‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 127 sur 207 · IÎ · texte numérisé non relu

IÎ

SID

SID

lui mfAis publics. La letCrc suivante est une inviiation à Damitius, professeur de riiétorique dans la ville de Clermont» de venir passer quelque temps à Avitac, oh Si'Joine avait une maison de campagne. Il en fai( la description en douze vers et lui iiiurque qu*il y avait un endroit où il jouait oniinairement è la paume et aux dés avec Min beau-frère Edicius, quand il venait le Toir. Dans la lettre qu*il écrivit à Dionide, Siilnine lui raconte les témoignages d'amitié iju'il avait reçus de deux sénateurs Ferréol e( Apollinaire, dans les maisons de campa« m qu'ils possédaient sur les bords du Sardon. Il y passa sept jours entiers, conmés au jeu, à la lecture ou à converser iTec des amis. II marque qu'on servait le Ifoer après onze heures, qu*on le faisait impie et composé de peu de plats à la mode les sénateurs. Il considère les livres de ittérature comme devant élre entre les jaiasdes hommes, et ceux de piété entre ss mnins des femmes. A celles-ci il donne 1$ écrits de saint Augustin et de Prudence, (aui autres les livres de Varon et d'Horace. t [tarie de la traduction que Rufin avait me d'Origène, comme très-exacte. Agriola, beau-frère de Sidoine, lui avait envové 0 bateau en l'invitant avenir à la pécne r«c lui. Sidoine s'en excusa sur la maladie e»a fille Sévérienne ({u'il avait transportée lacampagne pour lui faire respirer un air los frais et pour l'éloigner des médecins, <)ui, dit-il, sont très-prompts è proposer des émules, mais non à .s'accorder ensemble ; m sont très-assidus auprès des malades, I peu habiles à les soulager, et qui en lent njème beaucoup par 1 excès de leurs uns oIBces. »

Troisième livre, — Le troisième livre se :iQj(>oscégaIement de quatorze lettres ; nous i^us conienlerons de rendre coiupte des rincipales. Vers l'an W3 ou 474., un de ses orenis, nommé Avitus, du même âge que n, et avec qui il avait fait ses études, fit »n d'une terre à l'église de Clermont. SiiMoe, qui.en était alors évéque, lui écrivit ourle remercier. C'est pour lerécompenser ecelie aumône, lui dît-il dans sa lettre, ueDieu lui a envoyé une riche succession. le prie de travaillera obtenir quelque ac* 5rd entre l'empire et les Visigoths qui dé- »iaiçnt alors les provinces de l'Auvergne. e n'était pas seulement la crainte de tom^^ ^ sous la puissance des barbares qui réorcupait saint Sidoine; il n'éprouvait pas 1010$ d'affliction de voir les esprils et les (B^rs divisés. On croit que ce fut après ^ calamités publiques qui lui catisaient toi de douleur qu'il écrivit à Espace, pour * prier de trouver bon que Bonide acnetât » moitié de la terre d'Ebreville, qui avait ^i^ appartenu à sa famille et dont il posséail Tautre moitié. Eu trope, que pendant son ^j<Mir h Rome il avait pressede poursuivre uelquc dignité, parvint à obtenir celle de rffet des Gaules. Il faisait profession de oivre la philosophie de Platon, et l'amour uie IVlude lui donnait pour la retraite l'a-

vait longtemps dégoûté des charges. Sidoine, informé qu'il avait obtenu celle de préfet, lui en témoigna sa joie par une lettre dans laquelle il l'assure que toute la province se promettait beaucoup de son administration, «parce que, dit-il, si l'on en croit le proverbe commun, l'abondance dépend plus des bons magistrats çiuedes bonnes années.» Comme il allait un jour à Clermont, il aperçut des fossoyeurs qui fouillaient sur le tombeau d'Apollinaire, son aïeul ; il courut à eux, et dans un premier mouvement de colère,iil s'oublia jusqu'à les frapper; mais faisant ensuite réflexion que la punition de ces hommes appartenait à l'évéque, il lui écri- .vit pour lui demander pardon de les avoir maltraités. La nuit suivante, il fit uneépitaphe pour mettre sur ce tombeau, et l'envoya à Secundus, son neveu, afin qu'il la ftt Sraver sur le marbre. Il laissa aussi à Gauence l'argent nécessaire pour les frais. L'évéque à qui il écrivit le loue de n'avoir pas souffert la profanation du tombeau de son grand-père. Les lettres à son fils Apollinaire sont remplies de bonnes instructions. Il l'exhorte à suivre les bons exemples et cherche & lui inspirer de l'horreur pour les personnes dérédées. Il lui fait le portrait d'un homme de Lyon, dont l'extérieur, quoique très-difforme, était encore au-dessus de sa laideur morale. Il conjure son fils d'éviter la société des hommes de ce caractère et de fuir en général tous ceux qui se permettaient des propos déshonnètes, parce qu'il était impossible Qu'ils ne fussent pas aussi déréglés dans leurs mœurs que dans leurs expressions. Ses instructions eurent le succès qu'il en attendait : Apollinaire aima la chasteté et se fit un devoir de fuir la société de ceux qui ne l'aimaient pas.

Quatrième hvre. — Nous prenons au hasard, dans ce livre qui contient vingt-quatre lettres, celles qui nous paraissent les plus intéressantes. L'une d'entre elles décrit la vie exemplaire d'un laïque, homme de qualité, nommé Vectius. Il était veuf, et n'avait pour unique enfant qu'une petite fille dont il prenait grand soin. Au dehors il vivait dans la splendeur deson rang, mais avec beaucoup de gravité, menant, sous l'habit d'an grand seigneur la vie d'un moine. Il était extrêmement sobre dans ses repas, ce qui ne l'empêchait pasde recevoir à sa table les étrangers et de lestraiteravecpolitesse. Il gardait une exacte chasteté, et la faisait observer à ceux de sa maison. Quoîqu*il ne mangeflt pas de viande, il ne laissait pas d'aller h la chasse pour se donner de Texercice. Il lisait assidûment l'Ecriture sainte, et se la faisait lire durant le repas. Il réci^» tait souvent les psaumes et les chantait encore plus fréquemment. Sa maison n'était com^iosée que de personnes de bonnes mœurs. Il ne méprisait pas mémo les avis que ses domestiques lui donnaient. Saint Sidoine, qui avait examiné à loisir la vie do ce seigneur, souhaite qu'elle soit connue de tout le monde, parce qu'elle méritait d'être

If67

SID

Page 1