‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 161 sur 207 · TRE · texte numérisé non relu

TRE

s*exerçaient les soldats, pour y porter les secours spiriluels au peuple qui s v trouvait rassemblé, lui demanda où il allait. « Je vais, lui répondit-il, prier Dieu pour la prospérité de votre empire, i» L'empereur qui savait que l'opinion d'Aphratès faisait loi dans toute la ville, lui répartit : « Vous feriez mieux de demeurer dans votre cellule, et d'y prier selon la règle des solitaires. — J'avoue , lui réplique le saint homme, que ce que vous dites est véritable ; aussi tant que le troupeau a été en sûreté en ai-je toujours usé de la sorte ; mais maintenant qu il est en danger d'être attaqué par les bétes farouches, je dois employer tous les movens possibles pour le préserver. Si une fille qui garde la mai' son de sou père la voyait en feu, que devrait-elle faire? Devrait-elle attendre sur son siège que le feu la vint consumer? Au contraire, ne devrait-elle pas courir de tous côtés, et aller chercher de l'eau pour éteindre l'embrasement ? Je ne doute pas que telle ne soit votre pensée, parce que cest la conduite que la prudence exigerait en cette occasion. £li bien I je fais pour le moment quelque chose de semblable ; je cours pour éteindre le feu que vous avez mis à la maison de mou père. »

Valens ne répondit rien à ce discours, mais un de ses valets de chambre ayant menacé le saint solitaire. Dieu permit qu'il fût presque immédiatement chAlié de sou insolence. En effet, il trouva la mort dans un bain d'eau chaude qu'il avait préparé pour l'empereur.

Cinquième livre. — Le cinquième livre comprend l'histoire de la condamnation de l'hérésie arienne et de deux autres qui en sont comme les racines, savoir les hérésies d'Apollinaire et de Hacédonius. Théodoret s'y étend beaucoup aussi sur les louanges de rempe4*eur Théodose et sur celles de saint Ambroise, de saint Jean Chrysostome, des évoques d'Antioche et de Théodore de Mopsueste. Après avoir loué la piété de Gratien qui se vit en possession de Tempire après la mort de son oncle Valence, il remarque que ce prince voulant consacrer à Dieu les prémices de son règne, ordonna aussitôt que les évoques exilés sous le rè-

{;ne précédent reprendraient la conduite de eur troupeau, et que les églises seraient rendues aux prélats qui étaient unis de communion avec le Pape Damase, au lieu qu'on chasserait comme des loups du ber^ cail de l'Ëglise les sectateurs de la doctrine d'Arius, Théodose publia aussi contre les ariens une loi qui leur ôtait la liberté de tenir des assemblées. L'auteur mêle ici aux témoignages de zèle que cet empereur faisait paraître pour l'Eglise, le récit du massacre de Thes^lonique, où sept mille personnes furent tuées sans connaissance de cause et sans aucune formalité de justice, mais il place à côté de ce récit le tableau de la pénitence que ce prince s'imposa pour expier le crime de sa colère insensée. Il lui lait honneur ensuite de la destruction des

temples des idoles» des monvemeius qQ*j{ se donna pour terminer les différends qui s'étaient élevés entre Flavien, évèqueifirr tioche et les évoques d'Occident, et de h victoire qu'il remporta sur le tyran Eu^è». De là il passe au règne d'Arcade, qui sb! céda à Tnéodose et qui fut l'imitatear de» piété. 11 parle de l'ordination de saint Jna Chrysostome et des travaux considérabts

S|ue ce grand homme accomplit pendaniqi.! ut évéque de Consttntinople. A ces ria; livres historiques, Théodoret ajoute leeitalogue des évoques qui avaient gouTené les grands sièges depuis la fin des persécstions.

Hiêtoire dei tolitairtê. — On ne doute pi^ que cette histoire ne soit le même ourrajf^

Sue Théodoret intitule : Vie du mU, ans 'sa lettre K Eusèbe d*Anc;re ; qo ji appelle encore Histoire moiuMftfue, doi son prologue de la vie religieuse, erda les cinq livres que nous venons d*a9alt»r, Histoire philothée^ ou De$ amie de Diei*

Théodoret qui avait été témoin des gm*| des actions des solitaires de son temps. «

?ui les avait apprises de ceux quienaraid té les témoins , ne crut pas qu'il loi (ft| permis de les laisser dans roubii. Eo elfe^ si l'on a érigé des statues et d'autres rooQu ments eu 1 honneur de ceux qui s'étaien distingués dans les jeux olympiques , quoi que la mémoire de leurs actions fût piutâ nuisible que profitable , pouvait-on se dis penser de transmettre à la postérité celle de ces grands et saints personnages qui ai mené sur la terre une vie toute céleste) Tel est le but qu'il se propose dans tok histoire. Ce qui la rend encore plus thùêmandable, c'est qu'il nous y représente d» seulement les actions de ces hommes fr vins , qui ont paru impassibles dans u corps mortel, et qui ont vécu en anges ptslfit qu'en hommes; mais qu'il nous y préseoi^ encore divers modèles d'une piété parfaii«:i que chacun peut se proposer selon soo éui ou ses dispositions particulières. Dans a but, il choisit parmi les solitaires ceuidnoi la piété avait été plus éclatante et joignis leur histoire celle de quelques saintes fenh mes qui n'avaient pas moins édifié le moodi par leurs vertus.

U ne se proposa donc point d'écrire les Vies de tous les saints» Outre qu'il était loin de les connaître , il convient qu'un ift' travail surpassait les forces d'un seul doididj En conséquence, il se borna simpiemeoM raconter celles des solitaires qui araiu-: brillé dans l'Orient , comme autant de i? mières du monde, encore ne s'engagea^ à rapporter qu'une partie de leurs ac(if«* dans un récit simple et, autant quepa'^'* ble , dégagé d'ornements. 11 prie les lef; teurs de vouloir bien se {N*ètcr è ceq^:> racontera de merveilleux dans la cooduiic de ces grands saints. « Car nous serions >|^ juste , dit-il, de mesurer leur vertu |tff •* uAtre. Dieu a coutume de proportioooerse' dons aux saintes dispositions des sojeu. Ceux qui sont instruits des secrets itso4

THE

DE t^ATAOLOGIE.

filE

un

p$prit savent Avec quelle magnificence il se plaît è les r<^pandre, se complaisant à montrer dans des hommes, en apparence dépourvus de tuut mérite, des miracles exîraoriiinnirCvS pour attirer ainsi les incré- •iules h la connaissance et à la confession de la vérité. » Du reste, il était si assuré des choses miraculeuses qu'il se proposait do r;ipporter, qu'il est convaincu que ceux qui refuseront d'y ajouter foi , doivent regarder çmme des labiés les miracles opérés par M(»l5ei Josué, Elie, Elisée et les apôtres. Au i^ontraire, il se flatte que ceux qui croiront ces iniracles, n'auront aucune peine à acn'.rder leur croyance aux prodiges qu'il va racooler, puisque les uns et les autres sont i':alement des effets de la puissance de Diea.

Il ajoute qu*il avaU vu lui-même une i.Ktie de ces prodiges et qu'il avait appris les autres des personnes qui les avaient vus •ie leurs yeux, et qui, en s'appliquant à :miter la piété de ces saints, avaient été dignes de les voir et de profiler de leurs insiruclioQS. Il marque qu'il avait appris d'A- Mofi de Bérée l'histoire de samt Julien SilKSs, ainsi que celle d'Cusèbe, et qu'il tenait de sa mère la Vie de saint Siméon TAncieD. Il avait vu lui-même saint Siméon Mylile. Leseplième concile général, qui est le second de Nicée, emprunte à cette histoire un témoignage en faveur du culte des images, et on ne voit nulle part que per- *^{ineait pensé a en contester ni 1 autorité Ui la vérité. Quoique Tliéodoret ait eu un ^mi nombre d*ennemis, aucun ne s'est i'M de Taccuser ou de trop de créduliié 'tid'intidélité dans cet ouvrage. 11 contient b Vies de trente solitaires. Nous nous ronteDterons d'en analyser seulement quelques-unes pour en donner une idée.

yie de saint Marcien, — Marcien mépris^oi la splendeur de sa naissance qu'il tir^il d'une race patricienne et tous les avan- H^s de la cour, où ses qualités lui perraeiiaienl de paraître avec éclat, se retira <^an$ le fond d'un désert , où il se bâtit une rabane si petite , qu'à peine si elle était de l« grandeur de son corps. Là, séparé de louie conversation humaine, il s'entretenait avec Dieu, faisant succéder le chant Jes jisaumes à la prière, la prière au chant ' ^ i>saumes , et la lecture de l'Ecriture •iuUe à tous les deux. Une livre de pain

'J» suffisait pour quatre jours. Il prenait ''«n repas sur le soir, et jugeait qu il élait l'«iis à propos de manger tous les jours sans H' rassasier jamais, que de rester plusieurs jours è jeun et de manger ensuite jusqu'à la >auélé, parce que le véritable jeûne con- \Me à avoir toujours faim. Flavien d'An- J»<»che, Acace de Bérée, Eusèbe de Chclcide, *>idore de Cyr et Théodole d'Hiéraple l'étant H'nus voir, accompagnés de quelques ma- K:i^lrals,i| fut longtemps sans parler. Comme >^n des visiteurs, qui était de ses amis, le l'ressait d'entretenir la compagnie, Mar- ^'*n» après un profond soupir, lui répon- ^'i : « Le Dieu de l'univers ne cesse de nous

Diction??, de Pathologie. IV.

parler par ses créatures; ses Ecritures nous instruisent et nous apprennent quels sont nos devoirs ; lui-même nous enseigne sur ce que nous avons à faire pour notre propre avantage; il nous épouvante par ses menaces, il nous encourage par ses promesses et nous ne profitons point do toutes ses grâces, comment donc Marcien pourrait-il vous être utile par ses discours?» Lorsque ces évèques, après s^être levés, eurent fait la prière, ils voulurent l'ordonner prêtre, mais aucun n'osa lui imposer les mains.

Un solitaire, nommé Avitus, l'étant venu voir, après s'être entretenus quelque temps et avoir récité ensemble l'otlfice de Noue, Marcien l'invita à partager son repas. Avitus le refusa en disant qu'il avait coutume de ne manger que le soir, et (]ue souvent même il demeurait deux ou trois jours sans prendre aucune nourriture. « Passez donc pour aujourd'hui, je vous en supplie, lui répondit Marcien, par-dessus votre règle ordinaire. » Mais sa prière resta sans effet. Alors, se mettant à soupirer, il dit à Avitus : « J'ai l'esprit outré de douleur, de ce qu'étant venu pour voir un homme ami du travail, instruit dans ma pieuse doctrine et formé par une chrétienne philosophie, vous ayez été trompé dans votre espérance, et qu'au lieu d'une personne sobre, vous ayez rencontré un homme délicat et qui ne semble prendre plaisir qu'à la bonne chère. » Ces mots touchèrent si profondément Avitus qu'il lui répondit : «r J'aimerais mieux manger de la viande que vous entendre parler de la sorte. )i Sur quoi Marcien lui répondit : « Votre manière de vivre est aussi la nôtre ; nous préférons le travail au repos, et nous estimons beaucoup plus le jeûne que le manger ; aussi ne prenons-nous notre repas unique que le soir ; mais nous savons en même temps que la charité est plus agréable à Dieu que le jeûne , parce que sa loi nous la commande, au lieu que le jeûne dépend de nous et de notre volonté. Or, sans aucun doute, nous devons estimer beaucoup plus un commandement de Dieu que nos austérités et nos Irn vaux. » Après ce petit entretien fraternel, ils rendirent grâces à Dieu, mangèrent un peu et passèrent trois jours ensemble.

Vie de iainl Eusèbe. -- Un saint homme, nommé Amien, avait établi une école de piété et de vertu sur une montagne très-élevée, qui se trouvait entre Bérée et Antioche. Il pressa saint Eusèbe de quitter sa solitude pour venir prendre à sa place la direction de son monastère. Comme ils étaient un jour assis ensemble sur un rocher. Amien lisant l'Evangile et Eusèbe lui expliquant les passages ijui présentaient quelque dlificulté, il arriva que ce dernier arrêta 5e« yeux sur des laboureur.^ qui cultivaient la terre, dans une pleine au-dessous d'eux. Amien lui ayant demandé l'explication d'un passage, Eusèbe le pria de le relire, parue que, appliqué au spectacle qu*il dvatt sous les yeux, il n'avait oas f«jt ati^^miion à la

iSS3

TUE

THE

talent comme un collier sur leur cou , et comme une eeinture autour de leurs reins» sans compter celles qui étaient destinées aux mains et aux pieds. Exposées avec cela aux injures de Tair» elles souffraient avec joie la pluie, la neige et les ardeurs du so* eil. Elles passèrent deux carêmes entiers sans manger. Quoiqiréloignées de Jérusalem d*environ vingt journées de chemin, elles firent le voyage a jeun, et ne mandèrent qu'après y avoir adoré Dieu, et elles observèrent encore une abstinence semblable, dans un voyage qu'elles firent en Isaurie pour visite'^.réglise de sainte Thècle. Une vie si admirable les rendit Tornement de leur sexe et Texeinple de toutes les femmes qui veulent tenure à la perfection.

