‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 156 sur 207 · IMO · texte numérisé non relu

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h Télëye. La nature doune la leçon, Tâme la répète. Tout ce que la première enseigne, tout ce que la seconde apprend, émane de Dieu, c'est-h-dire de Tauleur de la nalnre elle-même. Qu'est-ce f^ue Tâme peut se flatter de savoir sur cet insliluteur souverain ? A chacun de Vestimer en interrogeant Tûme qui réside en lui, et qui le rend capable de sentir; il la trouvera, tantôt prophétesse de ]*avenir, lanlôt riche de pressentiments, et toujours pleine de prévoyance. Faut-il s'étonner que, venant de Dieu, elle sache prédire? Il faudrait s'étonner éiîalemenl qu'elle connût celui qui Ta formée. Circonvenue par son ennemi, elle se souvient encore de son Créateur, de sa b'»nlé, de ses commandeinenls, de sa propre destinée, et de la destinée de son adversaire. Quelle merveille encore que celte fille de Dieu chante les mystères qu'il a permis aux siens de connaître?»

Ce traité, si court et cependant si nourri, «e termine par une discussion philosophique sur la formation des langues, qui, suivant 1 incrédulité, ont aiuené ces locutions vicieuses fortifiées par le temps el par l'habitude. Mais Pâme existeitassurément avant les lettres; mais la parole a i récédé les livres; mais la pensée est antérieure à l'élocution, et Thomnie lui-même est né avant le philosophe. Aussi voilà pourquoi , à mesure aue les langues se sont formées, ce cri de la conscience, ce lémoienage de l'âme s'est fait entendre immédialcmenl ilans tous les idiomes.... « Quelle puérilité, dit Tertullien, d'attribuer ce concert aux langues grecque et romaine, qui sont sœurs, pour nier Tuniversalitéde la nature. Ce n'est pas pour les Latins ni pour les Grecs seuls que l'âme tombe du ciel ; l'homme est

Eartout le même, le nom seul est différent, ne seule et même âme, une langue dilférente; un seul et même esprit, des sons difl'érents ; chaque peuple a son idiome particulier, mais la nature du langage est commune à tous. Partout Dieu, et partout la bonté de Dieu ; partout le démon, et partout la malédiction du démon ; partout l'in- Tocation du jugement do Dieu; partout la mort, partout la conscience de la mort et partout son témoignage ; partout enfin , .1 ânae, en vertu de ses droits, proclame des vérités qu'il ne nous est pas même permis de murmurer. C'est donc ajuste titre que l'âme, disons-nous, est tout à la fois complice et témoin; complice de l'erreur et témoin de la vérité. Qu'aura-t-elle à répondre, quand elle sera debout devant le tribunal de Dieu, au jour du jugement? Tu publiais Dieu, el tu ne l'as point cherché ; tu maudissais les démons et tu les as honorés; tu en appelais au jugement de Dieu, et tu n'y as point aiouié foi; tu pressentais les supplices de 1 enfer, el lu n'as point souffé h les éviter; tu pensais comme le chrétien, et, comme Tidolâtre, lu as persécuté le nom chrétien. >

Aux confesseurs. — L'Epîlre aux confesseurs a pour but de faire arriver jusque

dans leur cachot les consolaltoDS spirituelles, à l'imitation de r£gHse, qui leur distribuait la nourriture du corps, soit à l'aide de ses richesses, soit avec les hieos que la fiiété des fidèles mettait à sa dispo* sition. Il les exhurte à persévérer dans Iq grâce du martyre ; à se tenir en garde con^ tre les tentations que l'esprit du schisme cherchait h fomenler enire eux ; en un n. j à conserver pour eux-mêmes la paix qu'.N donnaient si souvent aux autres. Car c'viaii la coutume alors, que ceux qui par leuf^ péchés avaient mérité d'être chassés »

l'Eglise cherchassent à s'appuyer de la rcommandation des martyrs, pour obtmr leur réconciliation. Tertullien leur eipcs en ces termes les avantages de la capiiviii'. K Au inoins, leur dit-il, vous n'enleo!»: point invoquer des dieux étrangers; t'a yeux ne sont point blessés par l'asped ; leurs imagos; vous ne vous trouvez |n..i mêlés, malgré vous , aux solennités <h^ païens; vous n'avez point à rçspirer l'ode r impure de leurs sacrifices ; vos oreille n , sont point déchirées par les cris de leurspectacles, ces représentations ignoljlesiù tout révèle la fureur et l'impureté, et >0U5 n'êtes plus exposés à rencontrer sur Toirc passaf^e ces enseignes dégoûtantes qu'affichent publiquement les repaires de laproitilution. »

Des spectacles, —L'an 204 de Jésus-Cl:n-I, et le douzième de l'empire de Sévèro, «•« célébra à Rome les jeux que Ton appelaji séculaires, et qui furent les builièmesd.puis sa fondation. On croit généralcrncni que ces cérémonies donnèrent occasion vi livre que Tertullien écrivit contre les y\f'' tacles. Dès le début, il se plaint «qne 'a crainte de renoncer aux plaisirs délournait plus de gens du chrislianisniegue lacraiu'^> de la mort. » Mais toutefois , il avoue que les saintes Ecritures ne contiennent aucun préceple formel qui condamne les spectacles; il soutient seulement qu'ils app rtiennent à ridolâtrie, el qu'ils fonl part!' des pompes du démon auxquelles les chr^ tiens renoncent dans leur haplême. Ouiro ce premier péril, il montre que la fréquentation des speclaclos suscite encore una foule de dangers. « Dieu, dil-il, nous acoar mandé de conserver le Saint-Espril dan> nos cœurs. Or cet esprit céleste est leiKirt et délicat de sa nature ; il aime la tranqui'lilé, la douceur et la paix ; comment doc^ pourrait-il se plaire dans une Ame lK)u'f' versée par tous les sentiments de la colèr: et de la douleur? Car il est impossible q) la vue de ces spectacles ne produise 1"^^ une certaine agUation d'esprit î 11 n'r a point de plaisir sans passion ; c'e!»t elle gi' l'assaisonne et qui lui donne du goûi. ti passion fait naître une émulation j'i'^jj^* qui engendre à son tour la colère el l«i /•': reur. Or tout cela ne saurait conreuir » notre discipline chrélienne. Encore que quelqu'un pourrait se rendre i cesspecty z\qs sans passion ; qu'il y assislenils*»-^''''^ être louché, qu'il n y prendrait aucun ^»'fl!-

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DE PATROLOCIS.

