ISI
TER
bE PATROLOGIË
TEi\
ÎA&^
cela majesté souveraine ira ae confondre los un seul être, et que Tun de« deux cepra la préominence à son rival. Qu'arrive* il alors? Le concurrent une fois annulé, se Mi autour du vaio<}\ieur une solitude rioieosc. Il domine sans égal, il règne ans sa sublime unité. Vous ne vous arrajorez jamais à cet encbaineinent inexlriible: ou il vous faut nier que Dieu soit èlresouterainement feranj, ou il faut re- [>nna!lre que Dieu est incommunicable.... Dciii êtros souverainement srands» pour-^ iiii le docteur de Cartilage ; Ja sagesse a- Hfile jamais imaginé un pareil système?
i TOUS admettez deux âtres souverains t je ous demanderai d^abord, pourquoi pas ilo&ieurs? La substance divine ne parâtirjii-elle pas plus féconde si elle s'étendait t uo plus j^rand nombre?... La raison qui ^ugne à plusieurs êtres souverainement tms, répugne à deux au même titre qu'à luMeurs. Après l'unité, le nombre; après eui, la multitude, qui ne coûte rien à ad* ttUre une fois qu'on est sorti de Tunité.' «Jusqu'ici, continue Tertullien, nous
CiBs raisonné dans l^bypotbèse que Mar- Q établissait deux divinités égales, et ms avons prouvé que la parité entre ces ^x 6ires ne pouvait subsister. . » . Mais tlle n'est pas la doctrine du sectaire : il rét! deux dieux dissemblables, Tun juge ivère, cruel« ami des combats ; l'autre kHii,amide la paix, bon et excellent.... tais la disparité peut- elle supposer deux heQi,si la parité les exclut? Dieu est Tète souverainement grand; la divinité re- |v5«sur ce fondement inébranlable. En ef- MiUarcion n*a pas plutôt accordé au Créatur ia divinité, que nous sommes autorisé >lui répondre : Tes oppositions et la diver- Bésont une chimère. Point de différence ntrc deux èlres que tu reconnais pour pt h titre égal. Sans doute des hommes firent différer entre eux avec le même ^ et la même forme; mais il n'en est pas fcuiêmede Dieu. On ne peut ni rappeler '>J<» croire Dieu, s'il n'est pas l'être souve- >>n. Or, puisque le sectaire est contraint ••rpconnatlre la souveraine grandeur dans ^»ui auquel il accorde la divinité, je ne u^adtûeltre qu'il retranche quelque chose ^'^ grandeur souveraine en la soumettant ^ une grandeur semblable. Pour Dieu, se |j|^i»Mlre c'est s'anéantir. Or, est-il d'un ^'•0 «Jabdiquer sa majesté souveraine?
^'^Jviniié peut-elle diminuer et. déchoir '305 le Dieu créateur, elle courra les mA- ' t'^ risques dans le Dieu prééminent dt «ârcioii; il serû capable de s'abdiquei '^^^« tm*n que le nôtre....
• A I uîuvre donc, Marsion; refuse la diviit* au Dieu que tu élèves ; refuse la suprô- "^' pfandeur à celui que tu abaisses. En •'^^jamant dieux et le nôtre et le tien, tu as l^^amé deux êtres souverainement grands.
; "« reirancberas rien à l'un, tu n'ajoule- "■> ntn à l'autre. En reconnaissant la divi- •'7; lu as nié la disparité... C'est la sub- ''"'-c n non le nom qui fait le Dieu, la
DiCTIONN. DE PaTROI.OOIE. IV,
substance qui constitue la souveraine gran-^ deur. Le Créateur est Dieu par essence; Marcion réclame^t-il la même prérogative pour le sien? est-il également dieu en vertu de son essence, et indépendamment de soa nom? Eh bienl nous soutenons que ceits grandeur souveraine deviendra é^^ale dans ces deux compétiteurs de la divinité, puisqu'ils possèdent la substance à laquelle nous attachons le nom de Dieu... La souveraine grandeur réside-t-eile dans le dieu de Mar<cion avec une félicité, une force et une per** fection absolue? Ces sublimes attributs résideront au même titre dans le nôtre. Les cherche-t-on vainement dans le Dieu que nous proclamons ? Je somme le dieu de Mar<* cion d'y renoncer également. Ainsi, deux êtres que Ton gratiQe de la souveraine grandeur ne sont pas égaux : le principe même sur lequel repose la souveraine grandeur exclut toute comparaison. Ils ne seront pas davantage inégaux ; une autre loi, non moins inviolable, veut que l'être souverainement grand ne puisse subir de diminution. Pilote maladroit, te voilà pris dans l'agitation des vagues de ton Pont-Euxin. De toutes parts t'enveloppent los Dots de la vérité ; tu ne peux t*arrêter ni à des dieux égaux, ni à des dieux inégaux, parce que deux dieux n*exis« tent pas. »
C'est sur l'orgueil que les marcionites élevaient l'édifice de leur système, en introduisant dans la religion un dieu nouveauf comme si nous avions à rougir du Dieu ancien. « Je me hâte, s'écrie Tertullien, de rendre grAce à leur vanité qui me fournit des armes contre elle-même, en m'apportant la preuve irréfragable de leur hérésief dans cette reconnaissance d'une divinité entièrement nouvelle. Cette nouveauté est marquée au même coin que celle du paganisme, avec sa lésion de dieux, pour lesquels il n'y avait ni assez de noms ni assea d'emplois. Qu'est-ce qu'un dieu nouveau si ce n'est qu'un faux dieu. Le vieux Saturne lui-même ne peut se prévaloir de son ancienneté pour devenir un dieu, parce qu'un jour aussi la nouveauté le consacra dans le respect des mortels. Mais la Divinité réelle, vivante, ne doit son origine ni à la nouveauté ni à l'antiquité. La vérité, qui lui appartient en propre, voilà son être. Il n'y a point de temps dans l'éternité. Tout ce qui est temps c'est elle. Celui qui crée le temps n'est point soumis à l'action du temps. Point d'âge en Dieu, par la raison qu'il n'a pu naître. Vieux, il n'est pas dieu ; nouveau, il n'a jamais été. La nouveauté suppose un commencement; Taucienneté annonce une fin. Mais Dieu est aussi étranger à tout commencement et à toute iîn, qu'il est à l'abri du temps* 11 est l'arbitre des choses humaines, c'est lui qui mesure notre commencement et notre fin. »
Mais le dieu des marcionites n'était nouveau, selon eux, que dans sa manifestation. « Eh bienl répond Tertullien, c'est précisément cette manifestation d'hier par laouclle on scandalise les Ames sans espc-
itës
TER
blCTIONNAIRlî
TER
rience; c*e$t le charme nalurel qui s^attache à )a nouveauté que je viens combattre ici« et par suite, discuter les titres de ce dieu inconnu. £& effet, proclamer sa récente consécration, n'est-ce pas démontrer qu*il était non avenu avant cette époque. Aux armes donc I descendons dans l'arène une seconde fois.
€ Persuadez-vous, si vous le pouvez, qu'un Dieu a pu rester inconnu. Je trouve, il est vrai, dans les textes saints, que des autels furent prostitués à des dieut inconnus; mais c'est là une idoifttrie grecque : à des dieux incertains, mais c*est là une superstition romaine. Or des dieux incertains sont des dieux peu connus, puisqu'ils n'ontqu'une existence douteuse. Par conséquent ifs sont inconnus par leur équivoque même. Lequel de ces deux titres graverons-nous au front de la moderne idole? L'un et l'autre à mon sens : dieu de Marcion , incertain aujourd'hui, inconnu par le passé. Le Créateur, Dieu connu et certain, a fait du vôtre un dieu inconnu et incertain. Je pourrais vous dire : Si votre dieu est resté inconnu et mvstérieusement caché, quelque région ténébreuse la donc couvert de ses ombres?
Or, cette région nouvelle, inconnue et incertaine comme votre idole, est une région immense néanmoins et plus vaste incontestablement que le dieu enfermé dans ses abîmes. Mais à quoi bon ces excursions lointaines? Je vous opposerai une courte et lumineuse (irescription. Votre dieu n*a pu rester inconnu. Il a dû se manifester par sa grandeur, par sa bonté surtout, double fondement de pi'ééminence sur le Créateur.
Toutefois, comme les preuves que nous sommes en droit d'exiger de tout dieu nouveau et inconnu par le passé, doivent se formuler d'après les précédents auxquels le Créateur a voulu s'assujettir lui-même, démontrons préalablement que cette requête est légitime. Notre argumentation n'en sera que plus solidement établie.
«Je vous le demanderai d'abord, vous qui proclamez un Dieu créateur, en reconnaissant que la priorité de la manifestation lui est acquise, comment se fait-il que vous ne pesiez pas les prétentions nouvelles au poids et à la balam^e où vous fut démontrée la divinité d'un autre. Tout antécédent fournit sa règle au conséquent. Voilà deux dieux en présence, un dieu inconnu, un Dieu déjà connu. Quant à ce dernier, l'enquête est inutile, son existence est depuis longtemps établie. Seraii-il connu s*il n'existait pas ? La dispute se concentre Jonc sur l'inconnu. 11 peut ne pas exister : s'il existait il serait connu. Ce que Tignc^rance cherche à pénétrer, demeure incertain aussi longtemps cju'elledoute. Aussi longtemps çiue demeure incertain ce qu*et le cherche, l'objet de ses investigations peut ne pas exister. Vous avez donc un Dieu certain puisqu'il est connu, et un Dieu équivoque puisqu'il est inconnu. Dans cet état de cause, la justice veut que les êtres incertains et douteux, itppelés i ar là même à prouver leur exis-
tence, la prouvent diaprés les pnoci^^s la forme et les règles que l'on applique aux êtres dont l*existence est certaine. Au milieu de ces obscurités, jetez des raisonne* roents sans consistance, qu'arrivera-t-il? Oo s'enlace dans des discussions inextricables l'incertitude des preuves se conirouDi^ au dogme que l'on essaye d'établir; pi viennent ces questions interminables (çy, l'Apêtre désaprouve et condamne.
« Appuyé sur ce princi pe, j'établirai viit-v rieusement que celui-là n'est pas Dieu<jj est encore incertain aujourd'hui, puisquuD Dieu certain n'existe dans la conscience [biblique qu autant qu'il n'a jamais été niiocertain ni inconnu. » Et Tertulliea pruan que c'est là ce qui assure Tav^ntage auDiea créateur, parce que à l'origine des cbo5o, le Dieu qui créa l'univers se révéla en Df* me temps que son œuvre, la créatioD n'i/iat eu d'autre but que la manifestation i k Divinité; et il montre, en effet, que Vnn révéla à Adam, sur le berceau du geontah main, qu'il conversa avec les patriarcbft, qu'il inspira Moïse qui écrivit leur hisloii% avec celle de l'humanité; qu'il plaça $a|4*| rôle sur les lèvres de ses prophètes ]xm
f)erpétuer ses promesses et son amour iïm a mémoire de son peuple, et que les afiô* très remplacèrent les prophètes pouractréditer son culte par tout le genre humain. « Voulez-vous une autre preuve que cellfl tirées des saints livres? L'immense mui(i* tude des peuples n'avait jamais entendu pu^ 1er du législateur hébreu, encore moiosÀ ses livres : elle connut cependant le Diea<lr Moïse. Au milieu des ombres d*un pa^otfme qui obscurcissait le règne de la veiks, les nations idolâtres distinguent rEterneidi leurs vaines idoles et le nomment par sH nom : «Dieu I Si Dieu le permet ! s'il ptalti « Dieu 1 » Répondez, est-ce le connaître qoi de proclamer sa toute-puissance ? Les livnfl de Moïse n'y sont pour rien. L'âme a t»récédé la prophétie. La conscience de l'iio^ depuis le commencement de l'homme estai don de Dieu. Elle est la même, elle rend io mêmes oracles dans l'Egypte, dans la Srne dans le Pont. Le Dieu des Juifs, c*est le Dieu que proclame la conscience universelle. V viens donc plus, hérétique barbare, placer Abraham avant le monde. Le Créateur iitifr il été le Dieu que d'une seule famille, il .'^ rait encore venu avant ton dieu, il au/ii été connu des habitants du Pont avaol^ dieu de Marcion. Apprends donc è ib«*^ établir les preuves. L'incertain se pr«»* par le certain, Tinconnu par le connu. 1^ mais Dieu ne restera dans Tomlire, jam'^ il ne manquera de témoignages; toujoui^d se fera connaître, entendre et voir como^*^ voudra. 11 A pour témoio, et tout ce que iv<^' sommes, et le monde oit nous sommes. Pi^'' est prouvé Dieu, et unique, }îar làin^qu'il est connu ; tandis que le vôtre, ^-^ d'hier seulement qu'il travaille à se rafler. »
Les ma rcioni tes conviennent de la juste>&« de ces raisonnements, mais ils cruii*flt «^^
liS5
TER
détruire oa au moins les infirmer, en disant :• Qui donc est moins connu des siens qoe des étrangers? Personne.
-Je prends acte de cette déclaration, répood Tertuilien. Comment supposer que des créatures soient étrangères à Dieu.
lorsque rien ne peut lui être étranger, s*ii existe, puisque le caractère distinctif d*un Dieu, c est aue tout lui appartienne et se rapporte k lui ? Quant au Dieu improvisé, DOQS ne lai adresserons pas cette question: t QuVt-il de commun avec des étrangers?» Quil nous suffise de prouver que Têtre dont aucune œuvre ne révèle 1 eiislence est un être chimérique. De même que le Criiteur est Dieu, et un Dieu indubitable, porte que la création est son domaine et fuerien dans ce domaine ne lui est étranger; de même son rival n*est pas Dieu, par* cvque la création n*est pas son domaine, et {lie, dans ce domaine, tout lui est étranger Allons plus loin. Si Tensemble de Tumers appartient au Créateur, je ne vois |las de place f)Our un autre Dieu.
( L'immensité est pleine de son auteur;
5U0 point que n'occupe son inGnie ma-
aé. Restât-il linéique espace, pour je ne tiisquelle divinité parmi les créatures, cette Imoité ne peut être que fausse. La vérité »t outerte au mensonge. Il y a tant d'ido^ Ees sur celte terre 1 pourquoi le dieu de Harcionn 7 trouverait-il pas aussi sa place? Liilée même que nous nous formons d'un trcaleur témoigne que Dieu a dû se manifester par ses œuvres, par un monde, par (les hommes, par des siècles qui viennentde 'ui. .Voyez le paganisme 1 Ses sectateurs ^DMQêmes confessent, dans leurs moments ie bonne foi , qu*ils n*ont déifié certains )oa)mes que parce qu'ils avaient pourvu à eursbesoms et contribué à leur bonheur... N il est vrai que les dieux inventés s'ac- Ndilërent par les moyens qui avaient étais rautorilé du Dieu véritable. H fallait loDc que le dieu de Marcion se légitimât Qx yeux de Tunivers, ne fût-ce qiTen lui pportant quelques misérables pois chicbes '^ sa iabrique, afin de se faire proclamer un iouveaa Triptolème... J'en appelle à la ^nscience du genre humain ; Dieu n'a pas l'iuire preuve de son existence que la ^tion de l'univers... Si personne ne réi^ae en doute l'existence du Créateur par '^iamème quMl a créé le monde, il sait in« iociblement que personne ne reconnaîtra ;^e divinité qui n a rien créé, à moins que pn n'assigne à son oisiveté une raison ié- Hime. Des raisons, je n'en connais que ('ai : ou sa volonté, ou son impuissance; ^jroisiëme, je la chercherais vainement.
*^âîoir pu est indigne d'un Dieu. Ne l'a-t-il ^s îoulu ? Examinons donc si sa dignité le ^1 défendait. >
Selon Tertullien, il n'y aurait eu qu*un )otif qui aurait pu détourner le Dieu de larcion de créer, c'est que cette œuvre eût lé indigne de lui. Or les marcionites ne (fusent pas au Créateur la plénitude de la ivinité. Donc le monde n'est i>as indigne
7 de Dieu , quoiqu'il ait produit le monde ^ pour Thomme et non pour lui-même. Toutefois, pour dire un mot de cette produc-» tion si décriée, que les Grecs cependant ont nommée d'un mot qui signifie ornement et harmonie, Tertullien remarque que les maîtres de la sagesse antique ont divinisé les substances diverses que l'on affecte si fort de mépriser. «Thaïes plaçait le principe divin dans l'eau ; Heraclite dans le feu ; Anaxamène dans l'air; Anaximandre dans l'ensemble des corps célestes ; Straton dans le ciel et la terre; Zenon dans la combinaison de l'air et de l'éther; Platon dans les astres. Lorsqu'il traite du monde, il appelle les astres la race ignée des dieux. Eo extase devant la grandeur, la force, la puissance, la majesté, l'éclat, l'abondance, l'harmonie constante et les invariables lois de chacun de ces éléments, par le concours desquels s'engendre, s'alimente, se perfectionne, se renouvelle l'universalité des êtres, la plu-* part des physiciens n'ont pas osé assigner un commencement à ces substances merveilleuses. Le déclarer leur semblait un at^* tentât à la Divinité. Dans l'Orient, les maxes chez les Perses, les byérophantes chei les Egyptiens, les e^rmnophistes dans les Indes les adorent. L idolâtrie elle-même leur donne le nom de ses dieux. Jupiter repré* sente la substance ignée; Junon, lair; Vesta, lefeu; les Muses, Teau; Cy bêle, la terre ; Osirîs, enseveli dans la mort et renaissant de la corruption, figure la constance invariable des germes, l'harmonie des élé«* ments, elle retour de Tannée, mourant pour ressusciter. Plus loin, les lions de Mithra sont les symboles d'une nature brûlante et aride.
H II résultedonc <}ue ces substances, supé* rieures par leur situation ou leur nature* ont été regardées comme des dieux plutôt que proclamées indignes de la divinité.
Abaissons nos regards plus bas. Une humble fleur de la prairie ou même du buisson , le plus obscur coquillage, comme celui qui nous donne la pourpre , Taile du plus insignifiant oiseau, comme la magnifique parure du paon , vous montrent-ils dans le Créateur un ouvrier si méprisable?... Au lieu de sourire de pitié, à l'aspect de ces insectes qui nous apprennent, selon le langage de rApûtre(iyCor.,xii,9),que lagrandeurse manifeste dans la petitesse, aussi bien que la force dans l'infirmité; imite, si tu le peux, les constructions de l'abeilie, les greniers de la fourmi, les filets de l'araignée, Ta trame du vers à soie. Reproduis à nos yeux cos humbles animaux qui se jouent dans tes vêtements ou sur ta couche; tâche d'égaler le venin de la cantharide, Taiguillon de la mouche, la trompette et la lance du moucheron 1 Qtie penseras-tu des animaux plus grands, lors^iue de si petites créatures peuvent te servir ou te nuire, afin de l'apprendre à respecter le Créateur jusque dans ses moindres ouvrages. Mais, sans sortir de toimême, considère l'homme au dedans et au dehors de lui. Pardonneras-tu k cet ouvraj^e
TER
I>iCTiONN«»RV
TCR
de notre Dieu, que ton nudlre» ^e Sien ffM«îileiir,a«iBaiid'un amour si teudre^pour lequel U a daigné descendra de son tiroi-> tiéme ciel dass notre chéiivQ huBMUiitét et peur lequel il o*a pas jougi de mourir sur une croix, captif dans Tétroite prison d'un corps cr^ôf? Moii^s dédaigneux» lui «il n'a répudié, jusqu'à ce jour, ni l*eaada Créateur dont il lave ses disciples , ni l'huile dont il les consacre, ni le mélaage du lait et da miel arec lequel il enfante les siens, oi ia pain, représentation yi vante de son corps. Jusque dans ses sacrements» îi a besoin des aumAnes du Créateur, »
Tertullien démontre eosuîie que la bonté n'est pas plus étrangère au Dieu créaieur que les autres perfections; elle résulte de sa volonté, comme lapuissaacede sa grandeur.
ff Dans un Dieu les qualités soni inhérentes à sa natuie, innées, coéteroaiJes. Le nier, c'est des ailributs divins faine des at« tributs contingents» étrangers* par eonsé->
Suant temporaires, sans éternité. La bonté e Dieu est éternelle, ixidéfeotiblei déposée dans les trésors de son être et toujours prête à agir» elle devance les causes et les éléments de son action... La bonté par essence est si lein de renfermer un princioe de dé* sordre» qu'il n'y a point d'autre bien que ee qui est raisonnablement bon. Le mai mém«, pour peu qu'il renferme de raison» passera plus aisément pour k bien, qu'on n'empêchera le bien, dépourvu de raison, de passer pour un mal. £n Dieu, rien n'est contingent, tout est raisonnable et parfait. ^ Marcion abusait des etfels de la justice du Créateur pour le calomnier, en le faisant tuteur du mal» suivant ce passage d'Isaïe : C'est mo iqui forme la paix et qui crée les maux. {Isa. XLY, 7.) Tertullien montre combien il aérait absurde et téméraire aux hommes de îimiter la puissance et la l)onté de Dieu» en lui disant ce qu'il doit faire et ce qu'il doit éviter; puis il entasse arguments sur argu* ments» pour établir que dans le Christ» tel
Îue l'imagine Marcion, la bontén'^st pascon- »rme è l'idée de Dieu» puisqu'elle ne se ren-* contre ni inhérente à sa nature» ni empreinte de sa sagesse, ni élevée à la perfection.
11 prouve ensuite que la justice est néces* sajre ^iour réprimer le mal» c'est-à-dire tout ce qui s'accomplit contre la défense et la volonté de Dieu :« car c'est inutilement qu'il publierait cette défense, si l'infraction ne gevait être suivie du châtiment. N'est-ce pas accorder toute licence aux pécheurs» que de leur proposer un Dieu qui ne veut pas être craint» puisqu'il n*a point d*enfer. Si la justice est un mal , il faut que l'ii^ustice soit un bien. Au contraire, déclarer l'injustice une des clioses les plus mauvaises, c'est ixisérer la justice parmi les choses les meilieuresu &iea d'opposé au mal qui ne soit bon ; ri^n d'opposé au bien qui ne soit mauvais. Par conséquent, autant l'injustice est un iual« autant la justice est un bien. Ca nes/L pas s^uiemerU une veriv isolée q\
hMne on !ellB*-même, mais c'est la garde n la LiMelle de la bonté» parce que la borné, séparée de la justice qui la dinge, n'est plus bonté» mais injustice. Encore une (ois, pi^ de boiité sans justice. Toqt ce qui est juite est bon. « Tant il est vrai que la justicteii la plénitude de la divinité, qu'elle manike à nos veux un Dieu parfait, et nous w<Vf dans 1 être souverain un père et uo malUt; Ufi père par sa clémeoce» un maître \4t ^ l<>i; un père par son autorité iadulgectr. un maître par son autorité rigoureuse; iii père qu'il faut chérir tendrement, un mètliî qu'il faut redouter nécessairement; chenr. parce qu'il aime mieux la miséricorde q.t le sacrifice (I Aeg. xv, 23) ; redouter, (tm^ qu'il a en aversion le péché; chérir, im qu il aime mieux le repentir du pécâeur que sa mort; redouter» parr^ qu*il repoujte ks pécheurs impénitents. »
La justiie en Dieu a donc pour résollildeiK gendrer dans le cmurde 1 nomme lacnuiU çt l'amour. C'est un Dieu bon» o^ais c au« juge sévère, et sa sévérité est booDe p^m quelle est juste. De même toutes leseoûie* quences qui dérivent d'une juste séréhlé, comme la colère» la jalousie» la rigueor sont bonnes. Elles sont la dette de la séTéritt» comme la sévérité est la dette de la justice. £t qu'on n'en conclue pas crue nous préioni i notre Dieu des passions numaines, parce que nous le présentons comme susceptibledi colère» de haine, de jalousie et de Tengeaoce; ce sont des termes que nous employons pour exprimer ses volontés. C'était sur ce« foQ<l^ ments que l9S philosophes, et après eui !e$ hérétiques, qui n'ont fait que les copier, faisaient de leur Dieu un être insensibie^di peur^ en lui attribuant des passions, de b rendre diangeant, altérable» et par cosafc* qiient corruptible et mortel. « Ces raison» monts» dit Tertullien» n effrayent poim (tai Chrétiens qui croient en un Dieu moruti néanmoins vivant éternellement. Inseo^éi les hommes qui mesurent Dieu à la naiare de l'homme, et qui» parce que les passioof annoncent chez nous une nature corrompae, appliquent à la Divinité notre corruption W nos misères. Ne nous laissons pas tromf>^r ici par la ressemblance des mots» mais distinguons soigneusement les subslances! Is sens de Dieu et ceux de l'homme, quoi<)i/ désignés sous un terme commun» diCTèr^n'. autant que leur nature. Ainsi» l'on aiinbof à l'Ëternel une main» des pieds» des orei .'» des yeux; mais ces organes seront-ils.^ blables aux nôtres» parce qu'ils porttfi^ • même nom. Autant il y a de différence tt^*^ le cor^s (13^) de Dieu et le corps de I hois-^* malgré la communauté du mot membre, autant il y a de différence entre TAme Jt^u et l'Ame humaine» sous cette appellatioDr' nérale de sentiments» corrupteurs à^^ l'homme» parce que la substance huau^^^ est corruptible» incapables d'altérer Tesses^^' divine, parce que celle-ci est incorrui>tii^^t>i vous i:royez 4 la divinité du CréaLéUT)
^I3r) ?joai wm* 4it ailktirs ce ^ue Tertullien enleuii par le corps d« Pieu.
TCR
M FATROLOGIE.
TER
i4ua
Moment done icoaginex-YOUS de prêter i ieu les iiDperfeetions de rbomme, aur Ueu B lui laisser sa divinité tout entière? Adlettre sa natare divine, n>9t-ce j^ exclure mt ce qui partielpe de rbumanitét N'v a^ il pas un étrange renverseaieiii d'idées h lacer 60 Dien les qualités- de rbomme, au eu de placer dans Vhomme les qualÂtâs de teu; à faire IWea à Timage de tliomme, au eo de faire Thomme à l*image de Dieu?
oilà par quels côtés nous sommes Timage e Bleu. Notre âme a reçu les mêmes seotilents et les mêmes qualités aue lui; maÎ9 on dans le même degré que lui. La po-* riété et les effets varient avec les ùeuit iitetance?. Répondez d*aîl leurs. Pourquoi Ppele2-vous qualités divines les sentiments* <>airaireSf G*esl-&-<lire la patience, iacom- ^^m et la bonté qui les engendrent? Nous jmmes loin toutefois de les posséder daas> t perfection « parc^ qu*à Bien seul apparent la perfection. 1>e même la colère et i'in-^ goatioa n'apparaissent pas dans Fhomme ree rincorruf>tibilité et rinaltérable repos f Meu, privilège incommunicable de sa imre. Dieu s'irrite, mais sans trouble; il. indigne, mais sans changement et sans tération. L'universalité de ses mouvements )il réocndre à Funiversalité dos nôtres, sa riére a notre scélératesse, sa jalousie à otre orgueil, son indignation à noire ingratttde; en un mot, il réunit tout ce qui est ynoidable aux méchants, comme aussi il a es miséricordes pour les faibles^ de la lon^ inimité pour attendre les pécheurs, des ♦compenses pour ceux qui les méritent, i^$ largesses pour les justes^ et tous les liens que les bons peuvent réclamer. Cha^ Doede ces affections diverses, il ré[)rouYe, ttis dans les limites de sa nature, et comme ' convient à l'Etre parfait qui a communi- Dé k l'homme ces fiicnltés. »
Suivant Tertullien> « la bonté de Dieudé^ )nlant de son essence, ayant paru d'abord» isévérfté ai^rut ensuite provoquée par le ^^ L'une inhérente à la nature , I autre dentelle; Tone apanage de la Divinité, >«tre accommodée a l'homme ; l'une nais«> wi d'elle-même , i'atUre née d'une cause, a nature n'a pas dû enchaîner dans l'inac- >^n la bonté du Créateur, pas plus que la walte n'a ^dû échapper aux répressions do *WTérité. Dieu s'est accordé la première à ^mêoie, il a accordé la seconde à une né» *«Ué. Voilà pourquoi la rigueur ne vient f"*près la bonté. Le premier mal , c'est le l'Orne; le cbAtiment n en est que la consé« mf^^' ?^ encore peut-on dire que le châjj^ n'est pas toujours un mal sous tous wnpporis. Il est un mal ptiur celui qui ^^Qf parce qu'il l'afflige . mais il est un 'J?o <|uand il sert à sa correction ; mais , en w-mêino et pour Dieu qui l'ordonne jusle- ■^ût»il ne saurait être autre chose qu'un »^«Q» puisqu'il estiVipression de la ju^tice^ J P«*oiecUoa de L'innocence , la sanction de ...;'.* fépressio» du crime. Qu'y a-tril là !m soit imiijçne d'un Dieu?»
