‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 17 sur 207 · OD · texte numérisé non relu

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veulent offrir à Dieu sur Taulel se sacrifient eux-mêmes auparavant par la raorliQcation de leurs vices et de leurs passions; autrement on doit les regarder plutôt comme des téméraires que comme des ministres d'un si grand mystère. Il dit de fort belles choses sur Tinnocence des mœurs qu'on doit apporter à la sainte table, et conQrme ee qu il dit par divers exemples de prêtres punis à Tautel même dont ils s'étaient approchés avec de mauvaises dispositions. Il ne désapprouve pas la magnificence dans les vases et les ornements d'autel, pourvu qu'on ait en vue la gloire de Dieu; mais il préfère à l'or et à l'argent la pureté de vie, no trouvant avec saint Jérôme rien de plus riche que ces saints qui portaient le corps de Jésus-Christ dans un panier et son sang dans un calice de verre.

Troisième livre. — Il emploie son troisième livre è montrer qu'il est nécessaire que les chrétiens, soit clercsi soit laïques, soient affligés en ce monde, tantôt par les ennemis de la religion, tantôt par leurs propres frères, parce que leurs péchés sont grands. Il rapporte beaucoup d'exemples, principalement de reli^ieu^x qui ont été punis sur-lecliamp pour avoir prévariqué dans des points essentiels de leur règle.

Antiennes et hymnes en Vhonneur de saint Martin.— Odon avait, au jugement de Sigebert, le talent de composer des offices pour les fêtes des saints. Thrithème ne parle que de celui de saint Martin. Il en reste douze antiennes tirées de la Vie du saint, et une hymne dont la première strophe est rapportée par Jean, son disciple : cet historien cite deux autres hymnes que nous n'avons plus et les douze antiennes dont nous venons de parler. Il paratt i]ue saint Odon les avait notées et qu il avait tellement assorti le chant aux paroles qu'on ne trouvait rien de plus doux que cette mélodie. Jean ajoute qu'on les chantait de son temps è B(>névent. Nous avons une autre hymne de saint Martin dans les Annales de dom Mabillon, dans laquelle Odon se nomme lui-même. Il y en a deux autres du même abbé; l'une sûr le sacrement du corps et du sang de Jésus - Christ; l'autre sur Marie Madeleine qu'il appelle sœur de Lazare et qu'il confond encore avec la femme pécheresse. L'hymne du saint sacrement se trouve dans Arnoul Wiou dans le troisième toiue des Anecdotes de Muratori. Celle de la Madeleine a été long* teu)ps en usage dans l'Eglise romaine. Ce sont là tous les ouvrages de saint Odon dans la collection que dom Marrier et Duchesne en ont faite.

Vie de saint Grégoire de Tours. — On aurait dû faire entrer dans ces recueils la Vie de saint Grégoire deTours^ qui est aussi de saint Odon. Elle porte son nom dans divers manuscrits et l'on croit qu'il la composa lorsau'it était chanoine de Saint-Martin et chargé e l'école de cette église. Il était jeune alors, et de là vient que le style de cette vie est plus fleuri que celui des ouvrages qu'il coni- )>usa daus ta suite.

Occupations. — ^Jes Carmes déchans Paris possédaient un owvrage man usevers sous le nom de sai n t Odon ; il éiaik i\ lé : Occupations àedom Odon abbé; et dtvi quatre livres. Le premier avait pour titr r ouvrage de Dieu; le second De la crt de rAommc;le troisième. De la chute ta corruption de la nature humaine dt sa chute: le quatrième. Des Pères de i cien Testament jusqu'à la venue de Ji Christ. Quoique le fond de tous ces si soit pris à l'histoire, l'auteur n'y fait a* moins rien entrer d'historique.

Vie de saint Odon. — Nous avons ans* vie de saint Odon par lui-même; mais il borne à ses premières années et y do/ une idée de celle de son père. 1/ dit dei père Abbon qu'il était très- versé dans Yl toire ancienne, que sa probité élail tellem connue que ceux qui avaient des prot venaient de toutes narls pour s'en remet: à sa décision; uu'il avait coutume de ce brer les veilles des saints et de passer ce de Noël dans le silence, les larmes et prière.

