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liailus» Tim des premiers disciples de saint Martin, ce qu'il avait omis dans sa yie. Saint Suipice ne s'y est pas touterois attaché h Torilre du temps, et n*a rapporté la pla[>art des laits qui composent l'histoire de ce saint que comme sa mémoire les lui a fournis ; mais i! proleste qu'il n'y a rien in* séré dont il ne fût bien assuré; que sans cela il aurait préféré se taire que d'écrire quelque chose contre la vérité : c*est pour* quoi il ne craint pas de prier ses lecteurs d'ajouter foi à tout ce qu'il a écrit. On n^a pas laissé cependant, dans les derniers siè* clcS| de lui reprocher quelques défauts cbro'» noIOf^iqucs.
Lettre à Eusibe. —Un accident particulier arrivé à saint Martin pendant la visite d'une église de son diocèse fut l'occasion d'une lettre de saint Suipice au prêtre Eu* sèbe. Le feu prit pendant la nuit h la paille qu'on lui avait préparée pour se coucher; ce qui donna lieu à ces paroles prononcées par un homme poussé par le malin esprit : « Comment Martin, qui a ressuscité les morts et garanti des maisons d'incendie, n'a*t-il pu se g u-antir lui-même du feu? «Saint Sui- ))ice témoigne de l'horreur pour ce langage, et compare celui qui en était auteur aux. Juifs c)ui insultaient Jésus-Cbrist attaché à la croix, et aux gentils de l*lle de Malte, qui» h la vue de saint Paul sauvé tout récem* ment du naufrage, etmordu plus tard par une vipère, le traitèrent de meurtrier poursuivi '>ar la vengeance divine. Ensuite il dit que es saints ne sont jamais plus illustres que iiuand, parleurs Terlus^ ils ont triomphé des liangers; que saint Paul, vivant pendant trois jours au fond de la mer, n'était pas moins admirable que saint Pierre marchant sur les eaux ; que i^i tous les hommes sont exposés sans distinction aux misères de la vie, la patience à les supporter distingue les saints de ceux qui ne le sont pas ; enfin, que Tépreuve du feu à laquelle saint Maitin avait été exposé, au lieu de nuire à sa repu* talion, lui avait donné un nouveau lustre, puisqu'il sortit du milieu des flammes sans en avoir rien souffert. Il ajoute que s'il n'a
Ï^as rapporté cet événement miraculeux dans a vie ae saint Martin, on ne doit point .s'en étonner, puisqu'il a déclaré que son dessein n'était pas d'entrer dans tout le détail des dictions de ce saint évêque. Celte lettre fut donc écrite après la Vie de saint Martin^ Aiais, ce semble, avant la mort de ce saint évoque, puisqu'il n'en dit rien.
Lettre à Aurêle^ diacre, — Saint Suipice dans cette lettre fait le récit de l'apparition de saint Martin pendant son sommeil. Il était seul, dit*il, dans sa cellule, Tesprit occupé des biens de l'avenir et du mépris que )ious devons faire des biens présents, lorsau'il lui sembla voir saint Martin, le visage éclatant de lumière, monter dans le ciel, et le saint prêtre Clair, son disciple, mort depuis quelque temps, suivre le chemin qui Jui avait été frayé \mr son maître. Les efforts que saint Suipice tit pour s*élever avec «ux le réveillèrent; et en même temps deux
