‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 141 sur 207 · BUG · texte numérisé non relu

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DE PATROU)GIE.

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tes meoaees afaient arrêté leurs déportemeots. Notre atibé n^eut pas plutôt appris )«jir départ qu*il en inforiua le Pape par une Mire ou il le priait de ne pas se laisser surprendre par (es récits calomnieux de ces rekiiefv Ji y traçait un tableau très-désa- Tinta);eux de leur conduite; en voici les principaux traits. Au lieu de rendre fidèlemeol le trésor de l'Eglise, ils avaient enlevé ^ttitre marcs de la chAsse de sainte Genefière et quantité d'autres reliçinaires; ils reienaient les terres et les domaines de cette f^lise; ils contestaient aux nouveaux cbaiH>iDe5 les lieux réguliers; ils cherchaient laotes les occasions de les troubler dans le Krrice divin. « Nous aurions pu, dit-il, emiiiover Tautorité royale dont nous sommes iépbsicaires contre ces mutins; mais nous ifoos pensé qu*il serait plus respectueux h TOUS les dénoncer et d'attendre là-dessus Il nouveaux ordres de votre paternité. » 2»(te lettre ne produisit pas tout l'effet que hger s'en était uromis. Eugène» porté nattrelleiuent à la douceur, crut devoir accorkrqnelque chose aux mécontents; et comme liiosislaient pour qu'il AtAl la connaissance leeette affaire à Sucer, il prit un tempétemeot en lui adjoignant dans cette comlissioQ révè(|ue d'Auxerre. Du reste la Mire par laquelle il lui marquait cette disaaijoo ne contenait rien que d*honorable Qor notre abbé.

An fùpe H au comie de Termandoii. — Ce • fut pas la seule entreprise de cette nautûoui l'abbé de Saint-Denis fut chargé. Mis le Jeune avait également à cœur la (forme du chapitre séculier de Saint-Coreille de Compiègne. En passant par Rome, ion retour cfe la terre sainte, il avait ebnudtt Pape un bulle datée du 13 mars 1149,

3uelle commettait Suser et Baudouin, que de Noyon, poursuustituer des moines I Saint-Denis aux chanoines. Cette affaire tcila de grands troubles et des désordres ù\ serait trop long de rapporter. Suger, ) concert avec Baudouin, y installa, au mira d*un tumulte effroyable, douze moines } Saiol*Deni8, à la tête desquels il plaça ioQ en qualité d'abbé; puis, sur le conseil ki*éTêque de Noyon, il fit pfirtir le nouvel M pour Rome, avec une lettre dans la- Klle il expose au Pape les faits qui avaient jpalé son installation, et prie Sa Sainteté I vouloir bien ratifier ce uu'il avait fait )ur l'exécution de sa bulle. Il écrivit aussi Tabbé de Cluny et à saint Bernard, chez squels Odon devait passer, pour les prier

I lui donner des lettres de recommandation iprès du Pape. — Le comte de Vermandois lit été admis au conseil où Ton avait con-

II la réforme du chapitre de Saint-Cor- ^ille. L'abbé de Saint-Denis se crut d'aunt plus obligé de lui faire le récit de ce H venait de se passer que ce prince était Qs en état qu'aucun autre de reprimer les iBQoiues.en saisissant les grands domaines 1 ils possédaient dans ses terres. C'est à m Suger l'exhorte par une lettre où il lui t>(>olle famiiié constante qui avait ré.;né

entre eux, et les secours mutuels qu'ils s*é« talent prêtés dans toutes les occasions. II prend le comte à témoin qu'il ne s'était chargé qu'à reeret du soin de réformer l'Eglise de Compiègne.

Au Pape. — Suger avait une affection particulière pour la maison de'Fontevrault. Il lui en donna des preuves dans un différend

aii'elle eut avec l'évèque de Poitiers, Gilbert e la Porée.Ce prélat, voulant s'assujettir ce monastère, refusait de bénir l'abbesse Mathilde, élue en ilSO, à moins qu'elle ne re* connOrt sa juridiction. L*abbé de Saint-Denis écrivit au Pape pour se plaindre de ce procédé. Il prie le Saint-Père d'être favorable à une maison si célèbre et si édifiante» « une maison que nous avons vue nattre, dit-il, lorsque nous étudiions dans ces contrées-lè, et qui s'est tellement accrue, comme nous rapprenons avec joie, (;[u*on y compte à présent jusqu'à quatre et cinq mille religieuses. »

Les quatre dernières lettres ont été écrites par Suger dans sa dernière maladie.

