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h la matière. Selon sa doctrine, la production de*la matière a été un acte de la puissance du Verbe ; suivant le senliment des philosophes, les énianalions se faisaient par nécessité de nature; ils étaient persuadés que Dieu n'a jamais existé sans rien produire. Tatien enseigne le contraire. Il dit que c'est le Verbe qui a fait ou produit les anges ou les Ames humaines, et cela a encore élé un acte de sa puissance ; ces ^tres ne sontdODo pas sortis de lui par émanation. Bruckcr lut reproche d'avoir appelé ces esprits matéritls^ en quel sens. Tatien et d*autrès Pères ont rru que Dieu seul est un esprit pur, toujours séparé de toute matière, au lieu que les esprits créés ne subsistent jamais sans être revêtus d'une espèce do corps subtil. Celle erreur n'est ni grossière ni dangereuse. Mais l'hypothèse des émauaiions est^elle compatible avec la notion d'esprit pur, de nature simple^ que Tatien attribue & Dieu ?
k" S'il est question dans son texte d*une émanation^ c'est de celle du Verbe, avant la création, ou plutôt par la création du monde. Il dit en effet que le Verbe est émanée sorliy né, provenu du Père. Mais on a prouvé cent fois contre les ariens et les socmiens, que dans le style des anciens docteurs de 1 Eglise, lorsqu'ils parlent du Verbe divin, émaner^ sortir^ naître, procéder^ etc. , signitient seulement se produire au dehors, se montrer, se rendre sensible par les œuvres de la création. Donc, quoi qu'en dise Bruckcr, ceux qui ont soutenu que Tatien a enseigné l'éternité et la divinité du Verbe n'ont pas eu tort. En effet, Tatien dit que Dieu est sans commencement ; q.u'avant d'émaner de lui pour créer le monde, le Verbe était en lui et avec lui, non en puis^ sance, comme le monde qui n'existait pas encore, mais avec une puissance propre^ ])ar conséquent subsistant en personne. II dit que le Verbe est émané de Dieu par participation, A quoi a-t-il participé, sinon à la puissance et aux attributs de Dieu ? Jl dit (|u'en sortant du Père il ne s'en est pas séparé, parce que Dieu n'a jamais pu être sans son Verhe, sans sa raison, sans son intelligence éternelle. Si ce langage n'exprime point la divinité du Verbe, aucune ()rofessionde foi ne peut sufDre; mais il est )ien différent de celui des philosophes orientaux, des gnostiques, des cabalistes, des ariens.
5" Le Clerc {Hîst. ecclés. , an. 172, p. 378, §5) dit que toute cette doctrine de Tatien est fort obscure, que les païens n'en pouvaient rien conclure, sinon aue les Chrétiens admettaient deux dieux, I un supérieur et par excellence, l'autre engendré de lui et nommé le Verbe, créateur de toutes choses; au'il aurait été mieux de s'en tenir aux paroles des apôtres, et de ne point entreprendre d'expliquer des choses inexplicables. Cela eût été bon, si les païens eussent voulu s'en contenter; mais ils répétaient sans cesse que la doctrine des Chrétiens n^était qu'un amas de fables et de con-
tes de vieilles, bons tout au plus four amuser les enfants. Tatien voulait leur faire voir que c'était une doctrine profond*» et raisonnée, une philosophie plus mw* ei plus oolide que toutes les visions des ['tétendus sages du paganisme. La roaQitrv dont il expose l'émanation du Verbe, tu moment de la création, ne ressemble t, rien aux généalogies ridicules des dim, admises par les païens, ni aux émonaiiûi* des éons forgées par les gnostiques.
C* Origène et Clément d'Alexandrie r^ prochent à Tatien d'avoir dit que cespArok*. de la Genèse, Que la lumière «oi^/cifinment plutôt un désir qu'un commandemiu et qu'il a parlé comme un athée, en su^-f^sant que Dieu était dans les ténèbres. tU. dit Brucker, c'était un dogme de la philo»phie orientale, égyptienne et cabalisliqixf.» — Mais ce n'est point dans le discours cijtre les Grecs que Tatien a ainsi |tarlé;{>ti nous importe de savoir ce qu'il a rêvé, Wry qu'il est devenu hérétique, et qu'il a eibrassé la plupart des visions des guuï:> ques.