^ur montrer l'origine du mal, Terlulliep
établit le libre arbitre de l'homme. <« Je re« Marque d'abord que l'bomme a été créé libre , dépendant de son propre arbitre • se gouvernant par sa propre puissance. Telest surtout le c6té par lequel il est vraiment l'image et la ressemblaDce de Dieu. Qu'oa ne s^ trompe pas 1 Ge n*est point pa^ les traits du visage et les linéaments du corps » si variés dlBins le^enre humain, que l'homme a été façonné à Timage de Dieu; c'est dans la substance émanée de Dieu lui-même , c'està-dire dans son âme qui répond à la forme de Dieu, qu'il a été marqué^ du sceau de sa liberté et de sa puissance. La loi même que Di^u lui dicta confirme ce privilège. A quoi bon des lois, pour qui n'atirail pas été mat • tre de s'y soumettre ou non ? A quoi boiii des menaces de mort pour la transgression de la loi , si le mépris de la loi n'est pas un acte libre et spontané ? Même conduite dans les préceptes postérieurs du Créateur , qui
Elace constamuicnl devant l'homme h bien et r mal^ la vieei la mort. {Dent, xxx, 15.) Mais que Dieu rappelle, menace, exhorte, partout vous verrez la sagesse de ses commande* ments se combiner avec la liberté de l'homme, aussi libre d aimer que de &aïr.... Mais t'usque dans 8e$ facultés pourtant, FAme lumaine n'est qu'une image. Infiniment audessous de l'essence divine» elle ne peut pas davantage s'élever à une pureté exempte do souillure, attribut exclusif de DieUf c est-àdire de ta vérité, seule prohibition imposée à l'imaçe. Telle est T&me par rapport à Tesprit ; elle n'a pu reproduire le privilège de l'impeceabilitéf sa vertu distinctive.... Dieu avait créé l'homme en état de vie» c'est luimême qui s'est précipité dans un état de^ mort, non point par infirmité ni par ignorance, mais de lui-même, de sorte que sa chute nesauraitêtre imputée au Créateur... Il en est de même de l'ange : bon dans son origine, il se corrompit parles mouvements de sa volonté..* U était le sceau de la ressemblance. Dieu l'avait fait ange ; c'est lui qui s'est fait démon. Ainsi s'évanouit Tobjection que l'on tirait du péché de l'homme» pour accuser le i>éateur d'ignorance, parce qu'il ne l'avait pas prévu, ou de malice » parce que, l'ayant prévu, il ne TavaitpaS empêché. Dieu est constant dans ses desseins; il conserve son ouvrage tel qu'il Ta fait. U a créé l'homme libre, le pouvoir de pécher est une conséquence de cette liberté e4*igit>elle; il le laisse donc avec les suites (|u'eUe peut entraîner après elle ,• c' est-àaire avec ses crimes ou ses vertus , ses récompenses ou ses supplices qui tournent également à la gloire du Créateur, s
Passant ensuite à rincarnation et à laitiis* 8iondaMessie,TertulHen dit ({ue la preuvd desmiraciesétaitinsufiîsantepourattestersort autorité divine, puisqu'il 1 était écrit qu'il s'élèverait do faux Christs eide fauxprophêl^sr» qui accompliraient. des merveilles capables d'ébranler les élus eui-mêmes. H rediaVque ensuite que le langage' prophétique â deu3C earaotères particuliers. « Parle preoller, lc.< événements du Tavanir sont racdntés CdiUiue
TER
DiCTIOKXAlRE
TEa
s'ils avaient déjà eu leur con$oi»inatian. Méthode pleine de sasessel la Divinité tient pour accomplis les déerets qu'elle a rendus, parce qu'elle ne connaît point ta succession des Ages, et que son éternité règle unifor-* mément le cours des temps. La divination prophétique, à son exempte» confond l'avenir avec le passé. Ce qu'elle découvre dans ces lointaines et mystérieuses ténSbres, elle le raconte comme un fait déjà loin d'elle, afin de démontrer complètement Tatenir.
Ecoutons Isàie : J*ai abandonné mon corps aux bourreaux qui le-déchireni, mes Joues aux mains qui les meurtrissent^ et je n*at point dé" tourné monvisage âtfignominie des crachats, (Isa. L, 6.) Que le Christ parlât ainsi de lui-même en nous appKquant ces paroles » ou bien que le prophète se plaignit en son propre nom des violences de ses frères, toujours est-il qu'un fait encore à venir est donné pour accocnpii. Le second caractère des livres saints tient à des énigmes, c*està-dire à des aifégories ou paraboles qui cachent sous le sens naturel un sens figuré. C'est ainsi que Dieu annonce la conversion des gentils : Les bétes saufMges , les sirènes et les enfants des passereaux me béniront. {Isa. luii, 20.) Suivant saint Paul, cette re-. commandation bienveillante : Tu déifieras la bouche du ba^uf dans faire oà il foule tes moissons {1 Cor. ix, 9), nous concernait nous-mêmes. La pierre mystérieuse gui étancha la soif des Juifs était ^lésus-Christ. Les deux fils d^Abraham, écrit->il aux Calâtes, sont une allégorie destinée à notre instruction. {Galat. IV , 22.) Enfin il apprend aux Ephésiens à reconnaître la mvstique alliance de Jésus-Christ et de l'Eglise dans ces paroles adressées au premier homme : £t il abandonnera son père et sa mère ; ils seroni deux dans une mente chair. ^ {1 Cor. ii, 16.] Marcion niait que le Christ fût venu dans une chair véritable ; parce qu'un Dieu fait chair répugnait à sa raison. « Mais dans ce cas, il n était donc pas ee qu'il paraissait ; il cachait donc frauduleusement ce qu'il était» chair sans être chair; homme sans être homme ; Dieu le Christ sans être Dieu. Mais
Î>ourquoi n'aurait-jl pas aussi bien revêtu e fantôme d'un Dieu? Le croirai-je sur le témoignage de sa substance intérieure, quand il me trompe par son extérieur.
Passerait-il pour véridique dans ce qui m'est Toilé, quand les apparences me trompent? Enfin, par quel secret a-t-il associé en lui la réalité de l'esprit à l'illusion de la chair, quand l'Apôtre nous apprend que de communauté possible entre la lumière et les ténèbres, entre la vérité et le mensonge, il n'j en a point. {II Cor. vi, 14.) L'incarnation aérait donc une chimère? Mais il en résulterait que les conséquences de l'incarnation divine, la présence du Christ parmi les hommes, ses enseignements, sa parole, ses vertus elles-mêmes, seraient autant de mensonges. En efl'et, qu'il guérisse un malade en le touchant ou en se laissant toucher par lui, cet acte corporel n'a pu avoir de realité qu'avec la realité de la chair.
Demandez-vous au néaot la oonsislaoee, la vie à une illusion ? Extérieur imagioalre! ^este imaginaire, acte imaginaire, acteur imaginaire! Mais alors* plus de foi m sounrances de l'Homme-Dieul Onn'anet souffert quand on n'a pas souffert « réalité; or un fantôme est-il capable^ souffrir? Ainsi tout l'ouvrage de Iadimi« s'écroule. Toute la dignité, tout le irait lia christianis<9Qei et la mort du Christ, mort cependant sur laquelle l'Apôtre insiste m tant d*énergie, mort qu'il nous donne pov si véritable qu'il en fait le fondement et de l'Evangile, et de sa prédication, et de notre salut son4 anéantis I Je vous ai pmcifolt' ment enseigné^ dit-il, ce que favatstm-métu appris 9 savoir , que Jesùs^Christ î$t nort
Jour nos péchés^ qu'il a été mis dam U to». eau et qu il est ressuscité le troisièmtjwr. {I Cor. XV, 3, 4.)
« Vous niez sa chair I mais commeot a mort subsistera-t-elle, puisque la niorla'est que la dissolution d'une chair, qui, \ li voix do son auteur, retourne vers la letn dont elle a été tirée? Vous niez sa chair, c^ avec elle sa mort I Mais alors, sa résurrection n'est plus qu'une fable. U n'a pu monrir ;doncil n'a pu ressusciter, puisque la chair lui manquait. Mort illusoire, résurrection illusoire l Ce n'est pas tout } ruiner la résur* rection de Jésus-Christ, c*est ruiner U nôtre. Comment une résurrection, objet de 11 venue du Rédempteur, si le Réîlempteos n'est pas ressuscité. L'apôtre réfutait autre* fois les adversaires de la résurrection ptr celle du Christ; donc si la résurrection du Christ tombe aujourd'hui, la nôtre tombe aven elle. Qu'est-ce à dire? C'est-à-dire q» notre foi est vaine, et vaine la prédicafioD» apAtres.(i6td.,ili^.>Ce n'est pas assez. Lësisj^ très sont convaincus d*(tre de ftui témoias de Dieu, puisqu'ils ont rendu témoigna^ contre Dieu lui-même, en affirmant quii t ressuscité lésus-Christ, lequel n a pas éii ressuscité. Par conséquent, i^ous sommes en^re dans les liens du péché, et ceux qui se sont endormis en jésus-i-Christ, sool morts sans espérance,^ à moins que, (X)miDe le Christ, ils ne ressuscitent en untôoes. i Certes la réfutation est complète^et le ridi* eu le du système est percé à jour.
Les marcionites soutenaient que la chair est indigne de Jésus-Christ, et releraieot avec une répugnance exagérée tout ce qui! y a de Repoussant et de honteux dans II naissance des hommes. « Mais, lui dit pA tuliien, a-t-il dédaijgné la chair parce q\iài! est de terrestre origine, ou, pour parle' i« langage de Marcion, un immonde îmbvs- Mais, dans ce cas, pourquoi n'en pas ré|'&* dier également le simulacre? Unema(ièn> ne peut être infâme sans que l'image ai^^ en soit infâme. L'image a le sort de la r^ lité.... Que mon Créateur s'entretienne a^ec rhomme dans le buisson ardent et la flamme d'abord, dans le nuage et le tourbillon «w fumée ensuite; qu'il rende sensible sa r<^ sence par le moyen des éléments émanés da lui, ces attestations Je sa puissance aiuiofl-
TER
TER
nt suflisamment qu*il n*avAil fias besoin emprunter l'appareil d*une chair simulée I véritable. Toutefois, à parler dignement I la Divinité, j'avouerai qu*il n*est point ! substance assez noble pour lui servir de itement. Mais les formes qu'elle revêt le les ennohiity pourvu cependant qu*elles fsoiimt Ms un mensonge. Quelle absurié Jonc decroire le Seignourabaissé par la jlilédelacbairplusqueparses apparencesl « Tous ces vains prestiges d'une subsnco impalpablct pourquoi Marcion les s$embte-t-il autour du Christ? Pourquoi?
Qq d*enlever à la certitude de sa naisiiice le témoignage de sà vie. ABn qu'à avers ces ombres mensongères il ne pût Ire reconnu pour l'envoyé du Créateur qui loui était annoncé par les prophètes comme t.ané à nattre, et par conséquent à prenre UQ corps de chair.... Tu craignais, ô arclun, que de la réalité de la chair on ne inclût la réalité de la naissance. Mais urs on supposait donc né celui que Ion u)ait être un homme? Heureux le sein R vous a porie\ s'écria une femme de la nlti heureuses les tnamellesqui vous ont alift!(Luc. XI9 27.) Lt ailleurs : Voilà votre ire et vos frères hors la porte qui vous Urchent. {Lue. vin, 20.} Ces témoignages m bien leur force, il nous semble 1 Assuhiteal quand il se procla;rjait le Fils de liuiuiue, il déclarait bien qu'il était vrai-
>«&lné Si, comme je viens de rétablir,
c soQ apparence humaine on devait in vinci- WuKîUiarguer sa naissance, c'est en vain qu'il icru réaliser son incarnation, par la superiiene d'une chair pleine d'impostures. Quel î3uta^e trouvait-il à l'illusion d*une naissan- 1 1( (1 un corps qui passaient pour réels? < Mais, répondait Marcion, une naissance Wla dégrade la majesté divine. —Courage, u réplique Tertullien, élève-toi contre Tes liutes et vénérables opérations de la nairel Immole à tes invectives tout ce que tu ^l Entraîne dans la fange l'origine de «oe et du corps I Appelle cloaque les flancs i<irnels où s élabore l'homme^ cet animal ablioie; attaque l'enfantement et ses supms impurs et cruels, et cette enveloppe omondede sang, et ce combat douloureux ^e 1 entrée de l'homme dans la vie. Quand tt auras décrié toutes ces circonstances pour »« prouver qu'elles sont indiçnes d'un ^'fu. tu n'auras rien fait. Sa naissance ne ^era pas plus honteuse que sa mort, son jûMnce pas plus honteuse que sa croix» son |u^uuient que sa nature, et sa condamnam que sa chair. Ton Christ a-t-il enduré '^niablemenl ces outrages? Crois-moi» il y "ûu moins d'avilissement à nallre; a'a-t-il |J>'Jirert qu'en apparence? Fantôme sur le J'^'mre , il n'a pu être autre chose qu'un wniôiue à son berceau.
« Nous avons renversé, il nous semble, *^ grands ar^jumenls h l'aide desquels Mar- ^^Q introduit dans la religion un autre Yl^^^* Son échafaudage croule de toutes ly« devant cette simple démonstration, lue la vérité élait bien [jIus honorable pour
la Divinité, une ces apparences mensongère sous lesquelles il fait apparaître son Christ, S'il j a eu vérité, il y a eu chair véritable. S'il y a en chair véritable, il y a eu naissance réelle. En effet, les principes que l'hérésie cherche à ébranler se consolident par la destruction de ses moyens d*attaque. Conséquemmcnt, si le Christ a un corps vé^ rilable, par cela même qu'il est né, s il est né, par cela même qu'il a un corps véritable, il cesse d*être un fantôme. Saluons donc le Messie, dont les prophètes annonçaient Tincarnation et la naissance , c'est-à-dire le Christ du Créateur.
« Quoique nous le saluions dans les opprobres de son berceau et dans les souffrances de son martyre, il n'en est pas moins Dieu. ^ Au reste, Tertullien, remarque qu'il était prédit qu'il serait chargé d'opprobres et de confusion , jusqu'à paraître un ver de terre et non un homme, le rebut de l'humanité et le jouetde la multitude, «(il a daigné descendre jus(jue-là pour nous guérir par ses bIes-«. sures: il fallait bien qu'il abaissât sa divine majesté pour l'homme, sa créature, soU:
image, sa ressemblance, et non l'image et la ressemblance d'un autre, afin auo l'homme qui n'avait pas rougi d'adorer le bois et la pierre, apprenant dès lors à ne pas rougic du Christ, satisfit k Dieu pour Timpudence de l'idolâtrie, par la sainte impudence de la foi. » L'auteur observe encore qu il était notoire que Jésus-Christ était Fils de David, (»arce que, dès son origine, la nation juive ut divisée en peuple, en tribus, en familles, en maisons, d'une manière si exacte, que la, naissance d'aucun Hébreu ne pouvait demeurer un mvstère, d'autant plus que le recensement d Auguste était tout récent, et que peut-être même il se poursuivait encore. « La naissance de Jésus-Christ avait donc été inscrite dans les registres et elle se conservait dans les archives romaines. Di| reste, Jésus^-Christ était si bien reconnu comme issu de cette race royale, comme un rejeton de cette lige de J.essé, que l'aveugle qui l'entend passer sur le chemin de Jéricho , s'écrie aussitôt ; Jésus^ Fils de Davidf ayez pitié de moil (Marc, x, 47.) Aussi que fait le Sauveur? Lui qui se donnait pour un descendantde David, et qui, comnm tel, voulait être connu de tous, se tourixo aussitôt du côté de cet homme, déjà en possession de la lumière véritable, pour lui dire: Votre foi vous a sauvé llbid.t 52) 1 et s'appro* chant, il le toucha et lui rendit la vue^aQn sans doute de nous apprendre en même temps, et la règle, et la récompense delà foi. » Tertullien expose ensuite que Jésus-, Christ a pris de lui-même le titre de Fils de l'iiomme, en montrant qu'il pouvait remettre les péchés ; preuve qu'il était Dieu et homme tout ensemble, et ce Filsde l'Homme, dont parle Daniel, à qui a été donnée la,
fuissance déjuger. « Quant à ce titre, dit-il Marcion, nous avons là une double prescription à opposer. D*abord le Christ n*a))i\ mentir, ni se déclarer Fils de l'Homme, s'il ne rétait ))as en réalité. Ensuite^«:i)n ne peui
im
TER
DlCTIONiNAIRE
TER
être Fils de rHoranie, à moi os d*étre né r!e l'horame, soit par le père^ soil par la mère ; çt par conséquent, nous avons besoin de voir si c'est d'un père où d'une mère qu'il doit être reconnu âls. S'il est Fils de Dieu le Père, il n'a donc point de père charnel. S'il n'a point de père charnel, reste à examiner s il n'est pas homme du côté de sa mère; s*)! en est ainsi» évidemment sa mère est vierge. En effet, vous ne pouvez, d'une part, refuser au fils un homme pour père, et supposer, de l'autre, à la mère un homme pour époux. Or la femme qui n'a pas d'époux est vierge. Que cette mère ne soit pas une vierge, elle a donc deux époux à la fois, un Dieu et un homme. Pour qu'elle ne soit pas vierge, il faut un homme ; mais avec un homme elle donnera deux pères à celui qui sera tout ensemble Fils de Dieu et Fils de l'Homme, Alors nous tombons dans les naissances fabuleuses de Castor et d'Hercule. Si nous savons distin-
fuer la double nature de Jésus-Christ, c'est- -dire si, par sa mère, il est Fils de l'hom* me, Tui qui ne l'est pas par son père; s'il est fils d une vierge , du moment qu'il n'a pas de père charnel, voilà bien le Christ du prophète Isaïe : Une vierge concevra et enfantera, [Isa, vii, 1^.)
a Sur quel fondement , demande-t-il en* core à Marcion, admettez-vous le Fils de ]'Homme? J'ai beau regarder autour de moi, je ne saurais me l'expliquer. Lui donnezvous pour père un homme ? vous niez qu'il soit Fils de Dieu. Est-il Fils de Dieu et de Thomme? vous en faites l'Hercule de la fable; s'il n'y a que sa mère qui soit créature humaine, vous reconnaissez mou Rédempteur, S'il n'est pas plus Fils de l'Homme, par son père que par sa mère, il a donc nécessairement menti , en se proclamant ce qu'il n'était pas.... Mais si je vous montre le Christ appelé du nom de Fils de l'Homme dans Daniel, en faudra-t-il davantage pour démontrer qu'il est te Christ des pro-.
Î)hètes.... En bien | le voilà ce Fils de 'Homme que le roi de Babylone, aperçut dans la fournaise ardente, à côté de ses martyrs? C'est bien lui qui se révèle sous ce titre à Daniel, et s'avance sur les nuées du ciel , pour juger toutes les générations, comme Tannonce l'Ecriture. Il suffirait de ce témoignage prophétique , si l'interprétation du beigneur lui-même ne m'en fournissait un plus décisif encore. Les Juifs no voyant en lui qu'un homme, bien loin d'être assurés de sa divinité, puisqu'ils Ignoraient jusqu'à sa divine filiation , répétaient entre eux, et avecjuslice, que l'homme ne pouvait remettre les péchés, et qu'à Dieu seul appartenait ce privilège. Jésus connaissait jusqu'à leurs plus secrètes pensées. Réfutera-l-il leur opinion sur l'homme?
Ecoutez : Le Fils de V Hommes leur répondil, a sur la terre le pouvoir de remettre tes péchés. {Matth. ix, 6.) Pourquoi cettedéclaration, sinon pour les convaincre, par cette dénomination de Fils de l'Homme consignée dans le livre dé Daniel, qu'il était Dieu
et homme tout ensemble, et que ce seul Fils de l'Homme, mentionné dans la pro. phétie, avait été investi du pouvoir de jugf*r« et par conséquent de délier les péchés. ^ droit de juger ne va pas sans le droit (Ti/^ soudre. Il voulait que cette pierre û^mdale une fois écartée par le souYemr 'H Ecritures, ils se reconnussent plus fa:i;^ ment pour Fils de l'Homme, quand ilrtmettait les péchés. Enfin, nnlle part il o* s'était déclaré Fils de l'Homme, avant cet circonstance où il remit les péchés poor.i première fois,c'est*à-direoii il exerçalesfontionsde juge, en prononçant une absoluUon. i Le principal artifice des marciooites p^jf calomnier le Créateur, c'était d'opposer l'Adcien Testament au Nouveau, en releva:,:
tout ce qui paraissait trivial et dur das» i loi et les prophètes. TertulHen montre fj^ ce ne sont pas différents auteurs, nub.9 même personnage qui a tenu euve^ ki hommes une conduite différente, stiimt les différents états du genre humain; ei^jt Dieu, en promettant d'abord aux homu»
des récompenses restreintes et temporelle^ les leur a proposées comme des gages on grandes et infinies récompenses qu'il leur ménageait dans réternité. Il remarque lue les richesses sont bonnes en elles-mêmes f nullement indignes de Dieu, et qu'il en es ainsi de tous les autres biens sensibles pro mis et donnés dans l'Ancien Testament.part^ que biens célestes et biens terrestres appartiennent également au Créateur du ciel di« la terre. Il résout les objections particulier?^ que l'on tirait du vol que les Israélites se-.^ filaient avoir fait aux Egyptiens, en le rejftsentant comme une bien faible comif&n* tion des travaux qu'ils avaient aecooi^
f>endant leur captivité. Il remarque queii oi du talion, qui prescrivait œil pour «; dent pour dent, haine pour haine, n'aT{â pas pour but d'autoriser le mal en échan^î du mal, mais de contenir la violence par :i crainte de la réciprocité.
Les hérétiques se mo<iuaient encore de &'
Sue l'ancienne loi paraissait offrir de bas ei e repoussant, comme les sacrifices mdglants, les purifications, la circoncisiun et v choix des viandes. Tertullien observe qt»^ Dieu avait ordonné tout cela pour bumilif' la sagesse humaine, en attendant que le>^ cret de ces préceptes fût révélé par Jcsu- Christ, mais que leur observance cepeu^wt avait son utilité. « Si ta loi interdit qu#' viandes, dit-il ; si elle déclare ium^^^* quelques animaux , quoique bénis ûèi * commencement, il faut le recont>anre,«^* avait dessein d'exercer la tempérance e( • mettre un frein à cette gourmandise q'i'« nourrie du pain des anges, regrettait le>f^ combres et \^s melons d'Egypte. Il s'a^î>j*» de prévenir les compagnes trop Irtibitu^l»^ de la gourmandise, l incontinence ellalu^^j* re, qui s'apaisent dans la sobriété. Ie/?f«r avait mangé et bu, et il se leva pour dan^lExod. xxxii, 0.) Ces sages prévisioo; ^'t-r gnaient encore en partie la -soif de U^j ^ détruisant le prétexte des nécessil*5 w »«
TER
TER
?ie dont s^autorise la richesse pour satisfaire aot délices (l*uno table somptueuse. Est-ce là tout leur mérite? EMes accoutumaient encore Thomme à jeûner en Tue de plaire à Dieu, è se contenter de peu d*aliinents et è choisir les plus grossiers. Certes, si le Créatear ici mérite un biftme, c'est d*avoir ïm\mé ces privations à son peuple pIutÂt qu'aux ingrats roarcionites.
% Quant h ce lon^, embarrassant et minutieux détail de sacrifices, d'oblations, de cérémonies et de rites divers, personne n'accusera Dieu de l'avoir prescrit pour luimême, lui qui s'écrie si ouvertement:
Quai'je besoin de la multitude de vos vic^ tmcsf Qui vouê a demandé d'apporter ces ùffmndes? (/«a. i, 11.) Mais admirons encore iù la sagesse de la Providence. Ne connaismi que trop la pente du peuple juif vers l'jdolâlrie et la prévarication, elle prit soin de rattacher au culte véritable par un appareil de cérémonies imposantes, aussi propre k frapper les sens que la pompe des superstitions païennes elles-mêmes. Elle voulait qu*à celte pensée : Dieu l'ordonne, cela plaît iDiea, Israël, détournant ses regards des ntes idolAtriques, ne céd&t jamais à la tentation de se faire des idoles.
« Jasque dans le commerce habituel de h vie, et au milieu des détails les plus vulgaires, au dedans, au dehors. Dieu leur prescrivit la forme des moindres vases destinés aux ablutions, afin qu'environnés partout de ces observances légales, ils ne pertent pas un moment de vue la présence de Dieu. En effet, quelle autre condition de bonheur pour l'homme que de reposer sa Tofonié dans la loi sainte, et de la méditer «ail et jour? N'imputons point è la sévérité « son fondateur la promulgation de cette loi. Elle est l'œuvre d'une bonté souveraine ^i travaillait à dompter la rudesse de son l«uple, et soumettait, par des rites multiplias et lîtiçants, une foi novice encore. î'ous ne parlons point ici des sens mystil°"js de cette loi toute spirituelle, toute propùétique, symbole auguste de l'avenir. Il juflitpour le moment de démontrer que, son »ut étant d'enchaîner l'homme à Dieu, elle ne peut mériter aucun blâme, sinon celui «es pervers qui ne veulent pas servir Dieu.
• t est encore dans ces vues bienfaisantes, ^^n plus que pour appesantir le fardeau de " 'oif que la bonté du Très-Haut suscita ^^^ ses prophètes des prédicateurs d'une ^^^l^d\gt\ede\u\.Faiteidisparaitredevotre j^l .»« ma^ce de vos pensées ; apprenez à faire « Oten, {Ephes. tv.) Recherchez ia justice, rele- ^^^^mrimé, protégez C orphelin, défendez la
f^^^ilsa, I.) ]Serejetezpas qui vous consulte: |y« (e contact du méchant: rompez les Hens de JU'îuit^; portez les fardeaux de ceux qui J^^^ccabtés: brisez les contrats injustes. ffl ^^^ ^otrepain avec celui qui a faim: re-
« ! ** v^*^^* «oye* un homme nu, couvrez-le:
hrLTr^*^^ P^^^ '° ^^^^ ^^^ ^^^^ ^'**
ikU ^'*^' ^^'^' *•) ^^^^^^^^ wf»"^ langue
^ cafemitte et des discours artificieux.
Eloignen-^ous du mal, pratiquez te bien^ cherchez la paix et poursuivez-ia sans relâche. {Psal.xxxiu.) Entrez en colère et ne péchez pas. {Psal.iy.) Qu'est-ce à dire? Ne persévère; pas dans votre ressentiment, ou ne vous vengez point? » Il s'étend sur ce point si important et montre que la loi a enseigné la charité et le pardon des injures, réservant à Dieu la venseance ; sans quoi la patience serait une faiblesse, puisqu'il est nécessaire que les méchants soient réprimés. « Mais je vous dis à vous ^i mYcoutez : en cela le Christ accomplissait cet ordre so« lennel du Créateur : Parlez à l'oreille de ceux qui vous écoutent. Aimez vos enne mis: bénissez ceux qui vous haïssent: priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient. {Matth. v, kh.) 11 a renfermé tout cela dans un root énergique du prophète Isaïe : A ceux qui vous haïssent ^ répondez: Vous êtes nos frères. S'il faut appeler du nom de frères ceux qui nous poursuivent de leur haine, qui nous chargent de malédictions et de (^alomnie$, il nous prescrit donc de bénir nos ennemis et de prier pour nos calomniateurs , celui qui nous ordonne de les regarder comme frères. Dirat-on que le Christ apporta sur la terre une résignation d'un genre inconnu en arrêtant les représailles permises par le Créateur,
3ui demandait œil pour œil, dent pour ent; tandis que le Dieu nouveau nous enjoint de tendre l'autre joue, et, après avoir laissé prendre notre tunique, d'abandonner encore notre manteau. Eh bien! soit; le Christ ajouta ces enseignements à l'ancienne doctrine, mais comme un complément en harmonie avec elle. De là l'obligation d'examiner si la loi de la patience n est pas consignée dans le testament du Créateur. « S'il a dit par Zacharie : Que Chomme ne nourrisse pas dans son casur le souvenir du mal que lui a fait -son frire, dans ce mot il a compris le prochain. La preuve en est ailleurs : Qu^aueun de vous • ne se rappelle les torts du prochain. {EcclL x, 6.) A coup sûr, il rceomman(l*8 la patience, celui qui défend jusqu'au souvenir de Tinjure. Que signifie cet oracle? La vengeance est à moi: /^ tirerai vengeance au temps tnarqué {Detkt. xxxif, 35} ; sinon que la patience attend avec calme la vengeance divine? Au*tant il est impossible que le même Dieu, après avoir demandé œil pour œil, dent pour dent, comme représailles de l'injure, interdise dans la loi nouvelle, non-seulement les représailles de la vengeance, mais jusqu'au souvenir et à la pensée de l'outrage ; autant il nous devient visible dans quel but il exi-
(;ea œil pour œil et dent pour dent. Que vouait-il? Permettre la seconde injure, c'est-irdire la peine du talion? Nullement. Il avait
(rohibé l'iniure en interdisant la violence. 1 cherehait à étouffer la pensée de l'agression> par la certitude des représailles, afin que tout individu reculât devant Tontrage, à l'aspect do l'outrage qui l'attendait lui* môme. La violence, il le savait bien, est plus facilement contenue par la crainte dee r^**
iw
TER
DiCTi02<iamB
TER
présaiiles humaines que parlafoi d*an Dieu vengeur. La loi qui avait à conduire des hommes dont le caractère et la foi ne sont pas les mêmes a dû leur parler un langage différent. À qui croyait en Dieu, elle disait: Attends la vengeance du Père céleste. A celui dont la foi était chancelante: Crains la vengeance de la loi. De grossières intelligences avaient jusqu'alors mal compris son intention Bnale. Le maître du sabhat, de la loi et de toutes les dispositions paternelles est venu Téclairer de sa lumière et nous en mettre en possession. 11 a recommandé au Chrétien de tendre aux affronts Tautre joue aGn d'extirper dans sa racine la possibilité de l'injure que la loi ancienne étouffait par le talion, et que la prophétie combattait certainement alors que, défendant le souvenir de Toulrage, elle réservait la vengeance à Dieu seul. Ainsi, le Christ, s'il a innové, a innové non pas en adversaire, mais en défenseur du précepte, maintenant la loi du Créateur au lieu de la détruire.