A févéque de BtauvaU. — La première est adressée à l'évèque de Beauvais , Henri frère du roi, au chapitre, au clerj^é et au neuple de celte ville. Elle a pour objet de les détourner d'une révolte qu'ils médi* taient contre le roi. Suger emploie toute son éloquence pour leur faire sentir Tatrocité du crime qu'ils vont commettre , la témérité de leur dessein, et l'excès des malheurs qu'ils se préparent. Il prend Dieu à témoin que cette nouvelle l'afflige plus que la fiè-^ vre-quarte dont il est tourmenté. 11 s'adresse tantôt à l'évèque , à qui il représente ce qu'exigent de lui a^ qualités de frère du roi, de pasteur des âmes et de citoyen ; tan<» tôt au chapitre qu'il conjure de ne pas ternir la gloire de leur Eglise, par une sédition aussi criminelle qu'insensée; tantôt au peuple qu'il exhorte à avoir compassion do lui-même , rassurant qu'il lui est tout aussi impossible d*empécher la ruine de la ville entière, s'il persévère dans ses funestes résolutions, qu'à une fourmi de tratner un ohar. Il finit par ces paroles remarquables : Yidete. viri aiscreti^ ne alia vice reseribatur quod êemel inventum est in marmorea colum^ na hujuê dvitaiie ore imperatoris dicium :

VlLLAH PONTIUM EEFICI JUBBMUSl

A saint Bernard. — La seconde est une réponse à celle que saint Bernard lui avait écrite, pour l'exnoter à terminer chrétiennement sa carrière. Le saint avait joint à sa lettre quelque^) petits présents , entre autres une serviette de prix et un pain bénit. Suger le remercie de tout cela, témoigne un grand mépris de la vie , et marque un vif désir de retourner à son Créateur. Il se recommande aux prières du saint homme et de toute sa communauté, déclarant qu'il aurait bien souhaité jouir de sa présence avant de mourir.

A Vévique de Soissons. — La troisième est adressée a Joscel in, évêquede Soissons, qui s'était excusé sur ses infirmités de ne pouvoir le venir voir. Notre abbé le presse de lui ac-

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pôfder colle saiisraclion ; et comme le pré* fat lui avait mandé qu'il ne comptait pas lui survivre longtemps, il fait des vœux pour que cela n'arrive |f)as. Joscelin se rendit aux sollicitations de son ami.

Au roi. -^ Enfin la quatrième est écrite au roi Louis le Jeune. Celte lettre exhale les senliaients de la piété Ja plus tendre, ^ugcr aveHil le monarque qu*il sent le moment de sa dissolution approcher. Plein de confianceen la miséricorde divine, il se pré-

Care sans trouble à paraître devant le triunal du souverain Juge. Ses amis, étonnés de Ifî voir souffrir depuis si longtemps, sont persuadés avec lui que par là Dieu veut lui donner le temps et les moyens d'expier 'ses fautes. Il recommande le roi et ses Etats îi la divine Providence ; et souhaite qu'après un règne heureux sur la terre , il participe h la couronne éternelle. II le prie de con- 'tinuer sa protection à l'abbaye de Saint- Denis, une des plus belles portions de son royaume, u Aimez, lui dit-il, r£glise du Seigneur; prenez la défense des veuves et des orphelins; soyez le vengeur des innocents Opprimés. Par là vous obtiendrez les secours du ciel contre les puissances visibles et invisibles, contre les assauts de vos ennemis déclarés , et contre les embûches de vos ennemis secrets. Voilà mon conseil. Gardez soigneusement cette lettre, puisque vous ne pouvez plus me garder longtemps ; et faites-vous une loi d'observer fidèlemem ce qu'elle renferme. C'est dans l'intérêt de votre gloire et de votre salut que je vous parle ainsi. » '

Telles sont les plus iùi()ortan(es parmi les lettres de Suger que le temps uous a con- 'sef\ées. Nous ne nous flattons pas en penjsant que tios lecteurs nous sauront gré du compte détaillé que nous en avons rendu. 'Il n'était guère permis ce semble de passer rapidement sur de^ monuments aussi précieux et aussi intéressants pour notre histoire politique ^i religieuse.