Voici quel était le genre de vie de sainte Somnine: « Logée dans une cabane, au fond du jardin de sa mère, elle y passait les jours et les nuits en pleurs. Aussitôt qu'elle entendait le chant du coq, elle se rendait à l'église, où, confondue avec tous ceux qu'elle y rencontrait, elle offrait ses louantes au Créateur de Tunivers. Le soir elle faisait la même chose. Persuadée qu'il n est point de lieu que Ton doive avoir en plus grande yénération que ceux qui sont consacrés à Dieu, elle prenait un soin extrême de cette église, et portait même sa mère et ses frères à consacrer leur fortune à Tembellir. Ses vêtements étaient tissus en poil de chèvre; des lentilles trempées dans Teau faisaient sa seule nourriture ; aussi les austérités l'avaient tellement consumée que sa peau était collée sur les os. Elle ne parlait jamais sans verser des larmes, ce que je sais par expérience, dit Théodoret, car il lui est arrivé souvent de me prendre la main et de la porter à ses yeux, et elle la trempait tellement de ses pleurs qu'elles dégouttaient entre mes doigts. Elle prenait soin de ceux qui venaient visiter les solitaires du diocèse de Cyr, les faisant loger chez le pasteur de la bourgade où elle était née, et s*apptiquant à pourvoir à tous leurs besoins par sa mère et ses frères. Elle m'envoie aussi, à moimême, ajoute l'historien, du pain, des fruits et des lentilles trempées dans l'eau, lorsque je vais dans cette partie située au midi de notre province. »

Il ajoute qu'il y avait plusieurs autres femmes dont les unes avaient embrassé la vie solitaire, et les autres, au nombre de deux cent cinquante, demeuraient ensemble» usant toutes d'une même nourriture, couchant sur des nattes, et employant leurs mains à filer et leur langue à chanter des hymnes à la louange du Seigneur. Ou en voyait non-seulement dans la province de Cyr, mais encore dans lout l'Orient, dans la Palestine, dans l'Egypte, dans l'Asie, dans le Pont et dans toute l'Europe ; car, depuis que Notre-Seigneur, en prenant naissance d'une vierge, a honoré la virginité, on a vu quantité de vierges se consacrer aux vertus de cet état, et passer leur vie dans les exercices de la piété. 11 remarque qu'en Egypte il y avait, lies monastères d'hommes où l'on ne

comptait pas moins de cinq mille moiixH qui, tout en se livrant au travail, chaninim les louanges de Dieu , et gagnaient ainsi not . seulement de quoi se nourrir, mais enror* de quoi subvenir aux nécessités des pétrins et des pauvres.

Des HérésieA, — Théodoret composi r»

traité à la prière du comte Sporace, und» commissaires du concile de ChalcédoJDe, et le même qui fut consul en>52. Ce seigoi^nr, au milieu des engagements qu'il avait ai cour, consacrait tous ses loisirs è la mU tation de la loi de Dieu et è la connaissance de la vérité. Ce fut ce qui rengagea ï ut* mander à Théodoret un abrégé àes diverse hérésies qui s'étaient élevées jus(|u>I>ir>. non qu'il se fit un plaisir d'écouler des fjblés ni de connaître toutes les folies iouotées par ceux qui avaient quitté le cbeoiu delà vérité; mais parce qu'il désiraiu:prendre aux autres guels étaient le$«^rrmenls dont ils devaient se garder poorcr pas tomber dans le précipice où ils cut^imsent, et quel est le chemin de la vériièqc'. tracé sur les vestiges des prophètes et ot^ apôtres, mène au royaume des deux. i> désir de Sporace était louable, mais TbéiHiorel éprouvait quelque peine à le sati^liur, soit parce que la plupart des anciennes lierésies n'avaient plus cours depuis qu'ei.t.> avaient été éteintes par la grâce de Ditu, soit parce qu'il craignait de mettre de nui.veau en lumière ce qui restait enseveli dJi:» les ténèbres, soit enfin à cause des Lla^* phèmes et des infamies horribles de ces \\^ résies. Néanmoins il pensait qu'il pourrai. être utile d'en donner une connaissance i • gère, mais pourtant suflSsante pour quu ' lecteur conçût une sainte horreur de itçaroment et de l'impiété de ceux qui avauyi inventé ou suivi ces erreurs infâmes et extravagantes.

11 eut recours pour composer cet oum:' aux anciens écrivains ecclésiastiques <|ui avaient traité la même matière ou combaiiu les hérésies, soit celles qui s'étaient elevées dans les premiers siècles, soit ceile> qu'ils avaient vues natlre eux-mêmes. Parni ces auteurs il nomme entre autres sa!:: lustin, saint Irénée, saint Clément d'Al^f^aodrie, Origône les deux Eusèbe de Pales(ti.r et de Phénicie, Adamantins, Rliodoni la^ Diodore et Georgeis ; mais il ne dit riuiu* saint Epiphane, et on ne sait i quoi Mir:buer ce silence. 11 divisa son ouvrait i^ cinq livres, qu'il disposa» non suivant l-dre des temps, mais par ordre des inatiK'^

Le premier comprend Thistoire dos ^^^ sies qui établissaient deux principes et qj disaient que le Fils de Dieu ne s'est ioc^<7<^ qu'eu apparence. Ce livre commence à l'ût^ résie de Simon le Magicien et tiiiità celle «i^ Hanès ou Manichée. 11 traite dans lesecûihi* de celles qui enseignaient l'unité u'uurt* mier principe, mais oui soutenaieut r<^ Jésus-Christ n'était qu un pur liowme, <} l'auteur les conduit depuis Ehioa ju$4^^ Photin. IL est parlé dans le troisieoje ^ diverses autres hérésies qui n'aiaicnl o^^^

THE

DE PATROLOGIK.

L*u OU point de rapport avec les précémtes; savoir* celles des nicolaïles, des ontanistes. des noétiens, des quartodéci* ans , des novatiens et des népotiens. Les reurs de ces derniers qui sont moins congés regardaient les promesses de Dieu à m peuple, promesses qu'ils s'imaginaient ussement devoir s'accomplir en Egypte et î passer en bonne chère et en réjouissances endant l'espace de mille ans. Népos, invenurdecel hérésie fut réfuté, par saint Denis Alexandrie, et si efficacement que lorsque héodoret écrivait, elle conservait à peine aelques sectateurs. Il en était de même de (plupart des anciennes hérésies; comme Iles ne s'étaient répandues que dans quelles provinces, on n'y voyait plus per- *me qui en fit profession, au lieu que Dote la terre jusqu'à ses extrémités était leine de Chrétiens qui professaient la vraie >i,suivant la promesse aue Dieu avait faite son Eglise par les prophètes.

Le quatrième livre commence à l'hérésie 'Arius et finit par celles de Nestorius et 'Eulychès. Théodoret n'y dit rien des oriénistes ni des pélagiens. Ce n'était pas que es derniers, dont l'hérésie avait pris nais- Boce en Occident, ne fussent connus des Irieotaux, puisqu'ils avaient reproché à aint Cyrille de les favoriser ; mais Théodovt pouvait bien n'être pas assez instruit de car histoire ni de leurs sentiments, pour .'& faire un article séparé.

A l'histoire des hérésies, Théodoret joipii l'abrégé de la doctrine de l'Eglise sur ît^s principaux articles de la morale et de la '"i, afin qu'ils pussent servir de réfutation i»ui erreurs gu'il avait rapportées. C'est la matière du cinquième livre qui est distritnïéen vingt-huit articles dont voici le pré- '15. « Suivant l'Ancien et le Nouveau Testatneni, il n'y a gu*un principe de toutes fliôses, savoir. Dieu le Père de Notre-Seizneur. Ce Dieu est sans commencement, injinortel, infini, incorporel, invisible, siml'je, bon, juste et tout-puissant. Son pouvoir n'« d'autres bornes que sa volonté. Avant '«i. il n'y avait [mni d'autres dieux, comme l' n'y en aura |)oint d'autres après; il est le l-romier et le dernier. Comme nous croyons t*n un seul Dieu, nous avons appris à croire •»■l^si en un seul Fils, engendre avant tous '-^siècles. S'il était créé, ainsi que le pré- '"^^Ment certains hérétii]ues, il ne serait pas '*'"<|ue puisqu'il aurait la créature pour ^'»^ur; mais dès lors qu'il est unique, il n'a r'us rien de commun avec les êtres créés. <^6 ne sont pas seulement les apôtres qui le jiomnjent le vrai Fils de Dieu ; le Père môme ^^^ a rendu ce témoignage en disant : Celui-- ^^ wf mon FiU 6ien-otme, en qui j ai mis ma fompliiwanca, {Malth. xvii, 5.) Il est éî^al à ^^•n Père, de sa même substance divine et ^u^si puissant que lui. Il lui est coéternel ^*n en peut pas plus être séparé que le rayon ^u soleil. Lorsque nous entendons dire |li^ il est engendré, éloignons de notre esprit '3 IHîiisée de tout ce qui se passe dans les b^'nérations humaines. Celle du Fils de Dieu

est exempte de toute passion : notre Ame même engendre son Verne seul. Le Fils pouvait-il mieux nous marquer sa parfaite et invariable ressemblance avec son Père qu'en disant à l'apôlre s^aint Philippe : Celui qui me voit voit mon Père. (Jean, xiv, 9.) Nous avons appris encore r]uo le Saint-Esprit regoit son existence de Dieu le Père. Il n'est ni créé ni engendré, mais il est de Dieu, et de la même substance que le Père et le Fils. S'il était créé, le Sauveur aurait-il ordonné que son nom fût prononcé avec celui du Père dans la forme uu baptême, et nous enseigneraiton de croire au Saint-Esprit comme au Père et au Fils? Le Père seul n'a pas formé le premier homme, ainsi qu'il paraît par co passage de l'Ecriture : faisons Vhomme a notre image. Il était donc juste que la régénération de rhomme se fit aussi par les trois Eersonnes divines, qui ne font qu'un seul ^ieu.

«La création de l'univers est leur ouvrage. Elles ne l'ont point formé d'une matière préexistante et coéternelle à Dieu, mais de rien, parce qu'il est au pouvoir de Dieu d'appeler ce qui n*est point comme ce qui est (/ Cor. I, 28), ainsi que parle l'Apôlre. C'est pour cela que l'Ecriture en parlant de la création del'univers s'exprime en ces termes : Dieu dit : Que la lumière soit , et la lumière fut. {Gen. i, 3.) C'était une folie aux valentiniens et une grande impiété d'imaginer des éons plus anciens que Dieu. It est avant tous les siècles, et nous n^en avons jamais connu d'autre, dit le pro])hèle Isaïe (vviii, 2). Les poêles et les philosophes de la Grèce admettaient des an^es; mais ils en faisaient des dieux. Nous disons, nous, que les anges ont été créés, non par deux comme les hommes , mais par milliers.

Théodoret réfute l'opinion de ceux qui appliquaient aux anges ce que dit l'Ecriture du mariage des enfants de Seth avec les filles de la race de Caïn. Il dit que la fonction de ces esprits célestes est de chanter les louanges de Dieu , de servir dans la dispensa tion des mystères. Il y en a à qui le soin des nations et des royaumes est confié, et d'autres qui prennent soin de chaque homme en particulier, et qui les défendent contre la malice des démons. Le diable et les démons ne sont pas mauvais de leur nature ; créés bons dès le commencement et doués du libre arbitre, il était en leur pouvoir de faire le bien et le mal ; mais avant péché, ils sont déchus de la beauté de leur nature, au lieu que les autres anges l'ont conservée, en restant fidèles à Dieu. Théodoret dit qu'ils ont été créés incorporels les uns et les autres» et il fait consister le péché des démons dans le faste et l'orgueil.

«L'homme n'est pas l'ouvrage des anges, comme l'ont avoué certains hérétiques; il a été formé de la main de Dieu, terme dont l'Ecriture se sert pour marquer en Dieu la puissance de créer, car Dieu n'est point une nature composé de divers membres. Outre son corps, 1 homme a une Ame qui est simple de S'a nature, raisonnable et immortelle,

iiisi

THE

DlCTIONNAiriE

THE

VM

mais créée en même temps que le corps. Cette Ame qui est marquée par )*esprit de vie

S lue Dieu mit dans l*faomme après Tavoir orme, n'est point une partie de la substance divine. Dieu, après avoir formé l'homme et tout l'univers les conserve et les gouverne. Il ne serait pas raisonnable qu'après les avoir tirés du néant, il les abandonnât à eux-mêmes. Tout ce qui est dans le monde est bon de sa nature. Tout ce qui est vertu, comme la prudence, la force, la tempérance, la justice est bon; mais l'imprudence, l'intempérance, rinjustice et la pusillanimité sont mauvaises. Quant aux richesses et à la pauvreté, à la liberté et à la servitude, à la santé et à la maladie, à la prospérité et à l'adversité, elles tiennent comme un milieu entre ce qui est bon et ce qui est mauvais, parce qu'elles sont comme des moyens proposés aux hommes pour acquérir la vertu. Ceux qui en usent bien sont dignes de louanges, ceux qui en abusent sont dignes de châtiments. Il dépend de Dieu de donner la fertilité à la terre et de rendre la navigation heureuse. S'il en dispose autrement, nous devons nous soumettre à ses vues, sans chercher avec trop de curiosité la raison de sa conduite envers nous; elle est incompréhensible.

«Le Verbede Dieu, son Fils unique, s'est fait homme pour renouvelnr la nature humaine, corrompue par le péché. Gomme l'homme entier avait péché, il a pris la nature entière de l'homme, c'est-à-dire un corps et une Ame, et non pas seulement un œrps [)our couvrir sa divinité, comme renseignaient formellement Arius et Eunôme.