moines arrivés de Tours lai apportèrent la nouvelle de sa mort. Quoioue l'état dam lequel il venait de le voir dût le consoW de sa perte, il ne put cependant Tappremlrv sans répandre des larmes^ Aussitôt il écriva et cette apparition du saint et sa mon, ï un diacre de ses amis nommé Aurèie, et le nrii de venir le consoler de cette perte. Mal^ notre persuasion, lui dit-il, qu il a déjà re^a des mains de son juste juge la couronne d« justice qu'il en attendait, et rassuranceqDi nous avons de trouver en lui un puissant protecteur auprès de Dieu, nous ne poth vous cependant pas nous empêcher de le pleurer, puisque nous avons perdu l'uniqut consolation que nous pouvions avoir en cetti vie. Le reste de cette lettre est employé ) faire l'éloge des vertus de saint Martin, dit qu'après avoir perdu son protecteur ce monde, il lui reste néanmoins res{)érao d'obtenir par les prières de saint Martin qu'il ne pourrait par les siennes. Saint Pai» hn parle de l'apparition marquée dans ce"^ lettre comme d un fait véritable, et en ios^ môme une partie dans une inscription q;i'i envoya à saint Sulpice-*Sévère, pour lafai graver sur le marbre de l'autel de son égli Lettre à Bassule, — Saint Suipice éM Toulouse lorsqu'il écrivit à Aurèle, sa aucune intention que sa lettre fût renl publique: néanmoins elle fut aussiiôl ca voyée à Bassule qui était à Trêves. Com'jd elle ne trouva pas dans cette lettre VhhM delà mort de saint Martin, elle écmtè saint Suipice pour le prier de lui rac-ful^T ce qu'il en savait. Il lui répondit (i'al<^rt
Ju'il ne voulait pas la satisfaire sur ce sujii ans la crainte qu'elle ne publiât aussi'^ ce qu'il lui en dirait, et se plaignit en mê temps qu'elle eût divulgué tout ce qu'eli avait su de lui, quoiqu'elle eût dû leiei' très-secret. Il se laissa toutefois fléchir •es prières, et lui raconta tout ce qui! savt des circonstances plus particulières (Je ' maladie et de la mort do saint Martin, eondi tion qu'elle ne ntontrerai t sa lettre à i crsonne. Bassule fit tout le contraire, e( nuiu avons encore aujourd'hui celte lettre d< laquelle on a tiré une grande pariie de Toffice de ce saint évéque. C'e^t dans ceilf lettre qu'on lit ces paroles de ses disciple fondant en larmes au moment où il allait npirer: « Pourquoi, très-saînlPère,nousal'W* donnez-vous? A qui confierez-vous lac-'nduitede ce^ pauvres orphelins? des loup» ravissants ne manqueront pas de se ji^*' sur votre troupeau après votre départ» juJ pourra le défendre quand il aura perdu *«'' pasteur? Nous savons bien quelle esii^'' deur et l'empressement que vous avezti^'^f réuni à Jésus-Christ; mais la récompcft^ qui vous attend vous est assurée, el j^^"' être encore ditférôe quelque temps, elien!' sera pas moins grande; ayez conipassi- n ''' nous.» Attendri par ces témoignages d'arLin^. saint Martin ne put retenir ses larmes:-' levant les yeux au ciel, il dit à Dieu : « y^' gneur, si je suis encore nécessaire à voirr peuple, je ne refuse pas le travail; je ^'
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Jfmande que raccomplissement de votre uinte TOlnDt^. » C*est, ajoute saint Sulpice* ronime s*il c*ût voulu dire à Dieu : Il est vrai. Seigneur, que les comt>ats que nous iTODS i soutenir en ce monde sont trèsd^n^ereiix , et j*ai , ce semble * combattu issez longtemps : si néanmoins vous vouiez que je (ionieure encore sous les armes, je ne Toa^ olyecterai pas ma grande vieillesse. Je m'exposerai, j^aj^irai pour la gloire de foire nom, je combattrai sous vos étendards; mais, si à la vue de ma faiblesse et de mon Igp, vous me retirée de ce monde, il m*est •Tsnu^^eui que votre volonté soit faite, dans la confiance que vous prendrez vous* Béinc soin de ceux pour qui je crains.
