‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 150 sur 207 · T.VT · texte numérisé non relu

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TARAISE, secrétaire d'Etat de l'empereur GoDStantin et d'Irène, fut choisi pour succéder à Paul, patriarche de Constantinople, en 78^. Âtant d*accepter, il posa pour con- (litioD qu'on assemblerait un second concile géoéral contre les iconoclastes. En eflcty Aussitôt après son ordination, il envoya ses lettres synodales et sa profession de loi 411 Pape Adrien» et fit réunir un concile à Ni<ée en 787. Il s'opposa fortement au <iirorr.u de Constantin avec Timpératrice Marie, parce que, disait-il, cette action causerait lin grand scandale parmi tout lo peuple et déclara qu'il endurerait tous ïos tourments ()lutùt que de participer à ce crime. Taraise mourut le z5 février 806, après vinj^t et un ans deux mois d'épiscojtat.

Ses écrits. — Nous avons encore le discours de saint Taraise pour s'excuser d'accepter le patriarcat de Constaniinople. Si SAJnt Paul, dit-il, instruit par. le ciel, après avoir porté le nom de Dieu devant les (peuples et les rois, craignait encore d*être réprouvé, combien avait-il plus de raison (le craindre lui-même la réprobation, si» sans avoir aucun caractère divin, il entre- |freoait de faire les fonctions du sacerdoce, sdu? s'y ôlre préparé. 11 ajoute qu'il ne pouvait accepter I épiscopat pendant que la division subsisterait dans las Eglises d'Orient, que l'on se frapperait d'auathème et (jue l'on n'aurait pas travaillé h la réunion uans un concile général; car Dieu ne demandait que l'union dans son Eglise. Il écrivit sur ce sujet plusieurs lettres après ((u'il eut été placé sur le siège de Constantmople. La première est adressée aux patriarches dAntioche, d'Alexandrie et do Jérusalem. Taraise, après leur avoir fait ]>art de son ordination, fait sa profession de fui sur la Trinité, ITncarnation, Tinvocation et Tintercession des saints et le culte des images. Il condamne tous les hérétiques k commencer par Simon le Magicien et tous ceux (|ui depuis se sont élevés dans TEglise jusqu'aux monotbélites. Il déclare qu'il reçoit le sixième concile dans lesquels ils furent condamnés, et les cinq précédents, avec la doctrine nui y fut établie. Sur les images, il dit qu il y en avait qui représentaient saint Jean le précurseur montrant <lc son doigt un agneau, comme s'il eût montré Jésus-Christ, dont cet agneau était la G^ure. Lorsqu'on lut cette lettre dans le second concile de Nicée, les légats du Pape «lirent qu'elle était.ontièrement conforme à celle qu'avait reçue Adrien. Dans sa seconde lettre au Souverain Pontife après le concile ûù Nicée, il lui rend un compte exact de tout ce oui s'y était passé, de l'approbation <^e tous les évèques à sa lettre à l'empereur ^tde la «manière dont Constantin et Irène Avaient rétabli le culte des images et dans

les églises et dans leur palais. Dans sa troisième lettre au Pape Adrien, il se plaint fortement do la simonie de certains évoques et de ceux qui leur offraient de l'argent pour se faire ordonner. Il prouve par les témoignages de l'Ecriture, des Conciles et des Pères, qu'il n'est pas moins défendu do donner que de recevoir de l'argent pour les ordinations, et fait l'éloge de TEgliso romaine qui conservait la pureté du sacerdoce, parce qu'elle bannissait la simonie. Taraise écrivit sur le même sujet à un abbé nommé Jean, et lui dit que plusieurs moines s'étaient plaints au concile que la plupart des évèques étaient ordonnés par simonie. Quelques-uns apportaient pour excuse quo, s'ils avaient été ordonnés par simonie, i)s avaient fait pénitence de ce péché. Il est d'avis que, s'ils sont vraiment pénitents, ou les reçoive k lacommunion; mais comme les évèques, d'aprèsaaint Paul, doivent être irrépréhensibles,!! conclut que ceux qui auront conféré le sacrement de l'ordination à qui il aura été conféré par simonie^ soieul do-

f>osés du sacerdoce. 11 prouve dans la même ettre que le culte des images s'adresse à celui qu!elles représentent, et prie en même temps l'abbé Jean.de la communiquer aux moines et aux personnes de piété avec lesquelles il était en relation. On cite do Taraise une homélie sur la présentation de la sainte Vierge au temple ; mais elle n'a pas encore été imprimée.

TATIEN, écrivain ecclésiastique du xi' siècle, était Assvrien^d'oM^iAe et né dans la Mésouotamie. llfutdiscipie de saint Justin, souslequeU pendant plusieurs années, il étudia à Rome la doctrine chrétienne. Après la mort de ce saint martyr, il retourna dans sa patrie, où, privé de son guide , il adopta une partie des erreurs des valentiniens, des autres gnostiques et des marcionites. Il est accusé par les Pères de TK^Iise d'avoir easeîgné, après Marcion, qu'il y a deux principes de toutes choses , dont l'un est souverainement bon, et l'autre,, créateur du monde, est la source de tous les maux. Il disait que celui-ci n été l'auteur de TAucien Testament, et que le Nouveau est Touvrage du Dieu boa. Il condamnait l'usage du mariage, de la chair et du vin, parce qu il les regardai! conuue des productions du mauvais principe. Il soutenait, comme les docètes, que le Fils de Dieu n'a pris que les apparences de la chair; il niait la résurreciton future et le salut d'Adam. Il voulait que l'on traitât durement le corps, et que I on vécût dans une parfaite continence. Cetto morale rigide séduisit plusieurs personnes; ses disciples furent nommés eneratitti ou continents, hydroparastei ou aauarieus, parce qu'ils n'otfraient que de 1 eau dans les saints mystères; taiianiite$^ k cause de leur chef, apostoliquei et apotccliques^ etc»

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D:CTIO.NNAiftfi

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Tous les an(:i(*ns s'oeconlenl h «lîrp que Tatîen avait beaucoup iKesprit» (réloqucncte et d*ér!KJition ; il connaissait pariiiiteraent l'antiqnité païenne. Il aviiit composé beaucoup d'ouvrages , mais fTCsque tous ont péri. Il reste seulement de lui un Discours contre les pa'tcns^ qui manque d'ordre et de méthode; le style en est ditfus et souvent obscur, mais il a beaucoup d^érudilion profane. Tatien j prouve que les Grecs n'ont point été les inventeurs des sciences ; qu'ils ont emprunté beaucoup de choses aux'Hé* breuK , et qu'ils en ont abusé. On y trouve des réflexions judicieuses sur la théologie ridicule des païens, sur la contradiction de leurs dOi^mes, sur les actions infâmes de leurs dieux, et sur les mœurs corrompues des philosophes. Cet ouvrage est placé à la suite de ceux de saint Justin , dans l'édition des lU^nédictins. Il y en a eu aussi à Oxford en 1100, une très-belle édition in-octavo avec di*s notes, laquelle a été publiée par les .*«)ins du docteur Worlii , archidiacre de VV^orcesler,

