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DlCTlONxNAUiË
SYN
femme comme un premier obstacle à son ordination. r*
II écrivit dans le même sens h son frère ^ Evotius, pour lui faire connaître tout ce qu'il pensait sur l'épiscopat ; il souhaite que sa lettre suit lue de beaucoup de personnes, «( afln, dit-il, que, quoi qu'il arrivât dans cette atfaire, il en pût être innocent devant Dieu ut devant les hommes. » Il fit aussi ses re* monirances à Théophile et au clergé de Ptoiéraaide; mais enfin il fut obligé de céder, et mit tout ^an jugement de Théophile, se soumeltant-ii ce joug dans Tespérance que celui qui était te mattre de sa vie serait aussi son protecteur dans Fétat où il rengageait et avec la connaissance que ce qui est im* possible en soi-même est possibto à Dieu; il se promit qu'avec le secours de sa grâce, il éprouverait que le sacerdoce, au lieu de le faire descendre de la philosophie et de la contemplation de la vérité, l'y élèverait encore davantage. Il écrivit donc aussitôt aux prêtres de Ptolémaïde, de prier pour lui et de faire faire pour son ordination des prières tant publiques que particulières, atout le peuple de la ville et dans toutes les églises de là campagne. II fut sacré par Théophile vers i*an 410, après avoir sans doute donné des preuves de sa docilité et de sa foi sur les points essentiels. On voit en effet qn"\\ persuada à un philosophe nommé Evagre, son ami et son compagnon dans les lettres humaines, de se faire baptiser et de croire qu'après la fin du monde tous les hommes qui sont nés depuis la création, ressusciteront daus leur même corps ; que leur chair deviendra incorruptible et immortelle ; qu'ils vivront ainsi éternellement et recevront la récompense des actions qu'ils auront faites lorsqu'ils étaient revêtus de leurs corps mortels. Photius dit aussi qu6 Synésius, aussitôt après son épisr/Opat, embrassa la doctrine de l'Eglise sur la résurrection.
Il mit un intervalle de sept mois entre son ordination et l'exercice de ses fonctions épiscopales, pour se donner le loisir d'en méditer l'importance, et de considérer à quoi elles l'obligeaient. Résolu ensuite de les remplir autant c|u*il serait en lui, il ne se mit plus en peine des honneurs ni des mépris des hommes; il croyait même avoir oblig'ition à ceux qui le persécutaient, et regardait les injuresqu'on lui faisait à cause de Dieu comme une espèce de martyre.
Outre l'instruction qu*il donnait à son peuple il prenait encore soin des affaires temporelles de ses diocésains, et de celles même qui regardaient le corps de la ville en particulier. Il chassa de son diocèse les eunomiens (]ui, sous prétexte de quelque procès, étaient venus en Libye; mais, en effet, pour y établir leur impiété. Les peuples de la Pentapole affligés de la conduite tyrannique d'Andronicde Bérénice, qui, à force d'argent, était passé de l'état depêcheuràcelui de gouverneur de cette province, eurent recours à Synésius; car ses crimes étaient montés à leur comble et contre Dieu et contre les
hommes. S^mésfas lui fit des remontrances; mais elles furent sans effet. Les reprocher ne servirent qu'à raigrir,et cet impie, (Hinr témoigner plus de mépris pour cet évèque. fit attacher à la porte de l'église une ttrdonnance par laquelle il défendait àctst qui étaient poursuivis par ses ordres \lt «f réfugier auprès des autels, et menaçaii.