore ce que Jésus-Christ, après sa résurrection, dit au liiéme apôtre : Simon, m'aimez-vous plus que ceux-là Y Paissez mes agneaux ^ paissez mes brebis {Joan. xxi, 17) ; puis il continue ainsi: « Les empereurs chrétiens et les princes de l'Eglise, fondés sur l'autorité de cette vérité évangélique, ont établi longtemps après par une loi immuable, que, de même que tous les gouverneurs et tous lesguges obéissent à l'empereur, de mèuie tous les prélats des autres églises, seraient soumis à Pierre et au pontiie romain, à cause de l'excellence de sa dignité. » Voilà un grand honneur et une grande élévation 1 Les Cjrprien, les Basile et les autres Pères, surtout dans les premiers siècles de TËglise, n'ont pas eu une telle idée du privilège particulier
accordé à saint Pierre. Rupert semMe l<^ restreindre, en ajoutant que celai qui a conféré une si haute dignité à saint Pierre lui a donné cet avertissement : Que celui qiji est parmi vous le plus grand devienne coquin le moindre, et celui qui gouverne comme pelui qui sert.
JIL Dans le livre suivant, qui est encnn sur Yesprit de sagesse^ Rupert traite de* deux grands sacrements , par lesquels nou sommes renouvelés sur le modèle de riioo)me nouveau, et d>nt l'esprit de sagesse M couler sur nous les grâces de là fontaine li» sa passion. Ces deux sacrements sont le b^]tème et l'Eucharistie, aui sont l'un etTao tre si nécessaires au salut, que le rojai des deux est fermé pour quiconqae'ne i reçoit point. Ce livre est comme un im abrégé de ces deux sacrements. L*aui y montre la nécessité du baptême de }h\ï Christ, sa différence davéc celui de sai Jean, puis il explique ce que l'Apôtre ei tend par les trois qui rendent témoi^no^; sur la terre, l'esprit, l'eau et le sang. Il ù la preuve de la divinité de Jésus-Christ son incarnation, de la nécessité du hapi et de ses effets, et de ce qu'ajoute le mé ÂpAtre, qu'il y en a trois oui rendent moignage dans le ciel, le Père , le Ver{)e ie Saint-Esprit. A ces six témoins, il ajoute un septième , le sacrement du coi et du sang de Jésus-Christ. 11 n'est pas | sible de parler d*une manière plus cUire plus orthodoxe, sur la présence réelle, qu ne le fait dans les chapitres 18, 20, 21, 2i/ ih. S'il se trouvait quelqu'un qui, è\)t avoir lu ces chapitres , eût encore des aoi tes sur la pureté de la foi de Rupert, < peut dire avec dom Gerberon, que la ter est chancelante pour un tel homme, c:
soleil couvert de ténèbres.
Non content d'avoir établi la foi tieil^ glise sur la présence réelle, dans les djaj>itres que nous avons cités, il la défend enuue contre ceux qui, abusant d'un teste de saint Augustin, y donnaient atteinte, et faitroir
Su'ils ont mal pris les paroles de ce saifll octeur. « Ils ont cru, dit-il, que saint Augustin a avancé que ce n*est point le cerf» et le sang de Jésus-Christ, mais seulement 4 figure de son corps et de son sang. Il ùs point dit cela, il ne Ta pas même pensé Ce ntti i*» son habitude de $e mettre en opposition arer la parole de Jésus-Christ. Or, Jésus-CIifiî' parlant par lui-même, a dit : Ceci est mm corps ^ ceci est mon sang {Mattk^ xxrii ^,* et parlant par son Apôtre,... il aditemort* Quiconque mangera indignement lefaj*^ Seigneur^ et boira indignement le calice ij« Seigneur^ se rendra coupable du corps et « sang du Seigneur (/ Cor. xi, 27) ;... car cm qui le mange et le boit indignement, ia^H^ et boit sa condamnation. Or, pour se reudrt coupable du corps et du sang du Seign«>J^* pour manger et boire sa propre condainn»lion, il faut avoir profané autre oI*ot« *l" 'j" pain simple et commun,* autre chose q«f |^ simple Uqueur que nous tirons du fru|i "* la vigne.» Rupert explique ensuite 4»^' ^'
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