‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 168 sur 207 · TIL · texte numérisé non relu

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connaissance des canons, pour assister à un concile qui se tint au mois d*avril 769. Tilpin j fut député avec six autres métropolitains et cinq évoques, et il eut part aux délibérations et h tous les décrets qui y furent ordonnés. Peu de temps après, sous )e Pape Adrien, il fut commis par ce Pontife, avec deux autres prélats, pour prendre les informations nécessaires sur la doctrine et la conduite de saint Lulle, archevêque de Mayence, avant qu*on lui envoyât de Rom^s le paltium qu'il avait demandé. Lui-même le reçut pour son compte en 774, avec le titre de primat, qui lui fut accordé par le pape Adrien. 11 mit, en 786, des Bénédictins dans la célèbre abbaye de Saint-Uemi, à la place des chanoines qui y avaient été introduits k la mort de Gébénard, et il mourut lui-même vers Tan 800, après avoir gouverné son Egh'se pendant plus de quarante ans.

11 paraît, par la lettre que lui répondit le Pape Adrien 1", que Tilpin lui en avait adressé plusieurs. C*est peut-être Tunique motif par lequel Trithème s*est cru autorisé a auribuer è notre prélat ua livre entier de lettres adressées à diverses personnes; car, s'il Tavait lu, il n*anrait pas manqué, suivant son habitude, d'en rapporter le commencement. On n*a pas de preuves qu'il eu subsiste aucune. II ne nous reste rien non plus de la relation que Tilpin avait adressée au même Pontife, sur les faits qui s'étaient passés lors de l'injuste expulsion de son prédécesseur saint Rigobert par l'usurpateur Milon. Seulement Adrien en a inséré quelques traits dans sa réponse aux lettres de Tilpin. On juge par là que cette pièce était importante, puisqu'en outre des faits historiques elle contenait encore l'apologie de ce saint prélat.

Pendant plusieurs siècles Til[)in a passé pour l'auteur du roman fameux imprimé si souvent sous le titre (i^Histoire de (a vie de Charlemagne et de Roland: mais il est clairement démontré aujourd'hui que cette chronique fabuleuse est l'œuvre d'un moine du XVI* siècle, qui a pris le nom de Jean Turpin. €*est une espèce d'itinéraire ou de relation des voyages et des guerres imaginaires de t'.liarloniagne et de Roland son neveu contre les Sarrasins, et des prétendues merveilles qui les signalèrent. Elle est divisée en trenteueux chaiûtres, dont le premier se compose d*une lettre de Fauteur supposé à Léoprandus, doyen d'Aix-la-Chapelle, et le dernier est consacré à rapporter la mort de Charleuia,^ne. Sans avoir recours aux fables ridicules dont le roman est rempli, on trouve dans ces deux chapitres seuls des preuves suifisantes de supposition. Mais depuis un ou deux siècles, cette supposition est si unainineuient reconnue qu'elle n'a plus besoin d'être prouvée. C'est de ce roman qu'ont été tirés tous les contes que Ton a faits sur Roland, Merlin, Maugis, Charlemagne et les duuze pairs, etc., qui depuis tant de générations déjà so(t en possession d'amuser toutes les eiifancesy et même souvent aussi

bien des Ages mûrs. Et pourquoi^ pas? la Fontaine avoue bien que la lecture (le Peau d^dne lui faisait un plaisir extrême. Nous engageons ceux de nos lecteurs dont la curio« site se trouverait éveillée par la lecture de cet article un peu étranger è nos pages, de consulter la curieuse dissertation que font sur cet ouvrage les auteurs de VHistoire littéraire de la France^ tome IV, pages 207 à 216, On trouve l'histoire de Jean Turpin dans ScHARDii rerum Germanicarum quatuor vetustiores chronographi^ Francfort, in-folio , 1556, et il y en a une version française m-8* publiée à Lyon en 1583.

