‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 115 sur 207 · RUS · texte numérisé non relu

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abandonné le concile de ChalcéJoine. Ces deux évè(|ues lui écrivirent pour s'informer delà vérité y et Vij^ile répondit à Aurélien qii*i4 n'avait rien lait contre les décrets de ses prédécesseurs, ni conlre les quatre conciles généraux ; et qu'il pouvait, comme les autres évèques des Gaules, s*assurer qu'il garderait inviolnblement la foi des Pères. 11 se justiGa aussi des calomnies de Rusticus dans sa réponse à Yalentinien do Tomi, et le pria de ne plus recevoir de ses lettres, parce qu'il l'avait déjà séparé de sa communion et qu'il était disposé à le juger canoniquement, s'il ne venait bientôt à résipiscence^ En effet, comme la calomnie continuait, il rendit contre lui une sentence conçue en forme de lettre, qu'il lui adressa. Il rappelle à Rusticus qu'il avait lui-même demandé la condamnation des trois chapitres, jusqu'à vouloir qu'on déterrât les restes de Théodore de Mopsueste pour les brû* 1er, et qu'il n'avait prononcé son judicatum qu'après avoir pris son avis. Il le fait souvenir qu'il l'avait pressé lui-même de le donner non-seulement à Mennas, à qui il était adressé, mais qu'il en avait fait des copies de sa propre main pour les envoyer en Afrique ; et, comme le Samedi saint, jour auquel celte sentence fut publiée dans l'Eglise, il avait rempli lui-même les fonctions de diacre et s'était excusé auprès de Tévêque Julien de n avoir pu mieux faire, le l^apc lui adressa de nouveaux reproches en ces termes : « Vous avez loué publiquement notre judicatum h Conslantinopte, lorsque TOUS avez dit, en présence de tout le clergé, qu'il était venu du ciel et que vous aviez trouvé à Rome les écrits de Théodore de Mopsueste remplis de blasphèmes. Malgré cet aveu et l'attachement que vous m'avez témoigné en continuant de faire vos fonctions de diacre et de manger à ma table avec Sébastien, vous avez changé de conduite et communiqué avec ceux qui ont écrit contre le judicatum: d'où il suit que vous êtes comme eux excommunié. Vous vous êtes encore attribué l'autorité de prêcher, ce que les personnes de votre ordre n*onl jamais fait sans la permission de l'évêque. Vous avez écrit faussement, dans toutes les provinces, que nous avions combattu le concile de Chulcédoine , ce qui a occasionné un grand scandale, parce que ceux qui ne connaissaient pas votre malice et recevaient vos écrits comme d'un diacre de l'Eglise romaine, y ont ajouté foi avec simplicité. Vous avez de plus osé avancer, dans un écrit adressé à l'empereur, que saint Léon, notre prédécesseur, a autorisé les erreurs de Théodore de Mopsueste. » Vigile ajoute qu'il Ta attendu dans l'espérance qu'il rentrerait en luimême, ^u'il l'a fait avertir deux fois sans qu'il Tait voulu écouter, et qu'alors, contraint d'en venir à la punition, il le déclare, Hvec peine, et par Tautorité de saint Pierre,

(7) Nous avons jugé & propos de faire remarquer

Sue lorsque Rusticus écrivait, la procession du >aint- Esprit n'avait pas encore été caiioui([uement

privé de l'honneur et du ministère dutli;;conat. Toutefois il lui offre le pardon en ca^ de résipiscence, mais il ajoute qu'après vu mort personne ne pourra le rétablir, li pa. ralt, par le contenu de cette sentence, qu- Rusticus avait eu part h l'écrit présemè^ Justinicn contre les trois chapitres. Cu écrit n'est pas venu jusqu'à nous.

Livre contre les Acéphaleê. — L'ouvrage de Rusticus, que nous possédons contre hi Acéphales, contient ce au 'il avait entende dire de la définition de ici du concile dt Chalcédoine , tant à Constantinople qù Alexandrie et à Antinous, dans la Thél^aidt Son dessein est de montrer qu'il y adeci natures en Jésus-Christ, en sorte que le F) de Dieu est en même tempsFilsderhomina C'est ce qu'il prouve par divers raisooof ments et par plusieurs passages de Yïxà, ture et des Pères. Il fait voir que rhéréi de Nestorius ne consiste pas once qu'il i appelé Marie mère du Clirist« mais en o quil a nié qu'elle fAt mère de Dieu, et qui pour juger ce qu'il y a de roauvaisdansî doctrine de Nestorius, il faut en faire un j^ rallèle avec les lettres oue saint Cfriil écrites contre lui ; car, de ce qu'il n'fij mais eu d'union permanente et indirisil de deux naiures raisonnables en uneseï personne, on ne peut rien inférer deod qui s'est faite de ta nature humaine arecj nature divine en Jésus-Christ. L'incarnalij n'est pas commune aux trois nersonDCsl la Trinité, mais à celle du ]<ils seul. 1 Fils ne procède pas du Saint-Esprit et fl ne sait pas bien si le Saint-Esprit prodl du Fils comme du Père (7h On ne peut ■ dire que l'on adore le Fils de l'homnieai le Fils de Dieu ; car la coadoration ne sei pas des trois personnes de la sainte Trioil mais comme la Divinité a opéré des œill clés par la chair, elle est aussi adorée pari chair. On peut dire que nous adorons toi la croix, et par la croix celui de qui est 1 crjix ; mais on n*adore pas la croix aîecj sus-Christ, parce que la nature de Id ci^ n'est pas une avec la nature de Jésas-Cbi^ Nous adorons donc le corps de Jésus-CliR^ d'ajTèscequ'ilestécritdans le psaumeuud Adorez l'escabeau de ses pieas^ c'esl-à-«li' la terre. Non que nous adorions le ma par lui-même et pour lui-même, comme si était Dieu; mais, par la chair ou()arJ| corps, ou par l'humanité, nous adorons/ qui s'est fait chair. Par la même rai l'Eglise adore , sans aucune contradicti la croix et les clous qui ont servi à la r sion de Jésus-Christ, à cause de celui qui été percé de ces clous cl attaché à lacrv>>L Rusticus fait valoir conlre les Acépf'*'*] raulurilé du concile de Chalcédoine, ciJ>l qu'elle suûit seule, puisque ce concile a^^ confirmé par toutes les Eglises, connue vj le voit par les lettres circulaires, sou5 '^ recrue de Léon, et par environ deux ïi»J-"'

définie par TEglise catholique. Utrum hx^aÏ . eodem modj quo a Pâtre procédât Spiriim i^^* * nondum peffecte habeo sati$lectum.

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DK PATROLOGIE,

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m) cents lettres des évèmms^ sous Pcm- (ire de Jusliu» anrès le scnisme de Pierre TAleiandrie et dAcaco do Constantinople.

le dialogue se trouve dans V Antidote conu les hérésies^ imprimé à Bâie en 1528. \âii$ YHérésiologie^ en la mAme ville, en S30, arec les notes de SembeU et dans lo r'uxième tome de la Bibliothèque des Pirts^ Lyon, en i6T7. Le stjrle en est assez net. RUSTIQUE» sur la vie duquel nous ne ossÀlons aucun document, était un homme e qualité y intime ami de saint Sidoine (jollinaire, qui lui donna le titre d*illustre. était de Bordeaui, et c'est là qu'ils parais* !ol avoir lié connaissance. Plus tard, obli- ^àts^ séparer» ils s'écrivaient mùtuelment; mais la distance des lieux ne leur irmetlait pas dejouir souvent des douceurs t cet innocent commerce, dont il ne nous stc qu'une seule lettre» dans laquelle saint doinese plaint beaucoup de Téloignement û les séparait. Rustique so faisait nno rt)lc occupation de la culture des lettres, araiterandsoin d'enrichir sa bibliothèque tous Tes livres intéressants qu'il pouvait procurer à mesure quils oaraissaient. Ce tdanscebut.qu'il écrivit à saint Eucher, èqoedeLyon, pour le prier do lui eni^er son livre de Questions sur t Ecriture^ I il transcrivit lui-même avec un plaisir ogulier, comme il le témoigne dans sa ttrederemerclment. C'est Tunique moimeotqui nous reste des travaux littéraires lUusUque. Le P. Sirmond ayant décou« ri cette lettre» à la suite de l'ouvrage de im Eucher» dans un manuscrit de Corbie» ise trouvent également les lettres de Sal- \n et de saint Hilaire au même prélat, la imprimer dans ses Notes sur saint Sidoine, le est assez bien écrite pour son siècle, et 5si honorable à la mémoire de son auteur il celle de saint Eucher et de ses écrits, iMiquefait un magnifique éloge de la sainlé et du savoir du grand évoque.

