‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 16 sur 207 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

ODELIM homme d*esprit et d'éloquence n»\mt à Orléans y Ters la fin du xi* siècle. Loa de la conquête de TAngleterre par iiaillnmt le Bâtard ; il passa dans cette île

• ia fuite de Roger de Montgommeri dont il «^eîiot (e confident. Ce seigneur, ayant reçu 'k- la [it)érB]ité du nouveau roi le comté de SfTobesbarjr, donna à Odeliri une chapelle et ensuite une maison de sa dépendance. <i»l*rhri était prêtre» maisi comme tant iVanir-isesct tem|)S-ià, engagé dans le mariage, fiiifi il eut au moins trois fils : Orderic Viêi moine de Saint-Evroult, qui se rendit

«. 'tore l'ar ses écrits; Ebrard, qui semble

3r«^T Uni ses jours dans la condition laïque,

't BenolL que le père destina à Tétat mo-

'^iqrie, comme il n*avait encore que cinq

vn (3deliri, dont la chapelle n'était bâtie

'..en bois, se trouvant à Rome en 1082,

s.-'oi^ par vœu au tombeau des apôtres,

a /(aire construire en pierres, et il l'offrit

«r^cie avec la maison et tout ce qui en

•«ê,>^iK/«il, pour la convertir en monastère^

«-fpiêraiil yût là déterminer ie comte Roger à

liut les frais du reste de la fondation. Les

triTa» commencèrent dès l^année suivante

f: if o(Mnte dota la nouvelle abbaye d un

^:i»urg entier de la ville de Scrobesbury.

<MeUri, de sou côté y ajouta deux cents

iiTrei, somme alors considérable, sans

roto^ quinze livres sterling qu'il avait

•i<7à sacrifiées pour jeter les |»remiers fon«

«.^taeots de cet édifice, et il y consacra son

j'^.BeQollau service de Dieu. Il y embrassa

Wt^atteie la profession monastique, après

U \ï(yri^!i comte Roger, arrivée le 37 juillet

1«^; OdeKri , après y avoir vécu en bon

•iisripte et saint Benoit , y mourut en odeur

de samieté, \e vendredi flans loctave de la

FenlecOCe de Pannéc 1 lOâ.

Oréene Viuâ nous a conservé un assez bf'êa discours qni\ suppose avoir été adressé ftrsoA père au comte Roger de Montgomaerj, pour l'engager i la fondation dont h'jus tenons de parier. Cette pièce, qui ne nanqike pas d^éloquence , est remplie d'élo- SHpour réiat monastiuue. On y trouve la r'Ui^n des événements oe la vie de fauteur, hIm premiers traits de l'histoire du motistéredeSaint^PierredeScrobesbury. Mais, redire ce que nous en pensons, ce disn^irsnous fait fetfet d'une de ces harangues c<tD;}Osées après coup, pour en faire honneur

• M'^r^nnage à qui on veut ^attribuer. En ^t« ce dernier nous parait être de la com* i»'Sition d*Orderic Vital, gui y aura fait catrer néanmoins les principaux motifs ■''é^és par son père pour déterminer le ' >'uie lie Scrobesbury à la fondation de la

ODELRIC, ou ÛLRIC, et autrement Udel- >K, nous est représenté comme un homme J« u»<Jîiirs innocentes et de très-sainte vie. ^prieur de Saint-Michel en Lorraine, iijen

Dictions, de Patrologie. IV.

devint abbé après la mort de Sigefroi, arrivée en 10%. Il remplissait cette dignité depuis quelque temps, lorsqu*en octobre

1098, Rlcher, évéque de Verdun, restitua à son monastère une chapelle que le comte Louis lui avait enlevée. Depuis que Tabbaye de Saint-Michel avait été transportée«du lieu de sa fondation première à celui qu*elle occupa plus tard, on avait toujours conti^ nué à enterrer les frères au vieux Moutior, quoiqu'à plus d*une lieue de distance. Ode!rie, plus sensible à cette incommodité qu*aucun de ses prédécesseurs, obtint que le monastère eût son cimelière propre. En

1099, le même évoque Richer, à la prière de notre abbé, accorda à Saint-Michel le droit de battre monnaie. On a déjà vu d au* très exemples d'un pareil droit accordé aux abbayes; et celle de Saint'- Vincent de Metz en jouissait en même temps. Odelric vécut jusqu'en 1115 et eut Lanzau pour successeur,

ODÉRIC, ou ODRI, succéda à Rainaud, mort f)remier abbé de Vendôme en lOU. Il s'acquitta des devoirs de sa charge avec tant de sagesse et d'édification que la bonne odeur de ses vertus attira en peu de temps des biens considérables h son monastère. Le Pape Alexandre II, voulant de son côté reconnaître Thonneur que ce nouvel établissement faisait à TEglise, le déclara feudataire immédiat du Saint-Siège, et rendit un dé* cret qui, en le confirmant dans toutes ses possessions, y ajouta encore TEglise de Sainte^Prisque» sur le mont Aventin, avec le titre de cardinal-prêtre^ pour l'abbé Odé* rie et tous ses successeurs légitimes à perpétuité. La bulle qui contient cet illustre privilège, en date de l'an 1063, se trouve

Elus entière dans les Annales de dom Maillon que dans le Recueil des conciles et des rescrits des Papes. Trois ans plus tard, le même pontife joignit à ces premières gratifications celle du monastère contigu à l'église de Sainte-Prisque et dépendant de l'abbaye de Saint-Paul; à la condition que les abbés de Vendôme y entretiendraient douze moines, pour y célébrer le service divin. Ce vénérable abbé mourut le k octo* bre 1082, après avoir disnement gouverné son monastère pendant respace de trentehuit ans, trois mois et quatre jours. * On a conservé longtemps, dans la bibliothèque de son monastèref un manuscrit contenant un Traité des vertus et des viceSf qui, bien qu'il ne portât pas son. nom, a toujours été regardé comme une production de sa plume. Avec cet ouvrage, on ne connaît de lui qu'une simple lettre, qui, bien que très«courte, prouve qu*il ne manauait point de politesse dans le style. Celte leitre, publiée par dom Mabillon, est adressée n Gérard, évéque d*Ostie el légat du Saint-Siège, pour lui apprendre que le dill'érend survenu

139 OM ''^'tlONNAIRE

entre les obbayes de Vendôuie et de S^nu Aubin d'Angers, au sujet de la dépendance du nionaslère de Craon, différend pour lequel ce légal s'élail donné plusieurs mouveinents, venait d'être terminé.

ODILON, moine de Saint-Médard, è Soissons, s'est fait connaître par son Histoire de la translalion des reliques de saint Sébastien^ martyr^ et de saint Grégoire, Pape, au monastire de Saint-Médard. Cette histoire avait d*abord été donnée par Bollandus, sans nom d'auteur; maison a reconnu depuis qu'elle était l'ouvrage d'un moine de celte abbaye nommé Odilon, Il l'avait entreprise par l'ordre d'ingranne, alors prévôt de Saint- Médard et plus tard évèque de Laon, en 932 Ce fut avant cette année qu'Odilon travailla à cette histoire, puisque dans Tépître dédicatoire è Ingrannc, il ne le nomme nas évèque. Il eu use de même dans la préiace d'une autre histoire, dans laquelle il raconte comment s'est faite la translation de plusieurs autres reliques de martyrs au mê* me monastère. Dom Mabillon a inséré ces deux histoires dans le V* tome des Actes de fordre de Saint-Benoit , avec la préface de la première» que Bollandus n'avait pas donnée.