« Approfondissons les motifs d'une patience si pleine, si rigoureuse. Hors du domaine dé Dieu promettant la vengeance et assis sur le tribunal du juge, nous défions qu'on lui en assigne un seul. En effet, que le législateur, après m'avoir écrasé sous le far* deau de la patience, et m'avoir dit: Nonseulement tu ne frapperas point à ton tour, mais tu présenteras 1 autre joue; non-seulement tu ne répondras point à l'invective par l'invective, mais tu béniras ton oppresseur^ non-seulement tu ne défendras point ta tuqique, mais tu abandonneras encore ton manteau; qu'un pareil législateur ne me venge pas, un jour, il m'aura imposé une obligation stérile, en me dépouillant du salaire de ma résignation qui appelle un vengeur. Point de milieu I qu'il remette dans mes mains la vengeance, s*il n'en prend pas le soin ; où, s'il ne me la confie pas, qu'il s'en charge lui-môme. Le maintien de la loi se lie essentiellement à la répression de l'outrage. C'est la crainte de la vengeance qui eni'hatne l'iniquité. Lflchez-Iui la bride de l'impunité ; le voilà qui marche la tète haute, et, dans la sécurité de ses forfaits, arrache l'un et l'autre œil, brise l'une et l'autre joue. Il n'y a qu'un Dieu débonnaire etapathique qui puisse livrer sans contre-poids la rési-
?;nation à l'insulte, ouvrir la porte à toutes es violences, sans défendre les bons, sans réprimer les méchants.
« Maintenant, objectera-t-on que le Créateur restreignait 1 obligation de la miséri^ corde à nos frères, tandis que le Christ retend à tous ceux qui demandent? Si on voulait ériger cette maxime en loi nouvelle et contraire, illusion, répondrais-je. Les deux préceptes n*en font qu'un. La doctrine du Créateur est renfermée dans celle du Christ. Le Dieu du Nouveau Testament ne nous recommande, à l'égard de tous nos semblables, rien de plus que le Dieu de l'Ancien Testament, à l'égard de nos frères. Il y a plus de mérite, sans doute, dans la charité qui 6*exerce sur des étrangers, toutefois, sans
préjudice de celle aue réclame avant tout notre prochain. L'tiomme sans entraides pour son frère, en trouvera-t-il pour son ennemi ? Si la bienfaisance, qui commeor<; par le prochain, embrasse ensuite Uitmger, ce double degré signale un même (uj. tre et non deux matlres différents. ÂDSiK*: Créateur subordonnant sa loi aux dqoqtcments de la nature, a-t-il enioint d'aUrl envers le prochain !a charitlS a laqueHtii admet ensuite l'étranger, et, par une éooQv mie particulière de sa providence, il la coq* centra d'abord sur les Juifs pour rélendrt de cu peuple à tout le genre buiDaio. Taiii que le mystère de son alliance fut borne «d seul peuple d'Israël, l'obligation de 1^ ai* séricorde ne pouvait aller au delà dufrèn. Mais à peine eut-il donné aivChrist Itinaim pour héritage et la terre pour empirt iPul, II, 8), alors s'accomplit la prédiction d'O^e. Mon peuple n'est plus mon peuple, et la utim quin avait pas obtenu miséricorde a obtm iu> séricorde. (Ose. i,ii.) Aussitôt le Christa;nit« dit le domaine de la charité patemm, en n'exceptant personne de la miséricorJê ainsi que du salut. Maximes plus larges,sâe» doute, mais c'est qu'aussi plus large éuil l'héritage des nations. »
Tertullien expose encore que Jésus-Chrii n'a pas défendu le divorce en cas d'adulièr^ mais seulement qu'il a interdit de se reiot rier après une telle séparation. Le Christ d'! Quiconque renvoie sa femme et en époutt m autre^ commet un adultère. Quiconque épom cellequeson mari arépudiie commet égalmt^l un adultère. (Matth. xix, 9.) Ce n'est pas U défendre le divorce; c'est interdire radousion d'une seconde épouse pendant queii
{première subsiste encore. Celui qui a 9i 'homme et la femme leur a dit : Ils i^ deux dans une seule chair; donc que fho9St ne sépare point ce que Dieu a uni. (G en. \A Matth. 19, h, H.) D'ailleurs^ hors le cssdidultère, le Créateur ne sépare jamais ce quil a joint lui-môme, témoin la déclaralioD ifi Moïse: V homme qui a fait violence àl^voi fille la prendra pour épouscj sans powov fi' mais la répudier tous les Jour s de sa vie. (&»' XXII, 16.) Or, si le mariage cuntracté parvis lence subsiste, à plus forte raison lemari^? volontaire, comme le veut le témoignage il) la prophétie. Tune mépriseras pointkftf^^ detajeunesse.(^lsa. liv,6.) Ainsi, qu il auton^ ou qu'il prohibe le divorce, le Christ oiarr^' donc partout et de plein gré sur lesp^j Créateur, pour expliquer Ja loi priœiu^^'^ pour en perfectionner racoomplissemeii^' Enfin, Tertullien donne cette belle r^^ pour diriger la foi, l'empôcher de s'égarcf^ la tenir en garde contre les surprises, c^; que la première vérité qu'il faut croire ^' que l'on, ne doit pas croire légèreœ«?' Malheureusement il n'apas toujours su ^^^ servir pour lui-même, car il montre claifl* ment dans plusieurs passages de ce tra^'» qu'il était millénaire. Du reste qu'y <'^'' là d'étonnant puisqu'il avait mèiuedt/o»; dans les rôves et les visions des mootaûi^i*^ « Après un espace de mille ans, dit-il» f^*^
HH
TER
INE PATROLOGK
tso»
ition nécessaire pour achever la résurrecun des saioU, plus lente ou plus prompte (I raison des mérites, lorscjue le monde au-* I croulé, et les éléments disparu dans Temrasefoenc unÎTersel du jugement, alors, bandés en un clin d'œil en une substance Ql^éiique» G*est-^«»dire, roTètant pour tou- )ursuQ manteau d^incorruptibilité, nous erons transportés dans le royaume du ciel. » t dans un autre passaii[e nous le voyons aoter les vertus de Priscille qu'il renré* eme comme une sainte de sa secte» et dont i propose les prédictions, comme inspirées Ar le Saint-Esprit, Mais k part ces rares mperfections, ce traité est un ouvrage ex- «lient; d*une lecture très-utile, et qui passe .généralement dans TE^Iise pour un des plus nches trésors de Tancienne théologie.
Cwtre Praxéas. -— Un des bons livres env7re que Tertullien composa certainement lepuis sa chute est celui qu'il écrivit contre 'raiéas, pour défendre la foi de la Trinité ur laquelle les montanistes étaient d'acord avec l'Eglise catholiaue. Praxéas entignait que le Père était descendu dans la fierge, qu*il était né d'elle ^ qu'il avait souf- M, en un mot» qu'il n'était pas diflérent du Ibrisi dont il avait pris le nom en se proloisant dans le temps. Ceux qui suivirent H erreurs furent appelés monarchiques , nrce qu*ils a'admettaient qu'une personne lios la Trinité ; et en même temps, patro^ Miiîmt , parce qu*ils attribuaient au Père la .wsion de Jésus-Christ.
Tertullien emploie expressément le mot ie TrinUé et téfkioigne que les hérétiques oalfectaient de relever Texpression de ma- ^onke çue pour en imposer aux simples et lire croire qu'ils ne défendaient que 1 unité i« Dieu. Pour prouver la distinction 9ui Aiste entre le Père et le Fils^ il examine 001 ce qui a rapport à ce dernier. « Avant I création du monde, dit-il. Dieu était seul, (trce qu'il n'y avait rien en dehors de lui , ■^is en lui était sa sagesse, sa raison, son V^rbe intérieur, qui se produisant ensuite to dehors devint sa parole extérieure, sa BMoifestation. » Il aime mieux ne nommer Kite sagesse paroU qu'après sa production, f^^t^antle style des anciens; mais toutefois H reconnaît que ces expressions étaient in- ^uiérentes, puisque 1 usage de l'appeler '«v^ datait du commencement, où il était ^<tDieu. Cette remarque sert à expliquer ^Qu*il dit ailleurs, quand il affirme « que '^ PiU n'a pas toujours été, » parce qu'il ^^^me génération cette prolation extérieure ^^ ytrbej par laquelle Dieu àii ; Que la
J^M CTest toui ce qa*on peut dire pour eicoser ^^<prebSioD8 de Tertullien, mais il serait peut- ^^eocore mieux de convenir qu'elles ne sont pas ^'5^. Le FiU de Dieu a été noa seulement conçu, ^^^g^ndré de toute éierniié , il est non-seule- T^ la sasesse éternelle, mais le FiU éternel de É.M ?" ^^^^i >î Dieu le Père Peut engendré, lors- ^"u du : Que la tumiire soit faite; il faudrait en ^lare qu^ii Peiiffendre toutes les lois qu*il parle ; D^ I ^^^ Pfolatwn ultérieure du Vtrbe de Dieu ^'t DQliemtnt su ginération :. cette prolation e^t
lumière eoiê {Gen. i, 8) , sans préjudice de l'éternité du Verbe intérieur qui est la sa-* gesse (1<^).
« C'est cette paroio, dit-il, que jie prétends être une personne et à qui j'attribue le nom de Fils ; et en le reconnaissant pour Fils, je soutiens qu*il est le second après le Père. Il a toujours été dans le Père, et il en a été produit sans en être séparé; c'est-à-dire qu'il en procède ciimme la plante de sa ra-^ cine, comme le fleuve de sa source, comme le rayon du soleil. Je déclare donc que je les nomme deux, Dieu et son Verbe, le Père et son Fils ; et le troisième, après Dieu et le Verbe, est l'Esprit. Souvenez-vous toujours de la règle que j'ai établie, savoir que le Père, le Fils et I Esprit sont inséparables l'un de Tautre. Quand je dis que le Père est autre que le Fils et le Saint-Esprit, je le dis par nécessité, non pour marquer la diversité^ mais l'ordre; non la division, mais la distinction; c'est4-dire qu'il est autre en personne et non en substance. Le Père est toute la substance, et le Fils en est un écoule^ ment (15). Aussi dit-i I : Le Père est plus grand que moi. (Joan.xiv, 28.) Autreest celui qui engendre, autre celui qui est engendré; autre celui qui envoie et autre celui qui est envoyé; autre celui qui produit et autre celui par qui il produit. Du reste, ce mot autre n'emporte point avec lui la signification d'étranger, puisque le Sauveur l'emploie en promettant le Paraclet, lorsqu'il dit : Je prie-rai mon Père^ et ilvous enterra un autre consolaieur. {Ibid.j 16. ) Tertullien insiste sur la nature des relations. Dieu conserve ce qu'il a institué. Pour être père, il faut, avoir un fils; et pour être fils, il faut avoir un père. Autre chose est d'avoir un père, et autre chose est de l'être ; il est impossible, étant seul, ni d'avoir un fils, ni de l'être. Cependant c'était la prétention de Praxéas, que Dieu était à lui-même son fils. Dans ce cas le, dit Tertullien, Dieu devait donc se dire k lui-même : Je suis mon Fils ; je me suis engendré avant l'aurore ; je me suis
Sroduit au commencement de mes voies ; or lieu dit tout le contraire. Que craignait-il donc? sinon de mentir et de nous tromper, comme il l'aurait fait réellement, si, n'étant qu'une même personne, il eût ainsi parlé à lui-même et de lui-même, n
11 ajoute ensuite : « Jamais le nom de deux dieux et de deux Seigneurs ne sortira de notre bouche ; non pas que le Père ne soit Dieu, et le Fils Dieu et le Saipt- Esprit Dieu ; mais parce que le Fils n'est nommé Dieu que par son union avec le Père. Donc»
en même temps eitérieure et umporelle; sa géné^ration est intérieure et éternelle : Dieu rengeiid^ de toute éternité dans son propre sein, in iemeh ipto^ eomme Tertullien, qui u*est pas toujours d'accord avec lui-même dans ses eipressions sur ce mystère, le dit positivement ailleurs (an ebapltre X V m de son Traité contre Hermogène).
(15) Voilà encore une expressi«m ^u*il est dUbcile, pour ne pas dire impossible, de justiûer. Elle est ici adoucie, comme elle se trouve daiii la traduction qu'en donne rbistorien Fleury Car Ter-*
fSOS
TER
DlCT10N!(/yaE
TER
pour ne pas scandaliser les gentils, j^iinî* ferai TApAtre; et si je dois nommer en* semble le Père et le Fils, j'appellerai le Père Dieu, et le Fils notre Seigneur JésBS- Christ; mais qaand je nommerai Jésus-* Christ seul, je pourrai le nommer Dieu. Quand TEcriture dit qu'il n'y a qu'u^ Dieu, c'est par opposition contre les païens, qui admettent nne multitude de feux dieui ; ou eonire \e$ hérétiques, dont les eiiseigne*ments erronés introduisent également des idoles dans la foi, en admettant plusieurs principes, comme Marcion et ses sembla- Lies. »11 répond aux passages dont abusait Praxéas pour établir sa doctrine : « Jésos^ Christ disait: Le Père et moi notis ioimmei un.»{Joan. x, 30.) Tertullienremarquequ'ii ne dit pas j>«ui>, mais nous sommes; qu'il ne dit pas unus au masculin, mais unum au neutre ; ce qui signifie, non pas une même {personne, mais une même chose. «Pour montrer Tunité de substance, en conservant la singularité de personne, il dit encore : Je suis dans le Père (Joan. xir, 10), et non pas, je suis le Père. » TertuUien relève encore ce qu*ii y avait de mystérieux dans la céré* monie*^ qui s'observait alors au baptême, où Ton plongeait le catéchumène* non pas une fois, mais trois fois, c'est-à-dire au nom de chacune des personnes divines.
Les hérétiques, pressés par la distinction du Père et du Fils, si évidemment marquée dans TEcriture, se réduisaient à dire, que le Fils était la chair, que l'homme était Jésus, et que le Père, TEsprit; le Dieu étaient le Christ ; qu'ainsi il n'y avait qu'ui;^e seule personne divine, Biais pour défendre l'unité de Dieu, ils détruisaient rincarnation : « car, dit TertuUien, ce qui est né de la Vierge est le Fils de Dieu, J?m*mamtel^ Dieu avec nous ; ce n'est donc pas la chair seule, puisque la chair n*est pas Dieu. De plus. Dieu ne peut changer; cependant \e Verbe s'est fait chair ; donc il n'a pas été changé en chair, mais il s'en est revétii pour se rendre sensible et palpable. Autrement, si Jésus-Christ était un mélange de la chair et de l'esprit, ce serait une troisième substance qui ne serait ni esprit, ni chair, ni Dieu, ni nomme. Or en Jésus^ Christ il y a deux substances, non pas con«fondues, mais unies en une seule personne, )e Dieu et l'homme. Chaque substance a conservé ses propriétés; l'Esprit faisait des nairaf^les et la chair a sotaffert. 11 est évident encore C|ue le Christ nVst pas le Père, puisqu'il dit expressément que le Christ est ïnoti; et il est impossible d'admettre que c'est le Père qui a soutTert, puisque sur la
tullien dit non-seufement que le Fils est un écoulement de la substance da Père, mais qa*il en est ude ? portion : Filim vero derhatio totius et pvrtio. Test ce quM prétend prouver par ceue parafe du Sauveur : Mon Père est ptus grand que moi {Joan. XIV, 28) : parole qii*il applique vi^siblement à la nature divine du Fils, mais qui n*est exactement vraie que de sa nature bumatne; car la foi de TËgNse e^t qne Jébus-Ghrist est é^^al à son Père, aeton sa divinité; inférieur à 9on Pèrf, schm son humanité :
erotx le Fils se platnl que son hmïù abandonné. Si e*était le Père, à aoel Die^ s'adresserait-il? »
C'est ainsi que TertuUien, quoique ifir^ taniste, eut le bonheur de e«>DYertirPraiH2, en opposant à ses erreurs la doctrine cr^s tante de TEglise. Après une interpréuitij^ si daire et si précise des deux preomi dogmes de notre foi, n'y a-t-il pas lieo 8*élonner que dans les siècles suivenls r. ait encore tant disputé sur les mystères la Trinité et de rincarnation ?
AcTBss ocTBAGBS. — Lc livre que nos venons d*analyser date de Tannée 209. 1 faut rapporter à cette époque le Traité à Manteau^ opuscule Ibrt oLisêur, dans leque! il répond sur le ton d*uiie ironie habUoËlt aux détracteurs qui lui reprochaient d'arou abandonné la robe pour ee vêtement qi]^ portaient alors les pbUosopbes, et quicûoq&t faisait profession de sévérité dans 5^ mœurs. Un beau génie, Malebranche, reba.*: par <îe stjrle énigmatiquet s*ea est autorL^ pour flétrir TertuUien, qu'il appelle uo \v sionnaire. Y a-t-il de la justice à preodri quelques images pour juger l'homme \^ entier? Ce traité même renferme des ligs^ précieuses sur la tradition.
La Lettre à Scapula^ proconsul d'Afrique, qui alors persécutait les Chrétiens, est uc^ troisième apologie en faveur des disciples du Christ, quels qu'ils fussent, eatboliqflei ou dissidents. 11 cite le persécuteur ao lri« bunal de Dieu, s*il continue de sévir contre des innocents.
Le Livre de la couronne du soldat, ceis de la Fuite pendant la persécution^ et eoù celui où il prouve que lee vierges doicfit être voilées\, semblent appartifuir aui derniers temps de la chute.
Nous avons vu dcuiK hommes dans TertullieiN nous rencontrons aus» deui écrivains. Tant qu'il est &ièle à ses premières croyances, son génie brille de tout s»
éclat. Prtrfond et original, il sort des règi« ordinaires du lan^ge pour se créer w idiome nouveau, h éWouit par la beautés ses images;, il tonne, il renverse parlai lidité de ses arguments. Aussi longte^
3u'il est dans Ja vérité il ne connaît fo^ *égal; mats du moment que i*£spn^^ Dieu s'est retiré de lui, comme autrefoiJC' Saûl, il faiblit et chancelle. Il conserTe e^ core d'admirables clartés par interfallei mais souvent aussi il tombe dans Tat^^ tion et l'enflure. Ses arguments n'oat plû^^ l'enchaînement ni la solidité accouHiaw* Il se contente parfois de raisons plus*!* cieuses que solides pour prouver ce qii*
jSqualis Patrt senuieum divinit^temt *i"^ Jf xfTAtndum humaniàatem. Ln Pils émane da 1* ^
'fâ
fafnce de son Père, ne» eonime une P^^*;^ Heure air tout, mais comme uite hntlfa '^ff^ parfaite, qui possède elle-niénae toute la *'"2â de celui qu'elle représente, de telle sorte, cj""J. dît lésos-Chnst, que le ¥t\s est dairsI^W^ " Père dans le Fils : Ego sam fn Patn K '•"^ v.e eu, {Joan* xiv, tOci 11.)
os
TER
K PATR(M.OGiE.
TER
ance, lui qui toolà Theore avait le regard péoéiraat et la pan»le si incisive. Il de* ent crédule camtoe an enfont. Le docteur est faîl peuple, et accepte avec lui des cbieres et des ^usions ridicules. Taot il est *ai que la pensée nourrit rélocutîon, et \iQ le style tout entier c'est ilioDime! Qa'oa i s«cbe bien cependant : Tertuilien, ainsi ae range déshérité de sa gloire, conserve iicore dans sà chute une partie de sa puisince et de son génie Au reste, il ne fut pas plus constant dans erreur qu'il ne le fut dans la rérité. Vers L (in de sa carrière» il abandonna complètelent la secte des montanistes. Mais, au lieu e retourner à Tunité catholique, il se fit lii-méme chef de secte. Pourquoi cette lOUTelie réTOlution dans. sa vie? ÀTail-il écouvert que Monlan n'était qu'un grossier rnposteur, cachant des mœurs suspectes ous un rigorisme hypocrite? Son orgueil hercha-t-il à son tour des disciples qui ortasseot son nom? Faut-il attribuer à Dut autre motif cette dernière marque de ersatiliié humaine? L'histoire ne s'est pas txpliquée là-dessus» mais le fait en luioéme est incontestable : Fosimodum , dit >aint Auçustin, e/tam ab iptis {catapklrygi^ fus) dimsus^ sua eonveniictUa prapagavii. L*é¥èque d*Hippone est d'autant plus digne le foi dans ce témoignage qu'il eut le bonjeur de mettre fin, sous son épiscopat, à ::ette hérésie qui rappelait si malheureusement les aberrations d*un illustre génie. Ses disciples allèrent toujours en s'affu- 1 «lissant jusqu'à cette époque. Le grand docteur de l'Afrique eut avec eux plusieurs conférences, dans lesquelles il déploya toute la puissance d'une raison ferme eî persé^é*rante. Ils se rendirent à ses ar^ments, et passèrent dans l'Eglise catholique, à laquelle ils réunirent leur basilique, alors &rt connue à Carthage. Nous devons encore ces détails à la plume de saint Augustin qui les a consignés dans sa lettre à l'évèque : i/uodtuUdeus. Ailleurs le zélé docteur affirme positivement qu'il les ramena par la sagesse modérée de ses raisonnements :
JiationabUiier cum iÙis disputons.
Quelques-uns, sur la foi de leurs regrets et de leurs espérances, plutôt que sur celle de documents qui eussent la moindre va- It'ur, oot affirmé que Tertul lien était rentré dans le sein de l'Eglise avant de mourir. Noos voudrions qull en fût ainsi pour la méoioire de ce jgrand homme. Mais» nous le disons avec peine, on ne trouve, ni dans he% écrits, ni dans ceux de Tantiquité ecclésiastique, aucun indice qui justifie cette narration. Loin de là, tous ceux qui le suivirent de près s'accordent à dire qu'il acheva sa carrière dans une vieillesse avancée, vers Tan 245, hors de la communion catholique. 11 nous serait doux néanmoins de penser que, prêt à paraître devant le tribunal du Dieu pour lequel il avait si longtemps combattu, il abjura intérieurement ses erreurs, et que, tombé, il trouva ^âce devant celui à qui il devait son merveilleux génie.
Quelques ouvrages de T^iulJien ont été perdus : ce sont les traités sur VOrigint de Tàme^ sur le Paradis^ sur le Desiiu^ et sur VEspérauce des fidèles. D'autres jui sont attribués, mais à tort ; on n'j reconnaît ni ses pensées, ni sa manière, ni son stjle*
Avant de terminer cette étude critique, il nous a paru important d exposer ici les principales erreurs de TertuUien, sous for* me de prof)Osi lions, et sans les accompagner d*aucune réflexion qui les réfute, parce (jue les unes ont été condamnées depuis par 1 Ec^lise, et que les autres n'étant que des opinions locales, n'eurent jaiuais grand retentissement.
Erreurs de Terluf/im.
« Le Saint-^Esprit a été Jonné aux apôtres ; mais il n'avait pas entièrement formé ni enseigné l'Eglise par leur ministère ; il s'était réservé des vérités plus capitales. La manifestation de ces vérités devait avoir lieu(>ar Montan, ou le Paraclet« dernier messie qui achèverait la révélation.
— Les secondes noces sont un véritable adultère.
— Il y a des péchés irrémissibles : de ce nombre sont 1 apostasie, l'adultère, la fornication.
— Fuir la persécution est un crime. 11 vaut mieux renoncer à la foi dans les tourments, que la conserver par la fuite.
— Les anges rebelles ont péché avec les femmes des nommes.
— L'Ame a un corps auî generis; elle est mile ou femelle; elle a les trois dimensions, longueur, largeur, profondeur ; elle a des membres particuliers, une forme et une configuration en harmonie avec celle du corps humain ; elle est palpable, transparente, de couleur aérienne. — Toutes les Ames sortent l'une de l'autre par une espèce de.propagalion, sans que chacune soit formée par une créatioa nouvelle.
— Dieu a un corfis, parce que rien ne peut exister s'il n'est corps. Saint Fulgence reproche à TertuUien ce déplorable égarement. Saint Augustin, néanmoins, dit que le prêtre de Carthage entend, {tar le mot de corps, Tètre et la substance propres à chaque chose, et qu'il n'y avait pas d'apparence qu'il fûtassez insensé pour croire que Dieu fut passible, lui qui [avait si bien remarqué que tout corps était suscepUbte de passibililé.
— Les Ames des bons et des méchants sont retenues dans les lieux inférieurs de la terre, pour y attendre le jour du jugement, excepté seulement eelle des mar^rs, qui vont directement dans le paradis.
— Le baptême administré |)ar les hérétiques n'est pas valide.
— L'Eglise r&idedans deux ou croîs laïques rassemblés. Il ré^iète plusieurs fois celte proposition; néanmoins, il n'y a que le livre de l'Exhortation à la chasteté, où elle ne puisse pas recevoir un sens plausible.
— Dieu n'a pu toujours été Fère, parce
TER
DICTIONNMIŒ
TER
pour ne pas scandaliser les gentils, j'iini* terai i*Ap6tre; et si je dois nommer eo^ semble le Père et le Fils, j*appellerai le Père Dieu, et le Fils notre Seigneur Jésus- Christ; mais quand je nommerai Jésus^ Christ seul, je pourrai le nommer Dieu. Quand l'Ecriture dit qu'il n'y a qu'uç Dieo^ c>st par opposition contre les païens, qui admettent Hne multitude de faux dieui ; oo contre les hérétiques, dont les euseigne*ments erronés introduisent également des idoles dans la foi, en admettant plusieurs urincipes, comme Marcion et ses sembla- Lies. » II répond aux passages dont abusait Praxéas pour établir sa doctrine : « Jésus^ Christ disait: Le Père et moi nous sommes un. »{Joan. x, 30.) Tertullienreœarquequ*il ne (iitpas je suis^ mais nous sommes; qu'il ne dii pas unus au masculin, mais unum an neutre ; ce qui signifie, non pas une même personne, mais une même chose. «Pour montrer l'unité de substance, en conservant la singularité de personne, il dit encore : Je suis dans le Père {Joan. xiy, 10), et non pas, je suis le Pire. » Tertullien relève encore ce qu'il y avait de mystérieux daas la céré* monie' qui s'observait alors au baptême, où l'on plongeait le cctéchomène^ non pas une fois, mais trois £ms, c'est-à-dire au nom de chacune des personnes divines.