RCTHARD, d'abord moine de Fulde, où étudia sous Walafrid Strabon, fut ensuite pelé à Hirsauge, au diocèse de Spire, pour (lirij^er les écoles de co monastère. Il s'ac-

quit une telle réputation de science et de vertu qu'elle pénétra jusqu'à la cour de ï.ouis de Germanie. A la mort d'Haimou d'Alberstad, arrivée en 853, ce prince proposaàRnthard«de le remplacersur son siégc. mais celui-ci refusa d'y consentir. « donnez cet évéché i un autre qui en soit plus dignn, répondit-il au roi; pour moi, bien loin do l'accepter, je n'hésite pas môme à préféror le repos du cloître et l'étude des choses saintes à tous les honneurs et à toutes les richesses du monde, » Itéijonsc d'or, qui seule suffirait pour faire l'élOo^edc Rùthari. 11 continua de former quantité d'hahiles disciples, et mourut dans son monastère, lo 25 octobre 865. On a de lui plusieurs ouvrages qui justifient sa réputation, mais nous ne pensons pas qu'aucun ait été ini-

f^rimé; nous placerons en première ligne, *nistoirej en vers héroïque, de la vie et du martyre de saint Boniface, iiremier archevêque de Mayence. L'ouvrage est divisé en deux livres, et dédié à Raban-Maur, l'un des successeurs du saint martyr. Du Cangc» compte cette histoire dans la liste des ou- Vrages dont il s'est servi pour former son Glossaire^ ce qui fait juger qu'il l'avaU vue manuscrite. Trilhème, qui, après Maguufroid, ancien chroniqueur do t'ulde, nous. a laissé une Biographie de Rulhard avec un catalogue de ses écrits, nous apprend qu'il avait encore composé de petits traités sur la musique, la çeomélrie, Tarithmétique et les autres arts hbéraux. Il y a tonte apparence que ce fut dans le but de faciliter les études de ses élèves sur toutes ces matières. Le même Trithème lui attribue encore un Commentaire sur la règle de Saint-Benoît^ le premier, dit-il, parmi tous ceux qu'il avait lus. Mais il est visible par la notice qu'il nousdonnedejcet ouvrage, nu'il s'est trompé en l'attribuant à Ruthard d Hirsausc, couimc ceux qui ont tenté d'en faire honneur à Ruthard d'Einsielden, ou Notre -Damcdes-Ermites en Suisse» ont doqné dans une autre erreur. Ce commentaire en effet appartient h Hildemer, moine français, cbmme nous l'avons montré à son article.

SALOMON, le troisième des évoques de )Q$tance qui portèrent ce nom» tirait son Vne des Ramswages, famille illustre et mleiite. Ses parents confièrent son éduca- ^n à Ison, mattre célèbre alors, et chargé î IVcole extérieure de l'abbaye de Saintaï. Doué d*un esprit vif et pénétrant il fit i rapides progrès dans les sciences. Après '^ études» il vint à la cour de Louis de iTmaaie, et nommé chapelain de ce prince gagna tellement ses bonnes gr&ces qu'il btint successivement les abbayes d'EIwan- ^û. de Kerapten» de Saint-Gai et enfin l'é- ^hé de Constance en 890 ou 892. En 895 il »M$taau concile de Tibur près Mayence.

^ historiens remarquent qu*il fit un

voyage à Rome pour obtenir du Pape le pardon de quelque faute considérable; niais ils ne la spécifient pas. Il mourut le cinquième jour de janvier 890.

Ses écrits. —Il avait au rapport de Trithème, composé divers sermons et plusieurs traités, en particulier sur les arts libéraui et un Vocabulaire. Il n'est rien resté de tous ces écrits, si ce n'est le Vocabulaire, encore n'est-il pas de lui, mais d'Ison son maître, de môme que les 5cAolies sur le poëte Prudence. On ne peut contester à Salomon quelques pièces en vers, imprimées parmi les anciennes leçons de Canisius. Il se nomme lui-même à la tête de la troisièjney adressée à Dadon évêque de

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Verdun. La première est précédée d^jin prologue dans lequel il invoque un Dieu, en trois personnes et unique en substance.

Ensuite il parle de Tobligation d*aimer Dieu sur toutes choses et son prochain comme soimême. Après avoir fait Tétoge de Dadon» il entre dans le détail des calamités publiques qif il fait envisager comme des fléaux de Dieu pour punir les péchés des hommes.

11 parle de la mort d*un jeune roi, apparemment de Louis de Germanie. La seconde et la troisième sont adressées à un de ses amis, probablement Dadon. Dans cette dernière il témoigne sa douleur sur la mort préeipitée de son frère unique qu*il aimait tendremenL Il autorise | ar divers exemples de TEcriture les pleurs qu'il versait sur la mort de ce frère bien-aimé, qu'il recommande aux prières de Dadon. Salomon reçut des compliments de condoléance de la part de Waldramm , évèane de Strasbourg. Salomon l'envoya à Dadon avec une épigramme en huit vers élégiaques ; mais il ne mit qu'un distique à la tèie d'un autre petit poëme qu*il adressa à Waldramm.

SALONE, évoque de Genève, au V siècle, fils de saint Eucher, depuis évèque de Lyon et frère de saint Véran, évèque de Vence, fit ses études dans le monastère de Lérins, sous la direction de saint Honorât, abbé de cette communauté, ensuite de saint Uilaîre, Salvien et Vincent. Il fit de rapides progrès dans les si.*iences et dans la piélé sous tant de maîtres si célèbres. Salone était déjà évèque, lorsqu'il écrivit à Salvien son maître, pour lui faire un reproche d'avoir déguisé son nom è la tète d'un de ses écrits, publié depuis peu de temps. Salvien dans sa ré|)onse, que nous f)Ossédons encore, témoigne à Sajone son estime et sa tendresse; le v|ualifie Tobjet de son affection, Tornement et l'espérance de son siècle. Il assista, vers 4.50, au oremier concile d*Orange, tenu

i)Our régler le différend entre Téveque de «"réjus et Tabbave de Lérins. On ne doit pas douter que 1 épiscopat de saint Salone n'ait été manqué par bien des actions glorieuses ; mais les diverses guerres dei Goths et des Français nous en ont fait perdre la connaissance. Nous ignorons aussi quelle est l'année de sa mort ; mais il y a tout lieu de croire qu'elle arriva avant 475, puisque Tbéoplaste, évèque de Genève, assista cette même année au concile d'Arles.

Ses ÉCRITS. — Nous avons des écrits qui furent peut-être le fruit des études commu* nés de saint Salone et de saint Véran, quoiqulls soient particulièrement attribues au premier. Ce sont des dialogues sur lesProverbesei VEccUniaste^ dans lesquels ils expliquent ces deux livres par forme d'entretiens. Le style de ces dialogues est simple et clair. La plupart des explica.ions ont rapport à la morale et contiennent un fonds de piété très-utile dans l'usage de la vie chrétienne. Salone y explique fort bien la différence qui existe entre la saj^esse et la discipline, ou la prudence, qu'il confond luimême dans la suite. La sagesse conaisle à

savoir et à entendre ce cru'on doit croire dans la foi, et la i>rudencea connaître cnroment il faut régler sa conduite et dir'^er son intention. On acquiert la sagesse par l'étude et par la méditation de la dortrire de la vérité puisée dans les divines Ecritures. On acquiert la prudence lûrs<|u*Q[| se plaît à s'instruire des préceptes difin^ et ^ue l'on s'applique è-y conformer sa œnduite. La défense de s'appuyer sur sa {>r> pre sagesse y est encore fort bien expliqu^V: car ce serait présumer trop de soi-iuéihe

S|ue de pouvoir accomplir par ^^% seni<H orces les préceptes du Seigneur; ce qui l^^ s'accorde |Mis avec le système des semi-ié* lagiëns. Les autres explications que lV»n donne dans ses écrits sont aussi édifidDie» et généralement assez naturelles. £l!e$ r sont soutenues par d'autres nassages ife l'Ecriture; ce qui montre dans Vauteur une connaissance profonde des livres saints Salone et Véran, après la publicatioo deii lettre de saint Léon à Flavien, en fireu faire une copie qu'ils renvoyèrent ensuiie à ce saint Pape avec une lettre de leur (art, pour le remercier de les avoir enrichis dim trésor aussi précieux. Ils le prièrent ea même temps de corriger lui-môuie lesfan* tes qui auraient pu s'y glisser par lanéjjti-

f;ence des copistes, afm que les évèque» e| es laïques qui voulaient* avoir cette leilre la fissent copier sur cet exemplaire qui ^^ rait un véritable original. Les écrits de 5i« lone et de Véran se trouvent dans plusieun Bibliothèques des PèreSf entre autres dm la première édition des Pères de Paris, ei 1575 et dans les suivantes. J

