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mCTiONNAJUE
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docteur, au commencement de ce volume.) NONDINÂfRE, diacro de Cirthe et élève de Sylvain, fut déposé par cet évAque, qui croyait en avoir été ofTensé. Le diacre Nondinaire, après avoir employé tous les moyens pour rentrer dans ses bonnes grâces , se fit son dénonciateur, par dépit, en Taccusant d'avoir livié les Livres saints dans la persecutioni et de s*ètre fait ordonner évéque par brigue et par simonie. L'information en fut faite juridiquement, par Zénophile , consulaire de Numidie, sous le consulat du grand Constantin, le jour des ides de décembre, c'est-à-dire, le 13 du même mois de Tannée 320. Victor, professeur de lettres romaines et ({rammairien latin, l'un des témoins produit.s par Nondinaire, donna des preuves attestant que Sylvain était traditeur. Victor de Samsurique et le diacre Saturnin en pro^ dui^irent également. On lut la copie d une lettre de Purpurins h Sylvain; une autre du ipAme évoque, aux clercs et aux anciens de Kéglise deuirthe ; une troisième, de TévAque Fortis h Sylvain, avec une autre du même évéque au clergé et aux anciens de Cirthe, etdt*ux lettres de Sabin de Numidie, Tune à Sylvain, et Tautre h Fortis. On reconnut que toutes ces lettres tendaient à réconcilier Nondinaire avec son évoque, mais on y retrouvait en même temps les preuves de Taccusation qu'il avait portée contre celui-ci dans son mémoire. Il fut démontré encore par plusieurs témoignages dignes de foi, que Sylvain avait reçu de l'argent pour des ordinations, et qu'il avait été placé lui-nième sur la chaire épiscopale par des gladiateurs, et en présence de nrostituées. Le consulaire Zénophile envoya a Constantin la procédure entière, en idoutant que l'évéque Sylvain était dans la Numidie le principal auteur du schisme, qu'il y entretenait la sédition, et qu'il avait usurpé sur les catholiques, la basilique de Constantine, capitale ue cette province. Il est à remarquer que Sylvain fut un des ordinateurs de Majorin , prédécesseur de Donat , sur le siège schismalique de Carthaae,'el que, par l^information faite contre lui, Majorin se trouvait à couvert de Toppiiobre que les donatistes voulaient faire lomoersur Cécilien, en l'accusant d'avoir été ordonné par ua traditeur. Indépendamment de l'acte d'accusation qu'il écrivit contre son évAque, Nondinaire est encore auteur iies Actes du concile de Cirthe\ que Ton re-« trouve dans toutes les collections de concites
NQNNOSUS, fils du prêtre Al)raham , fut envoyé par l'empereur Justinien, vers Caïsus, commandant des Sarrasins, puis vers Elesbaan , roi d'Auxuma , et enfin vers les Homérites. Cette légation remonte h l'année 827, qui fut la première du règne de Justiniea<.OD en a la preuve de ce qu'Elosbaan, après avoir défait le roi des Homérites, en 8m» ne tarda f^as à embrasser l'état monastique, comiuu l'attestent les Actes du mar^ tifTê de sainf Aréthas^ dont le fils devint roi d Auxuipa, après la profession de ce moliarc}ue^ Le but de cette démarche de Non-^
nosus était d'engager Caisus à prendre 1 préfecture et le gouvernement de la Pales« tine. 11 réussit parfaitement dans sa négof^ÎA< tion,^ mais non sans courir mille fois I danger de perdre la vie. Caîsus se rendit Constantinople, amenant avec lui un gran< nombre de ses sujets, et reçut de Kempcréu lé gouvernement qu'il lui avait fait offrir Nonnosus écrivit I histoire de sa légation. On la possédait encore du temps de Pliotius, qui en cite quelques extraits, en faisani remarquer qu elle était remplie de faits in* croyables et qui tenaient beaucoup du fabu* leux. Il y parlait d'une race d'hommes ex cessivement petits et tout noirs, dont 1< nourriture ordinaire était les huîtres et lej poissons que la mer jetait dans Ttle, où il: avaient établi leur demeure. Nous n*aTons| pi us aujourd'hui de cette histoire que les fragments que Photius en a rapportés.
NONNUS, placé sur le siège épiscopal d'Edesse après la déposition albas', par to conciliabule tenu en cette ville en 4>^9. avait été tiré du monastère de Tabenoe, ou il vivait avec beaucoup d'édification. Maïs révèque légitime ayant été rétabli dans le concile de Chalcédoine, on pense que Nonnus eut le gouvernement deTéglise d'Uéiiopolis, dans le Liban, où il convertit beaucoup de païens. Après la mort dlbas, arrivée en 457, il retourna à Ephèse» et la chronique de cette ville marque qu'il y Qt bAt^*^ des églises en l'honneur de saint Jcah-B«iptiste, de saint Côme et saint Damien, plusieurs monastères, des tours, des ponts, rt qu'il aplanit les chemins publics. Nous avons de lui une Lettre en réponse à celle que l'empereur Léon écrivit à tous les évô* ques de 1 empire romain et aux plus illustres solitaires pour savoir d'eux ce qu'ils f>ensâient du concile de Chalcédoine et de 'ordination de Timothée Elure au siégo d'Alexandrie. 11 reconnatt dans cette lettre que Timothée est indigne de Tépiscopat, et quele concile de Chalcédoine n'arien décidiî que conformément aux divines Ecritures et à la tradition des Pères. Elle est signée de quatre autres évoques de la province rie 1 Osroëne, et on la trouve dans le tomu IV'* de la Collection des Conciles,
NORBERT, issu d'une famille très-ancienne et qui pouvait aller de pair avec les plus illustres de l'Allemac^ne, naquit à Saiiten, petite ville du duché de Clèves, vers Tan lOSO. A PavantaKO de la naissaoce, il joignait les qualités Lrillanles deTesprit et du corps; mais les maîtres auxquels sou éducation fut confiée, en cultivant ses talents, ne réussirent pas à lui inspirer uu goût solide pour la vertu. Il s'appliqua aux sciences, en philosophe voluptueux qui sail les allier avec les passions. L'état ecclésiastique, qu'il embrassa dans des vues humai* nés, ne produisit aucune réforme dans j^es mœurs. Pourvu d'une prébende dans l'église collégiale de Santen, il reçut l'ordre de sousdiacre, bien résolu d'en demeurer \h pour ne i>as s'astreindre à dos bienséances plu^SL
