‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 124 sur 207 · ER · texte numérisé non relu

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connaissance pour les bienfaiteurs de son monastère, les fait connaître, et fait l*énumération de leurs libéralités. Il déclare avoir eu pour objet l'utilité de ses successeurs, auxquels il a pu en effet être très-utile. Sou but a été de les insCroiredes progrès de son abbaye naissante et des longues contestations auxquelles il a été exposé, et qu*ii a enfin heureusement terminées. Tout y est rapporté dans un grand détail. L*auteur ne perd jamais de rue son objet; il ne fait pas de digression, et n'y roéleaucuns faits étrangers, à moins qu'ils ne se rapportent à son sujet, dont il ne s'écarte point. Il écrit avec un ordre, une netteté et une modération qui marquaient un esprit juste, judicieux, équitable et un écrivain sans passion. Ses lettres au Pape, pour la défense de ses droits, sontd'un style pathétique et pressant; mais tout y est mesuré. Il ne dit que ce quildoit dire, sans aigreur, sans invectives, et se renferme dans les faits qu'il expose en peu de mots et avec force. Cestavec raison que l'éditeur appelle cet ouvrage excellent en son genre, et appuyé sur des monuments très-solides. Ces monuments sont des lettres de Henri roi des Romains, du Pape Pascal II; de révoque deTouI ; et de Sebereluimême. Dom Martène remarque que l'on voit par le long différend, que Sehère eut avec Gisèle abbesse de Remiremont, que le nom de chanoinesses était alors inconnu dans cette abbaye. C'est ce que prouvent les termes de monastère, de sœur, de religieuse que Sehère emploie ; termes qui ne convietinent pas à des chanoinesses, mais à des vierges qui sont consacrées à Dieu par des vœux. Dom Martène a publié dans le volume Iir de son Trésor d* Anecdotes, l'ouvrage de l'abbé Sehère, sur la copie d'un ancien manuscrit, qui lui a été fourni par Hugues, abbé de Claire-Fontaine.

SERA PION, huitième évoque d*Antioche, succéda à Maximin, dans ce siège, l'an de Jésus-Christ 190. Parmi plusieurs monuments qu'il laissa de sa doctrine et de sa science, Eusèbe parle d'une lettre à Ponce et à Carique, dans laquelle il faisait voir que l'hérésie des montanistes était condamnée de toute TÉglise. Il y faisait aussi mention des Lettres de saint Apollinaire en ces termes : Je vous envoie les lettres du bienheureux Apollinaire, évèque d'Hiéraple, afin que vous connaissiez avec quelle exécration nos frères répandus dans tout le monde ont regretté cette fausse et nouvelle doctrine. La lettre de Sérapion était signée par beaucoup d'évèques, ce qui donne lieu de juger qu elle fut dressée dans un concile. L'un d'entre eux avait souscrit en ces termes : c Moi, Aurèle de l^yrène, martyr, souhaite que vous vous portiez bien. » Et un autre : « Moi, Elius Publius Julius, évèque de Delvete, colonie de Thrace, atteste, au nom de Dieu qui est vivant dans le ciel, que le bienheureux Sotas d'Anchiale a voulu chasser le démon de Priscille, et qu'il en a été empêché par des hypocrites. »

Saint Séramon écrivit aussi à Domnin, qui

avait abandonné la foi de JésHS-Chrisl (Um la persécution de Sévère, et avait embrassé le judaïsme. Il ne nous reste rien de cette lettre, ni de plusieurs autres assez coiirt(»$« que Ton voyait encore du temps de uinl Jérôme. Ce Père nous déclare qu'elles étaient conformes à |j vie sainte et austère qoi menait saint Sérapion. Socrate le cite, poor

{trouver contre rbérésie d^Apollinaire qi» e Verbe a pris un corps animé ; mais il m rapporte aucune de ses paroles.