^ prêtres qui les y recevraient des peint*» l^ plus cruelles. Un homme de c[ualité,quiiut eu avec Andronic quelque différend [ifibr un mariage, fut tourmenté par le tyran la premiéte adversité qui lui arriva. Pujr assouvir sa vengeance il fit torturer cet homme en plein midi, afin que la chalf';: du soleil empêchât le monde d'y assisbr. Synésius informé de cette cruauté y acrou* rut, mais sa présence ne fit qu'irriter daiactage Andronic, qui dans sa fureur etn)a1;:re sa qualité de Cnréticn prononça par Irot* fois cette impiété : « C'est en vain que u espères en l'Eglise : personne ne te (lelt« vrera des mains d'Andronic, quand tu l'aUacherais aux pieds de Jésus-Clirist même. • Synésius regarda Andronic comme nu incorrigible et prit le parti de le retrancher de la société des fidèles. Après avoir asseio* blé son clergé de Ptolémaïde, il dressa un' senteuce d'excommunication en ces termes: «Qu'aucun temple de Dieu ne soit otiverd Andronic, aux siens et h Thoas; que (ou: lieu saint avec son enceinte lui soit fermé; le diable n'a pas do part au paradis. Si mén!< il y entre en secret, qu'il en soit cha^fi' J'exhorte tous les particuliers et les mè^^ trais h ne pas s'abriter sous le mèœe Vt\\ ni à participer à la même table ; mais pir> ticulièrement les prêtres à ne pas lear
[varier de leur vivant et à ne pas assister s eurs funérailles. Si quelqu'un méprise ceî^ Eglise comme un siège peu iniportant, et et croit pas devoir lui obéir à caiise de sa [^jxvreté, il doit savoir qu'en recevant !et excommuniés il déchire l'Eglise qui d'il être une, selon le vœu de Jésus-Christ. Noos éviterons de manger et à plus forte rai^^n de participer aux saints mystères averco'ui qui participera avec Andronic et 71ms,
Juand même il serait diacre, prêtre **! vêque.» L'acte d'excommunication était r compagne d'une lettre adressée à tous 1^ évêqucs au nom de l'Eglise de Ptoléuiati^ dans laquelle Synésius leur marqua '^ raisons qui l'avaient porté à rendre M' sentence contre Andronic. Il lut aussi'' acte dans rassemblée do son peuple; oi^* au(:aravant il fit un discoursdans lequel.irft» avoir marqué la répugnance avec laqo:''* il s'était chargé de 1 épisconal, les fieic^'
3u'il V souffrait et en particulier les tv'm^'i 'Andronic, il exhortait son peuple à cIjhum: un autre évêque« Il fait voir dans le ojt^^ discours qu'il n'est guère possible de réuDir ensemble deux gouvernements, iespiriiu;'^ et le temporel. « J'ai voulu, dit-il, voiis fout voir par expérience, que joindre la l'Uissao't politique au sacerdoce, c'est filer ensemlji^ deux matières incompatibles. L*aoti<iuit^ < eu des prêtres qui étaient juges : les Egj;*
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tiens et las Hébreux ont été longtemps gouvernés par les prêtres; mais, à mon avis, depuis que cette œuvre divine a été traitée buuiainement. Dieu a séparé ces genres de rie : il a décJaré Tune sacrée, Tautre politique; il a attaché les uns à la matière, les autres à lui-iriAme ; ils doivent s*ap|»liquer ADi affaires et nous à la prière. Pourquoi Tûulez-vous joindre ce que Dieu a séparé, et DOQS imposer une charge qui ne nous convient pas? Avëz-vous besoin de protec* tion 7 adressez-vous à celui qui est char^ de ]*eiécution des lois. Avez-vous besoin lie Dieu ? allez à Téviâque. Le vrai sacerdoce a f>our but la vraie contemplation, qui n« s'accorde pas avec l'action et le mouvement des affaires. Je ne condamne pas toutefois les évèques qui s'appliquent aux affaires; mais dans ma conviction que je ne |iuis à peine suffire pour Tun des deux, ladmire ceux qui peuvent l'un et l'autre. » Audrontc, effrayé de l'excommunication, promit de changer de vie. Tout le monde intercéda pour lui; Synésius était le seul d'aTJs de ne uas le recevoir, persuadé que ce o'était qu^n^pocrisie de sa part. Il céda toutefois à l'avis des évèques plus expéri- Deotés que lui, différa d'envoyer sa lettre l^r laquelle il devait notifier son excommu- &ic:\tioD, et le reçut à condition qu'il traiterail ses semblables avec plus d humanité, iodronic se livra à des excès plus grands {u'auparavant ; et Synésius faisant