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Grégoire sar le.môme sujet. Du reste, Raperl ne s'en cache pas, et déclare même positivement que, tant pour le sens que pour les expressions, il a beaucoup emprunté à cette fertile abondan^^e. Son commentaire esi historique, aHégorique et moral.
Sur V Ecclésiaête. — Ce commentaire partagé en cinq livres est une des dernières productions de la plume de l'auteur, qui le composa dans sa vieillesse et le dédia à un moine de ses amis, nommé Grégoire. Au début du premier livre, Fauteur donne une idée assez juste de VEcclésiaste^ qui l'emporte de beaucoup sur tous les écrits des plus fameux philosophes de Tantiquité, tels
aue Platon, Pythagore, Socrate, Aristoie. n voit qu'il avait lu ces philosophes et même les orateurs et les poètes païens. Il lait usage des Pères et particulièrement de saint Augustin, mais sans les citer. Ce commentaire est de tous ceux deRupert, le plus suivi, le plus littéral et celui où il donne le moins dans Tallégorie, auoiqu*il n*en soit pas exempt. II est rempli de beaux traits de morale. Il parle des prédicateurs de son temps d'une manière qui leur fait peu d'honneur, pas plus qu'au goût du siècle. « Les plus ignorants, pourvu qu'ils fussent effrontés et qu'ils eussent une grande volubilité de langage, ne manquaient pas de gagner la faveur du peuple, tandis que les plus savants languissaient dans la pauvreté et la misère: »
De la gloire et de rhonneur du Fils de l'homme. — Le but de l'auteur dans cet ouvrage, étant d'établir )a gloire et la grandeur de Jésus-Christ, Dieu et homme, il choisit VEvangile de saint Matthieu pour lui servir de matière et de fondement. Il fait un commentaire suivi de cet Evangile, jusqu'au trentième verset du douzième chapitre. Il emploie neuf livres à commenter ces douze chapitres. Puis il passe tout à coup à la passion du Sauveur, dont le saint évangéiiste rapporte l'histoire dans les chapitres XXVI et xxvii. On retrouve dans le plan de cet ouvrage, plus que dans aucun autre du même auteur, son goût dominant pour Tallégorie. La vision du prophète Ëzéchiel, sur Je fleuve deChobar, en forme le dessein et les quatre animaux que vit le saint prophète en font la division. Car ce n'est autre chose qu'une allégorie perpétuelle sur les quatre animaux dont chacun avait quatre faces.
Ces quatre faces, selon l'allégorie de Rupert, sont les quatre grands mystères de Jesus- Christ, son incarnation ou sa naissance, sa passion, sa résurrection, son ascension. Tel est le plan de cet ouvrage, partagé en treize livres, dont neuf sont emplovés a expliquer la première face, qui est ceHe de l'homme. Il y prouve que Jésus-Christ est le véritable Messie, l'objet de l'attente des anciens justes; ce qu'il montre par les circonstances de sa naissance et celles de son baptême; par ses miracles, sa doctrine, toute sa conduite, le pouvoir qu'il a communiqué à ses apAtres de faire des miracles, etc. Mais cela est noyé sous tant de réflexions , de hors
d'œuvre et d'allégories, cjif on pew de vuh le principal objet. La deuxième iac<', qui esi celle au veau, représente la (lassion de Jésus-Christ et fait la matière des x, xi ei xhi livres. Il parle fort succinctement des deui autres faces, qui sont celles du lion et M l'aigle, et encore ne le fait-il qu'à la (in h dernier livre. Cet ouvrage, indépeudaïameiu des allégories qui s'y trouvent à nroAisioc, est encore rempli de questions théologiquti étrangères à son sujet, et traitées suferfi* ciellement de manière au'on a peine i^rteU
Îuefois à saisir sa pensée ; cependant oq j écouvre des choses excellentes et uae grande variété.
De la glorification de la sainte Trinité tt éf la procession du Saint-Esprit. — Ku|.e(t composa cet ouvrage à la i>rièredeCuri(>Q, évêque de Ratisbonne, qui Tavail pres^é 'ii travailler sur ce sujet, et de combattre, 1* i| perfidie des Juifs, en prouvant le mystère •;« la Trinité par la loi et les prophètes, c'est-àdire, par des textes tirés des Ecritures que les Juifs eux-mêmes reçoivent comme ca nuniqpes : 2* de faire voir pourquoi et moment il convenait mieux que la secooJ^ personne de la Trinité, qui est le Fils,$iocarnftt que le Père et le Saint-Esprit; 3*iif démontrer enfin, que le temps auquel les prophètes ont prédit que le Messie devait arriver est celui dans lequel est né Jésu5- Christ. Tel est le dessein de Touvraj^e. l/au* teur n'en a pas mal rempli la première |idN tie, en recueillant dans l'Écriture touttV qu'il a cru propre à relever la çloire de c« mystère. Quant à la seconde, il s'y arrètf^ fort peu, quoiqu'il y parle fort longuemeni des dons et de la divinité du Saint-Espn!, ce qui, du reste, rentrait dans son sujet, qui consistait à prouver aux Juifs qu'il va trois personnes en Dieu.