7" Nous ne nous arrêterons point l pro»j* ver que dans ce discours il n*a ensei:c' ni la matérialité ni la mortalité de Tente; les éditeurs de saint Justin l'ont justifié» cet égard. {Préf. , m' part-, chap 12, nM.' 11 a du moins déclaré positivement que iime humaine est immortelle par grâct, v cela nous suffît.
8' L'édileur d'Oxford prétend que Tati^^ a réprouvé le mariage, parce qu'il di(,r' 5&- : « Qu*ai-je besoin de cette femme pemir par Périclymène, qui mit au mpnde ir^n* enfants dans une seule couche, et que 1V« prend pour une merveille? Cela doit éin* regarde- plutôt comme l'effet d'une inteupérance excessive. » Mais autre chose t.w de condamner l'usage modéré du maria. , et autre chose de blâmer Tintempcraniro cet usage. Utentis modestia^ non amantisfi' fectu.
9" Enfin Brucker prétend que Tatien 'j emprunté de Zoroastre et des Orienlaus >. système des émanations et l'opinion qui- 1 chair est mauvaise en soi. Cependant D«n* voyons par le Zend Avesla que Zoro«5!.« n'a enseigné ni l'un ni l'autre : on ne ctunaît aucun autre philosophe orientai l^'^' on puisse prouver les seatimeuts \^r ir ouvrages.
Il serait inutile de pousser plus loin : * pologie du discours de Tatien. Nous ' prétendons point soutenir qu'il est absjament irrépréhensible; mais il y a de liajustice à y chercher des erreurs qui n'r f aï point. Brucker a commencé parsapposersjr^ preuve, ou plutôt malgré toute preuve, q^'f cet auteur était déjà pour lors imbu oc opinions de la philosophie orientale; ensui:* il part de cette supposition fausse pour (*£ expliquer toutes les phrases dans le see^ des gnostiques. Dès que son priaeipe e?^ faux, toutes les conséquences qu'il en tiff» toutes les interprétations qu'il donne 9>tf^ illusoires. On sait que le plandepHïlristY^-^^
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DE l>ATKOLOC;iK.
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irientale prësenlé par les critiijiie» protcssnis n'est qa*afi sjslème conjectural, inini»é pour toafestip la doctrine des Pères d«
AiTKts oovAAGS» DE Tatieh. — Tfltien u:(9u$si composô une concorde ou luir- .«•riie des (juatra évangélistesY intitulée : haienaron par les quatrt. Cet ouvrage a i<' souvent appelé aussi V Evangile de Ta^ \tn ou dei eneraiitest et il a encore en 'mires noms ; il est mis au nombre des rangiles apocryphes. On n* accuse point suleur d'y avoir cité ou copié do fau% rflo^les; aussi cet ouvrage fut goûté par fs orthoiioies aussi bien que par les héréques. Tbéodoret, qui en avait trouvé pigs Mieux eentsexemplaires dans son diocèse, 'scnlefa des laaias des fidèles, et leur )niia en échange les guatre évangiles, irreque Tauleur j avait supprimé tous i passages qui prouvent que le Fils de itii est né de David, selon la chair. Ou a é loQ^empa persuadé que cet ouvrage existait plus ; celui qui a été mis sous le )m de Tatien dans la Bibliothèque des Pi- «, a été fait par wi auteur latin bien ffos* fieur au ii* siècle; mais le savant Asse* iDidéoeuvrii dans l'Orient une traduction tl)6 du Diaitsêaranft ei la rapporta à Rome Ublioth. , Orient^ tome 1, à la fin). On mrrait vérifier si ce livre est conforme à ique les aociens ont dit de celui de Ta* tn.
