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était : Eclogues de Théodule. Cet écrivain mourut dans ]*état ecclésiastique dans un âge peu avancé» c'est pourquoi il n*eut pas le loisir de corriger son ouvrage et d'y mettre la dernière main. Trilhème a confuQilu ce Théodule avec un prêtre du même nom qui exerçait les mëtnes fonctions dans ta Célésyrie et dont Gennade cite un ouvrage intitulé : Concordance de VEcriture. H fait vivre le Théodule italien dans le x* siècle, et le prAtre de ce nom dans la Célésyrie était mort plusieurs siècles aupara* vaut, puisque Gennade qui en parle écrivait dans le v*. Bernard, surnommé Sylvestre, clerc de l'Eglise d'Utrecbt, revit les Ecjogues de Théodule et y fit un commentaire que l'on voit encore dans la biblio* thè.]ue Nationale. Fabricius qui avait aussi m manuscrit de ces Eclozues, en rapporte iei quatre premiers vers qui sont hexamètres.
THÉODULFE, originaire dltalie au vW siècle, illustre par sa science et la beauté de son génie, fut emmené en France par Charlewa^ne vers I>in781. Après la mort de son épouse, il entra dans le clergé. Il ne fut pas longtemps parmi les Français sans se distinguer par son esprit et sa doctrine» qualités qui lui méritèrent Tévèché d'Orléans et rabbaye de Fleuri. Dès qu'il fut monté sur ce sié^e, il s*appliqua à donner «î son clergé des instructions solides. Il puiiliaà cet effet un capitulaire qui servit depuis de modèle à plusieurs autres prélats et o^urit diverses écoles dans retendue de son <|iocèsû. Autant il avait eu de part à la conliance de Charlemagne, autant il en eut à cdie de Louis le Débonnaire :^oa fils et son successeur à l'empire. Le Pape Etienne IV, aussii6t après son élévation sur le Saint- **^ié^e, entreprit le voyage de France, et îheodulfe fut député avec Hildebalde et Jean, archevêques de Cologne et d'Arles pour aller au-devant du pontife et le con- <lu{re à Reims. Ce l'ut dans cette occasion qu*il reçut du Pape le pallium et le titre <l'arclievôque. Son crédit fut toigours le même auprès du roi, jusqu'à ce qu'il fut accusé d avoir trempé dans la révolte de Bernard roi d'Italie; malgré ses assertions diimoccnce, il fut néanmoins enveloppé dans la punition infligée aux coupables. Déposé de son évêché et de ses autres biens, li fut relégué à Angers dans un monastère ^l y demeura jusqu*en 821. On dit qu'il njourut pendant son retour à Orléans; mais ^'après son épitaphe que dom Mabillon dit avoir trouvée dans un ancien manuscrit de labbayede Saint-Vanne, il mourut et fut enterré à Angers. Lejourdesamortest marqué dans quelques nécrologes au vingt-un '^«piembretfâi.
Sbs itcaiTs.— Capiiulaire. — Cette instruction, divisée en quarante-six articles, est adressée à ses frères et collègues dans le ««cerdoce, les prêtres du diocèse d'Orléans, çt commence par une petite préface dans laquelle il les exhorte a prendre un soin Wrliculier des peuples confiés à leur vi-
gilance, et à lus instruire autant par leurs exemples que par leurs discours. Théo^ dulfe dans le corps de l'ouvrage leur prescrit "vers règlements, tant pour leur propre conduite, que pour ce qui regarde lo culte de Dieu et l'administration des sacrements. L'article ou capitule vingt-un est remarquable en ce qu'il est entièrement tiré du 4' chapitre de la Règle de Saint-Benoit, que l'auteur ne désigne que sous le nom général d'un certain Père. Ce chapitre dans la Règle est intitulé : Des instrumenis ou moyens des bonnes œuvres; et, dans le Capitulaire de Théodulfe : Abrégé d'une con» duile chrétienne. Notre prélat en prescrivant à ses prêtres la manière de se conduire euxmêmes, leur donne aussi les règles nécessaires pour conduire et instruire leurs peupies. Les articles 19 et 20 de ce capitulaire qui traitent des écoles d'Orléans sont encore fort remarquables. En général ce Capitulaire nous apprend beaucoup de points de liturgie et de discipline alors en usage dans l'Église d'Orléans. Non -seulement cette instruction do Théodulfe a servi de modèle à plusieurs autres écrits de cette nature, mais elle a même été adoptée par divers évêques des siècles suivants, sans y presque rien chanççer. Elle le fut ainsi en 868 par Hildegaire de Meaûx dans un synode que ce prélat tinta cet effet. On trouve ce Capitulaire dans l'appendice de l'édition du P. Labbe, dans la Collection des conciles. Ou rencontre dans un des articles ce passage :«Tous ceux qui ne sont pas excommuniés doivent recevoir le sacrement du corps et du sang de Jésus-Christ tbus les diman*ches de carême, le jeudi, le vendredi et le samedi et le jour de PAques i toute la se** roalne de Pâciues doit être célébrée avec la même dévotion que le jour. » Il parait qu'alors il y avait obligation de communier le vendredi saint et que toute la semaine de Pâques ne faisait qu'une seule solennité.
Livre du baptême, — Le Traité sur les cé^ remontes du baptême est adressé à Magnus, archevêque de Sens, qui, d'après la lettre circulaire de Charlemagne à ce sujet» avait prié Théodulfe d'y prêter sa plume. L'auteur, en dix-huit questions qui forment autant de chapitres, y explique toutes les cérémonies du baptême ; tant celles qui les précèdent et l'accompagnent, que celles qui le suivaient immédiatement alors, comme la conQrmation et l'Eucharistie. Il y parle partout avec autant de justesse que de précision. Il dit en particulier des choses admirables dans lo 17* chapitre sur les sept dons du Saint- Esprit et principalement sur la science qui n'est pas jointe à la piété. Il a laissé dans le chapitre suivant des preuves non équivoques de la foi de l'Eglise par rapport à la transsubstantiation et la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l'auteU Outre les dix-huit chapitres qui font la division du traité, il a sa préface et son épilogue. Dans la préface, l'auteur s'applique K rendre compte de son travail et à faire cod<* naître le butauauel tendaient ces questioni
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-proposées h Magnuset aux autres itiétropo* litams par Charlemagne. Dans Tépilogue, il prie Tarchevéquo Magnus, supposé qu'il reçoive quelque meilleure pièce sur le baptême, de ne pas rejeter néanmoins celle r[u*il lui envoie, avant que le Saint-Siège au jugement duquel tout doit être etaminé, n'en ait jugé autrement. 11 y a ici deux choses à remarc|uer, la première que tous les métropolitains qui avaient reçu de Chisrlemagne ce programme engageaient leurs suffragant!!» à y répondre; en second lieu, que Théodulfe craignait que Magnus ne préférât quelque autre traité de ses suffragants à celui qu'il lui adressait?
Traité du Saint-Esprit. — Cet écrit dans le recueil des œuvres de notre prélat, est suivi d*un autre sur le Saint-Esprit, lequel n'a pas beaucoup coûté à son auteur. H n'y fait effectivement que rapporter sans presque aucun ordre et sans y rien ajouter du :>ien d'assez longs passages de dix -sept Pères de TËglise , tant grecs que latins. Il y cite sous le nom de saint Prosper le Traité de la vie contemplative de Julien Pomère. Tous ces passages réunis tendent h prouver que l'Esprit procède du Père et du Fils. Il Tentreprit par ordre de Charlemagne comme le porte la préface en vers élégiaques adressés h cet empereur. On y voit aussi que ce fut à l'occasion de la dispute qui s*éleva sur cette matière en 809 et qui engagea le prince è envoyer à Rome pour définir la question.
Fbagiients de quelques sermons de Tbéo- OULFE. — A la suite de ce traiié le P. Sirmondamis deux fragments de deux dis« cours de Tbéodulfe, déjà pubi iés dans le tome V du Spicilége^ l'un intitulé : De tous les ordres du monde^ et Tautre sans titre. Dans celui-ci Tbéodulfe fait voir qu'il faut nonseulement fuir le mal, mais encore faire le bien. Dans celui-là il donne à tous les différents ordres dont le monde est composé, des instructions relatives à leur état. Ce discours fut prononcé le jour de la naissance du Sauveur. On a joint à ce discours un fragment de quelques autres écrits de Tbéodutio adressé à un nommé Didier.
Poésies de théodulfe. — Ses Poésies sont en vers éiégiaques et divisées en six livres. Le premier ne contient qu'un seul poëme, mais il est le plus long et le plus estimé. Il est intitulé : Poème contre les juges ou £xhortation aux juges. Ce fut la légation dans l<3S deux Narbounaises, dont on Te chargea, qui lui donnèrent occasion de composer ce {•oëme. Le poëtoy donne aux juges d'excelivnls avis sur ce qu'ils doivent éviter et mettre en exécution pour s'acquitter dignement des fonctions de leur charge. 11 y fait do temps en temps quelquesdigressions qui plaisent au lecteur.
Le second livre des Poésies comprend 8eizepiècostantpoëmesqu'épigrammes,dont Quelques-unes nesont que de six ou môme de quatre vers. Toutes ces.pièoes roulent sur divers sujets. La première et la plus con- KÎdf^pablc est ceJle qu'il avait faite pour
orner le frontispice de la Bible qu'il avait fait copier pour son usage. Ce |>oëme est employé à faire l'éloge de loas les livtvs de PEcriture, L'auteur y donne une idée de l'Ancien et du Nouveau Testament avec le texte des livres de l'un et de laulre, oV près l'ordre qu'ils tiennent dans cwie BiUf, ordre un peu différent de celui qnlls oni dans nos Bibles imprimées. A la suite vjfijt un autre poë>ne de près de 60 vers qui fe trouve à la fin de la même Bible avrc deui distiques au lecteur que Théodulfe <onjur* de prier pour lui. Le troisième et le |»li)< fameux poëme de ce second livre csl riiynjne, Gloria^ laus et honor^ dont \%\\^ chante les douze premiers vers à ta jirtv cession des Rameaux. Notre poêle le mis* posa à Angers pendant sa prison, etitydicrit la procession, générale qui se fail fs môme jour à Ançers. Entre les autres fitm do ce second livre, dont la pluiiansoni faites pour orner les autels et lesloinbiiii de divers saints, la sixième est remarquât C'est un éloge de saint Benntl d'AniflneH de la réforme qu'il avait établie dans 1» monastères de France.
On compte dans le troisième livre dnazf poëmes : le premier très-important pourlliisloire est adressé au roi Charlemagne sur les dépouilles des Huns qui lui avaient été t\^ portées et la conversion de ces peu;»U's à la foi de Jésus-Christ. On infère de là qui! fui fait en 796. Le second poëme est une épiia* phe pour le Pa[»e Adrien 1" en la personne de Charlemngne.Le troisième poëme Pîllal^e^• se à Angilbert surnommé rUoiuère de^'n temps, serait encore important f)our l'hiitoire, si les surnoms arbitraires par lesquels Tauleur désigne plusieurs persoo&ef illustres dont il [larlc, ne le rendiiient )« si obscur. Le sixième, adressé au roi Charles, dans lequel Théodulife le félicite de <t liberté qu'il avait procurée au Pape Lé^m III en 799, est aussi historique. Le douzième et dernier poëme dans lequel l'auteur uècril un de ses voyages est en vers hexau.èires.
Le quatrième livre contient neuf fjoêmes sur divers sujets. Un des piimipaui e>l le second, qui traite des sept arts libéraux. Ou y voit quel était Tétat des études au sièi:« de Théodulfe. Le quatrième, adresisé à Aiuii« ou Aioul, ardievêque de Bourges, it b suivants, sont un des fruits de notre \^éie pendant sa prison. Le cinquième, Tun t^ plus considérables, est adressé à Modoi^:* évéque d*Autun.
Quoiqu'il n'y ait dans le cinquième n*** trois poëmes et une épigramme, il ne \^i^<
fms dètre un des plus esiimaules d^-*»* ivres, pour les Uiaiières qui y sont !raH«^- Le premier poëme est un discours de c^n '* lation sur la mort d'une personne eh*^ l'auteur. 11 tire les motifs de sa eooJol*'^^" de ce que la mort est inévitah e, imij^»'' tous les justes, depuis Adam, ont suOi >'|»J joug. Le second, dont nous n avons {t^i^ commencement, traite des péchés caf^ïW»^' et contient i)lus *lc trois cents vers. Lj ^^' sième est une exhortatien aui é?ôqocf.
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DE PATUOLOGIE.
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L'auteur D*étail encore que diacre lorsqu'il la composn» comme les deux vers suivants ie donoeiit à entendre :
Fana tôd tu magtia cum «m m temttde turèa Fan, p(M$t ut ptUram qna qmo sorw jvwft.
Les poésies du siiièroe livre sont au lornhre de (rente, et presque toutes sur des sujets de piété. Théodulfe traite, dans la première, de la grâce de Dieu, et fait voir ]ue sfins elle on ne fait nucune bonne action. li donne, dans la onzième, quatre raisons wnr lesquelles Jésus-Christ conserva sur m cor|»s, après la résurrection, les cicalri- :'cs de sas plaies : la première, c'est afin que ^es disciples fus^enl assurés qu'il était véritablement ressuscité, et qu'ils en prissent litiiuoiif de prôciier aux hommes leur propre ff^urrection ; l«i seconde, afin que Jésus- 'firisi, s'inléressant pour nous auprès de m Père, le tit comme ressouvenir, par ces uairices, de ce qu'il avait soutrert pour les 'Omraes; la Iroisième, pour que les élus, à R vue de ces plaies, ne cessent de rendre iloire à leur libérateur; la quatrième, afin jue les réprouvi^s reconnaissent au jour du u^ement celui cont ils ont percé le côté, et |u*ils sachent que c'est avec justice qu'ils ont condamnés à des supplices éternels, ) us le dix-huiiième poëQ)e, il fait la desripiion de l'état do l'Eglise de son temps, et nuutre qu'elle était déchue de l'état floris- ^4ûi qu'elle avait du temps des apôtres et de ears successeurs.
AcTiiEs POÉSIES DE Théodulfe. — Ou ne (''noaissait des poésies de Théodulfe que te Ml livres dont nous venons de parler, ûrsqu^eu 1673 dom Mabillon publia dix aures pièces du même poète, (}ue lui avait 'Hirnies un anrien manuscrit de Saintanne, è Verdun, où se trouvent aussi les trécédenles. Les deux premières sont des •«èiiies en vers saphiques sur l'arrivée de ^uis le Débonnaire a Orléans, en 814. Les uircs pièces sont moins des poëmes que «s épigrarames, toutes en vers éléj^iaques. 'y en a une sur la passion du Sauveur, et ue autre sur la résurreclion.
Çapiiulaire. — Le P. Sirmond a fait ira- *^iuier dans son septième volume des Mé» '"yw un second lapitulaire de Théodulfe, •'tressé aux ecclésiastiques de son diocèse, '.Mui il prescrit plusieurs choses dont il «vait pas parlé dans le premier. Théodulfe eut que tous les prêtres sachent par cœur ^ î>yiul)ole des apôtres et celui qui porte le i^iu de saint Alhanase, avec le canon de la "esse : Te igilurf et qu*ils récitent avec l.^'voiion les noms des vivants et des morts, 3prts Tordre qu'ils ont dans les diptiaues, '.leur prescrit de ne rien exiger pour l'ad- "!["siration du baptême ni pour les funé- ^"'<^.S et défend aussi d'enterrer les morts '«^»s les églises. L'auteur s'étend d'une ma- "^re spéciale sur l'administration du sacre- '»«-Mii (le pénitence, et ordonne de mesurer «remède contre le péché non sur le ca- \|ce de Thororoe, mais sur les canons éta- ^^ Wr les Pères» Lorsqu^ii dil que les pé-
chés capitaux doivent être expfés pulilique» ment, il déclare cependant qu'il y a des pé^ chés mortels pour lesquels on peut satisfaire en secret : ce qu'il laisse à la discrétion et à la prudence des ministres, pourvu toutefois qu ils ne s'écartent pas de l'esprit des canons. II entre ensuite dans le détail de eo que doivent pratiquer les confesseurs dans Texerrice de leurs fonctions. Il parle fort clairement du sacrement de i*extréme-on<v tion, et décrit toutes les cérémonies qui l'accompagnaient, tant dans l'Ëglise grecque
3 lie dans TEglise latine, et prescrit de la onner même aux enfants. De son temps encore, les dîmes et les ohiations des fidèles étaient partagées en quatre parties égales r la première pour l'entretien de l'église, la* seconde pour les pauvres, la troisième pourl'évèque, et la quatrième pour les prêtres et les autres clercs. Il remarque, en passant^
Sue dans les communautés de la primitive glise il n'y avait pas de différence entre les évoques et les prêtres. Il croyait que ces derniers pouvaient donner la confirmation aux personnes qui, ne l'ayant pas reçue, se trouvaient en danger de mort.
Ouvrages attribués a Théodulfe. — Oa attribue à Théodulfe une Explication du Symbole de $aint Aihanasef une Explication mystique des cérémonies de ta messe^ et un ouvrage intitulé .* Miroir. Il y a des manuscrits dans lesquels on trouve, sous le nom de Théodulfe d'Orléans, une Exhortation au clergé^ un Livre synodal^ une Epitre dogma^ tigrée.
Jugement de ses écrits. — Théodulfe avait beaucoup de talent pour écrire; mais il » moins réussi dans sa poésie que dans sa prose. Il avait du feu, de l'imagination ut la génie poétique. Quoiqu'il ait surpassé tous les poètes de son temps, il serait allé plus loin s'il avait vécu dans un meilleur siècle» Ses ouvrages en prose sont d'un style natu-^ rel, uni, clair et précis, et il y emploie rare-^ ment des termes barbares. S il a uni la qualité de poëte avec celle de théologien, il l'a fait sans se dégrader et sans nuire en au-^ cune manière è sa dignité épiscopale. Tous ses ouvrages n'ont pas encore été recueillis en une seule édition; la plus complète est celle du P. Sirmond, à Paris, en 16^6 et 1G96, et à Venise en 1728.
THÉOFRIDE, abbé, nous a laissé deux discours, l'un sur les reliques, l'autre sur la vénération des saints. Il montre dans le premier que Dieu qui est admirable dans les saints, ne se contente pas de les glorifier dans le ciel, mais qu'il glorifie encore leurs reliques sur la terre par réclat des miracles, et par l'honneur qu^on leur rend en les ren* fermant dans des vases d'or et d*argent or- « nés de pierres précieuses. 11 relève dans lu second le pouvoir des saints dans le ciel, alin de nous exciter à les invoquer, et dii aue si leurs reliques ont en ce monda tant (reflicacité, leurs Ames n'en ont pas moins : dans l'autre. Il appelle reliques aes saints non - seulement leurs corps entiers, mais leurs habits, leurs ossements» la poussièra^
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de leurs tombeaux; et recommandait de les estiiper et de les conserver avec grand soin.
THËOFROI ou THÉOFRIDË, plus connu sous le nom de saint Chaffre, naquit à Orange d*une famille distinguée par sa noblesse. Appliqué à Tétude des Tâge de cinq ans, il y nt de grands progrès, surtout dans la poésie, où il s*acquit quelque réputation. Plus tard, quoique jeune encore, et unique héritier de sa maison, il congut pour le inonde un dégoût extrftme, et se consacra à Bien* sous la conduite de son oncle Eudes, abbé de Cormery, au diocèse du Puy-en- V'elay. Après l'avoir aidé pendant plusieurs années dans le gouvernement de son monastère, il fut élu, d*une voix unanime, pour le remplacer à sa mort; et il s'appliqua à perpétuer ses traditions de sagesse et de pjélé, jusqu'à ce que les Sarrasins, venant h ravager le Velay, comme tant d'autres pays de France» lui enlevèrent inhumainement la vie en 732. Sa mémoire devint si célèbre dans son monastère, qu'il prit dans !a suite le nom de saint Chaffre, L'auteur de sa Vie, qui écrivait aux* siècle, affirme qu'il avait entre les mains un ouvrage composé par saint Théofroi dans le loisir de sa retraite. Ji portait pour titre : Micrologus de lapsu piundi senario. C'était un petit traité sur le cours du sixième Age du monde, lequel finissait par une prose cadencée ; déterminât eufnjermonerhythmico^ ajoute Técrivainqui nous en a conservé la connaissance. Comme cet ouvrage avait eu le malheur d'être cor-» rompu par une main étrangère et mal in^ tendonnée, le même historien avait formé 1(3 projet de lui rendre autant que possible sa première intégrité, et de le publier, sous le nom du saint abbé, et pour faire honneur h sa mémoire. Qn ignore s'il mit son projet ^ exécution, mais cet ouvrage ne se retrouve plus aujourd'hui nulle part.
THÉOFROI, successeur de saint Eudes, dans le gouvernement de l'abbaye de Corjncry, en Velay, fut pis h raorl par les Sarrasins, dans l'irruption qu'ils firent en France en 732. Il est dit dans ses actes composés vers le x* siècle, qu'il était auteur d'un ouvrage intitulé : Pc/rt traité sur le cours du sixième 4q^ du monde; mais cet ou* vrage n'est pas venu jusqu'à nous. Nous avons dans leXir tome de la Bibliothèque des Pères, deux homélies qui portent le nom de Tabbé Théofroi ; l'une traite du respect que JVp doit aux reliques des saints, I autre de la vénération que l'on doit avoir pour les saints euJ^-mêmes. Dans l'une et I autre, il parle de la vertu et de l'efllcacité des reliques, et dit qu'à l'approche de leurs tombeaux les aveugles recouvraient la vue, les muetis Ip parole, les paralytiques le mouvement, e( que quelauefois la terre ouvrait son sein et rendait a la vie les morts qui y étaient renfermés.
THÉOFROI, né sur la fin du xi* siècle, embrassa dès sa jeunesse la vie religieuse, au monastère d'Eplernac, où il succéda à l'abbé Regembert, en 1082. Il marcha sur les traces de son prédécesseur, et sa commu-
nauté prospéra entre ses mains, sans qof les soins du gouvernement lui fissent n^j. ger, ni même interrompre ses études on!:* nairesqui faisaient ses délices. La réputaibo de son mérite s'étendit jusau'eii Zélande, oi les habitants de l'Ile de Waichre, évangélisi autrefois par saint Willibrod , preniier [4tron d'Epternac , convinrent de prencr?
Théofroi pour arbitre dans une guerre saaglante qu'ils avaient entre eux. Son iour* vention eut un plein succès , et le pt>i abbé vint heureusement à bout de rétablir la paii. Enfin, après avoir gouverné Ioq;. temps avec autant de gloire que de \mquilJité son abbaye d'Epternac, ThMin mourut dan? une heureuse vieillesse leSirnl 1110, et fut enterré dans l'église de ^o monastère.
Epiiaphes des saints. — Il nous reste d* lui quelques écrits dont nous allons rrrrv compte. Le premier et le plus consiiiera. ^ en même temps « est un recueil imuvi'f: Les Fleurs de Tépitaphe des saints, q».' entreprit aui sollicitations de l'abbé R^j'bert, son prédécesseur. Cet abbé avait i;e vénération singulière pour les bienhcunia, ce qui le porta en 1059, à établir, du anmr tement de sa communauté, une fête au 10 décembre, pour honorer ceux dool lesr.'* liques étaient conservées à Epteroac. C'est neut-èlre à cette époque qa'il faut rap[.<«r;ef rorigine de cet ouvrage, quoique r«iiuenr no l'ait dédié à Brunon , archevêque de Trèus que quarante ans plus tard. Rien de {k' > (magnifique ni de plus honorable |-our i^ Mécène, rien en même temps de plus Imm!»" çt de plus modeste pour I auteur, que (*..•:• scription de celle dédicace, qui inériwt'» trouver place ici poursa singularité. !^ t'I^ : Olivœ uoerif pulckrœ, speciosœ, fructifenr^x domo Domini^ sanctœ Trevericœ stdis ar(kprœsuli Brunotiif oleasteraridusEptemarenu cœnobii Hegiwenus Theofridus. On voit, [ ir l'ovant-dernier mol qui exprime la i\vzv>\\: de Tauleur, qu'il avait quelque peu la maui? du grec, manie dont se ressent le reste dd l'ouvrage qui est loin de briller par la fecililé du style; mais en échange, on y découvre beaucoup d'érudition ïX)urletem(w et ui^ éminente piété, jointe à beaucoap de modestie.