Sur VEvangile de saint Jean. — Ce imi'' est adressé à Cunon, par une éptlre dédhatoire trop importante, pour que nous n'en rendions pas compte. Cette pièce suflirait seule pour justifier Rupert contre les souj^ çons et les accusations injustes formées cou* tre la pureté de sa foi sur le dogme de l'Eucharistie. En effet, bien loin qu il enseigtiii rien de contraire au sentiment de TE^Ii-^ sur ce mvstère, nous apprenons par cette épîlre quune partie de ceux qui attaquaient les ouvrages de Rupert, étaient des discifit'S de Rérenger, dont il combattait les erreurs. Ces censeurs, cachant leur véritable dessein» accusaient Rupert de vanité et de présonif" tion, parce qu'il donnait des comment^irf^ sur i'Ëcriture et sur saint Jean, et qu'i^ travaillait sur des matières que saint Augustin avait déjà traitées. La plupart deceaî qui tenaient ce langage, soutenaient d'apm leur maître, que le sacrement du cornet du sang du Seigneur n'est qu'un signe duoe
chose sacrée, et prétendaient même, que tel a été le sentiment de saint Augustin. Ceqoie5i
absolument faux, dit Rupert. « Pour nwu ajouto-t--il, je combats ce sentiment eU^ soutiens que c'est le vrai corps de Jt*ti5- Christ qui a été livré pour nous , et son vrai
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DE PÂTROLOGIE.
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Dgqoiaélé répandu pour nous, comme ^\\$ck croit. Voilà» continue Kupert, ce Il leur a Tait dire que je liérogeais à Taunw H à la réputation desaint Augustin, par ^ H>n(iments opposés à ceux de ce grand é juis que Béreuger avait coutume de cir(Miurétayer ses erreurs, en donnant uu mm sens à se» paroles. Mais personne, iiré>ent, o*ose plus ni professer, ni défen- ? ouTertement ce sentiment, toute TEse assurant que c'est le véritable corps et rentable sang de Jésus-Christ. »
Kupert, après s'élre justifié de quelque omnje et avoir exposé dans son vrai jour la '(fine de saint Augustin, explique ainsi seijtiments sur l*£ucbaristie. « Le corps Iciang de Jésus-Christ, dit-il, convienit en trois manières et ne diffèrent qu'en t seule. Ils conviennent dans le noiu, la |se et Teffet, et ne diffèrent que dans les kireuces. Ils eonvienneut, dis-je, dans le n parce que le Souverain Ponlire des 01 qui, étant la vérité même, na pas couse de donner de vains noms aux choses, (•ds dit seulement : Que ceci soit appelé n corps, que ceci soit appelé mon sang; Isiladit : Ceci est mon corps et mon sang. |St dans la chose, parce que certainement ist le Saint des saints dans celte forme, ai véritablement que dans celle en ladle il a été livré et percé d'une lance. Il (t aussi dans les effets, parce que , de me qu*il a opéré la rémission des péchés ti cette forme avec laquelle il a été aitai à la croix pour tous ceux qui Tavaient mdu depuis I origine du monde, avec foi, i^ec les sacrements de la loi joints à la ((lepujs le juste Abel jusqu'au bon larron, û il opère véritablement sous les appâts du pain et du vin |a rémission des pé- % jH)ur tous ceux qui ont eu ou ont la luefui^depuisqu'ilaquitté le monde pour oier au ciel. Il diffère sous les formes, tl-^-dire, sous les apparences, ce qui est ^-avantageux, dans la crainte que la cou- ' ti k goût du sang ne causasssent de Thorira ceux qui le reçoivent; mais aussi nr remédier par un contrepoison propor- QQé et convenable à la trop grande cré- 'tléde nos premiers pères; car ils ajoutai foi aux paroles trompeuses du diable r une chose qu'ils ne voyaient point, en Vaut que Tarbre du fruit défendu renfer*ui en lui-même une vertu capable de les iiilre semblables à Dieu. En mangeant de 'ruit, ils moururent. Croyons au con- ^>r^ dit-il, à Dieu notre Sauveur, vrai itocère dans une chose que nous ne )<mspas, savoir gue le pain et le vin sont ^agés en la véritable substance de son > et de son sang. Mangeons-en et bu« o»-en tous, afin de vivre éternellement. » vuam au commentaire en lui-même, qui Mariage en quatorze livres, on peut dire ^^ cest un des ouvrages que Tauteur a >uiilé avec le plus de soin, le mieux écrit, '^lui dont on peut tirer le plus de fruit à Mure. 11 suit le texte verset par verset et ^xpiii)ue à la lettre, mais non sans retom-
ber dans le sens allégorique ver^ lequel il est toujours» porté par son goût dominant. Il est rempli d'excellentes choses, la plupart tirées des Pères, quoiqu'ils soient rarement cités. L*auteur, suivant le génie d'un siècle où la scholastique commençait à Caire des progrès, traite une grande quantité de questions, mais très-superliciellement. Les sept premiers livres forment une espèce de cours de théologie. Le but principal de Ru* pert est d'établir la divinité de Jésus-Christ et de montrer qu'il est vraiment Fils de Dieu et vraiment homme. 11 découvre cette vérité dans chaque verset de l'Ëvangile uu'il commente, et y joint des textes de 1 Ancien Testament , en indiquant avec assez de justesse ceux qui ont rapport à quelque circonstance de la vie de Jésus- Christ. 11 serait à souhaiter que Bupert eût su se borner et qu'il n'eût pas embrassé tant de matières. Car en voulant interpréter une Krande partie, tant de r£criture que des dogmes catholiques, il entasse passages sur passages, et parcourt si rapidement ce qu'il traite qu'il ne fait pour ainsi dire que montrer ce qu'il prétend établir. 11 appelle l'Ësprit-Saint à son secours et le prie de lui servir comme de boussole pour le diriger dans l'étude des profonds mystères que renferme l'Evangile de saint Jean. Les saints docteurs, dofit la foi a toujours été saine, et qui ne sont jamais tombés dans aucune erreur, sont encore pour lui comme des astres brillants, lucida ridera^ sur lesquels il jette les yeux, aQn de ne point s'égarer, en marchant sur leurs traces. Quant aux hérétiques, il les appelle des pirates, des étoiles errantes, des astres trompeurs qu'il s'efforcera toujours d'éviter. 11 regarde 1 Evangile de saint Jean, comme celui de tous les livres de l'Ecriture, dans lequel il est plus dangereux de se méprendre, parce que le saint évangéliste y traite des mystères les plus sublimes de la relixion. En effet, Rupert a suivi exactement la règle qu'il s'était proposée, tous les dogmes, dont H y parle, sont expliqués d'une manière très-claire, très-orthodoxe et très-concise. Comme on attaquait particulièrement sa croyance sur le mystère de l'Eucharistie, il consacre deux livres, le vr et le vii% à s'expliquer sur ce dogme, avec une netteté et une précision capables de fermer' pour jamais la bouche à ses ennemis.
