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La première est un complimenl sarson élévation à l'épiscopat. Le nouvel élu Tavail fait saluer par un de ses domestiques nommé Ursicien, sans lui écrire, suivant sa coutume. Salvien s'en plaint dans sa lettre, et dans la crainte qu*il n'eût changé de sentiments à son égard, il Tavertit de se tenir en garde contre l'orgueil que pourrait lui inspirer sa nouvelle dignité, et le coi^ure de soutenir par sa conduite Tancienne estime qu'il avait pour lui. Je ne sais ^i les services rendus a saint Eucher par Salvien lui faisaient prendre avec lui ce ton d'autorité, ou s'il en usait ainsi par motif d'amitié, ou parce au*il était hcamtoup plus Agé que ce saiut evêque, dont il avait élevé les deux Bis.
Il lui adressa la seconde lettre en lui renvoyant certains écrits sur lesquels il lui avait demandé son sentiment. « J'ai lu ces livres, lui dit-il ; ils sont courts, mais ils contiennent un grand fonds de doctrine. On peut les lire en peu de temps, mais rien n'y manque pour la solidité aes instructions ; eu un mot, ils sont dignes de votre esprit et de votre piété. Je ne suis pas surpris que le désir de contribuer à l'éducation de vos enfants vous ait porté à composer un ouvrage si utile et si beau. Jusqu'ici vous avez travaillé à les rendre dignes des temples de Dieu ; l'ouvrage <^ue vous venez de Mire pour leur instruction est propre à finir l'ediQce spirituel que vous avez commencé en eux. Vous avez voulu perfectionner un bon naturel par une discipline et une conduite simple, et joindre les instruolions évangéliques aux leçons de laphiloso-
Jhie morale. Il ne reste plus qu'à demander Dieu, par la grâce duquel ces deux jeunes seigneurs sont si dignes d'admiration, qu'il grave dans leur cœur tout ce qui est dans ces traités, et gue ce qu'ils contiennent en spéculations brille dans toutes leurs démarches, puisque déjà la divine Providence lés a destinés au gouvernement d>e l'Ëglise. Je prie Dieu de faire, par sa miséricorde, que leur bonne éducation et leur science soient utiles à l'Eglise et vous comblent de bénédictions. Fasse le ciel que leurs progrès dans la science des saints fassent nonneur à leur père selon la nature, et aux enfants gu'ils engendreront à TËglise en Jésus-Christ. Daigne le Seigneur m'accorder comme une grftce signalée que ceux qui ont été autrefois mes disciples soient maintenant nos intercesseurs auprès de lui! Je vous souhaite une parfaite santé et je vous salue comme mon maître et ma plus douce consolation. »
AVévéque Agrtce. — Nous n'avons qu'une
Sartie de la lettre à Agrice que l'on croit tre l'évèque d'Antibes, qui assista en S06 au concile d'Agde. Salvien s*excuse auprès de lui d'une faute d'incivilité dont il se reconnaissait coupable. Je n'oserais, lui dit-il, nier ce qui est évident, je ne puis justifier ce qui est condamnable. C'est aggraver sa faute que de vouloir passer pour innocent après qu'on l'a commise.
A CoUtura, — La vier^o Calt.ra «vAni échappé à une maladie qui l'avait condu.i: aux portes de la mort, Salvien lui écrivit, pourja féliciter, une lettre dans laquelle i) nièle quel(]ues ioslruclions morales sur la* vantage des maladies corporelles» et le |>rofit qu'en doivent retirer les gens de iiicu. « Vous n'ignorez pas, lut dit-il, que la vigueur du corps affaiblit souvent celle de l'âme. Leurs mouvements sont si oppo^é.< les uns aux autres, que nous ne faisous {«a^ ce c|uc nous voulons. Il faut l'affaiblir pour arriver au point que nous nous proposons. L'esprit, en effet, tire sa force de d'inûrtDiié de la chair : Afféctis artubus^ etc., de sorts que c*es( pour l'homme une espèce de saol^ que d'être quelquefois malade : Ut mihi ^cnus quoddam saminti^ essevideatur^hominm interdum non essf sanum. Alors cessent les combats de la chair ovec l'esprit. Plus ûc ces funestes impressions des flammes impures qui troublent les sens. Réjouissezvous donc, ô servante de Jésus-Christ S
A Limenius. — On voit par la ietlrc à Umenius que ce personnage n'était pas en* core Chrétien, puisque Salvien lui téinoKt^^ ne douter nullement, qu'en considéramlt pureté de l'amitié chrétienne il ne soilpoOt a aimer Jésus-Christ et à souhaiter d en èirr aimé. Ils étaient cependant amis depuis longtemps ; mais c'était Salvien qui dvsU commencé celte liaison d'amitié, qui nV Vdit fait que croître par le retour doîil Limenius la pavait.
