‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 128 sur 207 · SU · texte numérisé non relu

SU

Imiléc même par les ecclésiastiques. Vecfins demearait dans le voisinage de Chaotelley près d*un homme de qualité nommé Germanique, Agé de plus de soixante ans, mais d'une santé si lorte, qu^ cet âge il Tirait et se parait comme un jeune homme» sans penser, autant qu^en en ponrait au moins juger par les apparences, à son salut et k la mort. Saint Sidoine qui, à sa prière, arait été visiter l'église du lieu, fut d'autant plus touché de sa conduite, qu'il était fils et père d'un évéque, et obligé par conséquent à vivre d'une manière plus sainte ({ue Je reste des hommes. Il en écrivit à Vectrus, )e conjurant par la pureté de sa conscience, de disposer Germanique à penser à lui, et kse hiter d'effacer ses fautes secrètes en embrassant la profession religieuse.

Dansun voyage qu'ilfaisaità Toulouse, un nommé Turpion, malade à la mort et pressé de rendre, ffvec Tusure et les intérêts qui se montaient au double, une somme qu'il avait empruntée, le pria de lui obtenir un délai de son créancier, nommé Maxime. Saint Sidoine, dont il était Tami, Talla trouver à une maison de campagne qu'il avait auprès de Toulouse. «Quand j'arrivai, dit-il, il vint lui-même au-devant de moi, mais fort changé. Je lui avais vu ordinairement le corps droit, la démarche aisée, la voix libre, le visage ouvert ; alors, la pose, le pas, la parole, la couleur, la modestie, tout sentait la religiour II avait les cheveux courts, la barbe longe, suivant l'usage des clercs dans les anciennes églises des Gaules et de tout rOccident; des bancs de bois, des rideaux d'étoffe grossière à ses portes ; point de plumes è son lit; point de pourpre sur sa tai)le. 11 faisait une chair honnête, mais frugale, avec plu^de légumes que de viandes ; et ce qu il y avait de meilleur était pour ses hôtes et non pont lui. En nous levant do table, ie demandai tout bas aux asaistanls lequel des trois genres de vie il avait embrassé ; s'il était moine, clerc ou pénitent? On me dit qu'il avait reçu depuis peu le sacerdoce, obligé de céder aux instances réitérées de ses concitoyens. Sidoine lui proposa d'accorder du temps à Turpion ; Maiinie lui accorda un an avec remise de tous les intérêts, et promit même,

Îue si Turpion venait à mourir, de ne rien emander a ses enfants que ce qui conviendrait au devoir de sa profession.. Dieu me garde, dit-il, maintenant que je suis clerc, d exiger d'un malade ce que j'aurais eu peinei exiger delui lorsqu'il était en santé, quand moi-même je servais dans les ar* uiées. h Saint Sidoine relève beaucoup celte action de Maxime, mais non sans témoi-'

{;ner cependant, qu'en remettant à Turpion es intérêts de la somme qu'il lui avait prêlée, il n*avait fait qu'obéi? k son honneur et k sa «tonscience ; parce que si les lois romaines permettaient l'usure, elle était défendue par les lois de Dieu.

Cinquième livre. — Dans une lettre qa*il écrivit k Apollinaire, son ami, il marque que le tremblement et la confusion qu'il

éprouva^ îersqn^il se vit engagé dans lépiscopat xk)nt il se croyait indigne, ravaiem fait tomber dans une maladie et conduit jusqu'aux portes de la mort; mais qoe s>n étant relevé, il était résolu de proûier de la vie que Dieu lui avait rendue, pour se corriger de ses fautes passées, de peur de trouver dans la santé de son corps u niort de son Ame. Dans une autre lettre P congratule Popandus de ce que son «moc: pour la science lui avait mérité Taffecti^n d'un homme de qualité nommé Prii^ma r.

qui lui-même avait quelque raison d aiu.<n les sciences dans les autres, puisque rV fait surtout par son érudition et sonê^quence qu'il était entré dans une fann;,c patricienne et parvenu aux grandes cbar-i ges. Il plaint au contraire Calminius, m ami, d'avoir été tellement engagé avec Ita Visigoths, qu'il avait été contraint de porter les armes contre l'Auvergne, sa patrie. Dans une lettre qu'il écrivit pendant sa jeunesse k Eriphius, sur la fête nui se célé-| brait annuellement k Lyon en l'honneur saint Juste, dans l'église qui possédait $oi tombeau, il remarque que cette léte éiaii précédée des vigiles de la nuit. Le concoun du peuple^ était très -nombreux ; l'évéqué s'y trouvait; les clercs et les moinesychattaient les Psaumes et le reste de l'officealternativement. I^ messe se disait k TheuniJi tierce; l'église était illuminée par un grand nombre de cierges et de lampes, et tout sV passait avec une grande solennité.