TIMOTHÊE, archevêque d'Alexandrie, assista comme prêtre au concile de Tyr, tenu l'an 335, et y prit la défense de saint Athanase, qui était accusé d'avoir violé une vierge consacrée à Jésus-Christ. Après la mort de Pierre, évèuue d'Alexan* drie, arrivée l'an 381, Timothee, son frère, fut élu, du consentement unanime de tous les évéaues d'Egypte, pour lui succéder. Timothee gouverna son Eglise avec tant de sagesse et de prudence que Théodose en

fmrla honorablement , dans une loi de 'an 384 adressée à Optât, préfet d'Egypte. Il mourut le vingt juillet de Tan 385, après avoir gouverné l'Eglise d'Alexandrie pendant quatre ans, cinq mois et six jours.

Ses écrits.-^ Sozumène luj attribue VHiS" toire d'Apollon ei de beaucoup d'autres illustres solitaires d'Egypte, dans laquelle il représentait leur excellente manière de vivre et les miracles qu'ils avaient opérés. 11 ne nous en reste rien ; mais Facundus nous a conservé une Lettre de Timothee à Diodore civique de Tarte y pleine de respect et d'estime pour la vertu et la perfection de sa vie et pour le zèle de sa foi toute pure et tout apostolique. Dans cette lettre , Ti« mothée rappelle celle que saint Athanase avait écrite autrefois à ce même Diodore et dont Facundus rapporte le commencement qui nous reste.

Lettre canonique de Timothee, — Nous avons une lettre canonique de Timothee, qui fut conGrmée dans le concile m Trullo, et que l'on trouve citée dans Photius et les autres collecteurs de canons. Elle renferme dix-huit réponses sur autant de questions de pratique et d'usage qu on avait proposées à Timothee. On lui avait demandé, dans la première, ce qu'on devait faire è l'égard d*un catéchumène qui avait participé, en même temps que les autres tidèli's, à rÉucharistie , sans savoir ce qu*il avait reçu. I! déclare qu'on doit le baptiser, parce qu il est appelé de Dieu. Dans la seconde et la troisième question, est-il permis de conférer le bapième à un caihécumène possédé du démon et de faire participer à la communion un fidèle qui se trouve dans le même état ? « Ou ne doit (tas, dit Timothee, dans ce cas, baptiser le catéchumène, si ce n*est à l'article de la mort; mais on peut laisser le fidèle participer aux saints mystères, non pas tous les jours, mais de temps en temns, pourvu que le démon ne le porte pas à les

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découvrir ni à les blasphémer.)» Il décide dans sa réponse, sur la quatrième question , qu*on peut conférer le baptême à un catéchumène qui a perdu l'esprit par maladie, si toutefois il n*est pas possédé du démon. Il répond, è la cinquième, que les personnes mariées ne doivent pas communier le jour qu'elles ont usé du mariage; il s'appuie en cela sur Tautorilé de saint Paul, qui dit aux Corinthiens: Ne vous refusez pas ce devoir Vun à raulre^ si ce n'est du consentement de Vun et de l'autre^ pour un temps, afin de vor querà la prière^ et ensuite vous vivrez ensem^ oie comme auparavant , de peur qae te démon ne prenne sujet de votre incontinence pour vous tenter. (/ Cor, vu, 5). Dans la sixième et septiètue réponse il est d*avis que les femmes ne reçoivent ni Je baptême, ni la communion dans les jours de leurs accidents ordinaires. Il exempte dans la huitièiiiv^ les femmes nouvellement accouchées du jeûne et de Tabstinence du vin pendant le carême ; parce que le jeûne, dit-il, n*a été institué que pour morlilier le corps; ainsi le corps étant déjè mortifié et atfaijjli, on peut prendre autant d*aliment qu'on en a besoin. La neuvième question est conçue en ces termes : un clerc peut-il faire la prière en )>résence des ariens et des autres hérétiques ? et ne pêche-t-ii lias, s'il fait en leur présence l'oraison ou l'pblation? Timothée répond qu'il ne leur est pas permis d'êlfe présents a la prière ni à l'oblation, s'ils ne promettent de faire pénitence et d*abjurer Thérésie. Dans la dixième il dis-