Sur V Apocalypse. — Ce commentaire est dédié à Frédéric, archevêque de Cologne. Il serait difficile d'en donner une analyse suivie, surtout d'après le plan de 1 auteur, parce qu'il s'en écarte si souvent lui-même, et le perd tellement de vue, qu'il paraît l'avoir oublié; de sorte qu'en voulant le suivre, on risque de se perdre avec lui à travers les lieux communs ou il est presque toujours égaré. Ce n'est pas cependant qu'on n'y trouve beaucoup d'excellentes choses également édifiantes et instructives, mais elles ne sont ni digérées, ni même assorties au plan qu'il s'est proposé. Rupert s'y montre d'une exactitude dogmatique aussi absolue
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dans ce cominentAlre que dans les autres. On peut 8*en convaincre par ce qu'il dit en
Îieu de mots sur la foi sans les œuvres, sur a crainte, sur la grAce et la prédestination, sur la présence réelle de lésus-Christ dans le sacrement de TEucharislie. Quelque diffus qu'il soit d'ailleurs par Tabondance des Eensées et la multitude des objets qu'il emrasse, il a le talent d'exprimer ce qu'il dit, d'une manière fort succincte, et même avec beaucoup de noblesse et de force dans les termes. Nous n'en citerons pour exemples que ces paroles du t 6 du cbap» 1". H nous a fait Toin et prêtres de Dteu son Pire. « Quelle bontél dit-il; il nous a rachetés par son sang précieux, non pour nous rendre esclaves, mais pour nous faire rois et prêtres. Lui seul était roi et prêtre, et d'esclaves que nous étions du péché il nous fait nous-mêmes rois et prêtres. II n'y a point de distinction entre nation et nation, entre tribu et tribu, parce qu'il nous a engendrés, non selon la chair, mais selon Tesfirit. Et, quoiaue tous ne soient point appees à remplir les fonctions du sacerdoce, en consacrant le corps de Jésus-Christ, nous sommes néanmoins tous prêtres pour nous offrir no^s-mêmes à Dieu; et jamais le sacrifice ne cessera, parce qu'après cette vie, nous lui offrirons éternellement le «acriflce de louanges. »
De la victoire du Verbe de Dieu, — Ce traité est divisé en treize livres, et chaque livre en plusieurs chapitres. L'auteur commence par donner une idée du sujet qu'il entreprend de traiter. « Nous appelons, ditil, victoire du Verbe, l'effet et l'ouvrage consommé du dessein de Dieu« que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les choses {présentes, ni les futures, ni la violence, ni ce qu'il j a de plus haut et de plus profond, m aucune créature n'a pu empêcher que Dieu n'ait fait et u'empêcnera qu'il ne fasse selon qu'il a résolu. Afin de faire admirer davantage la srandeur et l'importance de la victoire du verbe, il fait connaître l'ennemi qu'il a eu à combattre, et qui a voulu traverser les desseins de Dieu. C'est le grand dragon qui a sept têtes et dix cornes ; l'ancien serpent , appelé le diable ou Satan. C'est li l'ennemi du Verbe de Dieu, qui est Dieu lui«-même, consubstantiel au Père. On le connaît par les créatures, qui toutes ont été créées par lui; mais on le connaît d'une manière plus parfaite par lui-ipême*
L'homme est Toccasion du combat qui dure depuis le commencement du monde, et qui ne finira qu'avec lui, entre le Verbe et le démon. Cet ancien serpent a toujours fait tous ses efforts pour empêcher l'exécution des desseins de la miséricorde de^Dieu sur rbomme, et a élé l'ennemi irréconciliable du Verbe de Dieu. L'homme ayant été créé h l'image et à la ressemblance de Dieu , le démon a voulu lui enlever cette perfection t en le tendant semblable à lui, orgueilleux et désobéissant.
Pour remplir ce plan, notre auteur par-
court les livres saints et en extrait tous \h passages, les faits, les événements , où iw voit les efforts que le diable a tentés piuf arrêter les effets de la miséricorde de Di^i et de sa bonté pour les hommes : c Tnn l'Ecriture, dit-il, est le livre des gnem du Seigneur, dont parle Moïse, qui eoi écrit une partie considérable, c'esi-è-diii le Pentaieuque, et qui , étant prophète, j connu par l'esprit de prophétie que ks n très livres, tant^de I Ancien que du Nai veau-Testament, seraient écrits. Qui m douter que ce ne soit avec raison qu'oo pelle risicrilure sainte le livre des ^ue du Seigneur? Car que contient -elle a chose que les guerres et les oombau Verbe de Dieu pour la destruction du ché et dé la mort? Ce combat a comm lorsque Dieu dit au serpent : Je mettrai inimitié entre toi et la femme^ entre ta ra la sienne: elle te brisera la téte^ et lu t&tk de la mordre au talon. {Gen. m, 15.) G templons de là, dit notre auteur, comme sommet d'une haute montagne, la valeur Verbe de Dieu, qui descend dans uneplii vaste et spacieuse, contre la malice ou mensonge du démon, cet ancien ser Considérons comment il Ta combattu, (fi ment il l'a vaincu, comment il en a in phé. Enfin, après avoir accompli le de qu'il s'était proposé, en bénissant nus miers parents; dès le commencement monde, il dit: Venez, les bénis de Père, possédez le royaume qui vous est paré , dès le commencement du monde.
