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f^alteodusi lanU si elles ne s*éUiiont pas ;iUée5 nuil à propos d'en avoir assez. PreifHii garde d*élre comme elles, dupes de l'Mre présomption. Elles avaient embrassé iDe profession sainte et se piquaient de sa- ^tsàe ; plies n'étaient done pas persuadées l« l«ur folie. Vous comptez que votre lampe toeurera allumée jusqu'à rarrivé de l'éoui; les leurs ne s'éteignirent que parce jettes étaient dans la même nersuasion.
et il est écrit qu'elles préparèrent leurs inpesdans le dessein de les allumer; et j'ai eo de croire qu'elles les allumèrent en fd, puisque la crainte où elles étaient que I lomière ne ytnt à leur manquer marne Assez qu'elles en avaient eu peur, nrcrainle au reste n*éiaitque trop bien noée; car leurs lampes étant venues à •teindre, elles se trouvèrent dans les té- )!iiK$*,. Apprenons de là qu'un celte ma* he ce qui est peu compte pour rien. A 101 boo allumer une lampe qui doit s'éindre un moment après? Que sert une luîère oui s'éclipse eu naissant et ne com« rooe à briller que cour disparaître ausk&t?Ce n'est donc point assez d'avoir une Di|H», il faut encore qu'elle soit bien garb, afio qu'elle puisse éclairer longtemps. aeile abondance d'huile nefaut«îl pas pour if la vAlre brûle éternellement ? »
Cest à notre peu de foi aue Salvien rap» rie notre peu de charité; et il revient (quemment sur cette pensée. « Oserai ^je <tire, et ne suis-je pas coupable moi-* èmede le penser; ah ! plût au cieJt Mais tarais beau vouloir concentrer en moi-^ Nne celte afDigeante révélation 1 les faits » laissent ici aucune équivoque» et Téi^nce trahit mon secret. On confesse eu au fond de son cœur on le renie par t œuvres. On fait profession de le servir» on lui refuse un peu d'argent. On ne croit aux promesses, ni aui menaces de JésusinsL 0 misère de l'homme, 6 pervorsitél I croit un homme sur sa parole, et l'on ne ''it pas à la I arole de Dieu I... Tout ce que ^ fonde d'espérance pour l'avenir ne vaiMu delà du cercle étroit des choses hu- •«iues.... Mais iésos-Christ en agira avec m comme vous en agissez avec lui. Vous iicioez du nombre de vos légataires, au urde ses vengeances, il vous exclura de fomiiagnie de ses élus. Vousne l'appelez Hai à votre succession ; vous n'aurez i)oint ipart à son héritage. Il vous rendra mé- J) pour mépris, et puisque vous lui avez ^éréles pécheurs, allez, {}écheur5, brûler ^^eui. iie, ma/adic/t, inignem œttmuml f««A. XXV, M.) — Et pour quel crime?
'' ue suis point adultère , voleur, assassin. •>n» je fus sobre, tempérant. — C'est vrai; >m TOUS ne fûtes point charitable : i'ai eu itOf et vous ne m'avez point donné à man- ^^ — Mais j*ai obéi du précepte de l'au* lôoe, — Tel autre qui ne s'y est pas assu- '^tif a pu le faire sans crime; mais vous, '>»s l'avez observé sans mérite. Vous jeû- I^Zf direz-vousauJuge suprême: vous jeû- ^<^z, non par vertu, mais par spéculation,
par un sordide intérêt, dans Tunique vue do laisser à vos héritiers une succession opu* lente. Aussi, vo>ez-les, tels que le mauvais riche de l'Evangile (Luc. xvi, IL vcHusde pourpre et de lin, assis à des tables sornp* tueuses, dormant sur les monceaux d'or que vos économies leur ont ménagés, et coulant des jours tranquilles au sein des voluptés, qu'ils doivent à vos abstinences. Vos privations, telle a été la source de la mollesse et de la débauche à laquelle ils se livrait sans remords.
« Venez vous vanter encore à Jésus-Christ de vos prétendues bonnes œuvres, et récla* mer de sa justice les béatitudes de son royaume, comme la récompense du soin que. vous bYez pris de procurer à des saints de cette étrange sorte les délices où ils se pion* gent... Quoi donc I la crainte d'une éternité malheureuse ne sera pas un motif assez puissant pour vous déterminer I Voyageurs égarés sur une mer orageuse, environnés de tempêtes, menacés par des flots impétueux» au moment où la frêle barque qui nous porte s'enlr'ouvre et va nous engloutir avec elle dans un commun naufrage, une marn divine nous présente laumône comme uiie planche uuélaire pour nous sauver; et nous la repoussons, et nous travaillons à assurer notre (iropre | erte 1 Ames lidèles, chastes amantes de Jésus*Christ, je vous atteste ici, dites-moi : Jamais ennemi porta-t*il si loin la cruauté contre son ennemi, que ces sortes de chrétiens la portent contre eux-mêmes? . L'arrêt d'exil prononcé contre un criminel ne ^'cxécutB que contre le corps; l'ême n'y est |)oint soumise. Le corps fut-il dans les fers, l'Ame demeure libre. Mais l'exil dont nous sommes ici menacés, c'est l'âme qu*il
doit frapper L'ennemi le plus furieux, le
plus implacable, ne saurait atteindre que le cor()s ; mais ici c'est l'Ame elle-même qui est en proie à la mort, et à la mort éternelle. La haine d'un ennemi expire ordinairement avec sa victime ; mais celle que vous vous portez à vous-mêmes vous poursuit au delà du tombeau. »
Troisième . livre. — Nous ne devons pas laisser ignorer que Salvien déclame avec la plus grande force, dans ce traité comme dans celui do la Providence^ contre les vices du clergé de son temps. Il n'épargne ni les religieux ni les évêques. Il ne nous convient ni de le condamner, ni de le justifler. Nous observerons seulement que ces sortes d'in* vectives, lors même qu'elles sont légitimes dans leur principe et dans leur objet, ne doivent être hasardées dans nos discours qu avec la plus grande circonspection : Noliiû tangere ehri$io$ meoi^ et in orophetis meis noliu malignari. (1 Par. xvi,23.7 Massillon l'a fait, mais dans un synode. Bourdaloue Ta fait, et dans plus d'une occasion il a cru, en présence de Louis XIV, devoir à l'autorité de son ministère, s'élever publiquement contre l'usage profane que quelques ecclésiastiques de son temps taisaient des richesses du sanctuaire; mais, outre qu'il faut, pour s'abandonner à une semblable lib^ié,
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lOQS les droits du génie et de la vertu, el peut-Atre aussi urie profonde connaissance de Fauditoire et du temps où Ton parle, remarquez avec quelle mesure ce grand prédi* cateur fait la leçon aux ecclésiastiques. « Je ne dis rien» dit-il dans un de ses sermons sur l'aumône, je ne dis rien de ceux ^ui, revêtus des dignités de TEglise, voudraient employer le superflu des revenus ecclésii'is* tiques à se faire une fortune, et à se distinguer dans le monde. Ils savent comme moi quels anathèmes r£>;lise a fulminés contre ces désordres, lis savent que le reiâchement de la morale n*a point encore été jusqu'à favoriser là-dessus, en aucune sorte, leur ambition et leur convoitise. Que si vous me demandiez à quoi leur sert donc cette multitude de bénéfices qu'ils recherchent avec tant d'ardeur, et qu ils poursuivent avec tant d'empressement, c'est sur quoi je n'aurai garde de m'étendre, et j'aimerais mieux m'en rapporter à ma conscience que de faire une censure de leur conduite, dont vous seriez peu édifiés, et dont peut-être ils seraient encore moins touchés. » ht dans le sermon sur les richesses : « Ce que nous appelons, par respect, les biens de l'Eglise, ces biens qui, de; droit naturel et de droit divin, sont des biens sacrés depuis que la piété des fidèles les a légués à Jésus-Christ dans la personne de ses ministres, voilà à quoi ils sont prostitués. Combien de fois, A opprobre de notre religion 1 combien de fois le revenu d'un bénéfice a-t-il été le prix d'une chasteté d*abord disputée, et enfin vendue à l'incontinence sacrilège d'un libertin engagé par sa profession dans les fonctions les plus augustes du sacerdoce? » Le célèbre Joly, depuis évêque d'Agen, alors curé de Saint-Nicolas des Champs à Paris, n*épargnait pas davantage « Messieurs les bénéficiers, obligés de faire l'aumône, non-seulement en qualité de chrétiens, non* seulement en qualité de prêtres et de ministres du Seigneur, mais comme établis les dépositaires et les économes des pauvres. Autrement, dit-il, savez-vous bien comme saint Bernard vous traite? 11 vous appelle homicides et, voleurs. »
Tous ces passages sont imités et presque tirés mot à mot de Salvien, qui, après s'être récrié contre les abus c|ue l'on ne faisait que trop souvent des biens ecclésiastiques, ne veut pàs cependant que les religieux soient privés de la libre disposition de la part qui leur revient dans l'héritage paternel. Il s'élève contre les parents, parce qu'ils ne léguaient pas également leurs biens à ceux de leurs enfants qui étaient restés dans le monde et à ceux qui servaient Dieu dans Tétat religieux. « A quoi servirait, disait-on, de laisser beaucoup de biens à des religieux? Le voici, repond Salvien : à remplir tous les devoirs de leur état ; à faire que, le bien de la religion augmentant, ceux qui manquent de biens soient secourus par ceux qui en ont. Si les pères et les mères souhaitent que leurs enfants soient pauvr^ qu'ils abandonnent au supérieur qui
les gouverne le soin de marquer les h'tw^ de celte pauvreté. Comme alors tout uta volontaire, la vertu n'en aura que pli}»«ie mérite. Qu'on les abandonne à leur piété, qu'on leur laisse choisir la pauvreté par goût, et qu'on ne les v réduise pas par nécessité. Une pauvreté forcée a plus raird'un châtiment que d'une vertu. Enuseraiosi l'égard de ses enfants c'est violer les loi$ai sang et de la nature. Ne serait-il pas bei». c^iup'plus plus prudent à des pères et ffièm de laisser à leurs enfants religieux \m partie de leurs richesses pour être e»
ployées en bonnes œuvres, dont ils pan» géraient avec eux le mérile?lls font tout contraire : ils ne laissent rien, dans crainte qu'ils n'aient quelque chose è offri à Dieu. N'est-ce pas leur donner oicasiun se repentir d'avoir embrassé une cunJit qui les rend, pour ainsi dire, méprisabi aux veux même de leurs familles. »
Salvien se plaint encore d*un autre abut Les parents laissaient à ceux de ieun ftn fants qui s'étaient faits religieux les rere» de certains fonds, à condition que ces foi retourneraient à leurs frères du monde, déclare cette conduite injuste, et dit <{ c'est pour ainsi dire exclure Dieu de lei succession, en ne laissant à leurs enfai aucun bien en propriété. Celait la coutooi chez les Romains de rendre la liberté aq esclaves, au bout de quelques années servitude, et cette liberté donnait è esclaves affranchis le droit de disposer leurs biens par testaments. Eh bien, c'est contraire qui arrivait alors chez les Chrfr tiens; ils retranchaient à leurs enfants r^i ligieux la propriété de leur patrimoine. 4 les privant du droit d'en disposer. AinsiW enfants, en se faisant religieux, de librtl qu'ils étaient, devenaient esclaves, an li«i que chez les Romains, les esclaves dev^ naient libres. La religion parmi les Cfant^ tiens devenait un crime; les pères nera« connaissaient plus leurs enfants que comoi des étrangers, dès qu'ils avaient commeoei à être enfants de Djeu. Mais, ottservait-oo» à qui les religieux laisseront-ils leur p9tri« moine? Ils s en serviront pour eux-roèmai répond Salvien, pour assurer leur saliHi pour rendre plus certaine leur espérance en Dieu.