SALVIEN. -r- Ce saint personnage qui fi^ le censeur des vices de son siècle, et qd lui donna en même temps l'exemple de w tes les vertus, avait été roroié dans le m* nastère de Saint-Honorat de Marseille. Il devait le jour à des parents illustres, des environs de Trêves ou de GolO;;ne, qui lui firent donner une belle éducation. Maigri ses goûts naturels qui Tentralnaient Ter< l'étude et les œuvres de la piété chrétienor, il ne laissa pas de s'engager d^ns le mariag^i et épousa Palladio, Qlle aînée d*U;pace (^ de Quieta, dont il eut au moins une &'•* nommée Auspiciole. Le désir de s'arancf' dans la perfection inspira à Salvien Tiilée't^ passer le reste de ses jours dans la coDi>nence. Il en Gt la proposition à ss femo^' qui, loin de montrer de la répuguaace,l>> cepta avec joie. Le seul regret qu'elle éjTouva fut de s'être laissé prévenir par soDOsaii. Elle ne se dissimulait pas cepeudaut qu<' «^ genre de vie ne pourrait que niéconienii'f sa famille nouvellement convertie aucbibtianisme ; mais l'amour de Dieu la Oi \^^^'^^ sur cette considération. Devenue la s<£«r Je celui dont elle était l'épouse, Salvien \f^ aima d'autant plus dans la suite, que iés^^i* Christ £6 rendait plus aimable en elIcH/' pace en etfel vit avec douleur le parti q|J* ses enfants avaient embrassé. Sa noutej'e profession religieuse ne put môme m^ cesser son mécontentement à cetégarJ;^

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qui les obligea i si) retirer cUms un pays fort éhigaé, où ils fiireot près de sept ans sans recevoir de ses nouvelles, Quoiqu'ils lui ecririssent souvent l'un et rautre. Nous firons eueore la lettre qu'il lui adressa pour je fléchir en faveur de sa femme et 4e sa â!le.£iie est écrite au nom de la famille tout entière.

< Nous iffnorons, lui dit-il, si vous êtes encoreirrité contre nous; mais dans laconjuncture présente, notre union ne peut doulTrir que nous soyons divisés. Il se peut foire au*uQ seul d'entre nous oit excité voire cnfôre, mais c'est assez que vous en re- .jnJiez un comme coupable, pour que tous iejdeux éprouvent autant de douleur que ^i chacun en particulier se sentait criminel. SjulTrez que nous vous demandions comlueot vous i>ouvez vous défendre d*aimer lies enfants qui vous portent un si tendre Aiuuur ?Que notre conversion vous ait irrtié lorsque vous étiez encore païen, nous li^cn avons pas été surpris; la différence de rdij^ion a pour etfet de diviser les cœurs : mais aojourd*hui que vous en avez abjuré ierreur, pourquoi voudriez-vous conserver les seniiments que vous inspirait le paganisme? Le soin que je pretuJsde perfectionner en moi une religion que vuusavez embra»sée, serait-il mon crime? Mais pourquoi me liairiez-vous parce que je suis chrétien, I'ui5(|ue vous-même avez condamné l'aveuglement qui vous avait empêché de Vôtre ^ius (ôtTJ^avoue qu'en d'autres circonstances, les raisons que vous aviez de vous piaiodre de moi pouvaient être justes; mais aujourd'hui que votre colère naît de ce que je fais paraître plus de piété envers iésus-Christ , cette colère, tout en m'alQigeant profondément, ne me fera point contiamoer la démarche que j'ai faite. i» Salvien fait ensuite parler sa lemme. « Je l'entends, dit-il, oui me conjure de vous écrire, et de la représenter tremblante et prosternée à vos pieds, non qu'elle se défie de sa cause ni de &on juge, mais pour vous demander quel est donc son crime? Vous a-t-elle jamais manqué de respect et de soumission? Esl-il jamais sorti de sa bouche une parole qui dût voosofTenser? Lorsqu'elle s'est enga^jée dans l« mariage, n'est-ce pas vous qui lui avez donné un époux de votre choix ? Vos avis H)nt encore gravés profondément dans son cœur; elle se souvient que vous lui avez ordonné par-dessus toutes choses d'obéir à son mari. £h bien ! ce mari l'a invitée à passer ^s jours dans la solitude et la chasteté du ^éWbàL Pardonnez-lui cette faute si c'en est une. Elle a cru qu'il lui serait honteux de tejeter une proposition si honorable et si >Ainle. Malgré sa' résolution, n est-ce pas elle encore par qui vous avez porté les noms de i>ère et d'aïeul, noms que vous aVez toujours «nvisa^és avec joie, et auxquels les avantages que vous souhaitez le plus vivement ont é((^ attachés? »

«ie vais maintenant, ajoute Salvien, vous l'^rlurau nom de ma tille. Celte enfant e:»t < vous comme à moi. Je ne vous demande

i>as que vous atmiezdes gens que vous n'avez amais vus, mais ceux que vous ne pouvez vous empêcher d'aimer sans méconnaître la nature. Ayez pitié de son innocence; soyez touché de la triste situation où elle est. La verrez-vous sans être ému, contrainte à demander pardon, avant même qu'elle puisse comprendre ce quec*cst que commettre une faute? Dieu irrité autrefois par lesNinivites fut désarmé par les larmes des enfants. » Salvien, après avoir rapporté plusieurs autres exemples et employé divers moyens pour fléchir son beau-père, lui dit : « Faudra-t-il, pour vous toucher, que nous ayons recours aux larmes étrangères, et que nous les faisions r>arler h la place d(*s ndtres?Que nous le méritions ou que nous ne le méritions pas, nous vous conjurons de nous pardonner tout ce qui a ou vous déplaire dans notre conduite. C'est la le caractère des pères vraiment tendres et raisonnables; la vengeance la plus glorieuse qu'ils puissent tirer de leurs enfants, c'est de leur accorder leur

Eardon. Peuvent-ils rien souhaiter de plus eureux que de voir leur colère désarmée par la soumission des coupables?» On ignore quel fut le succès de cette lettre, car depuis ce moment l'histoire ne dit plus rien de Palladie, d'Auspiciole, ni d'Hvpace. Elevé vers l'an &30 au sacerdoce, Salvien déplora avec tant de douleur les dérèglements do ses contemporains, qu'on rappela le Jérémie du V* siècle. Ses lumières et ses vertus le firent aussi nommer le Maître des évéques; sur quoi quelques biographes ont cru qu'il avait rempli les fonctions de Tépiscopat; mais cette opinion pa/alt dénuée de toute autorité. Gennade lui-même laisse entendre que ce titre lui fut donné parce qu'il fit l'éducation des deux fils de saint Eucher, Salonius etVéran, qui furent évêques l'un et l'autre du vivant de leur père. Salvien mourut à Marseille« vers l'an lAk. On a de lui divers ouvrages qui le placent, pour la solidité de la doctrine, à côté des premiers docteurs de l'Eglise, et pour la beauté du stvle presqu'à la hauteur des écrivains du siècle d Auguste.

Timothéeà V Eglise, — Le premier, selon l'ordre des temjis, est celui qui porto le litre de Timothée^ et qui est adressé à l'Eglise catholique répandue par toute la terre. Salvien le lit parattre sans y mettre son nom, et il expose ainsi dans une lettre adressée à l'é*vêque Salonius, les raisons qu'il eut de garder l'anonyme : « Voulez-vous savoir, lui dit-il, pourquoi un auteur inconnu a publié naguère sous le nom de Timothée, un traité adressé à l'Eglise de notre temps? Vous a^utez que si je ne justifie pas bien ce titre, vous regarderez à l'avenir les ouvrages qui le porteront comme a})Ocryphes. D'abord, Je vous réponds qu on ne peut soupçonner un auteur de vouloir passer pour Timothée, diseiplede saint Paul, lorsqu'il déclare dans son ouvrage qu'il vit encore. J'ajoute qu'il est inutile de savoir si c*6st son nom ou un nom emprunté qu*il a mis à la tête de ses livres. Pourquoi se fatiguer pour découvrir une chose dont on ne i>eut retirer aucun fruit ?

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Tniileb Idi fois qiril s^a^çiufun livre dont la Ufdiire pout oflVir quelque utilité, ce ifest {KiSAu nom de Tauteur, mais à Touvragelui* liiéiuet de quelque main qu*il vienne, que Ton doit cet avanla^^e. Les livres sont bons iiar ce qu'ils contiennent et non par la qua* J té de celui qui les a composés. » Salvien expose ensuite les raisons qui Pont déterminé è adresser son livre à TE^lise et à le j)u* hliersousle nom de Timothée, plutôt que s<ius son nom propre ou sous celui de tout autre. Persuadé que c'est Dieu que nousdeviins aimer parndessus toute chose, et que le rulte et Tamour qu'on lui doit» non-soulemeut dans les temps de uersécution, mais dans la naix» est préférable "à tous les biens temffOrels» il crut ne pouvoir mieux adres- .serses plaintes contre lesdésordres du siècle, qu*à rÉtjlise, en général, parce qu'il reprenait ces désordres, non en quelques particuliers, mais dans des ^ens de tout âge, de tout seiLC et de toute condition, dont chacun était uiembre de TEglise.

