‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 145 sur 207 · TL · texte numérisé non relu

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DR PATROLOGIC

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A<tê$ iu toncile d« Jle/mi..— On compte IQ nombre des éGrits de Gerbert les Actes du bmeux concile de Saint-Basle » tenu en 991 imur la dépositioud*ArnouU archevêque (le Rtioos. En effet , ce fut Herbert qui les réiJi>4t en qualité de secrétaire de cette issemblée. Il ne [larah pas d'ailleurs y avoir eu d'autre part que d'y prêter sa plume et (le les re?êtir d'un style qui les distingue de beaucoup d'autres écrits du même temps. Ce)ienilant on n a \ias laissé de l'accuser d'v aroir inséré plusieurs choses de son chef. Mais, pour quicon |ue connaît l'attention icnipuleuse que Ton mettait k recueillir os actes dans tonte leur intégrité, c'est une iccosation dont la preuve serait difficile à bornir. Ces considérations n'ont pas euipé- Aé Baronius de supposer le contraire et de itprocher k Gerbert de s'être permis beauloup de licence dans la rédaction des Actes k ce concile. Ou les trouve imprimés dans lu Centurinieurs de Magdebourg, et dans in Tolume in-12, publiée Francfort en 1600. kl y a ajouté quelques lettres curieuses de ierbert, qui contiennent l'apologie de ce ODcile.

Diicaurs au concile de Mouxon. — On a le iscours que Gerbert prononça au concile IHouzon* en 995, et dont il laissa une cote entre les mains de l'abbé Léoui légat du ^pe. Il s agissait dans cette assemblée de la éposition de Gerbert, qui occupait alors le i^ede Reims, et du rétablissement d'Arool. Ce discours est une apologie éloquente Ibiea écrite, dans laquelle Gerbert expose MBinent et par quels motifs il avait accepté >in)uvernement de cette Eglise, auquel il riilété destiué, dit-il, à la mort de I arche- ^ue Adalboron , et dont Arnoul n'était irvenn alors è Teiclure qu*en employant t voie de la simonie. On a plusieurs éditions (cet ouvrage; Baronius lui a donné place las ses Annaleê; Dom Marlot l'a inséré las son liiêîoire de lEglUe de Reimê^ et le P. ibbedans sa collection ^énéraledes conciles. Sur Fépiseopai. — Dans un discours pro- >ncé en présence d'un grand nombre d'étques de prêtres et de diacres, il prit pour ijet i*e&cellence de l'épiscopat. Il s'attache en démontrer la supériorité sur toutes les i^nités temporelles des rois et des princes, Kî la raison , dit-il , que les rois et les noces so mettent à ùenoux devant les >^^|ues, qu'ils baisent leurs décrets, qu'ils -recommandent à leurs prières. A plus forte li^on, conclut-il , sont-ils au-dessus de la aUitude que Jésus-Chsist a commise à urs soins. La conséquence qu'il en tire , <;M que plus la dignité épiscopale est su* liuie , plus les évêques. doivent se montrer tpéritiurs aui autres par la sagesse de leur ^oiJuite, chaque profession devant se dis- "ôuer moins par le nom que par les 'tvrtfs. Dieu exigera de nous en proportion ;i Itouneurs auxquels nous aurons été é\e* 'N il demandera plus à un évêque qu'à un ^tre, plus à un prêtre qu'ft un diacre, plus uu diacre qu'à un des ministres inférieurs, plus à un clerc qu'à un simple laïque.

De là il explique les devoirs d'un évêque en

Saraphrasant le chap. III de la T* EpUre â Hmoihée. Puis il invective contre les abus qui déshonoraient le clergé. Les saints ordres étaient mis à l'encan; on payait |)onr devenir évêque, prêtre, diacre, abb:^. Aussi

3uels ministres de pareilles ordinations onnaient-elles à l'Eglise? Des hommes qijî pour la plupart n*avaient d*autre mérite pour y parvenir que ceLii que donnent les richesses. Il c(>mpare*ta simonie à la lèpre de Giezi, et la manière dont il la combat est d'autant plus capable de faire impression, qu'elle est plus naïve et plus circonstanciée. Il finit ce discours par une courte prière, dans laquelle il conjure TEsprit-Saint de venir au secours de tous les évê(|ues, afin

Su'ils mettent en pratique ce qu'il leur a it avec son inspiration. Lbttbes.— Ses lettres que l'on possède au nombre de cent quarante-neuf, divisées en p|usieursrecueils,traitenlplu5 ordinairement d'intérêts politiques que de toute autre matière. Ces recueils sont très-mal rédigés; les éditeurs n*ont pas même séparé les lettres que Gerbert écrivit en son profire nom d avec celles de plusieurs personnages de distinction, auxquels il prêta sa plume. La plupart sont très-courtes, d*un.style laconique et sentencieux, sachant se varier cependant suivant les personnes et les circonstanres ; ce qui marque en Gerbert une souplesse de génie qui savait s'accommoder à toutes les circonstances. Ce que ces lettres offrent de plus surprenant, c'est que l'auteur y remplit