Ecrit de saint Sérapion eontre k foisa Evangile de saint Pierre. — L'ouvrage le plia considérable de ce saint évèque est (>e)a| qu'il composa pouf réfuter les erreurs reo* fermées aans TÉvangile attribué k saht Pierre. Voici quelle en fut l'occasion : Dais un voyage qu'il Gt à Rhosse, villedeCihr il y trouva les Qdèies divisés au sujet de Évangile. Comme il ne l'avait pas lo, crut, pour a|^»aiser la dispute, qu il pour en permettre la lecture, persuadé que i ce peuple tenait la foi orthodoxe; mais suite lui apprit qu'on avait eu mauv&i intention en lui demandant cette perm sion : car plusieurs étaient toml>é$ dai rhérésie. Il l'emprunta des Décèles, trouva que ce livre contenait eflécliTeniei plusieurs erreurs conformes à la doctn de ces hérétiques. Il fit un recueil de qu'il y trouva de contraire à la ?éri( composa récrit dont nous narlons pouri réfuter, et l'envoya aux fidèles de rÉ;lii de Rhosse avec promesse de les visiter bte: tôt. Nous n^'avons plus de cet ouvrage qu r fragment assez considérable, <^u'£u$èt>e inséré dans son Histoire eceléotastique, ' y voit que saint Sérapion recevait les é( des Apôtres, et nommément de saint Pierr^ avec le môme respect que la doctrine Jésus*Christ; mais qu'il savait fort bi distinguer ce qui venait d'eux d*avec a qu'on leur avait supposé, parce qu'il s\f reçu l'un de la tradition, et que rautrcu'' pas autorisé des anciens. On y voit enc que le saint combattait, dans le même lir un hérétique nommé Marcten. C'est tout que nous savons des écrits de saint Sérn pion, qui mourut vers l'an 211.

SERAPION, dont nous avons à faire con« naître les ouvrages, eut, pendant quelque temps, la direction de l'école des caléciiese» d'Alexandrie. La beauté de son esprit loi mérita le nom de scholastique. Il fii^ profession de la vie monastique et éuii M d'une étroite amitié avec le grand »ûil Antoine, qui lui rapportait quelquefois et

3ui se passait dans r£gypte. On irourt eux Sérapion entre les évoques H^^^ qui souscrivirent au concile de Saniiqne, ta 3W, et rien n'empêche de dire que noire saint était dès lors évèque de Thoiuis. ^x&\ Athanase, appelé à la cour par Constaotiu^. vers l'an 352, y envoya saint Sérapion pour tAcher d'adoucir l'esprit de ce prince, réfu» ter les calomnies de ses ennemis, et W^ tout ce qu'il jugerait cofivenabk pour w bien de l^glise. On ne sait pas quelle fut l'issue de celle dépulalion. Saint Jérôme an

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|B» Mtnt Séf&pion se rendit célèbre dans la «rsécudon de Consleadus, par la confes* m de la Térilé; d*cù il semble qu*on peut oticlare qu'il fui banni comme plusieurs f^jues catholiques, et chassé de ^on siège. lo TOit, eo effet, parmi les partisans d*Acan, B concile de Séleaciey en 359, un certain loléfflée oui prend la qualité d*évéque de bouis. Il est probable qu'il arait usurpé } sié-^e ; car on ne peut pas mettre la mort Maint Sérapion aTanC la tenue de ce conif. S'il est vrai, comme quelques-uns Tout lélendu, au 'Apollinaire ait écrit à saint Ktpionà i égiird de la lettre de saint Athabo il Epictète, il faudra dire que saint f>(iion vivait encore en 369.

(htrage de saint Sérapion contre les tnifhéens, — Saint Jérôme, qui Ta mis au ftj; des ailleurs ecclésiastiques, cite de lui fin écrits; un entre autres contre les inii'Itéfins, qu'il qualifie d'ouvrage exceU ïl Canisius nous l'a donné en latin de la rsion Tui rien, et c*c$t la même que Ton oiTiedans la bibliothèque des Pères de l'é- Snn de Lyon. Jacques fiasnage j a ajouté telle grec du manuscrit même dont Turîo^'était servi. Il remaroue, dans la préface tel ouvrage, que Sixte de Sienne ne l'avait iru plus étendu que nous l'avons aujouriai. Il ajoute que Sixte de Sienne s'est m\>é quand il a dit avoir trouvé dans le r«ï de saint Sérapion, contre les Maniétns. l'origine du reproche que l'on faisait X Chrétiens d'adorer la tèle d'un Ane.

n^ l'ouvrage de saint Sérapion, il n'est ^ûdit de cette calomnie, ni du livre de la isNsnce de Marie, composé par les Gnos**