On cite de lui un traité sur Ja mtw/f en forme de dialogue, qu'on dit être pan les manuscrits du Vatican. SaAuHidonnvâ composé plusieurs autres ouvrages dont ne nous reste rien que les titres: un coa mentaire sur les livres des Bois^ compoî des passages des Pères, surtout de sdin Grégoire le Grand: un traité sur ^"arriréeà corps de saint Benoit au monastère de Fleurj; sur-Loire : des notes et des gloses sur la ht de saint Martin^ par saint Sulpice-Sétfèfe une homélie sur ces paroles de l'EvangiH selon saint Jean : la Mire de Jésus sf tenm auprès de ta croix; un abrégé des IHahg^n de saint Grégoire, et un traité du mt'fru du monde ; mais on croit que ce' deraiei écrit est le même que ses entreticos ou Conférences.

Prières pour les morts^ — Saint OJon raconte, dans le second livre de ses Confères ces, un fait intéressant pour la discipline de l'Eglise. Un voleur, ayant reçu chez luicleui étrangers, se mit en devoir de les massacrer la nuit, afin de se saisir de leurs dépouilles. Hs se défendirent et le tuèrent. Avant de l'enterrer on le porta à l'église, et le prôlre arrivé aux paroles de la consécraliofl enteo dit sur le toit de l'église un bruit terrible*. en même temps l'autel se fendit depuis w haut jusqu'en bas. Le prêtre effrayé se saura et laissa le sacrifice imparfait. Que cela son dit, conclut-il, contre ceux qui par làyeur pour les scélérats promettent de prier pour eux. On croit qu'il rapporta ce fcit pour combattre l'opinion de ceux qui simapnaient que l'oblation du saint sacrifice po» vall être utile aux damnés ou pour lesd^i}' vrer des peines de l'enfer ou pour les adoucir. Il paratt que les moines de Fleury lavaiwi* adoptée, puisqu'ils otfrirent des prières pour les voleurs qui avaient été tués d«ns ua combat, espérant que si elles ne ;f %"' vraienl noint de la damnalign rtcTnelie,cue5

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jumrauot du moins leur obtenir du souvertiu Jage une sentence plus douce. C*est ce «{uedit le moine Adrevald. On trouve dans un aûcieo missel de Vabbay e de Saint-Gui- Ume au Désert dans le diocèse de Lodère Que oesse pour ceux dont le salut est dou-

OmucBs su^pos&s. — Dom Marrier atlri- MàsiîntOdon Phistoire de la translation im reliques de saint Martin de Tours à iojterre et d*Auxerre à Tours; mais il y a Da« si grande différence de style entre cet dntet ceux d*Odon, qu'on ne peut Vy re rmBiltre. Son style est grave, clair et natuiti.ttodis que celui de l'bistoire de la iRflilition est dur, embarrassé, et affecté; « <}ui doit &ire supposer que cet ouvrage l'Mpas de lui.

Quelques-uns lui ont attribué une chro-

ïïi^na qui commence à la création et finit en

937 de Jésus-Christ. Mais l'anonyme de

Mannoaiier assure (]u*elle est de Thomas

Coiies, qui lui avait avoué qu'au lieu de

teUre son nom à la tète de cet ouvrage il

iiTût mis celui de saint Odon. A Tégard

ik U fie de »aint Mari ou Marins , qu^oti

5ap(iosele diseiplede saint Pierre et de saint

Piaî, c'est sans aucune vraisemblance qu'on

ItUribue à cet abbé, puisqu'il y est parlé

oeift translation des reliques de saint Mari,

^%(^^'elle ne se soit faite que dans lo

ir siicle. Un manuscrit de la bibliothèque

ïTirecht lui attribue aussi un sermon sur

r.bsomj)âon de (a sainte Vierge ; mais dans

<lautres il est sans nom d'auteurs ou il porte

t^Ui de Fulbert évèque de Chartres.

ODON, diacre de l'église métropolitaine

<l*Aoch, ne nous est connu que par une

lettre adressée à Garcias 1" son archevêque.

