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compUmenleren Auvcri^ne le PapcCalixlelI sur son élection. L'année suivante, ce pontife vint à Morigni dont il consacra l'église en présence du roi, de la reine et de plusieurs grands personna;îes.
En 1131, un antre Pape, Innocent 11,7 passa aussi en se rendant près de l'empereur Lothaire. Le lendemain de son arrivée, le Pape i:onsacra le maltre-autel de Morigni. Outre divers hauts prélats, on y remartuait saint Bernard, et Abaiiard, alors abné de Ruils.
lin 1139, au retour du concile général de Latran, Tarchevê^iue de Sens qui en voulait sans motif h Thomas, lança l'interdit sur cette maison parce que son abbé ne s'était pas rendu au concile. Peu après néanmoins il lerélablit. U'aulres désagréments qui survinrent à Thomas dans le même temps le déterminèrent à abdiquer et à se retirer au priet.réde Saint-Martin des Champs. Après v avoir passé quatre ans, il tenta de rentrer a Morigni, et ses tentatives ayant été inutiles, il alla mourir, en 1142, è Coulombs, lieu où il avait fait autrefois profession.
Thomas a écrit un grand nombre de lettres. Il n'en est resté que trois : la première à larchevéque de Sens, la seconde au cardinal Citrysogon bibliothécaire et chancelier de TË.Iise romaine. Elles ont pour objet le droit (Je sépulture que les chanoines de Notre-Dame d*Elampes contestaient aux religieux de Morigni. Thomas avait obtenu du Pape Caiixte un privilège qui lui assurait ce droit. C'est ce qu'il représente à ces deux prélats qui s'étaient laissé surprendre par les chanoines. Dans sà lettre an cardinal il défieint ces derniers d'une manière fort désavantageuse. Sa troisième lettre est adressée à saint Bernard. On y découvre les restes d'une ambition mal éteinte. Il avait appris que Macaire, son successeur à Mon^nî , venait d'être transféré à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire. Il eût donc bien voulu remonter sur son siège, ce h quoi Texcilaient quehiues religieux de Morigni et les seigneurs du voisinage; mais le cardinal Alberic, oncle de Macaire, y fit nommer un autre de ses neveux nommé Lancelin.
La lettre de Thomas n'est donc qu'une suite d'invectives contre ces trois personnages . Macaire n est qu'un homme d'une réputation très-équivoque, éjiais de corps, plus épais d'esprit, double de cœur, Ironipcur dans ses uiscours, ambitieux, simonia.|ue. Pour Lancelin. il est méchant et intraitable, ayant le poil roux, le regard farouche, l'âme sanguinaire, en un mot un autre Phalaris. L'oncle ne vaut pas mieux que ses neveux : leur avancement illégitime préparé par ses soins, prouvaitcombien il se souciait peu des règles quand elles s'opposaient 5 son ambition. Il est si ennemi de la vertu, ajouto Thomas, qu'en plaçant Macaire à Morigni, il lui fit promettre de ne jamais y admettre les usages de Cluny, ni de pcrmetre à aucun de ses religieux de jiasser dans '^et ordre. Ce dernier trait, suivant notre ecri>'*in, suffit pour faire tomber la réjM]-
tation de sainteté aue ce cardinal s'est in» justement acquise. Il parle sur lem^me ton du prieur de Saint-Martin des Champs qm a connivé aux vues du cardinal. Ne pou?ar(
i)lus rester dans cette maison , il deman.v i saint Bernard s'il doit retourner à Monp.. où il avait eu, dès le commencementj'ir. tention de se faire religieux, ou bien àO/ilombs, où il avait fait profession et vcbq -• stabilité. La réponse de saint Bernard r nous est pas connue; mais on peut ladewner.
Ainsi que nous l'avons déjk dit, Thom3> eut de son temps la réputation d'un hoiui.* éloquent, mais il ne nous reste rioDo^ sermons qu'il prononça.
THOMAS, évêque de Viviers. On ig;noro3 quelle époque preciseil futélevésurcesié:*. mais on n'a plus connaissance do son [rdécesseur Guillaume I", après l'année {U% et lui-même ne parait dans ce poste i|u'tr' 1152, et l'année suivante il est remplacé [>âr Guillaume II.
Il a conservé un sommaire de toutes l^ vieilles chartes de l'église de Viviers. Vom ce qu'il dit lui-même de son travail :Ay4 Thomas episcopus exemplavi isludpolilnu.i de aliis velustissimis chartulU Sancti Yincintii^ et nec tertiam partent potui eie^nplcn propter nimiam vetustatem^ quia sunlconsumptœ, Anno X/K, régnante Conrado r^jf. Ce travail de l'évê^^ue Thomas avait ud-
Î;rande importance pour son siècle et p^^ur a conservation de quelques faits histori ques.