Le dessein de Théofroi , dans cet éeril, e?! de relever les merveilles que Dieu avait] opérées et opérait encore pour ses saints. par la vertu de leurs reliques, de Icofs cendres, de leurs vêlements, de toules 1er dépouilles mortelles, et même des in«ln:-| raents de leur supplice. Voulant s'élerrî contre le luxe qu'un vain prétexte de dé^-^ tion envers les saints avait mis en usag^'î* son temps, il s'exprime ainsi : « Il ncft''» | pas s'imaginer que les sainis rechen*ft<^a* l'or et l'argent; ils ne recherchenl qo'*.^ vendre propices à ceux qui en font un <3itR usige. Ils ne désirent point quon leuréle« dp magnifiques églises, dans lesqutH» <'• admire cette ingénieuse ordonnance de coj» lonnades de marbre, de lanrtMÎs doré5, et d'âutcls ^enrichis de pierreries. Ifs fl« ^
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landeDt poini que Ton emploie un vélin *un graml prix qui contienne les tilres do >ur gloire, ni Ter moulu, ni le Ycrmiltont i Tazur pour embellir les lettres, ni les ierres précieuses pour en embellir la coueriure; quand on n*a presque aucun é^ard ourles ministres de Taulel, et qu'on laisse lourir a 5a porte les membres de Jésus- Ihrist dans leur nudité. » Cet ouvrage est ivisé en quatre livres, et il fut imprimé en 619, à Luxembourg, in-V, par les soins u P. Jean Robert, jésuite, qui Ta enrichi c notes de sa façon.
Homélies. — Des 1555, on imprima è Co- 3goc, sous le nom de Théofroi, et, avec la impie qualiticalion d*abbé, deux sermons lu homélies, qui depuis ont passé dans toutes ^Bibliothèques des Pires, La première de *es homélies roule sur le respect que Ton loit aux reliques des saints. Théofroi en trésenle plusieurs motifs qu'il développe TOC de grands détails, et il insiste particuièrcraent sur les vertus miraculeuses que )ieu y a attachées. Cette homélie, comme on evoit, rentre dans un des principaux-objets le récrit précédent. La seconde traite de la vélérationque l'on doit aux saints eux-mêmes, i touche encore, mais seulement en passant, e respect pour leurs reliques. Théofroi irononça ces homélies de vive voix, comme m le voit par plusieurs passages de son etle , où il remarque que le lieu où il parlait était riche de ces saintes dépouilles; ce t|ui convient parfaitement àTabbaye d*£pter- Ù8C. On y découvre beaucoup d'érudition «tune saine doctrine sur tous les points de <iognie développés par Tauteur. Il ne cite nommément que saint Grégoire le Grand ; mais on voit qu'il était versé dans la lecture Je saint Ambroise, de saint Augustin et des Buires Pères de l'Eglise. La seconde homélie ^st une allusion presque perpétuelle à certains passages de TEcriture sainte. Le style de ces deux morceaux est plus c^upé que celui des Fleurs de Vépitaphe des saints; mais il est rempli de consonuances qui indiquent, ^ ne pouvoir s'y méprendre , l'époque oii écrivait Théofroi. Les deux caractères qui (iominent dans ces écrits, comme dans les Miiresdu même auteur, sont Térudilion et la piété. Aussi Barthius le qualiOe-t-il : Scriptor iruditus et piissimus.
Jie de saint Willibrode^ etc. *— On a de Tbéofroi une Vie de saint Willibrods, patron lilulaire et fondateur de l'abbaye d'Kpternac, qu il écrivit en prose et en vers, à l'imitation «l.AJcuin. La première est divisée entrente- ^ix chapitres, et la seconde en quatre livres. Uuteur y fait entrer, avec d'assez longs'
f^^if • '® ^^^*^ de ce qui se passa è Anvers J^^àWalchre, lors du voyage qu'il y fit, Po»r rétablir la paix parmi les peuples de 'îeile Ile. Si les trois vers que le Père Brower ^Pie dans la relation qu'il a publiée de cet Jî'fenement, sont pris de ceux qui composent ^ seconde Vis de saint Willibrodef et que «?*J®^ Mires se soutiennent également, il ^^i à regretter qu'ils restent inédits; car ils sont d une perfection à fair» vraiment bon
neur à leur siècle. Nous n*avons de ce double ouvrage que ce que dom Mabillon en a pu* blié sous forme (i^Âppendice^ semblable k celui d'Alcuin.
Théofroi laissa encore de sa façon, en
Îrose , une Vie de saint Ludwin , évèque de rêves, au commencement du vm* siècle. Il l'avait dédiée à Udon, archevêque de la même église depuis 1067 iusqu'en 1078; ce qui prouve qu*il l'avait écrite avant d*être élevé à la dignilé d'abbé, et qu'elle fut ainsi une des premières productions de sa plume. Mais on ignore aujourd'hui ce qu'est devenu cet ouvrage. Il faut en dire autant d'une Vie de sainte /rmtne, vierge et abbesse d'Oêren, ou Horren , dans la ville de Trêves, que l'on suppose avoir été fille du roi Dagobert, c'est-à-dire Dagobert II, puisqu'on la fait vivre au commencement du vnr siècle. C'est à tort que, Eisengrenius , copié par le P. Possevin, lui attribue un écrit sur la Gn dos temps; puisque, de l'aveu de tous les cri* tiques, cet ouvrage appartient à saint Théofroi , dont nous avons parlé à l'article pré* cèdent.
THÉOGNOSTE, que saint Athanase appelle un homme savant, admirable et digne d'estime, était d'Alexandrie. Ce saint paraît le faire antérieur à saint Denis d'Alexandrie et à saint Denis do Rome, en le nommant avant eux et immédiatement après Origène; au moins on ne peut douter qu'ils aient été contemporains. Photius parle aussi de Théognoste, et on voit, par l'inscription qu'il nous a conservée de ses écrits, qu'on lui donnait le titre de bienheureux. De ses sept livres intitulés : ffypo/epo^ej, quelques fragments seulement sont parvenus jusque nous.
Idée pb ses écrits. — Photius, qui avait lu l'ouvrase entier, dit que dans le premier livre Tnéognoste traitait du Père et tAchai.t de montrer qu'il est le créateur de toutes choses, contre l'opinion de ceux qui veulent
Sue la matière soit éternelle. Dans le second, prouvait que Dieu a un Fils; mais ce Fils, qu'il regardait comme une créature, il lo faisait présider à toutes celles qui ont do la raison. Dans le troisième, il parlait du Saint- Esprit d'une manière aussi peu orthodoxe qu Origène en a parlé dans son Ittre des Principes. Il attribuait, dans le quatrième,,, des corps aux anses et aux démons. Dan^ le cinquième et le sixième, il traitait de rincaruation , et tâchait d'en faire vx>ir la possibilité ; mais beaucoup de ses preuves étaient mêlées de plusieurs imaginatious sans fondement : comme lorsqu'il cherchait à prouver que le Fils de Dieu, est enfermé dans l'espace par notre imagination, quoique réellement cela ne puisse avoir lieu. Le septième avait pour titre : Da/a création: il traitait des matières de religion d'une manière conforme à la doctrine de l'Eglise, et principalement du Fils.de Dieu dont il parlait dans la dernière {larlie de son ouvrage. Eclaircissements de quelques difficultés d& la doctrine de Théognoste. — W y avait donr^ selon Photius, des passages dans les écrits
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de Théognoste qui favorisaient Tarianisme et d'aulres qui le détruisaient. Mais saint Aihanase en a jugé bien différemmenl, et il était si persuadé de la catholicité des senti* inenls de Théognoste sur la divinité du Fils,
au'ii l'allègue contre les ariens, entre ceux ont le concile de Nicée avait tiré sa doctrine sur la consubstantialité du Verbe. « Apprenez, leur dit-iiy ariens, ennemis de Jésus- Christ, que le savant Théognoste s'est servi du terme de substance; car voici comment il parle du Fils dans son second livre des ffypolieposes ; La substance du Fils n'est {>as une substance étrangère ni produite de 1 ien ; mais elle est engendrée de la subs« tance du Père comme le rajon de la lumièrCt la vapeur de Peau; car la vapeur n'est pas Teau, le rayon n est pas la lumière, mais ni l'un ni Tautre n*est étranger à ce qui le pro- «iuit. Ainsi le Fils est comme Técoulemenl iii la substance du Père» de sorte néanmoins que le Père ne souffre aucune division ; et comme le soleil ne diminue pas quoiqu'il produise conlinuellement des rayons, de môme aussi le Père ne souffre aucune diminution en engendrant le Fils, qui est son image. » Saint Athanase avoue toutefois qu'il y avait des expressions embarrassantes dans Théognoste sur la divinité de Jésus-Christ; mais il ajoute qu'il ne les avait dites que comme pour discuter la vérité, et qu'il exprimait ensuite son vrai sentiment par les paroles que nous venons de rapporter. Ce qui doit encore mettre cet écrivain à couvert de toute accusation sur ce point, c'est que, de l'aveu de Photius, il s expliquait catholiquement sur la divinité du Fils dans son septième livre ; et c'est ce qui a engagé ce critique à chercher un bon sens dans Tes endroits du second livre qui lui paraissaient favoriser Thérésie d'Arius et à dire que Théognoste avait parlé ainsi, plutôt par manière de dispute que pour proposer son véritable sentiment.
Sentiment de ThéognoHe mr h péché contre h Saint-Esprit. — Saint Athanase, expliquant, dans sa quatrième lettre a Séraplon, ces paroles de TEvangile : Celui qui a\*ra péché contre te Saint-Esprit ne recevra la ré^ mission de son péché ni en ce monde ni en Vautre (Matth. xii , 32) , dit qu'Origène et Théognoste ont écrit que le blasphème contre lo Saint-Esprit était la rechute dans le péché après le baptême, selon ce qui est écrit dan& VEpitre aux Hébreux ; Il esjt impossible que ' eux qui ont été me fois éclairé$, qui ont 0oûté le don du ciel^ qui <mt été rendus participants durSaint-Esprit^ qui se sont nourris de la sainte parole et de V espérance des gran-^ deurs du siècle à venir^ et qui après cela sont iombé$ : il est impossible^ ais-je^ qu*iis se renouvellent par la, pénitence [Hebr. vi, h) ; et„ iiprès avoir rapporté le passage d'Origène, il ajoute celui de Théognoste, conçu en ces termes : « Celui qui n'^a outrepassé que les premières ou les secondes bornes est moins coupable; mars celui qui a passé les troisièmes n'a plus aucune espérance de pardon, ta premièr^et la secon^ti borne c^est la coa-
unissance du Pèr^ et du Fils, la trolsl^ est Te baptême mii nous fait participants da Saint-Esprit. » Théognoste confiraiait loa sentiment par ces paroles du Sauveor à set disciples: J'ai encore beaucoup de chmi vo\a dire^ mais vous ne pouvez les pontr présentement ; quand V Esprit de vérité $m venu^ ilvofts enseignera [Joan. xvi, là); poli il ajoutait : LeSeigneur rabaisse, pouraioa dire, ses discours en faveur de ceui quii» peuvent encore comprendre ce mfil y a oe
t)lus parfait, au lieu que le Saint-Esprit labite dans ceux qui sont parfaits. Il De Ivji t»as dire pour cela que la doctrine du Saici- Ssprit surpasse celle de Jésus-Christ; maii que le Sauveur se rabaisse en faveur de oeui qui ne sont p^ encore parfaits, au liea qut le Saint-Esprit est le sceau de la perfeciioQ qu'on reçoit dans le baptême. Ainsi, cegm rend le blasphème contre le SaifitEs^^ri irrémissible n'est pas que le Saii)l*&prit soit plus excellent que le Fils, mais («si que les imparfaits, c est-à-dire ceux qui» sont pas «encore baptisés, peuvent obleuirli rémission de leurs péchés ; ceux, an coqtraire, qui ont goûté les dons célestes et reçu le baptême n'ont plus d'excuse ni d'es> pérance de pardon. Comme cette eiplicatioo prise à la lettre paraissait favoriser le senih ment de Novatien, saint Athanase en donne une plus naturelle, sans toutefois ceasurer celles d'Origène et de Théognoste. i^ style de théognoste était, au jugement dePhoiius plein sans être trop chargé, poli, mais saos affectation ; de sorte que, sans se rabaisser, il se servait de locutions claires et exactes. THÉOPHAT^ES, originaire de Constattiuople, était illustre par sa naissance etpir sa vertu. Aussitôt après son niartage, mi avait contracté malgré lui, il se retira am le monastère de Singriane, et sa femme do son côté prit l'habit religieux dans le monastère de rt)e du Prince. De Singriaoe, il passa dans l'Ile de Caionjrme, et y fonda uu monastère. Il en construisit un second auprès de celui de Singriane, dans uo lieu nommé Grand-Champ et en fut le premier abbé. Au second concile de Nicée, il prii la déiense de la saine doctrine sur le colle des images et après avoir combattu efficacement l'erreur des iconoclastes, il rentra dans son monastère et y mourut en odeur de sainleié vers Tan 813. A la sollicitation de Georg^i Sjnalle, il continua l'histoire des temps depuis le commencement de l'empire de Dio* clétien jusqu'au couronnement de l'empereur Léon et la prise d*Andrinople. Dans son calcul des années de rjacvr nation, isuit le système des Alexandrins dilTéreotda notre de quelques années. Il imita daosia composition de son ouvrage Georges S?nalle, et comme lui eut recours aax inétuoir res des anciens qui avaient écrit rbistoire de leur temps. Il v décrit avec ciecciiude ce qui était arrivé dans l'Eglise et dans l'Etat, en mèine temps que les fiaoïs etie^ années Vies princes et des patriarches et tout ce qui s'était passé de remarquAli!* dans le gouvernement civil et ecclwia^u-
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e pendant la paix et pendant la guerre, cbronographie de Théophanes est entrejpée de tables chronologiques divisées colonnes dans lesquelles on trouve preèrement Tannée de la création, puis celle
rincariiation ; ensuite les années des ipereurs romains, des r«is de Perse, des es dos Arabes, des évèques des prindji sié^s : de Rome, de Consfanlmople, Jérusalem, d'Alexandrie et d*Antioche.
s labiés sont trèsnléfeetueuses. non-seuoerit par les lacunes nombreuses ; mais r un gr;md nombre de fautes contre la ronolo^ie, spécialement en ce qui regarde
évèques des cinq grands sièges dont as venons de parler. Ce qui fait douter t« ces tables soient de Théophanes, c'est ni est beaucoup plus exact dans le corps sacbronograbie. Elle fut mise sous presse hris, en 1655. et à Venise en 1729.
rBEOPHANËSGRAFTCS, évéquede Nicée Théodore, sou frère, étaient nés à Jérueui.On les compte parmi les plus zélés Tenseurs des saintes images. Envoyés à nsiantinoiiie vers l'an 820, pour soutenir muse de l'Eglise, Tempereur Léon Tljrien les fil fouetter, puis envoyer à l'em- Qchure du Pont*Euxin, avec défense de ir donner ni nourriture, ni vêtements, ippelés par l'empereur Michel, ils retourrent à Constanlinuple où ils convertirent usieurs iconoclastes. Ils furent de nouau tourmentés et endurèrent de telles riures que Théodore succomba; mais tiéophanes, ayant vécu jusqu'à la paix renyeà l'Eglise, en 842, fut ordonné arche- ^jae de Nicée en récompense des tourenis qu'il avait endurés pour la foi orf^ioxe. Le surnom de Graptus fut donné il deux frères è cause de Tmscriptiun que liéophile leur fit graver sur le front. Ulrs écRiTs. — Théophanes et Théodore ms ont laissé tous deux des monuments ' leur science. On conserve encore dans
Bibliothèque nationale la Vie de Nicelore, patriarche de Conslantinople, écrite T Théodore. Allalius a rapporté une de s lettres adressée à Jean, évoque de Cizi- )e. Celte lettre qui se trouve aussi dans la 'f rfc Théodore est une relation des lourenis que son frère et lui avaient soufferts if ordre de Tempereur Théophile. La dis-% QIC sur le culte des images, rapportée dans j» origines de Constantinople, n*est pas de
•l'odore, quoiqu'elle porte son nom, mais ^ Nicéphore de Conslantinople. Allatius H^porie un passage d'un discours sur le "f^aioire qu'il attribue à Théodore. On lui 'i<it)ue encore un ouvrage intitulé : De la 'isans tache des chrétiens, traduit en latin j|r Jean-Baptisle Roussel. Le Canon ou mnts de' Théophanes sur Théodore son rj^re, se lit dans les Menées des Grecs, au *aecembre. L'Eglise grecque, dans l'office 1^ ^à nuii du premier dimanche de Carême, ? chante une autre de Théophane. Lambe- ^"^ çn cite une troisième en l'honneur de « saïute Vierge. C'est probablement de ces 'yïûues que Scudas a pris occasion de don-
ner à Théophanes Graptus )a qualité d«
Eoëte. On trouve sous son nom dans laBiliotbèqoe nationale un traité contre les Juifs, divisé en sept livres.
THEOPHILACTË, auteur inconnu, que le P. Combefis et Marguarin de la Bigne, mettent dans le t* siècle, nous a laissé dans les Bibliothèques des Pères un fragment d'où* vrage intitulé : Des ris et des clameurs. Le P. Labbe semble douter s'il n'est pas \é même auteur que celui dont nous avons une histoire de Tempereur Maurice avec quelques autres ouvrages, mais cette conjecture n'est pas appuyée. On voit par le peu qui nous reste de cet écrit, que Théophi lacté s'y élevait contre la coutume qui s'était introduite dans son Eglise de s'abandonner dans les iours de fêtes à des ris immodérés et à des bruits indécents, injurieux h Dieu et aux saints. Il dit qu'on ne craignait pas même dans ces saints jours de chanter des chansons infâmes et de passer de cette profanation au chant des hymnes sacrés.
THÉOPHILE, successeur d'Eras dans la chaire épiscopale d*Antioche, et le sixième évêque de celle ville depuis l'apôtre ^aint Pierre, fut d'abord engagé dans les erreurs du paganisme. Incrédule h toutes les vérités de noire foi, il avait surtout le plus grand éliiignement pour le dogme de la résurrec* tion des morts ; mais depuis qu'il se fut a|>pliaué à considérer les preuves de la divinité manifestée dans la nature, qu'il eut connu les écrits des prophètes, et remarqué comment l'Esprit de Dieu leur avait l'ait prédire tant d'événements concourant au même but et arrivés longtemps après, il ne put s*efflpêcher de croire ce ou*il voyait prouvé SI clairement. Il obéit à Dieu, abjura toutes ses erreurs, et confessa hautement ou'il était chrétien. Eras étant mort, Théophile fut choisi pour être le sixième évêque d'Autioche. Cette élection eut lieu la huitième année de l'empire de Marc- Aurèle, et de Jésus-Christ 168. SainlJérôme le compte tantôt pour, le septième, tantôt pour le sixième évêque de cette ville, seloo qu'il y comprend ou qu'il en exclut saint Pierre.
Ses écrits contre les uiRÉTtouEs. — Les hérétiques causaient en re temps-là de grands troubles daus l'Eglise, s'eltbr^nt d'étoutler» par l'ivraie de leurs erreurs, la semence* sainte de la doctrine des apôtres. M^iis le& saints pasteurs veillaient sans cesse, tou-^ jours occupés à arracher cette ivraie dxk champ de t^E^lise; tantôt ils avertissaient les tidèles tTy prendre garde, tantôt ils atta<^ quaient ouvertement les héréiiques , soit en les réduisant au silence dans des disputes particulières, soit en réfutant leurs erreurs par des écrits publirs. Théophile se signala dans cette guerre par un livre qu'il composa contre Marcion, que l'on voyait encore du temps d'Eusèbe et de saint Jérôme, mais qui n'est pas venu jusqu'à nous, non plus
Sue celui qu'il avait écrit contre l'hérésie 'Hermogène. Il employait plusieurs fois dans cet ouvrage rauloricé de VApocalupsê
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de saint Jean. Outre ces traités contre Marcion et contre Hermogène, Théophile en avait encore écrit plusieurs autres qui sont perdus. Eusèbe ni saint Jérôme ne les spéciGe'nt point; ils se cont<^ntent de dire qu on les voyait Je leur temps, et que la plupart étaient des instructions ou des petits traités pour Tédification de TEglise. Mais Théophile nous apprend lui-même qu*il avait fait un ouvrage où il«s*était expliqué sur la nature du démon et ses prérogatives avant sa chute; un autre qui contenait les généalogies des patriarches, et un troisième où il avait décrit fort au long tous les crimes des dieux du f)aganisme.
Livres à Autolyque. — Ses trois Livres à AutolyqtM ont en un sort plus heureux et subsistent encore aujourd'hui. Théophile les composa à diverses reprises, et ce n*est que peu de temps avant sa mort, vers Tan 181, qu*il parvint à les achever. Autoiique, à qui il les dédia, était païen, mais très-habile dans les sciences, et si curieux d'apprendre qu*il [tassait toutes les nuits è lire. Le premier dp ces livres paraît être le résultat d*une conférence qu*ils avaient eue ensemble; le second est écrit d'une manière toute différente du premier ; et le troisième en forme de lettre, mais tous traitent des principes de la religion. Quelques savants ont douté que Théophile d'Antioche en fût auteur et ont cru qu ils étaient d'un autre Théophile qui écrivait sous la persécution de Sévère. La raison qu'ils en donnent, c'est 1" qu'il est fait mention dans ce livre d'un ouvrage de Chrysore, où Ton trouvait une liste des empereurs depuis Jules César jusqu'à Marc-Aurèle dont la mort arriva en 180 ;2' que Théophile y représente les Chrétiens comme étant persécutés. Or, selon ces critiques, Théophile d'Antioche étant mort la première année de Commode n'a pu voir un ouvrage qui faisait mention de la mort de Marc-Auréle, prédécesseur de Commode.
D'ailleurs l'Eglise, ayant joui d'une paix assez tranquille sous ce dernier empereur, il ne semble pas naturel de placer en ce lemps-là des ouvrages qui parlent des persécutions ouvertes contre les Chrétiens.
Maison ne voit pas cequi empêche que Chrysore, atl'ranchi de Marc-Aurèle, ait rendu ses écrits publics aussitôt après la mort de ce prince, et qu'étant venus à la connaissance de Théophile d'Antioche, celui-ci les ait cités, Tannée d'a})rès, c'est-à-dire, en 181. Quant à la paix dont jouit TEglise, sous le règne de Commode, efle ne fut pas si générale, ni si constante qu'on ne fit mourir des Chrétiens pour cause de religion, et par arrêt même du sénat, comme il paraît par le martyre de saint A^^ollonius, sénateur romain, mis à mort vers Tan 186 de Jésus- Christ et de Commode 6 et 7. Cet empereur ne fut pas d'abord favorable aux Chrétiens, et on voit qu'Arrius Antonius, proconsul d^Asie dans les prem ères années de son règne, les persécutait avec beaucoup de cruauté.
Premier livre, — Il faut donc s'en tenir
au sentiment d*Eusèbe et de sainV Jértae, qui attribuent à Théophile d'Antiode, /e$ trois livres à Autolyque. Dans le prmier livre, Théophile réfM)nd à la question (joAg. tolygue lui avait faite touchant le vrai l>.eii, et dit : « Vous me demanderez peut-ètr^: Montrez-moi votre Dieu? Et moi j« tx« répondrai : Montrez-moi que vous {\e^ homme et je vous montrerai mon Die.!