Î>ense les malades du jeûne du carême et eur permet l*usage du vin et de l'huile à cause de leur infirmité. Far la onzième il défend aux ecclésiastiques appelés pour célébrer un mariage, de le faire contre les lois, comme serait du beau-frère avec la belle-sœur, du neveu avec la tante ; car un clerc ne doit pas participer au péché d'autrui. A l'égard des illusions nocturnes qui font la matière de la douzième solution, Timolhée dit qu'il faut distinguer entre celles qui sont la suite de quelques mauvais désirs et celles qui sont des tentations du démon; les premières doivent nous faire éloigner de la communion ; mais non pas les secondes, parce qu'autrement le démon ne manquerait pas de nous en susciter aux jours de communion. 11 prescrit aux personnes mariées de s'abstenir les samedis el dimanches de l'usage du mariage, parce qu'elles devaient selon Tusage s approcher ces jours-là de la sainte communion. 11 défend d'otfrir le saint sacrifice pour celui qui s'est suicidé volontairement et avec connaissance ; mais il accorde cette permission pour ceux qui ont agi ainsi par frénésie ou par défaut de raison. Timothée regarde comme adultère celui qui convolerait à de secondes noces ayant une femme qui a entièrement perdu la raison. Il décide dans la suivante qu'une personne peut participer à la sainte communion malgré qu'elle ait avalé quelques gouttes d*cau en se lavant la bouche. 11 dit dans la dix-septième que

ceux qui entendent la parole de Dieu et ne

l'observent pas se rendent coupables s'ils ne s'en accusent pas. La dernière question regarde l'âge auquel on commence à |»é« cher ; Timothée déclare que c'est lorsqu'on est parvenu à l'âge de raison.

TIMOTHEE, prêtre de TEglise de Cnnstantînople à la nn du vr siècle et au commencement du vii% est regardé comme Taoteurd*un traité intitulé/>e/afn<iniVrfdi7prfiix« de recevoir ceux qui se présentent àlEgliu catholique et apostolique. Il le conipti&a à ta prière d'un prêtre de la même Eglise nomme Jean, et c'est è lui que ce traité est adress*^. On n'y trouve rien qui en fixe l'époque, seulement il parait, certain que Tîrnothée l'écrivit avant la naissance da monothélisme, puisqu'il ne dit rien de cette hérésie, et qu'il termine son catalogue à celle des acéphales et aux diverses branches qui sont sorties de cette secte ou de celle des eutj* chiens.

Timothée divise en trois classes ceui qui viennent à l'Eglise catholique; la preaiière comprend ceux qui ont besoin, pourvea- Irer, de recevoir le baptêmo ; la seconde, ceux que l'on y reçoit sans les bapliser, mais à qui on donne le sacrement de con> firmation ; enfin, la troisième, ceux à qui on n'administre aucun de ces sacrements; mt\> qu'on oblige uniquement d^analhéiuatiser leur propre erreur, el toutes celles qui oot pc<ru dans l'Eglise. Il fait entrer dans la })^^ mière classe les tescodruges, hérétiques de la Galatie, ainsi appelés, parce qu'ils avaient continué dans leurs prières d appuyer un doigt de la main droite sous leur nez, Us marcionites, les encraiites, les valentiniens, les basiiidiens, les nicotaïtes, les melchisedeciens et plusieurs autres doiuil décrit en peu de mots les erreurs. 11 veut même que les pélagiens et les célestiens reçoivent le baptême, parce qu'outre leurs erreurs particulières, dit-il, ils étaient encore infectés de celles des nestoriens etde$ manichéens. La seconde classe selon lui. comprend les quartodécimans , les noratiens, les ariens, les macédoniens, elles apollinaristes , et fait voir quelles étaient leurs erreurs contre la foi. Les méléciens les nestoriens, les eutychiens et tes acéphales font partie de la troisième classe; un se contentait de leur faire abjurer leurs erreurs avant de les recevoir à la communion de l'Eglise. Ensuite il entre dans le détail des difi'érentes sectes d'acéphales, et remarque que les roarcinianistes enseignaient que ii communion du corps et du sang de Jésus- Christ notre vrai liieu , n'était ni utile m nuisible à ceux qui la recevaient dignement ou indignecuent. Puisqu'elle était indifférente, selon eux, on ne devait jamats séparer de la coiumunion ecclésiastique ceux qui s'approchaient de l'autel dans de mauviiises dispositions ; et d'après ces pri> cipes ils ne participaient pas au corpsetau sang de Jésus-Christ avec foi ni avec crainte , puisqu'ils ne les regardaient pas cuoinie vivifiants et comme le corps et le sang<it^

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