valoir la ienteuce d'excommunication qui n'était que •u.H'H)due, avertit les évèques de lui inleriire rentrée de l'église, « afin que, si nous 3e (^K)uvons pas, leur dit^l, remédier à ses ié-ordres, nous évitions du moins d'y participer, en fermant aux sacrilèges les temples sacrés. k Andronic tomba plus tard dans a disgrâce des puissances séculières ; alors »}nésius fut touché de compassion pour on malheur. Il se plaignit de la sévérité kit ou usa envers lui, le délivra par ses nsian< es réitérées du tribunal funeste où on voulait lui faire son procès, et écrivit à r))éophile d'Alexandrie pour le prier d'asisier ce malheureux dans sa misère. Il iDissait sa lettre en disant que, s'il lui ac- '>rdail cette grâce, ce lui serait une mariue que Dieu n'avait pas entièrement abani«jnné Andronic. Tout ceci se passa dans la -remière année de 1 ordination de Synésius. Ji consulte sur les défenseurs de saint "^hysostome. — Ce fut encore dans la preuière année de son épiscopat que Synésius oosulta Théophile aAlexandrie au sujet 'Alexandre, évèque de Bésinopole en Bithyiie, qui avait été fait évèque par saint Chryostome, et qui pour être decaeuré ferme dans B défense de ce saint évèque, avait été conraint comme les autres de laisser son dioei»e et de venir demeurer à Ptolémaïde. Il y aidait lorsque Synésius en prit le gouverernent. A la vue des pénibles traitements u'i) endurait, du peu de considération que OQ avait pour lui et de la conduite des prèes qui refusaient de le recevoir chez eux ans la crainte de violer les canons de l'E-
glise, il écrivit à Théophile pour savoif co qu*il avait à faire lui-même, et s'il devait traiter Alexandre comme évèque ou commo particulier, t Car il faut, lui dit-il, que nous tionorions la mémoire d'un homme mort»
et que la mort éteigne toutes nos querelles.» Théophile ne jugea pas à propos de répondre à cette lettre ni à une seconde que Synésius lui écrivit sur le même sujet. 11 lui rendait aussi compte dans celle-ci de diverses commissions qu'il lui avait données dans ta Penla(K)le. La première regardait les Eglises de Palébisque et d'Hydrax, bourgades sur la frontière des déserts de Libye. Théophile souhaitait que Synésius mit un évèque à Palébisque, ei par là tirât ces deux bourgades de la dépendance do l'évêque d'Erythres. Svnésius alla sur les lieux, assembla le peuple, leur rendit les lettres de Théophile et voulut leur pisrsuader d'élire un évèque; mais quelque mouvement qu'il se donnât, il ne put jamais vaincre l'anectioii que le clergé et le peuple de Palcbisquo avaient pour Paul, évèque d'Erythres, de qui ils dépendaient. Ainsi cette bourgade, comme celle d'Hydrax, demeura soumise à l'évêque d'Erythres. La seconde commission de Théophile regardait un différend qui avait eu lieu entre l'évêque d'Erythres et celui do Dardanis, au sujet d'une ancienne forteresse située sur les confms de ces deux diocèses. Synésius accommoda les parties en persuadant à Dioscore, évèque de Dardanis, de vendre è Paul d'Erythres cette forteresse et toutes les terres qui y étaient jointes. Une troisième commission de Théophile était de régler un démêlé survenu entre deux prêtres, Tun nommé Jason, l'autre Lamponien. Jason avait attaqué Lamponien qui le maltraita. Mais d'après son repentir et ses larmes, Synésius le sépara de la communion de l'Eglise, le renvovant pour obtenir son rétablissement à la chaire pontificale, c'estè-dire, à Théophile, et ne lui accorda pas d'autre grAce, sinon que tous les prêtres qui se trouveraient présents pourraient lui donner la communion, s'il se trouvait en danger de mort. Il ajoute que si Lamponien revenait en santé, il retomberait sous la censure îusqu'à ce qu'il eût obtenu son pardon de l évèque d'Alexandrie.