S'il n'eût été question que de se montrer aux hommes, il aurait pu le faire de la même manière qu'il se montra autrefois à Abraham, à Jacob et aux autres patriarcales; mais comme il voulait que la même nature qui avait été vaincue par le démon le vainquit à son tour, c'est pour cela qu'il a pris un corps et une Ame semblables aux nôtres. Le péché d'un seul avait causé la mort de tout le genre humain; le salut lui a été accordé par la justice d'un seul; car il est proposé à tous ceux qui veulent l'accepter par la foi. Avant la venue de Jésus-Christ, plusieurs non-seulement parmi les Juifs, entre les patriarches et les prophètes, mais chez les gentils eux-mêmes, ont pratiqué la vertu. Depuis sa mort tous n'acquièrent pas le salut; mais ceux-là qui croient et qui conforment leur vie à la loi divine. Que le Verbe se soit fait chair, cela paraît par les langes dont il fut enveloppé à sa naissance, par la faim et la soif qu^if souffrit dans un Age plus avancé, puisque tout cela ne se peut entendre de Dieu. Lui-même nous assure, en divers endroits de son Evangile, qu'il avait pris aussi une Aiae humaine, par exemple lorsqu'il dit: JequUlemon dtne pour lareprendre ; c'est de moi-même qaeje laquitle^ et j'ai le pouvoir de la reprendre (Joan. x, 17, 18.) On voit dans le même livre que Jésus croissait en Age et en sagesse, et que la grAee de Dieu était en lui, paroles qui

prouvent quil avait un corps et une Ime, puisque la sagesse apiuirtient à rime, ^ l'accroissement au corps. Saint Paul pari^ de ces deux natures dans le commencemeiH de son Epitre aux Romains, où il reconiuii en mêm<) temps que Jésus-Christ estiiis^ Dieu et (Ils de David, ce qui ne se poomt^ si le Verbe n'avait pas pris diair, ou s'ti n'avait pris que la chair, li était dont homme parfait comme il était Dieu parliu; afin de procurer aux hommes on piriiil salut. A sa résurrection il n'a point quitté la nature qu'il avait prise, et il ressuKiu avec la nature à laquelle il s'était UQi.Lmmême s'applique à en convaincre ses apo» très, en leur montrant ses pieds e( sn mains, et en disant à Thomas de f»eUre «ts doigLs dans la plaie de son côté. La doctrioe qiril est venu nous enseigner est plus pirfaite que celle de la loi, et plus remplie oV manité et de douceur, sans pour ccii tir^ contraire à la loi. Comment le serawlle, puisqu'il est l'auteur de l'un et de latri Testament?

«Le baptême lient lieu, dans ceux qm le reçoivent, des aspersions de la loi. Noo-^ealement il leui* iccorde la rémission de leun^ anciens péchés, mais il leur donne encore Tespérance de jouir des biens prorois, les rend enfants de Dieu et cohéritiers de Jésus- Christ, et les fait participants de sa mor(,ui} sa résurrection et des dons du Saint-Esprii. Dans le baptême , nous recevons un ^;e de la résurrection des corps et non pas de !a résurrection de Tême, puisqu'étant immortelle elle ne peut ressusciter mais sealenient se réunir au corps. Théodore! rapiiorte sur ce sujet ce aue les prophètes et les apôirri ont dit de ta résurrection future, et il rs donne encore cette raison : c'est que l'ém ayant péché par les sens et les organes du corps, il est juste que dans le ju^emeoi dernier elle ne soit ni condamnée seoie pour ses péchés, ni seule récompensée si elle a fait servir le corps a ses actes de vertu. La résurrection sera commune aat fidèles et aux inSdèles, aux impies et m justes; tous rendront compte de leurs ac* tions, les uns pour en recevoir des récompenses, les autres pour en être punis. La i^ compense des saints consistera dans la jouissance des biens éternels, et non pas dansuo règne de mille an^, accompagné de délie^ temporelles et de voluptés, comme Cériuttie et quelques autres hérétiques l'ont ioiagiof Le bonheur des saints sera de se rA.r exempts de péchés et remplis d'une f*f que la tristesse ne troublera jamais. >

Théodoret avaU montré dans les lirrfs

f)révédents que les hérétiques ont corraoïiHi a parole de l'Evangile. Il crut donc nét^ saire de rétablir contre eux, par l'aotortif de l'Ecriture, certaines maximes de iii<pun. La première regarde la virginité. « I>i^u o^ Ta point commandée, mais il lui a dooin les louauges qu'elle mérite, afin d*eagag<Y les hommes à I embrasser.» Théodoret rei^'i^ les avantages de cet état, qui dégage l'homme du soin des choses temporelles p"Uf "•

THE

DE PATROIX)GIE

TUE

ApplH{iicr qu h celles qui regardent le culte e Dieu. Il parle ensuite du mariage, dont I tin, dit-il, doit être d'avoir des enfants. I montre que c*était le seul but que se pro- •osaient les patriarches en se permettant la olygamiei et il prend occasion de les justi* er sur ce point en observant que ce n'était njnldans la vue de satisfaire une passion éréglée qu'ils épousaient plusieurs femmes lais uniquement pour avoir des enfants.

Le mariage est bon en lui-même et n'est léfeodu par aucune loi. Sil était un mal, Heu ne l'aurait pas établi dès le commenement du monde, et n'aurait pas appelé lénédiction la génération des enfants. Jésus^ :hrist, non-seulement ne l'a point défendu, mais il Va encore honoré de sa présence, et ilu premier de ses miracles. Nous voyons Kussi que le prince des apôtres était marié riqae saint Paul écrivit à Phi lémon eth Apia ngagés Tun et l'autre dans le mariage. Ce |iie Dieu demande de cet état, c'est qu'on le le fasse point servir à l'impudicité, car lit saint Paul, il n'est un don de Dieu que orsquil est accompagné de tempérance.

L'Evangile donne aussi des lois qui en étailissent l'indissolubilité. Les secondes noces ne sont pas même défendues. Théodoret le prouve par divers passages de saint Paul, ^u'i( oppose à l'erreur de Novat qu'il appelle Inujours iVbvcU, sans en dire la raison. Pouf ce qui est de la fornication et de toute e^f^ce de conjonctions illégitimes, elles sont sévèrement condamnées par la loi de Dieu. • La loi de Dieu condamne encore toutes sortes d'iniquités, mais en même temps, tlle [irescrit le remède à ceux qui sont hiesi^s par le péché ea les exhortant à la pénitence.» 11 prouve encorecontre Novai que ce reiDèile peut s'appliquer aux péchés commis liepiiis le baptême; sur auoi il raj>parte 1 exemple de l'incestueux de Corinthe, qui, après avoir fiait pénitence de son crime, fut rétabli dans la participation desdivins sacre* menls et reçut la grflce d'enseigner les autres. Il rapporte aussi l'exemple de saint l^ierre, ne doutant pas qu'il n'eût déjà reçu ie baptême lorsqu'il renia par trois fois Jésus-Christ. Mais Théodoret dit, que « les péchés commis depuis le baptême ne s'effacent pas de la même manière que ceux qui ont été commis avant. Les enfants baptisés svaiii ]*Ajede raison obtiennent la rémission <le leurs péchés par la vertu seule du sacre- |neiii de baptême, tandis qu'après le baptême» lis ne se remettent que par beaucoup de lar* ^^^i de pleurs, de gémissements, de j^eônes» ^^ prières et par des travaux proportionnés ^ Ia grandeur des fautes commises^u Quant à fjeux ()ui ue sont pas dans une semblable <'i;^posiiion, comme on ne doit pas violer les ^^^^ lie TEglise sur la péaiteuce quoiqu'il ^>^ soit jamais permis de désespérer du Mlui^ cependant on ne doit pas leur accorder tellement les saints mystères, pour ne pas uouner les choses saintes aux chiens, ni Mer des perles devant les pourceaux.

•Telles sontleslois de l'Eglise sur la péni* v^uce; q.iant à l'abstinenut de la chair et

du vin, elle ne la prescrit pas dans le même sens que les hérétiques, qui ne défendent l'usage de ces aliments que parce au*ils les ont en abomination. £lle n'en interait aucun et laisse à chacun la liberté d'en user ou de s'en abstenir. C'est, même faire preuve del sagesse, de ne condamner personne sur cci sujet. 11 en est de même de la vie monasti*-

Sue, que chacun est libre d'embrasser ou e ne pas embrasser. » Servons. — Théodoret est le panégjTiste de la Providence ; nous avons de lui dix sermons que l'on peut regarder comme ce que l'antiquité catholique a écrit de mieux sur cette matière. On peut dire qu'il révèle toute la beauté de son génie : on y trouve du choix dans les pensées, de la noblesse, dans les expressions, de l'élégance et de I» netteté dans le style, de la suite et de la force dans les raisonnements. Ces sermons sont une preuve sensible de son amour pour la vérité. i 11 ne compose ces discours, ditil, que dans le but de témoigner à Dieu son amour, en lui consacrant les talents qu*il avait reçus de sa libéralité à défendre ses vérités saintes contre ceux qui les atta-* quaient. Aussi se comparc-t-il a un fils qui, en toutes circonstances doit prendre les in* térêts de son père, à un soldat qui doit exposer sa vie pour son prince. On peut conclure de la glorification qui les termme, qu'il les prononça en public, mais il est im» possible de découvrir en quel endroit. Quel* q,ues-uns pensent, mais sans lejfustitier par aucune raison, que ce fut à Antioche. Tout ce qu'on en peut dire, c'est qu'ils ont été composés avec beaucoup d'art, ce qui demande du loisir et de la réflexion. Théodoret les cite lui-même avec avantage dans son Commentaire surUê Psaumes.

Dès le début de son premier discours, il interpelle les adversaires de la Providence et leur demande si dans l'arrangement de cet univers ils trouvaient quelque défaut, soit dans la forme, soit dans la matière, soit dans les proportions ; et comme ils n'avaient rien à objecter, il répond lui-même, en montrant que cette Providence divine se révèle d'une manière sensible dans toutes les parties qui composent l'univers. 11 commence {»ar le ciel. « Enveloppé de tant de corps de eu, dit-il, tels que le soleil, la lune et les étoiles, comment se serait-il conservé pendant tant de siècles, si Dieu ne le conservait lui-même, en suspendant la force naturelle à cet élément qui dissout l'or, l'argent, le fer et beaucoup d'autres matières plus dures encore que celles dont le ciel est composé. 11 ne dissout pas môme cette partie qui nous parait être de «lace,, et malgré l'activité dévorante de sa clialeur, on ne volt pas qu'il cause aucune inégalité ni dans sa surface ni dans la rondeur de sa figure. » Théodoret fait le même raisonnement sur la nature du soleil et des étoiles, qui, au lieu de pousser leurs rayons vers le ciel, les projettent sur la terre, obéissant en cela au Créateur qui ne lésa formés que pour l'utilité de rnumme. Le cours régulier du sor

THE

leil et de ta lune pour marquor les temps et les saisons et partager les iours et les nuits, ne peut être qu^un effet de cette PrO'vidence.

Il montre, danvs son second discours, que Ton doit raisonner de mômo de Tair, de la terre, do la mer, des Qeuves et des fontaines, dont les produciions ne sauraient être Tetfet du hasard, mais d'une Providence marquée. « Comment en effet, dtt*il, des ctioses aussi différentes entre elles que le feu et l'eau pourraient-elles s'accorder? Comment les flots de la mer continueraientils à se briser sur le rivage ? Comment les fontaines se formeraient-elles sur le haut des montai^nes, contre la nature de Teau qui tend à descendre, si ce n'est en vertu de lois que Dieu leur a imposées? »

La construction du corps humain, l'arrangement des diverses parties dont il est composé, lui fournissent, dans son troisième discours, une autre preuve que ce corps est l'ouvrage de Dieu et que c'est sa Providence qui le conserve, a £n effet, dit-il dans le quatiième, peut-ou ne pas reconnaître son pouvoir souverain dans la facilité qu'il a accordée à l'homme, pour l'invention des arts nécessaires, ou même simplement utiles à la conservation du senre humain?

Cette puissance, poursuit-il aans le discours suivant, ne se révèle pas moins dans le domaine qu'il a accordé aux hommes sur des animaux d'une force beaucoup supérieure à la sienne, comme les bêtes de charge qui lui obéissent, même quand il les maltraite. Il n*en est presqu'aucun qu'il ne puisse apprivoiser et faire servir à ses usages. 11 est vrai que parmi les animaux il en est qui accomplissent des ouvrages que l'homme ne pourrait imiter, comme les abeilles, par exemple, mais leur travail même tourne encore à l'utilité de l'homme. Voyez les animaux domestiques; c*est de l'homme qu'ils reçoivent leur nourriture el ils ne savent pas même se venger contre le maître qui la leur refuse, tant la nature leur donne de sentir les bornes qu'elle a posées à leur servitude. Parmi les animaux n'y en a-t il pas une infinité que le Créateur a destinés à nourrir l'homme de leur chair; et s'il y en a quelques-uns qui refusent de se soumetire à son empire, comme les bêtes féroces, elles prouvent par leur résistance même que c'est le Créateur qui lui a soumis les autres.

