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le %ens des paroles de saint Augustin, pn distioguarit arec lui le sacrement de TefTet i}u sacrement. « Celui, dit-il, qui s*en approche indignement, ne participe point aux souffrances de Jésus-Christ ; il ne reçoit |Kiiot par la bouche de TAme ce qu'il reçoit parcelle du corps, et c^est en cela même qui! en est indigne. Ce sacrement visihk est dans le corps et le sang de Jésus- Christ qu'il reçoit; car son indignité n'anéantit pas la dignité d'une telle consécration; luais il ne reçoit pas l'effet du sacrement, parce qu'il ne considère point la paslinn de Jésus-Christ avec un cœur et une ftiiqui opère la charité. C'est pourquoi il ne fi'çoii pas l'effet de ce sacrement, de manière kfe que le corps de Jésus-Christ soit livré ttson sang répandu pour lui obtenir la vie Jt»TneII»i, et le ressusciter au jour du juge- Bpnt; mais ce au' il reçoit opère en lui un tfei tout contraire, en ce qu'il se rend cou- ■•Medu corps et du sang du Seigneur, et |uH mange et boit sa condarbnation. > Com- &'.nt un auteur qui lient un pareil langage, i tiui combat si fortement l'erreur de ceux f«i prétendent que le corps et le sang de ésus-Chrisl ne sont qu'en figure dans rEuliarislie, comment, dis-je, un tel auteur :MI pu être accusé par Bellarmin et d'aures encore d'avoir des sentiments confaires à la foi de l'Es^iise sur la présence felle.
Chacun doit s'éprouver, comme le dit Apôtre, pour manger ce pain et boire ce •lie* (/Cor. XI, 28); car on ne doit pas itfiner un aussi grand sacrement à ceux ^i *'iï sont indignes. Lorsque nous tenons î langage, la plupart sont troublés ; les ^S parce que leur conscience leur reprolip<lesfaules;d*autres, parce que l'humilité ^'retienne leur fait croire qu'ils sont indiaes d'un si grand mystère. Mais il y a une rande différence entre se regarder soi- |*ine comme indigne et être jugé tel par aiilrcs. Quiconque considère la grandeur '' ^e sacrement a raison de s'en croire in- »^n** ; il est même louable d'avoir ce senli- '«nt» car qui peut se glorifier de posséder a <<Bur pur? C'est de coux-!à que TApôlre it : Si nous nous jugions nous-mêmes^ nous fierions point jugés. [1 Cor. xi, 31.) Jé- U"^Christ adit : Ce/ut qui croira et sera bap^ \^*cra sauté {Marc. xvi,16}; il a dit aussi: «wi qui mange ma chair et boit mon sang a »n< éttmette. (Joan. vi, 85.) Cela montre i> effets et la nécessité des sacrements de iptème et d'Eucharistie. Ils sont institués "'ur effacer le double péché que notre pre- ^>er père commit en violant la défense de 'i<!u. Il fallait un double remède à un dou- ''emal; ffuérir l'orgueil par l'humilité, et |: vice de la gourmandise par l'antidote '.'ine meilleure nourriture. La première ^^^urrection est d'être baptisé au nom du "^rc, du Fils et du Saint-Esprit, et eusuite "i manger le corps et de boire le sang du ^-igneur. Mais, puisqu'on renaissant par le l^pi^nie en Jésus, nous sommes délivrés '^ la faute de notre premier père, pourquoi,
dira peut-être quelqu'un, portons-nous la peine de son |)éché? Pourquoi mouronsnous ? Pourquoi ne passons-nous pas de cette vie à une meilleure, sans éprouver la peine de la mort? C'est (][ue Dieu» par un effet non-seulement de sa justice, mais encore de sa miséricorde, en remettant le pé-* ché d'Adam à celui qui reçoit le baptême, ne le dispense pas de la peine de mort à laquelle il a condamné le premier pécheur el toute sa postérité. C'est par une sage previdence que Dieu a imposé k l'homme une peine si propre à confondre son orgueil. C'est même un effet de sa miséricorde : car, si Dieu avait permis que nous fussions immortels après le péché, nous serions semblables aux démons, car il y aurait pour nous une éternité misérable ou une misère éternelle.