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ngtitMr^QSeSt eo s*éleTant à des degrés supérieurs* La cour de rempercur Henri V, son f«reot« oA il se rcndil alors , acheva de lu ptr?ertlr* Il y exerça pendant plusieurs mùi^ ia charge de chapelain, et s y dislinpa par loiu les ^ices déliés qui font la «ft des courtisans et qui leur assurent eriiiiiretDent la faveur du prince. Cepen- Anl^ai milieu de la fausse prospérité dont Bjpmmaii^ Dieu le toucha par un coup iaMteodo de sa grflce. Devenu dès lors un iiOBiM noureau • il abandonna subitement lacooreCpritle parti de la retraite. Après aix^nit mois passés dans les exercices d'une r^iiteaee rigoureuse , le désir de se rendre ntile an prochain le porta à demander les «^Hrdres. Il fae ordonne diacre et prêtre par !*mhaTêqae de Cologne, et reçut avec Tonc- 000 du sacerdoce la grAce du ministère évanfëliqae. Ses concitoyens ne tardèrent pas à €11 ressentir les effets. Il vint à Santen dans rétat le plus lugubre, et, commençant ç-«r les chanoines ses confrères, il leur rolUtTDtff pathétiquement Topposition de leurs nMTors arec les maximes de la vie cléricale. Li surprise excitée par un changement si eitraordinaire !e 6t d*abord écouler avec iiUntioo, Quelques-uns profitèrent de ses bji«)ars, mais la liberté avec laquelle il ne rcàsaitde reprendre publiquement les vices i2« fcdésiasticfiies indisposa le plus grand BFiQbre contre lui. La cabale, succédant aux marmores, se grossit insensiblement des évéqoes et des abbés du voisinage, qui se Tojiteot désignés dans ses prédications. Il fai déféré comme fanatique au concile de Frixiar, assemblé en 1118, au sujet des divisions entre le sacerdoce et Tempire. On lui faisait on crime de son costume singulier et on raccttsait de prêcher sans mission. Au crémier de ces reproches il répondit en tiiVésQaDt le droit commun h tous les Chré« tins ée porter les livrées de la pénitence, etdiéhta fautre par les termes mômes de sQOQidÎBation. Mais, voyant le peu de fruit qollpmdaisait dans sa patrie, il alla trouftrlepipe Gélase et ootint de lui le pouvoir (fiononcer la parole divine partout où hoo lui semblerait. Il parcourut donc diverses contrées de la France et pénétra jusque <ian$ le Hainaut, où l'abondance de la moisson le retint pendant quelque temps. Le sortes répondit aux efforts de son zèle. Partout ou il se présentait, il était environna d*une foule de peuple qui accourait de tous cAtés pour Tentendre. Ses instructions étaient solides et roulaient sur les vices dont le pays était inrecté, et gui cessèrent fiour faire place à des vertus jusqu*alors ignorées. Ce renouvellement se répandit dans le Brabant et dans les provinces voismes où il étendit sa mission. Les pré- ^^ les chanoines et les religieux voulurent ^ aussi du nombre de ses auditeurs, ils ^< priaient d*entrer dans leurs chapitres et Ivi proposaient diverses questioiTs sur le ^ogme et la morale, les uns pour le surprendre , et les autres dans la vue de s'inspire. Norbert , sans approfondir leurs in-
tenttiins, répondait h tous de manière k laisser les esprits éclairés et satisfaits.
Cependant Calixte il, successeur de Gélase, présidait le concile do Reims, tenu en 1119. Norbert s'y rendit pour faire renouveler ses lettres de missionnaire, et fut présenté au nouveau chef de TËglise .par Barthélemi, évéc|ue de Laon. Ce prélat, édifié de son mérite, résolut de Tattirer dans son diocèse, et, à 1 aide des conseils du Pape, jiarvint à l'y déterminer. On le nomma supérieur des chanoines réguliers de cette ville, mais leur indocilité persévérante le força à les abandonner, et fit revivre en lui le goût qu'il ressentait depuis lou^temjjs pour la solitude. Il fit part de ses dispositions à son évoque, ett de concert avec lui, il choisit le désert de Prémontré pour sa demeure. Ce fut là qu'il porta, en 1120, les fondements de son ordre, qui prit des accroissements si rapides, qu'au bout de quatre ans, Norbert se vit chef de neuf abbaj'es. L'une des plus célèbres et des plus utiles à TEglise fut colle de Saint-Michel d'Anvers. Cette ville, déjà florissante par le nombre et la richesse de ses habitants, était dans une affreuse indigence des biens spirituels. L'hérétique Tauchelme y avait laissé ses erreurs, ainsi que tous les désordres qu'elles enti*a!naieiit à leur suite, et qu'il avait lui-môme autorisés par son exemple. Les sacremenls, et surtout celui de Tordre, y étaient entièrement méconnus, le sacerdoce méprisé et l'impudicité consacrée par une espèce de religion. Douze chanoines envoyés par l'évèque de Cambrai, diocésain d'Anvers, pour seconder Tunique ()asteur qui fût alors dans cette ville, y travaillaient sans fruit. Norbert, appelé à leur secours, confondit les chefs de parti, les obligea à se retirer honteux de leur défaite, et ramena doucement le peuple par des discours persuasifs et touchants. Ses disciples, à qui les chanoines cédèrent généreusement leur place, achevèrent l'œuvre qu'il avait si heureusement commencée. Leur introduction se rapporte à Tan 1124. De retour à Prémontré, le saint homme était résolu de consacrer le reste* de ses jours à la perfection de son institut, qu'il avait établi suivant la Règle de saint Augustin. Mais la Providence avait d'autres vues sur lui. Le comte de Champagne Tayant chargé d'une commission importante auprès de Tempereur Lothaire , il se rendit à Spire en 1126. 11 y trouva ce prince occupé à délibérer avec plusieurs
Srélats sur le choix d'un archevêque de [agdebourg. Comme les esprits ne pouvaient s'accorder, on pria Norbert de parlef sur ce sujet. Le fruit de son discours fui que, contre son attente et à sa grande sur* ])rise« on lui déféra la place qu'il s'agissait de remplir. 11 eut beau s'en défendre, les députés dii clergé de Magdobourg, qui étaient présents, se saisirent de lui, le firent ordonner sur-le-champ et Temmenèrent en triomphe à son Eglise. L'état déplorable où elle se trouvait, ouvrit une yasie carrière à son zèle. Le saint prélat n'oubKa rien de ca
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que son ministèro pouvait faire pour y rétablir Tordre. Mais ce ne fui qu'après une longue suite de coniradictions et de périls, que le succès couronna ses travaux.