<iMais,disentlesim()ies, pourquoi les bons sont-ils souvent réduits à la pauvreté, tandis que les méchants regorgent de richesses et que tout leur prospère 7» Théodoret répond à cette objection dans son sixième discours : « L'abondance, dit-il, ne faisant qu'enflammer l'avarice dans le cœur de ceux qui la Eossèdent, on ne peut la regarder comme un onheur, puisqu il ne peut y avoir de félicité réelle dans ce qui nous aide à devenir mauvais. Au contraire, ceux qui vivent dans la pauvreté, cultivent le plus beau et le plus grand des biens, la vertu. Ce n'est r«as eue les richesses soient mauvaises par

elles-mêmes, autrement on ne poorraii ilire

au'elles ont été créées de Diea; mais on u« oit blâmer que l'abus qu'on en tait. Dix les a données à l'homme comme des îbw truments avec lesquels il pût travailler : son salut; il en est de même delà paovrei?. C'est ainsi encore que Dieu a donné i l'homme le fer pour l'usage de la culture» les autres besoins de la ne; doit-on blàfflc, ce métal, parce que quelques-uns s'en servent pour commettre des homicides, b pauvre, qui pour les impies est une preDrvivante que la Providence ne prend aucic. part aux choses humaines , produit qd»

preuve du contraire. En effet, le pautre e>i employé à remuer et creuser la terre piur y trouver des richesses, et s'il reçoit son b^ laire du riche, il fournit aussi è ses besolu». par les divers arts mécaniques auxquels ir s'applique, fmr nécessité de position tif-y^t gagner sa subsistance* »

Théodoret s'applique à démontrer, di:i< le septième discours, que la dépendaivc naturelle que les besoins de la vie ëiêb.!>* sent entre le maître et le serviteur est e(> eore une preuve de la Providence; qu'a>i surplus, les travaux qui nous rendent la servitude méprisable ne sont pas à mépriser par eux-mêmes, puisqu'on a vu des sages et des puissants s en occuper. Il cite t'eieo!' pie de Noé qui travailla de ses mains à !a construction de l'arche; d'Abraham qui, avec Sara, préparaità manger aux étrangers : de Rebecca qui allait elle-même puiser di; l'eau pour abreuver les troupeaux de soa père ; de Jacob qui , berger pendant mil ans, se battit souvent avec les bêtes saoTiges, pour les empêcher de dévorer ^es i»r^ bis et de Moïse qui exerça pendant quarasii ans la même profession.

« L'exemplf) d'Eliéfer, serviteur d'Ahrtbam, dont la conduite lors du luarisi^'^ d'Isaac avec Rebecca, est si digne d'éloges. montra par les grêces dont Dieu daigna k favoriser, que par elle-même la servitude m saurait porter préjudice à la vertu. Parce* lui de Joseph qui refuse de consentir aiu sollicitations de sa maîtresse, on voit encore qu'un serviteur peut vivre dans la piéli' sous un mauvais mattre. Il trouva même tant de consolations dans In disgrâce quesa chasteté lui attira, qu'il fut le eoosotsiear des malheur«)ux avec lesquels il se trouti dans les pri&ons du roi.» Théodoret rapporl? encore quelques autres exemples de ceKf nature pour montrer que les malheurs aos* quels les hommes et même les justes peuvent être sujets , ont leur utihté el leurs avantages, et que ceux qui en prcnoeni occasion de nier la Providence, ne connais sent rien aux secrets de sa conduite.

«Il est vrai, ajoute-t-il, dans ledismu^ suivant, que tous ceux qui dans ceteui pratiquent la vertu, n'en reçoivent pas toujours la récompense en ce monde; opais Dieu la leur rendra en l'autre. Ceqai le prouve, c'est que Dieu, récompensant quelquefois les gens de bien dès cette riet on ne peut douter qu'il ne récompense êjatc

TUE

THE

eut eu l'autre ceux qui ne font point été i celle^î ; de même que les supplices qu'il jt subir à quelques méchants en ce monde ol une preuve qu'il punira dans Tautre s pervers qui sont sortis de cette vie sans oir expié leurs eriroes. Penser autrement I Dieu c'est l'accuser d'injustice et de parilité dans ses jugements. »

Théodoret prend de là occasion de traiter os son dernier discours de la résurrecm, qu'il rend probable par divers exemes tirés des causes naturelles comme des mences et des plantes, qui, après avoir ê ensevelies daus la terre, se renroduisent lelques temps après. Il l'établit par des KMgesdedeux épltres de saint Paul aux >rinlhiens. Puis il unit, en s'appliquant à >Qtrer que la Providence étend ses soins a-seulcment sur les justes, mais eu gêné* I sur tous les hommes. Il fait voir que (te attention continuelle de Dieu est une euve de son amour pour le genre humain, )our qui se révèle surtout dans le don ni a fait de son Fils unique, ne voulant s abandonner aux anges les mérites de la demption. 11 entre à ce sujet dans le dé- 1 de tout ce que Jésus-Christ a fait pour Are salut, depuis sa naissance jusuu à sa ort, en montrant que tout ce que le Saufur a souffert pour nous avait été prédit r les prophètes.

Diicours contre les païens. — Ces discours, i nombre de douze , ne le cèdent en rien u précédents pour l'éloquence, maislestyle &tbt nlus étendu, l'auteur ayant cru devoir e conformer autant que possible, à la maléreiJe Platon et des autres philosophes, >o( il était obligé de temps en temps de ipporter les propres paroles. Il écrivit ces ^rours h la suite de quelques entretiens l'il avait eus avec les païens, lesquels en prt^sence s'étaient permis diverses raille** es contre la religion chrétienne, soit en cubant les apôtres d'ignorance parce qu'ils Avaient pas su parler avec politesse, soit \ reprochant aux évèques et aux autres Kieurs du christianisme d^exiger de leurs isciptes une foi sans preuves. Théodoret, ^n content d'avoir réfuté de vive voix ces «nés objections, crut devoir écrire sa réitation en faveur des simples, alln de poncif guérir les plaies de ceux que la langue lopesiée des païens avaient blessés, et de ^^rir les autres des mêmes blessures. C'est uurquoi il intitula cet ouvrage : Guéritan f^ ma/a{/te« occasionnées par les païens^ ou, onnaix«ance de la vérité évangelique par la y^osophie des Grecs, H le divisa en douze i^cours précédés chacun d'un prologue «ûs lequel il en donne le précis. Ces dis- '^V*^! comme les précédents ne se terminent '^mi par la glorification ordinaire, ce qui a "<l penser que Théodoret ne les avait pas f^noncés en public.

|: i^ premier est intitulé De la foiy c'est- ^ire, de la crédulité des Chrétiens et du '^^ de science des apôtres. Théodoret y [«blit nue, quand ces reproches auraient ''^ tondes, on ne [K)uvait en tirer aucune

induction contre la vérité de la religion chrétienne; et il en donne pour raison que « les plus sages et les plus illustres parmi les philosophes païens n*ont pas fait difli- Gullé de voyager chez les nations qu'ils regardaient comme barbares, pour y apprendre certaines dioses dont ils pensaient que ces nations avaient une connaissance plus parfaite qu'eux-mêmes. Ainsi ilsallèrent en Egypte, où ils apprirent des Hébreux la doctrine du vrai Dieu; ils parcoururent encore un grand nombre de provinces, sans se laisser effrayer par les dangers des guerres et delà navigation, pour y apprendre ce que ces peuples avaient de mieux. Par exemple, Socrate, le plus illustre des philosophes, ne rougit point de se mettre pendant quelque temps sous la discipline de deux femmes, Biotime et Aspasie ; Pythagore, en Egypte» reçut la circoncision, que les Egyptiens avaient eux-mêmes reçue des Hébreux. Ce fut encore des Egyptiens, des Chaldéens et des Arabes que Tes Grecs apprirent les rèffles de la géométrie, de Tastronomie et de Pastrologie, comme ils apprirent des Phry-

Siens les cérémonies qui regardaient le culte es démons. Tous ces peuples néanmoins étaient regardés comme barbares par les Grecs. Ceux mêmes qui, parmi eux, ont eu le plus de réputation, comme Thaïes, Pythagore, Phérécide, Aristote n*élaient point nés dans la Grèce; et les braclimanes qu'ils avaient en vénération, étaient Indiens de naissance. »

Théodoret prouve ensuite que c'était une erreur de préférer les ornements du discours à la connaissance de la vérité. «Socrate, qui était tailleur de pierres de profession, et qui, au jugement de Porphyre, n'avait ni esprit, ni savoir, ni facilité de parler, n'a-t-il |)as été regardé par les Grecs comme le premier de leurs philosophes? Ne l'ont-ils pas mis audessus de Platon, celui d'entre eux qui a écrit avec le plus de politesse. Ils ont donc été persuadés nue la vraie sagesse ne consiste pas dans I éloquence, mais dans la connaissance de la vérité. Porphyre convient qu'il n'ost point aisé de la trouver ; tuais , quoique ennemi irréconciliable des Chrétiens, il convient aussi que les Hébreux 1 ont connue, et par eux les Egyptiens. D'où il est naturel de conclure que l'on doit préférer le sentiment des Hébreux à celui des Grecs, qui, de Taveu du même philosophe, se sont beaucoup éloignés du vrai. Au reste, c'est calomnier les Chrétiens, de dire qu'ils croient léc^èrenient et sans preuves. Leur fui est telle qu'ils peuvent en rendre compte, et l'établir sur des témoignages non suspects ; car, encore que la foi précède la connaissance, elle n'en peut être séparée. Dans ITisage même des choses humaines, il faut avoir conGance en l'habileté du niattre pour se mettre sous sa discipline. Dans ces occasions, la foi est comme la base de la sinence, et comme un préparatif nécessaire pour l'acquérir. Or, si cette foi est nécessaire à ceux qui désirent apprendre les sciences humaines, il y aurait fidio à

THE

THE

dire qu^elle ne Test pas pour I*inte)ligence des choses divines, puisque les yeux de la foi sont surtout nécessaires j^our juger des choses qui ne se peuvent voir par les yeux du corps. Cest pour cela que, lorsque nous nous présentons pour être admis à les connaître, on exige d abord de nous la foi, puis l'on nous découvre les noystères après que nous y avons été initiés. Les païens en usent de même. Il n'y a parmi eux que les prêtres qui soient instruits des secrets des mystères de Vénus et des bacchnnates. le peuple n'en voit que le dehors. Il est obligé de croire sans connaître « parce que, considéré comme un profane, on ne lui doit rien découvrir de ce qui en est. C'est la doctrine de Piudare, de Platon et d'Orphée, qui, conséquemment, ont reconnu la néces* site de la foi dans les choses qui passent les lumières ordinaires de la raison. »

il. Dans le second discours, qui a pour tîlre : Du principe de runiversj Théoaoret rapporte ce qu'en ont pensé les philosophes jrnïens. « Thaïes , l'un des sept sages de la Grè/:e, disait que ce principe était Teau; Ana\imandre If} mettait dans l'infini ; Anaximenés et DiOL^ène n'en reconnaissaient point d'autre que lair; Héraclide soutenait que c^élait le fçu ; mais Empédocle voulait que l'univers eût pour jprincipe les quatre éléments. Celte variété de sentiments no plaisait pas même aux païens. Platon et beaucoup d*autres l'ont condamnée.» Théodoret, afirés avoir rapporté ce que ce philosophe en a dit, montre que ce que nous lisons de la création du monde, dans les livres de Moïse, est beaucoup plus raisonnable, et que c'est de là qu'Anaxagore , Pylhagore et Platon ont tiré ce qu'ils ont écrit de mieux sur ce sujet. Mais il remarque que leur théologie est mêlée de plusieurs erreurs, et qu'après avoir dît des choses admirables sur I unité et l'éternité de Dieu, ils ont dit aussi quantité de choses <^ui n'avaient de fondement que dans I imagination des poètes ou dans une tradition fabuleuse. Mais il ajoute, que « la crainte du peuple les a engagés è admettre, au moins extérieurement, une multitude de fausses divinités auxquelles ils ne croient pas. »

Il prouve ensuite , par le témoignage de

Porphyre, qui ne pouvait être suspect aux

païens, que « Moïse, le législateur des Juifs,

est plus ancien que tous les historiens, les

poêles et les philosophes du paganisme; ....... . , . . . ^^

des

„ ^ 'une

seule génération.» Il entre dans l'examen détaillé de la théologie de Moïse, «où l'on voit, dit-il, qu'il nyaqu'unDieu,el que l'on ne doit point en adorer d'autre ; que ce Dieu est en trois personnes de la même substance, lesquelles ont un même pouvoir ot une même volonté. Les prophètes Isaïe, Jérémie, £zécbiel et les autres qui sont venus depuis, ont enseigné une doctrine semblable. C est dans leurs récits que Platon et ceux qui font suivi ontpuisé ce qu'ils ont dit de

vrai sur la Trinité des personnes, nais eu rexprimant avec des termes ditférems dei nôtres. Plotin et Numénius> en eipliqontt ce que Platon en a consigné dans ses écrits, disent qu'il a reconnu trois choses qui sort éternelles, savoir, le bien, l'întelliKencegi l'Ame de l'univers. Ce qu'iJ appelle bies. nous le nommons Père ; ce qu'il nomme btelligence, nous l'appelons Fils et Verbe, ei, par l'Âme de l'univers, nous entendons TE»^ prit-Saint, cette puissaoce qui anime e; donne la vie à tout. »^