Vie du roi Louis le Gros. — On a de Suger la Vie du roi Louis le Gros, Personne mieux que lui n'était en ^état d'exécuter un j)areil ouvrage. Aussi peut-on dire avec assurance qu*il y a complètement réussi. L'histoire de sa vie se trouvait si étroitement liée à celle du monarque, qu'il n'a pu s'emiécher de mêler à son récit quantité de traits qui le concernent. Il dédia cette production à Joscelin, évôquede Soissons, Thommo deFrance le pluscapable parles engagements qu'il avait à la cour, et l'intimité qui l'unissait à labbé de Saint-Denis , de rendre témoignage à la vérité de sa narration. Tout le monde possède plus ou moins cette histoire ; aussi nous dispenserons-nous de l'analyser. Parmi les anecdotes qui s> rencontrent, voici quelques-unes de celles qui nous ont paru les plus dignes de la curiosité du lecteur.

Bouchard de Montmorency ayant été traduit par l'abbé de Saint-Denis, prédécesseur de Suger, pour avoir à répondre devant le tribunal du roi Louis le tiro's des

Torts qu'il faisait l cette abbajp, le jogi^ ment no lui fut point fiiTorable. Ce seigneur, présent eh personne, protesta liaotenient qu'il ne s*y soumettrait pas. Cependant du Suger, il né ftit point arrêté pour cela, \^m que ce n'est point l'usage desFran^aw; inais il se retira librement.

En pa rlan t du séjour de Pascbal II à Saint* Denis, il dit que par la manière dont il «5 comporta, ce Pape laissa à la postérii^ m exemple de modération inconnu aux llv»

mains et auquel on ne s'attendait pas. « Cv, dit-iJ, aj'ant été conduit au trésor, non-»^ lement il ne prit rien de l'or, de l'ar^'entu des pierreries étalées h ses yeux, mais il daigna pas même les regarder, et se cooi de demander un peu des vêtements do patron de l'église.

Guillaume III, comte d*Âuvergne, s tira deux fois de suite, en 1126 et tl3i, ^rmes du roi Louis le Gros, pour des ve tions qu'il faisait souffrir a l'évèque Clermont. Ayant été fort rnnlmené daos 'première circonstance, il implora leseco du duc d'Ac^uilaine dont il était le vasi Mais ce duc s étant rendu ciî Auvergne, trouva tellement déconcerté à la vue Tarroée formidable du roi que, sur le f de livrer bataille, il lui envoya des dépt pour lui dire : « Sire, le duc d'Aquiiaii votre vassal, vous 'souhaite toutes soi d'hrmneurs et de prospérités. Ce qu il i mande à Votre Majesfé, c'est qu'elle veiri bien açréer son service et le conserver t*" la jouissance de ses droits. Car la m justice qui impose la loi du servit^ Viissal exige du seigneur une domioaf^ équitable. Si le comte d'Auvergne, qoi lève de moi comme io relève de vous, commis quelque excès. Je suis tenu de 'représentera votre cour. C'est une obr tion que je reconnais et que je n'ai ja cessé de remplir. Je viens aujourd'hui vi réitérer mes soumissions, tous suppU de me faire la gr&ce de les accepter. SiVi Mcyesté doute de ma sincérité, je suis ) à lui donner des otages de qualité con nable et en nombre suffisant. C'est grands du royaume àjuger;. je passeras tout ce a u'ils* voudront. » Le roi, dit Su ayant délibéré là-dessus avec les accepta, comme Téifuité le demandatii offres, les serments et les otages du daft rendit la paix à TEglise et à la patrie, •( marqua un Jour oii Tes parties devaient » rendre à Orléans, le duc è leur tôle, pw y plaider leur cause devant la cour. Xuirt historien ne dit point quel fui le jugcioef: rendu en cette circonstance; mais cequ'i» vîentde nousapprendre mérite d*ôtre reD3a^ que. Cet aveu que fait le duc d'Aquitaia« o 1 obligation où il est de repré^eoier s^ vassal à la cour du roi pour v répondre ^ui ses torts est un témoignage évident de iV* tendue du ressort de cette cour, et de sor autorité sur les grands vassaux du n^yaunic.