Lettres à sa saur. — Gennade parle d'un l^anii nombre de lettres de saint Sulpice à Claudia, sa sœur, pour Texhorter à aimer ^eu et à mépriser le monde, et ajoute qu*il NI avait écrit deux autres à saint Paulin, et ilusieurs jii diverses personnes, dans lesquel* ^il traitait quelquefois d'affaires domesti* fues. Il ne nous en reste que deux à Claudia, sa sœur. Dans la première, il rappelle qu'il l'avait pu lire sans verser des larmes de oie les lettres qu'il avait reçues de sa part, ^n apprenant qu'elle observait les préceptes Iq Seigneur. Mais il lui témoigne en même emps une vive douleur de ne pouvoir la risiter pour se consoler avec elle et s'animer t fouler le monde aux pieds. Il lui dit lo'aprës lui avoir souvent écrit pour animer a foi et l'instruire de ses devoirs, il avait }^m è ne pas tomber dans des redites; et S s'en console, ()arce qu'avec le secours de )ieu elle menait une vie si vertueuse |Q*elle n'avait plus besoin de ses instrucioQs. Il ne laisse pas de l'exhorter à perséêrer de combattre et la chair et le siècle, ans l'espérance de la récompense qui nous si promise après un combat qui, quoique éoible, ne peut pas être de longue durée. I lui parle de la consolation qu'auront à îur dernier jour ceux qui, après avoir praiqué les bonnes œuvres, verront les marfrs, les prophètes, les apfttres venir à leur encontre, et la prie de mépriser les risées ("S méchants, mais de tâcher de les ramener Dieu, afin d'augmenter parla sa gloire.
La seconde lettre porte quelquefois le M de saint Athanase, et on l'a mise aussi -arroi les œuvres de saint Jérôme ; mais, 'aD<$ un manuscrit d'Angleterre, elle est Uribuée à saint Sulpice-Sévère. Dans le oute, n'en ayant pas donné connaissance ans les œuvres de saint Athanase et de aint Jérôme, nous avons jugé à propos J'en onuer ici l'analyse. C'est au reste moins ne lettre qu'un traité dans lequel l'auteur c s'adresse pas à une vierge en particulier, nais h toutes en général. Dans les éditions e saint Athanase et de saint Jérôme, ce caité fait mention d'un décret de l'Eglise '^uïaine par rapport aux vierges qui M'enl leur vœu ; mais il n'y a rien de semlable dans Tédition de Baluze. On y remarque que l'usage de l'Eslise est de donner ui Yiergei la qualité d*Gpouaes de Jésus-
Christ ; mais qu'il ne leur servira de rien d'avoir embrassé un état qui n'est que de conseil, si elles n'ont soin d observer ce qui est de commandement. « Il y a trois vertus, dit-» ii, qui nous ouvrent la porte du ciel : la chasteté, le mépris du monde, la iustice ; et ces vertus ont entre elles une telle liaison, qu'il est difficile qu'elles puissent être utiles séparément. La justice renferme l'obliga^ tion non-seulement d'éviter le mal, mais encore de faire le bien : il ne nous est pas commandé seulement de nous dépouiller de nos vêtements, mais aussi d'en revêtir ceux qui sont nus : Adam et Eve étaient vierges lorsqu'ils ont péché, mais l'intégrité du corps ne leur a servi de rien. Une vierge fait injure à la grâce divine lorsqu'elle aim<i encore les vains ornements du siècle. Les ornements qui doivent l'accompagner sont la foi et la miséricorde. Elle doit conserver purs ses yeux, sa langue, en un mot tous ses membres doivent servir non à l'iniquité, mais à la justice, se rappelant que la virginité est d un grand prix devant Dieu, si elle n'estpasdéshonorée par le péché. » Enfin l'au* teur exhorte les vierges à se persuader qua Dieu voit leurs plus secrètes pensées, et à se rendre dignes de lui parler par la prière.
Lettres à saint Paulin et à d'autres personnes,— Le Spicilége de dom d'Acliery contient cinq lettres imprimées sous le nom da saint Sulpice; mais il n'y a que la première qui soit de lui. Dans cettre lettre il fait savoir à saint Paulin qu'il avait appris que tous SCS cuisiniers l'avaient abandonné, et lui en donne la raison; c'est, lui dit-il, qua bien loin de se perfectionner dans leur art comme ils Tauraient souhaité, ils craignaient de perdre même la science qu'ils avaient acquise. Je vous en envoie un, lui dit-il, élevé à bonne école et doué de facultés assez étendues. Faire cuire des févcs, apprêter une sauce au vinaigre, assaisonner des betteraves, faire un potage substantiel et confortable pour un moine après ses jours do jeûnes, sont des qualités dans lesquelles il excelle. Il ne se sert pas do poivre ni de semblables épices; mais il sait parfaitement assaisonner ses mets des aromate;; les plus agréables. Je ne pi>is, lui ditil, passer sous silence un petit défaut de sa personne; il est ennemi impitoyable des jardins. Dès qu'on lui permet d'y pénétrer, il détruit tout ce qu'il rencontre, et surtout fait aux mauves une guerre impitoyable. H prend et jette au feu tout ce qui se trouva sous sa main, il ne fait pas même difliculté d'enlever la toiture de la* maison pour sa chauffer. Toutefois il le prie de le consi* . dérer comme son fils et non comme un ser- ^ viteur. Il termine sa lettre en protestant à ; saint Paulin qu'il aurait lui-même désiré lui rendre ce service > car il lui aurait été plus avantageux de le servir que de commander aux autres. Les autres lettres imprimées dans le même spicilége ne contiennent rien de remarquable.