« Au reste, ces paroles de l'Ecriture:. Vf vous faites point de trésors sur la terre, mai» dans le ciel {Matth. vi, 19), s'appliquentaul gens du monde aussi bien qu'aux religiem; à ceux qui ont des enfants aussi bien qa*! ceux qui n'en ont pas. Parmi le grand nombre de fidèles dont les Actes des ap6tm disent que ce qu'ils possédaient était en c^* mun {Act, ii, 34), il y en avait sans dooK qui avaient des enfants; cela leserapêchaiMi de mettre leurs biens en commun, de rcn* dre leurs terres et leurs maisons, el o*^ apporter le prix aux nieds des apôtres? Cesi un amour insensé d aimer les autres en ^ perdant, «Salvien ne manque pas de forliô^r ses raisonnements de textes et d'exemple tirés de lEcrilure. Témoin ce riche de li-
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fui^itey quittait vêtu de pourpre et de lin. fil arait sius doute laissé h ses héritiers une grande fortune. Hais de quoi lui serujeat dans les enfers, et ses richesses et itif iibéralilés? 11 brûlait, ce riche infortuné ti du milieu des flammes, il demandait \h>nr loul rafraîchissement une goutte d*eau i]tnl oe pouvait obtenir. Où étaient cepenijni ses enfants, ses proches s*il en avait? Du étaient $e» irères qu il aima si tendre* mcol, et dgnt tous les supplices de Tenfer MtAient pu lui faire perdre le souvenir? cohéritiers nageaient dans Topulcnco ; lui, I. éuiit livré à Tindigence; ses légataires jjii^ la joie, dans les délices, peut-être sV 'iidt.nnaient à lous les excès de la débauiif;lui, dénué de tout, était en proie à la {l'uicur, aux tortures, à des feux dévorants.. • /id secours, quel soulagement en pouijiHi esjiérer? Encore, pour comble d*inoriune, s'il peut y avoir quelque surcroît i« |>ejnc dans les enfers, élait-il réduit à biiuiiliation d'invoquer la pitié de Lazare, k vtà môme Lazare qu'il avait autrefois MsMéde mépris, de ce Lazare qu'il avait u 56 consumer sous ses yeux dans la soufntice. Quelle différence dans la condition ici un et de Tautre. Ce pauvre achète la «ititude rtar Teicèsde sa misère, ce riche, es supplices par ses richesses» Riches du inle, voilà ce qui vous attend vous-mêmes. »oo, 6 malheureux réprouvé, cette famille |uc vous avez enrichie ne pourra jamais «Irinchir son coupable bienfaiteur; non, ^enilcr è qui vos largesses ont donné ce Mucux patrimoine dont il jouit, n*éteindra 'tores feux qui vous dévorent, Ahl s'il eût Ile en son pouvoir de se racheter de Tenfer ui dépens de ceux qu'il avait enrichis de ts liieus, u'eût-il pas mieux aimé les démailler de ses bienfaits, que de souscrire i ia continuation de ses peines? Oui, sans k'Uie, il aurait volontiers sacrifié tous ses Ksors à sa délivrance. Et s'il n'eût fallu |<se jeter \ians ce gouffre de feu où il était *'Osuuié, ce qu*il avait amassé d*or et d'ar- >^*Qt pendant sa vie, il n'eût pas balancé; iuedis-je7il eût voulu acheter à ce prix Mie heure de repos, lui qui demandait avec M d'instances que Lazare fit tomber une .'aie goutte d'eau sur ses lèvres altérées. 'l>is dit l'Ecriture, il n'est plus temps, ^i'res la mort, de songer h faire pénitence. ^Ehlquelétaitdonclecrimedecethomme?
' «lait riche. L Evangile ne parle ici ni • - uQiicidc, ni d'aviultère, ni d impiété sanle^e, ni d'aucun de ces vices monstrueux lui jettent l'âme dans la mort éternelle. 11 1 e^i pas dit à ce riche : La cause de ta réproi4iioQ, c'est le sang de ton frère que tu as ^^fié, ni les honteux excès auxquels tu t'es tbaodonné. Non: il fut riche; c'est là toute ^on accusation ; ce sont ses richesses qui ont Nnoncé contre lui l'arrêt de sa condamnation. • Tout le discours de Massillonsurle ^Auvais riche n'est que le commentaire '^'2 ces affligeantes, mais irrécusables vérités, "'ij a donc une mnlédictioa secrète attachée *^ï rifiheeaes. Oui, l'oracle est précis ; Yœ
divitibui ULuCf vi,2&.)Non pas, observe Salvion, que les richesses aient en elles-mêmes rien(lepernicieux;lepoisonau'e11esexhalent vient de la passion ^ui en produit l'abus^JP/eiirex^ riches , s'écrie l'apôtre saint Jacques, poussez des gémissements sur les misères dont elles s'apprêtent avons accabler, (jac. v, 1,) C'est une illusion de les appeler des biens. Nommons-lesà la bonne heure, des embarras elnonpasdessoulagements. Biens trompeurs, puisque sous ce nom ils n'enfantent que des maux éternels. Donnons pourtant quelque chose h la faiblesse de ceux qui ne croientpas pouvoir s'en passer. Jouissez-en donc, Ames chrétiennes; qui que vous soyez, mettez à
t)rofit ro|iulence où ils vous mettent ; placezes, ces biens, à grand intérêt, dans les mains des indigents; laissez à de saints pauvres les richesses que vous possédez ; faites en part AUX aveugles, aux boiteux, aux infirmes. Que les malheureux trouvent dans vos bienfaits un fonds qui fournisse à leur subsistance; i^ar là vous assurerez leur existence, et le soulagement que vous leur procurerez sera pour vous un gage assuré de la récompense des élus. Les aliments qu'ils recevront de votre libéralité se changeront pour vous en une nourriture toute divine dont vous serez à jamais rassasiés ; et le breuvage dont vous aurez étanché leur soil vous inondera dans le ciel d'un torrent de délices où vous éteindrez ta vôtre. Enfin Jes habits dont vous aurez couverts les pauvres deviendront votre plus riche parure; l'asile que vous leur aurez donné vous ouvrira l'entrée du bienheureux séjour de la gloire, où vous serez revêtus de lumières... Par là vous déclarerez Jésus-Christ votre héritier, oui, Jésus-Christ, et c'est vous qui percevrez les fruits de la succession dont vous lui abandonnerez la propriété; vous posséderez en Jésus-Christ tout ce aue vous aurez quitté pour son amour. Quelle surabondance de dédommagement I
« Maison a peur de devenir pauvre soimême. On redoute Tindigence pour ta vie présente; on ne la redoute point pour la vie à venir. Eh bien, je consens à parler votre langage. Vous avez pour de la pauvreté, faites-vous ûes trésors pour le cieK ]l vous faut des richesses; aciuiérez-en qui ne vous manqueront jamais. Puisque l'appréhension des maux passagers vous cause de si vives alarmes, pourquoi donc aussi ne pas vous efl'rayer des maux qui ne finiront point? Encore, qu'est-ce donc que la pauvreté ici-bas a de si redoutable auprèis de celle qui vous attend dans l'éternité, si vous contrevenez a«i précepte de l'aumône?