Caïn est le premier de la race du ser[ et Abel, le premier de la race de la fem La mort de celui-ci a été la flgure de ia toire du Verbe de Dieu. Caïn est le clicf tous les réprouvés, Abei| de tous les éti La race des justes éteinte, selon la chair, ' le meurtre d'Abel, fut rétablie par la d sance de Seth, et ensuite d'Enos, et le mon corrompit encore la race des justes Valliance qu ils contractèrent avec des fi mes étrangères, c'est-à-dire de la ràcei Caïn. La corruption devint si grande ff Dieu voulut exterminer tous les hooimeM il n'j eut qu'un seul juste qui trdura i.tM devant le Seisneur. Noé , avec ses eofaotl fut préservé dfes eaux du déluge, après ta
3uet il reçut la même bénédiction que M onna à nos premiers pères, en leur ûM après les avoir créés : Croissez, niulùiiM et remplissez la terre. Dieu fit asez coad^ tre son dessein sur les élus et les préJftti' nés qui devaient naître, se multipii^'^ croître en mérites jusqu'à la fin des siè(K Le Verbe de Dieu forma ainsi dans la po" sonne de Noé et dans celle de ses eofaiitit des hommes célèbres, pour exécuter 5« desseins. La race de Sem a été choisie $[«cialement ; c'est elle qui a reçu i adopuofl des enfants de Dieu, sa gloire, son alliaoct. sa loi, son culte, ses promesses» lesqueiit^ ont été faites à Abraham, qui était deiceodant de Sem.
11 n'est pas possible de suivre RopertdJfl$ tout ce qu il dit sur le suû^t qu il a cotrBpni
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le traiter : nous dirons seulement que lois* 8Dt là les allégories et les sens mystiques, |Di attirest, pour l'ordinaire, sa principale {lentioo, il écrit en forme d^bistoire les uerreéi du Verbe de Dieu contre le dé^ son» appliquant à son plan les principaux réoements rapportés dans les livres saints. I décrit historiquement les efforts de Tan^ kn serpent ou du dragon pour dévorer la iinme, qui devait mettre au monde Tenfant liledontil est parlé dans VApocalypse. It ifi voir la mauvaise volonté de Tangc de 'nèbres contre Thomme et contre Dieu ^me, dont il prétendait anéantir les proes5es par les vexations, les persécutions ei s guerres qu'il a suscitées centre les Israéles pour faire périr totalement cette na« )o, dont il savait que devait miître le Mes^i Les mauvais traitements faits à ce peg- F l'or les Egyptiens et les autres nations isincs, le schisme et Ia division des deux laumes de Juda et d'Israël, les iniq^uités opres de cette nation, spécialement Vidotrie, les guerres qui lui ont été faites par \ |]ualre grandes monarchies, surtout par }tiocbuSt tout cela était autant de mojens ' \t le dragon a employés successivement ur arrêter l'effet des promesses de Dieu. lis le Verbe de Dieu a rendu tous ses efrl$ inutiles; et la femme qui devait metuu monde l'enfant mile a été préservée i dragon qui la poursuivait ; les cris Telle a jetés, c'est-à-dire les prières de !^li.-ie, ont été exaucées. Le Messie promis t arrivé dans le temps marqué; il a rempli D ministère, a vaincu le démon par sa )rt, a fermé son Eglise et triomphé de ses iiemis. Ses apAtres et ses disciples ont (thé sa doctrine par tout Tunivers, et ont ibli l'Eglise, malgré toute la puissance [naine, que le démon avait armée pour apposer à son établissement. Le démon i*nième, chassé de ses temples et du cœur s hommes, a été obligé de céder au Dieu rilabie qui Ta désarmé. Toulefoi»^ cet an- .'0 serpent a employé un moyen plus D^;ereux que les précédenis, c'est la voie iâ séduction, par les hérésies qu'il a susses dans TE^Iise pour corrompre la foi et re f»érir les udèles ; mais ses desseins ont œrc échoué. Quelqu'etfort qu'il ait fait, n*a pu, ni par les païens ni par les Juifs, par les hérétiques, empêcher reffet des nmesses faites a Abraham, dans la race iquifl toutes les nations ont été bénies. Le ^bede Dieu a renversé tous les obstacles li s'opposaient à ses desseins de mjsérirde. £nGn, il a toujours été et sera tou- UD vainqueur jusqu'à la fm du monde, où (l«^truira l'Antecbnst par le souffle de sa ^orhe. Alors la mort sera détruite, et la desiciinn de la mort sera la consommation de vidoire du Verbe de Dieu, et l'accomplisseenl de ses desseins sur les élus, auxquels il ra: Venez, les bénis de mon Père, possédez royaume qui vous est préparé depuis la t'^iiondu monde. Rupert prétend que, com- ^ le Verbe de Dieu est Dieu et homme, usi I Antéchrist sera diable et bomme. ^
Tel est, en général, le plan de ce traité, un des plus suivis et des plus méthodiques de notre auteur, et celui dans lequel, peut^ 6ire, il s*écarte je moins de son sujet. On j 4rouve beaucoup d'élévation , et des idé«s grandes et nobles sur la religion, dont il fair sait sa plus douce étude. Quoiqu'il suive, ep citant les textes de l'Ecriture, les explications que les Pères et les docteurs en ont donné avant lui, il le fait d'une manière frappante, et avec une tournure qui a tout l'agrément de la nouveauté. Il rappelle souvent le mystère de la femme qui doit meltrç au monde un enfant mAle, et du dragon k sept tètes et à dix cornes, toujours prêt k le dévorer aussitôt qu*il sera né; mais il ne multiplie ces rapprochements que iiarce que c*es( en cela que consiste principalement le but de son ouvrage