L'application qu'il donna au gouvernement de son diocèse ne Je détourna point do ce qu'il devait aux intérêts de l'Eglise universelle. Il se rendit en ll.il au concile indiqué à Reiras, pour terminer le grand différend entre les deux prétendants à la jiapauté. On ne peut douter que son autorité, réunie à celle de saint Bernard, n'ait lieaucoup influé sur le jugement de cette assemblée, qui se d^'^ciara pour Innocent et proscrivit Anaclel, son compétiteur. Norbert et l'abbé de Cîteaux étaient unis depuis longtemps par les liens de Testime et de ]*amilié. Pendant le concile de Reims, ils eurent ensemble plusieurs entreliens, dans l'un desquels l'archevêque einosa ses vues sur l'avènement de I Antéchrist. 11 croyait l'ennemi déjà aux portes et ne doutait pas que le mystère d'iniouilé -ne fût consommé de son temps. L'aiibe lui demanda sur quel fondement il appuyait cette opinion , et ne fut pas satisfait de sa réponse. Mais le prélat sut bien le dédommager de l'incertitude où il le laissait sur cet article, par la manière vive et lumineuse dont il lui développa plusieurs des importantes et sublimes vérités de la religion. Saint Bernard fut si touché des belles choses qu'il lui entendit répéter, qu'il représentait sa bouche comme un canal céleste, /îsru/a cœlestis.
Non content d avoir contribué à la décision du concile de Reims sur le pape légitime» Norbert employa ses soins à la faire exécuter. Il somma l'empereur d'accomplir la parole qu'il avait donnée de replacer Innocent sur le siège de Rome. Ce prince ayant exigé que l'archevêque l'accompagnAt dans cette exécution, en qualité de chancelier, il y consentit malgré ses infirmités. Les fonctions de cet emploi ne lui firent négliger aucun des devoirs du ministère é))iscopà1. Tant que dura la route, il ne cessa de prêcher contre le schisme, et il le fit avec un $uc<sès qui égala celui des armes impériales. Innocent, affermi sur la chaire de saint Pierre, crut devoir reconnaître les services du saint prélat, en le nommant primat des deux Saxes. Mais Norbert jouit à peine de cette prérogative. Epuisé par les fatijfues du voyage et par les austérités qu'il y ajoutait, il remporta en Allemagne, une maladie de J.ingueurqui le mina insensiblement et le i conduisit au tombeau , le Ojniu 113^, dans la cinquante-quatrièuie année de sa vie et après huit ans d*épiscopat. L'Eglise Ihonore comme un saint.
Ses écarrs. — L'estime que nous prof'jssons pour les talents de saint Norbert est moins l'ondée sur ses écrits que sur les éloges de ses contemporains* Il est hors de doute qu*il a composé plusieurs ouvrages, mais ce que nous en possédons aujourd'hui se réduit à très-peu de chose. Nous nous contenterons seulement de les indiquer. On distingue d'abordj Un urmonturla vie religieuse, que
Ton peut regarder comme le teslaïuent sp rituel qu'il laissa à ses frères, en quitta| Prémontré. Il y parcourt rapidement l| vertus du cloître et insiste d'une façon toui particulière sur la douceur el la loncord L'esprit de contention et de murmure, dit-j n'entre point dans le caractère d'un vérité ble moine. On trouve ce sermon impriiifl dans la Bibliothèque des Pires de Lyon dans celle de Prémonlré. Le P. Jérôii Hirnahim, abbé de Stratow à Prague, en détaché toutes les phrases qui servent ci textes aux discours ascétiques qu'il.adrefi sait à ses religieux et qu'il fit imprimer o| un volume in-folio en 1G70. 2" Une Consu tuiion rédigée pendant qu'il était abbé d Prémonlré et par laquelle il ordonne que I dlmcde tnus les biens (possédés dans soi ordre et de toutes les offrandes que Ton j recevait, sera consacrée aux besoins des pèle^ rins et des indigents. 3* Un petit Discour qu'il adressa à son peuple, pendant qu'i était archevêque, après avoir dissipé quel^ ques difficultés passagères mais sérieuses^ qui l'avaient obliné de s'en séparer pendant quelque temps. On doit la publication d(^ cette pièce et de la préci^dente, aui soin^ du P. Hugo, qui les a insérées dans Tlilstoire du saint prélat. 4' Une Cfiarle, datée du 25 octobre 1129, par laquelle ii substitue les religieux de son ordre à la place des chanoines de Sainte-Marie de Magdobour^'. 6' Une autre charte^ rendue l'année suivante , en faveur des mêmes religieux pour leur transférer les revenus de 1 hôpital de Saint-Adalbert. Ces deux actes ont été publiés par Mullor, chanoine luthérien de Sainte-Marie de Magdebourg, dans ses aiemoires pour servir à Thistoire de cvito Eglise. Tels sont les écrits de saint Norbert qui ont été publiés ju^^qu'à ce jour.