On voit par un passage des écrits d*Amtlius, le maître de Porphyre, qu'il Avait eioprunté à l'Evangile de saint Jean cequll dit du Verbe, qu'il avoue avoir été dès ^ c<ommencemenl ea Dieu, et qu'il reconosli pour Dieu. Plutarqne et Plotin avaient m également connaissance des saints éuuzh les, ainsi que le remarque ThéodoreU lidii que ce sont lesEgvptiens, les Pbéoieie&s, les poètes et les philosophes erecs q«i uoi donné naissance aux fausses divinilés »

décernant les hoaneurs divins aui ëtments, ou à certains hommes de qm lU avaient reçu del» bienfaits, et qui s'éialeot rendus recocnmandables par quelques actions de vertu. « Pournous,ajoute-t-il.nûos ne reconnaissons pour Dieu aucune des choses que nous voyons de nos yeux; mais nous honorons les hommes qui ont mérllé d'être honorés par l'éclat de leurs belles actions, et nous n'adorons que le Dieu de l'univers, le Père, son Verbe et le Saint* Esprit, tous trois d'une même nature el d*une même substance. »

III. L'auteur, dans son troisième discou^ établit un parallèle entre le cuite que b païens rendaient aux démons et celui qat les Chrétiens rendent aux anges, el it eipose la doctrine des uns et des autres st^r les créatures spirituelles. «Le soleil, la iuût*. la terre, le ciel, les éléments sont les premiers que les Egyptiens, les Phéniciens t-i les Grecs ont re^^ardés comme leurs dieui. Dans la suite des temps, ils ont honore de la même qualiQcation certains hommes, qai s'étaient signalés soit dans les combats soit autrement, comme Saturne, Jupiter, Hercule et Esculape qui passait pour avoir inventé la médecine. Ils poussèrent l'extrarigance jusqu'à accorder les honneurs dirim à des reptiles et à des animaux venimeui. Après ces premiers excès ils ne rotigireo* pas d'accorder les mêmes honneurs à Véitos femme qui faisait métier de se prostituer. ni de mettre au rang des dieux lesemperetiT} les plus débauchés et les pi us cruels, comiC!' les Néron, les Domitien, les Coaiioo>. C'était ouvrir la porte à toutes sortes de crimes. Les peuples adoraient des dieui qu'ils savaient avoir été adonnés à Timpu* reté, au vin, à la colère, au parjure; n'étaii* ce pas pour eux un motif de s'y livrer euimêmes ? Ils allèrent encore plus loin, ^Q mettant les mauvais an^^es au nombre- (i(^ leurs dieux ; ce fut d'eux qu'ils appriretit Kart magique. Ils leur offraient des lJi»tiou» el des victimes, persuadés qu'ils 5'ea nf

THE

TBB

ai&$aieiit. Porphyre leur donne pour prin- >sPluton etHécat*). Les plus sages d'entre >s païens rougissaient de tant de fausses ifinités, accusant de mensonge ce que les oëles en avaient dit; mais ils adoraient )mme les autres les idoles de Vénus et de acchus, toutes infâmes qu'elles étaient. » Théodoret» après avoir expliqué ces cho* i$ fort au Ions» s'objecte que les Chrétiens» aire le Dieu du ciel et de la terre, reconaissont encore certaines puissances inviibles à qui ils donnent le nom d'anges, 'archanges, de principautés, de puissances, 6 dominations, de chérubins et de sésphins. Il répond qu'ils ne les reconlahsent (]ue parce que l'Ecriture divine vur enseigne qu'il y a en effet certaines puissances invisibles, occupées à louer le .n^teur, et toujours prA tes h obéir à ses ulonlés; mais qu'ils ne les appellent pas ieux et ne les rendent point au culte divin, it raJoratîon qui n*est due qu'à Dieu seul. I ajoute ij^ue ces puissances étant d'une na-* ure qui n a rien de la matière ni de nos nArniités, et dont les fonctions sont de hanter dans le ciel les louanges de cCiui (ui les a iTéées, nous les appelons saints, arce qu'il se trouve sur la terre des homii<*s (|ui, voulant les imiter autant qu'il est -n OUI, vivent dans le célibat, abandonnent curs biens, leurs narents, leur patrie, pour le s'occuper que cle Dieu. Le nombre en fiait dès lors si grand que les villes, les villages, le haut des montagnes et les vallées i*n étaient remplis. « Voila, dit Théodoret, «e^ue les saintes lettres nous ont appris à iroire de ces natures célestes, qui, quoique *réé€s, sont invisibles à nos yeux. Quand )Mi démons et aux princes des démons, iOQs savons que non- seulement ils ont été basses du ciel, mais qu'ils ont encore en lorreur ceux d'entre les hommes qui praiiuent la vertu, qu'ils les craignent et Kils les fuient, de sorte qu'ils ne soumet- 'inl à leur empire que ceux qui consentent ^ s'y î^oumettre d'eux-mêmes. »

IV. Après avoir montré, dans le quatrième (i)scuurs, que les philosophes païens ne s'ac- •ordent pas entre eux sur la nature du }noiide; les uns disent qu'il est éternel ; les antres qu'il a un principe; quelques-uns nadmelient qu'un monde, d'autres en aJn'etientuneinfinité, il dit que «Platon est <^iui de tous qui a parlé le plus raisonnal^leinent sur celte matière; qu'il enseijjne ^«nsses écrits que Dieu a crée toutes clio- ^<'Snoa d'une matière préexistante, mais "P rien et comme il a voulu ; que c'est par «pn Verbe que Dieu a créé non-seulement ' 'mivers, mais encore le ciel, la lune et les «Jotles. » Théodoret établit ensuite, par 'aulorilédes Kcrilures, la foi de l'Eglise, louchant la création du monde, en reinarnoAnlqueJorsquIl est dit que Dieu a fait louicequ'il a V'»ulu, nous ne devons pas <*rf»ire qu'il «jt voulu lo.it ce qu'il a pu faire, "JJis seulement ce qu'il a cru sunisant. En |*''l» il lui était Irô^^racilp de produire un mt\ plus grand nombre d'où vrage.^ et môme

de modes, puis qu'en toutes choses le plus aisé est de vouloir.

£n parlant de la chute 4es anges, il dit « qu'ils habitent dans l'air et sur la terre, mais sans avoir de demeure flxe, aOn que, par cette instabilité, ils apprennent de combien de maux leur malice est la cause.

Quelques mouvements qu'ils se donnent pour nuire aux hommes, cela ne leur réussit pas toujours, à cause des empêchements que nos anges gardiens y apportent. Dieu en créant le monde, l'a fait de telle manière qu'il pûtdurer tout le temps qu'il a prescrit pour sa durée. D'où vient que la terre est encore aujourd'hui ce qu'elle était au commencement , que la mer ne croit ni ne décroît , que l'air conserve la nature qu'il a reçue de sa création , et que le soleil, sans altérer la subslancedu firmament, continue son cours, comme il l'a commencé. C'est donc en l'honneur de ce Dieu quia tout créé et par les ordres duquel les saisons se succèdent et la terre produit ses semen* ces, que nous devons chanter des hymnes, des psaumes, sans nous amuser à former des dieux imaginaires, des njmphes, des montagnes, des néréides, des fontaines et des fleuves. »I1 termine ce discours en marquant la conformité parfaite de senlimeuts avec laquelle les patriarches, les prophètes et les apôtres s'entendent, pour proclamer Dieu l'auteur unique de la création.

y» «Ils s'accordent aussi parfaitement sur la nature de l'homme et conviennent que son corps est composé de terre, d'eau etdes autres éléments; que son âme n'existait

{>oint auparavant, mais que Dieu ayant orme ce corps, y mit une Ame raisonnable qu'il créa au même instant. Ce qui s'est fait dès le commencement se fait encore aujourd'hui par une loi établie de Dieu ; c'est lui qui créa l'âme ; elle ne vient iioiiit au corps par la génération, nijpar quelque autre chose intérieure. Dieu, en formant la femme en a pris la matière de l'homme même, de peur que se croyant d'une nature différente que celle de son mari, elle ne lui fût rebelle. Ces lois sont les mêmes pour les hommes et pour les femmes, parce qu'encore qu'il y ait quelque différence entre eux à l'égard du corps, il n'y en a point par rapporta l'âme,

3ui,dans les uns et dans les autres, est ouée de raison et d'intelligence, avec la conscience de ce qu'il faut faire et de ce qu'il faut éviter. Il arrive même quelquefois que la femme, prévoyant mieux que sou mari ce qui lui est utile, peut lui uonner un bon conseil. Il appartient donc également aux fem^mes et aux hommes d'être instruits des divms mystères, d'y participer, de fréquenter les églises. Dieu leur proposant les mêmes récompenses; parce que les travaux et les combats inséparables de la vertu leur sont communs. La différence des nations et des langues ne fait rien à cet égard, puisque la nature est partout la même et que la religiou chrétienne est répandue dans tout l'univers, et prati<|uéc nim-seulement par ceux oui remplissent dans l'Eglise des fonc-

ism

TUE

Uu

tiotis sacrées, mais par des iioromes et des femmes de toutes conditions. Tous croient également et de la même façon ce que l'Eglise nous apprend de la formation du corps et de rimmortalité de Ta me. »

VI. Le sixième discours traite de la Providence. Théodorel crut qu'après avoir parlé de Dieu et des créatures, il était raisonnable de montrer par <lcs raisons tirées de la nature et delà disposition du monde qu'il est gouverné par une providence particulière. Le but de ce discours est de réfuter l'impiété de Diagore, les blasphèmes d'Epicure et les incertitudes d'Aristote sur ce sujet. Il parait qu*il fut composé avant les discours sur la Providence, puisque Tauteur n'en fait aucune mention. « La Providence une fois établie, dit-il, rinc^rnation en est une suite nécessaire; parce qu'il était convenable que le Créateur de toutes choses, oui avait tiré les êtres du néant, prit soin ae la nature humaine, ruinée et presque détruite par le péché, lui qui n'avait créé qu'à cause d'elle toutes les choses visibles. Si l'on demande pourquoi l'Incarnation ne c'est pas faite plus tôt, nous répondrons : que l'on demande aussi aux médecins pourquoi ils réservent leurs remèdes les plus forts et les plus actifs pour les derniers accès de la maladie? Dieu en a usé de même; car, après avoir apporté divers remèdes aux hommes, il leur a donné enfin le plus efficace de tous, et par celui-là il a mis fin à leurs maladies, h

Théodoret dit aux gentils que, «s'ils ne veulent point s'en rapporter à ses paroles, ils peuvent se convaincre eux-mêmes de la vérité, en considérant que la venue de Jé« sus-Christ a délivré le monde entier de l'ignorance dans laquelle il vivait auparavant; (ju'elle a fait cesser le culte des idoles, banni 1 impiété, répandu par tout la lumière de la vérité, fait embrasser la foi en un Dieu cru-* cifié aux Grecs, aux Romains, aux barbares; rendu le signede la croix respectable, établi le culte delà Trinité à la place de celui que J'on rendait aux faux dieux ; renversé les temples des idoles, fait bfltir des églises, non-seulement dans les villes mais encore dans les villages et dans les campagnes, et des temples magnifiques en l'honneur des martyrs; enfin qu'elle a peuplé les sommets des montagnes et les plus vastes solitudes de monastères où l'on vit saintement. Les païens verront encore que l'Evangile n'est que l'accomplissement des prophéties faites longtemps avant la venue du Sauveur, puisque les prophètes ont annoncé que le Messie naîtrait d'une Vierge; qu'il serait attaché à la croix, que par sa mort le monde serait sauvé; que les Juifs demeureraient incrédules, qu'ils seraient dispersés et réduits en captivité. Or l'événement a vérifié toutes ces prédictions. »

VIL Dans le discours suivant, Théodoret s'élève avec force contre les fêtes et les sacrifices abominables que les païens célébraient en l'honneur de leurs dieux; mais comme ils auraient pu répondre que la loi ancienne en prescrivait également^ il expli-

que quel a été en cela l'intention du lé^i>!a. teur. « Dieu, dit-il, qui voulait délivrer h. peuple de la servitude d'Egypte, et qui lu vaitque pendant le long temps quelle ami duré, il avait appris des Ejsytiens le cullecidoles, lui permit, après qu'il l'eût rem. i la liberté, de continuer à offrir des »rr,. flces, non pas de toute espèce, ni aui ù.: dieux des Egyptiens. Il borna leurcuitf* Iqi-même et voulut que les Israélites . offrissent les dieux de l'Egypte, c'esl-4-;j* les b<Bufs qu'ils adoraient, les brebis, > colombes, les tourterelles. La permise qu'il leur accorda en cette circonstance: une espèce de remède à leur faiblesse, ' en même temps une instruction, pais^j^ leur ordonna de lui sacrifier ce qu'ilssJuraient auparavant, leur faisant enleailre [<!' là qu'ils ne pouvaient regarder comme diV;; des victimes qu'ils immolaient eux-IDéiIh^. S'il leur défendit de manger de la dira. porc, ce fut parce que les Eg}'^tiemtQta> saientleur aliment ordinaire, à rcirV>?t< u de la chair des autres animaux qu'ils r^^ji'* daient comme des dieux. Au contraire, . leur ordonna de manger ceux dontla£^T[> tiens s'abstenaient, alin de leur insnireùj mépris pour tout ce que ce peuple faooorit; d'un culte divin. »

VIIL C'était l'usage des Chrétiens de rei: dre un culte religieux à ceux qui arai'-. i répandu leur san^ pour la confession iu nonï de Jésus-Christ. Ne doutant point «juc ces martyrs ne tussent déjà dans le ciel réunis aux chœurs des anges, ils recuailaient leurs reliques et se les parta^^eâieiM les appelant les Sauveurs des dmei, el \t^ médecins des corps^ parce que, par leuni tercession, ils recevaient de Dieu quM^t de bienfaits. Ils les regardaient aussi co:iiâ> les gardiens et les défenseurs de leurs Tiû^ ne possédassent-ils qu'une petite partie i*. leur corps, parce qu'elle avait autant u: vertu <]ue le tout. Les Gentils, quoiqu'io* formés des merveilles qui s^opéraient m tombeaux de ces saints, tournaient en ridicule le culte qu'on leur rendait. Ils regardaient même comme un crime abomioakc de s'approcher avec respect de ces reliques. Théodoret les combat avec leurs prûpre.^ armes. En effet, ils faisaient eux-mèaiesdea libations, ils offraient des sacrifices d'eipi^tion, ils avaient des héros, des demi-dieui Hercule, flls d'Amphytrion, Cléomède, Actinoiis favori de l'empereur Adrien, é\m* de ce nombre. C'était donc è tort que !<> Grecs reprochaient aux Chrétiens le culi des martyrs, puisqu'ils n'en faisaient i^^ des dieux, et qu'ils ne les honoraient q '' comme des témoins et des serviteun» (i^ dieu.