De9 divins offices pendant h cours d^ fan*née, — Cet ouvrage est divisé en douze livres. Outre Tépltre dédicatoire, adressée à Cunon, il est encore précédé d^un prologue, dans lequel Tauteur remaraue d*abora que le3 divins oQices que l'Eglise célèbre piendaiit le cours de l'année demandent un auditeur attentif et un maître habile dans la science des Kcritures pour les expliquer. Puis il fait sentir Tavantage qu'il y a dYtre instruit des motifs qui ont porté les saints è établir les offices et les cérémonies pour honorer Jésus-Christ. Ces saints, qon contents de prêcher de vive voix et par écrit les mystères de Tincarnation, de la nativité* de l|i passion, de la résurrection, de l'ascension, dont ils avaient une connaissance parfaite, ont encore voulu rappeler aux fidèles le souvenir de ces mystères par les o(Bces et les cérémonies. Les célébrer sans connattro les raisons de leur institution, c'iDst commâ si l'on parlait une langue que l'on n*entend
I)as. Or celui, dit saint Pauli qui parle und angue doit demander le den de 1 interpréter. Rupert ajoute néanmoins que ceux qui assistent avec foi et avec piété au< oflices et aux cérémonies de l'Eglise sans avoir cette connaissance ne laissent pas d'en tirer du fruit. L*auteur Gnit en implorant le secours du Saint-Esprit, dont les lumières lui j^onl nécessaires pour exécuter son dessein» et il prie les personnes qui, ont Ju les mêmes matières traitées par des auteurs plus anciens que lui de ne point mépriser son ouvrage, quoique nouveau, d*autant plus qu il ne prétend point diminuer le mérite de ceux qui l'ont précédé, et parmi lesquels 11 ciic Ama'.aire et plusieurs autres.
Dans le premier livre, il traite des sept heures canoniales, et dit que personne r.e peut les omettre sans se montrer ingrat. Elles sont comme un tribut de louanges et d'actions de grâces que nous devons h notre Sauveur pour les bienfaits signalés quo nous avons reçus de lui. R4en de plus éd fiant, de plus instructif et de plus propre h nourrir la piété que ce que dit Rupert sur chacune des heures canoniales. 11 remarque que les cloches^ par le sou desquelles on appelle les ûdèles è la célébration de Toffice
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divin, ont succédé aux trompettes dont on se servait autrefois, par l'ordre de Dieu, pour assembler le peuple. Il passe ensuite.au minisire de Tautel, et fait la*description de tous les habits dont il est revêtu pour offrir le sacrifice. En parlant du pallium que le Pape envoie aux archevêques, il parle de quelques-uns des plus anciens sièges des Gaules, et donne à l'Eglise de Reims la prééminence sur toutes les autres. La raison 3u*il en apporte, c'est que cette Eglise, étant éjà métropole, a eu l'avantage d'avoir pour pasteur le grand saint Rémi, qui a converti a la foi catholique le roi avec la nation des Francs. Il donne à l'Eglise de Trêves, pour premier évêque, saint Maternus, qu'il dit avoir été envoyé par saint Pierre ; à celle de Mayence, saint Crescens, qu'il prétend avoir été discij)le de saint Paul, et q^^ui a aussi fondé l'Eglise de Cologne, qui lui doit sa primatie.
Nous ne suivrons pas notre auteur dans tous les détails où il entre sur les différents offices qui se célèbrent encore pendant tout le cours de l'année. Cela nous conduirait trop loin, et sans que le lecteur en tir&t grand avantage, d^autant plus qu'il ne remonte point à l'origine des différentes prati- 3ues religieuses, et qu'au lieu de chercher es raisons naturelles de leur institution, il n'en donne que des explications mystiques^ ou se contente de quelques réflexions pieuses ; il j mêle aussi beaucoup de questions 8ui pourraient être mieux placées ailleurs. m voit, par les nombreux détails dans les- 3uels il entre sur la célébration des offices ivins et sur les usages de l'Eglise, que ce qui se pratiquait de son temps est à peu près la même chose que ce qui se pratique enrore aujourd'hui.
De Vincendie de la ville de Tuy, — Peu de jours après ce sinistre, arrivé le 25 août 1128, Kupert composa ce petit ouvrage, divisé en vingt-trois chapitres. Il y adresse la parole aux religieux ae son monastère, les exhorte à se soumettre aux ordres de Dieu et à se montrer reconnaissants d'avoir, comme par miracle, été préservés des flammes. Il parait que c'est un discours qu'il f)rouonça en présence de sa communauté, à aquelle il donne des instructions solides et pathétiques à l'occasion de cet événement. On n'v trouve aucun détail circonstancié de l'aceident qui en fournit la matière, ce qui eût été inutile, puisqu'il parlait à des personnes qui, comme lui, en avaient été les témoins; mais on y voit de grands sentiments religieux et un jgrand zèle pour le maintien de la régularité. En un mot, la pièce est très -édifiante par le (on de piété qui y règne, et donne une idée très-avantageuse de l'auteur.