Discours contre les patens, — Quelques ritations empruntées aux passages les plus ^aillauts de ce discours en donneront une idée plus exacte que Tanalyse que nous poumons en faire. L'auteur' s'adresse aux Grecs et il débute ainsi :

« Ne montrez pas, ô Grecs, tant d*élorgne« ment pour ceux que tous appelez barbares, et ne repoussiez pas leurs doctrines. £st-il une seule de vos connaissances que tous n'ayez puisée chez eux? i» Lè-dessusil fait le recensement de toutes les connaissances humaines pour en restituer l'honneur à ceux qui les ont découvertes, puis il conclui ainsi :

« Renoncez donc à cet orgueil, et ne par-* Jez point avec ostentation des beautés de voire lan^i;ue ; car en vous louant vous-mê^ mes, vous faites parler des avocats intéressés. Ceux qui s'attribuent une telle gloire, s'ils sont sa j^es, doivent attendre le témoignage des autres, et s'accorder ensemble sur la prononciation des mots. Or vous êtes le seul peuple qui, dans la conversation, ne fasse point entendre les mêmes sous; car le dialecte des Doriens n'est pas le mémo que celui des Attiques , et les Eoliens ne parlent point comme les Ioniens. Lors donc que je vois une si grande différence de prononciation entre des hommes chez qui il n'en devrait exister aucune, je ne sais plus qui je dois appeler Grec. Pour comble d'absurdité, vous recherchez les locutions qui vous sont étrangères, et par l'emploi de plusieurs mots barbares vous avez l'ait de votre langue un ama6 confus de [laroles. C'est pourquoi j ai renoncé à votre sagesse, quoique je fusse moi-même un des plus distingués et des plus illustres de vos philosophes. « En effet, comme dit le poëte comi- « que, ce sont là des feuilles stériles, un V vain babil, un vrai nid d'hirondelles; les « partisans de cet art font beaucoup de •« mal ; ils crient d'une manière indécente « et croassent comme des corbeaux. » C*est

ce qui vous est arrivé; vous avez faUsemr la rhétorique à l'injustice et à la calomnie; TOUS avez trafiqué de la parole qui doit toujours être indépendante; ce que vous avez défendu ici comme légitime, tous l'aTcz condamné ailleurs comme iqjuste. La poésie vous a servi h retracer des com)uls , le^ amours des dieux et les passions^llipitipues du cœur.

« Qu'a donc produit de si mervcilleî; votre philosophie? Quel est celui de k> sages, même parmi les nlus distingués, qui ait été exempt d'orgueil. > Et il les passe tous en revue , depuis Diogène, <|ui faivaii vanité de son tonneau, jusqu'à Aristote, qni assignait des limites à la Providence, tout en se faisant le lâche complaisant d'Alexsih dre, sans oublier Empédot^le, qui mourut enfumé dans un volcan de Sicile. « Ganleztous donc, leur dit-il, de vous laisser iraj^h ser par le concours de ces hommes qui iw sont rien moins que des philosophes, [>uiv qu'on les voit constamment en contradielioa avec eux-mêmes. Quelles rivalités ne reacontre-t-on pas parmi eux ? Ils se haïssent les uns les autres; ils combattent récifTr>' quemenl leurs systèmes; et, dans leur or-

Ï;ueil, ils se placent toujours au-dessus do eurs rivaux. Certes, au lieu d'aller offrir leur encens au pouvoir et de flaUer Ii'h princes» ils auraient bien mieux fait d'attendre que les grands vinssent à eux.

« Pourquoi donc, ô Grecs, soulever eontr> nous Topinion de tous, comme on le fersii dans une lice? Pourquoi me détester comme un grand criminel, si je ne veux pas imiter vos mœurs ? Le roi m'ordonne-t-it de pajff le tribut, je suis prêt ^à le satisfaire ; mon maître me commande-t-il de Je servir,jeiue reconnais son esclave ; car il faut rendre «t l'homme les honneurs qui lui convienaeot, mais on ne doit craindre que Dieu seul: Dieu que Tœil de Thomme ne peut voir, m fart reproduire. Si Ton me commande C^ renier Dieu, en cela seul je n*obéirai point, et je mourrai plutôt que de mo rendre co'ipable de mensonge et d'ingratitude. Notre Dieu n'a point commencé à exister dansl« temps, puisque» étant le principe de toutt> choses, il ne reconnaît lui-même aucao principe. Dieu est un esprit non mêlé à b matière , mais créateur [des esprits et d« formes de la matière. On ne peut le voir m le toucher, lui qui est l'auteur des çboses sensibles et des choses insensibles. Lesme^ veilles de la création nous le font coonallre, et ses œuvres nous montrent clairemest son pouvoir invincible. Loin de moiiapeu* séa de vouloir adorer ce qu'il a créé pour notre usage. Le soleil et la lune col éifaits pour nous; comment donc adorerais-;^' ce qui doit me servir? Comment ferai$-i« des dieux du bois et de la pierre f Car I esprit qui se mêle à la matière est bm inférieur à l'esprit divin, et puisqulil est sei»hlable à notre Âme, il ne mérite poioi f^ même culte que Dieu, Tëtre souverainement parfait. A ce Dieu ineffable nous n a* vous point de présent à offrir ; gMdoos-

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R«'U$bien de le supposer indigent, il n*a irf-soin Je rieo. Mais je vais exposer plus ( .lirement votre croyance.

« Dieu était au coraoïencement ; et , ce rnmmciicement, nous arnns appris que c*éi.ii(la puissance du Verbe. (Joan. i, 1.) Au it'tamenceoient , le souverain maître de luuies choses était seul , en ce sens que la

I nature n'était pas encore faite. Mais comme

II p^t la toute-puissance et le soutien uu la sabâislancc des êtres visibles et invisibles , tous élaieiit avec lui, et son Verbe, qui les M)Q(eoait aussi par sa propre puissance, ^uil en lui. Par un acte de volonté de cetle LMure simple, le Verbe est sorti et a paru, (co n'est pas dans le vide qu*il a paru, lui e premier ouvrage du Père; car nous sa- Mis qu'aussitôt qu'il s*est manifesté, le nonJe a été fait. Or le Verbe est né, non •ar retranchement mais par communicaliou ; ir ce nui est retranché se trouve par là )éme séparé de son principe, tandis que ce ui vient par communication et pour une inrdoa ne diminue en rien le principe ont il nrocède. De même qu'à la lumière uoseul flambeau on peut en allumer beauûop d'autres» sans diminuer pour cela la ui>:>taQce du premier, ainsi le Verbe, se lanifestant au dehors par la puissance du ère, ne le prive pas de son intelligence ou f sa sagesse. De même encore pendant que ) parle et que vous m'écoutez, la parole que ■TOUS transmets ne me prive pas de ma pa- 3le; mais, en vous faisant entendre ma voix, 'Coordonne en vous ce qui auparavant était insurdre. Et comme le Verbe, engendré u commencement , engendra à son tour o(re monde» après avoir produit lui-même I iialière ; pareillement régénéré moilituc, h rimitalion du Verbe), et éclairé de I ronnaisance de la vérité, je donne une itfiileure forme à un homme de même naire que moi. Car la matière n'est point iQs rommencemeni comme Dieu, et n'étant m[ sans principe, elle n\i point non plus u pouvoir égal à celui de Dieu; mais elle éié créée par l'ouvrier universel et non ^intpar un autre.