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iir, il se rendrait au moins coupable d'une démarche inutile, ce qui ne convient nullement à la yie sérieuse d*uR Chrétien. »

il s*élève ensuite avec force contre l'usage (Je se tUiisquert et n'oublie pas la malédiction }Mirlée parla lui contre les hommes qui se dépouillent des habits de leur sexe pour jouer sous le masque les personnages de femmes. Il marque les périls de ces assemblées où les hommes et les femmes, parés comme des idoles ne se rendent que pour Yuir et être vus ; et il demande s*il est possible d'y méditer TEcriture sainte et les ]irérept(!S de Jésus-Christ. Il prend Dieu à lémoin de l'exemple qu'il rapporte d'une femme chrétienne» qui, ayant été au théâtre ea^taitrevenueposséJéedudémon.tt Comme dans l'exorcisme on reprochait à l'esprit immonde d'avoir osé attaquer une ftme fidèle, il répondit hardiment : J'ai eu raison, je Ffli trouvée chez moi. Une autre avait eu là faiblesse d'assister à une tragédie; la nuit suivante on lui montra un lin^equi lui reprochait le nom de l'acteur; elle ne lécut pas plus de cinq jours. &

Enfin, pour montrer quelles doivent être les récréations d'un Chrétien, il dit : «Quel plaisir plus grand que le mépris du monde, la pureté do conscience et la vraie liberté? En quoi consiste donc le bonheur de la vie, sinon à se contenter de peu, et à ne pas craindre la mort ? Vous roulez aux pieds les dieux des gentils , vous chassez les démons; vous guérissez les malades; vous demandez des révélations au ciel qui vous eiauce; en un mot, vous êtes à Dieu, et TOUS vivez avec Dieu; voilà les vrais plaisirs* voilà les seuls spectacles digues du ciirélien ! »

1>e la patience, — Tertullien prouve la nécessité de cette vertu. Le modèle qu'il pri>pose, c'est Dieu lui-même ; Dieu qui fait part de ses dons aux bons comme aux méchants, à ceux qui en sont dignes comme à (tiii qui en sont indignes; qui a bien voulu naître d'une femme, nui s'est laissé indigneiueot couronner d'épines, et qui a consenti à mourir sur la croix, du supplice lies scélérats. « I^ patience, dit-il, éprouve notre foi, comme elle éprouva celle d'Alirabanfj; elle nous donne Dieu pour père, Suivant cette parole de Jésus-Christ : Priez pur vos persécuteurs, afin que vous soyez les enfants de votre père oui est dans* le "el. » 11 montre ensuite qu un Chrétien ne P^ul jamais avoir de justes motifs de s'impatienter, même quand il perd sa fortune, '{uand on l'attaque dans son honneur, ou qull est victime de quelau'autre cataslrol'iie considérable. Entin il conclut par un Qiagnifique éloge de la patience chrétienne, Qu'il distingue de celle des païens, en en taisant reisortir la ditférence, à la gloire de '^religion. Il approuve dans ce traité la fuite pendant la persécution, quMl condamna plus tard, comme une apostasie, lorsqu'il «ut tombé dans te schisme.

^ivéumeni et de r ornement des femmes.

— Dans le premier de ces deux livres* il dit que , si les femmes se rappelaient la bassesse de leur condition; si elles vivaient avec ce souvenir continuel qu'elles appartiennent au sexe qui causa en Eve la perte du genre humain, elles travailleraient à réparer cette ignominie, en vivant dans la plus grande modestie, et en préférant toujours un vêtement simple et même négligé aux vaines recherches d'une parure ma^^nifique. Il montre que lor, l'argent, les pierreries n'ont pas été crées de Dieu pour servir à la vanité des femmes»

Dans le second livre , en parlant des ornements des femmes, Tertullien afiirmo positivement qu'aucune femme chrétienne ne peut en. conscience désirer de plaire par sa beauté» parce qu'elle sait, à n'en pas douter, que ces agréments extérieurs sont propres à exciter les mauvais désirs. Nonseulement elle doit rejeter toute parure aifectée, mais par une indifférence pleine de modestie, elle doit même dissimuler et obscurcir sa beauté naturelle pour se mettre à couvert de la convoitise et de la brutalité des hommes. «tSi jamais une personne chrétienne peut se glorilier dans sa chair, c'est quand elle est déchirée pour Jésus- Christ» et non quand elle attire les regards et qu'elle excite les soupirs des jeunes gens. » Il s'élève fortement contre le fard, les iaux cheveux et autres ornemcnis du même genre qui paraissent faire injure à l'œuvre do Dieu, en cherchant à la perfectionner ; mais c'est surtout dans les hommes qu'il blAme ces soins futiles et efféminés. « Si votre for« tune, votre naissance, votre dignité» dit-il, vous obligent à tenir un rang quelconque et à vous donner le luxe d*un cortège, usez-en avec une modération telle que vous ne soyez point exposés à lâcher la bride à la licence, sous prétexte de nécessité. N'en voyez-vous pas un grand nombre, qui, pour pratiquer la continence, et gagner ainsi le royaume de Dieu, renoncent à des plaisirs assurément permis? Et d'autres qui, pour humilier leurs Ames, renoncent à toutes les créatures de Dieu et s'abstiennent de faire usage du vin et de la chair des animaux ? » Et ailleurs : «Quel sujet, leur demande-t-il, avez-voujs de sortir si parées? Vous n'allez ni aux temples, ni aux spectacles, ni aux fêtes des gentils ; car c'est dans ces assemblées seulement, où l'on va pour voir et pour être vues, que Ton se produit en public avec tout ce vain étalage de pompe mondaine. Avez-vous une seule raison de sortir qui ne soit une raison sérieuse, commo pour visiter les malades, par exemple, pour assister à l'oblation du saint sacrifice, et pour entendre la parole de Dieu ? » Entin il les exhorte par la considération de la persécution présente , à quitter au plus tôt ces habitudes d'une vie molle et sensuelle.

Comment des mains accoutumées aux bracelets pourront- elles supporter le poidi des chaînes ; comment une jambe ornée de bandelettes s'accommodera-l-elle des «entraves? Je ne sais, mais je crains qu*une

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tfile si chargée de perles et d'émeraudes, ne donne plus de place à Tépée. »

De f idolâtrie. — Nous ne saurions pré* cîser Tépoque è laquelle Terlullien cora-

1)0sa son traité de Tidolâtrie. Ce n*cst que lien timidement que nous le plagons au rang des livres composés avant sa chute. II s'y exprime avec une rigueur inexorable et

Î>arle en niaître, comme s'il était ^ lui seul 'arbitre de l'Eglise. Il n'était pas montaniste quand il récrivit, mais peut-être faut-il le reporter à l'époque où il abandonna la secte qu'il avait embrassée, pour créer une autre secte plus eialtée encore. L'auteur débute ainsi :

« Le plus ^rand crime du genre humain, Ye forfait qui comprend tous les autres, la cause tout entière de sa condamnation , c'est l'idolâtrie. Car, bien que chacjue prévarication ait son caractère spécial, bien qu'elle soit condamnée à part, il n'en est pas moins vrai qu'elles se fondent toutes dans le crime d'idolfttrie. Oubliez les noms, voyez les œuvres. L'idolâtre est en même temps homicide. Qui a-t-il tué, me demandez-vous? Je lis dans l'inscription qui laccuse : Meurtrier, non pas d'un étranger, mais de lui-même. — Par quels moyens?

— Par son aveuglement. — Par quelles armes? Par ses offenses contre Dieu. — Par combien de blessures? — Par autant de blessures que d'idolâtries. Que celui-là nie que l'idolâtrie soit un homicide qui peut nier qu'il ait perdu son âme. D'après ce principe, vous trouverez encore en lui l'adultère et l'impudicilé. Car quiconque sert les faux dieux altère indubitablement la vérité; or toute altération de la vérité est adultère. De même il se plonge dans l'im-

Î^udicité; qui peut sacrifier aux esprits mmondes sans en être souillé et sali? Aussi les saintes Ecritures se servent-elles toujours du mot fornication pour flétrir l'idolâtrie. Ce qui constitue le vol, j'imagine, c'est d'enlever le bien d'un au4re, ou de nier ce qu'on lui doit. Or le vol commis envers l'homme est regardé comme un grand crime. L'idolâtrie fait un vol à Dieu, en lui dérobant les hommages qui lui sont dus, pour les transporter à d'autres, ajoutant ainsi Toutrage au larcin. Or si le vol, la fornication, l'adultère causent la mort, c'en est donc assez pour que l'idolâtrie ne soit pas innocente d'homicide.