THOMAS D'AQDIN (Saint). — Qui^'^nir regarde et examine bien le caractère <1j moyen âge, n'a pas de peine è pronourir que ce temps fut celui de radoleseenceOo l'homme régénéré. D'une part, la puissaoc* matérielle existant encore en fait, niais i<ltestée dans son droit par l'esprit himi?!.. qui commence h sentir et à rêver son in;*^ pendance; d'autre part, ce même espriU'» passionnant pour l'idéal , cherchant en (oui le bon, le beau et le vnii, et la lutte si vi?: entre ces deux sentiments ; ne sonl-ce jus là les deux caractères principaux de ra> lescence, et ne les retrouvons-nous |W5 ân moyen âge ? C'est dans la science d'aborâ que le combat s'eni{age;il conmeureaa XI* siècle ; une question philosophique oi fait les frais. Qui ne se rappelle la (jutreilc des réalistes et des nominaux, et ses chaulions Guillaume de Champcaux et Rosiein? Dans le siècle suivant, c'est Taulorité spirituelle de la fut qui est attaquée; nOii> savons les scandales d'Abailard,(J'ArDOld(Je Brescia, et comment y répondait le graûJ abbé de Clairvaux. Dans le xiir siècle, le^ discussi »ns prirent un côté pratique, eî nous verrons bientôt qu'elles furent TiTf> entre Guillaume de Saint-Amour et saiu' Thomas d'Aquin. Malgré ces luttes, cf^ns& quences de la liberté de l'homme, res|>rit*J« Dieu triomphait. Saint Anselme de Caniorbéry avait écrit le Monologîum et îi<i^ '• question de l'origine des idées : k\m^^ avait confessé s^es erreurs, et était roorlre-
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DE PATROLOGIB.
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pentanl dâ05 Tabbayede Clony. L'esprit de sitnieié sY^seyail sur les trônes: c*était le (ctiips de sainte Eli.sabeth de Hongrie, de sainie Edwige de Poloane ; ce devait Atre liieniùt celui de saint Louis. L^Europe se (ouioait pour une guerre sainte , traversfailles lucrStJe flasque au front » la croix tur la poitrine et la lance en arrêt pour marcher à la conquête d*un tombeau, parce ;>je re tombeau était celui de THomme* Dieu. La dvilisaiion pros^ressait, puritiée au ;antact de deux grandes institutions, tilles liroTidentielles ue Dominique et de Fran- ;o($ d*Assise. Ces deux nommes étaient ruorls, mais b'ur pensée devait vivre et se perpétuer; saint Thomas d'Aquiu et saint Boitaventure étaient nés. Voyons ce que lut [e j>remier.
A la lin de Tan 1226, au commencement je Tan 1227, un entant vint au monde au iliâicau de Hocca-Sicca, sur les confins de la Sicile et de la Cam|>agno de Rome, procbe de la ville d Aquin, au diocèse de ce nom. Ses parents étaient les dignes rejetons de lainilles qui, avec un blason et des cbAleaus, laissent aussi des traditions de piété; liSndulphe, son père, comte d*Aquin, sei* f:neur de Lorelte et de Belcaslro, connaissut SCS aïeux du x* siècle et les savait (ils des anciens princes lombards; Théodora,sa uière, sortait dns comtes de Cbiati, de la faiiuilo des Caraccioli, de race normande (20). La naissance de cet enfant était attendue avec impatience ; on savait qu'il était Ten* vo)é du Seigneur. Une légende rapportée )«rles contemporains nous dit, en etfet, '{u'au moment de sa conception, un er« iHiie, nommé Bon , habitant les gorges de i'Aiiennin, était descendu de sa retraite et •naît ain<i annoncé à Théodora la naisstmtc et les destinées sublimes do Tenfant qu'elle portait dans son sein: Héjouisse^ rouj, noble Damt^ car vous êtes dans le Ira' roï/ de l'enfantenieni^ et vous aurez un fils fue vous appellerez Thomas, ei vous et votre (poux, voussongerez à en faire un moine du ^tonl^assin^ ou repose le corps du bienheu^ Ttux BehoU ; mais Dieu disposera de lui autrement^ parce que votre enfant sera frère de t ordre des Prêcheurs , a'une célébrité si grande dans la science^ et d'une sainteté si ^fninenie dans la Kte, que nul ne pourra de m temps lui être trouvé semblable (21). — Si fomme le Sainet luy dist furent faictes et oc- ^^^plies au nom du Saulveur du mande et de ^ gloire du glorieulx Sainct (22).