Les hérétiques, pressés par la distinction du Père et du Fils, si évidemment marquée dans TEcriture, se réduisaient à dire, que le Fils était la chair, que l'homme était Jésus, et que le Père, TEsprit; le Dieu étaient le Christ; qu'ainsi il n'y avait qu'une seule personne diviae. Mais pour défendre l'unité de Dieu, ils détruisaient 1 Incarnation : a car, dit Tertullien, ce qui est né de la Vierge est le Fils de Dieu, Em^ mamtel. Dieu avec nous ; ce n'est dooc pas la chair seule, puisque la chair n'est pas Dieu. De plus. Dieu ne peut changer; ce<pendant fe Verbe s'est fait chair ; donc il n'a pas été changé en chair, mais il s'en est revêtu pour se rendre sensible et palpable. Autrement t si iésus-Cbrist était un mélange de la chair et de l'esprit, ce serait unfi troisième sobsiance qui ne serait ni esprit, ni chair, ni Dieu, ni homme. Or enJésus^ Christ il y a deux substances, non pas con^ fondues, mais unies en une seule personne, }q Dieu et l'homme. Chaque substance a conservéses propriétés; l'Esprit faisait des miraniles et la chair a souffert, il est éviideut encore çue le Christ n'est pas le Père, |[Hii9qu'il dit expressém-ent que le Christ est ou)rt ; et il est impossible d'ftdmeitre que c'est le Père qui a soutfert, puisque sur la
tullien dit non-seaiement que le Pits est un écoulement de la substance da Père, mais qa'il en est une Î^ofiion : Filitn veto derivatio totins et portio, Test ce quM prétend prouver par cette parafe du 8aaveur : Mon Père est plus grand que moi {Joan, xiv, 28) : parole qiril applique vibiblement à la nature divine du Fils, mais qui n*est exactement vraie que de sa nature bumaine; car la foi de rfigfise eU q«ie Jé^us-Ghrist est é^^al à son Père, seFon sa diviuilé; inféHeiir à son Père, schm son linmanHé ;
erotx te Fils se plafnt mt son Dieu Vtit abandonné. Si c'était le Père, à aoel Diea s'adresserait-il? »
C'est ainsi que Terlul lien, quoique uootaniste, eut le bonhetu' de convertir Prai^ en opposaiH à ses errfurs la dectrinecsb. tante de l'Eglise. Après une interprétit^j si da ire et si précise des deui prentirr: dogmes de notre foi, n'y a-t-il pas lieu \a s'étonner que dans les siècles sairaou oc ait encore tant disputé sur les myslèr^'h la Trinité et deriucaruatioii?
AoTBKS 0CVBA6B9. — Le Uvrc que do»
venons d*analyser date de l'année â09. l faut rapporter à cette époque le Tmé à Manteau^ opuscule fort otiseur, daD5 lequel il répond sur le ton d'uile ironie babitQcl'c aux détracteurs qui lui reprochaient d'aruit abandonné la robe pour ce vètameot qae portaieni alors les philosophes, et quicoopi faisait profession de sévérité dias m mœurs. Un beau génie, Malebranche, réfuté \ par ce style énigme tique» s'en est auturié pour flétrir Tertullien, qu'il appelle an nsionnaire. Y a-t-il de la justice à prtAd(% quelques pages |iOur juger l'homme M entier ? Ce traité même renferme des ligBtt précieuses sur la tradition.
La Lettre è Scapula, proconsul d'Afri^^Mi qui alors persécutait les Chrétiens, est uot troi<siènie apologie en faveur des disciples du Christ, quels qu'ils fussent, eathoiiqut^ ou dissidents. Il cite le persécuteur aa tribunal de Dieu, s'il cunlinae de sévir cooin des innocents.
Le Liwe de la couronne du soldat, cWii de la Fuite pendant la persécution, et efUs celui où il prouve que les vierges doimi être eoiléesy semblent appartenir aui tft^ niera temps de la* chute.
Nous avons vu deux hommes dans !»• tulliens, nous rencontrons ans» deui émp vains. Tant <pi'il est (lièle à ses premièrti croyances , son géni« brille de tout soi éclat. Profond et original, il sort des r^ies ordinaires du langage pour se créer on idiome nouveau. Il ébiuuit par la beauté d< ses images ^11 tonne, il renverse par la solidité de ses arguments. Aussi lon^temp$ Su'ii est dans la vérité il ne connait pouu 'égal ; mais du moment que r£sprit ik Dieu s'est retiré de lui, comme autrefois Jf Satil, il faiblit et chancelle. 11 conserve eccore d*adinirables clarté» par intervaiie^ mais souvent aussi il tombe dans l'affeci*tlon et l'enflure. Ses arguments n'ont ^^^ l'encbainement ni la solidité accoutuv^ Il se contente parfois de raisons plus^^ cieuses que solides pour prouver ceq^^^'
^qunlis- Patrt secunanm dmnittftem, minn f^ secund'um hvmanitatem. Le RHs émBoe de la s«*^ cunce de son Père, nen eumoM une pBrti«» ii^ riedre av tout, niais comme itite Hnifa roiiuB'* parfaite, qui possède elle-nièi0e tonf« la s«M«* de celui qu'elle représente, de telle lorac, ewuw je dit lésas-Christ, que le FHs estdawteWwf»» Père dans le Fils : Ego snm tu Pâtre ff /*'*»" * w.f «L {Joan. XIV, tifct ll.J
fER
fie paTrologie.
TER
ince, lui qui tout è l'heure avait le regard
pénéirâQl et Ja par(»le si incisive. Il de*
Dt crédule comme un enfant. Le docteur
it fait peuple» et accepte avec lui des chi-
es et des disions ridicules. Ta^it il es!
i que ia pensée nourrit Télocution , et
lie style tout entier c*est Thomme! Qu'on
Iswrbe tiien cependant : Terluiiien, ainsi
lifige déshérité de sa gloire, conserve
lore dans sa chute une partie de sa puis*
ice et de sou génie
[Au reste, il ne fut pas plus constant dans
freur qu'il ne le fut dans la vérité. Vers
io de sa carrière* il abandonna complète*
il la secte des montanistes. Mais, au lieu
retourner à l'unité catholique, il se fit
hffiéme chef de secte. Pourquoi cette
relie révolution dans. sa vie? Avait-il
lavert que Montan n*était qu'un grossier
Iposleur, cacbani des mœurs suspectes
Es un rigoriame hypocrite? Son orgueil rcha-t-iJ à son tour des disciples qui ortassent son nom? Faut-il attribuer à )ut autre motif cette dernière marque de ersatiiité humaine? L'histoire ne s'est fias tpiiquée là^essus, mais le fait en lui* )eme est incontestable : Posimodum^ dit liol Augustin, eliam ab ipsis {catapkrygy im) divtâta, sua conventicula propagavii. /évêque d'Hippone est d'autant plus digne ie foi dans ce témoignage qu'ii eut le bon* kcur de mettre fin, sous son épiscopat, à lelle hérésie qui rappelait si malheureusement les aberrations d'un illustre génie. &(!^ disciples allèrent toujours en s^affail'Iiâint jusqu'à cette époque. Le grand doo ^^f (ie l'Afrique eut avec eux plusieurs ?uii/éreDces, dans lesquelles il déploya toute • paissance d'une raison ferme ei persévévite, lis se rendirent à ses areuments, et «ssèrent dans l'Eglise catholique, è la- |oeil« ils réunirent leur basilique, alors t»rt connue à Carthage. Nous devons encore K deuils à la plume de saint Augustin ^i les a consignés dans sa lettre à Tévéque : kodtuUdeut. Ailleurs le zélé docteur af- ^<2 positivement qu'il les ramena par ia igesse modérée de ses raisonnements :
^lionabUiier cum iUii diêpuiam.
<juelques-uns, sur la foi de leurs regrets ^(ie leurs espérances, plutôt que sur celle '<i documents qui eussent la moindre va* '^ff ont affirmé aue TertuI lien était rentré '^& ie sein de 1 Eglise avant de mourir. ^ui voudrions qu il en fût ainsi pour ia BéDioire de ce ^rand homme. Mais, nous le ^ns avec peine, on ne trouve, ni dans ^ écrits, ni dans ceux de l'antiquité ecclé- ^ftstique, aucun indice qui justifie cette ■^rration. Loin de là, tous ceux qui le sui- *^Di de près 8*accordent à dire qu'il aches sa carrière dans une vieillesse avancée, ers 1 an 2Ui, hors de la communion catho- "lue. il nous serait doux néanmoins de pen* ^r que, prêt à paraître devant le tribunal ^ theu pour lequel il avait si longtemps rabattu, il abjura intérieurement ses er- •"''•» «t <jue, tombé, il trouva grâce devant «lui I qui i( devait son merveilleux génie.
Quelques ouvrages de Tertttllien ont été perdus : ce sont les traités sur VOrigine de /*dme, sur le Paradis^ sur le Destin^ et sur
l'Espérance des ftdèles. D'autres lui sont à\r tribués, mais à tort ; on n'y reconnaît ni se» pensées, ni sa manière, ni son stylci
Avant de terminer cette étude critique, il nous a paru important d*exposer ici \es principales erreurs de Tertuliien, sous for* me de projK>sitions, et sans les accompa* gnerd*aucune réQexionqui les réfute» parce que les unes ont été condamnées depuis par 1 Eo'lise, et que les autres n'étant que des opinions lo(;ales, n'eurent jaaiais grand retentissement.
Erreurs de Teriulliené
« Le Saint-'Esprit a été donné aux apôtres ; mais il navait pas eutièrement formé ni enseigné TEglise par leur ministère; il s'était réservé des vérités plus capitales. La manifestation de ces vérités devait avoir lieu par Montan, ou le Paraclet, dernier messie qui actièverait la révélation.
— Les secondes noces sont un véritable adultère.
-- Il y a des péchés irrémissibles : de ce nombre sont Tapostasie, l'adultère, la fornication.
— Fuir la persécution est un crime. Il vaut mieux renoncer à la foi dans les tourments, que la conserver par la fuite.
— Les anges rebelles ont péché avec les femmes des nommes.
— L'&me a un corps sut generis; elle est mâle ou femelle; elle a les trois dimensions^ longueur, largeur, profondeur; elle a des membres particuliers, une forme et une configuration en harmonie avec celle du corps humain ; elle est palpable, transparente, de couleur aérienne. — Toutes les Ames sortent Tune de l'autre par une espèce de.propagation, sans que chacune soit formée par une création nouvelle.
— Dieu a un corps, parce que rien ne peut exister s'il n'est corps. Saint Fulgence reproche à Terlullien ce déplorable égare* ment. Saint Augustin* néanmoins, dit que le prêtre de Carthage entend, par le mot de corps, Tèlre et la substance propres à chaque chose, et qu'il n'v avait pas d'apparence
Îiu'il fûlassez insensé pour croire que Dieu ut passible, lui qui [avait si bien remarçiué que tout corps était susceptible de passibi* lité.
— Les Ames des bons et des méchants sont retenues dans les lieux inférieurs de la terre, pour y attendre le jour du jugement, excepté seulement celle des martyrs, qui vont dii^clement dans le paradis.
— Le baptême administré par les hérétiques n'est pas valide.
^ L'Eglise résidedans deux ou trois laïques rassemtxlés. Il répète plusieurs fois celte proposition ; néanmoins, il n'y a que le livre de l'Exhortation à la chasteté, où elle ne puisse pas recevoir un sens plausi* ble.
— Dieu n*a pas toujours été Fère, parce
ISOt
tel
tEtJ
qu*il n*a pu Tétre avant qiie le Fils eût été ; 6t il j a ea un temps où le Fils n'était pas. H&tons-nous de dire cependant que, plustard» TertuUien revint à ropinion catholique sur la Trinité, et que Tnérésie est ici plutôt dans les mots que dans les sentiments.
— La Dtère de IHeu a cessé d*6tre vierge, n dit positivement dans 6on livre intitulé Monogamia: « Semtl nuptura post par^ ium. »
— Jésus-Christ a |>aru dans TAncien Testament avec une chair aussi réelle et aussi "véritable que celle qu'il a prise dans le sein de la sainte Vierge.
— Jésus-Christ régnera sur la terre avec ses saints, dans une nouvelle Jérusalem, pendant mille ans, avant le jour du jugement.
^ L'extase est une démence.
-^ L'esprit prophétique s'est éteint dans Jean-Baptiste, qui ne fut plus qu'un homme ordinaire, semblable au premier venu:
Communijam homo tt unus de tufba.
•^ La liberté humaine et la substance de l'Ame sont en nous ce qu'elles étaient dans Adami avant sa chute.
— Les anges ont conversé avec les hommes dans une chair véritable , quoique cette chair ne fAt pas le fruit de la naissance. »
Telles sont les erreurs les plus eraves de Tertullien. Sans doute, elles lui ôtent une partie de son autorité^ et son témoignage n'est reçu qu'en réservant les droits de l'Église. Mais on ne peut se dissimuler que> même dans les traités où s'est glissée I hérésie, il reste encore une foule de passages où l'on rencontre les inspirations de la foi catholique. Nous serions injustes, d*ailleurs, envers la mémoire de Tertullien, si nous ne disions en finissant, que plusieurs de ses opinions, loin de lui être personnelles, appartiennent à certaines localités de l'Afrique, et que l'Eglise n'avait pas encore prononcé sur les autres. Mais cette réflexion, que nous avons delà faite ailleurs, dans le cours de cette étude, en atténuant sa faute ne la justifie pas. Rien ne peut excuser un
Î;énie comme celui de Tertullien de s'ôtre aissé aveugler jusqu'à donner dans les folles rêveries de Montan et les ridicules révélations de ses prophétesses.
T£TERIUS, à qui Ton donne .e titre de clerc de l'Ëglise d'Auxerre, sans pouvoir le justifier autrement que par des probabilités, ne nous est connu que par la préface d'un ouvrage qui parait perdu. C^était une relation des miracles que Dieu opérait de son temps par les reliques de saint Cyr et de sainte Julitte, martyrs, après leur translation dans les Gaules. Or, ce fut saint Amateur, évêque d'Auxerre, qui, au commencement du V* siècle, apporta ces saints corps à son église, d'où, assez longtemps après, un bras de saint Cyr fut trans^ré à Nevers. Comme Telerius, dans son ouvrage, parlait de cette dernière translation et des miracles qui l'avaient signalée, on « cru pouvoir, avec
Suelque fondement, placer Teiistetice d« ce( crivain à la fin du vi* siècle. Les oontioo»* teurs de Bollaùdus ayant découvert la ^ face de Teterius, sans pouvoir mettnji main sur son ouvrage , la publièrent seoir. dans deux endroits différents de leur gnM recueil, au 1*' et au 16 juin. L'inscriptioik « cette préface donne k Teterius le titr«à sophiste , terme qui alors signifiait simpbment que noire auteur joignait à rétii()«<)i l'éloquence celle de la philosophie. Dsns « préface, il se qualifie serviteur des saiiii martyrs ; c^est-k-dire qu'il avait rang pun ceux qui étaient établis pour deisem l'église où ils reposaient. C est pour nm raison que nous lui avons donné le tilr« di clerc de l'Eglise d'Auxerre.
TEULFEouTHEODDLFE fut élevé, dfs sa jeunesse, dans Tabbaye de Morigny,|féf d'Etampes, où il fit profession. 11 jttm successivement les oflices de chantre et dî prieur. Après la tnort de Rainald, ^\^ abbé de ce monastère, arrivée Tan \%i fut élu pour lui succéder. Mais avant qtfi\ fût bénii quelques-uns de ses confrères qù lui avaient donné leurs voix se rétracté* rent. Teulfesacrifiarolontairement scadroit au bien de la paix et ^e désista. Son désiniéressèment ne rendit pas néanmoins on calme solide et durable à Tabbayede Mon* gny. De nouveaux troubles s'y élevèrent peu de temps après. Quoiqu'il n'en fût )ias témoin, il en ressentit une telle peine qu il se retira auprès d'Odon, abbé de saint Cre$pin de Soissons. Celui-ci le nomma prieur de sa maison, et Tan 1117, ayant été traov féré à l'abbaye de Saint-Remi de Reims, il lui laissa, du consentement des religieui,Ji dignité d'abbé. Le gouvernement du noQvd abbé fut très-sage et produisit d'heureot fruits. Teulfe mourut le 16 mai 1138. . Ses échits. — Teulfe est auteur des trois livres qui composent la chronique de Mon* gny. Il nous apprend dans cet ouvra^ les exercices littéraires auxquels il se livrait dans ce monastère. C'était principalement i ponctuer et k corriger des livres. Il avait exécuté ce genre de travail sur toute li Bible, depuis la Genèse jusqu'k la dernière Epitrn de taint Paul : sur les livres de mut Augustin De Trinitale Dei; sur les MoraZ/i de saint Grégoire, et sur d'autres écritsdes Pères. Dans la composition de la Chronipt de Morignyj il avait dessein de décrire ï'ongine de cette maison et les accroissemeflt» qu'elle avait reçus, soit par la libéraliiéJ^ ses bienfaiteurs, soit par l'industrie de .^^ membres. Hais la première partie de m ouvrage est entièrement perdue et laui'fort mutilée, comme on le voit par Iesdi> renls passages qui eu sont cités dans le» livres suivants et qui ne s^ retrouvent plus.
Ce qui se présente d'aboro après ieiimt»gue est une lamentation patliéti^ue sur lo persécutions que Tabbaye de Morignjr avait essuyées, et sur les maux qu'y avait causai la désunion des religieux. Aux détails, (}ui n'ontriende bien iutéressanti succède lé-
TEtJ
DE t»ATR0L06ie.
TKD
ÎW
ge d*uD religieux nommé Baudouin» qui Hail adonné entièrement au temporel de orignjr. On y voit les peines quMI se donne >ur mettre eu valeur et défendre contre ^Dtreprise des voisins la terre de Mesuns» je la communauté avait achetée des reli* eux de Saint-£loi. Puisque saint Pelage a (^éce morceau di^^ne d*èlre inséré dans la (lie analyse qu'il nous a donnée delà CAro<*> tfue de Morigny^ en ce qu*il fait connaître esprit de Teulfe dans ses écrits, nous xrfOQS faire plaisir de rapporter ici la in* uction de cet habile écrivain. « Comme oascherchionSy dit Tauteur, et que nous e pouvions trouver dans notre congrégaioo, un sujet capable de mettre celte terre .QTaleur» Baudouin, qui s'était donné tant k soins pour bAtir notre monastère et no- .t dortoir, non-seulement ne fut pas étonede Timmensitéde ce travail, mais rempli f zèle pour le bien de ses frères, il s'offrit ii*uéme à se charger d*un poids si énorme. ^e quelles expressions me servirai-je pour iconter les peines qu'il eut à supporlerdans iDe entreprise si laborieuse; celui même |Di a pu le soutenir ne pourrait peut-être is les rapporter. Il remit la cbarruedans b terrains qui avaient été longtemps abanlonnés. Mauvaises herbes, racines, buisions, en un mot, toute plante nuisible fut irracbée des entrailles de la terre. La charru^ la bêche, et tous les instruments d'agriculture furent mis en usage. Près de qua* ire*ringts familles mirent leurs bras aux seti\cesde Tabbaye. Cependant quelques Juipies, jaloux du succès de ses travaux suscifereui mille persécutions à Baudouin. On loidemandait d*un ton menaçant tantôt un M, tantôt un autre. Tous les jours nouvelles chicanes ; enfin ils le tourmentaient uns cesse... Lui seul résistait à tout et faittu cesser leurs demandes, soit en les traduisant devant les tribunaux, soit en leur donnant de l'argent La moisson était-elle vtnue?vous l'eussiez vu aller tôle levée fiire sa ronde dans la Beauce, exiger sans n^onse le payement des grains qui lui étaient ^us.puis en sa^e économe employer lepro- <luit de ces grains soit à mettre dans ses ini^rèts ceux qui avaient des prétentions à (Kerrer sur la terre, soit à ranranchir des ^Mevances auxquelles elle était sujette. ^s un temps de moisson, il fut tellement Urmenté de douleurs aux jambes et aux Weds, qu'il ne pouvait plus ni marcher ni *«iemr à cheval. Rien ne put l'arrêter. Il ^^ ûl iralner en charrette à travers la Beauce J;^ lit ainsi sa récolle. Armé d'une sainte ef- "Wtrie, il ne rougit pas de cet équipage, ^udu ojoins il en préféra la honte à celle de "* point tinir un ouvrage qu'il avait si bien (^"loimencé. Dieu lui en rende la récompense ^^lui fasse miséricorde, p La latinité de ^^ulte eslone des meilleures du temps; celle ^eses continuateurs, également religieux ^c Morigny, ne lui cède en rien : preuve que '^s éludes furent assez longtemps en bou- "tur dans cette maison.
U second livre composé v/u du moins
achevé vers rail 1131, uaratt être Touvrage de plusieurs auteurs. Il est précédé d'une préface dans laquelle on fait le parallèle du clergé de Tépogue, avec celui des premiers siècles de T^glise. Dans cette comparaison* on n'hésite pas h dire que ce sont les ri« chesses qui ont introduit le relâchement parmi les ecclésiastiques et dans les menas* tères. Hais la suite répond luaJ h ce judicieux débat* Au lien de nous retracer les actions religieuses de leurs devanciers, ces auteurs ne paraissent occupés, en parlant de l'abbaye de Moriffny, que des embelli3se-» ments de ses édinces, de ses accroissements au dehors, des procès qui lui ont été suscités. On dirait, k les entendre» qu*on ne connût k Morigny d'autres vertus que eelles qui ont rapport au bien temporel, tant est profond le silence qu*ils gardent sur les exemples qui auraient pu réellement édifier. Lorsque les événements ont quelque liaison avec les aOSsires de leur maison, ils ne manquent pas de les toucher, mais toujours d'une manière superficielle, et sans garder Tordre chronologique. Les princi* paux sont les guerres de Louis le Gros, contre le comte Thibault, celles du Saint- Siège contre l'empire au sujet des investitu* res, le schisme causé par l'antipape Bourdin. Ce que ce livre renferme de plus estimable, ce sont los pièces originales que les auteurs y ont fait entrer. Toutes celles néanmoins qu'ils avaient promis de donner ne s'y rencontrent pas ; preuve qu'il n*est pas exempt d'altération
Le troisième livre est à peu près le même que le premier, c'est- à-dire qu'il y a presque autant de lacunes et qu'il n'en reste que la
Klus petite partie. Mais ce sont ici des lameaux précieux qui donnent un juste sujet de regretter ce qui manque à l'intégrité de ce livre. Le plan, suivant lequel il est dirigé, le différencie entièrement des deux autres, et l'exécution en est beaucoup mieux entendue. Au lieu que l'histoire de Morigny fait le principal objet de ceux-là, elle n'est Qu'accessoire dans celui-ci, et n'entre que d une manière incidente dans le des* sein de l'auteur. C'est l'histoire du temps qu'il s'est proposé d'écrire, ce sont les événements publics qu'il a principalement en vue de transmettre à la postérité. Il les développe en homme bien instruit et avec une netteté qui fait passer aisément ses lumières dans l'esprit de son lecteur. Le premier événement qu'il raconte, est le mariage de Louis le Jeune avec£léonore, fille et unique héritière du dernier duc d'Aquitaine. Il décrit dans un style pompeux ces illustres noces dont la joie fut troublée par la nouvelle de la mort de Louis le Gros. Ensuite il donne l'histoire du pape Innocent, et la manière dont il fut rétabli à Rome. Il revient aux affaires publiques et traite des préparatifs de Louis le Jeune pour la croisade, iies mesures qu'il prit pour assurer la tranquillité du royaume pendant son at)sence, de l'arrivée du prince Eugène en France; du concile qu*il tint à Reims, du mauvais suc-
TflA
DiCTiONMAIRE
TilE
càsdelacroisadeetdapeude gloire qtie Louis emporta de cette expédition. La mort de The- Tin, abbé de MoHgny, en 1152, termineson récit. La Chronique dt Morigny es' imprimée dans le quatrième Tolume du recueil des Historiens français^ par Duchesne.
THALASSIUS, au vir «iècle, connu par les écrits que saint Maxime lui a adressas, nous a laissé un recueil de quatre cents véri« tés moralesjesquelles roulent \*o\ir la plupart sur la charité et la continence, mais où il établit la loi -de l'Eglise sur les mystères de Tincarnation et de la Trinité d*une manière claire et précise. Il y confond, suivant Tusage des Grecs, le terme de principe avec celui de cause et dit que quoique le Fils et le Saint-Esprit soient coéternels au Père, ils ne sont pas comme lui sans principe et sans cause. Ces quatre cents vérités ou maximes se trouvent dans les recueils des anciens théologiens, à Ausbourg, en 1551, dans le douzième tome de la Biblioihèqui desPèreêf h Lyon, en 1677. OEcolampade les fit imprimer séparément à Aasbourg, en
• TH A N (Philippe de) poëte anglo-normand, était de la famille des seigneurs de ce nom située à trois lieues de Caen, dans la Basse- Normandie. L'histoire ne nous dit rien de plus sur lui, sinon que son père était sei-
g Heur du lieu que nous venons de nommer, e poëte, Tun des plus anciens dont les écrits nous soient restes, a composé différents ouvrages. Nous ae les avons pas tous. Le premier de ceux qui sont venus jusqu'à nous est le livre intitulé : De creaturis, (/est un traité chronologique en vers dans lequel ]*auteur parle des jours, des semaines, des mois solaires et lunaires, des éclipses, en général, de tout ce qui a rapport au comput ecclésiastique, il y décrit la manière de compter le temps chez les Juifs» les Grecs et les Romains; il y raconte Thistoire du calendrier de Numa et celle de sa réforme par Jules César. Philippe avait beaucoup lu Pline, Ovide, Macrobe, ainsi que le Vénérable Bède qu'il cite fort souvent. Enfui, ce qui donne plus de valeur è son ouvrage, il rapporte les diverses opinions de ceux qui ont écrit sur le même sujet avant lui. Ce traité est dédié à son oncle, Hqmfroi de Than, chapelain de Huges Bigod, sénéchal de Henri i*% puis comte de Norfolk.
Le second ouvrage de notre poëte s'appelle J?eiltarmi ou le Bestiaire. C'est un traité, aussi en vers, sur les animaux, fur les oiseaux et les pierres précieuses. Il est dédié à Adélaïde de Louvain que Henri i" épousa en 1121, et il fut composé vers 1125. Philippe n'y prend que le titre de traducteur d un ouvrage semblable dont il ne dit pas le nom, mais que l'on croit être un manuscrit du viit'ou du ix* siècle, intitulé: Theobaidi expontio de naiura animalium. Ce manuscrit appartient à la bibliothèque de Berne. L*auteur ne cherche, dans cet écrit, qu'à inspirer les bonnes mœurs et à corriger ses contemporains. Il y trouve les moyens, a^ rès avoir décrit le caractère particulier de
chacun dos ammaux, d*en tirer une lejoa morale et d*une application facile.
Philippe de Than transporte la rime de la Gn du vers à Thémistiche, c*esl-à-'lir^ que ses vers qui ne riment point ensemV-, ont la même consonnance pour leurs ^lui hémistiches. Il serait peut-être plus jy» de dire que, de ses vers qui étaient «!e ^'< syllabes, on a eu tort de vouloir en fair-*.. douze ; ce qui fait croire que les deux {.vties du vers riment ensemble. V'oici q.tques vers du Liber de crecUuris :
Al besuing est imred, L*anii è cp'-uved.
Un chez oe fud ami Qu! al buisoing failli.
Par cel di ne targez.
Mes ma raison oîez :
Préi vus de Tesculler, £ puis de l'amender.
THEGAN, d'aprè%le portrait quea it-ii Walafrid Strabon, n'était pas moinsf^ir,. risé des dons de la nature que de ift^â «« Il fut fait chorévêque de Trêves sous iVjtvéque Hetti, successeur d*Amalaire, mcnf% 81«; et fit voir son application à instruit? les peuples qu'il n'avait pas moins de ztic que de lumières» Si c'est le même qu« Tr^egambert, qui fit en 84^ la cérémonie de li translation des reliques de saint Chrjsanu et de sainte Marie martyrs, apporlées >Ji Rome j)ar l'abbé Mareward à l'abbaye de Prum, il faut dire qu'il vivait encore enSVk temps auquel se fit cette cérémonie. MdIn il est certain qu'il ne rivait plus en S'iSl. puisque Walafrid Strabon, qui fit sonéo^f après sa mort, mourut lui-même teiu année-là.