Dialogues de saint Sulpice, — Saint Sulpice cotuposa aussi trois dialoguas sur "*'^
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renies matières. Dans le premier, fjjt un (apport de Postamien qui venait de faire le voyage d'Orient, il relate les faits remarquables de la vie des solitaires d*Egypte el des moines de Nitrie. Dans le second il raconte un grand nombre de circonstances de la vie de saint Martin dont il n'avait pas parlé dans i*ouvrage composé sur cette matière. DaYis le troisième il appuie de témoignages vivants les faits miraculeux qu'il avait rapportés sur la vie de ce saint évoque > car quelques-uns les rejetaient comme fabuleux et les mettaient en doute. Il y déclare que ce serait un crime de vouloir honorer les amis de la vérité par des mensonges.
Lettres iur lapoitolat de saint Martial.-^ Paint Sulpice ne croyait pas que saint Martial eât été envoyé dans les Gaules par Tapôtre saint Pierre, comme on l'a dit depuis i car il déclare, dans son histoire, que ce ne fut que sous le règne de Marc-Aurele, c'estè-dire dans la cinquième persécution, que l'on vit des martyrs dans les Gaules. Pour autoriser cette opinion on a supposé deux lettres sous le nom de saint Martial, Tune aux Bordelais, Taut^eaux Toulousains. Car dans Tune et dans l'autre l'auteur se qualifie d'apfttre et se donne pour témoin des miracles de Jésus-Christ, de sa mort, de sa sépuU (ure, de sa résurrection et de son ascension. Il se vante même d'avoir ét^ présent lorsque Judas trahit le Sauveur par uu baiser; on lit dans ces mêmes lettres que» dès le temps des apôtres» il y avait des rois dans les Gaules, et qu'on y éleva des temples au vrai bieu sur les ruines de ceux des idoWs ; ce oui fournit une autre preuve de supposition, l£criture sainte y est citée quelquefois d'après la Vulgate qui ne fut faite que plusieurs siècles après les apôtres.' Enfin ces deux lettres ont été inconnues à toute Tan* tiquité, et on n'en entendit parler qu'en 1521, lorsque Josse Bade lès fit imprimer à Paris. Elles furent trouvées, dit-on, enfermées dans Une urne de pierre cachée en terre dans la sa-* cristie deTéglise Saint-Pi6rre de Limoges.
Ouvrages ATTRiBués ▲ saint Sclpige. ~^- Quelques personnes ont attribué à saint Sulpice VEglogue sur la mort des bœufs i mais il est plus probable qu'elle est d'un autre Bévère nommé £ndelechius. Honoriusd'Aulun le fait auteur de la Fte de saint Paulin de Nolt; mais on convient qu'il s'est trompé en lui attribuant cet ouvrage.
Jugtmtnt des écrits de saint Sulpiet. — ^ Ses ouvrages au jugement de saint Paulin sont éloquents et passent pour les mieux écrits que nous ayons en latin parmi les % auteurs ecclésiastiques^ Son style est net, précis et élégant; mais on trouve qu'il y a plus de ifyolitesse que de force, plus de fleurs que de vigueur» Son histoire est écrite avec concision et pureté. Cet ouvrage lui a fait donner le nom de Salluste chrétien, parce qu'il s'y est proposé p<)ur modèle le style de cet historien , dont il égale parfois Télé* l^ance et la force.
