‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 118 sur 207 · IÎ · texte numérisé non relu

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menl. Ils ont obligé toutes ces filles» jusqu'alors impudiques, à penser au mariage* et èse marier en effet. Le concubinage a été changé en une alliance légitime y et, selon l'ordre de FApAtre, chaque femme a eu son mari, et chaque mari a été réduit à une ffmme. Ainsi ceux qui ne pouvaient garder iit)(* eiacte continence ont trouvé, dans un i<^j^iltnie usage du mariage, un remède qui \H a garantis d'une coupable incontinence. A rela ils ont ajouté des lois rigoureuses qui nmdamnaient les impudiques à perdre la up, aûn qu*un cbètiuient si sévère retint I <jn et Tautre sexe dans les bornes du mariage. Les lois, au reste, sont imfiarfaites li'rs<|ue, condamnant une partie du vice, elles ffermeltent Tautre partie. Telles étaient les lois romaines; elles condamnaient» à la vérité, Tadultère, mais elles ne défendaient m ne punissaient la fornication. On eût dit qoe les Romains craignaient d*ètre trop cliasles, et qu'ils trouvaient du danger a bannir l'impureté de l'empire. Les Vandales s^sont conduits avec plus de sagesse; l'adoiière et la fornication sont deux crimes également interdits par leurs lois. Elles (ititi^enl les femmes à être fidèles à leurs msris, et défendent aux maris tout amour ti tous plaisirs illégitimes : lois d'autant Hu$ estimables qu elles sont conformes à tt loi de Dieu» et qu'elles ne permettent que r«<)ue Dieu a permis aux hommes, ne voulant |ias que personne sorte de ces justes Itnrnes...

iSi mes forces me le permettaient, j*élèvenis ma voix pour me faire entendre è tout l'univers. Romains, m*écrierais-je, tous lant qne nous sommes, rougissons d'avoir mené Mie vie si irré^ulière; roudssons devoir iujourd^bai que les seules villes où ne rè^ne («as Timpureté sont celles qui sont soumises aui barbares. Ne vous plaignez plus d'être malheureux t puisque vous êtes impudiques. Si ci'ux qui vous surpassent en vertu vous surmontent par les armes, si vos terres touibent entre les mains de ceux qui détesleot vos vices, ne croyons pas qu'ils ti-iomfiient par la force et que nous succombions l^r la faiblesse de la nature. Jugeons plus vainement des choses, et persuadons-nous ^>rlefnent, puisque c'est une vérité certaine, i|uerious ne succombons que par le dérèglement de nos moeurs, dont nos calamités H>nt la juste punition. »

Huitième Uvrt. — Salvien combat dans ce inre une superstition particulière aux peuples d'Afrique, laquelle consistait à ado- ^r une déesse céleste, pour laquelle les plus qualifiés de cette nation avaieni un resl'M égal à celui qu*ils portaient à Jésus- Ctirisi. Ils tombaient encore dans un autre 6uès, qui était de maltraiter les moines, parce qu'ils ne pouvaient souffrir des hom- Des dont la vie, les mœurs et les inclinations étaient si différentes de leur conduite. lu se Qioquaienl d'eux, ils en parlaient avec Ynéprts; il les persécutaient et leur faisaient souffrir toute sorte de mauvais traitements, ^itôt qa*on voyait |)araltre-dans Carthage un

moine desséché par les austérités, vêtu d*una éloifc grossière et d'un habit de )>énitonl, et marqjuant par sa tête rasée qu'il avait renoncé h toutes les superfluités, il était l'objet des railleries d'un peuple impie et insolent. S*il arrivait quequelqu un de ces saints anachorètes, pressé par les mouvements d'une louable charité, sortit des solitudes d'Egypte, de Jérusalem ou de quelqu'autre retraite, pour venir prêcher ta foi dans cette viilo idolâtre, il ne pouvait sans danger se montrer dans les rues et les places publiqueSé Si on n'allait pas jusqu'à les mettre à mort, c'est que la loi des Douze Tables, en vigueur h .Carthage, défendait de faire mourir un homme qui n'a pas été condamné par les juges. « Doit-on s'étonner après cela, conclut Salvien, que les Chrétiens d'Afrique gémissent sous les fers des barbares, eux qui ont traité de saints personnages avec une cruauté dont les barbares ne seraient pas capables? Le Seigneur est juste, et ses jugements sont équitables. »

Voilà, du moins en grande partie, le beau traité de Salvien sur la Providence ou le jugement de Dieu et la justice qu'il exerce ici-bas : traité auquel la critique a reproché, peut-être avec raison, une abondance prodigue de tableaux et de mouvemcnt^^; mais par là même d'autant plus utile à ceux d'entre nous qui se livrent au ministère de la parole, en leur offrant une bien plus grande somme de richesses oratoires a distribuer dans leurs diverses compositions.

Lettres. — Il nous reste à parler de ses lettres. Elles ne nous fourniront pas un long article, quoique Gennade, dans son catalogue des écrits de Salvien, en marque un volume. La plus mémorable est celle qu'il adressa à son beau-père et dont nous avons rendu compte dans sa biographie. Avec celleci on en possède huit autres dont la première est. adressée à une r4)mraunauté de serviteurs de Dieu^

Cette communauté qu'il ne nomme pas était selon toute apparence le monastère de Lérins. Salvien leur recommande un jeune homme d*un haut rang et d'une naissance distinguée qui avait été pris par les barbares lorsqu ils s'étaient emparés de la ville de Cologne. Ce jeune homme, qui était parent de Salvien, avait encore sa mère, femme aussi recommandable par sa sagesse et sa modestie que par son zèle pour la foi. Réduite par la misère des temps h gagner sa vie par le travail de ses mains, sous les ordres des femmes des vainqueurs, elle envoya son fils à Salvien, dans l'espérance que soit par lui-même ou par ses amis, il pourrait lui procurer et les moyens de vivre et les instructions nécessaires pour son salut. Salvien le recommande en effet k quelques amis, pour lui assurer les besoins du corps etles secours temporels; mais pour les biens de l'Ame, il l'adressa à ces serviteurs de Dieu, en les priant de le former au bien, et de faire naître en lui le goût de la vci tu.

A saint Eucher. — Nous avons deux lettres adressées à ce saint évêque de Ljoo.

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