Le Pape Innocent II s'étaut rendu à ^id'* Denis, le mercredi saint de Tan 1131; r<^<'< Suger et tous ses religieux allèrent procès-

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DB MTROLOGII.

sionnelIemeDl à sa rencontre enchantant des hjiones et des cantiques. Le lendemaint le Pane j célébra la cène avec les cérémonies qui se pratiquaient à Rome, sans oublier celle que l'on nommait le prtMbytirt^ nui (nnsistait en une distribution de pièces d or lu clergé. Le Vendredi saint il adora la (Toix, et le jour de Pâques il assista aut matioesavoc ia communauté. Ce jour même il r eut une espèce de cavalcade que l'abbé de $i)ut-Deni$ décrit en ces termes : « Le Pspe, dit-il, suivi de plusieurs cardinaux^ Mtftit de ^rand matin de Tabbaye et se relira au prieuré de Letrée. Là ils se parèrent les riches ornements qu'ils ont coutume de lortrr à Rome dans les grandes cérémonies, % mit sur la tète du Pape un diadème corniû$éd une mitre couronnée par le haut d'un rrcle d'or en manière de casque. Le Saint- ^re était monté sur un cheval blanc capaiçûoné; tous les cardinaux^ couverts de M}j[5 manteaux et montés sur des chevaux écouteurs différentes et revêtus de harais blancs, allaient devant lui deux à deux, D chantant des hymnes. Les barons et les utresfeudataires de Tabbaye marchaient à ied, conduisant le cheval du Pape par la pdp. D au très précédaient et jetaient des iices de monnaie pour écarter la foule, f)utes les rues étaient tendues de riches

Îisseries et jonchées de verdure. Outre sieurs compagnies de soldats qui vinrent Ir honneur au-devant du Souverain Pon- Cp» ii y eut un concours prodigieux de vaple. Les Juifs même de Paris accourutDXÏ 06 spectacle et présentèrent an Pape f /irre de la Loi en un rouleau couvert d'un îile. A ces hommages le Saint-Père réponil par ces paroles pleines d'une tendresse >nipaiissante : c Que le Dieu tout-puissant daigne ûter le voile qui couvre votre cœur. » Eilin le Pape arrive à la basilique des saints artjrs, toute brillante de l'éclat des eou^^ •nnes et des pierreries beaucoup plus pré** euses que l'or et l'argent. Il célébra les Tins mystères avec nous, et nous immoles ensemble le véritable aeneaa pascal; irôji quoi Ton descendit dans le clottre tout 'uveri de tapis sur lesquels on avait dressé ^; tables. Là le Pape et toute sa suite, rou- >^ à Tantique, mangèrent Tagneau matét'.On s*assit ensuite, et te re^te du festin, '^^fui très^splendide, se fil comme à l'ordi- I'^^ et chacun se retira émerveillé de •i't' cérémonie. »

t est Suger qui nous apprend que Louis Orus abdiqua le royaume.entre les mains !son Gis avant de mourir, c Comme on lui <P<jrtait, dit^it, le corjiS et le sang de Notre- ^^i^neur en viatique, il se lève, rhabille et 'ft de sa chambre, au grand étonnement ( loui le monde, pour aller au-devant da ^Q DicMi. Après Tavoir adoré, il se dépouille 'S ornements royaux en présence des clercs <|e« laïques, se démet du royaume, confesse ^il a commis beaucoup de fautes dans le ^UTtrnonient, remet son anneau dans la 3:n de son fils en signe d'investiture, lui commande, sous l'obligation du serment»

PlCT10?l!V, DIS PaTRO|,06|B, IV.

de protéger S'BgHse, les panvreSt i6a opphe. lins, de maintenir chaque citoyen dans se» droits, et surtout de ne faire arrêter personne dans sa cour, à moins qu'il n'y fût pris en flagrant délit. » Ce prince survécut plus de deux mois à son abdication. Il mou« rut sur la cendre entre les bras d'Etienne de Senlis, évéque de Paris, et de Giiduin, abbé de Saint-Victor,