« Voilà aussi pourquoi nous croyons à la '^urrectlou des morts, après la consomma- <m de toutes choses, non point qu'elle "tre arriver sans aucune utilité, comme le tn>eniles stoïciens, et seulement d*après ^naines lois qui ramènent toutes les choses sns une espèce de cercle, et les font con- Queliement renaître et périr, mais nous ^'vons qu'elle n'aura lieu qu*une seule "S à la tin des siècles, et que l'homme ui rossuscitera pour paraître au jugement. p«*esl Dieu, notre arbitre et notre créa- '«r, (jui nous jugera. En vain traiteriez- |'U5 ce dogme de la résurrection comme tie croyance puérile et ridicule, cela nous iif»orte peu, car voici sur quelles raisons est appuyé. Avant de naître, tandis que n't'iûis pas, j'ignorais qui j'étais, et j'exis* *iâ seulementdans la substance de la chair.; •aisdepuisquejesuisné, moi qui n'existais »S je ne puis oouter de mon existence. Il

en sera de même de ma génëri^iion nouvelle. Quand par la mort j'aurai cessé d'être et de paraître, j'existerai de nouveau , comme autrefois j'ai reçu l'être que je n'a* vais point. Que ma chair soit réduite en cen« dres par le feu, le monde recevra cettematièra répandue dans les airs comme une vapeur* Que je sois englouti dans les fleuves, ou au fond des mers, que je sois déchiré par les bêtes féroces, je n'en resterai pas moins caché dans les riches trésors de mon souverain Maître. L*homme faible et lathéo ne peuvent voir sans doute cetle matière cachée; mais, dès que le Tout-Puissant le voudra, il rétablira dans son premier état cette substance qui n'est visible qu'à lui seul.

«Car le Verbe céleste, l'esprit engendré du Père, intelligence née d*une puissance intelligente, a fait l'homme à la ressemblance de son Créateur, à l'image de son immortalité , atin que l'homme , devenu participant de la divinité, eût aussi part à l'immortalité de Dieu. Le Verbe aussi a créé les anges avant la formation de 1 homme. Or, l'une et l'autre de ces créatures a été créée libre et non point essentiellement bonne; car cette prérogative n'appartient qu'à Dieu seul. Mais Thomme peut devenir bon par la libre détermination de sa volonté; de sorte que c'est avec raison Que le méchant est puni de ses iniquités , (ioni il est lui-même l'auteur, et que le juste est récompensé de ses bonnes actions, puisqu'il n'a point abusé de son libre arbitre pour trançresser la loi de Dieu. Voilà ce qui regarde la création des anges et des hommes. Cependant le Verbe, par sa puissance, prévovant ce qui devait arriver, non par nécessite du destin, mais par un libre choix de la part de l'homme, le Verbe, disje, annonçait les événements futurs, interdisait le vice, encourageait par des élo« ges, ceux qui persévéraient dans la justice. Lors donc que les hommes eurent suivi un génie plus astucieux que les autres, parce qu'il était la première des créatures, et qu'ils l'eurent regardé comme Dieu, bien qu'il fût en révolte contre Dieu, alors le Verbe n'eut plus rien de commun avec le chef de cette criminelle rébellion, ni avec ceux qui s'étaient attachés à lui. Dès ce moment, l'homme, créé à l'image de Dieu, fut abandonné de TEspril-Saint et sujet à la mort; mais le premier-né de la création, noiir avoir ignoré son devoir et transgressé fa lui de Dieu, fut changé en démon; ceux qui imitèrent son orgueil insensé, et se laissèrent prendre à ses illusions, formèrent des légions de démons et furent abandonnés à leur folie, parce qu'ils avaient abusé de leur libre arbitre.

« Bientôt ces derniers trouvèrent dans les hommes un nouvel alimenta leur révolte; car ieur ayant montré les astres, disposés dans les cieux comme des dés sur une table, ils introduisirent 1c destin, qui répugne à toute idée de justice. En elFot, d'après ce système, le juste cl le coupable ne doivent

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qu'au destin d*ôlro co qu'ils soni ; le meurtrier et sa Tîctime, le riche et le pauvre sont sous Tempire de la même fatalité. C*est ainsi que tout ce qui naît et doit naître est comme une scène qui sert à amuser ceux dont un poêle a dit : « Un rire impitoyable « s*est emparé des dieux au milieu de leur ^ bonheur, x Comment ne pas regarder comme des mortels des dieux qui assistent à un combat singulier, et qui favorisent chacun leur combattant; un dieu qui se marie, qui corrompt Tenfanco et qui commet l'adultère; un autre qui rit et qui se met en colère, et un autre enfin qui s'enfuit et qui reçoit une blessure dans sa fuite? £n se montrant ainsi aux hommes avec toutes leurs turpitudes, ne les ont-ils pas exhortés à marcher sur leurs traces? De plus, ces démons et Jupiter, leur chef, ne sont-ils pas aussi soumis au destin, puisqu'ils ont été esclaves des mêmes passions qui tyrannisent les hommes? D'ailleurs, comment adorer des dieux qui ne s'accordent nullement enireeuxî » Et l'auteur rapportefrhistoire de leurs disputes, de leurs différends, de leurs guerres, sans omettre aucune des particularités qui les déshonorent, puis il conclut ainsi : « Tels sont les démons : ce sont eux qui ont imaginé le destin. Ils enseignèrent d'abord que des animaux avaient leur demeure dans le ciel, et ils ont fait rendre les honneurs divins aux bêtes avec lesquelles ils vivaient, depuis qu'ils avaient été chassés des régions supérieures. En divisant ainsi ce qui rampe sur la terre, ce qui nage dans les eaux, ou les quadrupèdes qui habitent les montagnes , ils avaient pour but de se faire regarder eux-mêmes comme des habitants du ciel, et de persuader aux hommes qu'une conduite déraisonnable sur la Ifrre peut devenir raisonnable par la position des astres; d'où il résulte que l'homme colère et l'homme patient, Thomme sobre et l'intempérant, le riche et le oauvre ne doivent leur manière d*êlre qu'a ses souverains législateurs ; car la description du zodiaque est l'ouvrage des diaux. Si la lumière d'un de ces astres domine, selon le langage des fatalistes, celui-là enlève riionneur aux atUres; et celui qui est vaincu maintenant est vainqueur à son tour. Quant à not:s, nous sommes supérieurs au destin, et, à la place de ces démons errants , nous avons appris à reconnaître un Dieu unique et immuable; et ne nous croyant point soumis aux lois du destin, nous en rejetons les législateurs. »