Sixième livre. — Ce livre et le suivant Da contiennent que des lettres adressées à dt) évêques. Une lettre adressée k saint Luup traite d'une affaire particulière arrivée! Clermont. Une femme ayant été enlevée pif des bandits, fut vendue publiquement daa» cette ville, par un nommé Prudent, qui snatenait qu'elle lui appartenait légitimemeoL Quelque temps après, les parents de coiu femme ayant appris qu'on I avait vueèCler* mont, vinrent JKmr la réclaraer. Ils la trouvèrent morte, et voulurent intenter an procès k Prudent, comme receleur et associé des bandits qui l'avaient enlevée. Sat* l'affirmation qu'on leur donna que Prudent était alors k Troyes, ils s'y rendirent are: une lettre que saint Sidoine leur donna poor saint Loup. Saint Sidoine le priait d'accommoder cette affaire, de peur qu'elle ne finH par Teffusion du sang, corn me elle avait commencé,, car le bruit courait que, lorsqui' ces scélérats avaient enlevé la femme ro question, ils avaient tué qnelques*uos de ceux qui l'accompagnaient. La lettre adressée à saint Patieut, évêque de Lyon, fait ) éloge des vertus de ee grand évéque, et loue particulièrement les peines et les fatiguer qu'il se donnait pour retenir son peuple pressé par la faim, et l'empêcher d'allertiemeurer ailleurs. Il consau:rait k cela ^e« veilles, ses prières et de grandes sooiui^ d'argent. Non content de secourir les m^' sites qu'il connaissait, sa vigilance séie»dait dans les autres provinces etju5<iu.iu^ extrémités des Gaules, |K)ury fou<ol«*r le-

SID

DE PATRCHiOOIE.

8fD

affligés el sabvenir aux besoins des pauvres. Ceai ({ai étaient faibles et languissants ne )>erdaieiit rien, parce qu'ils ne pouvaient le venir trouver pour lui demander l'aumAno ; jtamain prévenait celui qui ne pouvait se servirde ses pieds pour venir jusqu'à lui ; d. comme il n*était pas moins touché de la pudeur de ceux qui rougissaient de leur pdurrelé, que des plaintes de ceux <^ui lui et{ osAJent leur indigence, il arrêtait souvent les larmes d'un grand nombre de personnes dont il n'avait jamais vu les yeux. Heureux, lui dit saint Sidoine, de ne vivre que pour rendre les autres heureux, el d'accomplir sur la terre une <Buvre digne du nel, en prenant pitié de l'indigent et de la misère des membres de Jésus-Christ. Il reflian^ue que saint Patient envoya de Lyon parleHIioneet la Saône, c|uantité de blé do*il faisait distribuer gratuitement, et dont il avait ménagé de grands magasins sur les bonis de ces deux rivières, il assista ainsi les villes d*Ârles, de Riez, d'Avignon, de Bpims, d'Aibi, de Valence et plusieurs autres encore, jusqu'à l'Auvergne qui se ressentit de ses bienfaits. Son abstinence et ses jeûnes le faisaient admirer de Chilpéric, roi fc Bourgogne, et de la reine qui avait fixé m séjour à Lyon. La foi et la religion crois- Biciilde jour en jour par son ministère ; il ù avait que le nombre des hérétiques qui liminuAt, c'est-à-dire, des phatiniens etdes ifiens, dont les dogmes étaient suivis par «plupart des Bourguignons. Il avait su gagner leurs esprits farouches et sauvages •ar se5 nrédications saintes et les convaincre par le force de ses raisonnements.

Stptième livre.— De toutes les lettres qui »in|»osenl le septième livre, nous nous conenterons de nter les deux qui nous ont laru les plus intéressantes. Au moment de onclure un* traité avec les Visigoths, saint (idoine, qui savait queTévéque Basile avait •eaucoupdo part dans cette négociation, lui crivit |X)ur lui recommander les intérêts de I foi el pour le presser de faire insérer ans cette convention un article qui donnât 01 Catholiques soumis à ces barbares le ouvoir d*oraonaer des évoques. 11 fait un ibteau lamentable de la situation religieuse use trouvait alors cette partie de l'empire, ^plupart des églises étaient sans pasteurs, * défaut d'évéques entraînait après lui la ttinode la religion, puisque c'est aux évô- Hes à ordonner les ministres inférieurs de i^o'Jsc, et à ramener à la foi ceux qui s'en t»Dt écartés. Aussi le christianisme était fpstjue éteint dans ces diocèses. Les ternie tombaient en ruines dans les bourgs et «n$ les villages , ou bien ils se trouvaient ^rmés par les buissons qui y croissaient, ''svillesn'é'aient guère mieux traitées que îi campagnes , et nulle part les tidWes ne •ouvaienl de consolation ni de secours spiiiiiels, parce au'il n'y avait plus d'ecclé- •a>iiques pour leur en procurer. C'était une l'sndc tentation pour les faibles, de voirun fince arien comme le roi des Visigoths f>«iHé(le toutes sortes lie prospérités. Mais