Il en trouvait des exemples dans les veuves, qui avaient renoncé à un second mariage pour vivre dans la continence; dans les vierges, qui s'étaient consacrées à Dieu au pied des autels; dans les diacres, les prêtres et les évèques, et dans la plupart des autres personnes qui prétendaient même vivre dans la pénitence, à la suite d'une louable conversion. Le péché qu'il reproche à ceux qui étaient sans enfants et sans famille est celui de l'avarice. Au lieu d'employer leurs richesses au soulagement des pauvres, à l'avantage de l'Ej^lise, aux moyens de se rendre Dieu propice, ils les laissaient ordinairement à des personnes déjà riches et même étraugî^res. Les raisons qui portèrent S.dvien à ne pas mettre sou nom à son ouvrage fureul le désir d'éviter la vaine gloire ; il préférait ne laisser voir qu'à Dieu seul ce qu'il avait entrepris pour le glorifier. Il se regardait d'ailleurs comme le dernier des serviteurs de Dieu, et cela par une simple conviction de son néant. Enfin, il craignit que le nom d'un homme, en qui tout est méprisable, ne nuisit au livre même et ne fil mépriser les vérités qu'il y établissait; parce que c'est assez Thabilude du monde de ne juger du mérite des choses que par la qualité de la personne de qui elles émanent. Pour ce qui est du nom de Timoihée^ ii le préféra à tout autre, parce qu'il lui convenait, à lui oui n'avaii entrepris son ouvrage que pour 1 honneur de Dieu, motif qui se trouve exprimé dans le nom lui-même. En cela, ditil, il s'en est tenu à l'exemple de saint Luc, qui, au commencement de sou Evangile et des Actes des apôtres^ les a dédiés à l'auiour de Dieu sous ic nom de Théophile^ cachant ainsi sous un nom projire le nom d'une vertu. Théophile, en'efi'ct.dans la pensée de l'évan^éliite, signifie l'amour de Dieu ; Timothée, dans celle de l'auteur, marque qu'il n'a é é uéiuiminé à écrire que par le désir aussi vif quo louable de procurer la gloire du Sei-

l\i.. Icr livic. - En effet, le but principal

de son ouvrage est ne détourner les boomfs de leur attachement aux biens temporel pour les porter à l'amour de ceux qui ne périssent point. Il entre en matière [>ar l'exposition simple du vice qu'il combat, de la dépravation que ses ravages ont amenée dans les mœurs de son temps, auxquelles il Oj»pose les mœurs des vrais chrétiens.

« De tous les poisons qu'exliale autour de nous l'ancien serpent, je n*eD connais poict de plus funeste pour nos âmes que cette passion insatiable des richesses, dont nous voyons toutes les classes de la société chré» tienne aujourd'hui infectées; sorte d'idolâtrie qui, non contente de nous asservir peiv dant la vie présente, $*étend même au delà du tombeau. L'heureux temps n'est plusbà tout ce qu'il y avait de discrples de ié^us- Christ, uniquement jaloux des biens qui ne meurent pas, sacrifiaient les jouissaBces de la vie présente aux espérances de l'avenir, et ambitionnaient d'être pauvres dans le temps, Dour être riches dans Péternité. Mai^ aujourd hui, à la place de ces généreux s<.ctiments, c'est l'avarice, l'intérêt, re5}Hil d'envahissement, et ce oui en fait le corlv^;e naturel et inséparable, l'envie, la haincili cruauté, les dépenses excessives, la dél>auche, la trahison qui doQiinent insoleiuinent

{>armi nous. Eglise de Jésus-Christ ! rotrt élicité même a tourné contre vous! Amie nombre de vos enfants se sont multipliés les désordres des chrétiens. Vous avez ptf^ î qu'autant amassé de vices que vous arei conquis de nouveaux peuples. La prosf^énte a enfanté les pertes; la grandeur est venue et la discipline s'est rel&chée. Pendant que le nombre des fidèles s'est accru, l'ardeur de la foi s'est ralentie ; et l'on vous a vue, « Eglise, affaiblie par votre fécondité nièoif, diminuée par votre accroissement, et pre>' que abattue rar vos propres forres. Car («ù sont aujourd hui ces modèles accomplis dtr vertus, à qui nos saintes Ecritures ont rendu ce glorieux témoignage : La imi/ntude des fidèles semblait n avoir quun fffuf et aucune âme; aucun d'eux ne regardait à iui rien de ce quil possédait ? (ir/. n« 32.) Nous lisons ces paroles, voilé tout; mais pensons-nous à les accomplir? Corubien nous en sommes éloignés? OtemfN ô mœurs, 6 christianisme 1 où en sommeinous réduits ?

«I L'Ecriture nous fait un crime de l'adeution que nous apportons à ne rien dinjiouer de nos biens, et c'est pour nous comineuai^ espèce de vertu de n'être pas dans rinJfatience de les augmenter. Unit|uenient ««xupés du soin d'avoir de l'or, d'eu avoiràloui prix, les Chrétiens d'aujourd'hui, esclande prétendus Inens, en même temps nwftels et homicides, échangent leur vie cooire uu peu d'argent, et ne songent au'à acquérir ce qui n est point à eux, guà eatassi-^ des trésors déplorables , au risque de perdre ce qui leur appartient. On les voil i>«>u.

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tuUQt qu'à la société Tasage de leurs richesses, enfouir profondément et jusque daos les entrailles de la terre, un mêlai )i;rti des enfers, et receler dans un même m\ leur trésor et leurs espérances conforiiiémenl è celle parole de la Divinité étermile : Là où est voire trésor, là est aussi votre c^r. (Luc, m, 3&>). Nous méprisons ces avares insensés, qui se laissent ronger par la JaiiD» pour se repaître du vain plaisir de carberdes trésors, sous préleite de s*enrichir ; i.Dus regardons avec horreur ces riches imaginaires, et nous poursuivons du même liK'pris ces riches fastueux qui mettent leur filahir à faire éclater leurs dépenses. Ils n'ont tous, les uns et les autres, que la même Yiie et la même Gn, qui est d'enfouir leur argent, et avec leur argent leur âme tout ffliière.

• Homme insensé 1 étes-vous donc né four la terre? Au-dessus de vous n'y a-t-il donc rien qui excite vos désirs? Ne possédez-vous rien que ce corps terrestre qui i*aj)pesautit tous les jours ? Ne sentez-vous nen en vous-même qui anime cette masse, amune alliance, aucun rapport avec ce ciel ctjiosé ^ vos yeux? Vous ne ponvez ignorer ce que la religion vous dit : Que le ciel <*si votre patrie ; que votre corps qiortel est loriuê de terre, mais que votre âme immortelle est destinée à remonter dans le ciel d'où elle est descendue. Quoi 1 tant de mai- »ons de campagne, de jardins, de châteaux, laiit d'appareil et d'espace (H)ur votre corps!.. et Tolre âme aussi durable que le ciel, qu*en biles- vous? Où la logerez-vous? Quel séjour lui préparez-vous ? Toutes ces idées ><>Qt obscures et confuses dans votre esprit ; Aine, ciel, immortalité tout cela .ne vous louche |>oint. Votre esprij, aussi bien que luire cœur, n'est plus que terre ; il a pris la nature et les qualités de son trésor; il ûst transformé en son trésor.... I^ ciel n'est pas plus pour vous que ce qu'il est poMr les bêles qui n'y |)orteut les }[oux que H'ur voir la lumière 'qui leur en vient. »

Salvien combat le mauvais usage que i'm fait des richesses, par ce principe, (jue D»eu en étant Je véritable propriétaire, il a l>ien le droit d'en régler l'usage. • Voici <^miûe il le prouve : « Que tous les biens (réés nous viennent de Dieu, c'est là une Tériié au'aucun homme raisonnable ne l>eii$era a nous contester. Je dis un homme raisonnable, car on ne peut pas supposerque fextravagance puisse aller au point de ftoire que le mêOiC Dieu qui a mis le genre humain en possession de ce monde, u«) soit pas le même qui en procure les Iruits à 1 homme. Or, s'il est le dispensateur «le loos les biens, il est hors de doute nue nous devons employer à son service ce que nous tenons de sa bonté. Car ^n|io, reconnaître les dons de Dieu, c'est lui en faire honneur, et en rapporter l'usage ^ M gloire. N'est-ce pas ainsi que les hoinuies agissent entre eux ? Que dirait-on d'un j;omme à qui l'on aurait gratuitement cédé 1 u$9ge de quelque chose, si , oubliant son

bienfaiteur, il prétendait s'en approprier le domaine, et s'arrogeait le droit de l'aliéner? Ne regarderait -on pas cette entreprise comme une infidélité coupable et une monstrueuse ingratitude? Nous do même, nous n'avons, h proprement parler, que l'usufruit; nous en jouissons à titre de prêt; à Dieu seul appartient le domaine. Bon gré mal gré, il faudra les quitter au sortir de la vie, sans pouvoir, en rien emporter avec nous. Pourquoi donc vouloir nous les ap-

Rroprier au préjudice du maître légitime? ious ne les avons gardés que par le bon plaisir du propriétaire.