U bonté tendre et Tosil vigiiant de Théo- Qora prirent soin de ses premières années. Quelle ne fut pas la terreur de cette sainte ^^re, lorsqu'un jour, la foudre étant tom* ^^ sur ia tour où reposait son iils bien-^ ^itné, Oile craignit qu'il n'en eût été frappé;
(^) l.es comtes d'Aquln étalent alliés aux rolt ^« ^ii'itp it d^A'iig 'Il et à la plupart cies inaisoiiJi ^''«^•'rajii H de t'Euiopt*. Par ton pére, saii.lTho- "*'*^eiuii 4 i;i Toih p;iieiit ilii roi Ue Fiaiici*, ft;itiil Jj^'tii», 01 (j,g dfriiierf empereurs d'Aitemagiie ; et 1^'ta mère^ il était issu des princes uoruiauds, qui
mais anssi , malgré sa douleur, combien fut redoublée sa conQance en Dieu et dans les
[larotes de son prophète, lorsqu'elle vit que e fléau, qui lui enlevait une de ses filles, avait épargné le jeune Thomas ! Dès ses premières années on s*aperçut que Dieu le destinait à quelque chose de grand, il fut exempt des passions et des défauts ordinaires de l'enfance. Linnocence de ses mœurs, la sérénité de son visage, Tégalilé desimraractère, sa modestie, sa douceur, tout enlin annonçait que son âme avait été prévenue des plus aliondantes bénédictions du ciel. A peine sorti des langes de Tenfanccà V&m de cina ans, il fut placé au monastère uu Mont-Lassin, pour y recevoir, avec le développement iïes pieux sentiments déjà inculqués dans son cœur par Tamour maternel, les premières notions des sciences ei de la religion. Là, malgré son jeune Age,oo le voyait rarement se mêler aux jeux de ses condisciples: il préférait déjà s'éloigner du bruit, pour méditera l'aise sur quelques versets dts Ecritures, et les progrès rapides
Su'il fit au célèbre collège des Bénédictins, énotaient une intelligence si piécoce ei des facultés déjà si développées, que Tabbé n'hésita plus à engager Landulphe à envoyer son fils à rUniverstié de Naples. Saint Tnomas avait dix ans, lorsqu'il alla ainsi étudier la grammaire, la logique et les sciences naturelles aux leçons des célèbres maîtres Martin et Pierre u*Kspagne. Là, comme un frère prêcheur, témoin de la facilité avec laquelle il répétait la parole des professeurs, et de son intelligence à la saisir, semblait s'étonner de ce prodige. Dieu, par une grâce spéciale, lui en donna la raison, en lui montrant saint Thomas dans une vision, sous lu forme d'un soleil radieux, dont la lumière s'étendait sur tous.
Celte admiration, dont il était alors devenu l'objet, notre saint ne l'attribua point à son mérite; seulement, en devinant le prix du talent que Dieu lui avait confié, il sentit qu'au jour où il lui serait demandé un compte rigoureux de son emploi, il devait pouvoir montrer des fruits dignes de lui. Alors il pensa que, pour croître en vertu aus:»i bien qu'en science, il devait embrasser l'état religieux. Les enfants de saint Dominique, mort depuis vingt-deux ans, faisaient l'ornement de l'Ëglise par l'éminente sainteté de leur vie. Us venaient de s'établir à Naples, et.Tiiomas, qui avait été témoin de leurs vertus , résolut de s'attacher à leur ordre. Il alla donc trouver, pour lui confier son projet, le prieur Jean du Saint-Julien, le même duquel Dieu l'avait révélé comme son élu, et qui le reçut avec des larmes de joie. Peu de temps après, la jeune novice (il avait alors quatorze ans),
chassèrent d*lialic les Sarrasins et les Grr et et qui conquirent les DfUx*Siciles. (RonaaiCHea, ilittotre de r Eglise, ï XVIU.)
(21) Vtia S. Thomm^ aact. Guill. de Tocca.
(ii) Légeude dorée.
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peu soucieux des richesses» des dignités el de la gloire du inonde , recevait l'habit des Dominicains des mains d'Agni de Lentino. qui fut plus tard patriarche de Jérusalem.
Jusque-là saint Thomas avait mérité moins nar lui-même que par la grâce; une volonté supérieure lui avait imprimé une direction dont nul obstacle ne l*dvait détourné ; il était arrivé au but, il avait fait le bien ; il n'avait presque pu encore combaltre et vaincre le mal , Toccasion ne s'en était pas présentée ; mais elle allait bientôt venir. Théodora ne tarde pas à apprendre nue son fils est entré chez les Dominicains de Naples;elle en prend la route aussitôt; de leur côté, les frères prêcheurs, craignant que les épanchements de l'amour maternel fassent chanceler dans sa résolution le jeune novice qa ils ont vu avec tant de joie se joindre à eux, le font partir pour Ter racine, puis renvoient de là à Anaqui et enfin à Home, au couvent de Sainte-Sabine. La douleur de la pauvre mère est grande, lorsqu'à son arrivée à Naples elle n'y trouve pas son <ils. Elle s*étonne qu*on ait pu douter de la pureté de ses affections; et cependant elle se laisse emporter par elles ; elle écrit à ses deux fils, Landolfet Rayuald, alors en Toscane, au service de l'empereur Frédéric III, leur indique la route aue doit suivre leur frère, leur mande de 1 arrêter et de le ramener au ch&teau de Rocca-Sicca.