Ses écrits. — Thegan écrivit rbisloi^^lt Louis le Débonnaire du vivant même oc^t prince. Il la commence en 813, iori<;c Charlemagnc son père le déclara enipertfoii et la poursuivit jusqu'en 837, d'après l'i pendice publié par Lambecius. Quoiqu'il : applique principalement à rapporler 1 événements les plus considérables duré:
de Louis le Débonnaire qu'il fait desceiiin de saint Arnould, selon l'opinioa ia j'iat commune de son temps, il ne laisse pdsof relater beaucoup de faits intéressants f>«*ur l'histoire de l*Eglise : Le voyage du P<i« Etienne IV en France et sa réception; Téintion du Pape Paschal, sou successeur; 4 manière dont il se justifia des accuMii'H portées contre lui; les intrigues d'£nU«. archevêque de Reims et des autres é\è<i^ de France contre l'empereur Louis; o procédures contre ces évèques et co*^ tous ceux qui avaientparticipéè leurréM^* Thegan traite avec sévérité Ebbonel»* complices; il leur reproche la basses^^leur extraction sans s'apercevoir qu<? •' reproche tombait plutôt sur Louis, quu'^» tiré ces évoques pour la plupart de h > ^^ vilude et d'une [.osition méoiocrc, (p^"^' ces évoques mêmes. Walafrid StrabOB.^"' de Thegan, ne trouve pas d'autre moyen! '^' cuser cette vivacité et cette aigreur qi^t '* dire qu'ellesparlaientd'nn homme égalei^*^'^ 2élé pour la justice et pour rhonnear<i^- ^^5
ioU
ince et pénétré de douleurde le voiraccabié r ses efineoQÎs. Du reste, il trouvait dans t ouvrage de Tliegan le caractère essentiel
rhistoire, la yérité et la candeur. Cest i qui Ta divisé en 58 chapitres et a indiqué ns une table, le sommaire de chacun pour (Acililé du lecteur. C'est ce qu'il déclare ns la préface qui précède cet ouvrage. Il ( in)|)riaié dans le recueil des historiens
France à Francfort, en 1588 et 15M.
BpfH'ndice donné par LambéciuSt è Vienne, 1 1669, contient ce qui se passa pendant les ret 2i* années du règne de Louis le Déinoaire, en 836 et 837. Il y est parlé de la ort de Tabbé Vala, arrivée le dernier jour anftl836, et de la translation du corps de ÙDl Castor, {Mir i archevêque Hetti, à qui auiear donne le nom de bienheureux. Cela ornait faire douter que cet appendice fût ^Thegan, qui mourut avant Ûelti. Ce qui conlirme, c'est que Valafrid Strabon qui [Ois la rhronique de Thegan dans l'état I nuus l'avons» ne dit rien, ni dans la Ueni dans le corps de l'ouvrage qui ait ||H)rt à cet appendice. L'ouvrage comme itible finissent à la vingt-troisième année freu)|)€reur Louis, et par des vœux pour (•rospérilé de ce prince et pour son salut, busequi marque bien clairement que The* A avait borné à cette année le récit des lions de Louis. On trouve dans la grande l'ienion de doui Martène, une lettre de ')e;an à Hatton ou Hetlon, évëque de BAIe
iU)é de Richenau, dans laquelle il le r(;iieQt (j|u'il lui envoyait un écrit d'Alam. dédié à Charleniagne. 11 parait que ViiJtiin traité sur la Trinité. THEODEMAR , abbé de Mont-Cassin, au u' siècle, envoya, à la prière du roi Char* Bi^i^ne, des religieux pour rétablir la dispiine dans la plupart des monastères de *n<'e. Il lui tit remettre en même temps \it copie de la Règle de Saint-Benoit, les ffeines qu*on chantait à Mont-Cassin, la (sure du pain et du vin, et celle du verre • vio mêlé d'eau que peuvent prendre '<&l le repas les religieux destinés à servir l^>)le, et un mémoire en forme de lettre ■"tenant les autres usages de Hont-Cassin. loi dit dans la même lettre que le reli- '^uK qu'il avait choisi pour gouverner un ^nastére pouvait, selon les canons, être '^otuaux ordres sacrés ; mais qu'il devait ^mnm examiner s'il était en état de ^?l>lir les fonctions d'abbé et d'édiGer ceux l'i aurait sous sa conduite. Il ajoute qu il '1 Paraissait dur pour des religieux d'être ^hés de se soumeAre à un supérieur qui ^}à\i pas tiré de leur corps, et qu ils n*ii- ^'^Qt pas choisi eux-mêmes. Néanmoins, ^^niet à la sagesse du roi de faire è cet ^^^ co qu'il trouverait de plus convenable. 7 s sur cette lettre deiix difficultés : la ^^luiëre est de savoir si elle est véritable; 'Seconde, si elje est de l'abbé Théodcmar, ^^l on ne doit pas l'attribuer à Paul Diacre, ^^ "mit écrite de la part de son abbé. *OM«i prétendent qu'elle est supposée, ^londeot principalement sur la grande
ÛICTIOX!!. DB PATaQLOCia. IV
q^uantité de pain que la lettre ordonne pour cnaque moine par jour : car il y est dit que le poids qui réglera la mesure du pain sera de quatre livres : ce qui faisait quarante-huit onces pour chaque jour. Mais la suite de la lettre fait voir clairement que le pain de quatre livres devait se diviser en quatre parties pour autant de moines, de sorte que chacun n'en avait qu'une livre par jour. Les autres objections contre l'authenticité de cette lettre sont de peu d'importance. On peut en avoir la solution dans la préface de dom Mabillon sur le iv siècle bénédi<<lin. A l'égard de la seconde difficulté elle parait décidée par l'autorité des manuscrits de l'ahbaye de Saint-Gai I, qui remontent è plus de huit cents ans. Il est dit qu'elle fut écrite |Mir Paul Diacre sans nom de l'abbé Théode* mar. Elle est même inscrite du nom de Paul dans la chronique de ce monastère, dont on ne fteut donner d'autre raison, sinon qu'il J avait dictée à ThéoJemar, ou écrite sous son nom.
THÉODEMIR, que nous ne connaissons guère que par ce qu'en dit Jonas, évéque d'Orléans, dans ses livres dea Images^ est Qualifié d*abbé par Claude de Turin, uansses Letirei. Jonas l'appelle père des moines, et Tbéodemir reconnaît lui-même qu'il gouvernait une communauté de cent quarante moines sous la Règle de Saint-Benoit ; niais ni lui, ni Claude de Turin, ni Jonas ne nomment le monastère dont il était abbé, et ce n'est que par conjecture qu'onjefait abbé de Psalmodie dans le Languedoc ou dans TAquitaine.
Sbs lettres. — Cet abbé, dans le but de faire cesser le scandale que Claude de Turin causait dans PEglise, en condamnant l'usage et le culte des images, l'en reprit par une lettre pleine de charité; mais Claude, loin de protlter de cet avis, s'opiniêtra dans son erreur; il la soutint dans une apologie qu'il adressa à Théodemir, dans laauelleiT le traitait avec beaucoup de mépris, lui et tous ceux qui rendaient aux images le culte qui leur est dû. Théodemir avait encore fait des remontrances à Claude sur le pèlerinage de Rome, disant qu'il avait ton d'en détourner ceux de son diocèse, puisque c'était une bonne œuvre et une action de pénitence que d'aller au tombeau des apôtres pour expier ses péchés. Sur cela, l'évêque de Turin demandait à Théodemir pourquoi il perdait les âmes de cent quarante religieux qu'il avait sous sa conduite, en les empêchant de faire ce voyage de piété, quoiqu'ils ne fussent venus à lui çjue uour faire pénitence; et par quel droit il les retenait ainsi dans le clotlre et les obligeait de lui rendre service. Théodemir répondit à celte apologie par une seconde lettre divisée en deux parties. La première est perdue. Jonas dx)rléans a inséré lasecouiie dans son troisième livre dei Images^ dans lequel il prend la défense de Théodemir. If pose en principe que, quoique les Chrétiens n'aient qu'une même foi, ils sont divisés en différenu états. Les uns usent de letir liberté pour
iM5
THE
IHCTlOMMAlHli.
IHfe
aller où bon leur semble, et les autres s*étant dévoués au service de Dieu dans le cloilre, n*en sorlent qu*avec la permission de leur supérieur. Ensuite, il dit au nom de Théodemir que , s'il oblige ses religieux à demeurer dans le clottre, il ne nuit pas à leur salut; mais qu'il les gouverne d*après la Règle de Saint-Benoit, qui veut que les religieux travaillent k leur sanctification dans la retraite du monastère dans lequel ils se sont consacrés à Dieu, et soutient que cette discipline est conforme aux canons, principalement au concile de Cbalcédoine, qui a décidé que les religieux doivent s'exercer à la prière dans la solitude. Sur k reproche qne Claude faisait à Théodemir qu'il se faisait servir par cent - quarante moines, Jonas dit que ce n'était pas pour lui, mais pour Dieu, que ces religieux s'étaient'reltrés dans son monastère , et qu'on pouvait adresser à Théodemir ces paroles que Gédéon disait aux Israélites : Je neprétends pas que ce soie ni mot, ni monftls^ mais le Seigneur tfui domine sur vous, (/udtc, viii, 33.)
THEODGER, ou DIETGER, reçut l'habit monastique dans l'abbaye d'Hirsauge, au diocèse de Constance. Ses connaissances dans les lettres divines et humaines déterminèrent l'abbé à le charger, avec un autre savant religieux, de corriger les fautes qui s'étaient glissées, parla négligence des copistes , dans les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. L'an 1018 «il fut élu abbé de Saint-George dans la Forèt-Noire et gouverna ce monastère avec beaucoup de sagesse et de fermeté. Après avoir gouverne son monastère pendant plus de vingthuit ans, il fut choisi, vers l'an 1117 ou 1118, pour être élevé sur le siège de Metz à la place d'Adalberon, qui s'en était emparé et qui opprimait cette Eglise. Peu après, il reçut l'ordination épiscopale des mains du lé^at du Saint-Siège; mais jamais il ne put prendre possession de son Eglise, à cause de ta résistance des habitants de Metz, qui tenaient le parti d'Adalberon. Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'année de sa mort: les uns assurent qu'il termina sa vie en 1117 et les autres en 1120.
Ses écrits. — Theotger écrivit plusieurs ouvrages de piété, dit D. Calmet, plusieurs Lettres spirituelles, des Commentaires sur les Psaumes, des Conférences ou homélies pour l'instruction des novices, un Traité de la musique et quelques autres ouvrages.
De tous ces écrits, le plus connu est son Traité sur la musique, dans lequel il parle de son invention , des nombres et des proportions. D. Bernard Pez, ayant trouvé cet écrit de Theotger, intitulé: Incipit musica Theotgeri episcopi, parmi les manuscrits du monabtère de Tegernsée en Bavière , a cru faire plaisir aux savants en donnant le prologue de cet ouvrage. L'auteur y loue Pytha^ore comme l'inventeur de la musique parmi les Grecs: Boèce et le moine Gui, comme deux savants qui ont perfectionné i-ette science. Dans cet ouvrage sur la mu-
sique^ Theotger traite la matière ploiôt u théorie qu'en pratique. C'est le jugeioeM qu'en porte l'abbé Le Bœuf. '
THEODORE I", Grec de nation et f^iginaire de Jérusalem, succéda sur (e SsiLi- Siège, le 25 novembre 648, au pape ifftiv Son pontitiriit fut de six ans, cinq \H6^\ dix-huit jours. Pyrrhus, patriarche deur.. tantinople, avait abandonné son siège jr. Tannée précédente, et était allé en Afnqv, on lui avait donné pour successeur ^iv., qui était, comme lui, infecté de moQAU.^' lisme. Il ne laissa pas d'envoyer aes It-ti!^ synodales et celles des évèques qui IVu^. ordonné au pape Théodore. Elles nécoh:^ naient rien que de conforme à la foi oriivr doxe; mais ces é véqu es donnaient èP\irhus, dans ces lettres^ le titre de très^i'a parce aue, disaient-ils, il n'avait abaD«l'-':'.r son Eglise qu'à cause du trouble e{ jf j haine populaire. Ce Pape répondit u ph triarche Paul que le tumulte et laUiDeila peuple ne détruisaient pas répisciia,^ que, pour affermir son ordination ,ù M nécessaire que Pyrrhus fût déposé darsa concile, et que sa cause fût examinée do» niquement par les évèques les plus toImu Il disait que, pour cela, la présence de Pji rhus n'était pas nécessaire, parce qfl ses excès étaient notoires, et que 1 on \ii sédait ses écrits; et ajoutait que, si d partisans cherchaient les moyens de riti der sa condamnation, on pouTait rcM vains leurs artifices en obtenant de l*ex?i reur un ordre pour envoyer Pvrrhu* Rome, afin qu'il y fût jugé dans uncoocii^ Théodore écrivit à peu près la uémeleUd aux évèques qui avaient ordonné Pa» -fj envoya à Constantinople un décret quJ4i devait lire en public. Dansée décret .it jetait tout ce que Pyrrhus avait ens contre la foi. Le Pape citait, dans^alell Paul, celle qu'il avait écrite à Tempe pour le prier d'envoyer Pyrrhus à Rui Il est dit, dans la seconde session du f^ ci le de Latran, que Théodore déposa P.t rhus, et la même sentence fut proooo contre Paul d'après Anastase. On dit m que le Pape se fit apporter le calire. souscrivit du précieux sang ia seQieM contre Pyrrhus.
THÉODORE, abbé de Tabennet mi « monde dans le diocèse de Lataple dao^ haute Thébaïde, vers l'an 314. Dèssa|H mi*ère jeunesse il se livra à la mortiba^ et à ia pratique des vertus chrétiennes^ nésir de la perfection et la répulaof^ saiiit Pacôme l'engagèrent à se rendre fi^' taleur des moines dv Tabenne; ii d>^^' que quatorze ans lorsqu'il se retira «te^* monSjstère, et, malgré sa jeunesse, i)^?** bientdt ses frères dans la voied6la|<e-|[' (ion Chrétienne. Ses progrès dans la ^-'^ engatf.èrent saint Pacôme à reiDplovcf«î»;* la viJjiie de ses monastères; et, cioj'^ plus tard, c'est-à-dire lorsqu'il navaiif^i trente ans, il le fit supérieur de TaM»^ tout en lui conservant sa première chanPi Sur la fin de l'année dkl Théodore, p«f ' ^
THE
THE
l5iS
re de saint Pacôrae, fil le voya^ d'Alexanrie, et, quelque temps après son retour, fut nomiué abbë de Tabenne après la mort »$ûn supérieur. Il est vrai que Pétrone fut u pour .succéder h saint Pacômoi mais il (! lui survécut que treize jours. Orcisse, qui li succéda, fut oblijçé d'abdiquer celte larp'o en ftveur de Théodore, vers le mieu<le Tan 352, il envoya deux de ses reliieuxàsaint Athanase à qui il fit parvenir ne lettre. On compte cinq monastères bâtis ir salut Théodore * Tun auprès de Ptolélaide, un autre dans le territoire d^Hermo- •i$;4ieux autres nommés Cais et Obi, à eitrémité septentrionale de la basse Théude, et un cinquième pour des filles, à lectiré, à une demi-lieue de Pabon. Dans enoinmencements de Tan 365, saint Théoke reçut dans la TbébaiMe saint Athanase, Mooiluisit dans les villes d*Anlinoé et Henuopolis, et de là aux monastères de m ei (i*Obi. Cependant Théodore, qui lUniait toujours Orcisse comme son mati le lit venir à Pabon pour y visiter les 1res comme leur véritable abbé. Vers te i{)s de Pâques 367, un religieux tomba biade, et, peu d'instants après, Théodore iferiuait les yeux, et dit aux frères que Aie mort serait suivie d'une autre à lalelle on ne s'attendait pas. En effet, le «Ddemain il tomba malade, et, après avoir il quelques paroles d'édification à ses ères, il rendit l'esprit, le vingt-septième rard'ivril de l'an 367, âgé d'environ cin- «Antc-trois ans.
^Es UTTBES. — Nous appreuons de Gen- )(ie que saint Théodore écrivit trois lettres 'iivers monastères, dans lesquelles il failii souvent menti(»n de saint Pacômc, et ;oi'0<ait les exemples de sa vie et sa docioc. Enfin il exhortait quelques-uns des so- Kiresquiavaientrait une espèce de schisme
C^s la mort de saint Pacôuie, de rentrer ^ la j»aix el la concorde, pour n*avoir bâ à I avenir qu'un même cœur et un ^iiie esprit. Ce schisme était apparemment 4u) dont Apollone avait été auteur. En fililé de supérieur de Moncose, il voulut irc quelques acquisitions temporelles dont QiuMuasière n'avait pas besoin pour sub- ^ter. Orcisse, abbé de Tabenne, le reprit
• celte faute, mais Apollone, en colère, ■ répara du reste de la congré^^alion, ce "' wusa beaucoup de désordre dans les '^cs monastères. Il ne nous reste aucune ' <^e$ trois lettres de saint Théodore, car ï^M^raîl pas qu'on doive mettre de ce ^Qibre celle q^ue le même saint écrivit à ^s les solitaires au sujet de la solennité ' l*âques. Quoique! les exhorte à s'asiDbler en naix et union , il ne marque m part au il y ait eu de la division dans wdre. La lettre de Théodore était, comme i >ient de le remarquer, adressée à tous
* monastères dont la congrégation de Ta- >"ii.c était composée ; car tous les religieux •»«»em célébrer ensemble la fête de Pà- *« dans le grand monastère de Paban, et Qt'iau uerxuis à aucun de s'en dispenser
sans nécessité el avec la permission des supérieurs. Ils s'y assemblaient dès le mardi de ta semaine sainte, et ne s*en retournaient qu'après l'Octave de Pâques. Théodore les exhorte à se sanctifier avant la céléitraiir^n de cette fête, afin de pouvoir manger la pâque dans des dispositions convenables.
Il veut que les catéchumènes, s*il y en a quelques-uns dans le monastère , après avoir lait pénitence de leurs péchés, se préparent aussi à recevoir le corps et le sang du Sauveur. Il n'entre dans aucun détail de ce que les frères doivent faire pour la célébration de cette fête, parce qu'il les croyait suflTisammenl instruits. Cette lettre se trouve dans le code des règles anciennes données par Holstenius. fiollandus en a fait imprimer une autre du même Théodore, adressée aux prêtres, aux diacres et aux moines de Nitrie, pour les assurer que Dieu abattrait enfin l'orgueil des ariens qui était monté à son comole ; que Dieu aurait pitié de son Eglise, qu'il la délivrerait des calamités dont elle était afiligée, et qu'ainsi il fallait que ceux qui étaient persécutés par ces hérétiques prissent patience et demeurassent fermes dans la foi. Il applique aux ariens ce qui est dit de Bel dans Jéremie : J'exercerai ma vengeance sur Bel iusquà Babylone:ie ferai sortir de sa boucne ce quil avait déjà absorbé [Jer, li,44) : et à TEglise, ce qui est dit du temple rebâti par Zorohabel : Oue la gloire de cette dernière maison serait plus grande que celle de la première. (Agg. ii, 10.) Théodore envoya sa lettre par quatre de ses frères, avec ordre de la rendre à Ammon, Celui-ci la montra aux prêtres, et, par son ordre, la lut le dimanche en présence de tous les solitaires, qui en glorifièrent Dieu.
THÉODORE, évéqued'Héraclée en Thrace au IV* siècle, fut un des persécuteurs de saint Athanase. Dès Tan 329, il se ligua contre lui avec Eusèbe de Nicomédie, Théognis et plusieurs autres qui avaient pris la défense d'Arius dans le concile de Nicée, En 333 il obtint de Constantin, par ses importunités el ses calomnies, la réunion d'un concile à Césarée, afin d'examiner les accu* salions qu'il avait lui-même formées» avec les euséniens, contre saint Athanase. Mais ce saint évêque ayant refusé d'y comparaître» Théodore et ceux de son parti engagèrent l'empereur à le forcer de se rendre au conciliabule de Tyr, en 333. Quoique saint Athanase eût fait voir la fausseté des ca-> lomnies de ses adversaires, ils ne laissèrent pas d'envoyer des députés dans la Maréote ];our y chercher des preuves de ce qu'ils avaient avancé contre lui. Théodore a Héraclée fui du nombre de ces députés; il se trouva au concile d'Antioche en 3^1, el fut chargé do la part des cvêques de ce concile . d'aller dai.^ les Gaules présenter la troisième formule d<i foi qu'ils avaient dressée. U eut part à la uttre que les eusébicns écrivirent dans le môme temps au pape Jules contre saint Athanase et son nom se lit avec ceux d'Busèb'.s de Narcisse et des autr«es auxquels lo réf>onse de ce Pope est adressée,
THE
DICTIONNAÏRK
TRC
Il vint, en ZVJy au concile de Sardique, et y fut déposé avec les principaux des eusebiens; mais les ariens trouvèrent le moyen de le rétablir dans son siège. En effet, saint Hilaire le met au nombre des vingt-deui évêques d'Orient qui se trouvèrent au concile de Sirmium en 351, dans lequel Pbotin fut déposé. Saint Athanase parle de Théodore dans un ouvrage fait en 356, mais il ne dit oas qu'il fât encore vivant ; et Libère , aans l'entretien qu'il eut avec Constantius à Milan, en 355, dit que Théodore ëlait sorti de ce monde. On avait de lui, du <(emps de saint Jérôme, des Commentaires sur saint Matthieu, sur saint Jean^ sur les Epiires de saint Paul^ et sur les Psaumes. Ils étaient écrits avec beaucoup d'élégance et de netteté ; il ne nous en reste que quelques fragments dans les chaînes des Pères grecs. Dans celle du P. Cordier se trouve un commentaire sur les Psaumes, qu'i-i a attribué à Théodore d'Héraclée, sur la foi de quelques manuscrits des bibliothèques du Vatican et du cardinal Barberini ; mais il paratt indubitable que ce commentaire «st postérieur de beaucoup au temps de Théodore d'Héraclée, et que ce n'est qu'une compiUtion des écrits de saint Basile, d*Eusèbe de Césarée, de saint Athanase, de saint Jean Chrysostome, faite apparemment par quelque Théodore à qui les copistes auraient donné le surnom d'Héraclée.
THEODORE, prêtre d'Antioche au V siècle, avait écrit quinze livres contre les apollinaristes et les eunomiens sur l'Incarnation. Il y prouvait par des raisons claires et par des témoignages tirés de l'Ecriture, que, comme Jésus-Christ avait la plénitude de sa divinité, il avait aussi la plénitude de l'humanité ; de sorte qu'il était Dieu parfait et homme parfait. Il y enseignait encore que l'homme est composé de deux substances, le corps et l'ftme; que le $ens et l'esprit ne sont point une substance différente de l'Ame, mais des fonctions de sa nature,
f>ar lesquelles elle est raisonnable et rend e corps sensible. Dans le quatorzième livre il traitait de la nature de la sainte Trinité, qu'il disait être seule incréée et incorporelle et de la nature des êtres créés. Le quinzième livre était employé à confirmer la doctrine des livres précédents par des passages tirés des écrits des Pères. Il ne nous reste rien des ouvrages de Théodore.
THEODORE dk IdopsuESTB, après avoir embrassé la vie religieuse, l'avait quittée pour rentrer dans le monde. Saint Jean Chrysostome lui écrivit deux lettres si persuasives, q^u'elles fixèrent à jamais ses irrésolutions: il rentra dans la solitude et n'en sortit que pour monter sur le siège épiscopal de Mopsueste. Après son élection en 381 il ne tarda pas à donner dans l'erreur. On peut le regarder comme le premier auteur i^ l'hérésie qui distingua deux personnes en Jésus-Christ. Quand on étudie ses outrages, on voit qu'il avait dans l'esprit le principe qu'ont eu depuis les sociniens, Qu'il faut déférer tout au tribunal de la
raison et n'admettre que ce qu'elle Qffrvm.
f)rincipe qui détruit par la base Tédifre d^ a foi et a produit toutes les sectes qui m désolé TEglise. Théodore avait écrit cr^f/f saint Jérôme, pour défendre l'hérésie if Pelage. Le fameux Julien d'Eclane^ue^s sectateurs de cet hérésiarque, ayante chassé de son siège, se réfugia cbêz hii t augmenta le nombre de ses disciples, Tt^* dore cacha longtemps sa doctrine, mais inp. que le nestorianisme éclata, elle était ^ répandue dans bien des esprifs. Les De^*» riens se servirent, en 531, après la (eov du concile d'Ephèse des ouvrages dt ci: hérésiarque pour appuyer leurs erreua Dans le cinquième concile générai tf'DBfa 553, la personne et les ouvrages de TIkV dore de Mopsueste firent anathéisaiiséi ; mais on jugea plus favorablement difaasti de Théodoret, dont les personnes iurau épargnées, quoique quelques-uns de leun écrits ne parussent pas exempts deserreors que Théodore avait défendues.
Ses ÉGRrrs sor l'Ecriture sautc-Ooi fait monter à plus de dix mille le noQitrtfc ses ouvrages. Il n'avait que dix-huit as environ lorsqu'il publia un commentaire n les Psaumes. Léonce de Bysance» de.p nous l'apprenons, parle fitrt mal de cet o« vrage et se plaint ae ce que Théodore, a lieu de profiter des lumières de ceux qtl avaient travaillé avant lui sur cette matièrrl les avait iitéprisées. Il l'accuse encore ii voir rejeté absolument les inscriptions « hvmnes, des psaumes et des cantiques, ri d avoir rapporté tous les psaumes, enT> trois, à Zorobabel et à Ezéchias comoie te Juifs. On l'a blAmé aussi d'avoir dùioe des sens moraux aux passages qui denitfl s'entendre de Jésus-Christ. Théodore t^ofll lui-même depuis qu'il n'avait pas été M exact dans ce commentaire, etqu*ilri4 embrassé des sentiments qu*il avait êiistdl rejetés après s*ètre mieux instruit. On I même qu'informé des] plaintes nuiver^ ' qui s'élevaient contre cet ou vrage, il pro de le supprimer; mais il n'exécuta pas promesse. Dans son explication du psao XLiv* il reconnaissait l'unité de perso en Jésus-Christ. Photius parle d*un cois* menlaire de Théodore sur la Geiù$t,i\y^ en sept livres, dont on cita quelques faments dans le cinquième concile géne/i Jean Philopanus, hérétique du tu* sitV»
réfuta cet ouvrage de Théodore dans un^*
Ju'il fit lui-même sur Tou vrage des six j'^^ n trouve encore quelques fragmene»»' Théodore sur \9i fienise dans lescrii^ des PP. grecs sur le Pentateuque. Ou c^ aussi dans le cinquième concile géuérj.:^ écrit de Théodore dans lequel il pariJii .. livre de Job dans des termes injurieusecommentaire sur les Psaumes nous apir^--'
Su'il rejetait les Epîtres catholiques oe.^t»^ acques et de saint Jude, la seconde ei ^ troisième de saint Jean, les deux livrer <i<^ Paralipomènes et Esdras. On ne troutreaicuu fragment de Théodore dans les ehaiflw sur Job; mais le P. Cordier en rafT^^^
THb
DE PATB0L0G1&.
THE
I8tt:
i«Ique$-uDâ dans ses commentaires sur s Psaumeê dans sa chaîne sur ce livre. Le Dquième concile général noas a transmis leiques passages de son commentaire sur
Cantique des cantiques ; mais ces fragments font horreur. Théodore ne voulait 15 méfue que Ton mit ce livre au rang des
ritures canoniques ni qu*on y cbercfaAt icun seos spirituel et prophétique ; il s'api)ai( sur la coutume de TEglise, qui, pour is raisons t»ien différentes, ne le faisait pas te. publiquement. Le môme concile cite uis passages du commencement de son iQitDeotaire sur les douze Petits prophiteSf m lesquels il prétendait montrer que leurs n>{»hé(ies ne doivent pas s'entendre de ê^turChrist, mais des Juifs, li rapporte u<Mun passage de son livre intitulé : 17firrprétation de V Evangile selon saint Matant, et plusieurs de ses commentaires sur
même Evangile^ sur saint Luc^ sur saint »n,$ur les Actee des apôtres et sur VEpitre ur Hébreux. On Toit ailleurs qu'il avait i5si commenté les EpUres aux Corinthiens iaux Galates. Théodore avait encore écrit I livre sur les miracles de Jésus-Christ, ifisé en plusieurs (Mirties. La seconde est tée par saint Maxime et dans la session A>|uième du concile de Latran en 649.