Sidoine, considérant* qu'il n'est pas permis à des hommes de se rendre juges de la conduite de Dieu ni de murmurer contre les ordres de ta Providence, disait : a Pour peu qu'on y réfléchisse, on verra qu'il est dans 1 ordre que, jetés dans la fournaise de la Babylone de ce monde, nous pleurions comme Jerémie la Jérusalem spirituelle. Pour moi, quand je considère les vicissitudes des biens présents et à venir, je souffre avec plus de patience les calamités publiques, parce que je reconnais que quelques maux qui mo puisseut arriver, ils seront toujours au-dessous des châtiments que je mérite, et parce que je sais que le meilleur remède pour guérir et purifier l'homme intérieur, c'est que Thomme extérieur soit battu dans l'aire de cette vie par diverses sortes de souffrances. » Soint Perpétue, évoque de Tours, demanda à saint Sidoine le discours qu'il avait prononcé dans l'église de Bourges, en présence du peuple, lorsqu'on lui eut donné le pouvoir de choisir un évoque pour remplir le siège do cette ville. Sidoine le lui envoya en y joignant une lettre pour son saint correspondant. Il y relève la sagesse qu'il avait acquise par son application continuelle à la lecture des livres sacrés et des écrits des Pères qui en sont les interprètes. 11 paraît que ce discours avait tellement plu, que le peuple n'avait pu s'empêcher d*appiaudir, sur quoi le saint orateur s*empressa d'ajouter : n Faites par vos intercessions que nous soyons en effet tels que votre foi et votre charité nous jugent, et travaillez à nous élever au ciel plutôt par vos prières que par vos acclamations.» Quoique le choix que Ton avait fait de lui pour nommer un nouvel évoque lui fût honorable , H 8*en plaignit comme d'un pesant fardeau qu'on lui imposait, surtout en présence d'Agrèce , archevêque de Sens, plus aoeien que lui. Il montra aussi que ce choix l'exposait à la censure de plusieurs personnes qui ne manqueraient pas de trouver des défauts dans les vertus mêmes de celui qu'il nommerait,, quel qu*il fût. Sur cela il parcourut les différents étais de l'Eglise, pour montrer qu'il n'était point aisé d'y trouverdes personnes dont le choix pût être généralement agréé. « Si je nomme (luelqu'un d'entre les moines, dit-il, fût-il u*uii aussi grand mérite que les Paul , les Antoine, les Hilarion, les Macaife, on dira qu'il^est bon pour remplir les devoirs d'un abbé et non d'un évêque; si je nomme ua clerc, tous ceux qui sont plus jeunes que lui seront piqués de jalousie, et les anciens en murmureront, parce que la plupart sont persuadés que l'ancienneté seule donne le mérite. Si je nomme quelqu'un de la milice séculière, on objectera aussi que je ne te fais que parce que j'en ai été tiré moi-même; que le- a*estime que ceux qui sont recommanda t>l es dans le siècle par leur naissance el par leur dignité, et que je méprise les pauvres do Jésus-Christ. Si je choisis un homme dode, on s'écriera que ^n savoir la rempli d'orgueil; si c'est un homme d'un savoir onlinaire , il deviendra un objet de

êvî

Sfb

IIICTiONNÂiR&

SIDr

liTi

mépris; si c*est un homme séTèrCy on le fera passer pour cruel , et s*il est d'une humeur indulgente * on biflmera sa facilité. » Enfin, le saint évèque, après avoir juré par le Saint-Esprit, qui par la bouche de saint Pierre a condamne la sirnonie dans son auteur, qu^il n'aurait égard ni à la faveur ni à'Targent, déclare qu'il ne trouvait personne qui lui parût plus digne de Tépiscopat que Simplice. Il était en âge d'occuper cette place; son esprit, son savoir et sa vertu l'en rendaient digne.

Huiiiime livre. --On voit, par la lettre ' qu'il écririt à Consentius , nu'il avait renoncé h la poésie depuis qu*il était évoque, et qu'ail aimait mieui alors passer pour réservé et froid que pour être enjoué « Le temps est venu, lui dit-il , de ne lire et de n*écrire que rien de sérieui ; de penser moins à faire parler de nous dans la suite des siècles, qu'à nous procurer le bonheur de vivre éternelle^ ment , de songer tout de bon que l'on examinera après notre mort, non comment nous aurons écrit, mais comment nous aurons vécu. On voit, par un petit poème qu'il envoya àLampridius,undeses amis, quelle était alors la puissance d'Euric, roi des Yisigolhs. Il 7 dépeint tous les peuples à. ses pieds pour implorer sa miséricorde ou lui demander son secours et son amitié. Ruric lui ayait écrit une lettre pleine de louanges, h laquelle saint Sidoine répondit dans les termes les plus humbles, en le priant de ue plus exercer son éloquence sur un sujet aussi stérile, «r Songez, lui dit-il, à guérir mes langueurs par vos prières ; et n'employez point les charmes si dangereux d'une éloquence qui n'est que trop douce, à accabler la faiblesse de mon ftme encore toute malade, sous le poids d'une fausse gloire. Puisque votre vie est encore plus sainte que votre bouche n'est éioqueute, vous m'obligerez bien davantage, en demandante Dieu pour moi la vertu, qu'à me louer, comme si je l'avais déjà. nëaintProsper, évoque d'Orléans, l'avait prié d'écrire la guerre d'Attila, le siège qu'il mit devant cette ville, et de faire en même temps l'éloge de saint Ai^nan, dont les mérites égalaient ceuic de samt Loupi de TroyeSp et de saint Germain, d'Auxerre. Sidoine, après avoir commencé cet ouvrage, trouva qu'il était au-dessus de ses forces. C'est pourquoi il l'abandonna sans vouloir montrer à personne le peu qu'il en avait IJBiit. Il pria donc le saint évéque Prosper de ^ le décharger d'une dette dont il ne croyait pouvoir jamais s'acquitter.