Ceux-ci n'exécutèrent que trop bien les ordres de Tamour maternel égaré ; s'étant niisaussitôt en campagne, ils rencontrèrent Thomas en compagnie de quatre frères, se saisirent de lui, et l'envoyèrent sous bonne garde à leur mère, après avoir en vain essaj^éde lui arracher son habit, qu'il retenait fortement. Théodora le reçut avec joie; mais, voyant qu'elle faisait de vains efforts pour Tengaeer à abjurer sa résolution, elle ordonna de renfermer et de le garder. Pendant quelc[ue temps elle va chaque jour dans sa prison, mais ni les prières ni les menaces ne réussissent à l'ébranler. Sa captivité lui pèse peu; il a pu se procurer Ta Bible, les Sentences de Pierre Lombard et un Traité d'Aristote, et les jours s'écoulent dans la lecture , sans qu'il pense presque qu'il est prisonnier.. Sans lioule, Thomas fut sensible à la douleur de sa mère; mais sa sensibilité se renferma dans les bornes du devoir. Il lui répondit, avec une fermeté modeste et respectueuse , qu'il avait tout pesé; que sa vocation lui venait certainement de Dieu, et qu'il était résolu d'y correspondre, quoi qu'il dût lui en coûter. La comtesse, outrée, accabla son fils de reproches sanglants, ajouta aux rigueurs de sa captivité, et ne permit qu'à ses deux sœurs de le voir et de lui parler. Nous.n*avons pas besoin de faire observer que les paroles de ses sœurs n*ont pas plus de puissance sur lui ()ue celles de sa mère; bien au contraire,, il trouve moyen de leur faire oublier leur rôle et de les ramener aux plus pieux sentiments, au point qu'une d'elles deviut
Elus tard abbesae du monastère de Sainte, tarie de Capoue.
Les obstacles multipliés et vaincus affer. missaient ainsi la vertu de Thomas, eamèoe temps que la solitude lui servait à au^^mester le trésor de sa science. Mais le géQie.^i mat lui préparait une plus rade éprent que toutes celles dont jusqu'alors ii êu:t sorti victorieux. Ses frères, revenus au cUteau paternel, voulurent aussi essayer j leurs moyens, espérant bien de faire célrt celte opiniAtre résistance. Ils luidéchirereîi son habit, mais il en préféra les haiilo&w leurs brillants pourpoints. C*est alors qas s'avisant d'un artifice dont le démon ua put leur inspirer la penirée, ils résciurec; de faire succomber par la chair celui do&t l'esprit s'était montre si fort. Ils intro^ic:* sirent dans sa prison une des plus kiijs courtisanes de 1 Italie, et lui promireotus;
f;raude récompense, si elle venait à bout / e séduire. Mais à son approche , Thomas craignant de faillir, s'arma d'un tis^n nflammé, et l'ayant mise en fuite, il remeni Dieu de l'avoir sauvé et lui demaoïia ii grâce de conserver l'innocence.
Tout avait été mis en œuvre, rien ii'mi\ réussi; la volonté de Dieu était manifes^: Théodora le comprit une seconde fois, ei i vigilance ordinaire ayant été suspeoJu', Thomas put s'échapper de sa prison, où li avait passé près de deux ans, et rega^n^r le couvent des Dominicains de Naples.
Le retour du saint et courageux noTict fut une grande joie pour tous ses frères, d ils avisèrent aux moyens d'éviter de ieirrdre une seconde fois. A quelque temps <i.' là un chapitre général de Tordre devait ? tenir è Rome. Saint Thomas y fut envojtse: là il fut décidé qu'il accompagnerait kèu > Teutonique, général des prêcheurs, dans ie voyage que celui-ci devait entrepreoiirs après la clôture du chapitre (iâ^4j. ils j<ar* tirent donc, et, après avoir traversé .a France, et s'élre arrêtés quelque lenips Paris, ils arrivèrent à Cologne. U tiseignait Albert, lui aussi de l'ordre an prêcheurs, et que la postérité étoooée ot sa science a décoré du nom de Grand, c: l'Eglise, en récompense de ses venus, on titre bien autrement recomniandable Ci bienheureux. Autour de sa chaire, ce /^ vant maître réunissait de nombreux éi> diants d'Allemagne, de France et dltali \ qu'il émerveillait autant par l'éteodue (ji^" parla profondeur de ses connaissances. Jt^* te Teutonique, qui savait tout le proStquur' disciple comme Thomas pouvait tirer cr^> enseignements d'un professeur comioe -^ * bert, laissa à Cologne son compagoon h; voyage. Là, comme au Hont-Cassin, coaO'^ à l'Université de Naples, le jeune doDin'cain amassait ses trésors de connaissiiK^'
f^ar une méditation habituelle et par unionce rarement interrompu. A celle w«sion, et un peu aussi par allusion à sa sU; ture robuste, ses compagnons d'étude lui avaient donné le surnom de boeuf mue^» ^" de grand bœuf de Sicile* AiDert, roulant
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D£ PATHOLOGIE
asMirer si c'était réellement h l'ignorance ae devait être attribuée cette réserve connue, lui posa diverses questions assez Oiriles à résoudre. Mais aux réponses >ées et savantes que lui fît Thomas, il s'é- 19, dans un éUtn prophétique et eu pré- •nrc de tous ceux qui l'avaient méconnu : Obœuf pst muet aujourd'hui, mais il mur.i un jour si haut par sa doctrine, que ses u;isderuents seront entendus de tout l'u^ vers. »
A cette époque TOniversilé de Paris était ^jà en grande réputation ; quarante mille udiants assistaient aux leçons de ses mats. Deux institutions savantes, alors sœurs, <ii(*nt venues Tenrichir depuis peu : le >llé^e de Saint-Jacques et la Sorl)onne. Itiert fut appelé pour professer la théologie ins la première ae ces deux écoles, fondée ir SCS frères les Dominicains; il y yint liri de son plus cher disciple, Thomas, il avait alors vingt ans.