De trois enfants que Synésius avait eus de son mariage, il ne lui en restait qu'un lorsqu'il écrivit à son frère sa 88' lettre, et on voit par la 125' qu'il perdit ce dernier fils quelque temps après. On ne sait pas en quelle année il mourut lui-même; mais on ne peut différer sa mort au delà de l'an kSO^ puisque son frère Evotius, qui lui succéda dans I évêché de Ptolémaïde, assista en celte qualité au concile d'Ephèse, en 431.
Sks écBiTS. — De la royauté. — Synésius avait composé un assez grand nombre d'écrits qui sont presuue tous venus jusqu'à nous et ont mérité l'estime des plus habiles critiques. Le premier dans l'édition de Paris de 1612, est intitulé : De la royauté ou de la conduite des rois. C'est une harangue que Synésius prononça devant l'empereur
15ffl
SYN
DICTIONNAinE
SYN
lorsqu'il fui député par sa province pour en obtenir quelques secours. Evagredil qup co prince était Théodose le Grand; mais il est évident par le discours même de Synésius, qn^il s'adressa à un jeune prince qui était ]rarvenu à l'empire par sa vertu. Ce prince ue peut être qu'Arcade, fils de ïhéodose. 11 donne à ce prince dans son discours d'excellentes instructions pour se conduire dans le gouvernement, et lui fait voir qu'il n'y a que la vertu qui mette de la différence entre un véritable roi et un usurpateur : que le bonheur d'un prince ne consiste pas dans la
f)uissance que Dieu lui a accordée, mais dans a sage administration de son empire, 11 y iail voir que le fondement le plus solide do la royauté est la religion et to piété, que c'est le luxe qui a été la cause de la décadence de l'empire romain et que cet empire ne subsisterait |>as longtemps^ si les nations élraiïgères, entre autres celle des Golhs, y avaient quelque crédit. 11 fait aussi à Arcade un portrait de la manière dont un prince doit se conduire en temps de guerre comme en temps de paix et cela d'après les anciens philosophes, et en particulier de Platon et d'Aristote,
/Kon, ou dé la conduite de sa vie. — Il n'y avait nas longtemps qu'il était marié, lorsqu'il écrivit son traité intitulé :Dîon, ou de la conduite de sa m, puisqu'il y- remarque que Dieu lui avait promis un enfant pour rannée suivante. 11 déclare dans une lettre qu'il le composa pour répondre à certains sophistes Ignorants et envieux qui lui faisaient des reproches de son application aux belles-lettres, à polir sou style, à exprimer ses pensées avec agrément et de son trop d'étude à citer dans ses écrits les poètes et les orateurs. Ces mêmes sophistes trouvaient encore à redire sur les exemplaires des livres dont il se servait et les accusaient de n'être pas corrects. 11 réfute la première de ces accusations en faisant voir avec beaucou[) d'éloquence que l'étude des belles-lettres, la poésie ei la rhétorique sont d'une très- ];rande utilité. Pour la seconde accusation, il fait voir qu'il est quelquefois bon, pour exercer l'esprit, de n'avoir pas des exemplaires parfaits. Il adressa ce traité à son lils quoiqu'il ne fût pas encore né. Il y fait réloge de saint Antoine et de saint Amon, et s'étend beaucoup sur les moines et les solitaires par rapport è la contemplation età la connaissance de la vérité, qu'il regarde comme un effort de l'esprit et de la méditation de l'homme. Son désir eût été, dit-il, que la nature eût rendu rhomme capable de s'appliquer sans cesse à la contemplation de la vérité, sans avoir besoin de repos et de divertissement; mais puisqu'il n'était pas exempt de ce besoin, comme Dieu, ni réduit à trouver sa satisfaction dans ks plaisirs du corps, comme les bêtes, il ne trouvait f>as de moyen plus innocent f«t plus proportionné à son occupation principale, que de s'amuser è faire quelque pièce d'esprit et d'éloquence. Il y reconnait que r&me ne peut être le bien souverain et par
essence, parce que si cela était, elle ne serait jamais dans le mal; qu'ainsi, il faai qu'elle s'élève au-dessus d'elle-môine ikjut trouver le véritable bien. On a donné à a; traité le nom de Dion parce que l'auteur y allègue souvent l'exemple de Dion Chryso:*tome.