L'auteur se moque avec esprit des rêves de la poésie et des inventions de la métaphysique grecaue , qui montre dans le ciel le chien d'Erigone, le scorpion qui fut l'auxiliaire de Diane, le centaure Cliiron, Ja vierge Ar^o, coupée par le milieu du corps, et enhn l'ours Calliste; puis il demande comment il se fait que le ciel fut dépourvu d'ornements avant les hauts faits de ces groles(^ues divinités. Il tourne également en ridicule les métamorphoses dégoâtantes qu'ils font subir à leurs dieux, le

plus souveut pour leur donner lieu de satisfaire des passions houleuses; puis il ^ demande à lui-même : « Comment doni pourrais-je croire au destin, quand je lui vois de tels arbitres? Je n'aspire point i régner; je ne veux pas m'enricbir; jen^nv vie point les honneurs; je déleste la votujtx Je ne me lancerai point sur les mers ^nir satisfaire une avarice insatiable; je n*emri point dans la lice pour remporter une cou* ronne; je n'aspire point à une vaine gh^. je méprise la mort ; je suis su|>érieur à t >v\ les genres de maladie; le chagrin ne ron:e point mon âme; si je suis esclave, je sut»-

f»orte patiemment la servitude; si jec^its ibre, jene m'enorj^ueillis pas de ma liheru'. Je vois que le soleil est le même |K)ur inus que la mort frappe égalemet ceui qm n< vent dans les plaisirs et ceux qui géiuissrg dans la misère. Si le riche sème, les \^h vres jouissent des fruits qui naissent cette semence; l'indigent meurt, le ricto meurt aussi ; les honneurs , la conlbi dont jouit celui-ci ne l'empêchent \^> manquer de beaucoup de choses, et déif en proie è une multitude.de besoins; pauvre, Thomme modéré dans ses dcMii qui ne demande que le nécessaire, l'<ih| tient sans peine. Pourquoi te destin m condainne-t-il aux veilles et aux (our.j:c:t!j de l'avarice? Pourqoi vous Hvre-l-il à bi de désirs qui multiplient pour vous Icsivir ses de la mort? Mourez plutôt au inonle rejetant ses folies, et vivez iK)urDieu»8j l'avoir connu et pris une vie nouvelle. >'• n'avons pas été laits pour mourir, nos fai tes sont la cause de notre mort, le inau^i usage de notre liberté nous a perdu»:

libres que nous étions, nous sommes deti nu» esclaves; le péché nous a vendus. I)i< n'a rieu fait de mauvais, l'iniquité vient nous. Puisqu'elle est notre ouvrage, nL> pouvons aussi la répudier. m>

L'auteur s'étend ensuite sur rame, sa ses propriétés, sur les dons dont elle om faire un bon usage pour so concilier l'aiTiltiède Dieu, pour devenir le sanctuaire il l'Esprit-Saint et s'élever jusqu'à la loinirfi du Très-Haut. « Car, dit-il, rEspritdeDifi n'habite point dans tous les homnaeSt I préside seulement dans quelques juslei, ft c'est en se communiquant à leur esprit q'H' a révélé aux autres, par ses prophétie. ^^ choses cachées. Les flmes fidèles aui !n '^^ de la sagesse ont attiré l'esprit quii^!^^ rapport avec elles; mais les âmes qû> «^ montrent rebelles jusqu'au point de nf^'f le ministre du Dieu crucitié, c'est-à-lirf. rEs[)ril-Saint, sont censées plutôt coinl^-r' Dieu que l'adorer. Voilh votre position. «' Grecs, vous dont le langage est si \n)\\,<^ l'esprit si aveugle que vous avez reconnu plusieurs maîtres au lieu d'un seul, et ;>}> vous êtes décilarés pour les déraons (jue î<'ii5 avez crus supérieurs en puissance. De nuVf gu'un scélérat sans pitiéjne manque prcîM^y* jamais de triompher de ses semblables l^^"" son audace, de même les démons, parTcnu* au comble de la dépravation, ont iroii^i'^

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DE PÂTROLOGIE.

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Mr rignorance et par de folles visions vos Imes séparées de 1 £sprit divin.

c Uainteiianlf ponr ressaisir ce que nous iTons perdu, il faut rapprocher notre flme lerEsprit«^int, et nous unir intimement iDien. L'âme humaine est formée de matière à se manifester parle moyen du corps; ar elle ne parait jamais sans le corps, et icbairne ressuscite point sans TAme. Certins philosophes» qui parlent comme le orkau croasse, se contentent de définir 'bomme un animal doué de raison, capable rinlelligence et de science; on en pourrait [ire autant des bétes. Mais Thomme seul «t rimage et la ressemblance de Dieu. Or, t n'appelle point homme celui oui agit oflime les animaux 9 mais bien celui qui, Qpérieur à Thumanité, s*est élevé juscju'à lieu. Voyons m«nintenant en quoi consiste imago et la ressemblance de Dieu dans bmme. Ce qui est hors de toute compalisoo n*est autre chose que Têtre lui-même ; m ce qui est susceptible de comparaison epeut ôtre qu*une image. Dieu qui est )uTer8inpment parfait n*a point de chair ; lais, au contraire, Thomme est chair.

*lnie est le lien de la chair, et la chair •oferme V&me en elle-même, et lorsque Hélreainsi composé se trouve semblable Qo temple, Dieu se plaît à Thabiter par Esprit-Saint qu*il nous envoie. Lorsqu'il ) est autrement, Thommene remporte sur s bétes que par Tusage de la {)arole; et aaat au reste, il vit de la même manière ae les animaux, comme s*il n'était point image de Dieu. Les démons n*ont point (fbair, mais ils sont un composé toutspirilel dair et de feu; leurs corps ne sont vi- Mes qu'à ceux qui sont remplis de TEsprit (Dieu, et jamais à ceux dont la vie est «t animale; carTêtre inférieur ne peut NDprendre celui qui est au-dessus de lui. est pourquoi les démons ne |>euvent faire hiitence, car ils sont |K)ur ainsi dire les Vendeurs de la matière et de l'iniquité. ^ la matière a voulu réduire TAme en ^rvitude, et profitant du libre arbitre, ces bmonsout transmis à l'homme des lois de |orl; mais Thomme, après avoir perdu immortalité, a triomphe de la mort elletoeen mourant pour la foi, et ila été appelé e nouveau à la faveur de la pénitence; selon M paroles : L homme a été placé un peu *'d($$ous des anges. {Psal. viii, 6.) Quifinque a été vaincu peut redevenir vainueur, s*il éloigne fa cause de mort; et îux qui aspirent à Timmortalité peuvent )cileaient voir qu'elle est cette cause.

* Les démons qui commandent aux hommes les courbent vers la terre et les trom- '^nt par toutes sortes d'arliOces, afin de les

'iipêcher de s'élever vers les cieux Si

UQ|: \ous voulez vaincre, renoncez à la 'Mière; couverts de l'Ësprit-Saint comme un bouclier, vous pourrez sauver tout ce u'il défendra. Notre corps éprouve des ma- ((lies et de certains désordres dont les dé- ''^Qs se disent eux-mêmes les auteurs, *fce «qu'ils surviennent en même temps

que la maladie. Quelquefois leur malice, semblable k une tempête, ébranle toute la constitution de notre corps ; mais frappés par une seule parole de 1 Esprit-Saint, ils s'éloignent avec frayeur et le malade est euéri... L'art de guérir et tout ce qu'il renferme est encore un artifice des démons; car si la matière guérit celui qui a confiance en elle, à plus forte raison la vertu de Dieu guérira-t-elle celui qui aura recours à sa puissance.