Suger avait la simplicité de croire aux prophéties de Merlin, qu'il appelle 4njf/o« rum sempiumi eventus mirubifii ipecioior. Il en cite une qu'il applique à Henri V% roi d'Angleterre. Elle est entièrement à la louange de celui qui en est l'objet, supposé que le prétendu prophète eût quelque objet iixe dans ses visions. VHi$toire de Louis 1$ Grot a été publiée pour la première fois dans un recueil in-rolio des historiens de France, imprimé à Francfort en 1596. André Duchesne Ta fait reparaître, après l'avoir corrigée sur plusieurs manuscrits, dans le tome IV de son grand Recueil des écrivains qui ont traité de notre histoire, Outre cette vie détaillée du roi Louis le Gros, Suger avait encore composé sa légende, distribuée en trois leçons, pour être lue chaque année, à l'ofQce de la nuit, le jour de son anniver-^ saire. Elle a été publiée par dom Martène« dans la préface du tome IV de sa grande Collection,

Histoire de son administration. — Suger est encore auteur d'un livre qui renferme le détail de son administration abbatiale. It entreprit ce travail à la prière de ses reli* gieux, qui le pressèrent vivement de mettre par écrit ce qu*i] avait fait pour le bien de l'abbaye, soit en faisant des, acquisitions nouvelles, soit en recouvrant des biens aliénés, soit en améliorant Jes biens da monastère et les décorations de l'église. Oa peut diviser en deux parties le travail que Suger composa sur ce sujet. La uremière comprend ce qu'il avait fait dan.s les lieux réguliers, dans les terres et les autrnsdépen-^ dances du monastère; la seconde est entiè-» rement consacrée au récit de la reconstruc-t tion et des embellissements de l'Église. Nous nous contenterons d'en dire quelques mots.

Ce fut en tlW que Suger commença la construction de son église. L'ancienne avait deux défauts : elle était trop étroite pour rafQuence du peuple qui s'y rendait aui^ jours de grande solennité; do sorte, dit-il, que, pour arriver aux reliques des saint3 niartvrs, les femmes marchaient sur la tète des liommes; ensuite elle menaçait ruino en plusieurs endroits; de plus, le portait bas et ouvert par une seule [ortc était masqué par une espèce do poniqqe que Cbarlemagne avait fait élevei* sur le tom^ beau du roi Pépin, qui avait voulu être in^ humé hors de 1 église pour expier» disait-il, les excès de Charles Martel, son père. Su;^er détruisit ce monument avec la permission de la cour, lit transporter ailleurs le toui • beau de Pépin* et construisit un nouveau portail ouvert par trois portes, et flanqua de deux grosses tours, également propres &

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forvir d'ornement pendant la paix et de défense en temps de çuerre. Les ballants des portes furent faits de bronze doré, avec des l>«s^reliefs sur lesquels étalent représentés dî vers mystères, et Suger luî-môme aux pieds de Jésus-Christ, à qui il adressaitce dystique :

* Suseipe vota (ni. judex distriete, Sugeri, Inter ove» propriai (ac tne demenur haberi.

Il passa ensuite au chevet de l'église, cpx'il rééditia de fond en comble avec la croisée, et finit par la nef, qui fut achevée en 1144. Le roi posa la première pierre de l'édifice, et plusieurs f)rélats se firent honneur d*en poser d'autres après lui. Nous ne ferons point l'énumération des orneraenls dont Suger enrichit le nouveau temple, tels que retable d'or, pesant quarante-deux marcs, placé sur l'autel de saint Denis; trois tables de même matière gui environnaient le grand autel; un crucifix d*or pesant quatrevingts marcs et travail de sept orfèvres, que Suger avait fait venir de ta Lorraine, avec une infinité d'autres richesses, dont une partie venait de la libéralité des rois, des princes, des prélats, et de plusieurs autres personnages que Thislorien a eu soin de nommer. Sur la plupart de ces ouvrages il avait fait graver des vjE^rs de sa façon. Il en avait fait tracer également sur les vitraux, pour l'explication des histoires ou allégories qui y étaient représentées. Ce superbe édifice où. peintres, sculpteurs, fondeurs, architectes, avaient épuisé tout leur savoir, et qui fit Tadmiration du xii* siècle, ne subsista que cent vingt ans. Eudes Clément, abbé de Saint-Denis, entreprit, vers le milieu du xiii* siècle, une nouvelle éo'lise sur les ruines do celle de Suger, et Matthieu de Vendôme, son successeur, y donna la dernière main. Tout ce qu'on laissa subsister du travail de notre abbé fut le porttil et une partie des chapelles qui font le lour du chevet. On voit encore aujourd'hui dans le vitrail de la chapelle du milieu la représentation de la première croisade, comprenant dix panneaux, avec l'image de Suger au bas. Dom Montfaucon nous a donné l'explication de ces dix panneaux dans le tome 1" de ses Monuments de la monarchie française.