Montrez-moi que vous vovez des jeoi v Tesprit et que vous entendez des omlhti cœur? En effet, il en est des oreilles i: cœur et des yeux de l'esprit pour voir Din comme des yeux du corps pour voir [^, choses de la terre, et distinguer la loioûf des ténèbres, le blanc du noir, la bcaoléJj laideur, un objet proportionné d'un i-)]-. ridicule , celui qui sort de la mesure >. celui qui ne Ta pas; ou, comme des orei:!u du corps, pour discerner entre eux lesj .^ aigus, graves et harmonieux ; carDiesoW. visible que pour ceux qui peuvent l<v.r c'est-à-dire, qui ont les yeux de respr.iu verts. Sans doute , nous avons tous '^ yeux, mais il en est dont la vue est obscur.ij par un nuage et qui ne peuvent voir h iJ mière du soleil. Les aveugles n'aperçoivei
[mni la lumière, en brille-t-elle moiosad 'univers? C'est ainsi que les péchés, \i f)assions, jettent un nuage sur lesjeuid 'esprit. L Ame de Thomme doit élre m comme un miroir sans tache. Comme celu ci ne reproduit point les objets uoe fo qu'il est terni, ainsi l'Ame souillée par péché, ne peut plus voir Dieu. Montrez-oj^ donc si vous n'êtes point adultère, mm dique, voleur, spoliateur, corrupteur :\ l'enfance ; si vousn'ètes point calomniaismédisant, colère, envieux, superbe; siru^ n'êtes point orgueilleux, meurtrier, tvM sans respect pour vos parents, et coh jusqu'à faire trafic de vos enfants ; mm ne se montre point à ceux qui sont M tés de ces vices, à moins qu'ils n'aient pr soin de s'en purifier. Toutes ces crimioelîç actions nous plongent dans les léaèbre.st nos impiétés s'interposent entre notre âm et la vue de Dieu, comme l'humeur arréie sur l'œil de l'aveugle s'interpose enlre lii et la lumière du soleil. »
Toutefois, pour donner à Autolyque que' que idée de la Divinité, il fait rénuméralir: de ses principaux attributs : « C'est en *jï que vous me dites : Vous qui voyez, tri cez-moi.donc une image fidèle de Pie'; Ecoutez, 6 homme: fîmage de Dieu ne feu ni se tracer, ni se décrire ; la Divinité i tombe point sous les sens ; on ne peut ^ représenter sa gloire, ni mesurer son ii?* mensité, sonder ses profondeurs, copi^^ à rien sa puissance, se former une idée '^ sa sagesse ; on ne peut imiter sa bonté, l'i raconter ses bienfaits. En effet, si je r^pf*''^ lumière , je nomme un de ses ou/ra^j^verbe, c'est la parole par laquelle il foo^mande; esprit, c'est son souflSe créateor; sagesse, c'est sa protection ; force, cesls^ puissance; vertu, c'est son action; ^^P" deuce, c'est sa bonté; roi| Seigneufi œ**!^*
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DE PATROLOGÎE.
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i^prème» c*est sa gloire» sa qualité; juge^ eki sa justice ; père, c'est sa tendresse pour )os les êtres; feu, c'est sa colère! Mais, irez-TOuSy Totre Dieu se met-il en colère? )ui, sans doute, contre les méchants ; mais t est bon et miséricordieux envers ceux qui aiment et qui le craignent; il est le proteceur de Thooime pieux, il est le père du aste, mais il est aussi le juge et le vengeur les impies.
f 11 n*a pas de commencement , parce )uil est né incréé; il est immuable, parce {Q*il est éternel ; il est appelé Dieu , parce ju'il a tout fait et tout disposé, et parce ^ue tout se meut, vit et se conserve par iui:il est appelé Seigneur, parce qu'il domine tout; Père, parce qu'il est avant tout; Auteor et Créateur, parce qu'il a fait de 'ien toutes choses; Très-Haut, parce qu'il 5t au-dessus de tout ce qui est; Tout-Puislut, parce qa*il possède et renferme tous 'S êtres. En effet , les hauteurs des cieux, ?5 profondeurs des abîmes, les extrémités t la terre sont sous sa main. Il n'est arête, limité par aucun lieu; il remplit tout, je ciol est son ouvrage , la terre et la Der l'œuvre de ses mains, et l'homme, sa rt'âtiire et son image ; le soleil, la lune, les ^lollessont créés pourle service de Thorome, x)iniue des régulateurs qui fixent les jours, H années, les saisons. Ainsi Dieu a tout du, tout tiré du néant, pour se manifester l'dr ^os œuvres et faire ainsi éclater sa gloire «sa çrnn'ieur. r
V. ajoute : « De môme que l'âme, renfer- (Q^e dans le corps humain, échappée nos regards, et se manifeste parle mouvement k corps, ainsi Dieu, quoiqu'invisible, se lionlre clairenfient par sa Providence et par >M œuvres. Quand vous voyez sur la mer un vaisseau voguer à pleines voiles et se iinçer vers le rivage, vous ne douiez pas qu'il n'ait un pilote pour le gouverner, |Hmrriez-vous flouter gu'il existe un Dieu, Hioieur et maître de l'univers, sous pré.teiie <jue les yeux du corps ne le voient I«is? L homme mortel ne peut regarder ûxetueni le soleil , ce faible élément, comment P'Wrait-il soutenir l'éclat inaltérable de la gloire de Dieu? Voyez la grenade entourée dune écorre : Tintéricur se compose d'un
8 rand nombre de petites cellulesque séparent es membranes légèresetquicontiennentplu- Meursgrains ; ainsi, l'esprit de Dieu contient Joules créatures; et cet esprit, i^vec toutes « créatures est dans la main de Dieu. Or Jm grains renfermés dans la grenade , ne peuvent voir ce qui est au delà de l'écorce, puisqu'ils sont dans l'intérieur ; ainsi , I nomme, renfermé dans la main de Dieu, ^Tectous les autres êtres, ne peut aperwvoir Dieu lai-mème. Personne ne doute ael existence d'un roi, bien que la plupart ue ses sujets ne peuvent le voir; mais il se ^^«t assez connaître par ses lois, ses édîls, *un pouvoir, sesarmées, les images qui reproduisent ses traits; et la toule-puissaace ««Dieu, la beauté de ses œuvres» ne le fo- ^*»^'ni pas connaître T »
Théophile, après un magnifique tableau des œuvres de la création , conclut ainsi : ¥ Si vous savez comprendre ce langa^^e, ô homme, si vous menez une vie pure, sainte, irréprochable, vous pouvez voir Dieu ; mais avant tout, il faut que la foi et la crainte de Dieu régnent dans votre cœur, et alors vous comprendrez ces vérités. Après que vous aurez abandonné votre condition mortelle, vous revêtirez l'immortalité, vous verrez Dieu, en récompense de vos mérites. Dieu ressuscitera votre chair, il la rendra immortelle comme votre âme: alors, dans cet état d'immortalité, vous verrez l'Eternel, si maintenant vous croyez en lui, et vous comprendrez combien vos discours étaient insensés.
« Vous ne croyez point, dites-vous, h la résurrection des morts. Quand elle arrivera, vous y croirez malgré vous , mais alors votre foi n'excusera pas votre incrédulité * si vous ne croyez aujourd'hui. Pourquoi donc ne croyez- vous pas? ignorez-vous que la foi dirige et préside toutes nos actions? quel est en effet le laboureur qui pourrait moissonner , s'il ne confiait d'abord la semence à la terre? qui passerait la mer, s'il ne se fiait au vaisseau et au pilote? quel malade pourrait recouvrer la santé, s*il n'avait foi en son médecin ? (\ue\ art, quelle science apprendrez-vous, si vous ne commencez par croire le mattre qui doit vous l'enseigner? £li quoi 1 le laboureur se confie à la terre, le navigateur au vaisseau , le malade au médecin, et vous ne voulez point vous confier à Dieu oui vous a donné tant de preuves de sa fiaélilé? D'abord il vous a créé lorsque vous n'existiez pas encore; car s'il fut un temps où votre père et votre mère n'étaient point, à plus forte raison » n'avez-vous pas toujours été vous-mêmes; il vous a formé d'une matière humide, d'une goutte de san^, qui elle-même n'a pas toujours été, et il vous a mis en ce monde. Vous pouvez croire eu de vains simulacres, ouvrages des hommes; vous croyez les prodiges qu*on leur attribue, et vous ne croyez point que votre Créateur puisse vous rappeler à la vie. »
Il montre ensuite la fiiusselé des dieux d(i paganisme, qui, avant qu'on leur eût décerné les honneurs divins, n'ont été que des hommes, et quels hommes encore ? Des ambitieux, des adultères, des incestueux, et quelquefois de vils animaux, comme l'étaient la plupart des dieux adorés par les Egyptiens. «L'empereur même, poursuit-il, est plus digne d'honneur que tous ces dieux; mais il ne faut pas i'adorer. Ce n'est poiat un Dieu, c'est un homme établi de Dieu pour iuger avec équité, et non pour recevoir des adorations. Il est en quelque sorte le délégué du Très-Haut. De même qu'il ne souffre pas que ses ministres usurpent son nom, parce que ce nom lui appartient, de même Dieu veut être seul adoré parce qu'il est le seul à qui ce culte soit dû. » H reprend Autolyque du mépris qu'il témoignait pour le nom chrétien, qui n'enfermo
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f ien que de bon et d*agréabledans sa signification, puisqu'il ne nous estdonnéqu*a cause de i*hntle sainte que nous recevons dans le baptême. Puis il lui prouve que c*est à tort qu*il nie la résurrection des morts, sous le spécieux prétexte qu*on ne peut lui faire voir un homme ressuscité, lui qui ne faisait rias diflioulté de croire qu*Hercuie et Escuîape, l'un dévoré par les flammes, 1 autre frappé de la foudre, élaient revenus d*entre les morts. Mais pour lui rendre cette vérité plus sensible, il apporte l'exemple de plusieurs sortes de résurrection que nous voyons tous les jours dans la nature. « £li quoi I ne se fait-il pas une certaine résur» reciion des semences et des fru<ts puur Tusa^c des hommes? Le grain de froment, par exemple, après avoir été conQé à la (erre, commence par mourir, et se décompose pour renaître ensuite et s*élever en épi. Les arbres ne [)roduisenl-ils pas, d*après Tordre de Dieu, à certaines époques, des fruits auparavant invisibles etcachés ? Souvent même on voit un oiseau quelconque, après avoir digéré la semence d'un iiguier, s'élever sur un^ colline pierreuse et déposer cette semence comme dans un tombeau. Bientôt elle y pousse de nouvelles racines et donne naissance à un arbuste, grâce à la chaleur qu*elle a reçue et qui Ta fécondée. Par JàDieu nous montre qu'il luiestraciledo ressusciter tous les hommes. Si vous désirez voir encore un spectacle plus étonnant et plus capable de vous démontrer la possibilité de la résurrection, levez les yeux au ciel: la lune ne semble-t-olle pas mourir et renaître pour nous tous les mois? Sachez même que la résurrection s'est dc*jà etîectuée pour vous à voire insu. Si quelquefois vousavez été malade, vous avez alors perdu une grande partie de vos forces, de votre substance, de votre embonpoint; mais bientôt la bonté divine, venant à votre secours, vous a rendu tout ce que vous aviez perdu ; et de même que vous ignorez où est allé cet embonpoint que vous n'avez plus, de même vous ne pouvez savoir d'où vous arrive celui qui vous revient. C'est, direz-vous, des aliments et des sucs nutritifs convertis en sang. Très-bien; mais cette conversion elle-même est Touvrage de Dieu, et ne peut venir d'un autre. »
Pour le mettre mieux h même de se convaincre de ce dogme, il l'exhorte à lire avec aoin les écrits des prophètes, où il trouvera le chemin de la vie, et je moyen d'éviter la rigueur des jugements de Dieu dont les incrédules sont menacés, a Ne soyez donc point incrédule, dit-il, mais plutôt ayez la foi. Moi-même, autrefois, je niais la résurrection future; mais, après avoir réfléchi sérieusement, je n'hésite plus à croire, depuis que j'ai eu le bonheur de lire les livres sacrés, écrits par les prophètes qui ont f»réd it, sous Tinspiraiioa de l'Esprit-Saint, es événements passés, tels au*ils se sont accomplis, les événements présents comme ils se passent sous nos yeux, et les événements futurs dans le même ordre qu*iis doi-
yent se réaliser un jour. Puisque j*ai mr garantie cet ensemble de faits annonce et ^n partie accomplis, je ne suis plus ierré. duIe,jecrois, j'obéis à Dieu ; faites de oèm, de peur que si vous vous obstiniez aujosi«. d'hui à ne pas croire, vous croyiez \^ ment un jour, quand vous serez livré ^i rigueur d'éternels supplices. Car celui «^q nous a donné une bouche pour parle;, ^a oreilles pour entendre et des jeox po-r voir, pèsera toutes nos œuvres, lesju.in avec équité, et récompen.sera chacun sek: ses mérites.... Vous m'avez dit, mon ther ami : Montrez-moi votre Dieu : levoilà,aiv3 Dieu ; je vous exhorte à le craindre ei ï croire en lui. »
Deuxième livre. — Théophile emploie i^ commencement de son second livre à oi'i;:trer, par les historiens mêmes des ptieoi^ l'absurdité du culte des faux dieui, ii,?.^ rance des philosophes et des poêles m ij nature de la Divinité, et les conlradv.ù û) dans lesquelles ils sont tombés toucbâsl V rigine du monde et la Providence qui \i gouverne. « N'est-il pas ridir.ule de ¥oir<id statuaires, des potiers, des peintres et des fondeurs, façonner, peindre, sculpter, foo dre, en un mot, fabriquer des dieux donlsc jouent les ouvriers eux-mêmes, taudis qu iii les fabriquent ; puis de voir les mêmes \m\ï mes offrir leur encens à ces simulacres lorsqu'ils les ont vendus» pour servira lu sa^^e d'un temple ou de quelque autre lieu! Ce ne sont pas seulement les adieleurs, mais ce sont encore les vendeurs de cesprt^ tendus dieux qui accourent à leurs âmes, qui leur font des libations, qui leurollm/ des victimes, comme si ces transmulal^u> avaient chaugé la nature de la picrr, Je l'airain ou du bois qu'ils ont travaillé. iVm* ce pas ceque vous voyez vous-mêmes, ior^ 115
vous lisez les histoires et les généalogies de ces ridicules divinités? Vous les regarJej coflimc des hommes pendant que vous ave] sous les yeux le récit de leur naissance; puis vous les honorez comme des dieux, sans considérer qu'ils sont réellement eu gendres, comme vous l'apprennent les L;s
toires que vous lisez
o Aussi, quelques philosophes ne recna* naissaient aucun Dieu, comme Chrysippeei Epicure; d'autres rapportent tout au Ija>a"i et prétendent que le monde est incréé ei u matière éternelle; d'autres nient la ?roy> dence et ne reconnaissent pour Dieu ui;i«i!i* que la conscience de l'homme; d'autres ticore ont regardé comme Dieu Tesprii qô pénètre la matière. Quant à Platon et à 5d sectateurs, ils reconnaissent, il e>t vrai, uji Dieu incréé. Père et Créateur de toutes dfo* ses ; mais ils établissent en mène lenH'î deux principes incréés. Dieu et la miUért, qu'ils disent coélernels. » Il montre que iei poètes ne sont pas plus d'accord entre eui que les philosophes. C'est ainsi qu'Hoimro explique l'origine du monde et celle des dieux : « L'océan, dit-il, d'où sortant les mers et les fleuves, est le père des dieux. " Thétys est leur mère. » Hésiode, de son w
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tliqne h sè manière Torigine des dieux et monde, qui, suivant lui, a élé créé, mais s qu'il puisse dire q^uel est son auteur. itns, Sophocle, Siraonide, Ménandro, Enide ne s'entendent pas mieux que Hésiode Homère. « Ces deux hommes, disentHis, [lires par les muses, ont écrit les rêves leur ima;;ination, c'est-à-dire, qu'il n'ont nié que Tcsprit de mensonge et non l'esl (le vérité. »
i STone néanmoins que quelques-uns de
hommes, s'oubliant en quelque sorte ;-mênics, ont eu des notions assez justes
l'unité de Dieu et sur le jugement qu'il l exercer envers les hommes; mais il fait r que les prophètes, de qui ils avaient ]>rutiié ce qu*ils ont écrit de raisonnable rres matières, sont beaucoup plus dignes foiqu*eux « Ces hommes de Dieu recuit d'en haut la science, la sagesse, la jus^ '; c est Dieu lui-même qui les instruisait. eur a fait l'honneur de les choisir pour î ses instruments et les dépositaires de sagesse; et c'est à la faveur de cette sase divine qu'ils nous ont fait connaître créalion du monde et tant d autres véri- . Ils ont prédit les famines, les guerres lous les fléaux qui devaient arriver. Ce M pas tm ou deux, mais plusieurs qui urent à diverses époques chez les né- !nx, et le plus parfait accord a toujours ;né chez ces prophètes, soit qu'ils aient <mlé les faits qui les avaient précédés, i >jtrils aient parlé des événements conni'orains, soit enHn qu*ils aient annoncé uiqui se réalisent aujourd'hui sous nos 'ui. Ainsi , nous ne pouvons douter de Qomplissement des prédictions qui renient l'avenir, puisque nous avons sous i }oux Taccomplissement des premières 'Hliciions. »
C'est sur le témoignage de ces hommes fins qu*il rapi^orte l'histoire de la créan du monde, qu'il explique par des aliènes morales. «Aucun homme, dit-il, ne urrait développer, comme elle le mérite, Ue description magnifique de l'œuvre des ( jours, quand même il aurait dix mille ucties et dix mille langues. En supposant (me qu'il vécut dix mille ans, il lui serait 'possible de parler dignement de celte nvre, tant est grande, tant est riche la sa- !^que Dieu y fait éclater. Plusieurs écrii^S après Moïse, se sont efforcés de ra- 'nt^T la création ; mais bien qu'ils aient 1^ dans ses écrits les secours dont ils '^ii'nt besoin pour l'expliquer et faire con- ^Itre la nature humaine, ils n'ont pu saisir 'pendant qu'une légère étincelle de vérité.» •Jici ouelaues-unes des allégories qu'il tire ^ faits mêmes de la création. Après avoir 'I pourquoi Dieu ne créa les corps lumineux |ii* le quatrième jour, c'est-à«dire après les 'anètes auxquelles il donna la vie, il ajoute: i^scleil est l'image de Dieu, la lun^, l'i- '^^e de rtiomme. De même en effet que le >ieil remporte beaucoup sur la lune eu tbrce, H uagoiticence, en beauté» ainsi Dieu est iul'unent supérieur h l'homme. De même en-
core que le soleil reste toujours dans sa plénitude, sans diminuer jamais, ainsi Dieu reste toujours parfait, tout-[missant, plein d'intelligence, de sagesse et d*immorialité. La lune, au contraire, décroît et périt en quelque sorte tous les mois, à l'exemple de 1 homme dont elle est l'image ; puis elle croit de nouveau et renatt, comme' l'homme, qui doit ressusciter un jour. Les trois jours qui précédèrent la création des corps lumineux sont l'image de la Trinité, ô'est-à-dire, de Dieu, de S(m Verbe, d« son Fsprit, et le q j#itrièmeest l'image de l'homme, qui a besoin de la lumière, pour que Dieu, le Verbe, l'Esprit, et l'homme lui*méme lui soient manifestés. Quant h la disposition des astres, elle nous montre l'ordre et le ran^ des justes, de ceux qui pratiquent la piéié et qui observent les commandements de Dieu. Les plus brillants représentent les prophètes : aussi sont-ils inimobib'S et ne passent jamais d'un lieu è un autre. Ceux qui jettent après eux un moindre éclat, représentent les justes ; entin les astres errants, communément appelés planètes, sont l'image de ceux qui s'éloignent de Dieu et qui abandonnent sa loi.»
A propos des animaux qui vivent dans l'air et aans l'eau, et que Dieu créa le cinquième jour, l'auteur fait cette remarque : < Les poissons voraces et les oiseaux do proie expriment les hommes rapaccs et méchants. £n effet, narmi les oiseaux et les |K)is* sons, bien qu'ils soient tous d'une mémo nature, vous en trouvez qui vivent d'une manière conforme h l'instinct de cette nature, sans nuire aux faibles, et qui observent la loi de Dieu, qui leur a assigné les fruits de la terre pour nourriture, tandis que d'autres, au contraire, Irans^resseurs de cette loi, se nourrissent de cliair et font violence aux faibles. Aussi, voit-on les justes soumis à la loi divine, n'offenser et ne blesser personne, pratiquer la justice et la vertu, taodia que, semblables aux poissons voraces et aux oiseaux de proie, les hommes s^ioliateur^» impies et homicides , dévorent en quelque sorte les plus faibles parmi leurs semt>lables. Toutefois, en recevant la bénédicliop de Dieu, les animaux aquatiques et les volatiles n'ont reçu aucun avantage particulier.