« A l>ieu ne plaise toutefois que nous ne voulions vous jeter v-ous-mêmes dans l'indigence! L'Apôtre ne nous interdit pas le vivre et le vêtir, mais il veut que Ton s'en contente. Ayez le nécessaire pour n'être point pauvre; mais fuyez la richesse, évitez le superflu, parce que ce sont là des pièges ^u démon. Dans la médiocrité se trouve la prêce divine ; dans le superflu les chaînes du démon. Que ia vieillesse, que l'infirmilé.
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que la faiblesse du sexe s*acGordent le nécessaire, à la bonne heure; mais il ne faut pas aller au deli; c*esl à la piété à disposer du superflu. Dès qu'on pense à conserver ses richesses ou à les accroître, la raison d'infirmités n'est plus qu'un rain prétexte. Quoi! la faiblesse du sexe ne peut*elle se soutenir que dans les soins et les embarras qui accompagnent l'administration dun grand patrimoine? Une vierge, une veuve chrétiennes ne peuvent-elles être l'honneur de leur sexe, a moins de reposer sur des sacs d'or el d'argent ? Ne peuvent-elles goûter le repos si nécessaire à la délicatesse de leur sexe et à la pudeur, si elles ne vivent au milieu du fracas tumultueux d'un nombreux domestique, et sans avoir continuellement les oreilles étourdies de leurs clameurs?... Le seul besoin de contenir l'agitation de qui nous entoure n'est-il pas une atteinte portée à notre tranquillité personnelle? Or ce que nous disons ici au sexe s'applique également h tous, et regarde chfique âge, chaque profession et chacune des circonstances de la vie. »
Quatrième livre. — L'auteur continue de montrer que les justes aussi bien que les pécheurs ont besoin de Hnir leur vie par de bonnes œuvres. La raison en est toute simple: quand on est sur le point de paraître devant son juge, peut-on prendre trop de précautions pour se le rendre favorablef 8i Ton a fait du bien pendant le cours de sa carrière, ne doit-on pas craindre ife se démentir à la mort, et d'éîre trouvé moins bon qu'en un autre temps. La conséquence qu'il en tire, c'est qu'à ce moment, surtout quand on est riche, on doit faire aux pauvres des largesses proportionnées aux dons que l'on a reçus de Dieu. Il s'objecte que Dieu n'a pas besoin des dons de l'homme. « Cela est vrai, répond-il, à ne considérer que sa puissance : sa grandeur le met au-dessus des besoins; en lui-même rien ne lui manque. Mais au dehors, c'est-à-dire dans les pauvres qui sont ses membres, il souffre de l'indigence. Riche par sa toute-puissance, ii est pauvre par sa miséricorde. Parmi les pauvres ordinaires, il n'en est point qui soufiTre seul la pauvreté de tous les autres, ni qui manque en même temps de toutes choses. Jésus-Christ est le seul à qui tous les biens et toutes les commodités de la vie manquent à la fois. Aucun de ses serviteurs n'est dans l'exil, ne souffre le froid, la nudité, la persécution, la faim, la soif, sans qu'il en partage avec lui la peine et l'incommodité. Il y a donc de la dureté et de Tingratitude aux riches, à l'article de la mort, de ne penser ou'à enrichir des hommes qui vivent dans les délices, et non à soulager la misère que Jésus-Christ souffre dans les pauvres. » Il représente à ces riches qu'en méprisant ainsi Jésus-Christ pauvre, ils ne
Peuvent attendre de lui que du mépris dans autre vie. Vainement devant son tribunal ils voudront se vanter d'avoir observé tous les précoptes, pratiqué toutes les vertus; le seul défaut de miséricorde envers les
f>auvres suffira pour les faire condamnerai bu étemel. « Vous serezjogés, dit-il, comme vous aurez jugé, et vds préférences seront la règle de votre destinée. Vons ne Jterfz point avec Jésus-Christ que vons avez nié* prisé, mais vous serez avec ceux que voui avez plus aimés que lui. »
Terminons tout ce traité (lar la péroni* son même de Satvien.
« Peut-être que ces maximes ne plairont pas à bien des gens. Cette morale, dironl-ils parait bien austère. £t pourquoi ne le paraitralt-olle fias? La correction n'est du goût de personne. Elle n^a rien que de fScherii pour qui la reçoit. Saint Paul lui-même l'i reconnu. Cette morale parait austère. Quel conclure de là?^ Pouvons-nous déranger li' nature des choses? Est-il permis de d'éin]i-l ser la vérité et de lui faire violence \mt l'affaiblir? Cette morale est austère; qui ei doute? Je n'en disconviens pas; maist^uY faire? On ne monte au ciel que |>ar l'anfié rite. Jésus-Christ ne nous a-t-rl pas déclar que le chemin qui mène à la vie est étroit? L'Apôtre ne nous assure-t-il pas que !
souffrances de la vie présente n'ont aura proportion avec la gloire qui doit en être récompense? {Rom. vni, 18.) Il prétend du que rien de ce que peut faire !*borauio mérite d'entrer en comparaison avec m gloire, et par conséquent que rien ne du paraître difficile à un .chrétien pour Tacqu*^ rir; puisque, quoiqu'il lui en puisse c(nii<r pour obtenir une félicité éternelle, il oi saurait trop faire ni trop donner quanJ li s'agit d'entrer en possession d'un si gr^oi bien. Ce que l'homme peut donner à Di'-q sur la terre n'approche pas du soureriu bien qu'il attend dans le ciel MAi^ uff homme asservi à Tesprît d'intérêt a bien -.t la peine à se dessaisir de ce qu'il a, et je nVi suis pas surpris. Tout coûte à qui n ulf.-tf qu'à regret. L'Ecriture même ne raanjw pas de contratJicteurs. Autant elle \nuiut de préceptes, autant trouve-t-elle d'enneu '>. Dieurécommande-t-il la libéralité, l'avar:'» s'en offense; ordonne-t-il l'économie, îf prodigue en murmure. Les mécbaDts ne sauraient s'accommoder de la parole de Diii. ils s'en font un sujet de scandale. Ce qu'il'' prescrit sur la justice révolte quiconque n: de rapines. Ce qu'elle dit de l'humilit' révolte les superbes; l'intempérant ne j^rnt souffrir qu'elle prêche la sobriété. Les )••<*
Su'elle porte sur la pudeur excitent U hdine e l'impudique. Il faut donc se laire ou s .attendre a la contradiction de la part des ui'^ chants. Un mauvais chrétien aime mieti censurer la loi que de réformer sa conduite; il porte plus volontiers sa haine conlre elle que contre ses vices*
« Or, parmi tant de contrariétés, quel parti prendront les ministres du Seigneur char.:' 5 d'annoncer la parole sainte?^ laironii^* Prévaricateurs de leur ministère, ils dép'i • ront à Dieu. Parleront-ils? Ils seremln'rt odieux aux hommes. Que faire donc? Imii^^' les ajxôtres, et répondre aux censtors <•' iTEvahgiie ce qu'ils répondirent aot hi(y'
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DE PATRQIiOGIB.
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lltMtm^uf obéir àJHeu qu^aux hommes {Aet. r,i9.JJ*ai pourtant on conseil à donner k oeui quiseprajgnentque le joug da Seigneur est trop pesant; et s'ils daignent m'écouter> ce joug qoi Inur pèse si fort» bien loin de leor è\n à charge, n'aura pour eux que de la doucear. On ne hait point la loi de Dieu ans afoir on sot le principe de la haine |uoo lui porte. La source du dégoût que le&^i le pécheur est dans la corruption de m cœur et non point dans la loi de Dieu ; if la loi de Dieu est bonne* ce sont ses WiTS qui sont mauvaises. Qu'il change de ooduite, il changera d'affection ; et dès que a coQiiuile sera régulière, la loi de Dieu iWaplus pour lui rien de choquant; et lu moment où il deviendra homme de bien» loe))oarra s'empêcher de l'aimer^ parce ^eilès lors il trouvera dans la pureté de f» mœurs une aimable conformité avec la lioteté de la loi. •
Lourrage de Salvieti est une Vaste forêt m Doas avons cherché à faire un jardin ; blMire qu'il a fallu y créer une méthode, Mier ses éternelles répétitions, ftiire res- Mir les beautés de détail» en les choisis^ iDi, en les détachant de tout ce qui leur meot étranger et en soumettant k une irie Gxe les raisonnements et les tableaux iis*j trouvent entassés avec quelque con»' feioa.