«On m'objectera cette parole de l'Ecriture : Faites au Seigneur honneur de vos biens (Prov. 111, 9); comme si par là Dieu semblait reconnaître que ces biens sont h nous. Moi je réponds par cette autre parole: /{en(/ejs-/ut ce que vous lui devez. (Eccli. iv,^8.) Mais que veut-il dire par ce mot : Faites au Seigneur honneur de vos biens f II appelle nôtres, les biens qui en effet lui appartiennent, afin d'augmenter par là lo mérite de nos otfrandes, parce qu il y a double mérite à donner du sien. Mais pour empêcher que l'homme en prenne occasion de s'enorgueillir, il ftjoute : Rendez ce que vous devez^ et cela pour nous contraindre à payer par nécessité ce qu'il n'obtient pas de notre piété comme un don, et pour forcer à restitution ceux que la foi ne saurait engager h une sainte largesse.., » Comme s'il disait : Si vous avez de la piété, faites-moi part de vos biens, comme s'ils étaient à vous; sinon, je prétends que vous me rendiez ce qui est a moi. Ainsi il faut donner de bonne grâce, ou payer par nécessité. Par là tout homme se trouve dans l'obligation de satisfaire à Dieu pour la dette qu'il exige, ou de lui accorder le don qu'il demande. Donnez ou rendez ; point de milieu. Vous en inférerez

g eut-être que Dieu a besoin de nos biens? on, il n'a besoin de rien, eu égard à sa toute-puissance, mais seulement par rapport à l'observation de sa loi. Ce n'est pas pour lui qn*il nous demande, c'est pour nous-mêmes; ce n'est point par nécessité, mais par bonté; eu n'est pa^ pour lui, mais pour les pauvres. Voilà ceux pour qui il sollicite nos largesses; c'est pour eux qu'il s'en fait un besoin personnel à lui-même. Car il nous déclare qu'il a faim, qu'il a soif, qu'il souffre la nudité dans les pauvres. N'a-t-on besoin de rien quand on se plaint de la faim, de la soif et du froid? Je dis plus : Non-seulement Jésus-Christ souffre I indigence avec les pauvres, mais il l'a souffre plus qu'aucun pauvre. Lo pauvre même Ut plus délaissé n'est pourtant pas dans on dénûmeut universel. Le plus n:alheureux ne l'est que pour lui seul ; mais Jésus-Christ seul manque en même temps de tout. Avec rindigent sans asile, il éprouve toutes les rigueurs de l'hiver; avec celui qui a faim, il a faim ; et soif, avec celui qui a soif. Sau.^ il souffre dans tous ceux qui souffrent; seul, c'est ainsi que Bossuet traduit,, le Sauveur de tous, mendie généralement dans

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tous les paurres. Et tous, à l'aspeci de Jésus-Ohnst, pauvre, iotirroe, dévoré par )a faim et par la soif, vous vous appelez eacore cbrétien, vous qui dissipez vos ri* coesses en prodii^alilés insensées, ou qui hs tccumulez pour en faire la proie d*avides héritiers 1 Vous vous prétendez encore le disciple de Jésus-Christ, quand vous ne vous mettez eu peine, mde ses récompenses pour les mériter, ni de ses menaces pour vous y soustraire ?

A tous les prétextes inventés par la cupidité pour eicusor Tinjuslo possession ou Tabus des rit^hesses, nous avons à opposer lin seul oracle, mais il est décisif : c*est le Porre unum est pecessarium^ ILue. n ^ 42.)^ C'est le Qukt prodnt komini ii mundum univermm lucretur^ animœ tero suœ detri'wentum patiainr? [Luc, ix, 25.) Salvieii nous en fournit un commentaire éloquent, x Est-il un homme qui refuse d*étre heureux quand il peut rèlret Et pent-il sen trouver qui prêtèrent les rigueurs du souverain mM à toutes les délices du souverain hieri? Non, sans doute, non; et vous-mètpes, vous n'êtes pas hommes à le faire. Il faulirait pour cela cesser d*êtro homme et être un monstre dans la nature. Quoi 1 vous seriez les seuls ennemis de votre bonheur, les seuls qui vous opposeriez h votre félicité, les seuls pour qui les supplices auraient des charmes. » Il cite Tavare au tribunal de Dieu, où son âme va comparaître W)ute vide des choses du ciel. ^ Votre arrêt est prononcé ; vous allez mourir : Vous touchez au moment fatal où votre Ame va se séparer de votre corps sans savoir où elle ira,^ où on Tentralne, quels chAtiments vi qu'elles retraites sombres l'attendent. Sous la main du juge suprême, vous ne vous oecoperez ni de votre Ame, ni de votre salut. Des legs à instituer, des héritiers à enrichir, voila tout Tobjet de vos soins. Cogitaê quam bene alii po$i te vivant^ nec coffi* (ai quam maie ip$e moriaris. Vous songez à vos héritiers, et vous ne songez point à vous ; i/est-ce pas vous déshériter, vous haïr, vous persécuter vous-mêmes? Et quel autre ennemi peut vous être plus cruel : Non fit hœt persécution aut esse alia major potestf fxhœredari kominem a se ipso ? Que je vous demande si vous croyez au jugement de Dieu : Oui , j'y crois , ré}»ondrez-vous. Et à l'instant où vous allez paraître à ce jugement vous ne pensez è rien moins qu'à fléchir sa colère l Et ce juge terrible, vous n'avez pour lui qu^un mépris réel ; car n'est-ce pas le mépriser que de compter pour rien votre salut, pourvu que vous violiez ses lois. Mmentez-moi, si je dis faux. Le voilà ce juge, tenant dans ses mains Tarrêtde votre éternité; le voilà qui vous crie de penser à vous préférablemeni à tout autre dans le partage de votre succession , d'avoir plus d'égards à vos intérêts qu'à ceux d'autrui, de penser que rien ne nous touche de plus près, que rien ne vous doit être plus cher 4(ue votre Ame. 11 vous répète : Que sert à l'homme de gagner Vuniverf^ s'il vient â per-

dre êon âme? C'est-à*dire, A misérabi« mortel, quand tu serais paisible possessear du monde entier, et que tu laisserais à tvs héritiers tous les tvésovs de 1» terre, de quoi cera te servirait-il si ton Ame périt? Qui perd son Ame perd tout. Tout l'homme pènt avec elle; et que lui reste-t-il, lorsqu'il n perd lui-même? Que donnera-t-il en échange pour le rachat de cette Ame, quand une fob elle sera perdue? Quam homo commutoti»

fiftii, etc. ? C'est-à-dire ne ménage donc ricD, quand il s'agit de la sauver. Argent, biens, tout doit être sacrifié pour empêcher qu'tlW ue périsse, puisque tu n'as d'espérance (|oc dans son SMut. Quoi que tu puisses don nrr, quoi que tu puisses offrir, ce u'est ri<?n fo comparaison. Elle est d'un prix infmiiucai au-dessus des biens créés. Eu la perdant, ta perds tout; en la sauvant, tu sauves tuul.,,« Ayez pitié de votre Ame! c'est Dieu Im* même qui vous en conjure. O bonté aJiui«, rable de Dieu que nous servons 1 quelle lui»; séricorde I C'est lui-même qui nous demsDJe; çrAce pour nous-mêmes I Ayez pitié de voir< ame 1 Laissez -vous toucher aux misent d'une Ame sur laauellemon cœur ne [eaà^ s'empêcher de s attendrir! Ayez une foi»; pitié de cette Ame pour laquelle, moi, j« suis perpétuellement ému de compassion Ii Ne refusez pas quelque intérêt à celle âtut| qui est votre bien, quand ie m'intéres^ si, fort à elle; moi, à qui elle est élran^ère , Ayez au moins pitié de votre Ame 1

« Malheureux I que répondez- vous à de ^ tendn.'S sollicitudes? Quoil un Dieu vouspri^ et vous résistez? Pour enrichir quelque>j héritiers, vous vous déshéritez vous-mé(ne»i. vous vous condamnez à une éternelle iDJi-j

{;ence, afin de procurer à d'autres une opu* j ence de j>eu de jours 1... Vos héritiers légitin^es ce sont les pauvres. Disjfersit, dtdit pquperibuSf justitia ejus manet in œtemw^, dit le Prophète en parlant du juste. (Pm/. CXI, 9.) Il ne dit point : Le justn a distribue ses biens à ses parents, à ses alliés; noo, mai^ aux pauvres.... N'est-ce pas quelque chose d'extravagant d'appliquer les dernier» morpents de la vie à ménac^er à des parenb mortels de quoi vivre riches après ri»ire mort, et de ne pas songera vous saurer vous-même du péril d'une mauvaise mon?