« Le sixième jour. Dieu créa les quadrupèdes, les bêles sauvages et les reptiles; mais il ne leur donna pas sa bénédiction, parce qu'il la réservait à l'homme, qu'il devait créer le même jour. Ces animaux s<Hit l'image de certains hommes, qui ne conuaissent point Dieu, qui vivent dans l'impiété, qui n'ont de coût que pour les choses terrestres, et qui ne font point pénitence. Mais ceux qui s'éloignent des voies de rinit|uilé et qui vivent dans la justice, prennent leur vol vers le ciel comme les oiseaux ; ils ont i cœur les choses d'en haui, et restent constamment attachés à ta volonté de Dieu. I.es impies, les hommes privés de la connaissance du Seigneur sont aemblables aux oiseaux qui ont des plumes et ne peuvent
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Yoler; car, toot en portant le nom d'hommes, ils n*ont que des inclinations basses et rampantes, et leurs péchés les retiennent filés à la terre* »
C*est aifisi qu'il s'exprime sur la création de l'homme. Après s'être demandé ce qu'il en peut dire, il répond : « Elle est trop sublime pour qu^une bouche humaine puisse eA i^rler dignement, et expliquer ces courtes paroles de l'Ecriture : faisons Vhomme à noire image ^t ressemblance. (Gen, i, 26.) En les prononçant. Dieu montre quelle est la dignité de )Miomme« Jusqu'alors, il avait tout fait par sa parole; l'homme est le seul ouvrage qu'il juge digne de ses mains, comme s'il eût compte pour rien les autres en comparaison de ce dernier. Il semble même qu'il a besoin de secours, lorsqu'il dit :Foîsons l'homme à notre image et ressemblance. Toutefois, cette parole, /a/sons, ne s'adressait qu'à son Verbe et à son Esprit. Lors donc qu'il eut créé Thomme et qu'il l'eut héni^ il mit tous les êtres sous son pouvoir et sa domination. »
En parlant du septième jour, il remarque que toutes les. nations s'accordaient à le nommer ainsi, et à l'honorer particulièremcAt. Par les îles désertes environnées de rochers et funestes aux vaisseaux qui ont le malheur d'y aborder, il entend les hérétiques dont les erreurs causent la ruine de tous ceux qui embrassent leur parti , les traitant comme les pirates traitent ceux qu'ils ont surpris; au lieu que les Eglises catholiques ressemblent à des lies fécondes et à des ports assurés q^i servent de retraite à ceux qui fuient les tempêtes du monde, et qui cherchent à se garantir de la colère du Seigneur. Il dit encore que la vertu que Dieu donna à l'eau de produire des animaux vivants figurait le baptême par lequel les Çéctieurs devaient recevoir le pardon de leurs fautes, 11 croit que Dieu n'avait créé l'homme ni mortel ni immortel, laissant tout au libre arbitre avec lequel il avait été créé, et faisant de l'immortalité la récompense de son obéissance. Il passe à ce qui est arrivé aux descendants d'Adam, avant et après le déluge, et marque les premiers rois des Egyptiens, des Chaldéens, des Assyriens ; puis il conclut ainsi :« Les hommes érudiis qui veulent fouiller dans les temps anciens, peuvent juger par là combien vos histoires sont incomplètes et récentes, lorsqu'elles ne se rattachent pas
aux récits des saints prophètes Aussi je
vous exhorte à étudier avec le plus grand soin, la parole divine, c'est-à-dire, les écrits des prophètes; vous pourrez comparer notre doctrine avec celle de tous les autres écrivains, et cette comparaison vous fera trouver la vérité. Leurs histoires elles-mêmes nous apprennent que ceux dont il font des divinités ont été simplement des hommes qui vécurent jadis parmi eux, comme nous Tavons déjà démontré. Jusqu'à ce jour encore on ne cesse de leur élever des statues, c^ui ne sont que de purs simulacres, et 1 œuvre de simples mortels. Une multitude d*hommes insensés leur rend un culte divin,
tandis que dans leur folle croyance, et «f ses par Terreur et les préjugés qu*ils reçus de leurs pères, ils insultent » ifiç^ Créateur, à celui qui a fait toutes cho^el qui nourrit tout être vivant. Cepeodi^ijo Dieu, Père et Créateur de l'univers, ni ^j abandonné le genre humain; maisi|!:.| donné sa loi et lui a envoyé ses sainis^r^ phètes pour la lui annoncer, afin quer-A sortant de leur sommeil, confessem qj n'existe qu'un seul Dieu. Ces mèffle.s j,r{. phètes nous ont appris à nous abstenir culte sacrilège des idoles, de Tadullère. meurtre, de la débauche, du lari.ia, <j( ;'i varice, du f)arjure, de la colère eld^^ti impureté; ils ont appris aussi àne[« faire aux autres ce que nous ne touûr i pas qu'on nous fit à nous-mêmes, oji assurant que celui qui observe la ]u$o évitera les supplices de l'enfer etobiicc» de Dieu la vie éternelle. »
L'auteur emprunte ensuite de ioiuiipsn* tations aux oracles de la SibylktUii écrits des poètes païens et les ra|.[ir<.^hi des prophéties, pour montrer qu'ils wv" quelquefois rencontrés avec ces ho:i inspirés dans la prédiction de la vérité, s tout en ce qui regarde le culte de Dieu, récompenses promises aux justes, ei supplices réservés aux méchants; etillet mine ainsi : « Je serai facilement compn de tout homme oui cherche la sagesse i Dieu et qui lui plaît par sa foi, sa justice^ ses bonnes œuvres ; car voici ce qu'a dit i prophète Osée : Où e$t le sage ? tt il ccm prend ce que je dis : r homme prudent? ti\ pénétrera mes paroles ; car les voies dt ù>ri sont droites; tes justes y marchent d'wpifl fermCf les méchants y chancellent à chivpufu. (Ose. xiY, 10.) Il faut que celui qui df^'^apprendre s'y porte avec plaisir. Veneioi; souvent me voir, nous converserons eo^c ble, et dans ces entreliens, vous y app nr. drez à connaître la vérité. »
Troisième livre — Théophile cotnnieiK par réfuter, dans ce livre, ce que loodiS'i des Chrétiens, qu'ils mangeaient de taib^ humaine, et que dans leurs assemblées : se souillaient par des incestes et auirv crimes de ce genre. Pour faire honte a'j païens de pareilles accusations, il leurooi tre d'abord que les crimes qu'ils leur r. prochent sont les crimes de leurs dieiii C'est le tableau que nous en ont tracé leur philosophes et leurs poètes. «Oot-ilsétn sur l'honnêteté des mœurs quand ilsoDir* soigné la licence, la débauche et l'adulitV Ils célèbrent des dieux dont le litre de ^l»!' est d'avoir été les premiers à se pH»"-*' dans d'infâmes turpitudes et à se ra^sav' de meta exécrables. Quel est celui d'en!''' eux qui n'ait chanté Saturne déroraui^'^ enfants, Jupiter mangeant son GIsMai»* invitant les dieux à a*horrible$ festins,'^ servait, dit-on, Vulcain, le forgeron hoiUB^: Junon, sa propre sœur qu'il é(K)Usa, et q'J'> lit servir sa bouche impure a des us^P infAmes? Vous n'ignorez pas sans doute lei autres forfaits de Jupiter, tels qu'ils ^^^^
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niés par tos poètes. Pourquoi parler Te des crimes de Neptune , d^Apollon, BacchuSy d^HercuIe» de Minerve et do us, la prostituée, puisque j*eu ai traité long dans un autre livre. Je ne me serais ot arrêté k une semblable réfutation, si e vous avais encore vu Qotlant etincer* sur la doctrine de la vérité. Quelle que , en effet, votre sagesse, vous accueillez ilontiers les paroles des hommes les plus i9i:usés; autrement vous n auriez point u à de vieilles calomnies semées par nipiélé, qui invente toutes sortes de uues contre nous, parce que nous sommes' iréiiens et que nous adorons le vrai Dieu. » II leur montre ensuite que les plus célè- Ks (i*entre eux s'étaient fait honneur de eqiuls reprochaient aux Chrétiens; que In lempsde Zenon, de Diogène et de Cléanie, c'était la coutume queles enfants maueassentlachairnQémedeleurpère;queCamv>e, au rapport d*Hérodote, tua les enfants Arpagus, et en mangea, après les avoir fait uire; que chez les Indiens Tusage existe oi-ore que les enfants mangent leurs pères; lue Platon , à l'exemple de Jupiter et des iVvislateurs de Crète, établit la communauté le^ femmes; qu'£picur6 conseilla les in- %Mo$, sans en apporter tous les deux d'au* re raisou que le prétexte frivole de favori- )âr la fécondité ; et qu'enfîn presque tous ^eui qui se sont égarés dans les ténèbres de i& philosophie se sont comme entendus F^oiir enseigner quelques crimes affreux. « Ils ont rempli, dit-il, toutes les bibliothèques de leur doctrine, afin de corrompre jus-
^u'^rcnfance elle-même Ilsn'ontpasplus
ri5pe(lé leurs dieux que les simples mortels et on trouve dans leurs livres Je conseil de dévorer les hommes, et ils présentent ie3 divinités qu'ils adorent comme les mo- Jt^les de tous les crimes que Ton peut comtne(tre« ^
il oppose à ces excès la conduite des Chrétiens, qui, loin de se plonger dans des crimes ausdi honteux et aussi abominables, cl de manger de la chair humaine ne veulent pas même assister aux spectacles, de crainte d'y souiller leurs yeux ou leurs oreilles, en voyant représenter ou en cnten- <iant chanter ces mêmes crimes qu'on les ^cuse de commettre dans leurs assemblées. «Pour nous, dit-il, nous reconnaissons un Dieu, mais un seul ; nous savons aussi que <i Providence gouverne toutes choses ; mais lui seul est cette Providence; nous avons ^^<iu une loi sainte, mais nous avons pour législateur le vrai Dieu, qui nous apprend |> pratiquer la piété, la justice et à faire le bien. • Et fauteur expose le Décalogue et €Q fait ressortir les préceptes divins, sur la P^été, sur la justice, sur les bonnes œuvrfHs. ^ ministre de cette sainte loi fut Moïse, serviteur de Dieu, qui la reçut pour le ^oode entier, et principalement pour les Hébreux, connus aujourd'hui sous le nom 2^ luits. • Il montre queles prophètes et les ^v^Qgélistes s'accordent parfaitement entre ^^^t 3ur la justice ordonnée par la loi,
parce qu'ils ont tous été inspirés par le même esprit, l'Esprit divin. « Voici ce que dit Isaïe : Faites aisparaUre VimpiéU de vos dmest apnrenez à faire le 6ten, cherchez la justice j oélivreM l'opprimé^ 1^9^* V orphelin et justifiez la veuve. (Isa. i, 17.) Puisdans un autre passage : liomoez les liens de Viniquitï; portez les fardeaux ae ceux qui sont accablés f donnez des consolations aux affligés ; brisez les fers des captifs^ partagez votre pain avec celui qui a faim^ et recevez sous votre toit ceux qui n ont point d'asile ; lorsque vous voyez un homme nu^ couvrez-le^ et ne mépri^ sez point la chair dont vous êtes formés : alors votre lumière brillera comme l aurore^ je vous rendrai la santé^ et voire justice marchera devant vous. (Isa. Lvni, 6.)
« Jérémie dit pareillement : Allez sur les chemins ; considérez et interrogez les anciens sentiers pour connaître la bonne voie et marchez-y; et vous trouverez le rafraîchissement de vos dmes. Rendez la justice avec équité; car cest là la volonté du Seigneur votre Dieu. (Jer. vi, 16.) Moïse dit aussi : Gardez la justice et approchez-vous du Seigneur votre Dieut qui a affermi le ciel et posé les fondements de la terre. Ecoutez encore le prophète Joël : Réunissez le veuplcy dit-il, purifiez-le; assemblez les vieillards^ les en-fantSy ceux mêmes qui sont à la mamelle ; que répoux sorte de sa couche^ et Vépouse de son lit nuptial. Priez avec ferveur le Seigneur votre Dieu^ afin qu'il ait pitié de vous et au^il efface vos péchés. (Joël ii, 16.) Le propriété Zacharie s'écrie de son c6té : Voici ce que dit le Seigneur^ le Dieu des armées : Ju^ez selon la justice^ usez de clémence et demtsé* riçorde les uns envers les autres: necalomniex ni la veuve ni F orphelin^ ni l'étranger ni le pauvre : que l'homme ne médite pas dans son cœur le mal contre son frère. [Zach. tu, 9).
c A regard de la chasteté, TEcriture nou» apprend non-seulement è ne point pécher par action, mais à éviter môme toute mau» vaise pensée, de sorte que notre cœur reste toujours pur, et que nos yeux ne s'arrêtent point sur la femme d'autrui. Voici comment s'exprime Salomon, tout à la fois roi et pro« phète vQue tes yeux^ dit-il, voient lebien^ et que tes paupières ne consentent pas au mal; prépare un sentier droit à tes pas. (Prov, IV, 23.) Puis, se fait entendre la voix évangélique qui recommande si expressément cette vertu : Quiconque aura regardé une femme pour la convoiter^ a déjà commis l adultère dans son ccsur. Quiconque renverra sa femme^ si ce n*est pour cause d'adultère ^ la rendra adultère; et celui qui épouse la femme ren" voyée^ commet un adultère. {Matth.y^'^è.) Salomon dit encore : Qui pourra cacher du feu dans son sein sans voir ses vêtements con^-^ sûmes ? Qui marchera sur des charbons nrdents sans brûler ses pieds? Il en est ainsi de celui qui s'approche de la femme de son prochain. (Prov. vi, 27, 28.) Comment celui qui la touchera pourrait-il rester impuni T
«Mon seulement nos saints livres nous ap« prennent à aimer nos parents et nos amis, mais aussi nos ennemis, selon ces paroles
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dlsaïff t DiUi à ceut; fftt voua kats$ent et vous délestent : Vous êtes nosfrêreSf afin que le nom du Seigneur soit glorifié^ et que la joie soit dans leur cœur, {Isa. lxvi, 8.) L'E-
van^i'e liit encore : Aimexvos ennemis/fai^ tes du bien à ceux qui vous haïssent « ei priex pour ceux qui vous calomnient ; car si vçu^ aimez ceux qui vous aiment^ quellerécompense aurez'vous Y Les puhlicains n'en font-ils pas autant ? {Luc. yi, 26 > 27,22.) Ceux même qui font lo hien ne doivent poinl s'en gloritier ni chercher h plaire aux hommes: Que votre main gauche^ dit le Sauveur, ne sache pas ce que fait votre main droite ? (Matth. VI, 2.) La sainte Ecriture nous ordonne aussi d*étre soumis aux magistrats et aux princes et de prier pour eux, afin
?ue nous menions une vie sage et tranquille. l Tim. 11,2) £ntin, elle nous apprend à rendre à chacun ce (]ui lui appartient : Rendez^ dit saint Paul, /Aonn«ur d qui vous devez l'honneur^ la crainte à qui vous devez la crainte. Ne demeurez redevable de rien à ptr^ sonne^ si ce nest de l'amour qu'on se doit les uns aux autres. {Rom. xiii, 7.)
« Voyez donc maintenant si des hommes insiruiis à cette école peuvent vivre au hasard, se plonger dans de honteuses débauches, et ce qui est le comble de Timpiété, se nourrir de chair humaine, surtout, quand il leur est défendu d*assister aux jeux des gladiateurs, pour ne pas se rendre complices des meurtres qui s'y commettent. Nous ne devons pas d*avanlage nous trouver aux autres spectacles dans la crainte de souiller nos yeux et nos oreilles par tout ce qu*on y voit et tout ce qu'on y entend. Si vous y parlez de repas abominables, là, en effet, les enfants de Thyesle et de Térée sont dévorés; si vous parlez d*adullères, c'est là» qu*on représente sur la scène, non-seuleuieut des hommes, mais même des dieux souillés de ce crime, et leurs débauches sont célébrées par des voix mélodieuses et mercenaires. Loin de nous, loin de Tesprit des Chrétiens de semblables horreurs. La tempérance habile parmi eux; ils honorent la continence^ ils respectent le mariage, ils
f;ardent la chasteté; l'injustice est proscrite, e péché détruit, la justice pratiquée, la loi accop)plie;on rend à Dieu te culte qui lui «st dû et on célèbre ses louanges; la vérité domine; la grâce conserve; la paix met en sûreté; la parole saiuta conduit; la sagesse ensei^'De; la véritable vie est connue, et Dieu rlè^ne. Je pourrais m'étenJre encore davanla,^e sur nos mœurs, et sur les attributs du Dieu (|ue nous adorons. Mais ce que j*en ai dit sullira pour vous inspirer la curiosité de connaître et d'étudier à lond notre doctrine. Uien ne vous est plus facile avec le vif et luuaide désir que vous avez toujours eu dapprenJre.
« Mais venons maintenante la question des temps ; Je veux. Dieu m'aidaui, Texaminer attentivement avec vous, atin que vous compreuiez que notre doctrine n*est ni nouvelle, ni mensongère, mais qu'elle est bien plus Khcienne et plus vraie que tout ce que
nous ont transmis vos poêles etvos bistoriens. Bien de plus incertain qoe ce qo'jij ont diL Les uns ont prétendu que lemoMe était incréé et qu'il avait existé de irat temps; d autres conviennent qo*il a fi^ créé, mais ils lui donnent une ciistencMe cent cinquante-trois mille soiianle-qui::^ années. Conciliez-les si vous pouvez, il vaut donc mieux être disciple de la saztfie divine, comme Platon Tavoue lui-mm, puisqu'il convient que Dieu seul pculorl apprendre la vérité. » Un des arlidcs sir lesquels Théophile insiste le plus dans se troisième livre, c'est l'antiquité des liiro sacrés auxquels les païens donoaieni u?
origine récente. Il mnntre fort au long, ci par le témoignage même des auteurs pr.. ianes,que Moïse vivait près de mille m avant la guerre de Troie ; et que les 8q(m prophètes qui ont écrit depuis ce lé^^/ùleur des Juifs, devaient passer pourfccffuî, en comparaison des historiens et (le$()cêi^ païens, puisque Zacharie, ledernwties prophètes, prophétisait sous le règne del^* rius, dans le même temps que fleurissiKiiii Solon, Hérodote, Thucydide, Xénupliur. a les autres écrivains grecs, qui passent (sunr les premiers de tous. Entre les auteurs pm* fanes dont il rapporte les autorilé$, ilcile Manethon PEgyptien, qu'il accuse de blas-
S'iéme, pour avoir dit que lesHébreui et oï&e lui-même, avaient été chassés d'E* gypte, parce c|u*ils étaient infectés de la lèpre; ensuite il doune une chronolosfie suivie, depuis Adam jusqu'au règne dé Man* Aurèle, qu'il dit avoir été de dix-neuf aQ5 et dix jours, et contpte en tout cinq mile six cent quatre-vingt-quinze ans depuisii création du monde jusqu'à la mort de r^ prince. Cette chronologie est très-curieu", et suppose dans Fauteur non-seuleiuentuce grande habitude de l'Ecriture sainte» diAis une connaissance approfondie de riii5t)ir<* des peuples. Ne pouvant la reproduire tou(£ entière, nous donnerons au moins en résumé
toute la série des années qui la composent. a Ainsi, depuis la création du monde ji'^ qu'au déluge, il s'est écoulé deux mille deux cent quarante-deux ans; depuis le déluge jusqu'à la naissance d'lsaac,tilsd'Ai>ra-
hani mille trente-six ans; depuis Isaac, jo<> qu'auséjour des Hébreux dans le désert, so'js
la conduite de Moïse, six centsoixauie au»; depuis la mort de Moïse et le comoiaii cément de Josué, Gis de Na vé, jusqu'à la fm^ri du patriarche DuVid , quatre cent quairt» vingt-dix-huit ans; depuis la mort de PJ* vid et le règne de Salomon, jusqu'à (ar^r livité de Babylone» cinq centdii-liuit««'*' six mois et dix jours; et enfin, dejiui) J( règne de Cyrus jusqu'à la mortdereuip^ reur Marc-Aurèle, sept cent quaraiii'^ quatre ans. Ce qui forme le chiffre de {'•^ mille six cent qualre-vingt*dix-faoit auî* quelques mois et quelques jours, j*
Après toutes ces su ijpu talions, l'auteur « résume ainsi; *« L'ensemble de toutes «^ époques et de tous ces faits proute duB« manière incontestable l'anliquii* de "^
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DE PATiMHXWIE.
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liuis livres ei la divinité de notre doctrine, ette doctrine, ainsi que nos institutions , iea loin d*6tre nouyelles ou mensongères, omme le pensent qnelqaes-uns , sont les lus anciennes et les plus vraies. Tballus arle de Bélus« roi des Assvriens et du titan hroDUS ; il npporteque Bélus et les titans rem la guerre k Jupiter et aux autres ieux ligués ensemble. Alors» dit-on, Gygès h Taincu par Tartesse qui régna dans le m appelé aujourd'hui Altique, et autre- »s Acte. Je ne chercherai point à tous ipiiquer Tétyinologie des autres contrées tde$ autres villes, car vous êtes fort rerh dans toutes les connaissances historilies. Il est donc clair que Moïse et la plu* art des prophètes sont antérieurs è tous les crivains et qu*ils ont précédé Chronus , élos et la guerre de Troie. Car , selon hallus, Bélus ne précéda la guerre de poie que de trois cent ving[t«<leux ans , iBdis que Moïse est antérieur k cette uerrede neuf cent ou même de mille ans, )mme nous l'avons démontré. On ne dis- Dgue guère ordinairement Chronus et BéisTun de Tautre, parce qu'ils furent conim|)orains. Quelques-uns honorent Chronus )us le nom de ïBel ou de Bal, ce sont surr tut les Orientaux; ainsi, ils ne savent pas Qcore faire cette distinction. Les Romains dorent Saturne , sans savoir ouel est le Iqs ancien de Chronus ou de Bélus. A l'éird des olympiades , quelle que soit leur rigine, elles commencèrent à être celé rées depuis Iphitus, ou, comme le veulent 'autres historiens, depuis Linus surnommé lus. Nous avons démontré plus haut l'ordre des années et des olympiades.
« Ainsi donc se trouve établie l'antiquité e nos saints livres, en même temps que la (rie des années» depuis la création du londe. Sans doute, nous ne pouvons dire lactement le nombre des années, parce ue l'Ecriture ne tient pas compte des ^urs et des mois ; mais quand nous nous mons trompés de cinquante, de cent et )ême de deux cents ans, Verreur ne serait AS de mille ans, et de dix milleans, comme i suDDosent Platon, Apollonius et les au- *«$. Nous sommes d'accord pour les temps vec Bérose , philosophe chaldéen , qui ransmit aux Grecs les lettres chaldaïques. ton-seulement il a parié du déluge et de iusieurs autres événements conformément u récit de Moïse, mais il s'accorde encore n partie avec les prophètes Jérémie et Da* iel. Il fait mention de ce qui arriva aux uifs, sous le roi de Babylone, qu'il appelle ibûbassare, et les Hébreux Nabuchodono« 0^ il parle même de la destruction du emple de Jérusalem par ce prince, et raoate que les fondements de ce temple fu- ^i^t jetés de nouveau là seconde année du ^oHe de Cyrus , mais qu'il ne fut achevé [Ut: la seconde année du règne de Darius. »
Voici maintenant sa conclusion : « Quant nx Grecs, leurs histoires ne renferment itMi de véritable, d'abord, parce qu'ils ne ^nnurent les lettres que fort tard ; ils eo
I>ICTI0!«?l. Dl PaTBOLOOII. IV.
conviennent eux-mêmes, lorsqnMIs disent qu'elles furent découvertes, les uns par les Chaldéens, les autres, par les Egjrptiens, et les autres par les Phéniciens ; d ailleurs, an lieu de parler de Dieu, ils ne se sont occn* pés que de choses vaines et frivoles. Ainsi, par exemple, ils font mention d'Homère* d'Hésiode et des autres poètes; mais ils laissent en oubli la gloire du Dieu unique et incorruptible. Que dis*je, ils blasphè* ment contre luil Ils ont persécuté et ils persécutent aujourd'hui les hommes qui le confessent et I adorent , tandis qu'ils comblent d'honneurs et de récompenses ceux qui font servir leurs talents et leur voix è outrager la Divinité. Ils font une guerre cruelle aux hommes qui ne s'occupent qu'k faire des progrès dans la vertu et la sainteté. Ils lapident les uns, massacrent les autres, et leur font subir tous les genres de supplices. Sans doute, des hommes aussi injustes ont perdu la sagesse de Dieu, et n'ont pu trouver la vérité. Pour vous, mon cher Autol^que, pesez mûrement ce que je vous ai écrit, et vous y trouverez le symbole et la témoignage de la vérité. »
^ £CEIT8 SUPPOSAS ▲ SAIHT TniOPHILB. --r
Saint Jérôme dit qu'il avait lu des Com^ me^iairéê sur FEvançiU ei sur les Proverbes de Salomon^ qui portaient le nom de Théophile, mais qu'il n'y trouvait ni l'élégance ni le style des autres ouvrages de ce saint. Il les cite cependant comme étaqt de Théo«> phile, dans ses Commeniaires sur saint JVa/« ihieu : il en rapporte un fragment dans une de ses lettres, de sorte que nous ne savons ce qu'il pensait à ce siyet. Le f^assage qu'il rapporte se trouve dans de petits comment taires latins sur les quatre Evansiles , au tome II de la Bibliolkique des Plres^ d'où plusieurs critiques ont inféré que ce sont ceux-là mêmes que ce Père avait lus sous le nom de Théophile d'Antioche. Mais il est visible qu'ils se sont trompés, et que ces petits commentaires sur 1 Evangile n'ont été faits que longtemps après saint Théo^ phile, et après saint Jérôme lui-même ; car on y trouve plusieurs passages tirés mot à root des écrits de saint C^prien, de sai/nt Jérôme et de saint Ambroise. L'auteur y
S arle des moines, et décrit leur manière e vivre. U fait encore certaines remarques qui prouvent qu'il était latin ; par exemple, il prétend quele nom de cUé tirç ^on ori-
E'ne du mot citoyen^ qu'il n*y a que quatre ttres dans le mot Apon, ce qu'aucun ap'* leur grec n'avait dit, puisque iipon, dans la langue grecque est composé de six lettres. D'ailleurs ces commentaires Qe méri* tent point d'être attribués à un homme d*uû mérite aussi disHngué qu'était saint Théo* phile. Ce n'est qu'une espèce de compilatimi et de recueil informe d'explications de différents commentaires, où l'auteur a apporté peu d'exactitude. Le passage ootênf de Théophile cité par saint Jérôme n'y eK psa à sa place ; on n'y garde non plus aucun ordre dans l'explicatioa des évangiles, et quelquefois, après a voir donné KexDiication d'un
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DICTIONÏIAIRE
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yerseX de saint Matthieu, on passe à un autre de saint Jean ou de ouelque autre ^vangéliste» oui n'ont ensemble aucune liaison. I) y a même quelques chapitres qui y fini été expliqués, sans garder aucune suite ifans les versets, ensorte que î'auteur corn* lûcnçe parles derniers, puis revient h ceux qui précèdent. On peut ajouter qu'il parle si clairement et avec tant de précision des deux natures en Jésus-Christ, qu'il paratt n'avoir écrit que depuis l'hérésie d'Èutythès.
' Concorde des évanaélUtes. — Saint Jérôme dit encore que Théophile avait rédigé en un corps les paroles des ({uatre évangélistes, c'êst-a-dire, qu'il avait fait une concordance de l'Evanj^ile, et, que par cet ouvrage, il nous avait laissé un monument de son génie. Mais nous n'avons rien de semblable sous le nom de Théophile, et on .doute si saint Jérôme n'a pas attribué k saint Théophile ce qui est dit de Tatien.
JoâEMENT DE SES ÉCRFTS. — Le pCtt quî
nous reste des ouvrages de saint Théophile nous doit faire regretter ceux qui ne sont pas venus jusqu'à nous. Le style en est élégant, poli et varié, le tour des pensées vif et agréable, les raisonnements justes et pressants, et ils sont remplis de recherches curieuses sur les diverses opinions touchant les sentiments des poètes et des philosophes à propos de leurs fausses divinités, et on ne peut douter que Théophile iTait excellé dans la connaissance de Tanti-
auité profane. Il aimait aussi les allégories; n*y a presque rien de littéral dans Tes explications qu'il a données de l'ouvrage des six jours. Ses sentiments sur la religion «ont très-orthodoxes, même sur la génération du Verbe qu'il reconnaît coéternel à son Père. Il ne laisse pas de donner encore le nom de génération à cette progression nar laquelle le Verbe s'est manireste au dehors, lorsque le Père a produit par lui toutes les créatures. Enfin, saint Théophile a suivi le style des anciens théologiens. On remarque qu'avant lui personne ne s'était encore servi du terme de Trinité, pour marquer la distinction des personnes divines, il parle avantageusement du salut d'Adam, Qu'il dit avoir été honoré du don de prophétie, il reconnaît Tinspiration des livres saints; tant de l'Ancien q[uedu Nouveau < Testament; l'autorité des sibylles, et dit; que de son temps on voyait encore les débris (le l'arche sur les montagnes d'Arménie; Sue Ton nommait églises les lieux oii les brétiens tenaient leurs assemblées , et que les démons que l'on chassait des corps des possédés se reconnaissaient auteurs de ce que les poètes avaient marqué dans leurs écrits.