C'est au moyen de cette préfïice que IVm^s'est assuré que le moine Odilon avait écrit l'hisloiie de la première translation que quelques-uns avaient attribuée à un nommé Rodoin. Ils se fondaient sur ce qu'il est dit à la fin de cette histoire, que ion conservait dans les archives de Saint- Médard un petit écrit de Rodoin,, adressé à Hilduin, dans lequel il faisait le récit de plusieurs miracles opérés par la vertu des reliqi.'es de saint Sébaslie.i. Odilon se reconnaît encore auteur de cette histoire dans une lettre qu'il écrivitè Hucbald, moine de Sainl-Amand. Ce dernier lui avait communiqué une Yie de saint Lebmn gu'il avait composée sous Tépiscopat de Baidric. Odilon répondante sa lettre, lui envoya VUistoire de la translation des reliques de saint Sébas* n>n, avec prière de lui en dire son sentiment. La lettre d'Odilon à Hucbald a été publiée par dom Mabillon.

On trouve encore dans la bibliothèque de Fleury trois discours anonymes, dont le

Crémier parait être d'un moine de Saintédard et prononcé depuis la translalion des reliques de saint Sébastien dans ce monastère. C'est un préjugé pour l'allribuer à Odilon, et d'autant mieux fondé qu'il y a ae la ressemblance de style entre ses écrits et ce premier discours. L'auteur y relève les libéralités des rois envers cette abbaye et le rétablissement de l'église oédiée sous le nom de ce saint. Il y a aussi conformité de style dansles deux autres discours avec celui d'Odilon. Ce sont des éloges de saint Médard cl de saint Gildard son frère, que i*auteur dit être nés, baptisés, ordonnés et morts l'un et l'autre le même jour. On met la mon d'Odilon vers l'an 020.

ODILON, qui parmi tant d'autres abbés de son tc.i.ps, s'illustra ))ar sa science et ses Yerliis, apparieuait à une otKÎenne et noble

OM

famiJie qu'on croit être celle des Mercœ Il naquit en Auvergne» en 962. Dès son f fance, il fut attache au clergé de Sainilien de Brioude, où il se fit remaniaer ses inclinations pieuses et son goût | nonce pour l'étucie. Le désir de mener ^ vie plus parfaite lui inspira la résolution se retirer à Clun^, où il reçut l'habit i: nastique des mains de saint Mayeul 1 même. II n'avait pas encore fini son ten de probation, lorsque ce digne abbé, d chargé d'années jeta les yeux sur lui fK> lui succéder. Odilon fut le seul qui d6a prouva ce choix, et il éprouva plus depci encore, lorsqu'à la mort de saint Mayei arrivée en OOli', il lui fallut exercer seul fonctions d'abbé. Il possédait toutes 1

3 ualités nécessaires pour y réussir; quoiq e taille médiocre, il savait joindre h un d'autorité grave beaucoup de grâce et d'à fabililé, ce qui le faisait tout à la fois aim des bons et redouter des méchants. Doj du don de la parole jusqu'à l'éloquence, avait le secret de proportionner ses discoii aux divers sujets oont il avait à parle mais quoique la grâce et la douceur eu m sent inséparables, il savait toujours dis$| muler par une humble modestie ]'u>aj qu'il faisait de son savoir. Son preiui^ soin fut de régler sa conduite sur celle M saints de l'antiquité. A leur exemple, lo le temps que lui laissèrent ses autres d voirs était partagé entre la prière et Tétud Il acquit par là une grande intelligence d TEcriture et ce fond de doctrine que l'onrc trouve en partie dans ses sermons et scsauj très écrits. Autant ce pieux abbé fui so gneux de cultiver lui-uiême les boua études, autant il montra d'empressement les favoriser et à excitt^r \qs talents dans I monastères de sa dépendance. La répui^ tion que lui acquirent ses vertus parviii jusQu'à l'empereur saint Henri, qui le j'H de 1 accompagner dans Je voyage (]u il Gi | Rome pour s'y faire couronner, et jouit plu sieurs fois depuis de ses pieux entretiens Son humilité était si grande qu'il relusi larchevêché de Lyon , et le palliura (Joi le pape Jean XIX voulut l'honorer. Ce saii abbé mourut à Souvigny, âgé de quatre vingt-sept ans, en lOW, après avoir répaii du son ordre en Italie, en Espagne ei H Angleterre. Son caractère dominaut ém une bonté extrême, qui le fit surnonuuel Je Débonnaire. Son nom est immortel <lan| l'Eglise, par rinstitution de la couiméinora tion générale des trépassés. Cette j)rflliqu'! passa des monastères de Cluny dansd'aulnl Eglises, et fut enfin adoptée par TEgliH universelle. On raconte diversement iû/^| vélation que l'on dit y avoir donné lieui Dans le doute, il est plus prudent dall/Jj buer celte institution à la piété illustre m| l'abbé de Cluny qu'à dps visions Ioujour! plus ou moins incertaines. . ,

Yie de sainte Adélaïde. — On a de lui dans le recueil in{\{u\é : niblioiheca ClnniaicnstH in-foL, 1614, une Vie de sainie Adelanier impéi-atrice et fenîme d'Olhou 1", uiori tru-

Ul

OM

ODI

{•^rettr cii 999. Od ne peut assez s étonner

lyit Bs^^nage, homme d'esprit el de savoir»

%\liet)lé <!« ravir à saint Odilon Thonneur

>le cet ouvrage, par des raisons qui se dé-

U'Mseol^ unes les autres et qui le tra*

hi^s«&i lai-même. Car ce n'est certainement

fifts parennviciion qu'il a pris ce parti. S'it

sVtjiidcflaéla peine de relire la petite préface

pUMJ^Veo tète de l'édition de dom Marrier

ri 4niiré Duchesne, il aurait vu que l'auteur

\ro.'inmeformellement,el qu'enfin le style

•1 hms les caractères sous lesquels il se pré-

-rnit conviennent sans équivoque à saint

0«lilfA« i qui, du reste, tous les autres cri««

Vi^uesie lonl aucune difficulté d'attribuer

ï^H^inLilalgré toutes ces preuves décisives

ten-^jf prétend que ce livre est l'œuvre

J'cacoanisaD ambitieux qui faisait sa cour

i l'impératrice pour en obtenir des faveurs

I rtd^s emplois. Peu lui importe que cette

r ffiûf esse ne fût plus au monde lorsque son

I i»toire fut écrite, que re prétendu courii-

«arecoaaaisse saint Ma veul pour son ï)ère,

) 1^1^ se donne la qualité d'abbé, et qu avec

«*ta«nble modestie, il nous apprenne que

't'Oje {lieuse princesse, un moment avant de

r-^am^prii dévotement l'habit négligé de

'«iitearqui se trouvait présent, et le baisa

•'^îŒoe une relique, en se recommandant à

« î*ièrcs et è celles de ses frères. De

^•?Jintfoirecounaît-oo ici un courtisan am-

«Lf M^ !*^^i?^ clair que les laux raîsonneanVh^.-.^'^oe ne prouvent rien contre waenticiiêdP cet ouvrage. Saint Odilon fl^nri I SP^stôlen me, lorsque le prince " " J.* >r ^taitdéjà empereur. Comme