<i Après ces crimes si funestes, si capables d'anéantir le salut, plusieurs autres désignés par différents noms, et conséquemment classés à part, se reproduisent dans l'idolâtrie. Elle comprend toutes les convoitises du siècle. Quelle est la cérémonie idolâtrique sans le luxe et les vains ornements du siècle? Elle comprend les désirs impurs et l'ivresse; car les solennités païennes ne sont fréquentées que pour y satisfaire les plus grossiers appétits. Elle comprend l'injustice; qu'y a-t-il de plus injuste que celle qui méconnaît le père de toute justice? Elle comprend la vanité, puisqu'elle repose sur la vanité. Elle comprend le mensonge, puis-

que le fond de sa substance n est que meo. songe. Par le, tous lescrimesserencoDir^oi dans l'idolâtrie, et Tidotâtrie dans tous les crimes. D'ailleurs, comme tous les (iéiiu sont une offense envers Dieu, et que tout ce qui offense Dieu doit être attribué aui démons et aux esprits immondes auiqni'ls sont consacrés les idoles , il n'en faut (Mijut douter, quiconque pèche commet lecrin:^ d'idolâtrie, puisqu'il fait ce qui apparticni aux maîtres ées idoles.

«Mais que tous ces délits rentrent dans h dénomination de leurs œuvres, et queriJolatrie demeure ce qu'elle est en ellc-mêaie, c'est-à-dire le plus grand crime de rhomrc« et la plus grande offense de Dieu. En cffe:, elle renverse ses serviteurs de plusieurs ma* nièreSf non pas seulement [)ar ignoran^^t, mais par une secrète connivence du rœur. La plupart des hommes n'attachent coniir> némcnt le crime de l'idolâtrie au'à i'ariii brûler de l'encens, d'immoler Jes victime d'offrir quelques oblations, de se faire inidtr aux mystères ou de remplir les fonciionf de prêtre et de sacriûrateur. C'est à peu [irè> comme si Ton sMmaginait que l'adultère ne réside que dans l'acte charnel, et l'honiitiiie. que dans l'efTusion du sang et la mort de >à victime ; comme si Dieu n'avait \^s placé la prévarication dans la concupiscence, en déclarant adultère tout regard de convoitise, tou t mouvemen t impudique au fond de l'âm^ et homicide, toute malédiction, toute injuro, tout mouvement de colère, et même plus, tout manque de charité envers son frère; <âr saint Jean dit: Celui qui liait son frire est komicide,., (Joan, m, 15). Puisque l'idolâtrie est la source de tous les crimes, il faut donc commencer par nous garantir contre tou(a rétendue de l'idolâtrie, en reconnaissaul qu'elle n'existe pas seulement dans lesactej extérieurs.

« Autrefois, il n'y avait point d'idoles. Avant que les artisans de cette nouveauté monstrueuse pullulassent dans le mondei les temples étaient vides et les muraiiies nues, comme l'attestent encore certains vcitiges de l'antir^uité. Toutefois , l'idolâtrie existait déjà, si ce n'est dans son nom, au moins dans ses œuvres; car, même de nos jours, on peut s'en rendre coupable, eu d»> hors du temple et sans avoir d'idoie. Mais aussitôt que le démon eut introduit dans le monde des fabricateursae statues, d*inia;;es et de simulacres de tout genre, cette œuvre grossière d'où jaillirent les calamités buniaines prit un corps et un nom qu'elle emprunta aux idoles. Dès ce moiucut, tout art qui produit une idole devient une sounu (lidolâlrie. Il n'importe pas qu'une imagû sorte des mains d'un sculpteur, d'un ciioleur ou d'un brodeur phrygien, parce qu'il est indifférent qu'elle soit exécutéecn plaire.

en couleur, en pierre, en airain, en argent. en tapisserie. Puisque l'idolâtrie euslo même sans idole, certes, une fois que l'iJ*^^^' est présente, peu importe de quelle e5fi^ce elle est, de quelle matière, de quelle forme. Donc aussi le fabricant d'images idolâiriqucs

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DE PATROLOGll::.

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ii coupable du inérae crime, à moins que

s Juifs n'aient été idolâtres qu'à demi )rsqii'jls consacrèrent i*image d'un veau et en relie d'un homme.

c Dieu défend aussi bien défaire une idole ijp de l'adorer. C'est précisément parce ij'il est nécessaire qu'une idole soit faite flur qu'elle puisse être adorée, qu'il est déii(iu de la faire, s'il n'est pas permis de lui >nilre un culte. De là vient que> pour déainer l'idolâtrie, la loi diyine a dit : Tu f ferai point d idole ^ m, ajoute-t-elle, au-» mi ressemblance de ce qui est au ciel^ sur la ireet dans lamer.{Exoa. xx,8.)» Tertuilieu ifiond ensuite aux vains prétextes allégués !r ces artisans pour se justifier: « Je n*ai »id autre moyen de vivre, objectaient-ils.

yu est-il l>esoin que tu vives? Qu'y a-t-il Hommuntentro Dieu et toi, si tu te règles ir tes propres lois? » Ensuite, comme ils aient s appuyer sur ces paroles de l'Apôe : Que chacun demeure dans la position où st$t rencontré (/ Cor^ vu, 20), » il en résulrâit, ditlertullien, que nous pouvons tous Tsévérer dans le péché, car il n'est perlODo de nous qui n'ait été trouvé dans le kbé; puisque Jésus-Christ n'est descendu le pour nous en délivrer. Ils ajoutaient : tfais TApôtre, à son exemple, nous ordonne ! travailler de dos mains pour nous aider à Tre.{/ Thess. iv, ll.j— Sice précepte com- AOiie toute espèce de travail, répond le )cteur, les voleurs, les brigands, les fauslires, les histrions travaillent aussi de leurs aiii5(jour vivre ; ces derniers même y émulent chacun de leurs membres. Ouvrez >nc indiiréremment l'Eglise à tous ceux il soutiennent leur vie par le travail de urs mains, s'il faut accepter sans aucune stmclion les industriesque réprouve la loi '.Dieu.» A cette proposition , que toute lage est défendue , on objectait encore : Pourquoi donc Mo'ise a-t-il dressé dans le Isert un serpent d'airain (iVum. xxi, 8)?— Il i fait, répond l'auteur, parce que l'image de