* Editiou db ses <iisiJvaBS. — Les livres de s^int Théophile à Autolyque furent imprimés en' grec à Zurich, en 1M6, in-folio, av^Q- les écrits de Tatien et de quelques autres, par les soins de Qonrad Gesner, sur un manuscrit <|ue Jean de Frise avait eu à Veaîs0;ikt en latin, au même endroit de la
même année, de la Iradoction de Conrad Clauser, et non de Conrad Gesner, cemme l'affirme le dominicain Nourri, page 506 de son Appâtai. C'est cette version qu on a suivie dans les Bibliotkèq^àes du Pèru^ de Paris, en 1575, 1589, 1609 et 1644, de Cologne, en 1618, et de Lyon, en 1677; daa» les orthodoiographes imprimés en grec et en latin, à BAle, en 1555, in-folio; dans Téiltion de saint Justin, à Paris, 1615 et 1636: h Cologne, 1686, 162fc, in-folio, avecies notes de Fronton le Duc. La dernière et ii plus correcte de toutes les éditions des it* vres k Autolyque, est celle d'Oxford de 1684 (in-lSI). Fellus en a corrigé le texte en plusieurs endroits, après lavoir ren sur un ancien manuscrit grec. C'est d'après cette édition qu'il a été reproduit dans ie Cours complet de Patrologie,
THEOPHILE, évêque de Césarée, à la 6q du n* siècle , et J'un des plus illustres éièques de son temps, fut un de ceux qui |)8rorffti avec le plus d'éclat dans les contestatioDs qm s'élevèrent au sujet de la Pâque , sous le pontificat de Victor. Saint Jérôme le met au raog des écrivains ecclésiastiques, à cause d'iuie lettre synodale qu'il composa avec les Pè^5 du concile de Palestine , auquel il présidaii avec Narcisse de Jérusalem. Cette letlre, que nous n'avons plus , était très-utile pour combattre ceux qui faisaient la Pâaue le
Juatorzième jour de la lune. Théopliile j isait, entre autres choses , que la coutume de célébrer la résurrection le dimanche. venait de tradition apostolique. Sur la fin, il priait ceux à qui il adressait cette lettre au nom des Pères du concile, d'en envoyer des copies par toute l'Eglise, « de peur, dit-il, qoe nous ne soyons coupablesrde la faute de ceui q;ui abandonnent si aisément le véritable chemin. ^ 11 y déclare aussi que l'Eglise d'Alexandrie faisait la fête de Pâque le mêioe jour qu'eui , et gue les fidèles , ou plaiôi Jeséveques, s'écrivaient mutuellement, adu de se conformer dans la célébration de celle solennité.
THEOPHILE, patrUrche d'Alexaodne en 385, était né avec de grandes qualités et beaucoup de talents qu'il obscurcit p4r m grand nombre de défauts. Il acheva de rainer le$ restes de l'idolAtrie en E^pte, en faisant abattre les temples et les idoles <ies faux dieux. Il pacifia les différeads $Qr« ^ v^nus entre Evagre et Flavius, tons deoi ordonnés évoques d'Antioche. Mais son li'i inconsidéré contre les origénistes 1 aoiVJ contre saint Jean Chrysostome, croyant jue ce saint les favorisait. 11 chercha à réloigncr du sié^e de la ville impériale et à r l'aire parvenir par son crédit et ses intrigua le prétrq Isidore, dont les vertus simples et obscures ne portaient nul ombrage à ^'^ ambition. Contraint par l'empereur et f^ son ministère de consacrer ce noan^u l>atriarche, il lui jura alors une haioeiu!* niacable et s'attacha ie tout son pouroiri lui nuire et à le persécuter; aussi alla-t-i^ jusqu'à le faire déposer dans le concile da Chêne et refusa de mettre son nam dans le»
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diptyques. Saint lean Cbrjrsostome ne fat pas le seul otget de sa haine ; il changea aussi en aversion Taffection quMI avait eue jour Isidore. Le principe de cetleanioiosité ftil le don considérable qu'une veuve de qualité avait fait au prêtre Isidore, en fareurdes plus pauvres femmes de la ville, saus en donner connaissance à Théophile : car elle craignait que cet évèque n'employât cet argent à élever des bAtiments plutôt qu'à soulager les malheureux. Théophile eofut tellement irrité qu*ii produisit, devant tous les prêtres de son Eglise, contre Isidore, un mémoire qui contenait une tccusation horrible. Dans la crainte que riiéophile n*attentAt à sa vie, il se retira sur la montagne de Nitrie. Alors il tourna sa :olère contre les moines, en excommunia )lusiears et alla même jusqu'à faire brûler eurs cellules, leurs livres et les saints Dystères que les moines conservaient chez mx, selon l'ancienne discipline de l'Eglise. )uelqtte grande que fût son animosité coure les moines et saint Jean Chrysostome, il larut se réconcilier avec eux. On prétend la'élant près d*expirer, et faisant attention I la longue pénitence d'Arsène, il s*écria :
Que vous êtes heureux, Arsène, d'avoir oujours eu cette heure devant les yeuxl n 4 mort arriva en i^lS.
Ses écrits. — Cycle pascal. — Théoihile composa quelques écrits, dont le plus Qcien parait être son Cycle pascal. Il était le U8 ans, pendant lesquels, d'après les principes encore en usage aujourd'hui dans Eglise, il marquait le jour du mois et de 1 lune dans lequel on devait chaque année élébrer la Pftque. Ce cycle commençait au remier consulat de Théodose le Grantl n 380. Quoique Théophile y ait rectifié «aucoup le cycle d'or de 19 ans, trouvé «r saint Anatole de Laodicée, il ne lui a as donné néanmoinssadernière perfection; e qui ne pouvait se faire gue par un cycle e 532 ans, inventé depuis par Victorius. ielui-ci, dans la préface de son cycle, ne ite de Théophile qu'une table de cent ans. aint Léon pape et saint Protère ne lui en Uribuent pas davantage; et saint Cyrille il qu'après que Théophile eut composé, & i prière de Théodore, son cycle de i^iS ans, I Q^envoya néanmoins h ce prince qu'une ible de cent ans, depuis Van 380 jusqu*eu 79; maisqu^il y joignit un écrit qui ren- ^rmait en peu de mots les preuves de son ystème, et une lettre par laquelle il lui dressait la table et l'écrit. Comme ce cycle tait très-obscur et qu'on en avait déjà 'autres, il s'en répandit peu de copies. iela obligea saint Cyrille de l'abréger et de s réduire à un cycle de 95 ans. Gcnnade arle de ce dernier cycle ; mais il Taitribue 3al k propos à Théophile , confondant le ravail de i*oncle avec celui du neveu, ioas n'avons auiourd'hui ni le cycle entier e 418 ans, ni la table de cent ans, mais oulement un petit écrit de Théophile sur elle table. Il aéclare dans cet ouvrage que ^ieu orionna aux Hébreux de célébrer la
Pâque le quatorzième îour de la lune lorsqu'elle est dans son plein, pour nous apprendre que nous devons nous séparer des ténèbres du péché , rendre notre foi lumineuse et croître en vertus. Si le quatorzième de la lune, arrive le dimanche on ne doit ' célébrer la PAque que le dimanche suivant. Il en donne deux raisons qu'on a peine à comprendre et qui semblent se aétruire l'une et l'autre. D'après son sentiment Jésus-Christ fut livré aux Juifs le quatorzième jour de la lune, c'est-à-dire le jeudi, le len • demain il fut crucifié »t le dimanche suivant dix-septième jour il sortit glorieux du tombeau.
Lettres pascales de Théophile. — L'écrit de Théophile ne l'empêcha pas de continuer d'avertir tous les ans les Eglises du jour auquel on devait célébrer la fêle de Pâques. Le concile de Nicée en avait char;^é 1 évoque d'Alexnndrie qui, aussitôt après TEpiphanin envovait des lettres circulaires à cet effet, afin de fixer le commencement du carême et les fêtes mobiles qui dépendaient de la fêle de Pâques. Le concile d Ephèse cite les 5' et 6* des Lettres pascales de Théophile pour les années 390 et 391. Cassien parle de YEpitre pascale pour l'an 399 ou i^OO, et des mouvements qu*elle occaMonaa dans les monastères de Scété; car on envoyait ces lettres non-seulement aux villes , mais encore à tous les monastères. Théophile dans celle-ci, après avoir indiqué la Pâque, sV*tendait longuement surThérésiedesanlbro pomorphitos. Les moines qui en étaient iuleclés reçurent mal la lettre de cet évêque ,
fensèrent à se séparer de sa communion et ne le regarder qu^avec horreur et comme un homme qui attaquait visiblement TE* criture sainte. Car ils s'étaient persuadés qu'il fallait prendre à la lettre ce qu'il y rapporte de l'image de Dieu dans l'homme et des membres qu*il semble lui attribuer. Il n'y eut à Scété que l'abbé Paphnuce qui reçut sa lettre pascale, les autres prêtres du désert ne voulurent pas on permet:re la lecture dans leurs assemblées. Ils allèrent plus loin; comme^Théophile soutenait dans ses prédications ce qu*il avait avancé dans sa lettre contrôles anthropomorphiies, ils le traitèrent d'impie et vinrent à Alexandrie avec menace de le mettre à mort. Pour éviter ce danger il se présenta à eux et leur adressa ces paroles de Jacob h Esaii (Gen. xxxiii, iOj : Envous voyant^ je crois voir le visagedeDieu. Ce compliment flatteur les apaisa : « Si vous pensez ce que voua dites, lyoulent-ils, et si vous croyez que Dieu a un visage comme les nôtres, anathématisez tes ouvrages d*0rigène, sinon vous serez traité comn)e le méritent les ennemis de Dieu. — Je le ferai» répondit Théophile, et il y a longtemps que j avais résolu de les condamner, n
Nous avons trois autres lettres pascales de Théophile traJuites en latin par saint Jérôme. Dans la première pour i*année 4l»i Théophile combat avce force les erreurs qu'il croyait avoir été enseignées par Ori« gène ; entre autres, que te règne de Jésus*
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Christ devait Knir ; que les démons seraient sauvés et que les corps ne ressusciteraietit
Eas entièrement incorruptibles. Théophile la fin de cette lettre fixe le commencement du carême au huit de mars et le jour de Pâques au quatorze avril. La seconde lettre pascale est divisée en quatre parties i dans la première il exhorte les fidèles à célébrer avec joie la PAque du Seigneur et déclare que les hérétiques ne doivent avoir aucune part avec les fidèles aux solennités de TE* glise. Dansia seconde et la troisième il at* laque les erreurs d'Apollinaire et d'Orisène et fait remarquer que bien que ces aeux auteurs aient pensé d*une manière orthodoxe sur plusieurs articles de la doctrine de TEglise» ou doit néanmoins les regarder comme hérétiques pour les erreurs qu'ils ont enseignées. Dans la quatrième partie, il exhorte les fidèles h prier en commun pour la conversion des hérétiques et indique la Pâque pour le sixième jour d'avril. Il ajoute, vous devez savoir qu'on a donné des successeurs aux évoques qui se sont en» dormis dans le Seigneur; à Lemuade, Nas« cas succède à Héron ; à Prythro, Paul à Sab* batius ; à Omboès, Verez a Sylvain. Dans la troisième lettre pour Tan h(Af Théophile
{)arle encore contre Origène, il y défend de aire usage, pendant le carême, du vin et de la chair 9 et fixe la PAgue au dix-sept avril. Il donne aussi connaissance de la mort de sept évoques et de ceux qu'on avait choisis pour leur succéder, et termine par ces paroles: « Ecrivez-leur et recevez leurslettres ecclésiastiques, afin d'entrer en communion avec eux. » Saint Jérôme, dans son abrégé de la seconde de ces lettres, dit que la profession de foi pure et précise de Théophile contre Apollinaire est accompagnée d'un raisonnement fort subtil avec lequel il perce son ennemi du poignard au'il lui a arraché des mains. Il ajoute qu il l'a traduite en latin , mais qu il a trouvé beaucoup de difiicuUé à lui conserver, dans une langue étrangère, ses beautés, son style, son exactitude et cette éloquence qui rendaient la vérité si forte et si agréable. Il faut néanmoins convenir que dans cette lettre comme dans les deux autres il y a divers raisonnements qui portent à faux et qu'elles sont pleines de réflexions déplacées. Synésius et saint Léon, Pape, font encore mention de deux autres lettres de Théophile.
Autres écrits de Théophile. — Saint ^ Cyrille d'Alexandrie parle d'uadûcours de Théophile adressé aux sectateurs d'Origène. Ce discours était sans doute différent du grand Traité contre Origine , cité par Gennadei dans lequel Théophile condamnait les écrits et la personne d Ori(jène et montrait en même temps qu*il n'était pas le premier qu'il eût condamné; mais qu'il avait été chasçé par les ariens et particulièrement par Héraclas. Il est visible que Théophile se trompait ici, puisque ce ne fut pas Héraclas, mais Déméirius qui qbligea Origène de sortir d'Alexandrie. On doit penser que ce traité dont parle Genu(|dc, était différent de
la lettre circulaire du concile d'AIeuodrie en 401 , envoyée par Théophile, pour foire condamner les livres d'Origène, car ce traité était, selon Gennade, un grand volume; (« qui ne peut se dire d'une lettre circulaire. Le même Gennade témoigne que Théophijê dans le même ouvrage réfutait par TEcriture sainte les erreurs des anthroponorphites, et trouvait que Dieu est d'une essence incorruptible et spirituelle, au lieo que les créatures sont par nature corraptibles et sujettes au changement. Nous arom dans Facundus un frasment du Kfre de Théophile contre saint Jean Chrysostome, et Pallade a inséré dans son Dialogui im lettres de cet auteur, contre les moines de Nitrie, l'une aux évéques de Palestine el l'autre à saint Chrysostome. Nous enaroos quelques autres parmi celles de saint Jérôme : Théophile l'informe qu'il avait coih vaincu et chassé les origénistes, quiafaiefti essayé de répandre leurs erreurs dans les monastères de Nitrie, et lui conseille d'agir de la même manière à l'égard de ceuiqoi suivent en secret leurs erreurs.
Décisions sur la discipline eccU$ia$t\fu, — Zonar et Balsamon nous ont eoosené
Suelques décisions sur des difficultés de la iscipline ecclésiastique, que l'on attribne communément à Théophile d'Alexandrie.
La première parait être un fraj^ent d'un discours prononcé par Théophile en 391, 402, ou kdS; il y décide que, lorsque la reiile de l'Epiphanie, où l'on jeûnait alors, tombera le dimanche, ou mangera à cause do dimanche quelques dattes à midi ; mais que du reste on observera le jeûne jusqu'après la célébration des saints mystères; que l'on devait commencer à l'heure de none et finir lejsoir. Les autres décisions, au nombre de dix, sont adressées & Ammon, pour la province de Lyco en Egypte. La première r^ f;arde ceux qui avaient communiqué avec es ariens et s'étaient emparés des Eglises Théophile ordonne qu'ils seront déposés et remplacés par des hommes dont la ici sera reconnue orthodoxe. On leur permettra néanmoins de demeurer dans le même endroit , mais on suivra à leur égard ce quia été réglé par les évêques de la Tbébaïde. Ea seconae regarde un prêtre nommé Biste, accusé d'adultère: Théophile exige, si ce prêtre est véritablement coupable, qu'on le prive de toutes les fonctions de son ministère et même de la communion laïque p^r l'Egl-ise, bien loin de permettre de tels crimes, a coutume d'en excommunier les auteurs : mais il ajoute qu'on ne doit pas a^ cuser Apollon qui avait ordonné ce prêtre sans connaître sa culpabilité. Théophile décide dans la troisième que le prêtre ok^omunie par le même Apollon doit snbiru sentence d'excommunication » sauf à lui i se défendre par les voies de droit. La q^*' trième regarde un diacre accusé d*aîoir épousé la hlle de son frère : i s*il a (^ol^^ mariage avant son baptême, répond Th*!" phile, et qu'après avoir été ba^Jiisé il «l gardé la continence , il doit demeurer dans
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) clergé ; mais si au contraire il i*a épousée près son Ijaptéme, on doit le chasser. » Dans I cinquième y il veut que l'on dépose un icteur nommé Jacob, accusé de fornication, 'il est Téritablement coupable; mais si son ccusalion n*est appuj^ée que sur des soupons, on ne doit avoir aucun égard à de aines calomnies. On voit, par la sixième, e quelle manière on doit procéder aux or« {nations. L*év6que ne doit ordonner peronne arant que le sujet ne soit élu par le lergé et interrogé sur ses capacités. En mus de paix, Fordination doit se faire en ublic , et si les sujets ont communiqué ▼ec les hérétiques, on ne leur imposera les sains qu'après qu'ils auront été examinés t interrogés, en présence du peuple, par éfêaue et par des clercs orthodoxes. Il est it, dans la septième, qu'après la commuioQ les restes du sacrifice seront distribués ttx clercs et aux fidèles, et non aux cathéumènes. Dans la huitième, Théophile délare que l'on doit chasser du clergé Huai, accusé de fornication, s*il est véritaleroent coupable. 11 est dit dans la neuième que l'élection d'un nouvel économe e l'Eglise doit se faire avec l'agrément des rètres et de l'évëque, afin que les biens de Eglise seront administrés d'une manière onrenable. 11 ordonne dans la dixième de rocurer du repos aux pauvres, aux veuves t aux pèlerins et d'empêcher l'expoliation es biens de l'Eglise.
On a recueilli quelques-unes de ses paoles parmi celles des Pères des déserts, irmi lesquelles se trouve un discours sur I mort, c Au moment de la séparation de Ime d'avec le corps, dit-il , les démons se résentent à nous, avec le détail de tous les échés que nous avons commis de propos élibéré ou par ignorance depuis notre jeuesse jusqu à la mort ; mais d*un autre côté » anges font le détail de nos bonnes œures; ce qui jette Tàme dans des craintes et ans des tremblements, jusqu'à ce que le Asteiuge ait prononcé la sentence. Si notre me se trouve digne de la gloire, elle y est ussitôt emportée par les anges; comme au ODtraire elle est précipitée dans les flam- )es, si elle est convaincue d'avoir mené ne vie coupable, i» On y trouve encore une xpiication que Théophile donna de ces paoles aux Colossiens(iv, S) : Racheiexletemps. I enseigne qu'on ne peut même le rache- ^r qu'en souffrant avec humilité et patience ^s tribulations, les calomnies et les adferités de la vie. Il est dit au même endroit [|i'uu anachorète qui avait le pouvoir de nasser les démons, leur demanda ce oui tait le plus capable de les vaincre, et qu ils épondirent que c'était l'humilité.
Gennade fait mention de trois livres sur I foi, qui portaient le nom de Théophile ; Dais il ne croit pas qu'ils soient de Téfélue d'Alexandrie , à cause de la différence lu style. Trithème le fait auteur d'un livre le lettres etd*un Traité du hérésieê^ adressé saint Epiphane. On peut voir les princi- «ux ouvrages de Théophile dans le tome .
V, de la Bibliothèque de$ Piree^ imprimée à Lyon, en 16T7, avec les Scholieê de Zonar et Balsamon sur les lettres et décisions de cet auteur. Dans un fragment sur la résurrection, rapporté par le P. Sirmond et tiré d'un manuscrit de la bibliothèque Nationale* Théophile fait voir, par Tautorité de l'Ecriture, que le Verbe a ressuscité le même corps auquel il s'était uni et l'a rendu incorruptible, et que ce corps, quoique corruptible de sa nature, n'a pas été sujet à la corruption même dans le tombeau.
THEOSTERICTUS , disciple de Nicétas, hégumène, ou abbé du monastère de Mecidioii en Bythinie, écrivit sa Vie, rapportée par Lipoman et par Surius, au troisième d'avril, dans la traduction de Sirlet. Les Bollandistes l'ont donnée en latin au même jour, et en grec à la fin du premier tome d*avril, d'après un manuscrit du Vatican.
THÉOTIME, Scythe de nation et évéque de Tomes et de toute la province de Scythic» se rendit célèbre, à la nn du iv' siècle, par sa piété et par ses miracles, à tel point que les Huns et tous les barbares répandus le long du Danube l'appelaient le dieu des Romains. H refusa à saint Epiphane de signer le décret de son concile contre Origène, et lui dit avec beaucoup de fermeté qu'il n'était pas juste de faire un si grand affront h un homme mort depuis longtemps, et qu'on ne pouvait sans témérité traiter d'une manière si injurieuse le jugement des anciens ui renverser ce qu'ils avaient établi. En 392, il avait déjà composé quelques traités assez courts, en forme de dialogues et sur le modèle de l'ancienne éloquence.
Saint Jérôme, qui en parle dans son Traité deê hommtê illustres^ écrit cette année-là, dit que Théotime travaillait encore à d'autres ouvrages. Mais il n'en est rien venu jusau'à nous. On en trouve quelques fragments uans les Parallèles de saint Jean Damascène, entre autres d*un écrit sur la Genieef d'an Discoure sur lejeûne^ et d'un sur ces paroles : Si voue offrez votre présent à l'autel.,. {Matth. v, 23.) Il y a toute apparence qu'il ne vécut guère au delà de Tan V03, puisque Pallade, dès l'an fcOO, le mettait au nombre des vieillards.
THÉOTINQUE, qui ne nous est connu que par son litre de prêtre, vivait sous le règne de Charles le Chauve. Il retoucha, aux instances d'Héchiard, comte d'Amiens, l'ouvrage alors si fameux, parmi les ecclésiasti- 3ues du temps de Charlemagne, sous le titre e Liber eomitis, ou Livre au comte. C'était tout simplement un leotionnaire, ou plutftt un tableau indicateur des leçons de 1 Ecriture pour chaque fête et chaque férié de Tannée, en commençant par la réte de Noël. , On attribuait ce travail à saint Jérôme, mais sans en avoir aucune preuve positive. Déjà corrigé par Alcuin, il lut encore revu^ dans la suite, par le prêtre Théotinque, puis publié, avec ses corrections et ses auditions, par Baluze, à la fin de ses notes sur les Cà\ itulaires de nos rois. En tête se lit une petite préface du réviseur, adressée au comte Héchiard : ce qui prouve la fausseté d'une au-
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tre préface publiée la même année, sous le nom de saint Jérôme, par dom Luc d*Acheri, au tome XIII de son Spicilége. Quand bien jmème ce saint docteur aurait dirigé originairemeitt le lectionnaire en question, il est visible que cette préface n'est point de Jui. C'est un réviseur qui y parle, et qui y rejprésente le lectionnaire, alors irès-répanda dans le clergé, comme ayant besoin d'être retouché. De sorte qu'il n*est personne à qui cette préface convienne mieux qu'à Alcuin, à qui nous croyons devoir la restituer. Ainsi le prêtre ^héotinque partage donc avec ce srand personnage la gloire d'avoir enrichi le fameux Livre du comlej depuis longtemps si oublié.
THÉOTMAR occupa le siège métropolitain de Saitzbourg, connue alors sous le nom de Juvave, depuis Tan 881 jusqu'en 907. L'histoire, qui ne nous apprend rien de sa vie, le met en tète des principaux signataires d'une longue et célèbre lettre, dans laquelle on trouve plusieurs faits intéressants sur rétablissement de TEglise des Slaves, qui commençaient déjà à prendre le nom de Moraves. Celte lettre lui est commune avec les autres évèques de Bavière, qui, comme lui, étaient presque tous nés sujets des rois français. Elle est adressée au pape Jean IX, et remonte tout au plus à l'an 901. L'inscription en est remarquable par sa singularité. Outre la qualité de Souverain Pontife, ces évèques y donnent encore à Jean le titre de Pape universel, non pas d'une seule ville, disent-ils, mais du monde entier : Non urbisj sed lotius orbis. Pour eux, ils ne se qualifiaient que les très-humbles fils de sa paternité : Humillimi paternitaiis vestrœ /S/tï. C'est la première fois que nous voyons des évèques s'exprimer de la sorte en parlant à un Pape. Nous en retrouvons quelques autres dans le cours du même siècle qui tiennent à peu près le même langage. On peut donc rapporter à ce temps l'origine de ces façons de parler.