IV. Dans le livre qui traite de Yesprit dHn-' telligenccy Rupert demande : «Qui sont ceux qui reçurent cet esprit, et à qui Dieu donna l'intelligence des Ecritures? Ce sont, non des orateurs, mais des pêcheurs, non les scribes et les pharisiens, mais des gens simples et sans lettres. » Il parle ensuite du changement admirable que le Saint-Esprit opéra dans les apdtres. Pour donner une idée de l'abondance des lumières qu'ils reçurent en ce jour, de fintelligencedes Ecritures, et de la connaissance de la vérité au'ils acquirent, il rapporte l'explication (les paroles du prophète Joël, que saint Pierre donna dans la première instruction qu'il fit au peuple immédiatement après la descente du Saint-Esprit. Entrant dans un plus grand détail, il fait voir, par l'exemple de ceux des apêtresqui ont écrit, comme saint Jean, saint Matthieu y saint Jacques, saint Jude, quelle abondance 4e ^âces et de lumières ris ont reçue par l'intelligence des saintes Ecritures.
Quant à saint Paul, ce vase d'élection, il est vrai que ce n'était pas un homme sans lettres, puisqu'il avait été instruit par Gamaliel, comme il nous l'apprend lui'^même; mais ce fut par une révélation particulière de Jésus-Christ, et non par le ministère d'aucun homme» qu'il reçut l'intelligence du sens spirituel de la loi et l'Evangile de Jésus-Christ. Quoiqu'il ne fût pas parmi les apôtres, lorsqu'ils reçurent la grAce de l'a-
f)OstoIat et l'intelligence des luTitures par 'effusion du Saint-Esprit, cette même grêce lui a été conférée avec abondance. C'est ce que notre auteur fait voir, en choisissant» parmi les épttres de cet apôtre» celle qui est airéssée aux Romains» pour découvrir les trésors do sagesse et de science que le Saint-Esprit a mis dans ce vase d'élection. Nous ne nous étendrons point sur ce que dit Rupert de cette admirable lettre, mais BOUS ne pouvons nous dispenser de rappeler ici une judicieuse réflexion ({u'il fait dans le 8* chapitre de ce même livre, sur la certitude que nous devons avoir de tout ce qu'ont dit les écrivains sacrés: «i Ces écrivains ayant été instruits, dit-il, non par les hommes, mais par l'Esprit-Saint, par
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DICTIONNAIIIE
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TEsprit d'intelligence» qui leur a découvert d'une manière admirable le trésor des Ecritures; nous recelons et nous écoutons leurs Karoles comme sorties de la bouehe de deu» et nous regardons comme un crime de douter d'aucune des choses qui ont été écrites par ceux auxquels ce feu sacré «a donné un cœur intelligent et une langue savante. » Ce que dit ici Rupert, il l'étend, non-seulement à tous les apôtres qui ont écrit, mais encore aux patriarches et aux prophètes, auxquels la parole de Dieu a été adressée sans intermédiaire et directement. Pour, ce qui est de tous les autres écrivains qui ne sont point de ce nombre, et qui n*oiit pas été instruits comme eux immédiatement par le Saint-Esprit, il témoigne qu'il ne craint ce qu'ils disent qu'autant qu'ils l'appuient de l'autorité des premiers, ou par quelque raison solide, et non pas seulement parce qu'ils l'ont dit et qu'ils ont été de tel ou tel sentiment. Il répète encore, en finissant, ce qu'il avait déjà dit, qu'il re-
Sarde comme un crime de douter de la moinre des choses de ce qui a été écrit par les écrivains sacrés. Il compte cinq apôlres qui ont écrit , saint Pierre » saint Jean , saint Jacques, saint Matthieu, saint Jude, aux-» quels il joint saint Marc et saint Luc.
y. Vespriê de conseil fait la matière du cinquième livre, dont l'auteur trace le plan en ces termes : «Il nous faut glorifier le Saint-Esprit de conseil dans .l'aveuglement où est tombé Israël, jusqu'à ce que la plénitude des nations lût entrée , et dans la destruction du temple de l'ancien culte, qui a été renversé, afin qu'il n'arrêtât pas les progrès rapides de l'Evangile. » Rupert rem-
{)lit ce plan par plusieurs réflexions qu*il ait sur les jugements de Dieu, dont les desseins sont terribles sur les enfants des hommes. C'est ce qui parait d^une manière si frappante dans la réprobation des Juifs et la vocation des gentils.