SULPICë, surnommé le Païen, pour 16 tliatitiKUer de Sulpice^Sévèro, directeur de
l'école épiscopale de Bourges, fat Au éi^ que de cette ville en 62i, après la mon de saint Austre^sile. L'année suivante, ii assista au concile de Beims et en tint lui-m^ me quelques-uns dans sa ville épiscopale; mais nous n'en connaissons ni les années ni le sujet. Sur la fin de ses joars, h eau» de ses infirmités, il se déchargea de h fonctions épiscopales et se retira dans oq monastère qu'il avait fondé près de Boursa, dans lequel il expira le 17 janvier 6U.1) nous reste de lui trois lettres, deux à sajoi Didier, évoque de Cahors, et une à Vérusi évéque de Rodez. Ces lettres sont courtes, et pour le fond n'offrent rien d'intéressasL SYAGRIUS, dans un traité intitulé : De li
{bt, a réfuté certains hérétiques qui, daat a crainte que l'on divisât la nature de Dieui ne voulaient pas qu'on appelAt Père la \^r^ mière personne de la Trinité, ni la seconde Fils, parce qu'il était impossible que le Pèn et le Fils n eussent pas chacun une mim distinguée; d'où il suivait, selon eui,qu'ea donnant aussi le nom de Saint;Espril, il; avait en Dieu trois natures distinguées i'uae de l'autre. Ils s'appuyaient sur ce raisonne* ment : Quiconque est distingué du Père paf la personnalité, l'est aussi par nature. Geu nade, qui fait mention de cet écrit, dit (\\à Ton voyait encore sous le nom du mèinf auteur sept autres livres intitulés: Dekf&i et Des règles delà foi : mais la différence Jf style lui faisait croire qu'ils n'étaient \^ tous de Syagrius.
SYLVESTRE f, successeur de saint Me> chiade en janvier 3i&, envoya des dépuiéi au concile d'Arles pour l'affaire des donclistes, et en tint lui-même plusieurs à Roiu«. Il envoya aussi Viius et Vincent, prêtres d^ l'Eglise de Rome, au concile général de NV cée, en 325, pour y assister en son nom. II mourut en odeur de sainteté à la fin de dtrcembre 335. C'est sous sou pontificat qite commença d'éclater l'hérésie d'Arius,ûul déchira si longtemps l'Eglise. On ditquiu été envoyé en exil sur le mont Soractedu temps de Constantin, et c^u'à son retour it baptisa ce prince et le guérit en même \m\^ de la lèpre; mais les hagiographes d'Anvers et surtout Noël Alexandre, prouvent que oe récit est faux dans tous les détails. Quoiq^je les Actes de saint Sylvestre soient af)Ocrr' iihes, nous ne laisserons pas d'en donner Tanalyse à cause de leur antiquité.
Hélène, mère de Constantin, encore engagée dans les erreurs de la gentiiité, nais toute disposée à les quitter pour embrasser la religion des Juifs, ne pouvait souffrir que son lils suivit celle des Chrétiens, elseivpandait en blasplièmes contre Jésus-Chri^!. On indiqua donc, en 315, un concile à B" me pour y traiter de la religion, en présci»'* d'Hélène et de Constantin. Soixanle-quinK évéques de diverses provinces se trouïért'oi à cette assemblée, avec neuf cents préin| juifs et douze rabbins envoyés par le ^r^^^ prêtre Issachar, pour disputer de la loi. On i» dans les mômes Actes que le Pape SjJ^^' tre» pour éviter la persécution que (iwîs*
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UfltjD encore |>ftlm arait etof tée concre les ChrétieoSi s^éUttt retiré sur le mont Soraete ; maisqae ce prince qui, pour se guérir de Il lèpre dont Dieu l^avait irappé» songeait k lie préparer on bain du sang de plusieurs ralinls, fut averti en songe par les saints »p^ins qu'il en serait pleinenoent nuritié, s'il se faisait baptiser par saint SilYestre. Coostaotin, à son réveil, enyova sur le mont SfH-acte cherober le Papo, qui 7 partageait Km temps entre la lecture et la prière. Dans \é pensée qu'on le cherchait pour le faire DDurir, il vient à la cour et se présente k fm|)ereur, oui lui raconte ce quMI a tu et •otendu. Le Pape l'instruit et le dispose au aplème par- une pénitence de sept jours ; » samedi il purifie son ftme des souillures gjiéché, et en même temps ce prince est Kivré de la lèpre qui couvrait son itorps. hit jours après, Constantin, dépouillé des Kements du baptême, Tint à la confession r<ain( Pierre et ouvrit le premier la terre I l'endroit sur lequel il Toulait faire ériger De basilique. Après qu*elle fut terminée, lui (itde grands présents, selon que le 3rte récrit intitulé : Do^iationde Con$ian^ H. Ces actes disent encore que saint Syl* »(re supprima le jeûne du samedi, et or» ttna qu on nommerait dimanche le preier jourde la semaine; mais on convient rtsmunAment aujourd'hui de la fausseté ! c|s actes. On ))eut se convaincre, par dom .'I..er, tome 111, p. 725, que ce concile, mposé d'évèques catholiaues et de prè« ef juifs, est une fable mal assortie, dans ^liielle on n a pas même cherché k déguit il fourberie. Les lettres décréiales qu*on ippose à ce Pape sur le résultat d*uQ coule tenu à Rome par le Pape Sylvestre, en i<ence de Constantin, sont comme beau* lup d'autres sorties de ToiQcine de Marius ercator.