TATTON , d*une naissance illustre mais (Connue, fut placé dès son enfance dans le liais de Ciiarlemague, pour être élevé avec vautres jeunes seigneurs. S'élant ensuite ^^oùié des vanités du siècle, il se retira k irhenon, où il prit Tbabit de saint Be- >l(. Il y brilla autant (tar son savoir que irses vertus. A la mort du célèbre Wetin, fut chargé du soin de Técole, et Wnlefrido tabou se faisait un mérite de Tavoir ea Mir inattre. On ignore lanaée de sa mort, était étroitement lié avec Grimald, qui rait été rooioe de Ricbenon avant de devoir abbé deSaint-Gall. Tous deux s'étaient ootrés si zéJés pour l'exacte discipline que ur abbé les. choisit |)Our les envoyer aurès de saint BenoU d*Aniane» afin de re« leillir de sa bouche les maximes les plus ro|»res h la faire tlourir à Bichenon. Leur ina^e ne fut iias sans succès. Ils recueillirui en effet dJYers beaux régiemenlsqu'ils ireot soin d'envoyer à leur monastère et "Ut une pmlie fut a.ioptée par la conuuu* >uié de Saint-GalK
Nous avons une lettre de TatlOQ, qui lui ^i cowmuiie aveu Griuiaid.fille est adressée lle^iiubert,Jeur maître commun^ à qui ilst Broyèrent uoe copie de ia Rè^e da iiaint* (^Q<4t, iMie sur l'original cfoi leur en avait i»* ciAiitté;. Ils y joigniri:nt aussi certains réleiuents de aisuipâne, qui paraissent avoir 16 lirt^s de ceux qui furent laits au roncile 'Aii-l4-Chapetie, pour établir ruaiformiié ans tous les monastères de l'empire l'rauits. Ces règlements sont divisés en trente t un articles et (Mjrlent le nom do raSt>a>e
DiCTlO!i!r* PK PiTaotocije. l\\
de Saint-Gall, où les éditeurs les ont trouvés. Baluze est le premier qui les ait donnés au public avec la lettre dont Grimald et Tatton les avaient acompagnés. Dom Mabilion les a fait réimprimer dans la suite.
Ces deux éditeurs ont publié une autre lettre de deux moines de Uidionon, qui n'y sont point nommés, avec d'autres règles de (iiscijiline qu'ils adressaient à leur abbé, en conséquence de la cotnmission qui les autorisait è faire des recherches de cette nature. Qu'on se donne la peine de conférer ensemble ces deux lettres, avec les traits qui les distinguent, et Ton reconnaîtra sans peine qu'elles sont de Grimald et de Tatton. On oroit du reste que ces autres règlements, dont il est ici question, ne sont autres que ceux qu'avait dressés saint BenoU d'Aniano avant le concile que nous venons de citer, pour les faire observer dans les monastères où il établissait la réforme. Les uns et les autres, accompagnés de deux lettres, ont étéréimprimés dans le recueil intitulé: fe/u# disciplina monasiica,
TAURENCEou TCRENCE,que Ton soupçonne avoir été évêque de Ne vers, au com* commencement du vi* siècle, s'était souvent ressenti dans ses besoins spirituels des effets de la charité de saint Ruricc de Limo;^rs. Nous en avons une preuve édifiante dans une lettre qu'il lui adresse pour le remercier de ses conseils et des écrits qu*âl prenait la peine de lui composer pour réchauffer sa lui, entretenir sa piété et entlammer son ardeur. Elle se trouve la 10* du u' livre de la Collecliou des lettres du saint évêque de Limoges.
TERALD, dont on ne connaît pas le monastère^ est auteur d*une Leltrt â Gui^ qu'il qualifie du nom de fière. Dans cette lettre, il répond à ce dernier, (|ui lui avait deman lé pour )uoi, daxis les oflices de la fôte de s.iint Paul, apôtre, et de saint Laurent, martyr, les antiennes étaient suivies de versets et de psaumes. Après avoir examiné la question, il la décida sur un principe incontesiable, mais dont il fait l'application h sa mode. Voici &on raisonnement. Quoiqu'on puisse se sauver par la foi seule, lorsqu'on n'a |)as le loisir de faire des bonnes œuvres, néanmoins il*y a beaucoup plus de saints qui ont opc^ré leur salut par la foi cl par les bonnes œuvres. Le fait est certain par rapj)Ort à saint Paul et h saint Laurent^dont la foi et les œuvres, surtout les aumônes, sont connues. Or, on sait que le Psautier est composé de cantiques el de psaumes; les cantiques appartiennent à Thomme iulérieur et è la science de la foi; les psaumes, se chantant sur l'orgue, qui est un instrument matériel, désignent les œuvres extérieures* Ce fut une raison, pour ceux qui ont composé les olUees de la iète de ces saints, d'entreouper les antiennes de versets, comme des Usures oe leur fui et de leurs bonnes œuvres. Doiu Uartène» qui a le premier fait imprimer eette lettre, la suppose écrite vers Taa lt)«iO; mais il n'en donne aucune preuve.