Ae la Protidtncff. — C*est là uhe des plus ^portantes matières qui se puissent traiter Dts la chaire chrétienne» surtout à cen- Soes époques malheureuses où la Provi- Are semble s'éclipser en permettant le kiophe du tice et les adversités de la trto, et parait abandonner tout h la fois iommo et l'univers» ou bien aux caprices 1 hasard» comme si elle dormait au sein Doe profonde indifférence» ou bien aux ttincts brutaux des passions déchaînées^ aune si elle se voulait faire leur complice ir l'impunité dont elle semble les investir. ! n'est pas seulement le vice qui prend de occasion de s'abandonner plus librement »e$ désordres ; mais c'est la vertu elletee qui s'en offense, et ne reconnaît dans tfe conduite de Dieu ni sa puissance» ni jostice» ni sa bonté. Ainsi» voyons-nous \i{)ùiress6 plaindre au Sauveur de ce nt durmaitau milieu des flots agités. Eh roi ce fut dans des circonstances égale* eot malheureuses, à une époque d^effroya- ^ calamités publiques^ que Balvien se ut obligé de rappeler les hommes à la ibéede Dieu» presaue totalement oubliée, leur démontrant la vérité de sa Provi- Q^'et son universalité» ses bienfaits» le fuir de soumission et de confiance qu'elle ir impose» pour l'usage des maux comme Miiens de la vie présente; et certes» [)Our i écrivain qui comme Salvien unissait la ^téausavoir» il y avait là de quoi exercer U3éme temps l'éloquence de 1 esprit et du iir.
dernier liera. — - «Notre siècle ne manque ^ d*esprits forts qui osent accuser Dieui
DlCTIO^CÎI. nB PATROtOGIl. IV,
d'indifférence pour ce qui se passe {ci-4)asi et prétendent qu'il ne s intéresse nullement à ce que font les hommes en ce mondes Dieu» disent-ils, ne protège pas la vertu» il ne réprime pas le vice. Aussi voyons-nous les méchants presque toujours prospérer et couler des jours heureux » tandis que les
f;ens de bien gémissent sous le poids de 'oppression. Comme j'écris pour oes Chré^ tiens^ il semble que je ne devrais employer que l'Ecriture sainte pour réfuter une {la** reille opinion; mais puisqu^on ne trouve que trop de. Chrétiens aussi incrédules que les r)aïens mêmes» peut^tre me sera-t*il plus aisé de les détromper par le témoignage des sages du paganisme. Je prétends donc que les sHf^es païens n'ont jamais formé ces doutes injurieux è la Providence» eux» cepen-* dant, qui ne pouvaient avoir qu'une idée confuse de la Divinité» puisqu'ils n'étaient pas éclairés des lumières de la vraie religion» et qu'ils étaient prévenus contre la loi sainte qui nous la fait connaître. Tous les païens» tels que Pytha^ore» Platon> Virgile, Cicé* ron» etc.» parlent de Dieu comme du modérateur de toutes choses» comme d'un pilote toujours attentif à la conduite du vais^^ seau qu'il gouverne. Les épicuriens seuls;» c'est-à-dire quelques partisans d^une secte décréditée» ont enseigné le contraire. Le même délire d*espritqui leur a fait imaginer l'alliance monstrueuse de la vertu avec la volHptér leur a fait allier Tludolence et l'apathie avec la Divinité t ce qui démontre 3ue quiconque donne dans les sentiments e cette abominable école en contracte aussi la corruption et les désordres,
«Dieu» k les ea croire» ne se mêle pas des choses d'ici-bas II laisse tout aller à l'aventure ; et ce qui en est la preuve» c'est que les gens de bien n*y sont point protégés» ni les méchants punis. Bien loin de là» la vertu abandonnée se trouve livrée aux rigueurs de l'indigence, tandis que 1 opulence est le partage ordinaire du vice; tes personnes pieuses sont accablées d'infirmités» tandis que les impies jouissent d'une santé inaltérable; le deuil est comme Tapanage de Tinnocenre» au lieu que la joie semble être celui du crime; en un mot la probité consume ses jours dans la misère et l'ai&iction» pendant que le crime» combhé d'honneurs» a tout à souhait et vit dans une constante prospérité. Que nous jugeons mal des choses» si nous uous imaginons que les maladies» que la pauvreté et les accidents de la vie soient des maux pour les justes! Ils en jugent bien autrement; ils les regardent comme la source de leur bonheur. Nul n*e$t misérable par le sentiment d*autrui; et dès là qu'on se rend à soi-même témoignage de sa propre félicité» qu importe l'opinion ? oa ne peut pas être malheureux. Est-il en effet situation plus heureuse» pour qui que en soit, que de faire ce qu'il nous plaît» et d'avoir ce que Ton désire? Les vrais servi-> leurs de Dieu sont-ils dans l'humiliation, c'est ce qu ils demandent. Souffrent-ils les rigueurs de rindii^ence» elle a souvent di^é
DIGTIONMIRR
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cbarmcs. Vivent-ils dans Tobscurité, ils aiment à être cachés, et fuient l'éclat des honneurs : ils sont heureux. Le pécheur au contraire, a beau se flatter de trouver le bonheur au sein de ses coupables louissances : il n'est pas heureux pour obtenir ce qu*il désire. C'est toujours un malheur
* que de souhaiter ce au'on devrait détester, et c'est un double malneur que de l'obtenir ;
^ tandis que le fidèle, possédant tout ce qu'il souhaite, ne peut avoir rien de mieux que ce qu'il a. Ce n'est cas le travail, le jeûne, la dfisette, l'humiliation, l'infirmité qui font delà peine, c'est de ne vouloir pas les su[)porter. La seule disposition du cœur en fait la douceur et l'amertume. Les choses les
f)l us aisées deviennent onéreuses, dès qu'on es fait à regret, au lieu que les plus difficiles ne coûtent rien, lorsqu'on s'y porte avec affection. Dirons-nous que ces généreux païens des premiers temps furent malheureux d'être pauvres, eux qui ne craignaient pas de s'appauvrir pour enrichir I Etat ? Voit-on que celte vie champêtre qu'ils menaient leur ait jamais paru insupportable ou pénible? Voit-on qu'ils n'aient pas mangé avec joie cette nourriture rustique dont ils n'usaient qu'après le coucher du soleil? Voit-on que leur cœur avare et insatiable ait gémi de ne pas posséder de
Srandes richesses, puisqu'ils furent auteurs es lois qui défendaient l'usage de l'argent? Voit-on que les anciens Romains se soient affligés de n'avoir pas des coffres remplis d'or et d'argent, eux qui regardaient comme indigne d'entrer dans le sénat quiconque
{)Ossédait dix livres d'or? Dans ces tempsà les magistrats étaient pauvres, mais désintéressés, enrichissaient la république; aujourd'hui la république est pauvre, parce qiie les magistrats ne pensent qu'à s'enrichir. Quelle folie à des particuliers de se croire riches dans un Etal réduit à une extrême pauvreté.
« Tels étaient les anciens Romains. Sans connaître le vrai Dieu, ils méprisaient les richesses que les Chrétiens ont appris de Jésus-Christ même à mépriser. On a aussi vu des faux sages de la Grèce qui, sans nul zèle pour la république, se dépouillaient eux-mêmes de leur patrimoine par un vain désir de gloire, lis ont porté les choses encore bien plus loin ; car, mettant la perfection de leur philosophie dans le mépris de Ih douleur et de la mort, ils ont prétendu
aue leur sage était heureux dans les fers et ans les tourments. S'il est donc vrai que des hommes qui ont eu la réjjutation de sages, aient prétendu que les misères de la vie n'étaient pas un mal pour ceux qui n'en étaient dédommagés que par je ne sais quelles frivoles louanges, serait-on raisonnable de regarder comme malheureux des Chrétiens qui sont soutenus dans les afflictions par la joie intérieure que la foi entretient au fond de leurs cœurs, et par l'espérance d'une félicité qu'ils savent devoir être le prix de leur patience.
« Un de ces libertins disait un jour à un
homme de bien, qui faisait profession de croire que tout ici-bas est gouverné par la providence de Dieu : Vous croyez qu il % y une Providence? D'où vient, sicelaesl,qii»» vous êtes si infirme? D'où vient qoetau: de personnes qui vivent publiquement daiu la débauche sont, pour ainsi dire, à l'ahn de l'adversité, pendant que vous-même.
dont la vie est sainte et irrôprochabl^o^ jouissez d'aucune consolation » accablé ^]ir vous êtes de maux, de faiblesses et d'icllr» mités? N'admirez-vous pas la vaste éteoJuf de ce prétendu bel esprit qui, s'érii;fa[U en jitge du mérite et de la vertu des saints ne leur assigne point d'autres récom^ieadtj que la santé et la force du corps 1 Vous ot; demandez pourquoi les gens de bien s^ni faibles et valétudinaires. Je réponds qnil« s'affaiblissent ainsi eux-mêmes, dao^ \\ crainte qu'un corps trop robuste ne leurdf vienne un obstacle à la sainteté. Medeœa» dez-vous pourquoi ils en usent ainsi? Sain Paul vous rapprendra mieux que nm:Ji châtiey dit-il, mon corps^ ^^J^ ^^ réduis à servitude^ dans la crainte aélre moi-mém réprouvéf après avoir prêché rEvangiUmU autres avec succès. (/ Cor. ix» 27.] Ué quoi^ lorsqu'un apôtre croit que la faiblesse Ji corps lui est nécessaire, nous nous imazi^ nerions qu*on peut la négliger sansimpfi» dence, sans témérité 1 j'ai dit presque bSf folie : Un apôtre craint que la santé du cor, ne lui soit funeste, et nous penserons pouvoir entretenir sans rien risquer I V donc la raison pour laquelle les cbréiif sont infirmes, et sont bien aises de ïk Ces infirmités sont des marques de l'arooi et non pas de l'indifférence du Ciéalei Nous lisons dans les Epilres de saint Pai gue Timothée était d'une coniplexion jette aux maladies. N'était-il infirme t)i parce que Dieu le délaissait, ou n'éuitpas agréable à Dieu parce qu'il élaii îa firme? Tant s'en faut : Timothée aimait ^ei infirmités, parce qu'il savait qu'elles (ofr tribuaient a le rendre agréable à Ji'su» Christ. L'apôtre saint Paul, dont il fui ie disciple, n'ignorait pas l'état où les ma^àA-i l'avaient réduit; cependàntil lui peniiet^puor tout soulagement, de prendre un peu de vim de l'autre il ne veut pas qu'il se procure uw santé parfaite. Pourquoi TApôlre eu n^f l-il ainsi? C'est qu'il savait combien larLaif a des désirs contraires à ceux de re^prti, et combien l'esprit en a de contraires ace« de la chair : qu ils sont opposés l'un à l'au* Ire, de sorte qu'on ne fait pas les cbu^es que l'on voudrait. C'est dans celle penvN que quelqu'un a dit, que si la force duo»f|^ nous empêche de faire ce que nous df^Jions, c'est à nous de raoriilier notre «haïr pour être en élal de suivre les mouTeroei'U* de l'esprit. A mesure que la chair devun: faible et languissante, l'âme prenJ de m»-velles forces. Des membres allénués, ti. corps dél)ile elsans vigueur, rendent re^pr^t plus propre à agir; la vivacité qui ren^aii la chair rebelle se communique à Tâcne fi lui sert pour la pratique de la vertu. U*
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tincupiscencc éteinte» loule la joid est n(érieure. L'âme satisfaite d'avoir détruit 'empire de la chair, ia voit d'un œil couen(, abattue et sans forces, comme on se ilail i voir un ennemi vaincu et désarmé. Toitàcequi porte les saints à ménager si tfu leurs corps.