Votnk quelle occasion elle fut écrite, vers

^v^ttS. Guillaume, comte d'Estarac en

^Nope, voulant épouser une de ses pa-

f«in»,ce prélat fit son possible pour 1 en

«litoomt.Mais n'ayant pu y réussir, il; se

troaraeorae dans la nécessité d'y donner

ton ctyoseatement ; ce qu'il ne fit qu'à cer-

tijnes cofiditions et en chargeant Odon

<'«fl(/resser Pacte. Celui-ei peiné de se voir

^^àrpi de cette commission ,. écrivit à Gar-

^'^^ poDr lui témoigner sa répugnance et

fi raisons sur lesquelles elle était fondée.

lidjoutequHl s'y était néanmoins déterminé

î^t lui obéir, et en vue du bien qui devait

^ reveoir à toute l'Eglise d'Aquitaine. Au

'«stf» celle lettre est remplie de barbarismes

^1 tl'autres fautes contrée la construction

grammaticale, et n'est guère intéressante que

V^^ montrer, que tous -ceux qui se raô-

^^W alors d'écrire, n'étaient rien moins

^ue bons grammairiens.

^tK)N, f\xn des plus savants hommes de ^Q temps, naquit à Orléans, vers le milieu ^o^r siècle, d'une famillo noble, et qui ^■optait plus d'un héros dans la profession w$ irmes. Il suivit une autre carrière, et, *pfw avoir reçu les premières leçons de uQfaQce, il obtint de ses parents la permiswon (Tenlrer dans le clergé. Le jeune ^*>a s'appRqua è Tétude avec uo succès si

marqué qu*il obtint le titre de docteur avant même d'être sorti de l'adolescence. Son amour pour les lettres lui inspira le désir de les enseigner publiquement. Il exerça d'abord cette profession dans la ville deTouU où il ne fut pas longtemps, puis h Tournai, où les chanoines de Notre-Dame lui confièrent la direction des écoles du chapitre. A la science qu'il possédait à fond , il joignait une grande vivacité d'esprit , une vaste étendue de mémoire, une probité de moeurs irréprochable, beaucoup de retenue et de modération dans les dispu^ tes, et une facilité surprenante à résoudre toutes les questions. Sa réputation de maître ne tarda pas à lui attirer un vaste concours d'étudiants, accourus pour Tentendre . non-seulement de toutes les contrées de la Flandre, de la Bourgogne, de la Normandie et des autres provinces de la France, mais encore de Tltalie et de la Saxe même. Tournai était devenu comme une nouvelle Athènes, et sa population semblait entièrement vouée à l'étude de la philosophie. La méthode qu'y suivit Odon était celle de Boèce et des autres anciens, la même qu'Anselme du Bec avait adoptée, c'est-à-dire celle des réalistes. Mais ce ne fut pas seulement par l'étendue et la solidité de son savoir qu'Odon se rendit célèbre, il le devint encore par son éminente vertu. Il est vrai que quelques-uns attribuaient cetta vertu, moins à la religion du chrétien qu'à l'orgueil du philosophe; mais Odon ne tarda pas à prouver le contraire.

Il V avait près de cinq ans qu'il dirigeait l'école de Tournai lorsqu'il fit l'acquisition du traité Du libre arbitre de saint Augustin. Comme il avait alors plus de goût pour la philosophie du siècle que pour les écrits des Pères, il le jeta dans un coffre et lui préféra la lecture de Platon. Mais au bout de quelques mois, dans une explication qu'il donnait à ses disciples de Vouvra^^e de Boèce intitulé De ta consolation de la philosophie^ étant tombé sur un passage du quatrième livre où il est (question du libre arbitre, il se souvint du livre qu'il avait acheté, et se le fit apporter. Il en avait à peine lu deux ou trois pages qu'il se sentit charmé par la beauté du style et la grandeur des pensées. Appelant alors ses disciples pour leur faire part du trésor qu'il avait découvert, il leur avoua q^iie jusque-là il avait ignoré que saint Augustin lût un écrivain aussi éloquent et aussi agréable ; et, commençant aussit(^t à leur lire et à leur expliquer ce traité, il y consacra tout ce jour-là et le suivant. Quand il en fut arrivé à ce passage du troisième livre où l'auteur compare l'âme pécheresse à un esclave condamné pour ses crimes à vider le cloaque et à contribuer ainsi à sa manière à rornoment de la maison, Odon, poussant un profond soupir, s'érjria : « Hélas I que cette pensée est touchante ! Ne dirait-on pas qu'elle nous regarde parliculièroent, et qu'elle n'a été écrite qae pour nous? £n ofict, du peu de science que nou^ possédons, nous nous appU'pions à eruev