TëUNaCE succéda à Mi^èco dans te gou«
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Yernemenl de I*Eglise de Besançon, quelqnes années après l'an 6C5, et remplii ce siège jusqae vers Tau 680, où il eut pour successeur Gervais, que Ton croit avoir été son frère. Pendant son épiscopat, il tit bfllir au champ de Mars une éfjiise en Thonneur des saints martyrs Marcellin et Pierre, la même
3ui fut plus tard convertie en une abbaye e Tordre de Saint-Benoit, sous l*invocation de saint Vincent. Il composa aussi, vers Tan 675, une Chronique des evéques qui Pavaient précédé sur le siège de Besançon. Mais cet ouvrage n'est pas venu jusqu à nous, et le P. ChifQet en regrettait vivement la perle.
TERTULLIEN. Voici un grand nom qui rappelle une grande chute t Voici un des plus beaux astres du ciel catholique, qui, après avoir brillé sans nuages» pendant 1 espace de près d'un demi siècle, s'est obscurci tout à coup, sous une atmosphère de ténèbres et d'erreors, que tous les éclairs de sa gloire passée ne pénètrent plus que par intervalles, et encore,quand ils se trouvent en contact avec les rayons de la vérité. Sans doute, le soleil lui-même a ses éclipses, mais il n'en parait que plus lumineux à tous les regards, sitôt qu'il se montre dégagé des corps étrangers qui nous interceptaient ses splendeurs. Hélas I pourquoi n'en est-il pas toujours ainsi du génie, la plus belle émanation de la Divinité qui rayonne sur le front des créatures intelligentes? Il faut iM*oire que la providence de Dieu en ordonne autrement, pour confondre les vains conseils de Porgueil humain et déjouer par là les rêves ambitieux d'une science devenue stérile, parce qu'elle n'a de confiance qu'en elle-même. Cette réflexion nous semble d'un à propos d'autant plus saisissant, que ïà mort récente du plus grand génie peut- 4tre qui ait brillé, à l'aurore de notre siè- C\e^ vient d'en confirmer la vérité par une application lamentable. Oui, Lamennais nous explique Tertullien , ^comme Terlullien, quoiqu'â dix-sept siècles de distance » nous fait pressentir et comprendre Lamennais. Ces deux flmcs^unt de la même trempe» •«es deux génies sont de la m^me famille ; ces deux opiniâtretés ont leurs racines aux pieds du tronc commun d'un même orgueiL Qu*il nous soit permis, au moins, pour nous consoler de ces chutes, de penser que le prêtre français et le prêtre de Carthage, en désertant leur drapeau, ne cédèrent qu'à des illusions généreuses. Mais hélas I cette hypothèse même, fût elle vraie, ne suffirait pas encore pour les justifier, puisque de ces illusions, ils en ont fait des erreurs qui leur ont servi comme de manteau pour |lcs rouvrir pendant leur vie, comme de suaire pour les ensevelir après leur mort. L'un n'est jugé que d*hier, Tautre connaît sa sentence depuis bientôt dix-sept cents ans, et, à ?a place de l'espérance, FËglise catholique ne nous montre que la crainte assise sur la pierre de leur tombeau. A quoi donc sert la science, quand elle n'est pas selon Dieu? Et que devient le génie, quand il s'écarte • des voies que l'Eternel lui a tracées pour
diriger l'humanité
vers le bat i^ sa rédemption ? Hélas 1 au lieu de ramener, )f éloigne ; au Heu de diriger, il égare; i) {)errl au heu de sauver. Ayons donc r^nQance encore en nous-mêmes, auand un soofQe sufTu pour faire tomber les élufles des cicui l Qui itatf videat ne cadat (I Cor.^ x, li). Mais je reviens au docteur dont les écrits <yoi« vent faire le sujet de cette étude.