une

Li ci.»i • , — 'tdéià empereuL. x>^ ;;• M»Qteim|,éralrice lui avait accordé

re

ÎS^K*^ ^«"« sa conflance, et qu'i V-\^J •î*^"''5 le talent de bien écrire roiWÎÎM ^*' " ^lai« plus en étal qu'un tm rlîuîï^'!^^"^''® w de conduire à bonne 57^JX^ acquitté de

rîAii» «.;? .''^» <^n écrivain aussi judir'nni^ 2,^ ^ ^'^siruit des faits qu'il ra- ^^•f9''^«« entrer dans tous les détails r^.K^^i i^^^^^^ber dans une ennuyeuse K ir-^^^'^J'^e est clair, concis, agréarl*:J*f'*''''^'} parfum de piété douce el ^aelranie, quoiqu'il ait peut-être un peu iri^p snm le goût de son temps pour les f oiivjonanctîs et les vers intercalés dans la ^'"^^;][*^nwllaitque le saint auteur eût «ce Jdee aussi arantageuse de son ouvrage. >a bumililé ne le lui faisait regarder que «trame une espèce d'épitaphe mal écrite, 7'ï" n avait entreprise que pour faire naî- ^^ àqueli^uaulre écrivain plus habile l'oc '^^»jn de consacrer sa plume à développer «a^iossi riche matière. H a divisé son écrit M deui lirres. Le premier est consacré à n«>oâtereD détail les événements çiui cornfiSenl ia vie (le la sainte impératrice et le second coolieni la relation de ses miracles. lêntm /'a dédié à André, abbé de Saintbiorearde Pavie, et à tous les frères qui viraient sous sa discipline, sans en donner •J'itttres 0Otifs, sinon que leur monastère f^t)Oflailsait sainte Adélaïde pour sa fonda-

trice. Il n'y prend que la qualité de frère, et du plus méprisable des pauvresde Cluny. Fraier Odilo Cluniacensium pauperum cunctorum peripsema. Du reste, quand il ne se serait pas nommé, on le reconnaîtrait à la qualification qu'il donne à sa communauté. £n effet, on voit par ses lettres qu'il aime à l'appeler la, communauté des pauvres de Cluny, Outre la Vie de la sainte, cet écrit nous révèle plusieurs traits intéressants des coutumes alors usitées dans TEglise, et dont une des plus remarquable est Tadoratiori rendue à l'Eucharistie. Aussi l'auteur de la Perpétuité de h foi n'a-til pas mangue de relever cette circonstance contre le ministre Claude, qui prétendait faussement que cette coutume ne s'était introduite qu'après Bérenger. La meilleure édition de cet ouvrage et la seule où se trouve la préface ou épllre dédicatoire de l'auteur, est celle que dom Marrier et André Duchesne ont donnée dans leur Bibliothèque de Cluny. Leibnitz l'a fait entrer dans son Recueil de monuments pour l'histoire du duché de Brunswick, 1707 ; et Basnage dans sa Collection renouvelée de Canisiu.s l'a réimprimée avec quelques remarques de sa façon, dont plusieurs, corn* me nous l'avons observé, sont fort déplacées. A la fin de ces éditions se lit une hvmne avec cinq oraisons pour la messe et I office de sainte Adélaïde, mais on n a pas d'autres motifs de les attribuer à saint Odilon que parce qu'ils se trouvent à la suite de son ouvrage dans les manuscrits.

Vie de saint MayeuU — Quoique Syrus et deux autres écrivains avant lui, «e fussent déjà exercés sur la Vie de saint Majeul, et

Sue saint Odilon eût connaissance de leurs crits, dont il relève d'ailleurs le mérite, cependant il netaissa pas d'entreprendre de traiter le même sujet après eux. Mais il l'a exécuté plutôt en panégyriste qu'en historien, de sorte que son ouvrage est moins une histoire au'un éloge de saint Mayeul. Il l'adresse à rabbé Hugues, qui fut depuis son successeur, et à Almanne, autre moine deCluny,àla censure desquels il le soumet. Ou juge par là cjue Hugues et Almanna s'occupaient de littérature, et l'on acquiert en même temps une nouvelle preuve de rhumilitéd'Odilon. Du reste il nous apprend qu'il composa cet écrit pendant un séjour qu'il fit à komans, monastère du Dauphiné, dépendant de Cluny, pour y chercher quelque consolation à la douleur que lui faisaient éprouver les malheurs de son temps. L'écrit a été publié pour la première fois par Surins, qui en a abrégé quelques passages, retranché quelques autres, et défigure le style» sous prétexte de le corriger ; mais les éditeurs de la Bibliothèque de Clumr lui ont rendu sa première intégrité, £nnn les continuateurs de Bollandus Tont reproduit d'après l'édition précédente conférée avec divers manuscrits, n.aisaprès l'avoir enrichi de notes el d'observations.

Sermons. — On a encore du savant abbé plusieurs sermons ou discours familiers sur divers sujets, Jotsaud, son hist(»rien, eu

Uù

ODI

DlCtlONNAlHE

ODI

parle comme de pièces capables de faire ressortir avantageusement et l'orthodoxie de sa foi, et son intelligence des divines Ecritures, et la dauce onction de son éloijuence. On en a imprimé quatorze sous son liom dans la ^i6/to//i^9ue de Clunxjy doù ils ont passé quelques années plus tard d'abord dans la Bibliothèque des Pères de Cologne^ puis dans toutes les autres éditions du même recueil. Il y en a neuf 5ur les mystères du Seigneur^ dont le premier, pour le jour de Pûi|ue, est très-court; un pour la fêle de saint Jean-Baptiste; un autre pour la vij^ile de saint Pierre et saint Paul ; deux de la sainte Vierge, pour son Assomption et sa Nativité; et enhn, le commencement d*un autre sur VJnvention de la sainte creix. On trouve dans ces sermons de quoi justifier à la lettre le jugement avantageux qu'en porte l'historien Jotsaud. Nous pouvons même ajouter qu'on y découvre tous les principes de la bonne théologie et de la saine morale. Il est peu de sermons de la même époque qui soient plus lumineux»

plus solides, plus instructifs, ni où les conclusions mora'es résultent plus naturellement des principes posés par l'orateur. Saint Odilon y cite également les Pères grecs el latins, mais en termes qui prouvent le piol'ond res|iect qu'il professait pour leur doctrine.

. Dom Morlène cl dom Durand ont publié sous son nom ùgvw autres sermons tirés d*un manuscrit de l'abbaye de Souvignv, Tun sur la Nativité de la sainte Vierge^ et l'autre sur la sainte croix. Le premier n*a ni commencement ni fin, et ce qu'on en a imprimé n*est qu*un lon^ morceau du second livre du Traité des vierges de saint Ambroise. Saint Odilon avait une vénération particulière pour ce saint docteur; il n'y a donc pas lieu d'être surpris qu'il se soit plu à reproduire quelque.^ passages de ses écrits dans les siens. Ce fragment donné par dom Martène et un autre fragment imprimé dans la Bibliothèque de Cluny nous paraissent appartenir au même sermon et en faire le luilieu et la fin; de sorte que si l'on pouvait en ri'trouver le commencement , on aurait le discours tout entier. Quant au sermon sur la croix, il n'y manque rien dans dom Martène; mais la Bibliothèque de Cluny n'en possède que les quatorze ou quinze premières lignes, et encore le titre en est-il faux, puisqu'il roule également sur 1 invention et sur l'exaltation de la sainte croix. Du reste, il est digne & tous égards de saint Odilon, qui y cite, comm6 dans les précédents, les Pères grecs et latins. Les derniers éditeurs de saint Augustin ont remarqué que le cent soixante et onzième sermon, placé parmi ceux de l'appendice du Xr volume, appartient à saint Odilon. En etfet, il est le même, à peu de choses près, que le premier sermon sur Pâques, qui n'est pas conservé tout entier, comme nous l'avons déjà remarqué.