Commentaire du Maître det Sentences. — uand ce dernier eut reçu le grade de l>alelier en théologie, ils retournèrent tous ^ui à Cologne, et Jh Thomas fut chargé ? la lecture des Sentences (23). Jci comlence pour notre saint cette carrière scienli'jue qu'il doit remplir d'une façon si pro- ;!euse. Maintenant il ne s'arrêtera plus; va prodisuer ce qu'il a amassé dans la traite. Prêcher, enseigner, écrire, sans )5er surtout de prier, c'est la tâche qu*il leni de s'imposer. Il l'accomplira, et quand monde étonné craindra que sa pensée no ibiisse, en la voyant ainsi s'échapper par >rrents de son intelligence, c'est lui oui 'uiira de la vitesse du temps, qui ne lui ?riiiet jms de pouvoir répéter à ses frères Ht ce qu'une voix mystérieuse lui a dit |ns ses heures d'oraison Aujourd'hui il a à jveiopper et à commenter les Sentences^ eniier essai d'une Somme théologique, nié un siècle auparavant par Pierre Lom- >rd, évèque de Paris. On sait que Texpliiion de ce traité fameux était comme l'éeuve à laquelle on soumettait alors les unes professeurs dans les Universités et ^ét'iaiement dans celle de Paris. Thomas avait guère (jue vingt-cinq ans^ lorsqu'il rivit ou débita ces leçons, qui forment ijourd'hui deux grands volumes de Com- 'Hiaires. C'est à des croyants qu'il parle : et de Taulorité de la lettre dont il possède plus entière connaissance, il suit le mat- ^ pas à pas, cherchant et trouvant la vérité s dogmes et dans les raisonnements do M^^if e, et dans les flgures du Prophète, et >ns les enseignements du Sage, et dans nlhousiasme du Psalmiste. Ce qu'il a dit ins ses leçons, il nous l'a conservé dans s écrits, et nous pouvons dès ici exposer, I deux mots , la méthode qu'il suivra in* nalilement. 11 se pose d'abord nettement s objections de ses adversaires ; il établit i^uite sa proposition, la démontre, et des ouments dont il s'est servi, des principes
donnés et admis, des conséquences légitimement d<-duites, il tire la confusion do l'erreur et le triomphe des dogmes chrétiens. C'est ainsi qu'il traite dans celouvra^e d'abord de la nature divine, des perfections de Dieu, et de la sainte Trinité; ensuite, de la création du monde, des anges et de la nature humaine ; et enfln, du mystère de l'incarnation, des vertus et des vices, des sacrements«et des fins dernières de l'homme. A ceux qui trouveraient cette méthode trop uniforme, nous répondrons que ce défaut est bien compensé par l'avantage d'être claire ot concise en même temps que complète.