Ses écRiTS coiitrb lbs hérétiques et sua [TiMADTREssDJETs. — Geunaderapportcque héodore, avant son épiscopat, composa un Qvrage divisé en quinze livres sur VIncara/ioii, contre lesapollinaristeset leseuno- ^\m. Il parle avec éloge de l'auteur et de uurrige; car il déclare que Théodore y en- ^W avec science et pureté de doctrine ue Jésus*Cbrist avait tout ensemble la plélude de la divinité et de Thumanité, et aue Trinité était incréée et seule incorporelle. ossi Facundus a tiré de cet ouvrage beau- Mp de passages pour la justification de kéûdore. On ne laissa pas cependant d'en léguer un grand nombre pour le condamerdaus le cinquième concile général. Mais } oe peut guère douter que cet ouvrage '^lété corrompu par les hérétiques. Du )oîns Théodore proteste dans un écrit, .o'ii fit trente ans après, que les appollina- ^^S au désespoir oe ce qu'ils ne pouvaient ^uter son ouvrage sur l'Incarnation, y t^tient ajouté divers passages qui tendaient ^ Qiontrer qu'il y a deui fils en Jésus-Christ^ |Uûiqu*i| enseign&t le contraire dans ses iiKours publics et particuliers et même *ûs cet écrit. L'ouvrage que Théodore com- '^^ trente ans après celui de l'Incarnation i^il intitulé : d'Apollinaire el de son hérésie. 1 dvait encore composé un autre ouvrago ^'nire les sunousiastes ou apollinaristes. ^'lislorien Hésychius parle des blasphèmes l<^c Théodore enseignait dans ses discours |i)Miques. Facundus cite aussi un passage ''I treizième livre d'un ouvrage auquel ilit^odore avait donné le titre de Mystique. <''<mce fie Byzance parle désavantageuse- "!''*^ de l'apologie que Théodore fit pour '^jtif Basile contre Eunomius, et dit que f^^i plutôt une apologie d'Eunomius con-
tre ce saint évéque; mais Photius soutient que Théodore combattait fortement Eunomius dans cet ouvrage et qu'il réfutait fort bien l'écrit de cet hérésiargue. Il écrivit aussi un ouvrage divisé en troisparties contre les maguséens répandus dans la Cappadocc. On voit par Facundus que Théodore adressa à un nommé Cerdon un livre De Vallégorie et de rhistoire contre Origène, ce qui lui attira, dit-il, l'aversion des origénistes. On croit que cet ouvrage n'est pas différent des cinq tomes de Théodore contre les allégories, et Libérât se contente de dire en général que Théodore avait beaucoup écrit contre Origène.
Livre du baptême.— On cite cinq passages d'un discours de Théodore à' ceux qui venaient d'être baptisés ; une lettre à Domnus, dans laquelle il relevait l'union des deux natures en Jésus-Christ; mais il ne la re-
f;ardait que comme une union de volonté. I a donné aussi une explication du symbole de Nicée; mais Léonce de Bysance l'accuse de l'avoir non-seulement altéré, mais entièrement détruit et d'avoir donné sa croyance au lieu de la foi de ce concile. On lui a aussi attribué un symbole rapporté dans les conciles d'Ephèse, de Chalcedoine et de Constantinople. Celui d'Ephèse le rejeta comme rempli des impiétés de Nestorius, et condamna à la déposition ou à l'anathème tous ceux qui en tiendraient les sentiments. Mais ce concile ne dit rien de Théodore, afin que ceux qui avaient de l'estime et du respect pour lui ne prissent pas occasion, des censures dont on Paurait flétri, de se séparer de l'Eglise. Mercator et quelques autres paraissent croire que ce symbole est eifectivement de Théodore de Mopsueste; mais ils n'osent l'assurer. Facundus soutient au contraire qu'il n'est pas de Théodore, et Manuel Caleca l'attribue à Nestorius.Aussi les disciples de cet hérésiarque le fas:>aient signer à Philadelphie en Lydie.
Les matières que Théodore a traitées ne l'obligeaient pas à être orateur, et il s'en faut beaucoup qu*il ait la nerveuse dialectique de saint Athanase, la chaleur et l'érudition d*Origène, l'abondance et la clarté de saint Optât et de saint Cyrille d'Alexandrie, dans leurs écrits de pure controverse. Photius dit que son stvie n'a rien d'élevé ni de concis, qu'il est plein de répétitions fasti-^ dieuses ; Dupin ajouie que la diction en est embarrassée et diffuse, et qu'elle manque de clarté. Quelques éloges accordés à cet écrivain par des préventions peu réfiéchies ne sauraient balancer le poids de semblables témoignages.
THÉODORE, dont rhistoire ne nous donne aucune connaissance avant son épiscopat, fut élu en 575, pour succéder à Emétère sur le siège de Marseille. C'était un prélat d*une sainteté émincnte, et d'une assiduité infati-
fable à la prière. Il se vit réduit à de rudes preuves, et il eut besoin de toutes ses vertus pour s'y soutenir. Accusé d*avoir favorisé le parti de Gondebaud, il eut beaucoui^
THE
à souffrir des vexations de Gontran ; mais il retrouva le calme sous le roi Childeberl. Après avoir gouverné son Eglise avec le zèle et la charité d*un véritable pasteur, pendant un épiscopat de vingt ans, il mourut de la mort des justes, vers l'an 59^.
On prétend, mais sans en donner de preuves suffisantes» que Théodore découvrit dans son diocèse le corps de saint Défendant, martyr de la légion Thébéenne; qu'il en fil la translation dans une église bâtie en son honneur, et qu*il composa même les Actei de son martyre et de celui de ses compagnons. Ces Àcteê de saint Défendant n*ont jomais été imprimés, mais on les conserve, dit-on, dans les archivas de l'église de Bergame en Italie. Nous avons les Actes de deux de ses compagnons, saint Ours et saint Victor, que le continuateur deSurius a donnés au dOde septembre. 11 n'y est point fait mention de la translation de leurs corps de So- Isure à Genève, qui eut lieu au commenr.ement du vu* siècle. Ainsi on peut croire que ces Actes furent écrits quelcjue temps auparavant ; mais on ne saurait assurer qu ils aient eu pour auteur Théodore de Marseille. Ces Actes, du reste, sont fort peu de chose,, et ils ne jouissent d'aucune autorité. Ils sont remplis de faits miraculeux et do prodiges extraordinaires, dans le récit descruels l'auteur n*a pas même gard<^ la vraisemblance.
THÉODORE LE Lbctbdr, ainsi appelé parce qu'il était lecteur dans l'Eglise deConstantinople, travaillasur Thistoire.Onnesait pas bien de quel pays il était originaire; il y a quelques preuves qu'il était Paphlagonien ; mais elles ne sont pas bien certaines. Suidas rapporte qu'il avait écrit l'histoire de l'Eglise depuis Constantin jusqu'à Justinien. 11 composa d'abord une histoire Tripartile, qui n'était qu'une compilation de Socrate, de Sozomène et de Tbéodoret. Il la divisa en deux livres : le premier commence à la vingtième année de Constantin, et le second finit à l'empire de Julien. Cet ouvrage est eu manuscrit dans plusieurs bibliothèques, et à Venise dans celle de Saint-Marc. Léo Allatius en avait eu un exemplaire, duquel de Valois a tiré beaucoup de différentes leçons pour les histoires de Socrate, de Sozomène et de Théodoret. A ses deux livres Théodore le Lecteur en ajouta deux autres de son propre fond ; le premier fait suite à l'histoire de Socrate, et le second se termine en 518. Nous n'en avons plus qu'un extrait
Kublié en grec et en latin, sous le nom de icéphore Calliste. Il suit avec assez d'exactitude l'ordre des temps jusqu'à la mort de l'empereur Anastase; mais il y a moins de suite dans le reste de l'ouvrage.
On peut remarquer dans l'abrégé de l'histoire de Théodore par Nicéphore Calliste , que l'impératrice Eudoxie, dans son voyage è Jérusalem, envoya à Pulchérie le portrait de la sainte Vier^^e par saint Luc. D'après cet auteur, Pulchérie mourut ornée d'une multitude d'actiof d maintes, et après avoir donné toui sou bien «ux pauvres. L'empereur Mar-
cien, loin de désapprouver son teslampoi, fournit libératement les fonds nécessiirps
f»our son exécution; à Constantinople, soos e pontificat de Gennade, il arriva m\^ cendie dont Marcien , économe de \M% arrêta le cours avec le livre des ETançi«[ j)ar ses prières et par ses larmes. Il ra|>JKn2 que Démétrius évèque des ariens de 0> tantinople, au lieu de prononcer lespamiM sacramentelles enseignées par le Saarecr i)Our l'administration du baptême, avait fu la hardiesse de prononcer les suivantes:^. bas est baptisé au nom du Pire, par kFH^H dans le Saint-Esprit : mais que I eauquié^v: dans le baptistère s'échappa à rheareméis^. Il raconte qu'il y avait sur la f^onlièred'': Perse et des Indes un fort nommé TzuodaKr, queCavade, roi de Perse, souhaitait ré^io à son obéissance, parce qu'il avait np^yrn qu'il y avait dans cette forteresse ben^NU' d'argent et de pierreries. Il eutd^sbor^rr cours aux enchantements et à la m^t'ïn Juifs pour chasser de ce lieu les démons <^u disait-on, gardaient le fort; mais cette a' tative n'ayant pas réussi, il implora, deii vis de quelques personnes, la puissance d Dieu des Chrétiens. L*évèque h cette fin \i lébra les saints mystères, y |iartici{ta an^ le peuple, chassa les dénions par la vertu signe de la croix, et mit Cavade en po>M sion de la forteresse. Ce prince, éloDDé ^ ce miracle, donna à l'évèque le premier rani gue les manichéens et les juifs avaient teo^ jusque-là dans la Perse, et permit àsessvjets d'embrasser la religion chrétienne. Amondaue, nrince des Sarrasins, ayant ^cbrassé la loi de Jésus-Christ , Sévère £: envoya deux évêques de sa secte pourlV gager dans l'erreur; mais ce prince, pèrm inspiration divine, reçut le baptême de rrA qui soutenaient le concile de Chalcédoine. et, comme ces deux évêques le pressaifll toujours d'embrasser leur doctrine Jl H de cet artifice pour leur en faire voir ta U^ seté. Il feignit donc d'avoir reçu desleiirH par lesquelles on lui mandait que rarcbangi saint Michel était mort. Ces deux év^juei lui répondirent que cela n'était pas possible. Comment donc Jésus-Christ a-t-il pumoam sur la croix, s'il n'a pas deux natures, pai^ qu'un ange ne pourrait ni mourir, ni mèxt souffrir? Théodore parle de la transiati'''^ d'un grand nombre de reliques à ConsiiQUnople;dtt celles de saint Timotbée, éessn André, de saint Luc et de saint Chrysostai».- Il dit quon trouva dans Ttle de Ch)7»nfcorps de saint Barnabe, ap/^tre, sous uor* bre, et qu'il avait sur la poitrine l'Ev-ao?-' de saint Matthieu, écrit de la maindeM:'* Barnabe même. Les habitants de ceiu ^* obtinrent pour ce suiet <jue leur Egii« ^' dépendrait plus de celle d Antiocbe, et (^ pereur Zenon mit cet Evangile dans )'«»'''' de Saint-Etienne, bâtie dans rioténear^u palais. L'histoire de Théodore le Lecteur ti>'> imprimée à Paris en iikk et en 16TJ3iec les notes de Valois.
THÉODORE, ôvêque de Pbaran rers !•« 626, fut le premier auteur du monolhélistDi^«
THE
THE
I soutint que l*on aevait attribuer h la persnne du Verbe tout ce qui se faisait par les eux natures, de sorte que c'était le Verbe ui agissait dans la nature humaine, qui lui nnnait le raouveraent, qui souffrait : la ature humaine n*était , à son égard, qu'un (iMrument dont il se servait pour opérer. liéoJore composa sur ce sujet un écrit qu*il onimoniqua h Sergius, patriarche de Consinlinople, qui en adonta la doctrine, cette octrine de Théodore, aans la troisième sesmn du concile de Latran. Par la lecture que ou tu de plusieurs passages, il fut prouvé lairetnent qu'il ne reconnaissait qu'une tfolcopération en Jésus-Christ, dont le Verbe ^irin était la source, et l'humanité seulenu'ol lorgane et l'instrument. Le Pape réf'iia celte erreur par les passages des Pères, rmre autres de saint Cyrille, saint Grégoire 1" Nazianze, saint Basile et du concile de .<:8lcéJoine.
THEODORE passe pour auteur d'une Vie Ir saint Magne ^ premier abbé de Fressen m diocèse d*Augsbourg, mort vers 665.
[om^tagnon de ce saint al)bé, à qui l'on rapfivie la première origine de la célèbre abliye de Kempten, il avait été comme lui liniple de saint Gall à Arbone. Mais celte hede saint Magne est une pièce visiblement ^u^e, qui, au jugement des savants, ne méritait pas de sortir des ténèbres d'où ses Miieurs l'ont tirée. On la trouve dans Catii^ius, dans le premier volume de Goldast sur riiistoire d'Allemagne, dans «SuriuSi et itui^lre bien ailleurs encore.
THEODORE, prêtre ou abbé de la Laure JaJu monastère deRailhe en Palestine, vii^Aît à latin du yii* siècle, en même temps l«e saint Maxime, si c'est à lui, comme ou '^croit, à qui ce Père a adressé ses questions nir VEtsence et la nature de la volonté^ im-
Rméesdans le second tome de ses œuvres, otius parle d'un prêtre, nommé Théodore, qui avait composé un ouvrage pour prouver que Jes écrits qui portent le nom ^^ saint Denis l'Aréopagitesont réellement •l'* lui. Cet ouvrage est perdu, et on n'a aucune nreuve qu'il fut de Théodore de Raï- *"^- Il ne nous reste de cet abbé qu'iin disjours dogmatique sur l'Incarnation, dans ^uel, après avoir rapporté les erreurs de «nés, de Paul de Samosale, d'Apollinaire, YNeslorius et d'Entychèssur ce mystère, ! propose la doctrine de l'Eglise. Ensuite ï' explique cette doctrine, et montre com- J^^ni les erreurs qu'il avait rapportées ont «to renouvelées par Julien d'Halicarnasse ^t Sévère d'Antioche. Il oppose h celte *^'>ctrine celle de l'Eglise qui enseigne que, ^woimrii y jiij en Jésus-Christ deux nalu- ^'*s distinctes, il n'y a cependant qu'une per- ^^nnp, Dieu et homme, parfait, parce que ^<î5 deux natures, la divinité et l'humanité **>ni unies en lui dans une seule et même p<*rsonne. il ne dit rien contre les mono-
Mucs, ce qui prouve qu'il avait écrit ce '^^110 avant la naissance de leur hérésie, fl
v*raU, \ 1^ fln jq ^el ouvrage, en pro-
mettre un autre pour, combattre toutes ces erreurs parles témoignages des docteurs de l'Eglise, mais nous ne l'avons pas. Celui qui nous reste fut imprimé dans les différentes Bibliothèques des Pères de Paris en 1589 et 1609, de Cologne en 1618 et de Lyon en 1677.
THi^ODORE, moine de Tarse en Cilicie, homme savant et sage, fut choisi en 1668, par le pape Vitalien, pour remplir le siège épiscopal de Cantorbéry. il fut le premier de cette Eglise qui exerça la primatie sur toutes les autres é(y[1ises d'Angleterre. Pendant son épiscopal il forma plusieurs écoles dans lesquelles on enseignait l'Ecriture sainte, l'astronomie, l'arithmétique ecclésiastique, autrement le calcul pour trouver la Pâque, les langues grecque et latine, la composition des vers latins et le chaut ecclésiastique. Théodore fonda plusieurs évêchés, rétablit dans leurs églises ceux qui en avaient été chassés injustement, tint plusieurs conciles, fonda des monastères, et ne cessa de travailler au maintien de la foi et de la discipline jusqu'à sa mort arrivée en 690.
/*^t7en/te/.— Théodore composa un Pénitentiel, ou recueil de canons pour régler les pénitences de divers péchés. Le titre seul fait voir qu'il est différent du livre des canons dont il tira dix articles pour les faire approuver dans le concile d'Herford au'il présida en 673. Ce livre était vraisemblablement le code de l'Eglise romaine; car Théodore n'aurait pas osé en proposer d'autre aux évoques d'Angleterre, puisqu'il savait qu'Adrien, qui l'avait accompagné à Cantorbéry S)ar ordre du Pape, était chargé de veiller ce qu*il n'introduisit rien de nouveau* dans cette Eglise. S'il se fût ai^i de son P/nitentiel^ pourquoi ne l'aurait-il pas pro* posé tout entier au concile? N*était*il pas de son intérêt particulier et du bien général deséglisesd Angleterre qu'il fûtapprouvé dans un concile qui représentait toute la nation? Le Péniteniiel que nous avons aujourd'hui n'est ni entier, ni dans toute sa Eureté. On V a fait, comme il est arrivé à eaucoup d autres livres de ce genre, diverses augmentations et changements, snivant les lieux et les temps où il a été mis en pratique. Sigebert n y avait vu que la manière dont les pécheurs devaient expie-r leurs fautes, et on y trouve maintenant une multitude de rites etde cérémonies qui n'oni aucun rapport à la pénitence. Ce qui nous reste de son Pénitentiel et de ses autres ouvrages a été imprimé à Paris par Jacques Petit, en 1677, et dans le neuvième tome du Spicilége de dom Luc d'Achcry, dans l^'Appendice du sixième tome des conciles du P. Labbe en 1671. Voici ce qu'il y a de plus remarquable d'après l'édition da dom d'Âchery, qui parait plus pure et plus sincère que celle de Petit, quoiqu'elle no soit pas exempte de mélange Je canons étrangers.
Il était d'usage qu*un prêtre 6lflt aux nouveaux baptisés, le septième jour afirès le^
fj»7
THE
THE
baptfime, le voile oui leur aviiilélé missar la iôte dans cette rérémonie ; i*abbé en agissait de oième à Tégard des moines après leur profession. Labbé était élu par les moines, et béni par Tévêque. Les clercs et les laïques communiaient tons les dimanches chez les Grecs, et celui qui passait trois dimanches sans participera la sainte table était excommunié. Il n*en était pas de même chez les Latins. Les Grecs se mariaient au troisième degré de consanguinité, et les Latins seulement au cinquième; mais si le mariage avait été contracté au quatrième on ne l'annulait pas. Les nouveaux mariés recevaient la bénédiction du prêtre pendant la messe; ensuite ils étaient un mois sans entrer dans Téglise; puis ils faisaient quinze jours de pénitence avant de communier. Chez les Grecs le prêtre peut consacrer les vierges en leur donnant le voile, réconcilier un pénitent, bénir Thuile et le chrême pour les infirmes; les Romains réservent toutes ces fonctions aux évêques. On doit avoir de la vénération pour les reliques des saints et tenir un cierge allumé devant leur châsse pendant la nuit, si TEglise est en état de faire cette dépense. La pénitence pour l'homicide volontaire est de sept ans, pour la fornication un an, et pour Tadultère trois ans : ainsi on avait déjà beaucoup abrégé les pénitences prescrites par les anciens canons. II n'est pas permis dédire la messe pour celui qui s* est suicidé, mais on peut prier pour lui et faire des aumônes è son intention. Ceux qui ont été ordonnés par les Ecossais et par les Bretons schismatiques , doivent être réhabilités par l'imposition des mains et leurs Eglises réconciliées par l'aspersion de l'eau bénite. On n'accordera aux Bretons ni la confirmation ni l'Eucharistie, qu'ils ne se soient réunis à l'Eglise. Défense sous peine de déposition à l'évèqueou au prêtre (le célébrer la Pftque avant l'équinoxe. Les ivèques tiendront chaque année deux conciles : le premier la cinquième semaine après la Pentecôte et le second au mois d octobre. L'évêque, le prêtre, le diacre doivent confesser leurs péchés; dans le cas de nécessité on peut se confesser à Dieu seul. Gralien, Hurcliard et Yves de Chartres citent ce passage; mais dans des termes bien différents de Toriginal.
Autre PÉNiTBNTiBt sous le nom de Tnio^ DORE. — Jacques Petit a joint aux extraits du Pénilmtiel de Théodore un autre recueil de canons qui portent son nom et plusieurs autres canons qui lui sont attribués dans une collection des conciles d*Espagne, dans le Péniuniiel romain et dans celui de Raban par Yves de Chartres, Gratien et quelques autres dont les témoignages en ce genre ne sont pas toujours dignes de foi. Il y a joint une ancienne compilation de canons et divers monuments sur les rites de l'Eglise , avec deux dissertations, l'une sur la Vigi-" lance pastorale et l'autre sur la Pénitence» Dans cette dernière il entreprend de prouver que dans les premiers siècles de l'Eglise
il n'y avait pas de pénitence réglée poor les péchés cachés.
ibÉODORE, surnommé Studhc, ï case du monastère de Stude, dans lequel il ser^ tira pour éviter les insultes des rousQiautt. était né à Constantinople vers l'an TU. 11 S; ses études sous la direction de saint Pliiofl, abbé de Saccadion, son oncle, qui, ifé l'avoir exercé pendant treize ans dans k pratique de la vie monastique, le fit cmiutner prêtre, et se déchargea sur lui da ^f^ vernement de la communauté. Il s'oppr^t ouvertement au mariage que remperev Constantin avait contracté avec ThéoloK, après avoir répudié contre toutes les règles l'impératrice Marie. Saint Théodore alli plus loin : il excommunia Tempereort te que n*avait pas osé faire le {mtnarche Ts* raise. Mais cette manière d'agir irrita teli^ ment l'empereur, qu'il l'envoya en exil eA 797. I^ mort de l'empereur, survenue iin* née suivante, fut une occasion è lri»«<> s'emparer de l'empire. Elle rappela mswk tous les exilés ; et saint Théodore se rèc' t!* cilia avec le patriarcho Taraise, pourra qui\ déposât le prêtre Joseph , qui avait béni il mariage de Constantin avec Tbéodote. E& 809, l'empereur Nicéphore fit assembienia concile, et le mariage de Constantin fut re» connu légitime, malgré les réclamations de Théodore, qui fut aussitôt mis en prison H ensuite envoyé en exil dans unedesiicf voisines de Constantinople. L'empereur Ui* chel le rappela en 811 ; mais la guerre qii» Léon l'Arménien déclara aux images, ai 614, donna lieu à saint Théodore de $igfi^ 1er son zèle pour la doctrine de l'élise, fi fut de nouveau persécuté et conduit es.V tolie, dans un lieu nommé Bonite, d'oêil fut rappelé en 821, après la mort de Teisir reur Léon. Le saint abbé profita de sa lïti^ pour travailler è la paix ue l'Eglise etanrt* tablissement du culte des images, dont il m cessa de prendre la défense jusqu'à sa morti oui arriva le 11 novembre 836. Sa Vie fat écrite par un de ses disciples» et imprimée dans le recueil des œuvres de saint Théo* dore, à Paris en 1696, et à Venise en i7i8.
Ses écrits. — Diicouvê aur le$ imam.- C'est dans cette Vie que l'on trouve le discours que saint Théodore Studite uroDon{i pour la défense des images, enpr^seDve(<¥ l'empereur Léon l'Arménien, en 8U. I> commença par prier ce prince de ne \^ troubler la paix de l'Eglise, s'il ne toum^' pas éprouver les mêmes malheurs dans le
Îjuels étaient tombés ceux qui avaient <)r,J ait la guerre aux images, dont le ctt}::> ajoula-t-il, est autorisé par une constante î.'> dition des saints Pères. Il fait voir que»:' avait été détendu aux Israélites, à leur snr(^^ d'Egypte, de n'avoir aucune image, ce oV tait que pour les éloigner du cuUe desidles qu'ils avaient vu en usage pendaal leur captivité, et auquel ils étaient portés. Cent loi, encore, n'eut lieu que pour un teaifs» puisque l'on vit ensuite des chérubins Jur le tabernacle et le propitiatoire. Dans la iO| nouvel'e, l«. culte des images a été aj'prou^*
THE
TBE
it J6os-Christ même, puisqu'il envoya la ienoe i Abgar, roi d'Edesse. 11 n'était pas onreîable, dit-il, comment on pouvait noorer la croix et refuser d'honorer les iroa* es; car s*il y avait à délibérer sur le choix e5 deux, il faudrait plutôt rejeter la croix, ue ia toi de Moïse nous représente comme igné d'exécration.
Sov nsTiificirr. — Nous avons deux testaifots de saint Théodore : Tun écrit vers an 816, l'autre quelque temps avant sa lort.Le premier est une lettre dans laquelle ! prie les moines de Stude de lui pardonner ^i fautes de son gouvernement et de prier mt lui. II y dféclare qu'il pardonne h Mc$ et aux antres qui s'étaient séparés l «ut sous de vains prétextes ; mais qu'ils y> devaient pas espérer de pardon de la part if Dieu, s'ils ne iaisaient pénitence. Le se-> <0(1 est beaucoup plus étendu. Nous nous }ntentons d'en donner l'analyse.
Théodore y fait d'abord sa profession de i: et après s'être expliqué d une manière tbodoxe sur les mystères df! la Trinité et irincarnation, il déclare qu'il reçoit les 1^ conciles généraui. Il admet le culte des M);es vénérables de Notre-Seigneur, de la ire de Dieu, des apôtres» des martyrs et is autres saints; il reçoit tous les livres de kacien et du Nouveau Testament* les écrits s saints Pères, k l'exception de ceux d'Euèede Césarée» et confesse que l'ordre moisllque est un état sublime, qui efface les khés par la perfection de la vie qu'on y lène, surtout si elle est conforme aux lois ^htétiques de saint Basile. Il adresse enuHe ces paroles à son successeur : « Vous .' changerez rien, dit-il, dans la forme et 10^ la règle de vie que vous avez reçue de ui; TOUS n'aurez rien en propre, pas même le pièce d'argent ; vous ne serez occupé le de vos frères ; vous ne donnerez rien s biens du monastère à vos parents ni à » amis, pendant votre vie et après votre Ml, sous prétexte d'aumône ni par forme Crédité ; vous n'aurez lyas d'esclaves pour ^ usage particulier ni pour le monas- %i pas même pour la culture des champs, rTesciave est un homme fait à l'image de w; vous ferez vos voyages à pied, à temple de Jésus-Christ, ou monté sur un i<t TOUS aurez soin que tout soit en comtto entre les frères \ vous ferez une instruo- ^Dà la communauté trois fois la semaine, > par vous-même ou par un autre ; vous ' formerez pas d'amitié avec une reli- -use , et vous n'entrerez pas dans leurs >nasières, et vous n'ouvrirez la porte du ^cf k aucune femme sans une grave né- '|)t^; s'il est nécessaire que vous leur "^^i, TOUS ne le ferez qu'en présence de "Uémoins de part et d'autre ; vous n'aii- Kd habits précieux que les ornements sacdotaux. ]| n'y aura aucune délicatesse tis Totre vie particulière ni dans la récep- '0 des étrangers. Vous ne garderez pas '^ont dans votre monastère; mais vous tinerez aux pauvres tout le superflu. Vous userez aux celléricrs le soin du temporel»
pour ne vous occuper que de celui des âmes ; mais vous vous ferez rendre compte du temporel et du spirituel. Vous prendrez l'avis de deux ou trois des plus sages, si les matières l'exigent. » Saint Théodore donne une instruction particulière pour les religieux de son monastère, et les exhorte à la pratique de Tobéissance, de l'humilité, an mépris des choses du monde, et principalement à une soumission respectueuse envers leur abbé.
AlfTIRRHÉTIQUBS CONTRE UIS IGOlfOCLàSTES.
— Parmi le grand nombre de traités qu'il composa contre les iconoclastes, il y en avait un intitulé : 5fe/i/«un'9u«, c'est-à-dire invectives. Mais comme il n'y avait pas assez développé le venin de leur hérésie, ni répondu aux calomnies dont ils chargeaient les catholiques, il écrivit trois livres d'ilntirrhéliquet^ ou apologéliquei. Il répondit en particulier à un ouvrage composé par quatre iconoclastes, et réfuta leurs erreurs par deux autres écrits, dont l'un est intitulé : Problêmes contre tes iconoclastes^ et l'autre : Sept chapitres contre les mêmes hérétiques. Les Atuirrhétiques sont en forme de dialogue entre un iconoclaste et un orthodoxe. Les principales objections du premier sont : Que l'adoration appartient à Dieu seul; quo Jésus-Christ étant Dieu, et par conséquent incirconscrit, ne^peut être représenté par une image» qui suppose un être tiorné et fini; et que s'il est permis de le représenter, co n'est que dans le sacrifice de l'autel, qu'il a recommandé de faire en mémoire de lui. L'orthodoxe répond qu'il ne connaît non plus qu'un culte de latrie et d'adoration, qui se rend au Père, au Fils et au Saint-£sprit ; et le culte que Ion rend aux images est d'une nature différente, comme Tadoration que nous rendons aux rois et aux princes est différente de celle qui est due a Dieu. Quoique ces deux adorations aient en apparence quelque chose de semblable, elles sont en effet très-différentes dans l'esprit et dans l'intention de celui qui les rend. Le culte
Sue l'on rend aux princes n'est qu'un culte honneur, parce que ce ne sont que des hommes à qui nous le rendons : il faut donc bien distinguer l'adoration que l'on rend aux prototypes par leurs images. Celle que l'on rend a Dieu lui est propre et ne convient qu'à la Divinité seule, et celle que l'oo rend aux images des saints ne se rend que par analogie ou par proportion aux prototypes qu'elles représentent : à celle de la mère de Dieu, comme mère de Dieu; à celles des saints, comme saints. Les catholiques, en faisant l'image de Jésus-Christ, ne pensent pas à représenter sa divinité, mais son humanité, qui, étant bornée et finie, peut être représentée comme colle d'un autre homme. 11 traite de blasphème et d'impiété ces paroles de l'icOROclaste : Que l'on ne pouvait représenter Jésus-Christ qu'en faisant commémoration de lui dans la liturgie. « Comment appelez-vous, dit-il, ce qui se fait par le prêtre dans la célébration des mystères ci le chant des cantiques sacrte? L'appe-
Ià3l
THE
,THE
iSSi
lez- vous image ou vérité? Si vous l'appelez image, vous drtes une chose absurde, vous tombez d*un blasphème dans un antre. Mais vous n*avez pas craint de vous faire noter d*im piété, en avançant une proposition qui vous a paru convenir à la défense de votre cause. Si vous l'appelez vérité, comme elle Test en effet, puisque les fidèles qui reçoivent le corps et le sang de Jésus-Christ confessent, par l'autorité de la divine parole, que c'est son corps et son sang, pourquoi tournez-vous en figures les mystères de la vérité?» Il prouve le culte des images par plusieurs passages des Pères, et déclare bé« rétiques tous ceux qui défendent Teiposition publiaue de l'image de Jésus-Christ, comme celle de la croix, et quiconque ne rend pas un culte à l'image de la Mère de Dieu et à celles des saints.