lae

ODO

DlC^ONNAlRE

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ce monde corrompu, et après la morl n^Us serons jugés indignes de la gloire céleste, parce que nous n aurons rien fait pour \e service de Dieu, et qu'au Heu d'y consacrer notre science nous en aurons abusé pour poursuivre la gloire mondaine et courir après la vanité. » A ces mots il se leva et se retira dans IVglise en fondant en larmes. Toute son école fut émue, et les chanoines remplis d'admiration. A partir de ce jour, Oilon cessa peu à peu le cours de ses leçons publiques» fréquenta plus souvent les églises, et distribua aux pauvres , et surtout aux élèves qui étaient dans le besoin, tout l'argent qu'il avait amassé.

Tels furent les commencements de la conversion de cet admirable modérateur.

Elle devint si parfaite que dans la suite il ne ressentit plus aue de l'horreur pour loqt ce qu'il avait aimé. Les abstinences, les jeûnes et les autres macérations devinrent pour lui des exercices habituels, et il consacra à rétude de la vraie philosophie l'ardeur qu^il avait déployée auparavant pour les sciences profanes. Souvent il s'imposait un jeûne si rigoureux qu'il ne prenait pour toute noiirriture que ce au'il pouvait tenir de pain dans sa maih rermée. Bientôt le bruit se répandit dans tout le pays que le célèbre Oaon allait renoncer au monde. A cette nouvelle, quatre de ses disciples lui protestèrent qu'ils étaient prêts à le suivre f)artout où il irait ; et lui réciproquement eur promit de ne rien faire que de concert avec eux. Tous les abbés de la province cherchaient h l'attirer dans leur monastère, tandis que le chapitre de Notre-Dame s'efforçait de le retenir; mais la divine Providence en avait ordonné autrement.

Il y avait sur une petite éminence, à la porte méridionale de Tournai, une église à moitié ruinée, que l'on croyait avoir appartenu c^ une ancienne abbaye de Saint-Mar« tin, ravagée dans les guerres des Normands. Les habitants de Tournai, qui craignaient de voir Odon s'éloigner, prièrent l'évoque Hadbod de lui donner cette église avec les terres (1 ni en dépendaient. Le pieux piélat accueillit avec joie cette proposition, et Odon lui-même, après avoir fait beaucoup de difficultés, finit ()ar consentir. Rabdod, accompagné de ses chanoines et de tout le peuple de la ville, l'en mit solennellement en possession, avec les clercs qui le suivirent, le 2 mai 1092. Les nouveaux religieux suivirent d'abord, sous l'habit déricai, la règle de Saint- Augustin, et vécurent dans une grande pauvreté ; mais au bout de quelques années, Haimeric, abbé d'Anchin, leur persuada d embrasser Tétat monastique ; ce au'ils exécutèrent à la fin de février 1095. 11 fallut user de violence envers Odon pour lui faire accepter le titre d'abbé. C'est ainsi que fut relevée de ses ruines l'ancienne abbaye de Saint-Martin. Odon, de concert avec ses frères, prit la règle de Saint-Benott et les usages de Clunj, tels qu'ils s'obser«valent à l'abbaye d'Anchin, d'où il les tira^ ce ^iii établit une étroite union entre ces

deux monastères. Odon, qui connaissait

[»rix de l'étude et de la piété, s'appliqua es faire fleurir parmi ses religieux, de soi qu'en peu d'années sa maison devint au< célèbre par la culture des lettres que p l'exacte discipline.