A Aper et à Verus. — Il y a toute ap:> rence aussi que ce fut Salvien qui coiumfii^i à cultiver Tamilié d'Aper et de Vcrus, quil reconnaît d'un ran^ supérieur au sien. Ce>t même cette supériorité <(ui lui inspin* ti pensée de leur écrire. « Dans les conTcnances ordinaires de la vio et dans la positii'H secondaire aue j'of'cupe à votre égani* j* crois que c est aux iaférieurs à prt'veiiir ceux qui sont au-dessus d'eux, et non à sio laisser prévenir. La récii>focité du coOi* merco épistolaire est établie, pour quc<ie part et d'autre on s'accorde les aUcniioi» que l'on se doit dan:> l'absence ; d'où jeoiodus que le respect et la déférence parassent plus dans celui qui prévient que dans celui qui se laisse prévenir. En prévenant on paraît moins avide d'honneurs ; en différant, on semble avoir intention de se fairf valoir. » 11 ajoute que c'est encore le [trapre de rhumil lé de préférer les autres et de les surpasser en déférence. Le reste tic '' lettre est du môme goût, c'est-à-dire, v témoigne sa vénératiou à Aper et Venus. — U lettre à Salonius est la même qui sert do préface aux quatre livres écrits sous Je nom de Timothée. Nous en avons donné le précis à cet endroit.
Livres perdus. — Salvien, au rapp^^ri de Gennade son contemporain, avait laissé plusieurs autres écrits qui ne sont pas vent'^ jusqu'à nous ; savoir trois livres : Dubira ur la virginitéf adressés à un prêtre nor»;mê Marcelle ; un livre pour expliquer jadcrnière [lartie de VEcclésiastiguey adressé à Clau'iier,
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DE PATROtOGR.
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évéque de Vienne; un lirre de lettres; un livre en fers, où il expliquait h ta façon des Pères grocs et surtout de saint Basile, He romracnceroent de la Genèse jusqu'à l'en* droit où il est parlé de la création de Thomitit*; un grand nombre d'homélies pour des év^]ues, qui probablement ne se trouvaient 1^5 en état d*en composer eux-mêmes, et plusieurs discours ou instructions en for* me de Catéchèses que Salvien avait pu «dresser lui-même aux fi<fëles, en sa qualité de prêtre. Il paraît aussi qu'il avait cora- ]ffi<é un éloge funèbre de saint Honorât, Ms lequel il le comparait au soleil, en Mïsnni que ce saint évoque était à la congréç-ailon de Lérins ce qu est le soleil par rapj'^Tt à la température; son influence faisait germer et croître les vertus.
^alrien énrivait avec élégance, netteté et r«!itesse. Son latin rappelle les beaux temps delà langue; il donne a ses pensées un tour ingénieux et délicat, surtout dans ses lettres, et il sait si bien varier son discours t]u'un le lit avec agrément- Mais ce qui rend cet auteur intéressant, c'est le zèle qu'il fait [wiraitre pour la gloire de Dieu et pour le salut des hommes. 11 n*est rien au'il ne îieiieen œuvre pour leur rendre la vertu Aimable, pour les détourner du vice et les faire rentrer dans la voie du salut. 11 les rress8 par l'autorité des Ecritures, par la ^ucde leurs propres intérêts, et par tous !«> motifs qui peuvent leur commander la «connaissance envers le Créateur. Les raiionnoments qu'il oppose aux vains prét^ites des impies sont solides; mais ils «raient plus péremptoires encore s'il sa- ^it les préciser davantage en retranchant de leur étendue.