Tertullien {Quintw Stpiimius Florem Ter- /ti//(anu5) naquit à Carthage , vers l'an 130 de Jésus-Christ, selon les conjcflores b plus probables, car on ne «ait rien de |k^ sitif sur ce point. Il était fils d'un centurioo, qui servait dans la milice du proconsul d'Afrique. On croit que sa famille était |4« tricienue. Ses propres déclarations allHtent qu*il avait reçu le jour dans le t»a^«nisme. ti Autrefois, dit-il, nous insultions i la religion du Christ, comme vous lefaJt^ aujourd'hui ; nous avons été des vôtres, car on ne natt pas Chrétien on le devinil.» 11 avoue qu'il avait été longtemps dé;)OurTa de toute lumière, et privé de la connaissanf» du vrai Dieu ; qu'il avait pris plaisir aut cruels divertissements de Tamphithéâlre; qu'il se reconnaissait coupable de toute e«* pèce deprévarication, sans mèmeen excefitrr
adultère, etqu'il n*était au^monde quepniir pleurer ses fautes dans les austéritéiis de It pénitence. Il faut savoir gré à Tertallieii des tristes confidences qu'il livre à la publicité. L'humilité du pécheur repentant i voulu expier les souillures du vieil homina lar ces aveux, et glorifier la grâce qui araii *ait de lui un homme nouveau. Mais, quand même ces aveux ne fussent pas sortis de si bouche • il eût été facile de conjecturer qu'une âme, ardente comme la sienne, et sans frein pour la retenir au milieu desdé« sordres du paganisme, avait dû faire pla« d'un naufrage. Ajoutez à cela le climat dévorant de l'Afrique, les passion5 qoi bouillonnent sous ce soleil, et l'âpre énergie de ces mœurs, qui, du temps même ilt saint Augustin, n'avaient pas encore perdu leur fougue ni leur rudesse. Aussi, qu«oi Tertullien s'adresse à la volupté, on voitqu'il la flétrit comme un ennemi personnel qujti faut teuir à la chaîne, si on ne veut pasqail se venge de sa défaite.
Mais nous avons déjà anticipé sur Tafenir. Tertullien, resté orphelin de bono^^ heure,' trouva dans sa mère un guide teuilr? et éclairé. Doué d'une imagination faaic < s'enflammer, d'un esprit pénétrant et naturellement droit, et d une grande puis$autf d'élocution, il obtint des succès comme avocat et professeur de rhétorique. Ces deui car* rières conduisaient infailliblementaot hooneurs. La beauté de son génie les lui prouieitait, s'il fût resté dans le paganisme. Uai5i côté de lui grandissait une religion sulilime dans ses dogmes, pure dans sa morale, p^ sant des catacombes à l'écfaafaud, et de l'éc^iafaud au triomphe. Il avait senti d'aiilenr»ie néant de la gloire humaine ; les toiles dis>ipationsdans lesquelles il avait précipité sa Jranesse ne lui laissaient que dégoût et aoi^^*
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Kî TER, M TATflOLOGIC.
pe.Leebristlaoisme lui oRVait de nobles lut* 1rs poarf déployer toute l'étendue de ses forms et un joug salutaire pour comprimer ées penchants qui favaient mattrisé jusque* HJI 56 sentit donc attiré aui idées chrétiennes d*al>ord par ce vide que laisse en anus le désordre, et ensuite par le specta» «ic de la constance que déployaient les mar- ' 1rs en mourant pour la défense de leur li. La raison lui disait qu*îi fallait en croire isléffloiRS si héroïques et si sincères^ rce qu'il n*y a qu'une conviction prode ^ui sotttTre et meure pour des faits et < })rincipes«
Ce fut Agrippinus , évéque de Garthage ,
M acheva l*œuTre de la conversion de Ter-
iieo, vers Tan 185. Le nom de cet évéque
riiait d*èlre rappelé , pour avoir conquis
Christianisme un homme qui en fût
jieinpsla gloire, avant de rompre si mal-
reusement avec l'Eglise.