Théotmar et les autres évèques se proposent dans leur lettre deux objets principaux. D'abord ils se plaignent de l'injustice que l'on voulait faire subir à l'église de Passau, et à laquelle le Pape semblait donner les mains. Depuis la conversion des Slaves ])ar le ministère des évèques de Passau, leur pays avait toujours fait partie de ce diocèse ; néanmoins on travaillait à l'en soustraire. Ces peuples, disait-on, au moyen de grosses sommes d'argent, avaient obtenu de Roipe un archevêque et deux évèques qui faisaient des tentatives pour établir dans le {^ays un siège métropolitain avec des sufragants. Théotmar et ses associés montrent fort bien qu'une telle conduite était manifestement contraire à la disposition des anciens canons et des décrets du Saint-Siège. Ils s'appliquent ensuite à se justifier des calomnies dont les Slaves les avaient chargés, particulièrement au sujet des Hongrois. Ils prennent occasion de là de dire un mot des ravages que cette nation cruelle et féroce exerçaient chez eux , et leur lettre est
un des premiers monuments qni nous font connaître ce peuple. Ils la finissent par quatre vers hexamètres, dans lesquelles its souhaitent au Pape qu'il imite les vertus d< saint Pierre comme il en occupe la place* afin qu*il puisse plus efficacement inter^ der pour eux auprès du Seigneur. On ipm quel fut le succès de cette lettre. On en i plusieurs éditions, parmi lesquelles im\ citerons celles des PP. Labbe et Cossart dans le tome IX de la CoUeetion génénir des conciles, et celle des derniers édileu» delà BibliothèqjAt des Pères^ dans le tomeX?!* de leur Hecueil.
THETBAULD ou TmBAULD, chaDOioe de la cathédrale de Rouen et i'uo (k m premiers traducteurs français, ne parait pas avoir vécu au delà de Tannée 1061. Il na-
3uit à Vernon au diocèse d'Evreux et éua éjà avancé en Age, lorsqu'ayant la vue eitrêmement affaiblie, il en recouvra l'usage tout à coup par la vertu des reliques de saint Wulfrand, que Ton conservait à Saioi- Vandrille. Il racontait lui-même cette merveille à Tabbé Robert, qui, en 1053,aci*ofopagna ces reliques à Rouen, où elle^ fureat portées en procession. C'est sur ce léaitiignage qu'un auteur contemporain, ffloioe de Saint-Vandrilie, a fait entrer cet érément dans la relation des miracles dn saint. A cette occasion, il nous apprend que Thctbauid avait traduit avec une certaine élégance, satis facundCf en langue vulgaire, plusieurs Vies de saints dont il avait tiré le sujet de quelques pièces rimées et cadencées qui se chantaient par les villes : Uiiam ex illis caniilenas edidit. Il cite [larticttlièrement la Vie de saint Vandrille.
THEUDOIN, prévôt de relise de Ch4lons- sur-Marne, et ami du moine Almanœ de Hautviliiers, lui écrivit pour le prier oe renouveler la Vie de saint Memmie^ vulgairement saint Merige, premier évèque de cette ville. Cette Vie ne se pouvait plus lire, tant elle était usée, et Tbeudoin lui faisait cette prière à l'occasion de la découvette du corps du saint évèque, en 868, et du miracle qui raccompagna. Dom Marlol avait déjà publié un fragment de la lettre qui contient cette demande, lorsque dom ^abiiiun la donna tout entière.
THIBAUD, d'Etampes, passe dans Tespnt de plusieurs, pour un écrivain anglais*
Juoique son nom et la qualité qu'il prei^ e docteur de Caen marquent assezqu*il éuit né en France, et non en Angleterre. Il esi vrai qu'on le qualifie aussi de docteur d'Oiford, parce qii il enseigna la théoloxie daos cette ville; mais comme beaucoup uautres* il a pu passer en Angleterre, et c est ce qui a fait croire à plusieurs qu'il était anglais de nation. Il était contemporain de sain{ Anselme ei d'Yves de Chartres, et flonssail par conséquent à la fin du xV siècle, ec aa commencement du suivant. On pense que Thibaud, après avoir enseigné plusieurs années à Oxford, serait revenu eo Fraoee. et aurait été élevé à la dignité de diaacoller de l'Eglise de Paris; mais on n« ^^
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Dfc PATAULOGIE.
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c? fait aucunes données certaines» non plus que sur le teni{is de sa mort.
Ses écrits. — Nous n'avons de cet écrivain nue cinq lettres imprimées par les soins de D. d*Acbery. La première adressée à révftque de Lincoln est intitulée, Dequi^ bttsiam m divinapapna tiiubanlibuê. Cette lettre ou écrit de Thibaud n*est sans doute autre chose que celui qui lui est attribué par tiesner et Possevint dans lequel il combattait Terreur de ceux qui de son temps prêchaient contre le pouvoir des clefs. L'auteur débute ainsi contre les prédicateurs : ff Si quelqu'un, dit-il, dans ses prédications a la témérité d*as5urer que le riécbeor no peut pas être sauvé, en quelque temps (]Q*il embrasse la pénitence, il se trompe , et n*a pas des sentiments catholiques.)» thibaud prouve ensuite, par l'autorité de TEcriture et des Pères, et \)àv l'exemple du bon larron, qu'il n'est pas de temps où le pécheur ce puisse obtenir le pardon de ses toiutes, pourvu qu'il revienne a Dieu de tout son cœur, et qu'il ait une douleur sincère de l'avoir offensé ; car ce n'est ni dans le nombre des années, ni dans la durée de laflliction, mais dans une douleur amère du cœur, que consiste la véritable pénitence.
La seconde lettre de Thibaud est adressée à l'abbé Tarice, qui l'avait accusé de croire que les enfants morts sans baptême sont sauvés. L'auteur s*v plaint de cette accusation formée contre lui sans aucun examen, et se justiûe en déclarant que les enfants qui meurent sans baptême, sont damnés, et que ceux qui meurent auss^itôt après ravoir reçu sont sauvés. Il ajoute encore, que si quelque ennemi de la vérité ose s'élever contre ce sentiment catholique, il est prêt de le réfuter de vive voix et par écrit, et à laltaquer comme un sacrilège et un mauvais chien. 11 parait que l'abbé Tarice lui avaitfaitquelquesquestionssur la nouveauté des sentiments; voici sa réponse : «Pour la nouveauté des sentiments, je préfère beaucoup, dit-il, marcher sur les traces assurées des anciens docteurs, que de suivre les fausses opinions et les songes des modernes. » Il api^elle les premiers, des docteurs vigilants, Mui n'enseignent que ce qu'ils ont appris eux-mêmes des saints Pères ; mais les modernes sont des docteurs endormis, qui ne cherchent qu*à introduire des nouveautés qu'ils ont tirées de leur propre fond. Thi- ^ud proteste que, tant qu*il vivra, il s'attachera toujours aux anciens. Aussi voit-on dariâ te peu d'écrits qui nous restent de
hii qu'il s'appuie toujours sur l'autorité
La troisième lettre, dans laquelle notre ^uteur prend le titre de docteur de Caen, est écrite à la reine Marguerite, dont H fait l'é- '^ë^* H j témoigne un grand désir de voir cette princesse, et la supplie de lui faire 1 honneur de l'admettre au rang deses clercs. '>ans la quatrième, Thibaud console un ami ("^lomnié. Celte lettre dans sa brièveté monlï*^ dans fauteur une connaissance profonde
du cœur numaio. Lorsqu'il parie de ceux que la crainte des hommes arrête et en^pêche de faire le mal, il assure qu'ils le commettent intérieurement, et que s'ils trouvent occasion de le commettra extérieurement, ce n'est pas qu*ils soient devenus mauvais tout à coup, mais ils ne font que manifester au dehors leur malice intérieure. « Le loup et le lion désirent également, dit-il, mais ils ne nuisentpas également ; la cupidité est égale dans Tuu et dans l'autre; mais le loup craint le chien, et le liou ne craint rieu.> Notre auteuc développe d'une manière fort sensée et judicieuse l'illusion des hommes qui évitent un vice pour tomber dans un autre, et couvrent quelquefois ce vice du nom de vertu. ^ Par là ils sont d'autant plus éloignés de se corriger que ce qu'ils font leur parait un bien. Pour plusieurs la vertu même est un sujet â*ocgueil, et ils ne s'aperçoivent pas de leur chute. Dieu, pour les punir, permet qu'ils se livrent à des péchés grossiers, qui, quel-
auefois sont moins criminels qu'un péché élibéré, commis par une pensée secrète.
L'orgueil n'a pas aux jreux des hommes do cachet aussi honteux qu'un vice grossier ; c*est pourquoi on prend moins de soin de l'éviter. Pournous tenir dansl'humilitu nous devons considérer, que si nous ne tombons pas dans des vices grossiers, que nous voyons commettre à d^autres peut-être sommesnous aussi coupables qu eux par notre orgueil. » La cinquième lettre contient la réfutation de l'erreur de Roscelin, qui prétendait qu'on ne devait pas élever aux ordres sacrés les enfants des prêtres.
Outre les lettres qui ont été imprimées dans le tome III du SpicUégt^ Thibaud d'Etampes est auteur d'un écrit contre les réguliers en faveur des prêtres. Cet ouvrage est adressé a Turstin ou Turstan, archevê* vêque d'Yorck, sous le titre : Improperium in monachoi pro presbuteriSf ad Tuntanum archiepiscopum Eboracensem,
THIBAUD, auteur des Actes de la transla-' tion des reliques de saint Prudent martyr, florissait au commencement du xii* siècle. Il était moine de l'abbaye de Bèze au diocèse de Langres, à présent de celui de Dijon. L'ouvrage est divisé en quatre livres. Dans le premier il fait l'histoire du martyre du saint et de la translation de ses reltaues Tan 883, de Narbonne au monastère de Beze, par tieilo évêque de Langres. Ce prélat, en revenant d'un pèlerinage qu'il avait fait à Saint -Jacques en Galice, passa par Narbonne, et reçut l'hospitalité du gardien de l'église où étaient déposés les reliques de saint Prudent. Geilo, dans la pensée au'oti ne rendait pas à ces premiers restes 1 honneur qui leur était dû, les enleva. De retour dans son diocèse, il déposa son précieux larcin dans Fabbaye de Bèze, qu'il nonoratt d'une prédilection particulière. Quoique Thibaud loue l'action de Geilo, il a néanmoins senti qu'elle pouvait être blAmée, et qu'elle avait besoin d'a|H>loçie; c'est pourquoi il entreprend de la jnstUU»r.
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Dans les trois Hyres sairants» nôtre anteur ftiil la relation des miracles opérés dans le inOnastère de Bèze par les mérites de saint Prudent, depuis que ses reliques j furent déposées, jusqu'au temps où il yivait. II avertit que la relation de ceux qui sont contenus dans le second livre est Touvrage fi*un auteur plus ancien qu*il a retouché. Les deux derniers livres contiennent la relation des miracles du même saint, que Tbibaud avait appris de personnes dignes de foi. On peut le regarder comme le seul auteur de ces quatre livres; car quoique le second soit pour le fond de la production d'une autre écrivain, il se Test néanmoins rendu propre par tous les changements qu'il y a opérés. Il n'a pas voulu laisser ignorer son nom, et pour le faire passer à la postérité, il l'a inséré à la fin de son ouvrage dans un double acrostiche.
Le style de Thibaud est extrêmement enflé et rempli de termes recherchés avec affectation. C'est un mélange de prose et de poésie. Les vers qu'il emprunte des anciens poètes sont une preuve qu'il avait beaucoup lu leurs ouvrages, mais ceux qu'il lyoutedeson propre fonds montrent quil a peu profité de leur lecture. Sa crilique n'est pas meilleure; on en peut juger par la fable de Charles-Martel gu il rapporte. Les habitants de Dol ne doivent pas être flattés de Tétymoiogie qu'il donne de cette ville:
€ On rappelle Dolum^ peut-être, dit-il, parce
Îue les citoyens usent très-souvent de fraues et de tromperies.» L'ouvrage de Thibaud a été publié par le P. Labbe dans le second volume de sa Nouvelle bibliothèque des mor nuecriU.
THIBAUD embrassa Tétat monastique à Cormery au xu* siècle. Sa bonne conduite lui mérita le gouvernement de ce monastère après la mort de l'abbé Mainard. Il fut le second du nom, et le Cartulaire de Cormery le met le quinzième dans la liste des abbes connus. On ignore Tépoque de sa mort.
Quant à ses écrits, nous n'en connaissons que deux dont il ne reste même que le souvenir. Le premier est la Vie duB.Le'oiheriCf son cousin. Elle existait encore au xvi* siècle. Hais l'abrégé qu'en donna le célèbre Purran, reli^eux de Cormery, a fait disparaître 1 original. L'autre écrit de Thibaud est une hymne en l'honneur des apôtres saint Pierre et saint Paul, patrons de Con mery : elle commençait oar ces mots : Laus beatorum^ dit dom Mabillon.
THIBADD. n'étant encore que prieur de Saint-Arnoul àCrépy en Valois, fit, l'an 1169, un vovage en Syrie et à Constanlinople pour les anaires de son ordre, muni de lettres de recommandation du roi Louis le Jeune.
L'«B 1180 i! fui élu abbé de Cluny, trois ans •près évêque d'Oslie, et mourut è Rome •a 1188. Quelques auteurs ne sachant à qui rattacher une rie de saint Guillaume, prétendu doc d'Aquitaine, l'ont attribua à TbibAfid, évêque d^Ostie, parce que, disentils, l'auteur de cette Vie était Français, évêque et écrivait en Italie. On lui attribue
{>areiilement un ouvrage intitulé : ïkioMdi episcooi philologus f seudenaturisdModum ontmaitum.
THIBAUD, comte de Blois, séoécbâl de France , exerça cette charge depuis lis^ jusqu'à sa mort arrivée en 1191. Coobk
nousn'avonspasà nous occuper desdifférenh écrits civils émanés de lui, nous noas borurons à donner connaissance de trois de «< lettres qui sont parvenues jusqu'à noos Dans la première lettre adressée au ro. Louis le Jeune, il se plaint que le préfAidii l'Eglise de Chartres, Geofroî, s'était fait élin: par quelques membres du chapitre» avifi* même que l'évèqoe défunt eût été en lerre, et que cette élection s'était faite à TiosQ da doyen et sans avoir auparavant obieDo d permission du roi à ce sujet. Ensuite ii annonce que le doyen et plusieurs aotrts membres qui n'avaient pas pris part è l'élection du prévdt avaient donné leurs snBn^i h son frère Guillaume. C'est pourquoi il prie le roi de ne pas confirmer la nomlDition du prévdt, jusqu'à ce qu'il eût reodo compte lui-même de celte affaire à sa o^ jesté. Le débat fut porté devant le Pape, qui ordonna une nouvelle élection, et cette éle^ tion retomlia sur le prince Guillaume. Dans la seconde lettre Tnibaud, qui, avec m frère devenu archevèçiue du Sens, avait contribué à la réconciliation de saint Tbomas de Cantorbéry avec le roi d'Angleterre, fit part au Pape du meurtre du saint prélat, et dénonça le roi comme instigateur de eet attentat. Dans la troisième lettre, il demande au cardinal Pierre de Saint-Chrysogonesoa concours , afin d'empêcher Tabbé de Ciiâteaudun d'introduire de nouveaux usagfs dans l hôpital des pauvres de cette ville, parce que son père avait pourvu à toot pi: de saffes règlements, et que Tadaiinistntion de cette maison n'eiigeait aucuoe ^^ forme.
THIBAULD, qui paraît avoir été chaooiDe de la collégiale de Lire entre Malioes et Anvers, à la fin du xi* siècle, a écrit une Vie de saint Goummar, vulgairement Goroer, fondateur de cette Eglise sous le règne de Pépin le Bref. Son écrit est divisé eo deui parties : la première, subdivisée en sem chapitres, comprend la Vie du saint; Poutre, Thistoire de sa translation et des miracld qui s'opèrent dans la suite è son tombeau. La Vie paratt faite sur une plus ancienne, et pour être prononcée en forme de sermvo devant le peuple. C'est ce que semble montrer la fin de l'ouvrage, et les orneioeois du discours qu'y emploie l'auteur. Eilee5l fort bien écrite a tous égards : ce qai P^y^ venir en partie du soin que Surius. 4»' < publié l'ouvrage, a pris de la reloucier , quoique de son propre aveu il la recotwùi pour une histoire grave. 11 y assure, il «'J vrai, que les corrections qu'il y a faites sooi légères et les retranchements peu consiJ^ blés ; mais il n'a jpas été aussi sobre à (J seconde partie, quil a réduite en on petit abwégé. L'ouvrage se trouve entier dans le légendaire de la communauté des cbmio^
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DE PATROLOâE.
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éguliers de Coreencloneqy en Flandre i écrit ar la fin du xy' siècle, \^r Afitoine de Irnges, chanoine du lieu. L*Epltre dédicaoiro queSurius a publiée, commence ainsi : Jomino Sigero Ltrensi prœp0iitOj F. 7%emlduê^ êummam salutem. A la suite de cette r'ie en prose, Tient dans le même légendaire me autre Fie de $aini Gomtr en yers héroï- |oes, que l'on reearde comme une autre ^rodoction de la pTume de Thibauld. Cellei commence par ces paroles : Ui solii
THIBAUT, abbé du Bec, puis archevêque le Canlorbénr, suiyant l'appendice aux œures de Lanfranc. Thibaut était d'une faaille noble, mais on n'y trouve ni le nom, li le pays de cette fSamille.
Après avoir été dix ans prieur de l'ablaye du Bec, il en devint abbé, l'an 1136, près la mort de Boson. Il fut plus d'un an
être béni parce qu'il refusait, comme tous es prédécesseurs, à l'archevêque de Rouen e serment d'obéissance ou la profession caionique. Sur ces entrefaites, u fut élevé au iégede Cantorbéry, 1139, et reçut la conécralion épiscopale des mains du cardinal ilbéric, évêque d'Ostie, et aussitôt après il lia assister au concile de Latran, oCl le Pape t décora du pallium.
L*évèque de Winchester, Henri de Blois, rère du roi d'Anxeîerre Etienne, était à eue époque légat du Paoe dans la Urande- Iretagne. Le nouvel arcnevêque de Cantor- )éry se trouva humilié d'obéir à son sufragant et il réussit par ses intrigues à le upplanter et à être nommé lésât en sa place. >è$ ce moment, Tinimitié de l'évêque de Winchester lui fut acquise et ne tarda pas
trouver moyen de le compromettre vis-àis du roi et vis-à*vis du Pape. En lliS, le ui défendit à Thil)aut de se rendre au conile de Reims. Mais celui-ci préféra obéir u Pape, et s'embarqua clandestinement. Il it reçu à Reims avec transport, et le Pape, n l'embrassant, le remercia d'être venu en uelque sorte à la nage par obéissance pour i Sainl-Siége. Pendant ce temps, le roi fait saisi le temporel de son archevêché, l il fut obligé de repasser en France, oi!l il e fixa à Saint-Omer, d'où il lança l'interdit ur toutes les églises. Toutefois, étant re- 9i%sé en Angleterre, il fut assez heureux our se réconcilier avec son souverain.
Ce raccommodement dura peu, car le roi yant voulu faire couronner son Qls, l'aroevêque prétendit qu'il en avait la défense u Pape. Il passa de nouveau en France; ses iens furent conQsqués» mais le couronnement n'eut pas lieu.
En 1353, le jeune Plantagenet , duc de lormandie» ayant forcé Etienne à la paix, [hilMut en proOta pour rentrer dans son !gli$e.Sur ces entreiaites, le fils du roi d'An^ teterre étant mort^ Thibaut parvint à conilier les deux maisons de Blois et d'An- )u. Quand une Ibis ce dernier fut monté ur le trêne, il se souvint des services de archevêque de Cantorbéry, et lui conserva ^ujours son amitié et sa confiance jusqu^â
sa mort, arrivée le 18 avril 1161. Saint Thomas de Cantorbéry, dont il avait fliit son archidiacre et qui fut son successeur lui dut d'avoir pu sortir de la foule et d'avoir été à même de faire connaître ses talents.
Ses LBTTnBS. — Son secrétaire, Jean de Salisbury, n'a commencé à nous conserver ses lettres qu'à partir de l'année 1155. La plupart ne sont que des expéditions de sa métropole aux évêques d'Angleterre. Nous avons, on le comprend, un choix à flaire, en» tre près de deux cents lettres que nous avons de Thibaut ; nous ne mentionnerons que les plus importantes ou les plus curieuses pour l'histoire.
De 1158 à 1161, pendant le séjour du roi Henri II en France, Thibaut lui écrivit diverses lettres. Dans l'une, c'est la 44% il demande au roi quel est le Pape qu'il lui platt de reconnattre, Alexandre ou Victor, qui viennent d'être élevés à la fois sur le trône pontifical, afin qu'il sût, lui archevêque, à quelle obédience se soumettre. Dans la 48* lettre, il prie le roi de ne prendre un parti qu'après avoir consulté TEgiise d'Angleterre, il avait appris en effet que la France venait de se prononcer pour Alexandre et que l'empereur Frédéric pressait le roi Henri de
1)rendre le parti de Victor. Il renouvelle a même sollicitation dans les lettres 62* et 63', et enfin dans k 64*. 11 parait que le monarque lui avait permis d'assembler à Lon-. dres les évêques du royaume, car il lui rend compte de leur résolution. € Non pas, Aik' il, que ce soit un jugement aue nous ayons porté en faveur du pape Alexandre, maisun avis que nous soumettons à la déci« sion de votre majesté. » Henri, ajranl adopté leur manière de voir en faveur d'Alexandre, Thibaut adressa è tous les évêques de la Grande-Bretagne un mandement où il déclare que l'Eglise anglicane, d'accord avec r£glise de France et toute l'Eglise de Rome, reconnaît Alexandre pour successeur de saint Pierre et anathématise comme schismatique le prétendu Pape^Victor avec ses partisans.
Nous avons encore, de cette même époque du voyage de Henri II sur le continent une lettre où Tarchevêque de Cantorbérj rend compte à ce prince de l'état du royaume d'Angleterre : « Tout y est en paix et en re* pos ; il ne manque au bonheur des peuples que la présence de leur souverain, » etc.
Henri VITharton trouve dans les archives de la cathédrale do Cantorbéry le testamient de l'archevêque Thibaut, mais ce n'en est qu'un fk*agment contenu dans une lettre de Jean de Salisbury. Pour eu assurer l'exécution,Thibaut supulie le roi, dans une lettre» de protéger l'Eglise de Cantorbéry et les personnes qui ont été, pendant sa vie» atta* chées à son service.
Nous avons encore trois lettres du même, contenues sous les numéros 98, 90, 101, à l'évêque de Winchester, Henri de Blois qui, après la mort du roi son frère* avait cru prudent de se retirer en France pour Unir ses jours è Cluny, dont il avait été reli^ieat
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DICnONMAIRB
dans sa jeunesse. Thibaut lui montre le tort ou*it fait par son absence, à ses ouailles. Il l'assure que le roi n'a que de bons sentiments pour lui. Il finit en le pressant de revenir à son poste.
11. y a de plus des lettres à divers prélats de )â cour de Rome, h l'occasion d'un différend élevé entre l'archevêque de Canlor- Vérj et Je moi^aslère de S^int-Augustin q^i ./prétendait avoir droit à Texemption de ia juridiction épiscopale. On n'y remarque que l'adresse avec laquelle Thibaut fait valoir les services qu'il a rendus à l'Eglise romaine, au péril de sa vie môme, et au détriment de sa tranquillité. — Notre archevêque essaya encore, mais sans y réussir, d'introduire les lois romaines dans la législation anglaise.
Les écrits de Thibaut n'ont de valeur qu'au point de vue de l'histoire. On y voit (Quelle était l'influence du primat de la Grande-Bretagne, influence qui aiïènera sous le successeur de celui dont nous venons de parler, plus d'une complication entre l'Eglise et TEtat.
THIBAUT DE Vbrnon , chanoine de Rouen, écrivait vers le milieudu xn* siècle. L'histoire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres lui attribue la traduction en vers et en prose de plusieurs Vies de saints. Ces traductions se trouvent dans un manuscrit donné à la Sorbonne par le cardinal de Richelieu. On ne sait positivement celles qu'il faut lui attribuer. L'évèque de la Revalière se fondant sur ce qu'en affirme un écrivain du temps, dit de Thibaut : qu'il avait traduit en langue vulgaire et d'une manière élégante^ les Vies latines de différents saints.