«Nous avouerions , disent ensuite les enlemis de la Providence , que Dieu conduit }Qtes choses, si cette infirmité volontaire uiorps était le seul de leurs maux : mais pqui Dous contirme dans nos doutes c*est ijp nous les voyons exposés à des misères itile fois plus grandes et plus insupportale^. H semble qu'il n'y ait pour eux d'auu parlaj^e que les chaînes, les tourments ( la mort même. 11 est vrai, mais tel a été f sondes prophètes, telle a été la destinée n apôtres. Les uns ont gémi dans une ngue captivité , les autres ont expiré dans I tourments. Peut-on cependant douter que ieu,pour qui ils souffraient, ne les ché- I alors et ne prit soin d'eux ? Me direz- )us que, bien loin de prouver la Provi- ^Qce, c'est une marque que Dieu laisse ici 1er toutes choses au hasard, et que ce n'est aau jugement dernier qu*il fera connalesA puissance, parce que de tout temps I a Yu sur la terre les justes opprimés et alheureux, et leurs persécuteurs, au couiire, heureux, puissants et redoutés?
« Parler ainsi, ce n'est pas être tout à fait apie, puisque c'est avouer que Pieu doit Ijour jnger le monde. Pour nous qui fatdis proiessiou de suivre les lumières de ifoi, nous croyons que Jésus-Christ ju- ^ra un jour tous les hommes, et nous û)on5 aussi que Dieu est l^arbitre, le mateel le dispensateur de toutes choses. Le gement futur ne détruit pas la Providence tuelle. Gouverner le monde, c'est le juïr; ces deux choses sont inséparables. A tconsuller que la raison, quel est l'homme isez peu éclairé de ses lumières , ou assez iDemi de la vérité, pour ne pas reconnate, en contemplant la structure admiraledc Tunivers, que celui qui l'a tiré du (anipour y faire éclater, dans le ciel et ir la terre, lasplendeur de sa magnificence Hile divine, en règle tous les mouvements ; De le Créateur des éléments en doit être ) modérateur , et que le même Dieu qui, ^^ sa puissance intinie , a donné l'être à ^uleequi existe pour la gloire de sa ma- «té suprême, doit , par sa sagesse , conliire les ressorts de son ouvrage, afin d'y '«inlenir le bel ordre qu'il y a établi? Ju^ ç^ms-tin par ce qui se passe dans Tadmiisiration des choses humaines? N'est-ce ^ ia raison de l'homme qui y préside, qui «die à tout , qui en est comme l'âme, et, ^'ur ainsi dire, la providence? N'est-ce pas 11^ qui tient dans l'ordre. Je ne dis paç folement les empires, les provinces, l'état ivil et militaire de chaque Etat, mais les 'l'js petits emplois, jusqu'à l'économie do- HMiquc?£lle est comme la main qui tient ii>ouvernail |:ourdonoer aux mouven^euts
du vaisseau l'impression convenable ; et Dieu l'a voulu ainsi , atin que l'homme dans le détail de l'administration particulière qui lui est confiée, se réglât lui-même sur cette Providence universelle avec laquelle lui-même gouverne Tuniversalité des choses.
« A cela les impies répondent que Dieu, au commencement du monde a établi les choses dans un certain ordre; que la création achevée, il ne s*est plus mis en peine des choses terrestres. (S'il en était ainsi, à quoi bon le culte que nous lui rendons? Que nous sert d'adorer Jésus-Christ, de croire à ses promesses, de lui adresser nos prières ? Si Dieu n'a pour les hommes que de rindifrérence> c'est bien vainement que nous élevons chaque jour vers le ciel ûes mains suppliantes [ our fléchir sa justice ou solliciter sa miséricorde. Pourquoi ces temples où l'on vient rendre hommage à ses bienfaits? On n*a point de raison de prier, à moins qu^on n'espère obtenir. Le système qui nie la Proviilence n'a rien que d'insensé, il sa(;o, il anéantit les fondements de toute religion.
«Se réduira-t-on h dire qu'on ne rend h Dieu tout ce culte extérieur que dans la crainte du jugement dernier; que toutes ces pratiques de piété ne tendent qu'à gâgnei* un juge dont on redoute la sévérité? Quelle a donc été l'intention de saint Paul, lorsqu il a ordonné que dans l'Eglise on olfrît tous les jours à Dieu des prières, des supplications, des demandes cl des actions do grâces, et cela, dans le seul désir et pour la seule fin qu'il marque, c'est-à-dire, afin que nous menions une vie paisible et tranquille dans toute sorte de piété et d'honnêteté? (ITim., II, 1-3.J II est évident par ce | àssage de snint Paul, que l'Apôtre veut que nous adressions à Dieu des prières et des supplications en vue des choses présentes. Or pourquoi nous ierait-il ce commandement, s il n'avait une espérance bien fondée que Dieu est attentif à nos prières ? Peut-il y avoir quelqu'un assez peu raisonnable pour croire quH Dieu nous écoute quand nous lui demandons les biens de l'autre vie et qu'il soit sourd à nos prières quand nous lui demandons les biens qui nous sont nécessaires pour la vie présente? Si Dieu ne prend plus aucun soin de la terre, s'il n'a aucun égard à yios prières, y a-t-il quelque apparence que celui qui ne nous écoute pas quand nous le prions pour les biens de cette vie nous écoutera mieux quand nous le prierons pour celle qui est à venir? croirons* nous que Jésus-Christ ferme et ouvre, pour ainsi dire, ses oreilles selon la diver* site de nos prières. Mais à quoi bon m'attacherà une réfutation inutile? Toutcequu les impies avancent est si frivole et si pep sensé que s'attacher à répondre à leurs ob-^ jections, ce serait raoit)s établir la gloire du Dieu que faire injure à sa providence. Elle est si grande la majesté du Dieu que nous servons, et elle exige de. nous umrespeotsi
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profond, qae non-seulement nous ne devons entendre qu*avec horreur ce que les impies disent contre la religion , mais que même nous ne derons défendre cette religion qu'avec beaucoup de crainteet beaucoup d'attention à ce que nous disons pour sa défense. Si c'est une folie etune impiété de croire que la providence de Dieu n'a pas un soin particulier de la terre et des créatures qui 1 habitent, il faut conclure qu'il ne les néglige pas» il les gouverne ; s'il les gouverne , il y juge et y ordonne de toutes choses; car^ quel serait un gouvernement où celui qui en est chargé ne jugerait en aucune manière ?
« Un autre livre où la raison peut lire les éloquents témoignages, et, pour ainsi dire , les preuves sensibles de la providence de Dieu, c'est Thistoire. Elle le représente à chaque page, non-seulement, comme modérateur suprême, mais comme Juko. » C'est ce que Salvien confirme par les faits les plus mémorables de l'histoire du monde, de celledes patriarches: «Adam inCdèle au commandement qui lui fut donné; Abel et Caïn, le sacrifice de l'un a^réé, et celui de l'autre rejeté ; le châtiment infligé au fratricide, qui, sans doute , comme les impies de nos jours, croyait aue Dieu ne s'intéresse point aux choses d ici-bas; la submersion de tout le genre humain sous les eaux du déluge, et sa réparation par la famille du patriarche qui seul avait échappé à l'inondation des crimes; la vocation d Abraham, ses épreuves et les récompenses accordées à sa foi; le chAtiment des habitants de Sodome. Dieu, sans avoir besoin d'ouvrir pour cette exécution les abîmes de la terre et les fournaises de l'enfer, fait tomber du ciel un enfer de soufre et de feu pour consommer, dit Salvien, le supplice des impudiques. Uoïse et la délivrance du peuple juif; son séjour dans le désert et la loi donnée sur le mont Sinaï.» D'où il conclut que par cette multitude de faits, tant généraux que particuliers, il est démontré invinciblement que, « bien loin d'être une divinité oiseuse, sans yeux et sans oreilles. Dieu ordonne tout avec sagesse, tolère avec patience, punit avec justice, juge équitable, qui prononce (les arrêts^ condamne les prévaricateurs, récompense la vertu.