Comment vivront vos héritiers après vutre mort? C'est leur affaire. Mais vous, c^iu* ment mourrez-vous? C'est la vôtreàvou^ seul, et vous n*y voulez pas penser 1 •l^" illusion, en effet, qui détourne la plupart des riches de la pensée du salut, wéiueA leur lit de mort, c'est le t)espin de pourvoif à l'établissement de leurs enfants, illusion qui se couvre du masque de la ieu(ire>$<' paternelle, et que dans le langage couimun on confond avec la piété elle-même. T<>i:^ nos moralistes chrétiens Vont coH.tiaUu^ avec force; et il uesi point de sernioo-«u< l'importance du salut où elle ne doive i^in* didcutée. Salvien l'attaque, et ta pour>u)i avec sa vigueur et sou abondance acco'ituuiées. •

« On ue peut être père, dit-il, *«»n-* ^

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DE PâTROLOCIE.

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Toire CD méoie temps dans robli^aiioD l'éire riche. Quoi donc! Ta varice sera-t-elle e^anlée cûmme Tâmo de 1 aiïeclion pater* leiie? Et de même que le corps ne peut irnir de mouTeoient (iu*il ne le reçoive de âmei aiosi Tamour paternel sera-t-il un ffKimeot mort, à moins d*ètre vivifié par 4 nii'idité des richesses. S'il en était ainsi, i faudrait accuser la nature d*avoir imprimé I i/iui dans le cœur des pères un seulnnent jiii les porterait au mal plutôt qu'au bien, i )'ea prendre à la piété elle-même, dont âinl Pial a dit avec tant de raison qu'elle M utile à tout. (I 7tm. iv» 8.) Elle devientMit, dans cette supposition, un présent QCi'Ste, également dangereux pour les en^ 10(5 et pour les pères. Il ne serait pas mws à craindre u être aimé que d'aimer tiiHuèiue. Amour funeste aux pères qui rarailieraient à acquérir pour leurs enfants c^ ricbesscs injustes; amour funeste aux itbDts ^ui seraient élevés dans le désordre e ces biens injustement acquis. Et il est m vrai : ne voit-on pas tous les jours les muis d'un père voluptueux recueillir, vec rhérilage de ses richesses, Tliéritage ( ses jpassions , et succéder à ses vices OQime à son nom et son opulence. Hériirrs des possessions de leurs ]^)ères, les hiianls le deviennent de leurs injustices; N ie sont même avant leur mort. Leur thirs^ trouve déjà corrompu avant d'être uiré en jouissance de leur patrimoine; ils « jouissent pas encore de ce que Ton lOiume faussement des biens, que leur cœur »Méjk gâté par ces prétendus biens, qu'il n<i ûlutôt appeler des maux, puisque ce ^i des sourcejs de péchés. »

i^ adressant ensuite aux pères de familles: Aans la sainte et déjà nombreuse assemblée te premiers fidèles, leur demande-t-il, n'y iriit-il \ïàs des pères, et par conséquent des •*Qfanls?SaDsdoute il y eu avait. Quel usa^e tut-jà faisaient-ils de leurs biens? Le texte «ficré nous l'apprend : Tous le* biens éiaient »commttn.(Acl. iv, 32.) Chaque âge, chaque ^vQdition a ses modèles dans les membres ue celte Eglise naissante. Héritiers de la •fifeflie foi, suivez leurs traces. Ils vous en- ^^ym à préférer Dieu à vos enfants. A ^^•4. on me répond :Mais ils étaient part'ii>. et tout le monde est-il obligé à la iirfcclion? Pourquoi pas? Car enfin, dési- '••lU lous arriver h la vie éternelle, tous ne ^'•i»eiu-ils pas faire tout ce qu'il faut pour > larvenir ? Et s'il n'y a que la sainteté et '* perfection qui puissent mènera ce but, ttesl-il pas déraisonnable et do la plus danf^ffeuse témérité de ne pas agir consélU'-waient k ce que l'on désire? Crovezoioi,que le soin de vos enfants no vous fasse l-^^ oublier ce que vous vous devez à vousû'ôoies, à votre salut, à Dieu. Vos enfants *|'"?^ touchent de près, assurément; mais vfw tout, il n'est personne qui tienne plus Vous, qui vous soit plus intimement uni W vous-mêmes. Aimez donc vos en fan L«, •' oc m y oppose pas; la relijjion et la na- ^ft aous le commandent; elles nous en

font un devoir sacré. Ehl comment ne les aimerions-nous pas, nous qui devons aimer nos ennemis? Aimez-les plus que tout ie inonde, mais seulement après vous. Sed ianium secundo a vobis gradu; aimez-les, mais d'un amour qui ne préjudicie pas à vos propres intérêts, et qui ne ressemble pas è de la haine dé vous-mêmes. Le fils, dit l'Ecriture, ne répondra poinl de riniquUé de son père^ ni le père de Viniquilé de son fils (Deut. XXIV, 16j; et chacun, ajoute i'Apûtre, portera son fardeau. (Galat. vi. S.) Les biens qu'un père laisse à ses enfants ne le sauvent point de l'indigence; ou plutôt, une opu« lente succession transmise par un père le réduit lui-même à une indigence éternelle. Un fils trop aimé fait le crime et le malheur de son père. Hélas l tandis que des enfants r;.*gorgent de biens, un père inconsolable gémit dans les enfers.

«Quel est donc l'amour que l'on doit à ses enfants? C'est celui que Dieu lui-même prescrit. Car il est hors de doute que la meilleure manière do les aimer est de les aimer comme l'ordonne celui de qui on les a reçus. Mais qu'ordonne-t-il sur ce poinl? Ce ne sera pas moi qui vous l'enseignerai, ce sera Dieu lui-même. Voici comme il s'en explique dans les saints livres, en s'adressant] généralement à tous les pères : Qu'ils apprennent à leurs enfants les commande ^ ments du Seigneur^ afin quils mettent en lui leur espérance; qu'ils n'oublient ja* mais les merveilles qu il a opérées en leur faveur, et qu'ils s'attachent à l'exécution de ses préceptes. {Psal. lxxvii, 7.) Ce sont là les richesses que Dieu veut que les pères procurent à leurs enfants ; voilà les trésors qu'il faut leur laisser, et non pas dos sacs plus chargés d'injustices que remplis d'argent, et non pas des palais superbes qui dominent les plus hautes tours, et dont les sommets vont se perdre dans les nues, comme s'ils avaient été bâtis pour les habitants de Tair; non point des fonds do terre d'une étendue immense et presque inconnue au propriétaire, qui« ne pouvant souffrir de voisin, se trouverait en quelque sorte déshonoré si un autre partageait la

6 lai ne avec lui. Non, ce n'est pas là ce que ieu demande des pères. Ces devoirs se réduisent à peu de chose, mais tout y est salutaire: ils sont aisés à remplir, mais ils n'ont rien que de saint. Le nombre n'est pas grand, mais ils renferment de grands avantages; il faut peu de temps pour s'en instruire, mais l'éternité y est attachée. Ils sont compris dans ce peu de mots que nous venons de citer : Pères ^ apprenez à vos enfants les commandements du Seigneur^ afin quils mettent en lui leur espérance^ c est-à-dire, formez-les à la foi et à la crainto du Seigneur, à la modestie et à la pureté des mœurs. Il n'y a rien là de terrestre, rien de vil, rien de périssable, rien qui ne soit

Srand et digne de Dieu, fipm'mo il est le ieu des vivants et non lé Dieu des morts» il exige des parents qu'ils laissent èr leurs enfants des biens capables de les faire vivre

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éternellemeot, plutôt que des (résors proiires è leur donner la mort éternelle... Peu- Tent-ils leur assurer un plus magnifique héritage? »

Notre saint prêtre s'élève avec non moins de force contre Tabus de ces vocations forcées, par lesquelles des pères ambitieux et cupides disposent tyranni<]uement de TtUat» de ta conscience et du salut éternel de leurs enfants, «c Dans ce partage dos conditions fait

Far des parents aveugles et prévenus de esprit du monde, si, de plusieurs enfants qui composent la même famille» il y en a un plus méprisable que les autres, c*est toujours à celui-lh que les honneurs de TEglise sont réservés. S*ii est disgracié de la nature, s*il estcontrefaityS*il ne possède pas Tamour du père et de la mère, dès lors il faut en faire un bénéficier. 0 impiété, s*écrie co grand homme 1 comme si n'avoir pas les qualités pour tout le reste, c'était une vocation pour la maison de Dieu, et comme si les autels devaient être pourvus des rebuts du monde. » Salvien établit ensuite le précepte de faumônei ses avantages et ses caractères.