Lettre a saint Platon sur les images.
— Théodore, dans cette lettre, satisfait à la demande de saint Platon sur la manière d'honorer les images. «Toute imageartificielle est, dit-il, la ressemblance du prototype. Lors donc que nous honorons une image, nous révérons celui que l'image représente. Ce n'est pas la substance ni la matière dont riroage est imposée qui fait l'objet de notre culte; mais ce qui est exprimé ou représenté par cette image : et en la révérant nous ne la séparons pas de son prototype : car l'imagé et l'objet qu'elle représente ne font qu'une même chose. Comme nous ne rendons qu'une seule adoration à la sainte Trinité, parce que la divinité est commune aux trois personnes ; \b vénération que nous avons pour l'image de Jésus-Christ est une, à cause de l'unité de sa personne; et c'est sa personne qui est l'objet de notre culte dans l'image même. Quelqu'un en conclura peut-être que ce culte, étant le culte de latrie, nous rendons à l'image de Jésus-Christ la même adoration qu'à la sainte Trinité; mais ceux qui raisonneraient ainsi feraient voir qu'ils ignorent qu'il y a différents cultes ; car nous révérons les saints, mais nous ne leur rendons pas un culte de latrie; nous respectons les princes , mais ce respect n'est pas non plus un culte de latrie. La matière dont l'image de Jésus-Christ est composée n'a aucune part au culte que nous rendons à Jésus-Christ qu'elle représente. £n un mot, le culte de latrie ne se rend pas à l'image de Jésus- Christ ; mais à Jésus-Christ lui-même qu'elle représente. »
Lettres de saint Théodore, liv. i.— Les autres lettres de saint Théodore sont distribuées en deux livres : le premier en contient cinquante-sept ; et le second deux cent dixneuf; toutes écrites pendant ses trois exils. Le vingt-unième et le vinet-dcuxième traitent de la déposition du prêtre Joseph. Elles furent écrites par saint- Théodore au nom de saint Platon; il y allègue deux canons pour prouver que ce prêtre avait été justement déposé ; 1 un du concile de Néocésarée, 3ui défend à un prêtre d'assister au festin 'un second mariage, et qui, à plus forte raison, aurait défendu do le bénir \ l'antre ,
du Code d'Afrique, qui dédare que celai qui a été déposé pour crime , n'est |)as m^. vable, après un an, à demander soQittj. blissemenl. Dans la viDgt-i|uatriëme iTbe^ ctiste, il explique jusqu'oïl peut aller lan^ descendance en matière de relidon. (hy doit violer en aucune manière les lois ^ blies ; mais on peut relÂcher quelque ch^ selon que la raison ou l'oceasioQ iW.
Saint Paul se purifia et circoncit Timotltc. saint Basile reçut Toffrande de Valeo$;i]iB ils ne continuèrent ni l'un ni l'autre, j>ii contraire , ils montreront qu'ils moumits; plutôt que de passer entièrement sur r^^ articles. Théoctiste ohiectait que sainiCbn* sostome était disi>en$e du c4inon des t\nAkcontre les ordinations simoniaques,ài'é:irj de six évêques qu'il avait déposés, âint Théodore lui répond qu'il ne s'écarta 1^4 de ce canon, puisqu'il les interdit de Nt? fonction sacerdotale , et ne leur ac€onii<]ir de communier dans le sanctuaire. Il !.tQ est pas de même ici, ajoute-t-il, ceW^qui a marié l'adultère, sacrifie comme sUdVu rien fait de mal. Dans la quarantièmejti^> dore répond à diverses questions que Mq crau lui avait faites, principalement suri baptême des hérétiques. Il le renvoie m livre De$ hérésies^ composé par saint £;>; phane. Ce qui embarrassait le pins Naucrn était le canon des apôtres qui rejette di nombre des clercs et des fidèles ceux (^ui (la été ordonnés ou baptisés par les hérétique Saint Théodore lui iaitobserverqueceraD>r ne parle que des hérétiques qui n*étaieDi (4^ baptisés et qui ne baptisaient pas au m des trois personnes divines. Il appuie «4 sentiment sur un passage de saint Basile. 1j dernière de ce livre est adressée àya( Platon, qui était encore prisonnier. ^ii| Théodore (]ui souffrait la même peine, ^ni fait le récit de sa manière de vivre Jtm ce lieu où ou l'avait enfermé. «Je c'ai,clM qu'une seule consolation dont je doisTOu faire part. J^ai appris par la lecture et li commerce des Orientaux que ceux qui ^^' nent une vie retirée , doivent, s'il est {^ sible , participer chaque jour i la dirioi communion; j'ai gardé cette coutume, qcj m'a été d'un grand secours , parce qu'»<< a détourné mes pensées des mouretoe|<t« vicieux de l'âme. Car qu'y a-t-il de pu» puissant que la divine communion, $011
fjour donner de la joie, soit pour éclair' 'âme? Je mets donc du vin dans un »i!' de verre, et après avoir achevé ta prière-^ lennelle, je participe à ce sacrement dr- Marquez-moi, je vous prie, si je fais i^ ou si je dois m'en abstenir. »il parait f saint Théodore ne communiait que y-ii' l'espèce du vin ; mais il y a dans cet epiinune lacune dans sa lettre, de sorte qu'«""* peut assurer, s'il y parlait ou non de l'etf^ du pain.
LiVHB II DES LETTRES DE SAINT ÎHÉOOOL*-
— La plupart des lettres contenues d3«j'' second livre regardent ou lecultedes m^-^^ ou ceux qui souffraient persécution po«' en avoir pris la défense. Il y en a W^^
TflE
THE
ins lesquelles saint Théodore prescrit des imèdes à ceux qui , après avoir cédé aux urments, demaDdaient pénitence : dans Autres, il exhorte è la persévérance les ffenseurs de la doctrine de l'Eglise ; enfin lelqaes-unes sont adressées au Pape et à »s personnes puissantes , pour procurer »s secours aux persécutés et la paix à Elglise. Albeneca avait résolu de renoncer i siècle; mais elle y trouvait une grave iSeulté parce qu'elle était engagée dans les eosdu mariage. Elle consulta saint Théo- )re qui trouva son dessein d'une exécution autant plus diflicile que , les personnes int unies par Tautorité de Dieu , l'homme » aucun droit de rompre cette société. Il unseiile donc à cette dame d^ faire part à on mari de son dessein ; et afin de l'engager /«suivre, de lui représenter l'instabilité >$ richesses'y des honneurs et des plaisirs iD|iorels; la difficulté qu'il y a dans le nn.ie à remplir les préceptes de l'Evangile, les supplices réservés à ceux qui sesercmt [Tés à leurs passions criminelles, « Faitesi entendre toutes ces choses, ajoute-t-il, ihorlez-le, employez les paroles les plus tidres pour l'engager à renoncer au monde fecTous. S'il y consent, ce sera un grand en ; s*il n'y consent pas, alors si vous avez isez d'amoiir pour Dieu , vous ferez ce qu'il )u$ plaira , môme malgré votre mari. »> II ^ffibie, par ces dernières paroles, que saint héodore ait cru qu'il était au pouvoir d'Aï- ^neca de quitter son mari sans sa permis- Hm; mais il faut se souvenir qu il avait ■ipararant représenté le lien du mariage OQjme indissoluble, si ce n*est par l'autorité f Dkii seul : « Ce que vous désirez, dit-il, iti^and et diflScile, non-seulemant à cause ^ la sublimité de la vie céleste à laquelle >tts aspirez ; mais encore parce que vous e^ liée à un mari dont il est difficile de ms séparer, parce que c'est Dieu qui vous joints ensemble. Qui, en eiTet, vous sépa- (ra? Personne; si ee n'est celui qui vous )rle è embrasser un genre de vie plus extUent.» Plusieurs ont pris occasion de cette lire |)our accuser saint Théodore d'avoir rr^sur le mariage et dire qu'il ne le mettait ^ au nombre des sacrements. Mais si ce ère n'a [i^s dit, en termes formels, que le ^iriage fût un sacrement, il le suppose librement, puisqu'il reconnaît aue le prêtre ^icM le ministre et qu'il appelle sacrée la We que le prêtre prononce su^ les époux. ■I répond dans la lettre au diacre Tbéo- ^^ à quelques objections des acéphales, liait voir que l'on doit distinguer en Jéu&*Christ deux natures complètes et unies û une seule personne, l'une consubslanc le au Père et au Saint-Esprit, l'autre con- "«stantielle aux hommes. Voici comment ' ^M>lique ces paroles de saint Paul : •Toute «pBniludede to Divinité habite en lui cor- 7u-^^.'^^ (Colosi. II, 9;, c'est-à-dire, toute Jr^^^ïiilé et non pas seulement une partie, T^^^ le prétendaient quelques-uns , ha- '"« dans la chair du Verbe, comme dans ^û temple que le Verbe s'est bâti. Il y ha-
bite corporellement , substantiellement , comme l'ont enseigné les Pères contre ceux qui soutenaient que l'union du Verbe avec Ja chair n'était que d'affection et non pas substantielle. C'est pourquoi TapAtre saint Jean dit : Le Verbe a été fait chair et i4 a habité parmi nous [Joan, i, 14) ; ces dernières paroles ont été ajoutées par lévangéliste, afin que personne ne s'imaginât que le Verbe avait été changé en la chair et pour marquer l'union des deux natures en une seule personne. » Consulté par Dorothée sur la conduite qu'il devait tenir dans les prières publiques à l'égard de ceux qui étaient morts après avoir communiqué avec les hérétiques, le saint répond que s'ils en avaient témoigné du repentir avant leur mort, il fallait les nommer avec les orthodoxes dans la célébration des saints mystères; mais que s'ils n'avaient participé au corps et au sang de Jésns-Christ que dans leur secte, il ne croyait pas qu'on dût offrir pour eux le sacrifice, parce que le pain que l'on reçoit chez eux est un pain hérétique et n'est pas le pain de Jésus-Christ. Dans une autre lettre, Théodore explique la précédente. Il s'agit de la conduite qu'il fallait tenir envers ceux qui avaient communiqué avec les iconoclastes. Saint Théodore convient que c'est aux évêques è la prescrire , et il ne prétend pas que son opinion en cette matière doive faire loi. Si ceux qui ont communiqué avec les hérétiques sont morts sans avoir témoigné leur repentir, on ne doit ni offrir le saint sacrifice ni prier pour eux, quelle C|ue eoit leur condition ou leur dignité. Mais, si avant de mourir, ils sont revenus à eux-mêmes, s'ils ont confessé que la crainte les a entraînés dans l'erreur et ont reçu les saints mystères de la main des orthodoxes , on devra prier pour eux après leur mort. Ceux qui vivent et ne sont
f)oint en danger, dès qu*ils auront abjuré 'erreur et témoigné le désir de tout souffrir plutôt que d'y retomber, seront reçus, pourvu toutefois qu'ils accomplissent la pénitence suivante : privation pour le prêtre ou le diacre de toutes les fonctions jusqu'au premier synode ; mais après avoir accompli la pénitence C|ui lui aura été imposée, il pourra participer à l'Eucharistie, pourvu qu'elle ait été consacrée par un prêtre orthodoxe. Si celui qui a communié avec les hérétiques est un moine ou clerc, ou si c'est une religieuse, on les admettra à la communion de l'Eucharistie aussitôt après qu'ils auront accompli la pénitence, et il en sera de même pour les laïques.
On avait demandé à saint Théodore comment, à défaut de prêtre, les moines et les religieuses pouvaient s'administrer à euxmêmes la sainte Eucharistie. Il répond qu'il est défendu à toute personne qui n'est pas revêtue du caractère sacerdotal de toucher les saintes espèces; mais que dans le cas de nécessité, en l'absence dii prêtre et du dia* cre, ils pourraient se communier eux-mêmes de cette manière : On étendra sur un livre sacré in Mnge bien propre sur lequql
TfiK
mCTiONRAlRE
TUE
iU
on placera avec révérence la sainte Eucha^ ristie, et, après avoir récité des hymnes, la personne qui voudra communier prendra les saintes espèces avec la bouche qu elle pu* rifiera ensuite avec du vin.
Discours de saint Théodore. — Ses Catéchèses.— Les grandes et petites Catéchises forment Touvrage le plus considérable de saint Théodore. Livinius en a publié cent trente-quatre auxquelles on a ajouté un discours sur le quatrième dimanchede Carôme. De là vient que dans la Bibliothèque des Pères on en compte cent trente-cinq. Elles avaient été imprimées à Anvers en 1602. Ces Ca/ecA^ses furent faites pour les dimanches et fêtes de Tannée. Nous apporterons ce qu'il y a de plus remarquable. Ne dites pas : » J*ai vieilli dans la pratique delà vertu, je ne crains rien , le changement est toujours à appréhender; le démon en a précipité plusieurs en un moment dans Tablme du péché, qui avaient vieilli dans la pratique de la vertu. Le feu de l'enfer ne s'éteint pas et le ver rongeur demeure toujours. Les ténèbres ne se dissipent pas et les liens ne sont jamais rompus. Il en est de même des autres supplices ; tuus sont éternels. Si Ton adore ces lieux où Jésus-Christ est né, et si par respect on en emporte la poussière, à plus forte raison doit-on adorer son image dans laquelle il est représenté comme dans un miroir et adoré. Dans le ciel le frère connaîtra son frère, le père ses enfants, le mari sa femme, l'ami son ami ; nous nous connaîtrons tous, mais différents de ce que nous sommes et revêtus de Tincorruptibililé. Le péché d'Adam nous avait rendus esclaves du démon ; mais le Fils de Dieu nous a rachetés de son sang. Le jeûne du carême ne consiste pas seulement dans l'abstinence des viandes; mais aussi dans la fuite du péché, et ce saint temps est également salutaire aux gens du monde et aux moines. Les larmes et la componction sont d'une grande utilité; mais la participation aux saints mystères est préférable à tout, p Dans toutes ces Catéchèses saint Théodore s'adresse aux moines de Stude, c'est pourquoi il y insiste souvent sur les devoirs de la vie monastique et n'y parle pas des dogmes de la religion.
Nous passons sous silence plusieurs écrits de Théodore, entre autres ceux qui regardaient la conduite du monastère, et les discours qu'il adressait à ses frères. Ces ouvrages composés pour la plupart dans sa prison, ou dans des lieux éloignes de tout secours, marquent et l'étendue de ses lumières et la tranquillité d^âme qu'il^avait conserver au milieu de la persécution. Né avec de grands talents, un génie abondant, cultivé par l'étude des lettres divines et humaines, il sa^ vait allier son style aux ditférents sujets qu'il traitait; mais il parlait et écrivait avec netteté et élégance , avec feu et précision. Au-dessus de toutes les subtilités de la dialectique , il découvrait aisément les artifices de ses adversaires, détruisait leurs sophismes et renversait leurs erreurs. C'e^t
ce gu'on remarquera sans peine dans se» Antirrhétiques. Nous ne connaissons pas d'écrivains avant lui qui aient écrit avec taoi de solidité sur la question des images, ^ c'est dans ses écrits qu'ont puisé ceui qui ont traité depuis cette matière. Ses lettm sont antant de témoignages de Tardeor à son zèle pour l'Eglise et de son amour poa; la vérité. Elles ne peuvent être qu'ialérey santes pour ceux qui sont curieux de safcl*
Îuelles étaient les mœurs de l'Eglise grecqut ans le huitième et neuvième siècle. Mais il lui est arrivé comme à beaucoup d'autre) de laisser échapper dans le feu de la dispuu quelques expressions qui ont besoin ddrt expliquées lavorablemenL
THÉODORE, précepteur de ConstaoïiQ au X* siècle, composa cinq discours aa raf*port de Lambécius. Le premier est unéJo?» du grand économe de TEglise de Coosti/iti* nople, frère du patriarche, apparemioeoi Nicolas surnomme le Mystique ; le ftconû, une réprimande à ses disciples turbulents et désobéissants ; le troisième, une aptjtot des eunuques, pour la consolation de m frère SiméonTun des plus riches et dIos puissants eunuques de la cour; le qualrièiDt un panégyrique de Constantin Porphyro-
(;énèle. Théodore s'y fait l'honneur d'être e précepteur de ce prince. Il y fait aassi l'éloge dTe Basile le Macédonien, de Léon i« Sage et de Zoé pour laquelle il exborto Constantin à avoir de la soumission et d'i respect. Le cinquième discours est une exhortation à ses disciples^ d'où on peut cm* dure quo Théodore avait eu d'autres disciples avant d'être chargé de rinstruciioo iii jeune empereur.
THEODOKET, évoqua de Cyr. L'erwr est du domaine de l'homme; triste doA»ne, où il n'est point rare de voir les coars les plus simples» les esprits les plus drou* et les intelligenoes les plus heureuseœeni douées, s'égarer sur les pas de l'illusion. Heureux encore quand cette illusion Tient du cœur» car les parements du cceur sont moins dangereux et conduisent moins loin que les égarements de la raison, qui sont nrement exempts d'orgueil, tandis que bien souvent les autres ne sont que l'exagération d'un bon sentiment. Cette réflexion, uui convient à beaucoup, s'applique surtout à Tbéodoret, évèque de Cyr, que l'amitié entrais» à la suite de Nestorius, pas assez longtemps pour partager son hérésie* mais trop cependant pour que sa tranquillité et sa répootion n'aient pas eu à en souffrir quelquesteinte.
Théodoret, l'un des hommes de son teiBps les plus versés dans les recherches de I eridition, et qui joignit, dans tous ses oumges, réloquence au savoir, eut une naissance semblable à celle d'Isaac, de Samuel, ^ saint Jean-Baptiste et de saint Grégoire u^ Nazianze, c'est-à-dire, que cette naissanf^' comme son nom l'indique, fut un hmm de la Providence. Ses parents robtinrentP^r les prières d'un solitaire fameuXf dont i> < écrit la Vie et qui se nommait Macédoniin;
iST
THE
DE PATROLOGU..
THE
lais en demandant cet enfant, ils promirent an et l'autre de le consacrer au Seigneur ; ce ails firent aussitAtqu'il fut sorti du berceau, ourri dès son enfance dans la doctrine des >Atres et instruit dans la foi de Nicée, Théo* )ret était tout jeune encore qu'il lisait ^jà les saintes Écritures dans l'assemblée 1 peuple; ce c[ui porte à croire ane,dèsson liance, il avait été mis au nombre des ieoors. Sa demeure ordinaire était Antioche, ^ il était né vers l'an 387, et il y a toute )(uirence que ce ftit en cette Ville qu'il appliqua a Tëtude de Téloquence et a la mnaissance des langues étrangères; car ) Toit par ses ouvrages qu'outre le syriaae, qui était la langue commune de son ajs, il possédait encore le grec et Théitu.
// perdit ses parents de bonne heure, et,
I se voyant maître des erands biens qu'ils
II avaient laissés, il les distribua aux mvres et choisit pour partage la pauvreté )(ûnlaire, renonçant à rien posséder en opre, ne conservant pour lui ni terres, ni aisons, mais seulement les habits néceslires pour se vfiijr. Depuis longtemps déjà, avait riiabitude de Iréquenter un monasre situé à trente lieues d'Antioche. Après 1 mort de sa lamille, il y fixa sa demeure, l D'en sortit que malgré lui, lorsqu'en 423, a l'en tira pour le faire évoque de Cyr, dans I (tartie de la Syrie qui borde l'Euphrate. l nous la dépeint dans ses lettres comme loe petite ville isolée, désagréable et n'ayant i^epeu d'habitants qui tous étaient pauvres. Lfamque le territoire de Cyr eût seize lieues t<^ long et autant de large, Théodoret nous ^représente comme fort peu de chose; cependant il fallait bien que le pays fût ferile, au moins dans la plaine, puisqu'il ofiipte jusqu'à huit cents églises ou paoisses dans son diocèse. On croit que sa louvelle dignité ne lui fit rien changer au ienre de vie qu'il avait pratiqué dans son iionastère.
Toute son attention dans l'épiscopat fut Tédifier l'Eglise et de se rendre agréable à )ieu par ses vertus. Plein de zèle pour A vérité et de dévouement pour ceux qui 'aimaient, rien ne pouvait l'empêcher de lire ou d'entreprendre ce que sa conscience ^ui commandait. Tant qu il fut évêque, il ft« forma aucune plainte en justice et n'eut ^ en subir de personne, de sorte qu'on Qe le vit jamais importuner les magistrats, lu ses ecclésiastiques paraître devant les tribunaux. Son diocèse était infesté d'hérétiques, et on y comptait surtout un grand i^oiQbre d'ariens, de macédoniens et de uiarciunites. Il en convertit beaucoup, et OQ voit dans ses lettres qu'il baptisa plus ^e dix mille marcioniles en huit bourgades. Il en convertit une autre remplin ^'ounomiens et d'ariens, de sorte qu'en ^% le territoire dç Cyr était entièrement ^éiivré de ce fléau; mais cette moisson >ui coûta beaucoup; il ne la recueillit qu'après ravoir semée avec larmes et arrosée ^« soQ saa^; car il fut souvent poursuivi
à coups de pierres par ceux dont il s'eflorçait d'amollir la dureté. Plus d*une fois, pour leur procurer la vie de l'âme, il se vit en danger de perdre celle du corps; ce qui lui ut donner le titre de confesseur. Il reconnaît avoir été beaucoup aidé dans ces conversions par les prières d'un pieux solitaire nommé Jacques, et des saints duot il possédait les reliques.
Théodore! était lié d'amitié avec Nestorins et Jean d*Antioclie, et il so trouvait même dans cette dernière ville lorsqu'on remit à Ce prélat les lettres que le pape Célestin et saint Cyrille lui écrivaient contre l'évèque de Constantinople. Consulté comme les au* très évèaues qui étaient présents, il fut d'à* vis que Jean devait écrire à Nestorius : ce qu'il fit en effet, par une lettre fort belle et très-orthodoxe, pour l'engager à faire tomber les bruits qui s'élevaient contra lui dans l'Eglise. Quelques-uns ont cru que Théodoret avait lui-même motivé cette lettre, pour la rendre plus pressante. La troisième que saint Cyrille adressa à ce novateur, et à laquelle il avait joint sesAnathématismes, ne plut ni à Jean ni à Théodoret. Ils furent choqués de ces anathématismes, où ils crurent distinguer quelque chose des hérésies d'Apollinaire. Théodoret, à la prière de Jean, les réfuta par un écrit assez faible auquel saint Cyrille fit une réponse. Le jugement rendu contre Nestorius a Ephèse, avant l'arrivée des orientaux, l'approbation que le concile parut donner aui anathématismes de saint Cyrille ne choquèrent pas moins Jean et Théodoret ainsi que les autres évèques venus avec eux. Ils déposèrent saint Cyrille, sans aucune formalité, déclarèrent les anathématismes hérétiques, se séparèrent de la communion du concile et cassèrent tout ce qui avait été résolu. Le concile les cita dans les formes à venir rendre raison d'un procédé aussi irrégulier. Sur le refus qu'ils en firent, il les retrancha de la communion ecclésiastique, avec défense d'user de l'autorité sacerdotale, jusqu'à ce qu'ils eussent reconnu et confessé leur faute.
Théodoret et les autres évèques orientaux reprirent le chemin de leurs diocèses ; mais en passant par Bérée ils tinrent un concile pour savoir ce qu'ils devaient répondre aux nouvelles instances de Théodose qui voulait les obliger de s'accorder avec saint Cyrille. Le résultat de cette réunion fut la rédaction de quelques articles auxquels le saint patriarche répondit par une lettre à Acace pour lui marquer à quelles conditions il consentait à se réunir aux orientaui. Cette lettre était suivie d'une profession de foi destinée à lever tous les doutes que ses anathématismes avaient lait concevoir. Théodoret examina cette lettre iave« soin, mais quoiqu'il la trouvât catholique, il ne put encore se résoudre à abandonner le parti de Nestorius. L'empereur fatijgué d'un schisme qui se continuait malgré tous ses efforts pour l'éteindre, donna I or» dre de chasser de leurs Eslises tous ceux qui s'opposeraient à la réunion. Théodo*
THE
t5tô
rety qui iiô s'etfrayait pas facilementt fut moins touché tde ces menaces que des instances que lui Grent )^K)ur la paix saint Jacques de Nisibe, sainl Siméon Stylite, et saint Baradat, qui le déterminèrent à con* férer avec Jean d*Antioche, déjà soumis, avec les autres évèques d*orient, aux déci* sions du concile qui avait condamné Nestorius. Jean le reçut avec toutes sortes d'amitié, et après avoir conféré avec lui, ils convinrent qu'il ne serait point question de la déposition de Tévèque de Constantinople, mais seulement, de la foi sur laquelle ils étaient d*accord. A ces conditions, Théodoret se réunit à Jean d*Antioche et à saint Cyrille. Or ceci se passait en 433 ou kSk. Environ deux ans après, on exigea de nouveau sa signature à la condamnation de Nestorius; Tbéodoret s'y refusa d'abord, mais ayant enfin reconnu que la doctrine de ce novateur était entièrement opposée à la foi catholique, il la condamna publiquement et déclara par écrit qu*il détestait son hérésie.
Après la déposition de Nestorius, on vil s*élever une nouvelle hérésie qui donna occasion à Théodoretde déployer tout son zèle; mais cette fois uniquement et complètement en faveur de la vérité. Ëusëbe, évoque de Porylée en Phrygie, ayant reconnu par plusieurs conversations (^u*il eut avec Eutycnès, que cet abbé donnait dans une erreur opposée à celle de Nestorius, essaya lon^^temps de le ramener à la saine doctrine; mais comme il s*opinifltrait jusqu'à s'emporter contre lui, contre les saints Pères et contre Dieu lui-même, il le dénonça à Flavien de Constantinople dans le territoire duquel était situé son monastère. Flavien convoqiïa un concile pour le 8 novembre kkS. Èusèbe de Doryleé, un des évèques assistants, présenta un libelle contenant contre Eutycnès plusieurs chefs» d*accusation. Cité devant le concile, il refusa d'abord de comparaître; mais il le fit ensuite, et refusa avec opiniâtreté de reconnaître deux natures en Jésus^Chrit après Jlncarnation. Le concile prononça contre lui une double sentence d'excommunication et de déposition , contre laquelle il se pourvut , et parvint même à obtenir de rempereur la convocation d'un concile cscuménique à Ephèse. Dioscore, patriarche d'Alexandrie, fut chargé par ce prince de présider celte assemblée, d*où il exclut formellement Tbéodoret. Uamitié qui l'unissait à saint Flavien et son zèle pour la saine doctrine lui attirèrent d'autres disgrâces auxquelles l'analyse de ces lettres nous initiera mieux que les récits les plus détaillés ne le pourraient faire.