Tertullien se maria, l'année suivante, à
le femme chrétienne. Il écrivit deux livres
i*il lui adressa quelque lemps après son
Diéme. Le premier est une espèce de tes-
ent dans lequel il l'engage, s'il venait à
urir le premier, k vivre dans la conti-
ice et h observer la viduité. Dans rautre»
amoins, il se relAche un peu de cette ri-
ur. Il l'averiitque, dans le cas où elle
ndrail k se remarier, elle était obligée
)ouser ua Chrétien, puisque saint Paul
fcrmei les secondes noces qu'à cette
ditiou.
uoique Tertullien dise queluue part qu'il tupait aucun rang., et qu il semble se npkr parmi les la'icjues^ il est certain «dans un autre traité, il se sépare du pie. Saint Jérôme, d*jilleurs, affirme povcment i|u'il 'était prêtre de TEgUse caliifue. A quelle Eglise a pf)ar tenait-il spéieioent? On Tigaerc; mais tous les écriraios s'accordent à reconnaître quïl -était Ktre de Rome ou de Caribage. Xerlullieii rtiit marié quead il fut élevé au sacerdoce 4 il u*csistaii alors, comme on le sait, aucune cunsUiution qui empêchât de conférer ies i^res aux hommes (irécédemmeiU engagés ilws les Liens du mariage.
Il est protiable que ce fut à Garthage plu** ^i quà Home que, déjà Montaniste^ il défiuTrit rbérésie que Praiéas semait -contre ^Trinité, vers la tin du pontificat de Saint I icior. Praxéas recoanot son erreur après le lumineux traité de son adversaire, et M:clla sa réconciliation avec l'Eglise par un H'tederétraciaticm. Le vainqueur triompha luodcstetiienL II dit que cette conversion ^accomplit par celui que Dieu daigna einpoyer à cette œuvre. Touchante modestie i'ii ruléve la victoire et adoucit la défaite hur le vaincu. Uélas l pourquoi nen a*t*il f>A$ (t)ujours été ainsi, et comment TorgueU B-i-U pi'ùci)Mié cet au^e de lumière des liauleurs sut)litiies qu'il lialiiiait dans un abîme K'iUmJ où il renU* encore enseveli? Quo^ ^odo cecidUti^ Lucifer? (ha. xiv, 12.) CVst ''^ <pie nous exaiuiiiorons en son lieu, s,ins buustlaUcrde trancher la question.
Soit hasard malheureux, soitd^ir'de cacher sa vie à tous les regards, ïortullîon n'est guère connu que par les ouvrages qu^il Aous 41 laissas. Sur tout le reste, excepté sur quelques points princijiaux, on en est réduit aux conjectures. On divise ses ouvra^^os en deux parties : ceux qui ont préoéilé sa chute et ceux qui l'ont suivie. Nous observerons cet ordre dans le compte succinct que nous «lions en rendre
rREMIÈRB PARTIE.
Du Baptême, — Ce traité fut destiné k réfuter une femme de la secte des caïnistes, nomméeQuintilla, qui avaitdéjàtrompé beaucoup de fidèles, en combattant et en ruinant le baptè.nc. Il nous est précieux à plus d*ua titre, et comme renseignement historique et surtout comme monument de la tradition calhoîique« On voit que TEglise y pratiquait déjà ce qu'elle pratique encore aujourd'hui pour initier le néophyte à la irie de la fui.
L*auteur relève lesairantages del'eau pour purifier, en lapf.elant qu'^à la création du monde, le Saiut-Esprit était porté sur les eaux. Il ne met aucune difi<érence entre le t>apt6me administré dans la mer, dans un èung, dans une rivière^ dans une fontaine ou dans un bassin ; et, suivant lui, ceux-là sont aussi bien Chrétiens, qui ont été bapti* $^és par sainUean dans le Jourdain, que ceux qui l'ont ^té dans le Tibre par saint Pierre.