. Ecrits perdus. —Lii P. Paige, dans sa Sibliothêque de Préinontré y assure que l'on comerve à l'abbaye de Gappenberg, en Weslphalie, des Expircalions sur plusieurs livres de l'Ecriture. On ne peut douter de l'aptitude de saint Norbert pour ce genre de travail, après l'éloge qu'en a fait Guibert de Notent, écrivain ordinairement peu flatteur, en lui dédiant un ouvrage du même genre. Pourquoi donc ses disciples laissent- ils ainsi ces commentaires ilans l'obscurité? Mais peut-être ont-ils recunnu au'ils ne lui appartenaient pas, ou qu'ils n étaient t;as dignes de ce grand homme. Le même bibliographe nous donne encore les litres de plusieurs ouvrages de saint Norbert «pii n'existent plus, savoir : Trois livres des visions et révélations qu'il avait eues à Cologne et ailleurs; un recueil de sermons prononcés devant son peuple; un écrit sur le rétablissement de la vie régulière; un Irailé de la brièveté et de la caducité de la vie humaine; un autre de la douceur du joug de Jésus-Christ, et un dei nier enfln contre la schisme do l'antipape Léon. A cette liste d'écrits perdus, on pourrait ajouter un nombre considérable de lettres sur le dogoie, la morale el les affaires poîiliiiues et ecclé-
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fîasliques« des discours ascétlques,des ordonnances sjooJaleSt ouvrages indispensables pour un fondateur d*Ordre, un archevêque d*AlIeina^oe et un réformateur du clergé, NOTCHER n*esl guère connu que pour la pirlqo'ileut à quelques événements arrives de son temps. Il succéda dans la dië»li d*abbé Je HaulviHers, au diocèse do eiiBS* à Pierre qui en remplissait encore k$ ibfictions en 1085. Les erreurs de Rosce- UB« clerc de Compiègne, ayant déterminé r^rebevèque Renaud à convo.)uer un coaciJe« il se tint à Soissons en 1093, et Notdier« qiu s afsista, pirit part en sa qualité d'abbô ài(iateslesré:>olutions qui v furent arrétt^es. 1. se trouva la même année h deux autres t&semblées beaucoup moins importantes et wa><rivit à deux cbartes expédiées en faveur des moines de Saint-Thierry, Tune par le même arcbevêqus, et Tautre par ElioanJ» évèque de Laon, un do ses suQ'raçaiits* A la suite de la cérémonie qui eut aea pour la c^msécration de Philippe, é>é- Q'ie de ChÂlous-sur-Marne, Notcher proQia cerocca:>ion pour représenter aux prélats &^seatiilés que plusieurs {)ersonnes révoqoant en doute l'authenticité des reliques assainie Hélène, possédées |;ar son monastère, il importait d'en faire la véritication. Lu conséquence, il les pria de vouloir bien V'irdooner. Tous les prélats y consentirent e! (lièrent le jour au 28 oclobre suivant. Hugues de Soissons et le nouvel évêque de Ciâlons furent députés à cet eifet, et en firent la cérémonie au jour marqué. Outre œs deux évêques, il s'y trouva plusieurs tbbé:>elune grande multitude de peuple. Puvr donner plus de poids è. cette vériticatiuû, Kotcber la fit confirmer au bout de UQii;ours, dans une assemblée générale qui ^ liât au mont Sainte-Marioi dans le diocèse '^ Svi5.«ons, en présence du roi, c^ui s'y tc&iit, accompa^^né de plusieurs prélats et M^eors du royaume. On ignore Tépoque preuve de la mort de Notcher, mais on ne lui injure de successeur dans le catalogue iitsibbés de Uautvillers qu'en 1102.
Le seul écrit que nous lui connaissions est eejui qu^il composa pour conserver à la posicfilé rliistoire de la vériGcation des reliques de sainte Hélène, qui furent en effet !n)QT«ïes intactes dans son monastère, où tilt^ avaient été apportées de Rome, dès Vàa BV9. Cet écrit, daté du 28 novembre lO^Jd, |K>rle pour titre : Lettre de Tabbé Nutcher sur la translation de la très-sainte lîDpératrice llélène. Sous ce simple intitulé, vti écrit ne laisse pas d'être assez étendu. Outre le récit de la céréiuouie dont nous Tenons do parler, il contient en dix-neuf chapitres, une relalion fort circonstanciée (les miracles opérés par son intercession; uiiracles d'autant plus authentiques que rbtstorteu affirme en avoir été lui-même le témoin oculaire, ou les avoir appris des |Mer>outtes mètncs qui en avaient été favon>ées. Cette relation est fort bien écrite, tiiàl^té là modestie de Notcher, qui le porte * .<.**;aulcr grâce jour ses ia*Jlt'5 de siyle à
ses lecteurs. Cet oavrai:c,dontMM. de Sainte- Marthe et dom Mabillon n^avaient donné que quelques fragments a été publié presque tout entier par les successeurs de Bollandus. A la fin du manuscrit dont ils se sont servis, se lisaient huit vers héroïques aviC la relation de deux autres miracles, qVils ont publiés, en forme d^appenJice, à la suite des courtes observations dont ils ont accompagné récrit de Notcher. Il suflit de lire cette relalion pour être convaincu qu'elle appartient à cet abbé, qui prend soin d'avertir qu*entre un grand nombre de faits miraculeux, il n*en a choisi que quelquesuns, pour k'S trausmettre à la postérité. Nuus ne doutons pas que les huit vers imnrimés plus bas ne soient également de sa iiu;on. Ils portent en substance qu'à l'avenir les Français ne pourront plus contester à l'abbaye de Haulvillers la possession des reliques do sainte Hélène, où les plus grands seigneurs du royaume viennent l'houe rer. Quoique Notcher ait emprunté beaucoup de ses termes aux poésies d Horace, il s'en faut de beaucoup que sa versification soit à la hauteur /le sa prose.
NOTGEll, d'abord moine de Saint-Gall et ensuite évê^iue de Liège, réunissait à uno grande naissance une éminente vertu et beaucoup d'érudition pour son temps. Issu d'une illustre famille de Souabe, si Ton eu croit un chroniqueur moderne, il élait neveu de l'empereur Othon 1" et cousin germain d'Olhon il; mais celle généalogie ne nous paraît rien moins que démontrée. Quoi qu'il en soit, après des études brillantes et qui le firent avantageusement connallre, il passa à la cour, où il se distingua par son savoir et la probité de ses mœurs. Mais il ne tarda pas à se dégoûter du monde et des vanités du siècle, et il renonça à toutes les espérances d'une ambition légitime pour embrasser la vie monastique à Tabbayu do Saint-Gall. 11 s'y distingua tellement par son érudition qu'il fut appelé dans le célèbre monastère de Slavelo, pour y enseigner les hautes sciences. Il fut ensuite devé sur le siège pontifical de Lié^^e, en 971, et il sy fit remarquer par toutes les vertus qui font Thonneur d'un évêaue. Mais ce qu'il eut le plus à cœur ce fut l'éducation de la jeunesse : il ne crut point s'abaisser, en consacrant ses moments de loisir à enseigner les jeunes gens chez lesquels il trouvait des dispositions pour les Letlres. On peut le regarder comme le second fondateur de la ville de Liège : illa fit ceindre de murailles et l'orna de beaux édilices.Les collégiales de Saint- Jean-l'Evangéliste, de Sainte-Croix, de Saint- Denys à Liège; ' l'église do Malines, celle d'Aix-la-Chapelle, et plusieurs autres, le comptent au nombre de leurs fondateurs.
Notger assista à divers conciles, parmi les-
aueis nous ci 1er ns i)articulièrement celui e Moiison, tenu en 993, pour rétablir Arnoul sur le siège de Reims, et celui do Francforl, réuni en novembre 1007, pour l'érection d'un siège é|)iscopal h Bamberg : ce fut là une des dernières actions publia
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qoes de sa vie. Il mourut te lOarril de Tannée saivanle, après ud épiscopal de trentesix ans et quelques mois.
Sb8 icRiTS. — La plupart des écrits qui nous restent sous son nom lui sont communs avec Hériger, abbé de Laubes, ce qui nous dispense de revenir SLr Tanalyse que nous en avons faite h son article, excepté pour indiquer ce qui appartient spécialement à la plume de ce pit*ux et savant pontife.