L'auteur distingue deux sortes de conseil : l'un dont Dieu daigne se servir pour sa
{;loire, en faveur des hommes; l'autre, dont es hommes se servent pour la gloire de Dieu et pour leur salut. Il donne pour exemple de la première espèce de conseil, ce que Dieu a fait en abolissant la circoncision, la loi de Moïse avec tout son cérémonial, et d'autres choses qu'il avait établies et qu'il avait bien voulu agréer pendant un temps. L'exemple de la seconde espèce de conseil est tiré de ce que font les personnes qui, non contentes de s'abstenir des choses illicites, renoncent encore à celles qui sont permises. Telles sont les vierges cnrétiennes,qui vivent selon le conseil que leur donne saint Paul. Tels sont ceux qui aspiront à la perfection, vendent tout leur bien et le distribuent aux pauvres pour suivre Jésus-Christ. Après avoir ainsi distingué les deux sortes de conseils, Rupert, s'attachant à la première, parle du jugement terrible que Dieu a exen*.é en réprouvant un peuple chéri, pour lui substituer les gentils; en renfermant tous les hommes dans Tin-
orédulité, pour répandre ensuite S8 miséricorde sur tous. Que veulent dire ces pam> les : Dieu a voulu que tous fussent envcloppés dans l'incrédulité pour exercer sa miséricorde envers tous? sinon que Dieu i réglé les choses de manière que persoooe ne fât sauvé que par sa miséricorde, etqoc par ce moyen tous fussent délivrés uo glaive de l'orgueil? Cela convenait i noir» misérable condition, afin que toute occasion de nous enorgueillir fût ôtée , parce qoe range est tombé par Toi^ueil, et qu'âpre la chute de l'ange, l'homme créé à Tima^e de Dieu est encore tombé |.iar l'orgueiL Dieu, voulant donc 6ter k l'homme touieotcasion de se glorifier» a rei'eté le neu)-!* même qui se glorifiait d'être la raced Ahrv ham. I
Lorsque la plénitude des gentils est e&* trée en recevant l'Evangile, le Saint-Espnd les a^déchargés du joug pesant des céréoio^ nies de la loi de Moïse; et il convenait <•« effet que la circoncision et tout l'appareil d^ ces cérémonies cessassent, lorsque lagrdft de l'Evangile a paru. Dieu même témoigDi
far ses prophètes qu'il n'a point exigé d^ uifs qu ils lui offrissent des sacrifices. C« encore par une suite des desseins de Die nue la ville de Jérusalem avec son temple été réduite en cendres, et que les habilao ont péri par l'épée , ou par la tàim peoda le siège, k l'exception d'an petit nomb
S|ui, ajant échappe à la misère, an fer oui eu, ont été dispersés et traînés en capUn dans les différentes parties de l'univers, uù sans le vouloir, ils ont rendu, par leurcapj tivité et leur dispersion, le témoignage U plus éclatant k la vérité de l'EvanKife. Ran pert ayant expliqué ainsi ce qu'il eoteodJ quand il dit que Dieu daigne user decoo^ scil pour sa gloire, en faveur des lioffimes^ expose aussi de quelle manière les bouoie^ usent et doivent user du conseil de hk^ pour sa gloire et pour leur salut, «i User du conseil, dit*il, ce n'est point se coDtenlcf de faire ce qui est commandé, tùâis c^ aller au delà et faire quelque chose de plus que ce qui est ordonné pour mériter la b* veur de son mattre et une plus grande r^ compense. «Il faitensuite l'application de 5< règle aux dix commandements, et rnooirt quel est l'esprit de conseil avec lequel iL^ doivent être observés pour plaire à Dieu tt se rendre digne de récompense.