De medilatione mortis, — Deux livres De la méditation de la mort^ dont le premier contient dix -neuf chapitres, et le second neuf. Cet ouvrage, coûime le précédent, a été composé à roccasion de l'incendie de Tuy. Quoiqu'il soit utile à l'homme de se souvenir qu'il doit mourir, parce que cette
pensée lui inspire de Tinquiétude et île crainte, à cause du compte qu'il doit ren<l après sa mort, cependant ce n'est point cela seul que consiste la méditation de mort, qui fait la perfection de la Tîe sage. « Elle consiste i croire fermem que l'homme étant mort dans Pâme fiar péché, il lui est avantageux que Dieu ' mourir son corps et qu'il ne vive pas jours, parce que du sein de la mort niêm tire un trébor de vie et de salut par Jés Christ, qui a voulu s'assujettir à la comme nous. » Toutes les afflictions de c vie, et la mort, qui est la plus grande toutes, sont des suites de'l'état dans le l'homme est tombé par le péché; et il les regarder comme des instruments de et de salut, que Dieu lui met en main en faire un bon usage, avec le secours grAce. C*est là ce que Rupert se propos traiter dans cet ouvrage. L'exécution d plan, qui est très-beau en lui-même, pas des plus brillantes. On y trouve n moins des réflexions très-justes et très-si des, et des comparaisons qui sont heureul Telle est celle qu'il fait de la mort du ai et de la mort de l'Âme. De même qu corps séparé de l'esprit, qui lui donne ia n'est plus qu'un cadavre ({ui se corromp est réduit en cendres, ainsi l'âme sé\M de Dieu, son Créateur, par le péché; riioo est mort, il est comme un' cadavre et sépulcre rempli de pourriture,... Le s^-^ souvient toujours de cette mort, don souvenir lui est amer, par laquelle I pécheresse, abandonnée de l'Espritdul vivant, devient le sépulcre d'un mort, c è-dire du diable. Mais lorsqu'il voit Tjde cette mort dans celle de quelque sonne qui lui est chère, alors il se soar de cette grande mort, qui fait plus d*impi sion sur lui parce qu'il considère d'une | la perte qu'il fait d'un ami dont la soo était sa consolation, et que de l'autre il des réflexions sur l'état de TAmedecet et sans doute sur celui de la sienne, coi mément à cette parole du Sage : Ayez de votre âme. {Eccli. xxx, Si.) Car
auelqu'un qui puisse savoir s'il est i\ 'amour ou de haine; c'est-à-dire digne la vie, qui est Dieu, ou digne do la m<»rt7 mort de l'Ame précède celle du corps; lorsque nous naissons nous sommes m dans l'Ame par le péché de nos preoi pères. La mort de l'Ame vient du démui la mort du corps est unejuste puirilioo>j{ la sage providence de Dieu a iinpi^ l'homme; car si, après le péché, Dieuif permis que nous fussions immortels, û> aurions été semblables aux démoo$,|)uiM nous aurions eu comme eux une misén' éternité ou une éternelle misère.
De la volonté de Dieu. — Cet oavrage partagé en vingt-six chapitres, et prc d'une préface qui est une prière |»ar I quelle l'auteur demande à Dieu les loniiè nécessaires pour bien traiter le sujet 5ur/«*-
3uel W entreprend d'écrire, afin de ne t'vu ire que de conforme h la vérité.
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DE PATKOLOGIE,
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Kiiperl y attaque deux hommes célèbres ik Min femps : (luillaume de Cbampeaux, alors éréqup de Châlons-sur-Marne, et An- H'Io^ede taon. Voici ce qui donna occasion àrel érrit. Vu des nombreux disciples de ri^s (ifui iiallrr.s fameux, qui se trouvait ihnf le monastère de Tuy, témoignait avoir ijprisdeux que Dieu veut que le mal arrive Kqtril a voulu qu*Adam péchfit. Cet élève iff> Guillaume et d*Ânselme soutenait celte l<i»pf>jiiion, non par Taulorité de l'Ecriture, w en s*ajipujant du grand nom de ses nuKres pt i\ admettait par rapport au mal loe double volonté : l'une îqui l*approuve, î rentre qui le permet. Rupert s'adresse à luillaume et à Anselme, et leur dit que, 'il ârait été à portée d'avoir un entretien Hc eux, il se serait informé s'il peut être ni quo des maîtres ès-^arts aient enseigné t qu'on leur attribue, en admettant une Erision aussi frivole que celle des deux Montés du mal, dont l'une l'approuve e*t tutre le permet. Puis il les presse par ce lisonneaient : t Quoi, dit-il, si la volonté B mal est le genre, et que les espèces mt^nues sons ce genre soient une volonté îi approuve le mal et une volonté qui le 'met, la volonté qui permet sera-t*elie )nne ou mauvaise? Si on la dit mauvaise, «iioentsera-t-elle opposée à la volonté qui iprouve le mal ? Si elle est bonne» cornwi sera-l-elle une espèce de volonté du «J? Ensuite il soutient et prouve, par l'auri(é (Je l'Ecriture, que la permission de ieu n*est autre cliose que sa patience, sa Wé.sa longue tolérance. A la vérité, Dieu, I ifitTérant de punir les pécheurs, permet [quelque sorte que le mal arrive; mais ue permission ne peut être attribuée. à s* mauvaise volonté ou à une volonté du tl Au Contraire, c'est une bonté de Dieu H invite le pécheur à la pénitence. Il pnire que Dieu ne veut point le mal, loiiiu'il Ift permette; il explique de quelle >D!ère il faut entendre ce qu'on lit dans tcrilure, que Dieu eudurcit le cœur d« toraou. Tous les hommes, dît-il, ont péché IDS Adam ; tous méritaient la mort et kitnt dignes des supplices éternels. Dieu , tr UQ elfet de sa miséricorde toute gra« ^I^ a pardonné aux uns et a puni les au- ^!^nr un effet de sa justice. Il a touché les ffûiiers pour les conduire à la pénitence, i^niiurci les autres en n'amollissant point iî« cœurs. C'est 'ainsi que de deux offi- ""^ ^val**menl coupables, Pharaon punit -ft plfait grâce à Tautre. Personne ne l'»e sa conduite. Comment donc ose-t-on «>Qver à redire à celle de Dieu à l'égard des "aiaifs?»