« Quelle gloire y a-t-il donc d'attribuer à la matière et non à Dieu, la guérison des malades? Attachez-vous donc à la puissance du Verbe, car les démons ne guérissent point, mais ils dressent à l'homme des embûches et le réduisent en servitude. Quand même vous vous guéririez par la vertu des remèdes, il faut cependant que vous rapportiez à Dieu votre guérison. » Par rapport à !a divination k laquelle les Grecs avaient souvent recours pour apprendre à se traiter dans les maladies, Tàuteur leur demande pourquoi ils continuent de se laisser tromper par un art quMIs voient constamment au service de toutes les passions qui régnent dans le monde, et il leur en démontre la vérité et le néant. « Car, dit-il, Esculape est mort, et celui qui viola à Thespies cinquante vierges dans une seule nuit, a perdu la vie au milieu des Qammes où il s'était précipité lui-même. Prométhée cloué sur le Caucase, subit la (leine de ses méfaits envers les hommes. Votre Jupiter est un curieux qui trompe les mortels par des songes pour les faire périr. Si vous rappelez la génération de vos dieux, vous avouez par le qu'ils sont mortels. Pourquoi en etlet Junon n'enfante-t-elle plus? Serait-elle devenue trop vieille, ou bien n'a-i-elle plus de messager pour nous l'apprendre? Croyezmoi, 6 Grecs, ne cherchez point à expliquer Cardes allégories, ni vos dieux, ni vos fales, car ce serait détruire par là même vos divinités. En effet, si vos dieux sont tels que vous le prétendez, ils sont vicieux et sans mœurs; et si c'est la nature qu'il faut adorer avec eux, ils ne sont plus ce que vous dites. Pour mon compte je n'aJorerai point des éléments et Je n'engagerai personne à le faire. »

L*auteur fait ensuite la description des jeux solennels que les Grecs célébraient, aux frais du public, en l'honneur de leurs dieux, et il n'omet aucune des infamies qui les signalaient. C'est un tableau à soulever le cœur. Il s'élève avec force contre les combats des gladiateurs où l'on adjugeait une récompense à celui qui avait commis le plus de meurtres ; et il qualifie ces spectacles comme ils le méritent en les appelant atroces, impies, exécrables. « Vous tuez lies animaux pour manger leur chair, leur ditil, et vous achetez des hommes pour servir à l'flme un festin de chair humaine, et pour la repaître, par une horrible impiété de flots ae sang. Le voleur tue pour dépouiller sa victime, et le riche achète des gladiateurs l'Our les faire égorger. C'est une liécatombe

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qui ne peul être digne que des dieux qu'il adore. i>

A)M'ès la religion, il s'attaque à la philosophie et se garde bien d*épargner ceux qui se décorairnt pompeusement du nom de sa^es.<( Quelles sont donc les grandes et admirables actions de vrjs philosophes 7 Ils né- Î;ligent de couvrir une de leurs épaules, aissent pendre une longue chevelure, cultivent leur barbe et portent des ongles de bêtes fauves, lis disent partout qu'ils n'ont besoin de rien, et cependant, nouveaux Protéfs, ils recourent au tanneur pour faire «leur besace, au tisserand pour leurs habits, au tourneur pour leur bâton, au riche et au cuisinier pour satisfaire leur gourmandise. O homme semblable au chien, tu ne connais point Dieu, et tu imites les bétes. Tu vas vantant dans les rues la générosité du riche, et si tu n'en reçois pas ce que tu attendais, tu te venges toi-même en 1 accablant d'injures. Ainsi, pour toi, la philosophie est un art de faire fortune I Suis-tu la doctrine de Platon? Dès lors l'épicurien te fait ouvertement la guerre. Es-tu partisan d'Aristote? Tu es en proie aux injures d'un disciple do Démocrite. Py thagore prétend qu'il fut deux fois Euphorbe, ef qu'il a hérité de la doctrine de Phérécide. Aristote attaque l'immortalité de l'flme; et vous tous qui passez d'une doctrine à une autre, sans vous entendre, vous combattez ceux qui s'entendent. L'un prétend que Dieu est corporel, et moi je soutiens qu'il n'a point de corps ; l'un dit que le monde est indestructible, et moi je prétends qu'il doit périr; celui-là assure que l'univers doit être plusieurs fois la proie des flammes, et moi je dis qu'il ne sera consumé qu'une fois; celui-ci croit que nous devons avoir pour juges Minos et Hadaroanthe, et moi, je soutiens que Dieu seul sera notre juge; enfin, l'un veut que TAme seule soit immortelle, et moi je sais que le corps et l'âme ont la môme prérogative. Vous avons-nous oll'ensés? Pourquoi donc nous haïssez-vous comme les plus pervers des hommes, parce que nous suivons le Verbe do Dieu? Nous ne mangeons point de chair humaine, et quand vous nous accusez de ce crime, vous êtes de faux témoins. N*est-ce pas chez vous, au contraire, que Pélops, quoique ami de Neptune, devient te festin des dieux, que Saturne dévore ses enfants et que Jupiter engloutit Métis? « Cessez donc do faire parade de doctrines étrangères et de vous orner comme le geai de plumes qui ne vous appartiennent pas. Si chaque ville venait vous redemander les roots de votre langue que vous lui avez empruntés, vos sopliismes crouleraient. Pendant que vous recherchez ce que c'est que Dieu, vous ignorez ce qui se passe en vousmêmes, et en regardant le ciel avec extase, vous tombez dans dos précipices. Vos livres sont semblables à des labyrinthes sans issue, <ii ceux qui les lisent peuvent être com()aré$ «tu tonneau des Danaïdes. Pourquoi divisez-vous le temps en diverses périodes, comme le présent, le passé et le futur?