Neuvième livre, — Saint Euphrone, d'Au* tun, l'ayant prié de composer c[uelque ouvrage sur une matière ecclésiastique, il s'en excusa, en disant qu'il n'avait ni la capacité suQisante pour l'exécuter, ni la témérité do l'entreprendre. « Je me le pourrais faire, ajoute-t-il , sans me rendre coupable d'orgueil et sans blesser, la bienséance , moi qui suis aussi nouveau pécheur que nouveau clerc , et dont la conscience est aussi chargée que la science est petite. Quelque part auo cet écrit fût porté, on s'y moquerait d un

auteur ter que moi. Ne fiiites donc point ^nlence à ma pudeur, et laissea-moi me consoler du moins dans les ténèbres qui mp cachent. » 11 parait que saint Euphrone lui avait désigné la matière sur laquelle il souhaitait qu'il travaillât, et que c'était TEcnluresainte. — L'évèqueAmbroiseavailbeaucoup gémi sur la conduite d'un jeune homuw. de qualité qui, après avoir vécu longi^oifi? dans le désordre, pour mettre fin à ses débauches , prit le parti du mariage. Saint Si* doine s'empressa d'en donner avis à m évAque , en lui disant qu'il aurait été glo< rieux pour ce jeune homme de renoncer entièrement aux voluptés sans se marier. «Biais aioute-t-il , il y en a peu ^ui , eo passant 4e

I égarement à une vie réglée, commenoeat par ce qu'il y a de plus grand , et qui , après s'être tout à fait abandonnés à eux-mêmes, rompent tout d'un coup et absolument avec leurs plaisirs.» Il rend témoignage x]ue, quoique ceux dont il parle ne fussent rodriés que depuis peu , ils vivaient néanmoins (iéji avec tant de modestie , qu'on voyait en eui quelle différence il y a entre l'amour boa* nète et réglé d'un mari pour une femme, u les charmes trompeurs aue l'on trouve dau une passion déréglée. Il prie Ambroiso <k leur obtenir de Dieu un enfant ou deui| aiin qu'ils embrassent ensuite la continenui^ et que celui qui avait péché par des piaisin illicites s'abstint même des plaisirs permii;

II répondit à Tonnance qui l'avait prié éi lui faire quelques vers pour réciter a tab^ qu'il ferait beaucoup mieux de s'y entrât»» nir de discours de piété; ou, si cela élail trop sérieux pour son âge , d'y proposer H d'y résoudre quelques questions curieuse* et agréables sur la philosophie et sur la nature. Il ne laissa pas de lui faire quelques vers et de lui envoyer un poème inédit qu'il avait composé vingt ans auparavant.

PoÉsiBS. — Le recueil de ses poésies ton* tient vingt-quatre poèmes, \es uns assez longs, les autres très-courts, tous sur di^er» sujets , mais aucun sur un sujet essentiellement religieux, ce qui nous dispensera d'endonner une analyse détaillée. Les trui^ premiers contiennent les panégyriques des empereurs Avitus, Hajorien et Aotbème.

Le neuvième est comme l'épitre dédicatoire et la préface de tout le recueil; lauieor l'adresse à Félix qui l'avait engagé à réunir ses poésies en un volume. Cette pièce e$i pleine d'érudition, et contient un abré^ méthodique de la fabicl, avec te dénombrement de presque tous les poètes célèbres qui avaient écrit jusqu'à son temps. Leseizièue est un remerciment que Sidoine adresse^ Fauste, alors évéque de Kicz, pour le booAo cueil que ce prélat lui avait fait danssavilif» épiscopale, et le soin qu'il avait bien voulu prendre de Tédocation de son jeune frère. Celte pièce est très-bonorable à la raémoin' de Fauste et du monastère de Lérius. Coinnie cet évéque faisait une profession particulière de piété, Sidoine s'abstient de parier des faux dieux et de toutes lesfab'e^si froides du paganisme, qui défigurent eni»i'-

SID

DE PATUOLOCIE.