Après ces travaux de restauration im nastique, si heureusemeni accomplis dai le diocèse de Tournai , la Providence li en ménagea d'autres, non moins capal>i:

d'exercer son zèle et de mettre en relief vertu. Il y avait dix ans que Gaucher, é\\ que de 'Cambrai, déposé pour crime de $1 nionie par le concile de Clermont, conii nuait néanmoins de s*y maintenir par i protection de l'empereur Henri IV. LePap< Pascal II, ne pouvant souffrir plus longtemps cette infraction aux règles de la lii:»ciphne, écrivit enfin à Ma nasse, archevéïjtf» de Reims, et métropolitain, pour lui ordooner de faire élire au plus tôt un autre évôifue et de le consacrer sans délai. En consé* queuce , Hanassé assembla son concileii auquel tous les abbés dépendants de la //métropole, et particulièrement celui de Saiat- i Martin, furent appelés. L'ouverture s'en fil le 2 juillet; on y procéda immédiatement i l'élection d'un évèque, et le choix tooil^ia.sur Odon, qui fut consacré aussitôt par rarclwvèque, assisté de ses suifragonts. Mdis le nouveau prélat, que les violences de Gaucher empêchèrent de prendre possession de sou siège, fut renvoyé dans sou abbaye, où iJ passa encore un an, pendant lequel cepett' dant il exerça les fonctions épiscop&lesnans tous les lieux de son diocèse, excepté dans la ville de Cambrai. Mais à la mon du souverain, protecteur de Gaucher, le nouvel empereur, Henri V, donna des ordres |K)ur faire chasser Tévêque excommunié, et mettre à sa place l'évèque légitime ; ce qui fut exécuté dans le cours de la même année.

Odon porta sur le siège épiscopal la même simplicité, la même pauvreté qu'ft avait montrée dans son monastère, ce qui ne l'einjHftcha pas de paraître comme une Imi'fi j brillante dans la maison du Seigneur, doQi il devint le plus bel ornement, moins encore par la beauté do ses écrits que par l'éclat de ses vertus. Cependant l'historien qui nou& a si bien renseignés sur la conduite qu'il tint dans la direction des écoles et dans le gouvernement de son monastère ne nous apprend presque rien desa vie épiscopale. On sait seulement qu'il eut part à quelques établissements de piété, et qu'il étendit même ses bienfaits jusqu'à des abbayes très-éloi- «nées, comme à celle do Saint-Denis prè5 de Paris. Dès la premièreannée de son épiscopat, il s'était trouvé au concile tenu à Poitiers et

1)résidé par le légat Brunon de Segni, p" a veur de la croisade. Au i>outdedeuxans, en 1108, il fit partie de l'assemblée d'éFéqucs abbés et autres clercs, da»s lacjueile on termina le ditférend entre les chanoinos àe M cathédrale et les moines de Sainl-Martiu ce i Tournai. Après ce qu'il avait fait pour fa- i ^oris€r l'entrée de notre pieux évoque clans sa ville épiscopale, on ne devait i»as s ai-

OIK)

t-iidre que Tempereur Henri V l'y inquié-

tli. Ces! ce qui arriva nénnmoins i^ propos

(if rinteslilore. Le refus d'Odon fut puni

|4r \\\\l ec ii fut obligé de se retirer à

ribUu <fAncbin, où ii s'occupa à compo*

>^r qsVlqaes livres de piété, comme il nous

rij.prfttllai*méme. Il y atout lieu de croire

>]Uf<f( événement arriva vers l'an 1110,

..•'v^ue (empereur, s'étant brouillé avec le

fv. voulut rentrer dans le droit de donner

ky tore^uiares. U parait cependant, par le

ritildesoa bistorien, qu'il retourna à son

^Svenaot sa mort ; car ii dit que, se sen-

UQt sitiiué d'une grave maladie, il abdi-

qia r^pidcopat et se retira à Anrhin pour y

to^mriT plus en repos. Il y termina en effet

•I cimére, si saintement remplie , le 19

;u.^ 1113, dans la huitième année de son

ffLHt^pal k compter du jour de son ordina-

<)c S de lui plusieurs écrits que les bi-

l'iio^fihes ont divisés en deux ciasses. Les

vtt. composés avant la conversion de l'au*

'icr, TDolaient sur des sciences purement

!cailières on des sujets profanes; les au-

tm raient pour objet divers points de la

nrii^oQ chrétienne. Nous nous contente-

ML< d'indiquer les premiers sans nous éten-

(ire iieattcoup sur I analyse des autres.