Comment le futur pourrait-il s'écouler pui;. que le présent existe*? Semblables à d*H navigateurs sans expérience quis'iroapneni que c'est le rivage qui marche et non Wr vaisseau, vous ne songez ||oinl que <V.i vous-mêmes qui passez, tandis que le leiii'* reste immuable jusqu'à ce que celui qui i fait commande qu'il s'anéantisse. Pourij^i m'accuse-t-on lorsque j'expose ma doclricf. et s'efTorce-t-on de la coml)aUre? N'êtes r,i pas nés de la même manière que hûun k ne participez-vous pas comme nous à ror.;;? établi dans ce monde? Pourquoi diles-Viii» donc qu'il n*est point d'autres sages qu vous-mêmes , puisque vous n'avez ai oa autre soleil ni d'autres astres, puisque vi^u avez et la même ori^^ine et la mèuietWinée que les autres nommes? Les gen^iii lettres ont commencé ce système de ri!i* cules croyances. En divisant la sagesse, tijUj vous êtes éloignés d'elle, et vous avez 3'> bué aux hommes le nom de toutes les j^ii« qui la composent. Ainsi, dans riguotatia oCl vous êtes du vrai Dieu, vous ne vçi»\ de vous combattre et de vous détruir>> lu uns les autres. C'est pourquoi, tous taoïqit vous êtes, vous n'êtes absolument rien;cd quoique vous vous attribuiez vos docinoi comme si elles étaient de vous, vous uVw que des aveugles dissertant avec des sourds A quoi bon ces instruments dans vos mm puisque vous ne savez pas vous ea servir! Pourquoi ces longs discours, puisque vr êtes si éloignés de les mettre eo praiiqn car vous vous laissez également abattre t le malheur et enfler par la prosiiérilé. Tu vos actes ont toujours une apparence déraison, et vous reléguez dans le coio écoles vos belles doctrines que vous déiori tez en public. Aussi vous avons-DOUS ai> donnés dès que nous vous avons cona Nous ne voulons rien de ce qui voQsap[>if tient, et nous suivons le Verbe de D.r Pourquoi, je vous le demande, exciter guerres de mots et heurter pronouridi contre prononciation, comme on lutte un pugilat, en bégayant je nesaisqueLv cent attique, tandis qu'il conviendrait Um^coup mieux de suivre la nature.

« Si c'est l'érudition des gens de lejl'v'' ou des grammairiens que vous cben pourquoi me déclarer la guerre si j'aù'>" des dogmes qui me plaisent. Ne serail-il|-^ absurde que Ton nous détest&t sanseia*"'* et sur de faux préjugés, tandis que Ton "

[Minit les voleurs qu'après avoir ewai-eur cause, et nullement parce qu*il> p * tentlenom de voleurs ?Diagoras était A; -

nien, et vous l'avez puni parce qu'il a^^' divulgué les mystères des Athéoieos; «' ^ lisez les livres de ce philosophe, et ^ •• nous haïssez; vous conservez lesconiti''' taires de Léon, et vous ne pouvez souil''' que nous vous fassions des refirodies; w».:.* avez chez vous des sectateurs dusentioeu. d'Appion sur les dieux d'Egypte ^^ *'*^* voulez nous exterminer couime les p -* impies des hommes. On montre cbei ^i'"-* le tombeau de Jupiter Olympien, t|u<ni'-'

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l'un Je Yos sages prétende que les Crutois ; )Dl menti en parlant do la mort de ce dieu./ roule cette multitude de dieux que vous irez rassemblés n*a point d'existence; et, )ui>iqu £|)icure,qui les uiéprisail, ail rempli lurrès d'eux un ministère sacré, je ne laisrrai point ignorer aux princes ei aux magistrats ce que je pense de Dieu et de sa ,vîninalion sur toutes nhoscs. Pourquoi :àn;^agczvous à déguiser ma croyance; 1 Yuus, qui vous vantez de mépriser la îu»rl, pourquoi m'cxliorlez-vous à m'y sous- Dire parla ruse? Pour moi, je n*ai point le uMir du cerf; au lieu que vous, vos luttes kniots vous font resscml)ler à Thersite, le i!usl«ivûrd des hommes. Comment croirai je eiui oui me définit le soleil une masse Je lu et la lune une autre terre? Car ce sont là <^5 combats do paroles qui n'éclairent en m les questions. Ne serajt-ce pas une folie ajouter foi à Hérodote, lorsque dans This- >ire d*Hcrculc il parle d'une terre élevée QHiessus de la nôtre, et d*où tomba un lion uj fut mis à mort par ce héros? De quelle liliié peuvent être le style attique, les ar« UQicnts des philosophes, les probabilités es syllogismes, la mesure de la terre, la osiiion des astres et le cours du soleil. Ce3 nestions sont bien dignes sans doute de ces onimes qui s'imposent des dogmes comme es lois.

» C'est pourquoi j'ai méprisé aussi votre fgisUiion ; car, au lieu de vivre d'a|)rès une Me unique et commune, comme vous le eviez, il y a aujourd'hui chez vous autant « législateurs que de villes, en sorte que » uns repoussent avec horreur ce qui est récontsé par les autres. Ainsi les Grecs ^oJamnent le mariage d un tils avec sa 1ère, tandis que les Perses le regardent onujie la plus belle institution. C'est ainsi Bcore que les barbares condamnent les tur* ituiiesqui se commettent avec les enfants, Q récompensent ceux qui réunissent comme n troupeau de cavales un grand nombre c ces enfants.

« Témoin de tant d'infamies commises au n»m des dieux, alors je me recueillis en uoioiéme pour examiner comment je pourûi!> trouver la vérité, et pendant que mon t>l»ril cherchait de tous côtés avec ardeur, ** rencontrai par hasard quclaues livres -irl«rfcs, trop anciens et trop divins pour jiicje puisse lescompareravec les doctrines •t les erreurs des Grecs. Peu à peu ils ga- 'nùrenl ma foi par la simplicité de leur Oie, par l'esprit sans artifice de leurs au- *ur$, |»ar l'explication naturelle qu'ils donnaient do la création du monde, par la contiâissancede Tavenir, l'excellence de leurs irice()tcs et leur supériorité en toutes choses. C'est pourquoi, instruit par l'Esprit de pi^u, j*ai compris que les doctrines des philosophes étaient réprouvées, an lieu que la tiocirine que nous suivons dissipe la servitude qui est dans le monde, nous délivre ^ nne infinité de tyrans, et nous apporte un lfi\ilége que nous avions déjà reçu, il est

vrai, mais que Terreur nous avait empêchés ie conserver.

« Imbu, pénétré commeje le suis de cette doctrine, je veux me dépouiller entièrement comme les petits enfants. Car nous savons

3ue la nature du mal est semblable h celle es plus petites semences: il lui suffît de quelques instants pour s'établir dans un cœur, mais aussi on peut la repoussi^r en ajoutant foi aux paroles de Dieu et en ne se livrant point à la dissipation. Car le mal s'est emparé de nous par l'espoir d'un trésor caché que nous nous attachons h découvrir et qui ne nous a couverts que de poussière ; mais par là nous lui avons donné moyen de s'établir en nous, S'appropriant toutes choses, il a retenu captives sous sa dépendance les. véritables richesses. Que nos frères

frenncnt pour eux toutes ces réflexions, our vous, ô Grecs, que vous dirai-je, sinon de ne point injurier des hommes meilleurs que vous, et de ne point protiter de leur nom de barbares pour les railler. Car, si vous le voulez, vous trouverez la cause qui empêche les uns de comprendre la langue des autres; et, si vous désirez connaître notre doctrine, je vous en ferai l'exposé moi-môme fort au long et d'une manière facile à saisir. »