«Peut-être on objectera queDieuabien pu en user ainsi autrefois ; mais que dans les temps où nous sommes il ne daigne plus se mêler des choses de la terre. Quelle raison avons-noas de juger de la sorte? Est-ce parce qu'il ne nous envoie pas tous les jours la manne comme aux Israélites? N'estce pas lui gui fertilise nos campagnes et qui nous y fait recueillir d'abondantes moissons? Est-ce parce que les cailles ne viennent plus se jeter par milliers dans nos mains? A qui sommes-nous redevables des troupeaux, des animaux de toute espèce qui nous servent de nourriture? Es^-ce parce qu'il ne tire pas du sein des rochers des sources ct^eaux vires pour les faire jaillir
jusqu'à nous? Qui est-ce donc qui remplit de vins nos celliers? N*est-ce pas lui qui doaoe à la vigne sa fécondité ? On sait d'aillears que dans le temps que Dieu prenait soîd de nourrir les Hébreux dans le désert, ils regrev talent les viandes et les légumes d*]^pte. S'il n'y eut qu'une partie du peuple iTapp<* de mort pour le crime du veau d'or, Dieu ût en cela éclater sa Providence. Comme il M juste et miséricordieux, il fit d'un celé érit ter son horreur pour le crime par sa sétérite, et de l'autre sa bonté paternelle pour les hommes, en retenant son bras vengeur. En châtiant des coupables, il donne à ceui qu'il épargne le moyen de se corri^r. • Salvien prouve que si Dieu est miséricordieux, il est également juste; s*il pardonne à quel-
Îues pécheurs, il en punit d'autres ; coamt uge il reprend, il punit les prévaricaleun et récompense .ceux dont la vie est innocente.
Deuxième livre. — Avant de parler de It' providence et du jugement de Dieu, Sai* vien parle de sa présence : et certainemeou'
)Our gouverner toutes choses et pour Ir^i , oger, il faut les voir, ce qui est un effet d«|
a présence. «Lorsque l'Ecriture sainte [iarte de Dieu, voici comment elle s'exprime :If9: yeux du Seigneur $ont en tou$ lieux ourtrtê^ sur le$ boni et sur leê méchante (Prov. x?, 3;,| c'est-à-dire que Dieu est présent à tout, Qu'il voit tout, que ses soins et sa vigilance s étendent sur tout. La même Ecriture noui fait reconnaître la bonté de Dieu pour sel élus; car en nous marquant que les yeot du Seigneur sont arrêtés sur tous les justey elle nous marque que ses regards sont des regards de tendresse. En nous averiissaoi que les oreilles de Dieu sont toujours atieih^ tives aux prières des saints, elle nous laisse à juger que sa main est toujours prêle à leur faire du bien ; car lorsque Dieu promet d'é< coûter les vœux qu'on lui adresse, c*e>t comme s*îl s'engageait è nous accorder u qu'on lui demande* Ce regard favorable^ cette attention de Dieu à l'égard des justes, prouve bien qu'il ne les abandonne ^&:
mais on ne peut len tirer, dira quelquuo, des conséquences générales. Eh quoi! 1« prophète ne dit-il pas : Les yeux du èeignettr considèrent ceux qui font le mal pour la exterminer f et pour détruire jusqu'au soutt* nir de leur nom {PsaL xxxiii, 17.) 11 est uocc vrai que Dieu regarde les scélérats. Ce regard est universel : les bonnes et les nua* valses actions lui font produire des elT^ divers. 11 conserve et protège les justes ; •! condamne, il extermine les pécheurs; <-' s'il voit les méchants pour en détruire ju>qu'au souvenir, iiuel traitement est ré^em à celui qui, rebelle aux lumières de h f'U se rend digne de la terrible colère d'un Dtca d(mi il nie la providence.
« Dire que Dieu voit tout, c*est dire en même temps qu'il dispose de tout. El, en effet, regarderait-il les choses pour les négliger? comme si la même bonté qui fa porte à les regarder ne l'engageait pa» à iaJ
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DE PATROLOGIC.
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tmtnei. Je i*ai déjà dit avec Je prophète, Diea Toit les Justes et il les protège; Dieu ù\ les méchants et iHes punira. Ce discer- DM)0n(, cette distinction de soins par rap« K»r( au mérite, est la preuve d'une sage loaduite et d'une juste dispensation. Davidf rempli du Saint-Esprit, s*écrie quelque [ksrt : Sft^iifiir, écoulernos voix : vovs qui rryRM tur liraët^ qui conduisex la postériié U Joteph ttimi qu'un pasteur conduit stê bre» tti. {Piol. Lixix, 1). Israël, à l'interpréter raprès l'Hébreu, signifie qui voit Dieu ; mais \n («ot dire des Chrétiens que, quand ils ontemplent Dieu dans la pureté du cœur et irecunefoi vive, cette docilité quifaitcroire es reod dignes des soins et de Tattention «rticulière d'un Dieu gui gouverne néanjoios toutes choses. Si vous en doutez, 005 n'êtes en quelque manière plus Chréien, et tous vous séparez volontairement D nombre de ceux dont le Seigneur est le ère et Je protecteur.
Voulez-vous que nous revenions à la Proidence générale? Revenons en même temps ilcriture sainte : vous y verrez la Proviffice, le soin continuel que Dieu prend de mieroer toutes choses, expliqué d'une iflière claire et incontestable. Ineu, dit le \gf , aime ta règle et le bon ordre {Prov, xv, ; il est le seul qui veille sur toutes choses; est juste, et il dispose justement de toutes loses; ici le Sage nous fait non-seulement ttiaraaer la Providence, mais encore la i|Ditéde l'homme. Vous disposez de nous, t-il à Dieu; voilà la puissance : vous en
ÎK)sez en ménageant notre liberté; voilà iguité de notre condition. Si cette autoté ne suffit pas, écoutons le prophète Je* oie: voici comment il fait parier Dieu luitme aux impies qui croient pouvoir péler sans qu'il les voie : Eet^ee que je no ^plùpoi le ciel et la terre? [Jerem. xxiu,
0 Mais pourquoi croyez-vous que Dieu Qplit le ciel et la terre? Ce n'est pas toulitspoor faire éclater sa justice : sa bonté
1 bien plus de part. Il déclare qu'il est ce DOQS pour nous sauver ; tout est reniDé dans ce passage : la ProTidence de eui son immensité, sa puissance, sa bonté ; r il ne remplit les choses que pour les B^rver. Saint Paul, en effet, n'assure- 1 pas, dans les Actes des apAtres, que st en Dieu que nous avons la vie, le ittTement et l'être? Cette expression nous irque que Dieu est non-seulement le coututeur, mais le principe de notre vie.
^pOtre ne dit pas : C'est de lui que nous ^voQs le mouvement, mais c'est en lui ^ooos le trouvons. Nous sommes comme •^rmés en Dieu, et nous faisons par notre isteoce un de ses plus grands attributs. (05-Christ nous enseigne lui-même cette ^ne dans l'Ëvangile : Je $ui$ ooec vo%u »U$ jours jusquM la coneomnuilion du ■<(<. (Mauk. xxviu, 20.)
'Ce n^est pas assez pour lui d'être avec ^f il veut j être sans interruption, et adans tous les temps, jusqu'à la fin du 'Ode, Et vous» ingrat! vous osez dire
au'il a pour vous de l'indifférence i que faitdonc avec nous, s'il s'intéresse si peu à ce qui nous regarde? Y est-il précisément pour y être, sans daigner nous honorer d'un de ses regards, ni prendre aucun soin de nous? Ne répugne-t-il pas qu'il ait assez de bonté pour demeurer avec nous, et qu'il ait la dureté de ne prendre aucune part à ce qui nous touche f Fot7d, dit-il, que je suis avec vous jusqu*à la consommation des siècles. En vériœ, c'est bien mal interpréter les effets de sa tendresse que de prétendre qu'il nous néglige , puisque lui-même nous assure quil ne nous abandonne jamais. Par sa présence, il a voulu nous donner un gage de son amour et de sa pro^ tection; et sa bienveillance envers nous passe pour une marque de mépris? Nous concluons des témoignages mêmes qu'il nous donne de sa charité, qu'il n'a pour nous que de Téloignement. N'est-ce pas conclure en effet que, quand il nous dit qu'il ne nous quitte jamais, ce soit là, non une preuve de son affection, mais une marque de sa haine. S'il nous avait dit : Je ne serai jamais avec vous, peut-être aurions-nous tort* d'en inférer de son absence qu'il ne s'embarrasse pas de nous ; mais faire profession de ne pas s'éloigner de nous, et de ne jamais rien faire pour nous; être sans cesse avec nous, afin de nous marquer con* tinuellement par sa présence le peu de part que nous aurions à son amitié, ce serait porter bien plus loin le mépris et la haine. A Dieu ne plaise que nous prêtions à Dieu des intentions si perverses I nous ne les pourrions pas supposer même à un ennemi. En effet, où est rhomme sur la terre qui voulût être sans cesse avec un autre homme parce qu'il ne Taimerait pas? qui voulût voir tous les jours ce qu'il haïrait, afin de lui donner tous les jours des marques de mépris? Ahl si nous voulons fermer les yeux à la lumière de la foi, laissons-nous du moins instruire et convaincre par la na-^ .ture. C'est d'elle que nous vient la pente qui nous fait mépriser la compagnie de certaines personnes et souhaiter la présence de celles que nous aimons ; et parce 3 ne nous les aimons, nous avons beaucoup 'empressement pour faire en sortelque notre présence leur soit utile. Que nous sommes injustes de ne pas accorder à Dieu ce que nous ne pouvons ôter aux scélérats mêmes I Nous rabaissons au-dessous des hommes les plus méchants, quand nous disons qu'il n'est avec les hommes que pour les négliger avec plus de mépris. » (Histoire de David, exemple éclatant de la miséricorde de Dieu envers ceux qui le servent', et de sa justice à regard du pécheur. Comblé de biens tantqq'il est fidèle, à peine ce prince s'est-il rendu coupable