Quelques critiques ont reconnu que le cinquante-sixième sermon, parmi ceux de

saint Pierre Damien, est l'œuvre d'un vain français; ce qui, en effet, sembla demment résulter de quelques expre^ dans lesquelles l'auteur dit, en parlai saint Martin, que Dieu, par un effet i miséricorde, l'avait accordé à notre roya Regno nostro providit misericorditer.

les autres développements qui roulen tièrement surla morale, il cite deux en le i)roclamant le Cicéron de son te un orateur que Ton croit être FulLc Chartres. Ces deux circonslances, joir plusieurs traits du style de saint Odilor 1 on croit reconnaître dans le sermon il s'agit, comme les citations de saint broise, son docteur favori, i'humililé laquelle il demande pardon de son peu loquence, tout cela porte à croire ou discours appartient en effet à l'abb Cluny, contemporain de l'évêque Fui Sanderus avait découvert de son tem l'abbaye de Laubes, un manuscrit oui tenait, sous le nom de notre abbé, piusi autres sermons pour les différentes fétc, saint Benott. Il ne paraît pas que jusq on en ait rien imprimé.

Lettres — Jotsaud atteste encore saint Odilon avait écrit un grand DombH lettres qui, comme ses sermons, étaient tant do preuves de sa doctrine ci de éloquence. Il ne nous en reste cepem que très-peu, quoiqu'on en possède sieurs de celles qui lui ont été. écrile qui en supposent au moins autani Je part. Il y en a deux d'Abbon de Fleo quairede Fulbert de Chartres, et une son clergé après sa mort. De toutes réponses de saint Odilon, nous n'av qu'une seule lettre adressée h Fulbert, est la cent huitième parmi cellesde cegr évêque, el a été imprimée danslali'i thèque de Cluny. Fulbert, çjui n'élail encore évêque lorsqu'il l'écrivit, avait r suite saint Odilon pour lui demander < conseils d'humilité qu'il pût appliquera conduite. L'abbé de Cluny lui répond donnant de grandes preuves de la sienne, qui n'empêche pas que l'on ne décou dans cettre lettre de quoi justifier le ju^ ment que Jotsaud portait en général des ) très du savant abbé. Dom Luc d'Achcry e

Eublié trois autres qui sont fort court a première, qui n est pas entière, adressée à Paterne, autrefois moine Cluny, et alors abbé en Espagne. Saint 0 Ion, qui n'y prend que la qualité de ire y parle eu son nom ainsi qu'au nom dom Sanche, évoque de Pampelune, rett à Cluny. La seconde est écrite au roi («3 cias, pour l'engager à soulager la disette ( se trouvait Cluny, depuis plus de deux an dans la lamine" générale qui aini-;eail France. Enfin, la troisième est adressée^ une dame de grande condition, dont le no n'est dési^jPé que par celte initiale K,!'^'^ la remercier du secours qu'elle avait dnin au monastère et Tassarer qu'on lav/iit/JI socice, comme elle le souhaitait, aux pneit de la communauté.

OM

DE PÂTUOLOGU:.

ODO

Entre les lettres de saint Odiloa qui srint

(irfaues il y en a?ait une remarquable.

CruU une consultation qu il adressait au

\A\it Inn XIX» au sujet d*un boinaie qui

3«AU ittè far ruse un évèque iiomnié

LtttfUQ«. et qui ne trouvant point de [)éni-

u&tepfoporlionnée à un aussi grand crime,

saut fende inoioe à Ciuny pour y pleurer

iKiï p^. Dans la suite, saint Odilon, re*

M^njamt en lui des dispositions pour* la

.ftiure et le chant, eut la pensée de le

l-urruir aux ordres sacrés; mais, comme

*) oe Toulait rien faire témérairement, il

rtiCL^U le Pape, qui lui répondit qu*un tel

Domaie ne pouvait, non-seulement être

pruun i un ^rade dans l'Eglise, mais pas

kièMt recevoir la communion laïque, ex-

nr^ir à rirtiele de la mort, où par grâce ou

lu locorderait le viatique. 11 ne resle de

ttUe oûQSultation et de la réponse du S«iinl-

hr« que U Notice que Ton en trouve, telle

(tt» BOUS venons de la donner, dans les

idtf^ do concile de Limoges tenu en 1031.

Nêsies.-- Saint Odilon, comme nous IV

«tuuoaaqué plus haut, sacrifia aussi au

w^iUdt son époque en se livrant à la poésit* .

IfâdtjicodammeQt de fhymne pour roifice

<<r iiiftle Àdélaitle, il en a composé deux

autres, en l'honneur de la Vierge; l'une,

H'^^ n'est pas entière, pour la fète de son

\^«kftiûn ; et Taulre, dont il ne reste que

ij rrtttière strophe, pour la Nativité. On en

• '^vnre encore quatre autres, savoir ; deux

' -i î€re wiûblûues et deux en vers saphi-

^\^<^. mt loffice de saint Mayeul. Enfin

^* ûs rappellerons seulement pour mémoire

^n poeiDe de cinquante-trois grands vers

54if u iDûct de l'euipereur saint Henri, et

^••a sur la cttori d'Olhon le Grand, comme

• » vm hrtliim, trompé par les éloges que

iw^iaciccûrdeàce prince. Ce poërae se

trciiu filtre les deux livres de la Yù de

^^^imla seule édition de la

*^?"5^*C/uny. Toutes ces pièces do

pf^esiestowjie n'ont rien qui les relève au-

u«^5Bi dtt mires poésies du môme temps.

-*^iwj«iïts. — On a encore deux petits

^nUmpmi^ en tôle des Sermons de saint

WI.M. Lan ftst intitulé CredutUas; c'est

une proiéfoion de foi sur la Trinité, Tlncar-

Mtioo,icSaiflMisprii et les derniers points

du^nnio/e; J'uulre est une prière aU'eclive

''^^/)/e croix. Nous mentionnerons aussi

«»«c iûU5 jcs bibliographes, le décret ou

^^(ut qa'il Ht pour rétablissement de la

^i&ûiéiiiûratiûu des Trépassés; nous en

«^•'Osdeux éditions; l*une dans la Biblio^

tk*ijue de Cluny, où ce statut est plu^ com-

IH et Taulre dans VEtoge du saint abbi^

firdomMabillon. Suivant Topinion eom-

ijutie, cet établissement remonte à Tan 998,

(cib le statut n*en fut publié qa*après la

Mderempereursaint Henri, dont la mé-

Ki'jjre/ est particulièrement recommandée.

loiin, ï tous ces écrits il faut joindre le

(vMredeCluny^ tel qu*il a subsisté jus-

'I^Mms jours, et dans lequel saint Odilon

"• recueillir et rédiger par ordre tous les

•^iimues et chartes accordés à Tabbaye sous

son gouvernement et celui de ses prédéces* seuiï.