Et en eiTct l'auteur s'applique à démontrer que la philosophie chrétienne est de beaucoup antérieure à toutes les écoles. Moïse et Homère, le premier des poëtcs et le premier des historiens, lui servent de terme de comparaison, et il ne lui est pas dilEcile d'établir que les livres de ce patriarche ont précédé Tinvention môme des lettres grecques. « Cependant, dit-il, vous ne trouverez chez nous ni vaine gloire ni sentiments di-> vers. Car nous nous éloignons des doctrines vulgaires et terrestres, nous obéissons aux commandements de Dieu, nous suivons la loi de notre Père céleste et nous rejetons toutes les opinions humaines. Notre philosophie u est. pas seulement pour les riches, mais les pauvres en jouissent aussi gratuitement. La doctrine qui vient de Dieu est trop relevée pour qu'on puisse la payer avec les biens de ce monde. Nous admettons également tous ceux qui veulent s'instruire, les femmes aussi bien que les jeunes enfants, el nous honorons tous les âges sans distinction et sans nous écarter néanmoins des règles de la décence. Nous ne venons point vous en imposer; il sera glorieux à notre foi de vaincre votre incrédulité, mais notre doctrine n'en restera pas moins confirmée \)àr le témoignage de Dieu, quand môme vous persisteriez dans l'erreur. Riez donc, vous pleurerez un jour. N'est-il pas absurde que vous admiriez Nestor s'efforçant de rivaliser avec de jeunes guerriers dans les combats, lui qui puni k peine retenir les rênes de ses chevaux è cause de la faiblesse de son âge, tandis que vous tournez en dérision r,eux d'entre nous qui luttent contre la vieillesse et qui méditent les choses divines? Qui ne se moquerait de vous lorsau'on vous entend parler des Amazones, de Semiramis et autres

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DICTIONMIRE

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héroïnes semblables, tandis que tous accablez nos vierçes de vos oalrages. Achille était un jeune nomme, et cependant on croit

Sj'il avait beaucoup de générosité. Néoplome était bien jeune aussi, mais il avait beaucoup de courage. Philoctèle était faible, et cependant le démon avait besoin de lui pour renverser Troie. Qu'était Thersite? Et toutefois il fut un des chefs de Tarmée, et on ne lui asrait jamais reproché d'avoir la tète chauve et pointue, s'il n'avait eu la folie de vouloir parler toujours. Pour nous, peu nous importe la figure de nos philosophes, et nous ne jugeons point les nommes par Tapparence extérieure; car nous croyons que tout le monde peut avoir un esprit raflle, même avec un corps faible. Vous autres, au contraire, vous n*écoutez que votre jalousie et votre bassesse dans les jugements que vous portez.

« C'est |iOurquoi j'ai résolu de vous démontrer clairement, par les choses mêmes que vous estimez, la sagesse de nos institutions et la folie des vôtres. Ecoutez jusqu'où va la futilité des Grecs, vous qui nous reprochez de perdre notre temps parmi des enfants, des jeunes filles et de vieilles femmes, et qui nous tournez en ridicule, parce que nous ne partageons point vos opinions. Leurs arts sont des bagatelles dont ils font le plus grand cas, tandis que vos dieux et vous, vous vous conduisez d une manière infâme dans vos gynécées. »ll montre qu*il n'est pas une courtisane , pas une prostituée quelque peu célèbre, qui n'ait posé devant les maîtres de la sculpture oui nous ont laissé leurs statues. « J*ai voulu les rappeler par leurs noms, dit-il, pour montrer qu'il ne se passe rien d'extraordinaire chez nous, et pour vous apprendre, à la vue des monuments que vous avez élevés aux femmes, à ne point railler celles qui parmi nous étudient la sagesse. Sapho était une courtisane, une femme impudique, et elle a chanté elle-même ses désordres. Nos vierges, au contraire, sont toutes chastes, et en filant la laine, elles chantent des cantiques sacrés bien au-dessus des chants de vote Sapho. Rougissez donc d'être vous-mêmes les disciples de femmes méprisables, et cessez de parler avec dérision des femmes attachées à notre doctrine et des assemblées solennelles où elles se réunissent. » Il s'étend longuement sur ce sujet, et montre qu'il n'est aucun crime, aucun genre d'impudicité qui n'ait eu ses statues et souvent ses autels; puis s'adressant aux Grecs, il leur dit : « Ce que je viens de vous exposer, je ne le tiens pas d'un autre. J'ai parcouru plusieurs contrées ; j'ai étudié vos doctrines ; j'ai cultivé les arts et les sciences. Pendant un long séjour que j'ai fait à Rome, j*ai pu voir diverses statues qui y ont été transportées de chez vous. Car, je ne cherche point, comme la plupart des philosophes, à confirmer mes paroles par les opinions d'autrui; je n'écris que ce que j'ai vu. Après donc avoir renoncé à la vaine jactance des Romains, aux froids discours des Athéniens; et à tant de systèmes

mal conçus, j'ai embrassé votre philoâophift que vous appelez barbare. Je vous ai démontré combien elle surpasse vos institu* tions par son antiquité. Ne soyez donc poioi blessés de notre érudition, et ne cherchez pas à nous réfuter en disant : Ce TatieB, qui s'élève au-dessus des Grecs et due multitude de philosophes, n'est qu'un dogveau sectateur de la doctrine des barl)&ra Qu'y a-t-il, en efi'el, d^étonnanlqu'underos semblables vous instruise, vous dontri;;Do. rance est manifeste? Et, comme ledtsui un de vos sages, quelle absurdité peaMi yavoir à s'instruire, même en vieillissant?!

Après un vif résumé chronologique, dtitiné k montrer que Moïse est non-seulement antérieur à Homère, mais encore ï tousief écrivains qui ont précédé ce [>oête ; tels (}ot Linus, Philammon, Thamiris, Ampbior.

Musée, Orphée/ Démodachus, Phémius, li Sibylle,Epiméridede Crète qui vintàSpart^.; Aristée de l'Ile de Proconnèse qui écrivi; des poèmes; le centaure Absolus, IsaIa Drimon, Ëumiclus de l'île de Chypre, Uo* rus de Samos, et Pronostis d'Athènes, il leh mine son discours [Uir cette réflexion. < Voilà, ô Grecs, ce que j'ai écrit pour votre im> truction, moi Tatieu philosophe barl^are, né en Assyrie, formé d'abord dans vos écoIe5, et qui ai embrassé dans la suite la docin&c que je professe aujourd'hui. Maintenantqoe je reconnais le vrai Dieu et son œuvre, j« suis tout prêt à soumettre à votre exaoeo les dogmes de ma croyance ; car je ne du^ simulerai jamais à l'égard de Dieu ma foi d mes principes, »

Observatton importante. — Jusqu'à pre« senties plus habiles critiques avaient peo)^ que ce Discours contre les patent avait éie écrit vers Tan 168, et avant que Tauleuriul tombé dans l'hérésie. Ils n'y voyaient auroa vestige des erreurs des encratites ni à^ gnostiques, mais plutôt de la doctrine coih traire. Le Clerc, qui l'a examiné avec beau* coup de soin {Hisi, ecclés.^ an. 172, i 1. {<• 735),M'éditeur d'Oxford qui en a pesé mif' les expressions, les Bénédictins qui en vhï fait Tanalyse, Bullus, Bossuet, le P. i* Nourry, etc., en ont ainsi jugé. MaisBrur* ker, dans son Hist.crit. de la pAi'.,tomelll p. 378, soutient que tous se sont trooif'è.N aue ce discours renferme déjà tout Icvema de la philosophie orientale, égyptienne <» cabalistique, dont Tatien était imbu; qui* y enseigne évidemment le système deséo*nations, lequel est la base et la clefdeluu:^ celte philosophie; que les apologistes de d auteur ont perdu leur peine, en vouhu donner un sens orthodoxe à ses expr^* sions.