« Parmi sesavantages, un des plus précieux c'est cju'elle remet les péchés, en méritant de Dieu la grAce de les reconnaître et de s*en repentir. Si l'on a le malheur de négli-

fer ce devoir pendant sa vie, l'aumône faite la mort est encore une ressource, bien que hasardeuse et incertaine. Cétait là le conseil (iue Daniel donnait au roi de Babylone : Seigneur^ lui disait-il, rachetez vos péchés P'ir les œuvres de miséricorde; que la compas^ sion que vous aures pour les pauvres serve à expier vos injustices {Dan. iv, 24) ; peut-être que Dieu, louché de ce que vous avez fait ))0ur eux, aura aussi compassion de vous. Ce fut l'appareil que Daniel voulait appliquer aux blessures du monarque; et c'est le remède dont le pécheur doit user è la mort. Malheur à lui, si, comme Nabuchodoiiosor, il s'opinifltre à le rejeter I... Le prince infidèle la dédaigné; combien en a-l-il été puni, même avant la mort. Leçon terrible pour les cœurs orgueilleux et insensibles aux misères du pauvre. Que du moins le pécheur supplie Dieu de ne pas dédaign«T son offrande, quoique tardive, et lui témoigne par ses larmes le regret d'avoir différé si longtemps à lui faire hommage de ses biens.» Toutefois, on ne saurait se dissimuler le danger auquel on s*expose à ne remplir cet important devoir qu'à la dernière extrémité; les conversions tardives seront toujours. suspectes, aussi Salvien n'oubliet-il pas de 1 observer. Il développe ensuite cette parole : Peccata eleemnsynis redime,

« Je consens que vous ne donniez à Dieu que ce qu'il faut précisément pour nnus rédimer. Supputez rigoureusement les péchés que vous avez commis, eiamincz-cn l'espèce et les circonstances. Voyez ce que >ous avez à payer pour vos mensonges, vos imprécations, vos parjures. Tant pour les pensées impures, tant pour les paroles désrionnêlcs ou licencieuses, tant pour les dé-

sirs criminels. Ajoutez, si votre conscieDcc vous en fait le reproche, les péchés «loiit l'Apôtre nous fait le détail, les adulièn», les fornications, les impudicilés, les ivrogneries, tant d'autres crimes abomiIlable^; n'oubliez pas surtout cette cupidité msa» tiable qui vous rendait esclave de votre ur et injuste envers vos frères. Encore un côu;i, supputez tout cela, et appréciez tout cela; et taxez-vous, suivant l'évaluatioaqueTo;.* en aurez faite, si toutefois il vous estencur* possible de vous bien connaître vou5-mém.% et de vous voir du même œil que Dieu ?o.4 voiL Prenez garde pourtant que le to\6^\ Assyriens, à qui Daniel ouvrait celte voie de salut, était peut-être encore jeune, qu si avait bien des années à vivre; et cepcodao: le prophète Paverlit qu'il n*avait pas di temps à perdre; tandis que vous, a deai doigts de votre perte, et prêt dVxpirer, vous n avez plus que quelques moœeDU fugitifs pour racheter votre vie tout entière. »

Quant aux caractères de l'aumône laite à ces derniers moments, voici ceui que Salvien indique. « La première disfiosition o^ doit être ce pécheur est der se bien persHa< der qu'une des plus grandes grâces qui Dieu ait pu faire, est de lui avoir inspiré ti volonté de lui offrir le sacrifice de ses bitos C*est pour lui un plus grsnd avanla^'c ut les remettre entre les mains du Créàteur« que de les avoir reçus de sa bonté; par* qu'en les recevant, il na rienroçu queca temporel, au lieu qu'en les lui remetlôo^ ils deviennent en quelque sorte éternels. • Observons encore les conditions qu*ii j met: «i J'ajoute, dit-il, que son oirraolt doit être accompagnée de coroponctioo, de larmes, de regrets et de la douleur la plus amère; autrement elle sera rcjelée. C« n'est pas la valeur du don qui le faitagréer; c'est la disposition du cœur. Dieu accepie nos biens en faveur de notre foi, et ir-o point notre foi en considération de nui biens. C'est une grâce qu'il nous fait d( voulidr bien accepter ce que nous lui présentons. Nous n'avons rien qui ne soit à lui ; ainsi dans les offrandes que nous lui faisons, nous ne lui offrons rien du a^^in*. Nous aurions tort de regarder comme un présent de notre part ce qui n'est au hnl qu'une pure redevance. N'oublions pas surtout que si le sacriGce de nos biens peuteo quelque façon aHéger le poids de nos péebés. il ne peut pas les effacer. Il intercède po"'' nous; mais il ne nous absout point; et «' serait en nous une présomption coopab!<* de prétendre par là nous acquitter auprt^ de Dieu. C'est bien assez que notre libi*"lité lui fasse connaître le désir que noc> avons de lui payer une partie de nos detu?, et le regret d avoir commencé si larJ J nous acquitter envers lui. »

Mais Salvien ne s'est pas contenté dul>j server combien les aumônes, et en gtfntr^' les œuvres de religion, faites à la ti<)rl faites aux derniers moments de la vie, JOjit incertaines et trop souvent stériles potif I*

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loi. il araic achevé &a belle explication } ces |iarol6S : Peccata tua eleemosynis âimif (tar cette observation puisée dans j {«rfiles qui suivent : ForsUan propitiatur Jkui peccaiis tui$. « Ce mot, /brlan, marque bien. dit-iU qu'il y a lieu e>|)^rer; mais il ne donne aucune assu* lire. C'est donc bien vainement que l'on ffèrede se convertir, par l'espérance que ieli|iies actes de religion faits au moment ^quitter la vie, nous obtiendront la miséetirtiedu Seijcneur. Et voilà un autre abus ;Alenient déplorable, également soumis à censure de notre ministère; abus réluitu dans toutes les classes de la société* qui justifie roracle de Jésus-Christ: Pauci T/i. (Mailh. XXII, U.) » Ce que Salvîen mse aux avares à ce sujet peut s'appliler en général è tous les pécheurs, qui DYoient leur pénitence k ce moment décir|»our leur éternité. C'est là un des sujets i|>lus familiers comme les plus féconds moire prédication, et l'on sait combien lebeb-d'œuvre il a produits sur les lèvres i sûQS la plume des ministres de la reli- 00, dans tous les ftges du christianisme, ilrien peut encore ici nous servir de mo- Me. H presse avec force la nécessité de ne b attendre si tard.

• Ce n'est pas cesser de pécher que de ne li&er qu'à la mort. La volonté alors a ttiosdeparl au divorce fait avec le péché, Be rimpuissance de le commettre; et Bind le pécheur ne quitte le crime qu'en enlwu la vie, c'est moins lui gui abanonne ses iniauités, que ses iniquités ne it)andonnont lui-même. Ainsi, forcé de BM)Dcerau vice, son cœur y reste attaché, »o péché subsiste malj^ré sa conversion pj»artnte ; et il pécherait encore s'il pouiu. C'est donc une bien fausse espérance ue celle du pécheur qui se flatte de rache- ^ par quelques aumônes les désordres de '»ie. lin vain veut-il se itersuader que ws vertu, à la faveur de ses largesses, il «jappera aux rigueurs de la justice divine ; Atnme si Dieu avait moins d'égards à la jurelédu cœur qu'à l'éclat de l'or, et qu'il Itit se contenter de tirer une somme a'ar- S^ntde quiconque ne pèche que dans Tes- P«ir de se rédimer un jour, et d'acheter Nr ainsi dire sa grâce I II n'eu est |.)as du ^▼erain Juge comaio do ces magistrats (•refaricaieurs, qui vendent à prix d argent 'impunité du crime.... Déplorable extré- "^^!L^ Où est alors le temps de pleurer,

. temps

^•'déjeunes? mais, la mort sur les lèvres ^*'d en étal déjeuner, de se condamner I'*** »aborieux exercices de la pénitence ? je temps de l'agonie est-il un temps propre «tnacérer sa cTiair, à gémir sur la cendre nsous lecilice, pour expier les excès d une !J* passée dans la mollesse, et de venger pu» par une austécité volontaire, de tous ^, crimes dans lesquels l'amour des vo- ^^^^•s retenu plongé si longtemps? Il le

voudrait, comment le pourrait-il entre-

1) rendre? Sur quelle partie de son corps 'exécution viendra-t-elle frapper, quand ce corps est presque tout entier déjà la proie de la mort?.... En vérité, n'est-ce pas un acte de générosité toute singulière, et un sacritice d'un grand mérite et bien capable de vous acquitter auprès de Dieu, que de penser au lit de la mort à satisfaire à sa justice? Le beau présent que vous lui faites en cette circonstance 1 Lt cependant abandonner le pécheur à lui-même, à son désespoir, il y aurait de la cruauté; mais aussi^ le flatter de l'espoir de guérir, lorsqu'il a pensé si tard à sa guérison, ce serait témérité. Ne prendre aucun remède, c'est être perdu sans ressource ; en prendre à la der* nière extrémité l'effet en est fort douteux. Que dire? que faire? je l'ignore. La seule chose bien certaine que je sache, c'est combien il est dangereux d'attendre si tard ; c'est qu'il faut vivre de manière à ne pas se trouver un jour réduit à cette désolante alternative, ou de ne rien traitcrpar désespoir, ou de s'attacher k de fausses espérances ; c'est ce que même, après les fautes commises, soit par la fragilité humaine, soit par 1 entraînement des passions, il fallait penser à se relever ; il fallait que le repentir suivît de si près la faute, que s'il eût été possible, on ne se fût |pas aperçu de votre chute. C'était de concevoir une sainte horreur pour son péché, de recourir aussitôt au remède, d'arracher à l'instant le dard de la plaie, de ne pas laisser au mal le temps de s'invétérer et de s'aigrir; car une fois attaqué par la gangrène, il devient incurable, il faut mourir. Pourquoi donc avoir donné au démon le loisir de vous porter le dernier coup, après vous avoir terrassé? » Tous ces traits admirables de foi^e et de pathétique ont été reproduits mille fois ; ils le seront toujours sans jamais cesser d'être nouveaux.