^ reconnaît un ange qui préside au bap* tème, et sous l'œil duquel nous recevons l'onction d'où bous vient notre nom de chrétien. Au sortir de l'eau, l'imposition des mains, avec ia bénédiction et l'invocation du Saint-Esprit, confère au nouveau baptisé le sacrement de confirmation. Il remarque gutavant la descente du Saint-Esprit, les Apôtres n'administraient que le baptême de saini Jean, pour préparer les hommes à la grâce; mais il soutient que tous furent bap« tisés, quoique l'Ecriture ne l'ailirme que de saint Paul.
Jl prouve ensuite la nécessité du baptême sous le nouveau Testament, par ce précepte de Jésus-Christ : Allez et baptisez (Afar/A,- XXVIII, lOj; et \^àr la menace d'exclure du ro3'aume des cicux ceux qui mourront des* tiiués de ce sacrement : « Car, dit-il, il ny a qu'un baptême, comme il n'y a qu'une foi, comme il n*y a qu'un Dieu. 9 Après quelques réflexions générales sur la néces* site du baptême pour le salut, il ajoute; <i Mais on ne peut examiner trop sérieuse* ment ce que 1 on doit observer à l'égard des hérétiques, lis n'ont aucune part à notre discipline, et l'excommunication qui les re* tranche de la société catholique témoigne assez qu'ils nous sont étrangers. Ils n'ont ni le même Dieu que nous, ni la même foi au Christ, ni, par conséquent, lemêiuebap* tême. Or, comme le leur n'est pas légitime, il est donc nuL » Nous dirons tout-à-i'heuro ce qu'il faut penser de cette restriction, pour laquelle il renvoie au traité qu'il avait écrit en grei! et que nous avons perdu, *
Le druit u'admini^trer lo baptême a] pai*
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tient d'abonl h Tévèque, puis «ut préires et AUX diacres, mais p^r délégation du pontife.pourl'honnourderEjçliseet pour le maintien de la paix. Les laïques peuvent aussi conférer ce sacrement, mais seulement en ras de nécessité; c'est môme pour eux une obligation si rigoureuse, que celui qui y manque dans ces conditions, se rend cou- |f>able de la perle d'une âme. « Cependant, dit-il, il ne faut pas donner légèrement le baptême; mais le différer selon la condition, l'âge et les dispositions de la personne; ce que l'on doit observer surtout à l'égard des rnfants. Il ne faut pas exposer les parrains au péril de leur manquer par la mort, ou 'i'étre trompés par leur mauvais naturel. » On voit ici l'usage des parrains qui répondent pour le bajuisé, et ce qu'en dit Tertullien peut s*enlendre dans un bon sens, »i on l'applique aux enfants des païens, et même aux enfants des Chrétiens dont Téduealion se trouvait en péril. Il veut également qu'on le diffère pour les adultes qui no sont point mariés, jusqu'à ce qu'ils se luaricnt, ou qu*ils soient fortifiés dans la continence. « Si Ton comprend riniporiance de ce sacrement, remarque-t-il, on craindra ))luldt de le recevoir que de le ditférer. Le jour solennel du baptême est la Pâque, et ensuite tout rinlervalle qui s'écoule entre ce jour et celui de la Pentecôte; mais on ])eul le donner à toute heure et en tout temps. » Il veut que Ton se f)répare au baptême par des prières fréquentes, par des jeûnes prolongés, par des génuflexions et l^r des veille^, et surtout par la confession de tous les péchés passés. Il trouve même <]ue l'Ëgliso use d'une grande indulgence à 1 égard des adultes, en ne les obligeant pas de se soumettre à l'épreuve d'une confession publique.
Ce Irai é ne porte donc d*autre trace de dissidence avec r£glise, sinon que le baptême administré par les hérétiques n^'était pas valide. Mais il serait injuste d'imputer 'ce sentiment au prêtre de Carlhage exclusivement. Agrippinus, évoque de celte cité, avait rendu un décret qui autorisait celle opinion, pour laquelle s'était prononcé tout le littoral de l'Afrique. L'Eglise, d'ailleurs, n'avait paç encore décidé celle question, imisque ce grand débat ne fut plaidé et ter^ miné qu'un demi-siècle plus tard. Il faut [dire enlin, pour l'honneur de Tertullien et tie ceux qui avaient embrassé cette jcause, dont nous avons parlé déjà, à l'occasion de '»aint Cyprien, que les hérétiquies mêlaient h l'administration du sacrement de baptême une fouie de pratiques, qui souvent, en dénaturant la Ibnue, en uélruisaient l'effi* cncité.