Philosophie. — Commenietiressur Aristote, — Ecrire et prononcer ses commentaires sur le mattre des Sentences^ cen'était point assez )K)nr l'activité de Thomas, qui souvent dictait à trois ou quatre secrétaires sur des matières différentes. A cette époque il composait aussi ses commentaires sur divers traités d'Aristote. Beaucoup s'étonnent de voir au xiii* siècle un sectaire du philosophe Stagyrien en vénérali^in dans l'ËglJse, quand non-seulement l'Eglise elle même, mais encore des arrêts du parlement avaient condamné la doctrine de ce philosophe; d'autres ne font pas que s'étonner, ils vont jusqu'à tirer quelques arguments spécieux de ce changement apparent dans les opinions d'une Eglise qui se prétend infaillihle. Ils ont sans doute oublié d'apprendre, ou ils n'ont pas voulu se rappeler, qu'au temps de l'interdit ieté sur ce philosophe, ses écrits ne nous étaient parvenus qu'après avoir passé par les mains des philosophes arabes» qui, au lieu de tes conserver purs de tout mélange, les avaient entachés de leurs erreurs. Ce sont elles que l'Eglise a condamnées, et n'avait-eile fias raison, quand elle était autorisée à considérer comme venant d'Aristote la doctrine d'Averroës qui enseignait qu'il n'y avait qu'une ftme universelle dont l'Ame de chacun n'était qu'une partie ? Les conséquent es morales d'une pareille doctrine ressortent de ces paroles qu'un criminel d'alors prononça pour sa justiûcation. « Si Tême du bienheureux Pierre, disait-il, est sauvée, moi aussi je serai sauvé; car si nous pen« sons par un seul et même intellect, nous arriverons à une seule et ii ême Qn. • Mn'\s quand Albert le drand et saint Thomas, en même temps qu'ils combattaient laverroîsme , l'eurent rapporté à son véritable auteur, Aristote put reprendre son ascendant dans récole. Une autre objection plus générale se présente naturellement ici ; elle porte sur l'emploi d'une méthode païenne dans l'enseignement catholique. Autant vaudrait reprocher aux Chrétiens d'avoir adopté, pour leurs temples, la basilique romaine et la cathédrale gothique, avec ses colonnes byzantines et ses ogives arabes; à Raphaël, d'avoir donné à ses vierges, avec la divinité de l'expression, la beauté de la
(^) Le nom de rccicnrs éiait souvent donné aux professeurs dans les ai:ritir.nct univer^iiét.
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foruQc , è la foit de se justifier par la raison. Saint Thomas ne s esl point occupé de tous les livres d*Aristote; du moins, on n*a rien de lui sur la rhétoriaue, la poétique, hiisloire des animaux. Il na commenté des jivres qui concernent rartdebien raisonner, que celui De Vinitrprétation et les deux derniers analytiques. Mais il a aussi expliqué a.vpc tout le soin dont il était capable les dix livres de morale adressés à Nicomaquey les huit de politique, les huit de physique, les quatre sur les météores, les quatre sur le ciel et le monde; cinq qui traitent de ]*âuie, dessen$,de la niéraoire,du sommeil, de la génération et de la corruption : en tout plus de cinquante-deux. En se livrant à ce ton|.ç travail, le saint docteur se proposait surtout de ne laisser aux ennemis de la foi catholique aucun moyen de se prévaloir ou dabuser de Tautorité d'Aristote. Il expose et recommande les théories de ce philosophe , quand il les juge conciliables avec la doctrine chrétienne; il les réfute,, quand il ne peut leur donner un sens orthodoxe. Mais ce dessein même rengageait dans des études profondes qui lui tirent contracter de bonne heure d*heureuses habitudes de méditation et d'analyse. Si, après lui, Roger Bacon a pénétré plus avant dans la véritable philosophie, persontie encore, au milieu du xiu* siècle, n avait mieux proiilé que Tlïomas d*Aquin des grandes leçons d'Aristote. Il a contribué à les propager dans les écoles, où plus d'une fois elles ont rouvert la carrière des progrès, quoique trop souvent elles y aient été mai entendues. On peut considérer comme des suppléments à ces commentaires sur lesO£uvresd'Aristote, les essais de philosophie, qui ont pour sujets rintelli^ence humaine, les éléments et les expressions de la pensée, les propobitions modèles^ les sophismes, Tastrologie, le destin , l'éternité du monde, les princi* pes, les accidents et les mouvements de la matière, Tordie et les œuvres de la nature. On couipreniira facilement qu'il nous est impossible d'entrer dans la discussion ni de faire Tanaljr'be de tous ces écrits; nous ne les avons ainsi énumérés que (K>ur montrer lit variété et revendue de connaissances que de lareiis travaux sup()03ent dans leur auteur. On esl cilVayé rien qu*à parcourir le catalogue des ouvrages de saint Thomas. Ses Commentaires sur Aristote ne comprennent pas moins de cinq volumes in-folio.
Du gouvememeni des Juifs. — Au nombre t^e sub écrits philosophiques, nous comprendrons celui que le saint docteur composa sur le gouvernement divin des Hébreux. Et certes, larmi nos politiques modernes, il y en aurait plus d'un qui resterait étonné de voir que ce qu'il a pris pour les merveilleuses iiécottvertes de son génie, n'était que des idées fort communes au njoyen âge.