serpent d'airain, élevé entre le ciel et la rre, était une image de la croix de Jésusirisi, qui devait nous délivrer des serpents, ^st-à-dire, des anges du démon ; il Ta e^^sé, parce que le mèsae Dieu, qui défend de >re des images, lui a recommandé, par une escription particulière, d'élever celle du Tpeui. Donc, conclut-il, si vous adorez le •ifue Dieu, voici sa loi : Vous ne fera auinrtVmiffe taillée. (Exod. xx,8.) Si vous vou« 2 vous appuyer de l'injonction qui or- •nne ensuite d'en ériger une particulière, ^itez Moïse, et attendez, comme lui, pour ever quelque simulacre, aue Dieu lui- ^Oio vous en ait donné ! ordre. Quand ^iiie aucune loi formelle de Dieu ne nous ^tiuterditdo forger des idoles, il nous iilirait de notre sacrement pour nous con- ^mr.re que ces industries sont contraires à

f'^i. Est-ce avoir renoncé au démon et à '^ animes que de tes fabriquer? Comment )utuur que nous avons répudié, je ne dirai )s Ceux avec lesquels nous vivons, mais '•^i qui nous font vivre? Peux-tu bien re-

nier de la bouche celui qne tu reconnais de la main ; détruire par la parole ce que |tu édifies par l'action ; prêcher un seul Dieu, toi qui en fais des multitudes ; préconiser un Dieu véritable, toi qui en fais d'imaginaires? — J'en lais, me dira-t-on, mais je ne les adore- pas. — Comme si la raison qui défend de les adorer, ne défendait pas aussi de les fabriquer. Mai^ je dis plus, tu les adores véritablement, puisque tu les mets à même d être adorés; tu les adores, non pas avec le parfum de quelque grossier sacrifice, mais avec le parfum de toi-même. Ce n'est pas la vie d'un animal que tu leur offres, c'est ton ftme que tu leur sacrifies. Tu leur immoles ton génie, tes sueurs, ton intelligence. Tues pour eux plus qu'un prêtre, puisqu'ils te doivent d avoir des prêtres, »

L'auteur signale encore un grand nombre de professions qui, sans toucher directement à la fabrication des idoles, ne lui en paraissent pas moins entachées du même crime, t Qu'importe, dit-il, que l'on bAtisse ou que l'on décore; que l'on élève un tem-

Ele, un autel, un sanctuaire, ou que l'on fa* riquedes lames de métal, des ornements r^our l'idole, ou simplement la niche qui ui estdestinée. L'industrielaplus honteuse n'est pas celle qui fait le Dieu, mais celle qui lui donne la majesté. Si on allègue pour prétexte la nécessité des arts de luxe, ils ont une multitude d'applications qui fourniront des moyens d'existence, sans déro- Î;erà la loi... Point d'industrie qui ne soit a mère ou la sœur d'une autre industrie. Tous les métiers se touchent; ils ont autant de ramifications que les hommes ont de désirs. »

11 poursuit encore l'idolAtrie dans la magie, Vaslrologie, l'enseignement, le commerce, dans la liberté, dans l'esclavage, dans la famille, dans l'individu, dans les habitudes ordinaires de la vie telle que le paganisme l'avait faite; dans l'éloiTe, dans la couleur, dans la fbrme des vêtements, dans les transactions et dans les procès, et il en fait ressortir l'in&uence par des développements si multipliés et si étendus qu'il ne BOUS e$tpas possible de les analyser. Il conclut ainsi : « Au milieu de ces écueils et de ces golfes, de ces gués et de ces détroits de l'idolâtrie, le vaisseau de la loi déploie ses voiles au souille de l'esfjrit de Dieu, toujours sûr, s'il estcraintil; plein de sécurité, s'il est toujours tremblant. Du reste, quiconque se laisse renverser est emporté par le tourbillon inévitable de l'idolâtrie; naufrage des victimes à demi brisées, abtme sans air qui engloutit les malheureux prêts à être dévorés. Chacun de ses Ilots donne Id mort; chacun de ses gouffres couduit aux enfers. Qu'on ne dise pas: qui parviendra donc à s'en préserver sûrement? il faudrait sortir du monde I Comme s'il ne valait po:i mieux sortir du monde que de rester idolâtre dans le monde. Mais rien de si facileque d'éviter l'idolâtrie, pourvu qu'on la crait^nu avant tout. Quelle que soit notre pauvreté,

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« Faire la matière éternelle, c'est ia faire égale à Dieu : en mi mot, c'est admettre un autre dieu avec lui, parce qu'alors il ne sera plus le seul être souverain; c'est détruire {également sa toute-puissance» puisqu'alors il ne sera plus le maître de la matière. En effet, si la matière est mauvaise et éternelle, le mal sera immuable et nécessaire. Au contraire, si la matière est capable de Irans* formation et de changement, alors elle n'est pas éternelle, et Dieu sera toujours lauteur du mal, parce que, selon Herraogène, il l'aura fait ou souffert par sa volonté. » Tertullien explique nettement, dans ce traité, qu'il appelle corps toute substance, et qu*ii ne compte pour choses incorporelles que les modes de la substance, comme l'action, la passion et le mouvement : ce qui nous ifait comprendre comment et dans quel sens il a

Eu dire que Dieu lui-même était corporel, u reste, il ne l'a pas cru matériel, puisque son traité fout entier ne tend qu'à prouver qu'il a créé la matière.

Après avoir répondu aux rêveries d'HeriDogène sur la matière, Tertullien attaqua les valentiniens , se contentant d'exposer plutôt que de réfuter sérieusement leurs généalogies ridicules. Il suffisait de montrer ce qu'étaient leurs éons, pour faire tomber cet absurde système. Au reste, il ne fait presque qu'abréger saint Irénée. Comme le prèire de Cartbage était obligé d'employer plusieurs termes sacramentels pour les hérétiques, et composés de plusieurs mots, il les mit en grec dans son original, avec la signification à la marge; ceux qu'il traduisit en latin portaient en dessus la si^^nificalion grecque. On a négligé ces précautions dans les différents manuscrits et dans les éditions de nos jours, ce qui les rend fort obscurs.

De rdme. — Le livre De Vâme date du commencement de la chute. Non-seulement l'auteur y énonce sur l'âme des choses ridicules, qu'il appuie sur des visions plus ridicules encore, mais il y nomme formellement le Paraclet, avec la variété de ses dons. II soutient que, sans être matérielle, 1 âme, cependant, a une certaine corporoité, parce que rien ne saurait subsister en dehors du corps. Il prétend donc réfuter Platon et tous les autres philosophes qui tenaient l'âme pour incorporelle; mais il reconnaît ailleurs que cette opinion qu'il combat est la plus répandue, puisqu'il la traite de vulgaire. II donne même à l'âme les trois dimensions : longueur, largeur, profondeur, ainsi que des membres particuliers, avec une forme et une contijiuralion en harmonie avec celles du corps humain. Elle est palpable, transparente, de couleur aérienne. Et il allègue sérieusement, pour preuve de cette assertion, la vision d'une prétendue sainte de la secte des montanistes. 11 adirme ensuite, sur l'autorité de l'Ecriture, que l'âme n'est point éternelle, mais que Dieu l'a créée de son souille ; mais qu'étant incorruptible elle est immortelle. Il rejette la métempsycose : toutes les âmes sortent Tune de l'autre par une espèce de propagation, sans que cha-

cune soit formée par une création nouTelle. Il soutient le libre arbitre et la corruption de la nature, dont le serpent est l'auteur, et qui est une seconde nature elle-même.