Gestes des évéques de Liège. — Il est certain que révéque Notger a eu beaucoup de partàcete histoire, et qu*il Tavait môme poussée jusqu'à son temps, comme nous Tavons remarqué ailleurs, quoiqu'elle finisse à Tépiscopat de saint llémacle. Le fonds de ce travail, c*est-à-dire les mémoires sur lesquels il a été composé lui appartiennent évidemment» mais la mise en œuvre et la forme sont de la façon d'Uériger : c'est pour- (|uoi Vatère André et Swert l'attribuent à l'un et à l'autre auteurs. Il n'y a que la préface qui soit encore telle qu'elle est sortie de la plume de Notger, qui l'avait faite pour la vie de saint Rémacie, en tète de laquelle elle se lit encore. Cette pièce, rem- I lie d^érudition» est marquée au coin de ia plus humble modestie. Quoique ce soit un évèque qui s'adresse à un simple abbé, il n'hésite f.as à lui donner te litre de bienheureux père : Pater beatissime^ termes qui ne s'emploient ordinairement que par un inférieur à Têtard de son supérieur.
Vie de saint Rémacle. — Vossius, Oudin et plusieurs autres bibliographes, attribuent sans hésiter, à notre prélat, la Fie de saint Rémade^ l'un de se» prédécesseurs sur le siège épiscopal de Lié^e, et Surius Ta même publiée sous son nom, après en avoir corrigé le stjle et lui avoir lait subir quelques retranchements. Mais, à l'exception de la préface qui, comme nous lavons remarqué plus haul, est tout entière de Nol^er, le corps de cette Vie ne lui appartient q-ue pour la part qu'il a prise à l'histoire générale des évéques du même sié^ki^ d'où elle a été détachée : c'est du reste ce que Notger atteste lui-même : Yitam inde excerptam. C'est à tort que Surius a.tribue à Notger deux livres des miracles de saint Rémacle, qu'il a fait imprimer à la suite de sa vie. Cotte relation est 1 œuvre collective de plusieurs moines de Stavelo qui ont vécu à dilforcntes époques, comme nous l'avons déjà fait observer ailleurs.
Fia d^ saint Lambert^ — Quehjues écrivains font encore honneur a notre préliit d'une Vie de saint Lautbert ou Lambert^ l*un de ses prédécesseurs après saint llémacle ; mais on a reconnu depuis que Ton ne possédait rien de lui sur cet évô(iue. Giics de Lié^e, moine d'Orval, nous assure cependant qu*it avait lu à Saint-Bavon de GanJ une lettre sur lenfduce de saint Lambert, qu'il croyait pouvoir attribuer à Notger.' Elle n*en po tait pas le nom, mais elle rappelait tous les caractères de son style. Ce qui fortifie le jugement de cet écrivain, c'est que cette lettre se trouvait jointe à une au-
tre sur saint Landoald dont nous allons parler tout & l'heure. Comme YApmndice de Surius contii^nt divers traits de I enfance de saint Lambert, il se pourrait qu'ils eussent été em))runtés, du moins en partie, à la lettre de Notger sur le même sujet.
Vie de saint Landoald, — Vossius, Cave, Oudin, et plusieurs autres critiques, ne font aucune difficulté de regarder nutre évèifue rouime le véritable autour de la Fte de saint Landoald^ et queloues-uns vont même jus-
3u'A lui attribuer I histoire de la (ranslation e ce saint et de ses compagnons; mais il n'a eu d'autre part à ce travail que d'avoir fait recueillir les mémoires sur lesquels il fut écrit et d'en avoir fourni la préiace on épitre dédicatoire adressée à Womar, abfoé de Saint-Bavon de Gand, qui lui avait demandé cet ouvrage. On retrouve dans cette pièce, datée du mois de juin 980» quelques traits de la prétace qui se lit en tête de Viiisioire des év^quef de Liège, Pour éviter les redites, nous renvoyons à ce que nous avons déjà écrit sur cette Vie de satnt Landoaidf et sur l'histoire de sa translation, à I article consacré aux ouvrages de l'abbe Hériger : on verra que l'une est l'œuvre de cet aoiié et que la seconde est due à la plume d'un moine de Saint-Bavon.
Vie de saint Hadelin. — Bollandus a publiiS sous le nom de notre savant évèque, aveo d'amples observations historiques et critiques, la Vie de saint Hadelin^ ou Hadalin, prêtre d'Aquitaine » fondateur de Tancieu monastère de Celles, prè^ de Dinan, sur la Meuse. 11 est vrai que les manuscrits d'où il a tiré cet ouvrage ne portent point le aoui de Notger, mais avec sa sagacité ordinaire il a truuvé dans le texte mêiue des raisons de la lui attritjuer, assez pérem()toires pour que Dom Mabiilon les ait accceptées sans réclamation. En eifet, l'auteur se pose nwinit'esiement coiiune évêque de Liège, et ia j rélace qui reproduit avec le même sljio pjusieurs des idées exprimées en tête des vies de saint Hèmacle et de saint LaiidoalJ» rend impossible toute équivoque. Saint Hadelin était mort en 690, c'est-à-dire environ trois siècles avant que Notger entreprit d'écrire son histoire : aussi ne Ta-t-il composée que sur des traditions telles, probableiueni, qu'elles se conservaient dans son monastère et qu'elles lui furent communiquées par les religieux qui rengagèrent à entreprendre ce travail. Quoiqu'il se soit arrêté, avec une certaine complaisance, à rapporter les miracles du saint, cependant il n entre dans aucun détail sur ceux qu'il lit après sa mort, il parle de ses vi;rius d'une manière va^ue et générale et sans presque rien préciser. A l'occasion des rapports d'amitié qui unirent le saint prêtre d'Aqui* taiue avec saint llémacle, il oublie pour ainsi dire son héros, pour ne s'occuper, pendant plasieurs pa^'>s, que de ce saint pontife, sur la vie duquel il ne nous apprend rien de nouveau : aussi Dom Mabiilon a-t-il retranché presque tout ce qu'il en dit, dans l'édition |u'ii a donnée de cet ou-
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Trag^, (Tujirès c^ile de BoUaiiJMS, caiiX'Téo sur on Diiiascrît de rabbaye de Saint-HuberL Il en a retraocfaé également la préface, $tosdoote parce qu*elle ne conti(^nt prèsaue rien qui ne se retrouve avec avanla^^e (!ans les aiilros préfact's de cei écrivain.