Eloge d'un chauve. — Dion de Conslantinople, dans un discours intitulé VEioqtiSu chauve, tâchait de montrer qu'il était pb convenable à l'homme qu'à la femme île prendre soin de sa chevelure. Sjnésiusçctreprit de le réfuter par un écrit inlilulé: Eloge du manque de cheveux à la télt, Quoique la matière paraisse entièrement sténit, Synésius la traite avec beaucoup d'élendui*. d'élégance et de netteté; son discours ^m orné de beaucoup d'érudition et d'une \i* riété admirable de raisonnements et (let> gures. Cetouvrage seul fournit une preuve suffisante de la force , de la beauté et de l'étendue de sou génie. 11 y remarque que les portraits des hommes illustres que Ton ^ar» dait dans les cabinets, comme de Dio^^eof, de Soc rate et autres, avaient la tête chauve. Il déclare, que le manque de cheveux éuii si ordinairement regardé comme une preuve démérite, que lorsque les peintres voulâieui re[)résenter un comédien, ils lui faisaien; une belle chevelure, et donnaient au con* traire 4ine tête chauve aux philosophes, auv prêtres etauxauUes personnes dedistiociihu.
De la Providence, — Son Traité de la ?r*tidence esi divisé eu deux livres. C'est u&f description énigmatique des calaoïiiés pu* bliques de son temps, représentées sou^ le nom de deux frères, rois d'Egy|)te, Osifii et Typhon, d'un génie tout opiosé. Syncsius y fait voir que dans les évéueiiiecii contraires de la vie, on ne doit |>as >'ei prendre à la Providence, mais admirer (H tout la sagesse de Dieu« On croit que |^f Osiris, il entend Aurélien qui remplit >h fonctions de préfet d'Orient à la sati^factu» d« tous les peuples de l'empire. Par Tvpboîi il désigne Gaïnas qui, favorable aux GUî^ seuls, causa beaucoup de maux en Occi^eoi. et fut même cause de l'exil d'Aurélien.
Discours sur le psautthe lxxv. — Le di^• cours de Synésius sur le psaume lxxv oV^t pas entier. 11 s'y applique à démontrerqu^ 3 doit passer les fêtes dans la piété et b y*briété,que le même Esprit a parlédans jA^ Gien et le Nouveau Testament; qu'à ^iInlt^ tion d'un peintre habile, il a d'abord éi^^j' ché son ouvrage, et ensuite l'a rendu f«'* fait. 11 ajoute que l'Espril-Saint ne s'esi^^ embarrassé du style dans les écriv^ifl^^* crés, ni d'une trop scrupuleuse exactil&ti-* dans les choses de moindre couséquem^
Traité des songes. — Synésius parle dâfi> son Traité des songes de sa légation à ùjo^' tantinople comme d'un événement arrive assez longtemps auparavant. Ainsi il &u^ mettre cet écrit après l'an 400. Avant de ie rendre public il l'envoya avec son Dieni Hj^pacia pour en avoirson jugement, et atio. lui dit-il, que le hombreiût compter, il en joignit un troisième sur le présent qui! ata»^
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SYN
DE PATOOLOGIË.
STN
fait pendant qu'il était ambassadeur. C'était
un astrolabe (i*argent qui, selon la description qu'il en fait dans son discours à Paon, était un globe terrestre, quoiqu'il ne fût pas ce semble d*une figure ronde : ce qui nous paraît diflieile à expliquer. Lo Traité des $ortçe$ renferme plusieurs remanjiies sur l'origine» la vertu et les signiHcaltons des son;:PS. On y trouve quelques expressions qui tiennent beaucoup du paganisme. Nous avons le commentaire que Nicéphore Grégoras, patriarche de Constantinople, a fait sur cet ouvrat^e. Synésius s'y déclare fort hat)ile dans fart d'expliquer les songes et témoigne souhaiter de transmettre cette coniiai^ssance à ses enfants. 11 acheva sou traité des songes en une seule nuit.