SYLVESTRE II, plus connu sous le nom tCiEKBCRT, naquit en Auvergne, d*nne mille obscure, et fut placé dès son enfance iDsTabliave de Seint-Gérauld à Aurillac, ù\ pritrhabit religieux. Après avoir terioé ses premières études dans son mo-^ L!i(ère, le désir de se perfectionner dans les iences le porta à solliciter de ses supéeors la permission de les aller étudier en urs pays. Son abbé Tadressa à Borel, ^mte ae Barcelone, qui le mit auprès d'ua ^e nommé Haiton, qui lui apprit à fond » mathématiques. Un Toyage qu'il fil à ]m h la suite de ces deux personnages le it à même d*acquérir de nouvelles cobiMaoces. Son mérite apprécié de l'empe^ urOthon I" le fit nommer k l'abbaye de *l)io en Lombaniie, et ce fut du Pape lui- ^me qu*il reçut la bénédiction abl>atiale. ^tat précaire de cette abbaye Tayant forcé se retirer, il se rendit k Reims où il fut sn^é de l'école de cette ville, et où il eut ur disciple Robert, fils de Hugues Capet. n savoir lui concilia tant d'admirateurs, 'il fut élevé sur la chaire archiépiscopale cette ville, en 91@, après la déposition ^rnoul. Mais celui-<:i ayant été rétabli
en 098 par Grégoire V, Gernért te retint près de Tempereur Olhon III, qui avait été son disciple. Ce prince lui obtint l'afcbevè- 1 ché de Ravenne, en 998. Dans le cours de la même année, Gerbert assista au concile
Îue le Pape tint h Rome, pour la cassation u mariage du roi Robert avec la reine Berthe, sa parente, et il souscrivit le premier après le Souverain Pontife, au déoret qui condamnait l'abus introduit à la consécra* tion des évèques, qui achetaient d*un sous«» diacre Thostie qu'ils recevaient en cette eérémonie. Enfin, le Pape Grégoire V étant mort, le savant bénédictin fut promu à la papauté par la protection de l'empereur Othon, en 990. Il fut intronisé le 2avril,^oue le nom de Sylvestre II, comme ce prince Tavait désiré. Il mourut le 13 mai, de Tan 1003, après quatre ans» un mois et dix jours de pontiticat. U fut le premier Français qui monta sur la chaire de saint Pierre.