Ecairs ATTRiBi^Ês A NoTGER.— Si l'on en fDU tiilles de Liège, Notger avait écrit •Mlqae eijose sur sainte Landraije, vierge fjib la nreiuîère Belgique » et il assure vitoequ il avait lu son travail à la suite de la ïie de tùimi Landoald et de l'histoire de sa tnnstalion qui lui sont attribués. Mais nous ce r«>iinaissons sur cette sainte aucun écrit, qui porte le nom de Notger. La Vieqn'on en l'ieèdeesl de Tbierri, abbé de Saint-Tion ï la fin du xi% ou au cominencement du xii* y.«cle. Parmi les manuscrits de Tabibaye de ^inttgD/,0Q trouYe« sous le nom c^e Nptgcr, ti;i TrM dt rhéioriquCf un autre du cornj>al, et'deux libres d^astronomie; maiscomloe fauteur D*y est point qualifié évèque de lJé^e,noQsu*o:$onsaffirmerqu'ilsappartieni'n\ à notre prélat. Il y a plusieurs iLoines .^.*Saint-Gall qui ont porté le même nom, • a un nom à peu près semblable : ce qui a «tasionué.uue foule d'erreurs et de fausses liribuiiuns parmi les bibliographes et les critiques.
NOTfLER, surnommé Balbulus ou le Bè- ^e,àeause d*ua défaut de langue, et aussi Voorle disiinger de plusieurs autres écri- TiiQs du uièine nom, naquit à Ueiligau, près (lu monastère de saint Gail, d'une fam\\\t illustre par sa noblesse, sur la fin du rèioe de Louis-le-Débonnaire. Quelques ^firèios le font descendre de la race car- MinjsienDe, et le supposent même neveu uun de DOS rois; mais cette particularité cous parait dénuée de toute vraisemblance. l>^ sa jeunesse, il fut élevé dans cette ab* l'iltouplus tard il se consacra à Dieu, ^>ttsla rèjle de saint Benoit. Il était doué <fuQ riche fonds de piété et d'une rare aptittnk^r les sciences. 11 se livra particuiitreBNst à rétude de Ija musique dans ^juWisil se rendit fort habile. Ses premiers A<ttre$daDs les sciences furent Marcel et ^0, etil succéda à ce dernier dans la di- ^non des écoles de son monastère. Mois ^essuiusqu'il donnait à l'enseignement n'ab- Mrbaieut pas tellement ses loisiri, qu'il n'en troflTli encore pour travailler à des ouvrapde littérature et à transcrire de bons Itîres. H se borna même à ces deux dernièrn occupations et abandonna sa chaire et *« fonctions d écolâtre pour sy livrer extlasiveroent. Il vécut ainsi jusqu'à la vieillisse, réunissant l'étude à la pratique de toutes les vertus, et mourut en odeur de Minieté, le 6 avril 912. L'Eglise lui a décerné le titre de bienheureux.
lk$ interprêiei de V Ecriture, — On a de Wi un ouvrage intitulé dans les manuscrits où thm Bernard Pez l'a découvert : Obser^ r«rioni $ur les hommei iliustres qui ont tratêilU à expliquer en tout ou en partie les ^irrei mct/j. Ce savant critique l'a publié >^U$ le titre beaucoup plus concis de Traité
des interprètes de l' Ecriture, qui dit la mém^ chose en moins de mots^ Notker le dédia à Saiomon, son disci[)le,, qui d(çvint dans ^ suite évéque de Constance. Son burt est dja lui faire connaître tous ceux^ qui se sont rendus recommandables dans la science dès Ecritures. Il s'en acquitte avec méthode, en commençant par les interprètes du livre do la Genèse et çn parcourant alternativement tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament.
Pour le sens littéral de ]a Genèse^ il renvoie Saiomon aux commentaires de saint Jérôme; pour le sens moral, à ceux d'Origène, de saint Ambroise et aux extraits ciue Patérius a faits des écrits de saint Grégoire; pour la défense de la vérité de ce livre contre les manichéens, aux deux traités de saint Augustin contre ces hérétiques, à ses livres contre Fauste et aux livres xi, xii, xui et XIV* de la CUé de Dieu. Nous n'entrerons pas dans le détail des commentaires dont il conseille la lecture pour l'intèlligcnce des autres livres de l'Ecriture saii^te. Nous nous contenterons de remarquer en général que Nutker faisait beaucoup de cas des Homélies dOrigêne sur VExode^ le Lévitique^ lo Cantique des cantiques^ et qu'il était persuadé que ses ennemis avaient altéré et corrompu ses commentaires sur VEpitre aux Romains. Il croyait qu'avec le secours <ie saint Jérôme seu! on pouvait découvrir le sens littéral de la loi et des prophètes. Les sept livres des Questions de saint Augustin sur THieplaleuqueluiparaissenld'une grande utilité, et il regardait comme nécessaires les extraits que l'abbé Eugipius avait faits des ouvrages de ce Père. Sur les Psaumes^ il voulait qu'on lût Origène, saint Augustin, saint Prosper, Arnobe le Rhéteur et Cassiodore ;sur lesProt'erfteset XEcciésiaste^ il recommandait saint Jérôme, et sur le Cantique des cantiques^ le petit livre de Just, évêque de Lyon. Ce n'est, dit-il, qu'un court épithalame, si l'on fait attention au volume, mais il est rempli de sentences spirituelles. Il parle avantageusement du commentaire de Bède sur le même livre et sur divers autres de TEcriiur^. Il ne connaissait point de commentaire suivi sur les livres de la Sagesse et dç VEcclé statique^ ni de plus ancien commentaire sur le livre de Joftque celui de saint Grégoire. Un éeTJ-. vain hibernais nommé Ladkenus,^ en avait lait des extraits qui pouvaient suflire & ceux qui n'avaient point le commentaire entier. Quant aux livres de Tofrie, de Judith, d'Es^ ther, û'Esdras, des Macchabées^ des Paraît^ /)omène«,Notkernecited'autreinterprèleque Bède, et encore ce qu'il avait fait sur Tobie et Esdras lui paraît-il peu nécessaire, parce qu'il tourne tout en allégories.