ODOLRANNE, que Baronius faijt fleurir dès 986, ne naquit que Tannée précédente. Jl était encore jeune lorsquMl embrassa la profession monastique à Saint-Pîerre-le-Vif de Sens, où il étudia sous Tabbé Rainard, qui, après y avoir rétabli la discipline, ;r faisait revivre les bonnes éludes et enseï* gnait lui-même ses religieux. Sous un maître aussi habile, Odolranne Qt de rapides progrès et acc]uit en peu de temps toutes les sciences cultivées à son épo4]ue. Il se livra aussi à l'étude des beaux arts et prati(|ua particulièrement la mécanique et Torfévrc* rie. Tous ces talents réunis en firent uq homme célèbre et le rendirent utile à son monastère, auquel il procura de grands avantages. On cite surtout de lui un Christ attaché à la croix comme une œuvre de là plus grande perfection. Cependant ces sortes d*objets n'absorbaient que ses instanti$ de loisir. Sa principale occupation était Tétude du dogme et des grandes vérités religieuses. 1-1 éprouva néanmoins ce qui arrive queltjuefois à des solitaires qui aiment la retraite et qui mènent une vie sérieuse et saintement occupée, dans la société de personnes d'un génie tout opposé. Odolranne trouva h SaintrPierre-le-Vif de faux frères à qui sa conduite devint odieuse, parce qu'elle était une censure vivante de la leur. Il fut haï, injurié, calomnié, accusé d*hérésie et traité d'anlhropomorphite; on poussa mAme les choses au point qu'il se vit en danger de perdre la vie, et il n'échappa qu en cédant à la violence, et en se retirant à Saint-Denis, près de Paris, en 1022; il y passa un an et retourna ensuite à son premier monastère, où il fut reçu avec de grands honneurs. Son habileté dans les beaux-arts.élait si connue, qu'en 1028, le roi Robert et la reine Constance voulant faire exécuter le dessin d'une châsse pour enfermer les reliques de saint Savinien, appelèrent Odolrinne à Dreux, où la cour se trouvait alors et lui donnèrent des ordres pour se faire remettre 1 or, l'argent, et les pierres précieuses nécessaires à l'exécution de son œuvre. Odolranne réussit si parfaitement dans son travail qu'on lui en contia un second du môme genre pour les reliques de saint Potentiou. Ou ignore les autres événements de la vie de cet illustre reli-> gieux; seulement on sait qu'il vivait encore en 10^5 et qu'il n'était alors que dans la soixantième année de son âge.

On a de lui une Chronique qui commence en 675 et linit en 1032 j mais l'auteur y passe sous silence un grand nombre d'années, sans y rattacher aucun événement, et il est fort succinl sur celles où il en rapporte. Il n'y a presque que les années 999, 1031 et 1032 sur lesquelles jl s'explique avec uffo juste étendue. Ce qu'il dit sur l'an 1021, à propos de Texécutionde la châsse dont nous avons parlé, est répété de V Histoire de la translation de saint Sxivinien^ qui nous parait avoir précédé la lin dç la Cfircn^quc Cq

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morceau* qui remplit ijlus ae deux pages in-^folio forme le chapitre xxvi* et les deux suirants de cette histoire et la finit. Cest par là aussi, à peu de choses près» que finit la Chronique. On ne retrouve plus à cette année là que quatre rers dans lesquels l*au* tenr retximmande à la miséricorde de Dieu le roi Robert, dont il a maraué la mort au* pararant, et se rocommanae lui-même à saint Pierre et à saint Potentien. Purs vient ce qu*il dit sur Tannée 1032, où il uoiisap-

Krend qu il avait enrichi d*or et d'argent le ant de la châsse de saint Sanucien et de sainte Béate sa sœur. Baronius et le P. le Cointe prouvent assez clairement que la chronologie d*OdoIranne n*est rien moins

S|u*exactey et qu*il a souvent confondu les aits en les rapportant; défauts que Clarius, autre moine de Saint-Pierre le Vif, a copiés pour la plupart, pour les temps où il a suivi (Molranne, son confrère. Robert, moine de Saint-Marien d'Auxerre avertit aussi ses lecteurs qu*il a puisé plusieurs de ses faits et de ses dates dans la Chronique d'Odolranne. Pithou avait déjà publié auelque chose de cet écrit lorsque Duchesne ta don-> né beaucoup plus complet sur un manuscrit d*Alexandre Péteau. On ne saurait dire pourquoi cette Chronique ne prolbn^e pas son récit au delà de Tannée 1032, puisqu'il est certain que Tauteur a vécu au moins jusqu'en 1045.

Dom Mabillon a fait imprimer VHiêtoire de la tranêlation de saint Savinien^ dont nous avons dit un mot» et Ta accompa>;née d'observations préliminaires dans lesquelles il donne des raisons (brt plausibles, pour montrer qu'elle appartient à Odolranne. La manière dont Tauteur y parle de l'archevêque Léoteria est une preuve qu'il écrivait son histoire en 1032, époque de la mort de ce prélat. C'est sur ce fait que nous avons annoncé qu'on en avait détaché la partie qui se lit dans la Chronique du même écrivain. Odolranne, dans cet écrit, remonte jusqu'à Tépiscopat de Tarchevêque de Wenilon» au IX* siècle, et y fait entrer touX ce qu*il savait de la découverte et de la translation des saints martyrs Savinien et Potentien, avec la relation des miracles qui les avaient accompagnées et suivies. Il la finit parle transport des reliques de saint Saviuien de la châsse de plomb, où elles reposaient auparavant dans celle que la reine Constance avait fait faire sous la direction d'Odolranne lui-même. Ce qui rend cet écrit particulièrement intéressantt ce sont divers traits des archevêques de Sens et des abbés de Saint-Pierre-le-Vif. Les calomnies dont Odolranne se vit poursuiri l'engagèrent à écrire une Apologétique pour se justifier. Dom Mabillon en a publié le commencement sur un manuscrit incomplet de la cathédrale d'Orléans. Elle est adressée au directeur de l'école de cette Eglise, à Aycfroi, abbé de Saint-Avit, et à Hugues, archidiacre de TEglise de Sens. L'auteur, dans cette lettre, fait mention d'un autre écrit qu'il avait été obligé de publier sur le même sujet et qu'il avait intitulé

PlainteoM gémissement, m Lamentationenu Ces deux lettres se trouvent dans un manu crit de la bibliothèque du Vatican. Un n cueil manuscrit de l'ancienne bibliotbèqi Saint-Germain, à Paris, possède uo auii écrit du moine OJolranne sur Torigine qu rapporte à la reine Théodecbilde, ou Thei deenilde, fille de Thierri, roi d'Austrasi qui épousa un roi étranger. Mais il para

3ue cet écrit est fort peu de chose, puisai om Mabillon n'a pas jugé à propos de faire usage dans son histoire de la fondatio de ce monastère.