Sbs Écarrs son lcs scisngbs. — Gerbert était un des plus savants hommes de son siècle; il excellait dans les mathématiques et dans les sciences les plus abstraites. On met au nombre de ses écrits en ce genre nn Traité iur rariikmétiquey avec un autre intitulé Abùeui et qui contient des table» dans lesquelles Tauteur trace les différentes combinaisons des chiffres arabes* Ces deux ouvrages, dont le dernier est dédié k Otbon 111, n'ont pas encore va le jour. Gerbert composa un livre de la mulnplicationt dauB lequel il prescrivait des tb^les poor apprendre à multiplier par les doigts, et un autre« qui avait pour titre» l^ei règles de in division des notnèrss. Il paratt qu'il fut età^ gagé à ce travail par Constantin de Fleury. Ne serait'^ce pas encore à sa prière que Gerbert aurait écrit la Rithmomachis^ &esi^ iHlire, le combat des chiffres ou des noin«< bres. C'est une espèce de jeu, k peu prè^ semblable à notre jeu d'échecs. Les chiffres j sont de différentes couleurs et de figures diverses, et quelques-'uns en forme de pyra<^ mides. La AHhmomaehie a été imprimée avec quatre livres allemands sur le jeu d'éehecs que le duc de Brunswick publia, sous le nom de Gustave Séléiius, à Leipsick, en 1616. On a de Gerbert un TtuM sur la Géométrie^ divisé en 9(^ chapitres, avec une lettre k Aldebald, dans laquelle il résout un» difficulté que ce reli^eux lui avait proposée, touchant une opération géométrique août il est parlé dans If arbode sur le songe de Scipion. Tritbème attribue k Gerbert un Traité sur VAitrolabSf écrit en latin en forme de dialogue entre lui et Léon, légat du Pape, ainsi qu'un autre Traité sur ta manière ds construire te cadran ou quart ds cercle. Dans une lettre adressée k Rémi, moine de Trères, Gerbert donne tous les moyens de construire une sphère, en observant toutefois qu*il n'était point aisé d*y réussir. 11 parait qu'a cette é^K>que l'usage des sphères n'était pas fort commun en France. Quelquesuns lui attribuent la construction de I horloge de Magdebourg;, qu'il ré|{la, disent-ils, sur le cours de l'étoile polaire qu'il con^idé- ^
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rail à travers un tuyau ; mais cette découverte dont ils lui font honneur» en la rapportant à Tan 996« n*est nullement constatée. On croit que Tinventenr des horloges à roues est Richard Waîi {for K abiié de saint Alban en An;$loterre« lei|uel llorissail en 1326. Le Traite du raisonnable el de l'utage de ta raison^ De rationati et ratione utiy a été publié par doin Kernanl Pez. (terberty explique une diiricuité tirée de Porphyre, touchant les prédicaments ou caté.^oriès. G«>rbert était alors évô.jue, e( ce ne fut que pour obéir aux ordres de Tenipereur qu*il travailla à éclaircir une question qui était $i peu de son ressort.
PolbsiES.— Othon III avait dans son cabinet, le portrait du célèbre B()ë>:e: Gerberl Gt sur ce portrait une épijjra«niue eu douze vers héroïques, (jue \\n\ peut dire frappés au meilleur coin. Cette pièce seule vaut niieui pour le bon goût, Téner^ie, la uoiilesse des termes et les autres beautés de la poésie, que les autres pièces de vers qu'ont enfantées le X' siècle et les deux siècles suivants. Aussi ne Ta-t-on pas ju.^ée indigne d'occuper une place dans le Recueil des petites Eoésies des anciens, d*où Baronius, pour onorer la mémoire de Boë^e, l*a fait entrer dans ses Annales, Quant aux autres poésies de Gerbert, nous n'en connaissons que quatre pièces, qui sont autant d*épitaphes, chacune de quatre grands vers. Elles ont été faites pour orner les tombeaux de l'empereur Othon II, de Lothaire, roi de France, d'un duc nommé Frédéric et du scolasti que Albert. Du reste, ces éjdtaphes imprimées
twrmi les lettres de l'auteur n'ont rien qui es relève au-dessus des autres poésies du même temps que le laconisme ordinaire aux écrits de Gerbert. Un des auteurs de l'histoire des Papes, qui écrivait sur la fin du XII* siècle, assure que la prose : Ad célèbres aère cœli^ en l'honneur aes anj^es, est de la façon de Gerbert. Albéric de Trois-Fontaines, qui avait peut-être puisé ce fait dans l'auteur que nous citons, atteste la.mème chose. Nous ignorons si cette prose existe encore quelque part; lûais elle ne se trouve point dans la collection de Josse Clicbetoue qui en a recueilli tant d'autres.