Il fait plus d'estime de ses commentaires sur les Actes des apôires. Pour les autres Kvres du Nouveau -Testament il conseille la lecture des explications qu'en ont données saint Jérôme, saint Augustin, saint Chrysostome, saint Ambroise, saint Grégoire et les gloses de Raban Maur. Ces anciens écri*
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▼aios ne s'étaient pas contentés de faire ^^s commentaires suiTis sar les livres de rEcriture» ils en avaient encore expliqué différents passages dans d'autres écrits, à l'occasion de certaines disputes élevées dans l'Eglise. Cela se voit dans les livres des Confessions de saint Aueçustin, De (a grâce et Du libre arbitre, De VVliUté de la foi et Leaucoup d'autres. Notker renvoie Salomon aui conférences de Cassien, et aux écrits de saint Isidore de Séville. Il lui dit que devant être élevé bientôt au saint ministère,
Srobabiement à l'épiscopat, la lecture du astoral de saint Grégoire et des écrits de saint Eucher lui sera utile, et qu'il pourra lire également avec fruit les lettres de saint Jérôme et d*Alcuin. II le détourne de la lecture des poètes profanes, auxquels il préfère Prudence» Avitus, Juvencus, Sedulius et saint Ambroise. Pour la connaissance des anciens écrivains, il lui propose le Catalogue des hommes illustres de saint Jérôme et celui de Gennade, prêtre de Marseille,
Ïiu'il appelle par mégarde évoque de Tolède. I lui recommande les livres De la grâce et Du libre arbitre de saint Prosper, ses Epigrammes j et les livres De la vie active et con^ Umplalive qu'il croyait être du uième Père , ainsi qne le Livre des promesses et des prédictions.
« Vous devez aussi, lui dit-il, rechercher avec soin les Actes des saints martyrs, aûn d'apprendre par leurs exemples, non-seulement À mépriser les plaisirs du siècle, mais & donner votre vie pour Jésus-Christ et à compier pour rien les peines du corps.» II met hors du nombre de ces Actes ceux qu'un avait supposés sous le nom de saint André, desaint Jeanctdes autres apôtres, à Texte, h tion des Actes du martyre de saint Barthélemi qui lui paraissent authentiques, de même que ceux de saint Pierre et de saint Paul, des saints Processe et Martinien, Nicomède, Ncrée, Achillée, Maron, \ iclorin Eutycètes, Marcelle, Pélronilie, Félicula, Doinitilta, Poteutia et Euphrosyna, qu'on lit pour l'édiûration de toutes les Eglises, ainsi que le livre d'Uermas, intitulé Le Pasteur \ omï'xs il regrette celui qui porte le nom de saint Clément. Après les Actes du marture des ilpd^ref, suivent la Passion de saint Clément et l'admirable livre qui contient Je martyre des saints Alexandre, Eventius, Théodulus, Hermès et Quirinus.
Notker parle aussi des martyrs de Perse, de la persécution de Pèce et de Dioclélien, et de quelques saints qui souUVirent alors. Parmi les historiens ecclésiastiques, il met en première ligne Eusèbe de Césarée, puis l'Histoire triparti te de Cassiodore, composée des écrits de Socrate, Sozomène et Tbéodoret. Il avait vu les Actes entiers du martyre de saint Laurent. 11 remarque que rEglise étant demeurée victorieuse de ses persécuteurs, elle vit sortir de son sein des fleurs itouvellea, c'est-à-dire un grand nombre do docteurs qui étaient comme cachés auparavant, tels que saint Basile, saint Grégoire, saint Athaitasc, saint Chiysusilome. Les dé-
serts mêmes produisireutde nouveaux fruil5« comme les Paul, les Antoine, les Macai^ res. Mais encore qne l'Eglise d'Occident ai( été plus lente à s'épanonir, cependant elle n*est pas inférieure à l'autre en grands hom^ mes. C'est en Occident qu'on a vu paraîtra saint Martin, saint Ambroise saint Jéiô.nr, saint Augustin, les Paulin de Trêves et «loi Noie et un grand nombre d'autres. Il fin. G en disant à Salomon que, s'il veut au^. ( connaître les écrivains profanes, il pou ni; avoir recours à la lecture de Priscien, ou .ij celle de Josèphe ou d'Héçésippc, pour ^•J mettre au fait de l'histoire des Juifs. 0^\ traité de Notker fait honneur au siècle ûaiis lequel il vivait, et que Ton regarde communément comme un siècle obscur, où Tignorance dominait. II se trouvait du moins dans les monastères quelques homaics de lettres, qui étudiaient les sciences à leurs sources, elquine refusaienlpas.de faire part au public de leur érudition et de leurs belles connaissances quand l'occasion s'en présentait.
. Livre de séquences. — Dans les premières années de sa profession religieuse, Notker, ne pouvant qu'avec peine retenir les cantiques al(»rs en usage dans l'Eglise, à cause de leur longueur, chercha les moyens de leur donner plus de précision. Il y substitua des séquences, c est-à-dire des proses ou prières rimécs et mises en cadence, plus susceptibles de se flxer dans la mémoire par la brièveté des versets et la facilité du chant. Il 'iivisa Si)n travail en deux parties et le dé.iia à LuilwarJ, évoque de Verceil et proleclcur de Tabbaye de Saint-Gall. Ces séquences 5onl au nombre de trente-huit. Les trois premières sont pour les trois me:»ses de Noël ; car les séquences se chantaient au^ messes solennelles avant l'Evangile. 11 y eu avait aussi pour les fêtes de saint Etieniie, de saint Jean Tévangéliste, des saints Innoccnls, de TEpiphanie, de la PuriQcation; pour le jour de Pâques et les trois jour> suivants ; pour TAscension, la Pentecôte, la saint Jean-Baptiste, les fêtes de saint Pierre et de saint Paul, de saint Benoit, de TAbsomption, de la Nativité delà sainte Vierge, pour la Toussaint, le Dédicace des églises el plusieurs autres fêtes ; pour le commun des Apôtres, des martyrs, des confesseurs et des vierges et pour la Sainte-Trinité ; enfin» la dernière est pour la fête de saint Denys l'Aréopagite et de ses compagnons. Notker le fait évêi]uo d'Athènes, puis apôtre des Gaules et évêque de Paris. Dom Mabillon n'en cite que trois; une pour le jour Jh Noël, et deux pour la fêle de saint Gall. On voit par les premiers mots (|u'il en rapporte qu'elles diffèrent de celles que Dom Bernard Pez ût imprimer. Il n'en est pas de même de la séquence pour le jour de la Pentecdle» qui commence ainsi : Sancti Spiritus^ adsil nobis gratia. On la trouve dans les niêiues termes , dans les manuscrits de Cluny et de saint Emmerans. Eckchard dit que Notker l'adressa à l'empereur Ghartemagne, qu^ résidait alors à Aix-la-Chapelle, el que ce
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prince lai renvoya riijinne Veni Creator
qtt*il avait composée lui-mèmo. Ce fail n*est
nas vrtiî$eniblab1e« puisque Charleiuagne
nart rnorl plus de cent ans avant la nais-
riDco Je Kotker. Eckchard mérite plus de
m)janc8 quand il ajoute que pendant le
^î«îarque fil Tabbé OJalric à Rome, on
cbfBia en sa présence la messe du Saint-
E^il, avec la séqiience Sancti Spiriius
êùii nùbis gratta de là îix^on de Notker, et
<;MeIe{»ape Innocent 111 en avait fait une
«-latreconimençant par ces mots : YeniySancte
SpirituSf que nous chantons encore à la
iDesse de la Pentecôte.