VL Dans le livre suivant Rupert traite lif Vesprit de force. Il considère d'abord crt esprit dans Jésus-Christ, ensuite dans '» apôtre:? et dans les hommes apostolique. qui ont prêché l'Evangile, et dans les martyrs qui ont répandu leur sang pour sa défende. Quel changement l'esprit de for^e nVt-il pas fait dans saint Pierre et dau^ saint Paul. Qui pourrait raconter toutes le^ merveilles qu'il a opérées dans l'Apôtre df^ nations. IJ représente ces deux afîOirecomme deux frères unis par les liens spirituels d'une sainte union, envoyés à Roiu^ contre les deux frères fondateurs de cette ville, dont l'un avait trempé ses raaiflb iU^^
DE PÂIROLOGIE.
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If sang de I autre, pour y precner Jésus- Christ, établir ie fondement de J*union sur les ruines de ia discorde , et répandre leur mi pour fonder une .ville nouvelle, qui, psr la solidité de la foi a[K)stolique, a mérilé féire appelée le siège de la justice, la mai- Kia de la fot; au lieu qfu^elle était auparalaot le trône de Torgneil, rabtnie do l'avarice, et un gouffre de sang et de meurtres. Ce fut sous le cruel et InfAme Néron que iiiot Pierre et saint Paul prêchèrent la ïoi i Rome , et qu*rls la scellèrent de leur
hi même esprit de force a éclaté dans bs utres apôtres qui ont porté Tétendard de la roiipar tout l'univers, triomphé du démon, 1 répandu leur sang pour établir TEglise e Jésus-Christ. Quoique saint Jean n'ait as rép.indu le sien et qu'il soit mort en lii, après avoir survécu a tous les apôtres, a bu néanmoins le calice du Seigneur, kunent ensuite les combats des martyrs 9D( saint Etienne est le premier, et parmi «quels saint Laurent brille aux premiers ogs. Rupert s'étend beaucoup sur l'un et luire; et il loue le second avec un ahan- ID fautant plus naturel que saint Laurent èil le patron de son monastère.
Vil. Aux martyrs, qui avaient reçu l'esi\ de force pour combattre et pour défent la foi par l'effusion de leur sang, ont vcédé dans l'Eglise de Jésus-Christ des Kteurs rempli de science pour la défent par leur parole et par leurs écrits, tst (te cet esprit que Rupert parle dans liseolième livre. Le démon, qui avait ll»ora attaqué l'Eglise par la persécution iTerte, que Néron et les autres empereurs i ataienl fait subir, se voyant, malgré ses fcrls, chassé de .ses temples, et voyant les inces païens eux-mêmes embrasser la <;iirattaqua en dragon, c'est-à-dire, en Mo>'ant la ruse, et I artifice, et en susci- Dt ues hérétiques, qui, sous le nom de ifétiens, trompaient les fidèles et les fai- B^ni tomber dans l'erreur. C'est pour cela i'iprès l'esprit de force, l'esprit de science été Décessaire à HEglise, pour la défense ^M foi dans les périls oii elle s'est trouvée. ipert examine qu'elle différence il y a urp la science et la sagesse; ce que c'est Be ia vaine science et la science utile. ^ioiPaui n'a point condamné celle-ci, « ni !i écoles des grammairiens, des géomètres, «dialecticiens, des rhéteurs, des arithmé- ^^u$^ des musiciens', des astronooieç. Mais i«î> blâme de ce qu'ils n'ont pas cherché «w ces arts le fruit pour lequçl Dieu les a "Poésaux hommes. Or le fruit de la science ^l 'le s'élever jusqu'à son auteur et à le "rilier. C'est à tort que quelques-uns se "^viennent contre la science, parce que iint Paul a dit, la science enfle et la cna-* i^e édifie, comme si. ces deux choses étaient ivosées lune à l'autre et ne pouvaient sub- ^Mer ensemble.