Par exemple, combien notre siècle ne se glôritie-t-il p^is d'avoir découvert le gouvernement représentatif, la merveille d'une monarchie constitutionnelle, tempérée d'aristocratie et de démocratie. Tout cela pour-
tant est quelque chose de si vieni, qae saint Thomas d'Aquin le voyait déjà dans le goa. vernement divin des Hébreux, et y reconnaissait même le meilleur des gouverue* ments. Voici comme il en parle:
« Quant à la bonne constitution des princes ou des chefs dans une cité ou une qition, il faut faire attention àdeuxchusc^: la première, c'est que tous aient une certaine part au gouvernement. Par là se conserve la paix du peuple, et tous aiment et gardent une constitution pareille, comme il est dit au ii* livre des Politiques d'AriMoU. L'autre point regarde la forme du gouverna ment, ou les différentes manières de constituer les princes ou les chefs. Il y en a de deux espèces diverses, comme le renianiije le même philosophe. Cependant, il est surtout un gouvernement ou un seul gourenô selon la vertu; et l'aristocratie, c'est-ènJire le gouvernement des meilleurs, où quelqu peu gouvernent selon la vertu. La meilieut? constitution des princes ou des cbe£s dâos une cité ou dans un royaume, est donc cdie où un seul est préposé selon la vertu fm présider à tous, et où quelques autres ;iC' vernent sous lui, également selon la vertu; et cependant, ce gouverneraeui appartient è tous, tant parce que les chefs peuvent élr? élus d'entre tous« que parce que tous kh élisent en effet. Cette espèce de gouve^D^ ment est le meilleur, parce qu il est i^^iment mélangé de royauté, d'aristocratie e( de démocratie ; de royauté, en tant qu'ua seul préside ; d'aristocratie, en tant que plusieurs gouvernent selon Ja vertu; et de démocratie , c'est-à-dire de la puissance di peuple, en tant aue les princes peuvent éirc élus d'entre les nommes du peunle, et que c'est au peuple qu'appartient réleclion d6 princes. Et voilà ce oui fui institué selon la loi divine.
« En effet, Mo'îsé et ses successeurs goovernaient le peuple, chacun comnie ét^ot !e prince de tous, ce qui est une espère de royauté. Les septante-deux sénateurs éiaiect choisis selon la vertu. Car il esldit au premier chapitre du Deutéronome (v. 15|; J'ai pris de vos tribus des hommes sag^sti nobles f et je les ai constitués princes: eimh qui était aristocratique. Ce qu'il y afait di" démocratique, c'est que ces Iiommes étaifrù choisis d'entre tout le peuple : Promo vous d^entre tout le peuple^ est-il dit au cUpitre xvur (v. 21) de VExode^ des homm puissants et craignant Dieu qui aiment li vérité et haïssent Favarice. C'est que c etait encore Je peuple qui les eboisiss^i^ Présentez d'entre vous^ dit le Seii:ne(ir, dans le premier chapitre du Deméron^^** (y. 13j, des hommes sages et capables, elà:^ la conduite soit approuvée dans vos iribvs, afin que je vous les établisse princes, D*où il ^' manifeste que la constitution politfqoeéi* blie ])ar la loi était la meilleure. » fell^t^' la doctrine de saint Thomas -d'Aquin l "' chant la meilleurt^ des constitutions poMi* ques. Sur quoi il se fait cette difliculti^ : ,
« La loi de Moïse n'a pas liieji pourra i '^
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ronstitiitioB potilique du peuple d'Israël , puisqu'elle ne règle rien concernant l*insti* lution du chef suprême de la nation, x 11 répond que « ce peuple était sous le gouverne* nient spécial de Dieu. Aussi lui est-il dit : LeSeigneur ton Dieu t'a choisi ^ pour que lu lui SOIS un peuple particulier, {beut. vu, 6.) C'est pourquoi le Seigneur se réserva ruistitution du prince souverain. El voilà ce i|ue demande Moïse, quand il dit: Que le Seigneur^ Dieu des esprits de toute chair^ entoie un homfUe ^ui soit sur cette multitude. (Exdd. IV, 13.) Et c'est par cette institution de Dieu que Josué fut établi prince après Moïse. Kt, quant à chacun des juges qui furent après Josué, on lit que Dieu suscita un sauveur à son peuple, et que l'£sprit du Seigneur fut en eux, comme on voit au deuxièoje chapitre des Juges. Et c*est pouri|uoi le Seigneur ne confia point au peuple Téleclion du roi, comme les autres; mais il H la réserva, comme on le voit au chapitre iv)i (v. U, 15} du Deutéronome : Tu con- Mueras roi celui que le Seigneur ton Dieu aura choisi.