Traité du corps et du sang du Seigneur. — • Jusqu'ici on avait resardé l'écrit anonyme sur l'Eucharistie, publié par le P. Collot, comme une œuvre d'Hériger de LaubeSi et dom Mabillon^ auteur de ce sentiment, l'avait établi d'une manière aussi solide que modeste; mais dom Bernard Pez, ayant recouvré cet ouvrage sous le nom de Gerbert dans un manuscrit ({ui date presque du temps de cet écrivain, a entrepris de le lui restituer. Il faut avouer que le titre écrit en minium de la même main que ^'» corps de l'ouvrage est déjà en faveur de uerbert une forte preuve, laquelle jointe à l'identité de style entre cet écrit et les autres du même auteur, est au-dessus de tous les raisonnements de dom Mablllon. Toutefois, en abandonnant son sentiment sur ce point nous sommes loin do contester que
Hériger n'ait écrit aussi sar rEoebaristie. Gerbert paraît avoir été déterminé à entreprendre cet ouvrage par deux mollis principaux. Le premier était de roonlrer que ccMix qui, comme Paschase Ralkrl soutenaient que le corps de Jésus-Chri^ dans rEiicliarislie est le même que cela. qui, éiant né tie la Vierge, est mort et r» suscilé, et ceux qui, comme Raban-Maurô Itatrainne de Cortiie, préten^taient lentn* traire, n'avaient pas eu des senliincnls di[« ft'renls sur le fon l du mystère. Le secoini motif qui Qt prendre la plume à notre écrivain, (lit de montrer l'absurdité de l'errear imaginaire des stercorianistes;ceqiii|irouTi qu'à la lin du x' siècle on agitait encore ces
aUHstions sur l'Eucharistie. Sur ce plio, erbert a divis(^. son écrit en deux pariieii La première, qui est la plus lon<;ue, est es* ployée h prouver sa première proposîiu4
far un grand nombre de passades tirés lii P. grecs et latins^ presque tous fort bi cixûsis. Il fait lui -môme profession croire à la présence réelle, en disant q l'Eucharistie est ligure par rapport au )ui et au vin que l'on voit au dehors; nu
3u*elle est vérité, parce que la foi nous fa écouvrir intérieurement qu'elle conUe en réalité le corps et le sang de Jésus-Chr Pour expliquer comment se fait le chan^i ment du pain et du vin au corps et au su de Jésus-Christ, et comment ce corps e;^t même qui est né de Vierge, ainsi que soutenait Paschase Ralbert,il ajoute: ii.Voai; devons croire, en etiet, qu'à 1 heure mte; de l'immolation, les cieux s'ouvrent à 11 prière du prêtre, que le corps de Jésoi* Christ est emporté (tar le ministère des ii^ ges sur l'autel sublime qui est iésus*Cbnil même, en même temps le prêtre et la ti» time, de sorte que par l'attouchement «Je corps glorieux, l'Eucharistie devient même corps qui est sorti du sein de la sdin Vierge. » Quelque singulière quecelteex|>i cation paraisse, elle prouve du moins q Gerbert croyait la transsubstantiation.
Il est plus succinct dans la seconde i»a^ tie. L'auteur s'y arrête particulièreineni à relever les inepties, comme il les uuati:i« lui-même, de ceux qui, pour appuyer i'o* pinion du stercorianisme, abusaient ddce< paroles de VEvanaile de saint Matthieu : Tout ce qui entre dans la bouche descend daiufa^ iomact etc. {Matth, xv, 17.) Ce passage l« i fournit l'occasion de relever le blAspbèse de quelques hérétiques qui prétendaient, à*» sujet, que Jésus-Ciirist avait ignoré la phy^^ que. Gerbert y fait lui-même quelque peuie connaisseur en expliquant physiquemesli^ digestion. Il conclut enfin qu'il est abburJ«
a u*un aliment spirituel, dimme l'est leçon» e Jésus-Christ, dans T Eucharistie, ^^»| sujet à la digestion et à ses suites. « CV>! une ■ noiirrilure destinée à rhomiiie intérieur. Si elle influe dans IMiommeeiiérieur, il est de la piété de croire que c'est p^uf être le eerme de sa résurrection au dernier jour.» L auteur fait paraltredans ce peliiirjii* beaucoup de justesse et de soljdité d espru.