Su'il est châtié sévèrement.) «Qui peut enten* resans effroi les menaces que lui fait le Seigneur ? Vos femmes^ lui dit-il, seront enlevées^ et le sang ne cessera de couler dans votre inoison. (JIReg. xii, 9.) Il est donc vrai qu'un Dieu qui prononce sur-le-champ, pour ainsi
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})arlery un jugementsi sévère contre un seul péché» est un Dieu qui voit tout. Il voit» il condamne, il punit presque en même temps; il fait avertir David, il ]ui fait reprocher son crime, et la main du iu^e s'appesantit d'abord, sans donner de délai au coupable. Nathan ne lui dit pas : Parce que vous avez péché, un jour viendra où vous sentirez combien Dieu est sévère dans ses jugements. On ne lui dit pas : Le feu de l'enter sera un jour la peine que vous souffrirez ; mais on l'a* verlit que Dieu va frapper, que sa colère est prête de tomber sur la tète du criminel. Dans quel sentiment David cntend-il prononcer cette sentence? Il reconnail sa laute, il on avoue Ténormité, il s'humilie, il pleure, en demandant qu'on lui pardonne, il fait voir mille marques d'un repentir sincère, il ôte de dessus sa tète son diadème enrichi de pierreries , il se dépouille de ses vêtements royaux, et le changement qui s'est fait dans son cœur n'est pas moindre que celui qu'on remarque sur son visage. Cen est plus un roi revêtu de la pourpre, et brillant au milieu de la cour ; c'est un pénitent couvert de cendres et de poussière qui tâche de fléchir son juge ; un pénitent desséché par la douleur et baigné de larmes, et cependant ce roi si illustre, plus grand encore par sa sainteté que par son sceptre, pleure en vain, et ne peut par ses larmes détourner la colère dont il s'est rendu digue par son néché. Ce n'est pas assez que David soit condamné à perdre un flls qu'il aimait tendrement ; on lui annonce encore qu'il en sera comme le meurtrier, et que son péché donnera la iport à cet enfanL Tel fut le premier châtiment çiue souffre le roi f>énitent. Je dis le premier; car il fut suivi d'une longue suite de traverses et d'afUictions. Sa maison fut comme ^n théâtre, où parurent je ne sais combien d'accidents tragiques. Comme si les maux Que Dieu lui avait fait endurer n'eussent pas été assez éclatants, son fils Absalon conjura contre lui , prit les armes pour le détrôner, l'obligea de sortir de la ville de Jérusalem pour mettre sa vie en sûreté. Si pour mieux exprimer l'élat pitoyable où David fut réduit, il faut décrire ici toutes les circonstances de sa fuite , que ce fut un triste spectacle de voir un roi si grand par ses vertus, si illustre par sa réputation, si fort élevé au-dessus des autres princes et de tout le reste des hommes ; de voir, dis-je, ce même roi s'enfuir avec un petit nombre des siens I La crainte, la douleur, la honte, tout contribuait à rendre sa fuite plus affligeante, il f;ravisssait la montagne des Oliviers , dit 'Ëcriture, nu-pieds et la tête couverte. Qu'il se trouvait dans une triste situation, tombé de ce haut degré de splendeur où sa valeur l'avait éleVé ; exilé au milieu de ses . £tats, menant une vie plus triste que la mort, réduit è être contraint de souffrir les insultes de SOS sujets, ou, ce oui est bien plus sensible, à avoir besoin ae leur compassion 1 D'un côté, je vois Siba qui lui fournit des vivres et des rafraîchissements; i)c l'autre Séméï qui le maudit et lui jette
des pierres. Ainsi l'ordonnait la jaslle» de Dieu. Paraissez maintenant, tous qui dites avec aussi peu de fondemeet qod Dieu ne voit pas tout ce qui se fait sur la terre. Toutes ces circonstances du çn^rhé, de la pénitence et du châtiment de DaTlt^ attestées par l'Ëcriture sainte, nous ap^reih nent que Dieu vit non-seulement lecrim mais qu'il le condamna et le punit. Ceqr j'ai dit jusqu'à présent, les raisons dont me suis servi , les autorités que j'ai cit les exemples que j'ai rapportés, établisse fortement que Dieu prend soin des bomm qu'il les gouverne et qu'il tes juge ; toot que je proposerai dans la suite se rapports à ces trois articles principaux.»
Troisième livre. — «Les principes qnej avancés dans les deux premiers livres éii établis, on fait celte question : S'il est t que les soins de Dieu s'étendent sur tout qui est sur la terre, et s'il ne s'y fait ri que par ses ordres et ses jugements, po quoi les Barbares sont-ils plus heureui ql nous? Pourquoi, parmi les Chrétiens œèm les bons sont-ils plus malheureux que méchants ? Pourquoi les méchants sont dans la prospérité, pendant que les jusi sont accablés de misères? Pourquoi enl voyons-nous toute la terre soumise à d ' justes puissances? Il ne serait pas rooio sonnable que facile de répondre àceUequ tion en disant :
«Je ne sais pourauoi les choses vont ai C'est un conseil, cest un mjp^stère de la vinité que j'ignore. Je n'ai point d'aol preuve à donner que les oracles qui ^ sorlis de la bouche de Dieu même. Di comme je Tai déjà fait voir» nous assure q voit, qu'il gouverne, qu'il ordonne t Voulez-vous savoir ce que vous devez croii vous avez l'Ecriture, consultez-la. La fection consiste à croire ce que vous y yerez décidé. Ne me demandez donc pourquoi Dieu fait les choses de telle telle manière. Je suis homme, je ne puis comprendre ; je ne suis pas assez hardi p vouloir pénétrer les secrets de Dieu; craindrais de commettre un attentat ; n'est-ce pas une témérité sacrilège de t loir pénétrer plus avant que Dieu ne le permet, et de vouloir savoir des choses qu il veut que vous ignoriez? Que cesoil assfi pour vous qu'il ait dit qu'il fait et qu'il T*r gle toutes cnoses. Cessez donc de me b:rd ces questions frivoles : Pourquoi celui-*est-il dans la grandeur, et cet autre dansij bassesse? Pourquoi ceux-là sont-ils malheureux, et ceux-ci dans la prospérité? Pourquoi les uns sont-ils robustes, et les auir<?» sans force î Encore une fois j'ignore les raisons qui déterminent Dieu à agir de la sorte; mais c'en doit être assez pour dissiper îk-j doutes, que je vous montre clairement qii« Dieu est auteur de tout ce qui arrive. 0«vaincu comme je le suis que Dieu estmûniment au-dessus de la raison bumaine, celte connaissance que j'ai qu'il ordonne df tout l'emporte sur ce que ma raison voudrait m'inspirer de contraire à cetu jo«û
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liri'vrnlion» Ce n*esl donc pas une matière ou il faille chercher de nouveaux raisonncn)cnl5; Dieu l*a dit, il n'en faut pas davan- \n:e. C'est un crime, quand il s agit d'une ihnse que Dieu a ordonnée, que de dire, rela est juste, et cela ne l'est pas. Dès que i.;U5 Tojez et que vous êtes persuadé qu'une (!)05e pst de Dieu,' il faut avouer qu'elle est (û quelque manière plus que juste. Voilà oihime on doit parler du gouvernement et dr5 jugements de Dieu. Ce serait une chose louule de vouloir prouver par des raisonnefflt'ots ce qui est incontestable par le témoipagede Dieu même. C'est pourquoi lorsque Dieu nous dit dans ses Ecritures qu'il ne tes^e de regarder la terre, cette assurance ';u'il nous donne n'a pas besoin de preuves^ Lorsque nous lisons que Dieu gouverne :ou(es choses, ne demandons pas qu'on nous .{prouve par des raisonnements humains; Iheo nous assure qu'il est le dispensateur If loutes choses. Il l'a dit; c'est là le plus ort des arguments. Que les paroles et les v^onnements des hommes aient besoin de neuves et de témoignage»; il n'en est pas m\ de Dieu. Tout ce qu'il dit est vérité, liant la vérité essentielle, tout ce qu'il dit il essentiellement vrai.
«Cependant, comme Dieu, par un effet de I lK)D(é, daigne nous apprendre dans ses îrritures ses pensées les plus secrètes et les ilus intérieures, je crois ne devoir pas pasersous silence ce c|ue Dieu nous a fait an- ODcer fijBLT ses ministres. Ici encore je de- MDderai à quelle sorte de lecteurs jai afùrt'; si c'est à des Chrétiens, la réponse l'est ))as embarrassante ; si c'est à des païens, kol-il perdre le temps à leur répondre? Non oe la Providence manque ici de moyens apologie : non assurément ; mais que dire des hommes déterminés à ne pas entenre? Arrêtons-nous donc aux premiers.