« Ainsi, dit-il, toute âme naît daos Adaai jusqu'à ce qu'elle renaisse dans le ChrL<.l, impure aussi longtemps qu'elle n'a pij

pris cette seconde naissance Ainsi le ici'

de l'âme, outre celui qui est semé aiirès coup par l'arrivée de l'esprit malfaisant,! sa source antérieure dans une corruptics originelle, en quelque façon inhérente à ta

nature Dieu seul est sans péché, et le

seul homme qui soit sans péché c^est Jésus* Christ, parce c^iiil est Dieu. >»

Il dit ensuite que le démon obsède W hommes dès leur entrée dans la vie. t Cel:i qui, dans l'origine, fut jaloux do rhorairc, obscurcit et déprave encore aujourd'hui lo-h tes ces facultés conférées à Tâme au monjeaf de sa naissance, aGn d'empêcher qu'elle^si brillent par elles - mêmes ou qu'elles u soient dirigées \ers leur but. £n elTeU quel homme ne s'attachera pas Tespritm^^ vais, puisqu'il çuette les âmes aux porici mêmes de la vie, puisqu'il est appelé par toutes les superstitions qui environnent ca enfantement, tant l'idolâtrie était comme l'accoucheuse nécessaire de tous les nouveaux-nés? Ainsi, pendant leur grossesse, les femmes enceintes se ceignaient le corps de bandelettes tressées devant les idok\>. comme pour témoigner que leurs fruits étaient consacrés aux démons. On avait m-

Î;iné une déesse Alémone, pour nourrirl>cànt; une None et une Décime, pour lefâiro naître à terme; une Partula, pour régVr l'accouchement. Dans le travail, on invoquait Diane et Lucine; pendant toute is semaine, on dressait une table à Junon;ie dernier jour, on appelait les gens pour consigner l'horoscope par écrit, et on consarra.t à la déesse Sative les premiers pas que l'enfant imprimait sur la terre. Ensuite on vouait toute sa tête, ou seulement quelin?*' uns de ses cheveux; on les rasait et on Its destinait à quelque sacrifice, public ou particulier, en l'honneur de la patrie ou '.^

aïeux De là vient que l'Apôtre (ICvr.

vu) déclare que les enfants des fiilèies Sfui saints, et non pas immondes, connue ceyi des idolâtres, parce qu'ils sont exempi* de ces cérémonies impures. Peut-être trsNY là une des raisons des oxorcismes qui pré«:tdent le baptême, v

Parlant du sommeil il dit, que les bonn*' œuvres sont inutiles en cet état, coiîidj« aussi les fautes ont leur sécurité, parce «ii*^ nous ne serons pas plus condamnés jjonrun fantôme de volupté que couronnés jwurfi fantôme de martyre. II affirme égalennn

aue la mort ne vient pas do la nature, ni? * u péché; et voici comment il exprime chi^ pensée : « Pour nous qui connaissons p j originesde l'homme, nous posons hanJitn^''» en principe que l'homme n'était pas né^n'|*''-

tel , mais qu'il l'est devenu par uneKiU'^» laquelle môme n'était pas inhérentcà s* nature. Toutefois, on usurpe volontiers le oi'O

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fe nAturedans des choses qui semblent $*èCre nacliécs accidenlellcmenl à râaie, depuis .1 naissance. Car si l'homrae avait été créé ircrteajent pour la mort, alors, on pourrait fiipuicr la mort à la nature. Or, la preuve Il nmtraire est dans la loi elle-même, qui mi suspendue sur sa tôle une menace concionnelle , et abandonne la liberté do iomme à Tévénemeut de la mort. Enfin, il n'avait pas péché, il ne serait jamais juri. » Il marque expressément dans une i>lnire qu'il ranporte , que les prêtres riaient aux sépultures. 11 entendait par les r.fm une vaste étendue dans Tinlérieur de ile-re, profonde, cachée jusque dans ses oirailles e)!es-mêmes, et placé inimédiate- :tn( au-dessus des abîmes inférieurs, et il Mvait que toutes les âmes y demeuraient i^]u'au jour (lu jugement, mais que celles i>< saints y étaient soulagées. Il n*admet ans îe laradis que celles des martyrs, et se ndesur TApocalypse; mais il marque assez -lirement que d'autres docteurs ^en ourait^nt la porte h tous les saints.

De la chair de Jésus-Christ. — Le trai- ' Ik la chair de Jésus-Christ et celui De insurrection de /a c/ia/r, q«ji est comme i ronséquencc do l'autre , ont été cerluioment écrits après le traité De rame, iTiullien prouve, dans le premier, que «>lre-Seigneur a été homme véritable; et ins Ui second » que la loi nous oidige de r>ire que nous ressusciterons un jour. Dans )u$ les deux, il réfute Marcion et quelques u(nsl)éréti(iues qui coml)a(taieni ces deux eniés, ftarco qu ils ne voulaient pas que ' rréaleur du curps fût le Dieu véritable. lis disaient que Jésus-Christ n'avait eu tj'un corps apparent, un corps céleste, un >r\)fi animal , c'est-à-dire que l'âme avait Miiiu sensible. Terlullien prouve que Jé- )s-Clirlst a eu une chair humaine, un corps TuieUans le sein de la sainte Vierge et né 5 sus enlroilles. Il njonlre d'abord par le nioignage de rEcrilure que le Sauveur »au une Ame et une chair, puisqu'il dit : m ûnke est triste jusqiià la mort (Matth. "I, 38) ; et ailleurs : Le pain que je donne^ " e.v< ma chair pour la vie du monde (Joan. I* oij. Jt uii ((ue Jésus-Christ est en même inp) Dieu et homme: homme par son ja.^ibrmont, par sa chair, par son Ame, >r sa qualité de Fils de riiomme, et i^'U, parce qu'on tant qu'esprit de Dieu et ^rtu un Très-Haut, il est Fils de Dieu et it;<i lui-même. Il prouve sa divinité contre i>i»n, qui faisait de Jésus-Christ un homme riiiiaire, issu du sang de David et seulet^nt supérieur aux prophètes sur quelques Muls.n Pourtant, lui dit-il, vous admettrez >(:n qu'il y a une différence. Jamais le ><nst, par exemple, n'a tenu ce langage si miliiT aux prophètes : Voici ce que dit Seigneur, Jamais non plus il ne répèle ' tuoi si ordinaire sur leurs lèvres : t't ^^ge qui parlait en moi m'a dit» C'est iJii éiailplijs qu'un prophète et plus qu'un i^e, mais le seigneur lui-même, présent ^ uiilieu des hommes , et parlant en son

nom et de sa propre autorité : Tr moi, je tout le déclare. Que faut-il encore? Ecoutez Isaïe s'écriant : Ce nest point un ange ni vn envoyé f mais le Seigneur lui' même qui tes sauvera. {Isa, lxiii, 9.)