Non content des détails qu'il avait donnés dans cet ouvrage, Suger com{Josa encore un livre particulier sur la dédicace de ce monument. Après un long préambule, il dit que, ne connaissant d^^ns son voisinage aucune belle carrière, il avait eu d'abord la j)ensée défaire venir de Rome des colonnes de marbre j our décorer son église; mais ifue tandis qu'il roulait ce projet dans sa tète, on vint lui apprendre qu'on avait découvert à Pontoise une des plus belles carrières qu'on eût encore vues. Quand il commença à faire fouiller cette carrière^ les iiabiiants du pays et des lieux voisins vinrent en foule olTrir leurs services pour tirer des pierres, et ils se portaient h ce travail avec un zèle et un succès extraordinaires; sur quoi il raconte divers miracles qui attestèrent combien cett# œuvre était agréable à

Dieu. Nous ne pouvons suivre rautcurdau» la description des cérémonies qui furent observées à la dédicace de cette éj^lise el i la translation des reliques des saints martyrs. Contentons-nous de dire que Louis K* Jeune et la reine son épouse y assisièreu avec dix-sept prélats, un grand Doinln d'abbés, de clercs et une infinité de peu|<l». Cet écrit est mutilé dans l'édition que Dochesne en a donnée, mais dom Mabillon y supplée dans le tome I'' de ses Annain. C'est d'après ces deux éditeurs que duio Félibien l'a fait réimprimer dans les preuves de son Histoire de Sainl-Denit,

Testament de Suger. — Les autres écriti de Suger consistent en diverses Charles si règlements parmi lesquels nuus extrairont, celui qui contient ses dernières volouléSi' pour en dire un mot. La crainte des Ju^e« ments de Dieu et la conviction de sa pro|»ni faiblesse déterminèrent notre abbé è fairi son testament. Le 16 juin de l'an 1137, it assembla ses confrères eu chapitre, elafrèij s'être prosterné à leurs pieds, il les sujiflii de lui accorder tous les jours de sa vie un« messe du Saint-Esprit et un anniversaif^ perpétuel après sa mort. A cet anniversaire^ il veut que Ton expose en public les orne«| ments, Tor, l'argent et les pierreries qu ili{ acquis à l'Eglise; et cela, dit-il, non \mi\H Gune vue d'ostentation, mais par les luéaieii motifs qui l'avajent porté à mettre parécnli ce qu'il avait lait pendant son adminisirh tion. Il ordonne aussi que le cbeveiW' fournira aux fîères deux pitances extnor* dinaires : Non qualescungue^ sed plenam el aptas^ avec du piment et une espèce d'hf^ pocras pour boisson. Lés pauvres ne^n^ pas oubliés; Suger leur assigne deux oiuidi de froment et deux muids de vin. Ce tesiii ment, rapporté par Duchés ne et par dtm Félibien, est signé par tous ïvs officiers (i« monastère, par deux anciens abt>és, par liuii religieux prêtres, dix diacres, dit sous* diacres, dix enfants, puert, c'est-à-dire dix jeunes religieux qui n'étalent pas eocom dans les ordres. Viennent ensuite les nuiut deseptévéques, et de Robert, abbédeCur bie et élève de Suger. Par ce inéoie acte M avait également fondé un service anniveN saire pour le repos de son âme dans i'égiisi Saint-Paul, qui était a ors une colié^^iait située dans l'enceinte même de Saint-Deriâ. L'année suivante, il donna une autre chartf par laquelle il accordait plusieurs fonds ri différentes immunités à cette é,^Ii$e, a>i charge que les chanoines viendraient pr:ef devant le corps de chaque reli|^icui Dourcr.>^ ment décédé avant son inhumation, etceltbreraient une messe pour le re|)os de son ioje.

Outre ces écrits, Suger cuuimeoça la Kif cv Louis le Jeune^ que la mort Tempécha u^ chrtver; mais cet ouvrage existe-t-il tccore? C'est ce que nous n usousassurer.ua a bien, à la vérité, dans la Collection d'i*' dré Duchesne, deux histoires de ve pnoce composées par des auteurs conteoiiioraiùs Toutes les deux s'annoncent dès le utri^u^ comme des continuations de ïMistoin ^

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