^on-seutemeplle don de prophétie, mais ''core toute science légitime est un don de ''tu» qui se montre ordinairement plus pro-
digue de ses dons envers ceux qui en font un bon usage. C'est pour cela qu'il a voulu que ceux qu'il destinait à défendre la foi, et de la parole desquels|ii a daigné se servir pour combattre les hérétiques et répandre l'instruction dans l'Eglise, fussent instruits des arts libéraux. Il a voulu que non-seulement ils pussent lire et comprendre les écrits des autres, mais encore qu'ils en composassent eux-mêmes dont la lecture serait utile aux fidèles. C'est ainsi que les sept arts libéraux, en quittant les écoles profanes et licencieuses, sont entrés comme des esclaves au service de la sagesse, pour être employés, selon les ordres de Dieu , à des ouvrages utiles. Mais pourquoi disons-nous (jue les arts sont entrés dans cette école, puisqu'ils y étaient déjà, et que ceux qui ont lu et examiné les saintes Ecritures, conviennent «m'ilss'y trouvent? L'auteur le prouve, en montrant en détail, que c'est dans l'Ecriture sainte que Ton découvre le premier usage d£S arts libéraux, et qu'ainsi les Grecs ont tort de s'en attribuer l'invention ; puisque l'Ecriture, qui en parle, l'emporte sur tous les autres livres, non-seulement par l'autorité qui est divine, et par l'utilité, puisLqu'elle conduit au bonheur suprême, mais encore par l'antiquité. Rupert parcourt en particulier tous les arts libéraux, la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie; il montre, dans autant de chapitres, l'usage oui enest fait dans les saintes Ecritures, ou ils ont une beauté et un éclat 2u'tls ne peuvent avoir dans aucun autre crivain. « Nous croyons, dit-il, et certainement nous ne nous trompons point , qu'il n'est point d'ouvrage d'écrivain profane, auel qu'il soit, qui, comparé avec les récits ue l'Ecriture sainte, ne paraisse lAche, diffus et obscur. »
Pour bien remplir son plan ; Rupert aurait dû, après avoir parlé des livres saints, parler aussi avec une juste étendue des écrits des saiols Pères, et montrer comment ils savaient faire usage des arts et des science. Mais il se contente de dire un mot seulement de saint Jérôme et de saint Augustin. Il fait de celui-ci un grand éloge, en disant que le Saint-Esprit a visiblement opéré en lui des choses merveilleuses pour sa gloire, pour la défense de l'Eglise et de la foi catholique, et pour la mettre à couvert des iosulte$ de l'ennemi. « C'est saint Augustin, dit-il, la colonne et la base de la vérité, la colonne de nuées dans laquelle la sagesse de Dieu a placé son trône, de la bouche duquel coule toujours comme une pluie salutaire, ou plutôt comme un fleuve impétueux d'arguments contre les hérétiques, h 11 remarque que Dieu permit que, pendant sa jeunesse, il fût livré aux erreurs des manichéens, mais que dans le temps même qu'il était dans l'égarement, le Saint-Esprit mettait en lui , sans qu'il le sût, un grand don de science, dont il devait un jour faire usage pour le bien de l'Eglise. Après avoir rapporte ce que dit saint Augustin, dans ses Confe$$ions ^ des talents que
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Dieu tut avait aonnés pour les sciences, il continue et termine ainsi son éloge. « C'est en cela que nous devons louer Pespril de science, qui a ainsi préparé ce grand homme et qui s^est servi de lui pour cnmbartre pendant toute sa vie les héretiqueSj nod^seule^ment de vive voix, mais même par uti si grand nombre d'écrits que la vie d un homme ne suffirait pas à les lire, v