Trois de ces Vies sont traduites en vers: ce sont celles de sainte Thosie, de sainte Catherine et de sainte Marie d'Egypte.
H V a encore dans ce manuscrit trois pièces de vers mêlées aux Vies de saints. L auteur de la première, intitulée : Le Livre de la mort^ est connu, c'est Hélinan, moine de Froidmond : la seconde est le roman des Amours et de la conversion d'un chevalier; la troisième est le Miracle du clerc de Rouen. On croit que ces deux derniers écrits sont de Thibaut de Vernon. Quoi qu'il en soit, voici l'aventure du clerc: Il s'était voué à la Vierge Marie, mais il oublia son vœu et voulut épouser une personne dont il était vivement épns. La Vierge lui apparaît et lui reproche son infidélité. Le clerc se repentct s'engage, par un nouveau serment et pour toujours, au culte de la reine des vierges. On suppose que Thibaut a voulu peindre dans ce petit roman l'histoire de quelque inclination de sa jeunesse.
V Aventure du chevalier esi dans ]e même goût: Un chevalier qui aimait une dame n'en reçoit que des rigueurs. Rebuté de tant d'ingratitude, il porte ses soupirs et ses vœux aux pieds dô la Vierge Marie, qui daigne recevoir son hommage et le guérit de son malheureux amour. Voici les premiers vers de celte pièce. On y trouve de
l'harmonie dans les vers, mais la pensée t est trop délayée
Pour ce vous Toel dire et coût
Un bien qne fois raconter
D'un clievalier qui éuit épris
D'amors el si fort entrepris
Qu'il n'en pouTail être livré (dûiitré), ele,
Iji Vie de 8aint9'"aosiê est traduite en m dedouze syllabes* ou aieiamlrii»;. Lesnfne$ y sont maaealiite9« Les strophes soii dequaire::vers:'
Qui Dex donne droit seAs, certe noôu peut hw. Ices œvres qui font Time du corps partir. C'est dure départie qor l'Ame bit morir Et tonnent en enfer sans nule fin uorir, eic
Tels sont les écrits que t*on peat ai^ uelque vraisemblance attribuer à Thibaut e Vernon.
THIERRY qui fut successivement moine, puis prieur et enfin abbé de Saint-Hubert des Ardennes, se rendit recommandable ftdr $i grande piété et son inviolable allachemefit è la cause du Saint-Siège, au temps da fimeux schisme qui divisa le sacerdoce et l'empire. Son gouvernement ne fut riea moins qu'heureux et paisible. Thierri manqua d'a}>ord de fermeté, et son indulgente porta un préjudice notable à la bonne discipline, et nuisit même à la prospérilé tem^ porelle du monastère. Il jouissait assez Iran*
auilleroent de sa dignité, lorsqu'à la lia e 1092 ou au commencement de 1093 il assista au concile de Soissons, nssemblé contre les erreurs de Roscelin. Ce fut vers celte époque qu'il accueillit charitablement \ Saint-Hubert Fabbé Béringer de Sainl-Lsarent de Liège avec quelques-uns de s(a moines, chassés de leur monastère i caosf de leur attachement au Saint-Siège, par l'évèque Otbert, prélat engagé dans le schisme. Bientôt Thierri se vit enveloppé dans la même persécution, et il subit des vexalioos si violentes qu'il fut obligé de se retirer dans une terre dépendant de son abbare, où le vénérable Jarenton, abbé de Saini- Bénigne , s'efforça de le consoler par ses lettres. Otbert déclara qu'il avait eocouni l'excommunication par sa fuite, et mit à >a place un intrus nommé Ingohrand, qui ravagea le troupeau et dissipa les biens de la maison. Cependant divers seigneurs du pavs ayant pris sa défense^ Thierri trouva moveu de rentrer dans sa dignité.
Un de ses premiers soins fut d'écrire 0!i« lettre apologétique adressée à TE^Iise tk Liège, pour montrer qu'il n'était point ^icommunié, comme l'évèque Otbert le prétendait, et le lui avait même fait déclarer dans une maladie qu'il eut aussitôt après son retour à Saint-Hubert. Thierri pose eo principe que là oiï il n'y a |ioint de délit sollî* sant, il ne saurait y avoir d'efcomoiioica* tion ; et il prouve d'abord qn'iï se trouft dans ce cas. L'excommunication prononcée contre lui avait été motivée sur cequ^i forcé par la violence de la persécution <ie (fuitter son monastère» il en avait etùforié ■Ce qu'il y avait de plus précieai dans ie
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-ésor; ce qni était vrai. -Mais il ne l'avait lit que par ravis du due Godefroi de Bouilm et d autres personnes sages, et par la raiote qu*il D*arrivât au trésor de Saint* liibert ce qui s'était passé à l*égard de tant 'autr<>s, que des abbés dimoniaques avaient i*n>ius pour payer le prit de leur simonie, 'ailleurs, ce qu*il avait enlevé avait été lis en mains sûres, et déposé dans une des rres de son monastère, avec intention de • remettre en son premier lieu, sitôt qu'on narrait le Taire avec sûreté; ce qu'il avait técuté avec une fidélité scrupuleuse en mtrant à son abbaye. II en vient ensuite à ruiirer sis première proposition, savoir que I où il n'y a point de délit réel Texcommuication est nulle , et il l'établit par des pasiges parfaitement choisis dans les écrits des ^res, et particulièrement de saint Jérôme et i saint Grégoire le Grand.
La paix dont il jouit après cette première îintégration ne fut pas de longue durée ; il I vit contraint de nouveau de quitter son èaye, et se retira h Saint-Remi de Reims. K IWré à la paix de la solitude et dégoûté ^ ennuis et des peines qu'entraîne après n la prélature, il se démit de son titre en feur de Béringer. Mais, sur le refus de ^lui-ci, Otbert fit nommer à cette abbaye rirède, moine de Saint-Hubert même, aU« iravant fort attaché à son abbé et comme ti ennemi du schisme. Thierri ne crut pas ^Yoir le laisser jouir tranquillement d'une ijfnité dans laquelle il était entré par une ùe aussi odieuse. Après avoir porté sa inse au tribunal de Manassé II, archevêque e Reims, dans le diocèse duquel il faisait lors sa résidence, et qui avait prononcé en I faveur, il écrivit à Wirède, tant en son ^m d*abbé légitime qu'au nom des moines e Saint-Hubert qui lui étaient attachés, une itre qui était en même temps une récla* lation et une sommation de se trouver à orne à la fête suivante de Saint*Simon et eSaint-^ude, poury voir décider leur diffé- ^nd par l'autorité du Saint-Siège. Thierri ^proche d'abord à Wirède, en fort beaux ^rmes et d'une manière très - pathétique^ u*ayant été nourri d'une doctrine qui lui rait inspiré l'horreur du schisme jusqu'au oint de lui faire soufi'rir l'exil et toutes les lites fAcheuses qu'il entraîne contre les Hérèts de l'unité, il s'était si indignement [ngé du parti des schismatiques. Gomme nrède jouissait des revenus de l'abbaye, nierri lui marque qu'il attend de son luité, supposé gu'il en soit susceptible» u,Qu'il le conduira lui-même à RoDbe» ou uil lui donnera de quoi faire le voyage. u reste, s'il manque à ce devoir comme Q]^ autres, il lui déclare que cela ne l'em- ^nera jmis de s'y rendre au jour fixé, dût-il ïwdier pour s'y trouver en personne.
Cétaiten 1098; Thierri prit aussitôt des mesures pour s'y rendre au jour indiqué. «mme il n'avait pas de quoi fournir aux rais du voyage, il eut recours à la charité ^ses amis, qui lui avancèrent ce qui lui (&u nécessaire. Il se mit en route accom-
pagné du moine Béribrand» qui lui était resté fidèle ; et ayant appris que le Pape était à Bénévent, il Vj alla trouver, et lui présenta une supplique pour le mettre au courant de son affaire et lui demander justice. C'est ce qu'il fait avec beaucoup de précision, sans omettre néanmoins aucun point essentiel, et en reprenant les choses dès leur origine. Il y avait alors sept ans que le bon abbé souffrait la persécution. Wirède, se défiant de la bonté de sa cause, n'osa pas com- Srattre; et Urbain, qui occupait alors le int-Siége, prononça une sentence dex« communication contre lui le jour de la Toussaint. C'est ce qu'il annonça lui**même
Sar deux rescrits, l'un aux moines de Saint- [ubert, et l'autre aux clercs et aux fidèles do r£glise de Liège, qui reconnaissait Tautorité du siège apostolique. Thierri revint de Rome avec ces deux rescrits; mais Wi« rède n'en tint aucun compte. Toujours soutenu de l'évêque Otbert et de ses partisans, il trouva moyen de se maintenir en possession de la dignité qu'il avait usurpée ; tandis que Thierri, reconnu pour le véritable abbé
Cr les catholiques, n'en avait que le nom, s choses continuèrent sur le même pi(»d jusqu'à sa mort, qui arriva le 12 juillet 1109.
Ces trois pièces que nous venons d'analyser sont très-intéressantes pour l'histoire de l'abbaye de Saint-Hubert. Aussi l'auteur de cette histoire a-t-il eu erand soin de les recueillir et de les y enchâsser avec plusieurs autres monuments originaux.
THIERRI, dont la naissance nous est in* connue, embrassa la vie monasti<tue à l'abbaye de Saint-Tron, au diocèse de Liège, à une époque où les études y étaient très-florissantes. C'était sous l'abbé Adelard II ; le monastère jouissait encore du calme et de la paix, et il put s'y livrer avec avantage à son goût pour les lettres. Mais à la mort de cet abbé, arrivée en 1082, des ambitieux, avides de sa place, introduisirent dans la maison de tels désordres, que Thierri n'y
Eouvant tenir plus longtemps, alla chercher l'abbave de Blandimbert de Gand, une retraite ou il pût pratiauer en repos la règle dont il avait |fait profession, et s'appliquer entièrement è l'étude et aux autres devoirs de son état. Il y était depuis dix-sept ans, et les désordres menaçaient de se perpétuer dans son ancienne abbaye, lorsque l'évêque de Liège, les principaux du clergé et des citoyens de la ville, résolurent d'y apporter un remède qui coupAt le mal dans sa racine. Pour cela, ils engagèrent les moines à s'élire canoniquement un abbé; toutes les voix s'accordèrent à nommer Thierri , et cechoix^ quoique prévu, fut applaudi de tout le moncfe. Tuierri avait tout ce qui est nécessaire pour remplir dignement cette place. Outre la science qu'il avait en partage, il parlait avec la même facilité les deux lan« gués vule[aires en usage dans le pays* tU connaissait mieux qu'aucun autre les bosoiiis du monastère. L'évêque Otbert se chargea de le faire rx>n8entir à son élection , et, après y avoir réussi, il le conduisit lui-même à
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Aii'la«Chapelie« où le nouvel abbé reçut le bâton pastoral de la main de Tempereur, le 30 janvier 1099. De retour à Liège, Tévé-
Sue 1 ordonna prêtre et Fui donna la bénéiccion abbatiale, le 7 mars suivant. On a {»eine à comprendre l'affreuse désolation dans aquelle le nouvel abbé trouva son monastère, quelque vives que soient les couleurs employées par son nouvel historien pour nous fa peindre. La plupart des biens en étaient dissipés, et tous Tes édifices tombés en ruine. Le peu de moines qui Tbabitaient n'avaient ni église pour y célébrer roQice divin, ni presque aucun Heu en état de les mettre à couvert contre les injures des saisons. Bien loin de fabattro ou de le rebuter, un aussi grand travail ne lui inspira qu'un conrage ^lus généreux pour remédier au mal. Il commença par réparer, aussi bien qu'il le put, l'église, afin qu'on pût y celélébrer les saints offices avec décence, et ne tarda pas à la munir des ornements et des vases sacrés les plus nécessaires. Il passa ensuite à la réparation, ou plutôt à la réédi- Gcation des autres édifices, sans oublier de relever l'observance régulière, et d'augmenter le nombre des religieux pour la soutenir. Cependant, maigre tous ces succès, son bonheur était loin d'être sans mélange d*amertume. Il serait difficile de dire les vexations de tous genres qu'il eut à endurer de la part de deux ou trois des intrus que Dieu conservait pour exercer sa patience. Au milieu de tant de maux, le courageux abbé ne a'en montra que plus ferme à procurer le bien de la maison, et il ne se donna de repos aue lorsqu'il y eut introduit les usages de Ciuny, ce qui eut lieu au 1*' mars de Tan 1107. Malneureusement, il ne survécut pas longtemps à cette bonne œuvre; une maladie soudaine l'emporta, le 25 avril de la même année, à la grande douleur de tous ses religieux.
Nous avons peu d'ouvrages qui lui appartiennent en propre ; son principal mérite est d'avoir rendu supportable à la lecture plusieurs Vies de saints écrites longtemps avant lui.
Vie de saint Bavon. — La première Vie
Îu'il ait ainsi retouchée, est celle de saint avon, confesseur, écrite par un anonyme de la fin du vu* siècle. Les moines de l'abbaye de Gand, qui reconnaissaient le saint pour leur patron, peu satisfaits de cette première vie, et sachant que Thierri, alors résidant à Blandimbert, avait la réputation de bien écrire, l'engagèrent à la remanier. Il s'y prêta volontiers, et la description qu'il y a ajoutée des maux qui désolaient alors l'Eglise, particulièrement dans les monastères au nombre desquels se trouvait le sien, montre qu'il y travaillait au temps de son exil volontaire à Gand. On voit aussi par la préface qui se lit en tête, que ce fut le premier ouvrage de cette nature qu'il fit paraître sous son nom. 11 a suivi assez fidèlement l'anonyme qui lui a servi de modèle. Seulement u en diffère pour le style. Celui de Tauteur original est affecté et même sou-
vent obscur; celui de Thierri, au conlraire, est clair, orné et riche d'allusions, de pamles et de passages empruntés aux lirres saims ce qui, en montrant que l'auteur les \^ dait à fond, donne à son ouvrage uDairi piété qui ne peut manquer de plaire auk* teur. Surius a publié cette Vie, au i" octobre de sa Collection.
Vie de eaint Jroii. — Thierri a rendu imême service à la Vie de aatnl Tran^ pitrû de son monastère. Il entreprit cetrauiii la prière de Gérard et des autres moines ^ saint Tron, è qui il l'adresse par une iisiz longue préface divisée en deux parties.! Ce Gérard, auquel, dit-il, il donue le titre ct Père, à cause de sa qualité, n'était ptsabb^. comme que^ues-uns l'ont prélenda, mtis disciple de saiiit Tron, et gouTemait ceii» maison au temps de ses malheurs. > On po>sédait alors deux Vies de saint Tron ; Thiem,
Îui les avait toute.5 les deux entre iesmalDS éclare que, sans toucher au fond delh!)toire, il n'a fait que les fondre l'une ei l'autre dans son stvle, sans rien changer u fond du récit. Cependant, malgré celle protestation, .il est visible qu il va introdoil certaines modifications dans les dates oui ne s'accordent pas avec la bonne chronologie. Tel est, entre autres, le passai où :! prétend relier la naissance de saint Troo, mort sur la fin du vu* siècle, a?ec Tempir? de Justin le Jeune, qui commença en^' et finit en 578. Telle est encore la confusi lo par laquelle il cherche à faire concorder )V
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étendu pour soutenir cette division. Com^ le précèdent, il est riche d'un grand noiubr.' de passages de TEcriture; mais, quoique le style en soit diffus, il est moins ciiar^é et mots. C'est encore à Surius que Ton esl^^ devable de la seule édition que nous poîsé* dions jusqu'ici.
Vie de saint Rumolde. — Cet dut rage appartient tout entier à notre auteur. Saini Rumolde, évêque de Dublin, souffrit, aprtle VIII* siècle, une espèce de martyre à Malines, dont il est devenu le principal pairon. et où il est honoré sous le nom de saint Ruu^bauld. Thieri est moins diffus dans ccléi-r» que dans les précédents. Aussi les criiiqut^^ ne le regardent ils que comme un éloge s^ panégyrique du saint évèque, prononcé (iv l'auteur devant le clergé de Halines ou^ vant ses moines, plutôt que devant le j)euple, parce qu'il est écrit en latin II y avait tr^i' siècles entiers que le saint était mort, \^ que Thierri entreprit de retracer les beam traits de sa vie. Il I exécuta avec ce qoep^jrriii lui apprendre les traditions dupafsdoDtii n'était pas éloigné. Avec l'esprit et le savoir ({u'il possédait, il esta croirequ'il salbifcQ» judicieux discernement de ce qu*on lui racootait des actions du saint et de ses ^^^^ pour n'en rapporter que ce qu'il juge* p»«jj vraisemblable. Gomme on n'avait tit^ »( meilleur, pour la Vie de saint Rumoiae* F cet écrit de Thierri , il a scrride obd^«**
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losieursléffendesquiontélécomposéesdaos I suite surle même sujet. La première édion en est due aux soins de Hosander, suplémentateur de Surius, qui le publia a 1S91, en tète du mois de juillet. Lesconnuateurs de Boltaudus Tout reproduit sur D manuscrit beaucoup plus correct avec n savant commentaire de plus de soixanteix pages.
Vteae sainte Lanârade. — Presque tous les ihliographes attribuent à Thierri une Vie e êainte Landrade^ première abbesse de ilseo, ou Bélise, au diocèse de Liège, morte aria fin du vu* siècle. C'est ce <iui est at- '^té par tous les anciens manuscrits sur lesuels elle a été imprimée, et qui tous pormt lo nom de notre abbé. II n'y a peut-être ue Baillet et le P. Leiong, son copiste orinaire, qui iassent quelques difficultés; lais elles sont loin de soutenir une critique idicieuse. Pourtant il faut avouer qu'il se onve, dans Touvrage de notre auteur, pluleors faits que Ton ne peut concilier avec ^témoignage de l'histoire. But teau en avait ^jà remarqué quelques-uns, lorsque les octes successeurs de Bol landus, en discu* iD( récrit à la lumière de leur sage critique, a ont fait sentir beaucoup d'autres, soit ans leurs observations préliminaires, soit ans leurs notes. Ce sont probablement tous as défauts qui ont empècné dom Mabillon e publier cet écrit, quoiqu'il n'en eût pas e plus ancien pour l'histoire de la sainte. ^n ne peut nier que quelques-uns de ces ébnls ne viennent de l'auteur, qui, dans éloignement où il était des temps de sainte 4Ddrade, et manquant de bons mémoires, ura été obligé de suivre des traditions déjà loignées de leur source. Mais il faut conveir aussi que les copistes peuvent bien y voir eu leur part, ce qui nous parait resortir de la diversité des exemplaires. Surius t les Bollandistes l'ont publiée sur des maiuscrits différents. C'est, sans contredit la econde de ces deux éditions, enrichie d'un icellent commentaire, qui est la meilleure.
Vie de sainte Atnalberge. — On s'accorde ssezunanimementè regarder Thierri comme uteur de la Vie de sainte Amalberge ou Xme/- ^gt^ vierge au diocèse de Liège, morte vant la fin du vui* siècle, et quil ne faut >>s confondre avec une sainte veuve du Qèœe nom et du même pays, mais plus anienne d'un siècle entier. Plusieurs raisons ieonent à l'appui de ce sentiment. L'oul^ajKe, dans divers manuscrits, porte le nom 10 Thierri, quoique en d'autres il ne soit lUribué à aucun auteur. De plus, on yreoonalt sa manière d'écrire, et Ton saitqu'il fit 1^0 longue résidence h Biandimberg, où la ainte était honorée d'un culte particulier. 'OS moines du lieu, qui connaissaient son ^lont, ne purent-ils pas le prier de leur ^rire l'histoire de la sainte dont ils n'avaient H)int encore de légende? Thierri annonce ui-ménoe qu'il ne put se refuser aux ins- >nces qu'on lui fit pour entreprendre Té- '^iteo question. Or cet aveu confirme notre ^Qjecturo. Ce qu'il ajoute ierait juger que
c'était là son coup d'essai, guoique nous ayons compté pour son premier ouvrage la Vie retouchée de saint Bivon. Du reste, il faut convenir que cette légende de sainte Amalberge, n'est rien moins qu*un écrit exact, et (|ue l'auteur y a fait entrer quantité de traits, sinon faux, au moins douteux, incertains et incompatibles avec la vérité positive de l'histoire. C'est ce oui Ta fait rejeter par dom Mabillon, qui s^est borné à en donner un simple extrait. Le P. Le Cointe n'en a pas juge plus avantageusement , et Baillet ne fait nulle difiiculté de la considérer comme un roman pieux. Les savants continuateurs de Bollandus n*en dissimulent
[>as non plus les vices, inais ils ont cru que 'on pouvait y remédier, en profitant de ce que. l'écrit pouvait contenir de vrai ou de vraisemblable. Après avoir entrepris ce travail, ils l'ont exécuté d'une manière ingénieuse. Ensuite ils ont donné le texte de l'auteur, accompagné de ces mêmes explications et d'une foule de remarques et de notes qui y répandent une grande lumière.
Discours ou sermons. — Trithème, dans rénumération qu'il fait des écrits de ootre auteur, annonce des sermons prononcés devant ses frères» et cette assertion n'est nullement dénuée de fondement. Eu effet, le principal historien de Thierri atteste
au'il prêchait même en public, aux jours e grandes solennités; mais de tous ses discours, nous n'en connaissons que deux qui soient venus jusqu'à nous : l'un, sur saint Rumolde, dont nous avons déiè donné une notice, et l'autre, sur la translation de saint Tron et de saint Eucher. Celui-ci est imprimé dans le recueil de Surius, à la sait<) de la Vie dt saint Tron^ et fut prononcé devant les moines du lieu, au jour anniversaire de cette translation. On trouve dans ce morceau tous les défauts du siècle où il fut écrit; les oreilles y sont constamment assourdies par le retour continuel des consonnances et des rimes. A peu de lignes près, dans lesquelles Thierri touche quelques traits de la vie des deux saints, tout le reste consiste en lieux communs et pieuses moralités. Dans ce qu'il dit de saint Èucher, on voit qu'il s'agit du saint évêque d'Orléans, du même nom, qui, après avoir été exilé par Charles Martel, vint mourir k Saint-Tron, où il fut enterré.
Ouvrages attribuas a Thibrri. — Plu* sieurs bibliographes, au nomt>re desquels Vossius,CaveetleP. Leiong, comptentparmi les ouvrages de l'abbé Thierri des histoires en vers héroïques de l'Ancien et du Nouveau Testament ; mais aucun d'eux ne nous instruit sur le caractère et le mérite de ces poésies. Ils n'indiquent pas même où se trouvait le recueil, ni s'il existait encore. Sigebert, contemporain do Thierri, dit» à la vérité, qu'il écrivit beaucoup en vers, et qu'il y réussit pour son temps; mais il ajoute immédiatenH'ntqueces pièees étaient courtes ! Eleganti ingenio nmita brtpiter quidem^ sed laudabiliier mttrice stripsii^ ei • pression qui ee permet nas d'entendre de
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lons^s poëmes. Lilio Giraldi 8*est encore plus écarté do la yérité, en attribuant à notfe abbé des Vies de saints écrites en vers. On n*en connaît aucune qui ne soit écrite en prose. Il en est de ces vies comme de celle de saint Benoît et de THistoire de sa translation, qu'Élie Dnpin, sur la foi de Trithème^ met au nombre des ouvrages de Tabbé Tbierri. Le même Trithème lui attribue encore un recueil de lettres» que Ton ne retrouve plus nulle part.