«Vous me demandez donc d*abord d'où ieol que nous , qui avons la foi et qui K)}'ons qu'il y a un Dieu, sommes plus maleurcui que ceux qui ne le croient pas. Je Durrais me contenter de répondre à cette binie f«ar l'avertissement que l'Apôtre ctfine aux Eglises, lorsqu'il du : Que per-^ m€ ne soit ébranlé pour les persécutions Kl nous arrivent^ car vous savez que c'est à gainons sommes destinés. (/ Tliess. m, 3.) )le.^tdonc yrai, comme l'assure saint Paul, oe nous sommes destinés à souffrir des lAgrins , des misères et des aÎDictions , ueiie merveille que nous soyons exposés à lol de maux , nous qui sommes engagés los une milice où l'on fait profession de «jours souffrir; mais comme la plupart ^s hommes ne sont pas capables de comreodre la force de ce raisonnement, trom- ^s par r^tte fausse prévention, que les ieus devraient être la récompense de notre if et que les Chrétiens étant plus religieux, ^ (ievraient aussi être plus heureux que le ')te des hommes; quelque évidente que ni la fausseté de ce préjugé, je veux bien iur un moment le regarder comme plausit. Voyons maintenant ce que c'est que
croire, et être véritablement ftlèle ; car enfin, il est juste que ceux qui réclament pour la foi et la piété chrétienne des récompenses, même dans la vie présente, examinent sérieusement quelles doivent être les qualités de cette même foi. Qu'est-ce aoiic qu'une vraie foi ? ce n'est autre chose qu'une
Eratique fidèle des commandements de Dieu, es domestiques, les hommes d'affaires des grands seigneurs, ceux à qui ils confient la garde de leurs meubles et de leurs trésors, ne sont plus regardés comme fidèles, si, par malico ou par négligence ils ont dissipé ou laissé dissiper le oien de leurs maîtres. Et nous voudrions ne pas passer pour infidèles lorsque nous abusons des biens que Dieu nous a donnés 1 Quels sont ces biens, ditesvous? Les voici : ce sont toutes les choses qui servent de fondement à notre foi, c'est la vocation au christianisme, la loi, les prophètes, TEvangile, les écrits des apôtres, le don de la régénération, le baptême, l'onction du saint chrême : voilà le trésor dont nous sommes dépositaires. Lors(^ue chez les Hébreux, ce peuple choisi, le titre déjuges eut été chaneé en celui de rois. Dieu élevait à cette sublime dignité des hommes choisis et respectables par une onction singulière. Il en est à peu près de même de tous les hommes en général. Si, après Ponction du baptême, ils étaient exacts à observer les c-ommandements de Dieu, l'entrée du ciel leur serait ouverte pour aller y recevoir la récompense de leur fidélité.
« Ce sont là les points principaux sur lesquels notre foi est fondée. Examinons qui sont ceux dont la foi se signale par l'observation de ces points essentiels, ensorte Ju'on puisse avec droit leur donner le nom e fidèles. Car, comme je l'ai dit, celui-là n'est-ifpas un véritable infidèle, qui n'ob« serve aucune des règles de la foi? N& croyez pas que, pour regarder un homme^ comme fidèle, j'exige ici de lui qu*il pratique ce qui est ordonné dans, l'un et dans l'autre Testament ; je ne m*attache ni aux préceptes de la loi ancienne, ni aux menaces des prophètes. Quelque essentiels que soient les règlements faits par les apôtres, et tous les moyens de perfection marqués dans les évangétisles, je veux bien ne pas en faire ici mention. Je demande seulement qui sont ceux qui accomplissent un petit nombre de commandements que je vais marquer : »
( Préceptes évangéliques, sur la charité mutuelle, combien négligés parmi les Chrétiens. Inimitiés réciproques. Nulle fidélité dans la pratique des devoirs tes plus essentiels, et qu'il ne nous est pas possible d'ignorer ; contrainte où le cœur n'est pour rien ; nul changement dans les mœurs.) «Et ce n est pas encore assez de ne pas obéir ; nous affectons de faire tout le contraire de ce qui nous est ordonné. Toutefois l'Apôtre ne nous a pas laissé ignorer l'étendue de nos obligations à l'égard de la charité que nous nous devons les uns aux autres, quand iL écrivait aux Corinthiens : Que nul ne
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cherche $on propre avaniage^ mais qu'il cAer* ch€ celui dek autres. ( / Cor. x, 2k.) Et dans un autre endroit : Que chacun n'ait pas feulement so\n de ses intérêts, mais aussi de ceux des autres. {Il Cor. viii, 21.) Ju{$ez par ces expressions combien ce précepte a parn important à cet Apôtre» puisqu'il nous engage a é(re plus attentifs aux cnoses qui sont utiles au prochain, qu'à celles qui nous le peuvent être à nous-mêmes ; quoique le Fils de Dieu semble demander seulement de nous, que nous sovoqs également em?
pressés pour les intérêts du prochain comme pour les nfttres. Excellent disciple d'un excellent maître, et fidèle imitateur de ses leçons» en marchant sur ses traces, saint Paul les élarçit en quelque sorte. Nous sommes chrétiens ; lequel des deux imitons-nous? Hélas ! ni l'un ni l'autre. Nous sommes si loin de sacrifier quelque chose k nos intérêts propres pour ceux d'autruij^ qu'il faut que ceyx-^^i ploient éternellement sous les nôtres.
«Je ne parle pas surtout 4es ()réceptes gui coûtent le plus à la nature, quoique je doive observer encore que ce n'est pas au serviteur à choisir à son gré, parmi les ordres de son maître, ceux auxquels il juge à propos d'obéir, pour omettre ce qui n'est p^s de son goût. C*est un abus, et un abus pjein d'insolence^ que d'en user ainsi, d'autant plus que les maîtres de la terre ne croient pas devoir tolérer, dans leurs domestiques, une semblable conduite. C'est (aire sa volonté et non pas celle de son maître, et il ne peut y avoir de raison de préférence là oîi tout est d'obligation. Donnons cependant quelque chose è la fait)lesse^ et ne parlons que de ce qu'il y a dans la loi de plus facile è pratiquer. Par exemple^ est-il si difficile de s'abstenir des serments téméraires 7 JésusrChrist pe pous en permet aucun. Aujourd'hui il est plus commun de se parjurer que de ne point îurer du tout. Est-il si difficile encore de $*abstenir de porter envie à son prochain, d'en médire, surtout après les menaces re-r doutables portées par le Sauveur contre ces désordres? Tous ces vices sont passés chez nous en habitude. Dieu condamne les murpauces et les plaintes ; est-il néanmoins rien de plus ordinaire dans le' monde?
Pleut-il ? nous crions que nos terres sont submergées. Pour peu que la fertilité de 1^ terre vienne à diminuer, nous ne parlons que de famine.
i^La chasteté ne nous est pas n^oins recommandée que les autres vertus, puisque le Sauveur veut qne nous évitions les rencontres 0^ nos yeux pourraient nous être un sujet de chute : Quicon^e, dit-il, rrgardera une femme avec un mauvais desif^ il a déjà commis radultire dans son cœur. ( Matth. V, 28. } Que l'obligation d'être chaste parait essentielle, quand on pense qu'elle va jusqu'à nous retrancher là liberté des regards. Le Seigneur savait en effet que les yeux sont comme les portes du pceur ; que par eux comme par des conduits
secrets» toutes les passions se font uae en»
trée dans l'Ame. 11 a voulu éloigner tout ce
qui pouvait les exciter au dehors, pour
empêcher qu'elles ne s'établissent au à^
dans» de peur que, après avoir pris im-
saqce dans les yeux, elles ne jetassent de
profondes racines dans le ccenr. Od doqi
avertit que les regards inconsidérés des
impudiques sont des adultères, afin qm
ceux qui, de bonne foi, travaillent à èlre
chastes, soient modestes et retenus âaos
leurs regards. Le Fils de Dieu avait ea ne
de nous anin^er à acquérir la sainteté la plas
parfaite ; de là vient qu'il nous a recoQ-
mandé de nous précautionner contre la
moindres défisuts. La vie d'un Chrétien ne
doit pas être moins pure que la prunelle
de l'œil ; et, comme le moindre grain de
poussière trouBle la sérénité de la vue, li
moindre pensée peu conforme à la pudear
trouble la pureté de la vie. lia néeessité
d'être ainsi en garde contre noos-mëmei
est bien marquée par ces paroles de Jésos*
Christ : Qu^ si votre œil droit vous est «a
Êt^et df scandal$ ou de chute^ euracktz4e tt\
le jetex loin d$ vous (Matth. xvm, 9); et A|
votre main droite vous est un sujet 6|
cAule, coupeM'la, etjetex-laloin devons, rtfj
il vaut bien mieux pour vous qu'une parii*|
de votre corps périsse que si tout k corfà
était jeté datia le feu de f enfer. {Matth. v, 30^
Ne prenons pourtant pas ces expressions |
la lettre. On ne nous ordonne pas de nom
arracher les yeux et de nous coaper les
mains; mais on vent nous fliire entendre
que, pour éviter le feu«de l'enfer, noos de*
vous éloigner de nous, ou nous éloigner d^
ces personnes dont les services ne noo
sont pas moins nécessaires, et dont l'amitié
ne nous est pas moins chère que nos yeux ei
nos mains. Quand il s'agit de perdre ia t»
éternelle ou de se priver de quelque biea
}>a5sager, y a-t-il à balancer pour un Chré«
tien?
« Que penser donc des autres oommaDdements où la fidélité dn Chrétien doit ètr» mise à de plus rudes épreuves 7 11 nons sied bien de nous plaindre de Dieu, tandis qnt nous lui désobéissons en tout. C^est lui qui a bien plus de sujet de se plaindre de nou.^ Nous lui savons mauvais gré de ce qu il ne nous écoute pas : l'écoutons^rnousT I) oe daigne pas, disons-nous» jeter un reeard sur la terre : regardons-nous vers le ciel? Noa< sommes rebelles à ses ordres» et nous sooimes surpris de ce qu'il est sourd à nos pri^ res I Quand nous irions de pair a^ec lui, aurions-nous droit de nous formaliser de sa conduite h notre éeard» puisqu'il ne fait que nous rendre le change? Encore si sons avons des maux à souflTrir, c'est nous qo^ nous les sommes attirés ; et il s'en faut bien que ce Dieu de bonté nous traite aussi mai que nous le traitons.
«(Ce que je vais ajouter estbien plus déplorable. L'Eglise même, à la considérer comme formant ce corps qui devrait ètr^ destiné à apaiser la colère de Dieu, hi^lasl qn'y voit-on régner autre chose que »!?«
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