Expliquant ce que dit saint Paul, que Je* sus-Christ a eu la ressemblance de la chair du péché (RoM. VIII, 3): « Ce n'est pas,dit-il, que co lût une chair imaginaire ou d'une nature plus excellente que la nôtre; non, elle était la nôtre, mais sans être pécheresse^ parce que Jésus-Christ, en se l'appropriant, l'avait faite exempte du péché... Il était né« cessaire que le Fils de Dieu naquit d'une vierge. Celui qui devait consacrer un nouvel ordre.de naissance devait naître d'une manière toute nouvelle. Isaïe prophétisait que le Seigneur annoncerait par un signe cette merveille : Voilà quune vierge concevra et enfantera un fils, (Isa. vu, ik.) Une vierge a donc conçu et enfanté Emmanuel , ou Dieu avec nous. Là voilà, celte naissance toute nouvelle, où l'homme natt dans Dieu, où Dieu natt dans l'homme , })rcnant une chair de semence antique, sans antique semence, afm de la régénérer avec une semence nouvelle, c'esi-h-dire spirituellement, et en lavant toutes ses souillures passées.

« Maintenant, poursuit-il, pour répondre avec plus de simi>licité, il ne convenait pas que le Fils de Dieu naquit d'une semence humaine , de peur qu'étant tout entier Fils de l'homme, il no fût point Fils de Dieu , et qu'il n'eût rien de plus excellent que Jonas et Salomon. Ainsi , pour que celui qui était Fils de Dieu par la semence du Père, c'està-dire par son Esprit, fût également Fils de l'homme, de la chair de l'homme, il ne devait prendre que la chair, et cela sans le concours de l'homme. Par conséquent, de même que n'étant point encore né de la vierge, il a pu avoir Dieu pour père, sans mère de condition humaine, de même, quand il naissait d'une vierge, il a pu avoir une mère de condition humaine , mais sans avoir un homme pour père. En un mot , l'homme est avec le Dieu, par le mélange de la chair de l'homme avec l'esprit de Dieu.» Terlullien signale ensuite, |)our les condamner, différents systèmes d'après lesquels les héréliques s'obslinaienl k diviser la personne de Jésus-Christ.

De la résurrection de la chair. — Ce traité, quoique principalement dirigé contre les valentiniens, réfute également tous les autres novateurs qui, à leur exemple , niaient la résurrection de la chair. Ils n admettaient que celle de l'âme, c'est-à-dire la conversion des mœurs, et tournaient eu allégories tout ce que l'Ecriture dit do là résurrection des corps. Ils agissaient ainsi en haine do la chair et du Créateur, et ils entassaient sur cesujet une foule d'arguments tous plus spécieux les uns que tes autres, pour rendre la résurrection incroyable, séduire les simples , et faire mépriser la chair et s<ui auteur. Terlullien prouve que celte chair est l'œuvre de Dieu, qu'elle a élé tirée du néant por son Verbe, qu'il l'a façonnée de

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sa main, anim<îe de son souffle, afin qu^ello devint le sanctuaire d*une âme vivante et semlilal)le à lui. 11 rappelle que ce limon dont Dieu a formé le corps de Thomme est le même dont TEspril-Saint s'est servi pour former le corps de Jésus-Christ , au jour où le Verbe s'est fait chair. Par conséquent, ce limon, qui revêtait dès lors Timage de Jésus-Christ dans sa vie future, n'était pas seulement Toeuvre, mais le'^aged'un Dieu. « La chair, dit-il, unie h Tâme'dont elle estdevenue la compagne, est aussi le ministre de ses pensées et l'instrument de ses volontés. N'est-ce pas elle qui la met à même d'exercer son empire? N'est-ce pas en effet, par le ministère de la chair, que Tâme jouit des dons de la nature, des richesses du monde et du ciiaruje des éléments? Pourquoi non? C'est par la chair qu'elle est pourvue de l'appareil des sens, la vue, l'ouïe, l'odoral, le goût et le loucher? C'est par elie qu'elle est armée d'une puissance divine, ca[)able de tout 0[)érer par la parole, et même par le langage muet du geste et du regard. La parole assurément est un des organes de la chair. La chair, elie est le véhicule des arts! La chair, elle soutient les sciences et le génie! La chair, elle conduit les actions, l'industrie, les fonctiotis! Toute la vie de l'ftme est si bien la vie de la chair, que ne plus vivre n'est autre chose pour l'âme que sa séparation d'avec la chair. Aussi te propre delà chair est-il de mourir, parce qu'il est de sa nature de vivre. Or, si tout est soumis à l'âme par l'entremise de la chair, tout est soumis également à la chair; il faut nécessairement que l'instrument soit associé à la jouissance. La chair, par le ministère qu'elle prête c^ l'âme, est donc reconnue sa compagne et sa cohéritière ; cohéritière des biens temporels ; pour* quoi pas des biens éternels ?

«Voilà, poursuit Tertullien, ce que j'avais è dire pour réhabiliter la chair considérée dans l'aspect général de la nature humaine. Vojons maintenant, par les dons qui lui appartiennent en pro[»rc, combien de préro«gatives le nom de Chrétien communique devant Dieu à cette frêle et abjecte substance? Certes, il suffirait à la chair que nulle Ame ne pût absolument obtenir le salut, à moins de croire pendant qu'elle est dans la chair! Tant il est vrai que la chair est la base du salut. Enfin, quand l'âme est enrôlée au service de Dieu, c'est la chair qui la met à même de recevoir cet honneur^ C'est la chair en effet qui est lavée, pour que l'âme soit purifiée; c'est la chair sur laquelle on fait les onctions, pour que l'âme soit consacrée; c'est la chair qui est marquée du signe sacré, pour que l'âme soit fortifiée; c'est la chair qui est rouverte par l'imposition des mains, pour que Tâme soit ' illuminée par le Saint-Esprit; c'est la chair .enfin qui se nourrit du corps et du sang de .Jésus-Christ, pour que l'âme s'engraisse de la substance de son Dieu, folies ne peuvent donc être séparées dans la récompense, puisqu'elles sont associées dans lo travail.

Les sacrifices agréables h Dieu, je veni dire, les laborieux exercices de l'âme, les jeûnes* les abstinences, la sobriété, tout ce qui arl compaj;ne la mortification des sens, c'est la chair-qui l'exécute à son détriment, [a tïn ginilé, le veuvage, la couche conjugale sairj. tement privée de ses droits, le mariage unique sont des holocaustes que la chair brûlg sur ses propres biens en l'honneur de Dito. Répondez! Que pensez-vous de la i'\mr, lorsque traînée en public et livrée à la haiiiQ de tous, elle combat pour la foi?lorsqu*aa fond des cachots, elle est torturée |^r j« privation si cruelle de la lumière; par 5 3 élûignement du monde, par la malpropreté, par l'infection, par une nourriture repoussante, n'ayant pas même la liberté dusoiDmcil, garrottée sur son grabat et penée par les roseaux de sa couche? lorsque rep^ raissant à la lumière, elle est déchirée par des instruments de toute espèce? lorsqua» fin elle s'éteintdans les supplices, s'effortm de rendre au Christ, en mourant pour m^ tout ce qu'il a fait pour elk*, souvent surli même croix que lui à moins que ce ne soit dans les tortures d'une cruauté plus JDgé* nieuie encore. 0 chair fortunée !OchairiDi!!« fois glorieuse de pouvoir satisfaire à Jé5u>* ChristjNolre-Sei^neur, par lepaiemeiitd'une si grande dette, si bien qu'elle ne lui doit {ibii rien que la grâce d'avoir cessé de lui devoir: aujourd'hui d'autant plus enchaînée à saa cœur qu'elle est absolument libre.