VIII, Vespril de piété fait le sujet du tiii" livre, qui ne consiste proprement que dans une longue paraphrase de la parabole de lenfapt prodigue, dont il prend occasion pour relever la bonté de Dieu envers les pé-^ cheurs pénitents. Le murmurodu frère aîné, K\w\ est ii*Hlé de l'accueil que son père faisait à son frèro après qu'il eut dissipé tout son bien, remet Tauleur sur sa Voie, pour parler des Juifs» conformément au plan qu'il s'était proposé « llhousfaiit louer l'esprit de piété de ce que, lorsque la plénitude des nations sera entrée, alors le voile sera enlevé, et les restes d'Israël se convertiront; » il prétend (|ue lé retour des Juift n'arrivera qu'après qu'ils auront reconnu l'Antéchrist pour Mes^slo et (|u'il8 seront désabusés en le voyant unéanii. C'est une idée qui lui est particulière, et qui estrelTet de son goût pour l'allégorie. On remarque en lisant ce livre que fauteur connaissait les anciens canons de l'Eglise sur la pénitence. Selon ces canons, les clercs qui étaient tombés dans quelque crime étaient exclus du saint ministèi'e pour toujours* et réduits à la communion laïque; ce qu'il entend seulement de ceux qui n'arocaient pas leurs crimes, qui devenaient connus par une autre voie que celle de la confession. Quanta ceux qui les confessaient et faisaient pénitence, ils étaient rétablis. Il parait même que, selon la discipline de ce siècle , on rétablissait é{^alement les uns et les autres dans leur ministère, lorsqu'ils avaient fait une pénitence convenable. On voit que la discipline ancienne de l'Eglise sur la pénitence était fort altérée, et que des péchés qui ne s'expiaient autrefois que par sept et douze années de pénitence, se remettaient pour des pénitences d'une année, ou même de quarante jours, et quelquefois de trois, à l'exemple des Ninivites» Le pécheur doit être ressuscité pour être admis à la participation de nos saints mystères; mais comment connaître s'il est ressuscité? Par la confession et la pénitence qu'il en a faite.
IX. Eniini dans le dernier livre de ce traité, Rupert, traite de Yesprit de crainte. La fin de toutes les vérités que l'Ecriture nous
f impose à croire et que nous devons ron* èsser est le jugement universel, qui est le plus grand et le principal fondement de la crainte du Seigneur. En eifet, ce qui doit Être pour tous les hommes un grand sujet de crainte, c'est la pensée du jugement. Ce dernier jour du monde a un rapport particulier avec celui de sa création. De même que Dieu, dans ce premier jour, sépara la lumière des ténèbres» ce que notre auteur entend de la séparation dès bons et des mauvais ange^; ainsi dans lè dernier il
jugera les hommes et séparera par un arrèi irrévocable les bons des mauvais.
Rupert parle d'une manière irès-^tactef en habile théologien sur la crainte. Ce qui dit sur cette matière mérite une attentioi particulière. Il distingue deux sortes de Iw^ nés craintes, qui diffèrent entre elles c« raison des différentes qualités de ceoi qoi servent Dieu. L'une est celle des esclra qui craignent le châtiment, et il lui docsc le nom de crainte servile; Pautre estcelli des enfants qui craignent de t)erdre la grâ;^ et il appelle celle-ci crainte honnête i^ libérale. Pour distinguer olaîreaiciu rp deuil craintes, il ajoute : « La crainte ht vile, qui est accompagnée de peine* cï celle des commençants, c'est-à-dire de tn qui commencent a se tourner vers Dion, t b se rappeler le souvenir des peines de Tet fer, et qui, par le souvenir ae ces peiofi s'efforcent de résister au péché. Ce n point encore là la sagesse, mais seulem le commencement de la sagesse; ce n* point là la crainte du Seigneur, mai^ crainte de la mort; ce n'est point làvén blement la sainte crainte, mais seulem la crainte, ou la crainte qui est accom gnée de trouble. Mais la crainte des enta est la crainte des parfaits, ou de ceux tendent à la perfection, c'est-à-dire de a* qui, considérant les grandes grâces qu ont reçues, se portent d'eux-mêmes àcrai dre de les perdre. Cette crainte ditTè beaucoup et en bien des choses de Faut et surtout, en ce que la charité parfi chasse cette crainte servile, qui est acco pagnée de peine, au lieu que la crainte liale reste toujours. Elles ont de comm que Tune et l'autre piauent Fâme, et lui tin comme du sang, par les larmes qu'elles f<> répandre. Mais la cause en est bien Mt rente. Dans la crainte servile, c'est le cbi grin où est une Ame troublée qui craie l'enfer; dans la crainte tilîale, c'est le de sir d'une âme eiiiée qui soupire après N patrie. » I