IX. Le discours neuvième établit un i^rallèle entre les législateurs des Grecs ':' des Romains et les apôtres. Après être ea|rdans le détail des lois établies par les pl^' sages d'entre ces peuples, Théodoret montre «qu'elles n'ont été en vigueur que aansqu«j^ ques provinces, au lieu que rÉvangile p^ ché par les apôtres, s'est répandu, nofl^t'O-

TME

TIjE

KOI

^nieiU chez les Romains et chez les Grecs, lais encore chez toutes les nations barba- •s, non par la force des armes ni par la vioince, mais par la persuasion des vérités n\\ contient. Co qui en relève davantage L^iablissement, c*est que les hommes qui s'y )nl employés Tont fait au péril de leur vie, ese laissant détourner ni par les injures, i fvir les flagellations, ni par aucun des r^unnents que la cruauté des persécuteurs mr faisait souffrir. Ils ont résisté à tous s efforts des Perses, des Scythes, des RolAJQs et de toutes les autres nations ; et malré les persécutions violentes de Dioclétien, e Maiimien, de Maxence, de Maximien et e Ucinius, TEvan^ile a prévalu partout, fbéodoret fait mention de plusieurs milliers le Chrétiens, rois à mort en même temps, f.in$ quelques-unes de ces persécutions, des u'iscs incendiées lorsqu'elles étaient remiics d^hommes, de femmes et d*enfants, et e la destruction, qui se fit un jour de Pâues, de toutes celles qui se trouvaient ans Tempire Romain. — Mais, ajoute-t-il, ^s persécuteurs n*ont détruit que les édices matériels, sans faire aucun tort à la |îété;Ie sang qu*ils répandaient donnait de accToissementà TEglise, par le grand nom- Te de ceux qui embrassaient la religion hrélienue. »

Il glisse légèrement sur toutes ces choses, t prmcipalement sur ce qui se passa dans i persécution de Julien contre le christiaii>u)e, trouvant une preuve de ce qu'il avanvAiU lavantage de TEglise, dans le nombre mlini de Chrétiens qui la composaient, et im la destruction presque entière du culte Ivs faux dieux. 11 s étend beaucoup plus sur ^s lois indécentes de Platon, au sujet de la ommunauté des femmes, et remarque que [uelque lïivorable que cette coutume fût au li^eninage, jamais il ne put l'établir; qu'elle mi môme été rejelée avec mépris, et que H rempereur Néron, le plus impudique des 'rinces romains, ni Sardanapale, si connu •«rson amour pour les délices et les vo* ûpiés, n'avaient ni cité ni loué cette loi. Au ^^ntraire, celle que les apôtres ont publiée «près l'avoir reçue du Sauveur, ne défend f»«s seulement les crimes d'impureté, elle ^a même jusqu'à interdire les mauvais dé- Mrs. El malgré cela, cette loi est en vigueur ^^s tout l'univers, aussi bien que celles i<ii défendent la vengeance, le menson^je et •Hilasphème, de sorte qu'on a vu des mil- '"'"s a hommes et de femmes souffrir vo-

••u\airement la mort pour la défense de ces

lois. '

^* Le discours suivant est intitulé: De$ ^^^*^ tt des faux oracles^ parce que Théodo- ^^^J compare les prédictions des Grec^ aveu '*i»w des Juifs, et qu'il y fait voir la faus- ^eie des unes et la vérilé des autres. Il ^^oQire que tous ces oracles n'étaient que '^'s preslijçes ; d'abord, parce que depuis la ''^nue du Sauveur, ils ont cessé de répondre ^ ^'^*ux qui les consultaient, le mensonge ^® poutanl se soutenir en présence de la ^♦imé; ensuite, parce que les jmiens eux-

mêmes sont convenus nu'il n'y avait rien do vrai dans toutes les prédictions de ces prétendus oracles. C'est ce que témoij^nent Plutarque, Porphyre et Diogénien qui ont i^crit depuis l'établissement de la religion chrétienne. L'oracle d'Apollon qui avait déterminé Julien à transporter les reliques do ' saint Babylas, parce qu'elles étaient un obstacle à ses prédictions, fut réduit en poudre quelques instants après par le feu du ciel. Il n'en est pas ainsi des oracles rendus en faveur de la foi des Chrétiens; Tévénement a fait voir la vérité de leurs prédictions. Les prophètes avaient annoncé le renversement de l'idolâtrie, la venue du Sauveur, l'établissement de l'Eglise, la vocation des gentils à la foi, la prédication de l'Evansile dans toute la terre; ils avaient dit qu'à la

S lace des anciens sacrifices, on offrirait à ^ieu un sacrifice spirituel et sans effusion de sang; enfin ils avaient marqué que le sceptre ne sortirait point de la famille de Jucia, jusqu'à la venue de celui qui était l'attente des nations. Théodoret, en rappur^ tant toutes ces prophéties, montre que toutes ont eu leur accomplissement.

XI. Dans le discours suivant, l'auteur rapproche et compare ce que les Grecs et les apôtres ont dit de la félicité de l'homme et du jugement dernier, n Les opinions des premiers sur le bonheur de l'homme sont si différentes , qu'on peut dire que la plupart n'ont pas connu en quoi il consistait. Epicure le mettait dans la volupté et la jouissance des plaisirs; Démocrite, dans la tranquillité de l'flme; Pythagore, dans la parfaite connaissance des nombres; Platon, dans la ressemblance avec Dieu, autant que l'homme en est capable ; Socrate, son maître, dans la justice ; et Aristote, dans la possession de trois sortes de biens, savoir: ceux du corps, ceux de rflme, et les biens ^ extérieurs. » Théodoret approuve les sentiments de Socrate et de Platon, mais comme ils ne les avaient pas assez développés , il enseigne que, suivant les divines Ecritures, le commencement de la sagesse et des biens est la crainte du Seigneur, et que la fin de cette sagesse ou de ces biens est une vie ornée de vertus et d'actions réglées sur la loi de Dieu; car le Seigneur n appelle point heureux les riches, m ceux qui vivent dans les délices et à qui tout prospère ; mais les pauvres d'esprit, ceux qui sont doux et miséricordicux* qui ont faim et soif de la justice, et qui souffrent, sans se oiaindre, d'être maltraités par elle.

Il dit ensuite que ce que Platon a écrit sur le jugement que les hommes subiront après leur mort et les supplices destinés aux impies a beaucoup de conformité avec ce que les Ecritures nous en apprennent, parce qu'ayant été quelque temps en Egypte avec les Hébreux, il avait appris d'eux ce

aue l'on doit croire sur cette matière; mais ajoute que ce philosophe ne s'en tenant pas à ce qu'il avait appris de vrai, y avait u)6lé plusieurs circonstances fabuleuses tirées clés poètes grecs, qui se sont imaginé

THE

OICTiONNAIIlE

THE

qn*Eaque« Minos et Rhadamante , dont les mœurs iront fjas été sans reproches, présideraient à ce jugement, a Pour nous, dit Théodoret, nou^ attendons pour ju^e celui qui nous a créés et qui connaît parfaitement nos actions, nos paroles et nos pensées les plus secrètes. Il nous jugera revêtu de notre humanité, puisqu'il n*est pas visible h nos yeux dans sa nature divine; c'est pour cela quil s'appelle lui-même Fils de Thomme, parce que ceux qu'il jugera le verront revêtu de cette nature.» 11 établit cette vérité sur un passage des Actes des Apôtres , dans lequel saint Paul parle du jour destiné de Dieu pour ce jugement, et il Ajoute: «Si uuekju^un rt'voque en doute les paroles de I Ecriture, il peut s'assurer de leur vérité en considérant que plusieurs des choses qui sont prédites dans 1 Evangile, étant déjè arrivées, c'est une preuve que ce qui est annoncé de la vie future aura son accomplissement. Jésus-Christ nVtil pas prédit le siège de Jérusalem et le renversement de ses murs, aiUM que la destruction totale de son temple. N*a-t-ilpas prédit que les Juifs qui devaient le crucifier seraient errants et vagabonds dans tout lo monde? L'accomplissement de ces deux prédictions est indubitable ; les Juifs, chassés de Jérusalem , habitent partout ailleurs oue dans leur patrie, et il ne reste plus de vestiges de leur temple. »

Tnéodoret rappelle qu'il fut témoin oculaire de ces faits, et qu'il vérifia par luimême la vérité, pour ainsi dire palpable, des prédictions du Sauveur; puis il ajoute: « Jésus-Christ n'a-t-il pas encore prédit que les apôtres auraient beaucoup de combats à soutenir et de dangers à essuyer dans la prédication de l'Evangile; mais qu'ils seraient victorieux de leurs persécuteurs?

M'a-t-il pas dit que l'action sainte de cette femme qui ré()andit un parfum précieux sur ses pieds serait publiéedanstout le monde? Or les tombeaux des apôtres et des martyrs, qui sont connus de toute la terre, sont une preuve de la première de ces prédictions ; et la seconde se vérifie i)ar l'établissement de TEvangile dans tout 1 univers où chacun lit ce que le chapitre xxvi' de saint Mathieu rapporte de l'action de cette pieuse femme.

« Ce n'est pas assez de savoir ce que l'on doit penser de Dieu, il faut encore former sa vie et ses mœurs sur les lois qu'il nous a données, et mêuie l'imiter autant qu'il est en nous, c'est-àKlire , haïr ce qu'il hait et aimer ce qu'il aime; c'est le langage de r£criture,»fait observer Théodoret dans son douzième et dernier discours. « Du reste, Platon a parlé de même et n'a pas craint d'avancer que nous pouvions imiter le Dieu créateur dans ses bonnes affections. Il a ' donné aussi d'excellents préceptes pour la conduite des mœurs , mais on ne voit point ! qu'ils aient été suivis par ceux-là mêmes oui ont porté le nom de sages parmi les philosophes païens. Socrate, l'un d'entre eux, était si adonné à la débauchequ'il s'y livrait

publiquement. Diogèneen osait de mè^)^, ainsi que Craies le Thébéen, et plusieurs autres. La religion chrétienne, au contrairr. donne non-seulement des préceptes de vertus et recommande ))articalièremeni i chasteté, mais elle peut présenter aus^iu grand nombre de fidèles gui les ont rnis es pratique. » C'est par ce discours que The-. doret termine ce bel ouvrage, quiaprv objet de guérir les préjugés des paîenscGctre le christianisme.

Eraniste. — On a encore de Théodip un ouvrage intitulé fremtare otxPolymorjikt, qu'il appela ainsi parce qu'il y combin* plusieurs hérésies en naèoie te£D()s. Il r*i divisé en trois dialogues. Le premier a {ou: titre : Immuable: Théodoret y montrequt Verbe, en se faisant chair, n'a éproureiu cun changement.... «Le Fils unique de Afv est immuable, de même que le Pèrer((' Saint-Esprit. C'est du Fils, en effel, (^u'i! est dit, dans le psaume ci, verset 2iiUt* êtes toujours le même et vos années ntkvtm pas.ji Pour prou ver que sa divinité n^v^V fert aucun changement, Théodoret ciie^r core saint Jean, qui dit : tilfous avonsrui sa gloire^ comme du Fils unique du Pif étant plein de grâce et de vérité. (Joan. i, U. Car, étant homme, il portait en lui sa no blesse originelle, et faisait resplendir )<âr tout les rayons de sa divinité et i'écUt il sa puissance par un grand nombre de d racles.nThéoJoret s appuie ensuite, {tour éia blirlafoien l'immutabilité du Verbe, su les témoignages des Pères, et il cite en tre autres : saint Ignace, saint Iréoée, m Hipppol vte, saint Méthode, saint EusiluK saint Alnanase, saint Basile, saint Gtîw de Nazianze, saint Grégoire de Nysse,k:t Flavien d'Antioche, saint Ampbiloque,i2:r Jean Chrysostome et Apollinaire, auoiicd ce dernier fût d'ailleurs favorable â 1 hère:::; d'Eutychès.