Ses LETTRES. — Nous avons de Synésius root cinquante-cinq lettres parmi lesquelles oous choisissons les plus importantes pour en rendre compte. Le lecteur du reste se fera tacitement une idée du contenu des autres (juand il saura que nous en avons extrait les événements qui nous ont servi à imposer sa biographie.
Dans la h' de ses lettres, Synésius fait la description d*un naufrage qu'il avait essuyé et remarque que le pilote, qui était juif et aussi scrupuleux observateur de la loi que les Macbabées, abandonna le gouvernail la veille du samedi après le coucher du soleil ; les supplicationsni les menaces ne purent le lui faire reprendre si ce n'est vers minuit que le vaisseau se trouva en danger de périr. Alors il le reprit disant que la loi le lut permettait, parce qu'il y avait danger de mort pour ceux qui étaient sur le vaisseau. Dans sa kï' lettre, il donne conseil à un officier nommé Jean, Phrygien d'origine. Cet officier était accusé d'avoir fait assassiner Eusilius, son (iropre frère. Les uns assuraient la vérité de ce fait, d'autres^ prétendaient au contraire que c'était une calomnie inventée par ses ennemis. Sy-
t'sius, persuadé d'un côté, que Jean était
Ot
très-capalde d'avoir commis ce crime, cl de l'autre qu'on le lui'imposail faussement, lui conseilla de se remettre entre les mains de l« justice lui et ses complices, pour y justifier sa réputation, s'il élait innocent, ou l«»'\r expier sa faute s'il élait coupable, et éviter par Je supjilice qu'il souffrirait en cette \ie la peine cju'il aurait dû craindre pour l'aulro. ]| y fait voir l'utilité qu'il y a de souffrir en ce monde |>lulôt qu'en Tautre, et que jî^ fuite de tout pôwhé est le premier de tous 1^'^ i)iens, tandis que l'innocence recouvrée l'aria p('-uitence;estunbien de second ordre. La ()7' regarde le différend qui régnait j-ntrc Dioscore, évèque de Dardanis, et rau^ évoque d'Erylhres, au sujet des res- ^e» d'un château situé sur les confms de us deux diocèses. Paul prétendait que ce lieu lui appartenait, parce qu'il y avait con- Mcrè une église, érigée sur les débris d'une *"îre plus ancienne ; Dioscore swtenait 5"ece lieu lui api)arlenait de tout temps; " convenait, il est vrai, qu'on y avait fait ^cs prières daus une incursion d'onncMïiis ;
mais qu'il n'était pas plus consacré pour cela que les montagnes et les vallées où l'on priait en pareilles occasions. Synésius, délégué par Théophile d'Alexandrie, pour terminer ce différend, déclara Dioscore pro* priétaire, et que Paul était dans son tort d'avoir apporté en fraude la pierre de l'église et le voile mystique en ce lieu, afin dc^ s'en emparer. Ainsi loin de considérer cette maison comme un lieu sacré, il ne douta pas qu'on ne dût le regarder comme un lieu ordinaire. « Je n'estime, dit-il, rien de saint ni de sacré, si la justice et la sainteté n'y tiennent la première place ; ainsi je n'ai point eu de respect pour celle prétendue consécration. Dieu s'approche de ceux qui sont sans passions; mais si la colère lait agir, comment le Saint-Esprit peut-il venir, lui que la passion chasserait d'une Ao)e, s'il y habitait auparavant? » Paul avoua sa faute, et Dioscore rentra dans ses droits à des conditions raisonnables. Dans la même lettre, Synésius se plaint à Théophile que des évêques en accusaient d'autres d'agir contre les lois, «r Leur but, dil-il, n'est pas de les faire condamner, mais seulement de procurer aux gouverneurs, appelés h juger dans ces circonstances, des gains injustes, j» Il s'y plaint encore de ces évéques erranU et vagabonds, qui abandonnaient volontairement la chaire à laquelle ils étaient destinés et cherchaient ailleurs, non l'honocur de l'épiscopat, mais leur intérêt temporel. Son avis, dil-il , est d'interdire toutes fonctions ecclésiastiques à ces déserteurs» de nu nas les recevoir dans le sanctuaire, et da les laisser parmi la ioule du peuple, jus^ qu*à ce qu'ils retournent dans leur propre Eglise. Peul-être ce traitement les y leni rentrer, alin de trouver l'honneur après lequel ils aspirent, plutôt que de n'en recevoir nulle part. On voit ici un exemple de* la communion laïque, à laquelle ou soumettait les clercs pour les punir.