Ces deui sortes de craintes sont )ymà l'une et l'autre ; mais il en est deux autw qui sont mauvaises. Ce qui fait quatre 50^ tes de craintes dont l'âme est susceplii^l^ La première de ces craintes mauvaises est une certaine passion ou un trouble <if l'âme, qui ne vient ni de !a foi, nidel'eîprit de Dieu, et que les philosophes [«ifi» cr»ndamnent eux-mêmes. Cette crainte fct mauvaise parce qu*elle trouble l'âme \g^^ des sujets pour lesquels elle nedevraiipoiat se troubler ; tels que la perte des riche5$p5 do ce monde, ou des adversités dont elle est menacée. Il est encore une autre irainti mauvaise qui vient de la foi, maianoQvIe l'esprit de Dieu, par laquelle l'âme estiroublée, mais ne se corrige point. Celte crain^i' est mauvaise, quoiqu'elle vienne deiaioi. et non de i'esprït de Bleu, parce qu elle o^ vient pas d'une foi qui opère par la Hiarii^. mais d'une foi oisive» et qui par coOâ<)<Itiefl' est morte C'est là la crainte de tous les démons ;c>s'
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au«$i ceUe, non de tous ]es hommes médijtnb, mais de plusieurs, lîlle était celle de Felii, goiiTerneur de la Judée, qui fut ef- U»}é en entendant saint Paul parler de justiiê, de charité et du jugement dernier, ff 41$ qui ne se corrigea point. Après avoir fârlé encore de deux espèces de craintes 411'il aiipelle mauvaises; ce qui doit s*enh*D Jre des di^^positions de ceux en qui elles ic trouvent, Rupert revient aux deux espèces de bonne crainte; dont l'une est la rrainledes esclaves et l*autre des enfants; Tune des commençants, et l'autre des parais. La première est une passion et un :ruut)le de l'âme qui vient <ie la foi et de 'e>|)rilde Dieu. Cette cntinte, guoiqu'im^ arfaite est bonne, et elle produit un trèsm effet, en mettant la division dans l'homae par le combat de l'esprit contre la chair
E elle occasionne. Le jugement terrible de eu, que l'Ecriture nous annonce comme Irvantse faire au dernier jour, est bien caifble d'inspirer de la crainte, à quiconque eut bien y réfléchir et considérer qu'api*ès elle vie il ne reste au pécheur et à l'impie Jus de temps pour faire pénitence. Notre oieurfait une peinture assez vive de ce )ur terrible et de ses suites ; de la résureccon qui se fera en un moment au son de I trompette, de l'arrêt irrévocable qui sera ironoacé,des actions sur lesquelles lesbom- ^ seront jugés ; de la récompense que les astes recevront, des peines éternelles et du ku auxtjuels seront condamnés les niéibauls, ave«: les au^es rebelles et les dé-
i)u peut dire de cet ouvrage que le plan !n e^t beau, mais qu'il n*est pas aussi neutuscmeut exécuté qu'il eût pu l'être, si auteur avait été plus méthodique, et s'il «était moins livré à'son goût pour l'allégo-rie; $\ enfin, faisant usa^e de ses lumières ri de son érudition , qui était assez vaste pour le siède où il.a vécu, il se fût plus appliqué à traiter solidement les questions, luâ les multiplier inutilement. Voulant Hrler de toutes les vérités de la religion, tt d*une inlinité de choses encore, il ne fait presque que les montrer, sans les appuyer lardes raisons solides, et il perd souvent son «fijelde vue. Il est vrai qu'il parle à des tiiièles convaincus des vérités qu'il leur .met fua.s les yeux ; il n'avait point alors affaire *<le prétendus philosophes tels que nous en ^^TOQs de nosjours, qui révoquent en doute it*) vérités les plus constantes, se livrent à des raisonnements aussi vains qu'impies contre une religion qui a toujours triomphé, ^Iqui triomphera toujours de l'erreur et du DtQsoQge. Cependant cet ouvrage, tel qu'il ttt, a dû beaucoup coûter à son auteur, et prouve qu*ii avait non-seulement beaucoup u et beaucoup médité TEcriture sainte, mais qu'il était irèfr^versé dans la lecture des l'ères, et même des auteurs profanes, et Jurlouldes poètes.