Saint Thomas se fait une autre difficulté : «D'après Platon, la meilleure forme de gouvernement est la royauté. La loi aurait donc (iû instituer au peuple un roi, et non pas re« meUro la chose au libre arbitre du peuple, cooinie Dieu la remet | cr ces paroles : Lors* que tu diras : J'établirai sur moi un rot, tu tiabliras celui qu'aura choisi le Seigneur ton Dieu. }ê {Jbid.) A cette seconde difliculté, le saint docteur répond : i I^ royauté est le meilleur gouvernement, tant au*elle ne se corrompt pas. Mais, à cause de la grande puissance accordée au roi, ce régime dégénère l'acileiuent en tyrannie, à moins que celui à (|ui tm accorde une telle puissance ne soit d une vertu parfaite; car, suivant le philosophe, il n'appartient qu'à un homme vertueux de bien supporter la bonne fortune. Or, la vertu parfaite se trouve dans peu d'hommes; les Juifs, surtout, étaient (Tuels et portés à Tavarice, deux vices qui, |»ius que les autres, précipitent les hommes lians la tyrannie. Et c'est pourquoi, dans le principe, le Sei^^neur ne leur institua point un roi avec pleine puissance, mais un juge cl uD gouverneur pour les défendre. Dans la suite, à la demande du peuple, il accorda un roi comme avec indignation, ainsi qu'on le voit par ce qu'il dit à Samuel : Ce n'est pas tous quils ont rejeté ^ mais moi ^ pour que je ne règne pas sur eux. (I Reg. viii, 7.)
« Cependant, dans le principe même, quant è rîMstitution du roi, il établit premièrement le mode de l'élection. Sur quoi il détermina deux choses, savoir : que dans cette élection ils attendraient le jugement du Seigneur, et qu ils ne feraient pas roi un homme d'une autre nation, parce que d'ordinaire ces rois affectionnent peu la nation à laquelle <>n les prépose, et que par là même ils eu ont peu de soin. £n second lieu, il ordonna, touchant les rois institués, de quelle manière ils devraient se conduire par rap|K>rt è eux-mêmes, savoir : ne pas multiplier
DiCTiC!NN. DE Pathologie. IV.
leurs chars, leurs chevaux, leurs femmes ni leurs immenses richesses, p^rce que c'est par la cupidité de ces choses que les princes déclinent à la tyrannie et abandonnent la justice. Il régla la conduite qu'ils devaient tenir à regard de Dieu, savoir : lire et méditer continuellement sa loi, persévérer toujours dans sa crainte et son onéissance. Enfin il régla aussi la manière dont ils devaient se conduire envers leurs sujets, savoir : ne pas les mépriser par orgueil, ne pas les opprimer et ne pas s'écarter de la justice. »
Une troisième difficulté que se fait saint Thomas est celle-ci : « Comme la royauté est le meilleur i\Qs {gouvernements, de même la tyrannie est le pire dos gouvernements corrompus. Or, le Seigneur, en instituant un roi, a institué un droit tyrannique; c^r il est dit : Tel sera le droit du roi qui régnera sur roM* : il prendra vos fils, etc. (l Reg. viii, 11.) Donc la loi de Moïse n*a pas bien pourvu à l'institution des princes. • Le saint docteur répond : « Ce droiln'était pasdû au roi par institution divine; mais Dieu prédisait plutôt l'usurpation des rois, qui se font un droit inique quand ils dégénèrent en tj^rans et dépouillent leurs sujets. Cela se voit par ce
?u il ajoute à la fin : Et vous lui serez esclaves !bidt 17) ; ce qui appartient proprement à la tyrannie: car les tyrans dominent sur les leurs comme sur des esclaves. C'est pourquoi Samuel le disait, pour les détourner de demander un roi. En effet, l'Ecriture ajoute : Mais le peuple ne voulut point écouter la voix de Samuel. (/6ïd,, 19.) Il peut arriver cependant que, sans tyrannie, un bon roi prenne les fils, qu'il en fasse des tribuns et des centurions, et au'il reçoive de ses sujets beaucoup de clioses pour procurer le bien commun. »
Dans les temps modernes, on s*est beaucoup disputé sur l'origine du pouvoir politique, les uns soutenant qu'il vient du peuple, les autres qu'il vient de Dieu. Les docteurs du moyen A^e ne se disputaient point là-dessus : ils réunissaient ce que l'on divise aujourd'hui, et ils enseijçnaient unanimement que le )X)uvoir lé^^islatif et politique vient de Dieu par le peuple. Examinant cette question, si la raison de chacun fieut faire une loi, saint Thoiuas conclut en ces termes : « Comme la loi ordonne l'homme pour le bien commun, ce n*est pas la raison de chaque individu qui peut faire la loi, mais la raison de la multitude, » Et voici comme il prouve sa conclusion : « Propremeiil, premièrement, principalement, la loi regarde l'ordre pour le bien commun. Or, ordonner quelque chose pour le bien commun, c'est ou de toute la multitude, ou de quelqu'un qui tient la place de toute la multitude. Donc, faire une loi appartient ou à toute la multitude, ou à la personne publi* que qui a soin de toute la multitude, parce que, dans toutes les autres choses, il appartient à celui-lk d'ordonner pour la fin qui lui est propre. » Ailleurs, lu saint docteur observe que, «dans une multitude libre» le prince u'a de pouvoir de faire un« loi