Analyse du livre de iaint Sérapion.--- Vont iiir la force des arguments de saint Séra- Hi contre les Manichéens, il faut se sou-p^r que ces hérétiques admettaient deux î(i ipes opposés, 1 un l'auteur du bien, Btre l'auteur du mal. Saint Sérapion dit tMonés avait puisé ses erreurs en partie ^alentinien, de Marcion, de Sitien. de amus; mais les plus détestables étaient ibqu*il avait puisées de sou propre fonds. Uionlre que le péché n'est pas une subs* ^(e, mais un acte de la volonté ; que l'Ame t^ œrps ne sont pas des substances mauivo) de leur nature; le corps, puisqu'il i vertiieut par la tempérance est qualifié ^(Mitple du Saint-Esprit, d*après saint l'jj. Si la langue est mauvaise de sa nature *>M*"t bon, comment peut-elle avoir ^'z de liaison avec nos pensées pour les ire coDnaître au dehors? Car de même que Wtupérance n'est pas le fruit de la déliaule: la substance mauvaise par nature ne 'Ut rien produire de bon. 11 ajoute que ^ nos membres nous sont utiles }Hiur '<^^oroplissement des commandements de '<^u; et que si quelques-uns les ont fait njr au |iéché, ils les ont purifiés de leur udlure |)ar une vie meilleure. 11 conclut ^ I^ que ce n'est pas le corps qui est mau- 1^ de sa nature, mais la rolonté par le buvais usage qu'elle en fait, et que le

corps suit les mouvements de l'Ame qui eat libre de choisir entre le bien et le mal. C'est d'après cette liberté que l'homme sera jugé; s'il n'en avait pas, et si on ne lui ini|mtait I»as ses actions, pourquoi les méchants seraient-ils punis et les saints récompensés. Saint Sérapion trouve une autre preuve de la bonté du cor|)s dans ces paroles de saint Paul aux Romains : Offrez vos corps comme une hostie vivante et agréable à Dieu ; car Dieu n'a pas pour agréable ce qu'il n'a pas fait. Et dans cette autre : Vous ne commet^ trez pas de fornication ni d^adultère. (Hom. XH, 1.) La fin de ces deux préceptes est d'exciter une Ame vertueuse a porter le corps à pratiquer aussi la vertu.

Réponse aux objections, — Les Manichéens attribuaient la création du corps à Satan, celle de l'Ame à Dieu; le corps. est mauvais de lui-même, parce qu'il tire son origine d'un principe mauvais. L'Ame, au contraire, est bonne, parce que le principe est bon. Il y a donc deux principes, l'un bon, l'autre mauvais. Saint Sérapion fait voir le ridicule de ce raisonnement. S'il en était ainsi, dit-il, le corps serait toujours mauvais et l'Ame toujours bonne; mais le Nouveau Testament nous prouve le contraire ; car on y voit des hommes passer du vice à la vertu, et de la vertu au vice. Paul le persécuteur devient apôtre; le larton dans le temps de ses brigandages aimait le vol et détestait la vertu ; depuis sa conversion il eut en horreur ce qu'il avait aimé et aima ce qu'il avait détesté. La substance des personnes était la même avant et après leur conversion; il n'y a eu de changement que dans les mœurs et non pas dans la substance du corps. S'ils avaient été n.auvais de leur nature, ils auraient péché sans cesse; et s'ils avaient été bons, ils ne seraient jamais tombés dans le mal. Puis donc, qu'après avoir péché, ils ont mis un terme à leurs crimes, il faut en conclure que l'Ame n*est pas astreinte de sa nature à faire une chose; mais qu'elle est libre et peut, selon sa volonté, embrasser le vice ou la vertu. Do même si le corps était nécessairement assujetti à certaines passions mauvaises, il les aurait toujours ; néanmoins Tex j érience fait voir que les voluptueux peuvent mettre un frein a leurs passions.

Suite de l'analyse. — Saint Sérapion dit aussi que l'Ame, sans changer de substance, change de mœurs ; et il le prouve par deux passages de r£criture. L'un du psaume 48% dans leçjuel il est dit : L'homme, pendant

Sull était en honneur, ne Ta pas compris; a été comparé aux animaux qui n'ont aucune raison, et il est devenu semblable A eux ; l'autre de la première épltre aux Corinthiens : Dieu a choisi les fous selon le monde pour confondre les sages. 11 apporte ensuite d*autres témoignages pour prouver que l'Ame, soit dans le bien, soit dans le mal, agit sans contrainte et par son choix : Mon date, bénis le Seigneur et son saint nom {PsaLcUf 1); et ailleurs :ifondme, m aa6catt« coup debiens en réserve ^repose^toi^mangej^ois^

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