SIG

reroent ses eûtes pièces, lb vingt-deuiièmQ décrit egréablement ta belle habitation que Uomie son aoii possédait dans les environs de Bordeaai. Ce poème est adressé à Léonce luhnéme. H commence par un long dtsi* ri)urs sor Apollon et Baccnns» qni au jugement de ton! homme sen^é ne saui^ait passer poar autre chose que pour une ineptie^ <e (|ut fait qne Ton ne $*étonne plus que NJoine, derenu évèque, rougissait de pen» ser à ses vers, et souhaitait vivement de pooroir en.détruire la plus grande partie. Ce poème fut composé à Narhonne, après •fue cette ville fut devenue toute martiale, dit J'autear, c'est-à-Klire , après qu'elle fut tombée, en 482, entre les mains de Tnéodoric, roi des Visigoths, et avant la mort de ce prince arrivée en 466. Le poëme suivant fut «Doiposé à peu près à la même époque. C'est une réponse aux pièces de poésies que Consimim lut avait adressées de Provence. Siém\Q fait un maguiflque éloge de ce poëte, «te son père et de la ville de Narbonne, leurpatne. Il y fait aussi Ténuméralion de ifius les hommes de lettres, amis de Constentias, qa'ii avait visités dans cette ville, rt relève le mérite de chacun d'eux. Enfin '< vin^-quatrlème et dernier poëme est me pièce fort ingénieuse que l'auteur klresse au recueil même de ses poésies, en ^eoTojant en divers pays, éloignés et provins, saluer tous ceux de ses amis qui se Balaient de Tétude des lettres. Ce poème kvec le précédant, ainsi que le neuvième, •eurent être d'un grand secours pour l'his* toire littéraire de la fin du y* siècle. Il serait idésirer que, pour les siècles qui précèdent !omme pour ceux qui suivent , nous eusions de semblables pièces qui nous four-^ nssent autant de lumières. Saint Sidoine m-méme ne faisait pas grand cas de ses K)é3ies. H y avait un peu de vérité et trop 'e modestie dans ce jugement. Il y a beau* OUI) de ses ouvrages qui sont,|>erdus, et leelofaes unarqui n'ont jamais étéimprimés. iean Savaron a donné une édition des iwsde ce prélat, avec sa Vie et des notes îplicaiives , Paris in-4% 1609. Le P. Siri^d en a publié une plus complète , qui éié réimprimée par les soins de Ph. Labbe, ^% 1654, arec la Vie du saint. Les notes |Qi accompagnent cette édition sont judileuses et annoncent entant de ^ôût que érudition. Les pensées de Sidoine sont ogéoienses et délicates; son style vif, agréa- *ie et serré; Quelquefois cependant il est )^orsoiiflé et cnarge d'expressions qui montent qu'à son *é|K>qtté, le latin était déjà «en loin de sa pureté primitive. Son imainaiioQ est briUante et il excelle dans les <^scnptions. Son Panégyrique en vers de ^pereur Majorien est intéressant ; il y ^nt la manière dont les Français de son ]n}\fi combattaient et s'habillaient. Son •oge du sénateur Avitus, qui devint em- ^i^ur, et dont il avait épousé la fille, fut 'totnpensé par une statue couronnée de »»iner$, que le sénat lui fit élever sur la "•1^0 Tr»jane.

SIGEBERT, Tun des plus .aborieux et des plus féconds écrivains du-xu* siècle, naquit dans le Brabant, yers Tan 1030. Après avoir fait profession de la rie religieuse dans l'ajbbaye de Gemblours, il la quitta pendant plusieurs années pour aller diriger les écoles de Saint-Vincent de Metz, puis ïl revint à } son premier monastère, oi!l il mourut en I lliâ. Il passait pour un homme d'esprit,

Eour un savant universel, et même pour un on poëte; et c'est sans doute la vanité que lui inspirait ses talents et les éloges qu ils lui attiraient, qui lui fit oublier l'esprit de son état^ au point de prendre le parti du simoniaque et schismatique empereur Henri IV contre les saints pontifes Grégoire VII, Urbain II et Paschal II. Le grand nombre et la variété des écrits qu'il nous a laissés témoignent de son ardeur pour le travail et de sa fécondité. Nous suivrons, pour en rendre compte, le catalogue qu'il â eu soin d'en dresser lui-même.