DeuxUrne livre. — Ce que nous avons dit jusqu'ici de l'aumône s'applique également à tous et regarde chaque flge, chaque profession, chaque circoustance de la vie.

Cependant on demande si le précepte de l'aumône est aussi rigoureux pour le juste que pour le pécheur. La discussion dans laquelle va senga^^er notre auteur nous ofl'rira plus d'une pensée applicable à d'autres matières qu'à celle qui nous occupe.

« Les justes, dit-on, n'ayant point de péchés à expier, rien ne les oblige à de si grandes largesses envers les pauvres. Je vous entends; c'est-à-dire, que si le juste n'a point d'enfer à redouter, il n'a donc point non plus un paradis à mériter? Mais d'abord quel est le juste qui ne soit redevable à Dieu de tout ce qu il possède ? Par conséquent, quelque offrande qu'il fasse à Dieu Je ses biens, c'est donc moins un présent qu'il lui fait qu'une dette ({u'il acquitte. Et pour parler d'abord des bienfaits généraux, dites-moi, riches, qui que vous soyez, de qui tenez-vous la naissance, la nourriture, l'éducation ? N'ost-ce pas do la bonté

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de Dieu? Vous êtes aboixlammeni pourrus de toutes les choses nécessaires k la vie; les eommodités même de la vie ne vous manquent pas, vous les avez en abondance. A qui le devez-vous? A Dieu. N'est-ce pas son amour bienfaisant qui d*une main libérale a fourni k tous vos besoins» au delà du besoin même» que dis-je? au delà de vos esuéranceSy et ce qui est encore plus» au delà de vos désirs. El ce sont là des prodiges particuliers. D'ailleurs, non content de vous avoir donné Tètre» cet aimable maître n'a pas dédaigné de se livrer au supplice pour votre salut. Oui» tout cendre et poussière que vous éles» le souverain Seigneur de 1 univers vous aime jusqu'à descendre du ciel pour vous sauver, jusqu'à venir sur la terre s'y revêtir d'un corps mortel, y paraître dans une chair faible, et commencer, tout Dieu qu'il est, une vie humaine, sous la forme honteuse et dans l'état humiliant d'un malheureux enfant, enveloppé de misérables langes, couché dans une crèche, exposé à toutes les misères de l'humanité les plus indignes de sa grandeur, s'y assujettir à toutes nos nécessités, y converser avec les hommes, y demeurer parmi les pécheurs, au milieu d'un peuple pervers, souillé de crimes, chargé d'iniquités, dont la corruption exhalait un« odeur de mort, et par là même incapable de goûter ses divines instructions. Ce n'est pas tout. Que de contradictions, que d'injures, que de malédictions, que d'iusultes, que de persécutions, que de calomnies nVt-il pas eu à souffrir de la part de celte nation é^aleinent injpie et insolente. Ajoutez à cela les faux lémoignages, les jugements injustes et cruels, les railleries sanglantes, les crachats, les mauvais traitements , les outrages de toute espèce, cent sortes d'indignités plus sensibles mille fois que les douleurs les dus cuisantes. Ajoutez encore les fouets, a couronne d'épines, le flel, le vinaigre, la inorl. Ciel 1 quel spectacle de voir le maître du monde, le Fils du Tout-puissant, un Dieu condamné au dernier supplice, attaché à un gibet, expiranl entre deux voleurs, sur une croix, eu exécution de l'arrêt que d'indignes mortels ont prononcé contre lui. a Je vous demande maintcnantà vous, juste vrai ou prétendu, quand vous n'auriez à Dieu d'autre obligation que celle-là, pourriezvous jamais assez la reconnaître ? Quelque peine qu'endure l'homme pour la gloire de son Sauveur, peul^l assez le dédommager de ce qu'il a souH'ert pour lui ? et quelque proportion qui se trouve dans le genre et la rigueur du supplice, peut-il yen avoir dans ia qualité des personnes qui souffreni? Cette obligation, me direz-vous, est commune à tous les hommes, mai<s, je vous demande à mon tour si la dette de l'un diminue celle de l'autre. Le nombre des complices n absout point le coupable ; il en est de même de l'obligation dont nous parlons.

Toute générale qu'elle est , il est hors de doute qu'elle devient particulière à chacun de nous; elle est commune à tous, mais

elle tombe tout entière sur chacun, eibif» plus spécialement encore sur ceux à qui il a été plus donné. En faut-il davantage |iour désabuser certains justes qui s'imac^inent n'être point en reste avec Dien, parce qu'iU ne comprennent fMis l'étendue de leurs obligations envers lui? Mais des pécheurs co*i» verts de crimes n« doivent-ils pas eocon plus? Parler ainsi, n'est-co pas dire: h suis innocent, parce qu'un tel est pluscûv* pable que moi; je suis juste, parce qua tel est livré à l'injustice ; je ne suis pas oi saint du commun, parce qu'un tel est ui scélérat insigne. Convient-il à une êsJ vraiment sainte déjuger de sa vertu \mm vices d'aulrui» et de chercher par le (tarai lèle qu'elle fait d'elle-même avec les ^ cheurs, de quoi se donner un relief de ssiiv teté. C'est une pitoyable consolation q celle que Ton lire de la misère des pécheui mais je veux qu'il soit permis de faire ces sortes de comparaisons ; est-il bien de les faire? Savons-nous ce qui se passeï au jour du jugement, à ce jour foriuiJ de la discussion des consciencei^, pour di hardiment : Je suis moins redevable q tel ou tel, pour présumer de notre salut, désespérer de ceiui des autres? Nj' an donc enCn aucune différence entre Icsju^i et les pécheurs ? Oui certes, il y en a, plus qu'on ne peut dire; mais, comme d' près le témoignage de l'Ëcrilure , heure est celui qui vit dans une crainte coq nuelle, et que d'ailleurs, le sage ne so c jamais assuré de son salut, l'homme le pi religieux peut-il se croire un assez çrai fonds de sainteté, j^ur n'avoir rien a «tf iréhender de la rigueur de ce redouUiiU , ugement ? Peut-il se promettre à soi-ujèifli a persévérance dans le bien? S'iJoe leped ni ne le doit, pourquoi s'exclurail-il du it^ voir imposé à tous les chrétiens de racbcter, au prix de tous les efforts et de tous l«ft sacrifices, les fautes d'une lonj^uevie?

« Ce n'est pas ainsi que le& vrais ju5tei raisonnent et agissent. Sans cesse attachés 1 la pralique des bonnes œuvres, à la cmii de Jésus-Christ, pleins d'une tendre coid* passion pour les pécheurs, ils se Iraiteol eux-mêmes sans pitié et ne se^pardoDoeal rien, heureux de s'immoler ainsi pourU gloire du Seigneur, et de se punir et uc ven^er Dieu sur leurs personnes, des moiudres fautes qui leur échappent. Ainsi, b saintes cruautés qu'ils exercent sur eui* mêmes les disposent à recevoir la courouii^ de justice du souverain Juge. £l î^^*' quelle est leur charité eavers les pauvret. Car dans les saints cette vertu met loutc» les autres en mouvement. NouSj au ci'Q* traire, nous ressemblons, à quiTaux^itrges folles dont parle l'Evangile. Leurs ia»> pes vinrent à s'éteindre faute d'huile, c est* a-dire, faute de bonnes œuvres.Nousrroy*)os en être abondamment pourvus; les tierge) folles le croyaient aussi , autremenl clM <^ eussent fait provision. Ell^s voulureni J»^* la suite en emprunter; elles en cherdie'^" avec empressement ; elles n'auraient wct

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DE PATROIAIGIE.

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