Dans \a 121* lettre, il parle de l'eau bénite que Ton plaçait h la porte des églises, pour servir de purification à ceux qui y entraient. Il y loue la valeur de quelques prêtres qui, au sortir de la messe, avaient conduit leurs fidèles contre les ennemis et les avaient défaits après la prière. Il ajoute qu'un diacre nommé Fauste, combattit luimême et en renversa plusieurs. Néanmoins dans la lettre précédente, il dit que les clercsnedoivent pas prêter leurs brasà la justice et déclare que la prière est leur seule arme.
On a mis h la suite des lettres de Synésius, un fragment de discours qu'il prononça la veille de la Naissance du Sauveur ; mais il ne contient rien de remarquable.
Cataslase. — Synésius dans son discours intitulé, Calaa^a«e,termedont on ne connaît pas bien la signification , fait Téloge d'Ansius qui avait conservé laPentapole pendant qu'il avait été gouverneur, et décrit les maux dont elle fut accablée sous le gouvct*nement de Gennade. Il fut lui-même a»sién'j dans Ptoiémaïde; pendant le siotS?» il
SYN
DICTIOXNAIRB
SIR
nai
fut réduit à garder une conrlinet h frtre toujours sur les remparts, à ordonner des gardes pour la nuit, à monter Ja garde a son tour» et il paraissait plutôt, nous dit-il, engagé pour porter les armes avec les soldats plutôt que pour prier pour les autres. Dans cette extrémité, il ne savait à quel parti s'arrêter : d'un côté il attendait un Taisseau et que la mer fût tranquille, pour s'enfuir dans quelque Ile çt y passer le reste de ses jours; d'un autre côté il était détourné de ce dessein par cette pensée (]ue la fuite entraînait nécessairement l'abandon de TEglise et de l'autel. Son dernier parti fut de s'attacher inviolablement aux saintes colonnes de Tautel. «c C'est là, ii|oute-t-iI , que je me tiendrai tant que je Yivral et que je veux reposer après ma mort. Je suis le ministre et le sacrificateur de Dieu, et il faut, peut-être, que je lui offre ma vie en sacrifice. H sera sans doute touché de Toir l'autel sur lequel on ne lui offre pas de sang souillé [)ar le sang du prêtre.
Eloge dCAnysius. — L'éloge d'Anysius est un discours qu'il prononça dans une assemblée des villes de la Pentapole, pour demander à l'empereur qu'il continuât à gouverner dans sa charge, et qu'on lui envoyât un renfort de deux cents de ses gardes. Ces troupes passaient pour avoir beaucoup de valeur et étaient bien disciplinées. »
Hymnes de Synésiuê, — Les hymnes qxxu composa sont au nombre de dix. Il jiaralt par la troisième qu'il les composa pendant le séjour que sa légation l'obligea de faire à Constantinople. Il y implora par de fréquentes et de très-ardentes prières le i^ecours de Dieu, afin d*être délivré des passions et des désirs déréglés de In cupidité. Il y reconnaît que les ministres de Dieu, les anges, lui portent nos prières, et reconnaît en Dieu une trinité de personnes en unité de substance. Il attribue au Saint-Esprit le nom de centre du Père et du Fils, et parle assez clairement de l'intercession des saints, et du secours que les anges donnent aux hommes dans leurs besoins. Il s'exprime d'une manière très-claire sur l'Incarnation et Tunion des deux natures en Jésus-Christ, de qui il espère trouver une vie douce, paisible, exempte de soucis et de traverses; une jeunesse glorieuse et une vieillesse honorable, enfin le pardon des péchés comme naturels h son cœur et nés avec lui dansune âme souillée.