Pour contredire ainsi des hommes «u^- (juels on ne peut refuser le titre de sAvank il faut de fortes preuves; voyons s'il ,* en a.

1* 'i Tatien, dit Brncker, avertit qu'il a renoncé à la philosophie des Grecs pour embrasser celle des barbares ; or celle-ci éMil évidemment la philosophie des Orientaui»

Si Brucker n'avait pas commencé j^rsujr

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N>$er ce qui est en ciueslion, il aurait vu m. par la philosopliie des barbares, Tatien entendu la philosophie de Moïse et des ;hrétien$, parce que les Grecs donnaient le om (Je barbare a tout ce qui n'était pas rer. il s'en est clairement expliqué (édition c Paris, n' 29, et édition d'Oxford, n* 46), jr il dit: « DégoQté des fables et des aburiitésdtt paganisme, incertain desavoir r.mraent ie pourrais trouver la vérité, je uis tombé par*hasard sur des livres barbae$, trop anciens pour être comparés aux LMfDces des Grecs, trop divins pour être 115 en parallèle avec leurs erreurs; j'y ai |duté foi, à cause de la simplicité du style, e la candeur modeste des écrivains, de la .irté avec laquelle ils expliquent la créann de l'univers, è cause de la connaissance u'iis ont eue do l'avenir, de l'excellence Heur morale, du gouvernement universel a'iis attribuent à un seul Dieu; (n** 31; aisau n*48), il est h propos, dit-il, défaire nr que notre philosophie est plus ancienne ûe les sciences des Grecs. » II prend, )iume nous l'avons vu, pour termes de )mparaison Moïse et Homère, et prouve \t l'Iiistoire profane que le premier a demcé de longtemps le second. Peut-on reninailre h ces traits la philosophie des Dentaux et des gnostiques?

2* I Tatien, continue Bruckcr, a enseigné ^système des émanations, c'est-à-dire, (}ue ! matière et les esprits sont sortis de Dieu ir émanation, et non par création ; c'était ( (Jugme favori des Orientaux. »

le contraire est déjà prouvé par la pro- "^iiun de foi que cet auteur vient de faire, n disant qu*il a cru aux livres barbares, à tuse de la clarté avec laquelle ils expli- DHit la naissance de l'univers : or les écriuns sacrés n'enseignent point les émana- UQS, mais la création. Il y a plus : chacun lit que ces hérétiques admettaient, non (manation, mais l'éternité de la matière, ils (osaient sans doute que les deux premiers >Ri ou esprits étaient sortis de la nature iYine par émanation, mais l'un était mâle et >uire femelle, et c'est de leur mariage que 'Ultf la famille des éons est descendue. Il stdonc faux aue l'hypothèse des émanaious soit la clei de tout le système théoloi^aedes gnostiques et des Orientaux. Mais l(aut entendre parler Tatien lui-même, et wtes passages dont Brucker et tant d'aurti ont abusé.

Il dit, n. 4 et 6: « Notre Dieu n*est pas de- '^^U un temps; il est seul sans principe ou "lis commencement, puisqu'il est le prini[»e de tout ce qui a commencé d'être. 11 est -prit, non mêlé avec la matière, mais créa- "Jr lies esprits matériels et des formes de ' Qiaiière. II est invisible et insensible. Père 'c|ous les êtres visibles ou invisibles. (N* 5 '^*) Je vais exposer plus clairement notre ^t^vùuce. Dieu était au commencement, et ^^us avons appris que le commencement ou ^ principe de toutes choses est la puissance 'Uyerbe.Lorsque le monde n'était pas encore, «Sci|;near de toutes choses était seul ; mais

comme il est la toute-puissance, et la subsistance des êtres visibles et invisibles, tous étaient avec lui. Le Verbe, qui était en lui, était aussi avec lui*par sa propre puissance. Par un acte de volonté de cette nature simple, le Verbe est sorti ou s*est montré ; il n'est pas sorti du vide, c'est le premier acte de l'esprit. Nous savons oue c'est lui qui a fait le monde. Or il est ne par participation et non par retranchement. Ce qui est retranché est séparé de son principe ; ce qui vient par participation et pour une fonction ne diminue en rien le principe d*oi!k il procède. De même qu'un flambeau en allume d'autres, sans rien perdre de sa substance, ainsi le Verbe naisdani de la puissance du Père ne le prive pas de sa raison ou de son intelligence. Quand je vous parle et que vous m'entendez, je ne suis pas privé pour cela de ma parole; mais en vous parlant, je me propose de produire un changementen vous. Et de même que le Verbe engendré au commencement a produit notre monde, après avoir fait la matière, do même moi, re^généré à rimi talion du Verbe, éclairé par la connaissance de la vérité, je donne une meilleure forme à un homme de même nature que moi. La matière n*est pas sans commencement comme Dieu, et n'étant point sans principe, elle n'a pas le même pouvoir que Dieu; mais elle a été faite; elle est venue» non d'un autre, mais du seul ouvrier de toutes choses. » Nous lisons encore aun^'lO : « Le Verbe céleste, esprit engendré du Père^ a fait l'homme à la ressemblance de son créateur et à l'image de son immortalité, afin qu'ayant reçu de Dieu une portion do la divinité, il pût participer aussi à l'immortalité qui est propre a Dieu. Avant de faire l'homme, le Verbe a produit lesanges.» Uemarqiions d'abord que Tatien ne donne point ce qu'il dit du Verbe et de ses opérations comme une opinion philosophique, mais comme une doctrine apprise par révélation : <c Nous avons appris, nous savons que c'est lui qui a fait le monde. » Il est évident qu'il' avait dans l'esprit les

Premiers versets de l'Evangile de saint ean, puisqu'il se sert des mêmes expressions.

3' On dira sans doute que dans tout ce long passage il n'y a point de terme qui signiue proprement et rigoureusement la création ; mais il n'y en a point non pluà dans saint Jean, parce que le grec, non plus que les autres langues, n'avait pas de terme sacramentel pour rendre cette idée. Personne cependant ne s'est avisé de penser que saint Jean admctiait les émanations. Ceux qui les ont admises n'ont jamais dit que la matière a eu un commencement, qu'elle a été faite ou produite, qu'elle est 1 ouvrage de celui qui a fait toutes choses, comme s'exprime Tatien. Encore une fois» les gnostiques ont supposé, comme Platou, la matière éternelle. Pour qu'elle fût sortie de Dieu par émanation, il aurait fallu qu'elle fût en Dieu de toute éternité; or Tatien nous avertit que Dieu ne fut jamais mêlé

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