Dans le second dialogue, intitulé Inm fusiblcy lîhéodorei prouve, parles Ecriture*

2u'après l'union des deux natures enJi$u> hrist, chacune est restée entière.* S'il n'er était resté qu*une, comment pourraint accorder ensemble les évangélistes qui tiK* ont écrit depuis sur l'union des deui natures? Or, saint Jean, en parlant deJé>uy Christ, dit : Qu'il était au commencmml .f Dieu^ et que toutes choses ont été faite* p«f lui. (/6id., 2, 3.) Saint Matthieu, au ca^ traire, ainsi que saint Luc, le font descendre d'AbrahaiU et de David. L*un dit qu est Dieu et éternel; les autres lui doooH des hommes pour ancêtres et le font uxiidans le temps. Ne lit-on pas dans r£vdo^'

Su 'il est né? N'y est-il pas appelé enfai'i' •y est-il pas dit encore qu'il fut adoré ov> pasteurs et qu'il croissait en Age et en ^' gesse.» Théodoret prouve encore ruDioûoe» ueux natures par loblation mystique qui -^ fait sur les saints autels. De quelles éost^* dit-il, le pain et le vin sont-ils les «l'aboies? N'est-ce pas du corps cl du sanijjc Jésus-Chrisf,

THE

TUE

Le troisième dialogue est intitulé ImpasibU, parce quMI résulte évideiument des rincipes établis dans les deux autres, et ant Théodnret développe ici les conséuoDces, qu'en Jésus-Christ c'est !a nature umaine seule qui a souffert. Il cite au ombre des Pères orthodoxes Théophile Alexandrie et saint Cjrrilie, et apporte ndifféremoient les témoignages des docîurs latins et des docteurs grecs.

Pbotius, après avoir parlé de ces trois lialogues, ajoute que Theodoret composa n autre écrit intitulé : Démonstrations par ]lUogi8meSf où il établissait, en resserrant 3 dialectique, les trois mêmes vérités qu'il vait démontrées dans ses trois dialogues, -iioir : que le Verbe est immuable, non ^sceptible de mélange et impassible.

KoûD, on possède encore de Theodoret [fui discours,' un sur la charité, et l'autre ur saint Jean, une réfutation des douze oatbématismes de saint Cyrille, et quelues livres écrits contre ce saint patriarche.

Tous ces ouvrages, si on en excepte les ^niers, méritent d'être lus et ont acquis ne gloire immortelle à leur auteur. A la érilé, ses commentaires sur l'Ecriture ne nni ^ère qu'une compilation. 11 en dit nicénieusement lui-même « qu'il avait fait omme les femmes des Juifs, gui n'ayant il or ni pierreries à donner à Dieu pour la «nstruclion du tabernacle, ramassaient les xiils, les laines et les lins provenant des loDs et des offrandes des autres, les Olaient ^ \t$ unissaient ensemble. » Nous nous ^imvies assez étendus sur l'analyse de ces Minmentaires pour mettre le lecteur à mô- "« de juger de la beauté du tissu qu'il en >vau su composer. Dans ses discours sur la évidence, il montre une connaissance de > physique et de l'histoire naturelle, plus leodue que ses occupations et son siècle uêuje oesemblaient le comporter. L'applicaiOQ qu'il donna à ses nombreux ouvrages JC cojuraria point l'exercice actif de son Dmisière. Il étendit ses prédications h son li^èse, et même aux villes voisines qui Haient infectées d'hérésies, et partout où ^ parole put pénétrer, nous avons vu qu'il ïameoa les peuples à l'orthodoxie. 11 est vraiment regrettable que la gloire de ce sa- |8ai lioinme se soit trouvée un moment '^rmeparson attachement à Nestorius, et ^'•Q adhésion tacite à sa doctrine.' Il s'était l'^Jvsé séduire par l'extérieur mortifié des •^tsioriens ; et prévenu contre saint Cyrille, au'iael il imputait à tort des opinions err^Qnées, il avait combattu le patriarche, aiia.|\jant l'hérésiarque son ami. Mais dé- ^l^uséde sa propre erreur, il la confessa ^^néreusement, et dit anaihème è Nestorius. ^^ti écrits contre saint Cyrille et en faveur ^^^ »^ei hérésiarque, furent condamnés avec '^^ de Théodore de Mopsue^e et d'ibas I* We^se, dans le cinquième concile gênéy»'icn 5o3. C'est ce que l'on a appelé depuis ^ condamnation des trois chapitres. Ce- PCQuant ce concile, qui est le second con-

cile CBCuménique tenu h Constantinople, n'ordonna rien contre la personne de Theodoret, parce qu'après avoir combattu publiquement, de bouche et par écrit, les erreurs de Nestorius, il avait été reçu à la communion des fidèles par le Pape saint Léon, et par les Pères du concile de Chalcédoine. Peu de temps après, il mourut comme il avait vécu, dans la ferveur d'une Ame chrétienne, et en paix avec l'Eglise.

La meilleure édition de ses ouvrages est celle que le P. Sirmond publia en quatre volumes in-folio^ grec et latin, et a laquelle leP. Garnier, Jésuite, ajouta, en 1G84, un volume y% contenant divers traités omis dans les précédents. C'est d'après celte édition qu'ils ont été reproduits dans le Cours com* ptet de Patrologie.

THÉODOTE, évêque d'Ancyre, au commencement du V* siècle , fut un des défenseurs de la foi contre Nestorius. Il travailla avec Acau, évêque de Méiitèno, à lui faire reconnaître la vérité ; mais ce fut inutilement: et comme Nestorius ne répondait à ses instructions que par des blasphèmes , il préfera à son amitié le zèle qu'il devait avoir pour la vérité. Obligé , par le concile d'Ephese, de raconter les entretiens qu'il avait eus avec lui, il rapporte les blasphèmes qu'il avait entendus. Théodote combattit ses erreurs dans plusieurs discours qu'il prononça en présence du concile sur le mystère de ITncarnation. Dans une inslructioo prononcée dans l*église de Saint^Jean l'Evangéliste, il compare l'Eglise à un chirurgien qui coupe , en pleurant, un membre [lourri pour conserver le reste du cor[>s ; 'Eglise pareillement, dans la déposition d'un de ses membres, n'agit de la sorte que pour empêcher que la pourriture dont ce membre est infecté ne se répande dans les autres membres du même corps. II déclare que c'est là ce qui a engagé l'Eglise à déposer Nestoriui, et trouve que ce genre de médecine n'est pas nouveau dans l'Eglise ; car les anciens 1 ontmis en pratique, comme on le voit par le prophète Jérémie, que Dieu avait établi sur Us royaumes et tes nations pour arracher et détruire^ rebâtir et planter. (Jer. 1, 10.) 11 montre que le Verbe de Dieu, en se faisant homme, est demeuré ce qu'il était, sans avoir souffert aucun changement dans sa propre nature. « Sou incarnation, dit-il , a eu pour but de nous délivrer do l'esclavage sous lequel nous avait réduits le péché, et il n'y a pas deux Christs, mais un seul, qui, quoique Dieu par nature et égal à Pieu, s'est anéanti en prenant la forme d'esclave. — Expliqucz-moi , ajoute-t-il, l'abaissement du Fils unique de Dieu; comment s'est-il anéanti, s'il n'a rien souffert des faiblesses humaines? Toutefois, lorsque nous disons que Dieu a souffert, nous ne faisons pas retomber ces souffrances sur la nature divine: elle n'est pas capable de souffrir: mais l'union de la nature divine avec la nature humaine susceptiblede souffrances, a fait Dieu lui-même capa-

THE

TDE

hle do souffrir dans cette nature. » Il distingue clairement ces deux natures dans JésMS-Christ; comme serviteur, il avait faim, et comme Dieu il multipliait les

{)ains; comme homme il était sensible aux atigues du voyage, et comme Dieu il marchait sur les eaux.

Nous avons aussi de Théodote deux au* Ires discours prononcés, à Ancyre le jour de Noël, jour dans lequel on célébrait aussi dans la même yille Tadoration des mages. Dans le premier, il réfute ^hérésie de Néstorius, mais sans le nommer, et montre que celui qui est né de la Vierge est Dieu et qu*il a été fait homme par un miracle et non par un changement ae sa nature. 1 1l est demeuré ce c[u*il était et a été fait ce qu'il n'était pas ; incorporel de sa nature, il a été fait chair sans aucun changement. Si vous rne demandez comment cela s*est fait, je vous répondrai que c'est un mystère qui «u.'passo la portée de notre esprit et qu'il s'est fait homme comme il a fait des miracles. Quand je vous rapporte un miracle, cessez de chercher les raisons du fait miraculeux. Nous ajoutons foi aux miracles et aux prodiges par la foi que nous avons en Dieu ; nous ne les examinons pas par les lumières de la raison. Les mages ont reconnu sa Divinité; les barbares ont ajouté foi à ses miracles sans les avoir approfondis ; et vous, qui êtes du nombre des tidèles, pourquoi demeurez-vous incrédules et ne voulez-vous pas croire ce que la raison, humaine vous rend croyable? Ils ont confessé, comme nous, l'unité ou l'union de la divinité et de l'humanité dans Jésus-Christ: or, ce qui est uni , est fait d'une manière indivisible. Mais, direz-vous, je ne le divise c^ue par la pensée? Qu'importe, puisque c est toujours le diviser. En le divisant par la pensée, c'est une preuve que vous ne Tunissezanssi que parla pensée. » Théodote prouve ensuite, par divers passages de l'Êcriture, que c'est le même Jésus-Christ qui était de toute éternité et homme dans le temps ; et ajoute que tout ce que Jésus- Christ a souffert eût été inutile pour opérer notre salul, si ses souffrances n'avaient été celles d'un Dieu. Il insiste si fort sur l'unité de Jésus-Christ qu'il parait, dans quelques endroits de ce discours, affaiblir la distinction des deux natures: mais son but tend à établir Tunité de personne dans les deux natures, dont il distingue très-clairement les propriétés et les attributs. C'est pourquoi il conclut qu'il faut confesser un seul Christ, Dieu et homme tout ensemble, sans vouloir approfondir parles lumières de la raison la possibilité de cette union. Il enseigne, dans le même discours, que Dieu se servit de ia connaissance que les mages avaient de l'astronomie, pour les conduire à la foi de Jésus-Christ, parles choses mêmes dont ils avaient fait une étude particulière : « Car, dit-il , ce qui leur paraissait une étoile n'en était pas une, mais une vertu céleste et angélique, qui, sous la forme d'un astre, leur montrait le chemin qu'ils

devaient suivre peur trouver lésus-Chr.

Le Sauveur a été mis dans une crt^^ afin qu'il nous servît ensuite de nourriiL> sur la table sacrée ; Marie, sa mère, e-" reine des vierges dont les chœurs s%^^ blent dans l'Eglise ; la pauvreté et l'etde Bethléem a érigé les temples qui i. aujourd'hui notre admiration. »

Dans le second discours sur la nai^or du Sauveur, il montre aux Juife qu'il i pas été plus indécent à Dieu de natire d' ,r vierge, que de paraître sous la forme : . buisson ardent; et à Photin qui niait \\ ;. vinité de Jésus-Christ, qu'il n'y a qu'j. Dieu seul qui puisse être né d'une Tkr. sans rien lui faire perdre de sa virginiié.iL' serait en vain que l'on chercherait toma il est possible qu'un Dieu se sou fait cb. . puisque la manière dont Dieu fait les ;r oiges surpasse les lumières de notre mv ôt comme c'est à la foi à nous rendre Lm. racle croyable, nous devons laisser J D-. seul de connaître comment il l'a feil ^ est ainsi de l'Incarnation; Dieu leVn-, quoique invisible de sa nature, a paru > une forme visible. C'est un fait que i. » devons croire; mais Dieu seul connaît i i.ment cela s'est fait. La pensée de l'hou.. qui d'elle-même n'est ni visible ni pi, a ne se fait-elle pas connaître par la jar qui est son verbe el qui frappe nos orei:' mais c'est un verbe passager, au lieu que Verbe de Dieu est un être subsistant. Thdote remarque que TEcriture appelle le Fi de Dieu tantôt Verbe, tantôt la s\i]mï^ndu Père, et qu'elle lui donne que!qucf<> d'autres noms pour nous apprendre à cr-îrde lui ce qu'il est en effet. Ainsi, quanl est appelé la splendeur du Père , ce>t («. marquer qu'il lui est coéteruel, comme splendeur du soleil est en même temps ' soleil, quoique produite par lui.»lldemsn à ceux qui ne voulaient pas que Tboiiiir' fût digne d'être la demeure d'un Dieu, si •ciel, qui n'est composé que de matière, c plus digne que l'homme dont Tàme raiy .• nable surpasse en beauté tout ce que !corps ont de plus brillant. «Le soleii('>tn cessité à une certaine révolution; ïïv^m agit librement ; il fait ce qu*il veut; ii ne^' astreint à aucune nécessité dans sfisaciint . Qu'y a-t-il de surprenant que Dieu dcmt'i:' dans celui qu'il a formé à son image! Car.. faut regarder Thomme tel qu*i) était i..^ son origine et non ce qu'il est devenu par péché. » Théodote s'explique neUeuieni>la divinité de Jésus-Christ, lorsqu'il dit •;:> « les Juifs n'ont pas crucifié un pur lioaiii' mais Dieu qui s était approprié les qua!.: < de la nature à laquelle il était uni. Diej « voulu souffrir la mort dans celle nalu.i. afin de nous procurer l'immorlal ié. »•

Epiphane, diacre, dit que ïhé'KJofe a^'composé d'a^utres discours que reui i nous venons de citer , et le Père Conilt-^ déclare les avoir eus entre les mains: un 5ur Elie et la veuve de Sarepta; uu autre > saint Pierre et sur saint Jean; un tn i>J^ '^' sur le boiteux qui était assis à la Mit* P'"^

TilS

bË f ATRQLOGIE.