Îuelquefois les fonctions de secrétaire pour eux personnes ennemies déclarées l'une de l'autre. On en voit un exemple dans les lettres 31' et 32% écrites par lui sous le nom de Thierrv, évêque de Metz, au prince Charles , frère du roi Lothaire, et du prince Charles à cet évêque. Elles sont Tune et l'autre très*vives et remplres d'injures grossières. L'évêque de Metz reconnaissant apparemmentque la lettre et la ré^tonse étaient de la même main, s'en plai^^ni t. Gerbert « pour l'apaiser, lui écrivit une lettre d'eieusesy ou il reconnaît sa fiiute dans le style d'un homme tout disposé à y retomber. On a une lettre, adressée au nom d'Adalbéron à l'impératrice Théophanie , dans laquelle cet archevêque de Reims demande un évêché pour Gerbert, qu'il représente à cette princesse comme un de ses fidèles serviteurs; ce qui montre que Gerbert prétendait à l'épiscopat. Il dit dans une autre que l'archevêque Adatbéron l'avait désigné pour son successeur, du consentement de tous les évêques, du clergé et de t<>us ses vassaux. Mais ailleurs il n*allègue pour témoins de cette désignation que quelques hauts personnages.

Il parle souvent des mouvements qu*il so donnait pour former une bibliothèque, et des sommes qu'il dépenyait à faire transcrire et à acheter des exemplaires des bons auteurs, tant à Rome que dans le reste de l'Italie, la Germanie et la Belgique. Il cite entre autres écrivains Pline , Eugraphius, Jules César, Suétone et Aurélius, Cicéron, le rbé-

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Iheur Victoria, Siaee, Claudien, la dialectique et l'astrologie de Boëce, Maniliust un Espiignol nommé Josephiqui avait composé un traité d*arilhméUque, et un médecin oculiste nommé Démosthènes. Il pria Lupitus de Barcelone de lui envoyer le livre d*astrologie qu*il avait tc^duit, et lui offrit en <'?change ce qu'il lui plairait de désigner.

Profession de foi. — Une autre de ses lettres contient la profession de foi rjuMl souscrivit après son élection h rarchevèché de Reims. Il y reconnaît en termes clairs et précis qu*il n*y a qu*un Dieu en trois personnes; que le Fils seul s*est fait houmie en s*incarnant de la Vierge; qu'il a pris aussi une âme raisonnable, de sorte qu'il réunit la nature divine et humaine en une seule personne; d*où il résulte qu'il n'y a qu'un Fils, qu'un Christ, qu'un Seigneur, auteur de toutes les choses créées de l'Ancien et du Nouveau Testament. Jl déclare qu'il a vraiment soutfert dans sa chair, avec laquelle il est mort et ressuscité, et dans laquelle il viendra juger les vivants et les morts. 11 pense que le diable est devenu mauvais, non par sa nature, mais par son libre arbitre; qlie nous ressusciterons dans la même chair dans laquelle nous vivons ; qu'au jour du jugement chacun recevra selon ses œuvres, la peine ou la récompense. « Je ne détends le mariage ni ne condamne les secondes noces, ajoute-t-il ; je ne blâme pas non plus l'usage de manger de la chair. Je confesse que l'on doit accorder la coda*' munjon aun pénitents réconciliés, et que par le baptême nous obtenons la rémission tant du péché originel que des péchésactuels; et que hors de l'Eglise il n'y a point de salut. Ënfln, je reçois les quatre conciles que l'Eglise universelle notre mère reçoit.» Cette profession de foi se trouve dans la Collection des conciles, tome IX.'

A Séguin, — Le Pape Jean XV, dans un concile tenn à Rome, en 993, avait cassé la déposition d'Arnoul et l'élection de Gerbert, et interdit tous les évoques qui y avaient pris part. Non -seulement Gerbert refusa d'obéir; il eu détourna encore Séguin, archevêque de Sens, par une lettre qu'il lui écrivit quelque temps après.. Les partisans d'Arnoul disaient que, pour la déposition de cet évêque, il aurait fallu attendre le jugement du Souverain Pontife. Sur quoi Gerbert^ supposant que le jugement rendu au concile deSaint-Basle contre Arnoul était canonique, répond qu'ils ne sont pas en état de montrer que la décision du Pape n'est pas plus grande que le jugement de Dieu. D'où il conclut qu'en vain le Pape prétend séparer de sa communion les évêques qui ont eu part à la déposition d'Arnoul. Suivant lui, on ne |>eut pas appliquer au cas présent ce que dit saint Grégoire : Que le troupeau doil craindre la présence du pasteur^ puisque ce ne sont pas les évêques, mais le peuple qui forment le troupeau. « Vous^ n avez donc pu, dit^il à Séguin, être suspendu de la communion pour un crime que vous n'avez pas confesse, et dont vous

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