' Chronique. — Celui de tous les Ouvrages de Si^ebert qui lui a acquis le plus de réputation est sa Ckrtmique ou Chronologie,, comme on la trouve intitulée quelquefois. Cet écrit l'occupa toute sa vie. C'est par lui qu'il débuta dans la carrière littéraire, et il

Î' travaillait encore dans ses derniers jours. I l'entreprit, dit-il, à l'imitation d'Eusèbe de Césarée, le premier des Grecs, selon lui, qui ail écrit une histoire des temps. Aussi est-ce son travail, tel que saint Jérôme Ta- 'vait traduit et continué jusqu'en 381, qu^il reprend à son tour et poursuit jusqu'au mois de mai de l'an 1112. Pour mieux éclairtnr les faits qu'il avait dessein de rapporter dans le cours de cette Chronique^ il jugea à propos de la faire précéder d'une courte notice sur les principales nations qni ont régné en Asie , en Afrique et en Europe, dans les diverses périodes de temps qu il entrepre* naitde parcourir, désignant les rois pai* la lettre initiale de leurs noms, et marquant par des chiffrer romains les années de leur règne. Mais il ii*en faut qu'il soit exact soit dans les épot]ue.% soit dans le nombre d'années qu'il assigna à chacun de ces souvo** rains. Par exemple, il ne fait commencer le règne de Philippe l'% roi de France, qu'en 1061, et le fait nnir en 1109; comme aussi il ne place le commencement du rè^ne do Guillaume le Conquérant qu'en 1067 et la fin en 1002. Outre ces erreurs de chronologie assez fréquentes , Srgebert présente encore

r plusieurs autres défauts. Far exemple, ott ui reproche avec raison d'avoir négligé les bons historiens gui lavaient précédé po^ir s'attacher de préréreoce à des conteurs de fiables. Tel est entre autres un certain Hnni<^ bald, qui ne possédait aucun des caraclèrea convenables à l'historien. C'est à ce romancier qu'il. faut faire remonter ropinion qui fait descendre la nation des Francs de^ Truyens dispersés dans les Gaules; opinion si accréditée parmi nos anciens chroniqueurs, et que Sigebort a embrassée avec une rare complaisance. Une autre preuve qu'il a copié beaucoup do fables elcommisd»*s

SIG

SIG

cherche h montrer par quelques textes de l'Ecriture et des Pères, combien celte lettre lui semble contraire à l*esprit de Jésus- CliTit, à la doctrine des apôtres et à la conduite des premiers siècles. Et afln de rendre sa cause plus palpable pardes exemples, il oppose à ia conaùite du Pape en celtç occasion, celle que tint saint Martin de Tours, à l'égard a'ilhace et de ses partisans, et celle même du Pape Grégoire Vil, envers Maxime, évoque intrus deSalonoet ordonné par des excommuniés. Sigebert veut bie^i convenir qu'il est juste que les faux clercs, séparés de l'Eglise par une excommunication, soient privés de leurs bénéfices, mais il se plaint que Ton veuille encore les punir de mort.

Ce principe posé, consenti ou non, Sigebert en fait l'application à son sujet et cherche à démontrer par des raisons spécieuse^ que ceux dont il entreprend la défense ne sont ni schismatiques, ni simoniaques, ni excommuniés, ni de faux clercs. « Nous ne sommes point schismatiques, dit-il, en se mettant du nombre de ceux dont il fait Tapologie. Nous n'avons tous qu'un même esprit, dans lequel nous avons été baptisés, et nous tenons tous la même conduite. Il n'^ a jamais eu de divisions parmi nous, et on ne nous en a pas encore accusés devant TE^Iise romaine. Nous obéissons et sommes soumis è nos guides, qui veillent pour le bien de nos âmes. On nous reproche, il est vrai, de ne f^as suivre certaines traditions; mais ces traditions ne sont que de nouvelle date ; et nous nous en tenons & la loi de Dieu, qui nous ordonne de rendre à César ce qui appartient à César, comme à Dieu ce qui appartient à Dieu. >> Ici l'auteur copie les textes de saint Paul qui prescrivent robéissance aux souverains, obéissance $ur laquelle il insisie fortement dans toute la suite de son écrit.

«Nous ne sommes pas non plus des simoniaques, puisqu'autant que cela nous est possible, nous les évitons; mais ceux que nous ne pouvons éviter, suivant les circonstances, des lieux et des temps où nous vivons. Encore moins sommes-^ious excommuniés. En effet, quelle règle de l'Eglise avons-nous donc violée, pour attirer sur nous une telle censure. Ce ne peut pas être l'unité de sentiments, de doctrine et de conduite qui règne (larmi nous. Serait-ce parce que, suivant le précepte de l'Apdtre, nous honorons le roi, parce que nou^ servons nos maîtres, non-seulement sous leurs yeux, mais aussi en simplicité de cœur ? Et (jui nous a excommuniés ? Ce n'est pas notre eyéque, ce n est pas notre métropolitain, ce n'est pas le Pape non plus, quioe pouvait ignorer, que notre loi'ne nous permet pas de condamner personne sans l'avoir au^^aravani entendu. Peut-être dira-t-on que nous le sommes, pour nous montrer attachés à notre éyêque; qui Test lui-même à l'empereur.» Sigebert ne dissimule pas que c'est là l'origine de la division qui régnait alors entre l'empire et l'Eglise, et que le diable

en avait profité pour semer l'ivraie dans le champ de l'Eglise. « Mais, poursuit-il, nous prions notre Père qui est aux cieuxde ne pas nous induire en cette tentation, et de ooos délivrer du mal qu'elle entraîne après elle; attendant du reste que les anges, qui sooi les moissonneurs de Dieu, ramassent etliem en bottes l'ivraie pour être jetée au feu \ 11 s'applique ensuite à démontrer que ceux en laveur de qui il parle ne sont pas de faux clercs. « Comment, dit-il, pourrait-on nous qualifier ainsi , nous qui voyons eo toutes choses conformément aux règles k l'flglise, méritons déporter le nom de clercs,