^près avoir réfuté le sentiment de ses •'«rsaires, Rupert entreprend de répondre l'usieurs diaicullés quMIs faisaient. Si •«'^ «lisaient-ils, ne veut pas et n'a pas ''^'<i le mal, pourquoi n'a-t-il pas crée la ^iure humaine telle qu'elle ne pût changer i lasser du bien au mal; pourquoi a-t-il '^ii"é un commandement à Thomme, s'il ' pab voulu qu'il le violât, puisqu'il savait
par sa prescience qu'il le violerait; pourquoi permet-il la naissance de ceux auxquels il eût été plus avantageux de ne jamais naître, puisqu'ils n'ont pas été prédestinés à la vie éternelle? Rupert se propose d'éclaircir ces difTicultés, mais sans perdre.de vue ce que dit l'Apôtre sur la profondeur des iugements de Dieu. Il remarque d'abord qu'il ne convient pas à un homme do bien et sensé d'agiter de pareilles iguestions; c'est vouloir donner des conseils à Dieu et trouver à reprendre en ses ouvrages; puis il y fait des réponses par lesquelles ou voit aue, sur les matières de la grâce et do la prédestination, il suit ce que saint Paul, et après lui saint Aug;ustin et les Pères ont enseigné. Il ne les cite point, mais on s'aperçoit aisément qu'il les avait lus et qu'il était leur disciple.
De la toute'f)ui$$ance de Dieu. — Ce livre, composé de vingt-sept chapitres, est une suite et comme une apologie du précédent. L'auteur répond à cette .objection, qui lui était présentée par les mêmes adversaires ; t Si Dieu, ne voulant point que le mal se fasse, le mal se fait néanmoins, il s'en suit que Dieu n'est point tout -puissant; car, comment est-il tout-puissant, s'il ne peut pas empêcher que le mal, qu'il ne veut pas, arrive? » Rupert reprend la plume avec une nouvelle ardeur pour combattre cette opinion. Tout son but est de faire voir, dans cet ouvrage, que le mal moral, c'est-à-dire le péché, n'arrive point far la volonté de Dieu, et que cela ne déroge eu rieu à sa toute-puissance. Il em{)loie, pour prouver son sentiment, l'autorité de l'Écriture et des Pères, surtout de saint Augustin. Il établit les vrais principes sur la cause du bien et du mal, de la bonne et de la mauvaise volonté. Le pécbé ou le mal vient de la créature, et le bien vient de Dieu. La créature, tirée du néant, tend par elle-même au néant et y retombe. Elle s*éloigne de Dieu, qlii est l'être souverain, se tourne vers ellemême, et tend ainsi vers le néant. C'est là la source du mal, de la mauvaise volonté et du péché. En un mot, la mauvaise volonté vient de ce que la créature est tirée du néant; et la bonne volonté, qui la porte à Dieu qui l'a créée, ou au Verbe par qui elle a été régénérée, vient de la grâce. Il y a cependant dans cet écrit quelques passages qui paraissent moins exacts; mais il faut les ex|>liquer par ceux où l'auteur parle conformément aux principes puisés dans l'Ecriture et les Pères. C'est une règle de l'équité naturelle que l'on ne peut se dispenser de suivre, surtout à l'égard d'un écrivain qui établit, dans la plupart de ses ouvrages, et d'une manière si claire, les vérités que l'Eglise enseigne sur la grâce et la prédestination.