On serait plus en droit de lui accorder cette collection de passades choisis des Pères et de canons des conciles, que Tbierri Qt copier par Rodolphe ou Raoul, sitdt qu'il l'eut filé a Sainl-Tron, où il ne tarda pas à devenir prieur, puis abbé, après Tbierri. Raoul, qui en parle comme d'un recueil très-utile, dit qu'il fut un an à le transcrire. Que l'on observe le temps où cette collection fut faite, et l'on se persuadera sans peine qu'elle ouvrit la voie, et oue, peutélre même, elle servit de modèle a celles de Pierre Lombard et de Gratien. Quoique Tbierri ait employé à ce travail ceux de ses religieux qui avaient le plus de talent pour écrire, on ne doute pas qu'il y ait eu la principale part. Du temps de Sanderos, on conservait, [>armi les manuscrits de Tabbave d'Aulne, au diocèse de Liège, un Traité des hiérarchies^ soils le nom de l'abbé Tbierri. On ne connaît ()oint d'auteur à qui ce travail puisse mieux convenir qu'à l'abbé de Saint-Tron, ce qui parait appuyé par le lieu où se trouvait 1 ouvrage manuscrit; mais il faudrait être à portée de le lire, supposé qu'il existe encore, pour savoir si l'auteur V traitait de la hiérarchie céleste et de la hiérarchie ecclésiastic^ue, comme l'avait fait longtemps, avant lui, saint Denis l'Aréo* pagite, et pour juger comment il y a réussi.
THIERRY, moine de Fleury à la fin du X* siècle, que Trithème dit avoir été bien instruit des divines Ecritures et des lettres humaines, écrivit deux livres des statuts et coutumes de son monastère, qu'il dédia à Bernard, évoque de Vartzbourg, qui avait succédé dans ce siège à Hugues, en 99d. Trithème rapporte les premiers mots de cet ouvrage, ou plutôt de l'épttre dédicatoiré. On 9 datis Ja Bibliothèque de Fleûry^ par le P. Dubois Célestio, deux livres des coutu* mes et usages de cette abbaye. Mais, outre qu'ils sont sanspréface, ils contiennent divers règlements qui n'ont eu lieu qu'après le X' siècle : ainsi on ne peut dire que ce sont ceux que Thierry a recueillis.
THIERRY, nommé aussi DIEDËRIC, était fils du comte Evrard et d'Amèlrade, soBur de la reine sainte Halhiide. Brunon, archevêque de Cologne, prit soin de son éducation et de ses études. Adalberon, évéquede Metz, étant mort en M4, Thierry fut choisi pour lui succéder et ordonné par Hejiri archevêque de Trêves. D'un génie supérieur, il fut la lumière des hommes de lettres et parut né. pour donner du lustre et du mérite a toutes choses. Il s'acquit une très-grande gloire dans les fanctions du sacré minis-
tère et dans radministratioii des tSûrts de l*Etat. II s'appliqua à se mettre ao-dessHs4e la noblesse de son origine par la sûreté et la probité de ses mœurs.
Ses écBiTs. — Thierry avait on respert singulier ponr les lieux destinés au calie des saints. Il bAtit plusieurs églises et ré» para celles qui tombaient en ruine; pour donner plus d'éclat aux unes et aux aatrsf, il rapporta d'Italie un Rrand nombre de r^ liques. Il eut soin de s informer exacteineai ou sur les lieux, ou des personnes de coqnaissances de ce que Ton sarait des actes dp ces saints, et mit par écrit tout ce qu'il es avait appris, et fixa les jours auxquels or. devait célébrer la fête de chacun des saiou dont il avait eu des reliques. Nous apprfnous toutes ces circonstances de Sigetier, auteur de sa Vie, qui avait lu rooTragede Thierry: On possède encore les Aettê et saint Vincent, évéque et martyr^ et oeux d^ saint Félicien, évéque de Soiigny ; mais oa prétend qu'Hs sont antérieurs à la translation de leurs reliques à Metz, et que tout ce que l'on peut attribuer à révèqae Thierry, c'est ce qu*on lit à la suite des Actes 4e saint Félicien, par forme d'appendice ou d'addition. L'évèque de Metz, y est-il dit, après avoir retiré du tombeau le corps de 6e saint, l'envoya dans cette Tille, le plaça ensuite dans le monastère de Saint-Vmcent avec plusieurs autres reliques, dont on lui avait fait présent en Italie a la recommanda* tion des empereurs.
On doit donc regarder comme perda Té- ^ crit dansleçiuelTnierry rendait compte d« ce qu'il avait appris des actes des martyrs dont il rapporta les reliques à Metz. Dnanonymequi 1 avait accomtmgné dans son voyage d*l(alie, nous a laisse un mémoire sur la même sujet, sous le titre à Invention da corps des saints, par Vévêque Thierry, et dt leur translation à Metz. Il est divisé en qua* tre chapitres, dont le dernierfinit par la do* nation que le Pape Jean XIII lui fit d'une partie du gril sur lequel saint LaurentaTait été placé.
L auteur de la Fta de Thierry \m, attribue encore deux autres écrits. Le premier es4 «ne inscription en prose, l'autre ane épiu* phe, en douze vers, élégiaqnes, destinée t orner le tombeau de son .neveu, mort eo ^n%, enterré dans l'abbaye de Saint-Vincent.
THIERRY, d'abord moine de Mannoa* tiers, puis nommé en 1056 àbbé do SaiaH Aubin d'Angers, sut faire respecter les franchises de son monastère, qu'il ne gouventa que cinq ans, c'est-à-dire Jusqu'à, sa mort* arrivée le 26 décembre 1060. On consena longtemps dans la bibliothèque de cetabtufe un manuscrit, grand tn-4" ou |)etit inrf9lis, dans lequel sont représentés avec des ligu* res les miracles de saint Aobio, évéï^u» d*Angers, et patron du monastère* aïK deux ou trois vers au-dessous de chaque figure, pour en donner Tintelligeoee. A la tôte du manuscrit, l'auteur remarquait qm< ce3 miracles ont été tirés tant de la Vie Uu
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ttinl» éërite par ForCunat oe Poitiers, que des livres historiques de saint Grégoire de ToorsetdeThierri,abbé de saint Aubin; sur quoi on ne doute nullement que cet ab* bé n ail fait un recueil desroiracles du saint évèque. Ce recueil aujourd'hui ne parait plus Dolle part; mais on croit que c'est de là principalement qu*ont été i^rises les leçons pour l'oflice de la translation du saint, ainsi aue celles de Poctave de la même solennité, telles qu'on les retrouve encore dans le grand Légendaire de cette abbaye, écrit en 1273, par ordre de l'abbé Guillaume de Polori.
THIERRY, moine de Tho?ei au diocèse de Trêves, mais alors de la dépendance de réalise de Verdun, écrivit vers Fan 1080 la lïf de êaint Conrad^ archevêque de Trêves, qui fut honoré comme martyr après avoir souffert une mort violente en 1066. On voit ici noD-seulement un auteur contemporain', mais un homme qui écrivait sur les lieux oi!l s'étaient passés les faits. Thierry, cepen* (lant, n'était pas du pays ; et il se fait passer lui-même pour moine étranger, à qui on sraii ouvert depuis peu le monastère de liiolei. Aux instances de ses frères qui possédaient la dépouille mortelle du saint ar- :hevèque, il entreprit d'en écrire Thistoirev iu'ij dédia à Thierr/, évêque de Verdun. Ilaasset bien exécuté son dessein» d'après ^ coQoaissance qu*il a pu avoir des événeueats qu*il v a lait entrer. On v découvre lu nhoii et de l'ordre dans les choses, de la |larlé et de la précision dans la narration. ion stvie est supérieur h tous égards à ceui de l'époque, et dénote une connaissance jrofonde des anciens, et particulièrement les livres sacrés. Seulement son épltre délicatoireest un peu trop diffuse dans les ouanges qu'il donne à Thierry. Son ouraj^e divisé dans l'imprimé en trois lon^s hapiires, sans y comprendre l'épltre dédiatoire, ne l'était ordinairement qu'en deux. ^ans la première partie est décrite la vie du aiat et son martyre; dans l'autre i'inven- 100 et la translation de son corps avec les nracles qui les suivirent. Cet ouvragetae^ ompagné des observations de ses savants uccesseurs, se trouve dans le reeueil* des ^Itandistcs, qui l'ont pulilié sur trois diers manuscrits. *
THIERRY naquit en Allemagne, vers 1ÛÛ8, 'une des plus nobles familles du pays. Entré fins le clergé,, il fut quelque temps cbaoiue de la cathédrale de RAIe,d*où ilfut ré |K)ur remplir le siège épiscopal de Verun, vacant par la mort de Richard, arrivée '' sixième jour de novembre 10<^. Presque issitôt il eut la douleur de voir sa ville 'iscopale et sa cathédrale détruites par les oupes de Godefroy le Rossu, duc de Lor- >ine; mais, par son zèle, il réussit à rétalir son église, qu'il fit consacrer par le ipeLéonIX, k son retour du grand on* le de Reims I auquel il avait assisté luièroe. Thierry demeura toujours attaché > Saint-Siège jusau'à ce que l'Eglise se vit oublée par la malheureuse division surve-
nue entre l'empire et le sacerdoce, k Toecasion des différends du Pape Grégoire VII avec Henri IV, roi d'Italie et àe Germanie. Thierry se conduisit d'abord avec beaucoup de sa^^esse envers l'une et l'autre puissance; mais il se déclara bientôt un des plus zélés partisans du roi contre le Pape. Non-seulement il fut un des prélats que ce prince assembla k Worms en 1076, pour déposer le Pape, mais il écrivit encore une lettre circulaire pour la convocation de cette assemblée. 11 se trouva de plus k Utrech , avec plusieurs autres évèques k la suite du roi , qui y célébra la fête de Pâques de la même année , et qui avait résolu d'y faire excommunier le Pape. Mais lorsqu'il fallut en venir k l'exécution, Thierry en craignit les suites , et sortit furtivement de la ville. Arrivé k son éiçlise, il s'interdit toutes fonctions sacerdotales et confessa publiquement qu'il avaitencouru l'excommunication. Presque aussitôt il chercha k faire la paix aveo le Pape, k qui il écrivit k cet effet en lui renvoyant l'étole et Tanneau. Grégoire, touché de ces démarches , lui rendit ses bonnes êrftces, et le fit absoudre des censures par iérimanne de Metz. Quatre ans plus tard il se livra entièrement au parti de Taoti^^ape Clément III que Henri avait fait introniser, et son faux zèle alla même jusqu'k chasser de son diocèse tous les clercs et les moines attachés au Pape Grégoire. Thierry mourut en 1088, après avoir renoncé au schisme .et reçu l'absolution de l'excommunication.
Sbs écrits. — Tout ce que l'on sait des productions de sa plume, c'est qu'il écrivit un grand nombre de lettres, tant aux Pape^^, surtout k Grégoire VU , qu'k Henri , roi de Germanie, et peut-être k d'autres. Hais , en quelque nombre qu'aient été ces lettres , il il ne nous en reste que deux. Il esifAcheux que les autres soient perdues, car on y trouverait de plus grands détails de la (grande affaire qui agita alors l'Eglise et Tempire. La première, suivant l'ordre du temps, qui su trouve imprimée dans un des recueils.de Goldast, est circulaire. Lautêur l'adressa en son nom k tous les archevêques» évêquésy princes, duc§, miarauis, comtes de l'empire romain» et k tout le clergé et le peuple at'.aphé^ k la saiute Eglise. On y sonaeie tocsin conice lePapeGrégioire VU t qù*on eharge d*injurcs ; atroces 9. et qu'on se propose de défK»er« k i'ocjcasîon de soa diOiéread avec le roi dé Germanie. On peut le regarder comme le prélude de qe qui se fit k^orma, en janvier 1076. Elle est bien écrite, il y a de I4 pureté de style et de Téloquence , mais une éloquence hérisséede pointes sanglantes.
Laulre lettre de Thierry, qu'où nous a conservée 9 est aussi bien écrite que la pré* cédante. Elle se trouve dans les Actes des archevêques de Trêves • publiée par dom d*Acheriv dom Marlène et dom Galmet, et dans les antiquités de Trêves par le P* Brower. Elle est adressée au Pape Gréi^ire VU» au sujet de l'ordination d'Egilbert, désigné archevêque de Trêves depuis dix ans.: ainsi, elle fut écrite vers ranuée 1080. Thierry la
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termine par prier le Pape de lui faire savoir dans quels termes il se trouvait avec le roi. 11 ei^iste sous le nom de notre prélat un écrit en forme de lettres assez étendu, adressé au même Papet que d'autres intitulent Trailé ^ur la diviêion de V empire ei du sacerdoce» Hais Sigebert et Tri thème» d'après lui » nous apprennent que c'est la production d*un nommé Henri^ ou Huenri« comme pronon^ {aient les Allemands, ou même Gueneriequi d'écolAtre de Trêves, fui évêque de Verceil , et (]U9 cet auteur te publia sous le nom de Thierry, évoque de Verdun. Il est par conséquent à présumer qu'il ne la fit pas sans lavoir préalablement communiquée à ce prélat» et que celui-ci le revit, y ajouta ou retrancha ce qu*il jugea h propos. Ainsi» il y eut quelque part, etTouvrage lui appartient en quelque sorte.
Sigebert a réussi assez bien à le caractériser., lorsqu'il dit que l'auteur, en traitant aon sij^et , ne charge point le Pap , à qui il parle comme à son supérieur et a son père; qu'il pe fait que lui exposer, avec les senli<» ments d'un cœur pénétré de douleur, ce que le bruit publie 1 accusait d'avoir dit et fait contre les lois divines et humaines. £n elTet, l'auteur de cel écrit proteste qu'il n'entre* prend les détails dans lesquels il va entrer, que par affection et attachement pour le Fapo. 11 fait ensuite son élo^e sur ce qu'il savait de sa oouduile par lui-même ou par d'autrts; éloge qu'il opposait, comme il l'assura » à ce que l'on publiait contre sa r^ putation. Ces bruits avaient six objets particuliers e les mœurs du Pape qu'on décriait; ses r^leroents contre les prêtres concubinaires qu'on trouvait trop rigoureux; Tao^ lion inouïe par laquelle il avait déposé le roi Henri ; sa trop grande facilité à excommunier» •t pour des sujets qui ne le méritaient pas; sa sentence par laquelle il prétendait délier les sujets du roi de leur serment de fidélité : enfin , son opposition aux investitures ecclésiastiques telles qu'elles existaient depuis longtemps. L'auteur rapporte dans le plus grand détail tout ce qu'on disait de lui sur ces derniers griefs; soit qu'on le dtt effectivement, ou qu'il fit lui-même parler le public, afin d'avoir par là plus de liberté d'en avertir le Pape. Il faut avouer que lesdétails qui regardent en particulier la déposition des souverains, et l'absolution du serment de fidélité de leurs sujets , étaient capables d'embarrasser le Pontife romain et tout son coQseii. L'auteur termine en conjurant le Pape, par Taffection et l'attachement qu'il avait pour lui^ de lui feurnir les réponses capabieade détruire de semblables discours, dont il se trouvait accablé. On ne sait pas au neate quel fut le succès <hi le sort de cet écrit. On savait qu'il avait existé autrefois, mais on ne le voyait plus paraître , jusqu'à ee que dom Martène et aom Durand les aient publiés sur un manuscrit de l'abbaj^e de Gembkmrs. Le copiste a eu soin , à la fin de son exemplaire, d attribuer cet ouvrage à Guenerie» écolAtre de Trêves, qui y parie en la personne de Thierry, évêque de Verdun.
Il ne faut pas, après tout» confondre cq
Çrélat , comme a fait Goldast, avec on attire hierry de quelqu'un des monsstères de Trêves, ni l'écrit qui porte son noin,irec un autre ouvrage divisé en deux livres, a^ celui-ci a publié contre le Pape Cr^oire vy, et en faveur du roi Henri etderaDliu> Clément III. ^
THIERHir, moine deSaînt-Ouen, Deooos est connu que pour avoir embrassé la profession monastique dans l'abbaye de Saio'. Ouen, de Rouen, sous Nicolas de Nomindie> qui en fut ablié pendant cinquante ao^. depuis 1042 jusqu'en 1092 , qu'arrivi »
mort. Les bonnes études étaient alors n honneur dans cette maison, et TbierrrM vit associé avec plusieurs confrères qufinvaillaient à Tenvi à cultiver les lettres, doo* mément la poésie sacrée et Thistoire.
Ses icEiTs. -^ Entre les produclionsdela plume de Thierry, il y en a en vers etd'iotres en prose. Mais tous les savants Desa^ cordent pas sur celles qui lui appartiesnent dans l'un et l'autre genre. Persoooe ds disconvient aujourd'hui que la Vie écrite en vers de Saint -Ouen, archevêque de Rouen, après le milieu du vii* siècle, ne soit un ouvra^^e de Thierry, et aneceot qui en ont voulu faire honneur à Fndegode, auteur anglais du x* siècle, ont confondu ce saint prélat avec saint Owin, moine de Licnfeld» en Angleterre. Thierry a tiré tout le fond de son ouvrage d'une autre TU dt sdini One», que Surins a publiée sous le fiiuE nom de Fride^ode, après en avoir de figuré le style original, sous prétexte de le polir, mais ^ne Tes BoUandistes nous ont donné dej^uisdans toute sa pureté. Notrv poète n'a lait que mettre en vers cette iv> qui est en prose. Et comme il a choisi les vers léonins pour exécuter cette entreprise, ce genre d'écrire, qui emporte avec soi une nouvelle contrainte à cause de sa rime, a jeté dans sa versification une nouvelle pli* titude et une nouvelle obscurité. Ce poeiBe de Tliierry est conservé à Sain l-Ooen dans un manuscrit que l'abbé Nicolas regardait comme si précieux et si intéressant pour son monaatêrct qu'il a écrit lui-mèiDe au bas, ou fait écrire en son nom les imprécations les plus terribles contre quioooqoe lenlèverait ou en déchirerait la moinm feuille. 11 y a toute apparence que c*estU l'original du poëte et que la copie qu'en ont les Bollandistea en est venue, (m hagiograpbes n'ont pas jugé à propos de pul/lier cet ouvrage de notre poëte, par la raiioa qu'il ne contient rien qui ne soit encore mieux dans la prose qui en fait le fond. lîs se sont sagement bornés à n>n iiopriiDer
2ue les huit premiers vers de la préface, m pitre dédicatoire à Nicolas, aflo gu'cfl unisse juger de la pièce par cet échaobtloo. Le P. duMoustiera fait plus d'hoooeuri cette épitre; il l'a donnée en entier daos soa Neuêtrta Fia et y a inséré aussi d'asseï loo^i fragments dn corps de rouvrage.
Dom Mabiilon a fait imprimer dans le second volume de ses AnaleeteSf une ttisioin
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bré({ée de lous les archevêques de Rotten, cpiiis la fondation de cette Église jusqu'aux remières années de Guillaume» surnomlé Bonne^Ame^ successeur de Jean de iayeuxt en 1079. L*ouvrage est intitulé : [çtes des archevéqitts de iRouen. 11 est visible ue cet écrit a été dirigé par un moine de aJDt-Ouen, qui vivait sous ce dernier ar- Itevéque.Poiir s*en convaincrejl n*y a qu'à re avec une légère attention la relation du jmulie arrivé dans cette abbaye» à la so- ^nnité de Saint-Ouen» le24ao&t 1073, re- KioA qui fait une partie considérable de écrit. On y remarque sans peine un moine u liou, qui y parle avec impartialité et 9ns passion» comme témoin oculaire de )ute la scène. G*estsur ces deux caractères» ris du temps et de la profession de Tau* )or, que domMabiliona juçé qu*iJ [Kiuvaii (re ou Thierryi aont il est ici question, ou iilbert son confrère et son contemporain. lais ce qui doit faire adjuger récrit à htcrry préférablement à Fulbert» est Té* >^e en vers léonins de saint Mellou» pre» lier évèmie de Rouen , c|ui en fait partie. m a ru f)ius haut que Thierry avait un goût )ut particulier pour ce genre de versinca* ou, et on ignore si Fulbert s'est livré à ce enre de travail.
Ces Acies sont non -seulement iiitéreà* lots pour TEglise de Rouea , mais ils sont Qcore écrits avec beaucoup d'ordre» de ju* eoient, de simplicité» de bonne foi. L'auteur
a retracé soigneusement et en peu de lûts ce qu on savait alors de plus certain sur histoire de chacun des archevêques de elte illustre métro()Ole» sans chercher à rossir son voluaie par des traditions vul<aires, des lieux communs, ou des réflexions épiacées. Pour ceux des orélats dont on ne lit rien, il s'est borné & donner simpleleot leurs noms et à leur assigner leur rang 6 succession. Quant k ceux qui avaient mrs légendes séparées et connues, il a eu i sage discrétion ù'y renvoyer et de b'é^' mdre peu sur leur article. âaint*Ouen est 6 ce nombre» et Thierrjr nous avertit que I Vie en prose de ce saint évèque ne lui ppartieut pas. Il s'étend un peu sur saint ieu)i, frère du roi Pépin le Bref» et parait voir puisé cet éloge dans la Vie.de ce préit. Ce qu'il dit, dans cet article» du voyage ue le prince Carioman, moine du Hunt- •«issin, lit à Fleuri pour avoir des reliques e saint Benoit» est particulièrement digne e remarque.
Thierry commence son Histoire par une ourle notice» mais exacte » de la {Province cclésiastique de Rouen» et compte saint lellun pour premier évèque de cette m^ ro[K)le. Mais comme il y avait alors difféentes opinions sur ce point de critique»
propose un moyen fort sensé pour les oncifier. A saint Melion»qu'il suppose con* ^mporain du Pape saint Clément, il fait uccéder immédiatement Avitien, qui dans on texte est nommé Avidiame, et qu'il fait orrespondre au temps du Pape saint 8ylc^tns (|uoiqu*il y ait entre ces deux Papes
Diction!!, oc Patrologir. IV,
deux siècles entiers ; mais cette erreur vient do la tradition de lEglise de Rouen à cette é|K)que, et non pas de notre écrivain. Thierry est plus exact en disant qu'Avitien assista au premier conirile d'Arles en 314; car il s'y trouva effectivement. Un des passages les plus curieux de cet ouvrage est la relation du tumulte dont il a été parlé. Elle est rapportée dans l'article de l'archevêque lean de Bayeux, gui, })arsa trop grande vivaeitét donna occasion à ce tumulte. L'abbé FIcury» pour en perpétuer le souvenir» l'a dit en* trerdans son Histoire ecclésiastique. Bien n'est plus propre h faire avantageusement connaître 1 esprit de l'auteur» (|ue la ma* Bière dont cette relation est écrite. Thierry* quoique partie intéressée, s'en est acquitté» non-seulement sans partialité» mais il y a même glissé de courtes réflexions et autres Irailsde piété, qui montrent combien il était touché du scandale survenu en cette occa« sion. Dom Mabillon, qui a publié ces Actes des archevêques de Rouen» les a tirés do l'original même de l'auteur. Dom Martène les a réimprimés de nouveau sur un manuscrit de dom Le Tellier» grand prieur de Tahbaye de 8aiot-Ouen« manuscrit qui, se* Ion toute apparence» n'est autre que le précédenL La seule différence qu'il y a entre ces deux éditions est dans le titre : la première est intitulée Aeia et la seconde Hisio^ ria architpUcoporum Ro$homagen$ium,
A la suite de ces iic/at, dans le manuscrit de dom Le Tellier, vient une autre Histoire des mêmes archevêques» mais plus abrégée que la |)réeédente. Elle contient quarante* six distiques» jutant que l'on ctompte d*ar«« chevêques de cette Eglise» depuis saint Mellon jusqu'à Guillaume Bonne-Ame inclusivement» sans toutefois y comprendre saint Nicaise. Dom Martène» qui n'a pas cru de* voir publier ces distiques» ne doutait pas
3u ils ne fussent du même auteur que les cie$.
THlERRYdeChartresétait né en Bretagne.
Il eut pour frère Bernard, évèque de Quim* per, en i1S9. Othon de Frisingue en fiiit mention par ces paroles sur la province de Bretagne: Eit prœdieta terra cUrieorum^ aeuta ingénia et artibuêapplieatahabentiunt^ $ed ad alia negotiu pêne êloUdorum ferax^
ÎwileM faerwiUduo fratréê Bemarduê et Thêo* orieuif etc*
Thierry nous est plus connu que son frère. Jean de Salisbury parle de son école* k Paris» où il avait pris quelaues notions de rhétorique. Cette visite de 1 auteur anglais a dû avoir lieu vers 1136.
Le professeur Breton enseigna ensuite la dialectique et n'avait pas grande révérence pour les topiques de Progon de Troyes»
alors fort en vogue.
Ce Thierry ue serailril pas le Terrieuê qui» au concile de Sorssons» en liai» prit la défense d'Abailard î On examinait la doctrine de ce dernier sur la sainte Trinité; on se demandait s'il fallait dire qu'il y a en Dieu trois tdut-puiaaants ou un seul Tout-Puissant. Le légat Conou ditimprudemmeof qu'il
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DICTlONNAinE