A VavQcat Eusèbe. — Informé qu'il se répandait un bruit qu'on voulait 1 inquiéter, et peut-être même le déposer et le bannir, il écrivit à l'avocat Eusèbe, que, avec la grâce de Dieu, ce serait avecjoie qu'il recevrait cette nouvelle et la verrait même exécuter : « car, dit-il, quand Dieu ne promettrait aucune récompense à ceux qui
combattent par la vérité, elle est pour ellemême assez belle pour déterminer ses|iir* tisans à supporter toutes les peines el \m les travaux pour son amour. > Il rapporte même à ce sujet quelques sentiments géotreusement exprimés par des {taieus, liu» Homère a fait l'éloge , puis il ajoute : il; serait honteux à des Chrétiens qui onilh prophètes et les apôtres pour maîtres, qm adorent Jésus-Christ mort en croix, qm attendent la résurrection du cocps cl k royaume des cieux, d'avoir moins de courage que de simples disciples de la nature. Consolez donc, dit-il à Eusèbe, ceui qoi s'affligent des menaces qui me sont adressées ; et, s'il y en a d'assez lâches poursVa réjouir, qu'ils sachent que je m'en réjouie encore plus qu'eux. » Il expose ensuite 5i profession de foi, en déclarant qu il croii au Père, au Fils et au Saint-Esprit; qui/ n'admet point deux fils, comme ses ^mm^ l'en accusent, mais un seul Fils, saîuir Notre-Seigneur Jésus-Christ, Fils uniqu^^tie Dieu, et Verbe de Dieu incarné. Im d^. nier les propriétés des deul natures, il confesse qu'elles ont été unies sans mfusion, de sorte qu'il v en a qui ap|)arlieQnent à l'humanité et cf'autres à la divinité; mais la divinité existe sans commence* ment, tandis que l'humanité a tiré sonongine de la race d'Abraham et de David dobl la sainte Yierse est descendue.
A Dioscore a Alexandrie. — Les ennemis de Théodoreti après avoir surprix la relièfioo de l'empereur, trompèrent encore un ^rauJ nombre d'autres personnes, de sorte que l'on commençait à crier publiquement ccidtre lui. Dioscore d'Alexandrie, qui ari:; paru son ami, se laissa prévenir comme /e> autres, et le crut coupable, sans avoine ridé les accusations dont on le chargeiii. Tbéodoret, dans la lettre qu'il lui émt \m se justifier, proteste qu'il veut suivre les traces des Pères el conserver la doctrine évangélique dont les Pères de Micée noui ont laissé le symbole. II se sert des eipre>sions de ce symbole, pour expliquer ^i croyance catholique sur le système de IIdcarnation, c'est-à-dire, en donnant à la sainte Vierge le titre de Mère de Dieu. Il ajoute que c'est la doctrine qu'il a apprise des divines Ecritures, des Epîtres de saint Paul, des écrits des anciens Pères, et |articulièrement de Théophile et de Cyrille d'Alexandrie, dont il a cité les témoigna^^CN dans les Dialogues qu'il a publiés vmin ceux qui refusaient de reconnaître la d)t!f rence des deux natures, k Je pense, obsertr t-il à Dioscore, que vous n*ignorez pasgc^ ce dernier m'a écrit plusieurs fois. Quacii il envoya à Antioche ses livres contre Ju* lien et son traité du Bouc émissaire f il f>ni le bienheureux Jean, évèque de cette £^ii^^* de les montrer aux docteurs les plus ce lèbres de l'Orient. Jean m'envoya ces livres que je lus avec une admiration telle, queje crus devoir la témoigner immédisleaieot au saint patriarche d'Alexandrie , qui loua. dans sa réponse mon exactitude et mn^
THE
THE
iilTeclioD. Je garde ses lettres. » Tbéodoret exhorte donc Dioscore, à ne point écouter reui qui le caiomniaientf à prendre soin Je la paix de TEglise, en ne permettant pas [{u'on en altérftt les dogmes, et en ramenant ï la pureté de la foi ceux qui s*en étaient écartés. Si cela lui est impossible, il rengage à les chasser de la société des fidèles, lân qu'ils ne les infectassent point de leurs prreurs. Il termine sa lettre par un anaihèrae contre les dogmes qui avaient causé la condamnation de Nestorius. Le Yoici : f Si quelqu'un nie que la sainte Vierge soit Hère de Dieu ; ou, s*il dit que Notre-Seii:neur-Jésu$*Christ est un pur homme; ou, bildinse en deux le Fils unique et premier-né de toutes les créatures, qu'il soit Mu de Tespérance en Jésus-Christ. »
i latfif FÏavien. — Cependant Dioscore 54)utrrait que. les accusateurs de Tbéodoret fuiminassent des anathèmes contre lui dans TEi^lise d'Alexandrie. Lui-même se leva le son siège et cria anathème avec les aures. Il fit plus, il envoya des évéques à la tour pour exciter de nouveaux troubles Eonlre Tbéodoret, dans la vue sans doute le le faire déposer et bannir de son dio- ^e. Celui-ci en écrivit à saint Flavien de Constantinople, pour l'avertir de la fausseté des calomnies répandues contre lui.
• J'ai envoyé à Dioscore, lui dit-il, un de nos prêtres avec des lettres synodales, pour ini apprendre que nous nous en tenons à raccord fait sous les auspices de Cyrille (l'heureuse mémoire ; que nous approuvons ^ leUre, et que nous recevons avec respect ceile de saint Athanase à Epictète, ainsi aue ia /bi de Nicée. Les clercs qu'il nous a aéf'Ulés ont reconnu par leur propre expérience, qu'aucun des évéques d'Orient n'a >i opinion contraire à la doctrine apostolill^e. » II conjure ensuite Flavien de prenv^e la défense des saints canons violés en w personne, par l'anathème que Dioscore ivail prononcé contre lui. Car, conformé- [J'^Dt au concile de Nicée, le concile de ^ousiantinople, ayant séparé la juridiction n« provinces, et défendu aux Eglises d'une proYince d'usurper l'autorité sur une autre, 'E^ilise d'Alexandrie ne devait gouverner qoe l'Egvpte. « Dioscore , ajoute-t-il, vante 'onlinuellement la chaire de saint Marc; ^«ais il sait bien qu'Antioche possède la ^^aire de saint Pierre, le maître de saint «îrc, le prince et le chef des apôtres, i» Il <^»serve en passant que, quelque &ublime 4«e soit un siège épiscopal, celui qui est *^sis dessus ne doit pas oublier pour cela '^^ sentiments d*humilité dont les apôtres ^nUlonné l'exemple.
^ l>(mnui d'Apamée. — « Quand j'aurais !^»«»e bouuhes, écrit-il à Domnus d'Apamée, je ne pourrais jamais louer Dieu, autant '|un le mérite, pour la grâce qu'il m'accorde «e souffrir pour la confession de la vérité J*[*^ ignominie apparente, que je trouve ps glorieuse que tous les honneurs du ^onrie; quand on me condamnerait à aller "* eosevelir dans le dernier coin de la terre,
je le louerais encore davan(a;;ce, parce que je lui serais redevable d'une plus grande faveur ; car ce n'est pas le déplaisir des maux que je souffre ni la crainte de ceux
2 u'on y peut ajouter, qui me font agir ni crire tant de lettres ; ce n'est que la nécessité de défendre mon innocence, v 11 ne niait pas qu'il ne fût coupable de beaucoup de péchés, mais il se tenait assuré d'avoir conservé dans sa pureté la doctrine des apôtres, dont il avait même pris la défense contre les hérétiques, et qu'il ne cessait de prêcher aux fidèles. Il met saint Ignace au nombre de cefax qui nous ont transmis la saine doctrine, et le compte pour une des lumières du monde, avec saint Athanase, saint Basile, saint Grégoire et saint Jean Chrysostome. Dans cette confiance, il demande , si on le croit dans Terreur, qu'on daigne au moins, l'entendre avant de le juger. «Mais, ajoute-t-il, si l'on veut me condamner, sans que je puisse voir ni mes juges, ni mes accusateurs, je me soumets de bon cœur à cet arrêt injuste, en attendant le jour du souverain Ju{$e, devant lequel nous n'aurons besoin ni de témoins, ni d'avocats, puisque toutes choses lui sont parfaitement connues. » Il dit ailleurs, qu'en sa présence, ses ennemis étaient muets, et qu'ils n'avaient de courage pour l'accuser, que lorsqu'il était absent.
A Domnus (TAnlioche. — Vers le même temps, il apprit par des lettres de Domnus d'Antioche que l'on parlait d'assembler un concile. Cette nouvelle Vattrista beaucoup, ne doutant pas que cette assemblée ne d&t avoir des suites fâcheuses, à moins que Dieu, par sa miséricorde, ne détruisit toutes les machinations que les ennemis de la paix et de la vérité ne manqueraient pas de mettre en jeu dans cette circonstance. Il en jugeait ainsi parce qu'il prévoyait que Dioscore serait choisi pour le présider, puisque le premier évêque d'Orient, saint Flavien de Constantinople, devait s'y présenter comme partie. Tbéodoret craignait surtout que l'on y confirmât les Anathémalismes de saint Cyrille, qu'il n'avait pu se résoudre encore à approuver, parce qu'il les croyait entachés de l'erreur d Apollinaire. Il rappelle à Domnus, avec quelle vigueur les orientaux avaient repoussé ces anathématismes, et en lui envoyant les copies de l'accord fait avec saint Cyrille , il lui conseille de les faire porter au concile, pour montrer que cet accord ne les obligeait point à recevoir les anathématismes. Il l'exhorte, et avec lui tous ceux qui avaient reçu des lettres de convocation, à recourir à Dieu pour en recevoir du secours, de ne rien craindre et de tout souffrir puisqu'il s*agissait de conserver la foi telle que nous l'avons reçue de nos pères. Il le prie d'apporter un grand soin dans le choix qu'il ferait des évéques et des ecclésiastiques pour les emmener avec lui è^ce concile, et de ne prendre que ceux dont il connaissait le zèle et la constance pour la défense de la vérité; dans la crainte de se voir trahi par les siens mêmes et peut-être réduit à faire
fS45
THB
DICnONMAIEB
THE
quel ue chose contre sa conscience et ce qa*il devait è Dieu» ou à se voir exposé è la violence de ses ennemis. « Songez, lui ditil, qa*il s*agit de la foi, qui fait toute Tespé* rance de notre salut. Nous devons donc faire tous nos efforts pour la conserver intacte , et pour empêcher que la doctrine des apôtres ne souffre aucune altération. »
Au pape saint Léon. — Ce que Théophile avait prévu arriva; Dioscore d'Alexandrie se rendit mattre;absolu du concile d'Ephèse* et employa les dernières violences pour faire réussir ses desseins. Théodoret fut condamné comme chef d*hérésie, sa doo trine anathématisée, avec défense à qui que ce fût de le retirer chez lui ni de le nourrir. Comme il était absent, on rappela par trois fois, quoiqu'on sût bien qull lui était impossible de répondre, puisqu'il se trouvait éloigné de plus de trente journées ; mais Dioscore voulut que Ton observât cette ombre de formalité, aQn de se ménager une occasion de le condamner par défaut. La rai«son dont on colora cette sentence fut qu'il avait condamné les anathématismes de saint Cyrille, et que pendant les disputes entre ce patriarche et Jean d'Antiocne , il avait écrit à ses diocésains une lettre contre le premier concile d*£phèse. On produisit encore contre lui quelques-uns de ses écrits; mais, au lieu d'y trouver aucune hérésie, on en Gt un grand éloge, ce qui n'empêcha pas le concile de dire anathème è la doctrine «e leur auteur, parce que Dioscore, sur l'esprit dufjuel la justice et la vérité ne faisaient plus d'impression, le voulait ainsi. Les légats de saint Léon ne laissèrent pas de s'opposer aux injustices commises dans cette assemblée. Ihéodoret Tapprit en même temps que sa condamnation par une copie des actes de ce qui s'y était passé. Sachant d'ailleurs le zèle de ce saint Pape pour la vérité, il ne doutait pas qu'il ne dût trouver vn Occident la justice qu'on lui refusait dans sa patrie. 11 prit donc le parti de lui députer quelques-uns de ses prêtres qu'il chargea de plusieurs lettres.
Dans celle qui est adressée au Souverain Pontife, il reconnaît d'abord que le Saint- Siège tenant le premier rang en toutes choses, c'est de lui que les Eglises blessées doivent recevoir les remèdes à leurs maux. 11 fait ensuite un grand éloge de la ville de Rome, et loue surtout la foi dont on y fait profession, et qui l'avait déjà rendue célèbre du vivant même de saint Paul. 11 relève l'avantage que cette ville avait de posséder les tombeaux des princes des apôtres, tous les deux pères et maîtres de la vérité. Il fait ensuite l'éloge de saint Léon lui-même, dont il relève le zèle contre les manichéens et dit de sa lettre à saint Flavien, qu'il l'avait lue et admirée comme le langage du Saint-Esprit. 11 se plaint de l'injustice de Dioscore qui l'avait condamné sans l'appeler ni l'en^ tendre, le sachant absent et éloigné. Abordant ensuite sa propre cause, il rappelle ainsi les travaux qu'il s'était imposés pour l'Eglise. « 11 y a vingt-six ans que je suis
évé<nie, sans avoir jamais essuyé auvan rs procne, ni sous Tbéodote, ni sous aucun des évêques d'Antioche ses successeurs. J'ain. mené à l'Eglise plus de mille marcionii^ et une quantité incroyable d'euDoimeD^ ri d'ariens ; il ne reste plus un seul béréli^i dans les huit cents paroissesque jegoumae. Dieu sait combien j'ai reçu de coupi^È pierres, et quels combats j'ai soutenus diù plusieurs villes d'Orient contre les héréu* ques et les païens, et c'est après lanioe sueurs et de travaux que je me vois oodamné 1 J'attends donc le jugement de Totrt Siège apostolique; je prie et je conjure Vo. tre Sainteté, au juste tribunal de qui ]'& appelle, de me prêter son secours, eus m'ordonnant d'aller lui rendre compte u ma doctrine, de pouvoir téffloiv;ner im qu'elle est en tout conforme à celle (iesaiK^très. »
Il fait un dénombrement de tous les (^ovrages qu'il avait composés depuis nbirt ans, puis il ajoute : « On peut reconnut, en les lisant, si j'ai gardé la règle consUbic de la foi, ou si je m'en suis écarté. Ne r^ jetez pas, je vous en supplie, mes très*huai* blés prières , et ne méprisez pas ma Tiei!iesse, si indignement traitée, après tant ii& travaux. Avant toutes choses, je désire savoir de vous si je dois ou non acquiescer i cette iniuste déposition. J'attends là-dessus votre décision. Si vous m'ordonnez de m'ea tenir h ce qui a été jugé, je le ferai ; jen'iur portunerai plus personne et j'attendrai l^ jugement de Dieu. 11 m'est témoin que j» ne me mets pas en peine de mon honneur ni de ma gloire, mais seulement du scandale qui peut en rejaillir pour les siaifi*^ et surtout pour les hérétiques nouvelleuisi convertis. Incapables de discerner ma^t** trine, en voyant l'autorité de ceux qui oiV» condamné, ne seront-ils pas tentés de nt considérer à mon tour comme hérétique, sans faire attention que, depuis tant «iannées que je suis évêque, je n'ai acquis ri maisons, ni terre, ni sépulture, ni méoie une obole , puisqu'en faisant vœu de pa> vreté volontaire, j'ai distribué aux paurres le patrimoine de mes parenu, aussitôlapra leur mort, comme tout l'Orient peut l'attester. Je vous écris ceci par tes prêtres Hjpatius et Abraham, corévêques, et Aljpe, exarque des moines qui sont chez nous, w pouvant aller vous trouver moi-uiéme â cause de la défense de l'empereur. »
Au légat René. — Théodoret écrivit ao-vi à René, prêtre de l'Eglise romaine et ï'^ des légatsdu Saint-Siège au concile d*£piiH
auquel il pensait qu il avait assisté. Il
Iirie avec beaucoup d'instances d'obtenir u ^ape un ordre qui Tobligeêt d'aller à Ruiuv' rendre compte de sa conduite : < car et siège, dit-il, possède la prééminence sut toutes les Eglises du monde, à un (çnt^ nombre de ture.s, mais principalement \^ la pureté de sa foi, qui n'a jamais été enu* chèe d'aucune hérésie , puisqu'il n'eu ^ aucun parmi ceux qui s'y sont assis qu* n'ait conservé entières la croyance et ^
TUK
0B PATROLOGIE
THE
rAce apostoliques, i» Il proleste que lui<- )éme r/a rien enseigné de contraire. Tou- >urs il a fait profession de ne reconnaître u*ttQ Père et un Saint-Esprit; qu'un seul ils qui s*est fait chair pour nous ; le même ui est tout ensemble Fils de Dieu et flis erhomme; Fils de Dieu« parce qu*il est ngendré de Dieu, et fils de Thomme àcause e la forme d'esclave , selon laquelle il est é de la race de David.
A Vrânius d'Emèit. — L'empereur permit Théodore! de se retirer dans le monastère u'il aTait déjM habité près d'ApaméOt avec éfense d'en sortir . On ne mit point d*é vè» t» i sa place ; mais on le priva des rêvew de son évêché. Cela se passait en kS^. •in ie même temps, ou au commencement leTaonée suivante, Uranius, évêque d*Eo^se, qui, autant qu'on en peut juger, lui u\{ conseillé d'user de plus de ménageleols, de peur ;de tomber dans la persécuon , lui nt des reproches de n'avoir pas livi son avis. Théodoret Jui répond tout mplement qu'il a mieux aimé suivre ceux » apAires et des prophètes, en parlant (ec force et constance pour la vérité ; et leloin de s'en repentir, il se gloriflait de tte liberté et remerciait Dieu de l'avoir Sé digne de souffrir pour sa cause. UraiDs a^ant cherché dans une secoude lettre expliquer quelques paroles de la première, )Q( Théodoret lui semblait n'avoir pas bien impri^ le sens, celui-ci lui répondit encore: Moins uue jamais je ne me repens d'avoir laiprisle sens de votre première lettre, ttisqoe cette erreur vous a donné l'occaioo de me témoigner l'amitié fraternelle ue TOUS avez dans le cœur, la pureté de )(re foi et le zèle que vous avez pour la 'rite. » Pour lui témoigner d'une façon exp^ioanelie combien il l'aimait, il consenlile bonne grâce à accepter ses présents, ioiqa*iI se fût fait une loi de n'en recevoir personne.
À tavocat Marane. — Dans une lettre qu'il rivii à l'avocat Marane, Théodoret dit que Qi qui troublaient PEglise par leur perséiion ne tarderaient pas à recevoir de Dieu chitiment quMls méritaient » et Tévéne- ^nt, en effet, justifia cette prédiction. 3éodose le Jeune mourut au mo:s de juin ^juillet 450, et Ghrjrsaphe» qui l'avait en- ^lenu dans son attachement au schisme ^^ ^^ Dioscore, fut disgracié bientôt '^f relégué dans une lie, et mis à mort 'f le conseil de l'impératrice Pulchérie.
^ Tkimotkée. — Un autre zélé défenseur •|ai foi fut révèque Timothée, qui pria ^éodoret de lui donner une instruction If Hacarnation, afin d'en défendre le mysreayec plus de force, de lumière et de iccès. Théodoret lui répondit par une lon- |e lettre dans laquelle il lui eipose la dociQe qu'il avait puisée dans les livres saints dans les écriu des Pères. Il l'avertit, avant *<ii6s choses, de s'appliquer à bien comreodre la différence des noms donnés à Jé- ><*Christ et la cause de son Incarnation.
DicTiOKK. nr Patrologik. IVl
« Avec cette connaissance, lui dit-il , il ne reste plus aucune ambiguïté sur la Passion du Sauveur. Nos ennemis conviendront sans peine que le nom de Fils unique de Dieu avant 1 Incarnation, étaient ceux de Dieu, de Verbe, de Fils unique, de Seigneur de toutes créatures ; et que le nom de lésus-Christ marque proprement son Incarnation, puisqu'auparavant il ne s'appelait ni Christ ni Jésus; ce qui n'en>p6cbe pas cependant que depuis son Incarnation on ne lui donne encore les noms qui lui convenaient auparavant, parce qu en se faisant homme il est demeuré ce qu'il était et n'a point cessé d'être Dieu. Mais, lorsqu'il s'agit de sa Passion, r£criture ne lui oonne jamais le nom de Dieu, et les évangélistes n'établissent que la généalogie de son humanité, suivant laquelle il est descendu d'Abraham et de David.» Théodoret dit ensuite, comme principe certain et avoué même des hérétiques, 3tt*il y a en Jésus-Christ deux natures, l'une ivine qui est éternelle, et l'autre humaine qui est né dans le temps ; d'où il conclut que, sans les diviser, ni admettre deux personnes en Jésus-Christ, on doit dire que sa chair est passible et sa divinité impassible. 11 en est de même de notre Ame et de notre corps ; quoique ces deux natures existent en même temps et soient unies naturellement, nous disons, sans les diviser, que l'Ame est simple, raisonnable, immortelle et invisible, et que le corps est composé, passible et mortel. Ponc, encore que les natures soient différentes, nous devons néanmoins adorer un seul Fils et reconnaître que c'est le même qui est Fils de Dieu et Fils de l'homme. L'union rend les noms communs, mais elle ne confond pas les natures. En effet, il est clair, pour ceux qui pensent sainement, qu'il y a des choses qui conviennent à Jésus-Christ comme Dieu, et d'autres à Jésus-Crrist comme homme. On dit de lut qu'il est passible et impassible. Il a souffert, selon son humanité, et il est demeuré im-
t passible en tant que Dieu. S*il avait soufèrt selon sa divinité, comme le soutiennent quelques impies, ce serait en vain qu'il se serait incarné.
A l'abbé Jean. •— Dès le commencement de son règne, l'empereur Maroien, ayant rendu la liberté à l'Ëglise, Théodoret, avec les autres évêques bannis, fut appelé à en profiter. Aussitôt qu'il en eut connaissance, il fit part de cette nouvelle à ses amis. Dans la lettre qu'il écrivit sur ce sujet à l'abbé Jean, il le prie de se joindre à lui pour rendre grAcoâ à Dieu de ce changement, et obtenir que ceux qui embrassaient alors la vérité lussent assez généreux pour l'aimer par elle-même et sans aucun intérêt temporel. Il écrivit ésalement au patrioe Anatole Kur le prier de remercier, en son nom, mpereur et l'impératrice de la liberté qu'ils accordaient à ll^glise, et de solUdler puissamment la convocation d*un concile auquel le prince voulût bien assister pour empêcher le désordre.
Àéti aoMolf . -* Dans une certaine oir-
iim
THE
DICTfONNAmt
TUE
conslauce, Tbéodoret avait dit que Dieu peut tout ce qu'il reut, mais qu'il ne veut et ne peut rien de ce oui ne convient pas h sa neiure. Les eutycnéens condamnèrent cette parole. Bien loin d'admettre cette restriction, ils prétendaient qu'il n'y a rien dMmpossible à Dieu, et que, par conséquent, il avait pu souffrir et mourir dans sa nature divine. Quelques personnes, parmi celles qui avaientpris le parti de Tbéodoret contre les eutychéens, lui demandèrent des éclaircissements sur cette difficulté. L'inscription de la lettre porte qu'elle était adressée a des soldats; pourtant il est rare que les hommes de ce métier s'occupent de questions tbéologiques. Quoi qu'il en soit , Tbéodoret fait voir dans sa réponse que ceux qui condam^ naient ce qu'il avait dit sur le pouvoir de Dieu manquaient de l'instruction nécessaire : t Nous confessons, dit-il, que Dieu peut tout ; mais, par ce terme , nous n'entendons gue les choses bonnes et bonnëtes. Celui qui est bon et sage de sa nature ne peut rien admettre de contraire à sa sagesse et à sa bonté. A ceux qui pensent autrement nous demanderons si Dieu peut mentir, lui qui est la vérité TS'il peut commettre des injustices, lui qui est la source de toute justice ? S'il peut devenir insensé , lui qui est un abime et une profondeur de sagesse ? En un mot, s'il peut n'être ni Dieu, ni bon, ni créateur ? S'ils conviennent que ces choses ne sont pas possibles à Dieu ; aest, leur dirons-nous, qu'il y a plusieurs choses impossibles à Dieu, par une impossibilité qui V ne vient ni de faiblesse, ni de défaut, mais '* de la perfection de sa nature et de sa puissance infinie, comme ce n'est point une faiblesse mais une perfection et une marque de puissance à notre Ame de ne pouvoir mourir. S*ils objectent que Dieu peut tout ce qu'il veut, il faut leur répondre qu'il ne veut rien faire qui ne convienne a sa nature, parce qu'étant bon et juste par nature, il ne peut vouloir rien de mauvais ni d'injuste. »
Tbéodoret prouve par quelques passages de l'Ecriture que Dieu n'étant point susceptible de changement, n'a pu devenir mortel et passible, d impassible et d'immortel qu'il est; autrement, il n'aurait point pris notre nature. Hais comme la sienne est immortelle il a pris un corps qui pût souffrir, et avec ce corps une Ame humaine, afin de déKvrer en même temps notre Ame et notre corps. Il prouve , par le témoignage des quatre Evangélistes, « que ce fut le corps même de Jésus-Christ qui fut attaché à la croix, » et comme il est dit encore que le Seigneur fut mis dans le tombeau, Tbéodoret répond qu'il est d'usage d'appliquer à la personne ,ce qui est dit du corps. Nous lisons dans les Actes desApôtreSf que des personnes craignant Dieu ensevelirent saint Etienne, quoiqu elles n'eussent enseveli que son corps. C'est dans Iemême«ens que Jacob, en parlant de sou corps, dit : ffMerefwez-mot avec mes pires. (Gen, xLix, 29.)
Aux moines de Constoniinople. — Malgré
les précautions qu'il prenait dans ta plopsft de ses lettres de justiQer sà foi sur le nr^. tèrede l'Incarnation, on ne laissait pas d»*. cuser Tbéodoret de croire deui Gis es lesus-Christ. Il écrivit aux moines de Cocv tantinople que ceux qui formaient m?t lui de semblables accusations n avaleotifiQ. tre sujet de le haïr que son attention à m^ battre leurs erreurs. Il témoigne nne iiti douleur de la triste nécessité qui le tk-asait à employer contre des hommes qoi se disaient les enfants de l'Eglise, les luéaeî preuves qui lui avaient servi à conil«ai> et è convertir les marcionites. llappelieiâ milliers de témoins qui i'afaient eoieo^s prêcher l'Evangile A déposer qu'il nm rien enseigné de contraire à la ?éril^ et i< renvoie aux ouvrages qu'il avait écriis ron* tre les Grecs, les Juifs et les ariens, jffir* mant qu*on y trouvait qu'il avait coathiiii contre eux, non pour faire admettra im fils, mais le Fils unique de Dieu MCnajui année, dit-il, j'oblige ceux qui reçoivenile baptême h apprendre le symbole de M; et, lorsque je les baptise, je le fais aa qoq du Père, du Fils et du Saint-Esprittetei nommant chacune des personnes. fie mèoiQ en célébrant la liturgie, je rends gloire ai Père, au Fils et au Saint-EspriL Si, comoi on nous en accuse, nous reconnaissons de fils, lequel des deux omettons-nous doo en le glorifiant dans notre adoration? S serait-ce pas une extrême folie de naître deux fils et de n'en glorifier quui seul 7 Mes ennemis, quelque habitués qui soient à mentir, n'oseront jamais amee qu'ils m'ont entendu parler de la sorte; à ne m'accusent d'admettre deux fils dM parce que j'admets deux natures. ■
A Veconome Jean. — La lettre suiiaM fut écrite lorsque la tempête était J^ apaisée. Cependant Théodôret habitait <• cure son monastère, où il jouissait d'ui grande tranquillité. Elle fut troublée par^ nouvelle d'un scandale arrivé dans une t:I) que son historien ne nomme pas, mais qu 1 on croit être celle de Cyr. Quelques prl très, en faisant la nrière, la finissaient w dinairement par l'invocation du nom i Jésus. L'archidiacre les en reprit Tifeme et soutint que ce n'était pas Jésus4]h qu'il fallait nommer dans la glarificau mais le Fils unique du Père. C'était, p ainsi dire, séparer Jésus-Christ du Fiis Dieu, comme le faisaient les nestorieRs;« ne reconnaître en lui que la nature divM et nier avec les eutychéens la vérité de>' Incarnation. L'injure faite à Jésus-Cbi^^ en cette circonstance, excita beaueoo;j< bruit dans la ville. Pour y remédier, ftw doret écrivit à l'économe ne l'Eglise, no^^ Jean, une lettre assez longue, et dan>i^ quelle il fait voir que le Fils de Dm ^^ tant qu'un, l'Ecriture lui donne indifférf> ment, tanlAt le niim de Fils de Dieu et im celui de Christ. C'est ce que l'on nm8t\^ dans plusieurs passages des Epiinsdifj^ Paul : H n'y a, dit cet apôtre, qi^^ **• Pire, dequis ni toutes ehûses.etunSfi^^
SI