ODOLRIC, le plus zélé partisan de Tapo! tolatde saint Martial, après Adémar de Chi banals, fut placé dès sa première jeunes^ dans le monastère de ce liomà Limoges. L désir de perfectionner son instruction le i IMi^ser ensuite dans Tabba ve de Fleurj, qa possédait une des plus célèbres écoles de n temps-là. Après y avoir étudié pendan plusieurs années sous les célèbres oiaitre Abbon et Gauziiu, il retourna dans son mo nastère de Saint-Martial emportant arec lu un grand fonds de savoir qui lui ?a!ul ) réputation d'un des hommes les plus docle de son époque. Hugues, son aobé, faisai tant de cas de son mérite qu'il le choisi pour compagnon habituel de ses Toyages ce qui lui procura l'agrément d'aller (juei quefois à la cour. Dans une de ces occasions^ il se trouva à Paris à une conférence f^ meuse qui se tint en présence du roi, eotre plusieurs personnages également dislio^ués par leur rang et par leur savoir, et dont le sujet était l'apostolat de saint Martial. A)& mort de l'abbé Hugues, arrivée en 1^5, toute la communauté s'accorda pour élire à sa place Odoiric, qui reçut la béoédictioQ abbatiale des mains de Jourdain, son éTè* que. Il gouverna son monastère avec nou moins de sagesse que d'habileté, pendant l'espace de quinze ans, et mourut, suivaiil l'opinion la plus commune, en 1040, aprèîi avoir assisté à la dédicace de l'église de\eD* dôme, qui se fit le dernier jour demaidel^ même année. Dès Tan IO28, Odoiric aiail fait célébrer la dédicace de l'église du Sauveur. Cette cérémonie fut suivie d*un cod* cile composé de onze évèques, en y coin-

Sreuant Godefroi, archevêque de Bordeauii ►n y agita la fameuse question de Taposiolatde saint Martial, question si souvent débattue déjà, et qui fut discutée de nouveau, avec plus de soin et un zèle plusem- Ïressé encore dans un concile qui se liut â imoges, comme le précédent, en 1031 L'abbé Odoiric, qui s'était donné beaucoup de mouvement pour la convocatiou Q» ce concile, y joua un grand personnage; cj qui nous porte à croire que ce fut lui 4^ prit soin d'en recueillir les Actes, fort pn^ liies du reste, mais intéressants pour sojj monastère. Cette opinion, qui ne nous par*» nullement hasardée, résulte pour nous ub Tatlcnlion que met Tauteur à relever n savoir de chacun des évèques qiii P"^?

la parole en celte circonstance, w"y" que lorsqu'il s'agit de ses discours n ^^

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^^oioe en se donnaol (e titre d*abbé de ^|lto( Marliat. Ces actes sont divisés en deux

Îrti« comprenant chacune ce qui fut dit sutué dans les deux sessions du concile, û» 601 le 19 nOTcmbre 1031 etnonl03&^, Kooe ^prétendent Baronius et Binius. 11 fV; treina neuf évoques, avec Aimon de .borbûoqui les présidait. La première par- ■%fBJ est la plus lonppie» contient tout ce futdil en faveur de l'apostolat de saint il!. Mais tous ces discours se rapporàla décision du Pape Jean XIX et à d« concile tenu à Bourges, quinze après celui de Limoges, sur le même ; décisions, au reste, qui ne sont fonqoe sur la fausse légende du saint, rat représenté comme discipledu Sei^ ordonné évèque par Jésus Christ le jour de l'Ascension et envoyé par diQS les Gaules. L'autre partie de ces est plus intéressante. Il y est encore lion de saint Martial et de son aposi, mais elle rapporte aussi (tlusieurs rè- ~eiilsdedisci»hne et entre dans un grand ddecequi lut dit etdécidé pour éla- ■wit paix que l'on nommait alors la trêve ^ttflo. Ces actes, dont nous n'avons pas la -ftiMil bien écrits pour le temps. On les Irosftdaus le Recueil des conciles imprimé «tt Lftone eu 16ifc, et le P. Labbe les a pey^^Pts daos sa Collection générale des con- «■■►Ooywiaséréles rèj^Iemenls duconga de Bourges dont nous avons parlé, règy^Uqui, à Quelques particularités g|ojtw«nl en effet lus, conflrmés et adop- ~q>jasiesecood concile de Limoges. Ces waeUdoQlle premier concerne l'apostolat ~*«»nt Martial, roulent sur des points im- ^J^J^ de la discipline ecclésiastique et ^^*** ^ ?®^l lœuvre de l'archevêque ^^^•«fde cinq évèques assemblés avec ^J^j^^tfîftienne du Puy, Rémon deCler- Wûïon ou Raimond de Mende, ^^w,etDieudonnô de Cahors, tous ^^ï^^issislèrent ensuite auconcilede l^^mTV!^ Jourdain de Limoges, Isem- ^ «mrers, Arnaud de Périgueux et

J;^'^^^^? avoir été engagé dans le t»r^a5liiyj le parti des armes, se fit

^'(^/^aiCarbie. Paschase Radbert, qui en

^/l if^f fly^Dt abdiqué en 851, Odon fut

choisi pour lui succéder. En cette qualité il

tsjisu au concile de Soissons en 853. On le

tira de son monastère en 859 pour le placer

lar/esiégedeBeauvais, vacant par la mort

(i'HeriDeofroi. Après avoir terminé, en 862,

le diféreod qui régnait entre Charles le

ûbauve etlotbaire son frère, et assisté au

coodie de Pistes, il fut envoyé à Rome la

Ojéfloe année pour porter au Pape Nicolas

It:) actes du concile de Sen4is. L'année sui-

îiDte, il fit le même vojrage pour porter

ceai du concile de Verberie.

Ses Écarrs. — A la demande d'Hincmar,

Oioo écrivit un ouvrage contre les Grecs

ie)tismatiqu6s, d'après I ordre gu'il en avait

rH;adaPape. Cet écritfut corrigé par Hinc-

lu^r.qui y fit quehjues changements. C'est

tout ce que nous savons de cet ouvrage, qui n'est pas venu jusqu*è nous. Il nous reste quelques autres écrits sous son nom, mais on n'a pas de bonnes preuves qu'il en soit auteur; savoir un Discours sur saint Lucien^ patron de Beauvais^ et les Actes du concilt de Pontion en 876, divisés en neuf articles dans l'édition de Baluze, et en quinze dans les Conciles. L'annaliste de saint Bertia dit que ces actes furent dressés sans l'avis des conciles, et qu'ils ne sont en eux-mêmes d'aucune utilité, parce qu'ils se contredisent. Peut-être ne les atlribue-t-on à Odon* qu'à cause qu'il assista à cette assemblée avec les légats du Pape. On a de lui, dans le IX* tome des Conciles^ un acte daté du 1*' mars 875, par lequel il consent à l'union des terres données à son église par ses pré* décesseurs, et en fixe le nombre des chanoines à cinauante. Flodoard parle d'un autre écrit d'Odon sur la solennité de Pâques; mais cet ouvrage est perdu. Le nécrologe de Corbie* marque sa mort au 28 janvier 881.