Tl£

la teoople; le quAtrième sur ceux qui raient reçu les talents; le cinquième sur »s deui aveugles de Jéricho. L*homélie sur I sainte Vierge et sur SiméoUy donnée sous } nom de saint Aruphiioque , porte le nom 0 Tliéodote dans un manuscrit; et dans 'autres celui d*Amphiloquei évëque de ide. Us iconoclastes citaient, sous le nom e ThéodotCi un endroit de ses écrits contre I culte des images: mais le diacre Epi- Itaoe leur soutint qu'on ne lisait rien de iinhiabie dans ce qui restait alors de ses jvrages. — Nous n*avons plus l'écrit qu'il )ffi)H)sa pendant son séiour à Ephèse pour )Rvaiacre et réfuter Nestorius, Il y éminçait d'abord diverses preuves tirées du lisonnement et de la dialectique; puis les uiarilés de l'Ecriture. Si c'est le même DOt parle le diacre Epiphane, il était divi-» en six livres et déuié à Lausus, grand lambellan. 11 avait en outre écrit trois ïmDu Saint-Esprit et une lettre à Vital» oine de Cappadoce, dans laquelle il disait re Nestorius n'était que le disciple de mpiétéde Théodore de Mopsueslo, qui irait communiqué à quelques Ciliciens.

dit, dans le même fragment qui nous sle, que Vital avait vécu longtemps dans s exercices de la piété ayant de se laisser iirainer aux nouveautés de Nestorius ; et ni n*avait donné dans ses erreurs que lur avoir voulu examiner le mystère de' ni:arnalion avec plus de curiosité que de uipliciié et de soumission pour l'ancienne 'cirine de l'Eglise. Théodote se joignit m à Maxiroien de Constantinople et à ir.rius de Césaréc, pour empêcher le clergé le peuple d'Ancyrede recevoir les Orienui à la communion. Jean d'Anlioche fait million de la lettre qu'ils écrivirent con* internent i cet effet.

EjcplicQdon du symbole. — L'explica* rn du symbole de Nicée est visiblement uire Nestorius. Théodote n*en explique s tous ses articles : mais ceux qui établis* Dt l*uuion indivisible des deux natures ns uoe personne en Jésus-Christ. Il la uuve d'abord par les paroles du Sauveur, li. pour marquer qu'il est Dieu et égal à n Père, dit : Mon Pire et moi nous sommes * {Joan. X» 30); et encore : Qui me voitf voit m Père (Joan. xiv, 9) ; et pour ne pas nous ^ser douter de son humanité, il ajoute : ^^rguoicherchei->vous à me tuer^ un nomme i tou$ dit ta vérité? {Joan. viii, W.) Il la ouvc ensuite par ces paroles de saint lui : Cest le mime qui est descendu et qui ^ monté. (Ephes. iv, 10.) Ensuite il rap- *rtG tout entier le symbole avec l'ana thème fl^K^se catholique prononcée contre ceux li ne croieut pas le Fils éternel de mèine 'u&lance que le Père. Il remarque que les fesdeNicée commencent leur symbole 'f.'û croyance en Un seul Dieu Père Tout- «««oni , non pour établir un point déjà ceplé; mais pour déclarer que comme ils ! recoonaissaient qu'un Père» ils n'admeti.^nt non plus qu un Fils unique notre ^ôoeur Jésus-Christ. Il accuse Nestorius Diction?!, de Patrologis. IV.

d'avoir corrompu en cet endroit le symbole^» en supprimant le terme un Seigneur Jésus- Christ : et d'avoir aussi retranché de l*Bpttre de saint Paul aux Philippiens : Jl s'ut anéanti lui-même en prenant la forme (fet * clave (Philipp. ii» 7); parce que ces deut passages détruisaient son erreur et prouvaient clairement que c*est le Fils unique du Père qui s'est fait homme et qui a soiif* fert pour nous dans sa chair. Théodote in* siste dans cette explication sur la soumis* sion aveude aux mystères et veut que dans cette matière on fasse taire la raison ponr s'en rapporter à la doctrine de l'Eglise. Il ajoute que si les Pères de Nicée ont dit peu de choses du Saint-Esprit» c'est qu'alors personne ne contestait sa divinité. Théodote écrivait avec beaucoup de précision et de force. Son Explication du symbole fut imprimée à Bome en lOOO, et dans le supplément de la Bibliothèque des Pires^ à LyoUi en 1677.

THÉODUIN» ou DÉODOCIN, au xr sièclu, était originaire de Norique en Bavière, et issu de sang royal. Après avoir été prévôt de Saint-Martin de Bruges i il succéda en 10(^8 à Vazon sur le sié^fe de l'Eglise de. Liège, qu'il souverna avec tant de douceur et de tranquillité, qu'il mérita d'en être regardé comme l'astre paisible. Théoduin réussit à apporter quelques remèdes dans les guerres intestines qui existaient entre les seigneurs et les évèques ; et le Pape Léon IX» dans son voyage à Liège, Tannée suivante, acheva le reste. En 1053, il Gt le voyage do Bome, et en ramena le célèbre TIrierry, mo^ dérateur de diverses écoles, afln de l'attacher à la direction de celle de Fnlde , si on no l'eût pas élu abbé de Saint-Hubert. Sur la On de ses jours il eut quelque différend aveu Thierry, abbé de Saint-Hubert ^ à J'occa^ sion de quelques privilèges que celui-ci avait obtenus en faveur de son monastère; mais après une forte réprimande du Papo Grégoire VII, il lui rendit ses bonnes grAcesr Théoduin mourut en 1075, après vingt-sepi ans d'épiscopat»

Ses icRrrs. — Ce prélat n'avait pas la réputation d*un homme fort lettré ; mais ce oui nous reste de ses ouvrages a son prix, et lui a mérité k juste titre de tenir rang entre les écrivains ecclésiastiques. Son principal écrit est sa lettre à Henri 1*% roi de France, à l'occasion d'un concile qu'il devait convo-

Juer contre les erreurs de Béranger. Ecrite ans un style clair et précis, elle est intéressante à beaucoup cf'égards, etfcontient plusieurs traits d'histoire de ce temps-là, qui méritent d'être connus. On y app/end que Brunon , évèque d'Angers , était* uni avec Béranger de Tours, pour semer de concert les mêmes erreurs; qu'ils erraient nonseulement sur l'Eucharistie, mais encore suit les mariages légitimement contractés entre les fidèles, et sur le baptême conféré aux enfants. Elle donne connaissance que leur* erreurs, que Théoduin a soin de caractérn ser, après avoir fait beaucoup de bruit tti

THE

THE

France, en faisaient en 1050 dans toute la Germanie ; que tous les vrais enfants de l'Eglise en étaient pénétrés de douleur, et craignaient extrèmemeut pour leurs suites funestes. Après cet exposé, l'auteur loue le dessein du roi et le zèle qui l'animait à extirper de son royaume un mal aussi Iperni- Gieux. Mais il lui représente qu'il n'espérait pas, non plus que les autres fidèles, au nom de qui il lui parle, que le concile convoqué h celte On eût tout l'effet qu'il se proposait. Il allègue pour raison, qu'il faudrait punir Jes coupables, ce qui n'arriverait pas, parce que Brunon était évoque', et qu'un évéque ne pouvait être condamné que par le Pape, ll^craignait en conséquence, que leur impunité ne produisit un plus grand scandale. C'est pourquoi il prie le roi de ne point assembler le concile avant que d'avoir reçu du Saint-Siège le pouvoir de les condamner. Il lui dit qu'il portait un peu trop loin son zèle, qu'il ne fallait pas même les entendre; mais délibérer avec les évoques de France «t des autres pays , avec l'empereur et le Pape même, de la punition qu'ils méritaient. Théoduin raisonne de la sorte, supposant d^une part, qu'on doit à la vérité écouter les hérétiques, lorsque les points de doctrine sur lesquels ils errent n'ont pas été examinés ; mais prétendant d'ailleurs que ceux dont il s'agissait alors, étaient si bienéclaircis par les conciles et les écrits des Pères, qu il ne restait rien de douteux.

L'auteur entreprend ensuite de justifier ce qu'il vient d'avancer, et l'exécute fort bien, quoique d*une manière très-succincte. 11 montre d'abord par des passages clairs et

{M'écis, tirés des Pères grecs et latins, que 'Eucharistie contient réellement le corps et le sang de Jésus-Christ, et n'en est pas une ombre et une figure, comme le prétendaient Brunon et Bérangor. Ensuite il en apporte d'autres pour établir le baptême des enfants, et le canon du concile de Tolède, qui porte iinathème contre ceux qu condamnent les 4Dariages légitimes : d'où il conclut que Brunon et Béranger étaient déjà anathématisés. Sa lettre se trouve dans un grand nombre de recueils; mais elle. y est mutilée de presque des deux tiers ; de sorte qu'on n*y trouve que le commencement. Il est néanmoins Trai que les éditeurs qui la rapportent ainsi, l'avaient vue entière. Au reste «Ile est entière dans les dernières éditions de la Bibliothèque des PèreSy faites à Paris et à Lyon.

Dom Martène ei dom Durand ont publié une autre lettre de Théoduin à Imade, évéque de Paderborn. L'auteur s'y propose deux objets, qui ne sont pas autrement intéressants. Il remercie son ami de quelque présent qu'il en avait reçu, et lui fait part de trois miracles qui venaient de s'opérer dans son église cathédrale, par la vertu du corps de saint Remoule, que les moixies deStavelo y avaient transporte. Ces miracles, qui ne sont qu'annoncés ici^ se trouvent détaillés Jivec la cérémonie qui les précéda, dans ce xjue l'on nomme le triomphe de saint Re-

moule, i mpri mé par les soins de Chapeantilie Théoduin termine sa lettre par des traiii d'une vive reconnaissance envers Dieu, d< ce qn'il daignait honorer son épisco|)at psi de semblables merveilles de sa toate-pui$sance. Les éditeurs de cette lettre oot publia une autre pièce de notre prélat , qui es; moins un monument de littérature, quos témoignage public de sa libéralité eoven l'église de Notre-Dame de Huy. Il est d! Tannée 1066, et sert en particulier à moofrer en quel temps florissait le savant scholastique Francon, qui Ta souscrit et colistionné. Le même éditeur en a imprimé un autre de Théoduin, qui fut fait trois joars après le précédent, en faveur de la \hhi é^'lise.

°THkODCLE, prêtre de Célésyrie, mn composé plusieurs ouvrages dont un m est venu jusqu'à nous : Gennade aujBdûs n'avait vu que celui oii on faisait m^a^ cord de l'Ancien et du Nouveau TesUniwi; contre d'anciens hérétiques, qui prenaittit

f prétexte de la différence qui existe enlrf es préceptes et les cérémonies de TaQ et de l'autre , pour soutenir que le Dieu de TAncien n'était pas le même qae celui ou Nouveau. Théodule faisait voir que c'était par un effet de la Providence que Dieu avait donné aux Juifs, par le mluislère d« Movse, une loi chargée de céréoionies el de lois judiciaires, et qu'il nous en avait donné une autre par la présence de Jésus- Christ dans les mystères et les promesse^ futures. «11 ne fallait pas, disait-il, s'imd|;ioer qu'elles fussent pour cela différentes; {ut^ Gue c'était le même esprit qui les ar?:/ dictées, et le même auteur qui les in:r établies. » Nous avons dans la Bibliotk/nt des Père5 un Commentaire sous son noa).<-< VEpUrede saint Paul aux Romains. Gennftie n'en dit rien ; et ce qui fait voir qu'il d>^^ pas de Théodule, c'est qu'on y cite un grand nombre de passages tirés des écrits dO£m ménius qui n'a vécu que plusieurs sièclr après ; et que Photius qui écrivait dans IX* siècle y est cité. Ce commentaire une espèce de chaîne, composé de diri fragments des ouvrages de saint Denis d' lexandrie, de saint Chrysostome, de saii Cyrille, de s/iint Isidore, d'OEcufflénius de Photius. Il y avait trois ansquelhéoJu était mort, lorsque Gennade [jarlait de l dans son Traité des Hommes iilustresAi est dit qu'il mourut sous l'empire de Zéoe risaurien, dans le v* sièHe.

THEODULE, Italien de naissance, lit ^ voy/ige à Athènes pour se fedecûon^ dans les sciences. Il y assiita à une f^r troverse entre les Chrétiens et lesgeoiir^ et eut soin de mettre par écrit ce qui ^f de part et d'autre. De retour en Ii«fïC ]''J composa des Egtogues ddins lesquelles ii»J' iroduisait deux personnages qui dispuw''^ ensemble et un autre qui devait ju?«f * question. Chaque personne portait un «k^^ grec, le nom cfe la première signifiai hOi sefé, celui de la seconde Vérité et celai ^^^ la troisième Prudeaue. Le titre de l'ourf^c^

Ml

TIIE

DE PATROLOGtE.

THE

Page 1