« Ainsi donc, pour récapituler, cette cbaif que Dieu forma de ses mains, à son ima^, qu*il anima d'un soufile de vie, à lare^oo* blance de son être, qu'il établit dans cet univers pour l'habiter, pour en jouir el commander è toutes ses œuvres; qu'il re« vêtit de ses sacrements et de sa discipline; dont il aime la pureté, dont il approuve Icf mortifications, dont il rémunère les souf* frances; celte même chair ne ressuscilerait pas, après avoir tant de fois appartenu ï Dieu ! Non, non, loin de nous la pensée qaa Dieu abandonne à une destruction sani retour, l'œuvre de ses mains, l'objet desua industrie, l'enveloppe de son souffle, li reine de sa création, l'héritière de sa libéralité, la prêtresse de sa religion, IcsoMil de sa foi, la sœur de son Christ. Nous savons que Dieu est bon. Nous apprenons de son Christ que seul il est le Dieu boo. Comme il nous commande d'aimer le fr'> chain après lui, il fera lui-même ce qui! 8 commandé; il aimera la chair gui est s^v prochain à tantde titres. Elle est faible; mas n'est-ce pas dans la faiblesse que se perfectionne la iorce?(/ Cor, XII, 23.) Elle est uJilade, mail on n'appelle le médecin quef-^c^ ceux qui souffrent. {Matih. ix, 12.) Bkf ij^uoble, mais c'est des choses peu releun»i que Ton parle avec le plus d'honneur. M Cor. XII, 9,J Elle est perdue, mais, dit Jés;^- Christ, jc suis venu pour sauver ce çui «♦•»•' perdu, (ilatlh. xv, -Ik.) Elle est pécher(»>>''. mais, ajoute le Sauveur, jaimemieH^J^ salut dupécheur que sa mort (Ezech. xxi.^'» elle est condamnée; maisc'»/ moiquift^Pf'

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tt qui guéris, s'écrie-t*il {Deut. xxxti, 39). Comment dûDC reprochez- vous à la chair des choses qui attendent Dieu? qui espë* rent en Dieu? qui sont honorées par lui, et qu'il assiste? J*ose.le dire, si tant de misères Relaient survenues à la chair, la bonté, la i;ràce, la miséricorde, la toute-puissante libéralité de Dieu eussent été inutiles. »

Nous ne suivrons pas Tertullîen dans tous ip5 arguments qu*il accumule ici pour étah'ir celte grande vérité, la fin dé toutes les espérances du Chrétien dans la vie: ce que nous en avons cité suCGra, nous Tespérons, pourfaire comprendre avec quelle éloquence luu)ineuse il sait exposer les raisons du dOi^mc catholique, quand il oublie son parti ti qu'il ne se laisso plus dominer par l'es* pril de mensonge.

Contre Marcion, — Nous arrivons à son rnid ouvrage contre Marcion, le plus volumineux de tous. Cet hérétique avait fait rrrirre le double principe de Manès, auquel il mêlait d'autres dogmes ténébreux et qui loi étaient particuliers. Tertullien dépiojra contre fut toute la puissance de l'argumentalion, toute l'autorité de la science eide la tradition. Il s'y prit à trois fois pour ibalire cette hérésie. Son premier écrit D*éiailuu'un opuscule composé à la hâte; il le remplaça par un second auquel il donna plus d étendue. Ce second traité ne le satisnt pas encore, parce qu'un des frères, qui depuis fut apostat, le publia, avant qu'il lût en élat de paraître , et sur des copies char- (ees de fautes. Il fut donc obligé de le revoir de nouveau. Il est devenu ce grand Inilé en cinq livres, que nous avons aujourdiiui, un des titres de gloire du prêtre de Carthage , et sauf quelques lignesqui rtpiifllent le sectaire, digne des plus beaux ours de sa foi catholique.

L'auteur débute ainsi : « La mer qui s*a|i- «Ile Pont-Ëuxin ^c'est-à-dire mer hospi- 'lière), a reçu par une ironie de mot un lom que dément sa nature. Ne croyez pas pesa position géographique la rende plus Bvorabieaux navigateurs. Elle s'est éloignée 1^ nos plages civilisées, comme si elle avait toute lie sa barbarie. Les peuples les ()lus êroces Thabitent, si toutefois e est l'habiter lue d*y vivre errants dans des chars. Point le demeure fixe-l Des habitudes brutales» A promiscuité des femmes, des voluptés ;rossièrcs et sans voile... Le ciel lui-même M de fer dans ces régions sauvages, jamais de jour lumineux ; un soleil tardif et ne ^ montrant qu*à regret; pour atmosphère, c sombres vapeurs ; pour toute saison Thitf; tout vent est pour eux aquilon. Les 'guides ne recommencent à couler qu'à Aide de la flamme; le cours des fleuves >t enchaîné par les glaces; les montagnes tondissent sous les neiges qiii s'y amoni^ilenr. Partout la torpeur, l engourdissement, In mort. En ces lieux il n'y a d'ardent 'ie les passions féroces. Aussi le théâtre *NI emprunté à ces lieux sinistres ses lus sombres tragédies^ les sacrifices de la

Tauride, les amours de Colchas» les tortures du Caucase... »

Voilà la scène , maintenant voici le personnage; vous verrez que tous les deux, la description et le portrait sont tracés de main de maître. « Mais parmi les monstrueux enfantementsde cette terre maudite, la production la plus monstrueuse, c'est Marcion; oui, Marcion, plus farouche que le Scythe» plus inconstant que l'Hainaxobien, plus sauvage que le Massa^èto , plus audacieux que TAmazone, plus ténébreux que l'ouragan, plus froid que l'hiver, pius^fraKile que la glace, plus fallacieux que l'ister, plus abrupto que le Caucase. Faut-il s'en étonner? Le sectaire poursuit de ses blasphèmes le vraiPromélhée, le Dieu tout-puissant. Oui , Marcion , tu es plus odieux que les stupides enfantsd e cette barbarie ! En effet» montrez-moi un castor aussi habile à mutiler sa chair que Timpie destructeur du mariage. Quel rat du Pont est armé de dents aussi incisives que le téméraire qui ronge l'Evangile? Contrée malheureuse, ton sein a vomi une béte plus chère aux philosophes qu'aux disciples du Christ. Le cvnique Diogène , sa lanterne à la main, cherchait autrefois un homme en plein midi ; aujourd'hui, Marcion, après avoir éteint le flambeau de la foi, a perdu le Dieu qu'il avait trouvé. Que nos dogmes aient été les siens, ses disciples ne le nieront pas; et d'ailleurs ses lettres sont là pour Tattester. En faut-il davantage pour le proclamer hérétique» puisque déserteur de ses croyances passées, il en a embrassé d'autres qu'il nn professait pas? En eflet, plus la foi pre« mière était véritable, plus l'hérésie est flagrante dans la maxime qu'tl lui substitue. » Tertullien reconnaît que, sans même entrer dans l'examen de sa doctrine, il serait facile de le convaincre d'erreur, en se contentant de lui opposer la prescription de la nouveauté; mais il aime mieux réserver cet argument pour une autre circonstance. Il aime mieux descendre dans l'arène, en-

f;ager la lutte avec Marcion sur le terrain, e saisir corps à corps, et le combattre avec ses propres principes. Aussi commence-t*il

Car les exposer» afin que sa réfutation soit ien saisie.