ODON, moine de Glanfeuil, aujourd'hui Sainl-Maur, dont il devint ensuite abbé, accompagna le corps de saint Maur, fondateur du monastère, dans tous les lieux où l'on fut obligé de le transporter pour le soustraire à la fureur des Normands. Ces courses et ces alarmes ne finirent qu'en 868. Alors les reliq.ues du saint furent déposées au monastère de Saint-Pierre des Fossés près Paris, où elles restèrent depuis : ce qui a fait donner à ce monastère, converti dans la suite en une église collégiale de chanoines, le nom de Saint-Maur au lieu de celui de Saint-Pierre. L'année suivante 869, le roi Charles le Chauve, étant allé visiter ce monastère, lui soumit celui do Glanfeuil et y établit Odon pour abbé. Godefroi, qui le gouvernait auparavant en celte qualité, parait lui avoir cédé sa place. On lit néanmoins la souscription d*Odon, en qualité d'abbé des Fossés , dans les Actes du concile de Soissonsj en 862 ; mais on a produit plusieurs exemples de souscriptions postérieures à la date de certaines assemblées, parce au'il arrivait souvent qu'on en envoyait les actes aux évêques ou abbés absents pour les souscrire. On ignore les autres particularités de son histoire et le terme de sa vie. On sait qu'il était homme sincère, de grande probité, et qu'il avait fait d'assez bonnes études.

Ses égbits. — Odon revit et corrigea la Vie de saint Maurj premier abbé de Glanfeuil, connu depuis sous le nom de Saint- Maur-sur-^Loire en Anjou. Cette Vie avait pourauteurjle moine Fauste. Quoique Odon n'eût que de bonnes vues dans ses corrections et ses changements, on lui a reproché généralement d'avoir touché à l'original.

11 composa, en 868, un ouvrage divisé en

auatre parties : la preuiière contient l'histoirû e la destruction du monastère de GlaiVfeuii ; la seconde, son rétablissement; la troisiène, la relation des miracles opérés dans la translation des reliques de saint Maur & Saint

151 wx) dK^'Ï^ïonmire;

Pierre des Fosses, dont ii avait été téndOin, les ayant accompagnées dans leur transport;

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la quatrième, la translation de Glanféuil à i*abDaye des Fossés, dont il fut ensuite abbé. Tout Touvrage est dédié à Aldemode, archidiacre de 1 Eglise du Mans, le même à qui il avait adressé la Vie de $aint Maur par le moine Fauste, après lavoir retouchée. Il inséra, dans Thistoire de la translation des reliques de ce saint, oe qu*en avait écrit Gauzelin, abbé de Glanfeuil. Tous ces monuments font partie du VI' tome des Actes de l'ordre de Saint^BenoU^ excepté la Vie de $aint Maur^ qui se trouve dans le

[premier. Ils avaient déjà été imprimés dans e Recueii des historiens fiançais par Duchesne et par dom Dubreuil, à la suite d*Aimoin. On lésa insérés depuis dans le recueil de Bollandus, au 15 février, avec la Vie de saint Maur par Fâuste. Le manuscrit sur lequel ils ont été rendus publics contenait un discours sous le nom d Odon. Comme ce n*était qu'une répétition des miracles opérés dans la translation des reliques du saint, on n'a pas jugé à propos de le mettre

au Jour.

OBON, dont nous allons parier, fut offert

{»ar ses parents à Saint-Martin de Tours dès es premiers mois de sa naissance, ce qui fait conjecturer quUl est né à Tours ; mais son panégyriste lui donne pour patrie le Maine. Abbon, son père, conGa son éducation h un prêtre de sa dépendance et, plus tard il se rendit che^ Foulques le Bon, d*où après quelque séjour il passa au service de Guillaume le Pieux pour se former à Texer*cice des armes. Vers Tâgo de dix-neuf ans il entra dans le clergé de Tours en Tannée 899. Jl faut donc mettre sa naissance vers Tan 879 ou 8S0. Lorsqu'il (ut embrassé la cléricature il ne s'occupa plus que de la prière et de la lecture des interprètes de l'Bcriture, et s'appliqua dans ses mortiticalions, à se conformer à la rè^le de Saint**Benott, FortiQé dans la vertu, il se rendit à Paris pour apprendre les belles-lettres, sous la conduite de Rémi d'Auxerre. Rentré à Tours il fit un abrégé de saint Grégoire sur Job, à la prière de quelques-uns de ses amis. Désireux de pratiquer la vie monastique, il parcourut avec un chevalier nommé Adegrim divers monastères ; mais, n'y trouvant pas la régularité qu'il cherchait, ils se retirèrent dans une cellule qu'ils s'étaient £aite dans un lieu écarté. Adegrim, envoyé à Rome par Odon, passa par le monastère de Baume en Bourgogne; trouvant là les mœurs qu'il cherchait il y attira Odon. Après avoir lait ses épreuves dans le monastère, Odon fut chargé du soin et de l'éducation des novices, Plein de zèle pour la conversion de ses parents il obtint de les aller voir, et son succès fut tel qu'il ramena son père et ' le lit recevoir dans le monastère. L'abbé Bcrnon, prévoyant qu'Odon deviendrait illustre, le lit ordonner prêtre ; ce à quoi il ne consentit guedifficiiement et après avoir exposé en présence de Tévêque de Limoges, uar un discours toucbanti quelle était la

dignité du sacerdoce et les désordres mauvais prêtres.

Bernon sentant sa fin approcher dép sa qualité d'abbé, et les frères procla rent Odon, qui n'accepta cette charge ^ lorsqu'il se vit menacé de l'exoommuiii tion. Il était dans la quarante-huitième^ née de son ûi^e lorsqu'il reçut la bétMicii abbatiale. Après la mort de Bcrnon il se tira à Cluny, l'un des trois nionasioi qu'il avait sous sa conduite. Les deux a très étaient c^lui de Saint-Martin à B^)^ ses, et celui de Saint-Maixent dans le Poiio aa conduite fut telle que tous les monaslèr se soumirent h sa juridiction, et Cluny ù vint une des plus célàbres abbayes i royaume.

Informés de sa capacité dans le mamV mont des atfaires, les Papes le firent vejsj è Rome, afin de conférer avec lui et prioflt paiement pour réconcilier Hugues ave Albéric, patrice des Romains. Dans le irm sième voyage qu'il fit à Home, il y tomb malade et, sentant sa mort prochaine, ; demanda à rentrer dans son pays. Il reaJi son âme à Dieu, le 18 novembre 9^2

Sa Vie fut écrite par un de ses disciple. nommé Jean, natif de Rome et chanoine di celte ville. Il dédia son ouvrage anxmoinei de Salerne. Les faits n'y sont point rapportés dans Tordre chronologique; mais ils ne sont pas moins dignes de fei, puisqu'il en avait été témoin lui-même, ou les avait appris d'Hildebrand, prieur de CluBf, sons lequel il avait été élevé dans les ele^ cices delà vie religieuse. Nalgod, moineda même monastère, au xn* siècle, relouch; l'écrit de Jean et le mit en meilleur ordre i il place la mort de saint Odon en 9k5. Jeaa n'en avait pas marqué Tannée. FrodoanI, écrivain contemporain, la fixe en 942, e( cette époque, qui est la plus suivie, est autorisée du témaignagede liuguesde Flavigny.

Ses ÉCRITS. — En traitant dos oundi^ei de saint Odon, nous devrions commence:

par ceux qu'il a faits étant chanoine, pork-: ensuite de ceux qu'il écrivit n'étant qu« moine; puis desautres auxquels il travailla étant abbé ; mais Téditeur n ayant pa> suivi cet ordre chronologique, nous nous conformons à celui au*il a tenu.