¥me. — Avant qu*Odon quittât la ville

^'OfWins, lieu de sa naissance, et par con-

9^{Q<fit torsqu il était encore jeune, il avait

^? composé un poème sur la fameuse

fcerte de Troie. Godefroi, scolastique de

î|«flus, poète contemporain et ami partîcu-

^crde [auteur, ayant entendu parler avec

^o.e de celte production, ne lui laissa point

Oc r«po8 qu'il ne la lui eût communiquée.

^fai une occasion pour lui d'écrire à la

\jm^ da poëte une longue et assez ingé-

^^v^V^ècede vers qu'il intitula Le songe

^^iOrîéoM. 11 ne nous reste plus rien

dect^fftDe, qui nous pafaft avoir été le

PKsnerferitde notre auteur. Nous ne le

couuisioBs qae par les vers de Godefroi,

ÇDifiOQslertprésente porté sur les vents et

^^id'Orléàns à Reims pour lui offrir lui-

Dénesûo Iravail. Godefroi relève beaucoup

^ lioQceor et le rythme harmonieux des

^^r^dt son ami. Certes, si le poëme de la

gV'fre de Troie avait toutes les beautés

sue ce scolastique y découvre , la perte en

*rtUnaimeul à regretter; mais c'est un

[utiedu xr siècle qui en loue un autre, et

>on siit |jar là à quoi s'en tenir.

Sur la dialectique. — Lorsque Odon diri-

eeiitrécoie de Tournai, il composa, comme

auw Tâtons déjà remarqué, quelques écrits

{«ur corroborer et rendre plus utiles les

tn^Qsde dialectique qu'il faisait à ses élè-

^Un de ses écrits, intitulé Le tophiUe^

leadait à bire discerner les sopbismes d'à-

*.»)es mis raisonnements, et à les éviter.

l^n autre travail sur le même sujet portait

)fm litre Complexionxtm^ c'est-à-dire, des

co&dosions ou conséquences. Odon, selon

toute apparence, y établissait les règles du

'^Ho^sme, pour mettre ce que l'école ap^

^Iteua taisonneroenten forme et appren*

t>Ë PATROLOGI& ODO 163

dre ainsi à raïAmner juste. Un Iroisième

écrit, encore sur la dialectique, était intitulé : De l'être et de la choses parce qûo l'auteur cherchait à s'y ^convaincre, parle raisonnement, si l'être est le même que la chose, et la chose le même que l'être. On ne connaît, du reste, ces trois productions que par le peu que nous en apprend Hérimanne, dans ce qu'il a juçé à propos de nous transmettre des premiers événements de l'histoire de leur auteur. Sanderus, qui a déterré parmi les manuscrits des bibliothèques de la Belgique la plupart des autres écrits d'Odon, n y a découvert aucun des trois que nous venons de mentionner. C'est dans ceux-ci particulièrement que l'auteur, ayant occasion de se nommer, prenaitle nom d Oudard, sous lequel il était plus généralement connu.

Explication du canm de la messe, — Arinand du Chêtel et Uénmanne, l'un panégyriste et lauire principal hislorion u*Odon, attestent qu'il fit une explication du canon de la messe. Henri de Gand, Trithème et tous les autres bibliographes postérieurs s'accordent aussi à lui attribuer le même ouvrage, qui a eu un sort plus heureux que les précédents. £n effet, nous le trouvons à la tête de ceux des écrits de j*auleur qui ont échappé au naufrage. Odon était déjà évêque lorsqu*ii Je composa, comme on le voit par le titre qu'il s'en donne en tête d*une petite préface, ou épitre dédicatoire, adres-^ sée à un moine d'Afflighem , du même nom aue lui, et aux instantes prières duquel il 1 entreprit. Il commença à y travailler sous les yeux de cet ami, et il le finit après l'avoir quitté; ce quisignifie^ ou que l'auteur, étant allé à Ainighem, le moine Odon ne l'en laissa point sortir qu'il n'eût commencé le travail qu'il sollicitait avec tant d'instances, ou qu'il était ailé lui-même trouver l'auteur afin d'obtenir de lui qu'il se mit sérieusement à l'œuvre. Dans cette préface, l'évêque Odon conjure les copistes qui voudront se procurer un exemplaire de son explication, d'avoir soin de transcrire correc* temeni, en tête de chaque paragraphe ou chapitre, le texte particulier du canon qu'il y explique. £t il en donne cette raison remarquable : c'est, dit-il, pour éviter qu*il ne s y glisse quelque changement par les additions ou retranchements qu on y pourrait faire, puisqu'il n*est pas permis d'y rien changer sans I autorité du Souverain Pontife. On voit par là quel respect le pieux évêque avait pour cette partie principale de la liturgie. C'est ce que prouve encore Thumble aveu qu'il y fait de son incapacité à traiter de si profonds mystères. Cependant il y a réussi d'une manière claire, précise et aussi pleine de piété que d'onction. Pour y procéder avec plus d*ordre, il a divisé sou texte en quatre parties, qui forment autaut de sections ou chapitres, dans rexplicatiou qu'il en donne. A la fin se lit un court épilogue ou conclusion à l'adresse des copistes, pour les prier de conserver scrupuleusement cette même division, et d'eu écrire ie£