1misquenouslesommesparnotreconduiie?> 'uis faisant allusion à la signification qaj ce terme dans la langue grecque, il ajoule: « Quiconque voudrait nous exclure de Thé^ ritage de Dieu, n*en est pas lui-même. Les faux apôtres altéraient la parole de Dieu,c« dont les iilûme saint Paul, et ce que nous sommes bien éloigtiés de faire* MaisattacliL^ à la foi catholique par la grâce de Diiu. nous pratiquons avec son secours ce que cette foi nous prescrit. » Le reste de l'ouvra^r est de la même force et dans le. même goù;, c'est-à-dire qu'il présente beaucoup plui de beautés de style que de solidité de raisons. Cette lettre apologétique a été traiiuue en français, puis imprimée avec le texte ia* tin en regard , par Gerbois, docteur de Sorbonne, en 1697.

Ouvrages non imprimés. — Onconsem manuscrits plusieurs autres ouvrages de Sigebert, tant h Gemblours que dans les autres bibliothèques. Nous nous coateDie» rons d'en indiquer les titres, pour ne pas prolonger cet article au delà des bornes. De ce pombre sont : 1** trois écrits sur saioie Luce martyre ; le premier contenant l'histoire de sa vie et de son martyre est éerii en vers alcaï(}ues; le second conibat lafaus.\c croyance qui lui attribuait une prédiciioo sur la paix de l'Eglise qui devait suivre la mort de Uioclétien ; et le troisième rapports les diverses translations de ses reliques avec les miracles qui les ont accoaipagDétf â** Un long poëme en vers héroïques sur lt« martyres de Ja légion Tbébaine, ^sainl Maurice et ses compagnons, patrons tilulaire> de l'abbaye de Gemblours. 3* La Vit tt /« légende de mini Maclouy plua connu sous k nom de saint Malo, ainsi que des anlionnes et des répons en son honneur, k* La Vif i" eaint Tkéadard, évèque de MaesU^iit, dont te sié|se fut dans la suite transféré à Li^^ Parmi ses ouvrages en ee genre, c'est ou de «eux que Sigebert a lu mieux écriK Gilles d'Orval paraît s'en être serfi il.'n< les additions qull fit i l'histoire de r£gii.<e de Liège, par te doyen Anseime. 5' La ht ei le wartyre de êaifU Landeberiy ou ÊjawbftU comme il a été nommé dans ki suite, uofl^ patrons titulaires de la calhédralede Liej^e. I>" Quelques écrits qai paraissent a?oir eie des lettres \ïOw aider à tixer d'une œaoière régulière ei uniforme, dans les denx figli^^ de Liège et de Trêves, le jeûne des Ou«<^ Temps. 7MJn travail dans lequel il s'W"

IISl

SIG

SIG

i|ne à reibriner l68 différents cycles ou mélbodes de supputer les lerops, jusqu'alors eo usage dans !*Eglise. 8* Une Apologia 9nitessée ad Henricum imperatorem conira toi fui catumMiabantur missas conjugatO' rum prabylerorum ; ouvrage qui a disparu et f|ui n'aurait jamais dû paraître. Tous ces écnts et ceux que nous avons analysés apf^rùennent incootestalileroenjt à Sigehart^ IMiisqa'il en fait Jui-mème le détail dans fon catalogue. Nous n avons pas la même rertilude à regard de plusieurs autres qui sont publiés sous son non).

Parmi ces derniers nous citerons» 1* /Tûlùin tt Viei des Pape$f par le nioineSigeberî, onvragequi lui est attribué par le P. Poss.efin, 2* Dom Mabillon Jui fait lionneur (lime Yie de saini Lulle^ archevêque de Miyencei roort en 787. 3* On conservait à Taiibaye de Saint- Vincent, où Siget)ert ensM^na longtemps, une histoire manuscrite (lu noartyre de sainte Ursule et des onze mille vierges, que le savant dom Caimet lui atiribue. k' Dom Ruinard, dans la relation desoD vojrage eu Ajsace et en Lorraine, «tesie avoir vu à l'abbaye de Saint-Clément lie Metz quelques opuscules de Sigebert, dtmt il a négligé de nous transcrire les li-* très et même d'avertir s'ils sont différents (te ceux dont fauteur a dressé lui^-méme le »(alo^ue.5* Trithèmegrossit encore la liste, UjS SI remplie de ce catalogue, de trois re^ rueils, Tun de sermons, l'autre de lettres nie troisième de répons et antiennes en ll^ooneur des saints ; mais comme ce bi- Mio^rapfae n'entre dans aucun détail et ne ^pie pas même les premiers mots de ces nueils, comme il a coutume de le faire K)ur les écrits dont il a lui-même pris con» naissance, il y a tout lieu de douter que ces i^rits aient jamais existé, à l'exception kiut'êlre de ceux du dernier Recueil ; car on ait, et Sigebert nous l'apprend lui-même, tu'i) composa et mit en musique des répons 1 antiennes pour les offices de saint Guibert i de saint Mala.