Sur quelques chapitres de la Bigle de Saint" BenoU, — Cet ouvrage, composé à la prière de Cunon, est partasé en quatre livres, et contient encore l'apologie de l'auteur contre les reproches et les accusations de ses adversaires. Il commence par se faire l'appli-
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cation ae ces lparo.es de TEcriture : Que le pauvre paWe, on dit : Qui est celui-'Ci? et^ sHl fait un faux pa«, on le fait tomber tout-àfait. (£cc/t. xuf, 29.) On le traite de la sorte, parce quil a eint»rassé tout jeune la vie religieuse, et qu*il n*a point couru le monde ni passé les mers pour aller écouter les maîtres fameux. Yoilày dit-ii, ce qui me rend méprisable à leurs jeuxi et ce qui leur fait dire : Qui est celui-ci? « Car il compose et parle, il parle et écrit, lui qui n*a jamais vu nos maîtres et nos docteurs. Je suis véritablement bien pauvre, ajoute- Ml; car à peine ai-je pu me procurer du papier pour écrire. » Il fait ensuite le détail de ce qu*il a eu à souffrir de la part de chacun de ses adversaires, et il finit le premier livre en leur donnant à entendre que, quoi qu'ils puissent dire et faire, ils ne réussiront pas à Tempécher d'écrire. Le second livre ne contient qu'une explication toute mystique des chapitres ix, xi et xii de la rè^lc de saint Benoit. Le troisième est intitulé : Du service de l'autel, et a pour but de prouver que, quoique saint Benoit n*ait rien prescrit sur cette matière, rien n'empêche que les moines puissent entrer dans les saints ordres. Le quatrième livre a pour litre : Ve contentione monachorum dtcentium : Ego sum Augustini: ego Benedicli. Ru* pert blâme hautement, et condamne comme contraire à la charité et h l'humilité les contestations qui s'élevaient habituellement entre les clercs et les moines, dont les uns disaient : Je suis à Augustin, et les autres, je suis à Benoit. « C*es( faire schisme, dit-il, (jue d'avoir de semblables contestations; car on ne dispute pas de la sorte sans orgueil. On n*est pas peu enflé de vanité, lorsque, s*attachant plutôt à Tun qu'à l'autre, celui qui fait profession d'être à Augustin dit à celui qui fait profession d'être h Benoit : Augustin est évêque; Benoit est moine; or, un évêque est, sans contredit, plus grand qu'un moine; ainsi, mon ordre est au-dessus du vôtre. Ces contestations se sont échauffées au point qu'on en est venu jusqu'à dire qu'il n'est uas ^)ermis à un clerc de se laire moine, et, qu au contraire, il est permis de tirer un moine de son cloître pour le faire clerc, iiarce que cela est plus parfait. » Rupert s*elève avec force contre ces contemplations ; il tâche d'inspirer Tesprit d'union et de charité aux uns et aux antres, et les exhorte à se défaire de ces idées de prééminence qui n'ont d'autre source que la vanité.
Nous passons sous silence quelques ouvrages peu importants, pour ne pas étendre outre mesure les bornes de cet article. Ceux de nos lecteurs qui désireraient les cgnnaltre, et même se mettre au courant de beaucoup d'autres qui n'ont jamais été im-
f crimes, comme aussi de quelques-uns qui ui ont été supposés, pourront consulter avec avantage Y Histoire de la France littéraire, tome XL
Les détails dans lesquels nous sommes entrés, en rendant compte des ouvrages de
Rupert, et les détails que nous avons donnés, nous dispensent de revenir sur sa d^-. trine pour en faire Tapologie. Nous ajoa«rons seulement qu'aucun écrivain (lu iq^« siècle n'a possédé autant d'érudition. C> chlée,cecélèbredéfenseurd6lafoiderÊglai sur le mystère de l'Eucharistie, contre b attaques du protestantisme, appelle Rupt^ lornement de l'Allemagne. Il le représetii comme un savant d'une doctrine i^prooT», un illustre scholiaste, digne d'être ft)o* paré, pour ses explications de l'Ècriiuif, aux nlus habiles commentateurs, tanlgna que latins. Il ne craint pas de dire que \^ sonne n'a écrit plus exactement ui pl« clairement sur VEvangile de saint Jton i sur VApocalypse. Il en pèse char)ue iar4 dit-il, et, dans ses explications, il appuw tout ce qu'il dit par des passages de TEci ture. On y trouve de très-belles cilatiu de saint Cnrysoslome, de saint Cyrille ei saint Augustin. Il ne se borne pas sen ment à rendre son lecteur plus msiruii plus éclairé pour en faire un docteur; il s'attache à le former à une vie pun* d sainte, à l'embraser de Tamour de DieuJ lui inspirer la piété, l'hurailité, la sou sion à l'Eglise et 1h respect pour les s rieurs. Tel est le jugement que Coi* portait des écrits de Kupert. Il étail, com Ton voit, bien éloigné de les croire inf< des erreurs qu'on lui a reprochées sur T charistie ; cependant on reproche à ces vrages de la prolixité et une composi malentendue, et, plus d'une fois, nous ix été à même de remarquer que ce repr n'est pas dénué de foudement : mais il f au fond de tout cela de belles et fortes sées dont nos écrivains modernes se emparés. Bourdaloue cite souvent T Bupert. Ce grand prédicateur se Cbmpi fouiller les docteurs de cet ftge, a expbi cette mine pour en extraire quelques fj lettes d'or, qu'il met en œuvre a?eit la périorité de son génie. Cest ainsi que, J I une de ses Passions, il tire un beau ti loppement de cette pensée de l'abt>é pert, que le jour annoncé dans J'Écri comme le jour de la vengeance du gneur : Dies ultionis Domini^ n'est ptn celui du dernier jugement, mais la jour du Calvaire où la victime d'expiation [f^irl le poids des péchés des hommes.
Tous ces ouvrages ont été imprimes!
Paris en 1638, 2 volumes in-folio; et I Venise, 7 volumes in-folio en 17UGtl?3* Ils ont été reproduits dans le Cours us^^ de Patrologie.
RURICE, appelé ordinairement ]'loci€9.
pour le distinguer de son petit-Bis quipo^ lait le même nom, était issu d'une iïï^'^ illustre des Gaules alliée à celle des Ani »« do Rome. Il épousa sers l'an ^71 lbéne« Âif d'Ommace, de laquelle il'eut un fiisqui lui i^ père d'un autre Rurice évêque de Liw'V '»• Après avoir vécu quelques années dam '4 mariage, ils embrassèrent lacootioencc \<^^^ ne s'occuper que de la pratique des Ik;dd^ œuvres et de leur salut. Ce fut alors que
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