Abrégé des Morales de saint Grégoire - Odon, à son retour de Paris, écrivit cet ouvrage, à la sollicitation de quelques chanoines de Tours ; mais ce ne fut qu'après s'en être défendu longtemps sur son incapacité et l'indécence qu'il y aurait è changer ou à retrancher quelque chose «lansiin ouvrage de si grand prix. Il se rendit cnlm lorsqu'il connut que saint Palère n'avait fait aucune difficulté de tirer des extraits des Morales de saint Grégoire, comme uc tousses autres écrits, pour en faife un commentaire sur l'Ecriture. Saint Odon ne mu rien du sien dans son abrégé. 11 ^^^^r non-seulement le sens de roriginar, mai* encore les paroles, et s'astreignit jusqua suivre la division des livres, qui soni flU nombre de trente-cinq.

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DE FATROLOGIE.

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Yîe df saint Géruuld^ comte d'AurUlac, —- >i<jD composa celte Vie aux instances de riirpion, ëréque de Limoges, d'Aimon, son ip:7^ abbé de Tulle, et de quelques autres i^rvionesiie distinction. Ce qu'on disait

> e saioi Gérauld paraissait si extraordipriff, .jne quelques-uns avaient peine à y (r»:re; d'autres, du nombre de ceux qui I TfiK djDS les délices , disaient que le ymifAnit vécu lui-môme et que ton te- :ui< ii *'éiail sanctifié. Odon prit le parti de •f renJre sur les lieux et de s'informer du ▼'i:, aTini de rien mettre par écrit. Quatre »'tf*P5 de saint Gérauld, Hugues, moine, M'i .i*>eri, prêtre, un autre Hildeberl, laïque, X. Wi.urJ, lui apprirent ce qu'ils savaient.

> cioientde les avoir entendus ensemble, .'£5 îDterrogea séparément, afin de voir

* ^/accorderaient dans leur récit. Après u-î pT^ulions, ne doutant pas, par les cir- '":>tanees qu'ils lui rapportèrent de sa vie, lue Dieu ne Peut placé dans sa gloire, il VI j»ouToir les rendre publiques. A la *' oePouvra^e est une lettre à l'abbé A.vs '", fuis une préface dans laquelle saint '^>o finJ compte de la manière dont il Ta •vciie. Il est divisé en quatre livres, dont les iruiremiers renfermentia ViedesainlGé- MiUses œuvresde piété, ses. fondations, n'jaèmeDl celle de l'abbaye d'Aurillac et •ociiracles qu'il fit pendant sa vie. Ceux î'niuprès sa mort, f(»nt la matière du qua- •"-•s livre. Cette Vie a été réimprimée i^îMirius, au 13 d'octobre.

hwom en V honneur des saints, — Suiv^Qt,daps1a AY»/tolA^9u« de Cluny^ quatre »>'>)Ufsde saint CWon ; le premier, sur la rtf>;iç la chaire de saint Pierre ; le second, ï«Ur>noeur de sainte Marie-Madeleine ; le ^'^^ha^, à la lauange Je saint Benoît ; le ^'a|rièiae, sur l'incendie de la basilique de J«^w-Marlin, par les Normands, en 904, ^-*^C)otjDd Marie-Madeleine avec Marie 7 p*^M«,sœur de Lazare. Il ne dit rien ''^'lïmede cette dernière à Marseille ; "'•ï'fiJ parle de la mission de saint Maur ^o>raflcemflime d'unfaildont il ne doutait ^''•^•'(IQ*;]. croyait arrivé du vivant de *^""l BeDoli. Airaoiu de Fleury, presque «Jfl'i^nip'^rain d'Odon, cite ce discours sous ^'ûnora.Dom Jean Dubois l'a inséré dans 1^'" recueil, avec le sermon de la Made- "'°^' Dom Martène dans ses Anecdotes^ ^^^ en cile un cinquième qui fut prononcé ;^iourdelafèle de saint Martin. Odon y ^îMc peu de choses du saint, mais il se f Nnd eu moralités. Sigebert loue la faci- '^^/luarail cet abbé de composer et de ;;"ier des homélies et des sermons en '.«innear des saints ; et, par là, il semble j^Mftuer mi*i| en avait entendu un grand "'^lubre. On en cite un recueil que l'on '"Q'^rve dans les bibliothèques d'Italie; ';;^'»''n*a pas encore paru. Celui de laMa- ''^'•tine y commence par les mêmes mots 4^^ûans les imprimés.

^^^rttieni sur le sacerdoce, — Livre pre^ Jp' "" Turpion, évéque de Limoges, avait "'^ 'Ré Odoa> mettre par écrit l^nlrelien

qu'il avait eu avec lui sur Iti dignité du sacerdoce, et sur l'état présent de jEgtiae, Odon réduisit en trois livres ce qu'il avait dit sur ce sujet, et les envoya à cet évéque avec une lettre oui sert de préfaee. Ils «ont intitulés : Conférences ou Entretiens. Dans le premier, il traite des diverses calamités dont les hommes sont affligés en cette vie, il fait voir qu'elles servent, dans l'ordre de Dieu, de châtiments aux méchants, et d'épreuves aux bons; qu'elles serontsuivies dans l'autre d'une joie éternelle pour ceux

3ui les auront souffertes avec patience, et 'une peine éternelle pour les méchants, qui ne les auront supportées qu'en mur-* murant. Il entre dans le détail des moliis Que Dieu peut avoir pour nous afiliger. Quelques fois c'est pour nous punir de nos péchés passés : ce qui nous en fait concevoir de la douleur. D'autres fois à peine permet-il que nous soyons exposés aux dangers, qu*aussitôt il nous en délivre : c'est pour nous engager à l'aimer davantage; en d'autres occasions il nous menace pour nous détourner du péché. Quant à ceux qu il punit en ce monde et en l'autre, ce sont des endurcis que les tribulations n'ont pu convertir. Dieu ne punit pas même toujours les méchants en cette vie : c'est un indice qu'il réserve à les punir dans l'autre. Odon s'étend sur le mépris que l'on faisait de son temps des exccTmmunications portées par les évéques. Il combat cet abus, en montrant que ce. mépris retombe sur Jésus-Christ même.

Il rapporte à ce sujet les exemples de l'empereur Théodose et d'un roi d'Angleterre qu'il né nomme pas, qui ont bien voulu se soumettre, le premier à resjjecter l'excoui municalion portée contre lui par un simple moine; le second à demander a genoux pardon à son évéque de l'excommunication qu'il avait encourue en mangeant avec des excommuniés.

Second /iVre. 7— Odon parle dans le second livre des désordres du clergé et des moines. 11 reproche à ceux-là leur vie voluptueuse; à ceux-ci leur vanité. Ils n'osaient dit-il, changer la forme de leurs habits, dans la crainte d'être censurés du public; mais ils eii changeaient la couleur, et cherchaient ce qu'il y avait de plus doux et de plus tin. Il V avait même des abbés qui rougissaient de l'habit prescrit par la règle. Il parle encore de la profanation des lieux saints, des communions indignes, et remarque dans cette occasion que si dans les premiers siècles de TEglise on oOTrait plus rarement le saint sacrifice qu'à nrésent on l'offrait avec plus de respect et de piété. Il en prend à témoin la malpropreté des églises de son temps, des vases d'autel, des linj^es et des ornements destinés à la célébration des saints mystères. Les prêtres prenaient beaucoup plus de soins de leursproj)res meubles quede ceuxdeTégTise.

Leur vie les rendait méprisables aux sécu« liers, qui savaient néanmoins respecter la vertu dans les ministres en qui ils en remarquaient, Que ceux, dit le saint abbét <}uî

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