SALVIUS, évéque d*Octodureau v' siècle, ($t mis au nombre des docteurs de ce temps par saint Honorât» évéque de Marseille. 11 nous reste de lui un calendrier sacré et irofane, dont Bollandus a donné quelques extraits dans son 1" volume, sur le mois de ^^OTieret qui a depuis été inséré tout entier dans le septième tome des Vies dei sainte du luois de Juin. Dfns la préface Tauteur remarque que l'année n'avait d'abord que dix mois lesquels comprenaient trois cent quatre jours. Chez les Acarnaniens elle n'avait ']ne six mois, quatre chez les Egyptiens et trois seulement chez les Arcadiens. Le second roi de Rome ajouta y dit-il, le mois de J'^ntier et février, qu'il intercala entre dé- «^embre et mars; de sorte que Tannée se trouva alors composée de trois cent cin- Suanle-quatre jours. Plus tard on y ajouta d)x Jours et six heures, de sorte que ces ^u lieures donnent tous les quatre ans un J^ar en plus, ce qui forme 1 année bisseitile. Les Egyptiens commencent leur année ^u mois de septembre, les Grecs au mois <iû novembre ; les Juifs au mois de mars et i^s Occidentaux au mois de janvier» huit Ipurs après la naissance de Jésus-Christ. ^Mns travaillait à cet ouvrage en ^^48, sous 1»;^ consulats de Posthumien, de Zenon et «i'Asière. 1! adressa ce calendrier à saiot
Eucher;qui avait coutume, dit-il, d'approuver tous ses ouvrages ; ce qui prouve qu'il en avait composé d*autres. On ne trouva pas dans ce calendrier tout ce que Silvius promet dans sa préface ; de sorte qu*on ne peut se flatter de l'avoir en entier.
SAMONAS, archevêque de Gaza, on Palestine, et honoré dans l'Eglise du titre de bienheureux; florissait à la Gn du xi' siècle. 11 ne mérite de figurer dans nos pages, au nombre des auteurs dont nous rendons compte, qu'à cause d'un Dialogue que les écrivains patrologiques nous ont conservé et dont voici lorigine : Comme il voyageait sur la route d'Emès avec plusieurs personnes, pour charmer l'ennui on s'entretenait de questions diverses, et la conversation allait quelquefois un peu plus loin qu*il no fallait. Un Sarrasin très-habilo et très-éluquent, nommé Achmed, était de la compagnie. Saisissant la question des sacrements ou'on avait soulevée, il adressa la parole à 1 évéque et lui dit : « Comment, vous autres prêtres, pou vez-vous jouer les Chrétiens en affirmant que du pain fait de farine est le corps du Christ? Ou vous vous êtes trompés vous-mêmes, ou vous trompez les autres. — : Vous voulez dire, reprit Tévèque,
Ïue lé pain ne devient pas le corps du hrisst. Mais alors, dites^moi : Votre mère vous a-t-elle enfanté aussi grand que vous êtes? — Non pas, répondit le Sarrasin. — Qui donc vous a fait arriver à cette grandeur? ■— Par la volonté de Dieu, répond-il, ce sont les aliments. — Le pain s'est donc changé pour vous en corps? — Je le pense tout a faiL •— Mais de quelle manière le pain s'est-il changé pour vous en corps? — J'ignore la manière. » L'évêque lui expliqua alors comment les aliments, descendus dans l'estomac, s'y liquéfient, deviennent du sang qui, par les canaux et les veines, arrose tout le corps, s'assimile à ses différentes parties, se transforme en os avec les os, en moelle avec la moelle, en nerfs avec les nerfs. Voilà comme l'enfant devient homme, le pain se changeant pour lui en corps et la boisson en sang. Le Sarrasin étant convenu que cela était ainsi, l'évêque ajouta : « Eh bien ! apprenez que notre sacrement se fait de la même manière : le prêtre pose sur la table sacrée du pain et du vin, et fait une sainte invocation. L'Esprlt-Saint descend sur lès choses (|ui sont offertes, et, par le feu de sa divinité, change le pain et le vin au corps et au sang du Christ, de même que le foie et l'estomac changent les aliments au corps de l'homme. N'accorderez-vous
{>as que le très-saint Esprit de Dieu puisse aire ce que fait votre foie et votre estomac? » Le Sarrasin l'accorda.
L'évêque Samonas ayant apporté pour second exemple )a génération naturelle de rhomme, et expliqué pourquoi Jésus-Christ nous donne son corps sous forme d'aliment, le Sarrasin Achmed demanda : « Cette communion et cette victime du corps et du sang du Christ qu'offrent les prêtres, est-ce le vrai corps et le vrai sang du Christ, ou seu-
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