Sur /ei douze peiiu prophètes. — Le secf>Qd ouvrage de Rupert, selon l'ordre de
1 édition aoe nous suivons est son Commeft-
iaire iur les douze petits prophètes. L*auteur, en s'adressant à Frédéric, archevêque de Cologne, qui l'avait exhorté à entreprendre ce travail, lui témoigne que dans les livres des prophètes, ainsi aue dans les autres de TEcriture sainte» il n a cherché que Jésus- Christ, dont la vérité, dit-il, a possédé leur cœur, rempli leur bouche, et conduit leur plume, aûn qu'ils n'eussent d*autre intention que de la glorifier. Nous ne nous étendrons point sur ces explications qui sont dans le même goût que celles dont nous avons déjà parlé. Jésus-Christ et son Eglise, c'est ce que cherche partout Rupèrt; et c'est en effet ce qu'il faut chercher dans l'Ecriture sainte. Mais il ne le fait pas avec assez d'ordre et de méthode, de sorte qu'en général ses explicatiotis sur les différents Itvros saints sont moins des commentaires suivis, propres à éclaircir et à donner l'intelligence du texte, qu'un recueil d'excellentes pensées et de réflexions pieuses et édifiantes faites sur le texte sacré, qui lui donne occasion de parler de Jésus-Christ et de ses mystères, de son Eglise, de ses élus, et des vérités du christianisme. Le sens littéral de TEcriture yest trop négligé; lemystique et le moral sont ceux auxquels s'applique l'auteur, qui d'ailleurs montre du savoir et une érudition peu commune.
5ttr le Cantiifue des cantiques. — Ce commentaire est divisé en sept livres, dont le texte sert de base à l'auteur pour traiter du mystère de l'Incarnation. Tout cantique dans l'Ecriture est une action degrftces pour remercier Dieu de quelques bienfaits qu'où a reçus... C'est pour c6la que ce cantique n*est pas appelé simplement Cantique, mais le Cantique des cantiques, parce que le bienfait dont on y rend grâce à Dieu est le bienfait des bienfaits. C'est un commentaire suivi sur cette partie du texte sacré que le commentateur applique presque tout entier à la sainte Vierge. Il relève l'excellence de ses vertus et les prérogatives qu'elle a reçues de Dieu, en qualité de Mère de Jésus- Christ, Dieu et homme. C'est en ce sens qu'il explique ce livre de l'Incarnation, qui dans son plan devait être le principal objet, et qui dans l'exécution n'est que l'accessoire. 11 s'y étend, iu)mme dans ses autres commentaires, sur quantités de lieux communs, sur les mystères de Jésus-Christ, le péché de nos premiers pères, les promesses faites à Abraham, les persécutions que le démon a suscitées contre la Synagogue et contre l'Eglise. Le septième et dernier livre est tout onâer sur TEglise de Jésus-Christ et traite particulièrement de sa naissance et de ses commencements.
Sur Job. ^ Ce commentaire est divisé en quaraute-deuxchapitres. Dans lenrologuequi est à la tête, l'auteur embrassant le sentiment de saint Jérôme, dit que c'est mal à propos que quelques-uns ont avancé que Job était de la race d Esaû, et prétendu qu'il descendait de Nachor, dont le fils aîné se nommait Uus, et donna son nom au pays que Job habitait. C'est un abrégé des Morales de s«ini