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Ans haut» ei en voyant qu'il esl question de larfums, de lis, de fruits, da baisers, de oues, de regards, de mamelles et de guanité d'autres objets de même nature, ils se «nt arrêtés à la lettre, saos chercher à en )éoétrer le sens spirituel et caché ; ce qui ait que, prenant les t^hoses charnellement, Is sont tombés dans les blasphèmes dont loos les accusons. Us auraient dû faire at-» enlion que les écrivains de TAncien Tesaœent soûl dans l'usage d'employer 1)lu* icurs expressions figurées, qui doivent .'eDtendre dans un autre sens que le sens iropre qui se trouve renferme naturelle* ûent dans les termes. EzéchieU par exemple, ayant à parler au roi da Babylone, ne le comme, ni par son nom propre, qui était celui de Nabuchodonsor, ni par celui qui ?9l commun à tous les hommes; mais il Tapit >eite un aigle, et il désigne l'étendue de sa puissance et la force de ses troupes par les îles et les serres de cet oiseau. Dans le même «ssage, le prophète compare Jérusalem u Liban, et ses habitaQts aux cèdres qui rotssent sur cette montagne. Est-il jamais irriYé à personne d'entendre par 1 aigle, oiseau qui porte ce nom, et par le mot Liban a forêt connue sous cette dénomination ians TEcriture. Tous les interprètes, soit iuifs« soit Chrétiens, ont généralement apiiltqué ce nom d'aigle, qui est celui d'uni >îseau royal , au roi lui-même ; ei la gran-r! Jear de ses ailes comme la force de ses ongles a toujours été compris de l'étendue du royaume et de la puissance des armées du roi de Babylone. Il en est de même du Lil^iOt k l'égard de Jérusalem et des cèdres comparés à ses habitants. Cette ville est fQcore désignée sous la même dénominatiop dans le prophète Zacharie ; le roi de Babylone y est comparé à un feu dévorant; les cèdres y représentent les grands et les superbes, tous ceux qui sont puissants en richesses et en dignités, et les pains y repré- ^nlent les hommes du peuple et de médio** crecondilion.
« Mais, pour revenir à notre sujet, coniin*ie Tauteur , en produisant un exemple <|ui soit plus en harmonie avec ce qui nous. VH^cupe, Dieu s'adresse à la nation juivç t'omme à;une femme, et lui parle dans les mêmes termes que Salomon a employés ms le Cantique dts cantiques. Qu'on lise ^im Ezéchiet tout le chapitre xvi*, et dans
"celte nation, mamelles, de
. , ^, de beauté,
J' ^inbrassements, et cependant, quand nous disons ce discours du Seigneur a son peu- Pi^ nous cherchons immédiatement , sous
.^oveloppe du sens littéral, un sens mys- "que et spirituel, i Théodorel exlrait en- ^^'J^f non-seulement des prophètes, mais ^eiDe des évangélistes, divers autres exem- P^'s de ces façons de piarier qu'il ne serait
^^c les Juifs se vanlèrcnt devant Jésus-
Christ d'avoir Abraham pour père , ne leur répondit-il pas : Vouj^éte$ la enfanté du dé-^ mon? (Joan. ym, hk.) 9 De tous ces exemples, Théodoret cuniciut qu'on ne fait rien d'extraordinaire quand on donne un sens spirituelà tout cequi est dit dans le Cantiaue des cantiques f et quand par l'époux et Tépouse dont parle Salomon, on entend Jésus- Christ et son Eglise. En effet, saint Paul dit: L'Eglise est Fepouse de Jésus^hrist, comme Jésus-Christ est Vépoux de VEglise. {Ephes. V, 23.) Du reste, c'est un nom que le Sauveur prend lui-même ;, nous ne devons pas être surpris de le voir appliqué à son Eglise, et par ces filles, qui forment le cortège de l'épouse, d'entendre ces Ames dont les vertus ne sont pas encore assez parfaites pour mériter d'être élevées au rang d'épouses de. Jésus-Christ.
Il remarque que les trois livres de Salomon sont comme autant de degrés pour arriver à la perfection. Les Proverbes^ donnent des conseils très-utiles pour la conser-^ vation des mœurs; VEccUstaste nous fait connaître la nature des choses sensibles et la vanité de la vie présente, afin que convaincus de l'instabilité et du vide des biens temporels et passagers, nous ne nous attachions qu'à la recherche de ceux oui sont stables et éternels ; le Cantique aes cantiques nous fait pénétrer dans le mystère intime qui unit l'Ame de l'époux à celle de l'épouse. Ce livre est placé le dernier, parce que l'épouse, instruite dans le précédent de la caducité des biens et des plaisirs de la vie, ne court vers son époux que pour recevoir de lui les biens et les plaisirs do l'éternité. Il pense que Salomon avait appris de son père, qui était lui-même un grand prophète, ce quil dit dans ce livre; et il fonde son opinion sur certains passages du psaume xuv', qui ont beaucoup de rapport avec ce qu'on lit de l'époux et de réponse dans le Cantique des cantiques. Il remarque que c'était l'usage, chez les Juifs, d'interdire la lecture de ce livre aux jeunes gens, et de ne le permettre qu'aux hommes parfaits, qui pouvaient en comprendre les sens spirituels et cachés.
A la tin, il prie ses lecteurs do ne iias Taccuser de plagiat, s'ils rencontrent (fans ses commentaires quelques choses qu»
d'autres aient déjà dites avant lui. Il reconnaît avoir profité des écrits de ses devan-^ ciers et il se regarderait encore comme leur obligé, quand même il n'aurait retiré de la lecture de leurs ouvrages, que la pensée d'écrire après eux sur les mêmes ma-^ tières. «Cela, dit-il, ne s^appelle pas un larcin ; on doit plutôt le considérer comme une part d'héritage dans la succession paternelle. }f II avoue cependant qu'il a mis du sien dans leurs explications. Tantôt il a abrégé ce qui lui paraissait trop long dans leurs commentaires, et tantôt II a étendu ce qui lui semblait écrit avec trop de précision. Ce commentaire de Théodoret est divisé en quatre livres , dans lesquels il explique le texte sacré dans un sens spiri*