Sigebert était un écrivain de talent, plus iisiingué que recommandable , comme le Touve le parti qu'il prit contre les Souveuns Pontifes. On a peine & concevoir, iuand lambition ne l'explique pas, qu'un ibrétien et plus encore un religieux puisse *<*uMier jusqu'à sacriBer la cause de l'Elise à la vanité d'un empereur.

SIGEHARD , né en Aauiiaine sur la fin a IX* siècle, embrassa la vie monastique ans l'abbaye de Saint-Maximîn de Trêves, ù il fit de bonnes études, quoiqu'il s'en éfende par modestie dans un écrit qui est Ji-même la preuve du contraire* il fut harj^é par son abbé de continuer la Rela^ 'an des miracles du saint patron de son ïonastère ; et ce qui paraît y avoir donné ecasion fut le renouvellement de ces faits merveilleux, qui se multiplièrent après la écou verte du corps de ce saint évêque , «e l'on avait cacné pour le dérober aux ïsaltes des Normands, Celte découverte se' I sous i'épiscopat de Ratbod, qui com*

men'ça eu 883, et fut accompagnée d'un miracle si éclatant que la renommée s'en répandit aussitôt jusqu'à Saint-Gai, où on lo trouve marqué dans le martyrologe du bienheureux Notker. Sisehard le rapporte lui-même» en assurant l'avoir appris de la bouche d'un témoin oculaire nommé Wénidon. Il nous apprend lui-même qu'il trav/iilla'à sa Relation vers Tan 962, l'année même où le roi Othon I" fut reconnu empereur d'Occident. 11 la commence par J^ récit des miracles opérés au ix' siècle» et veutqu'on la regarde comme une suite de celle que l'évêaue Loup avait publiée avant cette 0{)oque. 11 n'y fait entrer que les miracles oui lui ont été attestés par des personnes ae probité, qui en avaient été témoins oculaires, ou par d'autres personnes, mais à la condition qu'elles les auraient tires de la même source. Au nombre des garants de. sa parole, il cite particulièrement Wicker ou Viager, son abbé, qui à lui seul lui avait fourni plus de matières que tous les autres; Il avertit qu'il ne garde pas d'autreordre que de mettre de suite les miracles qui ont le \)\ us de rapport entre eux, parcequil ne se propose rien autre chose, sinon de les garantir de lloubli où ils auraient pu tomber, et d'édifier en même temps ceux, qui les liraient.

Sigehard a véritablement réussi à nous donner une histoire édifiante et beaucoup mieux écrite que ne le sont ordinairement les ouvrages de ce temps-là. Seulement nn regrette que le sujet n'en soit pas plus intéressant. Parmi ces miracles il s'en trouve cependant dont le récit pouvait alors avoir Quelque utilité pour arreter la passion Que I on avait d'envahir les biens ecclésiasti* ques. On trouve aussi dans le détail de quelques autres divers traits qui peuvent servir à l'histoire de Lorraine. Ce Recueil n'avait pas encore été imprimé, lorsaue les continuateurs de Rollandus l'ont punliésur un manuscrit de l'abbaye de Saint- Victor. Ils ont pris soin de l'enrichir do leurs observa-» tion5, et l'ont placé au 29mai, àla suite desdi** verses légendes de saint Maximin de Trêves.

SIGLOARD, moine de Saint -Rjemi de Reims, dressa, en 901, une inscription en mémoire d'un miracle opéré le 29 décembre de la même année, lorsqu'on transféra le corps de saint Rémi de la cathédrale à cette abbaye. A la suite de cette inscription se lisent trois vers dans lesquels Sii^loard a eu soin de se nommer avec sa qualité de moine. Il y a sur la mort de l'archevêque Foulques de Reims des vers rimes qui s(> trouvent à la suite de l'abrégé de l'histoire de Flodoard, dans un manuscrit provenant de l'abbaye d'igni. Le P. Labbe et Guillaume Marlot les ont publiés en partie et Du Boulay entièrement, sous le nom de Sigloard, que le second éditeur croiiêtre le chanoine du même nom qui, en 853, fit les fonctions d'archidiacre de I é(i;lise de Reims au concile de Soissons ; mais il est beaucoup plus probable qu ils sont l'œuvre du moine dont nous venons de parler. Parmi les criti* ques, c*est Topinion du plus grand nombre.

Page 1