Bymne». — Dans le Recueil des hymnes composées par les anciens moines de Tabl»«ye desaint-Galli imprimé parmi les anciennes leçons de Canisius, on en trouve plasieors sous le nom de Notker. Elles sont précéd4§«*s d'une litanie rimée, qui commence ] ar deux vers élégiaques, que Ton ré[)élait à chaque invocation. L'hymne en Thonncur Ce saint Coiomban est en vers iambiques de d^eoi mesures; et on la récitait aux vê- {•res ei aux laudes de son office. Les vers l^nir ia réception d*un roi sont de fa même mesure. Il en avait mis huit à ia fm de Té- ;Uredédicatoire du livre des Séquences à ioitward. ' L'inscription porte que celte ^plire était i)Our la jiremière partie des sé- •[Qenccs. Liiymne pour la fêle de Tous les Mints, composée de treize strophes, est t^temenl en vers iambiques de deux mesures. Elle est suivie d*un chant lugubre vor Télat déplorable de Thomnie, en vers (iuméme genre. Molker composa les quatre bymnes suivantes en Thonneur du n.arlyr saîBt Etienne , patron de la calhédraie de Metz, ai les renvoya à Ruodbert qui en était ««èqae, après avoir été moine de Saint-Gail. l^*es sont en vers saphiques. Les moines tclUchenow lui avant raconté qu'ils avaient pns uQ poisson long de douze paumes, il totpetoe à le croire, et pour leur montrer wacrcnclos de Saint-Gali n'était pas moins /ertiJeen merveilles que la rivière de Ki- (Âeoûw, il leur envoya une morille, assunot qu'il en naissait tous les ans. dans cet (iiclos au mois de janvier. Il accompagna ce } résenl de deux vers hexamètres, clans les- «luels il disait : « Si vous ne voulez | as lu'ea croire sur larole, rapportez-vous-en à vos yeux, et envoyez-moi au moins deux épines de votre poisson » L'Iiyume de saint t.olombau, en vers épodes, est une des dernières productions poétiques de Nolkor. On >ml [lar les six vers hexamètres qui se lisent ^lann qu'il était alors accablé sous le |Oids lies infirmités et des aunées. Suit un fragment d'un autre puëme en vers hexamètres ^u^ la Psalmodie. L'Anonyme de Molk çt Unnorius d*Autun font mention du Livre ».es Séi|uences, et celui-ci y ajoute des vers tropiques, sans s'expliquer davantage sur leur auteur. Trilhéme ne marque que les ^çumcff. 11 ne détaille point les poésies de ^oiker, et dit seulement qu'il excellait eii ce {^enre, comme i! se distinguait éualement <Ax\% la composition musicale.
Evrils sur la musique. — Notker en eflél avait composé un Traité sur ta musique, les tons de la sym|)honie, la valeur des notes et les mesures à observer entre chaque ton ; nous n*avons plus cet écrit. Celui qu'il flt à la prière d'un de ses amis, nommé Lantbert, pour expliquer les lettres de l'alphabetdont on se servait dans la musique, avant l'invention des notes, a été publié par Canisius, Il traduisit le Psautier du latin en langue berbère ou allemande. Cette traduction existait encore du temps d'Eckehard le jeune, c'est-à-dire, sur la fin du xn' ou au commencement du xiii* siècle. On conserve dans la bibliothèque de l'abbaye de Saint- Gail un exemplaire du Psautier en langue tudesoue, qui probablement est le môme que celui dont parle cet écrivain. S'il en est ainsi, il faut qu'il se soit trompé dans l'attribution qu'il fail de ce Psautier à Notker le Bègue, ou dire /|ue Notker Labeo en fit un autre en Xudesqiie ; car on prétend que le Psautier que l'ûM ajipelle dans cette abbaye le Psautier de Noîker est de Notker Labeo, ou les G rosses -Lèvres, qui vivait dans le xi* siècle, et non do Notker le Bègue, mort, comme nous l'avons dit, en 912. On peut voir làdessus ia Dissertation de Dom Bernard Franck, bibliothécaire de Saint-Gali, dans le tome 1" du Trésor des Antiquités, do Schilter. Martyrologe. — La Martyrologe deNoiker doit tenir le premier rang parmi ses ouvrages. H le composa sous le pontificat de Forn.ose, qui occupa le Saint-Siège depuis Tan 891 jusqu'en 896. Ce travail n'est malheureusement pas complet et finit au 26 octobre. L'auteur y fait entrer la plupart des Martyrologes publiés avant lui, et particulièrement ceux deRaban Maur et d'Adon de Vienne; mais, en les refondant dans le sien, il y ajouta beaucoup. Il le commence comme les autres au premier janvier. En parlant du martyre des premiers papes, il emprunte ordinairement les circonstances do leurs vies aux fausses décrétales. Ce qu'il dit du pape Anaclet est assez conforme à ce qu'on en lit dans Anastase le bibliothécaire, mais il y ajoute une particularité qui n'est confirmée par aucun des historiens ecclésiastiques, savoir, un'ayant été conduit pour sacrifier aux idoles, il sacrifia eii eifet, mais se repentit de sa faute et eut la tête tranchée pour la confession de la foi. On ne saitd'oiî il avait appris que l'empereur Constantin avait fait couper en deux la croix du Sauveur trouvée par sainte Hélène, sa mère, qu'il en avait laissé la moitié à Jérusalem et transporté l'autre à Constantinople, afin qu'on pût venir la vénérer de toutes les parties du monde. Il rapporte sur l'Assomption de la sainte Vierj^e ce qu'en dit Grégoire de Tours; mais il \\\.se décider absolument la question et se contente d^observer qu'il était de la décence que ce saint corps, dans lequel Dieu s*étail incarné, lût enlevé dans le ciel aussitôt après la séparation de Tâme. 11 corrige ce qu i) avait dit de saint Denys i'Aréopagite dans sa trente-huitième séquence, et io di:9tinjiue dp
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