De la Pénitence. — I/auleur traite d*aborit, en général, de la pénitence, si mal définie l'ffr les païens qu'ils ajipliquaienl ^e repentir A font, même à leurs bonnes actions, quand elles n'avaient pas réussi. Il veut que la pénitei.co s'applique au péché, et qu'avec la crainte du Seigneur, clic y mello un terme «l opéra un« réforme dan» ra con.MMcnctf.
r Car, dit-il, Ik où il n^y a aoeOBe minte, il n'y a conséquemmenc aucune réforme; ei là où il n'y a aucune réforme, la péniiemt est nécessairement stérile, puisqu'elle uf porte pas le fruit que Dieu l'a destinée < produire, je veux dire, le salut de rhomoie.* ti fait naître la pénitence sur le berreai même du genre humain et la consacre dm là personne de son chef, quand, après Tavun chassé du paradis terrestre et soumis à a mort. Dieu révoqua l'arrêt de ses colèm précédentes et résolut de pardonner à srii; œuvre et k son image, en faveur de sa lé» nitence. Adam en transmit les préceptes i ses enftints; les patriarches et les chefs de tribus les inculquèrent dans le cœur et peuples primitifs, et le^ prophètes fur^ni autant de vois inspirées |nir rKsprit dVc haut pour exhorter k la pénitence le peuple qu'il s'ét«iti choisi. « Bientôt, dit Tertuliitrc, liieu promettant la grâce, dont son £si)ni saint devait allumer le flambeau sur toui Kunivers, vers le dédin des temps; il or* donna que la (lénitence précédât le baplèmr, a!in de marquer d'avance de l'empreinte ik ce sceau salutaire ceux, qu'il appelait aie promesse destinée k la postérité d Abraham. Jean ne le cache pas quand il dit : failapi* nitence, {Matth. vi^ 17.) Voilk^ en etfet, qa« s'approche le salut des nations, c'est-à-oin le Sauveur qui s'avance, suivant les prtH messes de Dieu. Son précurseur recoifr mandait ta pénitence, qui a pour but (M puritier les esprils, aûn que transCornia&d effaçant et bannissant du cœur de ïhmme toutes les souillures de la vieille erreur, toutes les taches de l'antique ignoraacc,il préparât ainsi k l'Esprit Saint prélkdesceo^ dre, le sanctuaire d'un cœur pur où il |*û^ entrer volontiers avec tous ses dons célestes. Or tous ces dons célestes se résuoieoi ea' un seul, le salut de l'homme par l'afléaulis» sèment des crimes passés. Voilk le motif de la pénitence; en voilk TetTet. £lie preod eji main les intérêts de la divine miséricorJn et, en |)rotitant k l'homme» elle tourne à ia gloire de Dieu, s
11 faui remarquer ailleurs que la péoiteoca n'esi mériluire qu'autant qirelle sapplique k nos péchés réels. Or le péché , c'est \t mal. Dieu étant essentiellement boa ne peut hair ni détendre autre chose* Il fait obser* ver avec raison que l'homme, étant (onoe par la réunion de deui substances, resjfit et le corps, doit |>écher suivant sa dooixc nature. 4 Nous avons établi ces principes, dit-il, afin de bien faire comprendre que* s'il y a eu péché, la nécessité de il v^^* lence n'est pas moindre pour unesubsiitK^ que pour l'autre. Leur crime est cooiaioiii leur juge est le môme, c'est-k^iire Dieu;)i faut donc aussi que le même remède suit appliqué, c'est-k-Uire la pénitence.
N On nomme donc les péchés,ou corporels. ous|ùrituels, parce que tout péclié se commet, ou par action» ou par pensée. P^^"^ qu'un péoliésoit corporel, il faut qu*ii v<'^ eu action, par«'.e que le lait eitérieur r>ttit êlrt* s»cusible ; le |)éché spirituel Mi (^'^