Ouvrages perdus. Synésius parle dans sa lettre 153' d'un ouvrage philosophique intitulé. Cynégétique^ très-goûté des jeunes gens, et semble aussi marquer sur la fin de son Dion qu'il avait, à Timitalion des anciens, composé des comédies et des tragédies.
Jugement de ston style. — Son style, au
tugement de Photius, est pompeux et sudime ; mais un peu trop orné de la magniflcence de la poésie. Ce critique estime particulièrement ses lettres qui, selon lui, sont pleines de grâce et d'aménité, les pensées en sont énergiques et les raisonnements forts et solides. Sus discours ne manquent
pas tion plus de ^râce et de solidité, snrtout lorsqu'il traite des matières profanes, et purement philosophiques. Malgré leur aridité, il sait les rendre agréables par d'excellents traits d'histoire et de fable. U philosophie n'a rien de sévère et de rebalaat, et dans le temps qu*il semble ne s'occuper qu'à amuser agréablement son lecteur par de belles narrations et par des descriptions bieo variées , il le conduit insensiblement à U connaissance des vérités importantes. Se& poésies sont très-vives et lrès-élevées,rt il emploie, pour honorer ses ancêtres, ledia* lecte dorique. Les nombres dont il se sert ne sont pas ordinaires , mais il convient qu'il en avait inventé quelques-uns. Quoique l'un y trouve des locutions sur la religion qui ne sont pas tout à fait exactes, uq ne peut douter néanmoins qu^il ne fût instruit de la religion chrétienne lorsqu'il lésa composés, puisqu'il y invoqueeipressémeoi le Fils de Dieu faithomme; mais il poural; n'avoir pas encore reçu le baptême lorsqu'il écrivit les quatre premiers. Et en effet, il prie Dieu dans le troisième de Im donner sa marque et son sceau, c'est-à-dire le baptême. Et aussi on sera porté a U5er d'indulgence envers un néopnyte rempli des idées de la philosophie païenne.
SYRUS ne nous est presque connu que par ['Histoire de saint Maieul qui lui est commune avec Aldebald. 11 était moine de Cluny et il avait été reçu dans ce roonastèrt par saint Odilon, successeur immédi.il de saint Maïeul. Garnier, confrère de Sjrus dont il connaissait le mérite , voyant que personne ne s'était encore mis en devoir décrire la Vie de ce saint abbé, le pressa m fortement de l'entreprendre, que celui-ci se rendit à ses importunités. Il dédia son ouvrage à saint Odilon par une épilre qui sert de préface et dans laquelle il raconte ie$ motifs qui Tout déterminé à ce travail. Il e$l divisé en trois livres, et les détails dans lesquels l'auteur est entré montrent qu'il était bien instruit des actions de son héros. Il n'a pas laissé cependant d'omettre quelques faits intéressants, de sorte que» encore qu'il soit celui de tous les historiens de saint Maïeul qui a le mieux réussi à tirer parti de cette riche matière, son ouTrai;e cependant ne suflit pas à le faire coonaître. C'est ce qui a décidé doiu Mabillon à y suppléer par un éloge historique da même saint, quil a tiré des archives de Cluny, et de quelques anciens écrivaic^ Du reste, il y a beaucoup d'ordre dan5Ϋ récit de Syrus, et le style, quoiqu'un p diffus, est tolérable pour le temps. Il a in>^re dans le troisième livre trois petites prière* de vers qui prouvent qu'en s'exerçant à '« versiOcation, il y réussissait beaucoup rooin> mal que la plupart de ses contemporaiu^' Dans tout ce qu'il nous apprend de saiot Maïeul, il n'insinue nulle part qui) '^^ connu personnellement; d'où Ton doit conclure qu'il ne se rendit moine à Clun.v qu'après l'an 994, qui fut celui de la mori de ce grand al)b6.