167 ODO OlCtioj^j^-^lUE

et elle 'îéveloppe le sens du telle sacré d'une manière naluretle, et sans avoir recours à de grands raisonnements. La seconde, au contraire, est fort prolixe et quatre fois plus longue que la première. Le style en est difTus quoique assez clair, et les raisonnements en sont longs et raullipliés. Ajoutons qu'elle paraît plus récente c|ue la première, qui semble n'avoir pas été inconnue h l'auteur; au moins déhule-t-il par dire que plusieurs autres avant lui avaient expliqué à leur façon, et suivant les besoins et les dispositions de leurs contemporains, la môme parabole. Ceci posé, que Ion rapproche des autres écrits de Tévôque Odon Tune et l'autre homélie, et Ton reconnaîtra à coup sûr toute sa manière d'écrire et son génie dans la première. Cela ressortira surtout si on la reproche allentivemeut de son explication du canon de la messe. Du reste, si Ton n'a égard qu'au fond de ces deux pièces, c'est-à-dire aux instructions qu'elles renferment. Tune et l'autre a son mérite et contient d'excellentes moralités. Quant à celle qui se trouve sans nom d'auteur dans l'es anciennes éditions des œuvres (Te saint Bernard, elle ne peut appartenir à notre

Ërélat, puisqu'elle est adressée au cardinal fatthieu, évoque d'Albane, qui n'avait pas encore été élevé à ces dignités du vivant d'Odon de Cambrai. D'ailleurs, on «reconnu depuis que celta homélie est l'œuvre d'un moine de Cluny, nommé Bernard, mais difftrenl du saint abbé du même nom. Aussi les nouvelles éditions la lui ont-elles restituée.

Outre l'homélie sur te mauvaiê fermier ou Véconomt infidèle Trithème attribue encore indistinctement d autres homélies à Tévéaue Odon ; ce qui parait fondé sur ce que son histoire nous apprend qu'il faisait usage, au moins quelque fois du don de la parole qu'il avait reçu avec tant d'avantage. En effet on trouve quelques autres homélies conservées sous son nom. Un manuscrit de la bibliothèque du Vatican, classé parmi ceux de la reine de Suède en offre deux: uae sur la Chananéenne, avec le nom de notre prélat et son litre d'évéque de Cambrai, et l'autre, sans nom d'auteur, sur la Passion de Jésus-Christ, mais que l'on croit pouvoir également lui altrilmer.

Autres ouvriobs.— Un manuscrit appartenant autrefois aa colléffe Louis-le-Grand et aujourd'hui à la Bibliothèque Impériale, contient avec les poésies de Godefroi, scholastique de Reims, dont nous avons parlé en son lieu, un long poëme sur les premiers versets du livre de la Genèse , ou rouvrage des six jours. L'inscription le donne il un Odon, évèque d'Orléans, mais comme cette ville n'eut jamais d'évèque de ce nom et que notre prélat y était ne, on ne doute pas que cette inscription se rapporte à luimême. Du reste, dom Mabillon qui avait vu ce manuscrit, ne nous apprend rien ni do la manière dont l'auteur développe son su-

t>t, ni des caractères de sa versification. ions avons dit plus haut un mot des grands élusçes que Godefroi de Reims lui cccordait

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