« Brisant son navire contre le double écueil du Bosphore, le pilote du Pont imagine deux dieux, un Dieu qu'il n'a pu nier, c'est-à-dire, le Dieu créateu'r, le Dieu des Chrétiens, et un autre dont il ne démontrera jamais l'existence, le dieu de Marcion. Déi)lorable invention de l'orgueil! L'Ilvangile parle d'un arbre bon, qui ne peut produire de mauvais fruits, et d'un artire mauvais qui n*en peut produire de lions; et l'oracle divin applique aux houuiies cette comparaison, qui signifie tout simplement* que d*une flme fidèle et d'une foi pure, ne peuvent sortir des œuvres mauvaises, pas |)lus Que des œuvres bonnes ne sortent d'une roi , ou d'une âme dépravée. Que lait Marcion? Impuissant » comuie tous les sectaires» à résoudre ce problème : lyoù vient

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riCTIONNAIRE

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le malt Et les yeux alVaîhlls par les efforts mômes d'une curiosité orgueilleuse, il s'arrête dès les premiers pas devant cette parole du Créateur : Je suis celui qui envoie les maux; et là-dessus, voilà qu'il se perd dans ses arjiuments, et qu'il attribue audacieusement a Dieu cette comparaison évangélique d'un arbre produisant de mauvais fruits, c'est-à-dire, le mal. Mais quel autre Dieu répondra à ce premier terme de la similitude ? Il imagine, je ne sais quelle autre substance, et d'une bonté sans mélange» opposée aux dispositions du Créateur, divinité nouvejle et étrangère, qui s'est révélée récemment dans son Christ. C'est ainsi qu'il corrompt la masse deJafoi par ce levain de l'hérésie. Déjà Cerdon, père de ce scandale, l'avait revêtu de sa première forme. Les aveujilcsl Ils s'imaginèrent qu'il leur était phis facile d'entrevoir deux divinités, eux qui n'avaient pas môme pu en contempler une seule dans sa plénitude. Du reslc, ou sait qu'un flambeau unique se reflète double dans des yeux malades. Ainsi, l'un de ces dieux que le sectaire était contraint d'avouer, il Tanéantit en lui attribuant tout le mal ; à Taulre qu'il élève péniblement sur un vain échafaudage, il contie le gouvernement du bien. » Sur quel ressort a-t-il élabli*ces deux natures rivales? C'est ce que Tertullien indi(|ue dans sa réfutation.

Il établit d'abord l'unité de Dieu , en démontrant qu'il est impossible qu'il y ait plus d'un être souverainement grand. « Le fond de la dispute, dit-il', et même la dis-

Cute tout entière est une question de nomre. £st-il permis d'introduire deux divinités? Nous connaissions déjà les libertés de la poésie, les libertés de la peinture ; nous en avons de nouvelles, les libertés de l'héiésie. Mais la vérité chrétienne a prononcé en termes clairs : « Si Dieu n'est ff pas un, Dieu n'est pas. » 11 y aurait uu moindre blasphème a nier son existence qu'à défigurer sa nature. Voulez-vous avoir la certitude invincible de son unité? Cherchez quel il est, et vous trouverez qu'il ne peut être autrement. Tout ce que Tintelligence humaine peut saisir de Tessence divine, je le réduis à ces termes simples, expression universelle de la conscience de tous : Dieu est l'être souverainement grand, nécessairement éternel, iucréé »

sans principe , sans commencemenl, sans tin.

« Telle est la nature de l'éternité, qu'elle constitue le Dieu souverainement grand.

Ce que je dis de son éternité, ne convient pas moins à ses autres attributs, l'idée de Dieu emportant avec elle la perfection la plus absolue dans l'essence, dans la compréhension, dans la force, dans la puissance. Parlout l'esprit humain adhère à ces princi[)es; ,car nui ue peut refuser à Dieu la suprême grandeur, sans l'abaisser par là même au-dssousd'un rival, de sorte que retrancher quelque chose à DieUi c'est ie nier, *

Cela établi , Tertullien eiainine queilo sera la loi constitutive de l'être souverain; et il trouve que sa loi, c'est que tout s'in* cline devant lui, et qu'il nj ait aucune grandeur voisine à côté de sa grandeur. « Placez en face de lui un second èUc doué des mêmes aUributs, vous lai donne; un égal ; dès que vous lui donnez un é^a, vous anéantissez la loi de son être quùi. dut toute concurrence avec cette luajc»'/ souveraine. L'être souverainement gr.}.] doit par conséquent demeurer unique tt sans rival, sous peine d'abdiquer kh même. Il n'a d'autre mode de sou exister^ que le principe inviolable de son être, iV nité absolue. Puisque Dieu est rètresuvrr. rainement grand, la vérité cbrétienoe i donc bien défini , Quand elle a rcDdu m oracle : Si Dieu n est pas un. Dieu d\ i pab I.... Dieu est donc unique? Poini . Dieu , s'il n'est l'être par excellence; |-.&: d'être par excellence, s'il n'exclut louinval ; point d'être sans rival s'il n'cM r-v que.... Or, je vous le demande, le a.';'* que deux êtres souverainement grands ulsistent à la fois, quand l'essence duii ^i* reil être n'admet point d'égal, et quà Dieu seul appartient cette sublime prérogalîu? Tourmentez-vous tant qu'il vous |)lair^ vous ne viendrez jamais à bout d'éta)er a majesté débile de votre Dieu. »

Les partisans de Marcion objecUienr « Deux êtres souverainement grands ^zvent subsister à la fois, raaib distincts e: coniinés chacun dans ses limites, à |ea près comme les royautés de la terre, qu<. bien que nombreuses, sont souveraines aaf< les contrées qu'elles gouvernent. — Mîu dans ce cas-là, dit Tertullien, qui emptiLt de faire intervenir, non pas un troibiemt et un quatrième Dieu, mais autant de dieut que la terre compte de rois? Ne l'oubli* Rf pas, il s'agit ici de Dieu, dont l'aUnbat essentiel est de repousser toute conjpâ.iison. Autre est Dieu, autre ce qui \\vuic* lui. Mais vous qui descendez sur la icrr*! pour lui em|)runter vos exem^jles, [mn-.: garde, l'appui va vous manquer. EncOt;i. ce monarque terrestre, si élevé que j»* ■ suppose sur son trône, n'est grand» toui** fois que jusqu'à Dieu, devant lequel il ^V baisse. Comparée à la majesté éternelle, u majesté du temps s'écroule et s'anéj; i Pourquoi donc des rapprochements au-o::'' évanouis que conçue. » Tertullien pr"u' ensuite que parmi ces majestés {ircvarril ne peut se* rencontrer deux pui>s^i' souverainement grandes ^ sans que, ^^'■ uu temps donné, il n'en surgisse uwtntre, suréujinente et solitaire qui le.^^sorbe toutes. Tant il est vrai que,•con^l■- • rée isolément et dans chaque ioiJirtJu. • grandeur suprême peut bien api^rai-* multiple, mais qu'eu vertu de sa naiur.. de ses facultés et des lois qui la régi>5ea!. elle est unique. De môme, si vous i-'i't.en regard l'un de l'autre deux dieuî.cuMi»''' deux monarques é^aux, il résultera m^Hr ciiilement de votre confroutatioa l'o^iiu^

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